Production de protéase par Aspergillus oryzae
Production de protéase par Aspergillus oryzae
N° d’ordre : 13/DS/2015
N° de série : 01/BIOC/2015
Préparée par
Hayet boukhalfa-lezzar
Thème
Devant le jury :
« L’esprit s’il est en bonne santé, ne prend plaisir que dans la science »
i
A la mémoire de ma très chère mère
ii
A mon cher père
Que ce travail soit une modeste récompense pour tous ce que tu m’as donnés.
A ma belle mère
iii
À mon époux
A mes enfants
Vous avez été très patients pendant mon absence et même après…
Je vous ai privé de beaucoup de choses pour réaliser ce travail mais vous m’avez assuré
le soutien au quotidien.
A mes frères
Merci pour tous ce que vous m’avez donné de puis ma jeune enfance.
iv
Remerciements
Ce travail a été réalisé, dans le cadre du Programme Franco-Algérien de Formation
Supérieure (PROFAS), conjointement entre le laboratoire de Biologie et Environnement
(LBE) de l’Université des frères Mentouri, Constantine (UFMC) et le Laboratoire de
Microbiologie Industrielle (LMI) INRA, de l’Université de Reims, Champagne-Ardenne
(URCA).
Il a été encadré, du côté algérien par le Professeur Aicha Mechakra-Maza, du côté français
par le Professeur Francis Duchiron.
J’exprime mes remerciements et ma profonde reconnaissance à mon encadreur, Mme Aicha
MECHAKRA-MAZA, Professeur à la Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie,
UFMC. Merci pour la confiance, la liberté et le soutien permanant que vous m’avez
témoignés malgré toutes vos responsabilités et les problèmes de santé. Merci pour les
précieux conseils et aides qui ont fait aboutir cette thèse. Vous trouverez ici l’expression de
ma profonde gratitude et toute ma considération.
J’exprime toute ma reconnaissance et toute ma gratitude au Professeur Francis
DUCHIRON, directeur du LMI, pour m’avoir accueillie au sein de son laboratoire, pour la
grande confiance qu’il m’a accordée. Malgré toutes vos responsabilités, vous avez été
disponible et à l’écoute de mes préoccupations. Je ne saurais vous remercier pour tous les
précieux conseils, les bonnes orientations, la bonne humeur au quotidien et surtout pour les
nuits passées au laboratoire pour le suivi du fermenteur. Vous trouverez ici le témoignage
de ma profonde admiration.
Je remercie Mr Ammar BENGUEDOUAR, Professeur au département de Microbiologie,
UFMC, qui me fait l’honneur de présider le jury de thèse. Merci pour l’intérêt que vous
avez porté à mes travaux
De même, je remercie très sincèrement Mr Abdelkader TOUZI, Directeur des études au
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, pour avoir accepté
de juger ce travail. Je suis très honorée par votre participation dans l’évaluation de cette
thèse.
Je suis également très honorée par la présence dans ce jury de Mr Said BENALLAOUA,
Professeur à L’université de Béjaia et de Mme Fathia FAZOUANE-NAIMI, Professeur à
l’université de Boumerdès. Je vous remercie très sincèrement pour l’intérêt et le regard très
lucide que vous avez porté à ce modeste travail.
A Reims, je tiens à remercier tout particulièrement Mme Estelle COPINET, Maître de
conférences et Melle Véronique GAILLET, Assistante ingénieur au LMI. Je les remercie
pour leurs aides et collaboration au cours de la réalisation de ce travail. Merci d’avoir prêté
v
main forte au cours des manipulations sans laquelle ce travail ne serait pas achevé
aujourd’hui.
Une place particulière à Martine qui m’a accueillie chez elle et m’a aidée avec beaucoup de
sympathie, de modestie et de simplicité. Vous avez été très gentille et très aimable. Je vous
remercie pour tout.
Je remercie Mme Hanane ZAIDI, la constantinoise de Reims, doctorante au bâtiment 6,
qui m’a beaucoup aidée à m’installer. Et aussi Mme Hind LEGHLIMI, pour les
inoubliables moments passés au laboratoire et à Reims, ta présence à mes côtés m’a souvent
réconfortée.
Je n’oublie pas de citer tous les membres du LMI, à savoir Mmes Harivony
RAKOTOARIVONINA, Angélique GAINVORS-CLAISSE, Parissa ALIMARDANI-
THEUIL et le Gentleman Mr Vincent PREVOT, Maîtres de conférences. Je vous remercie
pour les agréables moments que j’ai passés avec vous, pour la sympathie et l’amitié que
vous m’avez témoignées et dont j’avais besoin tout au long de mon détachement.
Mes pensées vont également aux stagiaires qui m’ont accompagné dans ce travail : Melles
Ibtissam MOUSTATIR, Aouatef TAOU et Mrs Valentin PETIT et Johann PRUDENCE.
Je remercie tout le personnel de l’Europol’Agro, qui ont toujours été accueillants et
serviables.
Enfin, j’exprime toute ma reconnaissance au Laboratoire « INZO » à Château-Thierry,
France, pour leur aide dans l’analyse des composants des déchets de tomate.
A Constantine, je remercie très sincèrement tout le personnel du LBE en particulier Mme le
Professeur Oualida RACHED et aussi le Professeur Yacine Benhizia, qui n’ont pas
manqué de m’encourager.
Je présente mes plus vifs remerciements à Mme Zoubida GHERIBI-OULMI et Melle
Kounouz RACHEDI pour leur aide dans l’analyse statistique des résultats ; à Mme le
Docteur Karima BOUBEKRI et Mme le Professeur Sakina ZERIZER pour leur aide et
soutien.
Je voudrais aussi remercier mes amies de la promotion en particulier, Mmes Hayet Goudjil,
Malika BENKAHOUL, Leila BENNAMOUN, Scheherazed DAKHMOUCHE, Nassira
RIAH et aussi Naïma BOUTHAGHANE pour leurs soutiens et encouragements.
Je tiens à remercier Mrs Islem Boucheloukh et Ilyes Taleb Hacine pour la réussite de la visio.
Enfin, un grand MERCI à tous les Professeurs et collègues à la Faculté SNV, et tout le
personnel du Biopôle qui n’ont pas cessés de m’encourager.
Hayet BOUKHALFA-LEZZAR
Le 20/04/2014
vi
Liste des figures
Figure 3 : Les spores fongiques et bactériennes : (a) Aspergillus (b) Penicillium, (c)
Acremonium, (d) Beauveria bassiana (e) Bacillus thuringiensis.
Figure 4 : Exemples de champignons supérieurs cultivés par FMS (de gauche à droite:
Agaricus, Pleurotus ostreatus, Agaricus augustus).
Figure 9 : Photographie et schéma d’un réacteur rotatif à agitation alternée, sans aération
forcée.
Figure 17: Principales caractéristiques d’une bioraffinerie basée sur le traitement biologique
des déchets agro-alimentaires.
Figure 18: Production mondiale de la tomate en 2010.
Figure 19: Principales régions productrice de tomate industrielle en Algérie.
Figure 20: Composition des sous produits de la tomate transformée.
vii
Figure 21: Le fermenteur Fujiwara : (A) armoire de contrôle, (B) fermenteur Koji avec sa
cuve de culture à l’intérieur.
Figure 23: Le système d'aération du fermenteur Fujiwara : (A) humidificateur, (B) arrivée
d’air humidifié, (C) conduite d’échappement d’air ayant traversé la cuve.
Figure 25: Evolution cinétique de la production de la protéase par les cinq souches fongiques
en FMS (cultures réalisées à 30°C, durant 144h avec un taux d’humidité initiale de 50%).
Figure 26: Effet du pH initial sur la synthèse de la protéase neutre à 50% d’humidité initiale,
FMS de 5 jours pour A. oryzae 5777 et 3 jours pour A. oryzae 2220.
Figure 27: Effet de la taille de l’inoculum sur la production de la protéase neutre (50%
d’humidité initiale et à pH 6).
Figure 28: Effet de l’âge des spores sur la production de la protéase neutre (50% d’humidité
initiale, pH 6 et 106 spores/g de substrat).
Figure 29 : Effet de la taille des particules des déchets de tomate sur la production de la
protéase neutre.
viii
Figure 35 : Evolution de l’activité protéasique au cours du temps pour les deux types de
culture avec et sans enrichissement.
Figure 36 : L’activité de la protéase neutre produite par A. oryzae 2220, après extraction par
les différentes solutions et centrifugation à 10 000g durant 5 min (résultats exprimés en
valeurs moyennes ± les écarts-types).
Figure 37 : L’activité de la protéase neutre produite par A. oryzae 2220, après extraction par
les différentes solutions et centrifugation pendant 10 min à 4°C (résultats exprimés en valeurs
moyennes ± les écarts-types).
Figure 43 : Effets du zinc, du cuivre et de l'EDTA sur la protéase neutre d'A. oryzae 2220
produite par FMS sur déchets de tomate.
ix
Liste des tableaux
Tableau 6 : Production des acides organiques par fermentation solide à partir de divers
substrats.
Tableau 8 : Les applications de spores produites par FMS. (A) Dans le contrôle biologique.
(B) Dans la biocatalyse.
Tableau 11: Les différentes souches fongiques productrices de colorants par FMS.
Tableau 12: Liste des classes d’enzymes selon le profil catalytique et les enzymes
industrielles correspondantes.
Tableau 16: Les protéases produites par FMS avec les substrats et microorganismes utilisés.
Tableau 18: Composition comparée des déchets de tomate et du son de blé traditionnel (en %
de la matière sèche).
x
Tableau 19: Activité protéolytique produite par les cinq souches d’Aspergillus au cours de la
FMS des déchets de tomate en (U/gms).
Tableau 20: Evolution du pH au cours de la FMS par rapport aux différentes souches
étudiées.
Tableau 21 : Effet de l’humidité initiale sur la production de la protéase par les deux souches
d’Aspergillus oryzae par FMS sur déchets de tomate. L’activité en (U/gms).
xi
Liste des abréviations
AMFEP: Association of Manufacturers and Formulators of Enzyme Products
AOAC: Association of Official Analytical Chemistry
AVC : Accident vasculaire cérébral
Aw : Activity of Water
CA : Chiffre d’affaire
CEE : Communauté Economique Européenne
EC: Enzyme commission
EDTA : Acide ethylène diamine tétra acétique
ELISA: Enzyme-Linked Immunosorbent Assay
FDA: Food and Drug Administration
FML: Fermentation en milieu liquide
FMS: Fermentation en milieu solide
GA3: Acide gibberellique
gds: gram of dry substrate
gms: gramme de matière sèche
GRAS: Generally Recognized as Safe
HPLC: Chromatographie en phase liquide à haute performance
LBE : Laboratoire de Biologie et Environnement
LMI : Laboratoire de Microbiologie Industrielle
NF : Norme Française
OGM : Organisme Génétiquement Modifié
PDA: Potato Dextrose Agar
pI : point isoelectrique
ppCO2 : Pression partielle de CO2
SSF: Solid-State Fermentation
TCA: Acide trichloroacétique
URCA : Université de Reims en Champagne Ardenne
UV : Ultra violet
xii
Sommaire
Avant propos i
Dédicaces ii
Remerciements v
Liste des figures vii
Liste des tableaux x
Liste des abréviations xii
Introduction générale 1
4
Partie I. Synthèse bibliographique
4
1. La fermentation en milieu solide 4
1.1. Définition des procédés en FMS 4
1.2. Historique des FMS 5
1.3. Microorganismes utilisés en FMS 6
1.4. Avantages et inconvénients des procédés en FMS 7
1.5. FMS versus FML 7
2. Applications des fermentations en milieu solide 7
2.1. Préparation d’aliments 7
2.1.1. Pain 8
2.1.2. Fromage 8
2.1.3. Aliments fermentés 8
2.2. Production d’enzymes 9
2.3. Production des acides organiques 9
2.4. Production des spores 10
2.5. Production des champignons supérieurs 11
2.6. Production de métabolites secondaires 12
2.6.1. L’acide gibbérellique 12
2.6.2. Les pigments 13
2.6.3. Les composés aromatiques 13
2.6.4. Le xanthane 13
2.7. L’ensilage 14
2.8. Le compostage 14
3. Facteurs affectant les cultures en FMS 14
3.1. Substrat et rapport C/N 15
3.2. Taille des particules de substrat 15
3.3. Humidité et activité de l’eau 16
3.4. Le pH 16
3.5. Température et accumulation de la chaleur métabolique 17
3.6. Aération et agitation 18
3.7. Oxygène et dioxyde de carbone 19
3.8. Type de l’inoculum 19
3.9. Stérilité 20
3.10. La biomasse 20
4. Les bioréacteurs de la FMS et les répercussions de ces procédés 21
4.1. Classification des fermenteurs en FMS 21
4.1.1. Réacteurs de laboratoire 21
4.1.2. Fermenteurs pré-pilotes et pilotes 22
4.2. Répercussions des FMS 23
5. Les protéases 24
5.1.Généralités sur les enzymes 24
5.2. Définition et rôles des protéases 25
5.3. Classification et mécanisme d’action des protéases 25
5.4. Rôles physiologiques des protéases 27
5.5. Sources potentielles des protéases 27
5.5.1. Protéases végétales 27
5.5.2. Protéases animales 28
5.5.3. Protéases microbiennes 28
[Link] applications industrielles des protéases 29
5.6.1. Industrie des détergents 29
5.6.2. Industrie du cuir 30
5.6.3. Industrie alimentaire 30
5.6.4. Industrie pharmaceutique 31
5.6.5. Industrie cosmétique 31
5.6.6. Synthèse d’hydrolysats de protéines 31
5.7. Les protéases produites par FMS 32
91
Résumés
94
Références bibliographiques
Annexes
Introduction
Introduction
1
D’après Van Dyk et al. (2013), les sous-produits de la tomate transformée peuvent
atteindre plus de 10 millions de tonnes à l’échelle mondiale. En Algérie, il n’y a pas de
statistique officielle sur le volume de ces déchets, mais d’après nos estimations, ils peuvent
dépasser 160 000 tonnes par an. Une partie est utilisée dans l’alimentation animale et le reste
est mis à la décharge malgré leur richesse en nutriments comme les protéines, les sucres, les
fibres insolubles, les huiles, les caroténoïdes, etc. Ces nutriments rendent ces déchets très
appropriés pour leur exploitation en tant que matière première dans la production de
substances à intérêt industriel par fermentation. Ainsi nous nous sommes intéressés à la
valorisation des déchets de tomates industrielles par FMS car ce produit est particulièrement
abondant dans la région Nord-Est de l’Algérie.
Ce travail fait suite à une étude antérieure où la protéase neutre a été produite sur
milieu à base de déchets de tomate par des fermentations en milieux liquides (FML) en
Erlenmeyrs par Aspergillus oryzae (Ahlburg) Cohen 1042.72. Les résultats nous ont permis
de découvrir un substrat convenable pour la croissance de la souche fongique et aussi pour la
production d’enzymes protéolytiques.
2
l’inoculum, l’âge des spores, la taille des particules du substrat et la source d’azote. Des
cultures en fermenteur Koji sont réalisées par la suite, en conditions contrôlées d’aération et
d’humidité. Une optimisation de l’extraction de l’enzyme par différentes solutions
d’extraction a été effectuée. Une étude de quelques caractéristiques de la protéase neutre ainsi
que sa purification partielle ont été réalisées en dernière étape.
3
Synthèse bibliographique
Synthèse bibliographique
Dans les milieux naturels, les fermentations solides se produisent partout, dans les sols
cultivés ou non, dans le compost ou l’ensilage, etc. Le contenu en eau, liée à ces particules,
doit se situer à une activité de l’eau (Aw) permettant l’expression du métabolisme des
microorganismes mais ne doit pas excéder la capacité maximale de rétention en eau de ces
particules solides (Lonsane et al., 1985 ; Krishna, 2005)
Les fermentations sont associées aux biotechnologies et sont essentiellement des
procédés en milieu liquide. Actuellement, les procédés en phase solide connaissent un regain
d’intérêt en occident, avec la valorisation des coproduits agricoles pour la production
d’enzymes, de nourriture animale et pour la production de produits organiques (Singhania et
al., 2009 ; Thomas et al., 2013). Ce procédé est très convenable pour les pays dont l’économie
est basée sur l’agriculture. En effet, les résidus agricoles peuvent être hautement valorisés par
ce type de transformation (Singh et al., 2008).
4
Synthèse bibliographique
2500 BP (Before Present) Fermentation de poisson/conservation avec le sucre, amidon, sel, etc.,
procédé Koji
Vème siècle
Transfert du procédé Koji de la Chine au Japon
XVIIIème siècle
Utilisation de l’acide gallique en tannerie, imprimerie ; fabrication du
vinaigre
1860-1900
4
Synthèse bibliographique
Hyph
yphes aériennes
Interface air liquide
H
Hyphes aérobiques de
la couche humide
H
Hyphes anaérobiques
de la couche humide
Substrat
Hy
Hyphes pénétrantes
4
Synthèse bibliographique
Extrême-Orient (Singh et al., 2008). Ces dernières années, elles se sont étendues à
l’échelle industrielle dans plusieurs pays tels que le Brésil, l’Inde, les USA et la France. Le
succès des compagnies de Biotechnologie est dû à l’utilisation de ces procédés qui permettent
la production des enzymes, de substances pharmaceutiques et de divers métabolites
secondaires (Duchiron et Copinet, 2011). Le tableau 1 résume l’évolution historique de ces
systèmes.
5
Synthèse bibliographique
6
Synthèse bibliographique
6
Synthèse bibliographique
7
Synthèse bibliographique
Les FMS sont traditionnellement utilisées en Asie pour la fabrication d’aliments comme
le Miso, le Tempeh, le Sufu et le Saké, avant qu’il ne soit mis en œuvre pour la fabrication
d’enzymes, d’acides organiques et d’autres métabolites ainsi que des spores et des
champignons supérieurs (Krishna, 2005 ; Pandey et al., 2008 ; Duchiron et Copinet, 2011).
Selon Durand (1998), de nombreux aliments traditionnels sont obtenus par FMS dans
les pays orientaux et en Afrique.
2.1. 1. Pain
Le pain est l’aliment de base de nombreuses sociétés. Il est le résultat d’une
fermentation alcoolique provoquée par diverses levures, essentiellement Saccharomyces
cerevisiae qui est utilisée comme levain. Les espèces suivantes sont également présentes :
Candida holmii, Pichia saitoi et Candida krusei. Une fermentation lactique est également
impliquée avec certains lactobacilles (Lb. plantarum, Lb. brevis var lindneri, Lb. fermentum,
Lb. fructivorans) et leuconostoc mesenteroïdes (Larpent-Gourgaud et Sanglier, 1992).
7
Synthèse bibliographique
Tableau 4: Principaux aliments d’origine africaine ou asiatique, produits par FMS (Rose, 1981 ; Larpent-
Gourgaud et Sanglier, 1992 ; Panda et al., 2010).
8
Synthèse bibliographique
2.1.2. Fromage
Le fromage est préparé depuis l’antiquité pour conserver les constituants du lait.
L’affinage des fromages avec des moisissures représente une part importante des
fermentations solides dans le domaine des aliments fermentés traditionnels. Les fromages
persillés comme le roquefort ou les fromages présentant un développement mycélien de
surface tel que le camembert sont parmi les plus connus. Le roquefort est connu depuis un
millénaire dans le Causse Aveyronnais (entre Montpellier et Albi). Les levains sont des
streptocoques mésophiles, des lactobacilles et une suspension des moisissures (Penicillium
camemberti et P. roquefortii (Larpent-Gourgaud et Sanglier, 1992 ; Labeille, 1997).
8
Synthèse bibliographique
Tableau 5: Les enzymes produites par fermentation solide (Singh et al., 2008).
Enzyme Organisme Substrat(s)
α-amylase Aspergillus sp. Son de blé
[Link] COC+amidon+peptone
Son de blé+GOC
Aspergillus niger
Son de blé+farine de soja
Phytase Mucor racemosus
NRRL 1994 Son de blé+tourteaux de sésame
écorce verte
Protéase alcaline Bacillus sp.
son de blé
Bacillus sp. P-2
tourteaux de noix de coco+son de
A. oryzae blé (1 :3)
NRRL 2217
son de blé
Protéase neutre A. oryzae
NRRL 1808
poudre de Larrea tridentata Cov.
Aspergillus niger
Aa-20 Epis de maïs
9
Synthèse bibliographique
2008 ; Mamma et al., 2008 ; Shankar et Mulimani, 2007 ; Sukumaran et al., 2009 ;
Ustok et al., 2007). Des études de procédés FMS pour la production d’autres
enzymes (inulinases, phytases, tannase, acide phénolique estérase, présure microbienne, aryl-
alcool oxidase, oligosaccharide oxidase, tannin acyl hydrolase, a-L arabinofuranosidase) sont
en réalisation (Xiong et al., 2007). D’après Singh et al. (2008), la production d’enzymes par
fermentation solide aura un rôle important dans l’avenir de la biotechnologie ; le tableau 5
présente la liste de ces enzymes.
Tableau 6: Production des acides organiques par fermentation solide à partir de divers
substrats (Soccol et al., 2008).
aa b c
d e
10
Tableau 7: Les spores des microorganismes produites par fermentation solide
(Ramachandran et al., 2008b ; Bhanu Prakash et al., 2008).
Bacillus thuringiensis Son de blé, riz, soja moulu, poudre de citron, enveloppe
de riz
La production des spores par FMS ne peut être remplacé ni rivalisé par FML. En effet,
le premier procédé permet d’obtenir des spores en quantité et qualité répondant à la demande
du marché mondiale (Ramachandran et al., 2008b). Divers résidus agroindustriels ont été
utilisés pour la production des spores mais aussi des supports inertes tels que les particules de
pouzzolane (tableau 7) (Larroche et al., 1986).
Les procédés de FMS permettent de produire des quantités considérables de spores
ayant de meilleure qualité, par exemple la résistance aux UV ou à une dessiccation. Elles sont
viables et maintiennent les activités enzymatiques même après une longue période de
conservation, comme c’est le cas pour la glucose oxidase de l’[Link] (Ramachandran et al.,
2007 ; Ramachandran et al., 2008 a et b).
Les applications des spores sont bien nombreuses et intéréssantes (voir tableau 8 A et
B). Selon Boiron (1996), Beauveria bassiana agit comme insecticide (entomopathogène)
contre le doryphore et le nématode Globodira pallida et les larves de Galleria mellonella,
Metarhizium anisopliae inhibe Naharnava pesticata (parasite de canne à sucre) ainsi que de
nombreux insectes parasites des feuilles de céréales et des plantes horticoles. Le champignon
Verticillium lecanii est un parasite d’un grand nombre d’insectes, de coléoptères et d’acariens.
Les spores de ces champignons insecticides se développent et envahissent le corps de l’insecte
en libérant des toxines.
Certaines espèces fongiques sont capables d’inhiber d’autres champignons
phytopathogènes. C’est le cas de Verticillium lecanii qui inhibe le développement
d’Uromyces dianthii et certaines rouilles telles que Pucciana horiana. D’autres sont des
mycoherbicides, tel que Colletotrichum qui agit sur les espèces végétales Aeschynomena
virginica et Jussiaea decurrens pour le traitement des champs de soja et de riz (Botton et al.,
1990).
Selon Larpent-Gourgaud et Sanglier (1992), le principal insecticide biologique
commercialisé à grande échelle est Bacillus thuringiensis. Cette bactérie au moment de la
sporulation produit une protéine soluble dans la cavité digestive des insectes. Des protéases
transforment cette protoxine en molécule toxique active.
Tableau 9 : Champignons et substrats utilisés pour leur production (Fan et al., 2008).
11
Synthèse bibliographique
11
Synthèse bibliographique
Tableau 10 : Les métabolites secondaires produits par fermentation solide (Botton et al.,
1990 ; Larpent-Gourgaud et Sanglier, 1992 ; Krishna, 2005 ; Barrios-González et Mejía,
2008).
Métabolite secondaire Microorganismes Activité biologique Substrat de culture
Lovastatine ou Aspergillus terreus Hypocholestérolemique Support inerte
Monacoline K A. flavipes Anti tumorale Son de blé
Monascus sp Riz
11
Synthèse bibliographique
Les colorants étaient connus et utilisés depuis la plus haute Antiquité, notamment
comme teintures et produits cosmétiques. Les pigments naturels sont préférables par rapport
aux colorants synthétiques. Ils peuvent être métabolisés et représentent des propriétés anti-
oxidantes. Ceci a augmenté la demande pour les colorants naturels, notamment ceux obtenus
par fermentation (Carvalho et al., 2008).
Selon Larpent-Gourgaud et Sanglier (1992) et Carvalho et al. (2008), les principaux
pigments d’origine microbienne commercialisés sont:
• la riboflavine (vitamine B2), pigment jaune produit par Eremothecium ashbyii et
Ashbya gossypi,
• le pigment rouge produit par Monascus purpureus et M. ruber et obtenu par
fermentation solide du riz,
• la caroténoïde, pigment jaune précurseur de la vitamine A tel que la β-carotène,
produite par la moisissure Blakeslea trispora (Botton et al., 1990) et par les micro-
algues halotolérantes Dunalielle salina et D. bardawil.
Les souches fongiques potentielles pour la production des colorants en FMS sont
regroupées dans le tableau 11.
Feron et al. (1996), estiment qu’environ 100 composés aromatiques peuvent être
produits par des microorganismes. Ainsi, divers arômes et senteurs tels que l’anis, le miel,
12
Synthèse bibliographique
Tableau 11: Les différentes souches fongiques productrices de colorants par FMS
(Carvalho et al., 2008)
12
Synthèse bibliographique
2.6.4. Le xanthane
Le xanthane est un polymère de β -1,4 D-glucoside avec des chaînes latérales de 3 unités
d’acétyl D-mannose en β-1,2, d’acide D-glucuronique et de D-mannose-4,6-pyruvate.
2.6. L’ensilage
L’ensilage est une méthode de conservation du fourrage sous forme humide, avec le
minimum de perte de matières sèches et de valeur nutritive. Il est réalisé à partir de différentes
espèces végétales récoltées à des stades variables de leur croissance. L’ensilage suppose une
anaérobiose pour arrêter la respiration du végétal et empêcher le développement de la flore
aérobie putréfiante (moisissures). Les streptocoques se développent après les coliformes, puis
cèdent la place aux lactobacilles, principalement Lactobacillus plantarum. Divers additifs
13
Synthèse bibliographique
2.7. Le compostage
C’est une bioconversion de la matière organique par des microorganismes hétérotrophes
(bactéries, champignons, actinomycètes et protozoaire) en compost. Pour cela, plusieurs
bactéries et moisissures interviennent dans le processus, exemple Bacillus sp., Pseudomonas
sp., Serratia sp., Streptococcus sp. Altermaria sp., Aspergillus sp., Fusarium sp., Monilia sp.,
Mucor sp., Rhizopus sp., Phanerochaete chrysosporium et Trichoderma sp (Couto et
Sanromán, 2006).
Le processus se déroule naturellement lorsque les conditions physico-
chimiques (humidité, oxygène, température, matière biodégradable) sont réunies. Il débute par
une dégradation aérobie intense des sucres et amidon. Cette décomposition provoque une
augmentation de la température qui peut atteindre 70 °C. Par la suite, les composés humiques
sont formés suite à l’action des champignons. Les déchets solides sont ainsi convertis en
fertilisants (Garg et al., 2008).
Les facteurs majeurs qui affectent la croissance et l’activité microbienne au cours d’une
fermentation solide se résument comme suivant : la nature du substrat et de son prétraitement,
la taille des particules de substrat, l’humidité et l’activité d’eau du substrat, le type et la taille
de l’inoculum, la température, le temps de culture et l’aération (Pandey et al., 2008).
Les substrats peuvent être classés en trois grandes catégories. La première correspond
aux matériaux organiques naturels, polymères lignocellulosiques ou amylacés insolubles dans
l’eau, jouant en même temps le rôle de support de culture et de substrat. C’est le cas de tous
les substrats solides issus de l’industrie agricole, composés essentiellement d’amidon, de
cellulose, de lignocellulose, de pectine et d’autres polymères.
14
Synthèse bibliographique
Les cultures réalisées en FMS sur substrats naturels sont mentionnées comme
« cultivation on natural substrate » (Krishna, 2005). La deuxième comprend les matériaux
minéraux tels que les granulés d’argile, la perlite, la pouzzolane, etc. Enfin, les matériaux
synthétiques de type mousses de polyuréthane constituent la troisième catégorie de matrice
solide utilisable par la FMS. Dans ces cas, les matériaux doivent être imprégnés de solutions
nutritives pour assurer la croissance des microorganismes (Durand, 1998, Thomas et al.,
2013).
Au cours de la formulation d’un milieu de culture, il est important de tenir compte de la
composition de la biomasse. En effet, cette dernière se compose de 40-50 % de carbone, 30-
50 % d’oxygène, 6-8 % d’hydrogène et 3-12 % d’azote, en plus du phosphore, soufre et
métaux qui sont aussi importants mais en petite quantité. Le carbone est l’élément le plus
important, suivi par l’azote. Les deux autres éléments sont fournis par la source de carbone
organique (Rodriguez-Leon et al., 2008).
Le rapport C/N est crucial pour la production des métabolites non associés et
partiellement associés à la croissance. Lors de la réalisation des cultures fongiques, il est
important de connaitre le rapport C/N qui pourrait inciter ou retarder la sporulation. Un
rapport de 16 s’est avéré convenable pour les fermentations. La nature et le type de la source
carbonée et azotée représentent les plus importants facteurs des procédés des fermentations
(Rodriguez-Leon et al., 2008). La sélection d’un substrat de fermentation solide dépend de
plusieurs facteurs, principalement, en relation avec le coût et la disponibilité (Krishna, 2005).
15
Synthèse bibliographique
larges permettent une meilleure aération et par conséquent une bonne respiration, mais moins
de surface d’attaques pour le microorganisme (Rodriguez-Leon et al., 2008).
3.4. Le pH
Les levures peuvent pousser dans l’intervalle de pH de 2,5-8,5 mais l’optimum de croissance
est obtenu à 4-5 (Krishna, 2005). Pour la majorité des bactéries, c’est un peu plus au
voisinage de la neutralité (6,5-7,5) (Rodriguez-Leon et al., 2008).
17
Synthèse bibliographique
endommagés ainsi que l’adhérence des cellules aux particules de substrat par les effets des
cisaillements. Ceci peut être remédié par l’application d’une agitation intermittente.
Cependant, plusieurs procédés FMS se déroulent en condition statique, c’est le cas des
fermenteurs à plateaux (Krishna, 2005).
19
Synthèse bibliographique
son de blé par Chaetomium cellulolyticum (Abdullah et al., 1985). Il a été démontré que lors
de l’utilisation de cellules végétatives de l’Aspergillus niger, comme inoculum, le rendement
de la production de la phytase et la formation de la biomasse sont fortement corrélés à l’âge
de l’inoculum sans oublier l’importance de la densité de l’inoculum dans une fermentation
(Krishna et Nokes, 2001).
[Link]érilité
La mise en place d’un procédé de fermentation nécessite la stérilisation du milieu de
culture avant l’apport du microorganisme choisi. Néanmoins, il existe de nombreux cas en
FMS où l’élimination de la flore autochtone n’est pas nécessaire comme c’est le cas des
levains de boulangerie, de l’ensilage et le compostage. Pour les autres procédés, lorsque le
champignon filamenteux a suffisamment colonisé le substrat, il n’est plus nécessaire de
travailler en condition stérile (Duchiron et Copinet, 2011).
3.10. La biomasse
La mesure de la biomasse est un paramètre fondamental lors du suivi d’une culture
microbienne. En FML, elle peut être estimée par des méthodes directes, alors qu’en FMS, sa
mesure est peu accessible et ce, à cause des problèmes de séparation entre le microorganisme
et le substrat d’une part, et de l’hétérogénéité du procédé d’autre part. Pour cela, des
méthodes indirectes sont donc utilisées (Auria et al., 1993), notamment par le dosage de
certains produits de la fermentation.
Les déterminations qui peuvent être utilisées en FMS concernent la glucosamine,
l’ergostérol, l’ADN, les protéines et l’oxygène/dioxyde de carbone (Cahagnier et Richard-
Molard, 1998 ; Rodriguez-Leon et al., 2008). Ce dernier paramètre semble le plus prometteur
pour l’estimation de la biomasse au cours d’une FMS aérobie (Krishna, 2005). Cependant,
d’après Bellon-Maurel et al. (2003), la mesure des protéines et des acides nucléiques peut
interférer avec les substrats riches en ces composés, quand à la mesure de la chitine et de
l’ergostérol, elle ne convient que pour les cultures fongiques.
L’étude de la croissance de l’A. niger en FMS par Favela-Torres et al. (1998) a été
réalisée par les mesures de protéines, alors que celle de l’Aspergillus oryzae a été évaluée par
Hoogschagen et al. (2001) en mesurant la respiration et celle de la levure [Link] a été
suivie par Neves et al. (2006) par des mesures de l’ATP.
20
Synthèse bibliographique
Figure 5: Réa
éacteur colonnes de laboratoire (Duchiron et Copine
opinet, 2011).
Eau
stérile Eau
froide
Air
stérile Eau
froide
Figure 6: Schéma d’un réacteurr de laboratoire pour FMS en condition stérile. (1)
1) ccouvercle, (2) sonde
de température, (3) tamis enn ac
acier inoxydable, (4) sonde de température de l’air
air entrant, (5) sonde
d’humidité relative, (6) résistan
tance de chauffage, (7) sonde de température de l’ea
’eau, (8) compteur du
débit d’air, (9) sonde
onde dde niveau d’eau, (10) enveloppe isolante (Durand,
and, 20
2003).
21
Synthèse bibliographique
Sortie de l’air
Plateaux
Substrat solide
Entr
ntrée d’air
21
Synthèse bibliographique
Une nouvelle génération de fermenteurs à une colonne a été développée par l’équipe de
l’Inra-Dijon avec un volume de travail de 1 l (figure 6). Ces nouveaux réacteurs sont équipés
d’accessoires supplémentaires par rapport au premier modèle ; à savoir une sonde de
l’humidité relative, une jaquette de refroidissement et un couvercle de chauffage pour la
colonne. Les prélèvements peuvent être effectués au cours de la culture (Durand, 2003).
4.1.2. Fermenteurs pré-pilotes et pilotes
L’échelle pilote est une étape importante dans le développement d’un procédé ; elle
permet de valider les travaux réalisés en laboratoire en vue d’une application industrielle.
Les bioréacteurs peuvent être classés en plusieurs catégories selon le mode d’aération et
d’agitation adopté (Labeille, 1997). On distingue au moins 6 types.
Réacteur statique sans aération (réacteurs à plateaux) : c’est le plus simple et le
plus anciens des fermenteurs. Il permet la production de tempeh, fromages et d’enzymes
(Smits et al., 1998). Voir figure 7.
Réacteur statique avec aération forcée : il est aéré par de l’air conditionné passant
à travers le tamis portant le substrat. La régulation de la température a lieu durant la culture
microbienne. Ce type de réacteur est utilisé pour la production de substances cytotoxiques
telles que l’acide mycophenolique et la lovastatine (Raghavarao et al., 2003 ; Durand, 2003).
Voir figure 8.
Réacteur à agitation alternée sans aération forcée : il s’agit d’une cuve
cylindrique avec un mode d’agitation intermittente. Ceci évite l’agglomération du milieu de
culture et provoque moins de cisaillements pour le mycélium que l’agitation continue. Tout
l’équipement peut être géré manuellement et automatiquement (Krishna, 2005 ; Giovannozzi-
Sermanni et Tiso, 2008). Voir figure 9.
Réacteur à agitation continue sans aération forcée : le fermenteur rotatif est
essentiellement sous forme de cuves tournantes autour d’un axe horizontale. La performance
de ce genre de réacteur est améliorée par l’étude de la vitesse de rotation et des paramètres
d’agitation. L’étude cinétique de Rhizopus cultivé sur son de blé est un exemple de
fermentation réalisée sur ce matériel (Durand, 2003 ; Giovannozzi-Sermanni et Tiso, 2008).
Voir figure 10.
Réacteur à agitation continue avec aération forcée : ce type se caractérise par
l’agitation en continue, une addition d’eau par pulvérisation ou par égouttement qui permet un
bon rafraichissement du substrat. Ce système est convenable pour les fermentations à grande
22
Synthèse bibliographique
Entrée de remplissage et
d’échantillonnage
Cuve
perforée Sortie d’air
Porte
coulissante
nte
Entrée Axe de la
d’air cuve
Enveloppe d’eau
22
Synthèse bibliographique
Figure 11 : Ré
Réacteur pilote en cuve profonde INRA Dijon (Duc
uchiron et Copinet,
2011).
Figure 12 : Photog
hotographie et schéma du réacteur de type Koji: (1) 1) cchambre de Koji, (2)
table perforée ro rotative, (3) dispositif de mélange rotatif, (4,11) vis et dispositif de
déchargement, (5) 5) air conditionné, (6) ventilateur, (7) sortie d’air,, (8
(8) amortisseur, (9)
filtre à air, (10)) ddispositif de remplissage, (12) tableau de contrôle le (Durand, 2003).
22
Synthèse bibliographique
23
Synthèse bibliographique
Tableau 12: Liste des classes d’enzymes selon le profil catalytique et les enzymes
industrielles correspondantes (Østergaard et Olsen, 2010).
23
Synthèse bibliographique
Hydrolases 85%
Humicola 2%
Rhizopus 5%
Bactérie 27%
Penicillium
6%
Trichoderma
6%
Aspergillus
27%
23
Synthèse bibliographique
[Link] protéases
Enzymes
pharmaceutiques
; 10%
Lipases; 3% Renine; Trypsine; 3%
10%
Carbohydrases;
10%
Protéases
alcalines; 25%
Amylases; 18%
Autres protéases;
21%
Figure 15: Répartition du marché mondial des enzymes, protéases en rouge (Mahajan et
Badgujar, 2010).
Tableau 13: Les exopeptidases et leur mode d'action (Mahajan et Badgujar, 2010).
24
Synthèse bibliographique
[Link]
thematique_191/novozymes-roi-des-enzymes-futur-major-des-biocarburants-article_6503/
Parmi les enzymes industrielles, les protéases occupent une position centrale. Elles
représentent environ 60 % du marché global des enzymes (figure 15) (Mahajan et Badgujar,
2010).
25
Synthèse bibliographique
Les séryl-protéases (E.C.3.4.21) possèdent au niveau du site actif une triade de résidus,
sérine, aspartate et histidine. Les enzymes digestives appartiennent à ce groupe (Larpent-
Gourgaud et Sanglier, 1992 ; Garrett et Grisham, 2000).
Les cystéyl-protéases (E.C.3.4.22) sont les protéases à thiol, leur site actif contient la
cystéine, l’histidine et l’aspartate. L’ordre des deux premiers résidus varie selon le type de
famille de protéase (cys-his ou his-cys). La papaïne est la plus connue de cette classe où l’on
retrouve également l’actidine et les cathepsines B et L (Larpent-Gourgaud et Sanglier, 1992 ;
Mahajan et Badgujar, 2010).
Les aspartyl-protéases (E.C.3.4.23) sont les protéases acides, anciennement appelées
carboxyl-protéases. Elles contiennent l’acide aspartique dans leur site actif. Ce groupe
comprend la pepsine, la renine, la cathepsine D et beaucoup de protéases fongiques (Mahajan
et Badgujar, 2010). Il comprend également la protéase de VIH qui est une imitation des
aspartate-protéases de mammifères (Garrett et Grisham, 2000).
Les métallo-protéases (E.C.3.4.24) se caractérisent quant à elles par la présence d’un
cation métallique divalent au niveau du site actif. Le plus souvent, il s’agit de l’ion de zinc.
Les métallo-protéases bactérienne exigent du calcium pour leur stabilité (Larpent-Gourgaud et
Sanglier, 1992). Elles sont inhibées par les agents chélatants tels que l’acide ethylène diamine
tetra acetique (EDTA). Parmi ce groupe on retrouve la thermolysine, la collagenase, la
kératinase, la gelatinase et des protéases fongiques et bactériennes (Mahajan et Badgujar,
2010).
Le mécanisme d’action des hydrolases le plus répandu est le suivant :
H2O
R1-R2 + Enz-H R1H + Enz-R2 R1H + R2OH +Enz-H
Réactants Etat de transition Produits
Il ne fait intervenir l’eau qu’après une série d’échanges d’électrons et de protons entre
certains résidus de l’enzyme et le substrat (Mouranche, 1985 ; Cuvellier, 1999). Dans ce cas
un agent nucléophile de l’enzyme transfère un doublet d’électrons à un atome de la liaison à
hydrolyser dont la charge positive est stabilisée par un autre groupement de l’enzyme. Il
forme alors un intermédiaire réactionnel (Enzyme-R2) par rupture de la liaison à hydrolyser,
le fragment de substrat R1étant simultanément déplacé et libéré, en captant un proton cédé par
un résidu de l’enzyme. L’intermédiaire formé avec l’enzyme, est ensuite hydrolysé par une
molécule d’eau qui régénère les résidus du site actif de l’enzyme dans leur forme initiale et
libère le produit de la réaction (Mouranche, 1985).
26
Synthèse bibliographique
Ces protéases végétales exigent la présence du groupe –SH- libre dans leur site actif
(cystéyl-protéase). Les plus connues pour leur intérêt technologique sont la papaïne, la
broméline, la ficine. La première, extraite du papayer (Carica papaya) est une enzyme
thermostable active de pH 5 à 9. La broméline est obtenue à partir des tiges et jus d’ananas
(Ananas comosus) ; elle remplace parfois la papaïne dans l’industrie de la viande. La ficine
pour sa part est extraite du latex du figuier (Ficus carica) (Cuvellier et al., 1999 ; Mahajan et
Badgujar, 2010).
27
Synthèse bibliographique
Parmi les bactéries, Bacillus subtilis est la souche productrice de la protéase la plus
utilisé industriellement; cette enzyme sert d’additif dans les détergents (Ellouz et al., 2001).
Des protéases appartenant à d’autres genres bactériens sont également disponibles sur le
marché de la biocatalyse, tels que Pseudomonas, Streptomyces, Enterococcus, Listeria,
28
Synthèse bibliographique
28
Synthèse bibliographique
29
Synthèse bibliographique
31
Synthèse bibliographique
32
Synthèse bibliographique
Tableau 16: Les protéases produites par FMS avec les substrats et microorganismes utilisés.
Protéase alcaline Streptomyces sp. Son de blé et noyau de datte Lazim et al.
thermostable CN902 (2009)
Protéase alcaline [Link] NCIM 2724 Son de blé et son de riz Naga et al.
thermostable (2010)
33
Synthèse bibliographique
Les ressources végétales sont toutes les matières premières issues de l'agriculture. Elles
présentent l’avantage d’être renouvelables et très largement présentes sur l’ensemble des
terres à l’échelle planétaire, à la différence des ressources fossiles et minérales. Actuellement,
de nombreux pôles de compétitivité et organismes de recherche se consacrent au
développement de nouvelles technologies pour la production et l'innovation en matière de
valorisation des agroressources. Ces dernières, sont constituées de molécules aux structures
complexes (protéines, polysaccharides, lipides, etc).
Le terme « agroressource » est souvent utilisé pour évoquer les produits non
alimentaires issus des systèmes agricoles. Parmi celles-ci, les cultures lignocellulosiques
(luzerne, phalaris, miscanthus, etc.) destinées à l'élaboration de biocarburants et bioproduits,
les cultures d'agroressources comestibles (colza, tournesol ou jatropha) peuvent également
être transformées en produits non alimentaires (biocarburants de première génération), et les
produits agricoles destinés à l'alimentation humaine et animale (Blanc et Goma, 2006).
L’apport de la biomasse produite à la surface du globe terrestre est considérable :
12.10 tonnes /an. Mais, seulement 6.109 tonnes sont utilisés par l’homme (Guillou, 2006).
11
L’agriculture mondiale produit 3.109 tonnes pour l’alimentaire et 2.109 tonnes pour le non
34
Synthèse bibliographique
35
Synthèse bibliographique
35
Synthèse bibliographique
Afrique; Océanie;
11,70% 0,40%
Europe;
14,30%
Asie ;
Amérique 57,40%
; 16,20%
35
Synthèse bibliographique
36
Synthèse bibliographique
Déchets de tomate
Pellicules et
Graines pulpes
Huile
ile adhérentes
Cellulose
protéines Fibres
Furostanol Caroténoïdes insolubles
Stérols
saponine
Figure 20 : Composition
on de
des sous produits de la tomate transformée (So
(Sogi et al., 2002 ;
Boukha
oukhalfa-lezzar, 2010 ; Mirabella et al., 2013).
36
Synthèse bibliographique
Les déchets de tomate sont composés principalement de graines, 33 % selon Kaur et al.
(2008) et 60 % selon Shao et al. (2013), de peaux et de pulpe adhérente (voir figure 20). Les
graines constituent une excellente source de substances riches en nutriments, les
caroténoïdes, les protéines, les sucres, les fibres et les huiles. La pelure est principalement
composée de carbohydrates (80 %), sous la forme de fibres insolubles (Mirabella et al., 2014).
L’huile de pépins de tomate est très intéressante du fait qu’elle soit riche en acides gras
insaturés, en particulier linoléique, oléique. Elle représente 20 à 37,9 % de la composition
des graines. La farine délipidée des graines renferme entre 22 et 33,9 % de protéines. La
composition en acides aminés de la farine des graines de tomate est comparable à celle de la
farine de soja et même de la viande. Elle est particulièrement riche en lysine (Sogi et al.,
2002 ; Sogi et al., 2005 ; Shao et al., 2013). La peau avec la pulpe adhérente contient aussi les
protéines avec une bonne proportion en lysine, valine et leucine (Al-Wandawi et al., 1985).
Toutes les matières premières contenant plus de 15 % de protéines sont considérées comme
matières riches en protéines (Sebillotte, 2002). Ce qui rend ces déchets très approprié pour
une exploitation en tant que matière première dans la production de substances à intérêt
industriel par fermentation.
Peu de travaux ont été publiés sur l’utilisation de cette matière première en
fermentation. Carvalheiro et al. (1994) ont réalisé la bioconversion des déchets de tomate par
des cultures mixtes de Trichoderma reesei et Sporotrichum sp. en FMS. Avelino et al. (1997)
ont effectué une saccharification de ce substrat par des cellulases commerciales pour la
production de la biomasse de la levure Geotrichum candidum en FMS. Rawashdeh et al.
(2005) ont réalisé la production de xylanase par Streptomyces sp. Do Rosário Freixo et al.
(2008 a et b) ont produit la polygalacturonase, la laccase et la xylanase sur milieu à base de
déchets de tomate (20 g/l) par des cultures du champignon Coriolus versicolor. Fakas et al.
(2008) ont effectué la synthèse de l’acide γ-linolénique sur l’hydrolysat de déchets de tomate
en culture submergée par la moisissure Cunninghamella echinulata. Iandolo et al. (2011) ont
étudié la production des enzymes : laccase, xylanase et protéase sur les mêmes déchets par les
champignons Pleurotus ostreatus et Trametes versicolor en FMS.
37
Matériel et méthodes
Matériel et méthodes
Pour l’obtention des spores fongiques, nous avons utilisé un milieu gélosé : le PDA
(Potato Dextrose Agar), fourni par Biokar Diagnostics. Le milieu de sporulation est composé
en g/l de : extrait de pomme de terre : 4, glucose : 20, agar agar bactériologique : 15. Il est
préparé avec 39 g de la poudre de PDA par litre d’eau distillée. Le milieu est autoclavé
pendant 20 min à 121 °C. Il est ensuite réparti dans des boites de Pétri à raison de 20 ml par
boite. Après refroidissement, les milieux gélosés sont inoculés avec 0,2 ml de la suspension
de spores. Ils sont ensuite incubés dans une étuve à 30 °C pendant une semaine.
L’eau osmosée, mélangée au Tween 80 (0,1%), stérile sert à récupérer les spores (eau
tweenée). Un volume de 10 ml est additionnée dans la boite de Pétri. La surface de la culture
est grattée et les spores sont récupérées dans des tubes. La suspension va servir d’inoculum
pour les cultures en Erlenmeyers. La conservation des souches est réalisée par addition de
38
Matériel et méthodes
20% de glycérol comme agent cryoprotecteur à l’eau tweenée stérile qui sert à la
récupération des spores. Cette dernière solution est congelée par aliquotes de 2 ml.
Les dénombrements sont effectués par comptage direct sur cellule de Thoma au
grossissement X400 à l’aide d’un microscope optique E600 (Nikon). Les dilutions, quand
elles ont été nécessaires, sont réalisées avec de l’eau tweenée stérile.
La viabilité des spores fongiques dans l’inoculum est évaluée par des dilutions de la
suspension de spores (100 à 1000 fois) qui permettent d’obtenir 30 spores/ml. Celles-ci
serviront à inoculer des boites de Petri. Après incubation à 30 °C pendant 48 heures, un
comptage sur cellule de Thoma est réalisé. En rapportant cette valeur au nombre de spores
total, le pourcentage de spores viables d’un inoculum donné est alors calculé.
2. Substrat de fermentation
Les fermentations sont réalisées avec les déchets de tomates industriels. Ils sont obtenus
de la conserverie « La Maison Latina » de Chelghoum Laid (wilaya de Mila), compagnes été
2007 et 2008. Le substrat récupéré humide est essoré puis séché à l’air libre. Il est composé
de graines et de peaux auxquelles est resté fixée un peu de pulpe.
Les principaux composants des déchets de tomates ont été déterminés par le laboratoire
« Inzo » de Château-Thierry, France. Le dosage des protéines par la méthode Kjeldhal selon la
norme iso 5983 et CEE 93/28. L’amidon Ewers par polarimétrie selon la norme CEE 72/199.
L’humidité par dessiccation selon la norme NF V18-109. La matière grasse par extraction
directe selon la norme NF V18-117. Les fibres sont déterminées selon la norme AOAC 1997.
39
Matériel et méthodes
4. Extraction de l’enzyme
A la fin de la période d’incubation, le produit fermenté est mixé avec 100 ml d’eau
distillée au Waring-blender pendant 40 secondes. La suspension obtenue, est filtré sur un
Büchner actionné par une pompe à vide électrique. La solution est par la suite centrifugée
(centrifugeuse Jouan MR 1812) à 10 000 x g pendant 10 min à 4 °C, pour éliminer les spores
et les particules du substrat. Le surnageant correspond à l’extrait enzymatique brut sur lequel
le pH est mesuré. Il est congelé à -20 °C pour les dosages ultérieurs.
40
Matériel et méthodes
La réaction se déroule au bain-marie à 40 °C. Après 60 min, elle est stoppée par addition de 5
ml d’acide trichloroacétique (TCA) à 4% (w/v). Le mélange est centrifugé à 10 000 x g
pendant 5 min (centrifugeuse EPPENDORF-Centrifuge 5417C), pour faire précipiter les
particules du substrat coagulées par l’acide.
• Surnageant : 1 ml,
• Solution de carbonate de sodium à 15% : 2 ml,
• Réactif de Folin-Ciocalteu (dilué au 1/3) : 0,5 ml.
41
Matériel et méthodes
Les protéines sont mesurées par la méthode de Lowry et al. (1951). Les solutions
nécessaires sont :
42
Matériel et méthodes
Plusieurs facteurs ont été testés pour mesurer leur effet sur la production de la protéase
par les deux souches d’Aspergillus oryzae. Le meilleur résultat obtenu est appliqué dans
l’expérience qui suit. Ces facteurs sont : la teneur en eau, le pH, le taux de l’inoculum, l’âge
des spores, la taille des particules du substrat et la source d’azote.
8.1. Le taux d’humidité du substrat est le premier facteur étudié. Des variations de
la teneur en eau des déchets de tomate de 40, 45, 50, 55, 60, 65 et 70%, ont été
réalisées. Des volumes croissants d’eau distillée, nécessaires pour chaque valeur
d’humidité, sont rajoutés au substrat avant stérilisation.
8.2. Le pH initial est le paramètre étudié en second. Les différents pH testés sont 3,
4, 5, 6 par le tampon citrate-phosphate (0,2 M) ; pH 7 et 8 par le tampon
phosphate (0,2 M). Le volume des différents tampons correspond au meilleur
taux d’humidité, résultat du test précédent. Il sert à humidifier le substrat avant
autoclavage.
8.3. Le taux d’inoculum est étudié après l’effet du pH. Différents volumes
d’inoculum sont testés : 0,05 ; 0,1 ; 0,25 ; 0,5 ; 1 et 2 ml de la suspension de
spores contenant 2 x 107 spores/ml.
8.4. L’âge de l’inoculum est réalisé sur plusieurs jours. Nous avons préparé
l’inoculum de 3, 4, 5 et 6 jours.
43
Matériel et méthodes
8.5. La taille des particules du substrat correspond au traitement mécanique qui peut
permettre à la moisissure d’attaquer plus facilement le substrat au cours de la
fermentation. Les déchets de tomate sont moulus au Waring-blender puis passés
aux tamis de différentes tailles, ce qui a permis d’obtenir les granulométries
suivantes : 450, 500, 630 et 800 µm.
8.6. Les sources azotées additionnelles ont été les derniers facteurs testés. Pour cela,
nous avons choisi d’étudier l’effet de la caséine et de la farine de soja aux
concentrations suivantes : 5, 15, 25 et 35 mg/g de substrat de base.
Le fermenteur utilisé dans ce travail est semi-pilote à plateau de type Koji, disponible
dans le LMI, conçu par la société japonaise Fujiwara. Il a servi pour le développement d’un
complexe enzymatique solide en partenariat avec la société Soufflet (Duchiron et Copinet,
2011). Il peut contenir de 5 à 20 kg de matière. Le lit du substrat peut atteindre une hauteur
de 20 cm. Ce bioréacteur est composé d’un système de régulation de la chaleur grâce à un
dispositif de conditionnement d’air, et d’un système de circulation d’eau froide qui permet de
créer une atmosphère humide au cours de la FMS. La culture peut être mélangée par des vis
sans fin au cours de la fermentation (Voir figures 21, 22, 23, 24).
44
Matériel et méthodes
Figure 21: Le fermenteur Fujiwara : (A) armoire de contrôle, (B) fermenteur Koji avec sa
cuve de culture à l’intérieur.
45
Matériel et méthodes
Figure 23: Le système d'aération du fermenteur Fujiwara : (A) humidificateur, (B) arrivée
d’air humidifié, (C) conduite d’échappement d’air ayant traversé la cuve.
46
Matériel et méthodes
Après l’optimisation de l’effet des différents facteurs étudiés lors des cultures en
Erlenmeyers. Nous avons choisi la souche Aspergillus oryzae NRRL 2220 pour les cultures
en fermenteur. En effet, cette souche a donné le maximum de l’activité protéolytique en trois
jours de culture ; à l’inverse de la souche A. oryzae NRRL A-5777 qui a nécessité une durée
de cinq jours. Nous avons testées deux conditions : absence et présence de la farine de soja
comme source azotée additionnelle à raison de 0 et 15 mg/g de substrat. L’inoculum est
préparé en Erlenmeyers, à raison d’un flacon par kilogramme de substrat. Pour cela, 20 g de
déchet de tomate sont humidifiés par 30 ml d’eau distillée.
Après stérilisation, ils sont inoculés par 2 x 107 spores/fiole (106 spores/g de substrat) et
incubés à 30 °C pendant 5 jours. Le substrat de fermentation est préparé dans des sacs en
plastique autoclavables pouvant contenir deux kilogrammes par sac. Le substrat est mélangé
avec 80% de l’eau totale puis autoclavé 20 min à 120 °C. Après refroidissement, il est
mélangé avec l’inoculum contenant les 20% d’eau restants, puis placé dans la cuve du
fermenteur préalablement flambée par l’éthanol à 90°. Cette inoculation correspond au début
de la fermentation qui va se dérouler pendant 44 heures. Cette culture doit se faire à 30 °C,
mais en pratique il se produit des variations de température qui peuvent être rectifiées par le
réglage de la température de l’air pulsé et par un brassage du milieu de culture sans abus pour
ne pas fractionner le champignon.
Après 12 heures, la culture est suivie par des prélèvements toutes les deux heures. Les
mesures du pourcentage de l’humidité sont nécessaires, celui-ci doit être maintenu à 50%
par addition d’eau distillée stérile. L’aération est assurée par un ventilateur dont la puissance
est de 15 hertz muni de vannes permettant un réglage de 0 à 100% selon le besoin et l’état de
la culture.
Le prélèvement, effectué sur plusieurs endroits dans la cuve pour avoir un échantillon
représentatif, sert à préparer l’extrait enzymatique selon le protocole décrit précédemment.
Après mesure du pH, il est conservé au congélateur pour le dosage de l’activité protéasique.
A la fin de la période de la fermentation, la moitié du substrat est conservée à -20 °C
dans des sacs en plastique ; ceci correspond au « substrat humide ». L’autre moitié est
séchée dans le fermenteur puis est également conditionnée dans des sacs en plastique et
gardée à température ambiante, c’est le « substrat sec ».
47
Matériel et méthodes
Plusieurs solutions ont été testées pour la préparation de l’extrait enzymatique pour voir
celle qui permet d’avoir la plus grande activité protéasique. Ces solutions sont : Tween 80
(0,1%), tampon citrate/phosphate à pH 6 et 6,8, Tween 80 (0,1%) dans le tampon à pH 6,8,
NaCl à 1% dans le tampon à pH 6,8 ainsi qu’à différents pourcentages de NaCl (0,5, 0,9, 1, 2,
3, 4, 5).
Chaque solution est mélangée au produit fermenté (humide et sec), à raison de (1 : 5 w :
v) le mélange est mixé au Waring-blender pendant 40 secondes. La suspension obtenue, est
par la suite centrifugée à 10 000 x g dans deux conditions différentes: à 4 °C (centrifugeuse
Jouan MR 1812) pendant 10 min et par la centrifugeuse non réfrigérée pendant 5 min
(centrifugeuse Eppendorf-Centrifuge 5417C) pour éliminer spores et particules du substrat.
Les dosages de l’activité enzymatique sont réalisés sur le surnageant.
48
Matériel et méthodes
Le fractionnement des protéines est souvent réalisé par le sulfate d’ammonium (SA), en
première étape de séparation. En effet, ce sel présente plusieurs avantages un pouvoir
précipitant élevé, un faible effet dénaturant vis-à-vis des protéines, une grande solubilité en
plus de son faible coût (Laurent, 1982).
Ce sel à forte concentration entre en compétition pour l’eau avec les protéines en
mélange, ce qui entraîne leur précipitation « salting out ». La concentration en sel précipitante
dépend de la nature de la protéine et de ses propriétés moléculaire.
L’échantillon enzymatique est soumis à une précipitation fractionnée par le SA à des
saturations croissantes de 20 à 80 %. Cette étape est réalisée sous agitation pendant 1 heure,
sur bain de glace. Ensuite, une centrifugation à 10 000 x g pendant 30 minutes à 4 °C, est
effectuée (Centrifugeuse Jouan KR 22i).
Chaque précipité est récupéré dans le tampon phosphate citrate à 50 mM à pH 6,8.
Chaque surnageant est reconcentré en SA.
49
Matériel et méthodes
[Link] statistique
Les données résultantes des différents essais sont soumises à une analyse de la variance
afin d’évaluer les effets des différents facteurs étudiés.
Tous les tests de l’ANOVA ont été effectués avec le logiciel STATISTICA version 5.
Le niveau de confiance accepté est de 95%, comme c’est le cas dans les travaux de Hajji et al.
(2008) et Vishwanatha et al. (2010).
50
Résultats et discussions
Résultats et discussions
La production d’enzymes par FMS est affectée par la composition du substrat (Castro et
Sato, 2013). Les principaux composants des déchets de tomate sont résumés dans le tableau
17. L’ensemble de la matière organique est de 86,51 %, avec une proportion de plus de 52%
de fibres totales insolubles constituées principalement de lignine (24 %) et de cellulose (19,5
%). Cette composition est liée à la nature de ces déchets, composés essentiellement de
constituants rigides que sont la peau et les graines. Celle-ci donne au substrat une structure
qui se maintient même après la stérilisation dans l’autoclave. De ce fait, ce substrat peut être
bien adapté à la réalisation de culture microbienne à l’état solide (Rodríguez Couto, 2008) ; il
correspond donc à la fois comme support et comme source de nutriments pour les cellules des
microorganismes.
Dans les déchets de tomate, les protéines représentent un taux de plus de 20%. Ceci est
en accord avec ce qui est rapporté dans la littérature (24,5 % dans les graines selon
Tsatsaronis et Boskou, 1975 ; 20- 22 % d’après Kramer et Kwee, 1977a ; plus de 21 % selon
Elliott et al., 1981 ; et 22,9 % d’après Assi et King, 2007). De ce fait, ces déchets sont
considérés comme une matière riche en protéines, ce qui favorise la synthèse d’enzymes. En
effet, la présence d’une source de protéines dans le substrat induit la production des protéases
(Castro et Sato, 2013).
Comparativement au son de blé, substrat de choix pour les procédés en FMS, et en
particulier pour la production des protéases (Sandhya et al., 2005 ; Vishwanatha et al., 2009 ;
Castro et Sato, 2013), les déchets de tomate sont plus riches en protéines. En effet, le son de
blé ne contient que 14,2% selon Labeille (1997) et 14,74% selon Castro et Sato (2013), soit
une différence de plus de 5%. Voir la composition comparée dans le tableau 18.
Les cendres, avec un taux de 6,52% sont aussi importantes dans les déchets de tomate
que celui reporté pour le son de blé. Dans leur étude sur la composition des déchets de tomate,
Tsatsaronis et Boskou (1975) ont trouvé un taux de 5,4% dans les graines et 2,7% dans la
peau. Ils citent une prédominance des minéraux suivants : K, P, Mg, Ca, Na et Cl. Cela
correspond aux oligo-éléments nécessaires à toute culture microbienne.
L’analyse de la composition chimique de ce substrat, montre qu’il est très convenable
pour une utilisation comme milieu de culture, en particulier en FMS. Les matières premières
51
Résultats et discussions
comptent pour 60 à 80 % du prix de revient dans une production d’enzymes par fermentation
(Cuvellier et al., 1999)
Lignine 24 3,0
*
Valeurs rapportées par Labeille (1997).
52
Résultats et discussions
Dans l’objectif de sélectionner les souches fongiques qui seront utilisées pour la
production de la protéase neutre par FMS avec les déchets de tomate, les premiers essais ont
été réalisés avec les cinq souches d’Aspergillus A. oryzae 22788, A. oryzae 42149, A. oryzae
5777, A. oryzae 2220 et A. sojae 1988. L’observation de leur développement et de la
production de la protéase neutre au cours du temps montre une bonne multiplication des
souches dès le premier jour de la fermentation.
La croissance des moisissures apparait avec l’envahissement du substrat par un
mycélium blanchâtre. Ceci permet leur dissémination et leur pénétration dans le substrat
solide. En effet, la croissance fongique ne se déroule pas uniquement en surface, mais aussi en
profondeur et en hauteur. La pénétration des hyphes dans le substrat facilite l’accès aux
éléments nutritifs (Boiron, 1996). Au deuxième jour de culture, les premières spores sont
visibles. L’apparition de structure de couleur vert-jaunâtre indique l’étape de la formation des
spores qui apparaissent après 48 heures.
Le suivi de la cinétique de synthèse de la protéase neutre par les différentes souches en
culture solide sur déchets de tomate est représenté dans la figure 25. La production de
l’enzyme est détectable à partir de 24 heures de culture pour les cinq souches fongiques
étudiées à des valeurs très faible (de 0,52 à 1,032 U/gms) comme cela a été décrit par
Chancharoonpong et al. (2012). Par la suite, on constate des variations dans la production de
l’enzyme selon la souche utilisée. Les plus importantes activités protéasiques sont obtenues
par A. oryzae 5777 avec 6,75 U/gms ; A. sojae 1988 avec 6,02 U/gms après 120 heures de
fermentation ; A. oryzae 2220 avec 6,21 U/gms, après un temps plus court, 72 heures. Les
deux autres souches [Link] 42149 et 22788, montrent des activités protéasiques plus
faibles avec 5,52 U/gms et 4,94 U/gms obtenues respectivement après 144 et 96 heures de
culture (voir tableau 19). En effet, elles sont connues pour la production d’amylase (Labeille,
1997).
Ces variations dans la durée de la culture dépendent de la souche ainsi que la
composition et la nature du substrat de culture, comme le montre la littérature. En effet,
Sandhya et al. (2005) ont obtenu le maximum de protéase neutre par A. oryzae 1808, cultivé
sur le son de blé, après 72 heures. Sumantha et al. (2005) ont réalisé une FMS par A. oryzae
2217, par une combinaison de tourteaux de noix de coco et le son de blé. Ils ont obtenu le pic
de l’activité enzymatique en 48 heures de fermentation. Plus tard, en 2009, García-Gómez et
53
Résultats et discussions
al. ont également étudié la production de la même enzyme en FMS, sur farine de poisson par
la souche A. oryzae 2095. L’activité maximale est produite après 44 heures. Une durée de
culture plus longue, de 120 heures, a été nécessaire pour la production de la protéase acide de
l’A. oryzae 5341, cultivé en FMS d’un mélange de son de blé avec 4 % de farine de soja
délipidée ; et ce dans les travaux de Vishwanatha et al. (2010). Récemment,
Chancharoonpong et al. (2012), ont obtenu le maximum d’activité de la protéase neutre après
48 heures de FMS, réalisée avec A. oryzae S. cultivée sur un mélange de soja et de son de blé
à 30°C. De même, Castro et Sato (2013), ont observé le maximum d’activité protéasique
après 48 et 72 heures, lorsqu’ils ont réalisé des FMS de son de blé, farine de soja et farine des
graines de coton, par l’[Link] LBA 01.
Le suivi du pH au cours de la culture (tableau 20) indique une similitude pour les deux
souches A. oryzae 22788 et 42149. Les variations ne sont pas très importantes ; le pH atteint
en fin de culture des valeurs proches de la neutralité (6,55 et 6,86 pour les deux champignons
respectivement). En ce qui concerne les trois autres souches A. oryzae 5777 et 2220, et A.
sojae 1988, on a relevé des augmentations des valeurs de pH en fin de culture (8,25 ; 7,4 et
8,14 respectivement). Ceci indique que le métabolisme des protéines est plus important,
résultat confirmé par le taux de production de protéase neutre des trois souches fongiques
avec des valeurs de l’activité enzymatique qui dépasse les 6 U/gms. Cependant, le
métabolisme des deux autres souches, n’a pas modifié le pH du milieu, ce qui peut être
expliqué par une production équivalente en acides organiques et en ammoniac.
La production des protéases est importante pour les champignons. Ces enzymes
dégradent les composants protéiques du milieu de culture et fournissent les acides aminés et
l’azote. La croissance des hyphes nécessite la synthèse de composants pariétaux, dont la
chitine. Ce dernier est formé par l’enzyme chitine synthétase, dont la forme active est obtenue
grâce à l’action d’une enzyme protéolytique (Boiron, 1996).
D’après ces résultats nous avons choisi de continuer le reste des essais avec les deux
souches A. oryzae 5777 et A. oryzae 2220, pour mesurer l’effet des différents paramètres
pouvant affecter la production de l’enzyme.
54
Résultats et discussions
Tableau 19 : Activité protéolytique produite par les cinq souches d'Aspergillus au cours de la
FMS des déchets de tomate en (U/gms).
Temps(h) [Link] Ecart- [Link] Ecart- [Link] Ectart- [Link] Ectart- [Link] Ecart-
type type type type type
22788 42149 5777 2220 1988
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
24 1,032 0,02 0,52 0,01 0,65 0,02 0,8 0,01 0,7 0,03
48 2,31 0,014 2,01 0,07 4,53 0,02 3,86 0,14 3,11 0,15
72 4,66 0,07 3,82 0,02 5,53 0,05 6,21 0,1 4,76 0,05
96 4,94 0,06 4,87 0,65 6,03 0,65 5,57 0,06 5,5 0,08
120 2,7 0,18 3,11 0,15 6,75 0,81 3,18 0,15 6,02 0,2
144 2,87 0,65 5,52 0,2 6,13 0,7 3,45 0,2 5,98 0,3
7
Activité protéasique (U/gms)
6 [Link] 22788
5 [Link] 42149
4 [Link] 5777
3 [Link] 2220
2 [Link] 1988
0
Temps (heures)
0 50 100 150 200
55
Résultats et discussions
56
Résultats et discussions
La souche A. oryzae 5777 a donné plus d’activité protéasique à des taux d’humidité de
40 à 50 % ; avec un maximum de 6,5 U/gms. Une augmentation de la teneur en eau jusqu’à
70 %, conduit à une diminution de 25 % de l’activité enzymatique étudiée avec un effet très
significatif (p<0,04). Cette diminution pourrait s’expliquer par une modification de la
structure du milieu. En effet, un taux élevé de l’humidité provoque une agglomération des
particules, une limitation de transfert des gaz et favorise les contaminations bactériennes
(Duchiron et Copinet, 2011). Ces résultats sont similaires à ceux de Sandhya et al. (2005) qui
ont obtenu un maximum d’activité de la protéase neutre à 43,6 % d’humidité de son de blé ;
de Sumantha et al. (2005) avec 60 % du même substrat et de Chutmanop et al. (2008) qui ont
trouvé une teneur d’eau optimale de 50 % pour la production de protéase sur un mélange de
son de blé et son de riz.
Cependant, pour la souche A. oryzae 2220, on a observé une similitude des résultats de
l’activité de la protéase par rapport au taux d’humidité; avec une activité minimale de 6,5
U/gms et maximale de 6,8 U/gms, soit une variation de 0,3. Les changements de l’humidité
n’affectent pas la production de la protéase neutre, du moins dans l’intervalle étudié. Par
ailleurs, Belmessikh (2011) signale un niveau optimal de la teneur d’eau entre 50 et 60%,
avec l’utilisation des déchets de tomate moulus en particules de 1 mm de diamètre. On peut
conclure que le niveau de l’humidité optimal pour la production d’une enzyme dépend non
seulement de la souche mais aussi de la taille des particules du substrat.
57
Résultats et discussions
Tableau 21 : Effet de l’humidité initiale sur la production de la protéase par les deux souches
d’Aspergillus oryzae par FMS sur déchets de tomate. L’activité en (U/gms).
Plusieurs auteurs ont étudié ce paramètre : Labeille (1997) rapporte un taux d’humidité
de 55 % du son de blé pour la production de glucoamylase par Aspergillus niger ATCC
76061 ; Agrawal et al. (2005) ont trouvé un taux d’humidité initial de 120 % pour la
production de la protéase alcaline par Beauveria felina mais de seulement 60 % pour A.
oryzae NCIM 649 lorsqu’ils sont cultivé sur son de blé ; Mahanta et al. (2008) ont trouvé un
taux de 50 % pour la production de protéase et de lipase par Pseudomonas aeruginosa cultivé
sur les tourteaux de la plante Jatropha curcas ; Prakasham et al. (2006) ont trouvé un taux
de 140 % pour la production de protéase alcaline par Bacillus sp. cultivé sur écorce verte;
Bhanu Prakash et al. (2008) ont obtenu lors de la production des spores de Metarhizium
anisopliae en FMS, un taux d’humidité qui varie selon le nature du substrat utilisé : 75,68 %
pour sorgho, 73,21 % pour l’orge et 22,34 % pour le riz ; Mukherjee et al. (2008) ont obtenu
un taux de 100 % pour la production de protéase alcaline de Bacillus subtilis cultivé sur les
deux substrats qu’ils ont étudiés : peaux de pomme de terre et la plante herbacée Imperata
cylindrica ; Lazim et al. (2009) ont trouvé un taux de 60 % pour la production de la protéase
alcaline par Streptomyces sp. CN902 cultivé sur un mélange de son de blé et de noyaux de
dattes coupés aux proportions 5 :5. Le taux d’humidité est optimal lorsque le substrat est
saturé en eau. D’une manière générale, ce taux varie selon la nature du substrat entre 30 – 85
% (Bellon-Maurel et al., 2003), pour les cultures bactériennes il peut atteindre 140 %
(Prakasham et al., 2006.)
58
Résultats et discussions
Par conséquent, nous avons décidé de continuer les essais avec un taux d’humidité
initiale de 50 % qui est favorable pour les deux souches.
3.2. Effet du pH
valeurs de pH ont augmenté pour les milieux à pH initial 3 à 6. Cela s’explique par le
métabolisme des protéines qui produit de l’ammoniac (Sparringa et Owens, 1999 ; Garcia-
Gómez et al., 2009). Pour les milieux à pH initial 7 et 8, ils sont amenés à 7,66 et 7,43 pour A.
oryzae 5777 ; et à 6,57 et 6,47 pour A. oryzae 2220. La production en acides est équivalente à
celle de l’ammoniac. De ce fait, le pH proche à la neutralité est favorable à la croissance et à
la production de la protéase neutre.
La suite du travail, a été réalisée par le substrat humidifié avec le tampon phosphate-
citrate (0,2 M/ 0,1 M) à pH 6.
60
Résultats et discussions
Tableau 22 : Evolut
volution du pH à la fin de la FMS sur déchetss de tomate
(Humidité initiale de 50 %).
pH initial pH de fin de culture
3 8,01±0,2 6,51±0,1
4 7,80±0,1 6,40±00
5 7,63±00 6,44±0,1
6 7,54±0,1 6,38±00
7 7,59±0,1 6,47±0,1
8 7,44±0,1 6,49±00
9
8
Activité proteasique (U/gms)
7
6
5 [Link]
.oryzae 5777
4
[Link]
.oryzae 2220
3
2
1
0
3 4 5 6 7 8 pH initial
Figuree 26. Effet du pH initial sur la synthèse de la
protease neut
neutre à 50% d'humidité initiale, FMS de 5 jours
ours
pour [Link]
.oryzae 5777 et de 3 jours pour [Link] 2220.
61
Résultats et discussions
Le taux de 106 spores/gg dde déchets de tomate a été retenu pour la suite du travail.
9
Activité protéasique (U/gms)
8 [Link]
5777
7
6 [Link]
5 2220
4
3
2
1
0
0,1 0,25 0,5 1 2
Nombre de spores * 106 /g de substrat
Figure
re 27. Effet de la taille de l'inoculum sur la
production
ion de la protéase neutre (FMS réalisées à 50%
d'humidité initiale et pH 6).
62
Résultats et discussions
10
[Link]
.oryzae 5777
8
6 [Link]
.oryzae 2220
4
2
0
3 4 5 6
Age de l'inoculum (jours)
Figure 28. E
Effet de l'âge des spores sur la production
on de lla
protéase
ase neutre (FMS réalisées à 50% d'humidité
nitiale, pH 6 et 106 spores/g de substrat).
initi
63
Résultats et discussions
64
Résultats et discussions
des raisons économiques, il est inutile de broyer les déchets de tomate ava
avant leur utilisation
comme substrat de la FMS.
10
9
Activité proteasique (U/gms)
8
7
6
[Link]
ryzae 5777
5
4 [Link]
ryzae 2220
3
2
1
0
Taille des particules (µm)
450 500 630 800 contrôle
Figure 29. E
Effet de la taille des particules des déchets de
tomate
ate sur la production de la protéase neutre.
65
Résultats et discussions
Les protéines sont les inducteurs de la synthèse des protéases par les microorganismes.
Pour cela nous avons effectué des essais avec des milieux enrichis en caséine et en farine de
soja.
66
Résultats et discussions
14
Activité protéasique (U/gms)
12 A.
[Link]
10 57
5777
8
A.
[Link]
6 22
2220
4
2
0
contrôle 5 15 25 35
caséine (mg/g de substrat)
67
Résultats et discussions
Les résultats de l’effet de cette deuxième source de protéine sont présentés dans la
figure 31. On constate des augmentations de l’activité protéasique par rapport aux deux
souches pour toutes les concentrations de farine de soja ajoutées au milieu.
Pour A. oryzae 5777, le maximum de l’activité est obtenu par l’addition de 15 mg/g de
substrat soit une production de 38 % d’activité supplémentaire. Cet effet est plus important
avec la souche A. oryzae 2220, avec 66,5 % d’augmentation pour la même concentration de
farine de soja. Nous avons constaté que les quantités supérieures à 15 mg/g de substrat,
conduisent à des diminutions de l’activité enzymatique étudiée. L’analyse de la variance des
résultats indique l’effet significatif de ce facteur (F = 57,47 ; p = 0). En effet, les protéines
sont de bons inducteurs de la production des protéases.
Plusieurs auteurs ont mis en évidence cet effet : Agrawal et al. (2005) ont obtenu une
augmentation de 12 fois de la protéase alcaline de l’A. oryzae NCIM 649 cultivé sur le son de
blé enrichi par les protéines de soja ; Vishwanatha et al. (2010) ont observé une stimulation
de la synthèse de la protéase acide en présence de farine de soja et de caséine à 4 % par A.
oryzae MTCC 5341, cultivé en FMS sur son de blé.
Ainsi, ces deux protéines se révèlent comme des sources azotées capables de stimuler la
production des protéases par les deux souches d’A. oryzae étudiées. Mais cette stimulation
varie en fonction de la souche : la caséine induit la production de la protéase neutre beaucoup
plus pour A. oryzae 2220, alors que la farine de soja le fait pour A. oryzae 5777. Il est donc
clair que chaque souche a des besoins nutritionnels et d’inducteurs spécifiques pour produire
l’enzyme recherchée. Par ailleurs, d’autres sources d’azote sont également inductrices de la
production de l’enzyme comme c’est le cas de l’extrait de levure ou la peptone pour la
protéase alcaline étudiée par Prakasham et al. (2006) en FMS.
68
Résultats et discussions
14
Activité protéasique (U/gms)
12
10 [Link]
5777
8
6 [Link]
2220
4
2
0
contrôle 5 15 25 35
Farine de soja (mg/g de substrat)
Figure 31. Effe
ffet de l'addition de la farine de soja sur la
produc
oduction de la protéase neutre.
69
Résultats et discussions
D’après cette étude, nous pouvons conclure qu’il est possible de produire des protéases
fongiques avec des milieux de culture à base des déchets de tomate. Par sa composition en
différentes matières organiques et minérales, ce substrat se trouve parfaitement adapté à la
croissance des souches d’Aspergillus, particulièrement par la présence de protéines qui sont
des inducteurs des protéases.
L’étude des différents facteurs sur la production de la protéase neutre en FMS avec les
déchets de tomate comme substrat a permis de définir ceux qui ont des effets significatifs ;
parmi ces paramètres, le taux de l’humidité, le pH initial, l’âge de l’inoculum et la teneur en
protéines.
Ces résultats permettent de définir les conditions qui seront adoptées dans la deuxième
partie du travail, à savoir, la production de la protéase neutre en fermenteur par la souche A.
oryzae 2220. Cette dernière est la plus rapide, en effet, le facteur temps est très important pour
une production à l’échelle industrielle. Cette souche arrive à produire le maximum de la
protéase en 72 h (3 jours), alors que la souche A. oryzae 5777 le fait en 120 h (5 jours) pour le
même niveau de la production de l’enzyme. Par ailleurs, le taux d’humidité du substrat adopté
est de 50 % et l’enrichissement par la farine de soja est de 15 mg/ g de substrat, cela afin de
rendre la production plus économique comparativement à la caséine qui ne permet pas
d’augmenter la production de l’enzyme d’une façon très importante. En ce qui concerne le pH
du substrat, nous avons opté pour une humidification du substrat de culture avec de l’eau
osmosée sans utilisation de la solution tampon à pH 6 ; ce qui permet d’obtenir un pH de 5,49
convenable à la production de la protéase neutre par la souche fongique sélectionnée.
Pour la température, nous continuerons à travailler à 30°C comme en Erlenmeyers car
c’est la température optimale de production des protéases par Aspergillus oryzae, rapportée
par plusieurs auteurs (Botton et al., 1990 ; Sandhya et al., 2005 ; Sumantha et al., 2005 ;
Chutmanop et al., 2008 ; Vishwanatha et al., 2010 ; Chancharoonpong et al., 2012).
Par ailleurs, les essais sont poursuivis par des cultures en fermenteur pilote de type Koji,
équipé d’un système d’aération avec des quantités importantes de substrat pour le « scaling-
up » du procédé.
70
Résultats et discussions
Une culture préliminaire a été réalisée avec 20 kg de substrat enrichi avec la farine de
soja, durant 3 jours. Cet essai a permis d’évaluer la productivité de l’enzyme et de déduire le
temps de fermentation. En effet, nous avons constaté que la production de l’enzyme est
détectable dès les premières heures de culture. Le maximum est obtenu après 41 heures (11,66
U/gms), avec dégagement d’une forte odeur d’ammoniac traduite par une augmentation du
pH à 7,82 est une activité protéolytique importante. Au delà, la production de la protéase
ralentit progressivement pour atteindre 3,85 (U/gms) en 71 heures. Ce déclin peut s’expliquer
par le fait que le milieu n’est plus convenable à la croissance et à la production de
l’enzyme après la consommation des nutriments et la modification du pH. Au cours de la
fermentation, la moisissure se développe, envahit et solidifie le substrat. A la fin de la culture,
l’apparition des spores rend le milieu entièrement vert (voir figure 32).
Dans le deuxième essai en fermenteur, la culture est réalisée avec une masse de substrat
égale à 9,2 kg. Les résultats présentés dans la figure 33 montrent une production plus rapide
et plus importante comparée aux résultats obtenus en Erlenmeyers. La synthèse de l’enzyme
débute après 12 heures de culture (1,41 U/gms), le maximum de l’activité (plus de 12 U/gms)
est atteint après 42 heures. Le pH aussi augmente pour atteindre la valeur de 6,8 à la fin de la
fermentation. Cette amélioration de la production s’explique par le fait qu’en réacteur la
culture est aérée, contrairement à la fermentation en Erlenmeyers.
La culture en fermenteur Koji mais sur déchets de tomate sans addition de source de
protéine additionnelle a permis d’obtenir 3,03 U/gms dès la 12ème heure de culture, soit une
augmentation de 115% comparée à l’essai réalisé avec enrichissement. Après 34 heures de
FMS, l’activité est de 12,7 U/gms. Le maximum est produit à la 42ème heure de fermentation
(13,55 U/gms) (voir figure 34). Parallèlement, le pH augmente rapidement pour se stabiliser à
partir de la 30ème heure entre 7,34 et 7,57. Cette augmentation est due au métabolisme des
71
Résultats et discussions
a b
c d e
Figure 32. L’aspect du substrat au cours de la culture : (a) Erlenmeyers inoculum, (b) cuve du
fermenteur Fujiwara avec les déchets de tomate inoculés, (c) substrat fermenté après 13 heures de
culture, (d) substrat après 20 heures de culture, (e) substrat à la fin de la fermentation.
72
Résultats et discussions
14
Activité protéasique (U/gms) et pH
pH
12
10
0
Temps en heures
0 10 20 30 40 50
Figure 33. Evolution de l'activité protéasique et du pH au cours du
temps. FMS réalisée par [Link] 2220 sur déchets de tomate
enrichie en farine de soja (humidité 50%, et température 30°C).
16
14
Activité protéasique (U/gms) et du pH
12
10
8
6
pH
4
2
0 Temps en heures
0 10 20 30 40 50
Figure 34. Evolution de l'activité protéasique et du pH au cours du
temps. FMS réalisée par [Link] 2220 sur déchets de tomate sans
enrichissement (humidité 50% et température 30 °C).
73
Résultats et discussions
16
déchets de tomate +
14
farine de soja
12
10 déchets de tomate
8
6
4
2
0
0 20 40 60 Temps en heures
74
Résultats et discussions
Après la fermentation, l’enzyme reste liée au substrat sous deux formes, l’une séchée
après une déshydratation dans le fermenteur (pourcentage de l’humidité entre 4 et 6 %) ;
l’autre conservée directement à -20°C. Ce qui nécessite une extraction permettant d’obtenir
l’enzyme avec la meilleure activité. Pour cela, il faut choisir les conditions adéquates (type de
solvant utilisé, durée de la centrifugation et temps de contact avec le solvant).
Au cours de cet essai, différentes solutions d’extraction ont été testées pour mesurer
l’effet de chacune d’elles sur l’activité de l’enzyme. Les deux types de substrat
fermenté utilisés sont le substrat séché et le substrat congelé humide. Les résultats sont
regroupés dans les figures 36 et 37. Le substrat humide permet d’obtenir plus d’activité de la
protéase neutre produite par A. oryzae 2220. L’analyse de la variance confirme l’effet
significatif du facteur substrat avec F = 114,36 et p = 0, lorsque la centrifugation est réalisée
durant 5 minutes et F = 610,57 et p = 0, après 10 minutes de centrifugation.
La solution de NaCl à 3 % (w/v) donne le maximum de l’activité pour les deux types de
substrat. Comparativement à l’eau osmosée, ce solvant permet d’obtenir entre 14,5 et 21,5 %
d’activité supplémentaire selon la durée de la centrifugation; l’activité diminue à des
concentrations supérieures en sel.
L’extraction à partir du substrat sec avec une solution à 5 % de NaCl a donné une
augmentation d’environ 8 % après une centrifugation de 5 minutes. Cela s’explique par la
durée de centrifugation qui n’a pas été suffisante pour une concentration en sel plus faible.
L’analyse de la variance des résultats indique un effet significatif de la nature du solvant
utilisé (F = 10,33 et p =0) dans les cas de 5 minutes de centrifugation ; (F = 33,26 et p = 0)
dans le deuxième cas. Díaz et al. (2007), ont étudié l’effet de la solution d’extraction de
certaines hydrolases. Ils ont trouvé que le tween 80 à 0,1 %, est le meilleur solvant pour
l’extraction de la xylanase ; alors que la solution de NaCl (0,1M) est la meilleure pour l’exo-
polygalacturonase de l’Aspergillus awamori. Mukherjee et al. (2008), ont trouvé la meilleure
solution pour l’extraction de la protéase alcaline de Bacillus subtilis, l’eau distillée contenant
0,1 % de Triton X-100 à pH 8,0. L’analyse de la variance du facteur durée de centrifugation
indique l’effet significatif de ce paramètre, pour le substrat séché (F = 93,88 et p = 0) et aussi
pour le substrat congelé humide (F = 11,98 et p = 0,001).
75
Résultats et discussions
Un bon solvant d’extraction doit être recherché pour que l’enzyme soit soluble et donne
le maximum de son activité. Les solvants polaires tels que l’eau et de nombreux sels
inorganiques, interagissent fortement avec les enzymes et les rendent solubles. Pour des
concentrations plus fortes en sels, il se produit une nouvelle diminution de la solubilité
(Laurent, 1982). L’utilisation de l’eau osmosée, le plus économique des solvants, permet
d’obtenir de bonnes valeurs d’activité protéasique. Ceci est en accord avec les conclusions de
Díaz et al. (2007).
76
Résultats et discussions
10
9 ssubstrat sec
8
Activité protéasique (U/gms)
7 ssubstrat humide
6
5
4
3
2
1
0
Figu
igure 36. L'activité de la protéase neutre produit
oduite par A. oryzae
2220, après extraction par les différentes solutions
ons et centrifugation
eurs moyennes ± les
à 10 000g durant 5 min (résultats exprimés en valeur
écarts-types).
10 sub
substrat sec
9
Activité protéasique (U/gms)
8 sub
substrat
hu
humide
7
6
5
4
3
2
1
0
77
Résultats et discussions
Les résultats de l’étude de l’effet de la durée de contact du substrat fermenté avec l’eau
sont regroupés dans la figure 38. Il apparait que plus le substrat fermenté, reste en contact
avec le solvant plus longtemps, cela permet d’augmenter l’activité protéasique. Cette
augmentation est de (15,62 %) pour le substrat humide, alors qu’elle est beaucoup plus
importante (40,33 %) dans le cas du substrat séché. On constate que pour le dernier, l’activité
maximale est obtenue après 7 heures d’agitation. Cela est évident, puisque le substrat
contenant l’enzyme a été complètement déshydraté. Pour le substrat humide, cela correspond
à une durée plus courte. En effet, le maximum de l’activité est obtenu après 4 heures de
solubilisation. L’analyse des résultats indique l’effet significatif du facteur temps sur la
solubilisation et par conséquent sur l’extraction de l’enzyme (F = 46,14 et p = 0). Cela
correspond aux résultats d’Arantes et al. (2011) qui ont trouvé une durée optimale de 4 à 5
heures pour l’extraction de la manganèse-peroxydase produite par le champignon Lentinula
edodes en FMS.
78
Résultats et discussions
10
Activité protéasique (U/gms)
9
8 subs
ubstrat sec
7
6 subs
ubstrat humide
5
4
3
2
1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 Temps en heures
8
7 substrat sec+
c+NaCl 3%
Activité protéasique (U/gms)
6
substrat hum
umide + NaCl
5
3%
4
3
2
1
0 Temps en heures
es
0 1 2 3
79
Résultats et discussions
L’analyse des différents résultats obtenus dans cette partie, indique que parmi les
différentes solutions, l’eau est la plus convenable des solvants qui puissent être utilisés pour
l’extraction de la protéase. Une durée de contact de 4 heures permet d’obtenir 8,36 U/gms à
partir du substrat humide. Ce taux d’activité est relativement proche de ce qui est obtenu après
extraction par la solution de NaCl (8,79 à 8,93 U/gms). En outre, la présence du sel pourrait
poser des problèmes lors de la purification de l’enzyme et aussi à l’échelle d’une production
industrielle. En ce qui concerne le mode de conservation du substrat fermenté, soit par le
mode de séchage ou le mode de congélation directe après fermentation, il est convenable de
faire une évaluation du coût pour chacun des deux traitements dans la perspective du
développement du procédé.
80
Résultats et discussions
6.1. Effet du pH
81
Résultats et discussions
6
Activité protéasique (U/gms)
0
pH
3 4 5 6 7 8 9 10
82
Résultats et discussions
[Link] de la température
Les résultats de l’effet de la température sur l’activité protéasique sont présentés dans la
figure 41. Le maximum est obtenu à 45 °C. L’enzyme reste active jusqu’à la température 55
°C. Au-delà, une diminution de l’activité est observée suite à l’instabilité et la dénaturation de
la protéine enzymatique. Ces résultats correspondent à ceux de Sumantha et al. (2005), de
Boukhalfa-Lezzar (2010) et de Belmessikh (2011). La température est un facteur important
dans la catalyse des transformations chimiques. En effet, elle augmente l’agitation des
molécules et accroît la possibilité de contact entre les molécules. Dans le cas de réaction
enzymatique, la température accélère la fréquence de collision entre le substrat et l’enzyme.
Au-delà d’une certaine température, la protéine enzymatique va subir des modifications de sa
structure tridimensionnelle, ce qui entraine progressivement la perte de son activité (Cuvellier,
1999).
Activité protéolytique (U/gms)
7
6
5
4
3
2
1
0
0 20 40 60 80 100
Température (°C)
Figure 41. Effet de la température sur l'activité de la
protéase neutre produite en fermenteur par A. oryzae 2220
en FMS sur déchets de tomate (résultats exprimés en
valeurs moyennes ± les écarts-types).
83
Résultats et discussions
Les résultats de l’étude de la stabilité thermique sont regroupés dans la figure 42. Cette
protéase présente une stabilité thermique reflétée par son activité résiduelle de 34 %, soit le
1/3 de l’activité totale, à 60°C après 60 minutes et de 25 %, le quart de l’activité totale, à 65°C
après 45 minutes. Ces résultats sont proches de ceux obtenus par Hajji et al. (2007) et García-
Gómez et al. (2009), sur les protéases alcalines d’Aspergillus clavatus ES1 et d’A. oryzae
2095 respectivement. Cependant, à 70 °C l’activité résiduelle passe de 16 % après 15 minutes
à 12 % après 45 minutes. L’enzyme se dénature presque totalement à température plus
élevées. La vitesse à laquelle une enzyme se dénature à une certaine température est un
moyen très pratique pour juger de sa stabilité. La dénaturation d’une protéine est mesurée par
la perte de ses propriétés biologiques (Pelmont, 1995).
40
60°C
Activité résiduelle (%)
35
65°C
30 70°C
25 75°C
20 80°C
15 85°C
10 90°C
5
0
15 30 45 60 Temps (minutes)
84
Résultats et discussions
160
Activité résiduelle (%)
140
120
100
80
60
40
20
0
contrôle EDTA Zn Zn Zn Cu Cu Cu
(1 mM) (5 mM) (10 mM) (20 mM) (5 mM) (10 mM) (20 mM)
85
Résultats et discussions
Précipitation
au SA 120 337 3 4 30
fraction
(40-80 %)
86
Conclusion générale et
perspectives
Conclusion générale et perspectives
Dans la première étape, les déchets de tomate ont été analysés. Ils sont composés à plus
de 52 % de fibres insolubles qui servent dans les cultures microbiennes par FMS à la fois de
support et de nutriments pour les microorganismes. Cette composition donne au substrat une
structure qui se maintient même après la stérilisation. Ces déchets sont également riches en
protéines avec un taux de plus de 20%. De ce fait, ils sont considérés comme une matière
riche en source azotée, ce qui favorise la synthèse d’enzymes. Ils répondent donc au besoin
d’inducteurs, en particulier pour la production des protéases. En effet, l’inducteur peut être le
substrat ou son analogue. Ainsi, son addition dans la cuve de fermentation peut multiplier
par 1000 la production de l’enzyme. Les déchets de tomate contiennent un taux de 6,52% de
cendres, ce qui représente aussi une quantité importante qui peut assurer l’apport en oligo-
éléments nécessaires à toute culture microbienne. Par ailleurs, ces déchets, produits en été,
peuvent être séchés à l’air libre sans aucune consommation d’énergie. Ils présentent un
substrat riche en matière organique complexe et minérale très économique.
87
une bonne respiration pour le micro-organisme cultivé. Ce substrat se trouve encore
économique puisque il est inutile de le broyer avant son utilisation dans les procédés en FMS.
Parmi les souches testées, A. oryzae 2220 est la plus rapide ; elle arrive à produire le
maximum de la protéase en 72 h (3 jours), alors que A. oryzae 5777 le fait en 120 h (5 jours).
Sachant que le facteur temps est très important pour une production à l’échelle industrielle, la
première moisissure a été choisie pour la production de la protéase neutre.
Une production remarquable a été obtenue après la fermentation des déchets de tomate
sans apport d’une source de protéine additionnelle avec 13,55 U/gms, soit 12 % d’activité de
plus par rapport à la fermentation avec supplémentation. Le pH augmente puis se stabilise
entre 7,34 et 7,57 à partir de la 30ème heure. Il ressort de cette étude que ce sous-produit est
très adapté à la production d’enzymes protéolytiques en fermenteur par FMS, puisque il ne
nécessite aucun enrichissement. La composition de ce substrat associée à une aération
correcte stimule la production de la protéase neutre par la moisissure. Le système d’aération
apporte l’oxygène nécessaire à la croissance et accélère l’élimination du dioxyde de carbone,
produit du métabolisme défavorable à la moisissure. Il permet également de réguler la
température en évitant une accumulation de la chaleur métabolique. Ceci améliore la
croissance et conduit à une meilleure production d’enzymes. Le fermenteur utilisé permet
également le séchage du substrat fermenté en fin de culture. L’enzyme peut donc être
conservée sous cette forme à température ambiante pour les diverses utilisations ultérieures.
88
Dans la suite de ce travail, l’extraction de l’enzyme a été réalisée à partir de deux types
de substrat fermenté, le substrat séché et le substrat humide congelé. Parmi les solvants
d’extraction étudiés, le maximum de l’activité est obtenu avec une solution de NaCl à la
concentration de 3 % (w/v). L’eau osmosée, la plus économique des solvants, donne
également de bonnes valeurs d’activité. Les résultats ont montré que le substrat humide
permettait d’obtenir plus d’unités de la protéase neutre produite par A. oryzae 2220 que le
substrat sec.
L’effet de la durée de contact du substrat fermenté avec l’eau a montré que plus le
substrat fermenté reste en contact avec le solvant, plus il permet d’augmenter l’activité
protéasique récupérée. Pour le substrat humide, la durée est de 4 heures ; elle est plus courte
que celle nécessaire à la solubilisation du substrat sec. Pour ce dernier, l’activité maximale
est obtenue après 7 heures d’agitation. Cela est évident puisque le substrat contenant l’enzyme
a été complètement déshydraté.
Cette thèse présente la mise au point d’un procédé en FMS pour la production à
l’échelle pilote d’une enzyme ayant un intérêt technologique. Ces résultats mettent en relief
l’intérêt de recycler les déchets de tomate industrielle par ce type de fermentation pour la
production d’une protéase neutre fongique à un niveau élevé et à moindre coût.
89
En perspectives, il serait souhaitable de :
Poursuivre l’optimisation du milieu et d’étudier les paramètres ayant des effets sur le
système qui améliorent la production.
Poursuivre la séparation de l’enzyme en fonction de l’utilisation envisagée.
Réaliser des tests d’application de l’enzyme (tannerie, détergents, etc)
comparativement à des protéases commerciales.
Recherche d’autres activités enzymatiques dans le même extrait telles que les
cellulases, les xylanases, les pectinases et les lipases, ainsi que d’autres métabolites.
90
Résumés
Abstract
Agro-industrial residues are rich in organic matter. This makes such wastes very appropriate
for transformation by biotechnological processes. Among these, the solid-state fermentation
(SSF) have renewed interest worldwide because they provide significant production of
various substances compared to submerged cultures. Thus, the objective of this thesis is the
use of tomato waste in SSF for production of fungal protease. This substrate is composed of
more than 52 % of insoluble fiber, more than 20 % of proteins, 6.52 % ash, and other organic
materials. This composition is used in this type of fermentation as support and nutrients for
the microorganism and covers the requirements for inducing production of proteases. Among
five strains of Aspergillus grown on tomato pomace SSF in Erlenmeyer flasks, two strains
were selected for the development of culture conditions, A. oryzae 5777 and A. oryzae 2220.
The study of various parameters on neutral protease production gave a significant effect of
moisture, initial pH, age of inoculum and protein content. Two factors (spores rate and
particle size) were found no significant effect on enzyme synthesis. The fermentations
performed on a pilot scale by A. oryzae strain 2220, at 50 % initial moisture of substrate and
the enrichment of soy flour in an amount of 15 mg / g of substrate, more than 12 U / gds is
achieved after 42 hours. Culture with tomato pomace without adding additional protein source
allows higher production with 12 % more activity, of 13.55 U / gds. Among the solutions
studied for protease extraction, the 3% NaCl (w / v) gives the maximum activity. The results
also showed that the wet fermented substrate provides more neutral protease relative to the
dry substrate. The effect of the contact time of the fermented substrate with water gave a
maximum activity after stirring for 4 hours with the wet substrate and after 7 hours for the dry
one. On the other hand, the pH between 7.6 and 8 and a temperature of 45 ° C allow to obtain
maximum catalyst activity. The enzyme retains this activity until a temperature of 55 ° C. The
produced protease has a residual activity of 25 % at 65 ° C after 45 minutes and 34 % at 60 °
C after 60 minutes; it is inhibited at 70% by EDTA and activated by divalent cations of zinc
and copper. This indicates that it is a metallo-protease. The enzyme was purified 4-fold by SA
precipitation in the 40-80% fraction. The efficiency of this separation is 30%. These results
show the potential of tomato pomace as a culture substrate for protease production by SSF.
This would make it very economical synthesis and could meet the demand of growing market
for this group of hydrolases with very diverse technological interests
91
þ þ þÿ
ÿ'7 ÿÿþ ÿﻧﻔﺎﯾﺎت اﻟزراﻋﯾﺔ ﻏﻧﯾﺔ /'N ÿ ÿþÿاﻟﻌﺿوﯾﺔ ،ﯾﻣﻛن 'ﺳﺗرﺟﺎﻋﮭﺎ Nﻣﻌﺎﻟﺟﺗﮭﺎ þ 7 ÿ 'N ÿاﻟﻌﻣﻠﯾﺎت اﻟﺑﯾوﺗﻛﻧوﻟوﺟﯾﺔ .ﻣﻦ ﺑﯿﻨﮭﺎ
طﺮﯾﻘﺔ ' (SSF) . þÿ ÿ' 7 ÿ ÿ ÿÿﺣﯿﺚ //ÿ ÿاﻻھﺗﻣﺎم ﺑﮭﺎ þ ÿﺟﻣﯾﻊ ' Gÿþþ ÿ' ' þÿ ÿﻷﻧﮭﺎ . þÿÿ' 7 ÿN ÿﻛﺑﯾر þ ÿ þ ÿ7 þþÿ þ þþÿÿ ÿ ÿ' /'N ÿ ÿ' F ÿ
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ﺗﻐﻄﯿﺔ þÿ ÿÿ . þÿþ7 ÿÿﯾ . þÿÿ' 6اﻟﺑروﺗﯾﺎ F ÿ .6ﺑﯾن SSFþ þÿ . ÿ ÿ Aspergillus.F ÿ . ÿ þ ÿ 7 ÿ ÿﻧﻔﺎﯾﺎت 'þ ÿ G7 þÿ 7 ÿ
ﺣﻮﺟﻼت 7 N 7 ÿ ÿﯾﺔ Gÿاﺧﺗﯾﺎر 'ÿÿÿﯾن . [Link] 2220 N [Link] 5777 þÿ '7 /ÿ' þ þÿ 'N ÿ ÿإن G þÿÿ ÿ þÿ '7 /
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þ ÿ 7 / 55 /7 '7 ÿﻣﺋوﯾﺔ .ﻧﺴﺒﺔ 'þÿ þ þÿÿÿ ÿ' 7 þÿ ÿÿﺑروﺗﯾ þ ÿÿÿ ÿ'6 þھﻲ þ ÿ 7 / 65 /ÿÿ ٪ 25ﻣﺋوﯾﺔ 45 /þ ÿدﻗﯾﻘﺔ 60 /ÿÿ ٪ 34 N
þÿ 7 /ﻣﺋوﯾﺔ ﺑﻌﺪ 60دﻗﯾﻘﺔ ﯾﺛﺑط ﻧﺷﺎط اﻷﻧزﯾم ٪ 70 þ ÿÿ ÿÿﺑﻮاﺳﻄﺔ N EDTAﯾﺤﻔﺰ ﺑﺎÿﻛﺎﺗﯾوﻧﺎت اﻟﺚÿﺎﺋﯾ G ÿ6 þÿ & ÿþÿ ÿÿ' þ
.7 þÿ ÿÿ'Nھذا ﯾدل F ' þ þÿاﻷﻧزﯾم ھو ﺑروﺗﯾ Gÿ .þ ÿ/ þ ÿ 6 þﺗﻧﻘﯾﺔ ھدا ' ÿﻧزﯾم ' n 40-80 þ ÿÿ ÿ /ÿÿ SA þ 7 ÿ 'N ÿ . '7 ÿ þ ÿ7
/' þþÿ ÿھذا اﻟﻔﺻل ھ þ ÿþÿÿÿ' F ' .n 30 þاﻟﻣﺗﺣﺻل ﻋﻠﯾﮭﺎ ﺗدل ﻋﻠﻰ ' ? þÿ 7 ÿÿ ' F þÿ ÿﻧﻔﺎﯾﺎت 'ÿþÿ þ ÿÿ þÿ G7 þÿ 7 ÿﮭﺎ ﻛﻮﺳﻂ ﻧﻤﻮ
ﻓﻲ ﺑﯿﺌﺔ ﺻﻠﺒﺔ . þÿÿÿاﻟﺑروﺗﯾ . 6 þھذا F ÿﺷﺄﻧﮫ ' Fﯾﺟﻌل ÿþÿÿ' F ÿﯾ þاﻗﺗﺻﺎدﯾﺔ ﻟﻠﻐﺎﯾﺔ Nﯾﻣﻛن ﺗﻠﺑﯾﺔ ' . þ7 ÿاﻟﻣﺗزاﯾد þ ÿا F N ÿ ÿﻟﮫ G6
اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﯿﺔ ÿ' :ﻧﻔﺎﯾﺎت اﻟزراﻋﯾﺔ (SSF) . þÿ ÿ' 7 ÿ ÿ ÿÿ' G7 þÿ 7 ÿ' . þþþÿ ÿ؛ أﻧزﯾم اﻟﺑروﺗﯾAspergillus 6 þ
92
Références bibliographiques
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Annexes
2,5
Absorbance 750 nm
1,5
y = 0,019x
1
R² = 1
0,5
0
0 20 40 60 80 100 120
Tyrosine (µg/ml)
0,8
0,6
0,4 y = 1,993x
R² = 0,941
0,2
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Concentration de BSA (mg/ml)
Thème
Résumé
Les déchets agro-industriels, riches en matières organiques, peuvent être recyclés et transformés par
les procédés biotechnologiques. Parmi ces derniers, les fermentations en milieu solide (FMS)
connaissent un regain d’intérêt à travers le monde, puisque elles permettent une production importante
de diverses substances comparée à celle des cultures submergées. Ainsi, l’objectif de cette thèse est la
valorisation des déchets de tomate par FMS pour la production d’une protéase fongique. Ce substrat
est composé à plus de 52 % de fibres insolubles, de plus de 20% de protéines, de 6,52% de cendres et
autres matières organiques. Cette composition sert dans ce type de culture microbienne à la fois de
support et de nutriments pour le microorganisme et couvre les besoins d’inducteurs pour la production
des protéases. Parmi cinq souches d’Aspergillus cultivées en FMS sur déchets de tomate en
Erlenmeyers, deux ont été sélectionnées pour la mise au point des conditions de culture, A. oryzae
5777 et A. oryzae 2220. L’étude de différents paramètres sur la production de la protéase neutre a
donné un effet significatif par le taux d’humidité, le pH initial, l’âge de l’inoculum et la teneur en
protéines. Deux facteurs (taux de spores et taille des particules de substrat) se sont révélés sans effet
significatif sur la synthèse de l’enzyme. Les fermentations réalisées à l’échelle pilote par la souche A.
oryzae 2220, à 50 % d’humidité initiale du substrat et avec un enrichissement par la farine de soja à
raison de 15 mg/g de substrat, a permis d’atteindre plus de 12 U/gms après 42 heures. La culture avec
les déchets de tomate sans apport de la source de protéine additionnelle permet une production plus
importante avec 12% d’activité supplémentaire, soit 13,55 U/gms. Parmi les solutions étudiées pour
l’extraction de la protéase produite, le NaCl à 3 % (w/v) donne le maximum d’activité. Les résultats
ont également montré que le substrat fermenté humide permet d’obtenir plus de protéase neutre par
rapport au substrat sec. L’effet de la durée de contact du substrat fermenté avec l’eau a donné une
activité maximale après 4 heures d’agitation pour le substrat humide et après 7 heures pour le substrat
sec. D’autre part, le pH entre 7,6 et 8 et la température de 45°C permettent d’obtenir le maximum de
l’activité catalytique. L’enzyme conserve cette activité jusqu’à la température de 55°C. La protéase
produite présente une activité résiduelle de 25 % à 65°C après 45 minutes et 34 % à 60°C après 60
minutes ; elle est inhibée à 70 % par l’EDTA et activée par les cations divalents du zinc et du cuivre.
Cela indique qu’il s’agit d’une protéase à métal. L’enzyme a été purifiée 4 fois par le SA dans la
fraction 40-80 %. Le rendement de cette séparation est de 30 %. L’ensemble du travail réalisé montre
les potentialités des déchets de tomate comme substrat de culture en phase solide pour la production de
protéases. Cela rendrait cette synthèse très économique et pourrait satisfaire la demande du marché
toujours croissante pour ce groupe d’hydrolases à intérêts technologiques très variés.