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Définition d'une topologie simple

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COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ?

GRÉGORY BERHUY

Le but de ce petit texte est de donner différentes manières de définir


un espace topologique (autrement que par les ouverts).
Le propos de ce texte n’étant pas de se substituer à un cours de to-
pologie, une connaissance du vocabulaire et des exemples de base de
topologie générale est souhaitable.

1. Définition par des ouverts, des fermés

On commence par rappeler la définition d’un espace topologique.


Définition 1.1. Soit X un ensemble. Une topologie sur X est un en-
semble O de parties de X (i.e. un sous-ensemble de P(X)), vérifiant
les propriétés suivantes :

(O1) ∅, X ∈ O;
(O2) O est stable par union[ quelconque : pour toute famille (Ui )i∈I
d’éléments de O, on a Ui ∈ O ;
i∈I

(O3) O est stable par intersection finie : pour tous U1 , U2 ∈ O, on a


U1 ∩ U2 ∈ O.

Une récurrence facile montre que (O3) est équivalent à : pour tout
n ≥ 0, et pour tous U1 , . . . , Un ∈ O, on a U1 ∩ . . . ∩ Un ∈ O.
Un espace topologique est un couple (X, O), où X est un ensemble et O
est un ensemble d’ouverts de X. On dit aussi que O est une topologie
sur X.
Un élément de O est appelé un ouvert de X. Un sous-ensemble de X
est dit fermé si c’est le complémentaire d’un ouvert.

On a le lemme suivant, immédiat d’après les propriétés du complémentaire.


Lemme 1.2. Soit O une topologie sur X, et soit FO = {X \ U | U ∈
O}, c’est-à-dire l’ensemble des fermés de X.
Alors :

(i) ∅, X ∈ FO ;
1
2 GRÉGORY BERHUY

(ii) FO est stable par intersection quelconque


\ : pour toute famille
(Fi )i∈I d’éléments de FO , on a Fi ∈ FO ;
i∈I

(iii) FO est stable par union finie : pour tous F1 , F2 ∈ FO , on a


F 1 ∪ F 2 ∈ FO .

Ceci conduit à la définition suivante.


Définition 1.3. Soit X un ensemble. Une topologie de fermés sur X
est un ensemble F de parties de X (i.e. un sous-ensemble de P(X)),
vérifiant les propriétés suivantes :

(F1) ∅, X ∈ F ;
(F2) F est stable par intersection \ quelconque : pour toute famille
(Fi )i∈I d’éléments de F , on a Fi ∈ F ;
i∈I

(F3) F est stable par union finie : pour tous F1 , F2 ∈ F , on a


F1 ∪ F2 ∈ F .

Une récurrence facile montre que (F3) est équivalent à : pour tout
n ≥ 0, et pour tous F1 , . . . , Fn ∈ F , on a F1 ∪ . . . ∪ Fn ∈ F .
Exemples 1.4.

(1) Si O est une topologie sur X, FO est une topologie de fermés


de X, d’après le lemme 1.2.
(2) Si F est une topologie de fermés sur X, OF = {X \F | F ∈ F }
est une topologie sur X.
En effet, c’est clair d’après les définitions et les propriétés du
passage au complémentaire.

On a alors le théorème suivant, qui nous dit en substance que l’on peut
définir une unique topologie en se donnant un ensemble de fermés.
Théorème 1.5. Soit X un ensemble. On a une correspondance bi-
jective entre l’ensemble Topo(X) des topologies sur X et l’ensemble
Topf(X) des topologies de fermés sur X. Cette correspondance est
donnée par

O 7−→ FO
OF ←−[ F .

Démonstration. On sait déjà que FO est une topologie de fermés et


OF est une topologie, d’après les exemples précédents. Il reste à voir
que les deux applications de l’énoncé sont inverses l’une de l’autre,
c’est-à-dire :
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 3

(a) pour toute famille d’ouverts O, on a OFO = O;


(b) pour toute famille de fermés F , on a FOF = F .
Ceci est clair puisque pour toute partie Y de X, on a (Y c )c = Y . 
Tout ce qui précède n’est franchement qu’un tissu d’évidences. Néanmoins,
le message à retenir ici est que l’on peut définir une unique topologie sur
X par ses fermés. Nous allons maintenant parler un peu de voisinages.

2. Définition par une famille de voisinages

Commençons par quelques considérations générales sur les ensembles


d’ouverts.
Lemme 2.1. Soit O une topologie sur X. Pour tout x ∈ X, on pose
VO (x) = {V ⊂ X | il existe U ∈ O tel que x ∈ U et U ⊂ V }.

Pour tout x ∈ X, l’ensemble VO (x) possède les propriétés suivantes :

(i) pour tout V ∈ VO (x), on a x ∈ V ;


(ii) X ∈ VO (x) ;
(iii) pour tout V ∈ VO (x) et tout V 0 ⊂ X, on a V ⊂ V 0 =⇒ V 0 ∈
VO (x) ;
(iv) pour tous V1 , V2 ∈ VO (x), on a V1 ∩ V2 ∈ VO (x) ;
(v) pour tout V ∈ VO (x), il existe W ∈ VO (x) tel que W ⊂ V , et
pour tout y ∈ W , on a V ∈ VO (y).

Démonstration. Le point (i) découle de la définition de VO (x), et le


point (ii) est clair, puisque X ∈ O. Si maintenant une partie V de X
contient un ouvert U contenant x, alors tout partie de X contenant V
contient aussi U (qui contient x), d’où (iii). Soient maintenant V1 , V2 ∈
VO (x). Par hypothèse, il existe U1 , U2 ∈ O deux ouverts contenant x
tels que U1 ⊂ V1 et U2 ⊂ V2 . Mais alors, U1 ∩ U2 ∈ O et contient x, et
on a U1 ∩ U2 ⊂ V1 ∩ V2 . Par conséquent, V1 ∩ V2 ∈ VO (x), d’où (iv). Il
reste à démontrer (v). Soit V ∈ VO (x). Il existe donc U ∈ O contenant
x tel que U ⊂ V. Remarquons que U ∈ VO (x) par définition de VO (x),
et bien entendu U ⊂ V. De plus, pour tout y ∈ U , on a V ∈ VO (y),
puisque U ⊂ V et y ∈ U . Ceci achève la démonstration. 
Ceci conduit à la définition suivante.
Définition 2.2. Soit X un ensemble. Une topologie de voisinages de
X est une famille (V (x))x∈X d’ensembles de parties de X vérifiant les
propriétés suivantes pour tout x ∈ X :

(V1) pour tout V ∈ V (x), on a x ∈ V ;


(V2) X ∈ V (x) ;
4 GRÉGORY BERHUY

(V3) pour tout V ∈ V (x) et tout V 0 ⊂ X, on a V ⊂ V 0 =⇒ V 0 ∈


V (x) ;
(V4) pour tous V1 , V2 ∈ V (x), on a V1 ∩ V2 ∈ V (x) ;
(V5) pour tout V ∈ V (x), il existe W ∈ V (x) tel que W ⊂ V , et
pour tout y ∈ W , on a V ∈ V (y).

Si x ∈ X, un élément de V (x) est appelé un voisinage de x.


Remarques 2.3.
On peut reformuler les propriétés de l’ensemble des voisinages d’un
point x ∈ X comme suit :

(V1) x est contenu dans tout voisinage de x ;


(V2) X est un voisinage de x ;
(V3) toute partie de X contenant un voisinage de x est un voisinage
de x ;
(V4) l’intersection de deux voisinages de x est un voisinage de x ;
(V5) tout voisinage V de x contient un voisinage W de x tel que V
soit un voisinage de chaque point de W .

Comme le nom  voisinage  le suggère, on peut considérer qu’un voi-


sinage de x est un ensemble qui contient des points à proximité de x
ou autrement dit qui contient des voisins de x (comme en urbanisme !).
Les axiomes requis sont alors assez conformes à l’intuition que l’on s’en
fait : x est son propre voisin, l’espace entier contient des voisins de
x, etc. Le dernier axiome dit en substance qu’un voisin de x est aussi
voisin de tout voisin de x suffisamment proche.
Bien évidemment, (V4) est équivalent à : pour tout n ≥ 0, et tous
V1 , . . . , Vn ∈ V (x), on a V1 ∩ . . . ∩ Vn ∈ V (x).
L’axiome (V5) est souvent remplacé par l’axiome suivant :
(V50 ) pour tout V ∈ V (x), il existe V 0 ∈ V (x) tel que pour tout y ∈ V 0 ,
on a V ∈ V (y).
Ces deux formulations sont clairement équivalentes : étant donné V ∈
V (x), si V 0 vérifie les propriétés de (V5), alors W = V ∩ V 0 vérifie les
propriétés de (V50 ), et si un ensemble W vérifie les propriétés de (V50 ),
il vérifie aussi les propriétés de (V5).
Exemples 2.4.

(1) Si O est une topologie sur X, et si x ∈ X, tout ouvert contenant


x est un voisinage de x.
(2) Si O est une topologie sur X, alors la famille VO = (VO (x))x∈X
définie dans le lemme 2.1 est une topologie de voisinages de X,
par définition même (on a tout fait pour !)
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 5

Avant de continuer, notons la caractérisation suivante des ouverts en


termes de voisinages.
Lemme 2.5. Soit O une topologie sur X. Alors, un sous-ensemble de
X est un ouvert de X si et seulement s’il est voisinage de chacun de
ses points (par rapport à VO ).
Autrement dit, pour tout U ⊂ X, on a U ∈ O si et seulement si pour
tout x ∈ U , on a U ∈ VO (x).

Démonstration. On a déjà vu qu’un ouvert est voisinage de chacun


de ses points. Inversement, soit U ⊂ X tel que pour tout x ∈ U , on
a U ∈ VO (x). Soit x ∈ U . Alors, par hypothèse,
[ il existe Ux ∈ O
tel que x ∈ Ux et Ux ⊂ U . On a alors Ux = U . En effet, on a
[ x∈U
Ux ⊂ U puisque chaque Ux est inclus de U . De plus, pour tout
x∈U [
y ∈ U , on a y ∈ Uy ⊂ Ux , d’où l’égalité annoncée. Comme une
x∈U
réunion quelconque d’ouverts de X est un ouvert de X, on obtient que
U est un ouvert de X. 
Notre but est maintenant de montrer que l’on peut définir une topo-
logie de manière unique à l’aide d’une famille de voisinages. Le lemme
précédent suggère de prendre l’ensemble des parties de X qui sont
voisinages de chacun de leur point. Cela va effectivement fonctionner,
comme la suite le démontre.
Lemme 2.6. Soit X un ensemble, et soit V = (V (x))x∈X une topologie
de voisinages sur X. Alors, l’ensemble
OV = {U ⊂ X | pour tout x ∈ U, on a U ∈ V (x)}
est une topologie sur X.

Démonstration. Clairement, ∅ est voisinage de chaque de ses points,


puisqu’il n’en contient aucun. De plus, X est voisinage de chacun de
ses points, puisque X ∈ V (x) pour[tout x ∈ X. Soit (Ui )i∈I une famille
d’éléments de OV , et soit x ∈ Ui . Alors, il existe j ∈ I tel que
i∈I [ [
x ∈ Uj . Par hypothèse, Uj ∈ V (x). Comme Uj ⊂ Ui , Ui ∈ V (x),
i∈I
[ i∈I
par définition d’une topologie de voisinages. Ainsi, Ui est voisinage
[ i∈I
de chacun de ses points et par conséquent Ui ∈ OV . Enfin, soient
i∈I
U1 , U2 ∈ OV , et soit x ∈ U1 ∩ U2 . Comme x ∈ U1 et x ∈ U2 , on a
U1 ∈ V (x) et U2 ∈ V (x). Par définition d’une topologie de voisinages,
6 GRÉGORY BERHUY

on a alors U1 ∩ U2 ∈ V (x). Par conséquent U1 ∩ U2 est voisinage de


chacun de ses points, et on a U1 ∩ U2 ∈ OV , d’où le résultat. 
On peut alors énoncer le théorème que l’on avait en vue.
Théorème 2.7. Soit X un ensemble. On a une correspondance bi-
jective entre l’ensemble Topo(X) des topologies sur X et l’ensemble
Topv(X) des topologies de voisinages de X. Cette correspondance est
donnée par

O 7−→ VO
OV ←−[ V .

Démonstration. Si O est une topologie, le lemme 2.1 montre que VO


est une topologie de voisinages de X. D’autre part, si V est une famille
de voisinages de X, le lemme 2.6 montre que OV est une topologie sur
X. Il reste donc à démontrer que les deux applications sont inverses
l’une de l’autre.
Montrons tout d’abord que pour toute topologie O sur X, on a OVO =
O. Cette égalité dit exactement qu’un sous-ensemble de X est ouvert
si et seulement s’il est voisinage de chacun de ses points, ce qui a été
établi dans le lemme 2.5.
Soit V une topologie de voisinages sur X, et montrons que VOV = V .
Remarquons que pour tout x ∈ X, on a
VOV (x) = {V ⊂ X | il existe U ∈ OV , x ∈ U, U ⊂ V }.

Autrement dit, pour tout V ⊂ X, on a V ∈ VOV (x) si et seulement s’il


contient un sous-ensemble U contenant x tel que, pour tout y ∈ U , on
a U ∈ V (y).
En particulier, pour tout x ∈ X, en prenant y = x dans ce qui
précède, on voit que si V ∈ VOV (x), alors V contient un sous-ensemble
U ∈ V (x). Mais alors, V ∈ V (x) par définition d’une topologie de
voisinages. Inversement, si V ∈ V (x), posons
U = {y ∈ U | V ∈ V (y)}.
Alors, x ∈ U car V ∈ V (x). De plus, U ⊂ V . En effet, soit y ∈ U .
Alors, V ∈ V (y). En particulier, y ∈ V .
Montrons que pour tout y ∈ U , on a U ∈ V (y). Soit y ∈ U . Alors,
V ∈ V (y). D’après la définition d’une topologie de voisinages, il existe
W ⊂ V tel que y ∈ W , et pour tout z ∈ W , on a V ∈ V (z). Puisque
on a V ∈ V (z) pour tout z ∈ W , on a W ⊂ U . Comme W ∈ V (y), on
a alors U ∈ V (y). Bref, V ∈ VOV (x).
On a donc démontré l’égalité VOV (x) = V (x) pour tout x ∈ X, et ceci
achève la démonstration. 
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 7

On peut donc définir une topologie de manière unique à partir de ses


voisinages.
Comme on l’a vu, l’idée sous-jacente de voisinage est celle de proximité.
Nous proposons maintenant deux autres façons de définir une notion
de proximité, qui généralise toutes deux la notion d’adhérence.

3. Définition à l’aide d’un opérateur de clôture

Commençons par rappeler la définition d’adhérence. Nous le ferons ici


pour une topologie classique.
Définition 3.1. Soit X un ensemble, et soit O une topologie sur X.
Si A est une partie de X, l’adhérence de A, notée A, est l’intersection
de tous les fermés de X (par rapport à la topologie O) contenant A.
Autrement dit, c’est le plus petit fermé de X contenant A (au sens de
l’inclusion).
On dit que x ∈ X est adhérent à A si x ∈ A.
Remarque 3.2. La notion d’adhérence reflète une idée de proximité,
même si ce n’est pas très apparent. Il est peut-être plus simple de passer
au complémentaire, afin de réaliser que les points non adhérents à une
partie A sont  éloignés  de A. On a x ∈ X \ A si et seulement s’il
existe un ouvert U de X disjoint de A contenant x. Ainsi, un point
non adhérent à A non seulement n’appartient pas à A, mais il en est
de même pour tout un voisinage de A. Intuitivement, cela colle bien à
l’idée que x  n’adhère pas à  A.
On peut aussi se faire une vision positive de cette idée de proximité
dans les espaces métriques. Il est bien connu que dans ce cas, les points
adhérents à A sont les limites de suites de points de A. En particulier,
pour tout x ∈ A, il existe une infinité de points de A arbitrairement
proches de x.

Rappelons quelques propriétés de l’adhérence.


Lemme 3.3. Soit X un ensemble, et soit O une topologie sur X. Alors,
on a :

(1) ∅ = ∅;
(2) pour tout A ⊂ X, on a A ⊂ A ;
(3) pour tout A ⊂ X, on a A = A ;
(4) pour tous A, B ⊂ X, on a A ∪ B = A ∪ B.

De plus, une partie A de X est fermée si et seulement si A = A.

Démonstration. Remarquons que si A est fermé, A est le plus petit


fermé de X contenant A, et donc A = A. Inversement, si A = A, alors
8 GRÉGORY BERHUY

A est fermé, puisque A l’est. Comme ∅ et A sont fermés, on en déduit


(1) et (3). Comme A est l’intersection de tous les fermés contenant A,
il contient A, d’où (2). Enfin, pour tous A, B ⊂ X, puisque A ⊂ A et
B ⊂ B, on a A ∪ B ⊂ A ∪ B. Mais alors, A ∪ B est un fermé contenant
A ∪ B, et donc A ∪ B ⊂ A ∪ B. D’autre part, on a A ⊂ A ∪ B ⊂ A ∪ B.
Ainsi, A ∪ B est un fermé de X contenant A, d’où A ⊂ A ∪ B. On
montre de même que B ⊂ A ∪ B. Finalement, A ∪ B ⊂ A ∪ B. Par
conséquent, on obtient (4). 
On peut maintenant définir un opérateur de clôture.
Définition 3.4. Soit X un ensemble. Un opérateur de clôture sur X
est une application C ` : P(X) −→ P(X) vérifiant les propriétés
suivantes :

(CL1) C `(∅) = ∅;
(CL2) pour tout A ⊂ X, on a A ⊂ C `(A) ;
(CL3) pour tout A ⊂ X, on a C `(C `(A)) = C `(A) ;
(CL4) pour tous A, B ⊂ X, on a C `(A ∪ B) = C `(A) ∪ C `(B).
Exemple 3.5. Soit F une topologie de fermés sur X. Pour tout A ⊂
X, on pose \
C `F (A) = F.
F ∈F
A⊂F
Alors, C `F est un opérateur de clôture sur X.
En effet, il suffit de recopier la démonstration du lemme 3.3. On peut
aussi invoquer ce même lemme, en l’appliquant à la topologie OF (i.e.
la topologie dont les ouverts sont les complémentaires des éléments de
F ).
Ce lemme dit d’ailleurs que l’opérateur d’adhérence par rapport à une
topologie O est un opérateur de clôture. Ce n’est d’ailleurs rien d’autre
que l’opérateur précédent pour la topologie de fermés définie par O
(celle dont les éléments sont les complémentaires des éléments de O).
Remarquons également que pour tout A ⊂ X, on a C `F (A) ∈ F ,
puisqu’une intersection quelconque d’éléments de F est un élément de
F.

Le lemme suivant donne une description légèrement différente des opérateurs


de clôture.
Lemme 3.6. Soit X un ensemble, et soit C ` : P(X) −→ P(X).
Alors, C ` est un opérateur de clôture si et seulement s’il vérifie les
propriétés suivantes :

(CL1) C `(∅) = ∅;
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 9

(CL2) pour tout A ⊂ X, on a A ⊂ C `(A) ;


(CL30 ) pour tous A, B ⊂ X, on a A ⊂ C `(B) =⇒ C `(A) ⊂ C `(B) ;
(CL40 ) pour tous A, B ⊂ X, on a C `(A ∪ B) ⊂ C `(A) ∪ C `(B).

Démonstration. Supposons que C ` soit un opérateur de clôture. Alors,


(CL1), (CL2) et (CL40 ) sont clairement vérifiées. Soient A, B ⊂ X tels
que A ⊂ C `(B). Alors, on a A ∪ C `(B) = C `(B), et par conséquent
C `(A ∪ C `(B)) = C `(C `(B)). Par (CL4), on en déduit
C `(A) ∪ C `(C `(B)) = C `(C `(B))).
Par (CL3), on obtient C `(A) ∪ C `(B) = C `(B), puis C `(A) ⊂ C `(B),
d’où (CL40 ).
Supposons maintenant que C ` vérifie (CL1), (CL2), (CL30 ) et (CL40 ).
Pour tout A ⊂ X, on a C `(A) ⊂ C `(C `(A)) par (CL1). De plus,
comme C `(A) ⊂ C `(A), on a C `(C `(A)) ⊂ C `(A) par (CL40 ). On en
déduit que C `(C `(A)) = C `(A), d’où (CL3).
Si A, B ⊂ X, on a C `(A ∪ B) ⊂ C `(A) ∪ C `(B) par (CL40 ). De plus,
on a
A ⊂ A ∪ B ⊂ C `(A ∪ B)
par (CL2), et on en déduit que C `(A) ⊂ C `(A ∪ B) par (CL40 ). On
montre de même que C `(B) ⊂ C `(A ∪ B), d’où
C `(A) ∪ C `(B) ⊂ C `(A ∪ B).
Par conséquent, on a (CL4). 
On va maintenant voir que l’on peut définir une topologie de fermés
(et donc une topologie tout court) à partir d’un opérateur de clôture.
Le point de départ est la caractérisation d’un fermé comme étant une
partie de X égale à son adhérence.
Lemme 3.7. Soit X un ensemble, et soit C ` un opérateur de clôture
sur X. Alors, l’ensemble
FC ` = {F ⊂ X | C `(F ) = F }
est une topologie de fermés sur X.

Démonstration. Par définition d’un opérateur de clôture, on a ∅ ∈ FC ` .


De plus, par définition d’un opérateur de clôture, on a X ⊂ C `(X).
Mais C `(X) étant une partie de X, on a C `(X) = X, d’où X ∈ FC ` .

\ \ une famille (Fi )i∈I d’éléments de F


Soit maintenant \C ` . Par (CL2), on a
Fi ⊂ C `( Fi ). De plus, pour tout i ∈ I, on a Fi ⊂ Fi = C `(Fi ).
i∈I i∈I i∈I \
Puisqu’un opérateur de clôture vérifie (CL40 ), on a C `( Fi ) ⊂ Fi , et
i∈I
10 GRÉGORY BERHUY

ceci pour tout i ∈ I. Par conséquent, on obtient


\ \
C `( Fi ) ⊂ Fi .
i∈I i∈I
\ \ \
Ainsi, C `( Fi ) = Fi , d’où F i ∈ FC ` .
i∈I i∈I i∈I

Enfin, soient F1 , F2 ∈ FC ` . Par (CL3), on a alors


C `(F1 ∪ F2 ) = C `(F1 ) ∪ C `(F2 ) = F1 ∪ F2 ,
d’où F1 ∪ F2 ∈ FC ` . Ceci achève la démonstration. 
On a alors le théorème suivant.
Théorème 3.8. Soit X un ensemble. Alors, on a une correspondance
bijective entre l’ensemble Topf(X) des topologies de fermés sur X et
l’ensemble Topcl(X) des opérateurs de clôture sur X. Cette correspon-
dance est donnée par

F − 7 → C `F
FC ` ←−[ C `.

Démonstration. Le lemme 3.5 montre que pour toute topologie de


fermés F , l’application C `F est un opérateur de clôture, et le lemme
3.8 montre pour tout opérateur de clôture C `, FC ` est une topologie
de fermés. Montrons que les applications sont inverses l’une de l’autre.
Soit F une topologie de fermés, et montrons que FC `F = F . Par
définition, on a
FC `F = {F ⊂ X | C `F (F ) = F }.
Si F ⊂ X vérifie C `F (F ) = F , on a F ∈ F , car C `F (F ) ∈ F
(cf. exemple 3.5). On a ainsi FC `F ⊂ F . Soit maintenant F ∈ F .
Par définition d’un opérateur de clôture, on a F ⊂ C `F (F ). De plus,
comme C `F (F ) est l’intersection des éléments de F contenant F , on
a C `F (F ) ⊂ F , d’où C `F (F ) = F . Ainsi, F ∈ FC `F et F ⊂ FC `F .
On a donc l’égalité voulue.
Soit maintenant C ` un opérateur de clôture. On doit démontrer que
pour tout A ⊂ X, C `(A) est l’intersection de tous les éléments de FC `
contenant A, c’est-à-dire
\
C `(A) = F.
F ⊂X
C `(F )=F
A⊂F

Si F ⊂ X vérifie A ⊂ F et C `(F ) = F, alors A ⊂ C `(F ), et donc


C `(A) ⊂ C `(F ) = F par (CL40 ). Par conséquent, on a C `(A) ⊂
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 11
\
F. De plus, par (CL2) et (CL3), on a A ⊂ C `(A) et C `(C `(A)) =
F ⊂X
C `(F )=F
A⊂F \
C `(A). Par conséquent, F ⊂ C `(A). Finalement, on a l’égalité
F ⊂X
C `(F )=F
A⊂F
annoncée, d’où le résultat. 
Ce théorème dit en substance que l’on peut définir une unique topologie
en spécifiant son opération d’adhérence.

4. Définition à l’aide d’une relation de proximité

Nous allons maintenant définir une relation de proximité sur un en-


semble X. On commence par un lemme totalement évident.
Lemme 4.1. Soit X un ensemble, et soit O une topologie sur X. Alors,
pour tous A, B ⊂ X, et pour tout x ∈ X, on a les propriétés suivantes :

(1) aucun élément de X n’est adhérent à ∅;


(2) si x ∈ A, alors x est adhérent à A ;
(3) si x est adhérent à A et si tout élément de A est adhérent à B,
alors x est adhérent à B ;
(4) si x est adhérent à A ∪ B, x est adhérent à A ou x est adhérent
à B.

Démonstration. Les propriétés (1), (2) et (4) découlent directement


du lemme 3.3. Il reste à montrer que si x ∈ A et A ⊂ B, on a x ∈ B.
Cela découle du fait que l’opérateur d’adhérence est un opérateur de
clôture (cf. exemple 3.5), mais on peut le démontrer directement. En
effet, comme B est un fermé de X contenant A, on a A ⊂ B. Ainsi, un
élément adhérent à A est alors adhérent à B. 
Cela incite à poser la définition suivante.
Définition 4.2. Soit X un ensemble. Une relation de proximité sur X
est une relation δ entre les éléments de X et l’ensemble des parties de
X vérifiant les propriétés suivantes :

(P1) pour tout x ∈ X, x 6 δ∅ ;


(P2) pour tout A ⊂ X, et tout x ∈ X, on a x ∈ A =⇒ x δA ;
(P3) pour tous A, B ⊂ X, et tout x ∈ X, on a x δA et y δB pour
tout y ∈ A =⇒ x δB ;
(P4) pour tous A, B ⊂ X, et tout x ∈ X, on a x δA ∪ B =⇒ x δA
ou x δB.
12 GRÉGORY BERHUY

Autrement dit, une relation de proximité sur X est une relation entre
les éléments de X et l’ensemble des parties de X vérifiant les propriétés
suivantes :

(1) aucun élément de X n’est proche de ∅;


(2) si x ∈ A, alors x est proche de A ;
(3) si x est proche de A et si tout élément de A est proche de B,
alors x est proche B ;
(4) si x est proche de A ∪ B, x est proche de A ou x est proche de
B.
Exemple 4.3. Soit X un ensemble. Si O est une topologie sur X, la
relation  être adhérent à  est une relation de proximité sur X par le
lemme 4.1.

L’exemple précédent se généralise en fait à tout opérateur de clôture.


Lemme 4.4. Soit X un ensemble, et soit C ` un opérateur de clôture
sur X. Pour tout x ∈ X et tout A ⊂ X, on note x δC ` A si x ∈ C `(A).
Alors, δC ` est une relation de proximité sur X.

Démonstration. Les propriétés (P1), (P2), (P3) et (P4) découlent


respectivement des propriétés (CL1), (CL2), (CL30 ) et (CL40 ) d’un
opérateur de clôture. 
Nous allons maintenant associer un opérateur de clôture à une relation
de proximité.
Lemme 4.5. Soit X un ensemble, et soit δ une relation de proximité
sur X. Pour tout A ⊂ X, on pose
C `δ (A) = {x ∈ X | x δA}.
Alors, C `δ est un opérateur de clôture sur X.

Démonstration. Les propriétés (CL1), (CL2), (CL30 ) et (CL40 ) découlent


respectivement des propriétés (P1), (P2), (P3) et (P4). Ainsi, C `δ est
un opérateur de clôture sur X par le lemme 3.6. 
On a alors le résultat suivant.
Théorème 4.6. Soit X un ensemble. Alors, on a une correspondance
bijective entre l’ensemble Topprox(X) des relations de proximité sur X
et l’ensemble Topcl(X) des opérateurs de clôture sur X. Cette corres-
pondance est donnée par

δ − 7 → C `δ
δC ` ←−[ C `.
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 13

Démonstration. Le lemme 4.5 montre que pour toute relation de proxi-


mité δ, l’application C `δ est un opérateur de clôture, et le lemme 4.4
montre que pour tout opérateur de clôture C `, δC ` est une relation de
proximité sur X. Montrons que les applications sont inverses l’une de
l’autre.
Soit δ une relation de proximité sur X. Pour tout A ⊂ X et tout
x ∈ X, on doit démontrer que x δC `δ A si et seulement si x δA. Or, on
a
x δC `δ A ⇐⇒ x ∈ C `δ (A) ⇐⇒ x δA,
d’où le résultat.
Soit maintenant C ` un opérateur de clôture sur X. Pour tout A ⊂ X,
on a
C `δC ` (A) = {x ∈ X | x δC ` A} = {x ∈ X | x ∈ C `(A)} = C `(A).
Ainsi, C `δC ` = C `. Ceci achève la démonstration. 
Le théorème précédent et le théorème 3.8 donne immédiatement que
l’on a une correspondance bijective entre l’ensemble Topf(X) des to-
pologies de fermés sur X et l’ensemble Topprox(X) des relations de
proximité sur X.
Si on met bout à bout les correspondances, on voit que si F est une
topologie de fermés, alors la relation δF définie par
\
x δF A si x ∈ F
F ∈F
A⊂F
est une relation de proximité sur X, et que si δ est une relation de
proximité sur X, l’ensemble Fδ dont les éléments sont les parties F de
X telle que F = {x ∈ X | x δF } est une topologie de fermés sur X.
On a donc le résultat suivant.
Théorème 4.7. Soit X un ensemble. Alors, on a une correspondance
bijective entre l’ensemble Topf(X) des topologies de fermés sur X et
l’ensemble Topprox(X) des relations de proximité sur X. Cette corres-
pondance est donnée par

F −7 → δF
Fδ ←−[ δ.

Exercice. Soit X un ensemble.


1.
(a) Montrer
\ que si (Oi )i∈I est une famille de topologies sur X, alors
O= Oi est une topologie sur X.
i∈I
14 GRÉGORY BERHUY

(b) Pour tout i ∈ I, soient Fi , Vi , C `i , δi la topologie de fermés, la to-


pologie de voisinages, l’opérateur de clôture, la relation de proximité
correspondant à Oi . Décrire la topologie de fermés, la topologie de voi-
sinages, l’opérateur de clôture, la relation de proximité correspondant
à O en fonction de Fi , Vi , C `i , δi .
2. SoitX un ensemble, soit O une topologie sur X, et soit Y ⊂ X.
(a) Montrer que O|Y = {U ∩ Y | U ∈ O} est une topologie sur Y ,
appelée topologie induite.
(b) Soient F , V , C `, δ la topologie de fermés, la topologie de voisi-
nages, l’opérateur de clôture, la relation de proximité correspondant à
O. Décrire la topologie de fermés, la topologie de voisinages, l’opérateur
de clôture et la relation de proximité correspondant à O|Y en fonction
de F , V , C `, δ.
On va maintenant utiliser les diverses façons de définir une topologie
pour réinterpréter la notion de continuité.

5. Continuité

Soit I un intervalle de R, soit f : I −→ R une fonction, et soit a ∈ I.


Rappelons que f est dite continue en a si pour tout ε > 0, il existe
η > 0 tel que pour tout x ∈ I, |x − a| < η =⇒ |f (x) − f (a)| < ε.
On dit que f est continue (sur I) si f est continue en tout point de I.
Commençons par réinterpréter la définition en termes de voisinages.
Rappelons tout d’abord que la topologie usuelle sur R est l’ensemble
des parties U de R telles que, pour tout x ∈ U , il existe r > 0 tel que
]x − r, x + r[⊂ U .
La topologie sur I est alors la topologie induite par celle de R.
Lemme 5.1. Soit I un intervalle de R, soit f : I −→ R une fonction,
et soit a ∈ I. Alors f est continue en a si et seulement si pour tout
voisinage V de f (a), il existe un voisinage W de a tel que f (W ) ⊂ V .

Démonstration. Supposons que f soit continue en a, et soit V un


voisinage de f (a). Alors, il existe un ouvert U contenant f (a) tel que
U ⊂ V . Par définition, il existe ε > 0 tel que ]f (a) − ε, f (a) + ε[⊂ U .
Posons
W = f −1 (]f (a) − ε, f (a) + ε[) ∩ I = {x ∈ I | |f (x) − f (a)| < ε}.
Par hypothèse sur f , il existe η > 0 tel que ]a − η, a + η[∩I ⊂ W .
Comme ]a − η, a + η[∩I est un ouvert de I contenant a, W est un
voisinage de a. Par définition de W , on a alors
f (W ) ⊂]f (a) − ε, f (a) + ε[⊂ U ⊂ V.
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 15

Inversement, supposons que pour tout voisinage V de f (a), il existe


un voisinage W de a tel que f (W ) ⊂ V . Soit ε > 0, et soit V =
]f (a) − ε, f (a) + ε[. C’est un ouvert contenant f (a), donc un voisinage
de f (a). Par hypothèse, il existe un voisinage W de a tel que f (W ) ⊂ V.
Soit W 0 un ouvert de I contenant a tel que W 0 ⊂ W . On a donc
W 0 = U 0 ∩ I, où U 0 est un ouvert de R contenant a. Il existe donc η > 0
tel que ]a − η, a + η[⊂ U 0 . Par conséquent,
]a − η, a + η[∩I ⊂ U 0 ∩ I = W 0 ⊂ W.
Mais alors, on a f (]a − η, a + η[∩I) ⊂ f (W ) ⊂ V , ce qui revient
exactement à dire que pour tout x ∈ I tel que |x − a| < η, on a
|f (x) − f (a)| < ε. 
Dans tout ce qui suit, sauf mention expresse du contraire, les topolo-
gies seront définies de manière usuelle, à partir d’une famille d’ouverts
O, et les notions de fermés, voisinages, adhérence, seront les notions
classiquement définies à partir de cette topologie O.
Ceci motive la définition suivante.
Définition 5.2. Soient X, Y deux espaces topologiques, soit f : X −→
Y une application, et soit a ∈ X. On dit que f est continue en a si pour
tout voisinage de f (a), il existe un voisinage W de a tel que f (W ) ⊂ V .
On dit que f est continue si elle est continue en tout point de X.
Remarque 5.3. La définition de la continuité en a sera reformule aussi
de la façon suivante : f est continue en a si pour tout voisinage de V
de f (a), f −1 (V ) est un voisinage de a.
En effet, si cette dernière propriété est vérifiée, alors pour tout voisi-
nage V de f (a), W = f −1 (V ) est un voisinage de a et on a f (W ) =
f (f −1 (V )) ⊂ V.
Inversement, supposons que f soit continue en a, et soit V un voisinage
de f (a). Par hypothèse, il existe un voisinage W de a tel que f (W ) ⊂ V .
Autrement dit, W ⊂ f −1 (V ). Mais W étant un voisinage de a, f −1 (V )
aussi.

On a alors le théorème suivant.


Théorème 5.4. Soient X, Y deux espaces topologiques, soit f : X −→
Y une application, et soit a ∈ X.
Les propriétés suivantes sont équivalentes :

(1) f est continue ;


(2) pour tout ouvert U de Y , f −1 (U ) est un ouvert de X ;
(3) pour tout fermé F de Y , f −1 (F ) est un fermé de X ;
(4) pour tout A ⊂ X, f (A) ⊂ f (A).
16 GRÉGORY BERHUY

Démonstration.
(1) =⇒ (2) Supposons f continue, et soit U un ouvert de Y . Si U est
disjoint de f (X), alors f −1 (U ) est vide, donc ouvert. Sinon, il existe
au moins un point a ∈ X tel que f (a) ∈ U . Comme U est ouvert, en
particulier, U est un voisinage de f (a). Par conséquent, f −1 (U ) est un
voisinage de a. Soit x ∈ f −1 (U ). Alors f (x) ∈ f (f −1 (U )) ⊂ U . Ainsi,
U est aussi un voisinage de f (x), et donc f −1 (U ) est un voisinage de
x. On a donc montré que f −1 (U ) est voisinage de chacun de ses points,
donc est ouvert par le lemme 2.5.
(2) =⇒ (3) Il suffit de passer au complémentaire.
(3) =⇒ (1) Soit a ∈ X, soit V un voisinage de f (a), et soit U un
ouvert contenant f (a) tel que U ⊂ V . Alors, Y \ U est un fermé ne
contenant pas f (a), et par suite f −1 (Y \ U ) = X \ f −1 (U ) est un fermé
ne contenant pas a. Par conséquent, f −1 (U ) est un ouvert contenant a.
Comme f −1 (U ) ⊂ f −1 (V ), on en déduit que f −1 (V ) est un voisinage
de a. Ainsi, f est continue en a.
On a donc montré l’équivalence des trois premières propriétés. Nous
allons maintenant montrer l’équivalence entre (3) et (4).
(3) =⇒ (4) Soit A ⊂ X. Alors f (A) est un fermé de Y , donc f −1 (f (A))
est un fermé de Y . Or, on a f (A) ⊂ f (A), et donc A ⊂ f −1 (f (A)).
Comme f −1 (f (A)) est fermé, on en déduit A ⊂ f −1 (f (A)), soit f (A) ⊂
f (A).
(4) =⇒ (3) Soit F un fermé, et soit A = f −1 (F ). On doit démontrer
que A = A. Par hypothèse, f (A) ⊂ f (A) = f (f −1 (F )). Or f (f −1 (F ))
est contenu dans F , qui est fermé, et donc f (f −1 (F )) ⊂ F . Mais alors
f (A) ⊂ F , soit A ⊂ f −1 (F ) = A. Donc A = A, et A est fermé. 
Grâce aux résultats des paragraphes précédents, on peut donc définir la
continuité d’une application f : X −→ Y de diverses manières, toutes
équivalentes :

(1) si les topologies sur X et Y sont définies par des ouverts, f est
continue si l’image réciproque de tout ouvert est un ouvert ;
(2) si les topologies sur X et Y sont définies par des topologies de
fermés, f est continue si l’image réciproque de tout fermé est
un fermé ;
(3) si les topologies sur X et Y sont définies par des topologies de
voisinages, f est continue si pour tout a ∈ X, l’image réciproque
d’un voisinage de f (a) est un voisinage de a ;
(4) si les topologies sur X et Y sont définies par des opérateurs de
clôture C `X et C `Y , f est continue si pour tout A ⊂ X, on a
f (C `X (A)) ⊂ C `Y (f (A));
COMMENT DÉFINIR UNE TOPOLOGIE ? 17

(5) si les topologies sur X et Y sont définies par des relations de


proximité δX et δY , f est continue si pour tout x ∈ X et tout
A ⊂ X, on a x δX A =⇒ f (x) δY f (A).

Tout ceci est parfaitement clair, vu toutes les correspondances établies


précédemment. La dernière interprétation est peut-être la plus natu-
relle : f est continue si pour tout A ⊂ X, si x est proche de A, alors
f (x) est proche de f (A) (une fonction continue ne peut pas faire de
sauts). C’est particulièrement flagrant lorsque A = {a}.
Exercice. Soient X, Y deux ensembles, et soit f : X −→ Y une appli-
cation.
1. Soit OY une topologie sur Y . Montrer que OX = f −1 (OY ) est une
topologie sur X, et que c’est la plus petite topologie qui rende f conti-
nue.
2. Donner la topologie de fermés, la topologie de voisinages, l’opérateur
de clôture et la relation de proximité sur X en fonction de celles sur Y .

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