Cours de Résistance des Matériaux
Cours de Résistance des Matériaux
Pr Soufiane BELHOUIDEG
Docteur en Mécanique & Matériaux
Ingénieur d’Etat en Génie Mécanique
1
Chapitre 0
Objectifs de la résistance des matériaux (RDM)
2
La résistance des matériaux est la branche de la mécanique qui permet de
prévoir comment une structure résiste et se déforme sous l’action des
sollicitations extérieures. Les origines de la RDM remontent à Léonard de Vinci
(1452-1519) .Plus récemment, des mathématiciens, physiciens,
expérimentateurs prestigieux ont participé à l’élaboration de cette discipline
complexe: Hooke, Euler, Bernouilli, Cauchy, Saint-Venant, Mohr, Castigliano,
Ménabréa, Bertrand De Font violant…
Gymnase à Fianarantsoa
Construction métallique
Entreprise Cimelta
3
Généralement 2 grands types de problèmes se posent pour le
calculateur en RDM selon son niveau d’intervention:
1er cas:
les forces extérieures appliquées à une structure sont connues.
(Elles sont fixées par le cahier des charges)
Le problème consiste à trouver les dimensions à donner aux
éléments de cette structure pour que les efforts internes ou
les déformations ne dépassent pas une limite fixée d’avance
C’est le problème du dimensionnement. qui est posé au
calculateur et concepteur de la structure
4
2ème cas:
les forces extérieures et les dimensions des éléments sont
connues
=>Le problème pour le calculateur est de trouver les efforts
intérieurs et les déformations résultant de l’application de
ces forces extérieures sur chaque élément, et de vérifier que
les efforts et les déformations sont bien inférieurs à une limite
fixée par les réglements de construction
c’est le problème de vérification ou du contrôle
5
Les notions de la RDM étudiées dans ce cours et les relations
entre elles sont schématisées dans cette figure:
6
Plan du cours proposé
I. Rappels de statique
II. Caractéristiques géométriques des sections
III. Hypothèses de la Résistance des Matériaux
IV. Traction – Compression
V. Caractéristiques mécaniques des matériaux
VI. Cisaillement simple
VII. Torsion pure
VIII. Flexion pure
IX. Flexion simple
X. Flambage
7
Evaluation
Travaux Dirigés :
• les exos demandés doivent être faits d’une séance à l’autre
Travaux Pratiques :
• A la fin du cours & TD
Examen final :
• 2h
• exercices semblables aux TDs
8
Chapitre I
Rappels de Statique
1
I.1 Généralités
2
I.2 Notions de force et de moment
I.2.1 Force
Une force est un phénomène qui :
3
I.2 Notions de force et de moment
• un point d'application A,
• une direction, 1
• un sens,
• une intensité, F2/1
A
2
L'unité utilisée est le Newton (N).
I.2.2 Moment
Le moment d'un vecteur par rapport à un point est défini par :
M F/B = BA Λ F
(lire « moment par rapport à B de la force F »)
Algébriquement, le moment de la
force par rapport au point B vaut :
M F/B = F.d
Avec d = [Link]θ
L'unité utilisée est le Newton-mètre (N.m).
5
I.3 Principe des actions mutuelles
1 1
A
F 1/ 2 F 2 /1
A
2 2 A
∑ F ext = 0
( S ) en équilibre ⇔
∑ M F ext / M = 0
Equations d'équilibre
Système 3D (Oxyz) Système 2D (Oxy)
8
I.5 Les actions de liaison
Dans le plan Oxy, un point de la structure a trois degrés de liberté :
– 2 degrés de liberté en translation suivant les axes Ox et Oy
– (notés uA suivant Ox et vA suivant Oy)
– 1 degré de liberté en rotation autour de l'axe Oz.
– (noté ωA)
Toute liaison de ce point avec l'extérieur supprimera 1, 2 ou 3 degrés de
liberté.
Ces actions de liaison sont bien entendu à prendre en compte lors de
l'étude de l'équilibre du système.
Nous allons présenter les trois principaux types de liaisons dans le plan
Oxy.
9
I.5 Les actions de liaison
10
I.5 Les actions de liaison
• Point d'application A,
• Composante YA inconnue.
I.5.2 L'articulation
12
I.5 Les actions de liaison
I.5.2 L'articulation
uA=0 y y
RA
y vA=0 RYAyA
α
A
A RAx
x A x A XA x
ωΑ non nul
La force de liaison a les caractéristiques suivantes :
•Point d'application A,
•Composantes XA et YA inconnues.
13
I.5 Les actions de liaison
I.5.2 L'encastrement
14
I.5 Les actions de liaison
I.5.2 L'encastrement
y uA=0
v RA
ωA=0 RY
AyA
A=0 α
A A
x A x A RAx x
XA
MeA MeA
Les actions de liaison ont les caractéristiques suivantes :
•Point d'application A,
15
I.6 Isostaticité – Hyperstaticité
17
I.8 Applications
Exemple 1
Soit un repère orthonormé XOY dans le plan.
Déterminer la force résultante et le moment résultant par
rapport à O des forces F1 et F2.
18
I.8 Applications
19
I.8 Applications
Exemple 2
Quel est le module minimal de F2 et l'angle correspondant pour
que le moment résultant par rapport à O soit nul?
20
I.8 Applications
21
CHAPITRE II
Caractéristiques géométriques des
sections planes
1
Introduction
Ultérieurement, pour calculer les contraintes et les déformations des
solides étudiés, nous aurons besoin de savoir déterminer un certain
nombre de caractéristiques géométriques des sections planes :
Centre de gravité,
Moment statique,
Moments quadratiques
2
I. Centre de gravité
Soit une section plane d’aire S définie dans un repère orthonormé Oxy.
y
Les coordonnées du centre de
XG =
∫∫
S
[Link]
YG =
∫∫
S
[Link]
O XG x S S
Si la section S peut être décomposée en n sous-sections simples,
d’aires connues Si et de centres de gravités connus (xGi et yGi)
alors :
n n
∑ (S .x )
i Gi ∑ (S . y )
i Gi
XG = i =1
YG = i =1
S S 3
I. Centre de gravité
Exemple : y
10 mm
2
50 mm
20 G
1 10 mm
O x
50 mm
xG
Le point G se trouve sur l’axe de symétrie vertical de la section
soit: XG=25mm
S1 × YG1 + S2 × YG2
(S1 + S2 ) × YG = S1 × YG1 + S2 × YG2 ⇒ YG =
S1 + S2
(10 × 50).5 + (50 ×10).35
YG = = 20mm
1000 4
II. Moment statique
Pour un élément dS, de coordonnées X et Y, le moment statique
élémentaire par rapport à l’axe Ox est, par définition, la quantité :
y dµ x = [Link]
( S) Ce qui donne pour l’ensemble de la section :
dS
Y
O X x
De même :
5
II. Moment statique
Remarques :
pour tout axe passant par le centre de gravité, le moment statique
par rapport à cet axe est nul.
n
µ x = ∑ (Si .y Gi )
i =1
n
µ y = ∑ (Si .x Gi )
i =1
6
III. Moments quadratiques
III.1 Moment quadratique par rapport à un axe
Pour un élément dS, de coordonnées X et Y, le moment quadratique
élémentaire par rapport à l’axe Ox est, par définition, la quantité :
dI Ox = Y².dS
y
O X x De même :
I Oy = ∫∫ x².dS
S
7
III. Moments quadratiques
Remarques :
Le moment quadratique est aussi appelé moment d’inertie de la
section.
Il est toujours positif.
8
III. Moments quadratiques
III.2 Translation d’axes : Théorème de Huygens
Soit un élément dS de S dans le repère Oxy, et soit le repère Gxy
qui passe par le centre de gravité G de S et dont les axes sont
parallèles à Ox et Oy.
y I Ox = ∫∫ y².dS avec y = YG + y'
y S
Soit : I Ox = ∫∫ (Y
S
G ² + [Link] .y'+ y'²).dS
dS y’
G x Ce qui donne :
y
YG I Ox = YG ².∫∫ dS + [Link] .∫∫ y'dS + ∫∫ y'²dS
S S S
O x =S = moment
statique/Gx
Finalement, on obtient : I Ox = I Gx + [Link] ² =0
De même : I Oy = I Gy + S.X G ²
9
III. Moments quadratiques
Théorème :
n n
I Ox = ∑ I Ox i I Oy = ∑ I Oyi
i =1 i =1
10
III. Moments quadratiques
Remarque :
( ) ( )
n n
I Gx = ∑ I G i x + Si .(YGi − YG ) ² I Gy = ∑ I G i y + Si .(X Gi − X G ) ²
i =1 i =1
11
III. Moments quadratiques
III.3 Moment quadratique par rapport à un couple d’axe
Ce moment quadratique est aussi appelé moment produit.
Pour un élément dS, le moment produit élémentaire par rapport aux
axes Ox et Oy est par définition la quantité:
dI Oxy = [Link]
( )
n
I Gxy = ∑ I G i xy + Si .(X Gi − X G )(
. YGi − YG )
i =1 13
III. Moments quadratiques
III.3 Moment quadratique par rapport à un point
Ce moment quadratique est aussi appelé moment quadratique (ou
d’inertie) polaire.
Pour un élément dS, à une distance ρ de O, le moment quadratique
polaire élémentaire par rapport à ce point est par définition la
quantité: dI o = ρ ².dS
y
Ce qui donne pour l’ensemble de la section:
( S)
dS
Y
I o = ∫∫ ρ ².dS
ρ S
O X x
Remarque: on peut écrire ρ² =x²+y² soit: I o = ∫∫ x².dS + ∫∫ y ².dS
S S
Finalement, on obtient: I o = I Ox + I Oy 14
III. Moments quadratiques
III.3 Moment quadratique par rapport à un point
Changement d’origine (Théorème de Huygens)
y XG y I o = I Ox + I Oy
Soit:
I o = (I Gx + [Link] ² ) + (I Gy + S.X G ² )
G x
YG
ou:
O x
I o = I Gx + I Gy + S.(X G ² + YG ² )
Finalement, on obtient:
Io=IG +S.(OG) ²
15
III. Moments quadratiques
Remarques pratiques concernant le calcul des moments quadratiques
Les moments quadratiques s’ajoutent et se retranchent. Cette propriété
permet une détermination aisée dans le cas de surfaces composées
d’éléments simples.
1 1 1
2 2 2
dS X = [Link]θ + [Link]θ
y
Y = − [Link]θ + [Link]θ
Y X θ Calculons le moment quadratique / OX :
x
O x
I OX = ∫∫ Y².dS = ∫∫ (- [Link]θ + [Link]θ ) ².dS
S S
Soit :
IOx -IOy
IOXY = .sin2θ+IOxy .cos2θ
2 19
III. Moments quadratiques
III.4.2 Recherche des directions principales
Il s’agit des directions donnant les moments quadratiques extrêmes
(maximal et minimal). Pour les trouver , dérivons IOX et IOY / θ et
annulons ces dérivées:
2
IOx +IOy IOx -IOy 2
I maxi = + +I Oxy
2 2
2
IOx +IOy IOx -IOy 2
I mini = - +I Oxy
2 2
22
III. Moments quadratiques
III.4.4 Représentation graphique – Cercle de Mohr
Reprenons les expressions donnant IOX et IOXY
IOx +IOy IOx -IOy
IOX - = .cos2θ-IOxy .sin2θ
2 2
IOx -IOy
IOXY = .sin2θ+IOxy .cos2θ
2
Effectuons la somme des carrés, on obtient:
2 2
IOx +IOy 2 Ox Oy
I -I 2
OX
I - +I OXY = +I Oxy
2 2
Ce qui correspond à l’équation d’un cercle de centre C et de rayon R
2
IOx +IOy IOx -IOy 2
xc = et R= +I Oxy
2 2 23
IV. Application
24
IV. Application
Exemple:
Déterminer les moments d'inertie principaux et centraux de
la section en forme de L ci-dessous.
25
IV. Application
Solution:
26
IV. Application
27
IV. Application
28
CHAPITRE III
Hypothèses de la Résistance des
Matériaux
1
I. Hypothèses générales
I.1 Sur les solides
Par définition, une poutre est un solide engendré par une surface plane
(S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (γ) (la ligne moyenne),
(S) restant perpendiculaire à (γ) .
très long / à ses
dimensions transversales,
(S)
(γ) (γ) rectiligne ou à très
G faible courbure,
section constante (S) ou
lentement variable.
2
I. Hypothèses générales
I.2 Sur les matériaux
Hypothèse de BERNOUILLI
4
I. Hypothèses générales
I.3 Sur les déformations
Principe de superposition
La déformation (ou la contrainte) en un point M de la poutre due à
plusieurs actions mécaniques extérieures est égale à la somme des
déformations (ou des contraintes) dues à chaque action mécanique
extérieure prise isolément.
Intérêt: ramener un système composé (complexe) à une somme de
systèmes simples.
5
II. Actions intérieures – Forces de cohésion
II.1 Définition
forces de cohésion.
6
II. Actions intérieures – Forces de cohésion
II.1 Définition
Pour mettre en évidence ces forces de cohésion, on peut effectuer
une coupure fictive suivant un plan perpendiculaire à la ligne
moyenne, séparant la poutre en deux tronçons E1 et E2, tel que
E=E1+E2.
Si on isole le tronçon de
gauche (E1), les forces de
cohésion représenterons les
efforts exercés par le tronçon
de droite (E2) sur le tronçon de
gauche (E1).
7
II. Actions intérieures – Forces de cohésion
II.2 Eléments de réduction
Ce sont les différentes composantes des actions intérieures
exprimées par rapport au centre de gravité G de la section S de la
coupure fictive.
Les expressions des éléments de réduction seront des fonctions de
x, l’abscisse du centre de gravité G de la section S.
8
II. Actions intérieures – Forces de cohésion
II.2 Eléments de réduction
1) En 3D Effort Normal
N : composante algébrique de N sur x
R G Ty : composante algébrique de T sur y
Tz : composante algébrique de T sur z
Efforts Tangentiels
=
Efforts tranchants
Moment de torsion
Mt : composante algébrique de Mt sur x
MG Mfy : composante algébrique de Mf sur y
Mfz : composante algébrique de Mf sur z
Moments de flexion
9
II. Actions intérieures – Forces de cohésion
II.2 Eléments de réduction
2) En 2D T
Mf
On isole le
R G TN: :eeffort
ffort normal
tranchant
tronçon de
N
gauche MG Mf : moment fléchissant
Cisaillement
T
simple
Torsion simple Mt
Flexion pure Mf
Flexion
N+T+Mf
composée
13
III. Application
Exemple : poutre simple rectiligne
Soit une poutre simplement appuyée, soumise aux cas de charges
suivants:
a) Une force P concentrée à mi-travée.
15
III. Application
16
III. Application
17
III. Application
18
III. Application
19
III. Application
20
III. Application
21
CHAPITRE IV
Caractéristiques mécaniques des
matériaux
1
I. Notions de contrainte, de déformation
I.1 Contrainte en un point M
Elle caractérise les actions mécaniques de cohésion qui existent entre les
grains de matière.
Soient :
un point M,
un élément de surface ∆S appartenant à S,
n le vecteur normal à ∆S en M,
∆f la résultante en M des forces de cohésion appliquées à ∆S.
4
II. Comportement mécanique des matériaux
Essai de traction
L’essai de traction permet, à lui seul, de
définir les caractéristiques mécaniques
courantes des matériaux. Les résultats
issus de cet essai, permettent de prévoir
le comportement d’une pièce sollicitée
en Cisaillement, Traction / Compression
et Flexion.
Principe de l’essai
L’essai est réalisé sur une machine de
traction. On applique progressivement et
lentement (sans choc) à une éprouvette
cylindrique de formes et de dimensions
normalisées, un effort de traction
croissant jusqu’à la rupture. 5
II. Comportement mécanique des matériaux
Mesures effectuées
Les deux points A et B sont situés sur l’éprouvette.
L0 : Longueur initiale de l’éprouvette au repos (sans charge).
L : Longueur de l’éprouvette mesurée sous charge F.
F : Force exercée par la machine d’essai sur l’éprouvette.
L − L0 ∆L
La déformation longitudinale est notée ε et vaut : ε= =
L0 L0
6
II. Comportement mécanique des matériaux
7
II. Comportement mécanique des matériaux
Apparition de la
striction
limite de rupture
en traction
limite d’élasticité εR
allongement
à la rupture
Zone élastique : loi de Hooke : σ = E.ε
8
Avec E, le module de Young (en MPa)
II. Comportement mécanique des matériaux
Caractéristiques fondamentales :
Limite élastique
Résistance à la
rupture
Allongement
relatif
Allongement
9
II. Comportement mécanique des matériaux
Résultats (matériau fragile)
Exemples: béton, fonte, verre…
limite de rupture
en traction
limite de rupture
en compression
10
II. Application
Enoncé
Le tableau ci-dessous récapitule les résultats d’un essai de traction
effectué sur une éprouvette en acier à haute teneur en carbone, traité
thermiquement. F est la charge appliquée à l’éprouvette et ΔL son
allongement.
11
II. Application
Solution
Essai de Traction
1200,0
1000,0
800,0
Contrainte [MPa]
600,0
400,0
200,0
0,0
0 0,01 0,02 0,03 0,04 0,05 0,06 0,07 0,08
Déformation [%]
12
CHAPITRE V
Traction simple / Compression simple
1
Introduction
Ces deux sollicitations simples sont distinctes et un certain nombre de
matériaux ont un comportement différent en traction et en compression
(fonte, béton…). Cependant, dans les deux cas, nous arriverons aux
même relations de contraintes et de déformations.
2
I. Hypothèses
Le solide est composé d’un matériau homogène et isotrope,
F F
A B
3
II. Définitions
Une poutre est sollicitée à la traction simple lorsqu’elle est soumise
à deux forces directement opposées qui tendent à l'allonger et
appliquées au c.d.g des sections extrêmes.
F F
A B
F N
A G
Section S
4
II. Définitions
Une poutre est sollicitée à la compression simple lorsqu'elle est
soumise à deux forces directement opposées qui tendent à le
raccourcir et appliquées au c.d.g des sections extrêmes.
F F
A B
Section S
Effet thermique
Lorsqu’une poutre est soumise à une variation de température ∆T,
elle subit une dilatation thermique ∆LTh. Celle-ci est de la forme:
∆LTh = α .L0 .∆T
Avec :
α : coefficient de dilatation thermique (°C-1),
Lo : longueur initiale de la barre,
∆T : variation de température (°C).
Remarque : lorsqu’une barre est soumise à un effort normal N et à
une variation de température ∆T, d’après le principe de
superposition, on a:
∆LTotale = ∆LN + ∆LTh
8
IV. Etude des déformations
Effet thermique
Si la poutre est libre de se dilater, la variation de longueur se fait sans
contrainte.
Si la dilatation est empêchée, il y a apparition d’une contrainte
normale de traction ou de compression en fonction du signe de ∆T.
E,L,S,α
∆LTh
∆LTh = α .L.∆T
N N .L
∆LN =
E.S
∆LN
N .L
∆LTotale = ∆LN + ∆LTh = 0 ⇒ ∆LTotale = + α .L.∆T = 0 ⇒ N = −α .E.S .∆T
E.S
9
IV. Etude des déformations
IV.2 Déformations transversales
Lorsqu’une poutre s’allonge dans la direction longitudinale sous
l’effet de N, on observe une contraction dans la direction
transversale.
On a :
d − d0
εy =
d0
σc
Avec, Rpc la résistance pratique à la compression : R pc =
s
11
Coefficient de sécurité
V. Dimensionnement
V.2 Condition de déformation
Pour des raisons fonctionnelles, il est parfois important de limiter
l’allongement à une valeur ∆Llim. On obtient donc l’inéquation:
∆L ≤ ∆Llim
12
VI. Concentration de contraintes
Lorsqu’une poutre possède une
variation brusque de sa section, la
répartition de la contrainte normale
n’est plus uniforme à proximité de
la discontinuité de section. Il y a
concentration de contrainte
VII.2 Hypothèses
Les assemblages sont géométriquement invariables.
Les forces sont ponctuelles et contenues dans le plan de la structure.
Le poids des barres est négligé.
Les forces agissent aux nœuds qui sont des articulations.
⇒ Compte tenu des hypothèses, les barres sont soumises soit à de la
traction, soit à de la compression.
15
VII. Les treillis
VII.3 Stabilité d’un treillis
Considérons les deux cas suivants:
16
VII. Les treillis
VII.4 Isostatisme d’un treillis
Les inconnues de notre problème sont les b efforts normaux dans les
barres et les r réactions d’appuis.
L’étude d’un treillis se fait par l’équilibre de chaque nœud. Les
équations d’équilibre de la statique sont au nombre de deux (résultantes
sur x et sur y, pas d’équation de moments puisque les barres sont
concourantes au nœud). L’équilibre des n nœuds du treillis donne donc
2n équations.
Soit h, le degré d’hyperstatisme du treillis, défini de la manière
suivante:
h=b+r-2n
Si h=0, le treillis est isostatique.
Si h>0, le treillis est hyperstatique.
Si h<0, le treillis est hypostatique. 17
VII. Les treillis
VII.5 Résolution d’un treillis
1. Déterminer h le degré d’hyperstatisme de la structure,
2. Si h=0, structure isostatique, on peut la résoudre,
3. Calcul des réactions d’appuis,
4. Détermination des efforts et de la nature des sollicitations dans
toutes les barres.
5. On pourra récapituler les résultats dans un tableau.
18
VII. Les treillis
Systèmes de barres hyperstatiques
La résolution de ces systèmes s'effectue en considérant les aspects
décrits ci-dessous:
1/ Aspect statique : écrire les équations d'équilibre des barres
sectionnées.
2/ Aspect géométrique: établir le rapport entre les déformations à
partir de la compatibilité géométrique.
3/ Aspect physique du problème: établir les relations effort-
déformation en utilisant la loi de Hooke : ∆L=NL/ES pour
transformer les expressions de déformation en équations ayant des
efforts normaux comme inconnus.
4/ Résolution du système d'équations.
19
VII. Application
Exemple 1
Déterminer les efforts, les
contraintes et les déformations
dans les différents tronçons de
la colonne ci-contre, sachant
que:
d1-1 = 50 mm,
d2-2 = 100 mm,
d3-3 = 200 mm,
E = 2,1 × 105 N/mm² .
20
VII. Application
Solution
21
VII. Application
22
VII. Application
Exemple 2
Soit le système de barres défini sur la figure ci-après.
Etant données: L1, S1, L2, S2, L3, S3 , P et α
avec L2 = L3
déterminer les efforts dans les barres.
23
VII. Application
Solution
24
VII. Application
25
VII. Application
Exemple 3
Une balançoire supporte le poids d’un enfant dont la charge est de
F = 400N.
Supposant que les 2 cordes qui fassent suspendre la chaise par rapport au
support sont cylindrique et chacun de ces cordes supportent la charge
totale de l’enfant (la charge n’est pas divisée en deux pour chacun).
Déterminer le diamètre de la corde de la balançoire si la contrainte
normale de l’utilisation est de Rpe = 50 N/mm2, en déduire la contrainte
qui est appliqué sur la balançoire.
26
VII. Application
Solution
27
VII. Application
28
VII. Application
Exemple 4: tige sollicitée à la traction simple
Une tige cylindrique de 3,6 m de long en acier E 48 est sollicitée
par un effort axial de 18000 N. Le coefficient de sécurité « s »
proposé est 6.
On demande de déterminer:
1- La contrainte normale d’utilisation.
2- Le diamètre de la tige
3- L’allongement de la tige sous la charge.
On donne : E=200 000MPa
29
VII. Application
Solution
30
VII. Application
31
VII. Application
32
VII. Application
Exemple 5
Une courroie en cuire de 6 mm d’épaisseur supporte un effort axial
de 1800 N.
Représentation de la
courroie sur une poulie
On demande de déterminer :
La largeur de la courroie
Le coefficient de sécurité
33
VII. Application
Solution
34
VII. Application
35
CHAPITRE VI
Cisaillement simple
1
I. Hypothèses
Le solide est composé d’un matériau homogène et isotrope,
Sa ligne moyenne est rectiligne,
La section droite est constante sur toute la longueur,
Le solide a un plan de symétrie vertical,
Les actions extérieures sont modélisables en A et B, situés dans le plan de
symétrie, par deux résultantes verticales, directement opposées, situées
dans le plan de cisaillement (P) perpendiculaire à la ligne moyenne.
2
II. Définition
Une poutre est sollicitée au cisaillement simple si les forces de
cohésion n’ont qu’une composante tangentielle (effort tranchant).
N=0, Mt=Mfy=Mfz=0
Exemples:
3
III. Contraintes dans une section droite
Chaque élément de surface ∆S supporte un effort
de cisaillement ∆f contenu dans le plan (S) .
∆f
∆f On considère qu’il y a répartition uniforme des
S ∆f contraintes dans la section droite. D’où :
τ N/mm²
τmax
τe
5
IV. Etude des déformations
∆y
tg γ =
∆x
Or γ est petit
⇒ tg γ = γ
On obtient donc :
∆y
γ=
∆x
6
IV. Etude des déformations
Loi de HOOKE
Comme pour l’essai de traction, l’expérience montre que, dans le
domaine élastique, il y a proportionnalité entre la contrainte et les
déformations.
La loi de HOOKE en cisaillement s’écrira :
τ = G.γ
Limite élastique au
τe
Rpg = cisaillement
s
Coefficient de sécurité
8
VI. Application
Exemple 1:
La contrainte de cisaillement dans un corps métallique est égale à
1050 kg/cm². Si le module de cisaillement (ou module d’élasticité)
vaut 8 400 kN/cm², déterminer la déformation de cisaillement.
9
VI. Application
Solution:
10
VI. Application
Exemple 2:
Une articulation cylindrique entre 2 barres (1) et (2) est réalisée comme l’indique
la figure ci dessous. La liaison est assuré par un axe cylindrique (3) de diamètre
« d », l’effort maximal supporté par la liaison est de 50 000N. La résistance
pratique au cisaillement du matériau de l’axe Rpg est de 50 N/mm².
1- Déterminer le diamètre de l’axe (3)
2- Indiquer où l’axe est cisaillé
Montage à chape
12
VI. Application
Solution
13
VI. Application
14
VI. Application
Exemple 3:
L’articulation proposée sur la figure assure la liaison entre les solides
(1) et (2) au moyen d’axe (3). L’arrêt en translation de l’axe est
assuré par deux circlypse (4).
16
CHAPITRE VII
Torsion pure
1
I. Hypothèses
Le solide est composé d’un matériau homogène et isotrope,
2
I. Hypothèses
La section droite est constante sur toute la longueur et circulaire.
En effet, pour rester dans le domaine de la RDM, il faut que notre
solide vérifie l’hypothèse de Bernoulli (les sections droites planes et
perpendiculaires à la ligne moyenne, restent planes et perpendiculaires
à la ligne moyenne après déformation).
4
III. Etude des déformations
Essai de torsion
Soit une poutre circulaire pleine, parfaitement encastrée en S0 (section
de référence), soumise à l’extrémité S1 à un moment de torsion Mt:
M
α
α α1 M’
M Mt G
M0 M1
M’
M1’
L’expérience montre que, pour
(S0) l (S) (S1) une section et un moment de
torsion donnés, on a :
l1
α α1
θ:angle de torsion unitaire (rad/mm) = = ... = cste
1
α: angle total de torsion de (S)/(S0) (rad) On pose :
α
l: distance entre (S) et (S0) (mm) θ= 5
III. Etude des déformations
Si Mt<MA, on est dans le domaine
Mt
élastique, l’angle α est proportionnel
au moment appliqué
MA
Si Mt>MA, on est dans le domaine
plastique, l’angle α n’est plus
proportionnel au moment appliqué
Or : τ = G.θ.ρ
I0
: module de torsion (mm3 )
r
τmax τmax
9
V. Dimensionnement
V.1 Condition de résistance
Le dimensionnement des solides soumis à la torsion pure se fera en
limitant la valeur de la contrainte tangentielle à une valeur notée Rpg
(résistance pratique au glissement = contrainte tangentielle
admissible τadm) définie par :
Limite élastique au
τe
R pg = cisaillement
s
Coefficient de sécurité
Mt
τmax = .r ≤ R pg
I0
10
V. Dimensionnement
V.2 Condition de déformation
On utilise souvent l’angle limite de torsion pour dimensionner une
pièce soumise à la torsion (surtout dans le cas d’arbres de grande
longueur).
On obtient ainsi l’inéquation suivante:
Mt
θ= ≤ θlim
G.I0
ou
M .
α = t ≤ α lim
G.I0
11
VI. Relation entre puissance et moment de torsion
P = M t .ω
Avec :
P : puissance en Watts
Mt : moment de torsion en N.m
ω : vitesse angulaire en rad/s
Si la vitesse de rotation est donnée en tours/min, il faut convertir :
2.π.n
ω=
60
12
VI. Application
Exemple 1
On veut faire monter d’un puits un seau rempli de sable. La force nécessaire
appliqué sur la manivelle pour faire monter le seau est F = 2000 N.
En isolant l’arbre :
1- Calculer le diamètre « d » de l’arbre si elle est en acier d’usage général A33
2- Calculer son angle de torsion.
Donné
A33 : Taux admissible = 350 N/mm2
E = 210 GPa ;
l1 = 150 mm et l2 = 100 mm
13
VI. Application
Solution
14
VI. Application
15
VI. Application
16
CHAPITRE VIII
Flexion pure
1
I. Hypothèses
Le solide est composé d’un matériau homogène et isotrope,
M M
2
II. Définition
Une poutre est sollicitée à la flexion pure si le seul élément de
réduction au centre de gravité de chaque section des forces de
cohésion est un moment perpendiculaire au plan de symétrie appelé
moment de flexion.
⇒N=Ty=Tz=0 , Mt=0 , Mfy et/ou Mfz≠0
3
III. Etude des contraintes
Observation
Les sections droites de la poutre ne se déforment pas, elles se déplacent
en restant perpendiculaires à la ligne moyenne qui s’incurve mais ne
s’allonge pas.
M M
y
On sait que l’effort normal N est nul, on peut donc écrire :
G
- E.y -E
N = ∫∫Sσ.dS = ∫∫S .dS = ∫∫SydS = 0
x ρ ρ
Moment
statique/axe x
On a donc le moment statique nul ⇒ l’axe neutre
S0 S S’ passe par le centre de gravité G de S 6
∆x
III. Etude des contraintes
Relation entre contrainte et moment de flexion
On coupe la poutre en une section (S) et on exprime que la partie isolée
est en équilibre sous l’action des efforts extérieurs et des forces de
cohésion dans la section (S).
On sait que la force normale élémentaire vaut: dN = σ.dS
Le moment élémentaire s’écrit : dM = y.σ.dS
L’équilibre de la partie isolée s’écrit donc : M f = − ∫∫S y.σ.dS
E E
Ce qui donne : M f = − ∫∫S - .y².dS = ∫∫S y².dS Moment d’inertie /
ρ ρ axe Gz
⇒ M f = E .I Gz or on a : ρ = - E .y ⇒ I Gz
M f = − .σ
ρ σ y
Finalement, on obtient : σ = − M f .y
I Gz 7
III. Etude des contraintes
y Remarques:
σmax
la distribution de la contrainte normale
dans une section est linéaire,
l’axe neutre (σ=0) passe par le centre de
gravité des sections,
G la contrainte normale est maximale (σmax)
x pour la fibre la plus éloignée de c.d.g. ⇔
ymax=h/2 dans le cas des sections
symétriques / Gz
Module de flexion :
Mf
σmax
σ max =− .y max I Gz
I Gz y max 8
III. Etude des contraintes
Cas d’une section non symétrique / Gz
y
σcmax
G
x
σtmax 9
IV. Etude des déformations
− E.y
Nous avons montré que : σ=
ρ
Mf 1 Mf
Or : σ = − .y ⇒ =−
I Gz ρ E.I Gz
L’expression analytique du rayon de courbure d’une courbe
d’équation y=f(x) est :
(1 + v'²)2
3
ρ=
v' '
Comme v’ est petit (petites déformations), v’² négligeable / 1, il vient :
1
ρ≈
v' '
On obtient donc l’équation différentielle de la déformée :
M
v' ' = − f
E.I Gz 10
IV. Etude des déformations
Remarques :
v représente la flèche de la poutre,
v’ représente la rotation de la section.
On a une équation différentielle donnant l’expression de v’’, pour
trouver la flèche v, il faut donc intégrer deux fois. On obtient donc
des constantes d’intégration. Pour connaître leurs valeurs, il faut
appliquer les conditions aux limites (CAL) de la poutre étudiée.
11
V. Dimensionnement
V.1 Condition de résistance
On limitera la valeur de la contrainte normale à une valeur notée Rpe
(résistance pratique à l’extension = contrainte normale admissible
σadm) définie par :
Mf
σ max = . y max ≤ R pe
I Gz
12
V. Dimensionnement
V.2 Condition de déformation
On peut limiter la flèche maximale (vmax) à une valeur limite (vlim)
imposée par le type de construction ou les contraintes
technologiques.
On obtient ainsi l’inéquation suivante:
v max ≤ v lim
13
VI. Application
Exemples de poutres en flexion pure
14
VI. Application
Voyez-vous une application pratique à ce schéma statique ?
15
CHAPITRE IX
Flexion simple
1
I. Définition
2
II. Etude des déformations
La présence d’un effort tranchant engendre des contraintes de
cisaillement. Toutefois, l’expérience montre que celles-ci sont faibles
par rapport aux contraintes normales. Ceci nous permet de négliger les
effets de l’effort tranchant dans la déformation. On ne considère donc
que le moment fléchissant pour le calcul de la flèche des poutres en
flexion simple.
3
III. Etude des contraintes
III.1 Contraintes normales
On retrouve l’expression de la contrainte normale définie pour la flexion
pure :
M
σ = − f .y
I Gz
M f max
σ max =− .y max
I Gz
4
III. Etude des contraintes
III.2 Contraintes tangentielles
Mise en évidence expérimentale
On considère deux poutres de sections globales identiques, faites d’un
même matériau, soumises au même chargement. Une des deux poutres est
constituée d’un empilement de barres.
τxy
x
τyx
Il y a réciprocité des contraintes tangentielles ⇒ τxy= τyx
6
III. Etude des contraintes
III.2 Contraintes tangentielles
Expression de la contrainte tangentielle
On peut montrer que la contrainte tangentielle en M d’ordonnée y vaut :
T.µ z
τ ( y) = −
I Gz .b
Avec :
T : l’effort tranchant dans la section (S)
h/2
considérée y
µz : le moment statique par rapport à
l’axe Gz de la section située au dessus
de l’ordonnée y
(S)
IGz : moment d’inertie de la section (S)
b : la largeur de la section (S) à
l’ordonnée y b 7
III. Etude des contraintes
III.2 Contraintes tangentielles
Répartition de la contrainte tangentielle
La répartition de la contrainte tangentielle est parabolique. Elle est nulle
sur les faces inférieures et supérieures de la poutre; elle est maximale en G.
8
IV. Dimensionnement
V.1 Condition de résistance
On limitera la valeur de la contrainte normale à une valeur notée Rpe .
On obtient ainsi l’inéquation suivante:
M f max
σ max = . y max ≤ R pe
I Gz
v max ≤ v lim
9
V. Application
Exemple 1
Une voiture est en panne sur un pont en bois définie par la figure ci-
dessous. Le pont à une section rectangulaire h = 2b avec une longueur
de l0 = 340cm. Les deux pneus en contactent avec le pont reparti la
charge de la voiture en F1 et F2. On demande de déterminer :
1- Les réactions aux appuis A et B
2- L’effort existant et le moment fléchissant
3- Les dimensions b et h de la section si Rpe = 10 N/mm².
On donne F1 = 6000 N et F2= 4500 N.
10
V. Application
Solution
11
V. Application
12
V. Application
13
V. Application
14
V. Application
15
V. Application
16
V. Application
17
V. Application
18
CHAPITRE X
Flambage
1
I. Flambage des poutres
x Fx
x
y
5
IV. Charge critique d’Euler
Etats d'équilibre stables, instables ou indifférents.
6
V. Elancement critique
8
VI. Comportement au flambage en fonction des liaisons
b) Poutre encastrée aux deux extrémités :
9
VI. Comportement au flambage en fonction des liaisons
10
VII. Application
Exemple :
Considérons une barre d’acier de 0,50 m de longueur et de
section rectangulaire : 50x20 mm, supposée articulée à ses
extrémités.
1. Indiquer comment périra la barre :
• dans le cas où elle est constituée en acier de limite élastique
240 MPa,
• dans le cas où elle est constituée en acier de limite élastique
360 MPa.
2. Quelle force sera-t-il nécessaire d’appliquer à son extrémité
libre, pour la faire flamber, en supposant que la barre n’est plus
articulée, mais encastrée à une extrémité et libre à l’autre.
On prendra comme module d’élasticité de l’acier:
E = 210 000 MPa.
11
VII. Application
Solution :
12
VII. Application
13
VII. Application
14