Introduction aux formes quadratiques
Introduction aux formes quadratiques
Pascal Ortiz
4 mai 2020
Dans tout le chapitre, K désigne un des deux corps R ou C.
LK (E, F ) = {f : E → F ; f linéaire}
+ : (f, g) 7→ f + g = [ E → F
x 7 → f (x) + g(x) ]
. : (λ, f ) 7→ λ.f = [ E → F
x 7→ λ.f (x) ]
Si dimK E, dimK F < ∞ alors LK (E, F ) est de dimension finie et dimK LK (E, F ) = (dimK E)(dimK F ).
+ : (u, v) ∈ K × K →
7 u+v
. : (λ, u) ∈ K × K → 7 λ×u
est un K-espace vectoriel. De plus, dimK K = 1 et une base de K est, par exemple (1), laquelle
est appelée base canonique de K. Le K-espace vectoriel K n’est qu’un cas particulier de l’espace
vectoriel produit K n , avec n = 1.
ϕ : E −→ K
x 7−→ ϕ(x)
5 Commentaire. Il existe un autre dual, dit topologique, qui utilisé dans certains contextes, oblige
à préciser. Mais, en l’absence d’ambiguïté, on se contentera de parler de dual sans le qualifier
d’algébrique.
ϕ: R2 −→ R
(x, y) 7−→ 2x + 3y
est linéaire et donc, par définition, ϕ ∈ (R2 )∗ . Soit C2 = (c1 , c2 ) la base canonique de R2 et soit
C1 = (1) la base canonique de l’espace vectoriel R. Alors, comme
ϕ(c1 ) = 2 × 1 + 3 × 0 = 2 × 1
ϕ(c2 ) = 2 × 0 + 3 × 1 = 3 × 1
la matrice de ϕ dans les bases canoniques est la matrice-ligne suivante
Mat[ϕ, C2 , C1 ] = 2 3
On notera que cette matrice s’obtient simplement en extrayant les coefficients de la forme linéaire
2x + 3y.
9 Remarques.
i) Une base de E étant donnée, on reconnaît qu’une application ϕ : E → K est une forme
linéaire à ce que pour chaque v ∈ E, le scalaire ϕ(v) est une combinaison linéaire à coefficients
fixes des coordonnées de v dans la base donnée.
ii) On reprend les notations du théorème précédent. Soient les matrices
x1 !
..
M = (a1 · · · an ) et X = .
xn
Soit C = (1) la base canonique de K. Alors, M = [ϕ]CB , la matrice M X est une matrice de
taille 1 × 1 :
Xn
C
[ϕ(x)] = M X = [ ai x i ]
i=1
obtenu en faisant l’habituel produit ligne par colonne. En pratique, on identifie une matrice de
taille 1 × 1 et son unique coefficient.
10 Définition. Soit E un K-espace vectoriel , pas forcément de dimension finie, et soit
H un sous-espace vectoriel de E. On dit que H est un hyperplan de E si H admet un
supplémentaire dans E qui est une droite vectorielle.
11 Remarque. Si H est un hyperplan de E alors il existe une droite vectorielle D de E telle que
H ⊕ D = E, ce qui suppose en particulier que dim E ≥ 1. Par ailleurs, si H est un hyperplan de
E, il n’existe pas nécessairement une unique droite D de E telle que H ⊕ D = E.
δ : I × I −→ {0, 1} (
1 si i = j
(i, j) 7−→ δi,j =
0 sinon
Notons M := a1 a2 . . . an .
Soit C = (1) la base canonique de K. Assez singulièrement, on remarque que M est aussi la
matrice de l’application linéaire ϕ : E → K dans la base B et la base C.
22 Commentaires.
i) Le terme de forme appliqué à f signifie que l’ensemble d’arrivée de f est le corps de base K.
ii) La linéarité à gauche est traduite par les deux dernières conditions. À cause de i), f est aussi
linéaire à droite.
iii) Supposons f symétrique. Pour montrer la linéarité de f , le plus souvent, on procède comme
suit : on fixe un vecteur u ∈ E et on considère l’application partielle à gauche ϕ : E → K
définie par ϕ(x) = f (x, u) et on montre que cette application est une forme linéaire, ce qui
est généralement facile. En particulier, si E est de dimension finie, une base étant fixée, on
peut éventuellement montrer que ϕ(x) est une combinaison linéaire à coefficients fixes des
coordonnées de x dans la base.
23 Exemples.
Supposons que E = K n . Soit x = (x1 , . . . , xn ) et y = (y1 , . . . , yn ). On définit f : E×E −→ K
par
X n
f (x, y) = xi y i
i=1
Alors, f est une forme bilinéaire symétrique sur E, dite forme bilinéaire canonique sur K n .
Un cas particulier du cas précédent est, tout simplement, le produit dans le corps R. Autrement
dit, l’application
f : R2 −→ R
(x, y) 7−→ xy
est une forme bilinéaire symétrique sur E = R.
Soit f : R2 × R2 → R définie par :
Il apparaît alors que ϕ(x1 , x2 ) est la forme αx1 + βx2 ce qui montre, d’après le résultat § 8
ii) que ϕ est linéaire.
Soit le R-espace vectoriel E = C ([0, 1], R). On définit ϕ : E × E −→ R par
Z 1
∀f, g ∈ E, ϕ(f, g) = f (x)g(x)dx
0
24 Propriétés.
i) L’ensemble, noté L2 (E), des formes bilinéaires symétriques sur E est un sous-espace vectoriel
de F (X, K) pour l’ensemble X = E × E.
ii) Si f ∈ L2 (E), si a, b ∈ K et x, y ∈ E alors f (ax, by) = abf (x, y).
iii) Soit F un sous-espace vectoriel de E et soit f ∈ L2 (E). Alors, f |F ×F ∈ L2 (F ) autrement dit,
la restriction d’une forme bilinéaire symétrique est encore une forme bilinéaire symétrique.
25 Définitions.
— On appelle forme quadratique sur E toute application q : E −→ K telle qu’il existe
f ∈ L2 (E) vérifiant
∀x ∈ E, q(x) = f (x, x)
— Soit f ∈ L2 (E). Alors, l’application q : E −→ K telle que
∀x ∈ E, q(x) = f (x, x)
26 Exemples.
Soit f la forme bilinéaire canonique sur K n . Alors, la forme quadratique q associée à f est
définie par
n
X
∀x = (x1 , . . . , xn ), q(x) = x2i
i=1
n
dite forme quadratique canonique sur K .
L’application q : R −→ R telle que q(x) = x2 est une forme quadratique sur R.
Noter que cela explique l’origine du terme quadratique qui signifie carré, par allusion à l’aire
d’un carré qui est le carré du côté.
Soit q : R2 → R définie par :
Toute combinaison linéaire de carrés de formes linéaires est une forme quadratique.
Si E est un espace euclidien alors l’application q : E → R définie par :
∀x ∈ E, q(x) = hx, xi
27 Proposition et définition.
Q(E) est un K-espace vectoriel pour les lois usuelles sur F (E, K).
Soit q ∈ Q(E). Il existe une unique f ∈ L2 (E) telle que
∀x ∈ E, q(x) = f (x, x)
autrement dit telle que q soit la forme quadratique associée à f . On dit que f est la forme
polaire de q.
Soit F un sous-espace vectoriel de E et soit q ∈ Q(E). Alors, q|F ∈ Q(F ) autrement dit, la
restriction d’une forme quadratique est encore une forme quadratique (et sa forme polaire est
la restriction à F × F de la forme polaire de q).
28 Polarisations.
Soit q ∈ Q(E). Alors, la forme polaire f de q est définie par l’une des deux identités suivantes :
(a) ∀x, y ∈ E, f (x, y) = 12 [q(x + y) − q(x) − q(y)]
(b) ∀x, y ∈ E, f (x, y) = 14 [q(x + y) − q(x − y)]
Ces deux identités sont appelées identités de polarisation.
Pour montrer que q : E → K est une forme quadratique, on peut se contenter de montrer
que l’un des deux applications f : E × E → K définies ci-dessus est une forme bilinéaire. La
symétrie est acquise vue la définition de f .
29 Remarques. On retient facilement ces identités si on connaît les identités suivantes sur R (ou
C d’ailleurs) :
1 1
(x + y)2 − x2 − y 2 et xy = (x + y)2 − (x − y)2
xy =
2 4
∀a ∈ K, ∀x ∈ E, q(ax) = a2 q(x)
33 Vocabulaire. Dans la suite, on dira que f ∈ L2 (E) et q ∈ Q(E) sont des formes associées si f
est la forme polaire de q ou encore si q est la forme quadratique associée à f .
f (x, y) = t XM Y et q(x) = t XM X
où [x]B = X et [y]B = Y .
f (x, y) = t XM Y
De plus, la matrice M = (ai,j )1≤i,j≤n de q dans B est donnée par la règle dite du dédoublement
des termes :
(
ai,j = bi,j si i = j
ai,j = aj,i = 12 bi,j si i < j
Soit une application q : E → K. On suppose qu’il existe une suite de coefficients (bi,j )(1≤i≤j≤n
telle que l’expression analytique de q(x) dans B soit un polynôme 2-homogène en les coor-
données x1 , . . . , xn de x dans B, autrement dit :
X
q(x) = bi,j xi xj .
1≤i≤j≤n
Alors, q ∈ Q(E) et sa matrice (ai,j )1≤i,j≤n est donnée par la règle du dédoublement des termes,
cf. ci-dessus.
41 Exemple. Soit q : R2 → R définie par :
Alors, le résultat ci-dessus montre que q est une forme quadratique sur E = R2 . La matrice M
de q dans
la base canonique est obtenue en appliquant la règle du dédoublement des termes :
2 6
M= .
6 −5
n(n + 1)
42 Proposition. dimK (Q(E)) = dimK (L2 (E)) = dimK Sn (K) = .
2
M 0 = tP M P
4. Orthogonalité
Dans tout ce paragraphe, on se donne un couple de formes associées q ∈ Q(E) et f ∈ L2 (E).
A⊥ := {x ∈ E ; ∀a ∈ A, x ⊥ a}
47 Propriétés.
i) Si A ⊆ E alors A⊥ est un sous-espace vectoriel de E.
ii) A⊥ = [vect(A)]⊥
iii) A ⊆ B ⊆ E ⇒ B ⊥ ⊆ A⊥
iv) A ⊆ E ⇒ A ⊆ A⊥⊥
∀a ∈ A, ∀b ∈ B, a ⊥ b
50 Définitions. On appelle radical de E pour q (ou pour f ) la partie E ⊥ . On dit que q (ou
encore f ) est non dégénérée si E ⊥ = {0E }. Sinon, on dit que q (ou encore f ) est dégénérée.
51 Vocabulaire et remarque.
On emploie aussi le terme de noyau d’une forme quadratique au lieu de radical.
Soit A ⊆ E une partie de E et N le noyau de q. Alors N ⊆ A⊥ . En effet, un vecteur du noyau
est orthogonal à tout vecteur de E et donc, en particulier, à tout vecteur de A.
52 Proposition. On suppose que E est de dimension finie. Soit B une base de E. Soit M =
[f ]B .
i) Soit x ∈ E et soit X = [x]B . Alors, x ∈ E ⊥ si et seulement si M X = 0n,1 .
ii) f est non dégénérée si et seulement si M ∈ GL(E).
54 Proposition. On suppose que dimK E < ∞ et que f (ou q) est non dégénérée. Alors
i) dim F + dim F ⊥ = dim E
ii) F = F ⊥⊥
55 Remarque. Même si E est de dimension finie et si f est non dégénérée, il n’est pas nécessaire
que les sous-espaces vectoriels F et F ⊥ soient supplémentaires dans E. Par exemple, si q : R2 →
R est définie par q(x, y) = x2 − y 2 et si F = vect(1, −1) alors F ⊥ = F .
58 Proposition.
i) Le radical est inclus dans le cône isotrope : E ⊥ ⊂ C(q)
ii) Si f est anisotrope alors f est non dégénérée.
∀x ∈ C(q), ∀a ∈ K, ax ∈ C(q).
∀i, j ∈ {1, . . . , m} , i 6= j ⇒ ui ⊥ uj
61 Proposition. On appelle base orthogonale de E toute famille qui est à la fois une base de
E et est une famille orthogonale de E.
62 Mise en garde. Une famille orthogonale de n vecteurs de E n’est pas forcément libre. Par
exemple, pour E = R2 et la forme quadratique définie par q(x, y) = x2 , si on pose u = (0, 1)
alors la famille (u, u) est orthogonale de E mais ce n’est pas une base de E, naturellement (elle
est liée).
65 Remarque. Le théorème ci-dessus montre que q peut être décomposée en combinaison linéaire
de carrés de formes linéaires linéairement indépendantes. Toute décomposition de ce type sera
appelée décomposition de q. Trouver une décomposition de q ou trouver une base orthogonale de
E pour q sont des problèmes équivalents.
70 Mise en garde. On a vu que la recherche d’une base orthogonale est équivalente à la recherche
d’une matrice diagonale représentant la forme quadratique. Pour autant, trouver une base ortho-
gonale N’est PAS DU TOUT un exercice de diagonalisation classique d’une matrice. En effet, si
A ∈ Mn (K) est la matrice de q dans une base donnée B de E alors
— diagonaliser A c’est trouver une matrice carrée inversible P ∈ GLn (K) telle que P −1 AP =: D
soit diagonale
— trouver une BOG de q revient à trouver une matrice carrée inversible P ∈ GLn (K) telle que
t
P AP =: D soit diagonale
et, il n’y aucune raison a priori qu’une des actions ci-dessus permette de réaliser l’autre.
71 BOG pour une forme quadratique réelle. Dans ce paragraphe, on suppose que E est un
R-espace vectoriel, toujours de dimension n. Soit C une base E et soit A = [f ]C . Comme A
est une matrice symétrique réelle, on sait d’après le théorème spectral, qu’il existe une matrice
P ∈ On (R) orthogonale telle que la matrice
P −1 AP =: D (1)
t
P AP = D (2)
qui ressemble à la formule de changement de base pour une forme quadratique, cf. § 43 , comme
on va le préciser maintenant.
Comme P est inversible, on peut écrire que P = Pass(C, B) est la matrice de passage de C à
une certaine base B de E. Dans ces conditions, l’égalité (2) montre que la matrice de la forme
quadratique q dans la «nouvelle» base B est D et donc que B est une base orthogonale pour q,
puisque D est diagonale.
Donc dans le cas d’une forme quadratique réelle q, rechercher une BOG pour q est donc équivalent
à diagonaliser une matrice symétrique réelle A dans le groupe orthogonal (au sens du théorème
spectral).
6. La méthode de Gauss
72 Présentation. La méthode de Gauss est un algorithme permettant d’obtenir une décomposi-
tion d’une forme quadratique q en combinaison linéaire de carrés de formes linéaires linéairement
indépendantes. Il importe d’appliquer à la lettre l’algorithme pour obtenir des formes linéaires
indépendantes.
L’algorithme s’applique en dimension finie à une forme quadratique connue par son expression
analytique dans une base donnée. L’algorithme transforme l’expression d’une forme quadratique
en appliquant des transformations élémentaires, décrites ci-dessous, ce qui permet d’appliquer
ensuite l’algorithme à une sous-expression de la forme quadratique.
73 Primitives de l’algorithme.
i) A2 + 2AB = (A + B)2 − B 2
1 1
ii) AB = (A + B)2 − (A − B)2
4 4
iii) XY + AX + BY = (X + B)(Y + A) − AB
74 Exécution de l’algorithme. Soit une forme quadratique ou, plutôt, un polynôme 2-homogène
en n variables x1 , x2 , . . . , xn . On suppose n ≥ 2 sinon la décomposition est acquise. On distingue
deux cas :
i) q a au moins un terme carré, ie du type ax2i avec a 6= 0K ; dans ce cas, seule la primitive numéro
1 interviendra en début d’algorithme
ii) q n’a que des termes non-carrés ie que des termes de la forme axi xj avec i 6= j. Dans ce cas,
seules les primitives numéros 2 et 3 interviendront en début d’algorithme.
en posant u = (x, y, z). On observe que bien que q n’admette pas de terme carré en x, la forme
quadratique q admet, par exemple, un terme carré en y.
La première étape est d’abord de placer tous les termes de q contenant y « au début » et d’écrire
q sous la forme :
q(u) = ay 2 + yA + B
où A est une forme linéaire et B est un polynôme 2-homogènes en les variables x et z (toutes
sauf y) et a = 4. Ici, on obtient :
en posant u = (x1 , x2 , x3 , x4 , x5 ). On choisit alors un terme, par exemple 2x2 x5 . Ce terme contient
les variables x2 et x5 .
On regroupe au début de q(u) tous les termes contenant x2 ou x5 , ce qui donne
Les formes linéaires A + B et A − B sont les deux premières formes linéaires cherchées. Les
autres seront obtenues en appliquant l’algorithme à la forme quadratique r ayant strictement
moins de variables que q.
79 Précision. Le vocabulaire peut être trompeur : quand on dit qu’une forme bilinéaire symétrique
f est positive cela ne veut pas dire que
∀x, y ∈ E, f (x, y) ≥ 0
au contraire !
80 Exemple. La forme quadratique q sur R2 définie par q(x, y) = 2x2 est positive mais n’est pas
définie-positive puisque, par exemple, q(0, 1) = 0 et (0, 1) 6= (0, 0).
81 Exemple. La forme quadratique q sur R2 définie par q(x, y) = 2x2 − y 2 n’est ni positive ni
négative puisque q(1, 1) > 0 et q(0, 1) < 0.
82 Remarques.
Si q est définie-positive ou définie-négative alors q est anisotrope (son cône isotrope est réduit
à 0E ).
Si q est définie-positive alors q est positive.
Si q est positive alors −q est négative.
Si q est positive alors la restriction de q à tout sous-espace vectoriel F de E est une forme
quadratique positive sur F .
La restriction de q au sous-espace vectoriel {0E } est à la fois définie-positive et définie-
négative.
85 Théorème (loi d’inertie de Sylvester). Soit B = (e1 , . . . , en ) une base orthogonale de E. Soit
ε(q) := (s, t) la signature de q. Alors, s est le nombre de vecteurs v de B tel que q(v) > 0
et t est le nombre de vecteurs de B tel que q(v) < 0.
87 Loi d’inertie. C’est Sylvester lui-même qui, en 1852, qualifie le théorème ci-dessus de loi d’iner-
tie. Selon lui, cela exprime que, quelle que soit la base orthogonale, le nombre de termes strictement
positifs sur la diagonale est toujours le même, le nombre de termes strictement négatif aussi.
La signature est un invariant d’une forme quadratique réelle. Autrement dit, deux formes qua-
dratiques réelles de même signature ont exactement la même forme analytique dans des bases
adaptées. Ou encore, si deux formes quadratiques réelles q1 et q2 ont même signature, il est pos-
sible de trouver une base B 0 (pas forcément orthogonale) telle que l’expression analytique de q2
soit la même que celle de q1 dans une base donnée B de E.
Exercices
Exercice 1
On pose E = R2 et on appelle C la base canonique de R2 . Soient les vecteurs de E suivants :
On pose B = (e1 , e2 ).
1 Montrer que B est une base de E.
2 Déterminer la base duale de B en fonction des vecteurs de la base C ∗ de E ∗ .
3 On considère la forme linéaire h sur E définie par
f1 (x, y) = 3x + 2y f2 (x, y) = x + y.
Vérifier que la famille F = (f1 , f2 ) est une base de E ∗ et trouver une base B de R2 dont la duale
soit F .
Exercice 3
Soient deux formes linéaires f et g non nulles sur un K-espace vectoriel E, pas forcément de
dimension finie. On suppose qu’elles ont même noyau. Montrer qu’elles sont proportionnelles
i.e. qu’il existe un scalaire k tel que g = kf .
Exercice 4
Montrer que l’application q définie sur R2 par
q(x, y) = x2 − y 2
Exercice 7
Soient E = R2 [X] et q l’application de E dans R définie par q(P ) = P (0)P (1).
1 a Montrer que q est une forme quadratique sur E.
b Déterminer la matrice de q dans la base canonique de E.
c La forme q est-elle positive, négative ?
2 Soit P := X 2 + X + 1 et V =vect(P ). Déterminer V ⊥ et V ⊥⊥ .
3 Déterminer le rang de q puis son radical.
4 Déterminer le cône isotrope C(q) de q et constuire une base de E formée de vecteurs iso-
tropes. C(q) est-il un sous-espace vectoriel de E ?
5 Déterminer une base (P0 , P1 , P2 ) de E telle que q(a0 P0 + a1 P1 + a2 P2 ) = a20 − a21 et donner
la signature de q.
Exercice 8
Soit K un corps parmi R ou C. Soit E un K-espace vectoriel non réduit à 0E et soit q une forme
quadratique sur E.
1 Montrer que q n’est pas injective.
2 On suppose K = C. Montrer que si q est non nulle alors q est surjective.
3 On suppose K = R et E de dimension finie. Montrer que q est surjective si et seulement si
q est de signature (s, t) avec st 6= 0.
Exercice 9
−5 5
11
1 Diagonaliser A = −5 3 −3 dans le groupe orthogonal.
5 −3 3
q(x, y, z) = (1 − i) x2 + 2 (1 − i) y 2 + (i + 1) z 2 + 4 (1 − i) xy + 4 xz + 4 yz