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Corrigé d'équations différentielles et séries

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MP2 CCP 2016 - Corrigé 2021 – 2022

EXERCICE I
I.1. Supposons que l’équation différentielle (𝐸) possède une solution développable en série entière
Õ
+∞
sur ] − 𝑟 ; 𝑟 [ (avec 𝑟 > 0), notée 𝑦 : 𝑥 ↦→ 𝑎𝑛 𝑥 𝑛 .
𝑛=0
En dérivant deux fois cette série entière terme à terme sur son intervalle ouvert de convergence,
on obtient pour tout 𝑥 ∈] − 𝑟 ; 𝑟 [ :
Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞
(𝑥 2 − 𝑥)𝑦 ′ (𝑥) = (𝑥 2 − 𝑥) 𝑛𝑎𝑛 𝑥 𝑛−1 = 𝑛𝑎𝑛 𝑥 𝑛+1 − 𝑛𝑎𝑛 𝑥 𝑛 = (𝑛 − 1)𝑎𝑛−1𝑥 𝑛 − 𝑛𝑎𝑛 𝑥 𝑛 ,
𝑛=1 𝑛=0 𝑛=0 𝑛=1 𝑛=0

ainsi que
Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞
2 ′′ 𝑛−2 𝑛
𝑥 𝑦 (𝑥) = 𝑥 2
𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛 𝑥 = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛 𝑥 = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛 𝑥 𝑛 .
𝑛=2 𝑛=2 𝑛=0

En sommant ces développements en série entière, il vient, pour tout 𝑥 ∈] − 𝑟 ; 𝑟 [ :


Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞ Õ
+∞
𝑥 2𝑦 ′′ (𝑥) + (𝑥 2 − 𝑥)𝑦 ′ (𝑥) + 2𝑦 (𝑥) = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛 𝑥 𝑛 + (𝑛 − 1)𝑎𝑛−1𝑥 𝑛 − 𝑛𝑎𝑛 𝑥 𝑛 + 2𝑎𝑛 𝑥 𝑛
𝑛=0 𝑛=1 𝑛=0 𝑛=0

Õ
+∞

= (𝑛 2 − 2𝑛 + 2)𝑎𝑛 + (𝑛 − 1)𝑎𝑛−1 𝑥 𝑛 + 2𝑎 0 .
𝑛=1

Puisque
 𝑦 est solution de (𝐸), on obtient par unicité du développement en série entière les relations
2𝑎 0 = 0
.
∀𝑛 ⩾ 1, (𝑛 2 − 2𝑛 + 2)𝑎𝑛 + (𝑛 − 1)𝑎𝑛−1 = 0

𝑎0 = 0
Puisque 𝑛 2 − 2𝑛 + 2 = 1 + (𝑛 − 1) 2 ≠ 0, ces relations se réécrivent , ce
∀𝑛 ⩾ 1, 𝑎𝑛 = 1+(𝑛−1)
1−𝑛
2 𝑎𝑛−1

qui entraîne la nullité de la suite (𝑎𝑛 )𝑛∈N par une récurrence immédiate.
En conclusion, on a montré qu’une telle solution est nécessairement la fonction nulle.
Il n’existe donc pas de solution non nulle de (𝐸) qui soit développable en série entière au voisinage
de 0.

EXERCICE II
On utilisera dans cet exercice les relations :
! +∞
1 Õ +∞
1 𝑑 Õ 𝑛
+∞ Õ
∀𝑥 ∈] − 1; 1[, = 𝑥 𝑛, = 𝑥 = 𝑛𝑥 𝑛−1,
1 − 𝑥 𝑛=0 (1 − 𝑥) 2 𝑑𝑥 𝑛=0 𝑛=1

la seconde étant obtenue par dérivation de la somme d’une série entière sur son intervalle ouvert de
convergence.
De ces relations, on déduit (en évaluant en 𝑥 = 12 ) :

Õ
+∞
1 Õ
+∞
𝑛 1Õ 𝑛
+∞
1Õ 𝑛
+∞
1 1
𝑛
= 2, 𝑛
= 𝑛−1
= 𝑛−1
= × = 2.
𝑛=0
2 𝑛=0
2 2 𝑛=0
2 2 𝑛=1
2 2 (1 − 2 )
1 2

1/10
𝑖+𝑗
II.1. Notons 𝑢𝑖,𝑗 = 𝑖+𝑗 pour tout couple (𝑖, 𝑗) ∈ N2 .
2
On a :

• 𝑢𝑖,𝑗 = 𝑢 𝑗,𝑖 ⩾ 0 pour tout (𝑖, 𝑗) ∈ N2 ;


Õ
• pour tout 𝑖 ∈ N, la série 𝑢𝑖,𝑗 converge. En effet, pour tout entier naturel 𝑗,
𝑗 ⩾0

𝑗 2 (𝑖 + 𝑗) 1 𝑗3
𝑗 2𝑢𝑖,𝑗 = ∼ −→ 0
2𝑖+𝑗 𝑗→+∞ 2𝑖 2 𝑗 𝑗→+∞
  Í 1
Cela implique que 𝑢𝑖,𝑗 = 𝑜 1
. On sait que la série
𝑗2
converge (Riemann) ; par compara-
𝑗 ⩾1 𝑗
2
Í
ison pour les séries à termes positifs la série 𝑢𝑖,𝑗 converge.
𝑗 ⩾0
De plus :
Õ
+∞ Õ
+∞
𝑖 Õ
+∞
𝑗 𝑖 Õ 1
+∞
1Õ 𝑗
+∞
𝑖 +1
𝑢𝑖,𝑗 = 𝑖+𝑗
+ 𝑖+𝑗
= 𝑖 𝑗
+ 𝑖 𝑗
= 𝑖−1 = 4𝑢𝑖,1
𝑗=0 𝑗=0
2 𝑗=0
2 2 𝑗=0 2 2 𝑗=0 2 2

(en utilisant les calculs du préambule);


!
Õ Õ +∞
Í
+∞
• la série 𝑢𝑖,𝑗 converge, car pour tout 𝑖 ∈ N, 𝑢𝑖,𝑗 = 4𝑢𝑖,1 par ce qui précède et parce
𝑗=0
Í 𝑖⩾0 𝑗=0 Í
que 𝑢𝑖,1 converge (et elle a même somme que 𝑢 1,𝑖 par symétrie). On obtient concrète-
𝑖⩾0 ! +∞ 𝑖⩾0
Õ
+∞ Õ +∞ Õ Õ
+∞
ment : 𝑢𝑖,𝑗 = 4𝑢𝑖,1 = 4 𝑢 1,𝑖 = 4 × 4 × 𝑢 1,1 = 16𝑢 1,1 .
𝑖=0 𝑗=0 𝑖=0 𝑖=0

On en déduit, par le théorème de sommation par paquets pour les familles à termes positifs, que la
famille (𝑢𝑖,𝑗 ) (𝑖,𝑗)∈N2 est sommable, et sa somme vaut :
!
Õ Õ
+∞ Õ +∞
16 × 2
𝑢𝑖,𝑗 = 𝑢𝑖,𝑗 = 16 × 𝑢 1,1 = = 8.
𝑖=0 𝑗=0
22
(𝑖,𝑗)∈N
2

II.2.

II.2.a. Les relations données définissent bien une loi de probabilité sur l’univers dénombrable N2 ,
puisque :
𝑖+𝑗 𝑢𝑖,𝑗
• ∀(𝑖, 𝑗) ∈ N2, 𝑖+𝑗+3 = ⩾ 0;
2 8
Õ 𝑖+𝑗 1 Õ
• = 𝑢𝑖,𝑗 = 1.
2𝑖+𝑗+3 8
(𝑖,𝑗)∈N 2 (𝑖,𝑗)∈N 2
| {z }
=8
II.2.b. Pour tout 𝑖 ∈ N, on a la décomposition d’événement :
Ø
+∞

(𝑋 = 𝑖) = (𝑋 = 𝑖) ∩ (𝑌 = 𝑗) ,
𝑗=0

et cette réunion est disjointe, donc


Õ
+∞
 Õ+∞
𝑢𝑖,𝑗
𝑃 (𝑋 = 𝑖) = 𝑃 (𝑋 = 𝑖) ∩ (𝑌 = 𝑗) = .
𝑗=0 𝑗=0
8

2/10
De même, on a
Õ
+∞
 Õ+∞
𝑢 𝑗,𝑖
𝑃 (𝑌 = 𝑖) = 𝑃 (𝑋 = 𝑗) ∩ (𝑌 = 𝑖) = = 𝑃 (𝑋 = 𝑖),
𝑗=0 𝑗=0
8

puisque 𝑢𝑖,𝑗 = 𝑢 𝑗,𝑖 .


Les variables aléatoires 𝑋 et 𝑌 suivent donc la même loi, donnée par
Õ
+∞
𝑢𝑘,𝑙 4𝑢𝑘,1 1 𝑘 +1
∀𝑘 ∈ N, 𝑃 (𝑋 = 𝑘) = 𝑃 (𝑌 = 𝑘) = = = 𝑢𝑘,1 = 𝑘+2 .
8 8 2 2
𝑙=0

II.2.c. On a d’après l’énoncé :


 0+0
𝑃 (𝑋 = 0) ∩ (𝑌 = 0) = 0+0+3 = 0.
2

Pourtant 𝑃 (𝑋 = 0) × 𝑃 (𝑌 = 0) = 0+1
20+2
× 0+1
20+2
= 1
16 ≠ 𝑃 (𝑋 = 0) ∩ (𝑌 = 0) , donc les variables 𝑋 et
𝑌 ne sont pas indépendantes.

PROBLÈME : Fonction Digamma.

Partie préliminaire
III.1.

a. Soit 𝑥 > 0. La fonction ℎ𝑥 : 𝑡 ↦→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 est continue sur ]0, +∞[ par produit de fonctions
continues, les fonctions exponentielle et puissances étant bien continues sur ]0, +∞[.
• Au voisinage de 0 :
On a ℎ𝑥 (𝑡) ∼ + 𝑡 𝑥−1 = 𝑡 1−𝑥
1
. Comme 1 − 𝑥 < 1, 𝑡 ↦→ 𝑡 1−𝑥 1
est intégrable sur ]0, 1] et donc ℎ𝑥
𝑡→0
aussi.
• Au voisinage de +∞ : On remarque que 𝑡 2 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 = 𝑡 𝑥+1𝑒 −𝑡 −→ 0 par croissance com-
  𝑡→+∞
parée, d’où ℎ𝑥 (𝑡) = 𝑜 1
𝑡2
. Or 𝑡 ↦→ 𝑡 2 est intégrable sur [1, +∞[ et donc ℎ𝑥 aussi.
1
𝑡→+∞
Finalement ℎ𝑥 est intégrable sur ]0, +∞[.
b. Soit 𝑥 > 0. La fonction ℎ𝑥 définie dans la question précédente ∫ +∞ est continue et strictement
positive sur ]0, +∞[. La positivité de l’intégrale nous donne 0 ℎ𝑥 (𝑡)𝑑𝑡 ⩾ 0 et la continuité
∫ +∞
de ℎ𝑥 implique qu’on ne pourrait avoir 0 ℎ𝑥 (𝑡)𝑑𝑡 = 0 que si ℎ𝑥 était identiquement nulle sur
]0, +∞[, ce qui n’est pas le cas.
∫ +∞
Ainsi Γ(𝑥) = 0 ℎ𝑥 (𝑡)𝑑𝑡 > 0, et ce pour tout 𝑥 > 0.
 ∗
R+ × R∗+ −→ R
c. On définit ℎ : . Appliquons le théorème de caractère 𝒞 1 des
(𝑥, 𝑡) ↦−→ ℎ𝑥 (𝑡) = 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1
intégrales à paramètres.
i) Pour tout 𝑥 > 0, 𝑡 ↦→ ℎ(𝑥, 𝑡) est continue (par morceaux) et intégrable sur ]0, +∞[ d’après
la question 1.a)
ii) Pour tout 𝑡 > 0, 𝑥 ↦→ ℎ(𝑥, 𝑡) est de classe 𝒞 1 (et même 𝒞 ∞ en fait) sur R∗+ . On a

𝜕ℎ
∀(𝑥, 𝑡) ∈ R∗+ × R∗+, (𝑥, 𝑡) = ln(𝑡)𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1
𝜕𝑥

3/10
𝜕ℎ
iii) La fonction (𝑥, 𝑡) ↦→ (𝑥, 𝑡) vérifie les hypothèses du théorème de continuité des inté-
𝜕𝑥
grales à paramètres
𝜕ℎ
𝛼) Pour tout 𝑥 > 0, 𝑡 ↦→ (𝑥, 𝑡) est continue (donc continue par morceaux) sur R∗+ .
𝜕𝑥
𝜕ℎ
𝛽) Pour tout 𝑡 > 0, 𝑥 ↦→ (𝑥, 𝑡) est continue sur R∗+ .
𝜕𝑥
𝛾) Domination locale : Soit [𝑎, 𝑏] un segment de R∗+ . On a donc 0 < 𝑎 ⩽ 𝑏.

∗ 𝜕ℎ | ln(𝑡)|𝑒 −𝑡 𝑡 𝑎−1 si 𝑡 ⩽ 1
∀(𝑥, 𝑡) ∈ [𝑎, 𝑏] × R+, (𝑥, 𝑡) ⩽ .
𝜕𝑥 ln(𝑡)𝑒 −𝑡 𝑡 𝑏−1 si 𝑡 > 1

En effet 𝑥 ↦→ 𝑡 𝑥−1 est croissante si𝑡 ⩾ 1 et décroissante si 𝑡 ⩽ 1. Notons donc 𝜑 la


| ln(𝑡)|𝑒 −𝑡 𝑡 𝑎−1 si 𝑡 ⩽ 1
fonction définie sur R∗+ par 𝜑 (𝑡) = .
ln(𝑡)𝑒 −𝑡 𝑡 𝑏−1 si 𝑡 > 1
Cette fonction est continue par morceaux (et même continue en fait).
De plus, pour 𝑡 > 1, on a 𝑡 2𝜑 (𝑡) = 𝑡 1+𝑏 ln(𝑡)𝑒 −𝑡 , donc 𝑡 2𝜑 (𝑡) −→ 0 par croissance
  𝑎
𝑡→+∞
𝑎
comparée, d’où 𝜑 (𝑡) = 𝑜 2 𝜑 (𝑡) = 𝑡 2 | ln(𝑡)|𝑒 −𝑡 −→ 0
2 . Et, pour 𝑡 ∈]0, 1], on a 𝑡
1 1−
𝑡→+∞ 𝑡 𝑡→0+
 
(toujours par croissance comparée, car 𝑎 > 0), donc 𝜑 (𝑡) = 𝑜 + 1−1 𝑎 , avec 1 − 𝑎2 < 1.
𝑡→0 𝑡 2
En procédant comme en 1.a) on obtient que 𝜑 est intégrable sur ]0, +∞[.
On a montré l’hypothèse de domination sur tous les segments de ]0, +∞[.
Cela prouve finalement que Γ est de classe 𝒞 1 sur ]0, +∞[, donc dérivable, avec :
∫ +∞ ∫ +∞
′ 𝜕ℎ
∀𝑥 > 0, Γ (𝑥) = (𝑥, 𝑡)𝑑𝑡 = ln(𝑡)𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1𝑑𝑡 .
0 𝜕𝑥 0
∫ 𝑛
1 1
III.2. Pour tout entier 𝑛 ⩾ 2, on pose 𝑢𝑛 = 𝑑𝑡 − .
𝑛−1 𝑡 𝑛

[1, +∞[ −→ R
a. Notons 𝑓 : . Comme la fonction 𝑓 est continue (donc continue par morceaux),
𝑡 ↦−→ 1𝑡
Í ∫ 𝑛 
décroissante et à valeurs positives, un théorème du cours indique que la série 𝑛−1
𝑓 (𝑡)𝑑𝑡 − 𝑓 (𝑛)
Í 𝑛⩾2
converge, c’est-à-dire que 𝑢𝑛 converge.
𝑛⩾2
 
Í
𝑛
b. Pour tout entier 𝑛 ⩾ 1, on pose 𝐻𝑛 = − ln(𝑛).
1
𝑘
𝑘=1
∫ 𝑛
𝑑𝑡 Õ 1
𝑛
Í𝑛
Pour 𝑛 ⩾ 2, on a 𝑢𝑘 = − par relation de Chasles, d’où
𝑘=2 1 𝑡 𝑘
𝑘=2
Í𝑛 Í𝑛
𝑢𝑘 = ln(𝑛) + 1 − 𝑘 = 1 − 𝐻𝑛 .
1
𝑘=2  𝑘=1 
Í
𝑛
Comme la suite 𝑢𝑘 converge par la question précédente, il s’ensuit que la suite (𝐻𝑛 )𝑛⩾1
𝑘=2 𝑛⩾2
converge.

4/10
Expression de la fonction Digamma à l’aide d’une série
III.3.
a. On peut établir l’inégalité souhaitée par simple étude de la fonction 𝑥 ↦→ ln(1 − 𝑥) + 𝑥 sur
] − ∞, 1[, ou bien par un argument de convexité : en effet la fonction ln est notoirement con-
cave sur R∗+ , donc son graphe est au-dessous de chacune de ses tangentes. Comme la tangente
en 𝑥 = 1 a pour équation 𝑦 = 𝑥 − 1, on en déduit : ∀𝑥 ∈ R∗+ , ln(𝑥) ⩽ 𝑥 − 1. Il vient ensuite,
via deux changements de variable successifs : ∀𝑥 > −1, ln(1+𝑥) ⩽ 𝑥, puis ∀𝑥 < 1, ln(1−𝑥) ⩽ −𝑥.

Ensuite, soit 𝑛 ⩾ 1 (et, normalement, 𝑥 > 0 est déjà fixé aussi dès l’énoncé de la question
III.3.). La fonction 𝑓𝑛 est positive par définition.

De plus, pour tout 𝑡 ∈]0, 𝑛[, 𝑓𝑛 (𝑡) = 𝑒 𝑛 ln ( 1− 𝑛 ) 𝑡 𝑥−1 , avec ln 1 − 𝑛𝑡 ⩽ − 𝑛𝑡 par la question précé-
𝑡

dente, vu qu’on a bien 𝑛𝑡 < 1 pour 𝑡 ∈]0, 𝑛[. On en déduit, par croissance de l’exponentielle et
produit par une quantité positive : 𝑓𝑛 (𝑡) ⩽ 𝑒 𝑛× ( − 𝑛 ) 𝑡 𝑥−1 = 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 . Enfin 𝑓𝑛 est nulle sur [𝑛, +∞[,
𝑡

tandis que la fonction 𝑡 ↦→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 y est positive, d’où finalement l’encadrement :


∀𝑡 > 0, 0 ⩽ 𝑓𝑛 (𝑡) ⩽ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 .
b. Comme demandé, on applique le théorème de convergence dominée :
• Pour tout 𝑛 ⩾ 1, 𝑓𝑛 est continue par morceaux sur R+∗ .
• Soit 𝑡 > 0. Il existe 𝑁 ∈ N tel que 𝑁 ⩾ 𝑡, par exemple 𝑁 = ⌊𝑡⌋ + 1. Alors, pour tout 𝑛 ⩾ 𝑁 ,
𝑛 𝑛  
𝑡 ∈]0, 𝑛], et donc 𝑓𝑛 (𝑡) = 1 − 𝑛𝑡 𝑡 𝑥−1 . Or, 1 − 𝑛𝑡 = 𝑒 𝑛 ln ( 1− 𝑛 ) , et ln 1 − 𝑛𝑡 = − 𝑛𝑡 + 𝑜 𝑛1 ,
𝑡

𝑛
donc 1 − 𝑛𝑡 = 𝑒 𝑛 ( − 𝑛 +𝑜 ( 𝑛 )) = 𝑒 −𝑡+𝑜 (1) −→ 𝑒 −𝑡 par continuité de l’exponentielle. Donc
𝑡 1

𝑛→+∞
𝑓𝑛 (𝑡) −→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 .
𝑛→+∞
On a ainsi prouvé que (𝑓𝑛 )𝑛⩾1 converge simplement sur R∗+ vers la fonction 𝑡 ↦→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 .
• De plus, pour tout 𝑛 ⩾ 1 et pour tout 𝑡 > 0, |𝑓𝑛 (𝑡)| ⩽ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 par la question précédente, et
on a prouvé dans la première question du problème que la fonction 𝑡 ↦→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1 est continue
et intégrable sur R∗+ .
∫ +∞ ∫ +∞
Donc, par le théorème de convergence dominée, 𝑓𝑛 (𝑡)𝑑𝑡 −→ 𝑒 −𝑡 𝑡 𝑥−1𝑑𝑡.
0 𝑛→+∞ 0
Comme 𝑓𝑛 est nulle sur [𝑛, +∞[, cela donne finalement :
∫ 𝑛
𝑡  𝑛 𝑥−1
1− 𝑡 𝑑𝑡 −→ Γ(𝑥),
0 𝑛 𝑛→+∞

et ce raisonnement a bien été mené pour tout 𝑥 > 0.


∫ 1
III.4. Pour tout entier naturel 𝑛 et tout 𝑥 > 0, on pose 𝐼𝑛 (𝑥) = (1 − 𝑢)𝑛𝑢 𝑥−1𝑑𝑢.
0

a. Soient 𝑛 ∈ N∗
et 𝑥 > 0.
↦ (1 − 𝑢)𝑛𝑢 𝑥−1 est bien définie et continue sur ]0, 1].
La fonction 𝛼 : 𝑢 →
De plus, 𝛼 (𝑢) ∼ + 𝑢 𝑥−1 = 𝑢 1−𝑥
1
, avec 1 − 𝑥 < 1, donc 𝛼 est intégrable sur ]0, 1] par comparaison
𝑢→0
de fonctions positives en procédant comme à la question 1.a)
Cela assure la bonne définition de 𝐼𝑛 (𝑥).
𝑥
On définit maintenant sur ]0, 1] les fonctions 𝛼 1 : 𝑢 ↦→ (1 − 𝑢)𝑛 et 𝛼 2 : 𝑢 ↦→ 𝑢𝑥 . Ces fonctions
sont de classe 𝒞 1 , et on a 𝛼 1 (𝑢)𝛼 2 (𝑢) qui admet une limite finie pour 𝑢 −→ 0+ , en l’occurrence
0. On en déduit, par intégration par parties :
∫ 1 ∫ 1

𝐼𝑛 (𝑥) = 𝛼 1 (𝑢)𝛼 2 (𝑢)𝑑𝑢 = 𝛼 1 (1)𝛼 2 (1) − lim+𝛼 1 (𝑢)𝛼 2 (𝑢) − 𝛼 1′ (𝑢)𝛼 2 (𝑢)𝑑𝑢
0 𝑢→0 0

𝑛 1
𝑛
=0−0+ (1 − 𝑢)𝑛−1𝑢 𝑥 𝑑𝑢 = 𝐼𝑛−1 (𝑥 + 1).
𝑥 0 𝑥

5/10
b. Soit 𝑥 > 0. ∫ 1 
1
𝑥−1𝑢𝑥 1
On a 𝐼 0 (𝑥) = 𝑢 𝑑𝑢 = = .
0 𝑥 0 𝑥
Soit 𝑛 ⩾ 1. On a, par une récurrence immédiate,
𝐼𝑛 (𝑥) = 𝑥𝑛 𝐼𝑛−1 (𝑥 + 1) = 𝑥𝑛 × 𝑛−1 𝑛!
𝑥+1 𝐼𝑛−2 (𝑥 + 2) = 𝑥 (𝑥+1)···(𝑥+𝑛−1) 𝐼 0 (𝑥 + 𝑛) =
𝑛!
𝑥 (𝑥+1)···(𝑥+𝑛) .
c. Via le changement de variable affine 𝑢 = 𝑛𝑡 , on obtient donc :
∫  ∫ ∫
𝑛
𝑡  𝑛 𝑥−1 1
𝑛 𝑥−1 𝑥
1
1− 𝑡 𝑑𝑡 = (1 − 𝑢) (𝑛𝑢) 𝑛𝑑𝑢 = 𝑛 (1 − 𝑢)𝑛𝑢 𝑥−1𝑑𝑢 = 𝑛𝑥 𝐼𝑛 (𝑥).
0 𝑛 0 0

Le résultat de la question 3.b. se réécrit ainsi : Γ(𝑥) = lim 𝑛𝑥 𝐼𝑛 (𝑥). Et le calcul de la question
𝑛→+∞
précédente permet de conclure :
𝑛! 𝑛!𝑛𝑥
Γ(𝑥) = lim 𝑛𝑥 × = lim 𝑛 .
𝑛→+∞ 𝑥 (𝑥 + 1) · · · (𝑥 + 𝑛) 𝑛→+∞ Î
(𝑥 + 𝑘)
𝑘=0

III.5. Soient 𝑛 ∈ N∗ et 𝑥 > 0.


L’indication donnée (fallait-il la prouver ?) est immédiate en remarquant qu’on a
Í
𝑛 !
𝑥 1 Ö
𝑛
𝑥 1
𝑒 𝑥𝐻𝑛 = 𝑒 𝑘=1 𝑒 −𝑥 ln(𝑛) =
𝑘
𝑒𝑘 × 𝑥
𝑛
𝑘=1

Ensuite, d’après la formule de Gauss établie à la question précédente, on a :


Î
𝑛 Î
𝑛
(𝑥 + 𝑘) (𝑘 + 𝑥)
𝑥 Ö 𝑥
𝑛
1 𝑘=0 𝑥 𝑘=1
= lim = lim 𝑥 × = lim 1 + .
Γ(𝑥) 𝑛→+∞ 𝑛!𝑛𝑥 𝑛→+∞ 𝑛 Î
𝑛 𝑛→+∞ 𝑛𝑥 𝑘
𝑘 𝑘=1
𝑘=1

Grâce à l’indication fournie, on réécrit :

1 Ö h 𝑥  −𝑥 i
𝑛
= lim 𝑥𝑒 𝑥𝐻𝑛 1+ 𝑒 𝑘 .
Γ(𝑥) 𝑛→+∞ 𝑘
𝑘=1

Or 𝐻𝑛 −→ 𝛾 donc, par continuité de l’exponentielle, 𝑒 𝑥𝐻𝑛 −→ 𝑒 𝑥𝛾 et, finalement, par produit de


𝑛→+∞ 𝑛→+∞
limites,
𝑛 h
1 𝛾𝑥
Ö 𝑥  −𝑥 i
= 𝑥𝑒 lim 1+ 𝑒 𝑘 .
Γ(𝑥) 𝑛→+∞ 𝑘
𝑘=1
Cette formule est appelée formule de Weierstrass.

III.6.

a. On note qu’on pourrait répondre directement à la question à l’aide d’un DL d’ordre 2.


Si l’on veut rester dans les clous du sujet, on commence par réécrire la formule précédente :
𝑛 h
Ö 𝑥  −𝑥 i 1
1+ 𝑒 𝑘 −→ .
𝑘 𝑛→+∞ Γ(𝑥)𝑥𝑒 𝛾𝑥
𝑘=1

Par continuité de ln, on en déduit :


𝑛 h
!  
Ö 𝑥  −𝑥 i 1
ln 1+ 𝑒 𝑘 −→ ln , i. e.
𝑘 𝑛→+∞ Γ(𝑥)𝑥𝑒𝛾𝑥
𝑘=1

6/10
 𝑛 h
Õ𝑥 𝑥i 
ln 1 + − −→ − ln Γ(𝑥)𝑥𝑒𝛾𝑥 .
𝑘 𝑘 𝑛→+∞
𝑘=1
Í   
En particulier, on a prouvé que la série ln 1 + 𝑘𝑥 − 𝑘𝑥 converge. Ceci ayant été démontré
𝑘 ⩾1 Í
pour tout 𝑥 > 0, on a établi la convergence simple de la série de fonctions 𝑔𝑘 sur ]0, +∞[, où
 𝑘 ⩾1
l’on pose 𝑔𝑘 : 𝑥 ↦→ ln 1 + 𝑘𝑥 − 𝑘𝑥 .
Í
+∞
b. On note 𝑔 = 𝑔𝑘 sur ]0, +∞[.
𝑘=1 Í
Outre la convergence de 𝑔𝑘 vers 𝑔 établie à la question précédente, on a :
𝑘 ⩾1
• Les fonctions 𝑔𝑘 sont toutes de classe 𝒞 1 sur ]0, +∞[.
𝑥
• Pour tout 𝑘 ⩾ 1, pour tout 𝑥 > 0, 𝑔𝑘′ (𝑥) = 𝑘+𝑥1
− 𝑘1 = − 𝑘 (𝑘+𝑥) .
Soit [𝑎, 𝑏] un segment de R∗+ . On a donc 0 < 𝑎 ⩽ 𝑏.
Pour tout 𝑘 ⩾ 1 et tout 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏], |𝑔𝑘′ (𝑥)| ⩽ 𝑘𝑏2 . On en déduit que
𝑏
||𝑔𝑘 || ∞,[𝑎,𝑏] ⩽
𝑘2
Í 𝑏 Í
Comme 𝑘2
converge, on a établi la convergence normale, donc uniforme, de 𝑔𝑘′ sur
𝑘 ⩾1 𝑘 ⩾1
[𝑎, 𝑏].
On en déduit que 𝑔 est de classe 𝒞 1 , avec : ∀𝑥 > 0,
Õ
+∞ +∞ 
Õ 
′ 1 1
𝑔 (𝑥) = 𝑔𝑘′ (𝑥) = −
𝑘 +𝑥 𝑘
𝑘=1 𝑘=1

c. Par la question 6.a., on a, pour tout 𝑥 > 0,


 
𝑔(𝑥) = − ln Γ(𝑥)𝑥𝑒𝛾𝑥 = − ln Γ(𝑥) − ln(𝑥) − 𝛾𝑥 .
Dérivant cette relation sur R∗+ , on obtient :
Γ′ (𝑥) 1
𝑔′ (𝑥) = − − − 𝛾,
Γ(𝑥) 𝑥
Γ′ ′
c’est-à-dire, vu que 𝜓 = Γ , 𝜓 (𝑥) = −𝑔 (𝑥) − 𝑥 − 𝛾.
1

Í
+∞  +∞
Í 
Comme −𝑔′ (𝑥) = − 1
𝑘+𝑥 − 𝑘
1
= − 1
𝑘+𝑥 + 1
𝑘 , on a finalement établi :
𝑘=1 𝑘=1
+∞ 
Õ 
1 1 1
∀𝑥 > 0, 𝜓 (𝑥) = − − 𝛾 + − .
𝑥 𝑘 𝑘 +𝑥
𝑘=1

III.7.
Í
+∞ 
a. Posant 𝑥 = 1 dans la formule précédente, on trouve : 𝜓 (1) = −1 − 𝛾 + 1
𝑘 − 𝑘+1
1
, d’où, par
𝑘=1
télescopage, 𝜓 (1) = −1 − 𝛾 + 1 = −𝛾.
De plus ∫ +∞
Γ(1) = 𝑒 −𝑡 𝑑𝑡 = lim [−𝑒 −𝑡 ] 𝑋0 = lim 1 − 𝑒 −𝑋 = 1
0 𝑋 →+∞ 𝑋 →+∞
Γ ′ (1)
donc, vu que 𝜓 (1) = Γ(1) , on obtient Γ′ (1) = −𝛾.
∫ +∞
Mais en reprenant l’expression obtenue à la question 1.c., on constate que Γ′ (1) = 𝑒 −𝑡 ln(𝑡)𝑑𝑡,
0
d’où finalement : ∫ +∞
𝑒 −𝑡 ln(𝑡)𝑑𝑡 = −𝛾 .
0

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b. D’après la formule de la question 6.c., on a, pour tout 𝑥 > 0,
+∞   Õ+∞  
1 1 Õ 1 1 1 1
𝜓 (𝑥 + 1) − 𝜓 (𝑥) = − + + − − −
𝑥 +1 𝑥 𝑘 𝑘 +𝑥 +1 𝑘 𝑘 +𝑥
𝑘=1 𝑘=1

+∞ 
Õ 
1 1 1 1 1 1
= − + − − +
𝑥 𝑥 +1 𝑘 𝑘 +𝑥 +1 𝑘 𝑘 +𝑥
𝑘=1
par somme de séries convergentes. Et donc :
+∞ 
Õ  Õ+∞  
1 1 1 1 1 1 1
𝜓 (𝑥 + 1) − 𝜓 (𝑥) = − + − = − = .
𝑥 𝑥 +1 𝑘 +𝑥 𝑘 +𝑥 +1 𝑘 +𝑥 𝑘 +𝑥 +1 𝑥
𝑘=1 𝑘=0

On aurait aussi pu procéder ainsi :


  
Γ′ (𝑥 + 1) Γ′ (𝑥) 𝑑 Γ(𝑥 + 1)
𝜓 (𝑥 + 1) − 𝜓 (𝑥) = − = ln .
Γ(𝑥 + 1) Γ(𝑥) 𝑑𝑥 Γ(𝑥)
Or, il est bien connu que Γ(𝑥 + 1) = 𝑥 Γ(𝑥) (il suffit d’intégrer par parties), donc
𝑑 1
𝜓 (𝑥 + 1) − 𝜓 (𝑥) = (ln(𝑥)) = .
𝑑𝑥 𝑥
En particulier, pour tout 𝑘 ∈ N∗ , 𝜓 (𝑘 + 1) − 𝜓 (𝑘) = 𝑘1 .
Il s’ensuit, pour tout entier 𝑛 ⩾ 2,
Õ
𝑛−1
 Õ
𝑛−1
1
𝜓 (𝑛) = 𝜓 (1) + 𝜓 (𝑘 + 1) − 𝜓 (𝑘) = −𝛾 + .
𝑘
𝑘=1 𝑘=1

R∗+ −→ R
c. Soit 𝑥 > 0 fixé. Pour tout 𝑘 ∈ N, on définit 𝑗𝑘 : .
𝑦 ↦−→ 𝑘+𝑦+1 − 𝑘+𝑦+𝑥
1 1

Cette notation est discutable : il aurait peut-être été préférable de noter 𝑗𝑘,𝑥 , pour insister sur le
fait que l’on travaille à 𝑥 > 0 fixé, et que la convergence uniforme étudiée ici ne porte que sur la
variable 𝑦.
On peut réécrire
𝑘 +𝑦 +𝑥 −𝑘 −𝑦 − 1 𝑥 −1
𝑗𝑘 (𝑦) = =
(𝑘 + 𝑦 + 1)(𝑘 + 𝑦 + 𝑥) (𝑘 + 𝑦 + 1)(𝑘 + 𝑦 + 𝑥)
donc,
|𝑥 − 1|
∀𝑦 > 0, | 𝑗𝑘 (𝑦)| ⩽ (majoration indépendante de 𝑦)
(𝑘 + 1) (𝑘 + 𝑥)
Í |𝑥−1| |𝑥−1|
Comme est une série convergente, vu que
(𝑘+1)(𝑘+𝑥) ∼ |𝑥−1|
(𝑘+1) (𝑘+𝑥) 𝑘→+∞ 𝑘2
, on a la convergence
𝑘 ⩾0 Í
normale, donc uniforme, de 𝑗𝑘 sur ]0, +∞[.
𝑘 ⩾0
Ensuite, reprenant la formule de 6.c., on a, pour tout 𝑛 ∈ N∗ ,
+∞   Õ+∞  
1 1 Õ 1 1 1 1
𝜓 (𝑥 + 𝑛) − 𝜓 (1 + 𝑛) = − + + − − − ,
𝑥 +𝑛 𝑛 𝑘 𝑘 +𝑥 +𝑛 𝑘 𝑘 +1+𝑛
𝑘=1 𝑘=1

et selon le même principe de calcul qu’à la question précédente, on aboutit à :


+∞ 
Õ  Õ +∞
1 1
𝜓 (𝑥 + 𝑛) − 𝜓 (1 + 𝑛) = − = 𝑗𝑘 (𝑛).
𝑘 +1+𝑛 𝑘 +𝑥 +𝑛
𝑘=0 𝑘=0

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Or, pour tout 𝑘 ∈ N, 𝑗𝑘 (𝑛) −→ 0 donc, par le théorème de la double limite (qui s’applique ici
𝑛→+∞
car la série de fonctions étudiée converge uniformément sur un voisinage de +∞),
 Õ
+∞
lim 𝜓 (𝑥 + 𝑛) − 𝜓 (1 + 𝑛) = lim 𝑗𝑘 (𝑛) = 0.
𝑛→+∞ 𝑛→+∞
𝑘=0

III.8. Par analyse-synthèse :


• Analyse : Soit 𝑓 solution. On va montrer que 𝑓 vérifie la formule de 𝜓 établie en 6.c., à savoir
:
Õ+∞  
1 1 1
∀𝑥 > 0, 𝑓 (𝑥) = − − 𝛾 + −
𝑥 𝑘 𝑘 +𝑥
𝑘=1
Puisque = 𝑓 (𝑡 + 1) − 𝑓 (𝑡) pour tout 𝑡 > 0, on a
1
𝑡
+∞ 
Õ  Õ
+∞
1 1 
− = 𝑓 (𝑘 + 1) − 𝑓 (𝑘) − 𝑓 (𝑘 + 𝑥 + 1) + 𝑓 (𝑘 + 𝑥)
𝑘 𝑘 +𝑥
𝑘=1 𝑘=1
!
Õ
𝑛
 Õ
𝑛

= lim 𝑓 (𝑘 + 1) − 𝑓 (𝑘) + 𝑓 (𝑘 + 𝑥) − 𝑓 (𝑘 + 𝑥 + 1)
𝑛→+∞
𝑘=1 𝑘=1

© ª
­ ®
= lim ­ 𝑓 (𝑛 + 1) − 𝑓 (1) +𝑓 (1 + 𝑥) − 𝑓 (𝑛 + 𝑥 + 1) ®
𝑛→+∞ ­ |{z} ®
« =−𝛾 ¬
 1
= 𝑓 (𝑥 + 1) + 𝛾 − lim 𝑓 (𝑥 + 1 + 𝑛) − 𝑓 (1 + 𝑛) = 𝑓 (𝑥) + + 𝛾,
𝑛→+∞ 𝑥
| {z }
=0

ce qui montre bien la relation voulue, et donc 𝑓 = 𝜓 .


• Synthèse : La seule solution éventuelle au problème est donc 𝜓 . Mais on a prouvé en 7.a., 7.b.
et 7.c. que 𝜓 satisfait les trois conditions voulues, donc finalement 𝜓 est solution, et c’est la
seule.

Autour de la fonction Digamma


III.9. Soit 𝑛 ∈ N∗ .
a. On suppose les boules indiscernables, ce qui implique qu’à tout moment de l’expérience, chaque
boule de l’urne a la même probabilité d’être tirée, peu importe son numéro. Avec cette hy-
pothèse, 𝑋 suit la loi uniforme sur {1, . . . , 𝑛}. On a donc, pour tout 𝑘 ∈ {1, . . . , 𝑛}, 𝑃 (𝑋 = 𝑘) = 𝑛1 .
Í
𝑛 Í
𝑛
Il s’ensuit 𝐸 (𝑋 ) = 𝑘𝑃 (𝑋 = 𝑘) = 𝑛1 𝑘 = 𝑛(𝑛+1) 𝑛+1
2𝑛 = 2 .
𝑘=1 𝑘=1

b. Vu l’expérience, 𝑌 prend ses valeurs dans {1, . . . , 𝑛}.


Soit 𝑘 ∈ {1, . . . , 𝑛}.
On utilise la formule des probabilités totales, avec le système complet d’événements
{(𝑋 = 1), (𝑋 = 2), . . . , (𝑋 = 𝑛)} :
Õ
𝑛

𝑛
𝑃 (𝑌 = 𝑘) = 𝑃 (𝑋 =𝑗) (𝑌 = 𝑘) × 𝑃 (𝑋 = 𝑗) = 𝑃 (𝑋 =𝑗) (𝑌 = 𝑘).
𝑗=1
𝑛 𝑗=1

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On calcule cette somme en distinguant selon les valeurs de 𝑗 (𝑗 = 𝑘 ou 𝑗 ≠ 𝑘). En effet, pour
𝑗 = 𝑘, le premier tirage aura amené 𝑘 boules numérotées 𝑘 en plus dans l’urne, tandis que pour
𝑗 ≠ 𝑘, le premier tirage n’aura pas amené de boule numérotée 𝑘 supplémentaire dans l’urne.
Ainsi :

1© Õ ª 1 ©𝑘 + 1 Õ 1 ª
𝑃 (𝑌 = 𝑘) = ­𝑃 (𝑋 =𝑘) (𝑌 = 𝑘) + 𝑃 (𝑋 =𝑗) (𝑌 = 𝑘) ® = ­ + ®,
𝑛 𝑛 𝑘 +𝑛 𝑗 +𝑛
« 1⩽ 𝑗 ⩽𝑛, 𝑗≠𝑘 ¬ « 1⩽ 𝑗 ⩽𝑛, 𝑗≠𝑘 ¬
!
1 𝑘 Õ𝑛
1
= + .
𝑛 𝑘 + 𝑛 𝑗=1 𝑗 + 𝑛

Í
2𝑛 Í
𝑛 Í
2𝑛 Í
𝑛
Or, par 7.b., 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) = 1
𝑘 − 1
𝑘 = 1
𝑘 = 1
𝑗+𝑛 , d’où finalement :
𝑘=1 𝑘=1 𝑘=𝑛+1 𝑗=1
 
1 𝑘
∀𝑘 ∈ {1, . . . , 𝑛}, 𝑃 (𝑌 = 𝑘) = + 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) .
𝑛 𝑘 +𝑛

Et il faut corriger ce que demandait l’énoncé, c’est-à-dire prouver cette relation pour tout 𝑘 ∈ N∗ ,
alors qu’elle n’est valable que pour 𝑘 ∈ {1, . . . , 𝑛}.
Í
𝑛 Í
𝑛  
𝑘 𝑘
c. On a 𝐸 (𝑌 ) = 𝑘𝑃 (𝑋 = 𝑘) = 𝑛 𝑘+𝑛 + 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) , donc :
𝑘=1 𝑘=1

Õ
𝑛
𝑘2 𝑛+1 
𝐸 (𝑌 ) = + 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) .
𝑛(𝑛 + 𝑘) 2
𝑘=1

Utilisant l’indication fournie,


1−𝑛  𝑛+1 
𝐸 (𝑌 ) = + 𝑛 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) + 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1)
2 2
1 − 𝑛 3𝑛 + 1 
= + 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) .
2 2
Et on est un peu perplexe devant ce résultat : était-ce ce à quoi l’énoncé voulait arriver ?
Il n’était pas demandé de démontrer l’indication fournie, mais elle n’avait rien d’extraordinaire :
𝑛  
Õ Õ 𝑛 +1 Õ𝑛 +𝑘 −𝑛 𝑛 +1 Õ  𝑛 
𝑛 𝑛 𝑛
𝑘2 𝑘 𝑘
= − = − = − 1−
𝑛(𝑛 + 𝑘) 𝑛 𝑛 +𝑘 2 𝑛 +𝑘 2 𝑛 +𝑘
𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1

𝑛+1 Õ
𝑛
1 1−𝑛 Õ
2𝑛
1 1−𝑛 
= −𝑛 +𝑛 = +𝑛 = + 𝑛 𝜓 (2𝑛 + 1) − 𝜓 (𝑛 + 1) .
2 𝑛 +𝑘 2 𝑘 2
𝑘=1 𝑘=𝑛+1

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