Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Description du cours
L’objectif de ce cours est de fournir la boussole pour orienter les
apprenants sur le vocabulaire de base et les approches
principales en Science Politique (le pouvoir, l’Etat, partis politique,
le système politique, les sous disciplines de la science politique
etc...).Il vise aussi à renforcer les capacités d’analyse des
étudiants (e)pour permettre de décrypter les dynamiques
politiques c’est à dire l’analyse de l’organisation politique dans un
environnement mondialisé aujourd’hui. Cet enseignement
apportera des repères en termes de connaissances des
phénomènes politiques aux étudiants. Il vise fondamentalement à
apprendre aux étudiants(e) à faire des débats théorique autours
du pouvoir, se servir des outils de science politique pour
développer une forte capacité d’analyse sur les phénomènes dans
la société.
Volume horaire : 30 h
Méthode d’enseignement : cours magistral en présentiel
Plan du cours
Chapitre I L’Édification historique de la Science Politique
Section 1 La lente construction de la Science Politique
Paragraphe 1 L’emprise historique du droit public
A Le primat institutionnel du droit public
B- La science politique est considérée comme le droit constitutionnel
Paragraphe 2 Le processus de l’autonomisation de la Science
Politique et son institutionnalisation
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
A- La sortie de la science politique sous primat du droit : une bataille
intellectuelle au sein de la Faculté des Sciences Juridique et
Politique(FSJP) entre les Juristes Publicistes et les Politologues.
B- Qu’est-ce que la science politique ?
Section 2 les sous discipline de la science politique
Paragraphe 1 les sous disciplines propres à la Science Politique
Paragraphe 2 Les subdivisions traditionnelles de la science politique
A Les politologues internes
B Les politologues internationalistes
Chapitre II Le fondement de la Science Politique : l'identification de
l'objet d’étude
Section 1 le pouvoir
Paragraphe 1 Les critères d’identification des pouvoirs dans la
société
A Les approches plurielles du pouvoir
B-Les différentes théories sur l’origine du pouvoir : la tradition de
sacralisation du détenteur du pouvoir
Paragraphe 2 Les principales caractéristiques du pouvoir politique
contemporaine
A-Obtenir la légitimité et la contrainte
B-L ‘obtention de l’obéissance à un pouvoir : la domination selon
Weber
Section 2 La science politique, la science de l’Etat
Paragraphe 1 La notion de l’Etat en Science Poltique
A-L’Etat personne morale
B-L’autorité de l’Etat
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Chapitre III Les faits politiques ou la politisation des phénomènes
Section 1 le processus de la politisation
Section 2 Comment un fait social devient un phénomène politique
Chapitre IV Les partis politiques et d‘autres acteurs de la vie
politique
Section 1 les partis politiques et les groupes d’intérêts
Paragraphe 1 les points de convergence et de divergence
Section II Un parti Politique
Paragraphe 1 Qu’est-ce qu’un parti politique ?
Paragraphe 2 les typologies des parties politiques
Introduction Générale
La science politique (ou politologie) est très ancienne, on considère
que les anciens grecques en sont les créateurs, avec notamment La
République de Platon et La Politique d’Aristote. Cette discipline a
également connu un certain développement dans la Rome antique,
spécialement grâce à De la République de Cicéron. En revanche,
durant le Moyen Âge, la science politique a cédé la place à la
théologie, jusqu’à ce que le florentin Nicolas Machiavel et le poitevin
Jean Bodin restaurent ce champ de recherche avec Le Prince et les
Six livres de la République, publiés durant le XVIe s.
Néanmoins, avant le XXe s, la « science politique » a toujours
consisté en une pensée politique, en une pensée des idées et de
l’organisation politiques, davantage qu’en une science véritable,
c’est-à-dire davantage qu’en un ensemble de travaux objectifs et
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empiriques à vocation descriptive et explicative. Et il n’est pas certain
que, actuellement, l’appellation « science politique » ne soit pas
encore usurpée dans bien des cas. Ainsi Maurice Duverger pouvait-il
juger que les œuvres les plus marquantes de la science politique
sont toutes le fait de « penseurs » et consistent principalement « à
exprimer les résultats d’une méditation intérieure, nourrie par la
lecture, les souvenirs personnels et l’introspection ». Parler de «
philosophie politique » ou de « pensée politique » serait, dès lors,
autrement justifié que de parler de « science politique ». Pourtant,
une science politique non littéraire mais véritablement scientifique est
bel et bien possible. Celle-ci, science politique au sens strict, science
politique moderne, serait née aux États-Unis au cours du XIX e s,
tandis que, en France, elle serait apparue avec le Tableau politique
de la France de l’Ouest, ouvrage d’André Siegfried publié en 1913.
Pour mieux comprendre l’origine de la discipline, il est essentiel
d’aborder le contexte de l’édification de la Science Politique
(Chapitre I), ensuite
Chapitre I L’Édification historique de la Science Politique
L’histoire de la science politique et de ses relations avec les autres
disciplines comme l’histoire, la sociologie et le droit est rarement présentée
comme un long fleuve tranquille. Les travaux qui relatent les grandes
étapes ayant marqué le développement de notre discipline décrivent des
moments d’enthousiasme intellectuel et de déception, des réalisations
concrètes et des remises en cause, des ambitions et des obstacles. Ils
présentent une discipline traversée par des conflits, où les politologues
sont assis « à des tables séparées », chacun avec « sa conception de la
science politique », mais chacun « protégeant sa part secrète de
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vulnérabilité »1. Cela étant, depuis le début du xxie siècle, en Europe
comme aux États-Unis, les rivalités entre politologues tendent à
s’estomper. Loin d’être homogène ou unifiée, la science politique est
davantage présentée comme étant plus ouverte au dialogue intra et
interdisciplinaire, éclectique et pluraliste. D’où viennent ces rivalités
intellectuelles ? Qu’est- ce qui divise ou rassemble les politologues ? C’est
à ces questions que ce chapitre se propose de répondre, en mettant en
exergue que la science politique est plurielle et que ce pluralisme théorique
et méthodologique s’explique d’une part par des considérations
ontologiques et épistémologiques contrastées et, d’autre part, par le
rapport entre la science politique et le/la politique (le « monde réel »).
Autrement dit, les origines de ces controverses se trouvent dans les
réponses que les politologues donnent aux questions suivantes : quelle est
la nature de la « réalité » que la science politique étudie ?. Il est essentiel
d’aborder une lente construction de la Science Politique (Section 1),
ensuite analyser Qu’est-ce que la science politique (Section 2)
Section 1 La lente construction de la Science Politique
Afin de poser les bases d’une discipline distincte, séparée de l’histoire, de
la sociologie et du droit, les premières générations de politologues ont
voulu soumettre l’étude de la/du politique à la même rigueur d’analyse que
celle qui caractérise les sciences naturelles. Le développement de la
science politique s’est ainsi transformé en une quête permanente pour
prouver non seulement ses spécificités par rapport aux autres disciplines
sœurs, mais aussi pour prouver sa scientificité. Son évolution a été guidée
par un certain nombre d’objectifs comme la codification des explications
universelles et le développement de méthodes spécifiques. Le mot clé qui
s’est rapidement imposé a été celui de positivisme, qui veut dire « réel » en
opposition à tout ce qui est chimérique. Ainsi, l’empirisme, du terme grec
empeirikos qui signifie « qui se dirige d’après l’expérience », est devenu un
principe de base de la science politique. Inspirée par les sciences de la
nature et la physique, cette forme de production de la connaissance repose
sur le postulat ontologique que la « réalité » existe en soi (donc elle est
objective) et qu’elle est connaissable par l’observation. L’empirisme est
1
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associé à une démarche spécifique de production de la connaissance qui
repose sur l’observation successive d’un phénomène pour en extraire une
série d’énoncés généraux. Elle consiste en l’observation des régularités qui
se présentent dans la nature ou dans l’expérimentation. Cette affirmation
nous conduit au deuxième postulat du positivisme
Paragraphe 1 L’emprise historique du droit public
A Le primat institutionnel du droit public
Dans les années 1950, au moment de son institutionnalisation aux
États- Unis et en Europe, la science politique reposait sur les postulats
du positivisme. Cette posture a eu des effets durables sur le
développement de la boîte à outils des politologues, à savoir sur leurs
théories et méthodes. D’un point de vue théorique, aux origines, le
positivisme a été solidement ancré dans l’étude des institutions, des
élections et de la participation politique. De même, en relations
internationales (RI), le réalisme, le libéralisme et l’institutionnalisme se
sont développés à partir des ambitions du positivisme. Bien que sa
place et ses apports aient été remis en question, il continue à occuper
une position privilégiée au sein de la communauté des chercheures.
En France, la science politique s’est historiquement développée dans
les facultés de droit à partir de la fin du XIX e siècle, alors que la
sociologie se développe dans les facultés de lettres et sciences
humaines, ou de sciences économiques et sociales. La science
politique est alors considérée comme une discipline subordonnée au
droit public, située quelque part entre le droit constitutionnel et le droit
administratif, tout comme l’histoire des idées politiques est alors
institutionnellement et intellectuellement subordonnée à l’histoire du
droit. Dans le premier tome de son Traité de science politique, intitulé
Le pouvoir politique, Georges Burdeau écrit que « la science politique
n’a pas d’objet qui lui serait propre, elle est seulement une méthode
pour une fructueuse étude du droit constitutionnel, un angle de vision
élargi où s’inscrivent les problèmes traditionnels du droit public ». Les
conséquences de cette domination institutionnelle sur le plan
intellectuel sont nombreuses : tendance à ne s’intéresser qu’à des
objets juridiquement défini, au détriment des mécanismes informels ;
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surestimation de l’influence du droit positif par rapport à des facteurs
économiques ou sociaux ; manque d’ouverture aux méthodes
d’enquête issues d’autres disciplines, telles que la sociologie ou
l’anthropologie (enquêtes par questionnaire, entretiens, observations
de terrain). Cette partie examine cinq postulats du positivisme et
illustre leurs effets sur le développement de la science politique.
Les postulats du positivisme sont :
1°) La distinction entre science de la société et science de la nature est
faible.
2°) Il est possible de percevoir la réalité telle qu’elle est. La réalité est
connaissable par l’observation des régularités et de ses manifestations.
3°) Ces observations peuvent conduire à l’élaboration d’hypothèses, à la
détermination de liens de causalité entre les phénomènes observés, et
même de lois empiriques.
4°) Il est possible de mesurer la réalité observée. Il suffit d’inventer des
instruments méthodologiques sophistiqués.
5°) À l’aune du positivisme, l’objectif de la science est de produire un savoir
falsifiable ».On a souvent déploré l’incapacité des premières générations
de politologues qui, alors qu’ils/elles se sont attachées à l’observation
minutieuse de la réalité, ne sont pas parvenues à donner une dimension
explicative à la science politique et de mieux saisir, par exemple, les
grands bouleversements politiques des années 1930 en Europe.
B- La science politique est considérée comme le droit constitutionnel
S’il fallait définir la politique, la proposition d’Aristote, dans Éthique à
Nicomaque, pourrait être retenue : elle est l’art de l’architectonique,
de l’organisation des activités de la Cité. Pour ainsi organiser les
activités de la Cité, « diriger la vie sociale vers le bien commun », la
politique, qui est l’office des politiciens, recourt aux lois, aux règles et
institutions juridiques, ainsi qu’aux juristes. C’est pourquoi a pu être
affirmée la dimension proprement politique du droit par rapport aux
autres modes de régulation et de contrôle social. Concernant la
science politique, qui a connu des acceptions très variées au cours
de son histoire, il serait possible de retenir qu’elle serait la science
pratique de la création et de l’utilisation du droit ; elle serait alors
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synonyme de « science de la légistique ». Mais la science politique
se rapproche surtout de la science du droit positif en ce que l’une et
l’autre sont explicitement appelées « science ». Partant, la difficulté,
notamment parce qu’il s’agit d’une donnée récente et en partie
artificielle, réside principalement dans la séparation des
constitutionnalistes et des politistes. Ainsi remarque-t-on que les
limites entre science du droit constitutionnel et science politique sont
mal fixées. Par exemple, on ne saurait pas à laquelle de ces
matières se rattachent l’étude de l’application des lois ou l’étude des
partis politiques.
Peut-être la science politique peut-elle se définir comme une
sociologie du droit constitutionnel, si ce n’est comme une sociologie
du droit public, bien que le professeur Jacques Commaille distingue
la science politique de la « sociologie politique du droit » . On la
considère ainsi telle une discipline « complémentaire du droit
constitutionnel », tandis qu’on a pu estimer que « science politique »
et « sociologie politique » seraient synonymes. En tout cas la science
politique entretient-elle des rapports aussi étroits avec la sociologie
qu’avec le droit. On la situe, en effet, « à l’intersection entre le savoir
des juristes publicistes et les analyses sociologiques liées au
développement de la démocratie ». Confirme cette acception la
définition de la science politique en tant que matière qui « s’intéresse
au fonctionnement effectif des institutions plus qu’à leur structure
théorique, à l’usage qui est fait du pouvoir plus qu’aux formes
juridiques qui le déterminent ou aux problèmes philosophiques qu’il
pose ». Et on ajoute que « la science politique est l’étude de la façon
dont les hommes conçoivent et utilisent les institutions qui régissent
leur vie en commun, des idées et de la volonté qui les animent afin
d’assurer la régulation sociale ».
Les professeurs François Hamon et Michel Troper enseignent que le
droit constitutionnel et la science politique ont été perçus tantôt
comme une seule et même science et tantôt comme deux disciplines
opposées ou complémentaires. Ils expliquent que, jusqu’au début du
XXe s., droit constitutionnel et science politique ne formaient qu’une
seule et unique discipline ; par la suite, on a compris que le
fonctionnement réel du pouvoir politique ne peut s’entendre comme
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le résultat d’une simple application de règles de droit et qu’il y a des
situations de plus en plus nombreuses dans lesquelles celui que le
droit désigne comme le principal détenteur du pouvoir ne l’exerce
dans les faits qu’incomplètement et imparfaitement. Il faut alors
chercher à décrire la répartition réelle du pouvoir plutôt que la
répartition juridique du pouvoir2. Ainsi la formation d’une discipline
sociologique à part du droit constitutionnel proprement juridique a-t-
elle été légitimée, son objet d’étude résidant en des phénomènes
sociaux, en des rapports de forces et des relations sociales. Les faits
ne suivent pas nécessairement le droit et il faut, semble-t-il, deux
disciplines spécifiques pour que l’une s’occupe des faits quand
l’autre s’occupe du droit.
Une relation intime entre le droit et la Science Politique
Dans le passé, la recherche en science politique peut être
rattachée à la recherche juridique, comme la faculté des
sciences juridique et politique est rattachée aux études de droit.
Le droit étant l’instrument du politique, il lui appartient de facto.
Toutefois, le monde juridique se distingue du monde politique
du point de vue académique. Si de nombreuses universités
comportent une composante dénommée « faculté de droit et de
science politique », cela signifie à la fois que le droit est
différent de la science politique et que le droit est intimement lié
à la science politique. À présent, la tendance dominante
consiste à reconnaître une certaine « division du travail » dans
laquelle « le droit se spécialise dans l’ “idéalisme des normes”
et la science politique se réduit à une sociologie dominée par le
“matérialisme des forces” qui a trouvé son expression la plus
parfaite dans l’œuvre de Bourdieu »3. En d’autres termes, la
science du droit positif s’intéresse aux devoir-être contenus
dans les textes normatifs quand la science politique s’intéresse
aux faits ; la science du droit positif observe ce que sont les
institutions quand la science politique observe ce qu’elles font.
2
3
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Mais, longtemps, les deux matières sont demeurées parfaitement
confondues dans leurs pans scientifiques, il ne se trouvait qu’une «
agrégation de droit public et de science politique »,autant que dans leurs
pans pratiques, notamment car, à l’inverse des États-Unis par exemple,
avant le XXe s., le droit était la science sociale par excellence, la seule
réellement développée. Ainsi de grands maîtres comme Adhémar Esmein
présentaient-ils la science politique telle une dépendance ou annexe du
droit constitutionnel, servant simplement à lui donner un certain agrément
pratique.
Paragraphe 2 Le processus de l’autonomisation de la Science
Politique et son institutionnalisation
La Science Politique est restée pendant longtemps une discipline annexe
au droit public avant de devenir autonome après la deuxième guerre
mondiale. Il est important de faire la description de sa reconnaissance
étant qu’une science autonome(A)
A- Une bataille intellectuelle au sein de la Faculté des Sciences
Juridique et Politique(FSJP) entre les Publicistes et les Politologues
pour sa reconnaissance
Comme nous l’avons mentionné ci haut, la Science Politique est restée
pendant longtemps une discipline annexe au droit public avant de devenir
autonome après la deuxième guerre mondiale. La naissance de cette
discipline est le fruit d’une rencontre entre trois faits majeurs à savoir : le
développement de la démocratie moderne, le triomphe du modèle de la
science positive et la croissance de l’Etat qui entraine une profonde
transformation dans la sociologie des élites. Elle est entrée dans la phase
de reconnaissance et son institutionnalisation qui lui permettent d’étendre
son influence sans autant retomber sous tutelle de faculté de droit.
La distinction de la science politique et du droit constitutionnel a entraîné
en France, après la Seconde Guerre mondiale, une rivalité et un déclin de
la science du droit constitutionnel, qui est apparue inapte à expliquer la
réalité, cantonnée qu’elle était dans ses tâches traditionnelles : décrire les
normes en vigueur et les éclairer à l’aide des grandes doctrines. Or la
description des règles constitutionnelles était une tâche déjà largement
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
accomplie qui n’apportait plus grand-chose de neuf, tandis que les grandes
doctrines avaient été établies par les juristes des générations précédentes,
Carré de Malberg, Duguit, Hauriou et Esmein en premier lieu .C’est alors
qu’on a admis que, puisque la science du droit constitutionnel ne permettait
pas de connaître le fonctionnement de la vie politique, il fallait compléter
l’exposé des normes politiques par la description des faits politiques. Aussi
les programmes des études de droit ont-ils été modifiés afin de faire figurer
dans les titres des cours, à côté de l’expression « droit constitutionnel »,
l’expression « science politique ».
L’autonomisation de la science politique par rapport au droit s’est faite en
plusieurs étapes très échelonnées dans le temps : en 1871, la création de
l’École libre des sciences politiques par Émile Boutmy, qui devient
Sciences Po en 1945, année où sont également créées l’ENA et la
Fondation nationale de science politique. Du point de vue des institutions et
de leur mise en conformité aux normes internationales, le coup d’envoi a
été donné par l’Association Française de Science Politique qui est créé en
1949 avec une revue Française de Science Po en [Link] le plan
académique, la Faculté de droit ne joue qu’un rôle marginal. L’évolution de
la profession politique combinée avec l’importance de l’ENA et IEP
contribuent à la redéfinition du statut Universitaire. En 1956, premier
diplôme de 3e cycle de science politique (DES, diplôme d’études
supérieures, aujourd’hui Master recherche) ; en 1969, création d’un
département de science politique à la Sorbonne ; et enfin en 1972, mise en
place d’un concours d’agrégation de science politique. C’est au sortir de la
Deuxième Guerre mondiale que la dynamique d’institutionnalisation de la
science politique dans le monde va passer à la vitesse supérieure. La
constitution de la science politique en une unité autonome d'enseignement
et de recherche crée une situation propice à son développement. Par
autonomie, on entend que la discipline dispose de son propre corps de
professeurs et de chercheurs et soit à même de décerner, en sa seule
qualité, tous les diplômes universitaires. Toute association exclusive à une
discipline anciennement établie est rarement favorable à cette expansion.
Diverses conséquences en résultent habituellement : exercice d'une
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orientation intellectuelle à sens unique ; réduction à une place de « parente
pauvre » dans la répartition de crédits et la constitution des bibliothèques ;
difficultés considérables (parfois quasi-impossibilité) de former des
chercheurs spécialisés, etc.
B- Qu’est-ce que la science politique ?
La science politique est la discipline qui étudie les phénomènes politiques,
c’est-à-dire de comprendre le fonctionnement politique des sociétés (l’Etat,
les régimes politiques, le vote, sondages, les partis politiques, les
mouvements sociaux et les élites).La science politique est le résultat de
l’institutionnalisation progressive d’un ensemble des disciplines (droit,
histoire, économie, sociologie) lorsque ceux-ci s’intéresse plus
spécifiquement à l’étude du pouvoir. Madeleine GRAWITZ définit la science
politique de la manière suivante : « la science politique est l’étude de la
façon dont les hommes conçoivent ou utilisent les institutions qui régissent
leur vie commun, les idées et la volonté qui les animent, pour assurer la
régularisation sociale ». Comme en témoigne le mot « science » dans son
appellation, la science politique entend produire une connaissance
scientifique des phénomènes politiques. Le savoir scientifique se distingue
avant tout du « savoir ordinaire », de la connaissance relativement
commune que peut avoir du monde le profane, le citoyen lambda,
« l’homme de la rue ». L’une des caractéristiques de la Science Politique
est qu’elle est une « discipline carrefour » qui emprunte beaucoup à la
sociologie mais aussi à l’économie, au droit, à la géographie, à
l’anthropologie, à la philosophie, à l’histoire, à la psychologie, à la
psychanalyse… C’est une force (l’interdisciplinarité est féconde en ce
qu’elle permet de croiser les regards et les approches).La science politique
prétend au statut de science parce qu’elle mobilise des méthodes
spécifiques et rigoureuses.
Les méthodes de recherches utilisées en sciences politiques
On peut en dégager quatre grands types des méthodes utilisées en
science politique qui sont :
Les statistiques et les sondages : l’analyse quantitative du politique s’est
beaucoup développée à partir des années 1950 aux États-Unis en lien
avec le développement des sondages qui permettent notamment de
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dégager des régularités explicatives dans la compréhension des
comportements électoraux (une corrélation statistique n’impliquant pas
forcément une relation de causalité) ;
L’entretien directifs ou non directifs : les entretiens permettent, dans
une approche compréhensive, de reconstituer le sens que les acteurs
donnent à leurs actions, mais aussi de reconstituer leur trajectoire sociale
et d’objectiver leurs systèmes de représentation ;
L’observation : la politique est une économie de pratiques constituée d’un
ensemble d’interactions sociales. À travers l’observation, parfois
participante, le chercheur s’immerge, tel l’ethnologue sur son « terrain », et
cherche à observer les individus dans leur environnement et histoire.
Section 2 les sous discipline de la science politique
Paragraphe 1 les sous disciplines propres à la Science Politique
Philippe Braud distingue quatre sous- disciplines propres à la science
politique qui sont :
- 1°)La théorie politique : la théorie politique renvoie à l’histoire des
idées politiques, la philosophie politique qui étudie le pouvoir, la nation,
l’Etat, la mobilisation justifiant l’action politique. L’Histoire des idées
politiques pour mieux comprendre les doctrines, les systèmes idéologiques
et étudier les textes des penseurs du politique
- 2°)La sociologie politique : elle étudie les acteurs de la vie politique
qui sont les institutions, partis politique, groupes d’intérêts etc…Emile
Durkheim et Maximilien Weber sont des pionniers de la sociologie
politique. Elle s’intéresse aussi aux institutions politiques, aux actions
politiques, élections, vote. la Sociologie politique pour mieux comprendre
les comportements, les croyances et les pratiques des gouvernants, des
organisations politiques et des citoyens.
- 3°) Les politiques publiques : les politiques publiques étudies les
faits administratifs, la gouvernance c’est-à-dire l’administration publique et
aux rouages bureaucratiques de l’administration. Les spécialistes du
domaine sont des politistes institutionnalistes qui s’intéressent surtout à la
pratique des textes juridiques par les acteurs politiques pour s’imposer
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
dans le jeu politique. Les Politiques publiques et la science administrative
pour mieux comprendre les logiques de la prise de décision, de la gestion
des problèmes et de la concertation avec les citoyens-usagers.
4°)Les relations internationales : les R.I étudient des rapports inter-
étatique et les Organisations Internationales qui sont les principaux acteurs
de la scène internationale et de comprendre les évolutions géopolitiques,
les rapports de force entre Etats, les processus de démocratisation dans le
monde.
Paragraphe 2 Les subdivisions traditionnelles de la science politique
Longtemps, la science politique s’est subdivisée en deux grands axes dans
la recherche : la science politique interne et la science politique
internationale.
A Les politologues internes
Les politologues « internistes » se consacraient à l’étude des phénomènes
politiques nationaux, qui se déroulaient au sein de l’État (principalement
occidental). Une deuxième subdivision distinguait les « institutionnalistes »
et les « sociologues politiques ». Les premiers s’attachaient au décryptage
des institutions et acteurs publics/ gouvernementaux, souvent dans une
sensibilité « historico-institutionnelle », consacrant leurs études aux
régimes politiques, à l’idéologie du gouvernement, à l’organisation de
l’administration publique, aux actions parlementaires et gouvernementales.
Les seconds proposaient soit des études d’ordre plus théorique, sur les
systèmes politiques ou la pensée politique par exemple domaine de la
théorie politique soit consacraient leur attention à l’étude des acteurs
politiques privés. Ces derniers se subdivisaient eux-mêmes le plus souvent
en spécialistes des partis politiques et des comportements électoraux
d’une part, des organisations sociales, mouvements sociaux et groupes
d’influence, de l’autre. Ce clivage entre « institutionnalistes » et «
sociologues politiques » vint à s’estomper avec le développement dans les
années 1980 de l’analyse des politiques publiques qui construisit une
approche de « l’État au concret » ( Padioleau, 1982) ou de « l’État en
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action » (Jobert, Muller, 1987), largement puisée dans la sociologie
politique.
B Les politologues internationalistes
Les politologues « internationalistes » se penchaient pour leur part sur les
phénomènes politiques internationaux, liés aux relations entre États :
politiques étrangères, organisations internationales et, plus largement,
modes de coopération et de confrontation entre États et rapports
structurels de puissance. Mais se rattachaient aussi aux « internationalistes
», les spécialistes « internistes » d’États non occidentaux, dont les travaux
étaient réunis sous l’intitulé « area studies » : monde arabe, pays d’Afrique
subsaharienne, États latino-américains ou asiatiques. Ces spécialistes
étaient souvent localisés dans des centres d’études « du développement »,
dans le contexte international postcolonial de l’émergence du « Tiers-
monde » et des « relations Nord/Sud », à présent marqué par l’importance
des « puissantes émergentes » dans le processus de « globalisation » (cf.
les « BRICS » regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l ’Afrique
du Sud). Ces spécialistes développaient des approches de sociologie
politique, souvent relativement éloignées des théories classiques des
relations internationales.
Chapitre II Le fondement de la Science Politique : l'identification de
l'objet d’étude
Depuis son institutionnalisation, la science politique est une discipline qui
s’occupe de l’étude du phénomène de pouvoir sous une dimension
politique. Ceci permet d’écarter, du cadre d’investigations, toutes les
acceptions du pouvoir qui ne rendent pas facilement compte du pouvoir
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
politique. Le pouvoir politique comme objet d’étude de la science politique
doit sa définition et son exercice à l’Etat : il s’agit d’un pouvoir créé par
l’Etat et exercé par lui seul. L’évolution du monde politique et social impose
que l’étude de la science politique, à ce jour, ne soit plus calquée sur des
considérations traditionnelles constituées du pouvoir politique et du
système politique, d’une part, du cadre d’exercice du pouvoir politique
comprenant l’Etat et les régimes politiques, ainsi que les acteurs du jeu
politique, d’autre part. Portée de l'opération, dimensions sociales de
l'analyse, la sélection d'un centre d'intérêt : La science politique, est la
science de l'État et du pouvoir. Tout d'abord son caractère compréhensif.
Les détenteurs du pouvoir politique sont les seuls à posséder la faculté de
s'exprimer au nom de la communauté dans son ensemble et de l'engager
tout entière. En ce sens ils disposent d'un pouvoir suprême, supérieur à
tous les autres qui en dérivent par reconnaissance expresse ou tacite. À
l'intérieur de leur champ d'action, tel qu'il résulte à un moment donné de la
loi et des mœurs, ils ont vocation pour forcer à l'obéissance aussi bien les
individus isolés que les groupes sociaux. Caractéristique majeure : le
monopole de la contrainte physique attribué aux détenteurs de ce pouvoir.
Les titulaires d'autres pouvoirs ont certes de multiples moyens d'assurer la
réussite de leurs desseins : ils ne sauraient se faire justice à eux-mêmes
sans contrevenir à l'un des principes de base de l'ordre des sociétés .Le
pouvoir est la fois un objet de compétition et un moyen de domination.
.
Section 1 Le pouvoir
La conquête et l’exercice du pouvoir dans la cité constituent l’objet du jeu
politique. C’est dans l'entre-deux-guerres que "on a commencé à faire du
pouvoir le concept central de la science politique : parmi les pionniers de
ce mouvement, on mentionnera Charles Merriam, Harold Lasswell et
George Catlin. Les raisons de ce mouvement sont complexes. La faible
portée d'une grande partie des études centrées sur l'État, rendait de toute
façon inévitable la recherche d'une autre formulation de l’« intérêt sélectif ».
Mais l'ampleur et l'intensité des luttes menées à l'époque contemporaine
pour obtenir le contrôle politique des sociétés humaines n'ont pas été
étrangères à l'origine et surtout à l'expansion de ces conceptions. Pour
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
mieux cerner le sens, nous verrons d’abord les différentes théories sur
l’origine du pouvoir(A), ensuite analyser la notion du pouvoir politique (B)
Paragraphe 1 Les critères d’identification des pouvoirs dans la
société
L’État n’est qu’une modalité possible d’organisation du pouvoir même s’il
est devenu la forme quasi universelle du pouvoir politique. La notion de
pouvoir est faussement évidente. Ce concept a de multiples définitions, il
est surchargé de sens et difficile à [Link] Dahl met au cœur du
politique le pouvoir et le concept de domination : « Un système politique est
une trame persistante de rapports humains qui implique une mesure
significative de pouvoir, de domination, d’autorité ». Max Weber définit le
pouvoir comme « toute chance de faire triompher au sein d’une relation
sociale sa propre volonté ; peu importe sur quoi repose cette chance ». À
la différence de la domination, le pouvoir n’implique pas forcément la
légitimité ou sa recherche. Il peut s’exercer par la force pure.
Les relations de pouvoir sont observables à tous les niveaux de la société,
dans l’ensemble de ses champs .Toutes les sociétés humaines
connaissent des rapports de commandement, obéissance à certains
individus, les groupes qui ont la capacité d’orienter le comportement de
l’ensemble de la collectivité et d’élaborer des règles qui s’imposent à
l’ensemble de la société.
A-Les approches plurielles du pouvoir
Le mot pouvoir est employé dans de nombreux sens qui sont parfois
proches des concepts d’influence ou d’autorité. On peut dégager trois
approches principales du terme pouvoir :
1°) l’approche substantialiste : elle conduit à considérer le pouvoir
comme une chose que l’on peut posséder (avoir du pouvoir) ou perdre
(perdre le pouvoir), que l’on peut accroître ou dilapider, d’une fonction qu’ils
occupent. Le pouvoir est fragmenté, il existe des pouvoirs. Dans les
sociétés démocratiques on dénombre trois pouvoirs principaux qui
fonctionnent comme autant de contre-pouvoirs (« le pouvoir doit arrêter le
pouvoir », écrit Montesquieu). La séparation des pouvoirs est un principe
de répartition des différentes fonctions de l’État. Montesquieu distingue le
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Dans le
système de séparation des pouvoirs, chaque pouvoir jouit d’une autonomie
par rapport aux autres et bénéficie de moyens de contrôle réciproque. La
distribution du pouvoir est censée rendre impossible sa concentration et
son usage despotique.
2°) l’approche institutionnaliste amène à identifier le pouvoir à l’État et à
des institutions. Les gouvernants ne possèdent, sauf dans certains
régimes, le pouvoir en propre. Dans les démocraties représentatives, il est
exercé en vertu d’une délégation consentie par les représentants. Les
dirigeants ne sont que les détenteurs provisoires d’un pouvoir parmi
d’autres. Ils détiennent ce pouvoir en vertu de sa définition institutionnelle.
Ils sont parfois les détenteurs (officieux) du pouvoir alors qu’ils sont censés
appliquer les décisions prises par les responsables politiques
3°) l’approche relationnelle (ou interactionniste) n’appréhende pas le
pouvoir comme une chose, mais comme une relation, un pouvoir sur
quelqu’un, un ensemble de pratiques. Le pouvoir suppose obligatoirement
une relation sociale. Le politologue américain Robert Dahl définit
classiquement le pouvoir comme « la capacité d’une personne A d’obtenir
qu’une personne B fasse quelque chose qu’elle n’aurait pas fait sans
l’intervention de A ». En ce sens, les parents exercent un pouvoir sur leurs
enfants, un instituteur exerce un pouvoir. Le pouvoir est pensé comme
l’objet de la lutte des classes. L’État n’est que l’expression politique des
intérêts de la bourgeoisie.
B-Les différentes théories sur l’origine du pouvoir : la tradition de
sacralisation du détenteur du pouvoir
La science politique est une discipline hybride qui cherche à clarifier les
théories qui posent en principe l’origine du pouvoir dans la société depuis
l’Egypte antique, Rome, Japon etc. Nous rappelons que, il ya deux théories
théocratiques sur le pouvoir :
1°) Dans la doctrine du droit divin surnaturel, le pouvoir vient de Dieu.
Autrement dit, c’est Dieu qui choisit directement le souverain, la personne
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
ou la dynastie pour l’exercer. C’est une théorie classique de la monarchie
de droit divin.
2°) La doctrine du droit divin providentiel souligne quant à elle que le
fondement du pouvoir est bien divin, car tout autorité repose sur la volonté
de Dieu. Cette doctrine a pour origine saint Paul, mais développé par saint
Thomas D’Aquin.
B-La notion du pouvoir Politique en Science Politique
Le pouvoir politique est le pouvoir qu’on exerce dans un Etat à plusieurs
niveaux par rapport à la décentralisation. En général, la science politique
s’intéresse à un pouvoir particulier : le pouvoir politique qui constitue le
gouvernement des sociétés dans leur ensemble. Le gouvernement d’une
société, c’est la capacité de certains groupes à diriger la vie en société à
travers les institutions établies, à orienter les comportements des membres
de l’ensemble de cette société, de promulguer des règles générales et de
s’assurer de leur mise en œuvre. Il y a en ce sens une spécificité du
pouvoir politique par rapport aux autres manifestations du pouvoir dans la
société : il se traduit par des interdits sur les autres acteurs sociaux, par
une ambition de gouverner la collectivité dans son ensemble. Une telle
position implique quatre conséquences. D’abord, l’espace politique est une
instance spécifique, susceptible de commander aux autres sphères
(économiques, sociales, familiales), de définir des règles qui s’appliquent à
l’ensemble des segments de la société (par exemple, en interdisant
certaines conduites dans l’espace familial ou en régulant le monde
économique).
Paragraphe 2 Les principales caractéristiques du pouvoir politique
A-Obtenir la légitimité et la contrainte
Le pouvoir politique s’exerce avec l’usage de la contrainte physique
légitime. Pour s’assurer de la direction des comportements dans une
société, de la promulgation et de l’application des règlements, il faut
disposer potentiellement de l’usage de la force. Autrement dit, le pouvoir
politique concerne les relations coercitives qui s’exercent au nom des
affaires collectives (intérêt général).La contrainte permet aux gouvernants
d’utiliser divers moyens qui est le recours à la force pour faire triompher
leur volonté en absence. Cependant, cette activité ne repose pas
uniquement sur la force, mais pose la question de la légitimité. La légitimité
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
suppose l’existence d’un gouvernement s’exerçant sur un territoire et une
population données. C’est la reconnaissance accordé à celui qui exerce un
pouvoir, on accepte comme normal le détenteur du pouvoir de donner les
ordres et prescrive des comportements. Max Weber à développer trois
caractéristiques de légitimité :
1°) la légitimité traditionnelle qui découle de la forme du pouvoir qui est
basé sur les valeurs traditionnelles c’est-à-dire une transmission
héréditaire, un pouvoir personnalisé.
2°) la légitimité charismatique se caractérise par un dévouement des sujets
à la cause de l’individu. Ce qui compte, c’est l’exploit que le peuple lui
confère.
3°) la légitimité rationnelle est la forme de domination basée sur les
normes, les gouvernants ne sont pas des dépositaires de pouvoir, mais ses
mandataires.
B-L ‘obtention de l’obéissance à un pouvoir : la domination selon
Weber
On peut suivre Maximilien Weber dans la distinction qu’il effectue entre la
puissance et la domination. Pour Weber, la puissance est globalement
assimilable à ce que nous avons appelé plus haut le pouvoir : « Puissance
signifie toute chance de faire triompher au sein d’une relation sociale sa
propre volonté, […] peu importe sur quoi repose cette chance ». La
domination repose quant à elle sur l’acceptation de la contrainte (Weber
parle également « d’autorité » pour définir la domination : les individus
obéissent non en raison de la simple contrainte mais par consentement.
Avec la domination, les « dominés » acceptent le commandement parce
qu’ils le perçoivent comme légitime : « Toutes les dominations cherchent
ainsi à éveiller et à entretenir la croyance en leur “légitimité” ».
La légitimation du pouvoir est pour Weber centrale et il va proposer une
célèbre trilogie des formes du pouvoir et de l’autorité dont seule l
Section 2 La Science Politique : une science de l’Etat
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Selon un raisonnement positiviste, les premières générations de
politologues, pour la plupart spécialistes du droit constitutionnel, ont tenté
de décrire le fonctionnement des institutions et la pratique des
gouvernements mis en place après les deux guerres mondiales. Les
politologues estimaient que les institutions constituaient les fondations
concrètes de la politique et, par extension, de la science politique. Choisie
comme unité d’analyse privilégiée, l’étude des institutions permettait de
définir l’espace politique, d’imaginer les frontières séparant « la politique »
de « la société » et de « donner au système politique sa cohérence et son
intégrité »4. Pour ce faire, on postulait que les institutions avaient une «
existence réelle » (postulat ontologique) et des propriétés intrinsèques. Ce
postulat permettait d’expliquer non seulement des résultats et des
événements particuliers, mais offrait aussi des clés de compréhension
dans l’explication des relations de cause à effet dans la vie politique. Ainsi,
des institutions comme les parlements, les constitutions ou l’administration
étaient analysées comme des objets qui pouvaient être comparés,
mesurés et classifiés. Au cœur de ces travaux se trouvait l’intérêt pour les
données brutes qui devaient permettre d’élucider la nature des institutions,
leur rôle et leur fonctionnement.
Paragraphe 1 La notion de l’Etat
L’Etat est le résultat d’un processus évolutif d’institutionnalisation du
pouvoir, processus qui s’est produit à des moments différents dans
l’histoire selon les sociétés, les contraintes externes auxquelles elles ont dû
faire face. L’apparition de l’Etat est le passage d’un système de pouvoir
personnel à un système de pouvoir institutionnalisé. Il apparait lorsqu’il
devient nécessaire de séparer l’exercice du pouvoir de sa propriété. Dans
le cadre de l’Etat où le pouvoir est institutionnalisé, toute personnalisation
du pouvoir disparaisse. La désignation de celui qui exerce le pouvoir n’est
plus alors la seule résultante des rapports de forces et des qualités
personnelles, mais le respect des règles qui régissent l’attribution du
pouvoir au sein de l’Etat.
4
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
A L’Etat, personne morale
L’Etat personne morale c’est dans la mesure où l’Etat est la forme
institutionnalisé du pouvoir, il est doté de la capacité de vouloir agir sur le
plan juridique : c’est ce qu’on appelle l’Etat possède la personnalité morale.
Si matériellement le pouvoir est exercé dans un Etat par un homme, il
appartient à une institution, l’Etat abstraite par nature, donc doté de la
permanence. Dans ce cas, l’Etat jouit de la permanence à travers les
changements du personnel politique : c’est la règle de la continuité de
l’Etat.
C’est ce travail minutieux d’observation du fonctionnement des institutions
qui a permis de mettre en avant les caractéristiques des régimes
démocratiques et de les comparer plus tard à d’autres types de régimes
politiques. Ces premiers travaux ont mis les bases du premier courant
théorique de la discipline, l’institutionnalisme classique. C’est en observant
les institutions que des concepts tels que la « démocratie parlementaire »,
le « fédéralisme », le « contrôle de constitutionnalité » ont été définis. C’est
aussi en observant la réalité que les chercheures ont pu, par exemple,
constater que le scrutin uninominal à un tour « conduit généralement à une
distorsion significative entre le nombre de voix recueilles et le nombre de
sièges obtenus.
B-L’autorité Etatique
L’existence d’une autorité publique qui exerce le pouvoir sur le territoire et
la population constitue le troisième élément constitutif de l’Etat. Cette
autorité prend toutes les décisions relatives à la gestion des affaires
communes : elle dispose du pouvoir de coercition afin d’assurer le respect
des décisions prises. L’autorité Etatique présente trois caractères : elle est
personnifiée, elle est souveraine et elle est soumise au respect du droit. Si
ce sont les autorités qui prennent des décisions, ces décisions ne leur sont
pas imputables en tant qu’individus, mais les décisions prise par les
autorités sont imputables à l’Etat, personne morale.
Parmi les facteurs les plus actifs, retenons l'instauration de nombreux
régimes totalitaires auxquels les perfectionnements de la technique (et
spécialement des modes de communication) ont conféré des moyens
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
d'oppression sans précédent. Faisant éclater l'impuissance des dispositifs
légaux de protection, établissant la possibilité d'un décalage complet entre
la lettre des institutions et leur fonctionnement pratique, ce phénomène a
incité les spécialistes à concentrer leur attention sur le contenu concret de
l'action gouvernementale et les méthodes appliquées pour s'assurer
l'obéissance. Durant le même temps, les sociétés démocratiques ont subi
une évolution profonde : extension de la sphère d'activité publique,
multiplication des atteintes aux prérogatives individuelles, intensification
des efforts pour orienter les esprits. Roger Soltau définit-il la science
politique comme « l'étude de l'État, de ses objectifs, des institutions qui
permettent de les réaliser, des relations de l'État avec les individus
membres et les autres États et aussi de ce que les hommes ont pensé,
écrit et dit sur ces questions ».
Ainsi a-t-il étudié les procédés par lesquels les élites politiques s'efforcent
d'établir et de consolider leur situation privilégiée. Mais son propos s'est
sans cesse élargi jusqu'à une tentative d'exploration systématique de
toutes les formes de pouvoir et de leurs racines psychologiques communes
en liaison bien entendu avec la distribution des « valeurs » dans la société.
Par-là, on aboutit à une conception de la science politique assez large pour
embrasser tout acte orienté vers la possession des valeurs à travers
l'usage du pouvoir ou de l'influence. La discipline deviendrait en somme
une science totale du pouvoir dont l'objet serait l'étude de l'influence et de
celui qui l'exerce (ce qui dépassé de beaucoup l'analyse des facultés
fondées sur une disposition légale). L'opinion moyenne est plutôt de borner
la discipline à l'exercice du pouvoir dans le système gouvernemental, le
problème étant alors d'identifier les critères qui permettent d'isoler le
pouvoir politique des autres pouvoirs sociaux.
Chapitre III Les faits politiques ou la politisation des phénomènes
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
On peut analyser la science politique comme la science des faits
politiques, mais comment alors définir un fait politique ? Les faits politiques
ne sont pas politiques par nature. La dimension politique d’un fait est
variable dans le temps et dans l’espace. Tout n’est pas politique mais tout
fait social est « politisable ». Il faut considérer le politique comme une
dimension potentielle de tout phénomène social. Les processus de
politisation sont complexes, ils sont rarement maîtrisés par un seul type
d’acteurs et le résultat de démarches et d’entreprises volontaires. Ils sont le
produit de rapports de force entre multiples acteurs. Il n’y a pas en somme
de définition universellement opératoire du politique. La science politique
rassemble une communauté de chercheurs qui analysent les mécanismes
au principe de la conquête, de l’exercice et de la conservation des
positions de pouvoir politique et ceux qui concourent à politiser et prendre
en charge politiquement des problèmes sociaux. Cette discipline a été une
des dernières sciences sociales à apparaître au XIX e siècle. Cette
émergence est le produit de plusieurs évolutions : le développement d’une
bureaucratie moderne, le processus de sécularisation, l’universalisation du
suffrage, la spécialisation de l’activité politique par rapport à d’autres
activités sociales et l’émergence d’institutions spécialisées. Il est important
de voir le processus de politisation (Section 1), ensuite aborder les sous
discipline de la science politique (section 2)
Section 1 Le processus de politisation :
Un fait social obéi à trois caractéristiques : un fait social est extérieur à
l’individu, un fait social est doté d’un pouvoir de coercition c’est à dire de
contrainte qui s’impose à l’individu, un fait social s’explique par d’autres
faits sociaux. L’espace politique, écrit Jacques Lagroye, est « façonné par
les acteurs les plus divers ». La politisation, poursuit-il, n’est rien d’autre
que « la production sociale de la politique, de ses enjeux, de ses règles, de
ses représentations ». Il convient donc de s’intéresser aux processus de
politisation. Il faut les acteurs investis dans le champ politique (dirigeants,
partis, journalistes, groupes d’intérêt, intellectuels…). Ces questions
peuvent être prises en charge par les pouvoirs publics et faire l’objet ou
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
non de politiques publiques. Jacques Lagroye entend par politisation le
processus de « requalification des activités sociales les plus diverses,
requalification qui résulte d’un accord pratique entre des agents sociaux
enclins, pour de multiples raisons, à transgresser ou à remettre en cause la
différenciation des espaces d’activités ». Les interactions entre « politique »
et « social » sont complexes.
Section 2 Comment un fait social devient un phénomène politique
On peut définir la science politique comme la science des faits politiques,
mais comment alors définir un fait politique ? Comment le circonscrire ?
Quelles sont les limites de la politique ? Spontanément, le sens commun
associe la dimension « politique » à divers objets de la vie sociale
quotidienne : les élections, les hommes « politiques », l’État, les politiques
publiques menées par les autorités… Il y a ainsi « une vie politique » dont
la presse rend compte dans des rubriques spécifiques (« les pages
politiques »). Le droit a tendance à considérer comme politiques les
institutions qui organisent la vie politique (le gouvernement, le parlement, la
présidence de la République, les collectivités locales). Mais on ne saurait
prendre pour objets politiques que ceux que les acteurs considèrent
comme tels et les frontières strictement officielles
A) À un niveau macro, la politisation désigne un processus par lequel les
éléments constitutifs du, de la, des politique(s) sont relayés par des acteurs
influents dans diverses arènes ou forums (comme le parlement, le
gouvernement) pour y faire l’objet de débats sociétaux (versus privés) qui
amènent les décideurs politiques à se positionner par rapport à lui. Par
exemple, le problème des taxis moto est resté pendant longtemps une
affaire privée : c’est devenu un problème public à partir du moment où des
accidents de circulation sont récurrents. Même le cas du tabac dans le
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
passé, c’est un problème privée, mais plus tard, les associations se sont
souciées des effets du tabagisme (passif) sur la santé, où des autorités
publiques y ont ajouté le coût pour des traitements assumés par la sécurité
sociale, jusqu’à faire l’objet d’une politique publique dont en Belgique un
arrêté royal en 2005 interdisant de fumer dans les lieux publics.
Certains problèmes peuvent être plus ou moins politisés selon les périodes
et les pays. Par exemple, longtemps, en Occident, la question des rapports
hommes- femmes n’était pas considérée comme politique. Ce qui est
aujourd’hui considéré comme des inégalités, notamment suite à la
mobilisation d’un mouvement féministe, était perçu autrefois comme «
naturel », « normal », allant de soi. De même, en ce qui concerne la
question de la pauvreté qui a été prise en charge, pendant des siècles,
seulement par des pratiques caritatives privées, avant que le mouvement
ouvrier ne fasse pression sur l’État pour qu’il intervienne dans ce domaine.
B) La politisation des citoyens
Au niveau micro, la politisation revêt un deuxième sens : celle de la
socialisation et la participation politiques des individus. Elle dénote l’intérêt
pour l’investissement dans, voire la participation active des citoyens à la
politique. Bien sûr, elle varie d’une personne à l’autre et dans le temps :
elle est réactivée par certaines conjonctures comme les campagnes
électorales, les « affaires » ou des crises (par exemple la « question de la
sécurité en RCA » en 2013 et des minorités, la question d’initiative
populaire sur la révision de la constitution en 2023, ville propre chaque
samedi. La politisation des individus s’effectue selon deux schémas
idéaux-typiques.
Premièrement, la politisation peut être « pragmatique » en ce que les
personnes poursuivent des objectifs, voire même des intérêts, en abordant
des acteurs politiques qui sont perçus comme utiles pour les atteindre.
Ces objectifs peuvent être collectifs ou individuels, de même que les
acteurs politiques dont il est question pourront être des individus (un
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
ministre) ou des organisations (un parti politique). Par exemple, les
syndicats de travailleurs aux États- Unis ont toujours soutenu (y compris
financièrement) le Parti démocrate. À la limite, cette politisation conduit au
clientélisme et à l’extrême, aux pratiques mafieuses.
Deuxièmement, la politisation peut être « idéaliste » par le fait que des
personnes considèrent la politique comme un combat pour de grandes
causes prônant des valeurs de manière forte. Par exemple, la lutte contre
la domination Française au nom de la liberté du développement (comme
les citoyens sont mobilisés en RCA en soutien à la majorité politique MCU,
en Birmanie les étudiants ont soutenue l’opposante démocrate Aung San
Suu Kyi contre le régime de la junte militaire birmane depuis le milieu des
années 2000), le dépassement des clivages pour l’indépendance d’un État
(l’union en 1830 des catholiques et des libéraux dans le dépassement du
clivage clérical vs anti- clérical pour l’indépendance de la Belgique face aux
Pays-B as dominés par les protestants, l’émancipation des travailleurs au
nom de la justice sociale, etc. La politique est alors très mobilisatrice. Elle
permet à un groupe de se sentir uni (cohésion sociale). Dans la doctrine
marxiste, la politisation vise à donner une conscience politique à des
individus inorganisés et tout particulièrement aux travailleurs conçus
comme « aliénés » : la « conscience de classe ». À l’extrême, dans le
contexte de la propagande employée par un régime non démocratique – au
sens de la démocratie libérale –, soulignons que la politisation peut avoir
comme effet pervers d’anesthésier le pluralisme, l’esprit de négociation et
de compromis (par exemple, la Révolution bolchevique de 1917 en Russie,
sous la direction de Lénine.
Section 2 Les définitions conceptuelles
A-Politique : un concept polysémique
a)Le politique au masculin désigne le pouvoir politique, l’homme politique
c’est-à-dire celui qui gouverne ou exerce des responsabilités dans la cité
b) La politique au masculin désigne la vie politique, l’arène, l’espace où
les responsables politiques s’affrontent pour la conquête du pouvoir
politique. c) La politique ou les politiques est le dernier sens du mot
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
politique renvoie aux programmes d’actions mise en place par une
institution pour atteindre des objectifs fixés. Les politiques publiques sont
des actes du gouvernement dont la finalité est de résoudre un problème
dans le cadre de l’intérêt général (problème de chômage, sécurité,
l’analphabétisme etc.).
d) le régime politique désigne le mode d’organisation des pouvoirs
publics : mode de désignation, compétences, définition des rapports entre
les différents pouvoirs. Les régimes politiques sont le fruit du jeu des forces
politiques dans le cadre institutionnel défini par la constitution ou par la
coutume. S'ajoutent d'autres facteurs, historiques, idéologiques, culturels,
qui déterminent la nature des régimes politiques. Tous les régimes ne sont
pas démocratiques. Les démocraties se distinguent par l'existence d'une
pluralité de partis politiques, par la liberté de choix laissée aux citoyens et
par la distinction des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Par ailleurs,
on peut classer les différents types de régimes démocratiques selon qu'ils
privilégient la collaboration des différents pouvoirs (régime d'assemblée,
régime parlementaire) ou leur stricte séparation (régime présidentiel).
Certains régimes présentent par ailleurs un caractère mixte, à la fois
parlementaire et présidentiel.
e) La mise dans l’agenda désigne l’ensemble des problèmes perçus dans
la société qui font débat public, voir même l’intervention des autorités
légitimes
f) la nation : selon la première école d’inspiration essentiellement
germanique, la nation repose sur des éléments objectifs tel que ; la langue,
la religion la culture qui traduisent l’appartenance à une communauté
globale. La seconde conception d’origine Française, définie la nation
comme une construction sur la base d’une volonté de vivre ensemble,
fondée sur un passé partagé.
B- La participation politique : l’élection et le vote
Philippe Braud défini la participation politique comme un ensemble des
activités individuelles ou collectives susceptibles de donner aux gouvernés
une influence sur le fonctionnement du système politique.
-l’élection constitue le mode de désignation démocratique des
gouvernants. L’exercice d’élections disputées est en effet l’une des
conditions de la démocratie pluraliste. L’électeur doit répondre à des
conditions pour afin avoir l’accès au vote : l’aptitude civique, intellectuelle et
morale.
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Le vote présente des traits principaux qui sont : il est secret c’est-à-dire
garanti par l’uniformité des enveloppes, le passage dans l’isoloir, l’absence
d’intermédiaire entre la main de l’électeur et l’urne, le vote est rationnel en
ce sens que l’électeur vote selon sa conscience.
Le sondage : un sondage est une technique d’enquête statistique auprès
d’une population, visant à produire des résultats quantitatifs à partir des
informations collectés sur un échantillon de personnes. En politique, on
distingue trois types de sondage :
Premièrement, le sondage qui porte sur les intentions de vote, fondé sur
une déclaration avant les élections.
Deuxièmement, le sondage qui porte sur les caractéristiques sociales de
l’électorat.
Troisièmement, les enquêtes d’opinion qui prétendent révéler l’opinion
publique à partir des questions.
Les régimes autoritaires fermés (Chine, Arabie Saoudite) sont
caractérisés par l’absence d’élections nationales multipartites. Ils
représentent la forme politique la plus restrictive en termes de contestation
et de participation. La sélection des dirigeants ne se fait pas selon un
processus électoral au suffrage universel mais limite cette prérogative à un
cercle restreint d’élites : .Cette forme d’autoritarisme emploie le plus
souvent un haut niveau de répression pour maintenir son contrôle sur les
sociétés.
Les régimes autoritaires électoraux (eg. Zimbabwe, Cambodge). Malgré la
manipulation entourant ces processus, ces régimes organisent des
élections au suffrage universel et donne ainsi une large dimension
participative aux élections (Schedler, 2002 :3). De plus, le degré de
contestation atteint est certes moins élevé que dans des modèles
démocratiques mais reste néanmoins significatif par la présence d’une
réelle opposition dans la course électorale (Schelder, 2002 :3). Schedler
souligne que la distinction entre les régimes autoritaires fermés et les
régimes autoritaires électoraux s’établit dans la nature du scrutin organisé.
Ainsi, même si ces élections n’offrent pas une lutte équitable entre
l’opposition et le pouvoir (Levitsky et al., 2010), elles constituent somme
toute une compétition politique réelle, abordée de manière consciencieuse
par les acteurs qui y participent.
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Les démocraties électorales (Inde, Ghana depuis 2000) sont
caractérisées par une sélection du chef d’Etat par le biais d’élections «
justes et libres » (Howard et al., 2009 : 109). Les dimensions de
participation et de contestation sont largement présentes et respectées
d’où l’établissement d’un cadre électoral légitime et équitable entre le
dirigeant et l’opposition. Cependant, l’intégrité des processus électoraux
cohabite avec des défaillances sur d’autres dimensions attachées
communément au modèle démocratique - eg. Etat de droit, responsabilité
politique des dirigeants, niveau de libertés individuelles: “While liberal
democracies go beyond the electoral minimum, electoral democracies do
not. They manage to “get elections right” but fail to institutionalize other
vital dimensions of democratic constitutionalism” (Schedler, 2002:37). Par
conséquent, cette catégorie de régime offre des caractéristiques
électorales démocratiquement satisfaisantes mais font défauts sur d’autres
indices de démocratie.
Les démocraties libérales (Suisse, Etats-Unis) respectent quant à elles
une procédure électorale juste et libre tout en combinant une
institutionnalisation adéquate d’autres attributs propres à une gouvernance
démocratique: “they are strictly bound by the state’s constitution and the
rule of law, with horizontal accountability among officeholders, protection of
pluralism and freedoms … “ (Howard et al., 2009: 109). Les dimensions de
participation et de contestation sont ainsi relativement similaires aux
démocraties électorales, mais la présence d’un Etat de droit et d’un niveau
de liberté civile supérieur fait de ces régimes des modèles démocratiques
plus achevés.
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Chapitre IV Les partis politiques et d‘autres acteurs de la vie
politique
L’organisation des élections est un phénomène largement répandu à
travers le globe. Alors qu’on associe le plus souvent cet exercice populaire
à l’essence démocratique d’un pays (Huntington, 1991 : 9), de nombreux
régimes ont introduit des processus électoraux tout en préservant une
nature foncièrement autoritaire. Voir des dirigeants autoritaires soumettre
leur pouvoir à la volonté de leur peuple tout en s’assurant que le résultat
leur sera favorable est ainsi devenu un événement commun sur la scène
politique mondiale. Certes présente avant la fin des années 1980, cette
association entre élection et autoritarisme s’est définitivement confirmée et
affirmée avec la fin de la Guerre froide. Suite à l’effondrement de l’Union
soviétique, une traînée électorale envahit de nombreux régimes se
réjouissant d’afficher une façade démocratique à leur pouvoir mais peu
enclins à accepter les dimensions de contre-pouvoir, de limite de mandat
ou encore d’intégrité électorale attachée à ce mode de gouvernance.
Section 1 Les partis politiques et groupes d’intérêts : points
communs et différences
La vie en société va toujours de pair avec l’existence de groupes qui
s’organisent pour représenter leurs intérêts, dans la société et vis-à-vis du
pouvoir politique. Les groupes de pression se sont manifestés dans tous
les régimes, bien avant que ne naissent les partis politiques au 19ème
siècle. De l’Europe médiévale, où l’ordre politique ne reconnaissait pas
l’individu mais une multitude de communautés, guildes, corporations,
assemblées, à aujourd’hui, les mutations sont considérables, mais la
pression exercée par les “parties” de la société sur la marche de l’Etat est
une constante. Pourtant, on n’a pas vraiment conscience en France de
l’importance des groupes de pression, ou lobbies, comme acteurs
politiques. On connaît par exemple peu le rôle des fédérations agricoles
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
françaises dans la formulation de la politique agricole européenne, ou la
manière dont des intérêts multiples se sont confrontés pour imposer la
politique de sécurité routière en France, ou l’action d’Act Up sur la politique
de lutte contre le sida, ou encore comment les Allemands sont devenus les
spécialistes du lobbying européen dans le domaine de l'environnement,
pour imposer des normes qui favorisent leurs entreprises (dans la
dépollution, dans la construction automobile, etc). Le lobbying est devenu à
l’échelle mondiale un moyen presque banal d'intervention dans la vie
publique, non seulement pour de grandes entreprises, mais aussi pour de
nombreuses organisations à but non lucratif. Les écologistes, les
associations de consommateurs, les syndicats utilisent l'arme du lobbying.
En France, le lobbying garde une mauvaise image, renvoyant à une activité
secrète, louche, sournoise, qui promeut des intérêts particuliers contre
l’intérêt général. A l’inverse, aux Etats-Unis, il est institutionnalisé et les
activités lobbyistes, réglementées, peuvent être menées de manière
publique.
Paragraphe 1 le point de divergence et convergence
Leurs points communs : ils animent la vie politique dans la société,
encadre l’action du gouvernement, critique et propose des alternatives.
Leurs points de divergence :
Un partis politique a pour objectif la conquête du pouvoir politique par la
voie des élections et de conserver afin de mettre en œuvre un projet
politique. Tandis qu’un groupe d’influence mène une action pour la
satisfaction des besoins d’un groupe ou d’un problème quelconque.(milice
etc..)
Les groupes de pressions, d’intérêts et les lobbyings
Le terme lobby est traduit souvent en France par “groupe de
pression”. On peut tenir les deux termes pour équivalents : « un
groupe de pression est défini comme une entité organisée qui
cherche à influencer les pouvoirs publics et les processus
politiques dans un sens favorable à ses intérêts sans pour autant
participer à la compétition électorale ». Le lobbying est une activité
qui consiste à procéder à des interventions destinées à influencer
directement ou indirectement les processus d'élaboration,
d'application ou d'interprétation de mesures législatives, normes,
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
règlements et plus généralement, de toute intervention ou décision
des pouvoirs publics ».
Si le lobbying renvoie historiquement à la pratique d’influence des
parlementaires, par extension, peut être qualifiée de lobbying toute activité
d’influence des décideurs publics par un groupe d’intérêt. Le lobbying vise
surtout à agir sur le pouvoir législatif et réglementaire des Etats. C’est une
activité politique qui n’est pas réservée aux acteurs économiques, mais
concerne aussi bien les entreprises que les groupes d’intérêt publics, en
passant par les ONG et les think-tanks.
En revanche, la notion de groupe d’intérêt définit une réalité plus
large que celle de groupe de pression. Un groupe d’intérêt
(syndicat ou organisations patronale, entreprise, mouvement
social…) est une “entité qui cherche à représenter et à promouvoir
les intérêts d’un secteur spécifique de la société. (…) Cette
représentation du groupe s’exerce vis-àvis de l’ensemble de la
société et non seulement d’une administration ou d’un ministère et
elle ne se traduit pas nécessairement par une démarche visant à
faire pression. » (Grossman, 2005)
En France et aux Etats-Unis, il ya une distinction faite entre deux types
de groupes d’intérêt, à partir des objectifs poursuivis :
Les groupes liés à une cause sont nommés “groupes d’intérêt
public” : ils représentent en général des intérêts non économiques,
et n’ont pas d’objectifs visant à obtenir des gains matériels pour
leurs membres. Ils sont fondés sur une croyance ou un principe, et
agissent pour le bien de l’ensemble de la communauté (Amnesty
International, Greenpeace…) ;
Section II Un parti Politique
Paragraphe 1 Qu’est-ce qu’un parti politique ?
La définition donnée par Joseph La Palombara, « un parti politique est
une organisation durable, structurée au niveau national comme au niveau
local, destinée à rassembler les individus pour conquérir et exercer le
pouvoir politique ». Dans un parti politique, les personnes partagent les
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
mêmes intérêts, opinions dès qu’ils seront aux affaires afin de mettre en
pratique leur programme politique pour la société.
Les critères d’identification d’un parti politique sont :
-la permanence de l’organisation, c’est-à-dire le parti doit avoir une
espérance de vie après son fondateur.
-la visibilité du parti politique renvoie que le parti est partout au niveau local
et national (fédérations, sections …) pour permettent d’être visible, avoir
une circulation d’information à tous les échelons.
-la recherche d’un soutien populaire à l’approche des échéances
électorales
-la volonté des dirigeants du parti d’accéder au pouvoir et de conserver par
une coalition ou seul.
Les fonctions des partis politiques : les fonctions manifestes et latentes
des partis sont :
Fonction de recrutement et de sélection du personnel gouvernemental
Fonction gouvernementale ou d’encadrement
Fonction programmatique
Fonction de structuration des suffrages
Fonction d’agrégation des intérêts
Fonction de communication
Fonction de socialisation politique
Fonction de légitimation
Fonction tribunitienne
Paragraphe 2 L’organisation des partis : la typologie des partis
politiques
C’est Maurice Duverger qui à élaborer les grands types organisationnels de
partis c’est-à-dire les partis de cadre et les partis de masses
Partis de cadre
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
Les partis de cadre sont des partis politiques qui cherchent à recruter des
élites sociales ou des personnes de par leur positionnement social
(fortune) et de réseaux relationnels important. Les partis de cadre renvoi
des prérogatives des pouvoirs que l’on confère au parlement et l’extension
progressive du droit de suffrage. Dans le même temps, le droit de vote
s’étend avec la création de comités électoraux qui se mettent en place pour
encadrer les nouveaux électeurs. Le mode de financement est un système
capitaliste
Parti de masse
Les partis de masse apparaissent comme des flux, grand nombre actif des
militantismes, leur adhésion constitue un poids lourd pour l’activité du parti.
Le mode de financement par rapport aux nombres des adhérents.
Typologie des régimes politiques
En résumé, la distinction entre autoritarisme fermé et autoritarisme
électoral se fait sur le degré de participation/contestation affilié à leurs
processus électoraux. La différenciation entre autoritarisme électoral et
démocratie électorale réside dans l’intégrité de leur compétition électorale
tandis que les démocraties libérales se distinguent par la qualité de leurs
propriétés démocratiques.
Par GUEBANZALIOUA –Ghislain, Doctorant en Science Politique de l’Université de Dschang
. Orientations bibliographiques
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