Avortements criminels à KapoLOWE-Mission
Avortements criminels à KapoLOWE-Mission
O. INTRODUCTION
Avant d’aborder les généralités sur les avortements criminels, le cadre méthodologique et
l’analyse des résultats, il nous paraît utile de situer notre étude par rapport à quelques travaux
antérieurs qui ont été faits dans le même sens, afin de faire ressortir ce qui nous démarque
d’eux.
La littérature antérieure sur l’un ou l’autre aspect de notre sujet d’étude est plus ou moins
abondante.
soit pour nourrir la famille, soit pour payer les études, soit enfin pour jouir de leur jeunesse.
Suite à la débauche, la plupart de ces filles se retrouvaient avec une grossesse non désirée qui
handicapait leur vie.
C’est alors qu’elles décidaient de l’expulser sans tenir compte des conséquences qui
pourraient en découler (3).
En 1992, ZAKULOULOU MASSALA et ses collaborateurs ont mené une étude sur les
complications des avortements clandestins à Brazzaville. Ces auteurs rapportent 221 cas de
complications d’avortements criminels sur une période d’un an. Les complications à court et à
moyen terme étaient diverses, dont les cas de rétention partielle ovulaire étaient les plus
fréquents. Venaient ensuite les cas d’infection à type d’endométrites, de salpingites voire de
péritonite et de septicémies.
Les complications à long terme, non évaluées dans ce travail (salpingites chroniques,
douleurs pelviennes, infertilités secondaires,…) étaient certainement plus importantes (39).
Tout en emboîtant le pas de ces différents chercheurs, nous nous démarquons d’eux en
ce sens que si leurs études étaient purement descriptives, la nôtre se veut essentiellement
analytique et critique. C’est à ce niveau que se situe notre contribution.
Dans le cadre de cette étude, nous avons choisi pour sujet : « la problématique des
avortements criminels dans La secteur de la Lufira ».
Le choix de ce sujet a été déterminé par les circonstances du moment. Depuis quelques
années, les abandons de fœtus dans les poubelles ou dans les bas quartiers font la une des
informations radiodiffusées à KAPOLOWE MISSION suite aux rapports sexuels non
protégés, les jeunes filles démunies et vivant encore sous le toit paternel recourent aux
avortements criminels pour se débarrasser des grossesses non désirées.
Du point de vue spatial ou délimitation en largeur, l’étude s’étend sur toute l’étendue du
secteur de la Lufira comprenant les 9 groupements.
0.4. OBJECTIFS
0.5. HYPOTHESES
Après s’être fixé les objectifs à atteindre dans cette étude, les hypothèses suivantes ont été
émises :
La difficulté majeure rencontrée au cours de nos recherches était d’identifier toutes les
femmes ayant avorté pendant la période de notre étude. En effet, les avortements se font dans
la clandestinité dans des lieux cachés et rares sont les femmes qui avouent, même après avoir
été rassurées par l’enquêteur de la confidentialité des renseignements qu’elles fourniront,
qu’elles ont pratiqué une interruption clandestine de la grossesse.
En outre, les livres et autres littératures sur les avortements criminels sont presque inexistants
dans les bibliothèques de l’école de santé publique à Lubumbashi.
Enfin, certains questionnaires d’enquête ont été déconsidérés parce qu’ils n’étaient pas
complétés dans leur entièreté : quelques enquêteurs oubliaient de récolter certaines données
auprès de la population.
L’Avortement est l’interruption d’une grossesse avant que le fœtus ne soit capable de
se maintenir en vie de façon autonome à l’extérieur de l’utérus. L’avortement peut soit se
produire spontanément, on parlera alors d’avortement spontané ou fausse couche, soit être
provoqué par une intervention voulue, et il s’agira dans ce dernier sens d’une interruption
volontaire de la grossesse. C’est dans ce dernier sens que le terme d’avortement est
généralement utilisé (18).
L’avortement à risque est une procédure qui consiste à interrompre une grossesse sans avoir
les qualifications requises et/ou dans un environnement ne répondant pas aux normes de
procédures minimales (18).
L’avortement sans risque est un service de grande qualité, légal et accessible, dispensé par
des professionnels de santé dûment qualifiés et dans un environnement approprié, pour
interrompre une grossesse non désirée (18).
Depuis que l’avortement a été légalisé (en 1973 aux Etats-Unis, en 1975 en France), le débat
sur ce thème n’a jamais cessé de diviser les chrétiens. Plusieurs Unions d’églises ( aux Etats-
Unis) se sont déclarées favorables à l’abrogation des lois interdisant l’avortement, pour
laisser la responsabilité de cet acte aux femmes ou aux couples concernés. Des revues
chrétiennes ont publié sur cette question des articles rédigés par des théologiens, des pasteurs,
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des hommes de science ou des professeurs d’éthique. La plupart évoquent les circonstances
de l’avortement, les situations qui l’engendrent, mais sans jamais se référer à la Bible. Il est
vrai que la Bible contient peu d’éléments de réponse, mais elle livre cependant quelques
vérités sur ce sujet, qui devraient être prises d’avantage en considération par les chrétiens.
Nous ne parlerons pas ici de l’avortement spontané, qui concerne environ 30% des ovules
fécondés, mais de l’avortement provoqué, et plus particulièrement de l’avortement « de
convenance » ou « à la demande ».
I.2.1.Références bibliques
La rareté des affirmations explicites sur l’avortement donne lieu, parmi ceux qui
reconnaissent l’autorité des Saintes Écritures, à des divergences d’opinion.
Exode 21 : 22-24
« Si des hommes, en se battant, heurtent une femme enceinte et causent un accouchement
prématuré, le responsable paiera une amende dont le montant sera fixé par le mari de la
femme, devant les juges. S’il provoque un accident, il donnera vie pour vie, œil pour œil, dent
pour dent, main pour main, pied pour pied, etc. »
Une traduction plus littérale du verset 22 serait : « Et quand des hommes se battent et
frappent une femme enceinte au point que son enfant sort, quand bien il n’aurait aucun mal,
ils paieront une amende déterminée par l’époux de cette femme. »
Ceux qui considèrent que le texte d’Exode 21:22-25 fait allusion à un avortement accidentel
arrivent à la conclusion suivante : une amende est imposée dans ce cas pour marquer la
différence entre un fœtus et un individu adulte ; le responsable de l’accident n’est donc pas un
meurtrier.
Les commentateurs qui l’interprètent comme une naissance prématurée en concluent que
Dieu met le fœtus et l’adulte sur un même pied d’égalité, puisque la loi du talion est appliquée
si l’enfant est mort-né.
Le Psaume 139 (V.13)
« Tu as formé mes reins (mes veines) : tu m’as couvert (tissé) dans le ventre de ma mère ».
Ce verset montre clairement que Dieu protège le fœtus, qui lui appartient. Le projet de Dieu et
sa puissance créatrice s’étend à la vie prénatale. Cela devrait empêcher quiconque de penser
qu’un fœtus n’est qu’un simple amas de cellules, visqueux et insensible. Chacun devrait
reconnaître qu’il existe déjà, au moment de la conception, un être humain en puissance, ou
mieux un être humain doté d’un véritable potentiel.
Pour Dieu, cet être est sacré, et précieux : il témoigne de son action personnelle en sa faveur.
Bien sûr, l’embryon se développe et entre dans une phase toute nouvelle au moment de la
naissance, mais la vie ne cesse jamais depuis le moment de la conception jusqu’à la mort. La
vie intra-utérine n’est pas comparable à celle d’après la naissance, mais dans les deux cas, il
s’agit bien de la vie d’un être humain. Et Dieu est intimement concerné par toute vie.
Dans le Psaume 51 (V.5), David reconnaît qu’il a été conçu « dans le péché » : il s’agit là de
son propre péché, et non celui de sa mère. Ce texte important souligne le caractère très
humain du fœtus, déjà atteint par la culpabilité : seuls les hommes et les anges sont coupables
d’avoir péché. L’acte de concevoir un enfant n’est pas du péché dès sa naissance, et donc
considéré comme pécheur devant Dieu. Cela n’est vrai que si le fœtus a déjà le statut d’un
être humain.
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Les enseignements tirés de la Bible sont peu nombreux, mais nous pouvons en conclure que
le fœtus est déjà un être humain à part entière, une vie qui a une réelle valeur pour Dieu.
[Link]érations théologiques
Il est possible d’avoir des vues différentes sur la nature spirituelle du fœtus, mais il ne
fait aucun doute que sa destruction entraîne l’arrêt d’une vie réelle qui, si elle était parvenue à
son terme, eût donné à un être humain la possibilité d’évoluer dans ce monde. Cela soulève
des questions d’ordre théologique liées au problème de l’Interruption Volontaire de
Grossesse, qu’il nous faut maintenant passer en revue. [ …]
Peut-on alors justifier l’avortement ? Un avortement peut s’avérer nécessaire à tout moment
de la grossesse si la mère a été agressée physiquement. Il serait alors considéré comme un cas
légitime. L’avortement psychiatrique est différent. On lui oppose plusieurs objections : « Les
raisons psychiatriques sont les plus fréquentes à être invoquées pour avoir recours à
l’avortement mais elles sont aussi les plus floues : on s’en sert facilement pour justifier une
IVG dans toutes sortes de situations. Un auteur écrivait à ce sujet : Pour être franc, on a
tendance, dans le domaine psychiatrique, à recommander plus souvent l’avortement pour
abréger une grossesse non désirée, que pour éviter un risque réel de porter atteinte à la santé
mentale de la mère. [ …]
J’ajouterais encore que dans certains cas, ce genre de « soins » est plus néfaste que la maladie
elle-même, car la mère peut en ressentir parfois une très lourde culpabilité. »
Il reste enfin un point important à évoquer dans cette discussion, exprimé par le Docteur Carl
Henry : « Pour répondre, en tant que chrétien, à la crise suscitée par la pratique de
l’avortement, il faudrait encourager les femmes à assumer et à retrouver le sens de leurs
responsabilités, notamment vis-à-vis de leur propre corps.
Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle, et demeure sous son contrôle, et non celui
d’autres personnes. Elle seule est responsable, devant Dieu et au regard de la société, de la
façon dont elle l’utilise.
Si elle perd ce contrôle à la suite d’un entretien avec une deuxième personne pendant la
grossesse, puis avec une troisième avant la naissance, ou sous l’influence de la société tout
entière, il est déjà trop tard pour qu’elle demande à avorter sur la base de sa seule décision. Le
Dieu de la création et de la rédemption a un droit de regard sur la capacité de la femme à
mettre un enfant au monde ; la plupart des avortements « de confort » contredisent ou
méprisent une telle conviction. »
8
ROUGE: L'avortement est illégal quelles que soient les circonstances ou toléré
uniquement pour sauver la vie de la femme
ROSE: L'avortement est légal uniquement pour sauver la vie de la femme ou
protéger sa santé physique
JAUNE: L'avortement est légal uniquement pour protéger la santé mentale de la
femme
BLEU: L'avortement est légal s'il est fondé sur des critères socioéconomiques
BLANC: L'avortement est pratiqué sur demande
Environ 25 % de la population mondiale vit dans des pays où la législation sur l'avortement
est très stricte, principalement en Amérique Latine, en Afrique et en Asie. Ces pays sont ceux
où l'avortement est le plus sévèrement réprimé par la loi. Dans certains pays comme le Chili,
les femmes ayant eu recours à un avortement illégal sont emprisonnées.
La figure ci-haut (38) montre que la loi sur l’avortement en République Démocratique du
Congo est très restrictive : la législation Congolaise interdit l’avortement quelles que soient
les circonstances ; exception faite par le cas où la grossesse mettrait en danger la vie de la
femme.
Cette interdiction totale de provoquer un avortement est confirmée par l’extrait suivant du
code pénal de la RDC.
Section I : de l’avortement
9
Art. 165. [O-L.70-031 du 30 avril 1970. – celui qui, par aliments, breuvages, médicaments,
violences ou par tout autre moyen, aura fait avorter une femme, sera puni d’une
servitude pénale de cinq à quinze ans. ]
Art. 166. [0-L.70-031 du 30 avril 1970. - la femme qui, volontairement, se sera fait avorter,
sera punie d’une servitude pénale de cinq à dix ans.]
Art.178. [Décr. du 1er avril 1933-Quiconque aura, soit par l’exposition, la vente ou la
distribution d’écrits, imprimés ou non, soit par tout autre moyen de publicité,
préconisé l’emploi de moyens quelconques de faire avorter une femme, aura
fourni les indications sur la manière de se les procurer ou de s’en servir ou aura fait
connaître, dans le but de les recommander, les personnes qui les appliquent ;
quiconque aura exposé, vendu, distribué, fabriqué ou fait fabriquer, fait importer,
fait transporter, remis à un agent de transport ou de distribution, annoncé par un
moyen quelconque de publicité, les drogues ou engins spécialement destinés à
faire avorter une femme ou annoncés comme tel ; […], sera puni d’une servitude
pénale de huit jours à un an et d’une amende de vingt-cinq à mille francs ou d’une
de ces peines seulement.]
I.4.1. CLINIQUE
Les hémorragies sont abondantes ; les douleurs sont constantes, plus ou moins vives,
continues ou rythmées de paroxysmes, de siège hypogastrique ou lombaire. L’état général est
souvent atteint ; la température peut être élevée. Au spéculum, il faut rechercher les traces de
traumatisme au niveau du col. Au toucher vaginal combiné au palper, le col utérin est tantôt
long et fermé, tantôt plus ou moins ouvert. Le corps utérin, augmenté de volume, mou, est
souvent sensible ou même douloureux.
I.4.2. COMPLICATIONS
Complications locales : la rétention placentaire (63,6%) : elle est source de
complications hémorragiques et infectieuses locales ; les hémorragies (63,6%) qui
peuvent se compliquer de collapsus et de choc. L’hémorragie est une indication
formelle de l’évacuation de l’utérus, l’infection localisée à l’utérus (9,1%), les
lésions traumatiques (25,2%) ; perforations utérines, lacérations cervicales, brûlure
du vagin ; l’infarctus utérin.
Complications régionales : la pelvipéritonite ; la collection purulente (l’abcès du
Douglas, le phlegmon du ligament large, pyosalpinx) ; les salpingites ; les péritonites
généralisées ; les thrombophlébites.
Complications générales : les infections généralisées : septicémie à germes banals ; la
toxi-infection ; septicémie à perfringens, choc bactériémique dans les toxi-infections
à germes banals, tétanos ; l’intoxication par absorption de drogues abortives avec
atteintes des reins, foie, nerfs.
Complications nerveuses : la mort subite lorsque la sonde d’aspiration franchit le col
(réflexe vagal) ou lors du début de l’injection intra-utérine ; l’embolie gazeuse se
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manifestant par un syndrome convulsif suivi de coma vigil ou par une aphasie, une
amaurose, une hémiplégie ou une monoplégie ;
Conséquences sociales : chance très réduite de mariage (22,7%), dépenses financières
(18,2%) ; conflits familiaux (9,1%) ; divorce.
Séquelles de l’avortement : la salpingite chronique ; les séquelles concernant la
fonction de reproduction : la stérilité secondaire par lésions tubaires cicatricielles, les
adhérences péritonéales péri-tubo-ovariennes et parfois mutilation d’organes ; la
sténose isthmique et synéchies utérines, adénomyoses, endométrioses ; les algies
pelviennes chroniques ; les séquelles menstruelles : irrégularité menstruelle,
métrorragies, hypo-ménorrhée ou aménorrhée due à la formation des synéchies
utérines
Séquelles psychiques à type de psychose dépressive avec l’idée de culpabilité,
d’indignité, bouffées délirantes avec hallucinations.
Conséquences obstétricales ultérieures de l’avortement clandestin : la grossesse
extra-utérine liée à une lésion inflammatoire tubaire acquise à l’occasion de
complications infectieuses de l’avortement ; les avortements à répétition suite à
l’endométrite résiduelle, synéchies et surtout la béance cervico-isthmique ; l’insertion
basse du placenta responsable des anomalies de la délivrance, notamment rétention
placentaire par adhérences ou forme grave de placenta accreta, rupture utérine en
cours du travail à partir d’une brèche utérine connue ou méconnue.
I.5.2. PREVENTION
La prévention de l’avortement provoqué consiste à éviter les grossesses non désirées par
l’éducation sexuelle ou éducation à la vie qui doit s’adresser non seulement aux enfants, mais
aussi aux parents (mais la tâche est difficile dans un pays où la misère bouche les oreilles de
nos enfants et ferme les yeux) et par la vulgarisation et l’utilisation des méthodes
contraceptives.
CONTRACEPTION (9)
11
CHEZ LA FEMME
CHEZ L’HOMME
La vasectomie est la résection des canaux déférents dans leur partie intrascrotale. Les
échecs sont rares si la technique est précise : extrémités détruites et liées, fascia
péricanalaire refermée entre les deux segments, lavage du bout distal avec un sérum
physiologique.
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II.1.3. Limites du District avec les autres Zones de Santé Rurales de Kapolowe,
Au Nord : la zone de santé de Lukafu
À l’Est : la zone de santé de Kasenga
au Sud : la zone de santé de Kipushi
Au Sud-Ouest et l’Ouest : la zone de santé de Kilela Balanda
II.2.1. Population : 300399 habitants (estimation à partir des résultats de Janvier 2003
actualisés).
II.2.2. Densité : 2500 habitants /Km²
Le Secteur de la Lufira est constitué de neuf groupement dont la densité de population est de
2500 habitants /Km², repartie par ordre décroissant de la manière suivante :
▪ Groupement Kisunka
▪ Groupement katanga
▪ Groupement Poyo
▪ Groupement Nganlu
▪ Groupement Kyembe
▪ Groupement Lukoshi
▪ Groupement Mwabesa
▪ Groupement Mulandi
▪ Groupement Tenke
• Le Paludisme
• Les Infections Respiratoires Aiguës (IRA)
• Les Maladies Diarrhéiques
• La Malnutrition Protéino-Energétique
• Les Affections Ophtalmologiques
• Les IST
• Le Choléra
• La Tuberculose
• La Rougeole
15
Ce travail est une étude rétrospective, c’est-à-dire une étude cas témoins, portant sur
80 femmes admises dans les services de gynécologie-obstétrique de neuf structures sanitaires
(hôpitaux, cliniques et centres hospitaliers) de Kapolowe, pour complications d’avortement
clandestin. Ces structures sanitaires sont : Hôpital général de référence de Kapolowe-mission,
En ce qui concerne le contrôle, nous avons interrogé cent vingt femmes ayant fait des
naissances vivantes dans les mêmes services.
Dans le but de minimiser l’influence de variables parasites, un appariement statistique a été
réalisé entre les deux échantillons. C’est ainsi que nous avons choisi comme témoins ou
groupe contrôle, les femmes dont l’âge varie entre 10 et 25 ans, habitant, ayant donné
naissance à des nouveau-nés vivants dans les mêmes services de Gynécologie et obstétrique.
Pour la récolte des données, nous avons mené une enquête par questionnaire. Ce dernier a été
déterminé par l’objet d’étude, les objectifs et les hypothèses de la recherche. Compte tenu du
grand nombre de personnes interrogées et du traitement quantitatif des informations qui
devrait suivre, les réponses à toutes les questions étaient précodées de sorte que les
répondantes devaient obligatoirement choisir leurs réponses parmi celles qui leur étaient
formellement proposées. Toutefois, chaque série des réponses à une question donnée
comprenait l’assertion « Autre » pour laquelle l’enquêtée devrait opter au cas où aucune des
réponses définies d’avance ne correspondrait à la sienne (voir Annexes, questionnaires
d’enquête). Les questionnaires étant construits, nous les avons remis aux personnels soignants
de ces …… structures sanitaires, après leur avoir fourni des instructions nécessaires, afin
qu’ils recueillent des informations requises auprès de toute patiente qui consulterait pour
complication d’avortement clandestin et qui accepterait de participer à l’enquête. La
recommandation de l’OMS, qui veut que tout chercheur qui mènera une enquête sur les
avortements à risque obtienne d’abord le consentement informé de la personne qui a avorté
avant de l’interroger, a donc été prise en considération (29).
Les accouchées ont été interrogées trois mois plus tard. Un suivi de l’évolution de l’enquête
était effectué mensuellement dans chaque hôpital, CH et clinique.
En dehors des structures sanitaires, une autre enquête a été menée dans la population
locale. Elle visait surtout à recueillir des informations sur les séquelles post-abortum ou
postpartum chez les femmes dont l’avortement ou l’accouchement datait d’au moins une
année. Vingt cas seulement ont été rapportés dans chaque catégorie.
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que 3% des avortées avaient l’âge
compris entre 10 et 14 ans ; 69% entre 15 et 19 ans ; 11% entre 20 et 24 ans ; 8% entre 25 et
29 ans ; 5% entre 30 et 34 ans ; 2% entre 35 et 39 ans et 2% entre 40 et 44 ans. Aucune
avortée n’avait plus de 44 ans.
L’âge moyen des avortées était de 19,85 ans avec des âges extrêmes de 10 et 44 ans.
Le tableau ci-haut montre que 0,207% des accouchées avaient l’âge compris entre 10
et 14ans ; 13,8% entre 15 et 19 ans ; 28,039% entre 20 et 24 ans ; 25,12% entre 25 et 29 ans ;
18,67% entre 30 et 34 ans ; 10,23% entre 35 et 39 ans ; 3,66% entre 40 et 44 ans ; 0,22%
entre 45 et 49 ans et 0,054% entre 50 et 54 ans.
L’âge moyen des accouchées était de 26,75 ans avec des âges extrêmes de 10 et 54
ans.
Effectif total
Avortements 87
Naissances vivantes 4829
Adresse Effectif %
Mulandi 30 30
Kidimudilo 32 32
Kyembe 38 38
TOTAL 100 100
Les résultats dans ce tableau montrent que 30% des avortées habitent dans l’aire de santé
Mulandi ; 32%, de Kidimudilo et 38% Kyembe.
Il se dégage des résultats de ce tableau que 85% des femmes ayant avorté étaient des
célibataires ; 5% des mariées ; 8% des divorcées et 2% des veuves.
A partir des résultats du tableau ci-haut, nous constatons que 3% de femmes ayant
avorté étaient analphabètes ; 5% étaient de niveau primaire ; 85% de niveau secondaire ; 5%
fréquentaient encore l’université et 2% avaient déjà terminé leurs études universitaires.
IV.6. RELIGION
Religion Effectif %
Protestante 31 31
Catholique 40 40
Musulmane 10 10
Athée 0 0
Autre 19 19
TOTAL 100 100
Il ressort des résultats dans le tableau ci-haut que 31% de notre échantillon
confessaient la foi protestante ; 40% étaient catholiques et 10% musulmanes. 19%
appartenaient à d’autres confessions religieuses. Aucune patiente n’était athée.
71% de femmes qui ont avorté étaient des chrétiennes (protestantes ou catholiques).
Nous constatons, à partir de ce tableau, que 5% des avortées étaient sans profession ;
2% étaient des salariées ; 2% étaient des commerçantes ; 15% étaient des ménagères ; 70%
des élèves et 5% des étudiantes.
Gestité Effectif %
Primigeste 91 91
Multigeste 7 7
Grande Multigeste 2 2
TOTAL 100 100
A la lumière de ce tableau, nous remarquons que 91% des avortées étaient des
primigestes ; 7% des multigestes et 2% de grandes multigestes.
[Link]é
22
Parité Effectif %
Nullipare 91 91
Primipare 5 5
Multipare 2 2
Grande multipare 2 2
TOTAL 100 100
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que 91% des avortées étaient des
nullipares ; 5% étaient des primipares ; 2% des multipares et 2% de grandes multipares.
[Link]écédent d’avortement
Tableau 19. Avortement chez les femmes ayant fait un avortement criminel
Les résultats dans ce tableau montrent qu’en dehors de l’avortement clandestin récent,
92% des avortées n’avaient aucun antécédent d’avortement ; 4% avaient un seul antécédent
d’avortement ; 2% en avaient deux et 2% en avaient trois.
Les avortements itératifs ont donc été observés dans 8% des cas.
IV.8.4. Décès
Décès Effectif %
Zéro 91
Un 2 97
Deux 2 2
Trois 2 2
Quatre 1 1
Plus de quatre 2 2
TOTAL 100 100
Il se dégage des résultats dans ce tableau que 95% des avortées n’avaient jamais connu
de décès dans leur descendance ; 3% en avaient déjà connu un seul et 2% en avaient déjà
connu deux.
[Link] vivants
A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que 91% des
avortées n’avaient aucun enfant vivant, 2% en avaient un seul ; 2% en avaient deux ; 2% en
avaient trois ; 1% en avait quatre ; 2% en avaient cinq ou plus.
[Link] DU GENITEUR
25-29 33 33
30-34 30 30
35-39 12 12
40 ou plus 8 8
Age ignoré 10 10
TOTAL 100 100
Profession Effectif %
Sans profession 8 8
Salarié 14 14
Commerçant 30 30
Elève 6 6
Etudiant 35 35
Non identifiée 7 7
TOTAL 100 100
Nous constatons, à partir de ce tableau, que 8% des géniteurs étaient sans profession ;
14% étaient des salariés ; 30% étaient des commerçants ; 6% étaient des élèves ; 35% étaient
des étudiants. La profession de 7% des géniteurs n’a pas été identifiée.
65% des géniteurs étaient constitués des étudiants et des commerçants. Ces derniers étaient
pour la plupart des motards.
Avortements Naissances vivantes Total
Le géniteur est un commerçant 65 39 104
ou un étudiant 26
Le géniteur n’est ni 28 81 109
commerçant ni étudiant
TOTAL 93 120 213
Il ressort des résultats dans ce tableau que 71% des géniteurs étaient célibataires ;
14% étaient mariés ; 5% étaient veufs et 4% avaient déjà divorcé d’avec leurs épouses. Dans
6% des cas, l’état civil des géniteurs n’a pas été identifié.
A partir des résultats présentés dans le tableau ci-haut, 2% des géniteurs étaient
analphabètes ; 6% avaient un niveau d’étude primaire ; 23% avaient un niveau secondaire.
35% des géniteurs fréquentaient encore l’université et 20% avaient déjà obtenus leurs
parchemins universitaires. Dans 14% des cas, le niveau d’étude du géniteur n’a pas été
identifié.
28
Avorteurs Effectif %
Médecins 5 5
Paramédicaux 58 58
Femmes elles-mêmes 6 6
Matrones 4 4
Etudiants en Médecine 4 4
Elèves infirmiers ou 12 12
étudiants infirmiers
Non identifié 11 11
TOTAL 100 100
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que les manœuvres abortives ont été
pratiquées dans 5% des cas par les médecins ; dans 58% des cas par les paramédicaux ; dans
6% des cas par les femmes elles-mêmes ; dans 4% des cas par les matrones ; dans 4% des cas
par les étudiants en Médecine ; dans 12% des cas par les élèves infirmiers ou les étudiants
infirmiers. Dans 11% des cas, les avorteurs n’ont pas été identifiés.
Irrigation vaginale 2 2
KMnO4 Intra-vaginal 35 35
Autres 3 3
TOTAL 186 186
[Link] D’AVORTEMENT
Tableau 37 : Motifs d’avortement évoqués
Nous constatons, à partir de ce tableau que les principaux motifs évoqués avaient
été les raisons scolaires (35%), la crainte des parents (40%), la fuite des responsabilités du
géniteur (16%), les grossesses rapprochées (3%), la non identification du père biologique
(4%), l’infidélité (2%).
Délais Effectif %
Moins d’un mois 89 89
Un à trois mois 7 7
Quatre à sept mois 3 3
Huit à onze mois 1 1
Douze mois ou plus 0 0
Durée ignorée 0 0
TOTAL 100 100
Complications Effectif %
Rétention placentaire 85 85
Perforation utérine 6 6
Abcès du Douglas 0 0
Phlegmon du ligament large 0 0
Pyosalpinx 0 0
Salpingite 12 12
Pelvipéritonite 2 2
Péritonite généralisée 2 2
31
Thrombophlébite 0 0
Septicémie 23 23
Tétanos 3 3
Endométrite 13 13
Anémie aiguë 11 11
Plaies cervico-vaginales 13 13
Plaies intestinales 0 0
Paraplégies 0 0
Hémiplégies 0 0
Monoplégies 0 0
Trauma psychique 0 0
Autres 0 0
TOTAL 170 170
Il ressort des résultats dans ce tableau que deux types de complications avaient été
identifiées :
- Les complications hémorragiques, dues aux rétentions placentaires (85%) ; aux
perforations utérines (6%) et aux plaies cervico-vaginales (13%), entraînant une
anémie aiguë (11%).
- Les complications infectieuses à type d’endométrite (13%) ; de péritonite généralisée
(2%) ; de pelvi-péritonite (2%) ; de tétanos (3%) ; de septicémie (23%) ou de
salpingite (12%).
Le tableau ci-haut montre que le coût moyen de la prise en charge des complications
post-abortum variait entre 10$ US et 19$ US chez 6 avortées ; entre 20$ US et 29$ US chez 6
autres ; entre 30$ US et 39$ US chez 5 avortées ; entre 40$ US et 49$ US chez 13 avortées ;
entre 50$ et 59$ US chez 23 avortées. Le coût était de 60$ US ou plus chez 47 avortées.
Evolution Effectif %
1. Suites simples (moins de 10 jours d’hospitalisation)
Guérison 60 60
Complications bénignes 20 20
2. Suites compliquées (10 jours ou plus d’hospitalisation)
Guérison 16 16
Décès 4 4
TOTAL 100 100
Dans les suites simples, 60% de patientes ont été guéries après prise en charge ; 20%
sont sorties avec des complications bénignes. Dans les suites compliquées, la guérison était
observée chez 16% de patientes ; 4% sont décédées malgré la prise en charge, soit un taux de
mortalité de 4%.
IV.20. SEQUELLES
Séquelles Effectif %
Salpingite chronique 0 0
Stérilité secondaire 3 15
Algies pelviennes chroniques 12 60
Métrorragies 6 30
Aménorrhée 0 0
Psychose dépressive 11 55
Aucune séquelle 4 20
TOTAL 36 180
A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que parmi les 20
avortées interrogées en dehors des structures sanitaires, 4 seulement, soit 20% n’ont pas
présenté des séquelles post-abortum.
80% des avortées avaient présenté des séquelles dont les algies pelviennes chroniques ( 60%),
les métrorragies (30%), la psychose dépressive ou sentiment de culpabilité ( 55%), la stérilité
secondaire ( 15%).
Origine Effectif %
Rapport sexuel consenti 18 18
Rapport sexuel imposé par le mari légitime 3 3
Coït imposé par le copain ou l’amant 30 30
Viol 1 1
Inceste 2 2
Coït contre les points, l’argent, les bijoux 46 46
ou un autre matériel
TOTAL 100 100
Autre 2 2
TOTAL 170 170
Le tableau ci-haut montre que 46% des avortées ne connaissaient aucune méthode
contraceptive ; 54% connaissaient une ou plusieurs méthodes, d’où le total de 170 au lieu de
100. Avortements Naissances vivantes Total
Les pilules étaient connues de 12% des avortées ; le dépo-provera était connu de 5% ; le
Ne connaissent aucune méthode 46 33 79
Norplant de 4% ; le DIU de 5%, le préservatif de 34% ; la ligature des trompes de 3% ; la
Connaissent au moins de
méthode du calendrier une31%,
méthode 54 de 28%. Une autre
la méthode de température 87 méthode, celle
141
de la glaire cervicale, était connue de 2% des avortées.
TOTAL 100 120 220
Attitude Effectif %
Positive 89 89
Négative 11 11
TOTAL 100 100
A partir de ce tableau, nous constatons que 89% des avortées présentaient une attitude
positive vis-à-vis du planning familial alors que 11% étaient indifférentes.
[Link]
35
Résultat Effectif %
Réussite 2 11,76
Echec 15 88,24
TOTAL 17 100
En observant le tableau ci-haut, nous remarquons que parmi les 17 avortées qui
avaient déjà pratiqué, au moins une fois, la contraception, 2 seulement, soit 11,76%, avaient
aboutit à la réussite. La majorité, soit 88,24%, n’avait pas pus éviter la grossesse malgré la
pratique de la contraception.
χ2C =
IV.24.3. Obstacles à la pratique des méthodes contraceptives
Obstacles Effectif %
Ignorance 46 46
36
Mari 2 2
Religion 7 7
Coutume 5 5
Peur des effets secondaires 7 7
Echec de la méthode utilisée auparavant 15 15
Inaccessibilité aux contraceptifs à cause de la pauvreté 9 9
Autre (Négligence) 27 27
Total 118 118
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Estimer avec précision la prévalence de l’avortement à Bukavu n’a pas été une tâche facile.
En effet, les enquêtes communautaires ont été très difficiles à réaliser compte tenu de
l’émotion que soulève le sujet, c’est ainsi que la plupart de l’information sur l’ampleur du
problème provient des enquêtes menées en milieu hospitalier.
- La continence
- Le préservatif à tout rapport sexuel
6) A toutes et à tous