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Avortements criminels à KapoLOWE-Mission

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1

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, SECONDAIRE ET UNIVERSITAIRE


CENTRE UNIVERSITAIRE DE KAPOLOWE-MISSION
EXTENSION DE L’UNIVERSITE DU TRAVAIL DE LUBUMBASHI
FACULTE DE SCIENCES INFIRMIERS
B.P47
KAPOLOWE-MISSION

LA PROBLEMATIQUE DES AVORTEMENTS


CRIMINELS DANS LA ZONE DE SANTE DE
KAPOLOWE-MISSION

Travail de fin de cycle présenter et


Défendu en vue d’obtention de grade
De Graduat en science infirmière

Option : Soins généraux


Par KAFUSHA MAMBWE Denise
1

O. INTRODUCTION

O.1. ETAT DE LA QUESTION

Avant d’aborder les généralités sur les avortements criminels, le cadre méthodologique et
l’analyse des résultats, il nous paraît utile de situer notre étude par rapport à quelques travaux
antérieurs qui ont été faits dans le même sens, afin de faire ressortir ce qui nous démarque
d’eux.

La littérature antérieure sur l’un ou l’autre aspect de notre sujet d’étude est plus ou moins
abondante.

L’étude sur les avortements provoqués dans l’aire de santé de KAPOLOWE-MISSION,


menée en 2003 par ALBA NGWALI MUNGOSI, a révélé un ensemble des facteurs qui
poussent les filles de cette aire de santé à interrompre clandestinement les grossesses. Il s’agit,
entre autres facteurs, du refus de l’auteur de la grossesse d’en assumer la responsabilité, du
manque de dialogue franc entre les parents et leurs filles, du souhait de ne pas avoir d’enfants
en étant sur le banc de l’école.
En outre, ces jeunes filles sont informées du contexte dans lequel se font les interruptions
clandestines des grossesses, notamment le recours aux abortifs comme le savon OMO
mélangé avec du sel de cuisine, le curetage et une plante médicinale localement appelée
MURAVUMBA dont la tisane est injectée dans l’utérus pour provoquer l’avortement (27).

L’enquête CAP en matière d’avortement à risque chez les élèves de l’enseignement


secondaire de la village de KAPOLOWE, menée en 2001 par GILBERT WABANTINGA
KYALEMANINWA, a montré qu’en République Démocratique du Congo, la population
connaît les avantages de la planification familiale car celle-ci est intégrée dans tous les
hôpitaux et les centres de santé du pays. Toutefois, la prévalence contraceptive n’est pas bien
connue à cause de la non viabilité du programme depuis plusieurs années par manque de
financement. Supposant que les jeunes ne sont pas sexuellement actifs, ils ne sont pas
impliqués dans ledit programme. Une des conséquences qui en découle est que les jeunes
filles se livrent à l’avortement à risque suite à des grossesses non désirées (37).

L’étude sur la pratique des avortements criminels dans la commune de KADUTU,


menée par JOSE ASUKA EMINA en 1999 , a révélé que la pratique des avortements
provoqués ne respecte pas la démarche décrite dans la théorie car les facilitateurs font un
curetage qui est vraiment traumatique pour la malade sans anesthésie.
Les facilitateurs de cette pratique n’ont pas la qualité de réaliser cet acte, dans ce sens que seul
un médecin est habilité à pratiquer cette intervention dans une institution médicale, publique
ou privée agréée dans les pays où l’IVG est autorisée. Malheureusement, les facilitateurs le
font souvent à domicile ou dans des dispensaires.
La majorité de ces facilitateurs affirment avoir un matériel suffisant et nécessaire pour ladite
pratique, ce qui n’a pas été vérifié dans l’étude. En outre, les complications sont à un taux
élevé suite au manque d’asepsie rigoureuse (4).

En 1995, BIBAINE AMUNAZO a recherché les causes des avortements


criminels dans la zone de santé de BAGIRA. Les enquêtes ont montré que la cause principale
de ce type d’avortement était d’ordre socio-économique. Les ¾ de la population ayant été
appauvris, les jeunes filles se livraient à la débauche sexuelle, soit pour se procurer des habits,
2

soit pour nourrir la famille, soit pour payer les études, soit enfin pour jouir de leur jeunesse.
Suite à la débauche, la plupart de ces filles se retrouvaient avec une grossesse non désirée qui
handicapait leur vie.
C’est alors qu’elles décidaient de l’expulser sans tenir compte des conséquences qui
pourraient en découler (3).

En 1992, ZAKULOULOU MASSALA et ses collaborateurs ont mené une étude sur les
complications des avortements clandestins à Brazzaville. Ces auteurs rapportent 221 cas de
complications d’avortements criminels sur une période d’un an. Les complications à court et à
moyen terme étaient diverses, dont les cas de rétention partielle ovulaire étaient les plus
fréquents. Venaient ensuite les cas d’infection à type d’endométrites, de salpingites voire de
péritonite et de septicémies.
Les complications à long terme, non évaluées dans ce travail (salpingites chroniques,
douleurs pelviennes, infertilités secondaires,…) étaient certainement plus importantes (39).

Tout en emboîtant le pas de ces différents chercheurs, nous nous démarquons d’eux en
ce sens que si leurs études étaient purement descriptives, la nôtre se veut essentiellement
analytique et critique. C’est à ce niveau que se situe notre contribution.

0.2. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Dans le cadre de cette étude, nous avons choisi pour sujet : « la problématique des
avortements criminels dans La secteur de la Lufira ».

Le choix de ce sujet a été déterminé par les circonstances du moment. Depuis quelques
années, les abandons de fœtus dans les poubelles ou dans les bas quartiers font la une des
informations radiodiffusées à KAPOLOWE MISSION suite aux rapports sexuels non
protégés, les jeunes filles démunies et vivant encore sous le toit paternel recourent aux
avortements criminels pour se débarrasser des grossesses non désirées.

Les avortements à risque constituent un problème majeur de santé publique, et un problème


social important. Selon l’OMS, 44% des femmes qui meurent chaque année dans le monde,
suite à un avortement clandestin non médicalisé, sont africaines. Près de 300.000 africaines
décèdent ainsi chaque année sur le continent (25).

A KAPOLOWE MISSION , il n’existe pas suffisamment de données en rapport avec


l’avortement à risque. Il s’avère alors nécessaire de mener une étude pouvant permettre de
cerner l’ampleur du problème afin d’y apporter des solutions adéquates.

0.3. DELIMITATION DU SUJET

Du point de vue spatial ou délimitation en largeur, l’étude s’étend sur toute l’étendue du
secteur de la Lufira comprenant les 9 groupements.

Sur le plan temporaire ou délimitation en longueur, le 01/01/2023 est le terminus a quo


de cette étude ; le terminus ad quem est le 31/12/2023

Du point de vue analytique ou délimitation en profondeur, cette étude a pour objet


l’évaluation de la fréquence des avortements criminels ainsi que leurs complications et
séquelles ; l’identification du profil des femmes qui avortent, de leurs géniteurs ainsi que de
3

leurs facilitateurs ; l’évaluation du rapport coût-efficacité de la prise en charge des


complications des avortements criminels.

0.4. OBJECTIFS

Les objectifs de notre étude sont les suivants :

1. Déterminer la prévalence des avortements clandestins


2. Identifier les facteurs favorisant les avortements criminels chez les femmes habitant
dans l’étendue du secteur de la Lufira.
3. Evaluer le niveau de connaissance, l’attitude et la pratique des méthodes de
planification familiale par les avortées.
4. Identifier les avorteurs et les procédures qu’ils utilisent pour interrompre les
grossesses
5. Déterminer l’âge de la grossesse interrompue et le délai d’apparition des
complications
6. Identifier les complications et les séquelles post-abortum
7. Evaluer le rapport coût-éfficacité de la prise en charge des complications postabortum.
8. Proposer des mesures de lutte contre les avortements criminels.

0.5. HYPOTHESES

Après s’être fixé les objectifs à atteindre dans cette étude, les hypothèses suivantes ont été
émises :

1. La prévalence des avortements criminels serait élevée dans le secteur de la LUFIRA


cette fréquence élevée des avortements clandestins serait favorisée par l’adolescence,
les conditions socio-économiques déficientes, le célibat, l’ignorance des méthodes de
planification familiale, le non usage des méthodes contraceptives par peur des effets
secondaires. Les interruptions clandestines des grossesses s’observeraient surtout chez
les élèves, les chrétiennes, les primigestes, les nullipares, qui ont contracté une
grossesse non désirée suite à un viol (rapport sexuel non consenti).
2. La majorité des avortées connaitrait au moins une méthode de planification familiale
et souhaiterait pratiquer la contraception, mais la peur des effets secondaires et la non
accessibilité aux contraceptifs constitueraient des obstacles importants à la pratique de
la contraception.
3. les avorteurs seraient, pour la plupart, des paramédicaux oeuvrant dans des «
dispensaires pyrates » et d’autres structures extra-hospitalières. Ces facilitateurs des
avortements clandestins utiliseraient des produits pharmaceutiques modernes et un
curetage instrumental septique.
4. L’âge auquel la plupart de grossesses sont interrompues varierait entre cinq et quinze
semaines d’aménorrhée ; les complications apparaissant un peu tôt.
5. La rétention placentaire, l’anémie aiguë, le sepsis et l’endométrite seraient les
complications post-abortum les plus fréquentes ; les algies pelviennes chroniques, la
psychose dépressive et les métrorragies seraient les séquelles les plus couramment
observées.
6. Le coût de la prise en charge des complications post-abortum serait plus élevé par
rapport à l’efficacité de celle-ci.
4

0.6. DIFFICULTES RENCONTREES

La difficulté majeure rencontrée au cours de nos recherches était d’identifier toutes les
femmes ayant avorté pendant la période de notre étude. En effet, les avortements se font dans
la clandestinité dans des lieux cachés et rares sont les femmes qui avouent, même après avoir
été rassurées par l’enquêteur de la confidentialité des renseignements qu’elles fourniront,
qu’elles ont pratiqué une interruption clandestine de la grossesse.

En outre, les livres et autres littératures sur les avortements criminels sont presque inexistants
dans les bibliothèques de l’école de santé publique à Lubumbashi.

Enfin, certains questionnaires d’enquête ont été déconsidérés parce qu’ils n’étaient pas
complétés dans leur entièreté : quelques enquêteurs oubliaient de récolter certaines données
auprès de la population.

0.7. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l’introduction et la conclusion, le travail est subdivisé en cinq chapitres.


Le premier chapitre traite des généralités sur les avortements criminels. Le deuxième chapitre
présente le milieu d’étude. Les matériels et méthodes d’étude font l’objet du troisième
chapitre. Les résultats de la recherche sont présentés dans le quatrième chapitre et discutés
dans le cinquième chapitre.
5

CHAP.I. GENERALITES SUR LES AVORTEMENTS CRIMINELS

I.1. DEFINITION DES CONCEPTS

L’Avortement est l’interruption d’une grossesse avant que le fœtus ne soit capable de
se maintenir en vie de façon autonome à l’extérieur de l’utérus. L’avortement peut soit se
produire spontanément, on parlera alors d’avortement spontané ou fausse couche, soit être
provoqué par une intervention voulue, et il s’agira dans ce dernier sens d’une interruption
volontaire de la grossesse. C’est dans ce dernier sens que le terme d’avortement est
généralement utilisé (18).

L’avortement à risque est une procédure qui consiste à interrompre une grossesse sans avoir
les qualifications requises et/ou dans un environnement ne répondant pas aux normes de
procédures minimales (18).

L’avortement sans risque est un service de grande qualité, légal et accessible, dispensé par
des professionnels de santé dûment qualifiés et dans un environnement approprié, pour
interrompre une grossesse non désirée (18).

Un avortement thérapeutique est pratiqué quand l’interruption de grossesse s’avère


nécessaire pour préserver la santé physique de la mère ; on parle d’avortement psychiatrique
s’il s’agit de sa santé mentale.

On recourt à l’avortement eugénique pour empêcher la naissance d’un enfant


handicapé, et à l’avortement social pour éviter à une famille nécessiteuse d’avoir une bouche
de plus à nourrir ; l’avortement éthique est pratiqué en cas de viol ou d’inceste et l’avortement
de convenance est autorisé à peu près pour n’importe quelle raison en France (7).

Qu’est-ce qu’une naissance vivante ?

Indépendamment de la durée de la grossesse, expulsion ou extraction complète de la mère


d’un produit de conception qui, après cette séparation, respire ou présente des signes de vie
(battement du cœur, pulsation du cordon ombilical ou mouvement défini des muscles
volontaires), que le cordon ombilical ait été sectionné ou non et que le placenta soit présent ou
non ; chaque produit d’un tel accouchement est considéré né vivant (30).

I.2. REFERENCES BIBLIQUES ET CONSIDERATIONS THEOLOGIQUES


SUR L’AVORTEMENT (7)

Depuis que l’avortement a été légalisé (en 1973 aux Etats-Unis, en 1975 en France), le débat
sur ce thème n’a jamais cessé de diviser les chrétiens. Plusieurs Unions d’églises ( aux Etats-
Unis) se sont déclarées favorables à l’abrogation des lois interdisant l’avortement, pour
laisser la responsabilité de cet acte aux femmes ou aux couples concernés. Des revues
chrétiennes ont publié sur cette question des articles rédigés par des théologiens, des pasteurs,
6

des hommes de science ou des professeurs d’éthique. La plupart évoquent les circonstances
de l’avortement, les situations qui l’engendrent, mais sans jamais se référer à la Bible. Il est
vrai que la Bible contient peu d’éléments de réponse, mais elle livre cependant quelques
vérités sur ce sujet, qui devraient être prises d’avantage en considération par les chrétiens.

Nous ne parlerons pas ici de l’avortement spontané, qui concerne environ 30% des ovules
fécondés, mais de l’avortement provoqué, et plus particulièrement de l’avortement « de
convenance » ou « à la demande ».

I.2.1.Références bibliques
La rareté des affirmations explicites sur l’avortement donne lieu, parmi ceux qui
reconnaissent l’autorité des Saintes Écritures, à des divergences d’opinion.

Exode 21 : 22-24
« Si des hommes, en se battant, heurtent une femme enceinte et causent un accouchement
prématuré, le responsable paiera une amende dont le montant sera fixé par le mari de la
femme, devant les juges. S’il provoque un accident, il donnera vie pour vie, œil pour œil, dent
pour dent, main pour main, pied pour pied, etc. »
Une traduction plus littérale du verset 22 serait : « Et quand des hommes se battent et
frappent une femme enceinte au point que son enfant sort, quand bien il n’aurait aucun mal,
ils paieront une amende déterminée par l’époux de cette femme. »
Ceux qui considèrent que le texte d’Exode 21:22-25 fait allusion à un avortement accidentel
arrivent à la conclusion suivante : une amende est imposée dans ce cas pour marquer la
différence entre un fœtus et un individu adulte ; le responsable de l’accident n’est donc pas un
meurtrier.

Les commentateurs qui l’interprètent comme une naissance prématurée en concluent que
Dieu met le fœtus et l’adulte sur un même pied d’égalité, puisque la loi du talion est appliquée
si l’enfant est mort-né.
Le Psaume 139 (V.13)
« Tu as formé mes reins (mes veines) : tu m’as couvert (tissé) dans le ventre de ma mère ».
Ce verset montre clairement que Dieu protège le fœtus, qui lui appartient. Le projet de Dieu et
sa puissance créatrice s’étend à la vie prénatale. Cela devrait empêcher quiconque de penser
qu’un fœtus n’est qu’un simple amas de cellules, visqueux et insensible. Chacun devrait
reconnaître qu’il existe déjà, au moment de la conception, un être humain en puissance, ou
mieux un être humain doté d’un véritable potentiel.
Pour Dieu, cet être est sacré, et précieux : il témoigne de son action personnelle en sa faveur.
Bien sûr, l’embryon se développe et entre dans une phase toute nouvelle au moment de la
naissance, mais la vie ne cesse jamais depuis le moment de la conception jusqu’à la mort. La
vie intra-utérine n’est pas comparable à celle d’après la naissance, mais dans les deux cas, il
s’agit bien de la vie d’un être humain. Et Dieu est intimement concerné par toute vie.

Dans le Psaume 51 (V.5), David reconnaît qu’il a été conçu « dans le péché » : il s’agit là de
son propre péché, et non celui de sa mère. Ce texte important souligne le caractère très
humain du fœtus, déjà atteint par la culpabilité : seuls les hommes et les anges sont coupables
d’avoir péché. L’acte de concevoir un enfant n’est pas du péché dès sa naissance, et donc
considéré comme pécheur devant Dieu. Cela n’est vrai que si le fœtus a déjà le statut d’un
être humain.
7

Les enseignements tirés de la Bible sont peu nombreux, mais nous pouvons en conclure que
le fœtus est déjà un être humain à part entière, une vie qui a une réelle valeur pour Dieu.

[Link]érations théologiques

Il est possible d’avoir des vues différentes sur la nature spirituelle du fœtus, mais il ne
fait aucun doute que sa destruction entraîne l’arrêt d’une vie réelle qui, si elle était parvenue à
son terme, eût donné à un être humain la possibilité d’évoluer dans ce monde. Cela soulève
des questions d’ordre théologique liées au problème de l’Interruption Volontaire de
Grossesse, qu’il nous faut maintenant passer en revue. [ …]

Peut-on alors justifier l’avortement ? Un avortement peut s’avérer nécessaire à tout moment
de la grossesse si la mère a été agressée physiquement. Il serait alors considéré comme un cas
légitime. L’avortement psychiatrique est différent. On lui oppose plusieurs objections : « Les
raisons psychiatriques sont les plus fréquentes à être invoquées pour avoir recours à
l’avortement mais elles sont aussi les plus floues : on s’en sert facilement pour justifier une
IVG dans toutes sortes de situations. Un auteur écrivait à ce sujet : Pour être franc, on a
tendance, dans le domaine psychiatrique, à recommander plus souvent l’avortement pour
abréger une grossesse non désirée, que pour éviter un risque réel de porter atteinte à la santé
mentale de la mère. [ …]
J’ajouterais encore que dans certains cas, ce genre de « soins » est plus néfaste que la maladie
elle-même, car la mère peut en ressentir parfois une très lourde culpabilité. »

Les autres motifs - éviter la charge supplémentaire, morale et économique, que


représenterait dans une famille un enfant handicapé, ou même sain – ne trouvent aucune
justification dans l’Écriture. La déclaration d’un grand penseur chrétien semble laisser une
porte encore trop largement ouverte : « le médecin chrétien ne pourra conseiller l’avortement
que pour sauvegarder les valeurs essentielles prônées par la Bible. Ces valeurs devraient
inclure la santé individuelle, le bien-être de toute la famille et la responsabilité sociale. » Ces
valeurs sont effectivement célébrées dans l’Écriture, mais la gloire et la volonté de Dieu le
sont aussi, et elles sont dignes d’un intérêt de loin supérieur.

Il reste enfin un point important à évoquer dans cette discussion, exprimé par le Docteur Carl
Henry : « Pour répondre, en tant que chrétien, à la crise suscitée par la pratique de
l’avortement, il faudrait encourager les femmes à assumer et à retrouver le sens de leurs
responsabilités, notamment vis-à-vis de leur propre corps.
Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle, et demeure sous son contrôle, et non celui
d’autres personnes. Elle seule est responsable, devant Dieu et au regard de la société, de la
façon dont elle l’utilise.
Si elle perd ce contrôle à la suite d’un entretien avec une deuxième personne pendant la
grossesse, puis avec une troisième avant la naissance, ou sous l’influence de la société tout
entière, il est déjà trop tard pour qu’elle demande à avorter sur la base de sa seule décision. Le
Dieu de la création et de la rédemption a un droit de regard sur la capacité de la femme à
mettre un enfant au monde ; la plupart des avortements « de confort » contredisent ou
méprisent une telle conviction. »
8

I.3. LEGISLATION EN MATIERE D’AVORTEMENT

ROUGE: L'avortement est illégal quelles que soient les circonstances ou toléré
uniquement pour sauver la vie de la femme
ROSE: L'avortement est légal uniquement pour sauver la vie de la femme ou
protéger sa santé physique
JAUNE: L'avortement est légal uniquement pour protéger la santé mentale de la
femme
BLEU: L'avortement est légal s'il est fondé sur des critères socioéconomiques
BLANC: L'avortement est pratiqué sur demande
Environ 25 % de la population mondiale vit dans des pays où la législation sur l'avortement
est très stricte, principalement en Amérique Latine, en Afrique et en Asie. Ces pays sont ceux
où l'avortement est le plus sévèrement réprimé par la loi. Dans certains pays comme le Chili,
les femmes ayant eu recours à un avortement illégal sont emprisonnées.
La figure ci-haut (38) montre que la loi sur l’avortement en République Démocratique du
Congo est très restrictive : la législation Congolaise interdit l’avortement quelles que soient
les circonstances ; exception faite par le cas où la grossesse mettrait en danger la vie de la
femme.
Cette interdiction totale de provoquer un avortement est confirmée par l’extrait suivant du
code pénal de la RDC.

Titre VI : Infractions contre l’ordre des familles (20)

Section I : de l’avortement
9

Art. 165. [O-L.70-031 du 30 avril 1970. – celui qui, par aliments, breuvages, médicaments,
violences ou par tout autre moyen, aura fait avorter une femme, sera puni d’une
servitude pénale de cinq à quinze ans. ]

Art. 166. [0-L.70-031 du 30 avril 1970. - la femme qui, volontairement, se sera fait avorter,
sera punie d’une servitude pénale de cinq à dix ans.]

Section IV : Des outrages publics aux bonnes mœurs

Art.178. [Décr. du 1er avril 1933-Quiconque aura, soit par l’exposition, la vente ou la
distribution d’écrits, imprimés ou non, soit par tout autre moyen de publicité,
préconisé l’emploi de moyens quelconques de faire avorter une femme, aura
fourni les indications sur la manière de se les procurer ou de s’en servir ou aura fait
connaître, dans le but de les recommander, les personnes qui les appliquent ;
quiconque aura exposé, vendu, distribué, fabriqué ou fait fabriquer, fait importer,
fait transporter, remis à un agent de transport ou de distribution, annoncé par un
moyen quelconque de publicité, les drogues ou engins spécialement destinés à
faire avorter une femme ou annoncés comme tel ; […], sera puni d’une servitude
pénale de huit jours à un an et d’une amende de vingt-cinq à mille francs ou d’une
de ces peines seulement.]

I.4. CLINIQUE ET COMPLICATIONS DES AVORTEMENTS PROVOQUES


CLANDESTINS (22)

I.4.1. CLINIQUE

Les hémorragies sont abondantes ; les douleurs sont constantes, plus ou moins vives,
continues ou rythmées de paroxysmes, de siège hypogastrique ou lombaire. L’état général est
souvent atteint ; la température peut être élevée. Au spéculum, il faut rechercher les traces de
traumatisme au niveau du col. Au toucher vaginal combiné au palper, le col utérin est tantôt
long et fermé, tantôt plus ou moins ouvert. Le corps utérin, augmenté de volume, mou, est
souvent sensible ou même douloureux.

I.4.2. COMPLICATIONS
 Complications locales : la rétention placentaire (63,6%) : elle est source de
complications hémorragiques et infectieuses locales ; les hémorragies (63,6%) qui
peuvent se compliquer de collapsus et de choc. L’hémorragie est une indication
formelle de l’évacuation de l’utérus, l’infection localisée à l’utérus (9,1%), les
lésions traumatiques (25,2%) ; perforations utérines, lacérations cervicales, brûlure
du vagin ; l’infarctus utérin.
 Complications régionales : la pelvipéritonite ; la collection purulente (l’abcès du
Douglas, le phlegmon du ligament large, pyosalpinx) ; les salpingites ; les péritonites
généralisées ; les thrombophlébites.
 Complications générales : les infections généralisées : septicémie à germes banals ; la
toxi-infection ; septicémie à perfringens, choc bactériémique dans les toxi-infections
à germes banals, tétanos ; l’intoxication par absorption de drogues abortives avec
atteintes des reins, foie, nerfs.
 Complications nerveuses : la mort subite lorsque la sonde d’aspiration franchit le col
(réflexe vagal) ou lors du début de l’injection intra-utérine ; l’embolie gazeuse se
10

manifestant par un syndrome convulsif suivi de coma vigil ou par une aphasie, une
amaurose, une hémiplégie ou une monoplégie ;
 Conséquences sociales : chance très réduite de mariage (22,7%), dépenses financières
(18,2%) ; conflits familiaux (9,1%) ; divorce.
 Séquelles de l’avortement : la salpingite chronique ; les séquelles concernant la
fonction de reproduction : la stérilité secondaire par lésions tubaires cicatricielles, les
adhérences péritonéales péri-tubo-ovariennes et parfois mutilation d’organes ; la
sténose isthmique et synéchies utérines, adénomyoses, endométrioses ; les algies
pelviennes chroniques ; les séquelles menstruelles : irrégularité menstruelle,
métrorragies, hypo-ménorrhée ou aménorrhée due à la formation des synéchies
utérines
 Séquelles psychiques à type de psychose dépressive avec l’idée de culpabilité,
d’indignité, bouffées délirantes avec hallucinations.
 Conséquences obstétricales ultérieures de l’avortement clandestin : la grossesse
extra-utérine liée à une lésion inflammatoire tubaire acquise à l’occasion de
complications infectieuses de l’avortement ; les avortements à répétition suite à
l’endométrite résiduelle, synéchies et surtout la béance cervico-isthmique ; l’insertion
basse du placenta responsable des anomalies de la délivrance, notamment rétention
placentaire par adhérences ou forme grave de placenta accreta, rupture utérine en
cours du travail à partir d’une brèche utérine connue ou méconnue.

I.5. TRAITEMENT (22)

I.5.1. TRAITEMENT CURATIF

Le traitement curatif vise essentiellement les complications et la prévention des


séquelles. Une notion capitale domine le tableau, c’est l’affirmation de l’avortement
provoqué. Dans la majorité des cas, les manœuvres abortives sont toujours niées. Ce qui peut
dérouter le clinicien. D’une manière générale, le traitement consiste en l’hospitalisation, le
repos absolu au lit, la glace sur le ventre ; l’administration des antispasmodiques (baralgine ®,
papavérine ®, buscopan ®) et des antibiotiques ; la thérapeutique anti-tétanique (sérum et
vaccin antitétaniques) ; le curetage utérin, les utérotoniques (méthergin ®) ou ocytociques et
le traitement des complications.

L’évacuation utérine est indiquée d’urgence en cas d’hémorragie persistante et


menaçant par son abondance. Elle doit être entreprise même si le col est fermé. Il faut alors
dilater le col utérin mieux que par curetage à la bougie et évacuer le col par aspiration, ouvert,
le curage digital est l’intervention de choix afin d’éviter la formation des synéchies.

I.5.2. PREVENTION

La prévention de l’avortement provoqué consiste à éviter les grossesses non désirées par
l’éducation sexuelle ou éducation à la vie qui doit s’adresser non seulement aux enfants, mais
aussi aux parents (mais la tâche est difficile dans un pays où la misère bouche les oreilles de
nos enfants et ferme les yeux) et par la vulgarisation et l’utilisation des méthodes
contraceptives.

CONTRACEPTION (9)
11

La contraception a pour but de s’opposer à la fécondation de façon temporaire et


théoriquement réversible.

CHEZ LA FEMME

Les méthodes sont variées.

 Les méthodes dites naturelles, d’abstinence périodique (méthode d’Ogino), améliorées


par la détection de la période d’ovulation (méthode des températures). La période
d’infécondité absolue ne commence qu’au-delà du 3e jour du plateau hyperthermique.
 Un avantage : le respect de la physiologie
 Un inconvénient : la nécessité d’avoir des ovulations parfaitement régulières et une
fiabilité médiocre.
 Les méthodes mécaniques sont de trois sortes :
o Les obturateurs féminins : diaphragme placé dans le vagin (dôme en latex) appliqué sur
le col, associé à des préparations spermicides
 Un avantage : l’innocuité
 Un inconvénient : la nécessité de manipulations qui demandent un apprentissage,
découragent la femme et inhibent parfois le mari
o Le condom ou préservatif masculin
 Deux avantages : l’innocuité ; la protection efficace contre les maladies sexuellement
transmissibles
 Un inconvénient : l’obligation de se retirer rapidement après l’éjaculation (plus que la
modification dans la qualité des rapports étant donné la qualité actuelle de latex employé).
o Le stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) posé dans l’utérus (stérilet inerte, stérilet
en cuivre de plus petite taille ou stérilet à la progestérone).
 Un avantage : l’absence de toute coopération de la femme (qui ne doit ni réfléchir, ni
manipuler) et la simplicité d’emploi.
 Des inconvénients : hémorragies (7 à 14%) à type de spotting, de ménorragies ou de
méno-métrorragies, douleur.

 Méthodes chimiques locales : spermicides : Ce sont des agents tensioactifs


bactéricides :
- Chlorure de benzalkonium
- Chlorure de benzethonium et nitrate de phénylmercure imprègnent les cupules de
Taro-cap.
 Des avantages : absence de tout effet secondaire sur le cycle, réversibilité immédiate,
prophylaxie non négligeable des maladies sexuellement transmissibles.
 Des incovénients : lubrification trop importante, modification de la flore vaginale
(disparition du bacille de Doderlein).

 Les méthodes hormonales : le blocage de l’ovulation par « pilules »


12

 Deux méthodes classiques : par oestroprogestatifs :


- Combinée, oestrogènes et progestatifs de synthèse étant donné dans la même
préparation, parfois avec une dose augmentée de progestatif dans la deuxième partie
du cycle ;
- Séquentielle, oestrogènes étant donné seuls au début, puis en association avec un
progestatif.
 Un avantage : l’efficacité (à condition de ne pas oublier)
 Des inconvénients : les effets secondaires indésirables à type de prise de poids,
nausées, vaginite mycosique, tendance dépressive, aggravation de varices préexistantes,
sont rares.
 Progestatifs purs
- microdosés ou micropilules administrés en continu
 L’avantage : effets métaboliques très faibles, ce qui permet de les utiliser dans les
contre-indications des oestroprogestatifs.
 Des inconvénients : troubles des règles fréquents, risque de grossesse extra-utérine,
moindre efficacité, risque de voir apparaître une dysovulation.
- Progestatifs norpregnanes du 5e au 25e jour du cycle
 Un inconvénient : parfois atrophie endométriale importante entraînant des
saignements et prise de poids.
- Medroxy-progestérone : action retard (durée 3 mois), efficacité satisfaisante mais
réversibilité imparfaite avec effets secondaires (aménorrhée prolongée, métrorragies,
galactorrhée). Ă réserver aux patientes ne pouvant aucunement participer.

 « La pilule du lendemain » dite aussi contraception d’urgence consiste à prendre dans


les 72 heures suivant le rapport non protégé (le plus tôt est le mieux) 2 comprimés d’un
oestroprogestatif à 50Mg renouvelé 12 heures plus tard. Une information large de cette
contraception susceptible d’éviter un certain nombre d’IVG doit être faite.
 La stérilisation tubaire est une méthode définitive. Elle se fait par coelioscopie. On a
renoncé à l’électrocoagulation tubaire qui détruit une trop longue portion de trompes.

CHEZ L’HOMME

Toutes les recherches portent sur la découverte de substances : -


susceptibles de provoquer une azoospermie ;
- sans modifier la libido et l’aspect de l’homme (hypogonadisme) ; - et sans
entraîner d’effets secondaires regrettables.
 Le Gossypol peut entraîner une hypokaliémie grave et des lésions testiculaires
définitives
 L’inhibine est théoriquement capable de bloquer la sécrétion de FSH
 La testostérone, n’est active qu’à des doses supraphysiologiques et mal supportées 
Les progestatifs et particulièrement les norstéroïdes exercent un effet inhibiteur
satisfaisant avec un minimum d’effets secondaires, mais une compensation androgénique
est nécessaire par voie percutanée, sous-cutanée ou intramusculaire.

 La vasectomie est la résection des canaux déférents dans leur partie intrascrotale. Les
échecs sont rares si la technique est précise : extrémités détruites et liées, fascia
péricanalaire refermée entre les deux segments, lavage du bout distal avec un sérum
physiologique.
13

Les complications sont rares : infection localisée, hématome intrascrotal.


Signalons toutefois que le taux d’acceptation de cette contraception est très faible chez les
hommes.

[Link]. MILIEU D’ETUDE

CARTE POSTALE DU DISTRICT SANITAIRE DE BUKAVU (10)


[Link] DONNEES GEOGRAPHIQUES
II.1.1. Superficie : 200Km²

II.1.2. Limites politico-administratives (zone de santé de Kapolowe.) se présentent comme


suit :
Au Nord : la zone de santé de Lukafu
À l’Est : la zone de santé de Kasenga
au Sud : la zone de santé de Kipushi
Au Sud-Ouest et l’Ouest : la zone de santé de Kilela Balanda

II.1.3. Limites du District avec les autres Zones de Santé Rurales de Kapolowe,
Au Nord : la zone de santé de Lukafu
À l’Est : la zone de santé de Kasenga
au Sud : la zone de santé de Kipushi
Au Sud-Ouest et l’Ouest : la zone de santé de Kilela Balanda

[Link] DONNEES DEMOGRAPHIQUES

II.2.1. Population : 300399 habitants (estimation à partir des résultats de Janvier 2003
actualisés).
II.2.2. Densité : 2500 habitants /Km²

II.2.3. Répartition par tranches d’âge :


* O à 11 mois (4%) : 24516 *
12 à 23 mois (4%) : 24516 *
24 à 59 mois (11%) : 66807
* 0 à 4 ans (19%) : 115586 * 5 à 14
ans (27%) : 165586 * 15
ans et plus (54%) : 330971
* Femmes en âge de procréation
(21%) : 128711

II.2.4. Taux de natalité : 33‰


Taux de mortalité : 4,9‰ Source : CERUKI
Taux de mortalité infantile : 108‰ (Centre de Recherche
Taux d’accroissement de la population : 3.1% Universitaire de Kapolowe
Mission.)
14

Le Secteur de la Lufira est constitué de neuf groupement dont la densité de population est de
2500 habitants /Km², repartie par ordre décroissant de la manière suivante :
▪ Groupement Kisunka
▪ Groupement katanga
▪ Groupement Poyo
▪ Groupement Nganlu
▪ Groupement Kyembe
▪ Groupement Lukoshi
▪ Groupement Mwabesa
▪ Groupement Mulandi
▪ Groupement Tenke

[Link] DONNEES ECONOMIQUES

II.4.1. Activités économiques prédominantes : commerce, industries de transformations


(Bralima, Pharmakina,…), pêche artisanale, élevage et agriculture en périphérie.

II.4.2. Sources de revenu : salaires et primes des fonctionnaires, recettes du commerce.

[Link] DONNEES SANITAIRES

II.5.1. Les endémies locales sont par ordre d’importance (décroissant) :

• Le Paludisme
• Les Infections Respiratoires Aiguës (IRA)
• Les Maladies Diarrhéiques
• La Malnutrition Protéino-Energétique
• Les Affections Ophtalmologiques
• Les IST
• Le Choléra
• La Tuberculose
• La Rougeole
15

[Link]. MATERIELS ET METHODES

Ce travail est une étude rétrospective, c’est-à-dire une étude cas témoins, portant sur
80 femmes admises dans les services de gynécologie-obstétrique de neuf structures sanitaires
(hôpitaux, cliniques et centres hospitaliers) de Kapolowe, pour complications d’avortement
clandestin. Ces structures sanitaires sont : Hôpital général de référence de Kapolowe-mission,

En ce qui concerne le contrôle, nous avons interrogé cent vingt femmes ayant fait des
naissances vivantes dans les mêmes services.
Dans le but de minimiser l’influence de variables parasites, un appariement statistique a été
réalisé entre les deux échantillons. C’est ainsi que nous avons choisi comme témoins ou
groupe contrôle, les femmes dont l’âge varie entre 10 et 25 ans, habitant, ayant donné
naissance à des nouveau-nés vivants dans les mêmes services de Gynécologie et obstétrique.

Pour la récolte des données, nous avons mené une enquête par questionnaire. Ce dernier a été
déterminé par l’objet d’étude, les objectifs et les hypothèses de la recherche. Compte tenu du
grand nombre de personnes interrogées et du traitement quantitatif des informations qui
devrait suivre, les réponses à toutes les questions étaient précodées de sorte que les
répondantes devaient obligatoirement choisir leurs réponses parmi celles qui leur étaient
formellement proposées. Toutefois, chaque série des réponses à une question donnée
comprenait l’assertion « Autre » pour laquelle l’enquêtée devrait opter au cas où aucune des
réponses définies d’avance ne correspondrait à la sienne (voir Annexes, questionnaires
d’enquête). Les questionnaires étant construits, nous les avons remis aux personnels soignants
de ces …… structures sanitaires, après leur avoir fourni des instructions nécessaires, afin
qu’ils recueillent des informations requises auprès de toute patiente qui consulterait pour
complication d’avortement clandestin et qui accepterait de participer à l’enquête. La
recommandation de l’OMS, qui veut que tout chercheur qui mènera une enquête sur les
avortements à risque obtienne d’abord le consentement informé de la personne qui a avorté
avant de l’interroger, a donc été prise en considération (29).
Les accouchées ont été interrogées trois mois plus tard. Un suivi de l’évolution de l’enquête
était effectué mensuellement dans chaque hôpital, CH et clinique.

En dehors des structures sanitaires, une autre enquête a été menée dans la population
locale. Elle visait surtout à recueillir des informations sur les séquelles post-abortum ou
postpartum chez les femmes dont l’avortement ou l’accouchement datait d’au moins une
année. Vingt cas seulement ont été rapportés dans chaque catégorie.

Les éléments de données recueillis étaient :


 Chez les avortées :
- Identification de l’avortée : âge (en années), adresse, état matrimonial, niveau d’étude,
religion, statut socioprofessionnel, formule obstétricale.
- Age gestationnel de la grossesse interrompue (=intervalle de temps entre la DDR et
l’avortement)
- Durée entre l’avortement et la consultation médicale,
- Identité du géniteur : âge (en année), profession, Etat civil, niveau d’étude. -
Qualification des avorteurs,
- Procédures utilisées pour interrompre la grossesse,
- Motifs d’avortement évoqués
- Complications post-abortum,
- Séquelles
16

- Prise en charge et évolution des complications,


- Origine de la grossesse interrompue,
- Connaissances, attitudes et pratiques des méthodes contraceptives par les avortées.

 Chez les accouchées


- Identification de l’accouchée : âge (en années), adresse, état matrimonial, niveau
d’étude, religion, statut socioprofessionnel, formule obstétricale,
- Identité du géniteur : âge (en années), profession, état civil, niveau d’étude.
- Qualification des accoucheurs (ou accoucheuses),
- Complications de la délivrance et pathologies des suites des couches,
- Séquelles,
- Prise en charge et évolution des complications,
- Origine de la grossesse dont était issu le nouveau-né,
- Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception par les accouchées.

Pour le traitement des données, nous avons utilisé le logiciel Epi-info 6.


La vérification de nos hypothèses a été faite après avoir effectué le test Khi-carré (χ2) au seuil
de signification de 0,05.

L’analyse documentaire nous a renseignés sur le nombre total de cas de complications


d’avortements criminels ainsi que le nombre de naissances vivantes observés dans ces
structures sanitaires pendant la période de notre étude.
17

CHAP. IV. PRESENTATION DES RESULTATS

IV.1. AGE DES ENQUETEES

Tableau 1. Age des avortées

Intervalle d’âge Effectif %


10-14 3 3
15-19 69 69
20-24 11 11
25-29 8 8
30-34 5 5
35-39 2 2
40-44 2 2
45-49 0 0
50-54 0 0
TOTAL 100 100

En observant le tableau ci-haut, nous constatons que 3% des avortées avaient l’âge
compris entre 10 et 14 ans ; 69% entre 15 et 19 ans ; 11% entre 20 et 24 ans ; 8% entre 25 et
29 ans ; 5% entre 30 et 34 ans ; 2% entre 35 et 39 ans et 2% entre 40 et 44 ans. Aucune
avortée n’avait plus de 44 ans.

L’âge moyen des avortées était de 19,85 ans avec des âges extrêmes de 10 et 44 ans.

Chez les accouchées, la situation s’était présentée de la manière suivante :

Tableau 2. Age des accouchées

Intervalle d’âge Effectif %


10-14 10 0,207
15-19 666 13,8
20-24 1354 28,039
25-29 1213 25,12
30-34 902 18,67
35-39 494 10,23
40-44 177 3,66
45-49 11 0,22
50-54 2 0,054
TOTAL 4829 100
18

Le tableau ci-haut montre que 0,207% des accouchées avaient l’âge compris entre 10
et 14ans ; 13,8% entre 15 et 19 ans ; 28,039% entre 20 et 24 ans ; 25,12% entre 25 et 29 ans ;
18,67% entre 30 et 34 ans ; 10,23% entre 35 et 39 ans ; 3,66% entre 40 et 44 ans ; 0,22%
entre 45 et 49 ans et 0,054% entre 50 et 54 ans.

L’âge moyen des accouchées était de 26,75 ans avec des âges extrêmes de 10 et 54
ans.

Tableau 3 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Adolescentes 72 676 748
Autres 28 4153 4181
Total 100 4829 4929

χ2C = 256,0406 χ2t = 3,84

IV.2. FREQUENCE DES AVORTEMENTS CRIMINELS

Tableau 4. Prévalence des avortements criminels

Effectif total
Avortements 87
Naissances vivantes 4829

Il ressort du tableau ci-haut que la fréquence des avortements est estimée à


1,8% parmi 4829 naissances vivantes.

IV.3. ADRESSE DES ENQUETEES

Tableau 5. Adresse des avortées

Adresse Effectif %
Mulandi 30 30
Kidimudilo 32 32
Kyembe 38 38
TOTAL 100 100
Les résultats dans ce tableau montrent que 30% des avortées habitent dans l’aire de santé
Mulandi ; 32%, de Kidimudilo et 38% Kyembe.

Tableau 6. Tableau de contingences


χ2C = 0,075900554 χ2t = 5,99

Avortements Naissances vivantes Total


Mulandi 30 40 75
19

IV. [Link] MATRIMONIALE DES ENQUETEES


Tableau 7 : Etat civil des avortées

Etat civil Effectif %


Célibataires 85 85
Mariées 5 5
Divorcées 8 8
Veuves 2 2
TOTAL 100 100

Il se dégage des résultats de ce tableau que 85% des femmes ayant avorté étaient des
célibataires ; 5% des mariées ; 8% des divorcées et 2% des veuves.

Tableau 8 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Célibataires 85 12 97
Autres 15 108 123
Total 100 120 220

χ2C = 124,4656776 χ2t = 3,84

IV.5. NIVEAU D’ETUDE DES ENQUETEES


Tableau 9 : Niveau d’étude des avortées

Niveau d’étude Effectif %


Analphabète 3 3
Primaire 5 5
Secondaire 85 85
Université fréquentée 5 5
Université terminée 2 2
TOTAL 100 100

A partir des résultats du tableau ci-haut, nous constatons que 3% de femmes ayant
avorté étaient analphabètes ; 5% étaient de niveau primaire ; 85% de niveau secondaire ; 5%
fréquentaient encore l’université et 2% avaient déjà terminé leurs études universitaires.

Tableau 10 : Tableau de contingences


Autres niveaux 15 21 36
d’étude
TOTAL 100 20 120 220

χ2C = 0 ,226449275 χ2t = 3,84

IV.6. RELIGION

Tableau 11 : Confessions religieuses des avortées

Religion Effectif %
Protestante 31 31
Catholique 40 40
Musulmane 10 10
Athée 0 0
Autre 19 19
TOTAL 100 100

Il ressort des résultats dans le tableau ci-haut que 31% de notre échantillon
confessaient la foi protestante ; 40% étaient catholiques et 10% musulmanes. 19%
appartenaient à d’autres confessions religieuses. Aucune patiente n’était athée.

71% de femmes qui ont avorté étaient des chrétiennes (protestantes ou catholiques).

Tableau 12 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Chrétiennes 71 94 165
Autres religions 29 26 55
TOTAL 100 120 220

χ2C = 1,564444444 χ2t = 3,84


IV.7. STATUT SOCIO-PROFESSIONNEL

Tableau 13. Profession des avortées

Statut socio-professionnel Effectif %


Sans profession 5 5
Salariée 2 2
Commerçante 2 2
Ménagère 15 15
Elève 70 70
Etudiante 5 5
Non identifiée 0 0
TOTAL 100 100
21

Nous constatons, à partir de ce tableau, que 5% des avortées étaient sans profession ;
2% étaient des salariées ; 2% étaient des commerçantes ; 15% étaient des ménagères ; 70%
des élèves et 5% des étudiantes.

Tableau 14. Tableau de contingences


χ2C = 86,77354413 χ2t = 3,84

Avortements Naissances vivantes Total


Elèves 70 11 81
Autres 30 109 139
TOTAL 100 120 220

IV.8. FORMULE OBSTETRICALE


IV.8.1. Gestité

Tableau 15 : Gestité des avortées

Gestité Effectif %
Primigeste 91 91
Multigeste 7 7
Grande Multigeste 2 2
TOTAL 100 100

A la lumière de ce tableau, nous remarquons que 91% des avortées étaient des
primigestes ; 7% des multigestes et 2% de grandes multigestes.

Tableau 16. Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Primigeste 91 46 137
Multigeste et grande 9 74 83
multigeste
TOTAL 100 120 220

χ2C = 64,398677 χ2t = 3,84

[Link]é
22

Tableau 17. Parité des avortées

Parité Effectif %
Nullipare 91 91
Primipare 5 5
Multipare 2 2
Grande multipare 2 2
TOTAL 100 100
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que 91% des avortées étaient des
nullipares ; 5% étaient des primipares ; 2% des multipares et 2% de grandes multipares.

Tableau 18 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Nullipares 91 52 143
Autres 9 68 77
TOTAL 100 120 220

χ2C = 54,47619048 χ2t = 3,84

[Link]écédent d’avortement

Tableau 19. Avortement chez les femmes ayant fait un avortement criminel

Nombre d’avortement Effectif %


Un 92 92
Deux 4 4
Trois 2 2
Quatre 2 2
cinq 0 0
Plus de cinq 0 0
TOTAL 100 100

Les résultats dans ce tableau montrent qu’en dehors de l’avortement clandestin récent,
92% des avortées n’avaient aucun antécédent d’avortement ; 4% avaient un seul antécédent
d’avortement ; 2% en avaient deux et 2% en avaient trois.
Les avortements itératifs ont donc été observés dans 8% des cas.

Tableau 20 : Tableau de contingences


Avortements Naissances vivantes Total
Antécédent d’avortement (-) 92 87 179
Antécédent d’avortement (+) 8 33 41
TOTAL 100 120 220
23

χ2C = 13,6784303 χ2t = 3,84

IV.8.4. Décès

Tableau 21. Décès chez les avortées

Décès Effectif %
Zéro 91
Un 2 97
Deux 2 2
Trois 2 2
Quatre 1 1
Plus de quatre 2 2
TOTAL 100 100

Il se dégage des résultats dans ce tableau que 95% des avortées n’avaient jamais connu
de décès dans leur descendance ; 3% en avaient déjà connu un seul et 2% en avaient déjà
connu deux.

Tableau 22. Tableau de contingences


χ2C = 8,010239748 χ2t = 3,84

Avortements Naissances vivantes Total


Zéro décès 91 92 183
Un décès ou plus 9 28 37s
TOTAL 100 120 220

[Link] vivants

Tableau 23 : Enfants vivants des femmes ayant fait un avortement criminel

Enfants vivants Effectif %


Aucun 91 91
Un 3 3
Deux 2 2
Trois 2 2
Quatre 1 1
Cinq ou plus 1 1
TOTAL 100 100
24

A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que 91% des
avortées n’avaient aucun enfant vivant, 2% en avaient un seul ; 2% en avaient deux ; 2% en
avaient trois ; 1% en avait quatre ; 2% en avaient cinq ou plus.

Tableau 24 : Tableau de contingences


χ2C = 54,47619048 χ2t = 3,84

Avortements Naissances vivantes Total


Aucun enfant vivant 91 52 143
Un enfant vivant ou plus 9 68 77
TOTAL 100 120 220

[Link] GESTATIONNEL DE LA GROSSESSE INTERROMPUE

Tableau 25. Intervalle d’âge de la grossesse interrompue

Intervalle d’âge Effectif %


Moins de cinq SA 6 6
Cinq à Neuf SA 60 60
Dix à Quatorze SA 19 19
Quinze à Dix-neuf 4 4
SA
Vingt SA ou plus 5 5
Age ignoré 6 6
TOTAL 100 100

Il ressort des résultats dans ce tableau que 6% de grossesses interrompues avaient un


âge gestationnel inférieur à cinq semaines d’aménorrhée ; 60% de grossesses étaient
interrompues à l’âge de cinq à neuf SA ; 19% à l’âge de dix à quatorze SA ; 4% à quinze à
dix-neuf SA et 5% à vingt SA ou plus.
L’âge de la grossesse était ignoré dans 6% des cas.

[Link] DU GENITEUR

Tableau 26 : Intervalle d’âge du géniteur chez les avortées

Intervalle d’âge (en années) Effectif %


10-14 0 0
15-19 2 2
20-24 5 5
25

25-29 33 33
30-34 30 30
35-39 12 12
40 ou plus 8 8
Age ignoré 10 10
TOTAL 100 100

A la lumière de ce tableau, nous remarquons que 2% des géniteurs avaient un âge


compris entre 15 et 19 ans ; 5% avaient 20 à 24 ans ; 33% avaient 25 à 29 ans ; 30% avaient
30 à 34, 12% avaient 35 à 39 ans et 8% avaient 40 ans ou plus. 10% des avortées ignoraient
l’âge de leurs géniteurs.

Tableau 27 : Tableau de contingences


Dans ce tableau, seul les 90 avortées dont les âges des géniteurs sont connus ont
été prises en considération.

Avortements Naissances vivantes Total


Géniteur âgé de moins de 35 ans 70 91 161
Géniteur âgé de 35 ans ou plus 20 29 49
TOTAL 90 120 210

χ2C = 0,108695652 χ2t = 3,84

[Link] SOCIO-PROFESSIONNEL DU GENITEUR

Tableau 28 : Profession du géniteur chez les avortées

Profession Effectif %
Sans profession 8 8
Salarié 14 14
Commerçant 30 30
Elève 6 6
Etudiant 35 35
Non identifiée 7 7
TOTAL 100 100

Nous constatons, à partir de ce tableau, que 8% des géniteurs étaient sans profession ;
14% étaient des salariés ; 30% étaient des commerçants ; 6% étaient des élèves ; 35% étaient
des étudiants. La profession de 7% des géniteurs n’a pas été identifiée.
65% des géniteurs étaient constitués des étudiants et des commerçants. Ces derniers étaient
pour la plupart des motards.
Avortements Naissances vivantes Total
Le géniteur est un commerçant 65 39 104
ou un étudiant 26
Le géniteur n’est ni 28 81 109
commerçant ni étudiant
TOTAL 93 120 213

Tableau 29 : Tableau de contingences


93 avortées seulement connaissaient la profession de leurs géniteurs.
χ2C = 29,31921519 χ2t = 3,84

[Link] MATRIMONIALE DU GENITEUR

Tableau 30 : Etat civil du géniteur chez les avortées

Etat civil Effectif %


Célibataire 71 71
Marié 14 14
Divorcé 4 4
Veuf 5 5
Non identifié 6 6
TOTAL 100 100

Il ressort des résultats dans ce tableau que 71% des géniteurs étaient célibataires ;
14% étaient mariés ; 5% étaient veufs et 4% avaient déjà divorcé d’avec leurs épouses. Dans
6% des cas, l’état civil des géniteurs n’a pas été identifié.

Tableau 31 : Tableau de contingences


Le géniteur n’est pas un 23 93 116
célibataire
TOTAL 94 27 120 214

94% seulement des avortées connaissaient l’Etat civil de leurs géniteurs


χ2C = 59,71912367 χ2t = 3,84
[Link] D’ETUDE DU GENITEUR

Tableau 32. Niveau d’étude du géniteur chez les avortées

Niveau d’étude Effectif %


Analphabète 2 2
Primaire 6 6
Secondaire 23 23
Université fréquentée 35 35
Université terminée 20 20
Non identifié 14 14
TOTAL 100 100

A partir des résultats présentés dans le tableau ci-haut, 2% des géniteurs étaient
analphabètes ; 6% avaient un niveau d’étude primaire ; 23% avaient un niveau secondaire.
35% des géniteurs fréquentaient encore l’université et 20% avaient déjà obtenus leurs
parchemins universitaires. Dans 14% des cas, le niveau d’étude du géniteur n’a pas été
identifié.
28

Tableau 33 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Niveau secondaire ou Université fréquentée 58 66 124
Autres 42 54 96
TOTAL 100 120 220

χ2C = 0,199596774 χ2t = 3,84

IV. 14. QUALIFICATION DES AVORTEURS

Tableau 34 : Qualification des avorteurs

Avorteurs Effectif %
Médecins 5 5
Paramédicaux 58 58
Femmes elles-mêmes 6 6
Matrones 4 4
Etudiants en Médecine 4 4
Elèves infirmiers ou 12 12
étudiants infirmiers
Non identifié 11 11
TOTAL 100 100

En observant le tableau ci-haut, nous constatons que les manœuvres abortives ont été
pratiquées dans 5% des cas par les médecins ; dans 58% des cas par les paramédicaux ; dans
6% des cas par les femmes elles-mêmes ; dans 4% des cas par les matrones ; dans 4% des cas
par les étudiants en Médecine ; dans 12% des cas par les élèves infirmiers ou les étudiants
infirmiers. Dans 11% des cas, les avorteurs n’ont pas été identifiés.

Tableau 35 : Tableau de contingences


χ2C = 8,7608888 χ2t = 3,84
Avortements Naissances vivantes Total
Paramédicaux 58 92 150
Autres 42 28 70
TOTAL 100 120 220
29

IV.15. PRATIQUES ABORTIVES


Tableau 36. Procédures utilisées pour interrompre la grossesse

Procédures utilisées Effectif %


Curetage instrumental 60 60
Aspiration 0 0
Rupture des membranes 13 13
Désinsertion de l’œuf 4 4
Sondes métalliques 23 23
Tiges des plantes 2 2
Lavement 3 3
Prise des médicaments 41 41

Irrigation vaginale 2 2
KMnO4 Intra-vaginal 35 35
Autres 3 3
TOTAL 186 186

A la lumière de ce tableau, nous remarquons que les méthodes abortives utilisées


étaient diverses : Comme moyens mécaniques, le curetage instrumental a été utilisé chez 60%
d’avortées ; la rupture des membranes chez 13% ; la désinsertion de l’œuf chez 4% ; le
sondage utérin chez 23% ; les tiges des plantes chez 2% ; les autres méthodes chez 3%. Aucun
avorteur n’a utilisé l’aspiration. Quant aux moyens chimiques, le lavement a été utilisé chez
3% d’avortées, la prise des médicaments chez 41%, l’irrigation vaginale chez 2%, le
permanganate de potassium intra-vaginal chez 35%.

[Link] D’AVORTEMENT
Tableau 37 : Motifs d’avortement évoqués

Motifs d’avortement Effectif %


Poursuite des études 35 35
Crainte des parents 40 40
Fuite des responsabilités du géniteur 16 16
Grossesses rapprochées 3 3
Non identification du père biologique 4 4
Infidélité 2 2
Autres 0 0
TOTAL 100 100

Nous constatons, à partir de ce tableau que les principaux motifs évoqués avaient
été les raisons scolaires (35%), la crainte des parents (40%), la fuite des responsabilités du
géniteur (16%), les grossesses rapprochées (3%), la non identification du père biologique
(4%), l’infidélité (2%).

[Link] D’APPARITION DES COMPLICATIONS


30

Tableau 38 : Délais d’apparition des complications

Délais Effectif %
Moins d’un mois 89 89
Un à trois mois 7 7
Quatre à sept mois 3 3
Huit à onze mois 1 1
Douze mois ou plus 0 0
Durée ignorée 0 0
TOTAL 100 100

Tableau 39 : Tableau de contingences


Nous constatons, à partir de ce tableau,
Avortements que les complications
Naissances vivantes apparaissaient
Total
dans moins d’un mois chez 89% des avortées, après un à quatre mois chez 7%, après quatre à
Délais de moins
huit mois chez d’un
3% etmois
après huit à douze 89
mois chez 1%. 18 107
Délais d’un mois ou plus 11 2 13
TOTAL 100 20 120

20 accouchées seulement avaient connu des complications post-partum

χ2C = 0,017253774 χ2t = 3,84

[Link] COMPLICATIONS POST-ABORTUM

Tableau 40 : Complications post-abortum

Complications Effectif %
Rétention placentaire 85 85
Perforation utérine 6 6
Abcès du Douglas 0 0
Phlegmon du ligament large 0 0
Pyosalpinx 0 0
Salpingite 12 12
Pelvipéritonite 2 2
Péritonite généralisée 2 2
31

Thrombophlébite 0 0
Septicémie 23 23
Tétanos 3 3
Endométrite 13 13
Anémie aiguë 11 11
Plaies cervico-vaginales 13 13
Plaies intestinales 0 0
Paraplégies 0 0
Hémiplégies 0 0
Monoplégies 0 0
Trauma psychique 0 0
Autres 0 0
TOTAL 170 170
Il ressort des résultats dans ce tableau que deux types de complications avaient été
identifiées :
- Les complications hémorragiques, dues aux rétentions placentaires (85%) ; aux
perforations utérines (6%) et aux plaies cervico-vaginales (13%), entraînant une
anémie aiguë (11%).
- Les complications infectieuses à type d’endométrite (13%) ; de péritonite généralisée
(2%) ; de pelvi-péritonite (2%) ; de tétanos (3%) ; de septicémie (23%) ou de
salpingite (12%).

[Link] COUT-EFFICACITE DE LA PRISE EN CHARGE DES


COMPLICATIONS

Tableau 41 : Coût moyen par patiente en dollars américains

Coût moyen par patiente en US $ Effectif %


10-19 6 6
20-29 6 6
30-39 5 5
40-49 13 13
50-59 23 23
60 ou plus 47 47
TOTAL 100 100

Le tableau ci-haut montre que le coût moyen de la prise en charge des complications
post-abortum variait entre 10$ US et 19$ US chez 6 avortées ; entre 20$ US et 29$ US chez 6
autres ; entre 30$ US et 39$ US chez 5 avortées ; entre 40$ US et 49$ US chez 13 avortées ;
entre 50$ et 59$ US chez 23 avortées. Le coût était de 60$ US ou plus chez 47 avortées.

Tableau 42. Evolution des complications


32

Evolution Effectif %
1. Suites simples (moins de 10 jours d’hospitalisation)
Guérison 60 60
Complications bénignes 20 20
2. Suites compliquées (10 jours ou plus d’hospitalisation)
Guérison 16 16
Décès 4 4
TOTAL 100 100

Dans les suites simples, 60% de patientes ont été guéries après prise en charge ; 20%
sont sorties avec des complications bénignes. Dans les suites compliquées, la guérison était
observée chez 16% de patientes ; 4% sont décédées malgré la prise en charge, soit un taux de
mortalité de 4%.
IV.20. SEQUELLES

Tableau 43 : Séquelles post-abortum

Séquelles Effectif %
Salpingite chronique 0 0
Stérilité secondaire 3 15
Algies pelviennes chroniques 12 60
Métrorragies 6 30
Aménorrhée 0 0
Psychose dépressive 11 55
Aucune séquelle 4 20
TOTAL 36 180

A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que parmi les 20
avortées interrogées en dehors des structures sanitaires, 4 seulement, soit 20% n’ont pas
présenté des séquelles post-abortum.
80% des avortées avaient présenté des séquelles dont les algies pelviennes chroniques ( 60%),
les métrorragies (30%), la psychose dépressive ou sentiment de culpabilité ( 55%), la stérilité
secondaire ( 15%).

IV. [Link] DE GROSSESSES


Tableau 44 : Origine de la grossesse interrompue
33

Origine Effectif %
Rapport sexuel consenti 18 18
Rapport sexuel imposé par le mari légitime 3 3
Coït imposé par le copain ou l’amant 30 30
Viol 1 1
Inceste 2 2
Coït contre les points, l’argent, les bijoux 46 46
ou un autre matériel
TOTAL 100 100

Il ressort des résultats dans le tableau ci-haut que 3% de grossesses interrompues


étaient issues d’un rapport sexuel imposé par le mariNaissances
Avortements légitime ; 30% étaient issues d’un
vivantes Total
rapport imposé par le copain ou l’amant ; 1% était issue d’un viol ; 2% d’un inceste et 46%
Consentement de la femme (+) 18 101 119
d’un coït contre les points, l’argent, les bijoux ou un autre matériel. Le consentement de la
Consentement
femme n’a étéderequis
la femme (-) 18% des 82
que dans cas. 19 101
TOTAL 100 120 220

Tableau 45 : Tableau de contingences


χ2C = 96,16435089 χ2t = 3,84

IV.22. CONNAISSANCE DES METHODES CONTRACEPTIVES

Tableau 46 : Connaissance des méthodes contraceptives par les avortées

Méthode connue Effectif %


Aucune 46 46
Pilules 12 12
Dépo-provera 5 5
Norplant 4 4
DIU 5 5
Préservatif ou condom 34 34
Ligature des trompes 3 3
Méthode du calendrier 31 31
Méthode de température 28 28
34

Autre 2 2
TOTAL 170 170

Le tableau ci-haut montre que 46% des avortées ne connaissaient aucune méthode
contraceptive ; 54% connaissaient une ou plusieurs méthodes, d’où le total de 170 au lieu de
100. Avortements Naissances vivantes Total
Les pilules étaient connues de 12% des avortées ; le dépo-provera était connu de 5% ; le
Ne connaissent aucune méthode 46 33 79
Norplant de 4% ; le DIU de 5%, le préservatif de 34% ; la ligature des trompes de 3% ; la
Connaissent au moins de
méthode du calendrier une31%,
méthode 54 de 28%. Une autre
la méthode de température 87 méthode, celle
141
de la glaire cervicale, était connue de 2% des avortées.
TOTAL 100 120 220

Tableau 47 : Tableau de contingences


χ2C = 8,111500135 χ2t = 3,84

IV.23. ATTITUDE VIS-A-VIS DES METHODES CONTRACEPTIVES

Tableau 48 : Attitude des avortées vis-à-vis du planning familial

Attitude Effectif %
Positive 89 89
Négative 11 11
TOTAL 100 100

A partir de ce tableau, nous constatons que 89% des avortées présentaient une attitude
positive vis-à-vis du planning familial alors que 11% étaient indifférentes.

Tableau 49 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Attitude positive 89 107 196
Attitude négative 11 13 24
TOTAL 100 120 220
χ C = 0,001558956 χ t = 3,84
2 2

IV.24. PRATIQUE DES METHODES CONTRACEPTIVES

[Link]
35

Tableau 50 : Taux d’utilisation des méthodes contraceptives par les avortées


Pratique Effectif %
Oui 17 17
Non Avortements
83 Naissances
83 vivantes Total
Pratiquent la contraception
TOTAL 100 17 100 84 101
Ne pratiquent pas la contraception 83 36 119
TOTAL 100 120 220

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 17% seulement des avortées


pratiquaient la contraception ; 83% n’utilisaient aucune méthode contraceptive.

Tableau 51 : Tableau de contingences


χ2C = 61,70030785 χ2t = 3,84

IV.24.2. Résultats de l a pratique

Tableau 52 : Résultats de la pratique des méthodes contraceptives par les avortées

Résultat Effectif %
Réussite 2 11,76
Echec 15 88,24
TOTAL 17 100

En observant le tableau ci-haut, nous remarquons que parmi les 17 avortées qui
avaient déjà pratiqué, au moins une fois, la contraception, 2 seulement, soit 11,76%, avaient
aboutit à la réussite. La majorité, soit 88,24%, n’avait pas pus éviter la grossesse malgré la
pratique de la contraception.

Tableau 53 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Réussite de la méthode contraceptive 2 32 34
Échec de la contraception 15 52 67
TOTAL 17 84 101

χ2C =
IV.24.3. Obstacles à la pratique des méthodes contraceptives

Tableau 54 : Obstacles à la pratique de la contraception par les avortées

Obstacles Effectif %
Ignorance 46 46
36

Mari 2 2
Religion 7 7
Coutume 5 5
Peur des effets secondaires 7 7
Echec de la méthode utilisée auparavant 15 15
Inaccessibilité aux contraceptifs à cause de la pauvreté 9 9
Autre (Négligence) 27 27
Total 118 118

A la lumière de ce tableau, nous constatons que les obstacles à la pratique des


méthodes contraceptives chez les avortées étaient nombreux : 46% des avortées accusent
l’ignorance; 2% accusent le mari; 7% accusent la religion; 5% la coutume; 7% la peur des
effets secondaires des contraceptifs; 15% l’échec de la méthode utilisée auparavant; 9%
l’inaccessibilité aux contraceptifs liée à la pauvreté ; 27% la négligence. Parfois, une même
femme avance deux ou plusieurs raisons.
Parmi les obstacles, l’ignorance et la négligence prennent la tête avec respectivement 46% et
27%.
Tableau 55 : Tableau de contingences

Avortements Naissances vivantes Total


Ignorance ou négligence 73 44 117
Autres obstacles 45 101 146
TOTAL 118 145 263

χ2C = 26,17145465 χ2t = 3,84

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

En République Démocratique du Congo, en général, et à Kapolowe-mission, en particulier,


l’avortement est restreint par la loi qui est très stricte à cet égard et par considérations
philosophiques et théoriques sur l’avortement.

Estimer avec précision la prévalence de l’avortement à Bukavu n’a pas été une tâche facile.
En effet, les enquêtes communautaires ont été très difficiles à réaliser compte tenu de
l’émotion que soulève le sujet, c’est ainsi que la plupart de l’information sur l’ampleur du
problème provient des enquêtes menées en milieu hospitalier.

Les admissions hospitalières pour complications d’avortement criminel ne représentent que la


partie visible de l’iceberg.
Nonobstant, notre étude a révélé que ce sont les adolescentes célibataires, scolaires,
chrétiennes, primigestes et nullipares qui sont des candidates potentielles aux avortements
criminels.
Les grossesses interrompues sont issues d’un rapport sexuel imposé à la femme par son
partenaire ou par les conditions socio-économiques défavorables. Les géniteurs sont des
37

adultes, célibataires, étudiants ou commerçants, avec un niveau d’étude secondaire ou


universitaire. Les grossesses non désirées, se soldant par un avortement, sont favorisées par la
non pratique de la contraception due à l’ignorance ou à la négligence.
L’avortement criminel a lieu entre cinq et quinze semaines d’aménorrhée et elle est facilitée
par des paramédicaux qui utilisent les moyens chimiques ou un curetage instrumental
septique.
Les complications immédiates qui en résultent sont de nature hémorragique ou infectieuse.
Leur prise en charge est coûteuse et leur évolution se fait vers la guérison, mais avec un taux
de mortalité élevée. Les séquelles de cet acte criminel sont des algies pelviennes chroniques et
un sentiment de culpabilité de la part de l’avortée.

En définitive, lorsqu’il n’entraîne pas la mort, l’avortement criminel a comme conséquence


une morbidité importante. Il assombrit le pronostic obstétrical de la femme et constitue donc
un fléau à combattre. C’est pourquoi nous recommandons :

1) Aux autorités politiques :

- La légalisation de l’avortement reconnaissant à la femme la liberté d’interrompre,


en toute sécurité, toute grossesse non désirée
- La création des emplois a l’intention des médicaux des paramédicaux

2) Aux autorités ecclésiastiques et scolaires :

- De fournir aux jeunes un enseignement religieux sur la sexualité humaine et la


planification familiale
- De sensibiliser les jeunes sur la gravité des complications des avortements
clandestins.

3) Aux ONG oeuvrant dans le domaine de la santé :

- La formation des médecins et sages-femmes aux techniques de l’aspiration endo-


utérine en vue d’améliorer le traitement des avortements incomplets.
- Le renforcement des services de planification familiale
- L’équipement des hôpitaux en matériel pour l’aspiration manuelle endo-utérine.

4) Aux personnels médicaux et paramédicaux :

- Le respect de la vie humaine en dépit du chômage


- La non marginalisation d’une avortée criminelle.

5) Aux adolescents et adolescentes :

- La continence
- Le préservatif à tout rapport sexuel

6) A toutes et à tous

Le respect de la dignité de la femme.


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