0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues120 pages

Syllabus TP Final

Transféré par

benalifarid2024
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues120 pages

Syllabus TP Final

Transféré par

benalifarid2024
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

PRESSES UNIVERSITAIRES DE BRUXELLES

Etude des médicaments :


UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES, UNIVERSITÉ D’EUROPE

médicaments organiques
Travaux pratiques

Jean NEVE
Professeur
François DUFRASNE
Pierre VAN ANTWERPEN

D/2008/0098/081
4e édition – Tirage 2011-12/5-S
PHAR-J-305_B

™PHAR-J-305_Bj¨
Conformément à la loi du 30 juin 1994, modifiée par la loi du 22 mai 2005, sur le droit d'auteur, toute reproduction
partielle ou totale du contenu de cet ouvrage –par quelque moyen que ce soit– est formellement interdite.
Toute citation ne peut être autorisée que par l'auteur et l’éditeur. La demande doit être adressée exclusivement
aux Presses Universitaires de Bruxelles a.s.b.l., avenue Paul Héger 42, 1000 Bruxelles,
Tél. : 02-649 97 80 – Fax : 02-647 79 62 – Http//:[Link]/pub – E-mail : mpardoen@[Link]
« L’Université libre de Bruxelles fonde l’enseignement et la recherche sur le
principe du libre examen. Celui-ci postule, en toute matière, le rejet de
l’argument d’autorité et l’indépendance du jugement. »
Article 1 des statuts de l’U.L.B.
Le label FSC : la garantie d’une gestion responsable des forêts
Les Presses Universitaires de Bruxelles s’engagent !
Les P.U.B. impriment depuis de nombreuses années les syllabus sur du papier recyclé. Les différences de qualité
constatées au niveau des papiers recyclés ont cependant poussé les P.U.B. à se tourner vers un papier de meilleure
qualité et surtout porteur du label FSC.
Sensibles aux objectifs du FSC et soucieuses d’adopter une démarche responsable, les P.U.B. se sont conformé aux
exigences du FSC et ont obtenu en avril 2010 la certification FSC (n° de certificat COC spécifique aux P.U.B. : CU-COC-
809718-HA).
Seule l’obtention de ce certificat autorise les P.U.B. à utiliser le label FSC selon des règles strictes. Fortes de leur
engagement en faveur de la gestion durable des forêts, les P.U.B. souhaitent dorénavant imprimer tous les syllabus
sur du papier certifié FSC. Le label FSC repris sur les syllabus vous en donnera la garantie.
Qu’est-ce que le FSC ? Quelles garanties ?
FSC signifie “Forest Stewardship Council” ou Le système FSC repose également sur la traçabilité du
“Conseil de bonne gestion forestière”. Il s’agit d’une produit depuis la forêt certifiée dont il est issu jusqu’au
organisation internationale, non gouvernementale, consommateur final. Cette traçabilité est assurée
à but non lucratif qui a pour mission de promouvoir par le contrôle de chaque maillon de la chaîne de
dans le monde une gestion responsable et durable commercialisation/transformation du produit (Chaîne
des forêts. de Contrôle : Chain of Custody – COC). Dans le cas du
Se basant sur dix principes et critères généraux, papier et afin de garantir cette traçabilité, aussi bien le
le FSC veille à travers la certification des forêts au producteur de pâte à papier que le fabricant de papier,
respect des exigences sociales, écologiques et le grossiste et l’imprimeur doivent être contrôlés.
économiques très poussées sur le plan de la gestion Ces contrôles sont effectués par des organismes de
forestière. certification indépendants.

Les 10 principes et critères du FSC 6. Les fonctions écologiques et la diversité biologique de la


forêt doivent être protégées.
1. L’aménagement forestier doit respecter les lois nationales, 7. Un plan d’aménagement doit être écrit et mis en œuvre.
les traités internationaux et les principes et critères du FSC. Il doit clairement indiquer les objectifs poursuivis et les
2. La sécurité foncière et les droits d’usage à long terme sur moyens d’y parvenir.
les terres et les ressources forestières doivent être claire- 8. Un suivi doit être effectué afin d’évaluer les impacts de la
ment définis, documentés et légalement établis. gestion forestière.
3. Les droits légaux et coutumiers des peuples indigènes à la 9. Les forêts à haute valeur pour la conservation doivent être
propriété, à l’usage et à la gestion de leurs territoires et de maintenues (par ex : les forêts dont la richesse biologique
leurs ressources doivent être reconnus et respectés. est exceptionnelle ou qui présentent un intérêt culturel ou
4. La gestion forestière doit maintenir ou améliorer le bien- religieux important). La gestion de ces forêts doit toujours
être social et économique à long terme des travailleurs fo- être fondée sur un principe de précaution.
restiers et des communautés locales. 10. Les plantations doivent compléter les forêts naturelles,
5. La gestion forestière doit encourager l’utilisation efficace mais ne peuvent pas les remplacer. Elles doivent réduire
des multiples produits et services de la forêt pour en ga- la pression exercée sur les forêts naturelles et promouvoir
rantir la viabilité économique ainsi qu’une large variété de leur restauration et leur conservation. Les principes de 1 à
prestations environnementales et sociales. 9 s’appliquent également aux plantations.

Le label FSC apposé sur des produits


en papier ou en bois apporte la garan-
tie que ceux-ci proviennent de forêts
gérées selon les principes et critères
FSC.
® FSC A.C. FSC-SECR-0045

FSC, le label du bois et du papier responsable

Plus d’informations ?
[Link]
A la recherche de produits FSC ?
[Link]

Cette page d’information n’est pas comptée dans le prix du syllabus.


F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Table des matières

1. Préface des Auteurs.............................................................................................................. 1

2. Méthodes instrumentales..................................................................................................... 5
2.1. Détermination du point de fusion................................................................................. 5
2.2. Spectrophotométrie d'absorption dans l'infrarouge...................................................... 5
2.3. Spectrophotométrie d'absorption dans l'ultraviolet et le visible .................................. 6
2.4. Détermination du pouvoir rotatoire.............................................................................. 7
2.5. Détermination de l'indice de réfraction........................................................................ 9
2.6. Détermination du point d’ébullition........................................................................... 10
2.7. Résonance magnétique nucléaire ............................................................................... 11
2.8. Méthodes chromatographiques .................................................................................. 12

3. Méthodes de synthèse organique ...................................................................................... 13


3.1. Techniques générales de synthèse et d’analyse ......................................................... 13
3.2. Techniques de recristallisation................................................................................... 14
3.3. Réactions générales de dérivation.............................................................................. 16
3.3.1. Acétylation des alcools et amines ...............................................................................................16
3.3.2. Formation d’imine (base de Schiff).............................................................................................17
3.3.3. Oximation des aldéhydes et cétones............................................................................................17
3.3.4. Estérification des alcools par le chlorure de 3,5-dinitro- ou paranitrobenzoyle ..........................18
3.3.5. Estérification des acides carboxyliques par le bromure de parabromophénacyle .......................18
3.3.6. Formation de picrates d’amines ..................................................................................................19
3.3.7. Formation d’hydrazone d’aldéhydes et de cétones avec la 2,4-dinitrophénylhydrazine .............19
3.3.8. Etherification des halogénures d’alkyle avec le β−naphtol .........................................................20
3.3.9. Formation d’amide (anilides) à partir des anhydrides d’acides...................................................20
3.3.10 Formation de dérivés bromés d’aromatiques .............................................................................21
3.4. Exercices de synthèse de médicaments...................................................................... 21

4. Pharmacopées ..................................................................................................................... 23
4.1. Prescriptions générales............................................................................................... 23
4.1.1. Identifications, essais et dosages. ................................................................................................23
4.1.2. Solubilité et solvants ...................................................................................................................24
4.1.3. Expression des concentrations.....................................................................................................25
4.2. Extraits de monographies........................................................................................... 25
4.2.1. Acide glutamique ........................................................................................................................25
4.2.2. Sulfamérazine..............................................................................................................................27
4.2.3. Méthénamine = Urotropine .........................................................................................................29
4.2.4. Chloramphénicol .........................................................................................................................31

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 II
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

5. Analyse fonctionnelle ......................................................................................................... 33


5.1. Fonctions principales. ................................................................................................ 33
5.2. Fonctions complexes et hétérocycles. ........................................................................ 36

6. Identification des liquides.................................................................................................. 41

7. Identification des solides.................................................................................................... 42


7.1. Opérations préliminaires ............................................................................................ 43
7.1.1. Recherche des éléments .............................................................................................................43
7.1.2. Identification ...............................................................................................................................48
7.2. Caractérisation définitive ........................................................................................... 51
7.2.1. Tableau 1.....................................................................................................................................51
7.2.2. Tableau 2.....................................................................................................................................57
7.2.3. Tableau 3.....................................................................................................................................61
7.2.4. Tableau 4.....................................................................................................................................64
7.2.5. Tableau 5.....................................................................................................................................69
7.2.6. Tableau 6.....................................................................................................................................71
7.2.7. Tableau 7.....................................................................................................................................76
7.2.8. Tableau 8.....................................................................................................................................79
7.2.9. Tableau 9.....................................................................................................................................80
7.2.10. Tableau 10.................................................................................................................................84
7.2.11. Tableau 11.................................................................................................................................85
7.2.12. Tableau 12.................................................................................................................................93

8. Analyse spectrale des médicaments organiques .............................................................. 95


8.1. Principe ...................................................................................................................... 95
8.2. Informations spectrales .............................................................................................. 95
8.3. Informations chimiques.............................................................................................. 95
8.4. Mémento des techniques spectrales utilisées. ............................................................ 96
8.4.1. RMN 1H ......................................................................................................................................96
8.4.2. RMN 13C ...................................................................................................................................101
8.4.3. Infrarouge..................................................................................................................................103
8.4.4. Bibliographie.............................................................................................................................105

9. Modélisation moléculaire par ordinateur ...................................................................... 106

10. Application des techniques chromatographiques à l’analyse du médicament ......... 114

11. Contrôle quantitatif d’un principe actif de préparation magistrale ......................... 118

12. Analyse qualitative et quantitative des formes finies.................................................. 118

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 III
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

1. Préface des Auteurs

Si l’« Etude des Médicaments Organiques » est une des


matières de première importance pour la formation du
pharmacien, seul responsable de la qualité du médicament,
de sa bonne délivrance et de son suivi, force est cependant
de constater que cet enseignement nécessite de perpétuels
ajustements. Faut-il, pour s'en convaincre, mentionner la
sortie incessante de nouvelles molécules médicamenteuses
qui demandent des méthodes de caractérisation et d’analyse
de plus en plus sophistiquées et est-il nécessaire de souligner
la remise à jour régulière des principaux ouvrages de
référence, dont les pharmacopées et les manuels de
pharmacothérapie, véritables vitrines de la profession ?

Proposer un guide de travaux pratiques qui rencontre fidèlement les exigences de la chimie
thérapeutique moderne n'est dès lors pas une entreprise aisée. Ce fascicule comprendra en fait à la
fois des manipulations où l'intérêt pédagogique prime sur la modernité et d'autres qui tentent de
coller plus fidèlement à la complexité de l'actualité pharmaceutique. Tout en s'inspirant dans leur
conception des manuels précédents, plusieurs parties de la présente édition ont néanmoins été très
largement revues et adaptées en fonction des évolutions les plus récentes de la matière; par ailleurs
des monographies tirées des dernières éditions des pharmacopées modernes ont été sélectionnées pour
leur valeur exemplative. A cet égard, il est primordial de souligner que l'unique vocation de cet
ouvrage est d'illustrer quelques aspects importants de la matière vue en cours et relatifs plus
particulièrement à la pratique de l’analyse des médicaments en laboratoire. Ce n'est qu'au prix d'une
consultation fréquente et approfondie d'ouvrages de référence (dont les pharmacopées) que
l'étudiant pourra acquérir une maîtrise satisfaisante de la matière. Plus que jamais, le travail
personnel sera un excellent moyen de compléter les notions enseignées en chaire ou abordées au cours
des travaux pratiques. Enfin, un esprit critique poussé au cours de la réalisation de ces
manipulations constituera une des meilleures garanties d'un travail de qualité.

Puisse ce manuel contribuer à une formation harmonieuse du pharmacien…

NOTE IMPORTANTE
L’utilisation de ce manuel ne dispense en rien de la consultation
de la Pharmacopée Européenne !

Celle-ci est accessible directement via le site web des bibliothèques


[Link]

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 1
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2. Méthodes instrumentales

2.1. Détermination du point de fusion

● Réalisez la détermination selon la méthode au tube capillaire, décrite dans la


Pharmacopée Européenne ou en se servant d'un appareil à point de fusion automatique. Selon
la Pharmacopée Européenne, le point de fusion déterminé par la méthode au tube capillaire
correspond à la température à laquelle la dernière particule solide de substance introduite dans
un tube en colonne compacte passe à l'état liquide. L'appareillage est constitué par:
- un vase en verre approprié renfermant le liquide du bain (par exemple: eau, paraffine
liquide ou huile de silicone) et un dispositif de chauffage approprié,
- un dispositif d'agitation mécanique convenable assurant une uniformité de la
température,
- un thermomètre adéquat gradué à intervalles ne dépassant pas 0,5 °C muni d'une
marque d'immersion. La gamme de température visible du thermomètre n'est pas
supérieure à 100 °C,
- des tubes capillaires en verre à haute résistance thermique et exempt d'alcali, d'un
diamètre intérieur de 0,9 à 1,1 mm, à paroi d'une épaisseur de 0,10 à 0,15 mm,
scellés à une extrémité.

● Mode opératoire:
Sauf indication contraire, desséchez sous vide et sur gel de silice anhydre pendant 24 h, la
substance finement pulvérisée. Dans un tube capillaire, introduisez-en une quantité suffisante
pour former une colonne compacte d'une hauteur de 4 à 6 mm. Chauffez jusqu'à obtention
d'une température d'environ 10 °C inférieure au point de fusion présumé et réglez ensuite la
vitesse de chauffage à environ 1 °C par minute. Dès qu'une température de 5 °C inférieure au
point de fusion présumé est atteinte, introduisez correctement le tube capillaire dans l'appareil.
Dans le cas du dispositif décrit ci-dessus, placez le tube capillaire de façon que son extrémité
scellée se trouve à mi-hauteur du réservoir à mercure et que le repère d'immersion du
thermomètre soit au niveau de la surface du liquide. Notez la température à laquelle la
dernière particule passe à l'état liquide.

2.2. Spectrophotométrie d'absorption dans l'infrarouge

● Réalisez l'exercice selon les spécifications de la Pharmacopée Européenne. Les


spectrophotomètres adaptés aux mesures du spectre dans la région de l'infrarouge sont
constitués par un système optique susceptible de fournir une lumière monochromatique dans
la région de 4000 à 670 cm–1 (2,5 à 15 µm) ou éventuellement jusqu'à 200 cm-1 (50 µm) et par
un dispositif de mesure du rapport de l'intensité de la lumière transmise à celle de la lumière
incidente.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 5
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Préparation de l'échantillon:
Préparez la substance en utilisant l'une des méthodes suivantes:

 Liquides. Examinez un liquide sous la forme d'une pellicule maintenue entre 2


plaques (fenêtres) transparentes aux rayons infrarouges ou dans une cuve d'une
longueur de parcours appropriée, également transparente aux rayons infrarouges.

 Liquides ou solides préparés sous forme de solution. Préparez une solution dans un
solvant approprié; choisissez une concentration de solution et une longueur de
parcours de cuve qui donnent un spectre satisfaisant. Généralement, de bons résultats
sont obtenus avec des concentrations de 10 g/l à 100 g/l pour une longueur de
parcours de 0,5 mm à 0,1 mm. L'absorption due au solvant doit être compensée par
l'introduction dans le faisceau de référence d'une cuve semblable contenant le solvant
utilisé.

 Solides. Examinez un solide dispersé soit dans un liquide convenable (pâte), soit
dans un solide (pastille d'halogénure). Lorsque la monographie l'indique, utilisez une
pellicule de substance fondue entre 2 plaques transparentes aux rayons infrarouges.
► Pâte. Triturez une petite quantité de la substance à examiner avec un minimum de
paraffine liquide ou d'un autre liquide approprié; 5 mg à 10 mg de substance à
examiner suffisent généralement pour préparer une pâte adéquate. Comprimez la
pâte entre 2 plaques transparentes aux rayons infrarouges.
► Pastille. Triturez 1 mg à 2 mg de la substance à examiner avec 300 mg à 400 mg
( en pratique courante, on utilisera 1 mg de substance/100 mg de KBr ou 2 mg
de substance/200 mg de KBr), sauf indication contraire, de bromure de potassium
ou de chlorure de potassium finement pulvérisé et desséché. Ces quantités
suffisent généralement pour préparer une pastille d'un diamètre de 13 mm et
obtenir un spectre d'intensité satisfaisante. Broyez soigneusement le mélange,
étendez-le uniformément dans une matrice spéciale et soumettez-le sous vide à
une pression de 800 mPa environ (8 [Link]-2).

● Pour des applications de cette technique en détermination de structure, on se référera au


chapitre sur les identifications spectrales (8.).

2.3. Spectrophotométrie d'absorption dans l'ultraviolet et le


visible

● Réalisez les déterminations selon les spécifications de la Pharmacopée Européenne. Les


spectromètres utilisés pour l'étude des régions UV et VIS du spectre sont constitués par un
système optique susceptible de fournir de la lumière monochromatique dans la région de
200 nm à 800 nm et par un dispositif approprié à la mesure de l'absorbance. L'absorbance A
d'une solution est le logarithme décimal de l'inverse de la transmittance T pour un
rayonnement monochromatique.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 6
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Elle s'exprime par l'équation:

A = log10(1/T) = log10(I0/I)
T = I/I0 avec I0 = intensité du rayonnement monochromatique incident et I = intensité du
rayonnement monochromatique transmis

● En l'absence d'autres facteurs physico-chimiques, l'absorbance mesurée (A) est


proportionnelle à l'épaisseur (b) de la couche traversée et à la concentration (c) du corps
dissous, en accord avec l'équation: A = ε⋅c⋅
ε⋅ ⋅b
ε = absorbance molaire si b est exprimé en centimètres et c en moles par litre.

● L'expression A1 %1cm représentant l'absorbance spécifique d'un corps dissous, se


rapporte à l'absorbance d'une solution à 10 g/l ou 1 % (m/V) sous une épaisseur de 1 cm à une
longueur d'onde déterminée, d'où
1% 10 ε
A = ───────
1 cm Mr

Sauf indication contraire, mesurez l'absorbance à la longueur d'onde prescrite sous une
épaisseur de 1 cm à 20 ± 1 °C. Sauf indication contraire, effectuez les mesures par rapport au
même solvant ou au même mélange de solvants. L'absorbance du solvant mesurée par rapport
à l'air et à la longueur d'onde prescrite, ne doit dépasser en aucun cas 0,4 et doit être de
préférence inférieure à 0,2. Tracez le spectre d'absorption en portant en ordonnée les valeurs
d'absorbance ou toute fonction de celle-ci et en abscisse la longueur d'onde ou toute fonction
de celle-ci.

● Lorsque la monographie donne une seule valeur pour la position d'un maximum
d'absorption, il est admis que la valeur obtenue peut s'en écarter de 2 nm.

●  Sur les appareils de laboratoire d’analyse quantitative, il est généralement admis que
la lecture doit se faire entre des transmissions comprises entre 30 et 70 %, afin de rester dans
la zone de linéarité de la loi de Beer-Lambert. Cependant, il existe des appareils dont la
technologie permet de lire bien au-delà ou en deça de ces valeurs.

● Un exercice de détermination de l’absorbance spécifique est proposé au laboratoire. Il


consiste à mesurer avec précision le A1cm1 % d’une substance inconnue dont l’absorbance
spécifique est comprise entre deux valeurs. L’exercice a également pour but la rédaction d’un
protocole d’analyse utilisable par n’importe quel manipulateur. Le texte doit être impersonnel
et précis, s’inspirant des textes similaires trouvés dans les pharmacopées.
Exemple d’énoncé d’exercice:
Mesurez avec précision, dans HCl 0,1 N, le maximum d’absorption compris entre 230 nm et 350 nm et
déterminez, à cette longueur d’onde, le A1 % sur 1 cm d’une substance inconnue en sachant que celle-ci est
comprise entre 100 et 200. Décrivez le protocole d’analyse que vous avez utilisé pour faire cette mesure ainsi
que les résultats obtenus (longueur d'onde, absorbance lue, A1 %). Remarque: pour une bonne précision de la
mesure d’absorption, la transmission doit être comprise entre 30 et 70 %.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 7
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2.4. Détermination du pouvoir rotatoire

● Le pouvoir rotatoire ou déviation optique est la propriété que présentent certaines


substances de dévier le plan de polarisation de la lumière polarisée.

αm]tλ est la rotation, exprimée en radians (rad), mesurée


● Le pouvoir rotatoire spécifique [α
à la température t et à la longueur d'onde λ, donnée par une couche de 1 mètre d'épaisseur
d'un liquide ou d'une solution contenant 1 kilogramme de substance optiquement active par
mètre cube de solution. Pour des raisons pratiques, le pouvoir rotatoire spécifique [αm]tλ est
exprimé couramment en milliradians-mètres carrés par kilogramme (mrad⋅m2⋅kg-1).

● La Pharmacopée adopte les définitions conventionnelles suivantes qui sont plus faciles à
utiliser:
- L'angle de rotation optique d'un liquide est l'angle de rotation α, exprimé en degré (°),
du plan de polarisation à la longueur d'onde de la raie D du sodium (λ = 589,3 nm)
mesuré à 20 °C sous une épaisseur de 1 décimètre. Dans le cas d'une solution, la
méthode de préparation est prescrite dans la monographie.
- Le pouvoir rotatoire spécifique [α]20D d'un liquide est défini par l'angle de rotation α,
exprimé en degrés (°), du plan de polarisation à la longueur d'onde de la raie D du
sodium (λ = 589,3 nm) mesuré à 20 °C dans la substance liquide à examiner, rapporté
à une épaisseur de couche de 1 décimètre et divisé par la masse volumique exprimée
en grammes par centimètre cube.
- Le pouvoir rotatoire spécifique [α]20D d'une substance en solution est défini par l'angle
de rotation α, exprimé en degrés (°), du plan de polarisation à la longueur d'onde de la
raie D du sodium (λ = 589,3 nm) mesuré à 20 °C dans une solution de la substance
liquide à examiner, rapporté à une épaisseur de couche de 1 décimètre et à une
concentration de 1 gramme de substance par millilitre. Le pouvoir rotatoire spécifique
d'une substance solide est toujours défini par rapport à un solvant déterminé et à une
concentration donnée.

● Dans le système conventionnel adopté par la Pharmacopée, le pouvoir rotatoire


spécifique est donné en degrés-millilitres par décimètre et par gramme [(°)⋅mL⋅dm-1⋅g-
1
]. Pour des raisons de facilité, la pharmacopée n’indique toutefois aucune unité.

● Le facteur de conversion du Système International à celui de la Pharmacopée est le


suivant:
[αm]20D = [α]20D ⋅ 0,1745

● Dans certains cas précisés dans la monographie, l'angle de rotation peut être mesuré à
d'autres températures que 20 °C et à d'autres longueurs d'onde.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 8
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Mode opératoire:

- Déterminez le zéro du polarimètre et l'angle de rotation de la lumière polarisée à la


longueur d'onde de la raie D du sodium (λ = 589,3 nm) à 20 ± 0,5 °C. N'effectuez les
mesures à une autre température que lorsque la monographie indique la correction de
température à apporter au pouvoir rotatoire mesuré.

- Déterminez le zéro de l'appareil avec un tube fermé, vide dans le cas des substances
liquides, et rempli du solvant prescrit dans le cas des substances solides. Effectuez un
minimum de 5 lectures et calculez la moyenne. Cette étape n’est plus
systématiquement nécessaire avec les appareils modernes. Toutefois, il est toujours
conseillé de le faire afin de tenir compte de la déviation de lecture due à l’œil de
chaque utilisateur.

- Calculez le pouvoir rotatoire spécifique à l'aide des formules suivantes, un pouvoir


rotatoire dextrogyre ou lévogyre étant désigné respectivement par (+) et par (-).

Pour les substances liquides:


α
α]20D = ──────

l⋅⋅ ρ20

Pour les substances solides:

1000 α 100 α α
20
α] D = ─────── ou ─────── ou ───────

l⋅c l ⋅ c* l ⋅ c**

c = concentration de la substance en g/l


c* = concentration de la substance en % (m/V)
c** = concentration de la substance en g/mL

- Calculez d'après les formules suivantes la teneur c en pour g/l ou la teneur c' en pour
cent m/m d'une substance dissoute.
1000 α 100 α
c = ──────── c’ = ────────
α]20D
l [α α]20D ρ20
l [α

α = angle de rotation en degrés lu à 20 ± 0,5 °C,


l = longueur en décimètres du tube polarimétrique,
ρ20 = masse volumique à 20 °C en grammes par centimètre cube. Pour les
besoins de
la Pharmacopée, la masse volumique est remplacée par la densité
relative,
c = concentration de la substance en g/l
c' = concentration de la substance en pourcentage m/m.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 9
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2.5. Détermination de l'indice de réfraction

● L'indice de réfraction nλt d'un milieu rapporté à l'air est égal au rapport du sinus de
l'angle d'incidence d'un rayon lumineux dans l'air au sinus de l'angle de réfraction du rayon
réfracté dans le milieu considéré. Sauf indication contraire, l'indice de réfraction est déterminé
à 20 ± 0,5 °C et rapporté à la raie D du sodium (λ = 589,3 nm); le symbole est alors nD20,

● Les réfractomètres courants déterminent l'angle limite. Dans ces appareils, la partie
essentielle est un prisme d'indice de réfraction connu, en contact avec le liquide à examiner.
Pour l'étalonnage de l'appareil, utilisez les liquides de référence mentionnés dans les
pharmacopées.

2.6. Détermination du point d’ébullition

● Pour déterminer le point d’ébullition, la pharmacopée utilise un appareillage spécial


également utilisé pour mesurer l’intervalle de distillation.
- Le point d’ébullition est la température corrigée à laquelle la pression de vapeur
d’un liquide est égale à 101,3 kPa.
- Appareil. L’appareil à utiliser est celui de l’intervalle de distillation (2.2.11) sauf
que le thermomètre est placé de façon que la partie inférieure du réservoir de
mercure soit au niveau du bord inférieur du col du ballon à distiller, lequel est
posé sur une plaque de matière isolante percée d’un trou de 35 mm de diamètre.
- Mode opératoire. Dans le ballon (A), introduisez 20 mL du liquide à examiner et
quelques morceaux de matière poreuse. Faites chauffer de façon à atteindre
rapidement le point d’ébullition et notez la température à laquelle le liquide
commence à s’écouler du tube latéral du ballon dans le réfrigérant.
- Corrigez les lectures en fonction de la pression barométrique en utilisant la
formule suivante:

t1 = t2 +(k(101,3 – b)

t1 = température corrigée,
t2 = température lue à la pression barométrique b,
k = facteur de correction (voir tableau 2.2.11.-1),
b = pression barométrique, exprimée en kilopascals, lors de la distillation.

● En pratique courante au laboratoire, on utilisera plutôt le dispositif décrit sur la page


suivante, permettant de travailler sur de plus petites quantités. L’appareillage est un ballon
surmonté d’une poche thermométrique et d’un réfrigérant.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 10
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Thermomètre
Réfrigérant

Liquide + pierre ponce

Le liquide, dans lequel on aura ajouté au préalable 2-3 grains de pierre ponce, est chauffé
progressivement au bunsen électrique. Dès que le reflux est atteint au niveau du réfrigérant,
on attend que la température maximale soit obtenue au thermomètre. Cette température est la
température d’ébullition. La méthode est moins précise que celle de la pharmacopée car la
température peut fluctuer de quelques degrés par rapport à la température d’ébullition réelle.
C’est surtout le cas pour les liquides dont le point d’ébullition est très élevé ( > 200 °C).

2.7. Résonance magnétique nucléaire

● La spectrométrie de résonance magnétique nucléaire (RMN) repose sur la propriété


qu’ont des noyaux tels 1H, 13C, 19F, 31P de posséder un moment magnétique nucléaire
permanent. Placés dans un champ magnétique extérieur (champ directeur), ils prennent par
rapport à celui-ci certaines orientations bien définies auxquelles correspondent des niveaux
d’énergie distincts. Pour une valeur donnée de champ, des transitions entre niveaux
immédiatement contigus sont dues à l’absorption de radiations électromagnétiques de
longueurs d’onde caractéristiques dans la région des radiofréquences.
La mesure de ces fréquences peut être faite soit par recherche séquentielle des conditions
de résonance (spectrométrie à ondes continues), soit par excitation simultanée de toutes les
transitions par irradiation avec une impulsion multifréquence suivie par la transformation par
ordinateur des interférogrammes obtenus quand le système revient à l’état initial
(spectrométrie par impulsions).

● Un spectre de résonance magnétique protonique se présente comme un ensemble de


signaux correspondant aux protons et caractéristiques de leur environnement nucléaire et
électronique dans la molécule. La séparation entre un signal donné et celui présenté par un
témoin est appelée déplacement chimique (δ) et est exprimée en parties par million (ppm);
elle caractérise le type de proton en fonction de l’environnement nucléaire et électronique.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 11
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Les signaux sont fréquemment subdivisés en une série de pics, appelés doublets, triplets,…
multiplets, multiplicité due à la présence de champs magnétiques permanents émanant des
noyaux voisins en particulier d’autres protons distants de 2 à 5 liaisons de valence. L’intensité
de chaque signal, mesurée par la surface sous le signal, est proportionnelle au nombre de
protons équivalents.

● Appareillage. Un spectromètre de résonance magnétique nucléaire, travaillant en ondes


continues, est constitué par un aimant, un générateur de balayage à basse fréquence, un porte-
échantillon, un émetteur et récepteur de radiofréquences, un enregistreur et un intégrateur
électronique. Un spectromètre à impulsions est équipé en outre d’un émetteur à impulsions et
d’un ordinateur destiné à recueillir les informations, à les mettre en mémoire et à les
transformer mathématiquement en un spectre conventionnel.
Utilisez un spectromètre de résonance magnétique nucléaire d’une fréquence minimale de
60 MHz pour 1H. Sauf indication contraire, conformez-vous aux instructions du constructeur

● Pour des applications de cette technique en détermination de structure, on se réfère au


chapitre sur les identifications spectrales (chapitre 8).

2.8. Méthodes chromatographiques

La description des méthodes chromatographiques utilisées en chimie pharmaceutique


dépasse le cadre de cet ouvrage. Celles-ci ont déjà été abordées dans d’autres cours. Pour une
description des applications de ces techniques à l’occasion des travaux pratiques, on se
réfèrera aux points 3.1. (Chromatographie sur couche mince) et 9. (HPLC).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 12
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3. Méthodes de synthèse organique

3.1. Techniques générales de synthèse et d’analyse

● Chauffage: sauf mention contraire, tout chauffage se fait dans un récipient rôdé muni
d’un réfrigérant, en présence de 2-3 grains de pierre ponce.

● Filtration: les méthodes de filtration sous vide sont toujours préférées. Elles se font soit
au moyen d’un filtre en verre fritté, soit d’un Büchner muni d’un filtre circulaire. Le liquide
est recueilli dans une fiole Büchner. Lorsque la filtration sur filtre en papier est utilisé, il vaut
toujours mieux plisser le filtre pour accélérer le phénomène.  N’oubliez pas de laver le
précipité recueilli sur le filtre avec le solvant de filtration ou, le cas échéant, tout autre réactif
de lavage adéquat.

● Séchage: on procède au séchage de trois manières:


- à chaud / pression atmosphérique: dans une étuve ventilée. Ce procédé est utilisable
pour les substances dont le point de fusion est > 60 °C, qui sont non-sublimables et
thermostables.
- à chaud / sous vide: pour les substances plus sensibles à la chaleur, on chauffe à basse
température (généralement < 60 °C) mais pour conserver une bonne efficacité de
séchage, on baisse la pression. La seule limitation est la sublimation possible du
produit. Pour utiliser ce procédé, demander à l’assistant.
- à froid / sous vide: on utilise une cloche mise sous vide pour les substances les plus
fragiles.
 Ce mode de séchage est lent et nécessite au moins 24 heures !

● Extraction: toute extraction se fait dans une ampoule à décanter et, de préférence, en
deux fois au moyen de volumes de solvants organiques appropriés.
- solvants: généralement à faible point d’ébullition comme l’éther diéthylique ou le
dichlorométhane.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 13
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- procédure: extraire une première fois la phase aqueuse par un demi-volume équivalent
de solvant puis, une deuxième fois, par un volume égal à celui de l’eau. Agiter
énergiquement une cinquantaine de fois en s’arrêtant régulièrement pour enlever la
surpression dans l’ampoule au moyen du robinet et en vérifiant s’il n’y a pas
d’émulsion.
- lavage: lorsque l’on extrait un produit à partir d’une solution fortement acidifiée ou
basifiée, il convient de laver les phases organiques réunies au moyen d’un peu d’eau
(par agitation dans une ampoule à décanter) afin d’éliminer toute trace résiduelle
d’acide ou de base.
- séchage: avant évaporation le solvant décanté et récupéré est séché par agitation avec
2-3 cuillerées à café de Na2SO4 ou MgSO4.

● Chromatographie sur couche mince (CCM): La chromatographie sur couche mince est
une technique de séparation dans laquelle une phase stationnaire, constituée d’un matériau
approprié, est répandue en une couche mince et uniforme sur un support (plaque) de verre, de
métal ou de plastique. Des solutions d’analytes sont appliquées sur la plaque avant le
développement. La séparation repose sur les mécanismes d’adsorption, de partage ou
d’échange d’ions ou sur des combinaisons de ces mécanismes et elle s’effectue par migration
(développement) de solutés (solutions d’analytes) dans un solvant ou un mélange de solvants
approprié (phase mobile) à travers la couche mince (phase stationnaire).
En chimie pharmaceutique, on se sert de la CCM pour procéder au contrôle de la substance
synthétisée à deux niveaux:
- qualitatif: vérifier que la substance obtenue est différente du produit de départ ou de
certains réactifs (à condition qu’ils soient visibles sur la plaque)
- semi-quantitatif: absence d’autre tache autre que la tache principale
On pratique l’analyse en utilisant le matériel suivant:
- plaque: généralement 3-4 cm de largeur de base sur 5-6 cm de hauteur (1 spot tous les
cm)
- phase mobile: son choix est déterminé par le pouvoir de séparation des différents
spots, c’est-à-dire la résolution du système. On prépare généralement un maximum de
20 mL de phase mobile.
- cuve: un pèse filtre ou un petit bécher, recouvert d’un verre de montre, sans saturation
préalable.
- dépôts: au moyen de capillaire. On déposera la quantité suffisante pour avoir un spot
analysable sous UV. Une solution de 10-20 mg/10 mL est généralement suffisamment
concentrée. On dépose des spots ronds par portion de 1 µL et on observe en UV pour
vérifier que la tache est nettement visible.

3.2. Techniques de recristallisation

● La recristallisation est une technique de purification très simple. Elle se base sur les
différences de solubilité que l’on peut observer entre le produit à isoler après une réaction et
les impuretés qui sont présentes en quantités variables. Elle se différentie du simple lavage
par un solvant, une base ou un acide, qui n’élimine que les impuretés superficielles, certaines

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 14
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

d’entre elles restant insérées dans la structure cristalline du solide1. La recristallisation passe,
en effet, par la solubilisation totale du produit à purifier dans un solvant, suivie par la
reformation des cristaux. Ce procédé permet donc de n’isoler idéalement que le solide
cristallin pur.

● Il existe deux techniques de recristallisation: à froid ou à chaud. La méthode à chaud est


la plus fiable mais aussi la plus délicate en ce qui concerne le choix du solvant.

Recristallisation = Méthode de purification basée sur les principes


suivants :
Réaction chimique  2 cas se présentent

A + B C + D (+ x autres)

Restes de Produits de Départ Bon Produit Impureté

FILTRAGE ou DECANTATION Soluble à chaud INSoluble(s) à chaud


A CHAUD Insoluble à froid Insoluble(s) à froid

Soluble à chaud Soluble(s) à chaud


Insoluble à froid SOLUBLE(S) à Froid

SOLVANT
DE
FILTRAGE A FROID RECRISTALLISATION

● Recristallisation à chaud: on se base sur le schéma ci-dessous pour la bonne


compréhension de la méthode. On choisit un solvant dans lequel le produit à isoler est soluble
à chaud et insoluble à froid. Lors du refroidissement, les cristaux se reforment, le précipité est
filtré, lavé avec le solvant utilisé pour la recristallisation, et séché. Les impuretés peuvent
avoir trois comportements:
- soit elles sont solubles dans le solvant de recristallisation à chaud et à froid. Dans ce
cas, qui est aussi le plus simple, il suffit de procéder à la filtration.
- soit elles sont INsolubles dans le solvant de recristallisation à chaud et à froid. Il faut
alors procéder soit à un filtrage à chaud, soit, de préférence, à une décantation à chaud
dans une fiole conique pour les éliminer. Le produit à purifier précipite ensuite dans le
liquide décanté lors du refroidissement.
- soit elles sont solubles à chaud et INsolubles à froid. La séparation est alors impossible
est il faut trouver un autre solvant de recristallisation.

1 Pour être efficace, un lavage doit se faire impérativement sur une solution du mélange de produits dans un
solvant organique. On procède généralement à un lavage lorsque le produit ou les impuretés ont des propriétés
acido-basiques qui permettent de les différencier.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 15
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

 Quatre règles importantes sont à respecter:


1. La quantité de solvant à ajouter doit être la plus petite possible mais néanmoins
suffisante pour solubiliser les produits à chaud. Afin d’éviter que de trop grandes
quantités soient utilisées, ce qui risque de nuire à la précipitation du produit à froid, on
conseille généralement de ne pas dépasser une dizaine de mL par gramme de
substance
2. Il convient de laisser refroidir spontanément la solution chaude. L’utilisation de la
glace ou le grattage de la paroi du récipient avec une baguette en verre ne seront
envisagés que si aucun précipité n’apparaît après retour à la température ambiante.
3. Si aucun précipité n’apparaît à froid ou après grattage, on peut ajouter au solvant
de recristallisation un non-solvant miscible pour provoquer la cristallisation ([Link].
Ajoutez de l’eau si le solvant de recristallisation est de l’alcool, de l’éther de pétrole si
il s’agit d’acétate d’éthyle).
4. Si le solvant est inflammable, le chauffage doit se faire impérativement au bunsen
électrique et sous hotte !

● Recristallisation à froid: la technique consiste à ajouter à une solution d’un mélange de


produit dans un solvant, un non-solvant qui doit posséder les caractéristiques suivantes:
1. être miscible avec le premier solvant
2. se comporter comme un non-solvant du produit à isoler.
On débute par la solubilisation du mélange de produits dans le minimum de solvant. Ensuite,
il suffit d’ajouter par petites portions le non-solvant à la solution initiale jusqu’à début de
précipitation, puis de mettre le tout au surgélateur ou, du moins, à 0°C. Le solide est filtré,
lavé avec le non-solvant et séché.

3.3. Réactions générales de dérivation

3.3.1. Acétylation des alcools et amines

Ac2O
R OH R O
H
R NH2 R N

Traitez 1 mmole de produit par 1,5 mL d'anhydride acétique et 3 mL de pyridine.


Chauffez pendant 5 minutes à reflux et précipitez l'acétate en introduisant le produit de la
réaction dans 50 mL d'eau. Recueillez le précipité sur Büchner, lavez-le avec un peu d'eau et
recristallisez-le dans l’alcool. Prenez le point de fusion après dessiccation.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 16
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3.3.2. Formation d’imine (base de Schiff)

R
O N

H R NH2 H

O R
N

Dans un ballon de 100 mL muni d'un réfrigérant, introduisez 5 mmol d'aniline et 5 mmol
d'aldéhyde ou de cétone. Agitez: le mélange se trouble et s'échauffe. Chauffez doucement
durant 10 minutes (flamme éclairante avec légère ébullition). Extrayez l’imine par le
dichlorométhane au moyen d'une ampoule à décanter.

3.3.3. Oximation des aldéhydes et cétones

OH
O N

H [Link] H

O OH
N

Dissolvez 0,01 mol de chlorhydrate d'hydroxylamine dans 2 mL d'eau. Ajoutez-y 2


mL d'une solution de NaOH 10 % et 0,01 mol de cétone (ou aldéhyde). Si tout ne se dissout
pas, ajoutez de l'alcool jusqu'à limpidité parfaite. Chauffez le mélange à reflux pendant 10 à
15 minutes puis refroidissez dans la glace. Si des cristaux se séparent, filtrez-les et
recristallisez-les dans l'alcool, dans l'alcool dilué, dans le toluène ou dans l'éther de pétrole
60°-80°. Si aucun solide ne se sépare, diluez par 2 à 3 volumes d'eau. Filtrez le précipité et
recristallisez.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 17
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3.3.4. Estérification des alcools par le chlorure de 3,5-dinitro- ou


paranitrobenzoyle

O2N
O
O
O2N ou Cl
Cl O2N (NO2)x
R OH R O

Cette réaction peut être effectuée également dans un tube à essai. A 0,5 mL d'alcool,
ajoutez 5 mL de pyridine et 2 g de chlorure de 3,5-dinitro- ou p-nitrobenzoyle. Chauffez ce
mélange prudemment pendant 5 min et versez-le lentement dans 15 mL d'eau distillée, en
agitant. Recueillez le précipité ainsi obtenu sur un filtre Büchner et lavez-le par petites
portions avec une solution de Na2CO3 à 20 % (en tout 20 mL) puis avec de l'eau.
Recristallisez le précipité dans l'éthanol à 80 % de préférence, ou dans un autre solvant le cas
échéant, puis essorez et séchez le précipité ainsi formé.

3.3.5. Estérification des acides carboxyliques par le bromure de


parabromophénacyle

O O

CH2Br CH2 OOCR


+ RCOOH
Br + HBr
Br

Dissolvez 0,5 g de l’acide dans 5 mL d’eau et neutralisez par NaOH (indicateur:


phénolphtaléine). Acidifiez par deux gouttes d’acide chlorhydrique 2 N et ajoutez une
solution de 0,5 g de bromure de para-bromophénacyle dans 5 mL d’éthanol. Chauffez à reflux
durant 1 heure en maintenant la limpidité de la solution par ajout d’éthanol si nécessaire.
Ensuite, laissez refroidir: la majorité des dérivés cristallisent spontanément à froid.
Recristallisez dans l’éthanol, l’éthanol 80° ou le toluène.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 18
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3.3.6. Formation de picrates d’amines

NO2

O2 N OH NO2
R' R'
+
R N NO2 R NH O2 N O

R'' R''
NO2

Deux cas se présentent:


● Amines hydrosolubles: solubilisez 1 mL d’amine dans 1 mL d’eau; ajoutez goutte-à-
goutte une solution saturée d’acide picrique jusqu’à l’apparition d’un trouble ou d’un
précipité (ajoutez un maximum de 20 mL). Laissez reposer, agitez (si nécessaire
grattez la paroi) ou refroidissez dans la glace 24 heures pour faire apparaître le
précipité. Le picrate est recristallisé dans l’eau ou l’éthanol.
● Amines non-hydrosolubles: solubilisez 1 mL d’amine dans 1 mL d’alcool; ajoutez
goutte-à-goutte une solution saturée d’acide picrique jusqu’à l’apparition d’un
trouble ou d’un précipité (ajoutez un maximum de 20 mL). Si un liquide se sépare en
surface ou dans le fond du tube, chauffez légèrement une minute prudemment à la
flamme. S’il ne se solubilise toujours pas, ajoutez un minimum d’alcool jusqu’à
solubilisation Laissez reposer, agitez (si nécessaire grattez la paroi) ou refroidissez
dans la glace 24 heures pour faire apparaître le précipité. Le picrate est recristallisé
dans l’éthanol.

3.3.7. Formation d’hydrazone d’aldéhydes et de cétones avec la 2,4-


dinitrophénylhydrazine

O2N

H
N NO2
O N
O2N N NH2
H
H H
NO2
O O2N

H
N NO2
N

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 19
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Deux cas se présentent:

● Aldéhyde ou cétone hydrosoluble: dissolvez 1 mL de composé carbonylé dans 2 mL


d’eau et ajoutez 4 mL de solution de 2,4-dinitrophénylhydrazine à 2,5 % dans l’acide
chlorhydrique dilué. Faites bouillir 10 minutes et laissez refroidir. Refroidissez au
besoin dans la glace si le précipité est absent ou peu abondant. Filtrez et recristallisez
dans le solvant approprié.

● Aldéhyde et cétone non hydrosoluble: faites la réaction décrite ci-dessus mais dans
l’éthanol. Si aucun précipité n’apparaît après refroidissement, ajoutez de l’eau
goutte-à-goutte jusqu’à apparition d’un trouble et laisser reposer. Refroidissez au
besoin dans la glace si le précipité est absent ou peu abondant. Filtrez et recristallisez
dans le solvant approprié.

3.3.8. Etherification des halogénures d’alkyle avec le β−naphtol

O
HO O
R CH2
R CH2X R CH
O
R CHX2

R CX3
O
R O

Chauffez à reflux pendant 20 minutes un mélange de 2 g de β−naphtol, 1 g de


composé, 0,5 g de KI et 1 g de KOH dans 10 mL d’éthanol. Après ce délai, ajoutez 2 g de
KOH et 20 mL d’eau en agitant jusqu’à précipitation du dérivé. Recristallisez dans l’éthanol.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 20
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3.3.9. Formation d’amides (anilides) à partir des anhydrides d’acides

H2N

O O O

R O R R N
H
+ RCOOH

Chauffez prudemment 1 mL d’aniline avec 1 g d’anhydride dans 30 mL de toluène


pendant 15 minutes. Laissez refroidir: l’anilide précipite. Filtrez, lavez à l’acide chlorhydrique
dilué et recristallisez dans l’éthanol ou tout autre solvant adéquat.

3.3.10 Formation de dérivés bromés d’aromatiques

R R R R

Br2 Br Br Br Br

Br Br
Le nombre de Br additionnés dépend
des autres substituants placés sur le cycles

Traitez avec précaution 1 g de produit dans 10 mL d’acide acétique glacial par 4 mL


d’eau de brome. Laissez reposer le mélange 20 minutes et mélangez-le à un même volume
d’eau. Filtrez, lavez à l’eau et recristallisez dans l’éthanol ou tout autre solvant adéquat.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 21
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3.4. Exercices de synthèse de médicaments

Au cours de cet exercice, des synthèses simples de médicaments sont proposées. Le but
est de comparer différentes méthodes de synthèse au niveau des rendements et de la pureté
des produits obtenus. Les paramètres tels que le temps de réaction, le type de réactif ou de
catalyseur, la méthode de chauffage (par plaque chauffante ou par microondes), la
température de chauffage et la technique de purification sont étudiés et comparés en fin de
travail.

● Nombres d’étudiants: 5

● Organisation:
1) Synthèse et isolation: lisez la procédure, faites les calculs éventuels et venez en
discuter avec l’assistant avant de débuter.
2) Purification et vérification de pureté par CCM: si le produit n’est pas pur,
recommencez l’opération.
3) Analyse par IR, UV et point de fusion: comparez avec les données spectrales de la
littérature.
4) Dosage par une méthode au choix (UV, titrage acide-base ou rédox).

● Rapport: Deux rapports sont à remettre:

► un rapport de groupe qui comprendra les points suivants:


1) Description de la synthèse + mécanisme de la réaction + justifiez les différents
réactifs (usage, quantité,…) et le matériel utilisé.
2) Résultats de la synthèse (masses et rendements bruts et nets) et temps total de
chauffage (montée + réaction + refroidissement).
3) Résultats des analyses de pureté et d’identité: interprétation du spectre IR +
comparaison des spectres IR et UV obtenus avec ceux de la littérature.
4) Résultats du dosage
5) Conclusions: données chiffrées générales sur le rendement et la pureté,
commentaires éventuels sur les points à améliorer (notamment lorsque le
rendement est faible par rapport à celui qui est attendu, ou la pureté insuffisante).

► un rapport commun avec ceux qui auront fait la même synthèse mais dans des
conditions différentes: comparaisons des différentes méthodes de synthèse pratiquées
au laboratoire (influence de la température, du mode de chauffage, du solvant, du
catalyseur utilisé).

● La description des différentes synthèses est donnée au laboratoire.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 22
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

4. Pharmacopées

4.1. Prescriptions générales

A titre d'exemple, des extraits des prescriptions générales de la Pharmacopée Européenne


sont repris ci-dessous. L'intégralité de celles-ci est disponible au laboratoire.

4.1.1. Identifications, essais et dosages.

- Prise d'essais. Dans les essais comportant des limites numériques et dans les dosages, la
quantité des substances à mettre en oeuvre est approximative. La quantité réellement utilisée,
exactement mesurée ou pesée, ne s'écarte pas de plus de 10 pour cent de la masse ou du
volume prescrit et le résultat est calculé à partir de cette quantité exacte. Dans les essais où la
limite n'est pas numérique, mais dépend habituellement de la comparaison avec une substance
de référence dans les mêmes conditions, la quantité prescrite est respectée pour l'essai. Les
quantités de réactif sont utilisées avec la précision indiquée.
Les quantités sont pesées ou mesurées avec l'exactitude correspondant au degré de
précision indiqué. Dans le cas de pesées, la précision correspond à plus ou moins 5 unités
après le dernier chiffre indiqué (par exemple 0,25 g doit être interprété comme étant de
0,245 g à 0,255 g). Pour la mesure des volumes, si la partie décimale est un zéro ou se termine
par un zéro (par exemple 10,0 mL ou 0,50 mL), le volume est mesuré en utilisant une pipette,
un ballon jaugé ou une burette selon le cas; sinon, une éprouvette ou une pipette graduée
peuvent être utilisées. Les volumes exprimés en microlitres sont mesurés à l'aide d'une
micropipette ou d'une microseringue.

- Appareils et méthodes. La verrerie volumétrique devrait satisfaire aux exigences des


« classes A » et des « Normes Internationales » appropriées établies par l'Organisation
Internationale de Normalisation. Sauf indication contraire, les identifications, les essais et les
dosages sont effectués à une température comprise entre 15 °C et 25 °C. Les essais
comparatifs, sauf indication contraire, sont effectués dans des tubes identiques en verre
neutre, à fond plat, incolores, transparents, dont le diamètre intérieur est de 16 mm. Des
volumes égaux des liquides à comparer sont examinés dans l'axe des tubes sur un fond blanc
ou, si nécessaire, sur un fond noir. L'examen est réalisé en lumière diffuse. Tout solvant
utilisé dans un essai ou un dosage dans lequel un indicateur est employé, est préalablement
neutralisé vis-à-vis de l'indicateur, sauf si un essai à blanc est prescrit.

- Bain-marie. Le terme « bain-marie » signifie un bain d'eau à ébullition, sauf indication


différente de température. D'autres moyens de chauffage peuvent être utilisés, à condition que
la température soit proche de, mais non supérieure à 100 °C ou à la température prescrite.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 23
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Dessiccation et calcination à masse constante. L'expression « desséché à masse


constante » ou « calciné à masse constante » signifie que 2 pesées consécutives ne diffèrent
pas de plus de 0,5 mg, la seconde pesée étant effectuée après une nouvelle période de
dessiccation ou de calcination adaptée à la nature et à la quantité du résidu.

- Limites. Les limites prescrites sont basées sur les données obtenues dans la pratique
analytique normale; elles tiennent compte des erreurs analytiques normales, des variations
acceptables inhérentes à la fabrication et à la préparation ainsi que d'un certain degré
d'altération jugé acceptable. Aucune autre tolérance ne doit être appliquée aux limites
prescrites pour déterminer si l'article examiné satisfait aux exigences de la monographie. Pour
déterminer la conformité à une limite numérique, la valeur calculée du résultat d'un essai ou
d'un dosage est tout d'abord arrondie au nombre de chiffres significatifs indiqué, sauf
indication contraire. Le dernier chiffre est augmenté de un lorsque la partie rejetée est égale à
ou dépasse une demi-unité; si la partie rejetée est inférieure à une demi-unité, le nombre n'est
pas modifié. Dans les essais comparatifs, l'acceptation ou le rejet est fonction de la conformité
ou de la non-conformité à l'essai prescrit. Quelquefois, la concentration approximative de
l'impureté tolérée est donnée entre parenthèses à titre purement indicatif.
Lorsque des limites de teneur sont prescrites dans une monographie, ce sont celles
déterminées par la méthode décrite sous « DOSAGE ». Lorsque le résultat d'un essai ou d'un
dosage est exprimé par rapport à la substance « desséchée », « anhydre », « exempte de
solvant » ou « calcinée », la détermination de la perte à la dessiccation, de la teneur en eau, de
la teneur en solvant ou de la perte à la calcination est effectuée selon la méthode prescrite sous
la rubrique « PERTE A LA DESSICCATION », « TENEUR EN EAU », « SOLVANT »,
« PERTE A LA CALCINATION ».

4.1.2. Solubilité et solvants

- Solubilité. Les indications de solubilité figurant sous la rubrique “ Caractères ” sont


exprimées en termes ayant la signification suivante pour une température de 15 °C à 25 °C:

Termes descriptifs Volumes approximatifs de solvants


en millilitres par gramme de substance
Très soluble inférieur à 1
Facilement soluble de 1 à 10
Soluble de 10 à 30
Assez soluble de 30 à 100
Peu soluble de 100 à 1.000
Très peu soluble de 1.000 à 10,000
Pratiquement insoluble plus de 10,000

Le terme « partiellement soluble », est utilisé dans le cas d'un mélange dont seuls certains
constituants se dissolvent.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 24
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Solvants. Lorsque le solvant n'est pas mentionné, le terme « solution » implique une
solution dans l'eau. Lorsque l'eau est prescrite ou sous-entendue dans les identifications, les
essais, les dosages et pour la préparation des réactifs, elle est conforme à la monographie
« Aqua purificata ». L'expression « eau distillée », désigne l'eau purifiée préparée par
distillation.
Le terme « éthanol », sans autre précision, désigne l'alcool absolu; le terme « alcool »,
sans autre précision, désigne l'alcool contenant environ 96 pour cent V/ V d'éthanol (C2H6O).
D'autres dilutions d'éthanol sont indiquées par le terme « alcool » suivi de l'indication du titre
en éthanol (C2H6O) exprimé en pourcentage V/V.

4.1.3. Expression des concentrations.

Pour définir les concentrations, l'expression « pour cent » est employée, selon les
circonstances, avec 4 significations:
- pour cent m/m (pourcentage masse pour masse) exprime le nombre de grammes de
substance dans 100 grammes de produit final,
- pour cent m/V (pourcentage masse dans volume) exprime le nombre de grammes de
substance dans 100 millilitres de produit final,
- pour cent V/V (pourcentage volume dans volume) exprime le nombre de millilitres de
substance dans 100 millilitres de produit final,
- pour cent V/m (pourcentage volume pour masse) exprime le nombre de millilitres de
substance dans 100 grammes de produit final.
L'expression « parties par million » (ppm), sans autre précision, est exprimée masse pour
masse.

4.2. Extraits de monographies

4.2.1. Acide glutamique

Selon la Pharmacopée Européenne, 6e édition.


NH2

HOOC CH2 CH2 C COOH

C5H9NO4
Mr 147,1

● DÉFINITION
L’acide glutamique contient au minimum 98,5 pour cent et au maximum l’équivalent de
100,5 pour cent d’acide (2S)-2-aminopentanedioïque, calculé par rapport à la substance
desséchée.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 25
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● CARACTÈRES
Poudre cristalline blanche ou cristaux incolores, facilement solubles dans l’eau bouillante, peu
solubles dans l’eau froide, pratiquement insolubles dans l’acide acétique, dans l’acétone et
dans l’alcool.

● IDENTIFICATION
A. L’acide glutamique satisfait à l’essai du pouvoir rotatoire spécifique (voir Essai).
C. Examinez les chromatogrammes obtenus dans l’essai des substances décelables par la
ninhydrine. La tache principale du chromatogramme obtenu avec la solution à examiner
(b) est semblable quant à sa position, sa coloration et ses dimensions à la tache
principale du chromatogramme obtenu avec la solution témoin (a).
D. A 2,0 mL de solution S (voir Essai), ajoutez 0,1 mL de solution de phénolphtaléine R et
3,0 mL à 3,5 mL d’hydroxyde de sodium 1 M pour obtenir le virage de l’indicateur au
rouge. Ajoutez un mélange de 3 mL de solution de formaldéhyde R, de 3 mL d’eau
exempte de dioxyde de carbone R et de 0,1 mL de solution de phénolphtaléine R,
auquel de l’hydroxyde de sodium 1 M a été ajouté jusqu’à virage au rose. La solution
est décolorée. Ajoutez de l’hydroxyde de sodium 1 M jusqu’à coloration rouge. Le
volume total d’hydroxyde de sodium 1 M consommé est de 4,0 mL à 4,7 mL.

● ESSAIS
- Solution S. Dissolvez en chauffant légèrement 5,00 g d’acide glutamique dans de l’acide
chlorhydrique 1 M et complétez à 50,0 mL avec le même acide.
- Aspect de la solution. La solution S est limpide (2.2.1) et incolore (Procédé II, 2.2.2).
- Pouvoir rotatoire spécifique (2.2.7). Déterminé avec la solution S et calculé par rapport
à la substance desséchée, le pouvoir rotatoire spécifique est de + 30,5 à + 32,5.
- Substances décelables par la ninhydrine. Opérez par chromatographie sur couche
mince (2.2.27) en utilisant une plaque au gel de silice pour CCM R.
Solution à examiner (a). Dissolvez 0,10 g d’acide glutamique dans 5 mL d’ammoniaque
diluée R2 et complétez à 10 mL avec de l’eau R.
Solution à examiner (b). Prélevez 1 mL de solution à examiner (a) et complétez à 50 mL
avec de l’eau R.
Solution témoin (a). Dissolvez 10 mg d’acide glutamique SCR dans de l’eau R et
complétez à 50 mL avec le même solvant.
Solution témoin (b). Prélevez 5 mL de solution à examiner (b) et complétez à 20 mL avec
de l’eau R.
Solution témoin (c). Dissolvez 10 mg d’acide glutamique SCR et 10 mg d’acide
aspartique SCR dans de l’eau R et complétez à 25 mL avec le même solvant.
Déposez sur la plaque 5 µl de chaque solution. Séchez la plaque dans un courant d’air
pendant 15 min. Développez sur un parcours de 15 cm avec un mélange de 20 volumes
d’acide acétique glacial R, de 20 volumes d’eau R et de 60 volumes de butanol R. Laissez
sécher la plaque à l’air. Pulvérisez de la solution de ninhydrine R. Chauffez la plaque à
100-105 °C pendant 15 min. S’il apparaît d’autres taches que la tache principale dans le
chromatogramme obtenu avec la solution à examiner (a), aucune d’entre elles n’est plus
intense que la tache du chromatogramme obtenu avec la solution témoin (b) (0,5 pour
cent). L’essai n’est valable que si le chromatogramme obtenu avec la solution témoin (c)
présente 2 taches nettement séparées.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 26
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Chlorures (2.4.4). Dissolvez 0,25 g d’acide glutamique dans 3 mL d’acide nitrique dilué
R et complétez à 15 mL avec de l’eau R. La solution, additionnée de 1 mL d’eau R au
lieu de l’acide nitrique dilué R, satisfait à l’essai limite des chlorures (200 ppm).
- Sulfates (2.4.13). Prélevez 5 mL de solution S et complétez à 15 mL avec de l’eau
distillée R. La solution satisfait à l’essai limite des sulfates (300 ppm).
- Ammonium (2.4.1). 50 mg d’acide glutamique satisfont à l’essai limite B de
l’ammonium (200 ppm). Préparez le témoin avec 0,1 mL de solution à 100 ppm
d’ammonium (NH4) R.
- Fer (2.4.9). Dans une ampoule à décantation, dissolvez 1,0 g d’acide glutamique dans 10
mL d’acide chlorhydrique dilué R. Agitez avec 3 fois 10 mL de méthylisobutylcétone R1
pendant 3 min chaque fois. Agitez les couches organiques réunies avec 10 mL d’eau R
pendant 3 min. La couche aqueuse satisfait à l’essai limite du fer (10 ppm).
- Métaux lourds (2.4.8). 2,0 g d’acide glutamique satisfont à l’essai limite D des métaux
lourds (10 ppm). Préparez le témoin avec 2 mL de solution à 10 ppm de plomb (Pb) R.
- Perte à la dessiccation (2.2.32). Déterminée à l’étuve à 100-105 °C sur 1,000 g d’acide
glutamique, la perte à la dessiccation n’est pas supérieure à 0,5 pour cent.
- Cendres sulfuriques (2.4.14). Déterminé sur 1,0 g d’acide glutamique, le taux des
cendres sulfuriques n’est pas supérieur à 0,1 pour cent.

● DOSAGE
Dissolvez en chauffant légèrement 0,130 g d’acide glutamique dans 50 mL d’eau exempte de
dioxyde de carbone R. Refroidissez. Titrez par l’hydroxyde de sodium 0,1 M en présence de
0,1 mL de solution de bleu de bromothymol R1 jusqu’à virage du jaune au bleu.
1 mL d’hydroxyde de sodium 0,1 M correspond à 14,71 mg d’acide glutamique.

4.2.2. Sulfamérazine

Selon la Pharmacopée Européenne, 6e édition.

H2N

H
N N
S
O O N

C11H12 N4O2S
Mr 264,3

● DÉFINITION
La sulfamérazine contient au minimum 99,0 pour cent et au maximum l’équivalent de 101,0
pour cent de 4-amino- N-(4-méthyl-2-pyrimidinyl)benzènesulfonamide, calculé par rapport à
la substance desséchée.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 27
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● CARACTÈRES
Poudre cristalline ou cristaux blancs, blanc-jaune ou blanc-rose, très peu solubles dans l’eau,
assez solubles dans l’acétone, peu solubles dans l’alcool, très peu solubles dans le chlorure de
méthylène. La sulfamérazine se dissout dans les solutions d’hydroxydes alcalins et dans les
acides minéraux dilués.
La sulfamérazine fond en se décomposant vers 235 °C.

● IDENTIFICATION
B. Examinez les chromatogrammes obtenus dans l’essai des substances apparentées. La
tache principale du chromatogramme obtenu avec la solution à examiner (b) est
semblable quant à sa position, sa coloration et ses dimensions à la tache principale du
chromatogramme obtenu avec la solution témoin (a).
C. Dans un tube sec, introduisez 3 g de sulfamérazine. Plongez le fond du tube incliné à
45° environ, dans un bain d’huile de silicone et chauffez à 270 °C environ. La substance
se décompose en formant par sublimation un dépôt blanc ou blanc-jaune qui, après
cristallisation dans le toluène R et dessiccation à 100 °C, présente un point de fusion
(2.2.14) de 157 °C à 161 °C.
D. Dissolvez 20 mg environ de sulfamérazine dans 0,5 mL d’ acide chlorhydrique dilué R
et ajoutez 1 mL d’eau R. La solution donne, sans autre addition d’acide, la réaction des
amines primaires aromatiques (2.3.1).

● ESSAIS
- Aspect de la solution. Dissolvez 0,8 g de sulfamérazine dans un mélange de 5 mL de
solution diluée d’hydroxyde de sodium R et de 5 mL d’eau R. La solution n’est pas plus
fortement colorée que la solution témoin J4, JB4 ou JV4 (2.2.2, Procédé II).
- Acidité. Chauffez à 70 °C environ pendant 5 min, 1,25 g de sulfamérazine finement
pulvérisée dans 40 mL d’ eau exempte de dioxyde de carbone R. Refroidissez dans un
bain d’eau glacée pendant 15 min environ, puis filtrez. A 20 mL du filtrat, ajoutez 0,1 mL
de solution de bleu de bromothymol R1. Le virage de l’indicateur ne nécessite pas plus de
0,2 mL d’hydroxyde de sodium 0,1 M.
- Substances apparentées. Opérez par chromatographie sur couche mince (2.2.27) en
utilisant une plaque recouverte de gel de silice GF254 R.
Solution à examiner (a). Dissolvez 0,10 g de sulfamérazine dans 3 mL d’un mélange de 2
volumes d’ammoniaque concentrée R et de 48 volumes de méthanol R, puis complétez à
5 mL avec le même mélange de solvants.
Solution à examiner (b). Prélevez 1 mL de solution à examiner (a) et complétez à 10 mL
avec un mélange de 2 volumes d’ammoniaque concentrée R et de 48 volumes de
méthanol R.
Solution témoin (a). Dissolvez 10 mg de sulfamérazine SCR dans 3 mL d’un mélange de
2 volumes d’ammoniaque concentrée R et de 48 volumes de méthanol R, puis complétez
à 5 mL avec le même mélange de solvants.
Solution témoin (b). Prélevez 2,5 mL de solution à examiner (b) et complétez à 50 mL
avec un mélange de 2 volumes d’ammoniaque concentrée R et de 48 volumes de
méthanol R.
Déposez sur la plaque 5 µl de chaque solution. Développez sur un parcours de 15 cm
avec un mélange de 3 volumes d’ammoniaque diluée R1, de 5 volumes d’eau R, de 40
volumes de nitrométhane R et de 50 volumes de dioxane R. Desséchez la plaque à 100-

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 28
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

105 °C. Examinez en lumière ultraviolette à 254 nm. S’il apparaît d’autres taches que la
tache principale dans le chromatogramme obtenu avec la solution à examiner (a), aucune
d’entre elles n’est plus intense que la tache du chromatogramme obtenu avec la solution
témoin (b) (0,5 pour cent).
- Métaux lourds (2.4.8). 1,0 g de sulfamérazine satisfait à l’essai limite C des métaux
lourds (20 ppm). Préparez le témoin avec 2 mL de solution témoin à 10 ppm de plomb
(Pb) R.
- Perte à la dessiccation (2.2.32). Déterminée à l’étuve à 105 °C sur 1,000 g de
sulfamérazine, la perte à la dessiccation n’est pas supérieure à 0,5 pour cent.
- Cendres sulfuriques (2.4.14). Déterminé sur 1,0 g de sulfamérazine, le taux des cendres
sulfuriques n’est pas supérieur à 0,1 pour cent.

● DOSAGE
Dissolvez 0,2500 g de sulfamérazine dans un mélange de 20 mL d’ acide chlorhydrique dilué
R et de 50 mL d’eau R, puis refroidissez la solution dans de l’eau glacée. Effectuez le dosage
de l’azote aminé primaire aromatique (2.5.8) en déterminant le terme de la réaction par
électrométrie.
1 mL de nitrite de sodium 0,1 M correspond à 26,43 mg de sulfamérazine.

4.2.3. Méthénamine = Urotropine

Selon la Pharmacopée Européenne, 6e édition.

N
N N

C6H12 N4
Mr 140,2

● DÉFINITION
1,3,5,7-Tétraazotricyclo[[Link],7]décane.
Teneur: 99,0 pour cent à 100,5 pour cent (substance desséchée).

● CARACTÈRES
Aspect: poudre cristalline blanche ou sensiblement blanche ou cristaux incolores.
Solubilité: facilement soluble dans l’eau, soluble dans l’éthanol à 96 % et dans le chlorure de
méthylène.

● IDENTIFICATION
B. A 1 mL de solution S (voir Essai), ajoutez 1 mL d’acide sulfurique R et portez
immédiatement à ébullition. Laissez refroidir. A 1 mL de solution ajoutez 4 mL d’eau R
et 5 mL de réactif à l’acétylacétone R1. Chauffez au bain-marie pendant 5 min. Il se
développe une intense coloration jaune.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 29
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

C. A 1 mL de solution S ajoutez 1 mL d’acide sulfurique dilué R et chauffez


immédiatement à ébullition. La solution donne la réaction des sels d’ammonium et des
sels de bases volatiles (2.3.1).
D. Dissolvez 10 mg de méthénamine dans 5 mL d’ eau R et acidifiez avec de l’acide
chlorhydrique dilué R. Ajoutez 1 mL de solution d’iodobismuthate de potassium R. Il se
forme immédiatement un précipité orangé.

● ESSAIS
- Solution S. Dissolvez 10,0 g de méthénamine dans de l’ eau exempte de dioxyde de
carbone R préparée à partir d’eau distillée R et complétez à 100 mL avec le même
solvant.
- Aspect de la solution. La solution S est limpide (2.2.1) et incolore (2.2.2, Procédé II).
- Acidité ou alcalinité. A 5 mL de solution S, ajoutez 0,1 mL de solution de
phénolphtaléine R. Le virage de l’indicateur ne nécessite pas plus de 0,2 mL d’acide
chlorhydrique 0,1 M ou d’hydroxyde de sodium 0,1 M.
- Formaldéhyde libre: au maximum 50 ppm.
Dissolvez 0,8 g de méthénamine dans de l’ eau R et complétez à 8 mL avec le même
solvant. Ajoutez 2 mL de solution ammoniacale de nitrate d’argent R. Si après 5 min, la
solution présente une coloration grise, celle-ci n’est pas plus intense que celle d’une
solution témoin préparée simultanément et dans les mêmes conditions avec un mélange
de 8 mL d’une solution à 5 ppm de formaldéhyde (CH2O) R récemment préparée et de 2
mL de solution ammoniacale de nitrate d’argent R.
- Chlorures (2.4.4): au maximum 100 ppm.
Prélevez 5 mL de solution S et complétez à 15 mL avec de l’eau R.
- Sulfates (2.4.13): au maximum 100 ppm, déterminé avec la solution S.
- Ammonium (2.4.1): au maximum 50 ppm.
Prélevez 2 mL de solution S préparée extemporanément et complétez à 13 mL avec de
l’eau R. Ajoutez 2 mL de solution diluée d’hydroxyde de sodium R.
- Métaux lourds (2.4.8): au maximum 20 ppm.
12 mL de solution S satisfont à l’essai A. Préparez la solution témoin avec la solution à 2
ppm de plomb (Pb) R.
- Perte à la dessiccation (2.2.32): au maximum 2,0 pour cent, déterminé dans un
dessiccateur sur 1,000 g de méthénamine.

● DOSAGE
Dissolvez 0,100 g de méthénamine dans 30 mL de méthanol R. Titrez par l’acide perchlorique
0,1 M. Déterminez le point de fin de titrage par potentiométrie (2.2.20).
1 mL d’acide perchlorique 0,1 M correspond à 14,02 mg de méthénamine.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 30
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

4.2.4. Chloramphénicol

Selon la Pharmacopée Européenne, 6e édition.

O
O2 N
HN CHCl2
OH

OH

C11H12Cl2 N2O5
Mr 323,1

● DÉFINITION
Le chloramphénicol, 2,2-dichloro- N-[(1R,2R)-2-hydroxy-1-(hydroxyméthyl)-2-(4-
nitrophényl)éthyl]acétamide, est une substance élaborée par certaines souches de
Streptomyces Venezuelae dans un milieu approprié. Le chloramphénicol est généralement
préparé par synthèse. Il contient au minimum 98,0 pour cent et au maximum l’équivalent de
102,0 pour cent de C11H12Cl2 N2O5, calculé par rapport à la substance desséchée.

● CARACTÈRES
Poudre fine, cristalline, blanche à blanc grisâtre ou blanc jaunâtre ou cristaux fins, aiguilles ou
cristaux plats allongés, peu solubles dans l’eau, facilement solubles dans l’alcool et dans le
propylèneglycol.
La solution dans l’éthanol est dextrogyre et la solution dans l’acétate d’éthyle est lévogyre.

● IDENTIFICATION
A. Le point de fusion (2.2.14) du chloramphénicol est de 149 °C à 153 °C.
C. Examinez les chromatogrammes obtenus dans l’essai des substances apparentées. La
tache principale du chromatogramme obtenu avec 1 µl de la solution à examiner est
semblable, quant à sa position et ses dimensions à la tache principale du
chromatogramme obtenu avec la solution témoin (a).
D. Dissolvez 10 mg environ de chloramphénicol dans 1 mL d’ alcool à 50 pour cent V/V
R. Ajoutez 3 mL d’une solution de chlorure de calcium R à 10 g/l et 50 mg de poudre de
zinc R. Chauffez au bain-marie pendant 10 min, puis filtrez la solution chaude et laissez
refroidir. Ajoutez 0,1 mL de chlorure de benzoyle R et agitez pendant 1 min. Ajoutez
ensuite 0,5 mL de solution de chlorure ferrique R1 et 2 mL de chloroforme R, puis agitez.
La couche aqueuse est colorée en rouge-violet clair à pourpre.
E. Dans un creuset de porcelaine, introduisez 50 mg de chloramphénicol. Ajoutez 0,5 g de
carbonate de sodium anhydre R. Chauffez à feu nu pendant 10 min. Laissez refroidir et
reprenez le résidu par 5 mL d’acide nitrique dilué R. Filtrez. A 1 mL du filtrat, ajoutez 1
mL d’eau R. La solution donne la réaction (a) des chlorures (2.3.1).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 31
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● ESSAIS
- Acidité ou alcalinité. Agitez 0,1 g de chloramphénicol dans 20 mL d’eau exempte de
dioxyde de carbone R, puis ajoutez 0,1 mL de solution de bleu de bromothymol R1. Le
virage de l’indicateur ne nécessite pas plus de 0,1 mL d’acide chlorhydrique 0,02 M ou
d’hydroxyde de sodium 0,02 M.
- Pouvoir rotatoire spécifique (2.2.7). Dissolvez 1,50 g de chloramphénicol dans de
l’éthanol R et complétez à 25,0 mL avec le même solvant. Le pouvoir rotatoire spécifique
est de + 18,5 à + 20,5.
- Substances apparentées. Opérez par chromatographie sur couche mince (2.2.27) en
utilisant une plaque recouverte de gel de silice GF254 R.
Solution à examiner. Dissolvez 0,10 g de chloramphénicol dans de l’acétone R et
complétez à 10 mL avec le même solvant.
Solution témoin (a) Dissolvez 0,10 g de chloramphénicol SCR dans de l’acétone R et
complétez à 10 mL avec le même solvant.
Solution témoin (b). Prélevez 0,5 mL de solution témoin (a) et complétez à 100 mL avec
de l’acétone R.
Déposez séparément sur la plaque 1 µl et 20 µl de solution à examiner, 1 µl de solution
témoin (a) et 20 µl de solution témoin (b). Développez sur un parcours de 15 cm avec un
mélange de 1 volume d’eau R, de 10 volumes de méthanol R et de 90 volumes de
chloroforme R. Laissez sécher la plaque à l’air. Examinez en lumière ultraviolette à 254
nm. S’il apparaît d’autres taches que la tache principale dans le chromatogramme obtenu
avec 20 µl de la solution à examiner, aucune d’entre elles n’est plus intense que la tache
du chromatogramme obtenu avec la solution témoin (b) (0,5 pour cent).
- Chlorures (2.4.4). Agitez 1,00 g de chloramphénicol avec un mélange de 20 mL d’ eau R
et de 10 mL d’acide nitrique R pendant 5 min. Filtrez sur un filtre préalablement lavé à
l’eau R, par fractions de 5 mL jusqu’à ce que 5 mL des eaux de lavage ne donnent aucune
opalescence par addition de 0,1 mL d’acide nitrique R et de 0,1 mL de solution de nitrate
d’argent R1. 15 mL du filtrat satisfont à l’essai limite des chlorures (100 ppm).
- Perte à la dessiccation (2.2.32). Déterminée à l’étuve à 105 °C sur 1,000 g de
chloramphénicol, la perte à la dessiccation n’est pas supérieure à 0,5 pour cent.
- Cendres sulfuriques (2.4.14). Déterminé sur 2,0 g de chloramphénicol, le taux des
cendres sulfuriques n’est pas supérieur à 0,1 pour cent.

● DOSAGE
Dissolvez 0,100 g de chloramphénicol dans de l’eau R et complétez à 500,0 mL avec le même
solvant. Prélevez 10,0 mL de cette solution et complétez à 100,0 mL avec de l’eau R.
Mesurez l’absorbance (2.2.25) au maximum à 278 nm. Calculez la teneur en chloramphénicol
en prenant 297 comme valeur de l’absorbance spécifique.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 32
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

5. Analyse fonctionnelle

5.1. Fonctions principales.

On retrouve dans ce chapitre les fonctions chimiques les plus courantes ou les plus
représentatives que l’on peut retrouver dans les substances médicamenteuses.

● Phénols

- Réaction de Liebermann: Traitez quelques mg de produit par 2 gouttes de réactif de


Liebermann (HNO2 + H2SO4) → colorations intenses (jaune, orange, brun, noir, bleu,
rouge).

- Traitez quelques mg de produit en solution dans l’eau ou dans un mélange éthanol-eau


par une solution aqueuse de FeCl3 à 10 %. Notez les colorations et les précipités
éventuels. La plupart des phénols donnent des colorations rouge, bleu, pourpre, ou verte
 FAIRE UN BLANC.

Les deux réactions doivent être positives.

N.B. Dans certains cas plus délicats, la réaction de Millon peut être également effectuée.

● Acides

- Si le produit se trouve sous forme de sel (Ca, Na, K, NH4), traitez une solution aqueuse
concentrée par quelques gouttes d’acide sulfurique dilué. Filtrez, lavez et séchez le
précipité éventuellement apparu. Si aucun précipité n'apparaît, extrayez cette solution
aqueuse acide par 3 x 10 mL d'éther dans une ampoule à décanter. Lavez à l’eau et séchez
la phase éthérée. Evaporez l'éther (au bain-marie, sous hotte) et travaillez sur le résidu.

- Dissolvez 40 mg de produit dans 4 mL d'eau (ou, si le produit est partiellement soluble


dans l’eau, dans 4 mL d'un mélange alcool-eau 3/1 V/V).
► Prenez le pH de cette solution au papier indicateur.
► Ajoutez 1-3 gouttes de phénolphtaléine et titrez par NaOH 0,1N jusqu'à coloration
rose pâle (conservez cette solution pour la recherche des esters). Notez la
consommation de NaOH et concluez.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 33
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Esters

- Ajoutez 2 gouttes de NaOH 0,l N à la solution aqueuse ou hydro-alcoolique neutre


obtenue pour la recherche des acides et chauffez à reflux durant 1/2 heure. En présence
d'ester, on observe la décoloration de la solution. Cette réaction est la plus importante.

- Réaction de saponification: ajoutez à 30 mg de substance 1 mL de propylèneglycol, 1 mL


d'une solution méthanolique molaire d'NH2OH HCl et 1 mL de KOH méthanolique
molaire. Chauffez à ébullition durant 5 min. Neutralisez. Ajoutez ensuite 1 goutte de
FeCl3 à 1 % → coloration rouge violet.  Cette réaction, aussi valable pour les amides,
ne fonctionne pas toujours bien (dépend de la réactivité de l’ester ou de l’amide). Un
blanc est souvent utile en cas de résultat difficile à interpréter.

● Aldéhydes et cétones

- Réaction commune des aldéhydes et cétones:

Dissolvez 20 mg de substance dans 1 mL d'eau. Filtrez éventuellement. Ajoutez à la


solution 5 mL d'une solution acide de dinitrophénylhydrazine → précipité jaune orangé
apparaissant à froid ou après léger chauffage. Cette réaction est surtout importante pour la
détection des aldéhydes qui peuvent seulement être identifiés de cette manière. Les cétones
peuvent être non réactives.

- Les cétones donnent en plus une des réactions suivantes (ou les deux):

► Réaction de Meisenheimer-Zimmermann des cétones α-CH2 et α-CH3: Dans une


capsule dissolvez quelques mg de substance dans 1 mL d'alcool; ajoutez 5 gouttes de
solution alcoolique de métadinitrobenzène et une pastille de KOH → coloration
violette.  FAIRE UN BLANC.

► Réaction de Legal des cétone α-CH2 et α-CH3 MAIS dans certains cas les α-CH2 ne
réagissent pas bien: Ajoutez à 50 mg de substance 2 mL d'eau, 2 gouttes de
nitroprussiate à 10 % et 1 mL d’acide acétique dilué. Agitez le mélange puis laissez
couler prudemment à sa surface 1 mL d’ammoniaque concentrée → anneau violet à
la zone de contact.

● Amines

- primaires aliphatiques:

Ajoutez 10 mg de substance à analyser dans 1 mL d’acide chlorhydrique 0,1 N. Ajoutez


100 mg d’acétate de sodium et 10 mL d’un tampon borate pH 9,4. Refroidissez dans la
glace durant 10 minutes et ajoutez 1 mL de réactif à la p-nitroaniline (p-nitroaniline
diazotée). Laissez reposer 20 minutes et ajoutez goutte-à-goutte 2 mL de NaOH 10%: une
coloration orange-rouge apparaît.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 34
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- primaires aromatiques

► Ajoutez à quelques mg de substance quelques mg d'acide tartrique et environ 1 mL


d'une solution alcoolique de furfural (à 2 %) → coloration rouge violet immédiate
plus lentement (10’) si le NH2 est plus stériquement encombré.
 La réaction peut être faite sur un papier filtre avec une pincée d’acide tartrique et
quelques gouttes de réactif.
► Traitez la solution aqueuse par une goutte d'acide chlorhydrique dilué R et 2 gouttes
de NaNO2 à 10 %. Versez ce mélange dans une solution composée de 5 mL d'eau + 5
mL NaOH dilué R + 200 mg de β naphtol → coloration ou précipité rouge ou orange
intense. Réaction la plus fiable.

►Traitez quelques mg de substance par 3-4 gouttes d'une solution de


paradiméthylaminobenzaldéhyde (réactif dans l’acide chlorhydrique) → coloration
jaune ou orangée.

- secondaires

Ajoutez à quelques mg de substance 2 gouttes de CuSO4 à 10 %, 1 goutte NH4OH, 2


gouttes de CS2 et 1 mL de CHCl3; agitez → coloration brune de la phase organique.

- tertiaires

► Traitez la solution aqueuse par 2 gouttes d'acide picrique → précipité jaune.

► Réaction de Dragendorf: Dissolvez à froid 10 mg de substance dans 2 mL d'eau + 1


goutte HCl, filtrez éventuellement. Ajoutez 2 gouttes d'une solution d'iodobismuthate
K (réactif de Dragendorf) → précipité brun, ocre ou rouge brique. Réaction la plus
fiable.

 Les deux réactions doivent être positives.

● Amides

- Réaction générale: cf. la réaction des esters à l'hydroxylamine et FeCl3.

- primaires

Dans une fiole conique surmontée d'un barboteur contenant un peu d'eau et 2 gouttes de
thymolphtaléine, introduisez 200 mg de substance et 3 mL de NaOH à 20 %. Chauffez à
l'ébullition douce durant 3 minutes → virage de la thymolphtaléine au bleu franc.

- Substituées à l'azote

Dans une fiole conique, introduisez 100 mg de substance et 5 mL d’acide chlorhydrique.


Chauffez à l’ébullition durant 6-7 minutes. A 1 mL de cette solution, ajoutez 2 gouttes de
NaNO2 à 10 % :

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 35
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

► En présence d'une amine secondaire libérée après hydrolyse, on observe un précipité


blanc de nitrosamine. Vérifiez sa solubilité dans l'éther. En l’absence d’une amine
aliphatique dans la structure et si la réaction est négative MAIS que tout le produit
s’est solubilisé sans reprécipiter à froid, remplacer HCl par HCl dilué.

► En présence d'une amine primaire aromatique libérée après hydrolyse, on n'observe


pas de précipité, mais la formation d'un sel de diazonium soluble qui peut être mis en
évidence par la solution alcaline de β naphtol (cf. amine primaire aromatique).

► Si ces essais sont négatifs, continuez à chauffer les 4 mL restants à reflux durant 2
heures. Après refroidissement, filtrez éventuellement et alcalinisez le filtrat par
NaOH; extrayez 3 fois la solution par 2-3 mL d'éther que l'on évapore (au bain-
marie, sous hotte). Sur le résidu, recherchez l'amine primaire aliphatique.

5.2. Fonctions complexes et hétérocycles.

● Acides α-aminés

Substance de type R-(CH-NH2)-COOH.


Réaction à la Ninhydrine.
Dans un tube à essais, introduisez quelques mg de produit et 2 mL d’eau, agitez pour bien
dissoudre. Neutralisez la solution puis ajoutez une très petite pincée de ninhydrine. Portez le
tube à ébullition, il se développe une coloration bleu foncé à pourpre.
 les amines primaires aliphatiques donnent parfois une réaction positive.
 pour certains acides aminés très réducteurs (par ex. pénicillamine, cystéine et méthionine)
la coloration est plutôt jaune intense.

● Acides alcools.

H2 N NH2 H2N OH HO OH HO COOH

► A 0,1 mL de solution à 10 % du produit dans l’eau ou à 10 mg de produit dans 0,1


mL d’eau, ajoutez 0,2 mL de solution de CuSO4 R et 1mL de NaOH concentré. Il se
développe une coloration bleu foncée ou violette qui, dans certains cas (peu
nombreux !), est extractible dans l’éther.  FAIRE UN BLANC.
► Voir aussi la réaction de Malaprade des diols.

● Amino-alcools (cf. Acides alcools)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 36
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Aromaticité (noyaux aromatiques benzéniques NON hétérocycliques)

 à ne pas mentionner dans les fonctions analysables, elle est juste un outil en cas de doute
entre deux molécules.
La réaction de nitration donne de bon résultats lorsque le cycle est substitué par des
groupements donneurs (OH, NH2, CH3, …).
Ajoutez 2-3 gouttes d’HNO3 concentré à quelques mg de produit et chauffez au bain-marie
durant 1 minute. Refroidissez et ajoutez 1 mL d’eau. La solution peut être incolore, jaunâtre
ou orangée. Alcaliniser par NaOH concentré: si la coloration s’intensifie dans les teintes
jaunes ou oranges, la présence d’un cycle aromatique peut être suspectée. L’absence de
changement de coloration ne signifie pas pour autant qu’aucun cycle aromatique ne soit
présent. Il se peut qu’il soit tout simplement désactivé par des groupements électrocapteurs.
On peut également ajouter 1-2 gouttes d’acétone: si une coloration rouge ou violette apparaît,
cela peut être signe d’une nitration à deux endroits du cycle (complexe de Meisenheimer-
Zimmermann).

● Diamines (cf. Acides alcools)

● Diols, acides alcools


Substance de type:
OH OH

R CH CH R'

► Réaction de Malaprade.
Dans un tube à essai, ajoutez à une solution de 50 mg de substance dans 2 mL d’eau, 50
mg de periodate de potassium et 2 gouttes d’acide sulfurique R. Chauffez au bain-marie
durant 1 minute. Après ce délai, chauffez la solution à la flamme et recueillez les
condensations sur la paroi froide d’une pipette pasteur traversant un bouchon de liège.
Recommencez cette opération 3 fois. Les fractions de liquide obtenues sont rassemblées
dans un tube à essai, additionnées de 1 mL d’eau et de 1 mL d’acide sulfurique R.
Ajoutez alors une pincée (environ 5 mg) d’acide chromotropique R et chauffez à
ébullition. Il se produit une coloration rouge vineuse à violette.

► Voir aussi la réaction au CuSO4 dans la rubrique « amino-alcools ».

● Disulfure (ponts)

Substance de type R-S-S-R.


A 2 mL de solution du produit, ajoutez 1 mL d’acide chlorhydrique et une grenaille de Zn.
Attendez environ 10 min. puis filtrez pour éliminer le restant du Zn. Effectuez la réaction des
fonctions –SH comme décrite plus loin.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 37
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Doubles liaisons

Substances de type R-C=C-R.


Réaction de décoloration de l’eau de brome.
Faites une solution aqueuse saturée du produit, ajoutez goutte à goutte l’eau de brome à la
solution, agitez après addition de chaque goutte et vérifiez que celle-ci se décolore avant
d’ajouter la suivante. Poursuivez jusqu’à la première goutte qui ne se décolore plus. Si le
produit n’est pas soluble dans l’eau, faites la réaction dans l’éther ou la DMF.  FAIRE UN
BLANC.

● Ethoxy

Substances de type R-O-C2H5 avec R=aromatique OU aliphatique OU acyle (esters


éthyliques).
Cette réaction est différente de celle des méthoxys pour lesquel la réaction n’est valable que si
R = aromatique.
Oxydation et formation d’acétaldéhyde détecté par la réaction de Simon-Awe.
Dans un tube à essai, introduisez 50 mg environ de produit et 0,2 mL d’une solution de
trioxyde de chrome à 500 g/l. Placez sur l’ouverture du tube un carré de papier filtre imbibé
d’un mélange préparé extemporanément avec des volumes égaux d’une solution de
nitroprussiate de sodium à 50 g/l et d’une solution d’hydrate de pipérazine à 200 g/l. Chauffez
à douce ébullition pendant au moins 30 s. Il se développe une coloration bleue sur le papier.

● Guanidines

Substances de type RNH-(C=NH)-NH2


Réaction de Sakaguchi.
Dissolvez 0,1 g de produit dans 2 mL d’eau, ajoutez 1 mL de solution d'α-naphtol 0,1 % et 2
mL d’un mélange à volumes égaux de solution concentrée d'hypochlorite de sodium et d’eau.
Il se développe une coloration orange à rouge.

● Halogénés (dérivé)

Substances de type R-CX3 ou R-CHX2.


Réaction de Fujiwara.
Mélangez 2 mL de solution de NaOH à 20 %, 1 mL de pyridine et ajoutez quelques mg de
substance à analyser. Chauffez au bain-marie 2 minutes en agitant par intermittence:
coloration rouge.  la réaction ne fonctionne pas pour le DDT !

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 38
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Imidazoles
H
N

Réaction de Pauly.
Dissolvez 100 mg de produit dans un mélange de 7 mL d’eau et 3 mL de NaOH 4%. Ajoutez
cette solution à un mélange de 50 mg d’acide sulfanilique, 10 mL d’eau, 2 gouttes d’acide
chlorhydrique concentré et 2 gouttes de solution de nitrite de sodium 10 %: il apparaît une
coloration rouge.

● Indoles et pyrroles

Substances de type:

N N
H
H
Indole Pyrrole

Réaction de Van Urck ou Erlich.


A 2 mL de solution aqueuse du produit, ajoutez 2 mL d’une solution à 6 % de para-
diméthylaminobenzaldéhyde dans l’acide sulfurique concentré. Apparition plus ou moins
rapide d’une coloration bleue. En cas de réaction difficile, chauffez pendant quelques minutes
à environ 50 °C.

● Méthoxy

Substances de type R-OCH3 avec R = aromatique.


Réaction de Sanchez. Formation d’un colorant diazoïque après déméthylation.
Introduisez dans un tube à essais quelques mg de produit et 3 gouttes d’acide sulfurique 4 N,
chauffez par intermittence dans une flamme éclairant jusqu’à coloration légèrement brune.
Après refroidissement, ajoutez 2 mL d’eau, 1 mL d’une solution aqueuse saturée de para-
nitroaniline dans l’acide sulfurique 1 % et 1 goutte de solution de NaNO2 1/10, Agitez puis
ajoutez 10 gouttes de NaOH et 10 gouttes d’acide sulfurique 4 N, on obtient alors un précipité
ou une coloration rouge orangé, rouge violet ou acajou, soluble dans l’alcool.

● Nitroaromatiques

Substances de type R-NO2 avec R = aromatique.


A 1 mL de solution éthanolique du produit, ajoutez 1 mL d’acide chlorhydrique 2 N et une
pincée de poudre de zinc. Après 10 min. de repos et/ou cessation du dégagement gazeux,
filtrez et complétez à 5 mL avec de l’eau. Caractérisez l’amine primaire aromatique formée
par la réaction de diazotation-copulation.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 39
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Pyridine

Substances de type:

► Réaction de König.
Dissolvez 10 mg de produit dans 10 mL d'eau. A 2 mL de cette solution ajoutez 2
mL de solution de bromure de cyanogène2 et 3 mL d'une solution d'aniline à 2,5 %
(m/V) puis agitez. Eliminez le Br2 restant par un courant d’air dans la solution; il se
développe une coloration jaune orangé à rouge orangé.
► Réaction de Zincke
Mélangez 50 mg de substance avec 100 mg de 2,4-dinitrochlorobenzène. Transférez
10 mg de ce mélange dans un tube et chauffez doucement à la flamme éclairante
jusqu’à fusion du mélange. Refroidissez et ajoutez 3 mL de solution alcoolique de
KOH: coloration orange-rouge.  un blanc peut être nécessaire.

● Thiols

Substance de type R-SH.


Réaction de Legal.
A 2 mL de solution, ajoutez 2 mL de solution de nitroprussiate de sodium à 2 % (m/V)
fraîchement préparée. Mélangez et superposez 1 mL de NH4OH. Formation d’un anneau
rouge-violacé.

● Uréides

Substance de type:
H H

N N
R R

Complexe cuivrique coloré. A 5 mg de substance dans 3 mL d’eau, ajoutez 3 mL de solution


diluée de NaOH R. Agitez et ajoutez 0,5 mL d’une solution de CuSO4 R à 10 g/l. Il se
développe une coloration violette ou bleu intense.  FAIRE UN BLANC.
 Cette réaction peut fonctionner avec les diols, les diamines les aminoalcools et les acides-
alcools

2 Le bromure de cyanogène se prépare de la manière suivante et  sous hotte: à quelques mL de solution d’eau
de brome on ajoute une solution de KCN goutte-à-goutte jusqu’à décoloration totale.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 40
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

6. Identification des liquides

LA LISTE DES SUBSTANCES EST DONNEE AU LABORATOIRE.

Caractérisation des liquides organiques utilisés en thérapeutique, comme réactifs ou


comme solvants industriels.

● Effectuez une mesure précise de la température d'ébullition (cf. 2.6.)

● Déterminez l'indice de réfraction à 20 °C pour la raie D du sodium (cf. 2.5.)

● Agitez 1 mL de liquide avec 1 mL d'eau et pratiquez les tests ou observations suivantes:


- densité: inférieure ou supérieure à 1;
- notez la solubilité dans l'eau et le comportement acide, neutre ou basique de la phase
aqueuse (papier pH);
- en présence d’un caractère basique, déterminez quel type d’amine est présente (primaire,
secondaire, …) par analyse fonctionnelle;
- sur une partie de la solution aqueuse, recherchez la fonction phénol par le chlorure
ferrique à 10 % (faire un blanc);
- sur une autre partie de cette solution aqueuse, ajoutez quelques gouttes de solution à 1 %
de sulfate de cuivre pour déterminer s'il y a formation d'un complexe bleu soluble. Si ce
complexe ne se forme pas, sur un nouvel échantillon, alcalinisez par NaOH puis ajoutez
quelques gouttes de solution à 1 % de sulfate de cuivre.

● En cas de doute ou d’hésitation entre plusieurs liquides, recherchez par analyse


fonctionnelle les fonctions suivantes:
- aldéhyde
- cétone
- ester

● L'identification de la substance doit être complétée par


- les caractères chimiques décrits dans les Pharmacopées et livres de chimie organique
qualitative,
- la synthèse, la purification et la prise du point de fusion d’un dérivé.

● La liste des liquides en fonction de leur densité, indice de réfraction et point d’ébullition est
disponible au laboratoire

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 41
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7. Identification des solides.

L'analyse des médicaments poursuit d'une façon générale un triple but qui comporte à la
fois son identification, la recherche des impuretés, parfois toxiques, et les déterminations se
rapportant au contrôle de son activité physiologique, ceci principalement dans le cas où il
existe des isomères (de position ou des stéréoisomères) dont l'activité physiologique est
différente. C'est le premier aspect de ces opérations, c'est-à-dire l'identification d'une
substance isolée et considérée comme pure, qui est principalement abordé, puisqu'il constitue
la première vérification essentielle du contrôle pharmaceutique. Le principe de la méthode
proposée repose sur l'observation de trois étapes successives, qui se rapportent à:

1. La détermination des ELEMENTS constitutifs de la substance, de façon à pouvoir la


classer dans une des grandes catégories: substance azotée, substance azotée et
halogénée, substance non azotée, etc.

2. L'ANALYSE FONCTIONNELLE, c'est-à-dire la recherche des principales fonctions


chimiques et des caractères de solubilité.

3. L'IDENTIFICATION de la substance, en se servant des données précédentes, en y


ajoutant des réactions chimiques plus spécifiques, des déterminations
chromatographiques, et la mesure des principales constantes physiques: point de fusion
(avec eutectique et épreuve du mélange) ou point d'ébullition et indice de réfraction,
pouvoir rotatoire, spectre d'absorption dans l'ultraviolet ou dans la région infrarouge.

4. Il va de soi que c'est principalement cette troisième étape qui sera envisagée dans le cas
d'une VERIFICATION d'IDENTITE, lorsqu'on sait à peu près de quelle substance il
s'agit. Dans ce cas, la détermination chromatographique est très utile pour la recherche
d'impuretés ou de produits d'altération. Elle permet souvent aussi de discerner des
isomères de position, dont l'activité physiologique est différente. Pour des raisons
évidentes de place, il n'a été possible de donner ici, pour chaque substance, que
quelques réactions principales d'identification. Il est recommandé de les compléter par
d'autres réactions données dans les Pharmacopées ou des ouvrages de référence.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 42
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.1. Opérations préliminaires

7.1.1. Recherche des éléments

 LES OPERATIONS SUIVANTES


SONT A EXECUTER DANS L’ORDRE INDIQUE.
A. Carbone et hydrogène

Considérés comme présents

B. Azote

1) Sels d'ammonium.

Vérifiez d'abord, sur la solution aqueuse, si l'azote ne se trouve pas sous forme de sel
ammonique, par addition de réactif de Nessler, à froid. Ce réactif donne un précipité brun en
cas de réaction positive et non blanc ou jaunâtre ou gris.  si la couleur est grise ou noire,
voire brune, il y a réduction du réactif.

2) Azote organique

Méthode de Lassaigne: chauffez dans un tube fermé à un bout, 30 mg de substance avec un


petit fragment de sodium bien propre. Chauffez très peu au début (flamme éclairante, par
intermittence) puis laissez la réaction s'accomplir (effervescence, coloration). Lorsque la
réaction se calme, chauffez à la flamme forte progressivement jusqu'à ce que le verre
devienne rouge tout autour du bulbe du tube. Plongez brusquement le tube dans un creuset
contenant 5 mL d'eau distillée: le tube se brise et son contenu se répand dans l'eau (attention
aux projections). Laissez en contact pendant quelques minutes, en remuant, puis filtrez.
Ajoutez au filtrat une pointe de spatule de FeSO4 et 2 gouttes FeCl3 à 10 %, ainsi que
quelques gouttes de solution NaOH dilué. Portez à l'ébullition et plongez ensuite le tube dans
l'eau bouillante pendant 5 minutes. Laissez refroidir et acidifiez par HCl goutte à goutte. Une
coloration verte nette, bleue ou un précipité de bleu de Prusse indique la présence d'azote. En
cas de doute (coloration vert très pâle), recommencer avec plus de poudre.
Si la réaction est négative:
 soit le rapport N/C de la molécule est faible: recommencez avec plus de poudre
(doublez la quantité et en plaçant de la poudre au-dessus et en-dessous du sodium.
 soit il y a du soufre organique dans la molécule qui peut interférer par formation de H2S
(reconnaissable à l’odeur) et précipitation de sulfures de Fer (II) ou Fe (III): calcinez
plus fort dans ce cas. S’il n’y a toujours aucun précipité ou coloration bleue/verte,
ajoutez 5 mL d’acide chlorhydrique concentré et mettre au bain-marie 20 minutes.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 43
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

C. Sels d'acides minéraux

Dissolvez 50 mg de produit dans 8 mL d'eau (si le produit est peu soluble, saturez à froid et
filtrez, travaillez sur la solution saturée).  Il est souvent utile de faire un blanc. Recherchez
successivement sur 1 mL environ de solution les anions suivants:

- les halogénures: sur la solution acidifiée par HNO3 précipité blanc à jaune par AgNO3.
Pour conclure à la présence d’un halogénure, il faut parvenir à filtrer et à laver le
précipité sans qu’il disparaisse.  Il faut pouvoir le caractériser par sa solubilité dans
NH4OH dilué et le reprécipiter par HNO3 . Substance type X- (C, N,...)+.

► On peut aussi mettre en évidence les I- par oxydation par l’hypochlorite de sodium
en milieu acide: formation de I2 extractible par le chloroforme avec une coloration
violette. Même chose pour le Br- qui donne une coloration jaune ou orange.

► Voir aussi les réactions de la pharmacopée: ions en solution

- les arséniates: sur la solution neutralisée, précipité rouge brique par AgNO3 (Le
pyramidon donne une coloration violette. Voir tableau 2).

- les sulfates: sur la solution acidifiée par HCl, par BaCl2, précipité blanc insoluble. à
caractériser. Substance type HSO4- (C, N,...)+.  s’il y a un précipité, ajoutez un égal
volume d’eau: si le précipité se ressolubilise, il s’agissait de BaCl2 (trop d’acide
chlorhydrique ajouté).

- les phosphates: sur la solution, précipité cristallin jaune par le réactif nitromolybdique à
60°C. Substance type H2PO4- (C, N,...)+.

- les nitrates: sur 2mL de solution acidifiée par 1 goutte d’acide sulfurique conc.,
superposez 2 mL d’une solution saturée de FeSO4 dans l’acide sulfurique concentré. Si
aucune coloration n’apparaît à l’interface après 5 minutes, chauffez légèrement (bain-
marie), laissez refroidir, apparition d’un anneau noir ou brun (anneau nitroso-ferreux) à la
zone de contact entre les deux solutions.  la coloration doit apparaître avant 10’.
Substance type NO3- (C, N,...)+.

► Voyez aussi la réaction des nitrates reprise dans la partie « identification » de la


Pharmacopée Européenne.

► Réaction plus délicate à la diphénylamine (cf. nitrate de méthylatropine dans la


pharmacopée)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 44
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

D. Sels d’acides organiques:

 à ne pas rechercher systématiquement car seulement certaines substances sont salifiées de


la sorte. Si la substance contient un N, est soluble dans l’eau et ( dans certains cas)
précipite en milieu alcalin MAIS qu’aucun des sels repris au point c (p. 69) n’a été détecté, la
présence de ce type d’ion peut être suspectée.

- Tartrate: réaction de Pesez (cf. Pharmacopée, partie générale identification des ions)
- Salicylate: coloration violette au FeCl3
- Citrate: réaction de Deniges (cf. Pharmacopée, partie générale identification des ions)
- Maléate: réaction de Pesez ! ! ! de l’acide maléique et pas de l’acide tartrique
(cf. Pharmacopée, monographie du maléate de trimipramine)
- Acétate: formation d’acide acétique, formation d’acétate d’éthyle, réaction de la
pharmacopée au nitrate de lanthane ( difficile)

E. Recherche d'halogène, de soufre, de phosphore, d'arsenic ou d'un métal en combinaison


organique.

Cette étape permet de détecter la présence d’hétéroatomes (X, S, P, As) inclus dans la
structure de la molécule.  Avant de réaliser cette recherche il est indispensable de se
débarrasser des sels éventuels identifiés à l’étape précédente en libérant la base organique
(comme indiqué au point g). Deux problèmes peuvent survenir:

● Le résidu après évaporation est liquide et est impossible à traiter de la manière indiquée
au point suivant. On peut utiliser cette autre technique: refaites une extraction suivie
d’une évaporation DIRECTEMENT sur le mélange nitraté, afin de concentrer l’élément
à analyser au sein de celui-ci.
● Pas de résidu, ni liquide, ni solide: faites la fusion pour rechercher les autres éléments
que celui utilisé pour salifier la molécule. Pour ce qui est de l’élément commun, on ne
sait donc pas s’il est seulement extramoléculaire ou extra- et intramoléculaire à la fois.
On recherchera donc les produits les possédant en intramoléculaire en priorité lors des
tests d’orientation afin de les éliminer le plus tôt possible en cours d’analyse.

- Fusion alcaline oxydante: mélangez intimement au mortier 0,05 g de substance avec 0,20 g
de Na2CO3 et 0,50 g de KNO3 (soit 0,70 g du mélange nitraté). Chauffez prudemment jusqu’à
fusion de la masse et oxydation du carbone ( coloration blanche, grisâtre ou jaune). Laissez
refroidir, dissolvez le résidu dans 10 mL d'eau distillée et filtrez:
● 1 mL de la solution neutralisée par l'acide acétique + AgNO3: précipité rouge brique: As
● 1 mL + HNO3 + AgNO3 (vérifier que le pH < 2): précipité d'halogénures à caractériser:
Cl, Br, I. On procéde également à deux autres types de réaction, si nécessaire:
■ réaction des différents halogénures de la pharmacopée
■ réaction au NaOCl en milieu acide et extraction par le dichlorométhane: pour I et
Br
● 1 mL + 1 à 3 gouttes d’acide chlorhydrique + BaCl2 (vérifier que le pH < 2): précipité
blanc insoluble par ajout de 1-2 mL d’eau: S
● 1 mL + réactif nitromolybdique à 60 °C: précipité cristallin jaune: P ( faites un
témoin)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 45
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

F. Recherche d’un élément métallique.

- Vérifiez la présence d'un métal:


 faites le test de la flamme sur la poudre sèche ET sur une solution concentrée dans HCl.
 SI il y a un doute: calcinez 0,10 g du produit dans un creuset (sans addition de mélange
nitraté), reprenez par quelques gouttes de HNO3 et calcinez à nouveau en répétant si
nécessaire jusqu'à disparition du carbone. S'il reste un résidu, dissolvez-le dans 0,1 mL
d’acide chlorhydrique dilué et refaites le test à la flamme.

 POUR RAPPEL:  Na: flamme orange intense et persistante (~ 10 secondes)


 K: flamme bleuâtre très fugace
 Ca: flamme rouge fugace (sous forme de crépitements
rouges)

- Quelques remarques sur le Ca et les produits qui en contiennent:


 Le Ca seul métal a pouvoir être identifié par voie chimique au laboratoire:
● ↓ au carbonate de sodium
● ↓ à l’oxalate d’ammonium
 les sels de calcium issus de produits naturels (glycérophosphate, lactate, phytocalcine)
peuvent contenir des quantités variables de Na qui masque le Ca lors du test à la flamme

- En règle générale, les sels de calcium sont les plus insolubles dans l’eau, suivi des sels
potassiques et des sels sodiques (ces deux derniers étant, à de rares exceptions, tous solubles).

- Vérifiez si l’élément métallique salifie bien un acide, essayez de libérez la forme acide en
procédant comme indiqué ou point g). Substance du type ([Link])-. Métal+ ou (R)-. Métal+.

G. Libération d’un acide ou d’une base organique à partir de son sel.

- Les bases organiques peuvent être salifiées par des acides minéraux (recherchés au point c)
mais aussi par des acides organiques (voir point d).

- Les acides organiques peuvent être salifiés par des bases minérales (NaOH, KOH, Ca(OH)2,
etc.) et se trouver sous forme de sels Na, K, Ca (recherchés au point e).

- Dans les deux cas, il est important de pouvoir séparer le produit initial de son sel afin
d’effectuer certaines réactions d’identification qui ne fonctionnent pas sur le sel. Pour
effectuer une séparation correcte, effectuez les opérations suivantes (résumées dans le schéma
de la page suivante):
* Faites une solution aqueuse concentrée du produit.
* Dans le cas d’une base salifiée, alcalinisez la solution par NaOH ou NH4OH dilué
jusqu’à réaction alcaline au papier indicateur.
* Dans le cas d’un acide salifié, acidifiez la solution par HCl dilué jusqu’à réaction acide
au papier indicateur.
* Ces opérations libèrent respectivement la base ou l’acide organique de son sel.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 46
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

* Deux cas sont susceptibles de se présenter:


 Le produit libéré est peu ou pas soluble dans l’eau: dans ce cas, il précipite
spontanément. Filtrez et rincez le précipité puis séchez le à l’étuve. Travaillez sur le
résidu. Le précipité peut aussi être extrait à l’éther ou au chloroforme s’il est liquide
ou s’il possède un point de fusion trop bas que pour donner un composé cristallin.
Pour l’extraction, voyez le point suivant.
 Le produit libéré est soluble dans l’eau: dans ce cas, il ne précipite pas et il faut
l’extraire de la phase aqueuse. Introduisez la phase aqueuse dans une petite ampoule
à décanter, extrayez par 3 portions successives (5 mL) d’éther ou de chloroforme.
Prélevez les phases organiques et réunissez les dans une petite fiole conique, ajoutez
une cuillère à soupe de Na2SO4 ou CaCl2 anhydre, agitez bien et bouchez,
abandonnez pendant 15 minutes. Récupérez la phase organique dans une capsule à
fond rond et laissez évaporer au B.M. (sous hotte). Travaillez sur le résidu.
N.B. Si le produit est beaucoup plus soluble dans l’eau que dans le solvant
organique, il est impossible de l’extraire, dans ce cas on sera forcé de travailler sur le
sel.

Schéma général d’isolation des bases et acides:

TECHNIQUE D’EXTRACTION D’UN ACIDE ou D’UNE BASE


A PARTIR DE SON SEL
Evaporation
Base / Acide sous forme « sur » le mélange nitraté
de sel Fusion alcaline
oxydante

Mettez en solution et
ajoutez une base / un acide dilué
Résidu solide ou Ø
liquide
goutte-à-goutte

Evaporez au bain-marie
Précipité Pas de Précipité

Séchez sur MgSO4 ou Na2SO4


Filtrez et séchez Extrayez (éther ou Filtrer
dichlorométhane)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 47
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.1.2. Identification

En tenant compte de ces premières observations et des éléments caractérisés dans les
opérations précédentes, on recherchera successivement:

a) Produits azotés

1) Substance simplement azotée type (C, N) (éventuellement sous forme de sel).


Dissolvez 20 mg de substance dans 4 mL d'eau + 2 gouttes HCl. Filtrez éventuellement
la solution obtenue, mais ne la chauffez pas:
- Elle précipite par l'iodobismuthate (réactif de DRAGENDORF) et l'iodomercurate
de K (réactif de MAYER) (en milieu acide): voyez tableaux 1 et 2 du groupe des
alcaloïdes et des bases hétérocycliques.
- Elle précipite en milieu acide par l'iodobismuthate de K seulement: voyez
tableaux 3 et 10 (les sels d'aniline ne précipitent que très lentement par ce réactif).
- Elle ne précipite pas en milieu acide par l'iodobismuthate ni par l'iodomercurate de
K: voyez tableau 4 et 10 (certaines amines sympathomimétiques).
 Certains phénols azotés se trouvent aux tableaux 4 et 10,
 N’oubliez pas le tableau 12 !.

2) Substance azotée et halogénée type (C, N,X) (éventuellement sous forme de sel).
-Tableau 1: Hydroxyzine, chlordiazépoxide, bromazépam, miconazole,
métoclopramide, dompéridone et chlorcyclizine.
- Tableau 2: Diazépam.
- Tableau 4: Bromisoval, carbromal et méprobamate (Br); niclosamide, indométhacine
et lorazépam (Cl)
- Tableau 12: Chloramphénicol et palmitate de chloramphénicol.
 N’oubliez pas le tableau 12 !.

3) Substance azotée, halogénée et soufrée type (C, N,X,S)


- Hors tableaux: Chloramine.
- Tableau 1: Chlorpromazine et chlorprothixène.
- Tableau 4: Hydrochlorthiazide et furosémide.

4) Substance azotée et soufrée type (C, N,S) recherchez dans l’ordre:


- Tableau 1: Prométhazine, Novalgine
- Tableau 2: Thiamine, Cimétidine
- Tableau 12: Pénicillines et leurs sels Na ou K: faire la réaction au HgCl2:
- Tableau 4: Thiourée, Thiobarbituriques, Pénicillamine, Biotine, Acides
aminés (Méthionine, Cystéine et Cystine )
- Tableau 9: Sulfamidés: voyez tableau IX
- Hors tableaux: Saccharine
 N’oubliez pas le tableau 12 !.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 48
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

5) Substance azotée et arséniée type (C, N,As)


- Tableau 7: Elles sont souvent sous forme de sel sodique et certaines contiennent du
Cl ou du S intramoléculaire.

b) Produits non azotés

1) Substance halogénée type (C,X). Déterminez l'halogène:


- Cl:
● Hors tableaux: chloral, chlorobutanol, D.D.T. (= dicophane = chlorophénotane),
p-dichlorobenzène, hexachlorocylohexane (= lindane), hexachlorophène.
( points de fusion variables, parfois très ≠ de ceux de la littérature !)
● Tableau 12: griséofulvine
- I: Hors tableaux: iodoforme

2) Substance phosphorée type (C,P)


Hors tableaux: Glycérophosphates, phytocalcine ( les sels calcique, surtout la
phytocalcine, peuvent contenir des quantités non négligeables de Na qui masquent le Ca
lors du test à la flamme)

3) Substance soufrée type (C,S)


- Hors tableaux: Résidu à la calcination: guaiacolsulfonate de K (thiocol)
- Tableau 11: Pas de résidu à la calcination: acide camphosulfonique et
camphosulfonate de Na:  ne donnent pas la réaction à la vanilline sulfurique
4) Substance arséniée type (C,As)
Tableau 7: Arrhénal, cacodylate

5) Substance ne contenant que C, H et O ( recherchez dans l’ordre !)

- Substances phénoliques et dérivés: Tableau 5


● réaction au FeCl3 à 10 % sur la solution aqueuse, ou éventuellement sur la solution
alcoolique, positive. (La réaction est négative pour le thymol et les phénols
combinés).
● Coloration intense avec le réactif de Liebermann des phénols
 Exceptions ! Benzonaphtol (réactions de phénols négatives) et les différents
phénols donnant des réactions d’orientation faibles (vanilline, acide
acétylsalicylique, esters d’acide para-hydroxybenzoïque).

- Acide et sels d'acides organiques: Tableau 6


solutions acides ou (  mieux) consommation de NaOH 0,1 N en présence de
phénolphtaléine ou résidus métalliques par calcination ou sels ammoniacaux.

- Substances quinoniques ou dérivés de la coumarine: Hors tableaux


● Ménadione: Tf. 105-108°C. Coloration bleu violet avec cyanacétate d'éthyle et
ammoniaque. Avec HCl / C2H5OH: coloration rouge.
● Dicoumarol: Tf. 287-293°C. Fusion alcaline avec KOH: coloration rose. Diluez et
acidifiez par HCl dilué. Reprenez 1 mL, diluez et ajoutez FeCl3: coloration
violette. Dérivé acétylé Tf. 250 °C.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 49
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Substance réductrice directement ou après hydrolyse: Tableau 7


réaction de Molisch (à α-naphtol) positive ou réaction colorée à l'iode: groupe des
glucides.

- Dérivés terpéniques, stérols ou hydrocarbures, parfois odeur caractéristique


● Coloration rouge par le réactif sulfovanillique seul: méphénésine (Hors tableaux):
Tf. 70-71 °C, donne coloration rose par H2SO4 seul.
● Groupe des terpènes VRAIS (tableau 11): le réactif sulfovanillique mis
directement sur la poudre donne une coloration rouge orangé devenant violette par
addition de quelques gouttes d'eau: voyez tableau XI.
 Exceptions dans ce groupe: réaction sulfovanillique négative: acide
camphocarbonique et camphosulfonique et sels.
● Groupe des stérols et dérivés (tableau 11):
 la réaction au réactif sulfovanillique peut être très lente voire négative dans la
très grande majorité des cas,
 les stéroïdes hormonaux n’ont pas d’odeur et sont pratiquement insolubles
dans l’eau;
 recherchez les terpènes, puis les stéroïdes NON-hormonaux par leurs réactions
générales
 recherchez les stéroïdes hormonaux (sexuels et corticostéroïdes): faites les
réactions de Salkowski, Nessler, formation d’hydrazone et pouvoir rotatoire
spécifique.
● Pas de coloration par le réactif sulfovanillique et aucune des réactions des stéroïdes
positive: hydrocarbures: vaseline: Tf. 35-40 °C; paraffine: Tf. 40 °C; ou
naphtaline: Tf. 79 °C: Hors tableaux

- Polyols solubles dans l’eau: Hors tableaux


Faites la réaction au pyrocatéchol qui donne une coloration rose (cf. Ph. Eur.).
● Mannitol (Tf 165-170 °C)
● Sorbitol ( le point de fusion du sorbitol est particulièrement délicat à effectuer
car il dépend fort du degré d’hydratation de la poudre: début à ~ 100 °C et fin à ~
160 °C).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 50
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2. Caractérisation définitive

7.2.1. Tableau 1

Ce tableau comprend des substances alcaloïdiques, aromatiques ou hétérocycliques qui


précipitent par l'iodobismuthate et l'iodomercurate de K en milieu acide. Dans le plus grand
nombre de cas, les substances recherchées dans ce tableau sont sous forme de bases salifiées
par des acides minéraux (cf. recherche des éléments) ou, plus rarement, par des acides
organiques (salicylate, tartrate, maléate, acétate,... voir tableau VI) qu'il faut identifier. Parfois
aussi ces substances sont sous forme de bases libres (peu alcalines, solubles ou non dans
l'eau).

En plus des réactions de précipitation citées plus haut, il faut qu'au moins l'un des essais
suivants, effectué dans l’ordre, soit positif (voir ci-après pour la caractérisation finale):

 A FAIRE DANS L’ORDRE CI-DESSOUS


 LES COLORATIONS OBTENUES NE SONT PLUS VALABLES APRES 3
MINUTES !

1. colorations intenses avec HNO3 concentré et froid;


2. colorations avec H2SO4 concentré à froid ou au B.M.; si pas de coloration ni
d'odeur caractéristique, aller voir au point 2.b.
3. traînées colorées en provenance du produit par addition d'une trace de K2Cr2O7
en poudre à la solution du produit dans H2SO4;
4. réaction de Vitali positive (groupe des dérivés du tropanol).
5. si ces réactions ne sont pas concluantes, examinez à la lampe de Wood la
fluorescence de la solution aqueuse avant et après addition d'une goutte de
H2SO4.

 certains sels des alcaloïdes de l’ergot donnent des réactions colorées avec HNO3 et H2SO4
concentrés

Les résultats de ces essais préalables permettront de se reporter à l'un des six groupes
repris dans les pages suivantes.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 51
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

1) Substances donnant des colorations intenses avec HNO3 concentré et à froid

Cette réaction doit se faire directement sur la poudre dans une capsule plate.

a) Alcaloïdes et autres produits

Autre
Coloration caractéristiques
- Apomorphine - rouge.
- Morphine - orange. - Coloration violette avec H2SO4 formolé
(réactif de Marquis) (cf. Point 2).
- Emétine - orange. - Coloration verte par H2SO4 avec addition
- Colchicine - violette. d'une goutte HNO3.
- Brucine - rouge. - Coloration rose par H2SO4 avec des traînées
- codéine - Coloration jaune orangé oranges par une trace de K2Cr2O7 en poudre.
POSSIBLE en fonction du  lorsque la poudre est mal conservée, la
sel et de l’état de coloration est plutôt brune avec HNO3
conservation concentré,

- novalgine3 - violette avec H2SO4 concentré et les traînées


- Bleu-vert fugace puis avec le dichromate sont bleues; FeCl bleu
3:
jaune; virant au brun; Mandelin: vert (lent)
- ofloxacine - jaune intense - fluor organique

b) Substances hétérocycliques
- Coloration bleue très foncée: imipramine: Tf. 172 °C (chlorhydrate); par H2SO4
négatif. Désimipramine: Idem (Tf HCl: 214 °C).
- Coloration rouge violacé: chlorprothixène: Tf. HCl 221 °C; par H2SO4, orangé, avec
fluorescence orangée.
- Coloration violacée très fugace puis jaune; par H2SO4, coloration rouge (jaune foncé
pour le bromazépam) et ensuite addition d'une goutte d'HNO3:
 Coloration verte: prométhazine: Tf. 219 °C (chlorhydrate).
 Coloration vert brun: chlorpromazine: Tf. 194 °C (chlorhydrate).
 Coloration jaune: bromazépam: Tf. 230 °C; sol. hydrométhanolique +
sulfate ferroso-ammonique à 1 %: coloration violette.
- jaunâtre à orangée (variable selon les conditions de réactions et l’état de conservation):
cinnarizine (cf. plus loin 3.b.)

c) Antihistaminiques
- Antazoline: rouge foncé; pour la caractérisation, voyez aussi les réactions de
cristallisation, principalement le reineckate.

3 Beaucoup de synonymes possibles: métamizole sodique, dipyrone, noramidopyrine,…

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 52
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

d) Antibiotiques et tétracyclines (poudre de coloration jaune).


Voyez également le tableau 12. Coloration avec H2SO4:
- Chlortétracycline: bleu intense à vert bleuâtre
- Oxytétracycline: pourpre
- Tétracycline: violet

e) Autres
- Vincamine: jaune intense. H2SO4 concentré: orange à froid et à chaud.
- Métoclopramide: jaune. Amine primaire aromatique

2) Groupe des dérivés de la morphine (certains alcaloïdes sont sous forme de tartrate)

!!UTILISEZ de l’acide sulfurique ULTRA PUR!!


Traitez l'alcaloïde par H2SO4 concentré ultra pur (à demander au technicien).

a) Coloration à froid
 Coloration jaune d'or: oxycodone: avec le réactif de Marquis: coloration violette sur
la base mais pas de coloration sur les sels.
 Autre coloration: voir le point 3

b) Pas de coloration à froid (incolore ou légèrement jaunâtre)


Traitez un nouvel échantillon de poudre par FeCl3 à 10 %:
 Si coloration bleue: morphine ou hydromorphone
 Si pas de coloration; traitez un nouvel échantillon par H2SO4 conc. et une goutte de
FeCl3 1 % et mettez au B.M.: coloration bleue:
► positif pour codéine, éthylmorphine.
► négatif pour hydrocodone (fonction cétone à mettre en évidence: hydrazone et
métadinitrobenzène).
Si nécessaire, libérez les bases en milieu ammoniacal (PAS NaOH) et prenez-en les
points de fusion. Faites les dérivés acétylés (Pharmacopée internationale 1,2 ou 3)
pour la morphine, l'hydromorphone et l'oxycodone:

base dérivé acétylé

- morphine 254 à 256 °C 173 °C


- hydromorphone 262 °C 162 °C
- oxycodone 220 °C 206 °C

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 53
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3) Substances donnant des colorations à froid ou après chauffage au B.M. avec H2SO4

a) Groupe de la quinoléine, de l'isoquinoléine ou de pipéridine-phénanthrène


Traitez une petite quantité d'alcaloïde par H2SO4 concentré. Observez la coloration à
froid d'abord, puis éventuellement après chauffage modéré:

H2SO4 H2SO4
Autres caractéristiques ou réactions
à froid à chaud
- Hydrastine vert violet fluorescence jaune vert.

- Hydrastinine vert rouge forte fluorescence jaune vert; réduction de


AgNO3, NH4OH à chaud, et du réactif de
Nessler (précipité brun) à froid.

- Noscapine vert ou rouge ou non fluorescent.


jaune orange

- Thébaïne rouge rouge solution dans H2SO4 non fluorescente.

- Vératrine rouge violet solution dans H2SO4 avec fluorescence verte.


Par HCl au B.M.: coloration rose.

- Boldine bleu vert vert coloration rougeâtre avec FeCl3.

- Papavérine incolore4 violet pâle à sec, présente une forte fluorescence blanc
bleuté; non fluorescente en solution.

- Quinine incolore ou jaune vert forte fluorescence bleutée en solution dans


jaunâtre peu intense l’acide sulfurique dilué; réaction à la
thalléoquinine verte; lévogyre.
- Quinidine incolore ou jaune vert fluorescence bleue en solution dans l’acide
jaunâtre peu intense sulfurique dilué; thalléoquinine verte;
dextrogyre.

- Cinchonine incolore ou jaune vert fluorescence bleue en solution dans l’acide


jaunâtre peu intense sulfurique dilué, vert pâle ou blanc;
dextrogyre.

- Cinchonidine incolore ou jaune vert fluorescence bleue en solution dans l’acide


jaunâtre peu intense sulfurique dilué; thalléoquinine précipité vert
pâle ou blanc; lévogyre.

4 les poudres anciennes donnent une coloration légèrement violette

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 54
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

b) Certains antihistaminiques, ou substances hétérocycliques

H2SO4 à froid H2SO4 à chaud Autres caractéristiques


- Amitriptyline rouge orange, Jaune pâle Tf. 194,5 °C (HCl)
- Diphenhydramine jaune puis orangé orangé Tf. 174-5°C (HCl)
- Hydroxyzine jaune rouge orangé
- Chlordiazépoxide jaune pâle jaune pâle
- Chlorcyclizine jaune brun
- Cinnarizine saumon ou jaune brun
Pour les antihistaminiques, voyez les réactions de cristallisation

c) Autres

H2SO4 à froid H2SO4 à chaud Autres caractéristiques


- Naphazoline nitrate ou HCl Rouge-orange Rouge brun

- Fluoxétine HCl Jaune léger Orange - chamois - Mise en évidence du


fluor; Tf 158 – 160 °C

4) Groupe dérivant du tryptophane et autres produits

Traitez l'alcaloïde par H2SO4 dans une capsule, ajoutez quelques cristaux de bichromate de
potassium, créez une traînée par écrasement d'un cristal de bichromate:

Traînées Autres Réactions

- Strychnine violettes vérifiez la coloration bleue par le réactif de


Mandelin.

- Yohimbine bleues vérifiez la coloration bleue par le réactif de


Froehde, et la coloration bleue par un cristal de
chloral + H2SO4 au B.M.

- Physostigmine traînées vert bleu coloration bleue intense par évaporation au


(Esérine) (Salicylate) B.M. avec NH4OH. Reprenez par l'alcool,
solution bleue.

- Miconazole rouge vif Tf nitrate: 178-184 °C

- Dompéridone violettes Présence de chlore; Tf 244 – 248 °C

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 55
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

5) Groupe du tropanol et dérivés

Réaction de Vitali: Traitez environ 1 mg de produit dans une capsule à fond rond par HNO3
fumant, évaporez au B.M. à siccité. Dissolvez le résidu dans 2 mL d’acétone puis ajoutez 0,1
mL de solution alcoolique de KOH méthanolique molaire. Il se développe une coloration
violette. Celle-ci s’intensifie en présence d’acétone.
- Atropine: libération de benzaldéhyde par H2SO4 et bichromate à chaud. La base précipite
par NH4OH; pas de précipité par HgCl2.
- Hyosciamine: mêmes réactions, substance lévogyre.
- Homatropine: la réaction de Vitali ( ne marche pas toujours bien) donne une coloration
rouge ( une coloration rouge intense peut être donnée dans certaines conditions par la
N-méthylacétanilide à la fin du tableau 2) avec de l’acétone mais est négative sans
acétone. Il est possible d’obtenir une coloration violette typique des autres alcaloïdes de
type atropine sans ajout d’acétone en faisant d’abord réagir l’homatropine avec de
l’anhydride acétique.
- Scopolamine: la base ne précipite pas par NH4OH; la solution précipite par HgCl2,
précipité blanc.
- Mébévérine: Tf 131 °C (chlorhydrate); Liebermann: noir.

6) Groupe des alcaloïdes de l'ergot du seigle

Faites d'abord l'examen de la fluorescence en solution: la solution aqueuse présente une


fluorescence d'un bleu laiteux; ensuite, 1 mL solution aqueuse + 2 mL solution sulfurique de
paradiméthylamino-benzaldéhyde: coloration bleue (si cette réaction est négative: voir
tableau 2, groupe 1: percaïne). Recherchez les différents alcaloïdes: ergotoxine, ergotamine,
ergométrine base, co-dergocrine et dihydroergotamine.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 56
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.2. Tableau 2

Ce tableau comprend des substances alcaloïdiques, aromatiques ou hétérocycliques qui


précipitent par l'iodobismuthate et l'iodomercurate de K en milieu acide.

1) Groupe de la cocaïne et des anesthésiques locaux de synthèse

- par KMnO4 et K2Cr2O7: cf. techniques de cristallisation (page suivante).


- allez voir aussi les points de fusion des bases.

- Cocaïne - par H2SO4 et l'eau, dégagement de l'odeur de benzoate de méthyle + un


précipité d'acide benzoïque ( faire la réaction décrite dans la
pharmacopée)
- par KMnO4, cristaux caractéristiques en forme de tables
- Tf. HCl 197 °C, Tf. base 98 °C.
- Tropacocaïne - par H2SO4 et l'eau, pas d'odeur de benzoate de méthyle
- par KMnO4, cristaux en forme de H ou de fougères
- Tf. HCl 271 °C, Tf. base 49 °C.
- Procaïne - réaction des amines primaires aromatiques positive
- la solution aqueuse donne après une vive agitation avec ZnCl2 à 10 %
un précipité cristallin
- l'eau de Br2 donne un précipité jaune soluble à chaud
- Tf. HCl 153°-156 °C, Tf. picrate 155° C, Tf. base 61 °C.
- propriétés réductrices: décoloration de KMnO4 en milieu acide;
réduction du ferricyanure en ferrocyanure; le mélange à parties égales
de procaïne et de HgCl2 noircit lorsqu'on l'humecte d'alcool dilué de
son volume d'eau
- Réaction de Vitali donne une coloration brune.
- Amylocaïne - par H2SO4 et l'eau, pas d'odeur de benzoate de méthyle mais
précipitation d'acide benzoïque ( faire la réaction décrite dans la
pharmacopée)
- Tf. HCl 175 °C.
- Tétracaïne - par K2Cr2O7, cristaux en aiguilles recourbées disposées en fleurs
- Tf. HCl 147-150 °C
- donne un Vitali de couleur rose-violacé.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 57
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Cinchocaïne - la solution aqueuse présente, sans addition de réactif, une fluorescence


ou percaïne bleue
ou dibucaïne - Tf. HCl 95-97 °C; Tf. base 69 °C.
- Lidocaïne - par KMnO4, réduction immédiate
- par K2Cr2O7, cristaux en longues aiguilles (formation lente: l/2 h - l h)
- Tf. HCl 74 -79 °C, Tf. base 66-69 °C, Tf. monohydrate 77°-78 °C, Tf.
picrate 230 °C
- réaction de complexation du cobalt (cf. Ph. Eur.)
- donne un Vitali de couleur verte (difficile à obtenir).
- Procaïnamide - réaction de diazotation-copulation positive (N aromatique libre)
- par KMnO4, réduction lente
- Tf. HCl 165-169 °C, Tf. dérivé benzoylé 180 °C.

Techniques de cristallisation
Les cristallisations au KMnO4 et au K2Cr2O7 s'effectuent directement sur lame en
dissolvant quelques mg du produit dans une goutte d'eau et en ajoutant une goutte de KMnO4
à 1 % ou une goutte de K2Cr2O7 à 10 %. Avec le K2Cr2O7, les cristaux peuvent être observés
immédiatement; avec le KMnO4, après avoir recouvert la préparation d'une lamelle, il faut
attendre une dizaine de minutes avant d'observer la cristallisation.

 essayez à chaud pour le


2) Substances donnant une réaction de Marquis positive (
diazépam)

a) dérivés de la pipéridine
- Lobéline (HCl): Marquis rouge; Tf. 180 °C; par NaOH à l'ébullition, odeur
d'acétophénone.
- Péthidine: réaction de Marquis jaune orangé avec fluorescence orangée; Tf. picrate
186-193 °C.
b) analgésiques centraux non pipéridiniques
- Méthadone: Tf. HCl 233-236 °C; Tf. base: 78 °C; formation d’un thiocyanate Tf. 144
°C.
- Lévorphanol: Tf. 198-199 °C

c) Amines sympathomimétiques (voir également le tableau 10)


- Métamphétamine: Marquis orangé; autres réactions:
● Dix mg de substance + 100 mg KNO3 + 1 mL H2SO4 dans un tube à sec; chauffez
au B.M. pendant 20', refroidissez, ajoutez 2 mL d'eau en refroidissant, environ 8
mL NH4OH de façon à alcaliniser légèrement, puis 2 mL de solution à 4 % de
sulfate d'hydroxylamine. Portez à 65 °C pendant 5', refroidissez; on obtient une
coloration violette.
● Réaction des amines secondaires aliphato-aromatiques ou réaction de Sivadjan:
dissolvez environ 5 mg de chlorhydrate de méthylamphétamine dans 5 mL de
réactif constitué d'eau oxygénée (à 10 vol.) contenant 4 % de NaCl et une trace de
sel de cuivre; ajoutez 1 goutte de solution NaOH 0,1 N et portez au B.M. pendant
2'. Il se développe une coloration rouge ( la réaction est très délicate à effectuer).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 58
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

● Réactions des amines secondaires aliphatiques (cf. analyse fonctionnelle)


● Tf. HCl 170-175 °C. [α]20D: + 14 à +20 ° (N.B.: il existe un mélange racémique).
d) Benzodiazépines:
- Diazépam: Marquis orange  à chaud; 5 mg de produit + 2 mL H2SO4: fluorescence
jaune vert; après fusion alcaline (NaCO3) et reprise du résidu par HNO3: réaction de
chlorures.

3) Substances se trouvant généralement sous forme de sel et dont la base est

a) Soluble dans l'eau:


- Thiamine (aneurine ou vitamine B1 sous forme de chlorhydrate ou de nitrate et
contient du S): dissolvez quelques mg de produit dans 3 mL d'eau, ajoutez 2 mL de
NaOH à 10 %, puis quelques gouttes de solution de ferricyanure de K jusqu'à
persistance d'une très faible coloration jaune. Extrayez par 5 mL de butanol en évitant
l'émulsion. La solution alcoolique présente une très intense fluorescence bleutée.
- Pilocarpine (existe sous forme de chlorhydrate ou de nitrate): réaction de la fonction
lactone; 0,02 g dans 1 mL d'eau + 1 mL de solution nitroprussiate à 2 % + 1 mL
NaOH et agitez à l'air, puis acidifiez par HCl, coloration rouge violacé, répartissez en
2 moitiés: a et b. A la solution a, ajoutez une solution d'hyposulfite à 2 %, coloration
verte (fugace). A la solution b, ajoutez une solution d'eau oxygénée, coloration rouge
rubis; faites aussi la réaction de Helch (cf. Pharmacopée); Tf. HCl 195-198 °C; Tf.
base: 34 °C; Tf. HNO3 173,5-174 °C (avec décomposition).
- citrate de choline: Tf 103-108 °C

b) Peu soluble ou insoluble dans l'eau:

- Diéthylpropion: fonction cétone, base liquide.


- Spartéine (sulfate):
● Tf. 140 °C;
● réaction de Jorissen: précipitez la base par NaOH, extrayez par l'éther, lavez l'éther
à l’eau, séchez le sur MgSO4 anhydre ou au Na2SO4 anhydre, filtrez sur papier
filtre (essayer de ne pas dépasser 10 mL de solution éthérée au total, concentrer par
évaporation si nécessaire), ajoutez à cette solution un peu de soufre en poudre et
faites passer un courant de H2S (le schéma du montage se trouve page suivante),
précipité rouge qui disparaît par addition d'eau.
● Réaction de Grant: 1 goutte de solution éthérée de spartéine base sur un papier
filtre, séchage, exposition aux vapeurs de Br2 puis d'NH3, chauffage léger et
apparition d'une coloration rouge rosée.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 59
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Tuyau en caoutchouc

Tube en verre

Tube à essai avec solution


étherée + soufre

Bouchon percé d'un trou


Fiole conique

Na2S 3g 1); ajoutez acide sulfurique dilué (10 ml)dans la fiole conique
2); chauffez PRUDEMMENT à la flamme

4) Substances se trouvant sous forme de base

- Phénazone:
● coloration rouge violacé par HNO3 à chaud; coloration verte par HCl dilué et NaNO2;
● chauffé en solution chlorhydrique + formol, donne par refroidissement et
neutralisation par NH4OH, un précipité blanc de diantipyrine-méthane.
- Diméthylaminophénazone (pyramidon): coloration violette par les oxydants: FeCl3 dilué,
iode, HNO2.
- Hexaméthylènetétramine (urotropine):
●  caractère alcalin;
● par le thiocol sulfurique, donne une coloration violacée  si rien à froid, placez 10
minutes au bain-marie;
● par H2SO4 dilué et à chaud, un dégagement de formol détectable par la réaction à
l’acide chromotropique;
● par quelques gouttes de phénol fondu sur une solution aqueuse, un précipité blanc se
forme.
- N-Méthylacétanilide: Tf. 101 °C; libération de méthylaniline (amine substituée à
caractériser) par hydrolyse acide.
- Cimétidine: Tf. 142 °C; ajoutez du réactif de Nessler et chauffer au bain marie quelques
minutes: coloration noire.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 60
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.3. Tableau 3.

Ce tableau comprend des substances azotées précipitant, en milieu acide, par


l'iodobismuthate de K (réaction quelquefois lente ou avec resolubilisation) mais non par
l'iodomercurate de K.
 dans la plupart des cas, la théobromine, en raison de sa faible solubilité dans l’acide
chlorhydrique 2 N donne RAREMENT un Dragendorf positif

1) Réactions de la Murexide positive: groupe des bases puriques

Dans une capsule, traitez 5 mg de substance par quelques gouttes d'eau de brome; évaporez au
B.M. Traitez le résidu de la même manière par quelques gouttes d'HNO3 et à nouveau par
l'eau de brome. Insistez (pour rendre l'oxydation complète) jusqu'à obtention d'un résidu
jaune. Celui-ci vire au rouge pourpre par exposition aux vapeurs d'ammoniac
- Théobromine:
● très peu soluble dans l'alcool et dans NH4OH à froid.
● La solution dans HCl dilué donne un précipité brun verdâtre par la solution d'iode
ioduré.
● Sublimation vers 290 °C.
- Théophylline:
● soluble dans l'alcool et dans NH4OH à froid.
● En solution dans HCl dilué, donne un précipité brun rouge par l'iode ioduré.
● La solution alcoolique additionnée de quelques gouttes de solution de nitrate de Co
dans l'alcool et d'une goutte de NH4OH donne une coloration violette;
● Tf. 270-274°C ( peut être confondue avec l’aminophylline).
- Caféine:
● donne également un précipité brun rouge avec l'iode ioduré.
● Se caractérise par sa grande solubilité dans le chloroforme, et sa faible solubilité dans
NH4OH à froid;
● Tf. 230 °C.
- Aminophylline (théophylline - éthylènediamine):
● soluble dans l'eau (caractériser l'éthylène diamine).
● Sublimation vers 178 °C.
● Précipiter la théophylline par addition lente d’acide chlorhydrique dilué  car la
théophylline est soluble en milieu acide.
●  pH alcalin.
- Diprophylline: Tf 160-165 °C. Dérivé acétylé (cf. Pharmacopée).
- Etofylline: Tf 161-166 °C. Dérivé acétylé (cf. Pharmacopée).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 61
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2) Réaction de la Murexide négative

a) β-phényléthylamines :
- Ephédrine ( ne pas oublier la pseudoephédrine dont les Tf et α sont différents):
● Tf. base DL 79 °C (L ou D: 34 °C); Tf. DL HCl 187-8 °C ( L ou D: 216-220 °C).
● réaction de Chen-Kao: à 0,1 mL de solution aqueuse à 10%, ajoutez 1 mL eau, 0,2
mL de solution de CuSO4 à 12.5 % et 1 mL NaOH concentré. Il se développe une
coloration violette ( peut varier au bleu ou au pourpre; dans certains cas, elle ne
fonctionne pas très bien). Ajoutez 2mL d’éther ou d’alcool amylique, la couche
organique est pourpre et la phase aqueuse est bleue. ( dans certains cas,
l’extraction peut être très difficile: l’absence de précipité d’hydroxyde de cuivre
peut indiquer sa complexation par une fonction diamine, diol, aminoalcool, …).
- Amphétamine:
● coloration orange (qui vire rapidement au brun) avec réactif de Marquis;
● 10 mg d'amphétamine + 2 mL d'eau + 2 mL HCl dilué + 2 mL de solution à 2 % de
NaNO2, chauffez légèrement. Refroidissez, alcalinisez par NaOH et chauffez: on
perçoit l'odeur phénylisopropylique;
● précipitation avec le chlorure de benzoyle et Tf. du résidu 131-135 °C (faire la
réaction telle que décrite dans la pharmacopée, utiliser un agitateur magnétique
avec une puce afin de bien agiter).

b) Substances hétérocycliques ou aromatiques:


- Acide nicotinique: Tf. 235 °C; réaction de Zincke-König5: coloration jaune or.
- Nicotinamide:
● Tf. 129 °C;
● réaction de Zincke-König5: coloration jaune or;
● en milieu NaOH et à chaud: dégagement d'ammoniac.
- Hydrazide isonicotinique (isoniazide):
● Tf. 170-174 °C.
● Réduit le AgNO3 ammoniacal;
● réaction de Zincke-König(1) positive mais instable;
● précipité avec la vanilline de Tf. 226 à 231 °C.
- Sel d'aniline (les sels d'aniline ne précipitent que très lentement par l'iodobismuthate
de K): réaction des amines aromatiques; par NaOCl, coloration violette.
- Pipérazine et ses sels:
● si le produit est sous forme de sel, la base est libérée par addition de quelques
gouttes de NaOH jusqu'à réaction alcaline nette.
● Evaporez à sec dans une capsule et reprenez le résidu par 3 à 4 mL d'alcool à 80 %.
Filtrez et ajoutez au filtrat 2 gouttes de solution à 1 % de CS2 dans de l'alcool à 80
%: précipité blanc.
●  caractère alcalin
- Metronidazole: donne la réaction des amines primaires aromatiques après réduction.
Tf base: 159-163 °C.

5 Voir analyse fonctionnelle.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 62
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Carbamazépine: dissolvez quelques mg dans 1 mL de dichlorométhane, ajoutez 4


gouttes d’un mélange de 1 mL de NaOH dilué et 1 mL d’eau de brome, agitez durant 1
minute: coloration violette; Tf 189 – 193 °C.
- Aciclovir: Tf 256 – 257 °C
- Pyridoxine (chlorhydrate): Tf 203-206 °C (déc.); Mandelin: bleu  jaune-vert

c) Substances aliphatiques
- Ethambutol (sous forme de HCl): Tf 202 °C. Forme un complexe bleu avec le cuivre
en milieu alcalin.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 63
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.4. Tableau 4

Ce tableau comprend des substances azotées ne précipitant, en milieu acide, ni par


l'iodobismuthate de K, ni par l'iodomercurate de K.

1) Barbituriques et hydantoïnes (absence de S) ainsi que thiobarbituriques (présence de


S)
R1 O
N
R2
X
R3
N
H O

X = O: barbiturique ou S: thiobarbiturique
R1 = H ou CH3: hexobarbital, méphobarbital = méthylphénobarbital
R2 et R3: substituants divers
Les barbituriques peuvent se trouver sous la forme de dérivés sodiques, solubles dans l'eau, ou
de dérivés calciques qui sont généralement insolubles. Avant l’analyse des dérivés sodique,
libérez la forme acide par HCl, filtrez, lavez et séchez. Pour les dérivés calciques insolubles
dans l’eau, deux méthodes peuvent être utilisées:
● agitez la poudre dans un mélange d’acide chlorhydrique dilué et d’éther le plus
longtemps possible, puis sécher filtrer et évaporer l’éther.
● ajoutez à une suspension du barbiturique dans 5 mL d’eau, 2 mL de solution d’EDTA
0,1. Agiter vigoureusement pendant 2-3 minutes. Acidifier prudemment ensuite avec
HCl dilué (goutte à goutte, pH 1). Si aun précipité ne se forme, mettre dans la glace. Si
il n’y a toujours rien, extraire par l’éther diéthylique.
Effectuez tout d'abord les réactions suivantes, la réaction de Parri et le complexe
pyridine-cuivre doivent être positives ( ces réactions fonctionnent bien avec les sels de Na
mais PAS avec les sels de Ca):
1. réaction de Parri: coloration violette lorsqu'on dissout la substance dans l'alcool, qu'on y
ajoute 3 gouttes de solution alcoolique de nitrate de Co et 1 goutte de NH4OH  la
réaction est difficile pour les hydantoïnes.
2. précipitation par le réactif de Millon et de Denigès. Dans le cas de la diphényl-
hydantoïne, les réactifs de Millon et de Denigès ne précipitent qu'en solution saturée.
3. complexe pyridine-cuivre: dissolvez le produit dans 1 mL de pyridine et 4 mL d'eau,
ajoutez quelques gouttes de CuSO4, agitez ajoutez quelques mL de CHCl3, agitez de
nouveau, la couche chloroformique se colore ( réaction négative pour la
phényléthylhydantoïne):
- en vert: Thiobarbituriques
- en bleu violacé: sans précipité :  Barbituriques
avec précipité mauve  Phénobarbital
avec précipité bleu  Hydantoïnes

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 64
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

N’oubliez pas les tests de microcristallisation du point e)

Passez alors à la caractérisation des différents uréides à chaîne fermée en effectuant une
réaction avec H2SO4:

a) Traitement par H2SO4 en chauffant très légèrement ( ± 60-70 °C): coloration rougeâtre
à brune:
Barbituriques cycléniques: allobarbital (Tf.: 170 °C), cyclobarbital; Tf. 173 °C et
hexobarbital: Tf. 143 °C. Quelques mg de ces composés traités par 2 mL de solution
sulfurique à 0,5 % d' α-naphtol donnent une forte fluorescence jaune après 5 minutes au
B.M. Par ailleurs, traitez quelques mg par 2 gouttes de solution à 0,1 g de
m-nitrobenzaldéhyde dans 10 mL d'acide sulfurique et chauffez doucement: coloration
rouge ( !cette réaction donne une coloration rouge orangée avec l’allobarbital).

b) Si le traitement par H2SO4 n'a pas donné de coloration rougeâtre, ajoutez à froid dans
une nouvelle solution sulfurique, un peu de nitrite solide:
1. Coloration rougeâtre: phényléthylhydantoïne  Zwikker ne fonctionne pas et Parri
difficilement (par chauffage avec CaO, formation de phényléthylcétone: liquide
donnant la réaction des cétones) et diphénylhydantoïne (voir réaction
pyridine-cuivre, Tf. 292-299 °C avec décomposition).
2. Coloration jaune ( le butalbital donne une coloration jaune très pâle): traitez un
nouvel échantillon par l'eau de brome ajoutée goutte à goutte et comparez à un blanc
(si le barbiturique est trop peu soluble dans l’eau, faire la réaction dans un mélange
équivolume EtOH/eau ou dans l’éther):
a. Décoloration rapide: barbituriques aliphatiques non saturés (vérifiez la
précipitation par le HgCl2 au B.M.): allobarbital, Tf. 170 °C; butalbital, Tf.
138 °C; sécobarbital, Tf. 97 °C.
b. Pas de décoloration: barbituriques aromatiques (vérifiez la coloration rouge
violacé par H2SO4 formolé au B.M.: H2SO4/formol 4:1 (V/V) ):
 Phénobarbital, Tf. 174-178 °C et méthylphénobarbital, Tf. 176-181
°C. Différenciation des deux produits par:
● la réaction de Pesez: A 10 mg environ de méthylphénobarbital,
ajoutez 0,2 mL d’ acide sulfurique R et 0,1 mL d’acide nitrique R.
Chauffez au bain-marie pendant 10 min, puis refroidissez dans l’eau
glacée. Ajoutez 5 mL d’eau R, puis 5 mL de solution concentrée
d’hydroxyde de sodium R et 5 mL d’acétone R. Agitez et laissez
reposer. Il se développe une coloration rouge foncé dans la couche
supérieure.
Le phénobarbital, dans les mêmes conditions, donne une coloration
jaune.
● la formation d’un dérivé p-nitrobenzylé
 Heptobarbital, Tf. 226 °C.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 65
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

c) Pas de coloration par H2SO4, même après addition de nitrite:


Barbituriques aliphatiques saturés: barbital, Tf. 190-191 °C; butobarbital, Tf. 124-127
°C, amobarbital 157 °C et pentobarbital, Tf. 130-133 °C; Le barbital donne à chaud par
le réactif de Lafon une coloration verte.

d) Les thiobarbituriques:
Thiopental sodique: par addition de 5 mL d'acide acétique dilué et quelques gouttes de
solution de ferrocyanure et léger chauffage: coloration rouge; par NaOH à 20 % et
l'acétate de Pb, à ébullition: précipité noir de PbS.

e) Effectuez également la différenciation des barbituriques par microcristallisation


(technique de Denigès): dissolvez sur lame, quelques cristaux de barbiturique dans 1
goutte de NH4OH concentré. Ajoutez, sans Mélangez, 1 goutte H2SO4 dilué 1/6 et
examinez au microscope:
- Cyclobarbital: tablettes courtes, irrégulières, groupées en rayons à allure scorpioïde.
- Sécobarbital: Tf. 97 °C; cristaux en bâtonnets de longueur égale ( la température de
fusion du sécobarbital est très basse et les cristaux peuvent mettre du temps à se
former: laisser reposer la lamelle 1 heure ou plus ou la mettre au frigo).
- Amobarbital: Tf. 157 °C; cristaux en losanges ou en arborescences.
- Allobarbital: tables transparentes, groupées en amas massifs, hérissés de dents à angles
de 60°.
- Butalbital: cristaux prismatiques, isolés, transparents ou associés en chaînes courtes.
- Phénobarbital: sphérocristaux de fines aiguilles.
- Heptobarbital: lamelles hexagonales imbriquées
- Barbital: lamelles rectangulaires, groupées en "marches d'escalier", ou
parallélogrammes groupés en massifs plurilancéolés.
- Butobarbital: fines et longues aiguilles, associées en branches de genêt ou en rosaces
rayonnées.
- Pentobarbital: aiguilles très courtes, présentant à chaque extrémité un pinceau
d'aiguilles plus fines se développant en arborescences.
- N-substitués: ces barbituriques sont peu solubles dans NH4OH (Methylphenobarbital,
Hexobarbital).

2) Substances contenant la fonction -NH2 « amide » (guanidines, amides vraies, uréthanes,


uréides)
● Recherchez la fonction guanidine par la réaction de Sakaguchi: coloration rouge en
présence de la streptomycine et la dihydrostreptomycine (différenciation par la réaction
du maltol. cf. tableau 12).
● En cas de réaction négative, recherchez parmi ces substances:
► urée: Tf. 132 °C; réaction a l'uréase: un peu de produit dissous dans l'eau + une
pincée d'uréase. Abandonnez le tout à 30°C pendant 30 minutes. Filtrez: le filtrat
donne la réaction de Nessler (s'assurer que le Nessler était négatif avant l'action de
l'uréase) ou coloration au rouge de phénol; faites aussi la réaction du Biuret.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 66
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

► Bromisoval et carbromal: hydrolyse par HCl dilué pendant 10 minutes à l'ébullition:


libération d'urée (réaction à l'uréase sur la solution neutralisée) et d'un acide
aliphatique souvent halogéné ou d'un acide aromatique peu soluble dans l'eau:
Bromisoval: Tf. 146 °C et Carbromal:Tf: 115 °C OU 116-9 °C; présence
d'halogène.
►Piracétam: Tf 151-152 °C
► Uréthanes: hydrolyse par l'eau de baryte à ébullition: formation d'un précipité de
BaCO3 et libération d'ammoniac ou d'amines:
- Méprobamate: Tf. 104-106 °C; dérivé acétylé de Tf. 126 °C; réaction avec le nitrate
de cobalt après hydrolyse alcaline.
- Ethyluréthanne: Tf. 48,5 °C.

3) Substances contenant la fonction -NH2 amide et du S


- Thiourée: Tf. 172 °C; avec AgNO3, en milieu ammoniacal, précipité noir de Ag2S.

4) Substances contenant la fonction -NH2 aromatique


- Acide paraminosalicylique (PAS): acide OU sel sodique, fonction phénolique (FeCl3); Tf.
150-151 °C voir plus élevé selon l’état cristallin du produit; Tf. dérivé diacétylé: 191 °C;
diazotation-copulation sur l'amine aromatique.  Attention: donne beaucoup de
colorations parasites avec d’autres réactions !
- Benzocaïne: anesthésique, Tf. 91 °C.

5) Acides aminés:

 A différencier par leurs réactions chimiques et leur Pouvoir rotatoire spécifique sachant
qu’il existe des formes racémiques et optiquement actives.

[α]20D Réactions ou caractéristiques


Histidine ● -10,9 ° (c = 0,8, NaOH 0,5N) ● Imidazole: réaction de Pauli
(base ou HCl) ● -39 ° (c = 0,8 à 3.8, eau) ● Tf = 287 °C déc. avec ramollissement à
● +13.3 ° (c = 1 à 4, HCl 6N) 277 °C (D ou L); 251-252 °C déc. ou
● +8° (c = 2, HCl 3N)  HCl 80°C pour la forme hydratée (HCl, D ou
L)
Pénicillamine ● Soufre (thiol)
● Mandelin: jaune
● Tf 202-206 °C déc. (L ou D); Tf 201
°C (DL)
● ninhydrine: jaune intense
Cystéine ● +6.5 ° (HCl 5N) ● Soufre (thiol)
(base ou HCl) ● +5 ° (HCl 5N) ● Tf 175-178 °C déc. (D ou L, HCl)
Cystine ● -223.4 ° (HCl 1N) ● Soufre (pont disulfure)
● Tf 260-261 °C déc. (D ou L)
Tyrosine ● -10,6 ° (c = 4, HCl 1N) ● Phénol
● Tf 642 – 344 °C déc. (D ou L)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 67
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Lysine ● +14.6 ° (c = 6.5, eau) ● Tf 224 – 225 °C avec déc. à partir de


(base ou HCl) ● +25.9 ° (c = 2, HCl 6N) 210 °C (D ou L, base); 193 °C (D ou L,
● +15.3 ° (c = 2, eau)  diHCl diHCl); 263-264 °C (D ou L, monoHCl)
● +14.6 ° (c = 2, HCl 0,6 N)  ● 0,1 mL de solution à 10 % + 2 mL
monoHCl d’eau + 1 mL de solution d’acide
phosphomolybdique R à 5 %: précipité
blanc-jaune
Tryptophane ● -31.5 ° (c = 1, eau) ● indole
● +2.4 ° (HCl 0,5 N) ● 289 °C déc. (D ou L, base)
● +0,15 ° (c = 2.4, NaOH 0,5 N)

6) Phénols:

- Oxédrine HCl: Tf. 151-152 °C; avec FeCl3, coloration violette


- Oxédrine tartrate: Tf. 189 °C; avec FeCl3, coloration jaune.
 Voyez le tableau 10 pour les réactions caractéristiques de ces deux produits.
- Paracétamol: FeCl3: bleu; Liebermann: brun; Tf 168 – 172 °C
- Salicylamide: FeCl3: violet; Liebermann: brun-orange; Tf 139 – 142 °C
- Niclosamide: fonction phénol, chlore organique

7) Dérivés soufrés et chlorés:

- Hydrochlorthiazide: soufre et chlore organiques; Liebermann: bleu-vert; Tf 268 °C déc.


- Furosémide: soufre et chlore organiques; Liebermann: noir; Tf 206 °C déc.
- Indométhacine: fonction acide et chlore organique; Marquis: orange; Tf 158 – 162 °C
- Biotine: soufre, Tf 232-233 °C
- Lorazépam: chlore; Marquis: jaune; acide sulfurique concentré: jaune; Tf 166-168 °C

8) Substances hétérocycliques:

- Phénylbutazone: Tf. 106 °C; par H2SO4 et quelques cristaux de KNO3, coloration rouge-
brun; diazotation après ouverture du cycle: chauffez 30 minutes au B.M. 0,1 g du produit
+ 1 mL d'acide acétique + 2 mL HCl. Ajoutez 10 mL d'eau et filtrez. Recherchez les
amines aromatiques primaires par diazotation et copulation.
- Allopurinol: 0,3 g + 2,5 mL NaOH dil + 50 mL d’eau + 5 mL AgNO3 R1: précipité blanc
insoluble dans l’ammoniaque concentrée; la poudre ne fusionne pas !

9) Autres produits:
- Acétanilide: Tf. 114 °C; l'hydrolyse alcaline donne de l'aniline.
- Phénacétine: Tf. 135 °C; coloration jaune par HNO3 dilué (pas toujours facile à obtenir,
chauffez si nécessaire); après chauffage à l'ébullition avec HCl dilué, ajout d'eau et
filtration, coloration violette devenant rouge par ajout de K2Cr2O7 sur le filtrat.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 68
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.5. Tableau 5

Ce groupe comprend les phénols et leurs dérivés. Ces substances se caractérisent par la
coloration intense qu'elles donnent avec le réactif de Liebermann ainsi que par FeCl3 en
solution aqueuse. Effectuez les réactions suivantes, notez les résultats et consultez le tableau:

1. Réaction de l'anhydride phtalique: 0,05 g de substance à identifier, 0,10 g d'anhydride


phtalique récent et 2 gouttes de H2SO4. Chauffez quelques secondes à flamme éclairante
jusqu'à fusion puis légère émission de bulles (pas plus de 10-20 secondes !). Laissez
refroidir en inclinant le tube. Observez la coloration puis ajoutez prudemment 10 mL
NH4OH. Notez aussi la coloration de la solution ammoniacale et éventuellement la
fluorescence.

2. Réaction de Crump (Guareschi - Lustgarten): 0,02 g de produit dans 3 mL de


chloroforme; ajoutez une pastille de KOH et une goutte d'alcool. Agitez et observez
après quelques minutes la coloration que prend la pastille de KOH (opérez en tube bien
sec). Chauffez éventuellement très légèrement.

3. Réaction de Liebermann: traitez quelques mg de produit par le réactif de Liebermann


(H2SO4 + NaNO2); il se développe une coloration intense (formation d'un indophénol).

4. Réaction au FeCl3: traitez quelques mg de produit dissous dans l’eau par une solution
aqueuse de FeCl3 à 10 %. Notez les colorations et les précipités éventuels résultant de
la formation de complexes avec le Fe3+.  La coloration peut ne pas être persistante (le
changement de coloration peut signifier la présence de phénols très facilement
oxydables comme les ortho- et le para-diphénols) et certains phénols ne donnent aucune
coloration.

 On peut classer ces réactions en ce qui concerne leur fiabilité, dans l’ordre décroissant
suivant:
4 > 3 >> 1 >>> 2.
La réaction à l’anhydride phtalique dépend fort des conditions utilisées qui peuvent être très
variables selon le manipulateur.
La réaction de Crump fonctionne rarement bien.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 69
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Anhydride Phtalique FeCl3 à 10 %


Liebermann Crump Substances
Produit de fusion Solution NH4OH ( = évolution)

Vert foncé Rouge Rouge Violet Rose pâle Benzophénol


Vert foncé Rouge Bleu Négatif Rouge Thymol
Vert foncé Brun vert Vert Pr. rose Bleu Naphtol α
Brun noir Brun Jaune (fluor. bleue) Vert pâle Bleu pâle Naphtol β
Rose - bordeaux Brun Orangé Violet Rouge Phloroglucinol
Rouge Rouge foncé Rouge (fluor. verte) Violet Pourpre Orcinol
Rouge Noir Brun Violet foncé OU bleu Négatif Tannin = acide tannique
Rouge orangé Rouge Rouge Négatif Rouge violet Phénolphtaléine
Bleu foncé Orangé Rose (XXXX) Violet Rouge Résorcinol
Noir brun Rouge Rouge violacé Vert Vert Pyrocatéchol
Noir brun Rouge Violet Brun Violet Gaïacol
Noir brun Violacé Brun Bleu fugace  rouge Brun Pyrogallol
Noir brun Noir Brun rouge Bleu noir  brun Vert foncé Acide gallique
Noir brun(lent) Vert pale Négatif Négatif Négatif(XXX) Benzonaphtol
Brun foncé Rouge acajou Rouge violacé Vert (fugace)  ↓ noir Jaune Hydroquinone
Jaune d'or Pourpre Négatif Gris bleu Négatif Vanilline
Jaune pâle Négatif Négatif Violet intense Jaune d'or Acide salicylique
Jaune Négatif Négatif Pas de col. (X) Jaune d'or Acide acétylsalicylique
Brun Brun Rose Lilas Brun pâle Parahydroxybenzoate de méthyle
Brun Brun Rose Négatif Brun Parahydroxybenzoate d’éthyle
Brun-orange Brun Jaune Négatif Brun Parahydroxybenzoate de propyle
(X) Hydrolyser par quelques gouttes NaOH, neutraliser par HCl et refroidir. Coloration violette par FeCl3. (XXX) Après quelques minutes, une coloration bleue apparaît par
hydrolyse. (XXXX) fluorescence intense verte ou jaune suivant les cas.

PHAR-
PHAR-J-305_B PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 70
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.6. Tableau 6

- Ce groupe comprend les acides organiques et leurs sels.


- Si le produit se trouve sous forme de sel (vérifier à la flamme), il faut extraire la forme
acide et travailler sur le produit sec. Il peut s'agir de sels ammoniques ou alors de sels Na, K,
Ca.
- Dissolvez 40 mg d'acide dans 4 mL d'H2O  à froid. Si le produit n’est pas totalement
soluble, saturez à froid et filtrez.
- Prenez le pH au papier indicateur. En principe, s'il est acide, le produit ne se trouve pas
sous forme de sel.  Cependant, certains sels simples de diacides confèrent une certaines
acidité à l’eau  vérifiez alors la flamme.
- Si l’acide n’est pas soluble dans l’eau, la prise de pH ne donne aucun résultat et le pH est
souvent neutre: vérifiez alors si la poudre est soluble dans l’eau en présence de quelques
gouttes de NaOH dilué.
- Réaction d’orientation: Traitez la solution par 2 gouttes de FeCl3 à 30 % (toujours
effectuer un témoin!) et observez le résultat.  Si vous travaillez sur le sel (acide impossible
à extraire), vérifiez le pH de la solution de départ: s’il est trop élevé (8<), le sels d’hydroxydes
de Fe3+ confèrent à la solution des teintes rouges. Acidifiez jusqu’à pH 7 si nécessaire.

1) Décoloration du FeCl3

- Acide malonique:
● Tf. 132 °C ; chauffé à plus haute température la pyrolyse à 150 °C libère du CO2 et de
l'acide acétique reconnaissable à son odeur (mettre suffisamment de produit);
● par CaCl2, donne du malonate calcique, insoluble dans l'eau ( ne marche pas
toujours bien: faire une solution très concentrée de l’acide et gratter les parois en cas
d’absolue nécessité);
● par l'acétate de Pb, donne du malonate de Pb soluble dans l'acide acétique
(différenciation de l'oxalate insoluble);
● réaction de Fürth-Hermann (donnée par certains di- ou triacides;  ne fonctionne
JAMAIS sur les sels mais est très sensible et peut donc donner un résultat positif
même sur une très faible quantité isolée avec succès): 5 mg d'acide sec sont traités par
3,5 mL de pyridine et 1,5 mL d'anhydride acétique; mettez au B.M. bouillant pendant
10 minutes, il se développe une coloration rouge brun avec forte fluorescence verte.
 Faire toutes les réactions correctement: possibilité de confusion avec l’acide
maléique

- Acide ascorbique:
● à 2 mL de solution à 2% d’acide ascorbique, on ajoute 1 goutte de solution de NaOH
concentré et 2 gouttes de solution de nitroprussiate de sodium à10 %: on agite et on
acidifie progressivement par une solution d’acide acétique diluée: une coloration
bleue assez instable apparaît.
● réduction à froid du réactif de Fehling;
● dextrogyre;
● Tf. 190-192 °C.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 71
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Acide maléique:
● Tf. 130-135 °C.
● Réaction de Pesez: faire une solution à 1 g % (m/V) (solution A). a) A 0,3 mL de
solution A, ajoutez une solution de 10 mg de résorcinol dans 3 mL d’acide
sulfurique. Chauffez au B.M. pendant 15 min., il ne se développe pas de coloration.
B) A 3 mL de solution A ajoutez 1 mL d’eau de brome. Chauffez au B.M. jusqu’à
disparition du brome (15 min.). chauffez ensuite à ébullition et refroidissez. A 0,2
mL de cette solution, ajoutez une solution de 10 mg de résorcinol dans 3 mL d’acide
sulfurique. Chauffez au B.M. pendant 15 min., il se développe une coloration rose
violacée. (!!!utilisez H2SO4 ULTRA PUR exempt de fer).
 Faites toutes les réactions correctement: possibilité de confusion avec l’acide
malonique.

2) Coloration plus jaune ou équivalente à celle du témoin

2.a) Acide-alcools donnant des réactions colorées caractéristiques:

- Acide tartrique:
● réaction de Möhler6: coloration rouge par H2SO4 et la résorcine;
● réaction de Fürth-Hermann7: coloration verte;
● réaction de Fenton6 ( peu fiable: ne fonctionne que rarement bien).
● Peut précipiter les sels de calcium et de plomb en solution concentrée.

- Acide citrique:
● 20 mg dans 5 mL d'eau + 2 gouttes d’acide sulfurique + 1 mL de réactif de Denigès
sont chauffés à ébullition; ajoutez quelques gouttes de KMnO4 à 2 %; on obtient un
précipité blanc.
● 20 mg de produit en solution dans 5 mL d'eau sont additionnés de 2 gouttes de H2SO4;
chauffez vers 50°C et ajoutez progressivement (en attendant la décoloration) 10
gouttes de KMnO4 à 2 %. Ajoutez alors de l'eau de Br2 qui provoque un précipité de
pentabromacétone. Ce précipité se dissout par agitation dans un volume égal d'éther.
● Réaction de Fürth-Hermann7: coloration violette.
● Faire également la réaction des citrates dans la pharmacopée.6

- Acide lactique:
● 50 mg + 10 mL de solution d'iode sont additionnés d'un excès de NaOH: il se dégage
l'odeur de CHI3 et la solution se colore en jaune;
● par le KMnO4 en solution sulfurique à chaud: dégagement d'acétaldéhyde (mise en
évidence par la réaction d’analyse fonctionnelle pour le groupement éthoxy).
● Voir aussi la réaction des lactates (pharmacopée)

6 Cf. Pharmacopée  partie générale: réaction des ions en solution


7 Cf. Acide malonique au point 1

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 72
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Acide malique:
● il donne des réactions de l'acide citrique et notamment le Denigès, mais beaucoup
plus lentement;
● par l'acétate de plomb, il donne un précipité blanc très peu soluble dans l'ammoniaque
 quelques gouttes (le citrate de plomb y est soluble);
● Ca(OH)2 ne le précipite ni à froid ni à chaud;
● réaction de Fürth-Hermann8: coloration rouge brun.

- Acide mandélique:
● réaction de Fürth-Hermann négative 8;
● complexe le Cu en milieu alcalin; Tf. 119-120 °C;
● odeur de benzaldéhyde par chauffage en milieu H2SO4 et ajout de quelques gouttes de
KMnO4.

2.b) Acide solubles dans l’eau:

- Acide oxalique: par le Ca++ et le Pb++, donne des précipités insolubles dans l'acide
acétique ( ne pas gratter les parois !).

- Acide gluconique:
● phénylhydrazide de Tf. 200-202 °C (cf. Pharmacopée, sel de K ou de Ca).
● La réaction de Fehling est négative sur la substance telle quelle mais positive après
son oxydation au KMnO4: à une solution de 100 mg d’acide gluconique dans 5 mL
d’eau, ajoutez 1 mL d’acide sulfurique 2 N et 0,1 mL de solution de permanganate
potassique à 1 %. Chauffer légèrement jusqu’à décoloration. Ajoutez 5 mL de réactif
de Fehling, porter à ébullition et mettre au bain-marie 10 minutes: précipité orange ou
rouge ( cette réaction peut être positive pour n’importe quel acide-alcool  faire
l’analyse fonctionnelle et surtout le pouvoir rotatoire spécifique).

- Acide lévulinique:
● méthylcétone
● à 5 mL de solution à 10 %, ajoutez 2.5 mL d’eau et 2.5 mL de NaOH dilué R.
Mélangez (filtrez éventuellement) et ajoutez 5 mL d’iode 0,1 N: il se forme un
précipité jaune d’iodoforme.
● à 1 mL de solution à 10%, ajoutez 20 mL d’une solution de dinitrophénylhydrazine R
à 0,25 % (m/V) dans l’acide chlorhydrique dilué R. Laissez reposer 15 minutes.
Filtrez, lavez et faites sécher le précipité à 105 °C. La Tf est de 203 – 210 °C.

2.c) Acides peu soluble dans l’eau

- Ibuprofène:
● Tf 75-78 °C
● Liebermann: brun-orange
● Marquis: brun (orange au bain-marie)

8 Cf. Acide malonique au point 1

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 73
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3) Coloration orangée

- Acide succinique:
● traitez la solution neutre par CaCl2 ou Ca(OH)2: précipité;
● en solution concentrée par l'acétate de Pb: précipité soluble dans l'acide acétique;
● transformé en sel d'NH4 par un excès d'NH4OH, puis concentré à 1 mL, additionné de
2 gouttes d'NH4OH et de 2 g de Zn, puis chauffé, il donne d'abord un dégagement
d'NH3, ensuite, en calcinant, un dégagement de vapeurs de pyrrole. On verse celles-ci
dans l'alcool, cette solution donne avec le réactif d'Erlich une coloration rouge;
● Fürth-Hermann9: négatif.;
● Tf. 185-187 °C.

- Acide fumarique:
● acide non saturé peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et l'éther;
● l'acide libre sublime vers 200 °C en donnant de l'anhydride maléique que l'on reprend
sur les parois et qui fond à 60 °C;
● le sel calcique est très peu soluble dans l'eau;
● réaction de Fürth-Hermann9: coloration rouge brun sans fluorescence;
● décoloration lente de l'eau de brome;
● Tf. 287 °C.
● Voir la réaction particulière du fumarate ferreux dans la pharmacopée européenne.

4) Coloration rouge

- Acide formique: liquide; réduit le AgNO3 ammoniacal après 1 minute à 100 °C;
formation de formaldéhyde par réduction au Mg (cf. Lebau-Janot).

- Acide acétique: liquide; ne réduit pas AgNO3 ammoniacal; odeur d'acide acétique par
chauffage avec l'acide oxalique.

5) Coloration violette

- Acide salicylique:

● Liebermann donne une faible coloration jaune.


● Tf. 158-161 °C.
● Réaction de Jorissen: dissolvez dans un peu d’eau chaude, diluez à 10 mL avec eau
froide, ajoutez 5 gouttes de solution de KNO2 ou NaNO2 10 %, 5 gouttes CH3COOH
50 % et une goutte de CuSO4 1 %. Faire bouillir pendant 30 secondes. Après quelques
minutes, coloration rouge bordeaux.
● Réaction de Mohler: 1 à 2 mg de produit sont chauffés pendant 20 min. dans 1 mL
d’acide sulfurique contenant 10 % de KNO3 ou de NaNO3 au bain-marie. Ensuite,
ajoutez 2 mL d’eau, refroidissez dans la glace. Introduisez 2 mL d’une solution
aqueuse à 2 % de chlorhydrate d’hydroxylamine et 10 mL de NH4OH puis chauffez à
60 °C durant quelques minutes. Il se développe une coloration jaune citron intense.

9 Cf. Acide malonique au point 1

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 74
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Acide gallique: Liebermann positif: brun. ATTENTION : avec le FeCl3, si la solution en


acide gallique est trop concentrée, on obtient une coloration brune-bleuâtre,  la
coloration violette est TRES fugace.

6) Précipité jaune; soluble dans l'éther

- Acide cinnamique: réducteur (décoloration eau de Br2 et KMnO4) ; la réaction de


Mohler10 (cf. acide salicylique) donne une coloration rouge brun.

7) Précipité chamois; soluble dans l'éther

- Acide benzoïque: point de fusion à 122 °C ; la réaction de Mohler10 (cf. acide


salicylique) donne une coloration rouge.

- Acide valérianique: odeur caractéristique de valériane; précipité brun rouge avec FeCl3
en milieu NH4OH.

8) Précipité orange; soluble dans l'éther

- Acide sorbique: décolore l'eau de brome; Tf. 132 à 136 °C. Voir la réaction à l’acide
thiobarbiturique dans la monographie de l’acide sorbique de la Pharmacopée.

10 Cf. Supra: acide salicylique

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 75
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.7. Tableau 7

Ce groupe comprend les glucides. La réaction générale des oses est le test de Molish. Ce
test est positif pour tous les glucides libres ou combinés. La réaction de Molish s'effectue de la
manière suivante: 3 mL de solution glucidique + 3 gouttes de solution alcoolique à 15%
d'α-naphtol. Agitez. Superposez, au moyen d'une pipette, 2 à 3 mL H2SO4 concentré en
laissant s'écouler lentement l'acide le long de la paroi du tubes: anneau violet intense a
l'interface des deux liquides.
La différenciation se poursuit en fonction de la solubilité dans l'eau:

1) Substances difficilement solubles dans l'eau froide, plus facilement à chaud


(Polyosides).

a) Ces polysaccharides donnent la réaction à l'alcool: dans un tube à essai, superposez un


volume égal de solution de glucide et d'alcool. Attendez 5 minutes et observez
l'apparition d'un anneau de précipitation à l'interface.

b) Ils donnent aussi une réaction colorée avec l'iode, la teinte dépendant du polyoside; elle
doit être comparée à un témoin (3 mL d'eau + 8 gouttes de solution d'iode): versez dans
3 mL de solution de glucide 8 à 10 gouttes de solution d'iode. Les colorations obtenues
avec les polyosides sont les suivantes:

Coloration avec l'iode Produit d'hydrolyse


Amidon bleu glucose
Erythrodextrines rouge violacé glucose
Glycogène brun (faible) glucose
Inuline brun (faible) fructose
Achrodextrines ─ glucose
Arabanes ─ arabinose
Xylanes ─ xylose

c) Pour poursuivre la caractérisation, réalisez une hydrolyse de la manière suivante: dans


un ballon, versez 15 mL de solution glucidique + 3 mL HCl concentré (l'hydrolyse se
fait donc en milieu acide dilué). Mettez un réfrigérant et chauffez le ballon à reflux
pendant 10 minutes. Ajoutez alors à l'hydrolysat du NaOH 20 % pour passer en milieu
légèrement alcalin (on utilise une solution de NaOH relativement concentrée pour ne
pas trop diluer la solution glucidique). Ajustez ensuite le pH par de l'acide acétique (il
faut arriver à un pH voisin de 7). Sur l'hydrolysat, on recherche les pentoses par le test
de Bial; le fructose par le test de Sélivanoff et celui de Foulger; on fait l'osazone sur
l'hydrolysat neutralisé et on regarde le sens du pouvoir rotatoire.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 76
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2) Substances très solubles dans l'eau (mono et disaccharides)

a) Recherchez la présence d'une fonction réductrice par le test de Fehling: (réactif: solution
A: CuSO4.5 H2O à 4 %; solution B: tartrate de Na et de K, 16 g et NaOH, 13g pour 100
mL d'eau). Mélangez au moment de faire le test des volumes égaux (2 mL) de solution
A et de solution B. Portez à ébullition (vérifiez qu'il n'y a pas réduction du réactif).
Ajoutez 4 mL de solution de glucide. Portez à l'ébullition et cessez de chauffer dès que
l'ébullition est atteinte (attention à ne pas hydrolyser le saccharose). Apparition d'un
précipité d'oxyde cuivreux rouge.
 Si la réaction de Fehling est négative, recherchez le saccharose: après hydrolyse,
Fehling, Sélivanoff et Foulger deviennent positifs..
 Si la réaction de Fehling est positive, recherchez successivement:
► Les cétoses: Sélivanoff et Foulger sont positifs.
- Réaction de Sélivanoff: Mélangez 2 mL de solution de glucide avec 2 mL de
HCl conc. Ajoutez quelques cristaux de résorcinol. Mettez dans un bain-marie
bouillant pendant 30 à 60 secondes. Apparition d'un complexe rouge
(condensation du 5-hydroxyméthylfurfural et du résorcinol). Faites en même
temps un témoin dans les mêmes conditions et comparez l'intensité et la vitesse
d'apparition du complexe.
- Réaction de Foulger: (réactif: 40 g urée + 80 mL H2SO4 40 % + 2 g SnCl2:
dissoudre à ébullition et porter à 100 mL avec H2SO4 à 40%). Mélangez 1 mL
de solution glucidique avec 1 mL de réactif. Portez doucement à ébullition l
minute. Coloration bleue pour les cétohexoses.
► Les pentoses: Bial est positif.
- Réaction de Bial: (réactif: 50 mL HCl conc. + 0,1 g orcinol + 3 gouttes FeCl3 à
30%). Prélevez 5 mL de réactif. Portez à ébullition. Ajoutez immédiatement 5 à
10 gouttes de solution de glucide. Reportez à ébullition (sans insister): coloration
franchement verte.

b) Effectuez la formation des cristaux d'osazones: Dans un tube à essai: à 0,2 g de sucre, on
ajoute 0,4 g de chlorhydrate de phénylhydrazine, 0,6 g d’acétate de sodium et 4 mL
d’eau. Mettre au bain-marie 30 minutes. Si les cristaux sont déjà présents à chaud, on
peut conclure que ce sont des osazones de monosaccharides. Laissez refroidir le tube à
l'air ambiant, spontanément. Si les cristaux apparaissent lors du refroidissement, ce sont
des osazones de disaccharides ou des osazones de monosaccharides dont la
cristallisation a été retardée. Examinez les cristaux entre lame et lamelle au microscope
lorsque la cristallisation est complètement terminée. Prenez leur point de fusion.

c) Déterminez le pouvoir rotatoire spécifique: préparez une solution aqueuse ammoniacale


(0,05 mL de solution d’ammoniaque diluée R1 pour 25 mL d’eau et 1 g de glucide, on
laisse reposer 30 minutes) de concentration appropriée.  mutarotation.

d) Effectuez la réaction à l'ammoniaque: 2 mL de solution glucidique + 1 mL d'NH4OH,


agitez et mettez au B.M. à 80 °C pendant 10 minutes. Il se développe une coloration
rouge pour les diholosides réducteurs, une coloration jaune pâle pour les monoses
réducteurs et le mélange reste incolore pour les oses non réducteurs.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 77
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

A l'aide de toutes ces informations identifiez votre glucide (voir tableau récapitulatif
ci-après).

Ose T.f. [α]20D Osazones


dans l'eau P.f.
D-glucose (hydraté) 90
D-glucose (anhydre) 146 +52 205
D-Ribose 95 -21,5 166
D-Fructose 104 -92 205
D-galactose (hydraté) 120 +82 201
D-Galactose (anhydre) 170
D-Mannose 132 +14.5 205

D-Xylose 145 +19 164


L-Arabinose 160 + 105 166
Maltose (hydraté) 100 + 130 206
Maltose (anhydre) 165
Lactose (hydraté) 203 +52,5 200
Lactose (anhydre) 223

Les points de fusion des sucres ne sont généralement pas très précis et peuvent être considérés
comme points de décomposition.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 78
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.8. Tableau 8

Ce tableau comprend les dérivés organo-arsenicaux qui se caractérisent par chauffage de la


substance sèche dans un petit tube: la matière organique se décompose et il se dépose un
anneau noir d'As.

1) Substances non azotées

Réaction de Bougault: 100 mg de produit + 5 mL de solution chlorhydrique d'acide


hypophosphoreux, mettez 15 minutes au B.M.:
- Pas de précipité et dégagement d'une odeur alliacée: cacodylate: ne précipite pas par
AgNO3 ni par CaCl2 à froid ou à chaud;
- Précipité brun violacé: arrhénal: précipité par AgNO3 à froid; précipité par HgCl2.

2) Substances azotées

5 mL de solution aqueuse + 1 mL de HCl:

a) Précipité blanc jaunâtre qui, porté à l'ébullition, se dissout avec dégagement de SO2.
- La solution aqueuse fraîche est neutre et décolore plusieurs gouttes de solution de bleu
de méthylène et donne par FeCl3 une coloration rouge: par acidification, formation
d'un trouble: néoarsphénamine.
- La solution aqueuse fraîche est acide, ne décolore pas le bleu de méthylène et donne
par FeCl3 une coloration rouge violacé; par acidification par HCl dilué + NaNO2
coloration rouge devenant violacée: sulfarsénamine.

b) Pas de dégagement de SO2:


- Fonction amide (dégagement de NH3 par chauffage à l'ébullition avec NaOH):
tryparsamide. Egalement: formation lente d'un précipité par addition de CaCl2
(cristaux caractéristiques); par addition de AgNO3 sur solution aqueuse à 10 %:
précipité (fines aiguilles).
- Pas de fonction amine libre: acétarsol: ne réduit pas à froid le AgNO3 ammoniacal,
mais le réduit à chaud.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 79
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.9. Tableau 9

Ce tableau comprend la famille des sulfamidés dont la formule générale est reprise ci-
dessous ainsi que quelques produits chimiquement apparentés (tolbutamide, acétazolamide,
dapsone):

O
H
N S N R'
R
O X
R' = H, acyle ou hétérocycle

R = H ou acyle X = H ou métal

O
R N S OX
H
O
R = alkyle X = H ou métal

R1 = cycle aromatique ou chaîne aliphatique


R2 = H ou Acide formant une amide avec le sulfamidé.

Les sulfamidés sont généralement des acides peu solubles dans l’eau. Néanmoins, ils
peuvent se trouver sous forme de sels sodiques plus ou moins solubles dans l’eau. Dans ce
cas, pour les identifier, libérez la forme acide en acidifiant une solution aqueuse du produit
par HCl dilué, le sulfamidé reprécipite, filtrez, séchez et travaillez sur le résidu. Effectuez
l'ensemble des réactions suivantes:

1) Analyse élémentaire
Présence de N et S.

2) Caractérisation du radical sulfonique


Par action de 1 mL de HCl et 1 mL de perhydrol pur à chaud, diluez et caractérisez les
sulfates par le BaCl2. Faites un témoin.  ne marche pas toujours bien: insister sur le
chauffage !!!!!

3) Caractérisation de -NH2 amide


Par chauffage à sec en mélange avec de la chaux sodée: dégagement de NH3, mis en évidence
au papier de tournesol.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 80
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

4) Caractérisation de -NH2 aromatique: test d’orientation


- Par la réaction au furfural en présence d'acide tartrique, et par la réaction de diazotation (la
plus fiable).  Cette réaction dépend de la présence d'un amine aromatique libre et est donc
négative pour les sulfamidés substitués sur l'amine aromatique ou qui n’en possède pas.
► Réaction positive: regardez aux points 5 à 9.
► Réaction négative: regardez au point 10, L’amine est soit protégée
(phtalylsulfathiazol, succinylsulfathiazol et acétazolamide11), soit absente
(tolbutamide, cyclamate sodique). Dans le cas du phtalylsulfathiazol et du
succinylsulfathiazol, effectuez une hydrolyse alcaline afin de libérer le sulfathiazol,
isolez celui-ci, prenez son point de fusion et caractérisez l'amine aromatique primaire.

5) Réaction d'indophénol (réaction d'orientation)

 respectez les quantités Portez à l'ébullition (premiers bouillons) 10 mg de sulfamidé


additionnés de 5 mL de solution de phénol à 1 %; ajoutez à chaud une dizaine de gouttes de
solution de NaOCl. Cette réaction dépend de la fonction -NH2 mais donne des colorations
diverses suivant le sulfamidé; le produit coloré passe dans l'alcool butylique normal. 
refroidir à l’eau avant d’extraire au butanol.

Coloration phase Coloration phase


Coloration avant
butylique (après aqueuse (après
extraction
extraction) extraction)
Sulfanilamide Violette Bleu Mauve rose
Sulfacétamide Verte Vert bleu Verdâtre
Sulfapyrimidine Violacée Violet Jaune
Sulfamérazine Violacée Violet Jaune
Sulfadimidine Violacée Violet Jaune
Sulfathiazol Jaune brun Rose / ambrée Jaune
Sulfaguanidine Jaune orangé Jaune orangé Jaune
Sulfafurazol Jaune orangé Bleu Jaune
Sulfaméthoxydiazine Brun Bleu ou violacé Brun jaune
Sulfaméthoxazole Jaune brun Vert Jaune brun
Sulfaméthoxypyridazine Brun clair Vert Brun clair
Acide sulfanilique Verte Vert bleu Jaune vert
Sulfapyridine Jaune brun Violet pâle Jaune
Dapsone Vert brun Vert Jaune

11 Dans le seul cas de l’acétazolamide, il ne s’agit pas à proprement parler d’une amine primaire aromatique
acétylée car le cycle est un thiadiazole: la réaction de diazotation-copulation après hydrolyse est donc très peu
caractéristique.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 81
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

6) Réaction de pyrolyse

Introduisez un peu de substance dans un petit tube sec fermé à un bout. Chauffez prudemment
au-delà du point de fusion en évitant le charbonnement rapide. La substance se décompose et
il peut se former un dépôt caractéristique:

Solubilité produit
Produit de fusion Autres réactions
de fusion dans
Coloration d’identification
HCl dilué
Violette Soluble avec Sulfanilamide Dérivé acétylé, Tf. 218 °C
color. bleu violet
Violette Insoluble Sulfaguanidine Traitez à chaud par NaOH:
dégagement de NH3;
réaction de Sakaguchi
Rouge brun Sol. avec color. Sulfapyridine Complexe cuivrique vert
rouge
Brune Insoluble Sulfathiazol par HNO3 + 1 vol. d'eau:
(dégagement de color. jaune
H2S)
Bleu foncé (sans Insoluble Ac. sulfanilique Peu sol. dans l'eau; pH
fusion). acide
Jaune citron Insoluble Sulfaméthoxydiazine Tf. 209-213 °C
Bleu violet Soluble Dapsone Tf. 178 °C

Produit de fusion Autres réactions d’identification


Sublimé blanc Sulfadiazine:
jaunâtre: ► quelques mg de produit dans 1 mL de solution aqueuse de
Tf. 125 °C après résorcine 1/20 + 1 mL de H2SO4: coloration rouge intense sans
recrist. dans toluène fluorescence (Ph. Fr.).
► La solution saturée dans NaOH N/10 + CuSO4: précipité violet.
Sublimé blanc Sulfamérazine:
jaunâtre: ► la réaction à la résorcine donne une coloration orangée et une
Tf.159 °C après fluorescence bleu vert.
recrist. dans toluène ►La réaction au CuSO4, un précipité gris.
Sublimé blanc Sulfadimidine:
jaunâtre: ► la réaction à la résorcine donne une coloration orangée, mais pas
Tf. 152 °C après de fluorescence.
recrist. dans toluène ► La réaction au CuSO4 un précipité brun orangé après quelques
minutes.
► La solution du sublimé dans HCl dilué à 1 % précipite par réactif
de Mayer.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 82
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7) Détermination du point de fusion

8) Mise en évidence du groupement acétylé

Traitez par H2SO4 et quelques gouttes de C2H5OH à chaud: formation d'acétate d'éthyle: une
réaction positive indique la présence de sulfacétamide. En cas de réaction négative,
recherchez la dapsone (sulfone): fluorescence bleue à sec et en solution acétonique.

9) Coloration des énolates cuivriques

A 2 ml de NaOH 0,1 N, ajoutez la poudre jusqu'à saturation puis 3 gouttes de CuSO4 à 12 %.


La coloration n'apparaît pas toujours rapidement:

Coloration du précipité
Sulfacétamide Bleu pâle
Sulfapyrimidine (sulfadiazine) Gris violet (vert  gris  rouge)
Sulfadimidine (diméthylsulfapyrimidine) Rouge brun
Sulfafurazol Bleu vert (si trop de poudre: brun-rouge)
Sulfamérazine (méthylsulfapyrimidine) Vert sale puis brun gris
Sulfméthoxydiazine Brun
Sulfanilamide Vert bleu
Sulfathiazol Gris violet OU bleu ciel
Sulfapyridine Vert
Sulfaméthoxazole Vert clair
Sulfaguanidine Bleu ciel
Sulfaméthoxypyridazine Vert gris
Dapsone Bleu turquoise

10) Réactions des sulfamidés SANS amine primaire aromatique

10.a.): Amine primaire aromatique protégée:


- Phtalylsulfathiazole: réaction particulière du groupement phtalyl (Cf. Ph. Eur.)
- Succinylsulfathiazole: réaction particulière du groupement succinyl (Cf. Ph. Eur.) 
pour atteindre la température voulue dans la réaction, placez directement le
thermomètre dans le tube à essai et chauffer prudemment à la flamme.
- Acétazolamide: réaction particulière (Cf. Ph. Eur.); Tf 260 °C (déc.)
10.b.): PAS d’amine primaire aromatique protégée:
- Tolbutamide: réaction particulière (Cf. Ph. Eur.); Tf 126-132 °C
- Cyclamate sodique:
► 1 mL de solution à 10 % (m/V) + 1 mL d’eau + 2 mL de AgNO3 R1: précipité cristallin
blanc
► 1 mL de solution à 10 % (m/V) + 2 mL d’acide chlorhydrique dilué R + 4 mL de solution
de BaCl2 R1: la solution est limpide. Ajoutez alors 2 mL de solution de nitrite de sodium
R: précipité blanc volumineux avec dégagement gazeux.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 83
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.10. Tableau 10

Ce groupe comprend des amines sympathomimétiques et des substances analogues.


Les réactions générales sont la réaction de Marquis (coloration rouge orangé, vert ou brun-
vert) et la réaction de Sivadjan (réaction des amines aliphato-aromatiques primaires,
secondaires et /ou tertiaires, voir tableau II.2.c.). On les distingue tout d'abord par la présence
ou l’absence d'une fonction phénol (réaction au FeCl3 10 %):
1) Présence de groupe phénol
Réaction au FeCl3 positive: coloration violacée; réaction de Marquis (brun-vert sauf
phényléphrine HCl: rouge); réaction de Millon (coloration rouge).

a) Monophénols
- sans fonction alcool: tyramine (Marquis brun vert)
- avec fonction alcool:
 oxédrine HCl ou tartrate:
► Identifiez tout d'abord l'oxédrine en ajoutant à 2 mL de la solution aqueuse à 2
%, 2 gouttes d'acide acétique puis une goutte de solution à 10 % de FeSO4 et 3
gouttes de solution d'H2O2; il se produit une coloration verte qui vire au rouge
brun par addition de 4 mL de solution de NaOH N.
► Ajoutez à 20 mg d'oxédrine dissous dans 2 mL d'eau, 3 mL d’acide sulfurique
et une goutte de formol: coloration verte au B.M.
► Le tartrate donne une coloration violette après élimination de l'acide tartrique
de la manière suivante: 0,2 g de produit dissous dans 2 mL d'eau + 2 mL d'une
solution de CaCl2. Agitez fréquemment et filtrez après 1/4 d'heure puis traitez
le filtrat par FeCl3.
►Le tartrate donne également la réaction suivante: à 3 mL de H2SO4 conc., on
ajoute 6 gouttes de solution à 5 % de tartrate d'oxédrine. Par chauffage
progressif, il apparaît une coloration rouge.
 Phényléphrine HCl: Marquis rouge

b) Diphénols: par FeCl3, coloration verte; oxydables à pH 6 par l'iode ou par le chlorure
mercurique: coloration rouge.
- sans fonction alcool: lévodopa ou méthyldopa
- avec fonction alcool: adrénaline ou isoprénaline.

2) Absence de groupe phénol

Pas de coloration au FeCl3:

a) Sans fonction alcool dans la chaîne: Marquis rouge orangé: amphétamine ou


méthylamphétamine (précipité par Mayer).
b) Avec fonction alcool dans la chaîne: éphédrine (réaction de Chen-Kao, voir tableau
II.2.a.) ou noréphédrine.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 84
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.11. Tableau 11

Ce tableau comprend les terpènes et les stéroïdes. Leur réaction générale (qui n'est pas
spécifique, constitue uniquement une indication d'orientation) se fait avec l'acide
sulfovanillique directement sur la poudre: coloration orangée qui vire au violet intense par
addition d'un volume d'eau.
 seuls les terpènes vrais (section 1) donnent toujours une coloration orange avec le réactif
sulfovanillique et violette par ajout d’eau (exceptions: acides camphocarbonique et
camphosulfonique + leurs sels).

Pour rappel:
● la réaction au réactif sulfovanillique peut être très lente voire négative dans
la très grande majorité des cas,
● les stéroïdes hormonaux n’ont pas d’odeur et sont pratiquement insolubles
dans l’eau;
● rechercher d’abord les terpènes, puis les stéroïdes NON-hormonaux par
leurs réactions générales
● rechercher ensuite les stéroïdes hormonaux (sexuels et corticostéroïdes):
faire les réactions de Salkowski, Nessler, formation d’hydrazone et pouvoir
rotatoire spécifique.

1) Terpènes proprement dits = Terpène vrais


A rechercher systématiquement avant de passer au paragraphe suivant:
a) Monocycliques
Menthol, hydrate de terpine, terpinéol, eucalyptol (voir réactions caractéristiques).
b) Dicycliques
- Pinène: caractère non saturé (fixation énergique de Cl2 et Br2).
- Camphre: oxime; réaction furfuralique en solution alcoolique sur le produit dissous
dans H2SO4 (coloration mauve).
- Acide camphocarbonique, camphosulfonique et camphorique (voir réaction
particulières).
- Bornéol: fonction alcool, donc pas d'oxime.

2) Stéroïdes

2.a. Stéroïdes NON-hormonaux

a) Acides biliaires = acide cholique, dé(s)oxycholique, déhydrocholique et


chénodéoxycholique
Effectuez la réaction furfuralique (Pettenkofer): dissolvez à chaud un peu de produit
dans H3PO4 sirupeux, ajoutez quelques gouttes de solution alcoolique de furfural:
coloration rose; ensuite ajoutez de l'acide acétique: coloration violette. En outre, les sels
des acides biliaires sont solubles dans l'eau; ils provoquent une forte diminution de la
tension superficielle (réaction de Hay avec fleur de S) et leur goût est très amer.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 85
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Pour différencier ces produits, mesurez le point de fusion (peu indicatif car pouvant
dévier de la valeur réelle) et le pouvoir rotatoire spécifique.

[α]20D Point de fusion


 peuvent être très variables
Acide cholique + 37° (alcool) 198 °C
Acide dé(s)oxycholique + 55° (alcool) 176 – 178 °C
Acide chénodéoxycholique + 11.5° (dioxane) 119 °C
Acide déhydrocholique + 26° (c = 1,4, alcool) 237 °C
 présence de fonction cétones

b) Hétérosides cardiotoniques ( + digitonine)


Effectuez les réactions suivantes:

- Réaction au métadinitrobenzène: dans une petite capsule, traitez 1 à 2 mg de produit


par 1 mg de m-dinitrobenzène, 2 gouttes d'alcool, puis avec un agitateur ajoutez une
gouttelette de solution NaOH à 10%: coloration bleu intense immédiate.

- Réaction de Keller-Kiliani: dissolvez quelques mg de produit dans 2 mL d'acide


acétique contenant une trace de FeCl3 et superposez à 2 mL de H2SO4 contenant une
trace de FeCl3: coloration bleue de la couche acétique.
- Réaction de Bial: positive (coloration bleue) pour la digoxine ou la digitoxine.
- Réaction furfuralique (voir acides biliaires)
● Coloration verte puis bleue: strophatine K. Confirmez par la réaction de
Liebermann (coloration verte) et par H2SO4 concentré: 4 parties + 1 partie d'eau
(coloration verte).
● Coloration jaune: ouabaïne (=strophantine G). Confirmez par H2SO4 concentré
(coloration jaune brun avec fluorescence jaune).
● Coloration orangé: digitonine (saponine); confirmez par la réaction de Keller-
Kiliani (négative) et par la formation de mousse abondante dans l'eau.

c) Dérivés de la digitoxine:
Effectuez la réaction de Liebermann: quelques mg de produit, 5 mL de CHCl3, 2 mL
d'anhydride acétique et 5 gouttes de H2SO4:
► Réaction de Liebermann positive (coloration verte)
Effectuez la réaction de précipitation par la digitonine: 1 mL de solution alcoolique
du produit, 1 mL de solution à 1 % de digitonine dans l'alcool. Attendez la formation
d'un précipité (30 minutes).
Si la réaction à la digitonine est positive, effectuez la réaction de Salkowski en milieu
CHCl3: 2-3 mg de stérol, 5 mL CHCl3; versez-y lentement un égal volume de H2SO4
renfermant 10 % d'eau:
● si le CHCl3 se colore en rouge: cholestérol ou sitostérol;
● si l'H2SO4 se colore en rouge: ergostérol.
● si la réaction à la digitonine est négative: vitamine D2
►Réaction de Liebermann négative: Stéroïdes hormonaux

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 86
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

2.b. Stéroïdes hormonaux (stéroïdes sexuels de type testostérone, progestérone et


œstrogène; « hormones de synthèses »; corticostéroïdes)

Effectuez les réactions suivantes:


- Réaction à l'acide sulfurique-éthanol  dans une capsule de porcelaine: 2-4 mg de
produit, 5 mL d'un mélange froid: H2SO4-C2H5OH (1-1). Après 5 minutes observez la
coloration et la fluorescence = 1). Mettez au B.M. bouillant durant 10 minutes et
observez de nouveau la coloration et la fluorescence = 2).
- Réaction de Nessler: 3-4 mg de produit, 1 mL d'alcool, 1 mL de réactif de Nessler (ne
tenez compte que d'une réduction immédiate).
- Formation de dinitrophénylhydrazone: quelques mg de produit, 1 mL d'alcool, 3 mL de
solution saturée de dinitrophénylhydrazine dans HCl 2 N. Faites le témoin suivant:
produit + alcool + HCl 2 N (R° = formation rapide du précipité; L° = formation lente).
Les résultats de ces réactions sont détaillés dans les tableaux suivants ( N’oubliez
pas les réactions particulières et remarques décrites après les tableaux):

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 87
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Acide sulfurique-éthanol Dinitrophényl


Nessler Tf. °C
hydrazone
coloration fluorescence
Oestrone 1) - - à verdâtre - jaune L° 251/256
2) orange à reflet vert jaune orangé
Oestradiol 1) jaune pâle verte - - 173/179
2) orange à reflet vert jaune orangé
Oestradiol benzoate 1) - verte - - 190/196
2) orange à reflet vert jaune orangé
Stilboestrol 1) jaune d'or - - - 168/172
2) rouge brun verte à reflet jaune brun
Stilbeostrol dipropionate 1) jaune - - - 105
2) rouge gris vert
dienoestrol 1) orange rouge foncé (légère) - - 225/228
2) brune violette (légère)
Ethinyloestradiol méthyléther 1) orange jaune orange - - 150/152
(Mestranol) 2) orange à reflet rose orange
Progestérone 1) - verte - rouge orangé 127/131
2) jaune à reflet vert vert jaune R°
17 α-hydroxyprogestérone 1) - - à bleutée - rouge orangé 215/217
2) jaune brun chamois
Médroxyprogestérone acétate 1) - - - jaune 200/207
2) brun noir à reflet vert

PHAR-
PHAR-J-305_B PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 88
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Acide sulfurique-éthanol Dinitrophényl


Nessler Tf. °C
coloration fluorescence hydrazone

Ethistérone 1) vert bleu à reflet rouge vert → jaune → orange - orangé 269/275
2) rouge à reflet vert orange
19-Noréthistérone 1) vert bleu à reflet rouge orange - orangé 201/204
2) brun violacé chamois
Testostérone 1) - verte - rouge orangé 155
2) rouge à reflet bleu rouge orange R°
Testostérone acétate 1) - verte - rouge orangé 130 ou 140
2) rouge à reflet bleu rouge orange R°
Testostérone propionate 1) - - à verdâtre - rouge orangé 118/122
2) rouge à reflet bleu rouge orange R°
Androstènediol dipropionate 1) rouge clair - - - 114
2) brune jaune vert
Méthylandrostène diol 1) jaune orange à orange verte à reflet jaune-brun - - 205/207
2) jaune brun à reflet vert chamois
Méthylandrostène diol 1) jaune orange à orange verte à reflet jaune brun - - 83
dipropionate 2) jaune brun à reflet vert chamois

PHAR-
PHAR-J-305_B PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 89
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Prednisone acétate12 1) - -
2) brune ou lie de vin - à rouge-orange + orangé L° 226/232

Prednisolone 1) - -
2) brune ou lie de vin - ou orange + rouge orangé déc. 240/241
Méthylprednisolone12 1) - -
2) lie de vin orange + orangé L° 227/237

Dexamethasone13 1) orange léger -


2) aubergine - + orangé L° 268/271 ou 262/264

Betaméthasone13 1) orange léger -


2) aubergine - + rouge orangé 229/234 déc.

Pregnanediol 1) - -
2) jaune (trouble) chamois (lég.) - - 236/239
Pregnadienolone 1) violet → rouge brun -
acétate 2) orange brun lilas - jaune R° 149/150

1) - -
Méthylandrostanolone 2) jaune à reflet vert vert jaune - jaune 187

12 Confusion possible entre l’acétate de prednisone (α = +112° - +119°) et la méthylprednisolone (α = +82° à +85 °).
13 Confusion possible entre la dexaméthasone, la bétamé[Link] la prednisone (page suivante)

PHAR-
PHAR-J-305_B PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 90
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Acide sulfurique-éthanol Dinitrophényl


Nessler Tf. °C
coloration fluorescence hydrazone
19-Nortestostérone 1) - verte
2) rouille orange - rouge orangé 124
11-Désoxycorticostérone 1) - verte
acétate 2) rouge à reflet bleu rouge + orangé 154/160
Cortisone 1) - -
2) jaune violette + rouge orangé R° 220/224 déc.
Cortisone acétate 1) - - à verdâtre
2) jaune violette + rouge orangé R° 235/240 déc.
Hydrocortisone 1) - - à verdâtre
2) jaune brun à reflet vert vert jaune + rouge orangé R° 217/220 ou 212/213
Hydrocortisone acétate 1) - -
2) jaune brun à reflet vert vert jaune + rouge orangé R° 222/223
Pregnenolone 1) rouge clair -
2) orange brun lilas - jaune 190/193
Pregnenolone acétate 1) rouge clair -
2) orange brun lilas - jaune 147/151
14
Prednisone 1) -
2) brune -- + orangé L° 233/235

14 Confusion possible avec la dexaméthasone et la bétaméthasone.

PHAR-
PHAR-J-305_B PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 91
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Remarques et réactions plus particulières

1) La distinction entre oestradiol et oestrone est rendue difficile par l'oxydation de l'oestradiol
en oestrone, ce qui permet la formation de la dinitrophénylhydrazone. Pour achever
l'identification de ces substances, effectuez les réactions suivantes:
- Réaction de Kober: traitez quelques mg par 1 mL de réactif (2 % de β-naphtol dans H2SO4),
chauffez 1 minutes au B.M., ajoutez 1 mL d'eau et chauffez encore 1 min. au B.M. Refroidissez
et ajoutez 4 mL d'acétone: coloration rouge. La réaction est donnée par les deux produits.
- Quelques mg de produit + 0,5 mL d'alcool + 1 mL de solution de métadinitrobenzène + 1 mL de
KOH alcool: l'oestrone donne une coloration violette (fonction cétonique). L'oestradiol ne donne
qu'une faible coloration due à son produit d'oxydation.

2) Pour distinguer le propionate de testostérone de la progestérone, centrifugez le précipité de


dinitrophénylhydrazone, dissolvez dans H2SO4, puis ajoutez de l'eau progressivement.
L'apparition d'une teinte verte indique la présence de propionate de testostérone.

3) Pour distinguer la cortisone, l'hydrocortisone, la prednisone et la prednisolone, traitez 1 mg


par 2 mL de H2SO4 concentré: coloration jaune vert après 1 min. puis jaune orangé, sans
fluorescence visible à la lumière du jour (= cortisone et prednisone) ou : coloration verte
puis rouge et pas de fluorescence à la lumière du jour (= prednisolone). Fluorescence
verte immédiate, visible à la lumière du jour (= hydrocortisone).

4) Pour distinguer la cortisone et la prednisone, traitez 1 mg par 2 mL de H2SO4, conc.:


coloration jaune vert après 1 min. Ajoutez 1 mL d'acide acétique: coloration rouge brun
et fluorescence vert foncé (= prednisone) ou coloration jaune vert et fluorescence jaune
(= cortisone).

5) Réaction du méthylandrostènediol: traitez 2 mg par 1 mL d'alcool et 1 mL de réactif (50


mL H2SO4 + 1 mL FeCl3) sans mélanger: coloration bleue après 5 min. Mélangez: la
coloration reste bleue par addition de 3 mL d'acide acétique.

6) Réaction du dienoestrol à la vanilline: dissolvez 10 mg dans 0,5 mL d'alcool. Chauffez puis


refroidissez et ajoutez 1 mL HCl et 50 mg de vanilline. Il apparaît immédiatement une
coloration bleue qui persiste par addition d'eau et qui disparaît avec les alcalis.

7) Caractérisation du noyau et des fonctions phénoliques par la méthode au brome: dissolvez


0,1 mg dans 1 mL d'acide acétique cristallisé. Ajoutez 2 mL de brome en solution
acétique. Chauffez au B.M. jusqu'à départ du Br2. Reprenez par de l'alcool puis par un
volume d'eau. Il se développe une coloration violette.

8) Extraction des hormones à partir de solutions huileuses: dissolvez 2 mL de solution


huileuse dans 10 mL d'éther. Extrayez l'hormone par 5 mL d'une solution à 10 % de
NaOH et répétez cette extraction 3 fois. Acidifiez par de l'acide chlorhydrique dilué et
extrayez à nouveau 3 fois par 10 mL d'éther. Evaporez jusqu'à siccité.

NB : il est aussi possible de faire les des réactions des fluorures (cf. pharmacopée européenne,
monographies particulières comme, par exemple, celles des corticoïdes fluorés ou de l’halopéridol):
réaction au mélange sulfochromique et réaction à l’alizarine et au nitrate de zirconyle

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 92
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

7.2.12 Tableau 12

Ce tableau comprend les antibiotiques. Afin de les différentier, notez tout d'abord la
solubilité dans l'eau, puis effectuez la réaction du Biuret en milieu aqueux. Dans le cas d'un
antibiotique soluble dans l'eau, recherchez la présence éventuelle d'anions Cl- ou SO4--.
Complétez éventuellement l’identification par la prise du spectre UV.
 Les antibiotiques sont des susbtances naturelles produites par des systèmes
biologiques. Ils peuvent donc contenir des quantités variables de Na+.

1) Substances solubles dans l'eau


 cette propriété est fort relative suivant les classes de substances concernées et,
notamment, des substituants présents sur les molécules (surtout avec les pénicillines) ! Il
faut parfois insister ou attendre quelques minutes.
a) Biuret positif
Groupe des antibiotiques polypeptidiques:
- présence du sulfate: sulfate de polymixine.
- absence de sulfate: bacitracine. Confirmez par les réactions suivantes: par ébullition en
milieu alcalin + solution HgCl2: noircissement progressif (S organique provenant de la
cystéine); et, à froid, par solution NaOH, coloration jaune diminuant progressivement.
b) Biuret négatif
1) absence d'anions
- réaction à froid en milieu alcalin + solution HgCl2: noircissement progressif (réaction
positive): pénicillines, identifiez les différentes pénicillines par les réactions colorées
des Pharmacopées (Volume I - Réactions générales des Pénicillines):
Benzylpénicilline, ampicilline, amoxycilline (contient une fonction phénol),
phénoxyméthylpénicilline, bacampicilline
- réaction au HgCl2 / NaOH: négative. A 5 mg, ajoutez 2 mL d'acétone et 2 mL HCl:
coloration rouge passant dans CHCl3 en bleu: lactobionate d'érythromycine.
2) présence d'anions
- substances de coloration brune ou jaune: à 1 ou 2 mg de substance, ajoutez 1 mL
H2SO4 et observez la coloration:
bleu intense à vert bleu : chlortétracycline HCl
pourpre : oxytétracycline HCl
violet : tétracycline HCl et déméclocycline HCl
- substances non colorées: faites la réaction à l'iodobismuthate en milieu acide (20 mg +
4 mL HCl). Si la substance précipite: recherchez le thiamphénicol; si la substance reste
limpide: faites la réaction de Molish:
- Si la réaction de Molish est négative, faites la distinction entre le sulfate de
streptomycine et le sulfate de dihydrostreptomycine:
Réaction de groupe: réaction au nitroprussiate oxydé par le ferricyanure en milieu
alcalin (solution de nitroprussiate sodique à 10 %, 3 mL; solution de ferricyanure
potassique à 10 %, 3 mL et solution de NaOH à 10 %, 3 mL. Laissez en contact
pendant 20 minutes, reprenez ensuite 5 mL et amenez à 100 mL avec de l'eau):
coloration rouge. Réaction de Sakaguchi: coloration rouge.
Réactions particulières: réaction au maltol (cf. Pharmacopée).

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 93
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Si la réaction de Molish est positive; effectuez la réaction à la Ninhydrine et le


complexe cuivrique en milieu alcalin: Si les deux réactions sont positives,
recherchez le sulfate de kanamycine et le sulfate de néomycine (formation de
furfural par décomposition du pentose).

2) Substances très peu solubles dans l'eau

a) Réaction de Fujiwara positive; réduction du -NO2 en -NH2 (cf. Ph. Européenne) et


- Tf.: 150 °C: chloramphénicol.
- Tf.: 87-95 °C: palmitate de chloramphénicol.
- Recherche de S après minéralisation positive; Tf.: 165 °C: thiamphénicol.
b) Biuret: à 5 mg du produit dans 1 mL d'éthanol, ajoutez 1 mL de NaOH et 2 gouttes de
CuSO4 à 1 %. Mélangez, puis agitez avec 2 mL de butanol: la coloration violette passe
dans le butanol ( cas particulier). Par ailleurs, à 5 mL de réactif de Van Urk, ajoutez 5
mg de substance. Agitez pendant 2 minutes puis ajoutez 2 gouttes de solution de nitrite
0,1 M et 5 mL d'eau: coloration bleue (noyau tryptophanne): thyrotricine.
c) Macrolides et peptoliques: réaction de Marquis, coloration orangée. A 3 mg de
substance, ajoutez 2 mL d'acétone et 2 mL d’acide chlorhydrique. Mélangez:
- Pas de coloration dans l'immédiat, mais après quelques minutes: coloration rose puis
rouge, ne passant pas dans CHCl3: triacétyloléandomycine.
- Coloration jaune immédiate: virginiamycine.
- Coloration rouge intense immédiate, passant dans CHCl3 en bleu violet:
différenciation par les spectres UV: érythromycine éthyle succinate, érythromycine
base, oléandomycine base ou spiramycine.
d) Macrolides antifongiques: substances jaunes ou jaunâtres. La réaction à l'acétone et HCl
(cf. c) donne une coloration bleu verdâtre (sans CHCl3): natamycine, nystatine ou
amphotericine B.
e) Substance blanche très peu soluble dans l'eau: griséofulvine
Donne avec la dinitrophénylhydrazine à chaud une hydrazone qui précipite; avec H2SO4
et K2Cr2O7, coloration rouge-vineux.
f) Certaines pénicillines (cf. supra)

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 94
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

8. Analyse spectrale des médicaments organiques

8.1. Principe

A partir des informations qui vous seront données, ainsi que des tests généraux (analyses
élémentaire et fonctionnelle), déterminer, si possible, la substance inconnue qui vous est
présentée.
Si plusieurs structures sont possibles, il faut tenter de s’approcher le plus près possible de
la structure correcte.
Toutes les substances données sont décrite dans au moins une pharmacopée.
Les étudiants travailleront par groupe de 3 ou 4 et feront une déclaration afin de vérifier si
ils ont trouvés la bonne substance. Ils remettront ensuite un rapport complet sur leur analyse
et leur démarche scientifique.

8.2. Informations spectrales

Les spectres suivants sont donnés:


 Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) 1H et 13C. Dans ce dernier cas, les spectres
BB (Broad Band) et DEPT (Distortionless Enhancement by Transfer Polarization)
sont fournis.
 Infrarouge: sous forme de pastille ou de film.  Pour certaines susbtances difficiles
à analyser, des informations quant à la classe pharmacologique du produit sont
données. Dans ce cas précis, aucun spectre infrarouge n’est fourni au départ. Celui-ci
sera remis après la déclaration du produit.

Le spectre UV n’étant pas utilisé pour l’identification de la structure mais essentiel pour
l’identification de la substance, par le A1%1cm et le λmax, il sera fait en dernier lieu lors de
l’analyse pratiquée au laboratoire.

8.3. Informations chimiques

Les solubilités dans différents solvants sont données.


Par contre, les éléments et les fonctions doivent être recherchés par le groupe d’étudiants.
On pratiquera dans l’ordre les analyses suivants:
 recherche des éléments: N, S, halogènes
 recherche des sels et éléments métalliques: Na, K, Ca; halogénures, phosphates,
nitrates, sulfates
 recherche des fonctions: analyse fonctionnelle classique

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 95
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

A partir des informations spectrales et chimiques, il est possible de trouver dans l’ordre:
1): le nombre d’hydrogène et de carbone grâce aux spectres RMN
2): la connectivité des différents hydrogènes grâce aux constantes de couplage
3): les éléments hétéroatomiques
4): les fonctions chimiques grâce à l’analyse fonctionnelle et l’infrarouge

A partir de ces données, une ou plusieurs formules peuvent être déterminées. Elles sont
tout d’abord confrontées avec les différentes données spectrales afin de vérifier laquelle est la
plus plausible. Ensuite, il conviendra de vérifier laquelle (ou lesquelles) correspond à un
médicament existant.

La fin du travail d’analyse comprend les étapes suivantes:


1): Recherche de toutes les réactions chimiques et les tests physiques (point de fusion et
spectre UV) servant à l’indentification finale de la substance dans toutes les
pharmacopées ainsi que le Clarcke, le Stainier et l’index Merck.
2): Analyse chimique particulière: il ne s’agit pas d’inventer des réactions chimiques
mais de vérifier si d’autres réactions, qui fonctionnent sur des structures proches,
peuvent être également faites pour identifier la substance. Il faut faire preuve
d’imagination et d’inventivité ! Par exemple, si un ester benzoïque est présent dans la
molécule, l’hydrolyse de ce lien permettra de libérer de l’acide benzoïque
identifiable par le point de fusion.

8.4. Mémento des techniques spectrales utilisées.

8.4.1. RMN 1H

8.4.1.a. Gammes de déplacements chimiques.

Gammes de δ (en ppm) Type(s) de H (Ar= aromatique, Alk = alkyle)


0,5 – 4 NH amine aliphatique***
0,5 – 5 OH alcool***
0-1.5 Alcanes simples non-hétérosubstitués
2 – 2.6 α-carboxylique acide
2 – 2.8 benzylique (1 phényle)
2–3 α-méthylcétone
2–3 esters CHC=O
2–3 Alcanes amines
2–3 Alcanes amides
2.5 – 5 NH amine aromatique***
3–4 alcools CH-OH

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 96
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

3–4 éthers CH-O


3 –3.5 Allylique
3.5 – 5.5 esters O=C-O-CH
4 - 4.5 benzylique (2 phényles)
4–5 Aminoacides CH(NH2)(COOH)
4.8 – 7 Oléfiniques
~5 NH sulfonamide ArSO2 NH2
5–7 NH amide non-substituée aromatique **
5–7 NH amide non-substituée aliphatique**
6 – 8.5 NH amide monosubstituée aliphatique **
6 – 8.5 NH amide monosubstituée Ar-CONH-alkyle **
6.1 – 6.6 Pyrolle
6.3 – 7.4 Furane
6.5 – 7.4 indole
6.5 – 7.8 coumarine
~7 NH sulfonamide AlkSO2 NHAr**
7 – 7.2 Thiophène
7–8 Aromatiques*
7.1 – 7.7 imidazole
7.3 – 8.6 pyridine
7.3 – 8.8 quinoléine
7.4 – 9.3 pyrimidine
7.5 – 8.5 NH lactame**
7.5 – 9.2 isoquinoléine
7.5 – 9.5 NH amide monosubstituée alkyle-CONH-Ar **
7.5 – 9.5 NH amide monosubstituée Ar-CONH-Ar **
7.6 – 8.6 imidazolium
8.1 – 8.7 pyridinium
8.3 – 9.1 purine
8.5 – 8.6 pyrazine
10 – 13 NH uréide (O=CNHC=O)**
10 – 13 COOH
*
Pour les cycles aromatiques et les alcanes simples: voir les systèmes de calcul par
incréments dans la bibliographie.
**
Dépend fortement du type de solvant et de la concentration
***
souvent large, dépendent de la concentration, du solvant, de l’existence de ponts H: pas
toujours visible

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 97
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

8.4.1.b. Couplage spin-spin

 Couplage 1H-1H.

Constante de
Aspect Type de structure couplage typique (J
en Hz)
Singulet X
H3C C X
X
X X
X C CH2 C X
X X
X = tout autre atome que H
ou atome ne donnant pas lieu
à un couplage avec H
Doublet J H 6–8
H3C C X
X
X H 6–8
X C CH2 C X
X X
H
X X
0–1

Y Y
H
H
X H
6 – 10

Y X
Y
H
Y X 1–3

X H
Y

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 98
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

Triplet J H 6-8
H3C C H
X
X H
X C CH2 C H
X X

Quadruplet J X H 6-8
X C CH2 C H
X H

Double doublet J1 H H
X C CH2 C Y Variables:
Y X 0 < J1 < 7

H 7 < J2 < 14
X H

J2 Y H
J1 z
H
X H
et/ou

Y z
H
J2

Double triplet
H
CH2
H

H CH3

X H

! ! ! ! Pour les couplages dans les hétéroaromatiques, voir dans la bibliographie.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 99
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

 Couplage 1H-19F.

1 F => doublet
3 F => quadruplet
si pas de couplages supplémentaires avec d’autres H (ce qui est rare !!!) donc généralement
ces systèmes sont très compliqués

Type de structure Constante de couplage typique (J en Hz)


F 47
C
H2

F 57
C
H F
F 85

H
H F 52

H
Hb Ha: 65
Ha Hb: 10
Hc: 21
Hc

F
F ortho: 9
méta: 6
para: 0-1

CF3 ortho: -1 – 0
méta: 0-1
para: +/- 0

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 100
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

8.4.2. RMN 13C

8.4.2.a. Gammes de déplacements chimiques.

Gammes de δ (en ppm) Type(s) de C


10 – 35 Alcanes (hydrocarbures)*
10 – 35 alcane-aromatique CH
20 – 35 Allylique
20 – 40 benzylique (1 phényle)
20 – 40 esters C-C=O
20 – 45 α-carboxylique acide HOOCCH
25 - 50 α-méthylcétone O=CCH
30 – 50 Alcanes amines
40 - 55 Aminoacides CH(NH2)(COOH)
50 – 70 alcool C-OH
50 – 80 esters C-C=O
55 - 75 éther C-O
70 – 90 benzylique (2 phényles)
80 – 130 oléfiniques
100 – 135 indole
105 – 120 Pyrolle
110 – 155 Furane
120 – 135 imidazolium
120 – 140 imidazole
120 – 150 quinoléine
120 – 150 isoquinoléine
120 - 160 pyrimidine
120 -145 Aromatiques*
125 – 130 Thiophène
125 – 150 pyridine
125 – 155 purine
130 – 150 pyridinium
140 – 150 pyrazine
155 – 175 esters O=C-O-C
165 - 175 C=O amide

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 101
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

165 - 185 COOH


195 – 200 C=O cétones insaturées
195 - 205 C=O aldehyde
205 - 215 C=O cétones
*
Pour les cycles aromatiques et les alcanes simples: voir les systèmes de calcul par
incréments dans la bibliographie.

8.4.2.b. Couplage spin-spin

 Couplage 13C-1H.

Tous les spectres sont découplés par rapport au proton: tous les signaux sont donc des
singulets.

 Couplage 13C-19F.

1 F => doublet
3 F => quadruplet

Constante de couplage typique


Type de structure
(J en Hz)
F doublet 171
C
H2

F doublet C1: 267


1 C2: 25
2

F doublet C1: 245


1 C2: 21
2
C3 : 8
3 C4 : 3
4

CF3 quadruplet CF3: 272


1 C1: 32
4 C2 : 4
2
C3 : 1
C4 : ~ 0
3

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 102
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

8.4.2.c. BB et DEPT

Dans un spectre 13C BB (broad band) tous les carbones apparaissent à de très rares
exceptions près (mauvaise relaxation, caché par solvant).
Les carbones chimiquement et magnétiquement équivalents donnent les mêmes
signaux.
Dans le spectre 13C DEPT (Distortionless enhancement by transfert polarisation), les
carbones primaires et tertiaires donnent des signaux situés au-dessus de la ligne de base, les
secondaires en dessous de la ligne de base et la quaternaires sont absents.

8.4.3. Infrarouge

8.4.3.a. Gammes de fréquences d’intérêt.

Gammes de fréquence (en cm-1) Type(s) de vibrateurs


500 – 700 C-Br aliphatique
560 – 830 C-Cl Aliphatique
650 – 900 C-H aromatiques (déformations)*
960 – 1100 C-O alcool CH-OH
1000 - 1070 C-Br Aromatique
1000 – 1075 C-O alcool CH2-OH
1030 – 1090 C-Cl Aromatique
870 – 1055 (stretch asymétrique) C-O éther (2 bandes)
1070 – 1260 (stretch symétrique)
1100 – 1230 C-O alcool C-OH
1100 – 1250 (2 bandes) lactones C-O
1100 – 1250 (parfois multiple) C-F aliphatique
1100 – 1350 (3 bandes) esters insaturés C-O
990 – 1020 C-O furannes (deux bandes fines)
1150 – 1180
1160 – 1260 (asymétrique) esters saturés C-O
1000 – 1100 (symétrique)
1220 - 1280 C-F Aromatique
1310 – 1365 (asymétrique) sulfonamide
1150 – 1175 (symétrique)
1400 – 1600 C-H pyrroles
1400 – 1620 C-H pyridine
1430 – 1630 C-H indole
1500 – 1600 C-H furanes (quatre bandes fines)
1440 – 1470
1370 – 1400
1340 - 1360

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 103
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

1520 – 1550 NO2 aromatiques


et 1340 –1360
1520 – 1640 C-H imidazole
1555 – 1605 (asymétrique) C=O aminoacides
1400 – 1450 (sumétrique)
1630 - 1670 C=O amide disubstituée
1630 – 1680 C=O amide
1630 – 1680 C=O amide non-substituée
1630 – 1680 C=O amide monosubstituée
1640 – 1700 C=O cétone insaturée
1640 – 1740 C=O cétone cyclique insaturée
1640 – 1760 C=O aldéhyde
1650 – 1670 C=O acide avec pont H intramoléculaire
1650 – 1740 esters insaturés C=O
1660 – 1715 C=O acide insaturé
1665 – 1700 C=O cétone aromatique
1680 - 1750 C=O acide α-cétonique
1690 – 1750 C=O cétone
1700 – 1725 C=O acide saturé
1700 – 1750 C=O cétone cyclique aromatique
1700 – 1790 C=O cétone cyclique
1730 – 1850 lactones C=O
1730 - 1790 esters saturés C=O
1750 - 2000 C-H aromatiques (harmoniques): faibles*
2300 – 2700 N-H résonances
2700 – 2850 (doublet faible) C-H aldéhyde
2750 – 2950 C-H aliphatiques
3000 – 3100 C-H aromatiques et oléfiniques
3100 - 3500 NH amide monosubstituée (intensité moyenne)
3180 – 3350 (2 bandes) NH amide non-substituée: pont H***
3250 – 3450 (1 bande) N-H amine secondaire
3250 – 3450 et 3500 – 3300 (2 bandes) N-H amine primaire
3400 – 3500 N-H
O-H
3400 – 3500 (2 bandes) NH amide non-substituée: libre**
*
cf. tables bibliographie / ** bande fine / *** bande large

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 104
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

8.4.4. Bibliographie

* Livres:
- Spectrometric identification of organic compounds, R.M. Silverstein (RMN 1H, 13C, IR)
(bibliothèque)
- Spectral data for structure determination of organic compounds, Pretsch (service de
C.P.O.)
- Traité de chimie organique, Volhardt, chapitre 10 (RMN) (bibliothèque)
- Introduction to NMR spectroscopy [2 Nd ed.], Abraham, Raymond John (C.P.O.)
- A guide to the complete interpretation of infrared spectra of organic structures, Roeges,
Noel P. G. (bibliothèque)
- Infrared absorption spectroscopy: practical, Nakanishi, Koji (bibliothèque)
- Spectroscopic methods in organic chemistry, Hesse-Meier-Zeeh (C.P.O.)
- Clarcke: spectres UV et IR sont données dans la plupart des cas. (C.P.O. et bibliothèque)
- Analytical profile of drug substances: spectre RMN (1H et 13C), IR et UV sont donnés
mais seulement pour un nombre limité de substances. (bibliothèque)
* Internet:
- banque de données de spectres ( !!! pas de médicaments !!!):
[Link]
- cours de RMN (assez poussé !):
[Link]
- cours de RMN (très bien conçu): [Link]
* Programmes:
- Spectool: programme d’apprentissage d’interprétation de spectres: disponible dans le
service de C.P.O.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 105
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

9. Modélisation moléculaire par ordinateur

L’exercice se base sur l’utilisation d’un programme de modélisation par ordinateur


(PC MODEL ®) pour visualiser en 3D des molécules médicamenteuses. Il consiste à mesurer
différentes grandeurs géométriques (distances interatomiques et angles dièdres) et
énergétiques (énergie minimale de la molécule) pour déterminer le conformère et/ou le
stéréoisomère le plus stable. Il convient ensuite de trouver des raisons pouvant expliquer la
stabilité ou l’instabilité (selon le cas) des isomères de plus petite ou plus grande énergie
respectivement.
La modélisation doit se faire en tenant compte des facteurs suivants:
- la molécule évolue dans l’eau (constante diélectrique = 80,4)
- les ionisations doivent être respectées en fonction du pH

MODE D’EMPLOI DU PROGRAMME PC MODEL ®

Les principales applications de dessin se trouvent sur la « palette » mobile que l’on trouve sur
la plage de travail.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 106
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

A. DESSINER UNE MOLECULE

A.1. Pour dessiner

Suivre les différentes étapes dans l’ordre !

 d’abord dessiner la structure sans H (en cliquant sur « H/AD » on peut supprimer ou
ajouter les H sur les carbones uniquement): ne vous étonnez pas du fait que l’on dessine
d’abord la structure comme si tous les atomes (sauf les H) étaient des C. On transforme
ensuite les C en hétéroatomes (O, N, O-, N+) selon la formule désirée
* cliquez sur « draw »: pour ajouter 1 ou plusieurs carbones en général  si vous
voulez changer de position pour dessiner et continuer sur une autre partie de la
molécule, cliquez à nouveau sur « draw » sinon le C suivant est relié au précédent
automatiquement
* cliquez sur « rings »: pour ajouter un cycle saturé ou insaturé contenant uniquement
des carbones. On peut ajouter autant de cycle désiré et les relier ensuite.
conseil: il vaut mieux commencer par les cycles et poursuivre avec les chaînes
hydrocarbonnées

 changez les C en autres atomes (hétéroatomes)


* « PT »: tableau périodique: pour ajouter un atome différent du C: cliquez sur le
symbole de l’atome choisi puis sur le C de la structure

 ajoutez les insaturations: en cliquant sur « Add_B » puis sur le milieu de la liaison que
l’on veut transformer (une croix X apparaît sur la liaison: il suffit alors de cliquez)

 autres possibilités: des « templates » sont également utilisables


* « AA »: dessine un acide aminé
* « Su »: dessine un sucre
* « Nu «: dessine un nucléoside

 pour effacer: cliquez sur « del » puis sur l’atome ou le milieu de la liaison à effacer.

A.2. Pour orienter

 Dans le plan de l’écran: appuyez sur la touche « majuscule » et cliquez sur le bouton
droit de la souris en même temps.

 Dans les trois dimensions: cliquez sur le bouton droit de la souris en le maintenant
enfoncé et déplacer la souris dans le sens dans lequel on veut tourner la molécule

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 107
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

A.3. Pour déplacer, rétrécir ou agrandir

a. la molécule:

 allez dans « edit » et cliquez sur « control panel »: un tableau de contrôle apparaît:
* scale: modifie l’échelle et permet de s’appocher ou de s’éloigner de la molécule
* translate: permet de déplacer la molécule selon l’axe des:
- X 
- Y 
- Z avant-arrière
* rotate: permet de faire une rotation selon l’axe des:
- X 
- Y 
- Z 

N.B. Ces opérations peuvent être faites sur une molécule en présence d’autres non liées,
simplement en sélectionnant un seul atome de la molécule à déplacer. Pour cela cliquez sur
« sel-atm » et ensuite sur le ou les atomes à sélectionner. Pour désélectionner, cliquez sur
« sel-atm » à nouveau. Ceci est très utile pour déplacer puis relier des éléments créés
séparément !

b. un angle (Rotation d’angle dièdre):

L’angle dièdre est défini au point B.

 Cliquez sur « sel-atm » puis commencez à sélectionner les atomes formant l’angle en
commençant par celui qui bougera lorsque l’on fera tourner la liaison et, dans l’ordre
les suivants, reliés les uns aux autres directement, jusqu’au dernier qui demeurera
immobile. Cliquez ensuite sur « Rot-B ». Une fenêtre apparaît et, en cliquant sur les
flèches, on fera tourner la liaison.

c. un atome:

 cliquez sur « move » dans la palette; cliquez sur l’atome à déplacer puis cliquez à
l’endroit où on veut le placer.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 108
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

A.4. Pour vérifier la stéréochimie

 ajouter les H en cliquant sur « H/AD »

 vérifiez si la configuration des carbones asymétriques est correcte. Si ce n’est pas le


cas il faut inverser la configuration: sélectionnez les atomes en cliquant sur « sel-atm »
puis dans l’ordre sur l’atome central dont la configuration doit être inversée, puis sur les
2 substituants du C. Allez ensuite dans « edit » et cliquez sur « epimer ».

A.5. Pour changer le type de représentation

 allez dans « view » et choisissez en cliquant sur le nom du type de représentation.


 stick: uniquement les liaisons
 ball and stick: liaisons + atomes (rayons atomiques proportionnels à ceux existants en
réalités mais plus petits)
 tubular: uniquement les liaisons mais plus épaisses que la représentation « stick »
 CPK: uniquement les atomes avec les rayons atomiques représentés à peu près
similaires à ceux existants dans la réalité

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 109
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

B. ANALYSE ENERGETIQUE (structure d’énergie minimale) ET


CONFORMATIONNELLE (énergie des rotamères associés à un
angle dièdre)

H H NH2 NH2
H H Ici, l'angle dièdre
est de 180 °
HO H H H
H OH
Projection de NEWMAN

Angle dièdre = angle formé par 4 atomes


Ici, O-C1-C2-N (liaisons en gras)
H
H HH
Position éclipsée = instable
OH
NH2

NH2 H H
H H H H H H
H H H NH2 H2N H
OH OH OH

Il existe trois rotamère ou conformère décalé.


Un ou plusieurs d'entre eux est/sont + stable(s )
= énergie minimale plus faible

 Attention, dans certains cas, des ponts H peuvent se former (lignes jaunes entre
hétéroatome et H placé sur un hétéroatome). Ils stabilisent souvent un conformères qui
seraient moins stable en son absence. Par exemple:

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 110
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

En théorie:
forme la plus stable
car les substituants les plus volumineux
sont les plus éloignés

NH2 H H
H H H H H H
H H H NH2 H2N H
OH OH HO

En pratique, dans les solvants peu polaires,


ces formes sont les plus stables car il y a un pont H reliant deux atomes.
Ce pont ne peut se former que dans
ces conformations

On peut également signaler qu’il existe d’autres types d’isomérie que l’on peut analyser aussi
grâce au programme:

O O H
+
H N
N N H +
N
H
Isomérie amide Z-E Isomérie cyclohexane Isomérie pipéridinium
axial - équatorial axial - équatorial
H ou doublet non-liant de l'azote

B.1. Pour minimiser l’énergie de la structure (énergie minimale en kCal mol-1)

 si la molécule est considérée comme évoluant dans l’eau, placez la constante


diélectrique du milieu à 80,4: allez dans « option », cliquez sur « dielc » et entrer 80,4

 ajoutez les H si ce n’est pas encore fait en cliquant sur « H/AD »

 allez dans « analyze » et cliquez sur « minimize »


Une fenêtre apparaît sur la droite. Lorsque la structure est minimisée, le
programme s’arrête et plus rien ne change dans cette fenêtre.

 Remarques importantes:
- pour déterminer la raison pour laquelle une structure est instable, principalement à cause
de la présence de groupements volumineux en position rapprochée, utilisez plutôt la
représentation « CPK » (cf. A.5.).

- refaites les manipulations jusqu’au moment où deux résultats concordants sont obtenus

- ne tenez compte que des énergies les plus faibles obtenues

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 111
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- les énergies sont données en kcal mol-1 et les angles en °.

- pour voir les doublets non-liants, utilisez la représentation « ball and stick » (A.5.): ceux-
ci apparaissent comme des points bleus ou gris

B.2. Pour analyser l’énergie de rotation autour d’une liaison: 2 POSSIBILITES

B.2.a.: établissement d’un graphe reliant l’énergie de la structure en fonction de l’angle


dièdre (peu fiable):

 sélectionnez DANS L’ORDRE les atomes de l’angle dièdre au centre duquel se


trouve la liaison à analyser ( 4 atomes impérativement).

 allez dans « analyze » et cliquez sur « Rot_E »: un graphique apparaît et une fenêtre:
cliquez sur « OK »

B.2.b. Conformère le plus stable: détermination de l’énergie minimale en fonction de la


rotation autour d’une liaison (la plus fiable):

 commencez par sélectionner les 4 atomes de l’angle dièdre choisi  dans l’ordre et
en commençant par celui que vous désirez faire tourner (le dernier restera immobile)

 placez les atomes qui sont aux extrémités dans une conformation décalée, n’importe
laquelle

 minimisez l’énergie

 notez l’angle et l’énergie obtenus. Pour obtenir la valeur de l’angle, cliquez sur
« query », puis sur les 4 atomes sélectionnés précédemment et ensuite à l’extérieur de
la molécule là où l’on veut que les informations apparaissent.

 appuyez sur « Rot-B » sur la pallette latérale et faites tourner l’angle de ~ 120°
(correspndant à un des 2 autres conformères décalés). Minimisez à nouveau.

 recommencezl’opération de rotation de ~ 120° pour obtenir le dernier conformère.

 refaites les mesures de la même manière jusqu’à obtention de deux résultats


concordants (max. 0,1 kcal mol-1 de différence)

 Remarques importantes:

- pour déterminer la raison pour laquelle une structure est instable, principalement à
cause de la présence de groupements volumineux en position rapprochée, utilisez
plutôt la représentation « CPK » (cf. A.5.).

- refaites les manipulations jusqu’au moment où deux résultats concordants sont obtenus

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 112
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- ne tenez compte que des énergies les plus faibles obtenues

- les énergies sont données en kcal mol-1 et les angles en °.

- pour voir les doublets non-liants, utilisez la représentation « ball and stick » (A.5.):
ceux-ci apparaissent comme des points bleus ou gris

C. SAUVER LA STRUCTURE

C.1. Sauvez la molécule: allez dans « file » et cliquez sur « save ».

D. COPIER ET SAUVER LA STRUCTURE DANS UN DOCUMENT


WORD OU POWERPOINT

 allez dans « Edit » et cliquez sur « Copy to clipboard ».

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 113
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

10. Application des techniques chromatographiques à


l’analyse du médicament

A. INTRODUCTION

La manipulation vise à intégrer quelques notions des techniques de séparation par


chromatographie telles qu’elles sont définies dans le chapitre 2.2.46. de la Pharmacopée
Européenne sous le titre : « technique de séparation chromatographique ». En effet, la
séparation chromatographique intègre des paramètres tels que le temps de rétention, le facteur
de symétrie, la résolution… qui permettront de s’assurer de la qualité de la séparation et de
l’opportunité de réaliser l’analyse sur base du chromatogramme obtenu.
C’est ainsi qu’un pic donné peut être
caractérisé par son temps de rétention (tR),
sa largeur totale à mi-hauteur (wh) ou
toutes largeurs à un pourcentage i de la
hauteur totale du pic (wi). Sur base de ces
paramètres, il est possible de calculer le
facteur de symétrie (As) :
As = W0,05 / 2 d
Où W0,05 est la largeur total au vingtième
du pic et d la largeur gauche au vingtième
du pic (cf chapitre 2.2.46. de la
Pharmacopée) Dans le cas d’une symétrie parfaite du pic, d sera nécessairement égal à la
moitié de W0,05 et As sera égale à 1.
En ce qui concerne la résolution (Rs) qui mesure la bonne séparation entre deux pics (les pics
1 et 2), elle est calculée de la manière suivante :
Rs = 1,18 (tR2-tR1) / (Wh1 + Wh2) où tR2 > tR1
Une résolution supérieure à 1,5 correspond à deux pics séparés à leur ligne de base. On
imagine aisément que si deux pics se rapprochent, la résolution diminue puisque (tR2-tR1)
diminue et Rs diminue d’autant. Si un pic voit sa largeur à mi-hauteur (Wh) augmentée, il y a
risque que les pics se chevauchent. Cela se traduit par (Wh1 + Wh2) qui augmente et par
conséquence Rs diminue à nouveau.

Ces paramètres sont mis en application dans l’essai des substances apparentées de la
monographie du Piroxicam.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 114
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

B. MONOGRAPHIE DU PIROXICAM

Selon la Pharmacopée Européenne, 6e édition.

O O
S CH3
N
H
N

OH O N
Mr = 331,4
C15H13N3O4S

● Substances apparentées. Chromatographie liquide (2.2.29).


- Solution à examiner. Dissolvez 75 mg de piroxicam dans de l’acétonitrile R, en chauffant
légèrement si nécessaire, et complétez à 50,0 ml avec le même solvant.
- Solution témoin (a). Dissolvez 5 mg de piroxicam pour conformité du système SCR dans de
l’acétonitrile R et complétez à 25,0 ml avec le même solvant.
- Solution témoin (b). Prélevez 1,0 ml de solution à examiner et complétez à 10,0 ml avec de
l’acétonitrile R. Prélevez 1,0 ml de cette solution et complétez à 50,0 ml avec de
l’acétonitrile R.
- Colonne :
► dimensions : l = 0,25 m, Ø = 4,6 mm,
► phase stationnaire : gel de silice octadécylsilylé pour chromatographie, désactivé
pour les bases R (5 µm),
► température : 40 °C.
- Phase mobile : mélangez 40 volumes d’acétonitrile R et 60 volumes d’une solution de
phosphate monopotassique R à 6,81 g/l ajustée à pH 3,0 avec de l’acide phosphorique R.
- Débit : 1 ml/min.
- Détection : spectrophotomètre à 230 nm.
- Injection : 20 µl.
- Enregistrement : 5 fois le temps de rétention du piroxicam.
- Conformité du système : solution témoin (a) :
► rétention relative par rapport au piroxicam : impureté B = environ 0,85,
► facteur de symétrie : au maximum 1,5 pour le pic dû à l’impureté B,
► le chromatogramme obtenu est semblable au chromatogramme fourni avec le
piroxicam pour conformité du système SCR.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 115
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

- Limites :
► impuretés A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L : pour chaque impureté, au maximum la
surface du pic principal du chromatogramme obtenu avec la solution témoin (b)
(0,2 pour cent),
► total : au maximum 2 fois la surface du pic principal du chromatogramme obtenu
avec la solution témoin (b) (0,4 pour cent),
► limite d’exclusion : 0,1 fois la surface du pic principal du chromatogramme obtenu
avec la solution témoin (b) (0,02 pour cent).

- Impuretés : impuretés spécifiées : A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L.

A. pyridin-2-amine,

B. 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-N-(pyridin-2-yl)-2H-1,2-benzothiazine-3-carboxamide,

C. 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2-méthyl-2H-1,2-benzothiazine-3-carboxamide,

D. R = CH3 : (3-oxo-1,1-dioxydo-1,2-benzisothiazol-2(3H)-yl)acétate de méthyle,


E. R = C2H5 : (3-oxo-1,1-dioxydo-1,2-benzisothiazol-2(3H)-yl)acétate d’éthyle,
F. R = CH(CH3)2 : (3-oxo-1,1-dioxydo-1,2-benzisothiazol-2-(3H)-yl)acétate de 1-
méthyléthyle,

G. R1 = CH3, R2 = H : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2H-1,2-benzothiazine-3-carboxylate de


méthyle,

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 116
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

H. R1 = C2H5, R2 = H : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2H-1,2-benzothiazine-3-carboxylate


d’éthyle,
I. R1 = CH(CH3)2, R2 = H : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2H-1,2-benzothiazine-3-carboxylate
de 1-méthyléthyle,
J. R1 = R2 = CH3 : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2-méthyl-2H-1,2-benzothiazine-3-
carboxylate de méthyle,
K. R1 = C2H5, R2 = CH3 : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2-méthyl-2H-1,2-benzothiazine-3-
carboxylate d’éthyle,
L. R1 = CH(CH3)2, R2 = CH3 : 1,1-dioxyde de 4-hydroxy-2-méthyl-2H-1,2-benzothiazine-
3-carboxylate de 1-méthyléthyle

- Mode opératoire:

• Diluez, selon la monographie, la solution à examiner afin de produire la solution


témoin (b). Les solutions à examiner et témoin (a) sont déjà prêtes.
• Injectez 20 µl des trois solutions (témoin (a), témoin (b), solution à examiner).

- Rapport:

• Nom, prénom, date, N° échantillon, signatures


• Donnez les valeurs de d, W0,05, W0,5, Tr du pic de piroxicam et les Tr des impuretés.
• Calculez le facteur de symétrie et le facteur de résolution du pic de piroxicam par
rapport au pic le plus proche.
• Vérifiez la conformité du chromatogramme.
• Sur base de cet essai, concluez quant à la conformité de la solution à examiner.
• Remettez le rapport daté et signé ainsi que les chromatogrammes imprimés.

Documentation:
• Le présent syllabus
• Annexes de la pharmacopée (classeur au laboratoire)
• Monographie du piroxicam

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 117
F. Dufrasne, P. Van Antwerpen et J. Nève T.P. Etude des Médicaments Organiques

11. Contrôle quantitatif d’un principe actif de préparation


magistrale

La manipulation permet de contrôler quantitativement une préparation magistrale effectuée au


laboratoire. Chaque étudiant reçoit 3 « formes » finies à préparer: dispersion solide dans du
lactose, solution aqueuse ou hydroalcoolique et dispersion dans un gel au carbopol. Les
préparations sont effectuées aux concentrations spécifiées. La vérification se fait par mesure
spectrophotométrique UV au moyen du standard de principe actif qui a servi à faire la
préparation. Cet exercice permet de vérifier si l’étudiant à bien assimilé les notions de
dilutions et si il est capable de le faire ces opérations convenablement.

12. Analyse qualitative et quantitative des formes finies

A. ANALYSE QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

Exemple de déclaration: Nitrazépam 300 mg ou Mogadon comprimé à 300 mg.

L'exercice consiste à vérifier l'identité de la substance en fournissant plusieurs preuves:


constantes physiques, réactions chimiques, spectres UV, IR, chromatographies. Dans le cas
d'une substance en présence d'excipient, il faut commencer par extraire la substance. Si
l'identité de la substance est conforme à la déclaration, l'exercice se poursuit par la recherche
des impuretés ou produits d'altération éventuels décelables par les techniques analytiques
mentionnées ci-dessus. Si, par contre, il s'avère que l'identité est non conforme à la
déclaration, il faut identifier le produit de substitution. Dans ce cas, la déclaration permet
d'orienter la recherche: la substance inconnue a soit une structure chimique voisine (ex.
sulfamidé antibactérien et antidiabétique), soit une activité pharmacologique semblable (ex.
antibiotiques), soit un groupement réactionnel commun (ex. guanidine) ou, plus rarement, une
similitude de nom.

B. VALIDATION D’UNE ANALYSE


Il s’agit de valider une méthode analytique pour l’extraction et le dosage d’un principe
actif dans sa forme finie. Cet exercice se base sur un jeu de rôle qui introduit les notions de
responsabilité que l’on retrouve dans l’industrie pharmaceutique avec le ‘Regulatory’, le
‘Quality Control’, le ‘Good Manufactoring Process’. Une fois les rôles définis et distribués,
l’ensemble des protagonistes définissent une procédure et un protocole analytique pour
valider la méthode de dosage et analyser une forme finie. Un standard du principe actif et des
comprimés contenant le principe actif servent pour l’exercice. Un synopsis du jeu de rôle est
fourni lors du séminaire qui débute le laboratoire.

PHAR--J-305_B
PHAR PUB Librairie Cours, av. P. Héger 42, 1050 Bruxelles – T 02/649.97.80 118

Vous aimerez peut-être aussi