Cours sur les Constructions Métalliques
Cours sur les Constructions Métalliques
Réalisé par
Dr. Kouider Nadia
Année universitaire : 2021-2022
AVANT - PROPOS
Le calcul d’une structure exige que sous toutes les combinaisons d’actions possibles définies
réglementairement la stabilité soit assurée. Globalement au niveau de la structure, les actions
développent diverses sollicitations qui génèrent des contraintes au sein du matériau et des
déformations des éléments. Afin de garantir le degré de sécurité souhaité de vérifier que les
contraintes et les déformations restent en dessous des limites admissibles. Ce polycopié
permet à l’étudiant de rattraper les connaissances acquises en charpente métallique 1
(semestre 5) et de compléter ses connaissances générales sur les phénomènes d'instabilités
élastiques des profils minces : aspects théorique et règlementaire (semestre 6).
Ce cours est destiné aux étudiants de 3éme année licence de génie civil, enseignée au
département de génie civil à l'Université Badji Mokhtar – ANNABA pour le semestre 6.
L'ouvrage comporte le nécessaire des connaissances qui doit permettre à l’étudiant de
comprendre toutes les vérifications des résistances et des instabilités élastiques selon les
règlementations en vigueur (Eurocode 3 et CCM97). Le but de cet ouvrage, est de donner au
lecteur les éléments nécessaires à une bonne compréhension des modes d’instabilités
élastiques, afin de permettre à augmenter la résistance des éléments métalliques et
prolongation des durées de vis des structures. Les méthodes de calcul présentées dans ce
polycopié sont basées sur l'Eurocode 3 et CCM97.
Cet ouvrage est structuré comme suit :
-Dans le premier chapitre on trouve une présentation des instabilités élastiques avec différents
modes et règlementations.
Le chapitre 2 contient le calcul et la vérification des pièces sollicitées en compression simple,
en basant sur la théorie du flambement, longueur de flambement, notions d’élancement et
d’imperfections, vérification des pièces comprimées à l’ELU.
Le troisième chapitre représente le mode d’instabilité ‶déversementʺ des pièces métalliques,
ce chapitre montre le phénomène de déversement, le calcul de moment d’inertie de torsion
des profilés ouverts et un rappel sur la torsion avec gauchissement (torsion non uniforme).
Le dernier chapitre montre le calcul des pièces sollicitées en flambement composé, un aspect
théorique et réglementaire du flambement composé ( EC3 et CCM97)
De nombreuses applications numériques complètent la matière étudiée, afin d'illustrer au
mieux son application pratique. Enfin, avec les développements détaillés de tous les chapitres
accompagnés de quelques applications; ce polycopié constitue une référence pédagogique très
intéressante orientée au niveau de l'Université d’Annaba, dans l'objectif de faciliter toutes
consultations ou enseignement du module concerné ʺConstructions métalliques ʺ basant sur
les normes CCM97 et Eurocode3.
L’auteur
Dr. KOUIDER Nadia
Sommaire
I. INTRODUCTION ...........................................................................................................................3
I. 1 DEFINITION ...............................................................................................................................3
I.2 PHENOMENES D’INSTABILITE DES PIECES METALLIQUES ............................................4
I.2.1 Le flambement ............................................................................................................................4
I.2.2 Le déversement ..........................................................................................................................5
I.2.3 Le voilement ...............................................................................................................................5
I.3 CAS REELS DES INSTABILITES ..............................................................................................7
II. INTRODUCTION..........................................................................................................................9
II.1 LES COLONNES A PAROIS PLEINES ......................................................................................9
II.2 PIECES COURTES................................................................................................................... 10
II.3 POTEAUX ELANCES .............................................................................................................. 10
II.3. a Elancement λ .......................................................................................................................... 10
II.3. b Longueur de flambement ........................................................................................................ 11
II.4 ASPECT THEORIQUE DE FLAMBEMENT ........................................................................... 12
II.5 .INSTABILITE DES POTEAUX REELS ................................................................................... 15
II.6 LES COURBES DE FLAMBEMENT ...................................................................................... 16
II.7 FONDEMENTS DES COURBES DE FLAMBEMENT DE LA CECM (CABINET D'ÉTUDES
DE LA CONSTRUCTION METALLIQUE)..................................................................................... 16
II.8 IMPERFECTION INITIALE EQUIVALENTE EN ARC .......................................................... 20
II.9 RESISTANCE A LA COMPRESSION AVEC FLAMBEMENT ............................................... 21
ORGANIGRAMME de CALCUL à la COMPRESSION .................................................................. 22
APPLICATION ................................................................................................................................ 23
SOLUTION ...................................................................................................................................... 23
1
Chapitre III : Déversement des pièces métalliques
III.1 INTRODUCTION.................................................................................................................... 26
III.2 DEVERSEMENT ELASTIQUE D'UNE POUTRE SUR APPUIS SIMPLES ........................... 27
III.3 ASPECT REGLEMENTAIRE (VERIFICATION SELON EC3) .............................................. 28
III.3.1 Calcul du moment critique élastique du déversement .............................................................. 29
III.4 CAS PARTICULIER DU MOMENT CRITIQUE ELASTIQUE DU DEVERSEMENT……..34
III.5 RAPPEL SUR LA TORSION AVEC GAUCHISSEMENT ...................................................... 34
APPLICATION ................................................................................................................................ 35
SOLUTION ...................................................................................................................................... 36
ORGANIGRAMME DE VERIFICATION AU DEVERSEMENT DANS LE CAS GENERAL 37
2
Chapitre I :
Phénomènes d’instabilités
élastiques
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
I. INTRODUCTION
Lors de la réalisation des projets de construction, les buts à atteindre sont de fournir un
ouvrage qui répond aux attentes des utilisateurs et de garantir un niveau de sécurité adéquat.
En comparaison avec les structures en béton, les constructions métalliques présentent de
nombreux avantages mais, exigent qu’une attention toute particulière soit portée sur certains
points en particulier :
Les assemblages (boulonnage, soudage) pour se protéger contre le risque de rupture
inattendue.
Les phénomènes d’instabilité élastique (flambement, déversement, voilement) qui augmentent
de manière très importante les contraintes dans les pièces.
I. 1 DEFINITION
Pour un corps élastique, tout comme pour un corps rigide, on peut parler de stabilité ou
d’instabilité des positions d’équilibre.
3
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
I.2.1 Le flambement
Le flambement est un phénomène très dangereux, il affecte les poteaux simplement
comprimés ainsi que les poteaux comprimés et fléchis (figure I.2).
4
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
I.2.2 Le déversement
Le déversement est moins dangereux, il affecte les semelles comprimées des poutres
fléchies.
Les poutres fléchies n'ayant aucune liaison qui s'oppose aux déformations latérales risquent de
se déverser (Figure I.3), bien que la flexion n'a pas atteint sa limite d'élasticité.
Le déversement est un phénomène d'instabilité latérale (une distorsion) qui se manifeste par le
flambement des parties comprimées d'une section fléchie par rapport a son axe de forte inertie
y-y. Cette instabilité latérale (par rapport à l'axe z-z) fait que, les sections dont l'inertie faible
par rapport à l’axe z-z s’éloigne de celle de l'axe y-y (axe de flexion), tels que les profils en
IPE, sont plus sensibles au déversement que celles dont ces inerties se rapprochent (comme
les profils en HE ou les sections tubulaires).
Pour ce phénomène, le règlement Algérien CCM97 (ou l'Eurocode3) a gardé la même forme
de vérification que pour le flambement (utilisation de l'élancement réduit 𝜆̅). Les poutres dont
l'élancement réduit du déversement dépassent ( 𝜆̅𝐿𝑇 > 0,4) sont susceptibles de se déverser et
suscitent de vérifier à ce que leur limite d'élasticité n'est pas dépassée sous l'effet de la
distorsion engendrée par leur instabilité latérale.
I.2.3 Le voilement
Si l’ont soumet une plaque rectangulaire à une compression uniforme sur deux cotes
opposés. Parallèlement a son plan moyen, on observe que la plaque, au delà d’une certain
charge, se déforme transversalement, il s’agit du phénomène de voilement, ce risque de
voilement peut réduire la capacité de résistance à la compression et à la flexion.
Le comportement d’une structure peut être étudié au moyen d’un diagramme charge-
déplacement où le chargement appliqué est présenté en fonction du déplacement d’un point
5
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
de référence choisi, a priori quelconque. En pratique, ce point est choisi parce qu’une valeur
significative du déplacement est attendue, par exemple le raccourcissement de la section
chargée ou le déplacement transversal du point au milieu. Lorsque la charge est appliquée de
manière croissante depuis une valeur nulle, la relation charge-déplacement obtenue constitue
ce qu’on appelle une trajectoire d’équilibre.
Les plaques planes possèdent donc ce que l’on appelle une réserve post critique. Celle-ci est
due à l’effet membrane qui tend à stabiliser la plaque après son voilement. Pour comprendre
ce comportement, il convient de remplacer la plaque par un système de bandes dans deux
directions perpendiculaires ; les bandes longitudinales sont comprimées et sont donc
susceptibles de flamber. Le raccourcissement libre de la plaque dans la direction transversale
étant bloqué au niveau des bords longitudinaux, le voilement crée une augmentation de
longueur des bandes transversales ; ceci crée des forces de traction de membrane dans les
bandes transversales. Ces bandes tendues jouent dès lors le rôle d’une fondation élastique
pour les bandes comprimées et exercent par conséquent un effet stabilisateur sur ces bandes.
Ceci explique pourquoi la plaque peut atteindre un état d’équilibre stable au-delà de sa charge
critique de voilement élastique. Cet effet des contraintes membranaires se développe avec une
intensité d’autant plus grande que la configuration des appuis assure un meilleur ancrage.
Pour avoir cet effet, il faut donc que les bords non chargés de la plaque soient au moins
simplement appuyés ; un appui simple avec empêchement de déplacement dans le plan de la
plaque ou un encastrement sont des configurations encore plus propices à l’apparition de
contraintes membranaires (figure I.4).
6
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
.
Figure I.5: L’instabilité des silos sous l’action du vent
7
Chapitre 1 Phénomènes d’instabilités élastiques
8
Chapitre II :
Calcul des pièces
sollicitées en
compression simple
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
II. INTRODUCTION
Les déformations dues à la compression ne jouent pas toujours un rôle déterminant sur les
éléments de structure verticaux. En revanche, un phénomène d’instabilité appelé «
flambement » apparait à partir d’une certaine charge et en fonction du rapport existant entre la
section et la hauteur de l’élément considéré. Le flambement est une forme d’instabilité propre
aux éléments comprimés élancés tels que les poteaux, colonnes, barres comprimées
9
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Les poteaux courts ont un élancement très faible ( 0,2 ), de telle sorte qu'ils ne sont pas
affectés par un flambement global. Dans ce cas, la résistance à la compression de l'élément est
dictée par la résistance à la compression de la section transversale, qui est fonction de la
classification de la section. Les sections transversales de Classes 1, 2, 3 sont toutes insensibles
au voilement local à ce niveau de la charge axiale et donc la résistance à la compression de
calcul est prise égale à la résistance plastique de calcul de la section:
Pour les sections transversales de Classe 4, le voilement local dans une ou plusieurs parois de
la section transversale empêche d'atteindre la charge d'écoulement plastique, et donc la
résistance à la compression de calcul est limitée à la résistance au voilement local.
II.3. a Elancement λ
𝒍𝒇 longueur de flambement I
𝝀= = ; i=√A
𝒊 rayon de giration
𝒍𝒇𝒛 𝒍𝒇𝒚
D’où on aura : 𝝀𝒛 = et 𝝀𝒚 =
𝒊𝒛 𝒊𝒚
Pour les profilés laminés à parois pleines (IPE, HE, UAP,…….) on tire généralement les
rayons de giration (i) et les inerties (I) du catalogue des profilés.
10
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
NB : Pour les éléments comprimés appartenant aux structures en charpente métallique, les
longueurs de flambement se détermine en étudiant la déformée de toute la structure
Les figures II.2 et II.3 montrent les quatre modes de flambement avec la présentation des
longueurs de flambement
11
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Pour cette configuration, le moment de flexion, à chaque position de la section droite et pour
une barre bi-articulée, est donné par :
M= N.y
d2y
M
dx 2 EI
On pose :
k2 = N
EI
z
A et B sont des constantes d'intégration qui sont déterminées de manière à satisfaire les
conditions aux limites :
12
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
k²l² = n²π²
n=1 2 3
n 2 2 E I
N
cr, n cr
2
2 E I
N cr 2
cr
N cr 2 E I
cr 2
A cr A
2 E
cr
2
13
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Si l'on représente sur un graphe l'évolution de cr en fonction de figure II.6, ainsi que la
droite traduisant le comportement parfaitement plastique, = fy, il est intéressant de noter les
zones idéalisées correspondant à la ruine par flambement et par plastification ainsi que celle
correspondant à la sécurité. Le point d'intersection P entre les deux courbes représente la
valeur théorique maximale d'élancement pour laquelle un poteau périt par plastification. Cet
élancement maximum (parfois dit élancement eulérien), noté 1 dans l'Eurocode 3, est égal à :
E
1 93,9
fy
235
fy
Un diagramme adimensionnel peut être obtenu en reportant les valeurs de /fy en fonction de
/1( Figure II.7). Les coordonnées du point P vaut par conséquent P (1,1).
/ fy
P
1
1 /
14
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
La différence entre les comportements réel et théorique est due aux diverses imperfections
dont le poteau "réel" est le siège : défaut de rectitude, contraintes résiduelles, excentricité des
charges appliquées et écrouissage. Les imperfections affectent toutes le flambement et
influencent par conséquent la capacité portante du poteau. Les études expérimentales
effectuées sur des poteaux réels fournissent des résultats similaires à ceux reportés à la figure
II.8.
Le comportement réel s'écarte nettement plus des courbes théoriques dans le domaine des
élancements intermédiaires que dans celui des grands élancements. Dans la zone des valeurs
intermédiaires de (ce qui couvre la plupart des poteaux utilisés en pratique), l'effet des
imperfections structurales est significatif et doit être pris soigneusement en considération. La
réduction la plus importante de la valeur théorique apparaît aux alentours de l'élancement
eulérien λ1. La courbe limite inférieure résulte d'une analyse statistique ; elle représente la
limite de chargement sécuritaire à ne pas dépasser.
Elancement réduit
L'élancement réduit est un paramètre adimensionnel défini de la manière suivante pour les
sections transversales de classe 1, 2 ou 3 :
1
15
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
: Elancement
1 : Elancement Eulérien
2 2 f y fy
2 E cr
fy A.f y A.f y
cr A.cr N cr
1
1
2 2
Où
0,5 1 0,2
2
16
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
17
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Il est important de préciser que les courbes de flambement sont établies pour des membrures
bi - articulées et chargées à leurs extrémités ; il est nécessaire d'évaluer de manière précise les
longueurs de flambement lorsque ces conditions ne sont pas remplies.
18
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Coefficient de réduction
19
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Sections soudées en I
tf < 40 mm y- y b
z-z c
tf > 40 mm y- y c
z-z d
b/tf < 30 y- y c
20
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
valeurs à donner à l'amplitude eo d'une imperfection en arc dont l'effet sur le flambement du
poteau est équivalent à la combinaison des deux types d'imperfections précitées.
Si le poteau est dimensionné sur la base d'une analyse élastique, e o vaut :
eo = 0,2 Wpl / A dans le cas d'un dimensionnement plastique
eo = 0,2 W el / A dans le cas d'un dimensionnement élastique
Si le dimensionnement du poteau est par contre fondé sur une analyse élastique-plastique
(élasto-plastique ou élastique-parfaitement plastique), les valeurs de eo, définies en fonction
de la longueur de flambement L, sont fournies au tableau II.4.
21
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
APPLICATION
Trouver la charge maximale que peut supporter un poteau de 8,76 m de hauteur, articulé en
tête et en pied (figure 1) :
Acier S235 ( soudure a = 3,5 mm on odopte a 2 =5 mm)
22
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
Figure 1
SOLUTION
CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES LA SECTION
23
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
* Pour l’âme :
d = 300- 5 - 5 = 290 mm d/tw = 290/8 = 36.5
Pour les sections de Classe2, les valeurs des proportions limites b/t sont :
La limite de référence est dépassée dans chaque paroi. Par conséquent, la section appartient à la Classe
2
CALCUL :
𝛽𝐴 = 1 𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑒 2
𝐸 200000
𝝀𝒓 =𝛑√𝑓 =3.14 √ 235
= 91.6
𝑦
𝜆 143.6
z
𝜆𝑟
√ 𝛽𝐴 = 91.6
= 1.57
* Pour les formules :
0,5 1 0,2 0,51 0,491.57 0,2 1.57 2 2.06
2
24
Chapitre I1 Calcul des pièces sollicitées en compression simple
1 1
z 0,2932
2 2
2.06 2.06² 1.57²
*
Nmax = .A. fY / M1 = 0,2932 x 8400 x 235 / 1,1 = 526.16 N
25
Chapitre III :
Déversement
des pièces métalliques
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
III.1 INTRODUCTION
Une poutre non maintenue latéralement et soumise à une flexion selon l'axe fort doit être
vérifiée vis - à-vis du déversement de la façon suivante:
MEd
≤ 1,0
Mb,Rd
(III.1)
Où MEd est la valeur de calcul du moment fléchissant
Mb,Rd est le moment résistant de calcul au déversement .
Chaque fois qu'un élément structural élancé est chargé dans son plan rigide, il a une certaine
tendance à présenter une instabilité dans un plan plus flexible. Dans le cas d'une poutre fléchie
selon son axe de forte inertie, la ruine peut survenir sous une forme d'instabilité qui implique
à la fois une flèche latérale et une rotation de torsion - le déversement.
La figure II.1 illustre ce phénomène avec une poutre en console élancée subissant l'effet d'une
charge verticale à l'extrémité libre.
Posit ion
sans charge
Posit ion
après déversement
sous charge
Charge f ixe
appliquée
vert icalement
M M
Elévation Coupe
Plan
z
x
u
Figure III.2: Déversement d'une poutre en I sur appuis simples sous l'effet d'un moment
uniforme
27
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
2 EI z I L2 GI t
Mcr = w
2
L2 I z EI z
où :
Iz : moment d'inertie de flexion selon l'axe faible; L : longueur de poutre non maintenue.
[Link] M1
LT
Mcr
28
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
LT Peut être déterminé par la formule suivante ou par le graphe 1 en fonction de LT
1
LT
LT LT LT
2 2
avec :
LT 0,5 1 LT LT 0,2 LT 2
et LT = 0,21 pour les sections laminées ;(courbe a)
LT = 0,49 pour les sections reconstituées par soudage.(courbe c)
Lorsque : LT 0,4 il n’y a pas risque de déversement ( LT = 1)
Où :
C1 ,C1, et C3 : facteurs dépendant du type de chargement et des conditions d’appui (Les
valeurs de ces coefficients sont données dans le tableau 1)
E : module d’élasticité longitudinal de l’acier E = 210 000 MPa
G : module d’élasticité transversal de l’acier G = E/2(1+ν) avec ν = 0,3
Iz : le moment d’inertie de la section par rapport à l’axe zz’
Iω : moment d’inertie de gauchissement
Pour les sections dissymétriques :
h s (b13 .t 1 .b 32 .t 2 )
I
12(b13 .t 1 b 32 .t 2 )
I z .hs2
I
4
29
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
zg est positif pour les charges agissant vers le centre de cisaillement depuis leur point
d’application ( voir la figure III.3) et négatif dans le cas contraire.
zg = za – zs
C : centre de cisaillement
G : centre de gravité de la section ( voir la figure III.4)
Figure III.4 : Signe de Zj et Zs en fonction de la position du centre de gravité d’une poutre mono-
symétrique
30
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
C1 C2 C3 C1 C2 C3 C1 C2 C3
31
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
C1 C2 C3 C1 C2 C3 C1 C2 C3
1.28/a 0.43 --
2.05 0.83 --
32
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
Le tableau III.2 donne quelque cas concret d’appuis, les conditions aux limites et les
coefficients k et kw
torsion de la colonne
33
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
- Pour une section transversale constante et doublement symétrique, puisque zj ou pour une
poutre console C3=0 :
2 E .I z 2
k 2 I (kL) .G.I t
M cr C1 ( ) . 2 (C 2 .z g C3 .z j ) 2 (C 2 .z g
( k .L ) k
2
Iz .E.I z
34
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
qu’un profil creux de construction. De même, on peut admettre comme simplification que les
effets de torsion de Saint-Venant peuvent être négligés dans le cas d’une barre possédant une
section transversale ouverte, telle qu’un profil en I ou H.
Pour le calcul de la résistance TRd des sections creuses fermées, il convient de déterminer la
résistance de calcul au cisaillement de chaque paroi de section conformément à l’EN 1993-1-
5.
Dans le cas de combinaison d’effort tranchant et de moment de torsion, il faut réduire la
résistance plastique au cisaillement de Vpl,Rd à Vpl,T,Rd pour prendre en compte les effets de la
torsion, et il convient que l’effort tranchant de calcul soit tel que :
𝑉𝐸𝑑
≤1
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑
où Vpl,T,Rd peut être déterminé à partir des expressions suivantes :
Pour une section en I ou H :
𝜏
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑 = √1 − 1,25𝑥(𝑓 𝑡,𝐸𝑑 𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑
𝑦 ⁄√3) ⁄𝛾𝑀0
APPLICATION
Vérifier la capacité d’un IPE 500 en acier S235 à supporter une charge de service
uniformément distribuée de 30 kN/m (ELU) pour une portée de 6 m.
Les deux extrémités de la poutre sont attachées aux semelles des poteaux à l’aide de doubles
cornières ( Figure III.5).
Les charges sont appliquées au niveau :
a- Du centre de gravité
b- Au niveau de la membrure supérieure
c- Au niveau de la membrure inférieure
35
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
SOLUTION ;
La section choisie est de Classe 1
[Link] f y
[Link] = = 2194x103 x 235 /1,1 = 468,7 x 106 [Link] = 468,7 kN.m
M1
q.l 2
30 6 2
M Sd 135 kN.m
8 8
Z j = 0 pour les sections symétrique
D’après le tableau 2éme ligne → k = 1 et kω = 1
Pour un chargement uniforme, le tableau 2 donne, lorsque k = 1,0 C 1 = 1,132
2
3,14 2 210 103 2142 10 4 6 1 1259 109 (1 6000 )2 89,24 10 4
Mcr 1,132 10
6000 2 1 2142 .10
4
3,14 2 2 1,3 2142 10 4
36
Chapitre III Déversement des pièces métalliques
Déversement (M)
LT =1
LT 0,5 1 LT LT 0,2 LT
2
LT = 0,21 pour les sections laminées Msd ≤ [Link]
LT = 0,49 pour les sections reconstituées
Classe 1 et 2
Wpl,y .fy
Msd ≤ [Link] = [Link] = M0
1
LT mais LT
LT LT LT
2 2 Classe 3
Wel,y .fy
Msd ≤ [Link] = [Link] =
≤1 M0
M [Link] LT M c. Rd Classe 4
Weff,y .fy
Msd ≤ [Link] = [Link] =
M0
37
Chapitre IV :
Calcul des pièces sollicitées
en flambement composé
Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
IV. INTRODUCTION
Les éléments comprimés et fléchis en même temps doivent faire l’objet d’une vérification de
flambement combiné si :
𝑁𝑠𝑑
𝜆̅𝑚𝑎𝑥 > 0.2 et 𝐴 .𝑓 > 0.1 𝑦
(IV.1)
𝜒𝑚𝑖𝑛 .
𝛾𝑀1
Si cet élément coure un risque de déversement c’est-à-dire si 𝛌 ̅ 𝐋𝐓 > 0.4 ; il faut également le
vérifier au déversement combiné. Indépendamment, la vérification du déversement combiné
̅ 𝐋𝐓 > 0.4 même si la vérification du flambement combiné est
de l’élément doit se faire pour 𝛌
écartée (si une des deux conditions du flambement combiné n’est pas vérifiée). Le cas inverse
est également correct.
Il est qu’un élément qui n’est pas sujet d’une vérification au flambement (𝛌 ̅ 𝐦𝐚𝐱 ≤ 𝟎. 𝟐) ne
l’est pas pour le flambement combine. Ceci est valable pour le déversement combine si
l’élément est sans risqué de déversement (𝛌̅ 𝐋𝐓 > 0.4)
IV. 1.1 Flexion et effort axial pour les sections transversales de classe 1 ou 2
Pour une section en I, si on accepte une plastification totale, la condition de ruine sera alors
celle indiquée dans la figure IV.1 et la combinaison d'effort axial et de moment donnant cette
condition sera la suivante :
38
Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
h 2t 2
M N f y bt f (h t f ) f y f
y 2n t w (IV.2)
2
Pour les sections transversales sans trous de boulons, on peut utiliser les approximations
suivantes pour les moments exercés selon l'axe z :
39
Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
1 n
NSd M N , [Link] M [Link]
ht
0,5
A
NSd MN, Rd 1,[Link] (1 n1,7 )
Profil creux circulaire
IV. 1.2 Flexion et force axiale pour les sections transversales de Classe 3
La figure IV.2 montre un point quelconque dans la longueur d'un poteau en H où le moment
et la compression appliqués par rapport l'axe y produisent la répartition des contraintes
uniforme et variable indiquée aux figures IV.3.a et IV.3.b.
Pour un comportement élastique on peut utiliser le principe de superposition pour ajouter
simplement les deux répartitions de contraintes comme indiqué dans la figure IV.3.c. La
première plastification apparaîtra donc au niveau du bord où se produit la contrainte de
flexion en compression maximum et correspondra à la limite suivante :
f y c b (IV.7)
où :
40
Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
Mh/2
b Représente la contrainte de compression maximum provoquée par le moment
I
M, h représente la hauteur totale de la section, et I représente le moment d'inertie de flexion
selon l'axe y
[Link] f yd (IV.8)
où : f yd f y / M 0 .
N Sd M [Link] fy N Sd M [Link]
1 (IV.9)
A Wel.y M 0 A f y / M 0 Wel.y f y / M 0
IV. 1.3 Flexion et force axiale pour les sections transversales de classe 4
Les sections transversales de Classe 4 sont satisfaisantes si la contrainte longitudinale
maximum [Link] calculée au moyen des largeurs efficaces des éléments comprimés satisfait le
critère suivant :
[Link] f yd (IV.10)
Où f yd f y / M1 . (IV.11)
41
Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
NSd k y M y,Sd k M
z z ,Sd 1 (IV.13)
Afy Wpl, y f y Wpl, z f y
min
M1 M1 M1
Il convient que les éléments comportant des sections transversales de classes 1 et 2 soumis à
une combinaison de flexion biaxiale et de compression axiale, lorsqu'un déversement est
possible, satisfassent également le critère suivant :
N Sd k LT M y,Sd k z M z ,Sd
1 (IV.14)
z Af y LT Wpl, y f y Wpl,z f y
M1 M1 M1
où : min = min (χy et χz) représente le facteur de réduction pour le flambement des poteaux,
et k y et k z représente un facteur de modification :
y N Sd z NSd
ky 1 mais k y 1,5 kz 1 mais k z 1,5 (IV.15)
y A fy z A f y
Wpl, y Wpl,z
y y (2 My 4) 1 mais y 0,90 et z z (2 Mz 4) 1 mais z 0,90
Wel, y Wel,z
(IV.16)
LT NSd
k LT 1 mais k y 1 et LT 0,15 Z [Link] 0,15 mais LT 0,90 (IV.17)
Z A f y
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
Moments d’extrémité
Et
Rôle de k
La valeur de k, dépend de façon relativement complexe des éléments suivants :
N Sd
Niveau de charge axiale mesuré par le rapport
A fy
Élancement de l'élément
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
Il convient que les éléments comportant des sections transversales de classe 3 soumis à une
combinaison de flexion biaxiale et de compression axiale, lorsqu'un déversement est possible,
satisfassent également le critère suivant :
y N Sd z NSd
ky 1 mais k y 1,5 kz 1 mais k z 1,5 (IV.20)
y Af y z Afy
Il convient que les éléments comportant des sections transversales de classe 4 soumis à une
combinaison de flexion biaxiale et de compression axiale satisfassent le critère suivant :
Il convient que les éléments comportant des sections transversales de classe 4 soumis à une
combinaison de flexion biaxiale et de compression axiale, lorsqu'un déversement est possible,
satisfassent également le critère suivant :
NSd k LTM y,Sd NSd e Ny k z (M z,Sd NSd e Nz )
1 (IV.23)
z A eff f y LT Weff ,y f y Weff ,z f y
M1 M1 M1
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
Pour ky et kz et min ils sont identique a ceux des sections de classe 3 mais en remplaçant A
par Aeff.
Weff.y représente le module de résistance efficace pour la flexion pure par rapport a
l’axe y
Weff.z représente le module de résistance efficace pour la flexion pure par rapport a
l’axe z
eN.z représente le décalage d'axe neutre en comparant la section transversale brute avec
la section transversale efficace (calculée en supposant une compression pure) utilisée
pour prendre en compte le voilement local.
Rôle de kLT
LT NSd
k LT 1 mais ky 1
Z Afy
Elancement de l'élément z
Pour la combinaison la plus sévère kLT prend la valeur de l'unité, correspondant à une
combinaison linéaire des termes de compression et de flexion. Ceci reflète l'étendue réduite
des effets d'amplification dans ce cas, étant donné que la valeur de NSd ne peut excéder
χz A fy, qui sera, à son tour, sensiblement inférieure à la charge critique élastique pour le
flambement.
Il est important de noter à partir de la définition de Aeff et Weff ci-dessus qu'il convient que le
calcul des caractéristiques des sections transversales, et donc également la classification des
sections transversales, soient effectués sur une base distincte pour chacune des trois
composantes de charge N, My et Mz. Ceci signifie, bien sûr, qu'un même élément peut être
classifié comme (par exemple) classe 1 pour la flexion selon l'axe fort, classe 2 pour la flexion
selon l'axe faible, et classe 3 pour la compression. Dans ce cas, l'approche de calcul sécuritaire
consiste à effectuer toutes les vérifications des éléments comprimés et fléchis au moyen des
procédures correspondant à la classe la moins favorable.
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
Où : α et β sont des constantes pouvant être prises en toute sécurité égales à l'unité, sinon de la
façon suivante: avec: n = NSd / [Link]
– Sections en I ou H :
α=2; β=5n mais β≥1
– Sections creuses circulaires:
α=2; β=2
1,66
– Sections creuses rectangulaires: mais α = β ≤ 6
1 1,33n 2
L'expression suivante constitue une alternative plus simple mais plus sécuritaire :
N Sd M [Link] M [Link]
1 (IV.25)
N [Link] M [Link] M [Link]
APPLICATION :
Montrer que lorsqu’on a un HEA 160 utilisé en tant que poteau d’une hauteur libre de 4 m
soumis à un effort axial NSd de 250 kN, alors il peut également supporter un moment de
flexion de 6 kN.m selon l’axe faible (Figure IV.3).
Supposons que ce moment produit une flexion à simple courbure et que l’acier constitutif est
un acier S235 de limite d’élasticité fy = 235 MPa.
Les extrémités du poteau sont bloquées en translation mais pas en rotation.
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Chapitre 1V Calcul des pièces sollicitées en flambement composé
SOLUTION :
Propriétés de la section :
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LES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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