Concepts clés de chimie organique
Concepts clés de chimie organique
Q.I.4 : Qu’est-ce que le descripteur stéréochimique (ou la configuration absolue) d’un carbone
C HIMIE ORGANIQUE asymétrique ?
Q.I.2 : Définir un objet chiral. Donner des exemples de la vie de tous les jours et des exemples Q.I.5 : Qu’appelle-t-on stéréoisomères de configuration ? Quels sont les deux types de sté-
en chimie. réoisomérie de configuration ?
Réponse : Un objet chiral est un objet qui n’est pas superposable à son image par Réponse : Deux stéréoisomères de configuration sont des molécules qui ont la
un miroir plan. même formule semi-développée mais des représentations de Cram différentes. Il existe
Exemples : Une main, une chaussure sont des objets chiraux. Deux exemples de molécules des énantiomères (deux stéréoisomères images l’un de l’autre par un miroir plan) et des
chirales : diastéréoisomères (stéréoisomères non images l’un de l’autre par un miroir plan).
Cl H
* *
Br Q.I.6 : Qu’est-ce qu’un composé méso ? Donner un exemple.
I F
Réponse : Un composé méso est une molécule achirale qui possède au moins deux
atomes de carbone asymétriques ainsi qu’un plan ou un centre de symétrie.
Q.I.3 : À quelles conditions sur un élément de symétrie une molécule est-elle chirale ?
OH OH OH
acide
(R) COOH HOOC (S) (R) COOH
Réponse : Un molécule qui possède un plan ou un centre de symétrie est achirale.
(R,S)-tartrique
HOOC (S) (R) COOH = HOOC (S)
composé méso
OH OH OH
OH
Cl
∗
∗ CO2H
H HO2C
H Cl
OH
achirale achirale
(plan de symétrie) (centre de symétrie)
C N Br O H N
cyanure bromure hydroxyde ammoniac
Q.I.8 : Quel lien existe entre le pouvoir rotatoire spécifique de deux énantiomères ?
Q.I.9 : Que peut-on dire des propriétés physiques et chimiques de deux énantiomères ? de
deux diastéréoisomères ? Réponse : Les facteurs suivant peuvent favoriser la nucléophilie :
• La présence d’une charge formelle négative (elle traduit un excédent local d’élec-
tron).
Réponse : Deux énantiomères ont la même réactivité chimique sauf vis-à-vis d’une
• La disponibilité d’un doublet non-liant (la délocalisation électronique rend la
molécule chirale. Deux diastéréoisomères ont une réactivité chimique différente.
disponibilité d’un doublet non-liant plus faible).
À l’exception d’activité optique, deux énantiomères ont les mêmes propriétés phy-
• La polarisabilité de l’atome portant le doublet non-liant.
siques (température de fusion, température de changement d’état, polarité, propriétés
spectroscopiques...). Deux diastéréoisomères ont des propriétés physiques diffé-
rentes. [Link].3 : Qu’est-ce qu’une espèce chimique électrophile ? Donner des exemples.
+δ −δ −δ +δ
[Link].6 : Définir le concept de sélectivité. Donner la liste des différentes sélectivités pouvant H3C CH2 Cl H3C CH2 Mg Br
être rencontrées.
χC < χCl χC > χMg
Réponse : Lorsque parmi plusieurs produits possible d’une réaction, celle-ci en favorise
un plus que les autres, on dit que cette réaction est sélective. On distingue alors : [Link].10 : Définir l’effet mésomère. Donner des exemples.
• la régiosélectivité (formation favorable d’un isomère de constitution plutôt que
d’autres) ;
Réponse : L’effet mésomère est un effet de polarisation de liaisons chimiques due à
• la stéréosélectivité (formation favorable d’un stéréoisomère plutôt que
la délocalisation de doublets d’électrons de liaisons multiples ou de doublets non-liants.
d’autres) ;
• la chimiosélectivité (action sur une fonction chimique plutôt que d’autres).
O O H H
N N N N
[Link].7 : Définir la stéréospécificité. O O H H
Réponse : Un nucléofuge (ou groupe partant) est une entité chimique qui se détache CH3 H3C CH3
(R) (S)
d’une molécule en emportant un doublet non liant lors de la rupture d’une liaison covalente. (2) H O + OH + HO
C3H7 C2H5 C3H7 C3H7
Plus la liaison à rompre est polarisable, plus elle est facile à rompre donc meilleur est C2H5 C2H5
le nucléofuge. 50 % 50 %
• Mécanisme limite SN 2 :
I > Br > Cl
meilleur groupe δ+ δ-
partant H O + H Cl HO H + Cl
H3C CH3
Par ailleurs, l’espèce libérée est d’autant plus nucléofuge qu’elle est stable une fois libérée.
O O
O S Me O S Me ...
O O
ion mésylate MsO- base faible, stabilisée par
mésomérie - bon nucléofuge
εa,2
εa,1
Réponse : Si le carbocation est stable (stabilisé par des effets électroniques par
exemple) : le mécanisme de SN 1 est favorisé. Si le carbocation est peu stable : le méca-
nisme de SN 2 est favorisé.
En particulier, les carbocations primaires donnent favorablement lieu à un mécanisme
SN 2 tandis que les carbocations tertiaires donnent favorablement lieu à un mécanisme SN 1.
H3C
HO +
C3H7 Br
C2H5 H3C
C3H7 OH + Br [Link].8 : Écrire le bilan d’une β-élimination.
vallée C2H5 vallée des
des réactifs produits CR
(Coordonnée réactionelle) Réponse : Une réaction d’élimination est une réaction au cours de laquelle un atome
(ou groupe d’atomes) est ôté pour former une liaison multiple.
• Mécanisme limite SN 2 :
R2 GP R2 R3
Ep H O Cl
R1 C C R3 + B = C C + BH + GP
H3C H
H R4 R1 R4
εa
[Link].9 : Sur un exemple judicieusement choisi, donner le mécanisme d’une β-E2.
Réponse :
HO +H Cl H
H 3C Et Br
Me C C Et H + Br + Et O
HO H + Cl
C C
H Me Me
vallée CH3 vallée des H Me
des réactifs produits CR Et O
(Coordonnée réactionelle)
Réponse : Les réactions de β-éliminations sont régiosélectives : les alcènes les plus O
stables sont formés en plus grande proportion. C’est la règle de Zaïtsev. O H3C CH2 Mg Br
complexe acide-base
de Lewis
éthoxyéthane O
IV. Synthèse et utilisation d’organomagnésiens mixtes
[Link].1 : Qu’est-ce qu’un organomagnésien mixte ? Donner des exemples. [Link].4 : Expliquer en quoi la synthèse d’un organomagnésien est qualifiée d’umpolung et
pourquoi ceci est intéressant en synthèse organique.
Réponse : Les organomagnésiens mixtes, aussi appelés réactifs de Grignard, sont
notés RMgX où R est un groupement hydrocarboné et X un halogène parmi Cl, Br
ou I. Ils possèdent une liaison carbone-métal et sont, à ce titre, qualifiés de composés or- Réponse : Du fait de la polarité de la liaison C – Mg, un organomagnésien mixte est
ganométalliques. Leur nomenclature est de type « halogénure d’alkylmagnésium ». l’équivalent synthétique d’un carbanion. Il possède ainsi des propriétés nucléophiles
et basiques, ce qui est rare pour un carbone en chimie organique.
Réponse : Les dérivés carbonylés (aldéhydes, cétones) sont des électrophiles qui
Réponse : Les organomagnésiens mixtes sont en général préparés à partir des dé- réagissent avec des organomagnésiens mixtes selon un mécanisme d’addition nucléophile
rivés halogénés correspondants par insertion du magnésium entre le carbone et (AN ). La réaction permet de former un alcool tout en allongeant la chaîne carbonée.
l’halogène.
R−X + Mg(s) = R−MgX O XMgO R3
+ R3 MgX =
• R correspond à la chaîne carbonée ; R1 R2 R1 R2
• X correspond à un halogène parmi Cl, Br ou I.
Le mécanisme est le suivant :
[Link].3 : Quelles propriétés doit présenter le solvant choisi pour la synthèse d’un organoma- −δ MgBr H
O −δ AN O O
gnésien ? Donner des exemples. +δ H H2SO4
+δ
+ BrMg + Mg2 + Br
H hydrolyse acide
[Link].6 : Donner l’équation bilan, les conditions opératoires et le mécanisme de la réaction Réponse : En milieu oxydant, les alcool peuvent être oxydés en composé carbonylés
d’un organomagnésien mixte sur du dioxyde de carbone. (cétone les alcools secondaires, aldéhydes pour les primaires et méthanal pour le méthanol).
Remarque : les alcools tertiaire ne peuvent être oxydés !
Réponse : Le dioxyde de carbone est un électrophile qui peut réagir avec les organo- fonction monovalente fonction divalente fonction trivalente
magnésiens mixtes pour donner un ion carboxylate. Après hydrolyse acide, ce carboxylate oxydation oxydation
OH O O
peut être transformé en acide carboxylique.
réduction H réduction OH
R3 alcool primaire aldéhyde acide carboxylique
O C O + R3 MgX = O
OMgX OH oxydation O pas d'oxydation
X
réduction
Le mécanisme est le suivant : alcool secondaire cétone
OH pas d'oxydation
X
+δ −δ +2δ −δ AN O O
−δ H2SO4
Ph MgBr + O C O MgBr H + Mg2 + Br alcool tertiaire
Ph O hydrolyse Ph O
acide
Q.V.1 : Qu’est-ce que la classe d’un alcool ? Donner les différentes classes possibles accom- Réponse : Le tétrahydruroborate de sodium (NaBH4 ) réduit les dérivés carbonylés en
pagnées d’un exemple dans chaque cas. alcool.
O OH
NaBH4
R1 R2 EtOH ou MeOH R1 R2
Réponse : La classe d’un alcool correspond à son degré de substitution. Ces alcools
aldéhyde ou alcool
peuvent être nullaires (il s’agit alors du méthanol), primaires, secondaires ou tertiaires. cétone
Réponse :
[Link].4 : Donner le bilan, les conditions opératoires et le mécanisme d’une synthèse de
proton proton
H H Williamson sur un exemple judicieusement choisi.
O acide acide
O
site
nucléophile
site Réponse : La synthèse de Williamson est la substitution nucléophile d’un al-
nucléophile coolate ou d’un phénolate R1 – O – sur un dérivé halogéné ou un dérivé possédant un
groupe partant R2 – X. Elle conduit à la formation d’un étheroxyde R1 – O – R2 .
[Link].2 : Montrer que les phénols sont plus acides que les alcools. R1 −O− + R2 −X = R1 −O−R2 + X−
OH O
O O O
pKa = 10 ... [Link].5 : Montrer que les alcools présentent des propriétés électrophiles. Comment activer
l’électrophilie d’un alcool ?
phénol phénolate
stabilisation par mésomérie
L’acétalisation est équilibrée, sous contrôle thermodynamique. Réponse : La transformation d’un diol en acétal est athermique (∆r H ◦ ≈ 0 kJ · mol−1 ).
La température n’a donc aucune influence sur l’équilibre.
Pour optimiser la réaction, il est possible :
H H H
+ • d’ajouter un réactif en large excès (souvent le moins onéreux) ;
Ph H Ph Ph activation électrophile
O O H O H • d’ôter un produit du mélange réactionnel (souvent l’eau, à l’aide de l’appareil de
Dean-Stark).
O
O O OH
+ H2 O = + HO [Link].2 : Quelle est la relation entre la fréquence νIR d’un rayonnement infrarouge (IR)
R1 R2 R1 R2 absorbé, la constante de raideur k du ressort que modélise une liaison covalente et µ la masse
acétal cyclique diol
réduite ? Définir proprement chaque grandeur introduite en précisant l’unité.
Le mécanisme est exactement l’inverse de celui de l’acétalisation : Réponse : Il s’agit de la loi de Hooke :
H H avec :
O O r • νIR la fréquence du rayonnement en s−1 ;
O O O O H 1 k
H O O
νIR = • k la constante de raideur du ressort en kg · s−2 ;
O O H H 2π µ m1 m2
H H • µ la masse réduite où µ = en kg.
A/B élimination AN m1 + m2
Les spectres IR sont généralement tracés en fonction du nombre d’onde σ, exprimé en
cm−1 . Ainsi, la loi de Hooke peut également s’écrire comme :
prototropie
r
H 1 k
σ=
H O H 2πc µ
O O O H O
H + + O
O H où c est la vitesse de la lumière, alors exprimée en cm·s−1 .
regenere H
A/B élimination
Réponse :
VIII. Techniques spectroscopiques de caractérisation
bande d’élongation allure ordre de grandeur de σ / cm−1
[Link].1 : Quelle est la relation entre l’énergie ∆E d’un photon et la longueur d’onde du C–H fine 3000
rayonnement émis ou absorbé ? Nommer et donner l’unité des grandeurs introduites. O – H (alcool) large 3400
C–O fine et intense 1725
C–C fine et peu intense 1660
Réponse : Deux protons sont chimiquement équivalents (ou isochrones), s’ils sont doublet triplet quadruplet quintuplet sextuplet septuplet
échangeables par une opération de symétrie ou une rotation autour d’un axe (d) (t) (q) (quint.) (sext.) (sept.)
Cl Br H Br
H H H
Cl H Br H
H
plan de symétrie rotation de 2π/3 centre de symétrie
[Link].6 : À l’aide d’un schéma et d’une phrase (ou plusieurs !), expliquer la règle du (n + 1)-
uplet.
Réponse :
Le signal d’un groupe de protons équivalents HA couplé
avec p protons équivalents HX apparaît sous la forme d’un 1
(p + 1)-uplet dont les intensités relatives des pics sont 1 1
1 2 1
données par le triangle de Pascal. 1 3 3 1
L’écart entre les pics correspond à la constante de cou- 1 4 6 4 1
plage JAX