Polytypisme du carbure de silicium
Polytypisme du carbure de silicium
ABC/ABC/... . Si
Axe c (Å)
B
17,64 méthode Lely originelle. Le seul inconvénient – de
C taille – de la méthode de Lely modifiée est la pré-
15,12
B sence de défauts structuraux dans le monocristal.
12,60 Certains, appelés micropores, se caractérisent par
A
10,08 des microtubes (absence de matière) traversant de
B part en part le substrat. On les surnomme « tueurs
7,56
C de composant » car ils empêchent tout fonctionne-
5,04 ment de ceux-ci. Les accompagne tout un cortège
2,52
B d’autres dislocations, cependant moins réd-
A hibitoires que les micropores.
0
Axe c (Å)
B tion à un usage « personnel ». Les pays s’inves-
17,64 tissant dans la synthèse de SiC et le
A développement d’une véritable filière SiC sont
15,12
B naturellement les pays les plus avancés technolo-
12,60 giquement et économiquement : les États-Unis
C avec la NASA, l’armée appuyés par Cree
10,08
A Research, Northrop Grumman et les universités
7,56 de Pittsburgh et de Caroline du Nord ; l’Allema-
C gne avec Daimler-Benz, Siemens et l’université
5,04 de Erlangen-Nünberg ; la Suède avec ABB et
B
2,52 l’université de Linköping ; la France avec Thom-
A son-LCR, le LETI-CEA. Le diamètre maximal des
0 substrats commercialement disponibles est de
75 mm (3 pouces) chez Cree Research et Sterling
Figure 4 – Polytype SiC-6H suivant <11 2 0> Semiconductor.
■ Homoépitaxie
Les différentes structures cristallographiques con-
duisent à des propriétés mécaniques semblables, le La technique de dépôt chimique en phase
distinguo apparaît clairement lorsque l’on aborde les vapeur (CVD) est la plus utilisée pour l’homoépitaxie
propriétés électriques des différents polytypes : pour sur SiC (figure 7), en utilisant une méthode de crois-
la réalisation de composants de puissance en SiC, la sance par avancée de marches (step-controlled epi-
tendance actuelle dégage en priorité les polytypes taxy) initiée par Kuroda et Matsunami en 1987 [4]
hexagonaux, avec une nette préférence pour le SiC- (figure 8). L’enceinte est constituée d’un tube en
4H. quartz entouré de spires inductives dans lequel est
CVD : chemical vapor disposée la plaquette à épitaxier, placée sur un sus-
deposition
HTCVD : high tempe-
■ Technologies de cristallogenèse cepteur. Le carbone et le silicium sont introduits, via
rature chemical vapor un flux d’hydrogène (gaz porteur), sous forme de
deposition Pour synthétiser du SiC monocristallin, il faut du SiH4, C3H8 ou CH4. La croissance s’effectue à une
carbone, du silicium et une température élevée. Le température de 1 400 ûC à 1 600 ûC.
tirage de lingots de SiC n’est pas envisageable à par-
tir d’une phase liquide (méthode de la filière sili- La technique de croissance par marches permet un
cium), cette phase nécessitant des température et bon contrôle du type de plan (A, B ou C) déposé et
pression prohibitives pour une fabrication indus- d’obtenir une couche épitaxiée sans inclusions de
trielle. La méthode de cristallogenèse utilisée actuel- polytypes parasites. La vitesse de croissance est de 2
lement a été initiée par les travaux de Lely [1] avec à 5 µm/h. Une désorientation du cristal (par rapport
la première synthèse de cristaux de SiC-6H de à <0001>) est recommandée pour obtenir une cou-
grande pureté. La méthode de croissance des mono- che de bonne qualité cristalline [5] et une vitesse de
cristaux repose sur la sublimation de poudre de croissance importante. Les angles utilisés sont 8û
SiC portée à 2 300 ûC. Les espèces chimiques alors pour le 4H et 3,5û pour le 6H. De nouvelles avancées
produites sont Si, C, Si2C et SiC2 et forment le maté- technologiques utilisant des architectures verticales
riau SiC monocristallin en se condensant sur les à parois chaudes permettent d’atteindre des vitesses
parois du réacteur. Cette méthode a été améliorée de croissance d’environ 50 µm/h. La méthode de
par Tairov et Tsvetkov [2] en proposant l’introduc- dépôt chimique en phase vapeur à haute tem-
tion, dans le réacteur, d’un germe (morceau de SiC pérature (HTCVD) semble la meilleure pour obtenir
monocristallin) à partir duquel croît la boule de SiC des épitaxies épaisses, avec des vitesses de crois-
T1
radiofréquences
T2 > T 1
Si2C Si
SiC2 Poudre de SiC
T2
Sublimation
Creuset
Source
125 1 000
Diamètre de micropore (mm)
100
Production
100 25 mm
100 50 mm
75
35 mm
75
10
50 30 mm
R&D
50 35 mm
35 1
30
25
25
0,1
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Figure 6 – Production R & D et commerciale de substrats SiC par Cree (d’après [3])
C C B
C
Surface
H2 A
C
B
A
Epigress
CH4 C 3H 8 Tube en Suscepteur [Link]
quartz et substrat Purdue Wide Band
Figure 8 – Technique de croissance par avancée Gap Research
Figure 7 – Homoépitaxie CVD de marches [Link]
[Link]/WBG
Université
de Linköping (Suède)
sance élevées (500 µm/h) et de qualité comparable substrats de 3C, difficiles à obtenir par croissance [Link]
Matephys
aux couches obtenues par la technique CVD [6]. classique. La différence de paramètre de maille
Université de Kyoto
(20 %) et de coefficient de dilatation (8 %) font de (Japon)
■ Hétéroépitaxie l’interface SiC-3C/Si un lieu propice au développe- [Link]
La croissance de SiC-3C sur Si a été initiée par ment de défauts structuraux. [Link]/~syu-naka/
Matsunami en 1980 [7] et permet de bénéficier de English/[Link]
D’autres hétérostructures émergent, constituées Pour obtenir une profondeur d’implantation d’alu-
Dans les Techniques d’un empilement SiC/SiO2/Si appelé SICOI™ [8] ou
de l’Ingénieur : minium de 1 µm, il faut une énergie d’implantation
Technologie silicium sur SIMOX [9]. Leur intérêt premier est l’obtention de de l’ordre de 1 MeV. Par conséquent, il est difficile
isolant : SOI [E 2 380] plaquettes de grande taille à moindre coût, éventuel- techniquement d’obtenir des jonctions profondes
de S. Cristoloveanu lement exploitables par une filière circuit intégré
et F. Balestra (> 1 µm) avec les implanteurs « classiques » utilisés
CMOS. Leur utilisation pour des composants discrets par la filière silicium (typiquement, l’énergie maxi-
de puissance reste à prouver et serait une alternative
male disponible est de 200 keV). La profondeur de
intéressante pour l’obtention d’un matériau de base à
pénétration est directement liée à la masse du pro-
moindre coût pour des substrats de large diamètre.
jectile (l’impureté) et à la masse volumique du maté-
CMOS : complemen- riau cible (pour le SiC, ρ = 3,21 g · cm−3).
tary metal oxide
semiconductor 2. Technologie L’atome de bore, plus petit que celui d’aluminium,
des composants pénètre environ à 2 nm/keV, l’azote à quelque
1,5 nm/keV. Pour implanter profondément, il faut
■ Dopage soit implanter à haute énergie, soit « tirer » inten-
tionnellement selon une direction cristallographique
● Dopage in situ privilégiée suivant laquelle la disposition les atomes
de silicium et de carbone crée des « canaux » [10].
L’incorporation de dopants tels que l’azote, l’alumi-
nium ou le bore est possible durant la phase d’élabo- Un autre inconvénient est l’endommagement du
ration du matériau (croissance du substrat et des
matériau par l’implantation se traduisant par des
épitaxies). Elle permet d’obtenir une couche dopée
d’épaisseur et de niveau de dopage maintenant fia- modifications locales de la stœchiométrie du SiC et
bles. Le contrôle du type et du niveau de dopage l’altération de sa structure cristalline. Une étape de
dans la couche épitaxiée se fait en ajoutant l’impu- recuit à haute température est alors nécessaire pour
reté dopante sous forme de gaz dans l’enceinte pen- recristalliser le mieux possible le matériau et permet-
dant la croissance. L’apport d’azote (N2) permet tre aux impuretés implantées de migrer vers un site
d’obtenir le type N ; le type P est obtenu avec le bore cristallin adéquat pour devenir véritablement des
(B2H6) ou l’aluminium (Al(C2H5)3). Le niveau d’incor- dopants.
poration des impuretés au cristal est contrôlé par le
rapport Si/C de croissance, physiquement expliqué ● Niveaux donneurs et accepteurs
par compétition de site. L’aluminium s’intègre à la
matrice en remplaçant le silicium. L’azote, lui, se Les impuretés azote et phosphore ont un niveau
sMOSFET : metal oxide semiconductor field effect donneur proche de la bande de conduction et per-
transistorubstitue principalement à l’atome de car- mettent d’obtenir une concentration d’électrons à
bone. Le niveau de dopage résiduel (généralement 300 K s’élevant à environ 50 % du niveau de dopage,
de type P) est d’environ 1013 à 1014 cm−3, la concen- ND. Pour le type P, les niveaux sont relativement pro-
tration contrôlée est de 1015 à 1019 cm −3. fonds (~200 meV pour Al et ~300 meV pour B) et
sont responsables d’une concentration de trous à
MOSFET : metal oxide ● Dopage localisé par implantation ionique
semiconductor field
300 K d’environ 5 % du niveau de dopage, NA. Les
effect transistor
L’obtention de couches dopées par diffusion est valeurs des niveaux d’énergie dépendent du site,
très difficile dans SiC. Les coefficients de diffusion cubique ou hexagonal, occupé par l’impureté. L’alu-
des impuretés dopantes sont très faibles et requiè- minium et le bore donnent des niveaux plus profonds
rent des températures et des durées dissuasives. respectivement dans le SiC-4H et le SiC-6H. L’alumi-
L’utilisation de l’implantation ionique est alors indis- nium est responsable d’un niveau profond situé à
pensable. 570 meV (par rapport au niveau d’énergie de la
bande de valence Ev), attribué à un centre I, dans le
L’implantation ionique est la technique choisie pour SiC-4H. Le bore introduit un niveau d’énergie attri-
l’obtention de dopages localisés. Les impuretés les bué à un complexe, dit centre D, de 580 meV (par
plus utilisées sont l’aluminium et le bore pour obtenir rapport à Ev) dans le SiC-6H.
le type P, l’azote et récemment le phosphore pour le
type N. Le principal inconvénient est, faute de diffu-
sion possible, le domaine réduit des profondeurs ■ Oxydes et isolants
de dopage possibles. En effet, l’ordre de grandeur
de la pénétration d’atomes d’aluminium dans SiC est Un des atouts majeurs de la filière silicium est
1 nm/keV : l’oxyde de silicium SiO2. Il est relativement facile à
faire croître et présente de bonnes propriétés électri-
δ = R p /E ques (champ électrique de claquage ~13 MV · cm−1
pour un oxyde thermique). Cet avantage existe aussi
pour la technologie du SiC mais le « mariage » SiC/
avec δ (nm/keV)la pénétration d’atomes,
SiO2 n’est pour l’instant pas acquis, peut-être per-
Rp (nm) la position du maximum de la turbé par le carbone. L’obtention d’une bonne inter-
distribution d’atomes dans SiC, face SiC/SiO2 ouvre la voie à la technologie MOSFET
et est également indispensable à la passivation de
E (keV) l’énergie d’implantation. tout composant de puissance.
(0)
Tableau 1 – Caractéristiques d’isolants
Ebr (V · cm−1) : champ
Isolants 4H/6H 3C SiO2 AlN Al2O3 Si3N4 Ta2O5 TiO2 de claquage
Ebr (MV · cm−1) 2,2/2,5 2,0 10 à 13 6 à 15 5 5 à 10 3,5 1 Eg (eV) : gap, bande
d’énergies interdites
εr 10 9,7 3,9 8,5 10 7,5 22 à 27 15 à 40
Eg (eV) 3,2/3,0 2,3 9,0 6,2 7à8 5 4,4 3,2
E
Les polytypes 6H et 15R sont de bons candidats pour Ev (eV) : niveau
Ec les MOSFET, les mobilités effectives µeff des électrons d’énergie
4H dans le canal obtenues expérimentalement sont res- de la bande de valence
pectivement environ 40 et 60 cm2 · V−1 · s−1. Le 4H
Accepteur
Ec (eV) : niveau
6H Oxydation est le « mauvais élève » et n’obtient qu’environ d’énergie
humide
5 cm2 · V−1 · s−1 [14]. Cette différence peut être de la bande
15R de conduction
attribuée à la distribution des états d’interface, Dit,
Oxydation
sèche
proposée sur la figure 9. D’autres phénomènes alté-
reraient le transport des électrons dans le canal
Donneur
BFM = ε r µ E G
3 Baliga factor of merit Minimisation des pertes Interrupteur de [26]
en conduction puissance haute
Baliga high frequencies factor Minimisation des pertes tension (FET de [27]
BHFFM = µ E C2 puissance)
of merit en commutation
SiC-3C
SiC-6H
SiC-4H
1
AIN
GaAs
GaP
Gap
■ Diode bipolaire
BN
104
Ge
des pn silicium. La même métallisation sert pour le L’évaluation de LDMOS montre à nouveau l’insuffi-
contact Schottky et pour le contact sur le P+ ; il faut sante mobilité du canal, mais les progrès obtenus sur
nécessairement un compromis pour la température les MOSFET plans peuvent, dans cette structure, être
de recuit du métal (Ti ou Ni), les impératifs liés au appliqués sans modification.
contact ohmique sur P+ (~1 000 à 1 100 ûC) et au
contact Schottky sur N (~500 à 800 ûC) étant diffé- ■ MOSFET à accumulation
rents. Un moyen d’éviter les problèmes de mobilité faible
du canal d’inversion est de créer au préalable le canal
■ MESFET et SIT par implantation ou épitaxie. Cette méthode donne
Des démonstrateurs de composants à base de SiC naissance à une autre gamme d’interrupteurs MOS-
DIMOS : MOSFET
pour des applications à haute fréquence ont été FET dits Accu-MOSFET (MOSFET à accumulation).
double implanté
fabriqués. Les structures classiquement utilisées sont Dans ce type de composants, il n’est plus question
GTO : gate turn off
JFET : junction field des composants de type MESFET ou SIT. Ce sont des d’inversion sur type P mais de contrôler la résistivité
effect transistor interrupteurs unipolaires dont la commande de grille d’une zone de type N avec une commande par grille
LDMOS : MOSFET
est un contact Schottky utilisé en polarisation MOS. Suivant l’épaisseur et le dopage du canal, le
latéral diffusé
inverse. La technologie employée est essentiellement composant est normalement passant ou bloqué.
SIT : static inductor
transistor à base de gravure, de contact Schottky et de contact Les résultats obtenus montrent une nette amélio-
UHF : ultrahaute
fréquence ohmique le moins résistif possible. Le substrat de ration des performances des composants (résistance
UMOS : MOSFET départ est soit semi-isolant, soit conducteur, formé en série RON = 16 mΩ · cm2 pour une tension de cla-
en tranchée alors d’une succession de quatre couches : N/P+/N/ quage Vbr = 1 400 V [34]). Une application
N++. particulière du domaine de la protection électrique a
été proposée et a abouti à la réalisation d’un compo-
Les deux contacts source et drain sur N++ sont
sant limiteur de courant basé sur une structure Accu-
séparés par une gravure totale de la couche N++
MOSFET (canal préformé) tenant 600 V avec une
pour rejoindre la couche N ; la grille est placée dans
densité de courant de saturation de 900 A/cm2 et
le fond de gravure sur la couche N. Le dimensionne-
une résistance série spécifique de 12 mW · cm2 [35].
ment de cette couche (~1017 cm−3) ainsi que la lon-
gueur de la grille (~0,5 µm) sont les paramètres ■ JFET
principaux régissant les performances d’un MESFET.
Ces composants sont évalués en terme de fréquence Dans la continuité des MOSFET à accumulation, les
et de puissance. On relève une aptitude du SiC-4H composants dits JFET permettent d’obtenir des
pour des composants fonctionnant à 3,3 W/mm à résistances série faibles (RON = 14 mΩ · cm2 pour
10 GHz, voire même à 4,6 W/mm à 3,5 GHz [3]. À VBR = 1 800 V [36]).
de telles fréquences, la qualité des contacts est Le composant étudié par Friedrichs (Siemens) [36]
importante (capacités parasites) et le composant présente des caractéristiques intéressantes et est le
fonctionne en régime de vitesse de saturation des meilleur interrupteur unipolaire obtenu sur SiC. Il
porteurs. pourrait être l’un des premiers interrupteurs haute
tension industriels en SiC.
Des problèmes de perte de gain à haute tempéra-
ture (300 à 600 ûC) ainsi que de stabilité ont été ■ Thyristor (GTO)
constatés sur les substrats semi-isolants [31]. Un
Les thyristors GTO ont été parmi les premiers
module à base de SIT destiné à des applications UHF
interrupteurs obtenus sur SiC [37]. Ils sont réalisés à
(télévision) a été réalisé [32].
partir de quatre couches épitaxiées (N/P/N/P) et
■ MOSFET de puissance nécessitent une gravure locale pour atteindre la cou-
che (P) correspondant à la gâchette. Les performan-
Les MOSFET de puissance réalisés rencontrent les ces des composants obtenus montrent une tenue en
mêmes problèmes que les MOSFET plans basse ten- tension de 2 600 V pour une résistance série spécifi-
sion, c’est-à-dire une mobilité des électrons très fai- que de 3,3 mΩ · cm2 [38]. Les densités de courant
ble dans le canal d’inversion et une mauvaise qualité atteintes sont élevées, de l’ordre de 4 000 A · cm−2.
de l’interface SiO2/SiC. Ces préoccupations font que La durée de vie ambipolaire (τe + τh) estimée dans le
le SiC-4H n’est pas le meilleur candidat pour le MOS- thyristor GTO 2 600 V [38] est de 0,6 à 3,6 µs ; dans
FET de puissance en raison de sa mauvaise mobilité les autres thyristors, elle est de 50 à 300 ns. Contrai-
dans le canal. Les meilleurs composants (ayant une rement à la technologie silicium, la couche tenant la
bonne mobilité des électrons dans le canal d’inver- tension est de type P (type N en silicium), choix
sion) ont été réalisés sur 6H ou prospectés sur 15R résultant de la forte résistivité des substrats SiC de
[33]. type P qui oblige à ne pas utiliser une couche de type
N. Elle serait peut être mieux adaptée pour la tenue
Le MOSFET plan n’est pas forcément une première
en tension (plus faible coefficient d’ionisation par
étape vers le MOSFET de puissance, la réalisation de
avalanche des électrons par rapport aux trous de
la couche P+ est très différente dans une configura-
SiC ; c’est l’inverse pour le silicium).
tion de puissance. Les premiers transistors MOS de
puissance ont d’ailleurs été des UMOS où la couche ■ Perspectives
P+ est épitaxiée et le canal « porté » par le flanc de
gravure entre la source et le drain. La réalisation de Les courbes représentées sur les figures 11 à 14
cette couche par implantation pour la réalisation de synthétisent les résultats obtenus sur les démonstra-
DIMOS introduit une inconnue non négligeable qui teurs de composants de puissance haute tension en
est la qualité de l’interface SiO2/SiC d’une zone SiC.
PWM : pulse wave
modulation implantée/recuite, aspect peu étudié de ce compo- Le principal handicap des diodes bipolaires SiC est
sant. leur seuil de tension élevé en direct par rapport
VF (V) :
chute de tension
10 104 Vbr (V) :
6 102
4 10
SiC-6H
2 1
SiC-4H
0 10–1
102 103 104 102 103 104
Vbr (V) Vbr (V)
8
aux diodes silicium (différence qui semble s’atténuer
6 expérimentalement avec l’augmentation du calibre
tension/courant considéré). Elles sont cependant très
performantes en commutation grâce à des durées
4
de vie des minoritaires faibles. Des tests comparatifs
de diodes pn SiC placées dans un contexte système
2 ont été effectués [39]. Dans le cas d’un module
IGBT-Si/diode-pn-Si, le remplacement de la diode pn
0
Si par une diode pn SiC induit une réduction des per-
102 103 104 tes totales de 95 % (module 2 500 V, test sous 150 A
Vbr (V)
et 400 A, la surface de la diode SiC est de 40 mm2).
La diode SiC fut fabriquée sur une plaquette où une
cartographie des micropores « tueurs de
composants » [40] avait été dressée au préalable.
Figure 12 – Thyristors GTO (SiC-4H)
Les diodes Schottky SiC sont plus à même de concur-
rencer les diodes pn silicium pour des tensions infé-
rieures à 1 000 V. Le remplacement d’une diode Si
par une diode Schottky SiC-4H dans un module IGBT-
Si/diode-pn-Si (module 600 V/50 A, surface de la
diode SiC de 16 mm2) a conduit à une réduction de
102
70 % des pertes du module. Pour ce qui est des
RDYN-SPE (mΩ · cm2)
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