Introduction
L’extrait d'article intitulé « Quel futur pour l'Afrique ? Évolution des paradigmes du
développement, débats méthodologiques et perspectives » soumis à notre connaissance a pour
auteur Kako Nubukpo.
L’extrait qui nous a été soumis en guise de commentaire de texte , a été publié en 2013 dans la
revue L'économie politique, numéro 59, aux pages 76 à 90. L’article s'inscrit dans une réflexion
critique sur les paradigmes de développement appliqués à l'Afrique.
Ce dernier est de nature doctrinale.
Après lecture du texte, nous constatons que l’auteur met en exergue deux aspects principaux.
D’abord , il parle de la phase volontariste qui privilégie l’état dans le développement et ensuite, il
évoque l’idée du temps de la gestion qui est fondée sur le libéralisme.
Au vu de ce qui précède, nous pouvons voir qu’il traduit l’idée selon laquelle l’évolution de la
pensée économique du développement en Afrique est l’idée principale qu’il met en relief dans le
texte.
L’interventionniste étatique dans le développement ainsi que les stratégies protectionnistes
pour le développement de l’économie sont deux facteurs à prendre en compte pour une bonne
compréhension de cette évolution. Toutefois, nous avons eu à assister à l’émergence du
paradigme néolibéral mais aussi à noter les limites pour les politiques d’ajustements structurels.
Eu égard à tout ce qui se précède nous analyserons premièrement Le volontarisme étatique : un
modèle interventionniste face aux blocages structurels(l) avant d’en déceler Le tournant libéral :
l’échec des programmes d’ajustement structurel (PAS)(ll)
I. Le volontarisme étatique : un modèle interventionniste face aux blocages structurels
Dans cette partie nous montrons d’abord l’état,moteur du développement économique (A) et
enfin les politiques protectionnistes (B)
A. L’État, moteur du développement économique:
Rôle central de l’État :Kako Nubukpo affirme que « le rôle prééminent de l’État dans le
développement et comme instance majeure de régulation sociopolitique était légitimé » .L’État
devait intervenir pour corriger les défaillances du marché et assurer une croissance économique
équilibrée. Le développement économique ne pouvait être laissé aux seules forces du marché en
raison de la faiblesse des infrastructures et de l’absence d’un tissu industriel [Link]
structurels internes Kako Nubukpo mentionne que « les économies en développement se
caractérisent par des rigidités, des blocages structurels et des goulets d’étranglement » . Ces
contraintes rendaient difficile le développement économique autonome. Les États devaient donc
mettre en place des politiques industrielles ciblées pour lever ces blocages et permettre
l’accumulation du capital.
B. Les politiques protectionnistes comme levier de développement:
Substitution d’importations :Kako Nubukpo explique que « les théories de la substitution
d’importations […] plaident pour un protectionnisme aux frontières nationales ou régionales sur
des secteurs stratégiques » .L’objectif de cette stratégie était de créer une industrie locale
compétitive en limitant l’entrée des produits importés. Les gouvernements devaient protéger les
industries naissantes par des tarifs douaniers élevés jusqu’à ce qu’elles deviennent assez solides
pour concurrencer les firmes [Link] plus,défense contre la domination
extérieure :Selon Kako Nubukpo, « les économies en développement sont intégrées dans un
processus de domination des anciennes métropoles » .L’héritage colonial avait laissé les
économies africaines dépendantes des exportations de matières premières. Les États devaient
donc développer des secteurs industriels nationaux pour échapper à cette dépendance et
promouvoir une croissance économique endogène.
II. Le tournant libéral : l’échec des programmes d’ajustement structurel (PAS):
Dans cette partie nous montrons premièrement l’imposition du libéralisme économique (A) et en
second lieu une critique des ajustements structurels (B).
A. L’imposition du libéralisme économique:
Le Consensus de Washington :Kako Nubukpo rappelle que « les trois grands principes universels
sont devenus l’économie de marché, l’ouverture économique et la discipline
macroéconomique » .Ces principes visaient à ouvrir les économies africaines au marché mondial
et à attirer les investissements étrangers. Cependant, cette ouverture brutale a exposé les pays
africains à la concurrence internationale sans qu’ils soient suffisamment préparés, ce qui a
entraîné la fermeture de nombreuses entreprises [Link] même,Politiques imposées Kako
Nubukpo critique que « l’échec des PAS montre que l’importation réussie de modèles juridiques
et économiques dans des sociétés elles-mêmes productrices de leurs propres normes juridiques
est une véritable gageure ».Les réformes libérales imposées par les institutions internationales
ne tenaient pas compte des réalités locales. Les pays africains, contraints d’adopter des
politiques économiques standardisées, ont vu leurs économies s’effondrer face à l’absence
d’infrastructures et à la pauvreté généralisée.
B. Une critique des ajustements structurels:
Absence de mesures adaptées .En effet,Kako Nubukpo cite Joseph Stiglitz, qui souligne que « la
précipitation avec laquelle les réformes sont imposées, les effets pervers de la conditionnalité,
ainsi que l’absence de mesures idoines d’accompagnement » ont aggravé la situation
économique en Afrique .Les réformes économiques ont souvent été appliquées de manière
précipitée, sans prévoir de mesures d’accompagnement social. Cette approche a conduit à
l’appauvrissement des populations et à l’instabilité politique dans de nombreux [Link] plus,Un
développement déséquilibré :Selon Kako Nubukpo, « la confusion savamment entretenue entre
l’exigence d’une gestion rigoureuse des finances publiques et l’inscription sans filet de sécurité
des économies subsahariennes dans le processus de mondialisation néolibérale pose
problème » .L’austérité budgétaire imposée par les PAS a fragilisé les services publics essentiels
comme la santé et l’éducation, créant davantage de pauvreté et de chômage. Une gestion
rigoureuse des finances publiques devait aller de pair avec des mesures sociales adaptées pour
limiter les inégalités.
L’analyse de Kako Nubukpo montre que l’histoire de l’économie du développement en Afrique
oscille entre deux extrêmes : le volontarisme étatique et le libéralisme économique imposé. Les
échecs successifs de ces modèles soulignent la nécessité d’une approche plus pragmatique,
fondée sur une compréhension des spécificités africaines, un juste équilibre entre régulation
étatique et marché, et une gestion économique tournée vers un développement inclusif et
durable.
D’où l’interrogation suivante : Pourquoi les ajustements structurels ont-ils échoué dans le
contexte africain ?