Couplage fluide-mouvement et cavitation
Couplage fluide-mouvement et cavitation
Ecole Doctorale
Mécanique Thermique et Génie Civil
Thèse de Doctorat
Diplôme délivré conjointement par
L’Ecole Centrale de Nantes et l’Université de Nantes
Spécialité : Dynamique des fluides et des transferts
JURY
Title : Fluid/Motion interaction for solid and flexible bodies by resolution of the Navier-Stokes equations.
Contribution to the numerical modelisation of cavitating flows.
Abstract : This PhD thesis deals with the integration of two physical features coupled with the resolution
of the Reynolds Averaged Navier-Stokes equations. The first one concerns the motion of solid or flexible
(with an imposed deformation) bodies. The specific numerical methods to perform such simulations are
described : resolution of the Newton’s law, regridding strategies, flow/motion coupling, discretization,...
Some applications are then presented, especially in the hydrodynamic field (seakeaping, slamming, flow
around a rowing blade). A special study more oriented towards biohydrodynamics and integrated to
the ROBEA Project, shows flows around a flexible body. Therefore, the first 3D computations on a
self-propelled eel-like body are described. The interaction between the fluid and the body is fully taken
into account since the position of the body is not imposed but solved. The second physical feature aims
at modelling cavitating flows. For instance, this extension of multi-phase flows has simply consisted in
integrating a model of Production-Destruction for the vapor without large modifications in the Navier-
Stokes solver. The first results and the numerical difficulties are exposed. In order to solve these numerical
problems, a new formulation with a stronger coupling between the variables is finally proposed.
Vous aurez compris que le mouvement triennal de cette symphonie numérique dont je
suis l’humble auteur a été orchestré par une main de maı̂tre ! Pour les accords, je tiens
évidemment à y associer tous les autres membres de l’Equipe Modélisation Numérique,
compositeurs et interprètes de la partition ISIS. Leur disponibilité a permis de combler
”fortissimo” mes lacunes, notamment informatiques.
J’en appelle donc à : Gan Bo Deng, pour ces commandes magiques ”à la Mandrake”, capa-
bles de transformer une machine récalcitrante en docile instrument de travail, Emmanuel
Guilmineau qui a toujours eu du ressort aussi bien pour les maillages tordus que pour des
commandes LATEX retorts et Patrick Queutey, pour sa virtuosité dans la manipulation des
make, sed ou autres awk mais aussi pour m’avoir fait partager ses compétences aussi bien
en logiciels qu’en surface libres.
Sans oublier les ex-thésards : Régis Duvigneau, expert en forme génétiquement modifiée
et en contrôle de jets synthétiques, pour m’avoir laissé celui de la chaise réglable ce qui
m’a permis, par ce supplément de confort, de soulager mes cervicales, et Alexander Hay,
”self-coherent Raffaggloisator”, grand maı̂tre de l’erreur (et non pas dans l’erreur), pour
qui le nombre de cellules gagnées par la mise en place de ses techniques d’adaptation locale
n’a d’égal que celui de ses blagues pas très raffinées sur l’agglomération tourangelle...
Et les nouveaux doctorants : Oussama Chikhaoui, pour son indulgence à l’égard de mes
calculs parasites sur sa machine, et Davy Dauby, pour sa patience infaillible envers des
simulations cavitantes, disons à convergence difficile.
J’ai aussi une pensée pour tous les autres membres du Laboratoire, notamment les
doctorants, avec lesquels j’ai passé de bons moments.
Au cours de ce travail, j’ai été amené à comparer et valider les simulations effectuées
avec des données expérimentales et numériques. Je remercie tous ceux qui m’ont aidé dans
cette tâche, en particulier Yves-Marie Scolan pour avoir mis à ma disposition ses résul-
tats concernant les calculs d’impacts mais aussi Jean-Baptiste Leroux et Jacques-André
Astolfi pour m’avoir fourni leurs données expérimentales sur un profil cavitant.
Durant ces trois années de thèse, j’ai aussi exercé en tant que moniteur des activités
d’enseignements au sein du département Mécanique des Fluides et Energétique de l’ECN.
A ce sujet, je tiens à remercier Jean-François Hétet, directeur de ce département d’en-
seignement, Jean-François Sini, responsable du Tronc Commun de Mécanique des fluides,
mais aussi tous ceux qui ont œuvré dans le Tronc Commun durant cette période (Isabelle
Calmet, Pierre Ferrant, Lionel Gentaz, Christian Jacquot, Gilbert Le Rouzic), qui m’ont
chaleureusement accueilli et m’ont donné toutes les clés nécessaires pour mener à bien ma
mission. Je n’oublie pas non plus le grand Félicien Bonnefoy, co-moniteur, toujours prêt à
s’interroger sur quelque problème que ce soit, et aussi Christophe Josset pour nous avoir
fait partager son expérience de moniteur. Merci aussi à Guy Capdeville d’avoir accepté la
”lourde” tâche de tuteur durant mes trois années de monitorat.
Mais que serait un enseignant sans élèves ? Merci donc à tous ceux que j’ai eu le plaisir
d’avoir en charge et qui m’ont permis d’acquérir une indispensable et riche expérience.
Je remercie aussi la société Aéroforme, Sophie Barré et Jean-Michel Kobus, qui m’ont
permis, lors de mon stage de 2ieme année de l’ENS Cachan de suivre le cours de la Loire
et les traces de M. Graslin pour débarquer à Nantes et ainsi découvrir le Laboratoire de
Mécanique des Fluides de l’ECN.
A la réflexion, le chemin parcouru est finalement assez non-linéaire, tout comme les
équations de Navier-Stokes ! Et même si mon prénom, anacycle du symbole grec le plus
utilisé en Mécanique des Fluides, pouvait me prédestiner à cette discipline, il me semble
nécessaire d’élargir ma requête, peut-être simplement pour illustrer ce propos.
C’est ainsi que je souhaite rendre hommage aux professeurs que j’ai rencontrés tout au long
du mon parcours scolaire, qui ont supporté toutes mes questions et mes interrogations, et
qui m’ont permis de gravir petit à petit les échelons de la connaissance et du savoir. Je n’en
citerai qu’un seul, Christophe Devulder, pour m’avoir fait découvrir à sa façon l’Univers
des mathématiques en Math-Sup, mais aussi pour m’avoir prêté en début de thèse un livre
d’algèbre faisant référence aux quaternions. J’ai ainsi pu, tel Champolion, commencer à
déchiffrer ces nouveaux hiéroglyphes ! Sans quitter les quaternions, je remercie au passage
Monsieur Guiziou pour avoir mis à disposition en ligne sur Internet un cours qui m’a été
d’une grande utilité.
Ensuite, et malgré leur parfaite non-contribution à ce travail de thèse, mais qui comptent
parmi les ”hasards” du chemin de la vie, je tiens à citer ceux qui ont, au fil de l’eau et du
temps, embarqué comme coéquipiers dans des parcours atypiques. Tout d’abord, Bruno
Abrioux, pour les moments exceptionnels que l’on a pu partager et sans qui l’itinéraire
sportif n’aurait certainement pas pris cette ampleur, mais aussi la paire Frédéric Cruchet /
Eddy Trotin, notamment pour avoir écrit et signé cette belle épopée du quatre de couple à
Mâcon à la ligne d’eau 1. Mais je n’oublie pas non plus ceux qui, durant toutes ces années
ont su inculquer l’ambiance unique ”des rameurs en cuissard noir et en maillot orange”
digne des plus grands Monty Python, Jean-Philippe Blot, Charles Rimbault, Vincent
Savoie et David Serre, et toutes celles et ceux qui se sont greffés à cette aventure humaine
et sportive. Je remercie aussi Pascal Kijowski pour avoir accepté le rôle de tribord dans
le jeu du résultat au minimum d’entraı̂nement. Temporellement plus proche puisque con-
temporain à cette thèse, et sous les couleurs de l’ECN, je tiens à féliciter Bénédicte Juhel,
Véréna Langlois-Berthelot et Thomas Baile pour le travail accompli et le challenge réussi
du quatre du couple, réitéré avec ce dernier en deux sans barreur pour un dernier champi-
onnat universitaire. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance à tous les bénévoles de mon
club, le COTS, pour tout le travail effectué et la confiance accordée à chaque nouveau
challenge entrepris, et sans qui les médailles auraient sans aucun doute été en chocolat. Je
ne les citerai point, car ils ne font cela ni pour le prestige ni pour la notoriété, mais simple-
ment par goût pour un sport et ses valeurs non polluées par la surmédiatisation et l’argent.
Même si ce mémoire est le fruit d’un travail, d’une implication et d’une volonté per-
sonnels, je terminerai par dédier celui-ci à mes parents, qui m’ont toujours accompagné
et soutenu, et sans qui je ne serai assurément pas parvenu jusqu’ici.
”Tout arrive par hasard et par nécessité”
Démocrite
Table des matières
3 Modélisation de la turbulence 29
3.1 Modèles à viscosité turbulente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.1.1 Modèle de Spalart Allmaras . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.1.2 Modèle k − ω de Wilcox . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.1.3 Modèle k − ω SST de Menter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Fermeture au second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4 Méthodes adaptatives 37
4.1 Technique d’adaptation locale de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.1.1 Calculs stationnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.1.2 Calculs instationnaires multi-phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
i
4.2 Loi de pas de temps adaptative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
II Interaction écoulement-mouvement 53
6 Introduction 55
6.1 La notion de corps dans le solveur Navier-Stokes . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.1.2 Les différentes catégories de corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.2 Intégration des corps en mouvement dans ISIS . . . . . . . . . . . . . . . 56
ii
8.4.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
8.5 Choix des méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
8.5.1 Décomposition du quaternion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
iii
12.1.1 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
12.1.2 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
iv
IV Modélisation numérique de la cavitation 217
16 Etude du phénomène physique 219
16.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
16.1.1 Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
16.2 Types de cavitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
16.3 Le paramètre de cavitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
16.4 La cavitation de profil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
16.4.1 Apparition de la cavitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
16.4.2 Comportement global d’un profil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
16.4.3 Cavitation à faible incidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
16.4.4 Cavitation à incidence moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
16.4.5 Supercavitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
v
19 Bilan et perspectives 261
B Mise en évidence des configurations singulières dans une résolution générale tridimens
B.0.1 Le Principe Fondamental de la Dynamique (P.F.D.) . . . . . . . . . 282
B.0.2 Choix des bases de projection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282
B.0.3 Le système à résoudre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282
vi
F Mise en place des ressorts de torsion 305
F.1 Analyse d’un triangle de torsion quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
F.1.1 La cinématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 306
F.1.2 L’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 306
F.2 Problème 2D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 307
F.3 Problème 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 309
vii
viii
Table des figures
ix
8.1 Définition d’un segment (ij) — Analogie avec un ressort linéaire . . . . . . 81
8.2 Mise en évidence des ressorts linéaires fictifs ajoutés . . . . . . . . . . . . . 85
8.3 Mise en évidence des cellules fictives dans le cas d’un plan de symétrie mobile 86
8.4 Cas test pour la déformation de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
8.5 Maillages déformés obtenus uniquement avec les ressorts de compression . . 87
8.6 Association des ressorts de compression et de torsion pour une cellule 2D . 88
8.7 Triangles de torsion pour une cellule tétraédrique . . . . . . . . . . . . . . 88
8.8 Triangles de torsion pour une cellule cubique . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
8.9 Maillages déformés obtenus en ajoutant les ressorts de torsion . . . . . . . 89
8.10 Exemple de remaillage par ressort sur un cas 3D . . . . . . . . . . . . . . . 89
8.11 Evolution du coefficient de pondération suivant la proximité du corps déplacé 91
8.12 Remaillage par pondération pour différents angles de rotation . . . . . . . 91
8.13 Amélioration apportée par la modification du coefficient kp en 3D . . . . . 92
8.14 Définition de la ligne neutre de la poutre ”virtuelle” . . . . . . . . . . . . . 93
8.15 Représentation de la technique de pondération pour les poutres . . . . . . 94
8.16 Définition de l’angle de rotation θF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
8.17 Mise en évidence de la rotation θF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
8.18 Procédure de lissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
8.19 Comparaison des maillages obtenus pour une même déformation du corps . 96
8.20 Maillage 2D pour une déformation de grande amplitude . . . . . . . . . . . 97
8.21 Maillage 3D pour une déformation de grande amplitude . . . . . . . . . . . 97
8.22 Caractérisation des d.d.l. par rapport à l’invariance maillage / surface libre 99
x
11.8 Equilibre hydrostatique au niveau de la cellule . . . . . . . . . . . . . . . . 129
11.9 Evolution de la pression en C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
11.10Ecart entre la pression calculée P et la pression discrétisée exacte P en C . 130
11.11Evolution de la dérivée temporelle selon Ud de la pression calculée en C . . 130
11.12Mise en évidence des différents maillages étudiés . . . . . . . . . . . . . . . 131
11.13Erreur sur la pression PC lors de la traversée de la surface libre . . . . . . . 131
11.14Courbe de convergence en maillage sur PC au passage de la surface libre . 132
11.15Erreur Max entre la pression exacte discrétisée et la pression exacte . . . . 133
11.16Configuration testée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
11.17Cinématique imposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
11.18Configuration numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
11.19Vue globale de l’effort fluide Fz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
11.20Influence de la surface libre lors de la chute dans l’air . . . . . . . . . . . . 136
11.21Influence du schéma de discrétisation de la fonction de présence . . . . . . 137
11.22Diffusion de la surface libre avant l’impact . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
11.23Influence du rapport des masses volumiques eau/air . . . . . . . . . . . . . 138
11.24Evolution de la surface libre durant l’impact (schéma IGDS) . . . . . . . . 138
11.25Evolution de l’effort Fz s’exerçant sur le corps . . . . . . . . . . . . . . . . 142
11.26Développement d’une instabilité avec la formulation normalisée par rho . . 143
11.27Déstabilisation de la surface libre par un courant d’air . . . . . . . . . . . . 143
11.28Mise en évidence des instabilités pour le cas Barrage-Obstacle . . . . . . . 144
11.29Evolution de l’effort Fz pour la formulation EQC normalisée . . . . . . . . 145
11.30Comparaison avec la formulation classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
xi
13.11Maillages et surfaces libres en différents instants (3) . . . . . . . . . . . . . 173
13.12Influence de NGen sur la définition de la surface libre . . . . . . . . . . . . 174
13.13Configuration numérique sans raffinement automatique . . . . . . . . . . . 175
13.14Cas AsymLight : accélération suivant l’axe Y . . . . . . . . . . . . . . . . 176
13.15Cas AsymLight : accélération angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
13.16Cas AsymMedium : accélération suivant l’axe Y . . . . . . . . . . . . . . . 177
13.17Cas AsymMedium : accélération angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
13.18Evolution de la vitesse suivant Y . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
13.19Evolution de l’angle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
13.20Influence de la masse du corps sur la dynamique de l’impact . . . . . . . . 179
13.21Evolution de la surface libre : cas AsymLight . . . . . . . . . . . . . . . . 180
13.22Visualisation du raffinement de maillage (NGen = 3) . . . . . . . . . . . . . 181
xii
16.3 Cavitation à bulles séparées (extrait de [34]) . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
16.4 Poche attachée sur un hydrofoil avec lâchés de vapeur (extrait de [1]) . . . 223
16.5 Cavitation de sillage (extrait de [34]) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
16.6 Cavitation de tourbillon d’extrémité sur une pale d’hélice (extrait de [1]) . 224
16.7 Cavitation de profil : situations possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
16.8 Cpmin et Cz en fonction de l’incidence (extrait de [58]) . . . . . . . . . . . . 227
16.9 Poche de cavitation avec lâcher de vapeur sur un profil (extrait de [1]) . . . 229
xiii
E.1 1/4 de tour d’axes successifs x, y et z par rapport à la base B0 . . . . . . . 304
E.2 1/4 de tour d’axes successifs x, y et z par rapport aux bases courantes . . 304
xiv
Liste des tableaux
xv
xvi
Introduction
Au regard de l’histoire des sciences, la simulation numérique est une discipline récente.
Alors que les équations de conservation régissant le mouvement des fluides sont connues
depuis quasiment deux siècles, cela ne fait qu’une vingtaine d’années, avec l’essor de l’in-
formatique, que la communauté scientifique a attaqué de front (mais de manière discrète)
les équations de Navier-Stokes. Cela ne veut pas dire que, pendant tout le temps écoulé
depuis les travaux de Messieurs Henri Navier (ingénieur français 1785-1836) et George
Stokes (mathématicien et physicien irlandais 1819-1903), les scientifiques se soient con-
tentés d’admirer cette dérivée particulaire de la vitesse, ce gradient de pression et même
cette divergence du tenseur des contraintes, en se demandant ce qu’ils pourraient bien en
faire sans nos moyens de calcul modernes. Malgré l’obstacle non-linéaire de ces équations,
rendant illusoire la recherche de solution analytique, (mis à part quelques problèmes bien
particuliers comme les écoulements de Couette ou de Poiseuille), de nombreux travaux ont
été effectués en y apportant des hypothèses simplificatrices (et avec elles leurs domaines
de validité associés). Parmi elles, on peut citer l’approximation de fluide parfait irrota-
tionnel qui permet déjà de comprendre une partie des phénomènes physiques sous-jacents
aux écoulements et d’expliquer grossièrement par exemple le vol des oiseaux, la nage des
poissons ou encore la propagation de la houle, mais qui apporte aussi son lot de résultats
déficients comme le paradoxe de d’Alembert. D’autres approximations, comme celles de la
lubrification (encore appelées équations de Reynolds) ont permis d’obtenir des solutions
analytiques approchées. Ces résultats ont par exemple été très utiles pour comprendre et
utiliser de manière adéquate les paliers hydrodynamiques pour la conception de liaisons
mécaniques sur de grosses machines industrielles.
La mécanique des fluides numérique (communément désignée par l’anglicisme CFD),
adopte un point de vue plus général et se base sur une résolution approchée, obtenue
en discrétisant les équations de Navier-Stokes prises telles quelles (pour les écoulements
réels à fort nombre de Reynolds, c’est bien sûr sans compter la nécessaire modélisation de
la turbulence). Cette approche qui consiste pour les méthodes Volumes-Finis à ”découper”
le problème global en un grand nombre de problèmes plus simples car posés sur des petits
volumes vérifiant seulement en moyenne les équations de Navier-Stokes, est finalement
très cartésienne (même si l’on travaille aujourd’hui sur des maillages non-structurés !).
Toujours est-il que l’évolution des techniques de génération de maillage, le développement
de schémas de discrétisation robustes et précis ainsi que les avancées réalisées dans les
domaines de résolution de grands systèmes linéaires et d’accélération de la convergence
ont abouti à des codes de plus en plus généraux, robustes et fiables. Tout ceci aurait été
vain (voire impossible) sans le développement exceptionnel des moyens de calcul et de
stockage tant dans le domaine des super-calculateurs que des simples PC.
1
Même si on s’étonne d’année en année des progrès technologiques réalisés, les plus puis-
sants calculateurs sont encore bien loin de pouvoir affronter de manière directe la résolution
des équations de Navier-Stokes pour la plupart des écoulements rencontrés dans le milieu
industriel (écoulement autour de véhicules en tout genre,...) ou dans la Nature (écoulement
autour de poissons pour ne citer qu’eux). Bien que réalisées sur des machines parallèles
très puissantes, les simulations actuelles réalisées en simulation directe (D.N.S) sont ex-
trêmement longues et restent limitées à des géométries très simples et à des nombres de
Reynolds assez faibles. Néanmoins, elles seront certainement très utiles pour analyser les
phénomènes physiques et ainsi améliorer les modèles de turbulence. En tout cas, la modéli-
sation de la turbulence reste et restera dans les années à venir une composante majeure de
l’étude des écoulements réels, source d’erreur entre les résultats numériques et la complexe
réalité. Les travaux récents sur la simulation des grandes échelles (modèles LES) devraient
permettre à terme d’avoir à disposition des modèles plus fins (pour un temps de calcul qui
sera beaucoup plus grand mais peut-être compatible avec les moyens de calculs futurs)
et de réduire ainsi cette erreur de modélisation. Cependant, les modèles en moyenne de
Reynolds disponibles actuellement donnent d’ores et déjà de bonnes estimations, même
sur des écoulements assez complexes. Ainsi, toutes ces recherches et ces progrès techniques
ont permis de transformer les codes de calcul en outil utile et de plus en plus utilisé dans
les projets industriels demandant un temps de réponse faible pour une précision acceptable
— (en 2D, un bon PC actuel permet de passer des simulations d’écoulement en moyenne
de Reynolds en quelques heures. Pour les configurations tridimensionnelles, l’utilisation
de machines parallèles permet de limiter les temps de calculs à quelques jours. Dans les
années à venir, l’augmentation de la rapidité de communication des réseaux devrait per-
mettre de démocratiser ce type de calculs). — En mécanique des fluides, ces derniers
sont d’usage courant dans les domaines tels que l’aéronautique, l’automobile ou l’hydro-
dynamique navale. Au cours des projets, ils peuvent évaluer les performances de solutions
constructives, se substituant à des campagnes d’essais expérimentales souvent longues et
coûteuses, voire quelquefois impossibles. Le recours à l’expérimentation est alors restreint
au strict minimum sur des configurations pratiquement finalisées. Outre le coût financier,
l’avantage des simulations numériques est de pouvoir travailler sur les solutions à échelle
réelle. Les calculs étant de plus en plus abordables, il devient même possible d’optimiser
certains paramètres de conception vis-à-vis de critères donnés.
Aujourd’hui, les solveurs Navier-Stokes ont atteint une telle maturité que l’on souhaite
y intégrer de nouveaux phénomènes physiques afin de dépasser le stade de ”simple” souf-
flerie ou bassin de traction numérique. Cela peut conduire à intégrer des phénomènes
physiques plus ou moins ”étrangers” à la mécanique des fluides, conduisant à un cou-
plage interdisciplinaire. Ces disciplines connexes peuvent être très diversifiées : la chimie
pour les écoulements réactifs, la mécanique des structures pour l’étude des interactions
fluide-structure,... , et même la biologie pour le biomimétisme. Les travaux de cette thèse
s’intègrent dans cette thématique générale, qui vise à étendre les possibilités des solveurs
Navier-Stokes existants.
2
On va donc s’intéresser tour à tour à l’ajout de deux phénomènes physiques qui se couplent
et s’imbriquent au solveur Navier-Stokes ISIS développé par l’E.M.N. :
– l’intégration du mouvement de corps solide et déformable à déformation imposée
– la modélisation numérique du phénomène physique de cavitation
Pour cela, on commencera, dans une première partie, à décrire les caractéristiques
du code de calcul ISIS. Base de ce travail de thèse, celui-ci résoud les équations de
Navier-Stokes, exprimées en moyenne de Reynolds, pour des écoulements incompressibles
et turbulents, sous une forme fortement conservative. Il repose sur une méthode Volumes-
Finis généralisée à des maillages non-structurés qui traitent naturellement des volumes
de contrôle de forme quelconque, c’est-à-dire limités par un nombre arbitraire de faces
constituantes. Cela offre la possibilité de simuler des écoulements autour de géométries
complexes. Sur ce point, on s’arrêtera, un chapitre durant, pour examiner en détail le
calcul des différentes métriques nécessaires à la résolution. L’ensemble des variables est
stocké aux centres de volumes de contrôle. Le champ de vitesse est obtenu à partir des
équations de quantité de mouvement et la pression est obtenue à partir de la contrainte
d’incompressibilité transformée en équation de pression. Le couplage vitesse-pression est
assuré par une méthode de type SIMPLE. Les différentes discrétisations et évaluations
sont formellement réalisées avec une précision du second ordre en espace et en temps. Les
calculs avec surface libre sont gérés par une méthode de capture d’interface. Toutes ces
méthodes numériques seront abordées plus en détails au cours de cette première partie. Les
différents modèles de turbulence implémentés seront aussi présentés ainsi que les récents
développements sur l’optimisation et sur les techniques de raffinement/agglomération au-
tomatiques de maillage.
Dans une deuxième partie, on examinera tous les développements spécifiques néces-
saires à l’intégration des mouvements de corps dans un solveur Navier-Stokes. Après un
court chapitre introduisant la notion de corps, le module de résolution du Principe Fonda-
mental de la Dynamique sera détaillé. On s’arrêtera ensuite sur les stratégies de remaillage
mises en place afin d’adapter le maillage aux mouvements du/des corps, puis sur le calcul
des flux de vitesse de déplacement engendrés par le déplacement des faces dans l’espace.
Un chapitre sera aussi consacré à un dernier point essentiel, celui du couplage entre l’é-
coulement et le mouvement. Enfin, une étude approfondie des écoulements multiphases
sur des maillages mobiles clôturera cette partie orientée ”méthode”.
On pourra alors aborder sereinement les applications liées aux corps en mouvement
rassemblées dans la troisième partie de ce mémoire. La première concernera une simula-
tion mettant en jeu deux corps : un batteur en mouvement imposé générant un paquet
de vagues et une caisse flottante en mouvement libre. On étudiera le déplacement de la
caisse, engendré par la propagation de ce champ de vagues, qui sera comparé à des données
expérimentales. La deuxième application s’attachera à étudier la chute et l’impact d’un
corps prismatique sur une surface libre. Deux configurations seront développées : un lâcher
symétrique et un lâcher asymétrique avec une rotation initiale du corps. Dans le premier
cas, on s’attardera sur le pic de pression généré lors de l’impact. On montrera notamment
que celui-ci est bien capturé lorsque l’on utilise une technique de raffinement automatique.
3
Concernant les corps solides, on s’intéressera pour terminer à des écoulements 3D à surface
libre, complexes et fortement instationnaires, autour de palettes d’aviron. Ces simulations
s’appuient sur des expériences réalisées sur le bassin de traction de l’Ecole Centrale de
Nantes il y a quelques années : on aura alors la possibilité de comparer les efforts mesurés
à ceux obtenus par le calcul. Le dernier chapitre de cette partie applicative sera dédié aux
corps déformables. Une étude approfondie sur le biomimétisme aquatique et en partic-
ulier sur la nage des poissons sera présentée. Après un passage en revue bibliographique
des différents travaux réalisés sur ce sujet, les résultats des premiers calculs tridimension-
nels recensés couplant la résolution de l’écoulement par les équations de Navier-Stokes en
moyenne de Reynolds avec le Principe Fondamental de la Dynamique appliqué au corps
à déformation imposée seront exposés.
4
Première partie
5
Chapitre 1
Ce chapitre décrit, à partir des lois de conservation, le système d’équations locales puis
intégrées sur un volume V du maillage.
7
CHAPITRE 1. DES LOIS DE CONSERVATION AUX ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
préoccuper du mouvement des particules (la cellule n’est pas un domaine matériel), mais
plus générale, car les mailles sont susceptibles de se mouvoir et de se déformer dans l’espace
physique galiléen. Lorsque le maillage est immobile, ce point de vue retrouve son caractère
purement eulérien.
Traiter des cellules qui ont perdu toute attache au repère galiléen n’est évidemment pas
sans conséquence sur les équations de conservation, notamment sur les dérivées tem-
porelles. C’est ce que nous allons voir dans la section suivante.
δg ∂g −−→ −
→
= + grad(g) · Ud
δt ∂t
−
→
Pour un domaine Dd de frontière ∂Dd animé du champ de vitesse Ud , on montre que :
ZZZ ZZZ ZZ
δ ∂g −
→ →
gdv = dv + g Ud · −
n dS
δt Dd Dd ∂t ∂Dd
ZZZ ZZZ ZZ −
d δ → − → →
g dv = g dv + g U − Ud · −
n dS (1.2)
dt Dm δt Dd ∂Dd
8
1.3. FORMULATION VOLUMES-FINIS DES ÉQUATIONS DE NAVIER-STOKES
−
→
fv : force volumique (dans notre cas, elle se limitera à la gravité)
→
− → ⇒ → ⇒
−
T : vecteur contrainte T = σ − n , σ : tenseur des contraintes
Relation de comportement (fluide newtonien) :
⇒ 2µ →
−
σ= −(p + div ( U )) I + 2 µ D
3
p : pression
µ : viscosité dynamique
D : tenseur des taux de déformation
ZZZ ZZ h−
δ → − → →i
ρ dv + ρ ( U − Ud ) · −
n dS = 0 (1.3)
δt Dd ∂Dd
ZZZ ZZ ZZZ
δ −
→ −h−
→ → − → − →
i −−→
ρ U dv + ρ U ( U − Ud ) · n dS = −grad(p) + ρ−
→
g dv
δt Dd
ZZZ∂Dd Dd
(1.4)
−−→ 2µ →
− −→
+ −grad( div ( U )) + div (2 µ D) dv
Dd 3
9
CHAPITRE 1. DES LOIS DE CONSERVATION AUX ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
1.4 Evaluation des intégrales
1.4.1 Intégrales de volumes
La formulation Volumes-Finis nécessite d’évaluer des intégrales de volumes. L’approx-
imation consiste à calculer l’intégrale d’une fonction Q sur un domaine V par le produit
de son volume V avec la valeur de la fonction Q au centre du domaine noté Cc . On montre
que cette approximation est du deuxième ordre dès lors que Cc est situé au barycentre
géométrique du domaine (voir la section 5.3).
Si f (−
→
x , t) et g(−
→
x , t) deux fonctions. Considérons une cellule V de volume V et de centre
Cc . L’approximation Volumes-Finis donne alors :
ZZZ
f gdv ≈ fCc gCc V
V
ZZZ
f fC
dv ≈ c V
V g gCc
De même qu’en 5.3, on montre les mêmes propriétés de précision pour ces approximations,
à savoir qu’elles sont du deuxième ordre si Cc est situé au barycentre géométrique du
domaine.
10
Chapitre 2
Ce chapitre décrit les méthodes numériques employées dans le code ISIS développé
au sein de l’Equipe Modélisation Numérique (E.M.N.), afin de résoudre les équations
de Navier-Stokes exprimées en moyenne de Reynolds, pour un écoulement incom-
pressible et turbulent. Les méthodologies présentées ici n’ont donc pas été développées
dans le cadre de ce travail de thèse mais ont servi de support aux études suivantes. La
première section établit les équations de travail et les hypothèses qui leurs sont relatives.
Puis, les parties suivantes examineront le traitement et la résolution numérique de ces
équations par la méthode des volumes finis pour des maillages non-structurés constitués
d’éléments de forme arbitraire.
11
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
L’objet de cette étude est la modélisation numérique d’écoulements turbulents autour
de géométries réalistes en situations réelles. Malgré les progrès récents obtenus grâce à
la simulation directe et la simulation des grandes échelles, ces approches sont encore
inapplicables dans ce contexte, principalement à cause de la puissance de calcul requise
pour modéliser les petites structures tourbillonnaires. Il apparaı̂t donc légitime d’adopter
une approche statistique, dont l’objet est la détermination des champs moyens.
On introduit à cette fin une décomposition de Reynolds, consistant à écrire un champ in-
stantané Φ comme la somme d’un champ moyen Φ, en terme d’espace et de temps, et d’un
champ fluctuant Φ′ . L’application de cette décomposition aux équations de Navier-Stokes
permet d’établir les équations régissant les champs moyens. Cette transformation fait ap-
paraı̂tre un terme supplémentaire −ρu′i u′j , appelé tenseur de Reynolds, provenant des non-
linéarités des équations de Navier-Stokes. Ce terme nécessite l’introduction d’une modéli-
sation pour fermer le système des équations de Navier-Stokes en moyenne de Reynolds.
Dans le cas des fermetures à viscosité turbulente, basées sur l’hypothèse de Boussinesq,
le tenseur de Reynolds est lié au tenseur des taux de déformation du champ moyen de
vitesse selon une analogie avec la relation de Newton (2.2) :
Z Z Z Z
δ − −
→ → → −
→ → →
−
ρUi dV + ρ Ui ( U − Ud ) · −
n dS = (Tij I j − P I i ) · −
n dS + ρfi dV (2.4a)
δt V S S V
Z Z
δ → −
− → →
ρ dV + ρ ( U − Ud ) · −
n dS = 0 (2.4b)
δt V S
12
2.2. DISCRÉTISATION DES ÉQUATIONS DE TRANSPORT
méthodologie employée ici pour discrétiser les équations sera basée sur les faces et perme-
ttra donc le traitement naturel de ces volumes de contrôle quelconques. Ainsi, on sera en
mesure de travailler avec des maillages complexes rendant le solveur ISIS très fonctionnel
du point de vue de la complexité des géométries qui pourront être considérées. Ce point
est très important pour ce qui concerne le développement de méthodes d’adaptation locale
de maillages ([43]). Pour traiter une équation de transport d’une variable générique Q, la
méthode des volumes finis transforme les intégrales de volumes, sur chaque cellule du mail-
lage, en des intégrales de surfaces par les théorèmes de Gauss et de Green-Ostrogradsky.
Les intégrales de surface et de volume sont évaluées selon des approximations précises
à l’ordre 2 correspondant à l’intégration d’un polynôme linéaire sur ces éléments (voir
sections 1.4, 5.2 et 5.3). Elles nécessitent la valeur de l’intégrant calculée aux centres des
cellules et reconstruite (toujours avec la même précision) aux centres des faces.
L’équation de transport d’une variable générique Q sur une cellule V de centre C limitée
par un nombre quelconque de faces f peut s’écrire sous forme semi-discrète :
δ δ X X f
(ρV Q)C + (ρV Q)C + (F cf − F df ) = (SQV ) + (SQ )
δτ δt (2.5)
f f
. −−→ →
−
F cf = mf Qf F df = (ΓQ )f (grad(Qf ) · I k )(Sk )f
13
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
de transport d’une variable générique sous forme discrète s’écrit :
X X
(ec + 1/∆τ )(ρV Q)cC + (F cf − F df ) = (SQV ) + (SQf )
f f (2.9)
−(eρV Q)pC − (eρV Q)qC + (ρV Q)c0
C /∆τ
Les variables étant connues aux centres des cellules, il est nécessaire de reconstituer les
quantités aux centres des faces, pour pouvoir appliquer les formules précédentes.
14
2.3. RECONSTRUCTION SUR LES FACES
nf
R
L r
l
f
(2.13)
−−→ −−→ − →− −−→
→ →
−
∀β − grad(Q)f · →
−
n = β − grad(Q)f · l + −
e · grad(Q)f si : −
→
e−,−
→
n − β− l
(2.14)
15
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
avec :
−−
→ −→ − −
→
−−→
H , h e = Lf · n −
− → →
n − Lf
→+
− −→ −→ (2.18)
H , h+ −
→
e + = fR · →
−
n − →
n − fR
Il est important de souligner que le terme encadré dans la formule de reconstruction (2.17)
est nul pour un maillage orthogonal. Puisqu’il fait intervenir le gradient de la quantité
dans les cellules adjacentes à la face, il sera traité de manière explicite lors de la résolution.
Pour reconstruire sur la face la valeur du gradient dans la direction normale, on emploie
un raisonnement similaire, permettant d’obtenir à partir de (2.15a) la reconstruction :
−→ ! +
−−→ →
− Q R − QL →
− LR h −−→ h− −−→
grad(Q) · n |f = + n − −→ · grad(Q)L + grad(Q)R (2.19)
h LR · −→
n h h
Comme pour la formule de reconstruction de la quantité, le terme encadré tend vers zéro
pour un maillage orthogonal et sera traité explicitement lors de la résolution.
Schéma hybride
Le schéma de reconstruction hybride inclus dans le code ISIS est basé sur une pondéra-
tion des valeurs interpolées linéairement à partir des cellules adjacentes. De plus amples
informations sur les fondements de ce type de schéma sont données dans [80]. Contraire-
ment aux approches classiques [23, 32], le coefficient de décentrement n’est pas constant
pour l’ensemble du domaine de calcul, mais dépend du nombre de Peclet sur la face :
. −→
mf LR
P ef = (2.20)
2SΓQ
La précision de la reconstruction n’est donc pas nécessairement uniforme sur l’ensemble
du domaine de calcul mais s’adapte localement au mieux au problème traité. En outre,
l’orientation relative de la face et de la vitesse est prise en compte. Le coefficient de
décentrement d, entre les quantités amont et aval de la face, est calculé à partir d’un
schéma exponentiel, assurant une transition lisse :
−→ −−→ −→ −−→
Qf = dL QL + dR QR + dL Lf · grad(Q)|L +dR Rf · grad(Q)|R
(2.21)
d = exp(P ef )/(1 + exp(P ef )) dL , 1 − dR
Le terme encadré est traité de manière explicite lors de la résolution, comme pour les
reconstructions centrées.
16
2.3. RECONSTRUCTION SUR LES FACES
Schéma GDS
Le schéma hybride présenté précédemment n’assure cependant pas le caractére borné
de la reconstruction. Cette propriété est particulièrement importante dans le contexte
d’écoulements multi-fluides. Le schéma GDS (Gamma Differencing Scheme) [52] a ainsi
été intégré dans ISIS, de manière à préserver la monotonie de la solution.
Il repose sur une analyse en terme de variables normalisées [59]. On suppose connaı̂tre la
valeur de la quantité générique Q en trois points, U, C et D positionnés selon la direction
de convection. On cherche à reconstruire la quantité sur une face située entre C et D
(Fig. 2.2). On définit le système de variables normalisées par :
Q − QU
Q̃ = (2.22)
QD − QU
QD
Flow direction
(CD)
Qf
QC
QU (UD)
U C D
f
Le schéma GDS propose une reconstruction s’appuyant sur ces trois points, de la forme :
Pour éviter les oscillations non physiques, il est nécessaire que QC soit borné, entre les
valeurs Min{QU , QD } et Max{QU , QD }. En terme de variables normalisées, cette condi-
tion s’écrit :
0 6 Q̃C 6 1 (2.24)
De manière à établir une reconstruction sur la face décentrée et préservant le caractère
borné, le schéma GDS doit vérifier les contraintes suivantes :
– pour Q̃C < 0, Q̃f = Q̃C
– pour 0 6 Q̃C 6 1, Q̃f est bornée par Q̃f > Q̃C et par l’unité
17
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
– pour Q̃C > 1, Q̃f = Q̃C
Ces conditions sont vérifiées dans la zone grisée sur la figure 2.3. On constate que le schéma
décentré du premier ordre (UDS) satisfait juste ces conditions, tandis que le schéma centré
(CDS) ne respecte pas ces critères dans le domaine Q̃C ∈ ] − ∞, 0[ ∪ ]1, +∞[.
~
Qf
1/2 (UD)
(CD)
~
0 1 QC
nf
D
C
U f
QD − QC
Q̃C = 1 − −−→ −−→ (2.26)
2grad(Q)|C ·CD
18
2.3. RECONSTRUCTION SUR LES FACES
Cette définition étant mal posée lorsque la quantité Q est constante sur le domaine, on
spécifie :
−−→ −−→
Q̃C = 0.5 si |QD − QC | 6 10−6 ou |grad(Q)|C ·CD| 6 10−6 (2.27)
Le schéma GDS propose d’établir une transition continue entre le schéma décentré du
premier ordre et le schéma centré du deuxième ordre (plus précis) sur l’intervalle 0 <
Q̃C < 1. Pour des valeurs faibles de Q̃C , il faut ”rattrapper” l’écart entre le schéma centré
et le schéma décentré. Cette transition est effectuée sur l’intervalle [0, βm ]. Le coefficient
βm prend usuellement la valeur de 1/6.
(
Q̃C = 0 ⇒ γ = 0 Schéma UDS
Q̃C = βm ⇒ γ = 1 Schéma CDS
Le schéma GDS retient finalement une variation linéaire pour le coefficient de transition,
ce qui conduit à une représentation en variables normalisées exposée par la figure 2.5 :
1
γ= Q̃C (2.28)
βm
En définitive, les caractéristiques du schéma de reconstruction sont résumées dans le
tableau 2.1, incluant le facteur d’interpolation :
−→
fD
fx = −−→ (2.29)
CD
] − ∞, 0] Q̃C QC UDS
1 2 1
]0, βm [ − 2βm Q̃C + 1 + 2βm
Q̃C (1 − γ(1 − fx ))QC + γ(1 − fx )QD transition
1
[βm , 1[ 2
+ 12 Q̃C fx QC + (1 − fx )QD CDS
[1, +∞[ Q̃C QC UDS
19
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
~
Qf
UDS
1
111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
CDS
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
1/2111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
UDS
000000000000000
111111111111111
0 βm 1
~
QC
Figure 2.5 – Schéma GDS en variables normalisées
20
2.4. CALCUL DES GRADIENTS SUR UNE CELLULE
C2
C1
C0
Cn
L’évaluation du gradient de q sur la cellule C0 utilise les n points d’appuis qui repèrent
les centres des cellules voisines (Ci )i=1,...,n comme illustré sur la figure Fig. 2.6. Puisque
sont disponibles plus de points que nécessaire, on a un système sur-déterminé formé par
les n relations :
qi = q0 + (xi − x0 )qx + (yi − y0 )qy ∀i ∈ [1, n] (2.32)
Le problème est résolu au sens des moindres carrés par minimisation de la fonctionnelle
En (qx , qy ) :
n nh
X i o2
En (qx , qy ) = q0 + (xi − x0 )qx + (yi − y0 )qy − qi Di (2.33)
i=1
21
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
La quantité Di correspond au poids donné à un point Ci sur l’ensemble du système. Il
va permettre de donner une influence d’autant plus importante à chaque point Ci qu’il se
situe à proximité du point de reconstruction C0 . Cette pondération par les distances de
la méthode est importante pour traiter des maillages étirés [69]. D’après ce qui précède,
le poids Di d’une cellule Ci est défini comme l’inverse de sa distance au point C0 :
−−−→
Di = (||X0 Xi ||)−1 ∀i ∈ [1, n]
∂En ∂En
La minimisation de la fonctionnelle, = 0 et = 0, conduit au gradient de q :
∂qx ∂qy
qx 1 Syy −Sxy Sxq
= (2.34a)
qy S −S xy S xx Syq
avec :
n h
X i2
Sxx = (xi − x0 )Di
i=1
n h
X i2
Syy = (yi − y0 )Di
i=1 (2.34b)
Xn h i
Sxy = (xi − x0 )(yi − y0 )Di2
i=1
S = Sxx Syy − Sxy 2
et :
n h
X i
Sxq = (xi − x0 )(qi − q0 )Di2
i=1
n h i (2.34c)
X
Syq = (yi − y0 )(qi − q0 )Di2
i=1
Par suite, le gradient sur la cellule peut être obtenu en discrétisant la relation précédente :
−−→ 1 X
grad(q) = qf Sf −
→
nf (2.36)
C VC f
La valeur de la quantité sur les faces est reconstruite à partir des cellules adjacentes, par
la reconstruction linéaire d’ordre 2 décrite précédemment.
22
2.5. ALGORITHME DE COUPLAGE
→ c0
− hnb →p
− → qi c −
− →
(2.37)
−(ρ U )C /∆τC + (eρV U )C + (eρV U )C /VC = 0
{aC , anb } sont les coefficients diagonaux et extra-diagonaux traités implicitement, cor-
→
−
respondant aux termes de convection et de diffusion. S est un terme source contenant
toutes les contributions explicites stationnaires. A partir de cette équation, les variables
de vitesse aux centres des cellules peuvent s’exprimer de manière compacte par :
−→
→c
− c −−→
U C = − CpC Û C + grad(P )|C
−→ c0
+ CpC (ρ U )C /∆τC
→
− →
− (2.38)
− CpC (eρV U )pC + (eρV U )qC /VCc
1
avec CpC =
(ec + 1/∆τC )ρcC + aC /VCc
→
−
Le vecteur Û est homogène à un gradient de pression et contient les termes implicites
extra-diagonaux de convection, diffusion et les termes sources :
→ P anb −
− →c →
−
U nb + S
nb
Û = (2.39)
VCc
23
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
Dans l’esprit de la méthode de Rhie et Chow [83], on suppose que les vitesses aux inter-
faces peuvent s’exprimer selon une formule similaire à (2.38). En indiquant par f chaque
quantité ou groupement interpolé aux faces, on a donc :
−→
→c
− −−→
U f = − Cpf Û f + grad(P )|f
− →
+ Cpf (ρ U )c0
f /∆τ f
→p
− →
− (2.40)
− Cpf (eρV U )f + (eρV U )qf /Vfc
1
avec Cpf =
(ec + 1/∆τf )ρcf + (aC /V c )f
Cette reconstruction est pseudo-physique, dans le mesure où elle est formellement issue
de l’équation de quantité de mouvement, mais les termes hors gradient de pression sont
simplement interpolés à partir des cellules adjacentes.
Une équation de pression peut alors être obtenue en introduisant cette reconstruction
dans l’équation de continuité (2.10), on obtient alors :
X −−→ →
− X → −
− →
Cpf grad(P )|f · S f = −Cpf Û f · S f
f f
X −→ −→
+ Cpf (ρ U )c0
f /∆τf · Sf (2.41)
f
X →
− →
− →
−
+ −Cpf (eρV U )pf + (eρV U )qf /Vfc · S f
f
Le flux du gradient de pression à travers une face f est obtenu par une discrétisation
centrée adjointe d’un terme de correction (pour rester consistant dans le cas de maillages
→
−
non-orthogonaux) selon (2.19). Lorsque cette équation est résolue, le flux de vitesse F ( U )
à travers une face, défini par la relation suivante, est nécessairement conservatif :
− →
→c
− −−→
F ( U ) = − Cpf F ( Û ) + F (grad(P ))
+ Cpf F (ρ U c0 )/∆τf (2.42)
−→ −
→
− Cpf (eV )p F (ρ U p ) + (eV )q F (ρ U q ) /Vfc
→
− → −
− →
avec : F(A) = A f · S f (2.43)
24
2.6. RÉSOLUTION DES SYSTÈMES LINÉAIRES
25
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
est singulier par nature et la matrice du système souffre d’un mauvais conditionnement
pour des maillages à fort étirement. Pour que le système puisse être résolu, un critère
de compatibilité doit être vérifié, traduisant une condition d’incompressibilité globale sur
l’ensemble du domaine de calcul. Les conditions aux limites fixées pour la vitesse doivent
donc impérativement vérifier cette condition. Dans ce cas, le système de l’équation de
pression admet une infinité de solutions, identiques à une constante près. La résolution
est effectuée par la méthode GMRES avec un préconditionnement par une méthode de
type LU incomplet.
La fonction de présence est traitée comme un Lagrangien emporté par le fluide global.
Elle vérifie donc l’équation de transport :
Z Z
∂ → −
− →
ci dV + ci ( U − U d ) · −→n dS = 0 (2.45)
∂t V S
Sous ces hypothèses et en supposant que chaque fluide a une masse volumique con-
stante, on peut facilement montrer que l’écoulement global de ce fluide à caractéristiques
physiques variables est incompressible. On incorpore alors la procédure de résolution de
l’équation de transport de la fonction de présence dans la boucle de résolution insta-
tionnaire. Cette approche est considérablement plus souple qu’une méthode de suivi de
surface. Le phénomène de déferlement peut notamment être appréhendé. Néanmoins, la
discrétisation de l’équation de transport de la fraction volumique (voir équation (2.45))
nécessite l’utilisation de schémas numériques sophistiqués. Ils doivent en particulier as-
surer le caractère borné des reconstructions et posséder des propriétés compressives pour
être en mesure de transporter des discontinuités. Enfin, ces schémas doivent être les plus
précis possible pour limiter la diffusion de l’interface et permettre une représentation fine
de celle-ci.
Le schéma GDS, décrit à la section 2.3.2, n’est pas approprié pour conserver une interface
précise et peu étalée, car trop diffusif. Par contre, il n’a pas de contraintes particulières
en nombre de Courant défini par :
→
−
∆t F ( U )
Co = (2.46)
VC
26
2.7. CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
→
−
où F ( U ) est le flux de vitesse aux faces, VC le volume
de la cellule et ∆t l’incrément en temps.
Une extension de ce schéma pour la capture d’interface a été développée par Jasak et
Weller ([53]) en introduisant du décentrement aval (DDS pour Downwind Differencing
Scheme) et ainsi accroı̂tre le caractère compressif. Ce schéma nommé IGDS pour Inter-
Gamma Differencing Scheme est défini par le diagramme normalisé NVD sur la figure
Fig. 2.7.
Muzaferija et Peric ont proposé un schéma finalement assez proche, noté HRIC pour High-
Resolution Interface Capturing, défini sur la même figure Fig. 2.7. Celui-ci a aussi été
implanté dans le code.
~
Qf UDS
CDS
1111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 DDS
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
1/2111111111111111
HRIC
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
IGDS
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 ~
0 β =1/2 1
m
QC
Le principal inconvénient de ces schémas (comme tous ceux ayant des propriétés com-
pressives) concerne la limitation en nombre de Courant (Co < 0.3). Pour les utiliser dans
des simulations comportant des zones où Co > 0.3, Muzaferija et Perić ont apporté des
modifications dégradant le schéma vers un schéma classique UDS lorsque les nombres de
Courant deviennent trop élevés ([77]). Des corrections similaires ont été opérées sur le
schéma IGDS donnant lieu à une nouvelle dénomination MGDS. Ce dernier est défini
par :
Q̃M
f
DS
= Q̃IGDS
f si Co 6 0.3
0.7 − Co
Q̃M
f
DS
= Q̃GDS
f + (Q̃IGDS
f − Q̃GDS
f ) si 0.3 6 Co 6 0.7 (2.47)
0.7 − 0.3
Q̃M
f
DS
= Q̃GDS
f si Co > 0.7
27
CHAPITRE 2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
Le problème de la diffusion numérique peut aussi être abordé en utilisant le concept
donneur-accepteur ([47]). Une étude détaillée de cette approche a été effectué par Ubbink
([100]), aboutissant à un schéma compressif adapté à la capture d’interface (CICSAM).
Ce dernier a aussi été implanté donc ISIS.
28
Chapitre 3
Modélisation de la turbulence
Ce chapitre présente les différents modèles utilisés pour évaluer le tenseur de Reynolds.
Cette modélisation a pour but d’exprimer les contraintes de Reynolds en fonction des
champs moyens, de manière à fermer le système des équations de Navier-Stokes en moyenne
de Reynolds, présentées dans le chapitre précédent.
On décrit tout d’abord les principaux modèles basés sur le concept de viscosité turbulente,
puis un modèle de fermeture au second ordre, reposant sur la résolution des équations de
tranport des contraintes de Reynolds. Tous les modèles implémentés dans le code ISIS
peuvent être utilisés sous la forme proche paroi, dans laquelle les équations de transport
sont intégrées jusqu’à la paroi. Mis à part le modèle de Spalart-Allmaras, une résolution
en mode fonction de paroi, sans contrainte sur la distance minimale du premier point de
paroi, peut aussi être utilisée.
La modélisation des contraintes de Reynolds est alors assurée par l’hypothèse de Boussi-
nesq, qui relie le tenseur de Reynolds au tenseur des taux de déformation :
2
− u′i u′j = 2νt Sij − kδij (3.2)
3
29
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DE LA TURBULENCE
∂ρν̃ ∂
+ ρν̃Uj = cb1 (1 − fv1 )ρS̃ ν̃
∂t ∂xj
1h ∂ ∂ ν̃ ∂ ν̃ ∂ ν̃ i
+ ρ(ν + ν̃) + cb2 ρ (3.4)
σ ∂xj ∂xj ∂xj ∂xj
h cb1 i h ν̃ i2
− cw1fw − 2 ft2 ρ + ft1 ρ∆U 2
κ d
Les termes au second membre représentent respectivement les termes de production, de
diffusion, de dissipation et de transition. Les coefficients et les fonctions auxiliaires inter-
venant dans l’équation de transport sont déterminés à partir de modèles de base, pour
des écoulements cisaillés, de couche limite et avec transition. Les coefficients sont :
ν̃ p ν̃
S̃ ≡ S + fv2 S = 2Ωij Ωij χ≡
(κd)2 ν
(3.7)
χ3 χ
fv1 = 3 3
fv2 = 1 − cv1 = 7.1
χ + cv1 1 + χfv1
Pour les zones à écoulement cisaillé et transitionnel, les fonctions auxiliaires sont :
ωt2 2
2 2
ft1 = ct1 gt . exp −ct2 d + (g t d t ) ft2 = c t3 g t . exp −c t3 χ
∆U 2 (3.8)
n ∆U o
gt = min 0.1, ct1 = 1 ct2 = 2 ct3 = 1.2 ct4 = 0.5
ωt ∆xt
30
3.1. MODÈLES À VISCOSITÉ TURBULENTE
31
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DE LA TURBULENCE
∂ρk ∂ ∂k
+ ρUj k − (µ + σk µt ) = τtij Sij − β ∗ ρωk (3.16a)
∂t ∂xj ∂xj
∂ρω ∂ ∂ω ρσω2 ∂k ∂ω
+ ρUj ω − (µ + σω µt ) = γρΩ2 − βρω 2 + 2(1 − F1 ) (3.16b)
∂t ∂xj ∂xj ω ∂xj ∂xj
Le rôle de la fonction auxiliaire est de réaliser une transition des coefficients, entre le
modèle original dans la couche limite et le modèle k − ǫ transformé dans les zones de
cisaillement et les zones externes. Elle est définie par :
" ( )#4 !
n √k 500µ o 4ρσ k
ω2
F1 = tanh min max , 2 ,
0.09dω ρd ω CDkω d2
(3.17)
n 2ρσ ∂k ∂ω o
ω2
avec CDkω = max , 10−20
ω ∂xj ∂xj
– modèle extérieur
Les conditions aux limites sont les mêmes que celles du modèle de Wilcox.
32
3.2. FERMETURE AU SECOND ORDRE
k ∂u′i u′j
Cijk = −Cs ρ u′k u′l avec Cs = 0.22 (3.23)
ε ∂xl
Le terme de production s’écrit :
∂Ui ∂Uj
Pij ≡ −ρ u′j u′k + u′i u′k (3.24)
∂xk ∂xk
33
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DE LA TURBULENCE
u′i u′j 1
bij = − δij (3.27)
2k 3
P est la production d’énergie cinétique :
1
P ≡ Pkk (3.28)
2
(w)
Φij dans (3.26) représente un terme de réflection de paroi, modélisé à partir de la propo-
sition de Gibson et Launder :
3/2
(w) ε ′ ′ 3 ′ ′ 3 ′ ′ k
Φij =Cw1 ρ uk um nk nm δij − uk ui nk nj − uk uj nk ni
k 2 2 Cl εd
3/2 (3.29)
(2) 3 (2) 3 (2) k
+ Cw2 Φkm nk nm δij − Φki nk nj − Φkj nk ni
2 2 Cl εd
Les constantes restantes sont :
0.0018ρk 2
C1 = 1 + (C1HRF − 1) tanh
µε
(3.30)
C2 = 0.6 Cw1 = 0.4 Cw2 = min{0.3, A} Cl = 2.5
where C1HRF = 1.8
et :
9 9
A = 1 − A2 + A3 A2 = aij aij A3 = aij ajk aki
8 8
(3.31)
u′i u′j 2
si aij ≡ 2bij = − δij
k 3
L’équation de transport utilisé pour la quantité ω s’écrit :
∂ρω ∂ ∂ω ω
+ ρUj ω − µ =α Pk − βρω 2
∂t ∂xj ∂xj k
∂ ρk ′ ′ ∂ω
+ Cω u k u l (3.32)
∂xk ε ∂xl
22 ρk ′ ′ ∂k ∂ω
+ fω µδkl + Cω uk ul
k ε ∂xl ∂xk
avec :
α = (Cε1 − 1) fω + Cαw (1 − fω )
β = Cµ (Cε2 − 1)
Cω = 0.18
" (3.33)
√ #2
0.002ρd k
fω = tanh
µ
34
3.2. FERMETURE AU SECOND ORDRE
Le modèle décrit ci-dessus n’est cependant pas utilisé directement dans les équations de
quantité de mouvement. En pratique, le tenseur de Reynolds employé à l’itération non-
linéaire n est évalué par :
2
u′i u′j = −2νt Sijn + δij k
3
n−1 2
+ fc 2νt Sij + ui uj − δij k
3
avec :
k2
νt = 0.09fµ
ε
Ry
fµ = 1 − e− 20
√ !
∆y k ∆y|u|
Ry = max , 0.006
ν ν
Le premier terme représente un modèle à viscosité turbulente et est traité de manière im-
plicite dans les équations de quantité de mouvement, tandis que le second terme, contenant
la fermeture au second ordre, est implémenté explicitement. Le coefficient fc permet de
contrôler la pondération de la formulation au second ordre. Avec fc = 0, la fermeture
est réduite à un modèle à viscosité turbulente, les équations de transport du tenseur de
Reynolds étant résolues pour fournir les quantités k et ω. Pour fc = 1, cette formula-
tion est une approche à correction de défauts. De manière à stabiliser la procédure de
résolution, on fait le choix :
Ry
fc = 1 − e− 15 (3.36)
Ainsi, le modèle dégénère vers un modèle linéaire isotrope à proximité immédiate des
parois (y + < 20).
35
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DE LA TURBULENCE
36
Chapitre 4
Méthodes adaptatives
isotrope directionnel
37
CHAPITRE 4. MÉTHODES ADAPTATIVES
000
111
000
111
111
000
000
111
000
111
000
111
000
111
00000
11111
000000
111111
000
111
000
111
00000
11111
000000
111111
00000
11111
000000
111111
000
111
00000
11111
000000
111111
000
111
00000
11111
000000
111111
00000
11111
000000
111111
000
111
00000
11111
000000
111111
000
111
00000
11111
000000
111111
000
111
000
111
000
111
000
111
000
111
Figure 4.2 – Raffinement isotrope d’un hexaèdre
38
4.1. TECHNIQUE D’ADAPTATION LOCALE DE MAILLAGE
Initialisation t c = t o
Nouvelle itération
Initialisation du temporelle
maillage
tc + ∆t tc
Nouvelle itération
boucle non−linéaire
non−linéaire
du pas de temps courant
Nouvelle convergence
Oui Non
Temps d’adaptation ?
tc = Mod (to ,N∆t)
Oui Non
Adaptation du
maillage courant Adaptation nécessaire ?
Interpolation Oui Non
39
CHAPITRE 4. MÉTHODES ADAPTATIVES
11111111
00000000
−
→
|F ( U )|
00000000
11111111
00000000
11111111 F (U)
f
Co = (δt)p 00000000
11111111
V 00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
Volume V
00000000
11111111
f
On peut alors déterminer le maximum CoM AX des Cof sur l’ensemble du domaine de calcul
pour l’itération précédente. Le pas de temps pour l’itération suivante (δt)c est calculé pour
vérifier la contrainte sur le nombre de Courant imposé CoIM P selon :
CoIM P
(δt)c = (δt)p
CoM AX
Cette loi adaptative permet d’ajuster le pas de temps de façon la plus économique tout en
respectant strictement la contrainte sur le nombre de Courant. En prenant par exemple
CoIM P = 0.29, on adapte le pas temps pour que l’ensemble du calcul se fasse à nombre
de Courant quasi-constant et toujours inférieur à 0.3. L’évolution temporelle du pas de
temps peut alors varier rapidement et ne pas être lisse. Comme on le verra ultérieurement,
cela ne semble pas avoir d’influence significative sur les résultats. L’utilisation de cette
loi adaptative permet par ailleurs d’effectuer les simulations multi-phases sur maillages
adaptatifs sans avoir à se préoccuper des pas de temps.
40
Chapitre 5
Au cours de cette thèse, la mise en place du calcul des flux de vitesse de déplacement
ainsi que l’extension du calcul des métriques pour des cellules quelconques m’a amené
à examiner plus précisément la notion des métriques. On trouve dans la littérature peu
d’articles relatifs aux méthodes de calculs de quantités géométriques associées au maillage,
pourtant indispensables aux discrétisations de type Volumes-Finis. On notera tout de
même [21] qui utilise le même type de technique que ceux qui sont développés ici pour le
calcul de volumes sur des cellules hexahédriques.
Il convient de s’arrêter quelque peu sur les méthodes de calcul permettant d’obtenir ces
données. Cela n’est pas si trivial qu’il y paraı̂t. En effet, le calcul du centre de face pour
l’évaluation du flux d’une quantité à travers la face va poser problème dès que celle-ci est
non-plane (cas général des faces à plus de 3 nœuds). D’autre part, des difficultés appa-
raissent lorsque l’on s’intéresse à des maillages adaptés à des simulations d’écoulements
turbulents à fort nombre de Reynolds. Avec une modélisation de la turbulence proche
paroi (y + ≈ 1), les maillages obtenus ont des étirements très forts (quelquefois à la limite
du raisonnable !). Typiquement, pour des écoulements autour de carènes de bateaux à
échelle réelle (Re ≈ 109 ), l’étirement des cellules peut atteindre un facteur 105 . La dis-
tance aux premiers points de paroi est de l’ordre du µm. En proportion, cela revient à
avoir une cellule d’un mètre d’épaisseur pour une longueur et une largeur de l’ordre de
100 km ! Comme nous allons le voir, ce type de maillage sur des géométries complexes ne
va pas permettre d’utiliser une définition exacte des centres de cellules.
41
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
5.2.1 Définition
−
→
Le vecteur face Sf et le point F centre de la face sont nécessaires dans le code de calcul
ISIS pour évaluer le flux de diverses quantités à travers la face S considérée. Les quan-
tités étant disponibles uniquement aux centres des volumes, l’objectif est d’obtenir une
reconstruction des flux du deuxième ordre, c’est-à-dire exacte pour une fonction linéaire.
−→
Pour une face S, on note le flux FQS à travers la face d’une quantité scalaire Q. Dans le
−
→
code de calcul, ce flux est approximé par la quantité QF Sf . On a alors :
−→ ZZ
S −→ −
→
FQ = Q dS ≈ QF Sf
S
Pour que la résolution soit d’ordre 2, il est nécessaire que l’approximation précédente soit
une égalité lorsque Q est linéaire.
−−→ −−→ −−→
Q linéaire =⇒ Q(M) = Q(F ) + gradF Q · F M avec gradF Q constant.
ZZ ZZ
−
→ −→ −−→ −−→ −
→
Il vient alors : QF Sf = Q(F ) dS + gradF Q · F M dS
S S
Cette égalité devant être vérifiée quelque soit la fonction linéaire Q, c’est-à-dire quelque
−−→
soient les composantes du vecteur gradient gradF Q, on en déduit outre que QF = Q(F ),
les propriétés géométriques suivantes :
ZZ
−→ − →
dS = Sf (5.1)
S
ZZ
− −−→ −
→ → − →
X · F M dS = 0 (5.2)
ZZS
→ −−→ −
− → − →
Y · F M dS = 0 (5.3)
ZZS
→ −−→ −
− → − →
Z · F M dS = 0 (5.4)
S
Les trois dernières ((5.2), (5.3) et (5.4)) sont équivalentes à définir F comme le barycentre
−
→
géométrique de la face pourvu que celle-ci soit plane. En effet, dans ce cas, dS peut s’écrire
42
5.2. EXAMEN DES QUANTITÉS RELATIVES AUX FACES
dS −
→n avec − →
n constant. Les trois relations deviennent alors la projection sur les 3 axes de
la définition du barycentre géométrique :
ZZ
−−→ →
−
F M dS = 0
S
Pour une face non-plane, on montre qu’il n’existe pas de point F vérifiant les trois relations
(5.2), (5.3) et (5.4). On se reportera à l’annexe A.1 pour plus de précisions.
5.2.2 Calcul
En 2D, cela ne pose aucun problème particulier. La face se réduit à un segment com-
−−→
posé de deux nœuds M et P . Le vecteur face a pour norme MP et pour normale le
−−→ −−→
vecteur −→
n , orthogonal à MP et orienté par convention tel que − →n →
−
∧ MP = α z , avec
α > 0. L’obtention du centre de la face est immédiat (milieu des 2 points M et P ).
En 3D, le principal problème vient du fait que les faces ne sont généralement pas planes
dès que le nombre de nœuds par face dépasse 3. ISIS est capable de gérer des cellules
quelconques (en terme de nombres de faces par cellule et nombre de nœuds par face).
Cependant, dans la plupart des cas, on utilise soit des faces de type triangle soit des faces
de type quadrangle. Pour être le plus précis possible dans la description des métriques,
les cas des faces à 3 nœuds, des faces à 4 nœuds et des faces à plus de 4 nœuds ont été
séparés.
Avec cette paramétrisation, on décrit de manière unique les faces non-planes à 4 nœuds
(la description est indépendante du choix du point A ainsi que des axes ξ et η).
43
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
η
C
ηM OM
!
M !
OM
A
ξM
B
ξ
ZZ−−→ −−→
−
→ ∂ OM ∂ OM
Sf = ∧ dξ dη (5.5)
S ∂ξ ∂η
−
→
On obtient ainsi une expression analytique du vecteur Sf en fonction des coordonnées des
4 nœuds constituant la face :
→ 1 −−→ −−→
−
Sf = AD ∧ BC
2
−
→
Remarque : l’expression obtenue pour Sf est identique à celle obtenue par un découpage
de la face en 2 ou 4 triangles.
Le problème est plus complexe pour le calcul du centre de la face F . L’annexe A.1 montre
−
→
en effet que le calcul du flux au deuxième ordre par l’expression QF Sf n’est formellement
pas possible pour des faces non-planes, quel que soit la description utilisée. Cependant,
pour des distorsions limitées, on peut raisonnablement supposer que l’erreur engendrée
est négligeable (une méthode de calcul du flux plus élaborée paraı̂t assez délicate à mettre
en œuvre étant donné la structure du code, et ceci pour un gain que l’on peut supposer
faible). Des investigations supplémentaires devraient tout de même être effectuées pour
s’assurer de ces hypothèses.
On souhaite avoir une définition qui ne dépende pas de la description de la face. Or,
la description par découpage en 2 ou 4 triangles nécessite le choix initial ”arbitraire”
44
5.2. EXAMEN DES QUANTITÉS RELATIVES AUX FACES
respectivement d’une diagonale ou d’un point F pour décrire la face. Ce type de description
a donc été proscrit ici pour le calcul du centre de la face au profit de la description bilinéaire
qui est unique. Le fait de s’imposer une définition analytique uniquement fonction des
coordonnées des nœuds ne permet pas de prendre comme définition le barycentre de la
face défini de manière générale par :
ZZ
−→ 1 −−→ − →
OF = R − → OM dS
S
dS S
−
→
En effet, pour des faces non-planes, le terme dS ne permet pas de conduire un calcul
−
→
formel des intégrales (la norme de dS fait intervenir une racine carrée). Un calcul approché
basé sur cette formulation reste possible, mais le résultat dépendrait alors du nombre de
petits éléments choisis pour le calcul de l’intégrale, ce qui n’est pas judicieux. Une solution
consiste à travailler sur la face plane la plus proche de S (par projection suivant le vecteur
−
→ −
→
Sf ) et de reprojeter le point Fp obtenu sur Sf . Cette méthode est décrite dans l’annexe A.2.
Elle n’a cependant pas été retenue car sa mise en œuvre est assez lourde. Il a été préféré
−→
de travailler localement avec le vecteur dS projeté sur − →. Le point F est alors défini par :
nf
ZZ
−→ 1 −−→ − → − →
OF = − → OM dS · nf (5.6)
Sf S
−→
Cette expression permet de calculer de manière formelle le vecteur OF et respecte toutes
les conditions requises. Tout calcul fait, (pour plus de détails, on se reportera à l’annexe),
on obtient :
−→ −→ −−→
−→ AB + AC + AD
AF =
3 "
1 −−→ −→ − → −→ −→ −−→ − → −→
− (AD ∧ AC) · Sf AB + (AB ∧ AD) · Sf AC
−
→ 2 (5.7)
12 Sf
#
−→ −→ − → −−→
+ (AB ∧ AC) · Sf AD
Remarque : la description bilinéaire des faces n’est utilisée que de manière temporaire
pour le calcul des centres de face F . Une fois ce point calculé, la face sera toujours
décrite du point de vue géométrique (pour le calcul du volume notamment) comme la
−
→
réunion de 4 triangles de sommet F . Cette description possède le même vecteur Sf que
la précédente. Elles sont équivalentes lorsque les faces sont planes.
45
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
Sf
Nn
Sf i
Ni+1
Ni
N1
Remarque : cette catégorie de faces n’est en pratique pour le moment pas rencontrée
dans la mesure où les logiciels de maillage à disposition travaillent uniquement avec des
tétraèdres ou des prismes à base triangulaire ou quadrangulaire. Avec la procédure
d’agglomération, les faces obtenues peuvent effectivement avoir plus de 4 nœuds.
Cependant, dans ce cas, on se base sur les données métriques des faces filles pour en
déduire directement celles des faces mères.
46
5.3. EXAMEN DES QUANTITÉS RELATIVES AUX CELLULES
Conclusion
Avec la description géométrique des faces à plus de 3 nœuds en triangles de sommet
F , le calcul du volume se réduit à :
1 X −→ − →
V = OF · Sf
dim f aces S
47
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
Ainsi, pour être du second ordre, le centre de volume doit se situer au barycentre géométrique
de la cellule. Comme pour le calcul des volumes, on se ramène, à l’aide du théorème de la
divergence, à une intégrale sur l’enveloppe du volume, i.e. sur l’ensemble des faces com-
−−→ −→ −−→ −→ − → −→
posant la cellule. La ieme composante du vecteur OCc , noté Xi · OCc (avec Xi = X , Y ou
→
−
Z ) s’écrit alors :
− → −−→ 2
ZZZ ZZ
( X i · OM)
−
→ −−→ 1 −
→ −−→ 1 ·−→
Xi · OCc = Xi · OMdV = 0 Sf
V V 2V ∂V
0 (5.10)
X ZZ
1 −→ −−→
= (Xi · OM)2 dSi
2V f acesS S
On utilise alors le découpage en triangles pour les faces qui ont plus de 3 nœuds. La
contribution de chaque face triangle S3 = ABC est évaluée de la manière suivante. On
paramétrise la surface de la même façon que celle effectuée pour les faces à 4 nœuds
dans le paragraphe 5.2.2 (voir Fig. 5.3). En réalité, on est ramené au cas dégénéré où les
2 points C et D de la face quadrangle sont confondus. On a alors les relations suivantes :
( ) −−→ −−→
M (ξ, η) ∈ [0, 1] × [0, 1] \ −
→ ∂ OM ∂ OM
S3 = −−→ −→ −→ −→ −→ , dS = ∧ dξ dη
OM = OA + ξ AB + η AC + ξη BA ∂ξ ∂η
η
C
A OM
! dS
M
OM
!
ξ
B
Figure 5.3 – Paramétrisation d’une face à 3 nœuds pour le calcul du centre de cellule
48
5.3. EXAMEN DES QUANTITÉS RELATIVES AUX CELLULES
ZZ " ZZ ZZ ZZ #
−
→ −−→2 −
→ −→ −−→2 −
→ −−→ −→ − → −→2 −
→
Xi · OM dS = Xi · AM dS + (AM · OA) dS + OA dS
S S S S
" −
→ −→ −
→ −→ −
→ −→ − → −→
→ −→ −→ (Xi · AB)2 + (Xi · AC)2 + (Xi · AB)(Xi · AC)
−
= Xi · (AB ∧ AC)
12
−
→ −→ − → −→ − → −→
(Xi · AB + Xi · AC)(Xi · OA)
+
3
→ −→ 2 #
−
(Xi · OA)
+
2
(5.11)
C (0,2e−5)
F3
y D (0,1e−5) S3 S2
Cc F2
F4 S4
x S1 F1
A (0,0) B (1,0)
Pour cette cellule, on peut montrer facilement que le barycentre de la cellule se situe à
environ xCc = 5/9. Compte-tenu des dimensions de la cellule, la position de ce centre
49
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
Sf3
y
F3 d1 ≈ 0, 05 Cc
d2 ≈ 0, 000015
x F1
Sf1
engendre des non-orthogonalités très importantes par rapport aux faces S1 et S3 , que l’on
ne visualise mal lorsque l’on grossit la direction étirée. La figure Fig. 5.5 permet de mieux
rendre compte des non-orthogonalités engendrées par ce type de géométrie. Le rapport
−−−→ −−−→
entre d1 et d2 est de l’ordre de 30000 ! Les vecteurs Cc F 1 et Cc F 3 sont alors quasiment
−
→ −
→
orthogonaux respectivement à Sf 1 et Sf 3 , alors que dans le cas de maillages cartésiens,
ils sont colinéaires ! Dans le cas tridimensionnel, l’éventuelle distorsion des faces s’ajoute
à ce phénomène.
On comprend alors mieux pourquoi l’utilisation du barycentre comme centre de la cellule
n’est pas applicable pour des maillages très étirés sur des géométries complexes.
D’une part ce choix assure la contrainte imposée par l’utilisation tridimensionnelle de raf-
finement de cellules. D’autre part, il permet de diminuer considérablement les corrections
non-orthogonales dans le cas de cellules étirées proche parois. En contre partie, la précision
de l’évaluation de l’intégrale (5.9) n’est formellement qu’à l’ordre 1. Par exemple pour la
cellule définie sur la figure Fig. 5.4, on obtient alors un centre de cellule quasiment au
milieu des points F 1 et F 3 (compte tenu de la très faible contribution des faces 2 et 4).
50
5.4. SYNTHÈSE
5.4 Synthèse
Dans ce chapitre, les méthodes de calcul liées aux métriques dans une formulation
Volumes-Finis ont été abordées. Concernant les données relatives aux faces, il a été montré
qu’il n’existait pas de point F permettant le calcul du flux d’une quantité Q par la quantité
−
→
QF Sf au 2eme ordre pour des faces non-planes. Ce problème apparaı̂t dès que l’on considère
des faces quelconques à plus de 3 nœuds. Il est alors légitime de se demander si le découpage
en triangles que l’on utilise pour la description géométrique et donc pour le calcul des
volumes ne pourrait pas être étendue au calcul des flux à travers la face. Cette méthode
nécessiterait de sauvegarder les centres et les vecteurs faces des petits triangles composant
la face. Pour un maillage quadrangle, la taille des fichiers des métriques relatives aux faces
serait multipliée par un facteur 4. Le calcul des flux demanderait aussi quatre fois plus
d’opérations pour un gain en précision sûrement faible. Cette possibilité a donc été écartée.
Pour ce qui est des données cellulaires, l’analyse d’une cellule étirée a permis de mettre
en évidence les problèmes liés au calcul exact des centres de volumes. Il ressort de cette
étude que l’utilisation d’une méthode approchée basée sur une pondération des centres de
faces est alors préférable lorsque l’on dispose de maillages très étirés pour des simulations
d’écoulements turbulents.
51
CHAPITRE 5. LE CALCUL DES MÉTRIQUES
52
Deuxième partie
Interaction écoulement-mouvement
53
Chapitre 6
Introduction
Selon les cas, les efforts pourront être utilisés pour résoudre le Principe Fondamental de
la Dynamique (noté PFD par la suite) et en déduire les mouvements, ou être simplement
exploités comme une donnée de sortie.
55
CHAPITRE 6. INTRODUCTION
Remarque :
– Pour les corps en mouvement dynamique (solides et déformables), on a la possibilité
de bloquer un ou plusieurs degrés de liberté et de conserver pour ceux-ci leur vitesse
initiale ou d’imposer une loi analytique.
– En plus des efforts fluides et de la gravité, il est possible pour les corps en mouvement
dynamique d’ajouter un effort extérieur constant ou évoluant de manière analytique.
Le code est ainsi capable de gérer un nombre quelconque de corps de nature différente.
Encore faut-il savoir gérer leur mouvement et les incidences sur le code de calcul.
56
6.2. INTÉGRATION DES CORPS EN MOUVEMENT DANS ISIS
de présence. On passera ensuite à l’étude de l’impact d’un corps prismatique à vitesse im-
posée au travers d’une surface libre. En examinant les efforts qui s’exerçent sur ce corps
lors de la chute puis lors de l’impact, on mettra en évidence des problèmes numériques qui
n’avaient jusqu’alors pas été clairement identifiés dans des simulations multiphases (au-
tour de carènes de bateaux par exemple). Après une analyse du phénomène numérique,
une solution passant par une modification de la discrétisation de l’équation de pression
sera alors explicitée, ce qui clôturera cette partie.
57
CHAPITRE 6. INTRODUCTION
58
Chapitre 7
La résolution du Principe
Fondamental de la Dynamique
7.1 Introduction
L’objectif est de créer un module permettant de résoudre numériquement les équations
issues du Principe Fondamental de la Dynamique (PFD) appliquées à un corps soumis à
un torseur d’effort connu. Comme il sera vu par la suite, l’intégration de ce module dans le
code ISIS permettra d’effectuer des simulations avec des corps en mouvement. Le torseur
associé aux efforts fluide qui s’exercent sur le corps considéré sera obtenu par le solveur
Navier-Stokes. On pourra aussi lui ajouter des actions extérieures supplémentaires : poids,
efforts imposés,...
Le cadre de l’étude est le suivant :
– mouvements tridimensionnels quelconques,
– corps solides indéformables ou déformables à déformation imposée.
7.2 Le paramétrage
7.2.1 Examen du cadre d’étude
La première étape pour résoudre un problème de mécanique du solide, quel qu’il soit,
consiste à définir précisément le système et à le paramétrer. Une fois choisi le référentiel
de référence R0 (en général galiléen), on choisit un repère lié au solide, noté RS . On
définit alors les paramètres fonction du temps qui vont permettre de passer de R0 à RS
(position et orientation). Pour un objet en 2D, cela ne pose pas de problème particulier.
En 3D, l’orientation de RS par rapport à R0 est classiquement repérée par l’intermédi-
aire de 3 rotations notées (ψ,θ,φ). La représentation par les angles d’Euler en est une
possible. En aérodynamique, la réprésentation (lacet, tangage, roulis) est plus répandue.
Malheureusement, quel que soit le choix des trois rotations successives, il existe toujours
des configurations singulières pour lesquelles le triplet (ψ,θ,φ) n’est pas unique. Un ex-
emple mettant en évidence ce problème est présenté dans l’annexe B. Lorsqu’on étudie
“à la main”, un problème de mouvement linéarisé autour d’une position d’équilibre, on
59
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
définit la position des axes afin que la position d’équilibre ne soit pas singulière. Dans
le cas général, lorsqu’on souhaite une résolution numérique d’un problème de dynamique
du solide, ces cas singuliers peuvent poser problème. Pour s’affranchir des configurations
singulières, l’utilisation d’un quaternion pour représenter la transformation de B0 à BS
(bases associées respectivement à R0 à RS ) s’avère être une solution efficace. En effet,
celui-ci ne va s’intéresser qu’aux caractéristiques de la rotation (unique) permettant de
passer directement de B0 à BS . Le recours à un quaternion a déja été utilisé par Mc Donald
et Whitfield ([70]) dans un solveur Navier-Stokes pour le calcul de mouvement tridimen-
sionnel de sous-marins. Son utilisation est aussi souvent mise à profit dans les techniques
d’animations virtuelles ([67]). On se reportera à l’annexe D pour se familiariser avec cet
être mathématique.
D’autre part, pour ce qui concerne les corps déformables, des difficultés supplémentaires
apparaissent :
– Le champ de vitesse du corps n’a plus la forme d’un torseur,
– On ne peut plus associer directement un repère au corps déformable, la notion de
ce repère étant intimement liée au concept de solide indéformable.
Le PFD peut toujours être appliqué à ce système, mais sous sa forme intégrale. Pour
s’affranchir de ces nouvelles difficultés, il faut tout d’abord examiner comment gérer le
cas d’une déformation imposée.
R0 R 1ref = R 0
O0 O1ref
60
7.2. LE PARAMÉTRAGE
Le corps déformé étant lié au repère R1ref , on peut alors à chaque instant définir un
mouvement rigidifiant qui va déplacer le repère R1ref en un nouveau repère R1 . Cette
transformation paramétrable R1ref −→ R1 permet de positionner le corps déformable
dans l’espace physique (Fig. 7.2).
!
J
Rotation
−
→
j1
R1 !
J
R 0 = R 1ref
O1 !I
Translation
!I
O0
−
→ Déformation imposée
i1
Figure 7.2 – Décomposition Déformation-Déplacement
Remarques :
1. Les indices 0 sont associés aux configurations non-déformées, les indices 1 aux
configurations déformées
2. R1ref étant confondu avec R0 , la partie Déplacement sera représentée par la
transformation R0 −→ R1 afin d’alléger les notations.
3. Les deux parties de cette décomposition Déformation-Déplacement vont être liées
par le PFD. La déformation du corps ne conserve pas a priori la quantité de
mouvement ni le moment cinétique. En absence d’actions mécaniques extérieures,
la déformation du corps doit engendrer simultanément une transformation rigide
R0 −→ R1 adéquate afin que le PFD soit respecté.
Conclusion
Le mouvement du corps déformable est donc géré en deux parties :
– Déformation
– Déplacement
La première concerne la forme donnée à ce corps. Elle est imposée par rapport à R1ref
confondu avec R0 . Dans la plupart des cas, elle sera générée en imposant la forme de la
frontière du corps de manière explicite au cours du temps.
61
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
La deuxième concerne le positionnement du corps déformé dans l’espace. Celui-ci est
obtenu en déplaçant le repère R1ref lié à la configuration déformée par un mouvement
en bloc pour obtenir le repère flottant R1 (la forme du corps est alors conservée). Cette
transformation R0 −→ R1 est utilisée pour paramétrer la position du corps dans l’espace
physique. On est ramené à un système d’équations de la même forme que celui obtenu
pour des solides indéformables.
−−−−−−−−→
Remarque : V (M, S/R1 ) qui exprime la vitesse d’un point matériel M de S par rapport
au repère R1 est connue, puisqu’elle dépend uniquement de la déformation du corps.
62
7.3. MISE EN ÉQUATION
−−−−−−−→ −
→ →
− −−→
dV (O1 /R0 ) dΩ10 −−→ R SRes
+ ∧ O1 G = − (7.3)
dt dt MS MS
R0 R0
−−→ −−−−−−−−→
SRes dV (G, S/R1 ) −
→1 −−−−−−−−→ − →1 −→1 −−→
V V
avec = + 2 Ω0 V (G, S/R1 ) + Ω0 Ω0 ∧ O1 G
MS dt
R1
−−−−−−−→ −
→
−−→ dV (O1/R0 ) dΩ10 −
→ → −−−→
−
MS O1 G ∧ + I(O1 , S) = MO1 − SI − SM om (7.4)
dt dt
R0 R0
ZZZ −−−→ −
−
→ → −−−→ − →
avec SI = ρ O1 M · Ω10 O1 M ∧ Ω10 dv
Dt
ZZZ
−−−→ d −−−→ −−−−−−−−→
SM om = O1 M ∧ ρV (M, S/R1 ) dv
dt R1 Dt
ZZZ −−−−−−−−→ −−−→ − →
+2 ρ V (M, S/R1 ) · O1 M Ω10 dv
ZZZDt
−−−→ − → −−−−−−−−→
−2 ρ O1 M · Ω10 V (M, S/R1 ) dv
Dt
Les deux équations vectorielles sont similaires à celles obtenues pour des solides indé-
formables. La déformation imposée au cours du temps ajoute uniquement les deux termes
−−→ −−−→ −−−−−−−−→ →
−
sources SRes et SM om (pour les corps solides, on a O1 = G et V (M, S/R1 ) = 0 ). Le
−
→
terme SI s’exprime en fonction des moments et des produits d’inertie ainsi que du vecteur
rotation (voir expression (7.9)).
−
→
Remarque : (0, α, β, γ) représente les coordonnées du quaternion Ω0 associé à Ω10
63
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
Les équations obtenues précédemment et l’équation d’évolution du quaternion Q en fonc-
tion de Ω0 (voir D.3.1) permettent d’écrire le système suivant :
noté A
z
}| {
→ −
− → −−→ − →
1 0 0 0 zG −yG ẋ R · x0 − SRes · x0
→ −
− → −−→ − →
0 1 0 −zG 0 xG ẏ R · y0 − SRes · y0
→
− →
− −−→ →
−
0 0 1 yG −xG 0 d ż R · z0 − SRes · z0
= 1 (7.5)
A1 −F 1 −E1 dt MS−−−→ −→ → −
− → −−−→ − →
0 −zG yG MS MS MS α MO1 · x0 − SI · x0 − SM om · x0
−F 1 B1 −D1 −−−→ →− → −
− → −−−→ − →
zG 0 −xG MS MS MS β MO1 · y0 − SI · y0 − SM om · y0
−E1 −D1 C1 −−−→ −→ − −
→ → −−−→ − →
−yG xG 0 MS MS MS γ MO1 · z0 − SI · z0 − SM om · z0
q0 0 −α −β −γ q0
x ẋ
d d
q1 = 1 α 0 −γ β q1
= ẏ (7.6) (7.7)
dt y
dt q2
2 β γ 0 −α
q2
z ż
q3 γ −β α 0 q3
Remarques :
64
7.4. LA RÉSOLUTION DU SYSTÈME
Conclusion
Une fois défini le repère flottant R1 par rapport auquel la déformation imposée est
parfaitement connue, l’application du PFD permet d’en déduire les lois d’évolution des
paramètres définissant ce repère par rapport à R0 . On obtient alors un système similaire
à celui obtenu pour les solides indéformables, à la seule différence des termes sources
supplémentaires.
Couplage faible
Lorsque l’on résoud le PFD uniquement à la fin d’un pas de temps, on ne peut pas
utiliser le shéma temporel du problème fluide pour le PFD, puisque celui-ci doit donner
en sortie la position et l’orientation au pas de temps suivant qui n’est pas encore calculé.
On utilise alors un schéma centré du deuxième ordre sur le pas de temps courant tc pour
le passage accélération → vitesse. Un schéma de Crank-Nicholson en (tc+td) / 2 permet
ensuite de remonter jusqu’aux positions en td.
Remarque : pour des raisons de stabilité que l’on détaillera par la suite, le couplage
faible n’est en pratique pas utilisé.
65
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
ZZZ ZZZ
2 2
A0 = ρ y +z dv D0 = ρ y z dv
ZZ V ZZ V
ρ → ρ →
= y + z3 −
y3 −
→ →z .− n dS = y + y z2 −
y2 z −
→ →z .− n dS
S 3 S 4
ρ X 3 ρ X 2
≃ Y . SY f + Zf3 . SZf ≃ Y . Zf . SY f + Yf . Zf2 . SZf
3 f aces f 4 f aces f
7.5 Validation
7.5.1 Cas des corps solides indéformables
Les équations en résultante
- Simulation de lancé
La résolution du système est effectuée par une méthode d’ordre 2. On doit donc avoir
la précision machine quel que soit le pas de temps utilisé pour des mouvements ayant une
forme polynômiale de degré inférieur à 2, c’est-à-dire pour des efforts constants.
→
−
Considérons un solide ponctuel lancé avec une vitesse V0 , soumis uniquement à l’action
de la gravité (polynôme constant), on a :
−−→ 1 → →
−
OM = − t2 − g + t V0
2
→ −
− → → − →
−
Si on prend V0 = i + k et −
→
g = −2 k , on obtient le déplacement suivant :
−−→ →
− →
−
OM = t i + (t − t2 ) k
On doit donc obtenir une parabole qui coupe l’axe des abscisses en x=0 et x=1. Le
graphique Fig. 7.3 montre les points obtenus par une simulation. Ils correspondent bien
66
7.5. VALIDATION
exactement à la courbe théorique (et ceci quel que soit le pas de temps utilisé) à la
trajectoire calculée analytiquement.
Z
0.25
0.2 Vo
0.15
0.1 g=-2
0.05
X
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
- Spirale descendante
→
−
On considère un solide ponctuel soumis à un effort F = (− cos(t), − sin(t), −g), avec
−−−−−−−→ → −−−−−→ −
comme condition initiale : OM(t = 0) = −x , V (t = 0) = →y.
67
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
La figure Fig. 7.5 met en évidence l’accumulation d’erreur de position pour deux pas de
temps différents : celle-ci diminue nettement lorsque l’on passe de 20 à 320 itérations par
tour.
1 1
0.5 0.5
Y
0 0
-0.5 -0.5
-1 -1
Figure 7.5 – Comparaison des trajectoires pour 20 et 320 itérations par tour
On peut alors tracer la courbe d’erreur en fonction du nombre d’itérations par tour
(Fig. 7.6).
68
7.5. VALIDATION
100
Erreur de position
-1
10
-2
10
Disc. couplage non-linéaire
Disc. couplage faible
10-3
Dans le cas où l’orientation se limite à une rotation suivant l’un des axes de la base
B0 , l’utilisation du quaternion est inutile car on peut résoudre alors une équation de la
forme I θ̈ = M similaire à celle des équations en résultante. Comme pour les translations
uniformément accélérées, on obtient alors l’angle au cours du temps à la précision machine
pour des rotations uniformément accélérées (moment M constant), et ceci quelquesoit le
pas de temps.
69
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
En appliquant une force engendrant le même moment M (Fig. 7.7), on constate des ré-
sultats identiques pour l’orientation du solide. Dans le cas de l’application de la force, on
observe aussi la mise en mouvement du centre d’inertie du solide. Tout ceci a été réalisé
pour les 3 axes.
M=F.d
M
Z
d
Y
X
Y
X
F
Figure 7.7 – Tests donnant les mêmes résultats concernant l’orientation du solide
Dans ce cas, l’utilisation du quaternion est nécessaire. L’application d’un moment con-
stant ne permet plus d’avoir la rotation exacte car la méthode de résolution nécessite à
chaque itération le calcul du nouveau quaternion correspondant à la nouvelle orientation
du solide. La discrétisation temporelle provoque alors une petite variation de sa norme
qui n’est alors plus strictement unitaire. Une phase de renormalisation est donc appliquée
pour correspondre effectivement à une rotation. Ces erreurs successives engendrent une
petite déviation par rapport au mouvement exact, d’autant plus faible que le pas de temps
est petit. Comme nous le verrons sur le test suivant, cela n’affecte pas significativement
la précision des calculs.
70
7.5. VALIDATION
On étudie donc le mouvement d’un cylindre dont les conditions initiales sont définies sur
la figure Fig. 7.8.
C.r
−−−−−→
σ(S/R0)
Conditions initiales :
K
r
ΩO = wJ + rK
θ
VO (G,S/Ro) = 0
ΩO
J
G
w A.w
1 1 1
0 0 0
Z
Z
Z
-1 -1 -1
-1 -1 -1 -1 -1 -1
0 0 0 0 0 0
Y X Y X Y X
0.5 0.5 0.5 0.5 0.5 0.5
1 1 1 1 1 1
1 1 1
0 0 0
Z
Z
Z
-1 -1 -1
-1 -1 -1 -1 -1 -1
0 0 0 0 0 0
Y Y X Y X
X
0.5 0.5 0.5 0.5 0.5 0.5
1 1 1 1 1 1
71
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
→ →
− − − →
Soit I1 ,I2 ,I3 les 3 moments d’inertie principaux respectivement selon ( i1 , j1 , k1 ) base liée
→ −
− → − →
au corps et confondue avec ( I , J , K ) à l’instant initial.
On note I1 = I2 = A et I3 = C.
−−−−−→
L’application du PFD permet de démontrer la conservation du moment cinétique σ(S/R0 ).
→
− →
−
Décomposons le vecteur rotation Ω en une rotation axiale r k1 et une rotation transversale
→
− → →
− −
w ∈ V ect{ i1 , j1 }. On montre aussi que les valeurs k− →w k et r restent constantes au cours
du mouvement ainsi que l’angle de nutation θ entre l’axe du satellite G− →
z1 et le moment
cinétique (voir Fig. 7.8). On a de plus la relation :
Aw
tan θ =
Cr
−−−−−→
L’axe G− →
z1 du satellite décrit au cours du temps un cône d’axe σ(S/R0 ).
2π
La période T de ce mouvement est égale à sin θ.
w
Simulation
Pour reproduire ce mouvement et valider ce cas, les paramètres suivants ont été choisis :
X Y
0.75
0.5
Z
0.25
0
0
0.25
0.5
Y 0
0.75 X
1
La figure Fig. 7.11 montre l’évolution des différentes composantes du quaternion au cours
du temps.
72
7.5. VALIDATION
q0
q1
1 q2
0.8 q3
composantes du quaternion
0.6
0.4
0.2
0
-0.2
-0.4
-0.6
-0.8
-1
0 2 4 T 6 8
temps (en s)
-1
10
Valeur pour t = T
N
q1 q2
10-2
20 −3, 892.10−2 2, 727.10−2
Erreur
73
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
7.5.2 Cas des corps déformables
Système de deux solides indéformables
Pour ces tests, la configuration de référence est constituée de deux cylindres identiques
C1 et C2 alignés sur l’axe X, comme le montre la figure 7.13. On impose à ces deux
cylindres des mouvements solides propres dans le repère de déformation R1ref , confondu
avec R0 . L’application du Principe Fondamental de la Dynamique appliqué au système
composé de ces deux cylindres va générer une transformation R0 → R1 pour assurer la
conservation de la quantité de mouvement et du moment cinétique.
Remarque : dans les deux tests, les conditions initiales en vitesse sont identiquement
nulles. Ainsi, la quantité de mouvement et le moment cinétique du système sont nuls.
C1 Z
0.4
0.2 -1
0
C2 -0.5
Z
-0.2
X Y
0
X
-0.4 0.5
-0.2 1
0
Y 0.2
74
7.5. VALIDATION
C2 configuration de référence
temps
tinit
C1 configuration de référence
75
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
X X
Y Y
Z
X X
Y Y
Z
X X
Y Y
Z
X X
Y Y
76
7.5. VALIDATION
X Y
Conditions initiales :
− Rayon du cylindre R = 1 0.5
− Vitesse angulaire = 1 0
Z
− Efforts extérieurs nuls -0.5
-2 -2
-1.5 -1.5
-1 -1
-0.5 -0.5
0 0
Y X
0.5 0.5
1 1
1.5 1.5
R(t)=1+t2 Z
X Y
t final =1 0.5
0.25
Rayon du cylindre 0
Z
-0.25
à l’instant final = 2 -2
-0.5
-2
-1 -1
0 0
Y X
1 1
2 2
1 2
1.9
0.9 Vitesse angulaire
Rayon du cylindre 1.8
0.8
1.7
Rayon du cylindre
Vitesse angulaire
0.7 1.6
1.5
0.6
1.4
0.5
1.3
0.4 1.2
1.1
0.3
1
0 0.25 0.5 0.75 1
temps (en s)
77
CHAPITRE 7. LA RÉSOLUTION DU PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA
DYNAMIQUE
78
Chapitre 8
79
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
80
8.3. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR ANALOGIE AUX RESSORTS
fluide comme une structure mécanique quasi-statique. Initialement, les maillages ont été
vus comme des structures fictives où chaque segment était doté d’un ressort linéaire ([7]).
Par la suite, pour améliorer la qualité des mailles obtenues, éviter les croisements dans
les cas difficiles et permettre ainsi des déplacements plus importants des frontières, des
ressorts de torsion ont été ajoutés entre les segments ([31], [22]). Ces analogies aux ressorts
sont depuis fréquemment employées pour assurer le remaillage des corps en mouvement
et/ou des corps déformables ([76],[12]).
Remarque : dans toute cette partie (afin de ne pas alourdir les notations), les
coordonnées des vecteurs dans le repère de référence seront notées en gras.
Xj
Xi qj
qi j
i X j°
X i°
Figure 8.1 – Définition d’un segment (ij) — Analogie avec un ressort linéaire
−−→
On note Fi→j la force exercée par le nœud i sur le nœud j. L’équilibre du nœud j possédant
nj voisins se traduit par l’annulation des forces de rappel des ressorts ancrées sur le nœud j.
81
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
nj
X −−→ − →
Il vient : Fi→j = 0
i=1
Une condition de Dirichlet est requise pour tous les points frontières : un nœud f appar-
→
−
tenant aux limites du domaine de calcul voit son déplacement imposé : − →
qf = qf .
Une fois définie la relation de comportement des ressorts entre les efforts et les déplace-
ments, on est ramené à la résolution d’un système linéaire de la forme :
Klin 0 q 0
=
0 I qf qf
où Klin représente la matrice de raideur de la structure et I la matrice identité.
Loi de comportement
Loi de comportement proposée par Batina
−−→
Pour définir la force Fi→j exercée par le nœud i sur le nœud j, Batina applique la loi de
Hook au déplacement de chaque nœud :
−−→ 1
Fi→j = −kij (−
→qj − −
→
qi ) avec kij = − → − → β
X˚ − X˚ j i
Cette formulation proposée par Batina ne fait pas totalement l’analogie à un ressort
linéaire puisque la force de rappel n’est pas dirigée suivant le vecteur (ij) mais suivant
−−→
la différence des déplacements des nœuds. Dans ce cas, les efforts Fi→j sont directement
des fonctions linéaires des vecteurs déplacements. Ainsi, aucune linéarisation n’est néces-
saire pour obtenir le système à résoudre. Notons au passage que par cette méthode, les
déplacements dans les différentes directions sont totalement découplés.
82
8.3. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR ANALOGIE AUX RESSORTS
1
kij = β
avec β = 2
ℓ˚
ij
Cette expression de la raideur est justifiée par l’analyse suivante : quand deux nœuds
ont tendance à se rapprocher, la raideur attachée au segment qui les relie augmente.
Cela permet ainsi d’éviter les croisements. Blom montre d’ailleurs dans [9], qu’avec ce
coefficient β égal à 1, la distance entre les nœuds reste toujours positive dans le cas
monodimensionnel. Cependant, dans les applications bidimensionnelles traitées, il arrive à
la conclusion qu’il faut augmenter la raideur des segments proches de la paroi mobile pour
éviter les croisements. Dans le cadre des simulations d’écoulement visqueux turbulents, la
distance des segments diminue fortement lorsque l’on s’approche de la paroi. Ainsi, il est
très facile d’augmenter la raideur proche paroi en augmentant le coefficient β. La valeur
de 2 a donc été requise pour β, valeur qui est aussi préconisée dans [9].
−−→
Pour exprimer Fi→j en fonction des vecteurs déplacements − →
qi et −
→
qj , une linéarisation
géométrique basée sur l’hypothèse de petits déplacements est nécessaire. Cela se traduit
par :
−
→ − → −
→ − →
k−
→
qi k << X˚j − X˚
i , k−
→
qj k << X˚j − X˚
i
−
→ − → −
→ − →
Xj − Xi X˚j − X˚
i
(8.2)
−
→ − → ≃ −
→ − →
Xj − Xi X˚ ˚
j − Xi
−
→ − → − → −
→ − → − → −
→ − → − →
On note : ℓxij˚ = (Xj − X˚
˚
i) · X , ℓyij˚ = (Xj − X˚
˚
i) · Y , ℓzij˚ = (Xj − X˚
˚
i)· Z
2
ℓxij˚ ℓxij˚ℓyij˚ ℓxij˚ℓzij˚
1
x˚ y˚ y˚2 x˚ z˚
La matrice kij s’écrit alors : kij = β+2 ℓij ℓij ℓij ℓij ℓij
ℓ˚
ij 2
ℓxij˚ℓzij˚ ℓyij˚ℓzij˚ ℓzij˚
83
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
Le système à résoudre
L’équilibre de chaque nœud intérieur au domaine permet d’aboutir au système suivant :
n
X →
−
∀i ∈ Ḋ , Kij →
−
qj = 0
j=1
T −
→ →
−
Pour les nœuds frontières, la position est imposée. On a alors : ∀i ∈ D Ḋ , qi = qf
Ainsi, tout nœud Nv relié à Ni par un segment du maillage sera un voisin de Ni . Cependant,
la définition adoptée ajoute aussi des ressorts linéaires fictifs entre les nœuds d’une même
cellule non reliés par un segment du maillage. La figure Fig. 8.2 permet de visualiser
les différents ressorts fictifs ajoutés par rapport à ceux associés aux différents segments
composant la cellule.
84
8.3. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR ANALOGIE AUX RESSORTS
pas de ressorts linéaires fictifs 6 ressorts linéaires fictifs 16 ressorts linéaires fictifs
supplémentaires supplémentaires supplémentaires
Pour ce qui est du remaillage, ce cas est particulier dans la mesure où cette partie du
domaine est bien considérée comme une frontière du domaine, mais les nœuds intérieurs
à cette frontière ”symétrie” n’ont pas un déplacement qui peut être imposé. La position
de ces nœuds situés à l’intérieur de cette frontière symétrie va donc être résolue. Pour
cela, les coefficients liés à ces nœuds dans la matrice de raideur vont être d’une part
classiquement obtenus à partir des nœuds voisins du domaine fluide. D’autre part, pour
rendre compte du caractère symétrique du problème, on va rajouter l’influence de points
fictifs symétriques aux voisins des nœuds appartenant à cette frontière (voir Fig. 8.3).
Limitations
La technique, basée sur l’analogie des ressorts linéaires, est particulièrement souple et
robuste pour des déplacements relativement faibles sur des maillages sans étirements im-
portants. Son champ d’application privilégié concerne les maillages non-structurés adaptés
à la résolution des équations d’Euler. En revanche, cette procédure est souvent mis en dé-
faut pour des maillages adaptés aux écoulements visqueux, pour lesquels un fort étirement
est observé à la paroi. La raideur des ressorts linéaires empêche deux nœuds d’entrer en
collision mais ne parvient pas à conserver convenablement l’orthogonalité des maillages
85
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
générés pour des modèles de turbulence proche paroi. Pour des déplacements importants
des parois, il arrive même fréquemment qu’un nœud traverse un segment qui lui fait face,
générant ainsi des croisements et des volumes négatifs. Cette observation a également été
constatée en optimisation par Anderson et Venkatakrishnan [3] pour des calculs incluant
un modèle de turbulence bas-Reynolds.
Pour mettre en évidence ce comportement, on considère le cas test simple proposé dans
[31] et représenté sur la figure Fig. 8.4. On suppose que les nœuds 1 et 2 sont fixes,et
on impose un déplacement vertical du nœud 3 de manière à ce qu’il vienne occuper la
position initiale du nœud 7. La figure Fig. 8.5 nous permet de visualiser quatre étapes de
la déformation. On constate alors que dès la troisième, le nœud 7 a traversé le segment
1Les
− [Link] linéaires seuls ne parviennent donc pas à conserver une qualité de maillage
convenable et notamment l’orthogonalité des cellules proches paroi nécessaire pour une
bonne précision numérique dans le cadre des simulations d’écoulements visqueux tur-
bulents. Pour s’affranchir de ce problème, Anderson et Venkatakrishnan [3] proposent
d’appliquer le remaillage uniquement dans une zone éloignée du corps. A proximité de
celui-ci, les nœuds du maillage sont déplacés identiquement aux nœuds de la paroi la plus
proche. Cette approche qui fournit de bons résultats pour un corps isolé, nécessite de fixer
convenablement la limite de chaque zone. De plus, des difficultés sont à craindre lorsque
plusieurs corps proches sont présents. Cela apparaı̂t alors plus comme une solution à un
problème particulier qu’une méthode générale et automatique.
A’ A
A
1/2 corps
domaine de calcul
Z
Z
Y
X
X
Figure 8.3 – Mise en évidence des cellules fictives dans le cas d’un plan de symétrie
mobile
86
8.3. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR ANALOGIE AUX RESSORTS
5 6
1 2
Figure 8.5 – Maillages déformés obtenus uniquement avec les ressorts de compression
attribue alors entre différentes barres du maillage, des ressorts de torsion à l’équilibre
dans le maillage non-déformé et dont la raideur Ci est inversement proportionnelle au
sinus carré de l’angle formé par les 2 barres.
Cas 2D
Dans le cas bidimensionnel, la mise en place des ressorts de torsion est identique à celle
effectuée par Farhat et al dans [31]. A l’intérieur de chaque cellule, on place un ressort
de torsion entre chaque segment ayant un nœud commun. Ce ressort de torsion, dont la
raideur imposée C est inversement proportionnelle au sinus carré de l’angle θ formé par
les deux segments, crée un couple de rappel Mt .
1
Mt = C ∆θ avec C =
sin2 (θ)
Une hypothèse de petits déplacements permet alors d’exprimer, par une relation linaire,
la variation de l’angle ∆θ aux déplacements des nœuds qi . On détermine alors les forces
équivalentes appliquées aux nœuds déplacés fournissant le même travail que le moment
Mt . L’équilibre du système se ramène alors à une relation du type Ktor q = 0 similaire à
celle obtenue avec les ressorts linéiques.
87
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
ijk
La figure Fig. 8.6 ci-contre illus- kik Ck kjk
tre, sur une cellule bidimensionnelle
composée de 3 nœuds, les différents Ci
ijk ijk
Cj
ressorts mis en place lors d’une
utilisation conjointe compression- i kij j
torsion.
Figure 8.6 – Association des ressorts de
compression et de torsion pour une cellule
2D
Cas 3D
Dans le cas tridimensionnel, la technique adoptée est similaire dans le principe à celle
utilisée par Degand et Farhat dans [22]. Cependant, elle différe dans la construction des
triangles dans lesquels on introduit les ressorts de torsion. Dans notre cas, la génération
des triangles est effectuée cellule par cellule. Dans chacune d’entre elles, les triangles vont
être formés par un segment du maillage (noté sb ) et complétés par le point milieu des
segments qui appartiennent à la cellule en excluant ceux qui ont une face commune avec
sb . Ces triangles sont ensuite traités de la même façon que pour le cas bidimensionnel. La
contribution de ces efforts de torsion est redistribuée au niveau des nœuds (voir annexe F).
La figure Fig. 8.7 illustre les 4 triangles obtenus dans une cellule tétraédrique.
s s s s
r r r r
p p p p
q q q q
88
8.3. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR ANALOGIE AUX RESSORTS
Exemple
La figure Fig. 8.10 illustre le maillage obtenu sur le plan de symétrie après un dé-
placement des nœuds de la frontière du corps.
Z Z
X X
Y Y
89
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
8.3.3 Synthèse
Tout le développement a été effectué au sein de l’EMN par E. Guilmineau. Dans cette
partie, ma contribution s’est juste limitée à modifier le codage afin d’intégrer la prise en
compte des plans de symétrie. Cette technique est la seule à pouvoir gérer les déformations
quelconques de corps. Dans le calcul des coefficients, l’hypothèse de petits déplacements
est requise. Pratiquement, bien que la matrice de raideur ne soit normalement calculée
qu’une seule fois au début de la simulation sur la configuration de référence, la qualité des
maillages obtenus pour des ”grandes” déformations n’est pas trop dégradée. Outre le gain
en temps de calcul, ce procédé a l’avantage de se recaler systématiquement sur le maillage
initial lorsque les frontières du corps reviennent en position initiale après s’être déformées
(cela se comprend aisément car l’équilibre est calculé sur la configuration de référence).
Pour les cas extrêmes, un calcul des coefficients à chaque nouveau maillage obtenu (c’est-à-
dire la réécriture de l’équilibre sur la configuration courante) permet d’améliorer la qualité
du maillage. Cependant, il faut noter qu’en 3D, le calcul des coefficients de torsion est très
coûteux en temps de calcul, ce qui est très préjudiciable pour des calculs instationnaires.
De plus, on perd le ”retour au neutre” sur la configuration de référence puisque l’on écrit
des équilibres successifs.
Pour améliorer la qualité du maillage dans les cas très sévères sans recalculer les coefficients
d’influence, une pondération des raideurs des ressorts en fonction de la proximité du corps
déplacé pourrait être envisagée. Le coefficient de pondération kp décrit à la section 8.4
pourrait servir à rendre les ressorts plus raides près du corps et ainsi mieux conserver
l’orthogonalité près des parois.
A noter que d’autres techniques basées sur une analogie à un problème de mécanique
des structures élastiques sont aussi envisageables ([30]). Discrétisées suivant une méthode
Volumes-Finis, elles auraient l’avantage d’utiliser les mêmes procédures de résolution que
celles du fluide. Pour améliorer la qualité du maillage obtenu, la mise en place d’un module
d’Young variable suivant la proximité du corps déformé serait sans doute nécessaire.
90
8.4. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR PONDÉRATION ANALYTIQUE
au domaine sont obtenues en début de simulation par résolution d’un Laplacien sur la
configuration de référence. Pour des raisons techniques, celle-ci est tout d’abord effectuée
au niveau des centres de cellules, ce qui permet d’utiliser les mêmes procédures que pour
la résolution de l’équation de pression. Ensuite, une interpolation pondérée par les dis-
tances redistribue les coefficients kp au niveau des nœuds. La connectivité Variable-Nœud
est alors requise pour cette opération. La figure Fig. 8.11 met en évidence l’évolution des
coefficients de pondération pour le mouvement d’un carré au centre du domaine de calcul.
Un exemple de remaillage obtenu par cette méthode est représenté Fig. 8.12.
0
0. 2
0.4
0.6
0. 8
1
91
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
Dans le cas tridimensionnel, les coefficients kp résolus par le Laplacien sont ensuite adaptés
1/3
par la fonction kp −→ kp afin d’éviter une décroissance trop rapide dans l’espace. Cette
transformation répartit de manière plus diffuse l’évolution de kp et améliore ainsi la qualité
du maillage obtenu. Les résultats de la figure Fig. 8.13 s’appuient sur le maillage M65e3
utilisé pour les simulations autour du robot-anguille ROBEA (voir section 15.4). En (a) est
représentée l’évolution des coefficients kp pour le maillage 2D extrait du plan de symétrie
du maillage 3D. Les figures (b) et (c) présentent les valeurs de kp dans le plan de symétrie,
calculées à partir du maillage 3D. En l’absence de modification (b), la décroissance du
coefficient kp dans le plan de symétrie z = 0 est beaucoup plus rapide que celle obtenue sur
le maillage 2D extrait (a). Le post-traitement réalisé sur les coefficients kp après résolution
du Laplacien (c) permet de retrouver une diffusion du coefficient plus conforme à celle
obtenue sur le maillage 2D.
2
1.5
1 kp
1
0.9
0.5 0.8
0.7
0.6
0.5
Y
0 0.4
0.3
0.2
-0.5 0.1
0
-1
-1.5
-2
-2 0 2 4
X
1.5 1.5
1 kp 1 kp
1 1
0.9 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
Y
0 0.4 0 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
-0.5 0.1 -0.5 0.1
0 0
-1 -1
-1.5 -1.5
-2 -2
-2 0 2 4 -2 0 2 4
X X
92
8.4. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR PONDÉRATION ANALYTIQUE
cas déformé
cas non−déformé
Figure 8.14 – Définition de la ligne neutre de la poutre ”virtuelle”
93
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
section droite
associée au noeud
θs1 et θp1 . Le premier est formé par les segments joignant les deux bouts de la poutre
(c’est-à-dire en s = 0 et s = 1) dans les configurations non-déformées et déformées. Le
deuxième est quant à lui issu de la tangente à la poutre déformée en s = 1, comme le
montre la figure Fig. 8.16. Un exemple est présenté Fig. 8.17.
Pour les cas difficiles où les déformations sont significatives, il a été nécessaire d’améliorer
cette technique. Pour cela, une opération de lissage a été mise en place. Elle consiste à
remplacer la rotation RN par une rotation lissée R e N pour la définition de la position du
e
nœud virtuel. RN est lissée dans la mesure où, au fur et à mesure que l’on va s’éloigner du
corps, celui-ci va progressivement être vu ”de loin”. La rotation R e N ne va donc plus être
strictement égale à celle de la section à laquelle le nœud appartient, mais à une pondération
entre RN et une rotation noté R b N . Cette dernière est définie comme la rotation du segment
L1 L2 , segment de longueur 2 dL (N) et de milieu P , point d’intersection entre la section
droite et la ligne neutre (voir Fig. 8.18).
94
8.4. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR PONDÉRATION ANALYTIQUE
configuration déformée
0.75 déformation imposée avec la rotation adaptée
de la frontière extérieure
15
0.5 10
position et orientation 5
Y
fixées en s=0
Y
0.25
0
-5
0
configuration de référence
(sans déformation)
-10 Configuration de référence
(sans déformation)
0 0.25 0.5 0.75 1
-10 -5 0 5 10 15
X X
N
configuration non−déformée
ligne neutre
dL(N )
L1 P L2
e N = L RN , R
R b N , kp RN bN
R
ligne neutre
L2
L1
configuration déformée
P
95
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
dL (N) et L sont précisés par les équations (8.4) et (8.5). Les coefficients KL et kp0, calibrés
respectivement à 4 et 0.95 donnent des résultats satisfaisants.
La figure Fig. 8.19 illustre l’apport de l’opération de lissage. En effet, on remarque dans
le cas non-lissé la présence d’une région du maillage fortement distordue correspondant
à une zone de la poutre possédant un faible rayon de courbure. Les mailles deviennent
dans cette situation de très mauvaise qualité et aboutissent à des croisements pour des
déformations plus importantes. L’opération de lissage atténue le faible rayon de courbure
lorsque l’on s’éloigne du corps. Le maillage obtenu supporte alors très bien la déformation
imposée au corps.
Figure 8.19 – Comparaison des maillages obtenus pour une même déformation du corps
96
8.4. TECHNIQUE DE REMAILLAGE PAR PONDÉRATION ANALYTIQUE
Cette technique permet de remailler des corps de type poutre avec des déformations assez
conséquentes comme le montrent les figures Fig. 8.20 et Fig. 8.21.
97
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
8.4.3 Conclusion
La technique de remaillage par pondération a donné entière satisfaction dans les cas
étudiés, que ce soit pour des corps de type solide ou poutre. L’avantage de cette technique
est qu’elle ne nécessite aucune résolution de système. Son coût en temps de calcul est
donc négligeable. De plus, elle n’a besoin d’aucune donnée additionnelle dans le cadre des
simulations multi-blocs. Pour le moment, l’implémentation pour les structures de type
poutre n’est opérationnelle que pour un seul d.d.l. en rotation. L’extension à une défor-
mation quelconque à 3 d.d.l. en rotation ne semble pas poser de problèmes particuliers.
Associée à une résolution des structures poutres pour de grand déplacement, cette tech-
nique permettra d’ouvrir la voie à l’interaction fluide-structure pour ce type de corps. Les
applications industrielles sont très nombreuses (étude des mouvements de risers,...,) Une
extension aux formes de type plaque est aussi envisagée, mais n’a pour le moment pas été
implémentée.
98
8.5. CHOIX DES MÉTHODES
Tz Rz
z0 z0 Ty
y y
0 Rxy 0
x x
0 0
Tx
Degrés de liberté incompatibles avec l’invariance Degrés de liberté compatibles avec l’invariance
maillage / surface libre maillage / surface libre
Figure 8.22 – Caractérisation des d.d.l. par rapport à l’invariance maillage / surface libre
La technique des ressorts coûtant très cher en temps de calcul, son utilisation doit être
limitée. Dans le cas des déformations imposées, ce n’est pas trop pénalisant dans la mesure
où la déformation des corps n’intervient qu’une seule fois par pas de temps. En effet, ce
n’est pas la forme du corps qui est modifiée au cours des itérations non-linéaires, mais
sa position dans l’espace. Cette dernière étant définie par un mouvement rigidifiant, les
deux autres méthodes peuvent être employées dans la boucle non-linéaire afin de réajuster
la position du corps. Cependant, pour les corps possédant une forme et une déformation
de type poutre, la pondération analytique peut alors avantageusement se substituer à la
technique des ressorts pour la partie ”déformation”. Le gain en temps de calcul est alors
assez conséquent.
Concernant les simulations à corps multiples, il est nécessaire d’avoir recours à une procé-
dure de remaillage. Pour les corps déformables quelconques, seule la technique des ressorts
est applicable. Dans les autres cas (mouvement de corps solide ou de type poutre), le re-
maillage par pondération est une solution alternative qui permet de réduire les temps
de calcul. Dans les cas assez difficiles où les amplitudes des mouvements sont assez con-
séquentes, on peut être amené à combiner les deux approches afin d’obtenir un maillage de
qualité respectable pour un temps CPU raisonnable. Pour cela, on effectue en premier lieu
une ”prédiction” du maillage déformé par la technique de pondération. Le maillage obtenu
a l’avantage d’être de très bonne qualité à proximité des corps (l’orthogonalité est très
bien conservée par cette approche) mais peut posséder des mailles très distordues voire
mal définies (croisement) dans des zones plus éloignées. Celui-ci est alors utilisé comme
entrée pour la procédure de remaillage par ressort. Cette dernière a alors plus un rôle de
lissage que de remaillage pur puisque le maillage de départ est déjà adapté aux nouvelles
positions des nœuds frontières. L’effort de résolution des systèmes linéaires couplés, issus
de l’équilibre de la pseudo-structure mécanique peut alors être limité, notamment en terme
de réduction des résidus. Le temps CPU n’est donc pas ”dramatiquement” augmenté.
La multiplicité des choix n’est en fait que toute relative. La solution la plus judicieuse
dépend en fait du problème traité et de ses contraintes (amplitudes limitées ou non, dé-
formation quelconque ou spécifique) mais aussi des critères que l’on souhaite privilégier
(qualité du maillage, temps de calcul, ...)
99
CHAPITRE 8. LES STRATÉGIES DE REMAILLAGE
2. rotation d’axe →
−
z0 , noté Rz
Les deux rotations devront satisfaire la relation de composition Rt = Rxy ◦ Rz (voir
annexe E).
Soit Qxy et Qz les quaternions exprimés dans la base β0 et associés respectivement à Rxy
et Rz. On rappelle ici que Q = (q0 , q1 , q2 , q3 ) désigne le quaternion exprimé dans la base
β0 de la transformation R0 −→ R1 . Il définit ainsi l’orientation du corps résolue par le
PFD. Par définition de Rxy et Rz, on a :
Les deux rotations s’effectuant toutes les deux avec comme référence la base β0 , la relation
de composition induit aussi la propriété suivante :
Q = Qz Qxy
Ωz = 2Q̇z Qz
100
Chapitre 9
9.1 Introduction
Comme nous l’avons vu au chapitre 8, les stratégies de remaillage proprement dites ou
de repositionnement sont synonymes de faces mobiles par rapport au repère de calcul. Les
−
→
vitesses de ces faces sont appelées vitesse de déplacement et notées Ud . La discrétisation
des équations de Navier-Stokes impose d’évaluer le flux de vitesse de déplacement sur
chaque face, noté FVS dep défini par :
ZZ
S → −
− →
FV dep = Ud · dS
S
La loi de conservation géométrique permet d’écrire d’autre part :
ZZZ ZZ
δ → −
− →
dV − Ud · dS = 0
δt V ∂V
−
→ −
→
La méthode naturelle qui consisterait à calculer ce terme par Ud (F ) · Sf (où F représente
le centre de la face) ne permet pas d’obtenir la loi de conservation géométrique discrétisée
au zéro machine pour des maillages déformables. Pour plus de détails, on se reportera
à [32] page 323. Le fait de ne pas vérifier la loi de conservation géométrique au niveau
discret engendre des erreurs sur l’équation de continuité. Celles-ci vont créer de la masse
artificielle qui va s’accumuler avec le temps et être préjudiciable pour la résolution de
l’écoulement.
L’objectif est d’utiliser une méthode qui permette de résoudre au zéro machine l’équation
discrétisée de la conservation géométrique pour éviter ces problèmes de masse artificielle
et qui soit la plus précise possible. Pour cela, les déformations et les déplacements en bloc
ont été traı̂tés séparément.
101
CHAPITRE 9. LE CALCUL DES FLUX DE VITESSE DE DÉPLACEMENT
formations à disposition sont les positions des nœuds aux différents instants. Ainsi, pour
avoir accès aux flux de vitesse de déplacement, on va se servir du volume algébrique balayé
par chaque face.
Considérons une cellule qui se déplace et se déforme au cours du temps. Pour faciliter la
visualisation, j’ai représenté sur la figure Fig. 9.1 une cellule 2D à 4 nœuds ABCD.
C (t+ δt)
11111111
00000000
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
00000000
11111111
C(t)
00000000
11111111
D(t)
δt) 00000000
11111111
00000000
11111111
D (t+
00000000
11111111
00000000
11111111 BC (t+ δt)
00000000
11111111
δV
00000000
11111111
00000000
BC (t)
11111111
00000000
11111111
B (t+ δt)
00000000
11111111
A (t+ δt)
00000000
11111111
00000000
A(t) 11111111 B(t)
y
x
102
9.2. GESTION DES DÉFORMATIONS DU MAILLAGE
Considérons donc une face quelconque à N nœuds dont on veut calculer le volume balayé
entre t et t’ (t’>t). Celui-ci est composé de 2 faces spatiales à N nœuds S et S ′ correspon-
dant à la même face pris à deux instants différents et de N faces temporelles à 4 nœuds.
Les contributions au volume balayé des 2 faces spatiales S et S ′ sont calculées en utilisant
103
CHAPITRE 9. LE CALCUL DES FLUX DE VITESSE DE DÉPLACEMENT
la même méthode que pour le calcul des volumes cellulaires. Pour plus de détails, on se
reportera au paragraphe 5.3.1.
Ces deux faces spatiales sont donc décrites par un découpage à 4 triangles formés à partir
de leur centre de face F . L’orientation est définie pour ces 2 faces en prenant respective-
−−−→ −−−→
ment pour normale extérieure le vecteur −Sf (t) et le vecteur Sf (t′ ). On montre alors que la
−1 −→
−−−→ 1
−−→′ −−−→
contribution au volume balayé est égale respectivement à dim OF · Sf (t) et dim OF · Sf (t′).
Pour les faces temporelles à 4 nœuds (en général non-planes), on calcule la contribution
au volume balayé en utilisant la description bilinéaire. Celle-ci est parfaitement adaptée
à ce type de face pour les raisons suivantes :
– les faces temporelles sont toujours composées de 4 nœuds
– la description bilinéaire est unique et régulière
– le calcul de la contribution au volume s’obtient aisément à partir d’une expression
analytique fonction des coordonnées des 4 nœuds
Sf(t’)
t’> t
D’
DAA’D’ =
4ième face temporelle C’
S’ = A’B’C’D’
( face spatiale à l’instant t’ )
A’
B’
S = ABCD B
( face spatiale à l’instant t )
ABB’A’ = 1ière face temporelle
A
−Sf(t)
Figure 9.2 – Exemple d’un volume balayé par une face à 4 nœuds entre t et t’
Le sens de parcours des faces temporelles est basé sur le sens de parcours de la face spatiale
(voir Fig. 9.2). Par exemple, pour une face spatiale ABCD, les 4 faces temporelles seront
104
9.3. GESTION DES DÉPLACEMENTS EN BLOC DU MAILLAGE
Pour les faces planes (en particulier pour les faces à 3 nœuds, le deuxième terme est nul).
Compte tenu de la description géométrique retenue pour les faces à plus de 3 nœuds (dé-
coupage en triangle, voir section 5.2), un calcul par somme des contributions des sous-faces
trianglaires peut être facilement réalisé. L’évaluation du flux de vitesse de déplacement
est alors exacte dans le cas d’un mouvement en bloc, et ceci quel que soit le maillage.
−−−−→
Remarque : le mouvement en bloc étant rigidifiant, on a : ∀M , div(Ud (M)) = 0
105
CHAPITRE 9. LE CALCUL DES FLUX DE VITESSE DE DÉPLACEMENT
9.4 Bilan
Le calcul du flux de vitesse de déplacement à travers une face est décomposé en 2
parties :
S
– Si le maillage se déforme, un flux noté, Fdef est calculé à partir des différents mail-
lages déformés en tq, tp et tc sans repositionnement dans l’espace.
S
– Si le maillage subit aussi un mouvement en bloc, on ajoute un flux Fsol induit par
ce repositionnement dans l’espace.
X X
S S
eq V (tq) + ep V (tp) + ec V (tc) − Fdef − Fsol =0
f aces f aces
| {z } | {z }
=0 voir section 9.2 = 0 voir section 9.3
La conservation géométrique est donc bien assurée au zéro machine.
106
Chapitre 10
Le couplage écoulement-mouvement
10.1 Introduction
10.1.1 Position du problème
Dans le cas des mouvements imposés, à chaque nouveau pas de temps, on effectue
le déplacement (connu par avance puisqu’imposé) des corps. Après le passage dans la
procédure de remaillage adéquate, l’écoulement est résolu. Par conséquent, il n’y a pas
réellement de couplage puisque le fluide n’a pas d’influence sur le mouvement des corps. Le
problème se pose donc uniquement lorsque le mouvement (ou une partie du mouvement)
est résolu par application du PFD. La cinématique des corps à l’instant de calcul est
alors liée à l’écoulement à ce même instant par les efforts fluides qui s’exercent sur eux.
En retour, le mouvement des corps influence l’écoulement par l’intermédiaire des flux de
vitesse de déplacement (Fig. 10.1).
Etant donné que les efforts sont liés à la pression au gradient de vitesse des cellules avoisi-
nant le(s) corps, une méthode fortement couplée pourrait être formulée en traduisant les
équations du PFD en équations supplémentaires mettant en jeu, les inconnues de pression
et de vitesse aux cellules concernées et les quantités cinématiques des corps. Ces équa-
tions supplémentaires pourraient alors être intégrées au système formé par les équations
de quantités de mouvement et de pression. Cependant, pour que le couplage soit effectif, il
faudrait aussi en interne utiliser les nouvelles données cinématiques pour remettre à jour
dans la procédure de résolution de ce système couplé l’influence du mouvement des corps
sur l’écoulement. Cela nécessiterait un remaillage en interne pour le calcul des nouveaux
107
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
flux de vitesse de déplacement, qui sont les seules quantités reliant la cinématique des
corps au solveur Navier-Stokes. Le solveur ISIS étant basé sur une formulation découplée
vitesse-pression, cette possibilité de couplage fort, sûrement assez lourde à mettre en œu-
vre, n’a pas été envisagée. Dans notre cas, on s’est donc attaché à résoudre les équations
de manière consécutive, mais en utilisant des méthodes consistantes en temps. Pour cela,
deux types de couplages ont été testés. Comme nous allons le voir, le couplage le plus fort,
associé à un traitement particulier des équations issues du PFD, a permis de stabiliser
tous les cas étudiés.
108
10.2. COUPLAGE FAIBLE
instant
courant
tq tp t td
temps
Accélération
ORDRE 2
Vitesse
Accélération
ORDRE 1
Vitesse
A l’ordre 1 , cette configuration est stable (voir Fig. 10.3). Elle reste même stable tant
que la densité du corps reste supérieure à celle du fluide. Par contre, on retrouve les
oscillations divergentes lorsque la masse volumique du corps est plus faible que celle du
fluide. En effet, la figure Fig. 10.4 montre que pour une densité de 1.1, la chute du corps
est encore stable alors que l’ascension du même corps de densité 0.9 ne l’est plus.
70
0 60
1 50
40
30
20
Ay (en m/s2)
Vy (en m/s)
Ty (en m)
10
0 0
-10
-0.003 -20
-30
-40
Discrétisation temporelle : Discrétisation temporelle : Discrétisation temporelle :
-1 -50
ordre 2 ordre 2 ordre 2
ordre 1 ordre 1 -60 ordre 1
-70
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0 0.01 0.02 0 0.005 0.01 0.015 0.02
temps (en s) temps (en s) temps (en s)
109
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
0.09 10
0.003
0.08
8
0.07
0.002
0.06 6
0.05
0.001 4
0.04
Ay (en m/s )
Vy (en m/s)
2
Ty (en m)
0.03 2
0
0.02
0
0.01
-0.001 0 -2
-0.01
-4
-0.002 Densité du cylindre -0.02 Densité du cylindre Densité du cylindre
densité = 0.9 -0.03 densité = 0.9 -6 densité = 0.9
densité = 1.1 densité = 1.1 densité = 1.1
-0.003 -0.04
-8
-0.05
0 0.025 0.05 0.075 0.1 0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0 0.01 0.02
temps (en s) temps (en s) temps (en s)
10.2.3 Conclusion
Même si cette méthode permet d’effectuer des calculs à l’ordre 1 lorsque les efforts
extérieurs sont prépondérants devant ceux liés à l’action du fluide, ce couplage faible
n’est pas assez robuste et pose des problèmes d’instabilités oscillatoires divergentes par
exemple dès que la masse volumique d’un corps est proche de celle de l’un des fluides
en contact avec le corps. C’est notamment le cas dans la plupart des applications liées
à l’hydrodynamique (corps flottant,...). Il a donc été écarté au profit d’un couplage plus
fort, à l’intérieur même de la boucle non-linéaire.
110
10.3. COUPLAGE NON-LINÉAIRE
à 2 pas de temps (voir Fig. 10.5). Ce schéma est utilisé une seconde fois pour remonter
jusqu’aux déplacements. Mise à part la simplification au niveau du codage, l’utilisation
d’un seul schéma pour les deux parties écoulement et mouvement permet d’avoir des
valeurs discrétisées cohérentes entre la vitesse du corps issue du PFD et celle des parois
calculée à partir des maillages en tq , tp et tc lorsqu’une procédure de remaillage est requise.
Le couplage non-linéaire se traduit par l’algorithme Fig. 10.6.
instant
courant
tq tp t
temps
Accélération
ORDRE 2
Vitesse
Ay (en m)
Ty (en m)
2
1
0
-1
0 -2
-3
0 -4
-5
-6
couplage faible, ordre 1 couplage faible, ordre 1 couplage faible, ordre 1
-7
couplage non-linéaire, ordre 2 couplage non-linéaire, ordre 2 couplage non-linéaire, ordre 2
-8
-0.05 -9
0 0.025 0.05 0.075 0.1 0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0 0.01 0.02
temps (en s) temps (en s) temps (en s)
Cependant, les instabilités réapparaissent pour des corps à faible densité. Dans le cas
du cylindre en chute libre (ou plus précisément en ascension libre étant donné que les
111
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
densités considérées ici sont inférieures à 1), le couplage reste stable jusqu’à une densité
du cylindre de 0.2. En deçà, le calcul diverge lors du premier pas de temps. En fait, on
retrouve de nouveau des oscillations s’amplifiant au cours des itérations non-linéaires,
aboutissant irrémédiablement à la divergence du code (voir Fig. 10.8). Ce phénomène a
aussi été constaté sur des corps déformables à déformation imposée. Pour ces derniers,
l’instabilité apparait pour des densités beaucoup plus grandes, même supérieures à 1.
Remarque : d’autres tests ont été effectués avec un schéma de Crank-Nicholson pour la
résolution des équations du mouvement. Cependant, les résultats obtenus n’ont pas
montré d’améliorations significatives de la stabilité.
500
400
300
200
Ay (en m/s2)
100
-100
-200
-300
densité du corps = 0.175
-400
densité du corps = 0.2
-500
0 10 20 30 40
itération non-linéaire
Bilan
112
10.3. COUPLAGE NON-LINÉAIRE
f = f¯ − aγ
113
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
de masse ajoutée. Cependant, on constate que ces ”sauts” ne se retrouvent pas forcément
aux mêmes instants.
100 100
t=0.320 s t=0.320 s
-1 -1
10 10
-2 -2
10 10
Résidu PFD
Résidu PFD
10-3 10-3
-4 -4
10 10
-5 -5
10 10
10-6 10-6
5780 5785 5790 5795 5800 5805 7470 7475 7480 7485 7490 7495 7500
itération non-linéaire itération non-linéaire
10
0 100
t=0.343 s t=0.343 s
-1
10
-1
10
-2
10
Résidu PFD
Résidu PFD
10-2
10-3
-3
10
-4
10
-4
10 -5
10
10-5 10-6
6225 6230 6235 6240 6245 6250 8045 8050 8055 8060 8065 8070 8075
itération non-linéaire itération non-linéaire
Comme on peut le constater sur la figure Fig. 10.10, l’accroissement du niveau de masse
ajoutée choisi va de pair avec l’augmentation du nombre d’itérations non-linéaires néces-
saires (et par conséquent le temps de calcul) pour réduire les résidus d’un niveau donné.
Ces ”trous” dans les courbes de convergence sont sûrement dus à la situation suivante :
lors de la convergence simultanée des efforts et de l’écoulement, on passe par des états
où les efforts non encore totalement convergés sont en accord avec la position temporaire
du corps (qui elle-même n’est pas encore totalement convergée). Quand cette situation
apparaı̂t, le résidu de l’équation du PFD devient très faible. Sur la courbe de convergence,
il apparait alors ces plongeons caractéristiques. Même si la courbe n’est pas monotone,
la tendance globale permet d’atteindre le gain en résidu souhaité. Ce comportement se
retrouve aussi dans les simulations autour de corps déformables. Une courbe typique de
convergence des résidus PFD est représentée sur la figure Fig. 10.11. Sur celle-ci, seule
la convergence de 4 pas de temps est tracée. Le gain requis est de 3 ordres. Ces résultats
114
10.3. COUPLAGE NON-LINÉAIRE
sont extraits des calculs réalisés sur le robot-anguille présentés à la section 15.4.
0.5
0.4
temps (en s)
0.3
divergence
0.2
a/m=0.5
a/m=1
a/m=1.5
0.1
a/m=2
a/m=4
a/m=10
0
0 5000 10000 15000 20000
Nb. itérations non-linéaires
-2
10
Résidu PFD (translation suivant Y)
-3
10
-4
10
-5
10
-6
10
Figure 10.11 – Exemple de courbe de convergence des résidus PFD pour un corps dé-
formable
115
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
monotone. On peut noter que le coefficient de masse ajoutée que l’on utilise pour sous-
relaxer les accélérations n’a nullement besoin d’être au moins égal à celui du cas réel. Par
exemple, pour le cas du cylindre ayant une densité de 0.1, le ”vrai” coefficient de masse
ajoutée réduit vaut 10 (voir section 10.5). Or un traitement avec une valeur de seulement
1 suffit à stabiliser le couplage.
10.4 Synthèse
Dans un premier temps, l’examen du couplage faible a mis en évidence de gros prob-
lèmes de stabilité. Un couplage plus robuste a donc dû être employé. Pour cela, il a fallu
travailler dans le ”cœur” du solveur, i.e. dans la boucle non-linéaire, pour actualiser l’inter-
action écoulement-mouvement. Outre la résolution du PFD, cela a nécessité un réajuste-
ment des positions des corps à chaque itération non-linéaire. Cette étape de remaillage se
caractérise toujours par des amplitudes de mouvements faibles puisqu’il s’agit uniquement
d’un ajustement au cours d’un même pas de temps. Elle est systématiquement réalisée par
une procédure analytique dont le coût CPU est insignifiant (repositionnement en bloc ou
remaillage par pondération dans les cas où le repositionnement n’est pas autorisé). L’util-
isation de la procédure de remaillage par ressort à chaque itération non-linéaire serait en
effet très préjudiciable pour le temps de calcul. Ce couplage non-linéaire a donné entière
satisfaction pour les simulations classiques de l’hydrodynamique (corps flottants, tenue
à la mer, slamming, ...). Cependant pour des cas plus sévères, nous avons vu qu’il était
nécessaire de procéder à un traitement particulier des équations du PFD pour parvenir à
stabiliser l’interaction écoulement-mouvement lors des itérations non-linéaires.
Au passage, on peut noter l’intérêt pour ce genre de développement d’avoir accès à l’ensem-
ble du code source. En effet, comme tous les autres travaux réalisés au cours de cette thèse,
les modifications à l’intérieur de la boucle non-linéaire n’auraient pas pu être effectuées
sur un code commercial dans lequel on ne peut gérer que les entrées-sorties.
116
10.4. SYNTHÈSE
tq tp t Temps
(itération non-linéaire)
Cal ul des eorts uides qui s'exer ent sur les orps en t
boucle non−linéaire
boucle temporelle
Résolution du P.F.D. :
non
Gain des résidus non−linéaires
> Gain souhaité
oui
117
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
10.5.1 Introduction
Un corps en mouvement dans un fluide met en mouvement les particules fluides autour
de lui. Pour accélérer, un corps aura besoin de ”vaincre” l’inertie de ces particules fluides
en plus de sa propre inertie. On comprend alors aisément pourquoi une partie de l’effort
qu’exerce le fluide sur le corps va être linéairement dépendante de l’accélération du corps.
Pour toutes autres conditions égales par ailleurs, un corps en accélération subira un effort
résistant plus important (si vitesse et accélération ont le même sens). Pour mettre en
→
−
évidence ce phénomène, on décompose classiquement l’effort f qu’exerce le fluide sur le
corps en une partie f¯ indépendante de l’accélération γ et une partie proportionnelle à γ
appelée terme de masse ajoutée.
−
→ →
−
f = f¯ −a−→γ
| {z }
terme de masse ajoutée
On note − →
nv le vecteur normé représentant la direction du mouvement. L’accélération
→
−
algébrique γ est telle que : −
→
γ = γ−
→
nv La force F par unité de longueur qui s’exerce sur le
cylindre pour ce type de mouvement est donnée par l’expression suivante ([94] page 384) :
−
→ 1 1
F = − ρF Cd U 2 D −
→
nv − ρF Cm πD 2 γ −
→
nv
2 4
Notre étude se situe proche de l’instant initial où U ≈ 0. Lorsque U tend vers 0, les
théorèmes de Blasius et de Milne-Thompson donnent dans une approche potentielle que
Cm → 1 et Cd → 0 (voir [94] page 385). L’effort algébrique exercé sur le corps dans la
direction du mouvement se limite alors uniquement au terme de masse ajouté :
1
F (t = 0+ ) = − ρF Cm πD 2 γimp , avec Cm = 1
4
118
10.5. EXEMPLE : CYLINDRE EN MOUVEMENT ACCÉLÉRÉ
Des calculs bidimensionnels ont été réalisés sur un cylindre de diamètre D = 1 m, avec
un fluide de masse volumique ρF = 1 kg.m−3 pour différents maillages. L’accélération im-
posée pour t > 0 est de 10 m.s−2 . Les résultats sont rassemblés dans le tableau Tab. 10.1.
Pression
(Pa)
5
La valeur de 0+ est en réalité celle 4
3
obtenue pour le premier pas de 2
1
temps, i.e. 5.10−3s. Cependant, la 0
-1
valeur de l’effort F n’est pas sen- -2
-3
siblement modifiée pour les pas de -4
-5
temps suivants (simulations effec-
tuées sur 5 pas de temps).
Conclusion
Le coefficient de masse ajoutée, obtenu par ces simulations, est donc bien cohérent
avec celui donné dans la littérature, (aux erreurs de discrétisation près pour le solveur
Navier-Stokes et aux erreurs de modélisation près pour la valeur obtenue par la théorie
potentielle). On notera que même pour les maillages fins, la valeur de Cm n’est pas encore
totalement convergée. Ceci est peut-être dû au caractère particulier de l’écoulement. En
effet, on cherche à obtenir une valeur limite où les vitesses sont très faibles.
119
CHAPITRE 10. LE COUPLAGE ÉCOULEMENT-MOUVEMENT
ρ VS
ρ VS γ = −ρ V g + g + − ρF VS Cm γ
| {zS } | 2{z } | {z }
Poids Pousée d’Archimède Terme de masse ajoutée
1
On obtient alors une accélération initiale de − g, soit approximativement −0.3333g.
3
Une simulation de cette configuration sur le maillage 400x200 utilisé précédemment donne
γ(t = 0+ ) = −0.3334g. On retrouve bien la valeur attendue à 0.03% près.
120
Chapitre 11
La mise en place des maillages mobiles nous a conduit tout d’abord à étudier précisé-
ment le comportement numérique d’un cas physique très simple, celui de l’hydrostatique.
Cela fait l’objet de la première partie de ce chapitre. Ensuite, on s’intéressera au mou-
vement imposé d’un corps prismatique venant impacter une surface libre. Cet exemple
mettra en relief les problèmes numériques rencontrés.
121
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
Vdep
H
H
H
H
C H
C
surface libre
C
C
B C
B
B
B
B
−
t *= 0
+
t *= 1
122
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
ter des cellules ayant des masses volumiques intermédiaires entre celles des deux fluides
non-miscibles. Pour ces cellules-là, la pression obtenue ne pourra donc pas être la valeur
moyenne de la pression réelle dans cette cellule. En effet, l’évolution de la pression réelle
dans ces cellules n’est pas linéaire mais composée de portions de droites de pentes respec-
tives ρ1 g et ρ2 g. Ceci est inévitable dans la mesure où la discrétisation spatiale génère une
perte d’information quant à la répartition des différentes phases à l’intérieur de la cellule
(voir Fig. 11.3).
Z
pression réelle, encore appelée
pression exacte, noté Π
Fh
0 < α C< 1 C
Fb
α B= 1 B
Pression
Dans le cas d’un schéma Donneur-Accepteur ”idéal”, la fonction de présence aux différents
points évolue de la manière suivante :
−
→ −
→
Ud = −Ud −
→
z , Ud > 0 Ud = Ud −
→
z , Ud > 0
temps t∗ < 0 0 < t∗ < 1 1 < t∗ < 2 temps t∗ < 0 0 < t∗ < 1 1 < t∗ < 2
αB 1 1 1 αB 1 1 1-t∗
αF b 0 1 1 αF b 1 1 0
αC 0 t∗ 1 αC 1 1-t∗ 0
αF h 0 0 1 αF h 1 1 0
∗
αH 0 0 t -1 αH 0 0 0
123
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
−−→
grad(P ) · −
→
z PH − PC ρH hH + ρC hC
= hH +hC
avec ρ̂F h =
ρ ρ̂F h 2
hH + hC
Fh
On en déduit :
−−→ −−→
grad(P ) · −
→
z PC − PB grad(P ) · −
→
z PH − PC
=2 =2
ρ ρB hB + ρC hC ρ ρH hH + ρC hC
Fb Fh
En supposant que l’on sache calculer de manière exacte les pressions hydrostatiques PH
et PB à partir des conditions aux limites en haut et en bas du domaine (non représenté
−
→
ici), on a dans le cas Ud = −Ud −
→
z , Ud > 0 :
hB hH
PB = ρ1 g + t∗ ρ1 ghC PH = −ρ2 g − (1 − t∗ )ρ2 ghC
2 2
De plus : ρC = ρ2 + t∗ (ρ1 − ρ2 )
PC hB ρB + PB hC ρC PH hC ρC + PC hH ρH
PF b = PF h =
hB ρB + hC ρC hC ρC + hH ρH
124
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
ρB ghB ρH ghH
PF b = PB − = t∗ ρ1 ghC PF h = PH + = −(1 − t∗ )ρ2 ghC
2 2
−−→ PF h − PF b
grad(P ) ·−
→
z =
C hC
−−→
D’où grad(P ) ·−
→
z = − [ρ2 + t∗ (ρ1 − ρ2 )] g = −ρC g
C
Remarque : on retrouve des résultats similaires pour une vitesse de déplacement Ud > 0.
Bilan
Avec un schéma Donneur-Accepteur idéal qui ne perd finalement pas d’information
sur la position de la surface libre dans ce cas monodimensionnel, les méthodes de recon-
struction des pressions aux faces Pf pour le calcul des gradients, ainsi que des quantités
−−→
grad(P )·−
→
n
ρ
permettent bien d’obtenir le champ de pression exact discrétisé sur des mail-
f
lages orthogonaux dont les faces horizontales sont parallèles à la surface libre. Ceci n’est
pas surprenant puisque les schémas de reconstruction ont été construits pour traiter les
discontinuités de type hydrostatique. Ce n’est pas le cas si on utilise une méthode clas-
sique de reconstruction comme dans le cas mono-fluide.
125
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
2
Vitesse de déplacement du maillage
Fh
0 C
Y
surface libre Fb
-1
CL : glissement
-2
CL : vitesse du fluide imposée à zéro
ou pression hydrostatique imposée
X
-1 -0.5 0 0.5 1
X
A chaque pas de temps, les résidus des équations de quantité de mouvement et de pression
peuvent être pratiquement descendus au zéro machine, ce qui n’est pas le cas du résidu
Max de l’équation de transport de la fonction de présence. En effet, durant le passage
de la surface libre à travers les faces, ce dernier reste bloqué à un niveau qui dépend du
schéma employé et du nombre de Courant. Ceci est dû aux bornages de la fonction de
présence lorsque les schémas de discrétisation ne maintiennent pas αC entre 0 et 1. Ceci
est particulièrement vrai pour le schéma CICSAM lors des comparaisons effectuées.
Remarque : on vérifie que dans le cas Ud > 0 avec une surface libre positionnée en
z = 0.5 m, les résultats sont bien symétriques au cas étudié.
La condition aux limites utilisée pour la partie inférieure du maillage (vitesse ou pression
imposée) n’a pas d’influence sur les résultats (sauf sur le champ de pression avec le schéma
CICSAM comme nous le verrons plus loin). Ceux donnés sans précision supplémentaire
sont relatifs à la condition de vitesse imposée.
126
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
1.1 1.1
αFb 1 αFb 1
0.9 0.9
0.8 Co=0.1 0.8 Co=0.25
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
GDS GDS
0.2 IGDS 0.2 IGDS
HRIC HRIC
0.1 CICSAM 0.1 CICSAM
Donneur-Accepteur "idéal" Donneur-Accepteur "idéal"
0 0
-0.1 -0.1
0.4 0.5 0.6 0.7 0.4 0.5 0.6 0.7
t0 t1 temps (en s) t0 t1 temps (en s)
127
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
CICSAM que celui d’IGDS. Cette figure apporte aussi des renseignements supplémentaires
sur le comportement des deux schémas. En effet, on s’aperçoit que le niveau α = 0.5 ne se
situe pas en z = 0.5 mais à un niveau inférieur avec CICSAM. On constate donc une perte
du fluide inférieur au cours de la descente du maillage assez prononcé pour ce schéma,
alors que celle-ci n’est même pas visible pour IGDS sur cette configuration. Bien que
CICSAM donne de très bons résultats au niveau de l’évolution de la fonction de présence,
les forts niveaux de résidus Max lors du passage d’une maille au travers de la surface libre
liée au bornage se traduisent par une modification de la position de la surface libre.
-1 -1
-0.4 -0.4
-1.5 -1.5
α = 0.25
α = 0.25
-2 -2
Z
-3 α = 0.75 -3 α = 0.75
-0.6 -0.6
-3.5 -3.5
-4 -4
Etude de la pression
Quel que soit le schéma utilisé, on remarque sur la figure Fig. 11.8(a) que l’équilibre
−−→
hydrostatique entre grad(P ) et ρ− →g est parfaitement maintenu numériquement alors que
la fonction de présence est alors diffusée sur plus d’une maille. En effet, le gradient de
pression reste toujours égal à ρ− →g au cours du passage de l’interface. Notons tout de
même un petit bémol pour le schéma CICSAM lorqu’une condition de pression imposée
est requise sur la partie inférieure du maillage. Dans ce cas, on observe une déviation par
rapport à la valeur théorique de −1 (voir Fig. 11.8(b)). Ce n’est pas étonnant : comme
nous l’avons vu précédemment, ce schéma a tendance à faire diminuer la position de la
surface libre. De ce fait, si l’on impose une pression hydrostatique basée sur le niveau
d’eau théorique aux deux extrémités, l’équilibre hydrostatique ne peut plus être assuré.
Examinons maintenant le niveau de pression au centre de la cellule C au cours du temps.
Le graphique Fig. 11.9 illustre l’évolution de PC pour les différents schémas. Etant données
les fortes variations de PC , il est préférable pour comparer les schémas de s’intéresser au
niveau d’erreur de la pression calculée par rapport à la pression obtenue à partir du schéma
Donneur-Accepteur idéal (appelée pression exacte discrétisée). Notons que cette pression
128
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
-0.99996
grad(P)|C . z / (ρg) Co=0.1 -0.9999
grad(P)|C . z / (ρg) Co=0.1
-0.99997 -1
-0.99998 -1.0001
-0.99999 -1.0002
-1 -1.0003
-1.0004
-1.00001
est égale à la pression réelle, sauf lors du passage de l’interface à travers la cellule. C’est
ce qui est fait sur le graphique Fig. 11.10.
5000
PC (en Pa) Co=0.25
4000
GDS
IGDS
HRIC
3000 CICSAM
Donneur-Accepteur "idéal"
2000
1000
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
t0 t1 temps (en s)
On découvre alors que même si le schéma CICSAM a les écarts les plus faibles lors du
passage de l’interface au travers de la cellule, il est le seul pour un nombre de Courant
de 0.1 à ne pas reconverger vers la pression réelle après le passage de l’interface. Pour
les autres schémas, le classement par ordre de plus faible niveau d’erreur est le suivant :
IGDS, HRIC, GDS. Ce classement est identique au regard de l’évolution en temps de αC
et αF b . Pour Co = 0.25, le schéma GDS possède aussi des niveaux de saturation assez
importants qui se retrouvent sur la figure Fig. 11.10. L’écart à la pression discrétisée
exacte est une conséquence de la modification du niveau α = 0.5 par rapport au niveau
théorique de la surface libre.
On retrouve les mêmes phénomènes lorsque l’on trace la variation temporelle de la pression
129
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
50
Co=0.1 50
Co=0.25
0 0
-50 -50
PC - PC (en Pa)
PC - PC (en Pa)
-100 -100
-150 -150
-200 -200
GDS GDS
-250 IGDS -250 IGDS
HRIC HRIC
CICSAM CICSAM
-300 -300
δPc/ δt (Pa/s)
6000 6000
5000 5000
4000 4000
3000 3000
2000 2000
GDS GDS
IGDS IGDS
1000 HRIC
1000 HRIC
CICSAM CICSAM
0 0
0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
temps (en s) temps (en s)
Tous les 0.1 s, c’est-à-dire à chaque passage d’une face au travers de la surface libre, on
observe pour le schéma CICSAM un saut de δPC /δt. Ces sauts sont une conséquence
d’une légère modification de la position de la surface libre lors du passage d’une face. On
retrouve aussi ces sauts caractéristiques avec le schéma GDS pour un nombre de Courant
de 0.25.
130
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
dans la direction verticale (voir Fig. 11.12). Le fait de diviser chaque cellule en trois per-
met de conserver sur chaque grille une cellule d’étude dont le centre se situe en z = 0.55
(ce qui n’aurait pas été le cas d’une division en deux cellules).
0.7
0.7 0.7 0.7
Z
C
Z
Z
0.5 0.5 0.5 0.5
-50
Erreur PC - ΠC (en Pa)
-100
-150
Co=0.25
-300
0.4 0.5 0.6 0.7
temps (en s)
Les niveaux maximum d’erreur sont rassemblés dans le tableau Tab. 11.1 et représentés
Fig. 11.14. Un calcul d’ordre de convergence montre que la précision est d’ordre 1 (erreur
proportionnelle à la hauteur h de la maille).
131
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
maillage M1 M2 M3 M4
Erreur Max. | PC − ΠC | en Pa 270.4 88.9 28.4 8.2
M1
102
|| P - Π ||Max (en Pa)
M2
M3
101
M4
2 3
10 10
Nombre de cellules suivant Z
La figure Fig. 11.15 analyse l’écart entre la pression exacte discrétisée et la pression
exacte. On montre alors que l’erreur est O(h) étant donné que :
g
||P − Π||M ax = (ρ1 − ρ2 ) hC
2
La pression exacte discrétisée est le mieux vers quoi peuvent tendre les schémas utilisés. Il
est donc normal d’obtenir numériquement une précision qui ne soit pas d’ordre supérieure
à 1. Par contre, on constate bien que la méthode est consistante.
Bilan
L’étude du cas réel nous a permis de comparer les performances et les problèmes
éventuels des différents schémas de discrétisation de la fonction de présence disponible
dans le code de calcul. Bien que le schéma CICSAM s’avère être le moins diffusif pour
les faibles nombres de Courant, celui-ci est sujet à de forts niveaux de saturations qui se
traduisent par une déviation de la position de la surface libre. Cela est bien entendu préju-
diciable car cela engendre une perte de masse et une modification du champ de pression.
Mis à part ces problèmes, nous avons montré que le schéma de reconstruction du gradient
−−→
de pression permettait de conserver l’équilibre hydrostatique entre grad(P ) et ρ− →
g , même
pour une fonction de présence plus diffuse que dans le cas Donneur-Accepteur idéal. De
plus, la consistance des méthodes pour le champ de pression a pu être mise en évidence.
132
11.1. HYDROSTATIQUE SUR MAILLAGE MOBILE
Axe Z vertical
Pression exacte Π
Pression exacte discrétisée P
Π Fh
pente − ρ2 g
h C /2
ΠC
pente − ρ1 g
h C /2
P−Π Max
Π Fb
Pression
Π Fb − Π C = − ρ 2 g h C /2
Π Fh + Π Fb Π g h
P−Π = − C = ( ρ 1− ρ 2 ) C
Max
2 4
Π Fh − Π C = ρ 1 g h C /2
Figure 11.15 – Erreur Max entre la pression exacte discrétisée et la pression exacte
133
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
norme de la vitesse Vz
z
V = 3 m/s
Vitesse imposée
134
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
Le problème étant symétrique, le domaine de calcul est limité à un demi-corps qui com-
prend 6550 nœuds. Les conditions aux limites sont définies sur la figure Fig. 11.18. Le
mouvement est géré par un déplacement en bloc du maillage. Pour éviter un temps de
calcul trop long, la loi de pas de temps est une loi hyperbolique qui passe progressivement
de 0.001 s en début de simulation à 0.00001 s pour t > 0.35 s. Elle maintient des nom-
bres de Courant inférieurs à 0.3 pendant l’impact ce qui assure le caractère compressif du
schéma de résolution de la fonction de présence utilisé, en l’occurence le schéma IGDS.
Compte tenu de la condition de glissement sur le corps, aucun phénomène visqueux n’est
modélisé.
Remarque : des résultats similaires sont obtenus avec tous les schémas compressifs.
Pression hydrostatique
Symétrie
Vitesse
imposée Condition de glissement
Symétrie
Vitesse imposée
Résultats
Dans un premier temps, les simulations ont été effectuées en utilisant les méthodes
numériques décrites dans le chapitre 2. Lorsqu’on examine la résultante des efforts suivant
l’axe −
→
z , on est tout de suite frappé par son caractère irrégulier et la présence de pics
importants (Fig. 11.19).
135
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
2.00E+04
1.75E+04
1.50E+04
Effort (en N)
1.25E+04
1.00E+04
7.50E+03
5.00E+03
2.50E+03
0.00E+00
0.325 0.35 0.375 0.4
temps (en s)
En zoomant sur la première partie de la courbe, c’est-à-dire lors de la chute dans l’air,
on note que ceux-ci existent déjà alors que la surface libre n’a pas encore été atteinte
(voir Fig. 11.20). Cette figure montre aussi la même simulation mais réalisée sans surface
libre. On s’aperçoit alors que les pics (qui sont dus à des sauts de pression) sont générés
par la présence de la surface libre. En effet, pour le début de chute simulée en présence
uniquement d’air, les pics sont absents. D’ailleurs, on peut facilement corréler la présence
d’un pic avec la traversée d’une face par la surface libre (le maillage se déplaçant en bloc
avec le corps). La présence de la surface libre a tendance à augmenter l’effort qui s’exerçe
sur le corps, ce qui n’est pas surprenant. On remarque aussi qu’à t = 0.3 s, il existe
un saut d’effort qui provient de la discontinuité d’accélération dans la loi de mouvement
imposée. Cette discontinuité d’accélération se traduit par une discontinuité du terme de
masse ajoutée et donc par une discontinuité d’effort.
15
Calcul sans surface libre
Calcul avec surface libre (schéma IGDS)
10
Effort Fz (en N)
0
0 0.1 0.2 0.3
temps (en s)
136
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
Notons aussi que l’utilisation d’un schéma GDS qui n’a pas de propriétés compressives
(c’est-à-dire sans variation brutale de la masse volumique reconstruite aux faces) supprime
la présence des pics durant la chute (Fig. 11.21). Par contre, l’impact est beaucoup trop
”mou” car le schéma GDS ne permet pas de recompacter la surface libre lorsque l’on
s’approche du corps. La fonction de présence reste ainsi fortement diffusée, comme on le
constate sur la figure Fig. 11.22.
9000
8000
7000
Effort fluide Fz (en N)
6000
5000
4000
2000
1000
IGDS
0
GDS
t=0.350 s t=0.350 s
α α
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
137
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
volumique entre l’air et l’eau, l’intensité des pics est aussi diminuée (Fig. 11.23), car on
diminue aussi les ”discontinuités” de la fonction de présence aux faces.
16
12
11
10
Lorsque le corps atteint la surface libre, les pics deviennent plus nombreux (puisque les
mailles sont plus fines près du corps) et sont amplifiés (car l’influence de la surface libre
sur le corps augmente lorsque le corps approche de celle-ci). Lors de l’impact, la courbe
d’effort devient alors très irrégulière avec des variations brutales. On peut cependant
remarquer que le gain demandé sur les résidus non-linéaires des équations de quantité de
mouvement est toujours atteint et que l’évolution de la surface libre ne devient pas pour
autant aberrante (voir Fig. 11.24).
t=0.366 s t=0.378 s
α α
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
138
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
Bilan
On se rend compte alors que l’on est face à un sérieux problème numérique sur le calcul
de la pression lié à la présence d’une surface libre entre deux fluides dont le rapport des
masses volumiques est très important et à l’utilisation de schémas particuliers permettant
de conserver une interface très peu diffusée.
139
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
−→
c −−→
−c
→ Û grad(P )|C
U C = − ρcC CpC cC +
ρC ρcC
− →
+ ρcC CpC (ρ U )c0C /(ρc
C ∆τ C ) (11.2)
h →
− →
− i
− ρcC CpC ep (ρV U )pC + eq (ρV U )qC /(ρcC VCc )
1
avec CpC =
+ 1/∆τC )ρcC + aC /VCc
(ec
−→
c −−→
→c
− Û f grad(P )
U f = − ρcf Cpf c +
ρf ρ
f
" #
ρc0 →c0
−
+ ρcf Cpf U
ρ ∆τ f f
c
(11.3)
" q q #
p p
ρ V →
− p ρ V →
− q
− ρcf Cpf ep U + eq U
ρc V c f f ρc V c f f
1
avec Cpf =
(ec + 1/∆τf )ρf + (aC /V )f
Remarque : toutes les reconstructions aux faces sont effectuées par une moyenne
pondérée par la distance au centre de la face des quantités attachés aux cellules
voisines L et R, mis à part la masse volumique ρ. Pour cette dernière, on utilise
l’expression ρ̂ définie dans l’annexe G rédigée par [Link].
→
−
4. Utilisation de la contrainte d’incompressibilité (div ( U ) = 0) intégrée sur chaque
volume de contrôle pour obtenir l’équation de pression
X −−→ X Cp gf →
− −
gf grad(P ) →
− →
Cp · Sf = − Û cf · S f
f aces
ρ f aces
ρ̂
f
X Cp gf →
−
+ F ( U c0
f )
f aces
∆τf
X p p
+ gf e ρ V
− Cp p →
−
F ( U p) (11.4)
c
ρV fc
f aces
X q q
g q ρV →
−
+ − Cpf e c c
F ( U q)
f aces
ρV f
gf = ρ̂
avec Cp
(ec + 1/∆τf )ρ̂ + (aC /V )f
→
−
F ( U ) désigne le flux de vitesse à travers la face considérée.
140
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
5. Ensuite, le champ de pression est calculé. Les flux de vitesses sont ensuite corrigés
ainsi que les vitesses en prenant en compte cette nouvelle pression. Le bilan des flux
de vitesse à travers une cellule vérifie alors bien la contrainte d’incompressibilité :
X →
−
F(U ) = 0
f aces
Analyse
Les simulations d’écoulements en présence de surface libre nécessitent d’utiliser des
schémas compressifs pour obtenir une bonne description de l’interface. Ces schémas don-
nent lieu à des reconstructions particulières aux faces de la fonction de présence α.
ρeau
Pour les écoulement hydrodynamiques, le rapport des masses volumiques est de l’or-
ρair
dre de 103 . Ainsi, les fortes variations des reconstruction aux faces de αf (discontinuité de
1 dans le cas d’un schéma donneur accepteur idéal) sont alors amplifiées d’un facteur 1000
pour les variations de la masse volumique aux faces ρf . Or, cette quantité est utilisée dans
l’équation de quantité de mouvement pour discrétiser le terme de convection qui s’écrit
de manière semi-discrète :
X − → − → −−→
ρf Uf F ( U ) − F (Udep )
f aces
Remarque : l’équation est écrite ici sans le terme de viscosité qui dans le cas-test
présenté est nul. Nous reviendrons sur celui-ci par la suite.
141
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
Cette équation peut ensuite être discrétisée et résolue de la même façon que précédemment.
Ensuite, elle peut être utilisée pour reconstruire à partir de la contrainte d’incompressibil-
ité l’équation de pression, comme cela est effectuée en 2.5. Dans ce cas, les reconstructions
aux faces ρf n’interviennent plus dans les coefficients de l’équation de pression. En effet, la
masse volumique se retrouve uniquement et directement dans la quantité ρ̂ pour construire
−−→
le groupement grad(P ρ
)
·−
→ au niveau des faces (voir hydrostatique).
n f
f
En début de simulation, cette formulation donne des résultats très lisses et exempts de
pics, avant et même pendant l’impact (voir Fig. 11.25).
17
15000
16
15
12500
14
Effort fluide Fz (en N)
13 10000
12
11 7500
10
5000
9
8
2500
7
6 0
142
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
Figure 11.26 – Développement d’une instabilité avec la formulation normalisée par rho
masse volumique n’est donc ”perçue” que par sa moyenne sur chaque volume de contrôle.
Il résulte de cette particularité numérique que des courants d’air situés au-dessus de la
surface libre vont réussir à influencer et à infiltrer la zone de transition. Cette dernière va
finir par se déformer et se déstabiliser (Fig. 11.27).
(c) t = 0.412s
On retrouve ces instabilités aussi dans les simulations ”classiques” sans mouvement comme
le cas du Barrage-Obstacle ([24]). La figure Fig. 11.28 met clairement en évidence la
naissance de ces instabilités numériques.
143
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
instabilités
Cette formulation n’est donc pas numériquement judicieuse, du moins prise telle qu’elle.
Résultats
Appliquée à la chute imposée du prisme, cette formulation donne des résultats sat-
isfaisants. D’une part, les efforts (même s’ils sont moins lisses que dans le cas d’une
144
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
discrétisation normalisée) ne subissent pas les sauts de la forme classique (Fig. 11.29 et
Fig. 11.30). D’autre part, la quantité de mouvement étant résolue sous sa forme clas-
→
−
sique en ρ U , les bilans des flux pondérés par ρ ne permettent plus le développement
d’instabilités numériques.
1.0E+04
Effort (en N)
5.0E+03
0.0E+00
17 15000
16
15 12500
14
Effort fluide Fz (en N)
13 10000
12
7500
11
10
5000
9
8
2500
7
6
0
5 Formulation classique Formulation classique
Eq. de continuité normalisée par ρ Eq. de continuité normalisée par ρ
4
-2500
0.25 0.3 0.35 0.36 0.37 0.38 0.39 0.4
temps (en s) temps (en s)
145
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
−→ −→ −−→
en utilisant l’identité div (αT) = αdiv (T) + T grad(α) :
→
− −−→
∂V −→ − → − → grad(P ) − −→ µ + µt −−→ 1
+ div ( V ⊗ V ) = − +→
g + div (2 D) − 2(µ + µt ) D grad( ) (11.5)
∂t ρ ρ ρ
| {z }
−→
Tvi
−
→
Le terme Tvi est non-nul uniquement lorsqu’il y a une variation de masse volumique,
c’est-à-dire uniquement dans la zone d’interface entre l’air et l’eau. Celui-ci correspond à
un terme de viscosité à l’interface, difficile à évaluer du fait de la présence du gradient
d’une quantité ”discontinue”. Dans de telles simulations, la taille des mailles dans la zone
de capture de l’interface reste relativement grossière même si l’on utilise des techniques
de raffinement automatiques. Négliger l’influence de ce terme sur la pression semble donc
licite dans la mesure où la taille des mailles situées à la traversée de la surface libre
ne permet pas de réellement capter les phénomènes visqueux entre les deux phases (par
exemple le développement d’une couche limite dans l’air lié au mouvement de l’eau qui
est alors vu par les particules d’air comme une paroi quasi-solide étant donnée la forte
différence de masse volumique entre les deux phases). En effet, les mailles utilisées à la
traversée de l’interface sont telles qu’elles peuvent être comparées à celles d’un maillage
de type glissement en assimilant l’eau à une paroi quasi-solide.
L’autre terme visqueux qui se trouve sous forme d’une divergence ne pose pas de problème
particulier. Une fois intégré sur le volume de contrôle, il est classiquement transformé en
intégrale de surface. La forme intégrée utilisée pour obtenir l’équation de pression s’écrit
alors :
ZZZ X − ZZZ −−→
δ →
− → → −
− → grad(P ) − →
U dv + F ( U ) − F (Ud ) Uf = − + g dv
δt V f aces V ρ
(11.6)
X (µ + µt )|f −
→
+ 2 D f · Sf
f aces
ρf
146
11.2. COMPORTEMENT NUMÉRIQUE AU NIVEAU DE L’INTERFACE
X −−→ X → −
−
grad(P ) →
− →
Cpf · Sf = − Cpf Û cf · S f
f aces
ρ f aces
f
X Cpf →
−
+ F ( U c0
f )
f aces
∆τ f
p (11.8)
X V →
−
p
+ − Cpf e c
F ( U p)
f aces
V f
X
q Vq →q
−
+ − Cpf e c
F ( U )
f aces
V f
11.2.5 Bilan
Bien que la formulation normalisée par ρ donne des résultats qui ne sont pas bruités,
l’absence de ρ dans les bilans de flux de quantités de mouvement la rend instable dans
le cas de fortes variations de la surface libre. La formulation à équation de continuité
normalisée a l’avantage de conserver l’équation de quantité de mouvement sous sa forme
initiale. L’équation de pression obtenue à partir d’une rediscrétisation sous forme nor-
malisée permet de s’affranchir des fortes variations des coefficients Cp. Par contre, cela
oblige de négliger un terme de viscosité à l’interface dans le calcul de la pression ce qui
rend la formulation non-conservative. Pour la capture de surface libre, cela revient à nég-
liger l’influence de la pression dans les mécanismes visqueux au passage de l’interface qui
sont de toutes façons mal capturés. Les calculs hydrodynamiques pour des écoulements
visqueux turbulents réalisés avec cette formulation n’ont pas montré de différences sig-
nificatives avec la formulation classique. Cependant, des investigations complémentaires
pourraient être menées pour étudier plus précisement ces phénomènes de transfert au
niveau de l’interface.
147
CHAPITRE 11. MOUVEMENT ET CALCULS AVEC SURFACE LIBRE
148
Troisième partie
Applications
149
Chapitre 12
12.1 Présentation
On s’intéresse dans ce chapitre à une simulation mettant en jeu deux corps mobiles :
un batteur, dont le mouvement est spécifié, génère une houle qui va mettre en mouvement
une caisse flottante. Ce cas s’appuie sur des expériences réalisées dans le petit bassin
d’essai de l’Université Technologique de Berlin ([114]). Ses caractéristiques géométriques
sont les suivantes : 30 cm de large, 40 cm de profondeur et 12 m de long.
La caisse, un parallélépipède rectangle de 29 cm de long, est placée en travers du bassin à
une distance de 2.11 m du batteur. Ce corps flottant, homogène, d’une masse volumique
de 680 kg.m3, a une largeur de 10 cm et une hauteur de 5 cm.
Compte tenu de la configuration, une étude bidimensionnelle a été effectuée, représentée
sur la figure Fig. 12.1(a). Le mouvement de rotation imposé au batteur (Fig. 12.1(b)) est
une donnée expérimentale. La fréquence d’échantillonnage est de 500Hz. Une interpolation
linéaire de l’enregistrement expérimental a été nécessaire pour positionner la batteur à
chaque pas de temps.
100 mm
6
50 mm 4
Angle ( en deg)
2
527 mm
400 mm 0
-2
50 mm
-4
-6
2110 mm 0 5 10
temps (en s)
151
CHAPITRE 12. MOUVEMENT D’UNE CAISSE SOUMISE À UNE HOULE
GÉNÉRÉE PAR UN BATTEUR
Le couplage écoulement-mouvement est réalisé à chaque itération non-linéaire comme
spécifié dans l’algorithme Fig. 10.6. Aucun traitement spécifique n’a été nécessaire pour
stabiliser cette procédure. Une loi adaptative sur le pas de temps a été utilisée pour véri-
fier au plus juste la contrainte sur le nombre de Courant proche de la surface libre (on
trouvera la description précise de cette technique au chapitre 4). Celle-ci permet un gain
de temps considérable car les vitesses du fluide au voisinage de la surface libre, liées au
mouvement irrégulier du batteur, varient de façon conséquente au cours du temps.
Les calculs ont été réalisés sur trois maillages différents. La figure Fig. 12.2 représente une
vue globale du premier maillage noté M1C2. Une ”plage numérique” composée d’une large
zone d’amortissement en aval est présente dans tous les maillages testés, pour diffuser les
vagues incidentes et éviter ainsi les problèmes de réflexion. De même, les conditions aux
limites sont toutes communes mise à part celle sur la caisse. En haut, on impose une con-
dition de pression constante. Une condition de glissement est requise sur toute la partie
inférieure du bassin et sur la partie latérale gauche. En sortie (limite latérale droite après
la zone d’amortissement), la vitesse est imposée à zéro.
Dans tous les maillages utilisés, une zone structurée est disposée entre le batteur et la
caisse afin de capturer convenablement l’évolution de la surface libre. Le premier maillage
M1C2 comporte 22000 cellules et possède une condition de glissement sur les parois de la
caisse (Fig. 12.3). Le deuxième de 26000 cellules, noté M2C1, a été raffiné autour de la
caisse pour employer une condition d’adhérence (Fig. 12.4). Le troisième, nommé M3C2,
dispose d’une zone de capture de la surface libre plus fine et une topologie autour de la
caisse différente des deux autres. Il est constitué de 51000 cellules. Malgré cela, les mailles
situées à proximité de la paroi de la caisse sont trop larges pour utiliser une condition
d’adhérence qui ait physiquement un sens. Une condition de glissement a donc été pre-
scrite sur la caisse (voir Fig. 12.5).
La forme du batteur en triangle dont l’un des sommets constitue son axe de rotation a été
choisie pour faciliter la procédure de remaillage. Le déplacement des nœuds de ce corps,
dû à son mouvement de rotation (mouvement rigidifiant), ne génère aucune déforma-
tion supplémentaire des autres frontières du maillage (Fig. 12.6). Avec cette topologie,
les techniques de remaillages analytiques peuvent donc s’appliquer. Aucun phénomène
turbulent n’a pour le moment été pris en compte.
152
12.1. PRÉSENTATION
0.422
0.421
0.5
0.42
0.419
0.418
0.4
0.417
Y
Y
0.416
0.415
0.3 0.414
0.413
0.412
(a) Topologie du maillage autour de la caisse (b) Vue locale à proximité d’un coin de la caisse
Figure 12.3 – Maillage M1C2
0.422
0.421
0.5
0.42
0.419
0.418
0.4
0.417
Y
0.416
0.415
0.3 0.414
0.413
0.412
(a) Topologie du maillage autour de la caisse (b) Vue locale à proximité d’un coin de la caisse
Figure 12.4 – Maillage M2C1
0.422
0.421
0.5
0.42
0.419
0.418
0.4
0.417
Y
0.416
0.415
0.3 0.414
0.413
0.412
(a) Topologie du maillage autour de la caisse (b) Vue locale à proximité d’un coin de la caisse
Figure 12.5 – Maillage M3C2
153
CHAPITRE 12. MOUVEMENT D’UNE CAISSE SOUMISE À UNE HOULE
GÉNÉRÉE PAR UN BATTEUR
0.7
0.6
0.5
0.4
Y
0.3
0.2
0.1
12.1.1 Résultats
Le mouvement imposé au batteur génère un paquet de vagues (Fig. 12.7). La phase
de propagation, visible Fig. 12.8, illustre d’une part l’évolution de la surface libre mais
154
12.1. PRÉSENTATION
aussi la zone structurée permettant une capture précise de l’interface. Le paquet de vagues
atteint alors la caisse et la met en mouvement (Fig. 12.9). Les résultats expérimentaux
à disposition concernent uniquement l’évolution temporelle de la position de la caisse
lors de sa mise en mouvement. Les comparaisons avec les simulations sont représentées
graphiquement sur les figures Fig. 12.10. Sur la première (Fig. 12.10(a)), on note que
l’amplitude du mouvement horizontal est surestimée par l’ensemble des trois simulations
numériques. La simulation M2C1 qui est associée à une condition d’adhérence sur la paroi
a un comportement qui est légèrement amélioré par rapport aux deux autres munis d’une
condition de glissement. Par contre pour le mouvement vertical (Fig. 12.10(b)), cette
condition d’adhérence n’a pas d’influence significative : les simulations M1C2 et M2C1
donnent des résultats équivalents. Le dernier cas M3C2 qui possède une zone de capture
plus fine est aussi assez proche. Cependant, on constate un premier creux légèrement
plus prononcé, certainement dû à une diffusion numérique plus faible lors de la phase de
propagation du paquet de vagues. Là encore, les amplitudes prédites par le calcul sont
supérieures à celles observées expérimentalement. Les effets de bord entre les parois du
bassin et les côtés de la caisse (non pris en compte dans les simulations bidimensionnelles)
sont peut-être à même d’apporter un élément de réponse à ces différences.
Pour le mouvement de rotation (Fig. 12.10(c)) , on note une dispersion dans les résultats
plus sensible, aussi bien entre données expérimentales et résultats numériques qu’entre
les différentes simulations. Bien que ce soit la grandeur qui possède la plus grande in-
certitude expérimentale (env. 10%), l’écart sur le dernier creux reste tout de même assez
conséquent. Là encore, la simulation avec la condition d’adhérence donne de meilleures
tendances par rapport aux deux autres.
t=4.5 s t=5.0 s
155
CHAPITRE 12. MOUVEMENT D’UNE CAISSE SOUMISE À UNE HOULE
GÉNÉRÉE PAR UN BATTEUR
t=5.0 s
t=5.4 s
t=5.8 s
t=6.2 s
t=6.6 s
156
12.1. PRÉSENTATION
t=6.4 s t=6.6 s
t=6.8 s t=7.0 s
t=7.2 s t=7.4 s
t=7.6 s t=7.8 s
Une des difficultés pour analyser les différences de comportement réside dans le couplage
→
−
des degrés de liberté. Si, par exemple, le mouvement sur X est mal capturé pour telle ou
telle raison, cela va avoir des répercutions sur les deux autres d.d.l. et réciproquement.
A ce sujet, on remarque tout d’abord que la réponse de la caisse est plus lente dans les
157
CHAPITRE 12. MOUVEMENT D’UNE CAISSE SOUMISE À UNE HOULE
GÉNÉRÉE PAR UN BATTEUR
0.45
Exp.
0.44 Sim. M1C2
2.25 Sim. M2C1
0.43
Sim. M3C2
0.42
Position X (en m)
Position Y (en m)
0.41
2.2
0.4
0.39
0.38
2.15 Exp. 0.37
Sim. M1C2
Sim. M2C1 0.36
Sim. M3C2
0.35
15
10
Rotation (en deg)
-5
-10
-15 Exp.
Sim. M1C2
-20 Sim. M2C1
Sim. M3C2
-25
6.5 7 7.5 8
temps (en s)
(c) angulaire
12.1.2 Synthèse
Cette simulation avait pour objectif de valider les procédures de mouvement avec
plusieurs corps. On a pu ainsi du même coup, montrer la robustesse des procédures de re-
maillage pour des mouvements d’assez fortes amplitudes. Même si l’étude en maillage n’a
pas été très poussée, on a pu évaluer qualitativement l’apport d’une zone de propagation
plus fine ainsi que l’influence de la condition aux limites sur la paroi du corps.
Etant donné la relative faible précision des données expérimentales et des effets tridi-
158
12.1. PRÉSENTATION
mensionnels probables, on peut considérer que l’accord des simulations avec les résultats
expérimentaux est raisonnable. Même si des différences persistent (notamment sur la fin
du mouvement de rotation), on constate que les mouvements de la caisse possèdent les
bonnes tendances.
159
CHAPITRE 12. MOUVEMENT D’UNE CAISSE SOUMISE À UNE HOULE
GÉNÉRÉE PAR UN BATTEUR
160
Chapitre 13
2.44 m
C
0.61 m
H
20 °
air
surface libre
eau
Parmi toutes les expériences réalisées, notre étude s’est focalisée sur celles dont la hauteur
de lâché H est de 0.61 m. Par contre, deux paramètres d’angle et de masse ont été utilisés,
161
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
ce qui fait en tout 4 configurations. Elles sont définies dans le tableau Tab. 13.1.
Les résultats des simulations vont être comparés aux données expérimentales disponibles
dans [115]. Les cas symétriques vont faire l’objet d’une analyse plus précise sur la capture
du pic de pression généré lors de l’impact, qui est une des principales caractéristiques
d’étude des problèmes de slamming.
162
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
1
Vitesse
imposée Symétrie
0.5
0 Glissement
Y
-0.5
-1
Symétrie
-1.5
-2
Vitesse imposée
-2.5
-2 -1 0
X
points de calcul, le raffinement isotrope est utilisé uniquement dans une bande verticale
proche du corps (pour |x| < 0.75 m), le reste du domaine est affecté d’un raffinement
directionnel. Cette opération ne dégrade pas la précision de la solution car loin du corps,
la surface libre (qui reste quasiment horizontale) n’a besoin d’être raffinée que dans sa
direction orthogonale. Près du corps, le raffinement isotrope est requis pour capturer
précisément l’interface qui évolue dans les deux directions. Une zone de transition est
constituée pour ne pas avoir des mailles voisines avec des rapports d’aspect trop différents
(voir Fig. 13.4). Les vues des différents maillages pour les six simulations réalisées sont
fournies sur la figure Fig. 13.3. Le pas d’espace des cellules de la grille de base au niveau de
la surface libre étant grand au début de la simulation, l’épaisseur raffinée est relativement
importante. Elle diminue fortement lorsque l’on s’approche du corps puisque l’épaisseur
des mailles décroı̂t également.
L’équation pour la fraction volumique est résolue à partir du schéma IGDS introduit à la
section 2.7. De nouveau, on est confronté à une contrainte sur le pas de temps discret pour
assurer des faibles nombres de Courant Co. Pour se placer dans une situation favorable
à la capture de l’interface, le schéma IGDS nécessite des nombres de Courant inférieurs
163
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
à 0.3. Les pas de temps δt utilisés à chaque itération temporelle doivent donc respecter
cette condition. Dans le cas présent, les vitesses évoluant de façon importante au cours de
la simulation comme pour l’application précédente (chap. 12), il est difficile de formuler
a priori une loi analytique de δt au cours des itérations temporelles qui satisfasse cette
164
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
-0.6
-0.65
-0.7
-0.75
Y
-0.8
-0.85
-0.9
-0.95
-1.1 -1 -0.9 -0.8 -0.7 -0.6 -0.5
X
contrainte sur l’ensemble de la simulation sans aboutir à des pas de temps excessivement
petits en de nombreux instants. Ainsi, lorsqu’on prescrit une loi analytique imposée pour
l’évolution de δt, le temps CPU d’une simulation peut être inutilement augmenté. Pour
remédier à ce problème, une loi adaptative sur le pas de temps a été implémentée. La
procédure de calcul de chaque δt est décrite à la section 4.2 dans le chapitre relatif aux
méthodes numériques. Elle permet d’ajuster le pas de temps à chaque itération temporelle
de façon la plus économique tout en respectant strictement la contrainte sur le nombre de
Courant.
165
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
lage implémentée dans ISIS est compatible en instationnaire avec les options de maillages
mobiles et de mouvements de corps. On note cependant que les résultats deviennent plus
bruités lorsque NGen est grand (4 et 5). Ces irrégularités, qui n’apparaissent pas avec une
marge de sécurité plus importante, semblent montrer une déficience du critère de sélec-
tion retenu. En effet, lorsque le jet progresse le long du corps, le pic de pression se situe
légèrement en amont de la surface libre. Si on utilise un critère de sélection uniquement
basé sur la surface libre avec une marge de sécurité assez faible comme c’est le cas ici, la
zone de forte pression va quitter la zone raffinée et traverser la zone de transition. Cette
dernière possédant des non-orthogonalités plus importantes, cela peut expliquer le niveau
de perturbations plus important. L’ajout d’un deuxième critère de sélection lié au niveau
de pression devrait permettre d’obtenir des résultats plus lisses d’une part sur ces courbes
d’efforts mais aussi sur la valeur du pic de pression.
13 Exp 9 Exp
12 Méth. Asym. Méth. Asym.
ISIS - NGen=0 8 ISIS - NGen=0
11 ISIS - NGen=1 ISIS - NGen=1
10
ISIS - NGen=2 7 ISIS - NGen=2
ISIS - NGen=3 ISIS - NGen=3
9 ISIS - NGen=4 ISIS - NGen=4
6
ISIS - NGen=5 ISIS - NGen=5
8
5
7
6 4
γ/g
γ/g
5 3
4
2
3
2 1
1 0
0
-1
-1
-2 -2
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
t* (s) t* (s)
(a) Cas SymLight (b) Cas SymM edium
Figure 13.5 – Accélération verticale
166
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
figure que la position du pic de pression est bien identifiée par l’ensemble des calculs
adaptatifs. Le zoom appliqué sur les courbes permet de constater que l’on converge vers
la solution asymptotique lorsque NGen devient grand.
0.05
0
Position du pic de pression (en m)
-0.05
-0.1
-0.15
-0.2
0
Position du pic de pression (en m)
-0.05
-0.1
-0.15
-0.2
Méthode asymptotique
ISIS - NGen=0
-0.25 ISIS - NGen=1
ISIS - NGen=2
ISIS - NGen=3
ISIS - NGen=4
ISIS - NGen=5
-0.3
0 0.01 0.02 0.03 0.04
t* (en s)
(b) Cas SymM edium
167
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
Intensité
Les figures Fig. 13.7 comparent les évolutions temporelles de l’intensité du pic de
pression pour les mêmes cas que précédemment. L’intérêt de la procédure adaptative
apparaı̂t ici plus nettement. La capture de ce phénomène local, violent et instantané est
rendu possible par l’emploi de celle-ci. Le processus adaptatif permet d’atteindre des
solutions qui convergent en maillage : lorsque NGen croı̂t, les courbes s’accumulent sur la
solution asymptotique. Pour NGen = 5, la solution est quasiment convergée et très proche
de la méthode asymptotique. La capture de ce phénomène par résolution des équations de
Navier-Stokes est obtenue pour un nombre de points et un temps de calcul qui reste tout
à fait raisonnable (cf. tableau Tab. 13.2). Pour aboutir à un résultat similaire de manière
naı̈ve à partir d’un calcul mono-grille classique, il aurait fallu considérer un maillage
démesurément fin (3408 ∗ (4)5 = 3489792 pts !).
Remarque : les temps de calculs correspondent à un calcul sur des PC récents de 3GHz.
Le même tableau appliqué aux simulations SymMedium aboutit aux mêmes ordres de
grandeurs. Il n’a donc pas été ajouté.
168
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
0.11
0.05
1
0.04
0
0.03
0.02
0.01
0
0 0.01 0.02 0.03 0.04
t* (en s)
(a) Cas SymLight
0.09
2 ISIS - NGen=2
3 3 ISIS - NGen=3
0.08 4 ISIS - NGen=4
5 ISIS - NGen=5
0.07 2
0.06
1
0.05
0
0.04
0.03
0.02
0.01
0
0 0.01 0.02 0.03
t* (en s)
(b) Cas SymM edium
169
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
NGen 0 1 2 3 4 5
TCP U (min) 20 30 75 350 2000 8000
Npts Min 3408 3600 4200 5000 6500 14000
Npts Max 3408 4100 5700 9500 16000 38000
Table 13.2 – Informations sur les simulations effectuées pour le cas SymLight
en temps de calcul. On a effectué une simulation pour NGen = 2 en utilisant une loi
analytique imposée. Celle-ci est déjà développée pour concentrer l’effort de calcul lors de
l’impact et non lors de la chute. Ainsi, elle n’est pas uniforme et diminue selon une loi
basée sur une tangente hyberbolique jusqu’à l’instant t = 0.3s. La figure Fig. 13.8(a)
compare les évolutions temporelles du pas de temps selon les lois adaptative et analytique
imposée, respectivement. La loi imposée est relativement bien adaptée pour la simulation
des instants correspondant à la chute de prisme et à l’impact. En revanche, elle devient
excessivement coûteuse pour le reste de la simulation. La loi adaptative permet à l’inverse
de gérer correctement l’effort de calcul sans la nécessité de s’interroger sur la façon dont
il faut spécifier le pas de temps. On pourra constater que la loi adaptative provoque une
évolution du pas de temps légèrement bruitée et possédant de fortes variations. Cela n’a
pas eu d’influence significative sur les résultats. Les écarts les plus importants constatés
entre les deux simulations concernent la capture du pic de pression. On pourra vérifier sur
la figure Fig. 13.8(b) que ces différences sont réduites. Le temps de calcul de la simulation
avec la loi imposée est d’environ 6 fois plus élevé que celui avec la loi adaptée.
0.07
ISIS - NGen=2 - ∆t : Loi imposée
0.0005 ISIS - NGen=2 - ∆t : Adaptatif
Valeur du pic de pression (MPa)
Loi Adaptative
Loi imposée 0.06
0.0004
0.05
0.0003 0.04
∆t
0.03
0.0002
0.02
0.0001
0.01
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0
t (s) 0 0.01 0.02 0.03 0.04
t* (s)
(a) Evolution du pas de temps (b) Pic de pression calculé
Figure 13.8 – Comparaison des lois en temps imposée et adaptative
170
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
t=0.0250s t=0.3652s
t=0.2030s t=0.3704s
t=0.2854s t=0.3803s
t=0.3540s t=0.3900s
171
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
t=0.4052s t=0.4483s
t=0.4151s t=0.4709s
t=0.4224s t=0.5252s
t=0.4302s t=0.5726s
172
13.2. ETUDE DES CAS SYMÉTRIQUES
t=0.6392s t=0.9232s
t=0.7339s t=1.0631s
t=0.8190s t=1.2601s
t=0.8799s t=1.5083s
173
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
(a) NGen = 1
(b) NGen = 3
(c) NGen = 5
174
13.3. ETUDE DES CAS ASYMÉTRIQUES
0.5
0
Y
-0.5
-1
-2 -1 0 1 2
X
13.3.2 Résultats
On constate que les résultats des simulations sont assez proches de l’évolution moyenne
des données expérimentales, comme le montrent les courbes d’accélérations verticales et
angulaires lors de l’impact (Fig. 13.14, Fig. 13.15, Fig. 13.16 et Fig. 13.17). Par contre,
les calculs sont par nature dans l’impossibilité de capter les oscillations rapides engendrées
par les vibrations de la structure, puisque celle-ci est modélisée par un corps indéformable.
La principale différence entre les deux simulations (”classique” et avec raffinement) con-
cerne l’instant d’impact légèrement avancé pour le cas sans raffinement. L’examen de la
position physique de la surface libre jusqu’avant l’impact a permis d’en trouver la cause
(voir Tab. 13.3).
Pour la simulation classique, la chute du prisme (et donc du maillage) dans l’espace mod-
ifie légèrement la surface libre (qui a tendance à monter ici). Celle-ci étant plus haute
175
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
13
12
Exp.
11 Sim. "classique"
Accélération Ay suivant Y (en m/s )
2
10
Sim. avec raffinement (NGen=3)
-1
0.35 0.375 0.4 0.425 0.45
temps (en s)
4
Exp.
Accélération angulaire (en 10 deg/s )
Sim. "classique"
2
-1
-2
-3
0.35 0.375 0.4 0.425 0.45
temps (en s)
par rapport à la position physique, l’impact se produit légèrement plus tôt. Cette montée
du liquide est certainement la conséquence d’une résolution moins précise de l’équation
de transport de la fonction de présence. Pour la simulation classique, la zone d’inter-
face traverse des mailles beaucoup plus grosses en début de simulation que dans le cas
avec raffinement (4 cm pour la simulation classique contre 9 mm pour la simulation avec
raffinement). Elle est donc plus sujette aux erreurs de discrétisation.
176
13.3. ETUDE DES CAS ASYMÉTRIQUES
8 Exp.
Sim. "classique"
Accélération Ay suivant Y (en m/s2)
-1
177
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
Si l’on s’intéresse maintenant aux quantités intégrées (vitesse et position angulaire sur
les figures Fig. 13.18 et Fig. 13.19) les différences sont plus visibles. Cela paraı̂t nor-
mal car, pour ces quantités intégrées, les erreurs sont cumulées au cours du temps. On
remarque une assez forte différence Exp./Sim. pour l’évolution de l’angle pour la config-
uration AsymLight. Or, l’examen de l’accélération angulaire ne montre pas visuellement
de manière flagrante un moindre accord par rapport à la configuration AsymMedium.
On peut cependant s’interroger sur la précision des données expérimentales sûrement
calculées à partir d’une intégration numérique du signal en accélération très bruité. Les
incertitudes expérimentales n’étant pas communiquées, il est difficile d’aller plus loin dans
la discussion.
Norme vitesse sur Y |Vy| (en m/s)
3
3
1 Exp. Exp.
Sim. "classique" Sim. "classique"
Sim. avec raffinement (NGen=3) Sim. avec raffinement (NGen=3)
1
0.35 0.375 0.4 0.425 0.45 0.35 0.375 0.4 0.425 0.45
temps (en s) temps (en s)
5 5
4.75 4.75
4.5
4.5
4.25
4.25
4
4
3.75
Angle (en deg)
3.75 3.5
3.5 3.25
3.25 3
3 2.75
2.5
2.75
2.25
2.5
2
2.25
Exp. 1.75 Exp.
2 Sim. "classique" 1.5 Sim. "classique"
1.75 Sim. avec raffinement (NGen=3) Sim. avec raffinement (NGen=3)
1.25
1.5 1
0.35 0.375 0.4 0.425 0.45 0.35 0.375 0.4 0.425 0.45
temps (en s) temps (en s)
La figure Fig. 13.20 permet de mieux visualiser l’influence de la masse du corps sur la
dynamique de l’impact. La configuration AsymMedium, possédant un corps plus lourd,
est moins freiné par l’impact. Il en résulte un plus grand enfoncement du corps par rapport
à AsymLight et une évolution différente de la surface libre. Les figures Fig. 13.21 montrent
l’évolution de la surface libre à différents instants pour le cas AsymLight. Le raffinement
178
13.4. SYNTHÈSE
permet là encore de capturer de manière fine la surface libre, tout au long du calcul
(Fig. 13.22(a)), même lorsque l’eau vient se reprojeter sur la partie supérieure du corps
(Fig. 13.22(b)).
position surface libre initiale t= 0.81 s position surface libre initiale t= 0.81 s
13.4 Synthèse
La simulation d’impact présentée dans ce chapitre a permis de mettre en exergue
l’intérêt de l’association mouvement de corps - raffinement automatique. Celui-ci s’est
plus particulièrement révélé pour la capture du pic de pression. Cette quantité locale
(mais sans être pour autant négligeable car dimensionnante) est difficilement accessible
par des solveurs Navier-Stokes opérant à partir de calculs mono-grilles. Par ailleurs, les
calculs adaptatifs permettent d’assurer une description fine de la surface libre pendant et
après l’impact sans trop pénaliser les temps de calcul.
La prochaine étape est de montrer la faisabilité de ce genre de calcul sur des configurations
tridimensionnelles. Pour atteindre des niveaux de raffinement élévés, on ne pourra pas se
passer d’un développement technique pour paralléliser les procédures adaptatives. En effet,
les calculs parallèles associés à ce type de méthode posent principalement des problèmes de
”load-balancing”. Si le raffinement s’effectue majoritairement sur un bloc donné, l’efficacité
de l’ensemble des processus parallèles est alors amoindrie puisque la vitesse du calcul est
limitée par le bloc contenant le plus grand nombre de cellules. Des travaux ont déjà été
réalisés, menant à des résultats intéressants ([74],[75]). Pour ce qui nous concerne, une
solution envisagée dans un premier temps serait de dédier un processeur pour effectuer le
travail de redécoupage lorsque les blocs deviennent trop hérérogènes. Pour limiter l’espace
mémoire, celui-ci n’aurait pas en mémoire toutes les variables mais uniquement le maillage
global ainsi que les connectivités avec les blocs. Une fois le nouveau découpage réalisé, le
transfert pourrait s’effectuer variable par variable.
179
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
t=0.365 s t=0.749 s
t=0.385 s t=0.814 s
t=0.440 s t=0.859 s
t=0.609 s t=0.905 s
t=0.680 s t=0.970 s
180
13.4. SYNTHÈSE
t = 0.41 s
(a)
t = 0.81 s
(b)
181
CHAPITRE 13. IMPACT D’UN CORPS PRISMATIQUE SUR UNE SURFACE
LIBRE
182
Chapitre 14
14.1 Introduction
L’aviron est un sport physique, mais aussi technique. Même si le premier aspect est
une condition sine qua none pour atteindre le haut niveau, le côté technique ne peut être
négligé, du moins si l’objectif est de devancer des rameurs ayant un potentiel physique
supérieur.
L’optimisation de la performance passe par la minimisation du temps nécessaire pour
parcourir la distance fatidique de 2000 m. L’entraı̂nement physique, composant incon-
tournable, augmente l’énergie que les rameurs pourront fournir lors d’un parcours. Cela
fait appel aussi à des compétences scientifiques, notamment en physiologie, éloignées de
notre propos. Cependant, pour une capacité physique donnée, on peut aussi s’appliquer à
la transformer du mieux possible en énergie cinétique, afin d’augmenter la vitesse moyenne
de l’embarcation et donc le rendement du système mécanique complexe bateau-avirons-
rameur(s). Dans ce cas, on parlera de technique. Pour avoir des critères objectifs, il con-
vient donc d’examiner et de quantifier mécaniquement l’influence de la cinématique du
rameur et des efforts qu’ils appliquent sur l’embarcation, mais aussi du matériel utilisé :
rigidité et forme de pelles,... , ce qui n’est pas chose aisée étant donné la complexité du
système.
Sans m’étendre plus longuement sur le sujet, on retiendra que dans cette perspective, la
modélisation des forces hydrodynamiques sur les palettes d’aviron est un élément essentiel
car à n’en pas douter le plus mal connu.
183
CHAPITRE 14. ECOULEMENT AUTOUR D’UNE PALETTE D’AVIRON
184
14.2. DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL
z
300 mm
Epaisseur :
140 mm
3.5 mm
1308 mm
(a) Vue de côté
V0
chariot
θ (t)
palette
eau calme
185
CHAPITRE 14. ECOULEMENT AUTOUR D’UNE PALETTE D’AVIRON
14.3 Simulation
L’essai R1 qui a été retenu pour les premières simulations a pour caractéristique :
V0 = 2.31 m.s−1 et K=3
Le principal objectif est de montrer la faisabilité de ce genre de calculs (simulation d’é-
coulements à surface libre fortement instationnaire). La configuration testée a donc été
épurée. Pour simplifier l’étude, on a négligé l’influence du manche (dont une faible par-
tie est immergée) sur l’écoulement. Ainsi, le maillage a été créé autour d’un corps par-
allélépipèdique rectangle. Le maillage utilisé pour le moment a été minimalisé (125000
cellules). Celui-ci a quand même été raffiné à proximité de la surface libre initiale (bord
supérieur de la palette). Le maillage de surface de la palette est représenté Fig. 14.4.
On remarque alors que les mailles au centre de celle-ci sont assez larges, du moins pour
capturer précisément une interface. Bien qu’il puisse être utilisé avec une loi de paroi, le
calcul a été mené sans considérer les effets visqueux (condition de glissement sur la paroi)
pour éviter d’éventuels problèmes supplémentaires.
Y
X
Remarque : des essais avec une loi de paroi ont été réalisés mais n’ont pas montré de
différences significatives au niveau des efforts, mise à part la traı̂née initiale lorsque la
palette est parallèle à l’écoulement.
186
14.4. RÉSULTATS
Dans ces calculs, on se place dans le repère de référence chariot. Celui-ci est bien galiléen,
étant donné la vitesse de remorquage constante. Dans ces conditions, on impose aux
frontières extérieures du domaine l’opposé de la vitesse du chariot. Le mouvement de la
palette se réduit alors à un mouvement de rotation imposé d’axe fixe. Compte tenu des
repères choisis, la vitesse du fluide est égale à V0 −
→
x et la rotation s’effectue dans le sens
trigonométrique (de 0˚ à 180˚).
Deux simulations ont été réalisées, notées respectivement Sim1 et Sim2. La première a
été conduite avec une loi adaptative fixant le nombre de Courant à 0.29. Pour la seconde,
un pas de temps constant menant à des nombres de Courant de l’ordre de l’unité a été
employé. Les schémas utilisés pour la capture de la surface libre sont respectivement IGDS
et MGDS.
14.4 Résultats
Les calculs ont été réalisés sur 8 processeurs (machine SGI 5800 du CINES). L’ordre
de grandeur des temps de calculs est d’une semaine pour Sim1 et de 2 jours pour Sim2.
Les figures Fig. 14.5 représentent l’évolution des efforts s’exerçant sur la palette suivant
→ −
− →
les deux axes du chariot X et Y .
187
CHAPITRE 14. ECOULEMENT AUTOUR D’UNE PALETTE D’AVIRON
120 Sim 1
Sim 2
Exp.
100
80
Fx (en N)
60
40
20
2 2.5 3 3.5 4
temps (en s)
(a) Effort suivant l’axe X
70
Sim 1
60
Sim 2
50 Exp.
40
30
20
Fy (en N)
10
-10
-20
-30
-40
-50
-60
2 3 4
temps (en s)
188
14.4. RÉSULTATS
Remarque : des calculs non présentés ici menés sur un maillage encore plus grossier ont
→
−
abouti aux mêmes tendances (un effort plus important sur X pour Sim2 et une
évolution non-monotone vers t = 3.3s pour Sim1).
Les figures Fig. 14.6 montrent sur une vue de dessus l’élévation de la surface libre (α =
0.5). Les vues en 3D correspondantes sont représentées Fig. 14.7 et Fig. 14.8. On observe
que la palette génère une élévation de la surface libre devant ainsi qu’un creux à l’arrière
de celle-ci. Lorque la palette atteint la fin de son mouvement de rotation, l’ensemble est
convecté par l’écoulement induit par la vitesse d’avance du chariot.
t=2.5 s t=3.3 s
rotation de
vitesse la palette
de l’eau
Elévation (en m)
0.1
vitesse 0.05
de l’eau 0.025
0.01
-0.01
-0.025
-0.05
-0.1
-0.14
rotation de
la palette
Elévation (en m)
0.1
0.05
0.025
0.01
-0.01
-0.025 X X
-0.05 vitesse
-0.1 Y t=2.9 s rotation de Y t=3.7 s de l’eau
-0.14 la palette
189
CHAPITRE 14. ECOULEMENT AUTOUR D’UNE PALETTE D’AVIRON
190
14.4. RÉSULTATS
191
CHAPITRE 14. ECOULEMENT AUTOUR D’UNE PALETTE D’AVIRON
192
Chapitre 15
15.1 Introduction
Après avoir intégré le module de calcul de mouvement pour les corps déformables à dé-
formation imposée et validé ce module sur des cas simples analytiques sans couplage avec
le solveur Navier-Stokes (voir 7.5.2), la recherche d’une application mettant en jeu un tel
corps nous a rapidement conduits vers le domaine de prédilection des corps déformables :
le biomimétisme et plus particulièrement la biohydrodynamique. Les résultats expérimen-
taux exploitables en simulation sur ce genre de cas n’étant pas monnaie courante, on
s’est tout d’abord fixé comme objectif de reproduire la nage d’un poisson plus ou moins
”exotique” et de montrer que pour une ondulation périodique, le mouvement obtenu tend
bien lui aussi vers un état périodique avec une vitesse d’avance moyenne constante. Ce
travail est présenté en 15.3.
Suite à ces premiers calculs validant les méthodes numériques employées et démontrant la
capacité du code à reproduire la fonction locomotrice d’un poisson en imposant unique-
ment la forme de celui-ci au cours du temps, l’Equipe Modélisation Numérique a été inté-
grée dans le Projet Interdisciplinaire de Recherche (P.I.R.) initié par le CNRS et nommé
ROBEA. Ce projet a pour objectif de concevoir et de réaliser un robot-anguille auto-
propulsé à locomotion anguilliforme. Les premiers calculs visant à reproduire une nage
anguilliforme en mouvement d’avance classique mais aussi en virage sont ainsi présentés
en 15.4.
193
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
15.1.2 De l’observation à la simulation
Parmi les nombreuses espèces que l’on peut observer dans la Nature, les oiseaux et
les poissons ont toujours fasciné l’Homme par leur extraordinaire aisance à coupler in-
stinctivement les lois de Newton avec les équations de Navier-Stokes pour se déplacer.
Pour ne pas s’envoler vers de trop larges horizons et ne pas perdre le fil, on va se pencher
uniquement au-dessus du berceau de la vie sur Terre : le milieu aquatique (cela n’enlève
en rien l’intérêt que représentent les homologues ailés).
On recense pas moins de 22000 espèces rien que dans la grande famille des poissons. Au
fil du milliard d’années d’évolution, les poissons ont su se développer en s’adaptant à leur
milieu. Par exemple, le brochet, prédateur qui se cache en attendant sa proie, possède des
capacités d’accélération au repos assez impressionnante, plus de 20 fois la gravité [104].
Cela lui permet d’avoir un fort taux de réussite lors de ces attaques en embuscade. Cette
optimisation par le temps les a rendus aujourd’hui maı̂tres dans l’art de la locomotion
sous-marine.
194
15.1. INTRODUCTION
mal définis. Malgré cela, elle est encore souvent utilisée à l’heure actuelle.
Dans les années 30, les travaux de Sir James Gray et de ses collaborateurs ont permis
de fonder les bases cinématiques de la locomotion aquatique. De ces études précises sur
la cinématique de nombreuses variétés de poissons, il a extrait quelques règles générales
([37]). Gray s’intéressa aussi à l’extraordinaire performance des dauphins. Il entreprit d’é-
valuer la puissance requise pour contrer les forces de traı̂née s’exerçant sur l’animal. Il
estima d’une part la puissance des forces résistantes pour une vitesse typique (≈ 35km/h)
. D’autre part, en admettant que la puissance spécifique musculaire de l’homme est équiv-
alente à celle de l’animal et en en s’appuyant sur les travaux d’Henderson et d’Haggard
en 1925 qui ont évalué cette puissance spécifique à 16.6 W par kg de muscle à partir
de données sur des rameurs ([45]), Gray est parvenu à la conclusion paradoxale que le
dauphin devait avoir une masse musculaire environ sept fois plus importante qu’en réalité
pour atteindre les vitesses observées ([38]). Cette mise en exergue d’un rendement éton-
namment élevé chez certains poissons est passée à la postérité sous le nom de Paradoxe
de Gray. Bien que (on le sait aujourd’hui) les différentes puissances mises en jeu aient été
très mal évaluées, les travaux de Gray contribuèrent à susciter un intérêt croissant pour la
locomotion animale et le biomimétisme dans la deuxième moitié du XX eme siècle comme
en témoigne le nombre pléthorique d’études et de travaux qui ont été effectués et publiés
depuis.
195
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
vre pour obtenir des mesures précises sur des animaux vivants en mouvement sont tels
que très peu d’études ont été entreprises. On peut cependant noter les récents travaux
d’Anderson sur ce sujet ([2]). En dehors de ces recherches qui s’appuient directement sur
l’étude du vivant, quelques modèles mécaniques ont été réalisés pour étudier expérimen-
talement la fonction locomotrice. Le faible nombre de réalisations est dû à la difficulté
de reproduire mécaniquement un corps continûment flexible. Actuellement, le robot-thon
du M.I.T. est le plus abouti. Cette réplique mécanique a permis de mesurer la puissance
consommée par les moteurs permettant de déformer le robot et ainsi de travailler sur
la notion de rendement ([5]). Ce modèle mécanique a aussi fait l’objet de simulations
numériques ([118],[112]). De manière générale, celles-ci ont connu un essor considérable
durant la dernière décennie en profitant des possibilités offertes par l’informatique. Cepen-
dant, bien avant cela, bon nombre d’études théoriques sur la locomotion animale ont vu le
jour en utilisant une modélisation simplifiée. On trouve notamment dans les années 60-70
des études sur la locomotion aquatique à faible nombre de Reynolds, dénommées théories
résistives. Cette modélisation basée sur une approche quasi-statique où les termes insta-
tionnaires et les termes d’inertie sont négligés permet d’obtenir un système d’équations
linéaires. Une résolution utilisant une méthode des singularités est alors possible. Ce genre
d’approximation est licite dans le cas des petits poissons de l’ordre du millimètre. Mais
cette modélisation est mise en défaut pour les poissons dont la taille caractéristique est
de l’ordre du mètre (comme cela est le cas pour le robot-anguille ROBEA). Une deuxième
modélisation simplifiée, appelée théorie réactive, a été développée par Lighthill ([62]).
Dans ce cas, la viscosité du fluide n’est pas prise en compte, et les efforts s’exerçant sur
le corps sont calculés à partir de bilans de quantité de mouvement. Cette formulation,
(sans doute la plus connue en ce qui concerne l’hydrodynamique de la locomotion aqua-
tique) est basée sur la théorie des corps allongés et utilise la notion de masse ajoutée.
Elle fut au départ développée avec une hypothèse de petites déformations puis étendue
à de larges amplitudes ([63],[64]). Bien qu’ils soient aujourd’hui quelque peu éclipsés par
des modèles beaucoup plus complets mais demandant des ressources informatiques sans
commune mesure, ces modèles simplifiés pourront cependant être un bon point de départ
et une aide précieuse pour calibrer un modèle de contact pour le robot-anguille à partir
de nos résultats numériques. Au fil du développement des moyens de calculs, on constate
d’ailleurs un raffinement des modèles utilisés. La plupart restent tout de même basés sur
une approche fluide parfait. Numériquement, la méthode des panneaux (panel method)
est souvent utilisée pour la résolution, comme en témoignent les simulations effectuées sur
le robot-thon du M.I.T. ([112],[118]) et aussi celles issues de la thèse de Hill ([46]). Celui-ci
a d’ailleurs répertorié de manière détaillée les différents travaux s’appuyant sur une mod-
élisation fluide parfait. Par contre, on ne recense que peu d’études mises en œuvre à partir
de solveurs Navier-Stokes. Parmi les plus significatives, on peut citer les simulations de
Liu et Kawashi réalisées à partir d’un code de calcul structuré sur une forme de tétard
([66]).
A noter que dans tous ces travaux, le mouvement du corps n’est pas résolu par le Principe
Fondamental de la Dynamique mais il est imposé. Il n’y a donc pas véritablement de
couplage. La seule étude mettant en jeu le couplage des équations de Navier-Stokes et la
résolution du PFD est due à Carling ([14]). Cependant, celle-ci était limitée à des simu-
lations bidimensionnelles autour d’un corps très simplifié.
196
15.1. INTRODUCTION
197
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
Du point du vue hydrodynamique, le paradoxe de Gray a aussi et surtout suscité un grand
engouement pour la recherche de mécanismes de réduction de traı̂née : rôle du mucus, de la
structure de l’exosquelette, du revêtement écailleux et de certains éléments rugueux pour
la fonction hydrodynamique ([11]), étude des propriétés et des effets d’amortissement de la
peau chez les cétacés, possible relaminarisation de la couche limite ou au contraire création
et maintien d’une couche limite turbulente,... Malgré les études réalisées, de nombreuses
hypothèses sur les mécanismes de réduction de traı̂née sont encore à l’heure actuelle con-
troversées et alimentent encore les discussions autour du fameux paradoxe. Presque 70
ans après, bien que des progrès indéniables aient été réalisés (aussi bien dans l’estimation
de la puissance musculaire disponible que dans les efforts hydrodynamiques s’exerçant sur
le corps), Triantafyllou affirmait récemment que la précision des mesures réalisables aussi
bien dans le domaine de l’hydrodynamique que dans celui de la biologie ne permettait pas
de le confirmer ou de le réfuter avec certitude ([99]). Plus de dix ans auparavant, Blake
indiquait au contraire que les performances des poissons pouvaient être élucidées dans
la majorité des cas sans mécanismes particuliers de réduction de traı̂née ([8]). Mais c’est
surtout sur la question de la traı̂née visqueuse que les résultats sont les plus contradic-
toires. Conformément aux prédictions de Lighthill, des résultats expérimentaux semblent
confirmer l’augmentation de la traı̂née visqueuse d’un poisson en mouvement par rap-
port à celle d’un homologue rigide avançant à la même vitesse ([33],[2]). D’autres travaux
concluent à la tendance inverse. Barret et al rapportent dans [5] que dans certaines con-
figurations, (notamment lorsque la célérité de l’ondulation du corps dépasse la vitesse de
traction ), la traı̂née visqueuse du robot-thon oscillant est nettement inférieure à celle du
robot lorsque celui-ci est tracté sans se déformer. Notons toutefois que l’évaluation de la
traı̂née du robot en mouvement est sujette à caution, étant donné qu’il est impossible de
la mesurer directement dans un tel dispositif expérimental. Des simulations principale-
ment bidimensionnelles sur un profil ondulant ont permis à Chen et Doi d’effectuer des
comparaisons au niveau de la structure de la couche limite de ce corps par rapport à son
homologue rigide ([15]). Ils ont constaté une réduction de la traı̂née visqueuse pour des
régimes turbulents (tendance inverse pour les écoulements laminaires) pour des célérités
d’ondes supérieures à la vitesse de l’écoulement. Ces résultats numériques corroborent
d’ailleurs dans l’ensemble les constatations expérimentales de Taneda et Tomonari en
1974 sur une plaque plane ondulante [98]. Anderson note toutefois que l’augmentation
de la traı̂née visqueuse par rapport au corps rigide ”équivalent” n’est pas incompatible et
n’empêche pas certains phénomènes locaux permettant de limiter cette augmentation et
pouvant être assimilé à des mécanismes de réduction de traı̂née ([2]).
198
15.2. ANALYSE DE LA CINÉMATIQUE
199
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
– Les mouvements anguilliformes :
l’ondulation de déformation est visible sur quasiment la totalité du corps.
– Les mouvements carangiformes :
la déformation est significative seulement dans le tiers postérieur.
Les informations issues des travaux intégrant une analyse cinématique de la locomotion
des poissons peuvent être classées en 2 catégories :
– cinématique de forme
– cinématique de mouvement
Cela rejoint approximativement le découpage déformation-mouvement que l’on effectue
pour les corps déformables. La première s’attache surtout à représenter l’évolution du
corps ou de l’arête dorsale (qui peut être assimilée à la ligne neutre de la poutre) à la
caractériser en termes d’amplitudes et de fréquences. La seconde s’intéresse quant à elle
aux conséquences de cette déformation sur la cinématique de la trajectoire. En effet, les
études cinématiques en mouvement se placent par rapport à un repère fixe et étudient les
performances en termes de vitesses et d’accélérations que peuvent atteindre les spécimen
étudiés ([27]). Ces résultats ne sont pas pour nous fondamentaux pour deux raisons :
– ils ne sont pas des paramétres d’entrée des simulations, étant donné que le mouve-
ment du poisson est résolu simultanément à l’écoulement
– ils sont en pratique peu utilisables pour effectuer des comparaisons, car les données
associées en termes de forme de corps et de loi de déformation ne sont pas assez
précises pour être simulées.
Ils permettent tout de même d’avoir un ordre de grandeur des performances des poissons
vivants et de les comparer à celles obtenues sur les simulations du robot-anguille. Par
exemple, la vitesse des anguilles est typiquement de l’ordre d’une longueur de corps par
seconde (1 L.s−1 ) et peuvent atteindre en vitesse de pointe environ 2 L.s−1 ([20]).
200
15.2. ANALYSE DE LA CINÉMATIQUE
démarrage mélangent les deux types de cinématique (forme et mouvement). Les données
recuillies ne sont donc pas directement exploitables pour imposer les lois en courbure
de régimes transitoires. Au niveau des performances de ces manœuvres rapides, quelques
données chiffrées caractérisant le mouvement global du poisson sont disponibles. Cela per-
met d’avoir un ordre de grandeur des capacités d’accélération selon les espèces. Harper et
Blake ont été un peu plus loin dans la description en représentant dans [42] les courbes de
vitesse et d’accélération associées à différentes cinématiques de démarrage pour le brochet
(Exox lucius).
Bilan
Bien que les nombreuses informations recueillies ne soient pas pour la plupart directe-
ment exploitables, elles permettent d’avoir une bonne idée de la déformation du corps
au cours du temps. Cette analyse visuelle rend alors possible un paramétrage réaliste des
lois de déformation analytique pour la courbure. Il ne faut pas oublier que cette donnée
d’entrée est à la base de la qualité du biomimétisme.
t − t0 sin 2π t̃
définition de t̃ et r(t̃) : t̃ = , r(t̃) = t̃ − si 0 ≤ t̃ ≤ 1
nr T 2π (15.2)
= 1 sinon
201
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
0.2
t=t0
0.1
t=t0+T/4
Y
0
t=t0+3T/4
-0.1
t=t0+T/2
-0.2
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
X
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
-0.1 -0.1
-0.2 -0.2
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
X X
202
15.3. UN PREMIER EXEMPLE : UN POISSON ”EXOTIQUE” À LOCOMOTION
CARANGIFORME
15.3 Un premier exemple : un poisson ”exotique” à
locomotion carangiforme
15.3.1 Définition de la géométrie et de la loi de déformation
Cette première géométrie a été utilisée pour valider le bon fonctionnement des procé-
dures dans le cadre de simulations mettant en jeu un corps déformable à déformation
imposée.
L’objectif de cette application était de montrer la capacité d’un ”poisson numérique” à se
déplacer par ses ”propres moyens”, c’est-à-dire uniquement par sa déformation.
Pour cela, un maillage a été généré en s’appuyant sur une forme de base s’apparentant
à un poisson. Le critère principal pour dessiner cette forme ne fût pas comme on peut
le penser au regard de la figure Fig. 15.3 l’excentricité mais plutôt la simplicité. J’en-
tends par là facilité à générer un maillage volumique. La surface du corps est en fait une
surface de révolution qui a été ensuite étirée en hauteur avec une loi dépendant de l’ab-
scisse curviligne du corps. Evidemment, pour limiter le nombre de mailles et simplifier
la procédure d’extrusion hyperbolique, on se rend compte que la queue et même toute la
partie arrière de ce poisson exotique que l’on nommera par la suite Exofish est beaucoup
trop épaisse et ventrue. Cette caractéristique permet d’avoir des rayons de courbure assez
élevés ce qui facilite la génération d’un maillage assez grossier. Cependant, cela dégrade
le mimétisme d’un véritable poisson dont la partie arrière est beaucoup plus fine suivant
→
−
Y et donc beaucoup moins lourde. La loi de déformation utilisée est une loi d’avance
0 0.2
Y 0.4 0.6
X 0.8 1
X
Figure 15.3 – Définition de la forme d’Exofish, le poisson exotique
périodique de la même forme que celle définie à la section 15.2.3. Pour obtenir une défor-
mation de type ”carangiforme”, on s’est inspiré des données numériques disponibles dans
[109]. On trouve aussi des schémas d’amplitude. Cependant, ceux-ci sont assez approxi-
203
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
matifs et ont pour principal objectif d’être quantitativement comparés aux autres types
de nage. De plus, il sont définis dans un repère lié à l’axe d’avance globale du poisson qui
ne correspond pas à notre configuration ”position et orientation de tête fixe”. A partir de
là, des paramètres ont été testés. Ceux qui ont été finalement choisis pour ces simulations
à déformation de type carangiforme sont rassemblés dans le tableau Tab. 15.1.
Remarque : définir une loi de déformation en courbure dans une configuration où la
position et l’orientation de la tête sont fixes reste un exercice délicat. En effet, il faut
uniquement s’attacher à la forme prise au cours du temps, sans tenir compte du
positionnement qui lui n’est pas du tout réaliste.
Loi λ T A2 A1 A0
AvC1 1.5 L 0.3 s 3.0 0.5 0.5
AvC2 1.5 L 1.0 s 3.0 0.5 0.5
Table 15.1 – Paramètres des lois de déformation
La figure Fig. 15.4 illustre à intervalles de temps constants (0.2 T ) la déformée de la ligne
neutre pendant une période.
Le mouvement étant plan, le domaine de calcul est limité au 1/2 espace supérieur (z > 0)
avec une condition de symétrie en z = 0. Il comprend quelques 100000 cellules, princi-
palement composées de tétraèdres sauf près des parois où une extrusion à été pratiquée
(Fig. 15.5).
15.3.2 Simulation
Pour ce type de corps ”quelconque”, un remaillage par la technique des ressorts (com-
pression + torsion) a été requis pour assurer la partie Déformation (appel à chaque
204
15.3. UN PREMIER EXEMPLE : UN POISSON ”EXOTIQUE” À LOCOMOTION
CARANGIFORME
Z
nouveau pas de temps). Le maillage interne du corps est quant à lui remaillé de manière
analytique, en s’appuyant sur la déformation de type ”poutre” à partir de la définition de
la ligne neutre. La partie Déplacement, c’est-à-dire la mise en position dans l’espace, est
assurée par un mouvement en bloc dont les paramètres sont issus du PFD. L’amplitude
n’est donc pas limitée. Un couplage non-linéaire avec un coefficient de masse ajoutée de
3 a été requis. Le modèle de turbulence k − ω en loi de paroi est utilisé dans les deux
simulations. A partir d’un corps initialement au repos, la loi de déformation est progres-
sivement mise en place lors de la première période. Ensuite, celle-ci devient périodique. La
réponse du mouvement résolue à la déformation imposée ne va devenir périodique qu’au
bout de quelques dizaines de périodes. Dans un premier temps, on peut être satisfait que
la réponse du fluide à la déformation imposée du corps permet bien de mettre celui-ci en
mouvement (Fig. 15.6).
0.5
0.4
Y tête (en m)
0.3
0.2
0.1
0
-0.1
-0.2
-8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0
X tête (en m)
L’objectif principal de ces premiers calculs est donc atteint : faire se déplacer un pois-
son numérique autonome. La vitesse limite atteinte pour la loi AvC2 dans l’axe d’avance
moyen est de l’ordre de 0.7 m.s−1 . Elle n’est que de 0.2 m.s−1 pour la loi AvC1. Sans
aller jusqu’à parler de linéarité, on retrouve bien que lorsque la fréquence d’oscillations
augmente, la vitesse moyenne atteinte augmente aussi dans les mêmes proportions. Cela
205
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
rejoint quantitativement un point récurrent que l’on a pu observer dans la bibliographie.
Cependant, on peut être tout de même un peu déçu quant aux performances de ce pois-
son. Au niveau de son allure, le mouvement transversal de la tête de l’Exofish est assez
conséquent ce qui n’est pas conforme à ceux des poissons de type carangiforme. Ceci peut
être imputé à la forme de ce poisson numérique qui n’est pas à proprement parler la copie
conforme d’un vrai poisson, notamment pour ce qui est de l’arrière du corps. Le mou-
vement d’oscillation de cette partie très massique génére par conservation de la quantité
de mouvement et du moment cinétique un mouvement de tête important. Les poissons
carangiformes possèdent quant à eux une partie avant aussi très imposante mais toujours
une partie arrière oscillante très fine et donc très légère, ce qui limite fortement le mou-
vement de balancier au niveau de la tête. La reproduction d’un mouvement de poisson de
type carangiforme n’est donc pas très fidèle.
Z Z
Y Y
X X
t=8.00 s t=8.18 s
Z Z
Y Y
X X
t=8.06 s t=8.24 s
Z Z
Y Y
X X
t=8.12 s t=8.30 s
206
15.4. SIMULATION DU ROBOT ANGUILLE ROBEA
207
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
Y X
le plan z = 0 (voir Fig. 15.10). Deux maillages ont été réalisés sur cette géométrie. Le
premier est un maillage de 65000 cellules, noté M65e3, adapté à une modélisation de la
turbulence de type loi de paroi. Le deuxième, nommé M12e4, est dérivé du précédent.
Il a été raffiné près du corps pour appliquer des modéles de turbulence proche paroi. Il
contient 120000 cellules.
208
15.5. RÉSULTATS
Loi λ T A2 A1 A0 RT αT 1 αT 2 αT 3
AvP 1 1 2 0.5 1 - - - -
Vir1 1 1 2 0.5 1 0.5 0.5 0.5 0.5
Vir2 1 1 2 0.5 1 0.5 0.5 1 0.5
Table 15.2 – Paramètres des lois de déformation
15.5 Résultats
15.5.1 Régime d’avance périodique
Examen du mouvement et des efforts
Au début de la simulation, on peut noter que la mise en place progressive de la dé-
formation induit une légère rotation du corps (environ 1˚). Celle-ci est conservée lorsque
l’état périodique est atteint (Fig. 15.12). La figure Fig. 15.11 précise cette caractéris-
tique du mouvement. On définit un axe longitudinal et un axe transversal au mouvement
respectivement colinéaire et orthogonal à la direction moyenne de la trajectoire. Comme
on pouvait s’y attendre, la vitesse longitudinale du corps tend vers une valeur moyenne
constante, signe de l’état périodique atteint (Fig. 15.13). Dans le cas présenté, celle-ci
vaut environ 0.63 m.s−1. Les figures présentées Fig. 15.14 mettent en évidence plus pré-
cisément le comportement oscillant du mouvement. L’amplitude des vitesses transversales
en queue (s = 1) apparaı̂t nettement supérieure à celle observée au niveau de la tête.
Dans les deux cas, on observe un cycle limite correspondant au régime périodique.
En ce qui concerne les efforts (Fig. 15.15), on constate que la partie visqueuse est très
faiblement variable. Sa direction est opposée à celle du mouvement : Elle contribue donc
sans surprise à freiner le corps. L’effort dû à la pression est quant à lui beaucoup plus
fluctuant. Pour cette loi de déformation, quel que soit l’instant considéré, celui-ci joue
toujours un rôle favorable dans la propulsion du corps. L’examen de l’effort global, dont
l’amplitude de variation provient essentiellement de la pression, tend vers une valeur
moyenne nulle, ce qui est normal étant donné que la vitesse moyenne du corps devient
stable.
Remarque : Tous les résultats donnés dans cette partie sont issus de la simulation sur le
maillage M12e4 avec le modèle de turbulence k − ω W ilcox proche paroi. Le propos
209
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
s’applique aussi aux simulations effectuées avec les autres modèles de turbulence.
Y0
axe transversal X0
axe longitudinal
direction finale de l’état périodique
10
Angle de tête (en deg)
Valeur
0 moyenne
-5
-10
0 5 10 15
temps (en s)
-0.54
-0.56
-0.58
-0.6
-0.62
-0.64
0 5 10 15
temps (en s)
210
15.5. RÉSULTATS
0.5
0.15
0.4
vitesse transversale (en m/s)
0.1 0.3
0
0
-0.1
-0.05 -0.2
-0.3
-0.1
-0.4
-0.5
-0.15
-0.6
-0.65 -0.6 -0.55 -0.8 -0.7 -0.6 -0.5 -0.4
vitesse longitudinale (en m/s) vitesse longitudinale
(en m/s)
0.2
effort de pression
effort visqueux
effort global
0.1
effort fluide (en N)
-0.1
-0.2
0 5 10 15
temps (en s)
211
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
Influence du modèle de turbulence
• k − ω de Wilcox
• k − ω SST de Menter
• k − ω BSL de Menter
Les valeurs des vitesses longitudinales moyennes obtenues sont rassemblées dans le tableau
Tab. 15.3. L’évolution temporelle est quant à elle donnée sur les figures Fig. 15.16 (ap-
proche loi de paroi) et Fig. 15.17 pour les autres simulations.
On constate sans surprise que la simulation laminaire donne une vitesse moyenne supérieure
d’environ 25 % par rapport aux simulations avec un écoulement turbulent. Les différences
entre les modèles de turbulence testés (que ce soit en loi de paroi ou en proche paroi)
restent assez faibles : l’écart maximum est d’environ 5%. Il est obtenu entre les modèles
proche paroi sur le maillage M12e4. On note aussi que pour un modèle de turbulence
donné, la loi de paroi (associé au maillage M65e3) conduit toujours à une vitesse moyenne
plus faible que celle obtenue avec une approche bas Reynolds.
212
15.5. RÉSULTATS
-0.52
-0.56
-0.57
-0.58
-0.59
-0.6
-0.61
-0.62
-0.63
-0.64
0 5 10 15
temps (en s)
Figure 15.16 – Evolution de la vitesse longitudinale suivant les modèles de turbulence
(modélisation loi de paroi, maillage M65e3)
1 : M12e4 - Laminaire
-0.55 2 : M12e4 - k-ω (SST-Menter)
3 : M12e4 - k-ω (Wilcox)
vitesse longitudinale de tête (en m/s)
5
3
4
-0.65 2
-0.7
-0.75
1
0 5 10
temps (en s)
Figure 15.17 – Evolution de la vitesse longitudinale suivant les modèles de turbulence
(modélisation proche paroi, maillage M12e4)
213
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
15.5.2 Trajectoires issues de la loi de virage
Les simulations avec les lois de virage ont pour objectif de montrer la capacité du code
non seulement à traiter des mouvements d’avance périodique mais aussi des manœuvres
rapides comme les virages. Ici, deux simulations ont été réalisées avec le maillage M65e3
associé aux lois de déformation Vir1 et Vir2.
Comme on peut le voir sur la figure Fig. 15.18, l’angle de virage augmente lorsque la
durée de la phase P2 augmente (ce qui n’est pas très surprenant). L’évolution de la norme
de la vitesse de tête Fig. 15.19 montre qu’une fois le virage terminé, la vitesse du corps
reconverge vers celle de l’état périodique très rapidement. Le virage est effectué quasiment
sans perte de vitesse, avec un rayon de courbure sensiblement égal à celui-ci de la ligne
neutre du corps.
En sortie de virage, on peut noter un léger redressement dans la direction opposée. Cela se
produit lors de la phase 3 (transition entre le rayon de courbure constant et la loi d’avance
périodique). Une modification de la loi est envisagée afin de diminuer ce phénomène et
d’améliorer le réalisme du mouvement durant cette phase.
Les figures Fig. 15.18 et Fig. 15.19 montrent le champ de pression autour du corps pour
différents instants lors de la manœuvre de virage (loi Vir2).
4
Mouvement suivant Y (en m)
-4 -2 0
Mouvement suivant X (en m)
214
15.5. RÉSULTATS
0.8
Loi de virage Vir1
Loi de virage Vir2
0.7
0.6
0.5
0.4
0 5 10
temps (en s)
Figure 15.19 – Evolution temporelle de la vitesse de tête suivant les lois de déformation
15 15 15 15
5 5 5 5
-5 -5 -5 -5
-15 -15 -15 -15
Y Y Y Y
Z X Z X Z X Z X
15 15 15 15
5 5 5 5
-5 -5 -5 -5
-15 -15 -15 -15
Y Y Y Y
Z X Z X Z X Z X
215
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
Z
X
Y
62
54
46
38
30
22
14
6
-2
-10
-18
-26
-34
-42
-50
Pressure Level
Pour le moment, seuls des calculs préliminaires sur une géométrie non encore finalisée ont
été effectués (cf. section 15.4). Ces derniers ont utilisés une loi de déformation correspon-
dant à un mouvement d’avance en ligne droite mais aussi une loi de virage.
A défaut de faire mieux, les modèles de turbulence classiques ont été utilisés. Une étude
plus détaillée sur l’influence de la déformation du corps sur la turbulence serait utile pour
essayer de la corréler à une éventuelle diminution du frottement pariétal comme cela a
été trouvé numériquement par [15] et expérimentalement par [98]. Pour le moment, le
rendement de nos poissons numériques autonomes est à n’en pas douter beaucoup plus
faible que ceux rencontrés dans la Nature. Dans ce sens, un calcul d’optimisation sur les
paramètres du mouvement a d’ores et déjà été initié sur un cas 2D basé sur le critère de
maximisation de la vitesse moyenne. Pour cela, on a utilisé les techniques d’optimisation
intégrées dans le code ISIS lors de la thèse réalisée par R. Duvigneau ([28]). Ces simula-
216
15.6. BILAN ET PERSPECTIVES
tions ont permis d’atteindre des vitesses moyennes de 1.4 m.s−1 alors que la configuration
initiale n’était que de 1.0 m.s−1 . De nouveaux essais d’optimisation de paramètres sont
envisagés, mais sur une configuration 3D avec un critère énergétique. L’objectif de ces
simulations sera en effet d’optimiser les paramètres de la loi de déformation vis-à-vis du
rendement. Les perspectives à ces travaux ne manquent donc pas. Un des intérêts de ce
genre de calculs est d’avoir accès à des quantités difficilement mesurables au réel. Cela
permettra sûrement à terme de mieux comprendre les phénomènes physiques nécessaires
pour atteindre les performances aquatiques des poissons.
217
CHAPITRE 15. ETUDE D’UN CORPS DÉFORMABLE - APPLICATIONS À
L’ÉTUDE DE LA FONCTION LOCOMOTRICE DES POISSONS
218
Quatrième partie
Modélisation numérique de la
cavitation
219
Chapitre 16
16.1 Généralités
16.1.1 Description
La cavitation désigne le phénomène de vaporisation d’un liquide sous l’effet de dépres-
sions. Bien que cela puisse apparaı̂tre dans un fluide au repos (par exemple soumis à un
choc), l’étude sera concentrée sur la cavitation liée uniquement aux dépressions produites
dans un écoulement. Ce changement de phase liquide→ vapeur est analogue à une ébul-
lition, à ceci près que l’ébullition résulte d’une augmentation de température à pression
constante, alors que la cavitation est due à une diminution de pression à température
quasi-constante (voir Fig. 16.1). La pression à laquelle un liquide est susceptible de
Pression
Liquide
i Ebullition
Solide
Vapeur
Pv
Cavitation
Température
caviter est appelée pression de vapeur saturante ou tension de vapeur, et dépend forte-
ment de la température (voir figure Fig. 16.2). En pratique, la vapeur se forme dans le
liquide à partir de germes, qui sont généralement des micro-bulles présentes initialement.
De tels germes représentent des points faibles du liquide : considérons de l’eau à 20˚C et
à pression atmosphérique, soit environ 1 bar. A cette température la pression de vapeur
saturante de l’eau est d’environ 0.02 bars. La force due à la pression du gaz à l’intérieur
d’une bulle sphérique tend à la dilater alors que la force de tension superficielle et celle
221
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
On remarque que pour un liquide comportant des germes de forts rayons, le retard statique
à la cavitation devient faible (pc ≈ pv ). On retiendra que la pression critique se situe en
fait aux alentours de la pression de vapeur saturante pour des liquides contenant une
grande population de germes. C’est notamment le cas des propulseurs de bateaux (mais
222
16.1. GÉNÉRALITÉS
pas des sous-marins). Pour plus de précision sur les germes de cavitation, on se reportera
à [34].
Remarque : des expériences menées sur de l’eau au repos avec une procédure
particulière de dégazage ont permis d’atteindre des tensions de rupture (c’est-à-dire des
pressions négatives) de l’ordre de quelques dizaines de bars !
Phénomènes associés
La cavitation est presque toujours source de nuisances au sein d’une installation hy-
draulique. Ces nuisances peuvent aller du bruit jusqu’à la destruction de composants :
223
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
parfois de très forte amplitude, qui est à la fois à l’origine du bruit et surtout de
l’érosion que subissent les parois solides. Il arrive même que la cavitation parvienne
à perçer les matériaux sur des épaisseurs de plusieurs millimètres.
Applications
Bien que la cavitation soit un phénomène souvent source de problèmes dans les disposi-
tifs de transmissions de puissance, certains procédés industriels en tirent profit. Source de
bruit très efficace, elle peut servir dans la recherche minière ou pour diverses applications
militaires. Les imprimantes sont un autre exemple d’application pratique du phénomène
de cavitation, où les micro-gouttelettes (de l’ordre de 100 µm) d’encre sont créees et re-
poussées vers les buses par création de bulles de vapeur. La production à faible coût
énergétique de micro-bulles par ultrasons est aussi très utilisée. L’implosion des bulles
génére alors des pics de pressions élévés qui permettent par exemple de nettoyer des sur-
faces, de disperser des particules ou de détruire cellules vivantes et bactéries d’un milieu
liquide. De manière plus anecdotique, et pour ne pas s’éloigner trop vite du milieu naturel
aquatique que l’on a laissé au chapitre précédent, certains animaux marins, en l’occurence
la crevette ”cardon” (dont le nom scientifique est Alpheus heterochaelis), se servirait de
la cavitation initiée par la fermeture brutale de ses pinces pour se défendre, pour assom-
mer leur proie et aussi pour communiquer en utilisant les phénomènes acoustiques induits
([103]). La cacophonie des bancs de crevettes représente d’ailleurs une véritable nuisance
pour les sonars civils ou militaires. Evidemment, la simulation d’écoulements cavitants
autour de pattes de crevettes n’est encore pas à notre portée. Et, une fois de plus, on ne
peut qu’être admiratif devant ces ”jongleurs de bulles”.
224
16.2. TYPES DE CAVITATION
Figure 16.3 – Cavitation à bulles sé- Figure 16.4 – Poche attachée sur un hy-
parées (extrait de [34]) drofoil avec lâchés de vapeur (extrait de [1])
225
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
dans l’aspirateur.
– la cavitation d’entrefer : elle se produit dans les machines axiales munies d’une
enveloppe externe, les pompes axiales ou les pompes hélices. L’écoulement de fuite
qui passe par le jeu entre aubes et carter de la face en pression à la face en dépression
décolle sur les arêtes vives des pales, ce qui peut provoquer l’apparition de vapeur
dans cette zone.
Pour donner une illustration du nombre de cavitation, considérons l’exemple le plus simple
d’un tube Venturi, en supposant un écoulement sans pertes de charges. L’équation de
Bernoulli entre l’amont (am.) et le col s’écrit :
1 2 1 2
Pam. + ρUam. = Pcol + ρl Ucol
2 2
226
16.4. LA CAVITATION DE PROFIL
En prenant comme référence les grandeurs amont, (Sam. et Scol étant respectivement les
sections amont et au col du Venturi), le coefficient adimensionnel caractérisant la pression
au col vaut :
2
Pcol − Pam. Sam.
Cp = 1 = 1 − 2
(Conservation du débit volumique)
ρ U2
2 l am.
Scol
On constate que dans ce cas Cp ne dépend que de la géométrie imposée à l’écoulement par
la section, et qu’il est indépendant de la vitesse ou de la pression à l’amont. Le paramètre
de cavitation utilisé est le suivant :
Pam. − Pv
σ= 1
ρ U2
2 l am.
227
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
Les propriétés physiques du fluide, la forme et l’angle d’attaque du profil ainsi que les con-
ditions en vitesse et en pression sont les paramètres principaux qui gouvernent les figures
de cavitation obtenues. La cavitation sur profil portant prend des aspects extrêmement
variés, fonction de l’angle d’incidence et du nombre de Reynolds.
P (s) − P∞
Cp (s) = 1
ρ U2
2 l ∞
Pour le point B du profil bidimensionnel, qui peut être représenté par son abscisse curviligne
ou le pourcentage de corde, la pression peut être supérieure, égale ou inférieure à la ten-
sion de vapeur selon le signe de σ + Cp (B). Il est donc particulièrement intéressant de
connaı̂tre le signe de σ + Cpmin sur l’ensemble du profil. On retrouve donc l’analogue de la
situation avec le tube Venturi, avec la courbe du coefficient de pression Cp (s) représenté
Fig. 16.7.
Cp
Il est important de noter, qu’en général, l’opposé du coefficient de pression minimum est
égal au paramètre de cavitation dans la cavité lorsqu’il y a formation d’une poche. La
228
16.4. LA CAVITATION DE PROFIL
figure Fig. 16.7 ne donne donc pas la mesure du Cp réel dans le cas d’une cavitation
développée.
La position du minimum de pression est légèrement en aval du bord d’attaque et tend
à s’en rapprocher quand on augmente le nombre de Reynolds. C’est ce point où la cav-
itation est théoriquement susceptible d’apparaı̂tre. Cependant, pour des couches limites
non-décollées, la cavitation apparaı̂t alors soit par spots isolés au niveau des rugosités du
profil (où la pression locale peut être modifiée) soit par bulles séparées. Dans ce dernier
cas, la cavitation est commandée par la présence de germes. σi est alors souvent inférieur à
−Cpmin . Des observations expérimentales ont montré qu’effectivement, dans certains cas,
σi était différent de −Cpmin ([4]).
Sans aller beaucoup plus loin, on retiendra que l’état de la couche limite joue un rôle
important dans les mécanismes d’apparition de la cavitation ([34],[35]), et que par con-
séquent la modélisation de la turbulence sera un point essentiel dans la modélisation des
écoulements cavitants.
229
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
La principale cause de déstabilisation des poches est généralement décrite par un jet
230
16.4. LA CAVITATION DE PROFIL
rentrant à l’arrière de la poche. [13] ou [18] expliquent ainsi les lâchers de vapeur dans le
sillage des poches :
1. la cavité grandit à une vitesse proche de celle de l’écoulement. Le tourbillon dans le
sillage de la poche est très localisé et ne perturbe pas la progression de la cavité
2. le jet rentrant apparaı̂t et remonte vers l’amont de la cavité
3. la dernière étape est le détachement complet d’un nuage de vapeur, essentiellement
constitué de petites bulles : le jet rentrant atteignant le début de la poche de cavita-
tion, il est freiné par un gradient de pression adverse. Un tourbillon se forme et est
entraı̂né par l’écoulement extérieur. Le mélange diphasique situé en aval est alors
emporté par le tourbillon et convecté avec le reste de l’écoulement. En même temps,
une nouvelle cavité continue de grandir.
Leroux [60] rappelle cependant que le rôle d’un jet rentrant dans les instabilités de cavité
n’est pas toujours constaté : pour les cavités fines, aucune observation de jet rentrant
n’a été faite. La présence de jet rentrant nécessite la présence d’un gradient de pression
suffisamment important à la fin de la cavité. Dans l’étude expérimentale menée par Leroux
sur un profil NACA-12%-150 mm, il observe que lorsque la longueur de la cavité dépasse
la moitié de la corde, elle a un fort comportement instationnaire et pulse entre 10 et 70%
de la corde avec lâchés de structures vaporeuses, les poches quasi-stationnaires étant de
longueur égale à environ 30% de la corde.
Figure 16.9 – Poche de cavitation avec lâcher de vapeur sur un profil (extrait de [1])
Les comportements instationnaires des poches de cavitation ont notamment été étudiés
dans [93], sur des sections de type convergent-divergent (tube Venturi) et [13]. Selon ces
derniers auteurs, les conditions à assurer pour obtenir des instabilités dues au jet rentrant
sur profil d’aile sont : i ) un gradient de pression adverse en fin de poche assez important,
ce qui demande une longueur de poche réduite ; ii ) une cavité assez épaisse, du moins
comparée à celle du jet rentrant, ce qui nécessite une longueur de poche minimale. Dans le
cas où l’épaisseur du jet rentrant est du même ordre que celui de la cavité, les interactions
231
CHAPITRE 16. ETUDE DU PHÉNOMÈNE PHYSIQUE
sont plus fortes. De multiples petites structures de vapeur sont alors produites tout au
long de la progression du jet. La poche apparaı̂t alors plus comme une structure mixte
eau-vapeur de longueur sensiblement constante.
16.4.5 Supercavitation
La supercavitation est une cavitation suffisamment développée pour que la fermeture
des cavités se produise au sein du liquide, assez loin des plans porteurs, et non pas à
proximité des parois solides. La poche de vapeur est alors attachée sur tout l’extrados,
qui est donc à une pression constante égale à la pression de vapeur saturante. Les profils
prévus pour fonctionner en supercavitation portent essentiellement par effet de pression
à l’intrados, contrairement aux profils conventionnels.
232
Chapitre 17
233
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
d
αl ρl dV
dt V
∂(ρl αl + ρv αv ) →
− −
→
+ div (ρl αl Ul + ρv αv Uv ) = 0 (17.4)
∂t
Cette dernière équation représente l’équation de conservation de la masse du fluide moyen.
ρ = αv ρv + αl ρl (17.5)
On définit ainsi un fluide moyen caractérisé par une densité ρ variant entre ρv et ρl et
→
−
une vitesse U . On constate alors que l’équation (17.4) se réduit à l’équation de continuité
pour le fluide moyen :
∂ρ →
−
+ div (ρ U ) = 0 (17.6)
∂t
Il y a bien conservation de la masse du fluide moyen : la formation d’une masse de vapeur
pendant un certain temps est bien évidemment accompagnée de la destruction d’une même
masse de liquide dans le même temps. Si maintenant on remplace ρ dans (17.6) par son
expression issue de (17.5), on obtient en utilisant la relation αv = 1 − αl :
∂ρ →
− ∂αl →
− →
−
+ div (ρ U ) = (ρl − ρv ) + div (αl U ) + ρv div ( U ) = 0 (17.7)
∂t ∂t
234
17.2. COMPRESSIBILITÉ DU MÉLANGE
→
− ρl Π
d’où div ( U ) = (1 − ) (17.8)
ρv ρl
Dans un écoulement cavitant avec les hypothèses que nous avons faites, la divergence de
la vitesse n’est donc plus nulle dans les régions de mélange liquide-vapeur, sauf bien sûr
dans le cas où les phases ont la même masse volumique, (ce qui est rarement le cas !). Il
s’agit d’une remarque essentielle à l’heure de la résolution numérique et quand il va s’agir
de former l’équation de pression.
Des développements mathématiques similaires à ceux menés pour la conservation de la
masse nous permettraient d’obtenir les équations de quantité de mouvement pour les deux
phases, qui comporteraient bien sûr des termes d’échanges. Dans le cadre de l’hypothèse
de non-glissement entre les phases et dans la vision mono-fluide proposée, l’équation de
quantité de mouvement reste inchangée par rapport aux simulations multiphases de type
hydrodynamique.
Remarque : L’égalité des vitesses de phase est une hypothèse qui est faite dans tous les
développements numériques que l’on a pu rencontrer dans la littérature. Le problème
diphasique complet n’est donc pour le moment pas ou peu traité dans le cadre de la
modélisation des écoulements cavitants.
235
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
√
av = γrT , γ et r valant respectivement 1.32 et 461.89 m2.s−2 .K −1 pour la vapeur. A
T = 275 K, av = 409.5 m.s−1.
La vitesse du son am du mélange liquide-vapeur a pour expression :
1 αv αl
=ρ + (17.9)
a2m ρv a2v ρl a2l
Remarque : une formulation théorique de cette relation issue des travaux de Jakobsen
pourra être trouvée en annexe 1 de [18].
1400
1300
1200
1100
1000
900
Cson (m/s)
800
700
600
500
400
300
200
100
0
0 0.25 0.5 0.75 1
αv
La vitesse du son passe par un minimum pour αl = 0.5 et cette vitesse du son minimale
vaut 4.24 m.s−1 , il sera donc fort possible d’obtenir des zones compressibles, au sens du
nombre de Mach, dans des écoulements à vitesse ”modérée”.
236
17.3. LOIS BAROTROPES
ρ
ρ
l
ρ
v
P
Pv
∂ρ
La pente de la loi est = 1/c2 , la pente maximale de la loi devant respecter la vitesse
∂P
minimale du son dans le mélange, et vaut donc 1/c2min en αl = 0.5 pour la loi représentée
ci-dessus. Cette loi est symétrique par rapport au point (αl = 0.5, Pv ) , aussi si l’on veut
traiter différemment les zones de vapeur pure et de liquide pur, on peut construire des
lois plus élaborées. Les échanges de masse entre phases par évaporation et condensation
sont implicitement inclus dans ”l’équation d’état” du fluide qui a ainsi été définie. Cette
loi peut aussi dépendre de la température dans la mesure où l’on résoud l’équation de
l’énergie.
Les lois barotropes sont sûrement les modèles les plus simples à mettre en œuvre pour
implémenter la cavitation dans un code Navier-Stokes monophasique. Cependant, ceux-ci
risquent à terme d’être limités car peu évolutifs. A ce sujet, Senocak et Shyy rappellent
dans [89] que la production de vorticité est un aspect essentiel des écoulements cavitants.
En prenant le rotationnel de l’équation de quantité de mouvement divisée par ρ, avec la
−→ −→
forme de Lamb de l’accélération convective, il vient en notant la vorticité −
→
wt = rot( U ) :
−→ →
−
−→ ∂ U −−→ U 2 →
− −→ 1 −−→ −→ 1 ⇒ −→ →
rot + grad( →
−
) + wt ∧ U = rot − grad(P ) + rot div ( τ ) + rot(− g ) (17.11)
∂t 2 ρ ρ
237
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
On obtient, à l’aide de quelques formules d’analyse vectorielle, −→g constant et pour fluide
à masse volumique variable :
∂−→
wt ⇒ →
− ⇒ →→
− →→
−
+ grad (−
→
wt ) U = grad ( U )−
wt − div ( U )−
wt
∂t
−−→ (17.12)
grad(ρ) −−→ −→ 1 ⇒
+ ∧ grad(P ) + rot div ( τ )
ρ2 ρ
Le troisième terme du membre de droite fait intervenir le gradient de la masse volumique
du fluide, qui dans certaines zones d’écoulements réels cavitants pourra être non nul.
Senocak et Shyy soulignent donc que si une loi barotrope ρ = f (P ) est arbitrairement
fixée, les gradients de volume spécifique et de pression sont parallèles et le terme de
production ci-dessus est identiquement nul. De tels modèles à loi barotrope peuvent donc
passer à côté de certaines caractéristiques des écoulements cavitants.
238
17.4. EQUATION DE PRODUCTION-TRANSPORT DE αL
P (P + Pc )
ρ= (17.15)
K(1 − f )P (T + T0 ) + Rf (P + Pc )T
P = ρg RT (17.16a)
P + Pc = ρl K(T + Tc ) (17.16b)
Dans [86] qui propose un modèle basé sur la même équation d’état du mélange, les auteurs
précisent l’expression des termes de production-destruction pour la vapeur :
ρl MAX(Pv − P, 0)
ṁv + = Ce Aαv (1 − αv ) √ (17.17a)
ρv 2πRTv
MIN(Pv − P, 0)
ṁv − = Cs Aαv (1 − αv ) √
2πRTv (17.17b)
avec : A = Ca αv (1 − αv )
Ils précisent également que la viscosité dynamique est obtenue par l’expression suivante,
similaire à la loi d’Einstein pour les écoulements dispersés :
Ce modèle est implémenté dans un solveur basé sur les équations de Navier-Stokes pré-
conditionnées : la température étant résolue, la tension de vapeur Pv est calculée par une
relation empirique.
∂αv →
− Re − Rc
+ ∇.(αv U ) = (17.20)
∂t ρv
239
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
Les relations ci-dessus constituent une formulation du modèle suffisante pour un écoule-
ment laminaire. Pour les régimes turbulents, une originalité de ce modèle réside dans le
fait qu’il utilise une approche ”densité de probabilité” pour calculer les taux de change-
ment de phase moyen. les termes Re et Rc sont dès lors des valeurs instantanées dont les
moyennes temporelles sont calculées de la façon suivante :
Z ∞
R̄ = R(P )Ψ(P )dP (17.22)
−∞
Où Ψ est la fonction densité de probabilité pour la variation de pression, et peut prendre
l’aspect d’une densité de probabilité uniforme, gaussienne, etc.
17.4.5 Bilan
Les modèles utilisant l’équation de production-transport de la vapeur sont plus généraux
que les lois barotropes et permettent de mieux séparer les mécanismes de vaporisation et de
240
17.5. MODÈLES BASÉS SUR LA DYNAMIQUE DES BULLES
condensation. Ils seront aussi à terme plus aptes à intégrer des comportements physiques
(implosion de bulles par calibrage des constantes de temps,... ). Cependant, on note, pour
le moment, un cruel manque d’informations expérimentales pour intégrer plus de physique
dans ces modèles de changements de phases. De plus, ces modèles ignorent la structure
du mélange diphasique, qui, dans les nuages de vapeur et dans de nombreuses autres
configurations, est essentiellement composée de bulles.
R2 dR
φ=− (17.25)
r dt
r étant le rayon au point M courant, R le rayon de la bulle, t le temps et P∞ la pression
loin de la bulle. La vitesse en M est donnée par :
∂φ R2 dR
u= = 2 (17.26)
∂r r dt
Par ailleurs, l’équation de Bernoulli instationnaire s’écrit :
∂φ u2 P P∞
+ + = (17.27)
∂t 2 ρl ρl
En dérivant le potentiel des vitesses par rapport au temps, on peut appliquer l’équation
au rayon R. On trouve, avec Pp la pression à la paroi de la bulle (côté liquide) :
3 P∞ − Pp
RR̈ + Ṙ2 = − (17.28)
2 ρl
Le modèle de Rayleigh-Plesset demande évidemment la présence préalable de gaz dans
le liquide sous forme de bulles sphériques : on appelle Pg la pression de ces bulles de gaz
occlus. Une hypothèse du modèle donne alors la pression dans la bulle :
Pb = Pv + Pg (17.29)
et également :
2A
Pb = Pp + (17.30)
R
où A est la tension superficielle. On a donc :
2A
Pp = Pv + Pg − (17.31)
R
241
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
4 Ṙ
− (17.33)
νR
Si l’on considère de plus que la bulle n’est pas parfaitement entraı̂née par le liquide, un
terme supplémentaire de glissement est :
→ −
− →
( U − Ub )2
(17.34)
4
−
→
Où Ub est la vitesse de la bulle. Il est alors nécessaire d’inclure une équation pour le mou-
vement de la bulle, telle que fournie dans [50].
4πR3 N
αv = (17.36)
3
Où N est le nombre de bulles par unité de volume. On peut alors calculer la masse
volumique du mélange de bulles de vapeur et de liquide selon (17.5). Le modèle nécessite
242
17.5. MODÈLES BASÉS SUR LA DYNAMIQUE DES BULLES
l’initialisation d’une cavité puisqu’il associe un modèle de dynamique des bulles à une
équation de convection de l’interface :
∂φ →
−
+ ∇.(φ U ) = 0 (17.37)
∂t
Où φ=0 est l’iso-surface qui correspond à l’interface. Par sa nature, l’équation de con-
vection ne peut générer de nouvelle cavité. L’apparition de cavitation est effectuée en
considérant qu’il y a création d’une cavité lorsque le taux de vapeur passe sous une valeur
seuil de αv .
Modèle de Yuan
Yuan et al [117] ainsi que Lindenau et al [65] se basent aussi sur une forme simplifiée
de l’équation de Rayleigh-Plesset (en négligeant les termes d’inertie et le terme de tension
superficielle) pour en déduire un rayon R moyen de bulles. Cette donnée est ensuite utilisée
pour construire le terme source Π de l’équation de transport de αl . Il prend dans [65] la
forme suivante :
2
n0 d (4/3πR3) dR 2 P − P∞
Π = −ρv avec =
1 + n0 4/3πR3 dt dt 3 ρl
Là encore, cela présuppose la donnée d’une teneur en germes n0 par unité de volumes. La
répartition géométrique des germes est spécifiée uniquement par un rayon moyen R0 .
Modèle de Tamura et al
Tamura et al [97] utilisent un modèle plus complet et résolvent d’une part l’équation
de Rayleigh-Plesset ainsi qu’une équation pour le mouvement d’une bulle. Pour cette
dernière équation, des modèles de forces pour la masse ajoutée ainsi que pour la portance
et la traı̂née sont requis. La résolution de ces équations d’un point de vue Eulérien leur
permettent de calculer en chaque point du domaine la densité de vapeur. Cette donnée
est ensuite utilisée dans les équations de Navier-Stokes. Ce modèle présuppose, comme les
précédents, l’existence de germes à une concentration et à un rayon moyen connus. Tamura
et al énoncent, de manière précise, les hypothèses associées à ce modèle. En particulier, ils
rappelent que les résultats aboutissant à de forts taux de vapeur ne sont pas très fiables,
étant donné qu’aucune interaction ni aucune collision entre les bulles n’est pris en compte.
Modèle de Chahine et al
Dans [50], l’équation de Rayleigh-Plesset est précisément celle obtenue en (17.32) avec
adjonction du glissement et de la viscosité. La prise en compte de la vitesse de glissement
de la bulle nécessite la connaissance de la vitesse de la bulle : Hsiao et Chahine [50]
utilisent l’équation du mouvement qui suit :
−
→
dUb 3 3 → −
− → − → − → 3 −
→ − →
= ∇P + CD ( U − Ub )| U − Ub )| + ( U − Ub )Ṙ (17.38)
dt ρ 4 R
243
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
où CD est un coefficient de traı̂née fourni par une formulation empirique telle que celle de
Haberman et Morton.
La pression extérieure qu’ils utilisent est une pression moyennée sur la surface de la bulle.
Ils montrent que ce caractère est important pour simuler correctement l’évolution du
rayon des bulles dans un tourbillon d’extrémité. Lorsque la taille de la bulle dépasse
une valeur prédéfinie, une résolution instationnaire, couplant un modèle de déformation
non-sphérique de bulles avec l’écoulement par une méthode chimère peut être utilisée.
Ce modèle a été spécialement créé pour étudier l’apparition de la cavitation (Cavitation
Inception) et les échelles des bulles dans les tourbillons d’extrémité de pales d’hélices.
Ces calculs rendent compte, de manière fine, des phénomènes physiques liés à l’apparition
de la cavitation. Cependant, ils ne sont pas utilisables pour modéliser des écoulements à
cavitation développée.
Des modélisations différentes selon la fraction de vapeur pourront même être envisagées.
Pour les faibles taux de vapeur par exemple, une modélisation basée sur la résolution
de l’équation de Rayleigh-Plesset permettrait peut-être de mieux représenter les phases
d’apparition de vapeur et de de condensation comme l’implosion d’un nuage de bulles.
Evidemment, avant d’essayer d’améliorer la modélisation physique du phénomène, la pre-
mière étape à franchir est de valider le bon comportement numérique d’un modèle ”clas-
sique” de production-destruction.
244
17.6. CHOIX DU MODÈLE DE CAVITATION ET DES MÉTHODES NUMÉRIQUES
La première modification a donc concerné l’ajout d’un terme source à l’équation de con-
servation de la fraction de volume de liquide, celle-ci devient donc :
ZZZ ZZ Z
δ → −
− → − →
αl dV + αl ( U − Ud ) · dS = (ṁ+ + ṁ− ) dV (17.39)
δt V ∂V V
MAX(P − Pv , 0)
ṁ+ = CP rod(1 − αl ) 2 t
0.5ρl U∞ ∞
(17.42)
ρl MIN(P − P v , 0)
ṁ− = CDestαl 2 t
ρv 0.5ρl U∞ ∞
245
CHAPITRE 17. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS CAVITANTS
246
Chapitre 18
247
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
adapté à une modélisation de la turbulence en loi de paroi sur le profil et aussi sur les
parois de la veine (Fig. 18.2).
Figure 18.2 – Vue approchée du maillage adapté à une loi de paroi (11000 cellules)
Le modèle de turbulence k−ω de W ilcox est requis ici. Le tableau Tab. 18.1 fournit une
comparaison des résultats numériques et expérimentaux en termes d’efforts globaux. Les
fourchettes apparaissant dans le tableau pour les valeurs expérimentales sont dues aux
incertitudes de la balance de mesure des efforts.
Expérimental Calcul
Portance 0.984 & CL & 1.016 0.97
Traı̂née 0.042 & CD & 0.036 0.032
248
18.2. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT SUBCAVITANT
traı̂née fournie par le code est un peu faible, même à la précision de la mesure de traı̂née
près, évaluée à 10% d’erreur relative. Un calcul mené avec un maillage adapté à une mod-
élisation proche paroi — maillage retenu pour les simulations avec cavitation — fournit
des résultats étonnamment moins satisfaisants,du moins concernant ces efforts globaux :
même si la portance est augmentée de moins d’un 1%, la traı̂née s’éloigne davantage de
la fourchette du tableau Tab. 18.1 avec un CD de 0.027.
Remarque : compte tenu de la méthode de prise en compte des effets 3D dus aux
parois latérales de la veine pour le calcul des coefficients adimensionnels expérimentaux
(évaluation ”visuelle” par réduction de 10% de la surface projetée utile), les résultats
sont à prendre avec précautions. Ainsi, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour ces écarts
finalement peu significatifs.
1
Calculs
0.5 Exp.
-0.5
-1
-1.5
-2
-2.5
-3
-3.5
-0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
249
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
0.04
PR
122634
118903
115171
111440
0.02 107708
103977
100245
Y
96513.7
92782.1
89050.6
85319.1
0 81587.6
79971.7
Instationnarités du phénomène
Comme déjà évoqué, la figure de cavitation obtenue pour la configuration étudiée
(Re = 0.8 106 α = 6˚et σ = 1.41) est une poche relativement stable. Le critère principal
retenu pour atteindre l’état stationnaire est la stabilité de la répartition de pression à
la paroi, ainsi que celle des efforts. La stationnarité des efforts n’est jamais réellement
obtenue, ceux-ci oscillant légèrement, notamment pour l’effort de portance qui est le plus
sensible aux oscillations de la poche. On a donc une légère instationnarité de la portance,
agrémentée de ”pics” numériques dont la fréquence est réduite par diminution du pas de
temps. Une illustration est donnée sur la figure (Fig. 18.5).
250
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
1755
1750
1745
1740
Fy (en N)
1735
1730
1725
1720
1715
Les simulations instationnaires nécessitent des pas de temps extrêmement faibles, in-
férieurs à 0.001 s, sous peine d’échec. Dans le cas contraire, la poche formée initialement
atteint une taille trop importante, ce qui mène à la divergence du calcul (la poche rem-
plissant alors tout l’espace).
Les instationnarités sont concentrées dans la zone de fermeture de la poche. Celle-ci
présente une recirculation (Fig. 18.6).
Un examen rapproché permet de constater la présence d’un jet rentrant très discret. Il
se traduit, à la différence de la recirculation un peu en aval, par des lignes de courant à
proximité de la paroi qui traversent l’interface, remontant ainsi l’écoulement.
Couplage
Les valeurs de pression au niveau de la pression de vapeur saturante provoquent l’ap-
parition de vapeur par le terme ṁ− . Lorsque seule la phase liquide est présente, le terme
ṁ+ est inactif puisque le facteur 1 − αl est nul. Le changement de phase liquide-vapeur
induit alors une forte diminution de la quantité de mouvement, la masse volumique de
la vapeur étant de 0.025 kg.m−3 à la pression de vapeur saturante. Le bilan de quantité
de mouvement est donc ”bouleversé”. Avec l’algorithme actuellement mis en place dans
251
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
ISIS, ces phénomènes sont assez déstabilisants : la fraction de volume de liquide étant ré-
solue en première étape (avec les champs de vitesse et pression de l’itération précédente),
l’équation de quantité de mouvement est résolue, puis l’équation de pression fournit un
nouveau champ, qui conditionne le terme source de l’équation de fraction de volume
de liquide. C’est surtout lors de cette étape que les problèmes apparaissent, la création
brusque de vapeur entraı̂nant une forte diminution locale de quantité de mouvement, et
donc de la pression. Pour une simulation stationnaire, cela constitue une explication des
piètres performances en termes de convergence déjà évoquées plus haut. On note en effet
une faible vitesse de convergence, une saturation des résidus relativement rapide, ceux-ci
se trouvant rarement en deçà de 10−6 , quand le cas non-cavitant permet d’obtenir des
résidus de l’ordre de 10−10 , comme illustré sur la figure Fig. 18.7. Les conséquences de ce
processus déstabilisant sont plus rédhibitoires pour un problème instationnaire : il peut
aussi bien exister dans l’histoire de la convergence des pas ”bien convergés” que des pas
de temps catastrophiques (voir Fig. 18.8). Ce problème trouve une solution partielle par
la diminution du pas de temps. Malgré cela, certains pics subsistent, même pour des pas
de temps prohibitifs, jusqu’à 2.10−5.
100
-2
10
Résidu pression
10-4
-6
10
10-8
Cavitant
-10
10 Non cavitant
0
10
ResP
-1
10 ResV
ResU
ResP, ResV, ResU
-2
10
-3
10
-4
10
-5
10
-6
10
-7
10
38000 38500 39000 39500
itérations non-linéaires
252
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
L’extension directe des méthodes utilisées pour les calculs à surface libre pour les écoule-
ments cavitants fait que le couplage dans ISIS entre αl et P ne se fait que par les termes
sources de leur équation respectives. En effet, l’algorithme ne comporte pas de procédure
de correction de masse volumique ou dépendance spécifique de αl à P , comme on peut le
trouver dans certains articles (voir notamment [88, 116, 101]).
Le nombre d’itérations nécessaire pour assurer la quasi-stationnarité de la répartition de
la pression pariétale est donc très conséquent par rapport au cas non-cavitant, et d’environ
35000 itérations non-linéraires pour le maillage proche paroi. De plus la seule alternative
qui nous a permis d’obternir des résultats comparables aux points expérimentaux est
l’alternative ”normalisée par ρ”, toutes les autres ayant principalement échoué ou fourni
des résultats trop mal convergés pour être exploitables.
8000
7250
6500
5750
5000
4250
3500
2750
2000
1250
500
Une autre particularité importante des écoulements cavitants est la coexistence de zones
de taux de vapeur très variables : le liquide pur constitue l’essentiel de l’écoulement mais
il existe des zones de mélange de vapeur et de liquide, mélange fortement compressible.
Les zones de vapeur pure sont quasi-inexistantes, mais la vapeur pure, comme l’eau liq-
uide, constitue un fluide faiblement compressible. Les zones de mélanges se traduisent
localement par une réduction de la vitesse du son. Selon les configurations et les condi-
tions d’écoulements, on peut donc obtenir des zones compressibles, ce qui peut limiter les
performances d’un algorithme basé sur des notions incompressibles (pas de dépendance
entre ρ et P ). Les figures Fig. 18.10 représentent le nombre de Mach et le nombre de
Mach turbulent.
253
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
2 2 0.5
Ma=(U +V ) /a: 0.01 0.1 0.25 0.5 0.75 1 Mat=(2k)0.5/a: 0.01 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
A l’examen des figures ci-dessus, on remarque que les zones d’écoulement compressible
représentent une faible portion de l’écoulement, localisée essentiellement au niveau de
l’interface pour Ma et dans le sillage de la poche pour Mat , où la turbulence stabilise la
poche, comme on le verra plus tard. Le nombre de Mach turbulent Mat , introduit par
Sarkar et al et Zeman, permet d’introduire les effets de compressibilité dans le modèle
de turbulence k − ω (voir [111]). Cela a été implanté dans le code, mais aucun cas de
validation n’a été envisagé face aux problèmes numériques déjà évoqués.
Les résultats obtenus pour cette configuration de poche stable sont satisfaisants princi-
palement pour deux raisons :
– Le taux de vide obtenu à l’intérieur n’est pas partout très fort, les poches de cavita-
tion contenant en général un mélange complexe de bulles de formes diverses traver-
sées par du liquide.
– La corrélation avec le coefficient de portance expérimental est très correcte
254
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
On peut cependant remarquer que la fermeture de la poche est un peu brutale. Sur la
configuration réelle, une partie de la vapeur est entraı̂née vers l’aval, conduisant à des
taux de vapeur non nuls un peu en aval.
Coefficient de pression
2
Le coefficient de pression pariétale, défini par Cp = (P − P∞ )/0.5ρl U∞ , représenté sur
la figure Fig. 18.12, est comparé au coefficient de pression moyen expérimental, issu des
mesures réalisées par Leroux à l’IRENav. Celui-ci est un coefficient de portance moyen.
Même sur une configuration relativement stable comme celle étudiée, on enregistre expéri-
mentalement de légères instationnarités en fermeture de poches. Le modèle de turbulence
k − ω de W ilcox a été employé et ces premiers résultats sont assez fidèles au coefficient
de pression expérimental, malgré les difficultés de convergence.
1
Calculs
Exp.
Intrados
0.5
0
Cp
-0.5
-1
Extrados
-1.5
0 0.25 0.5 0.75 1
X num (% de corde)
255
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
ρl/ρv
-2
10 100
1000
10000
-3 39093
Résidu en vitesse
10
10-4
10-5
10-6
0 5000 10000 15000
itérations non-linéaire
une forte instationnarité. Pour la courbe en trait plein, le faible rapport de masse volu-
mique (ρv = 10) implique une plus grande contribution des termes d’inertie pour la phase
vapeur dans l’écoulement, et l’on constate effectivement que la poche est prolongée d’une
longue ”chevelure”, qui atteint même le bord de fuite du profil, sur la figure Fig. 18.14.
Le rapport de masse volumique de 1000 fournit une poche moins prolongée (Fig. 18.15).
Cette modification non-physique de ρv ne dégrade pas le coefficient de pression pariétale
qui reste en très bon accord avec l’expérience (Fig. 18.16).
αl: 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
256
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
αl: 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
1
Calculs : ρl/ρv=1000
Exp.
0.5
0
Cp
-0.5
-1
-1.5
0 0.25 0.5 0.75 1
X num (% corde)
257
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
αl: 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
-2
10
-3
10
-4
10
-5
10
1000
0
0.25 0.5 0.75 1
temps (en s)
La poche grandit sans l’existence de jet rentrant. Dès lors que celui-ci apparaı̂t la poche
258
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
est freinée, puis se réduit lorsque le gradient de pression rencontré permet de créer un
jet rentrant assez puissant pour faire disparaı̂tre totalement la poche (Fig. 18.20). Un
nouveau cycle reprend alors.
0.5
0
Cp
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.25 0.5 0.75 1
X num (% corde)
259
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
1
k-ω - BSL
k-ω - SST
k - ω - Wilcox
0.5 Exp.
0
Cp
-0.5
-1
-1.5
0 0.25 0.5 0.75 1
X num
260
18.3. ETUDE DE L’ÉCOULEMENT CAVITANT : σ = 1.41
0.01 0.01
Y
Y
0
µt: 0.05 0.16 0.27 0.38 0.49 0.6 0
µt: 0.05 0.16 0.27 0.38 0.49 0.6
-0.01 -0.01
-0.02 -0.01 0 0.01 0.02 -0.02 -0.01 0 0.01 0.02
X X
0.01
Y
0
µt: 0.05 0.16 0.27 0.38 0.49 0.6
-0.01
-0.02 -0.01 0 0.01 0.02
X
(c) k − ω − SST
Densité interfaciale
Des modifications concernant l’évaluation de la densité interfaciale (dans la construc-
tion du système linéaire correspondant aux équations de quantités de mouvement et/ou
celle du système de pression) ont également été effectuées : une approche ”pondérée” avec
un facteur dépendant des distances des centres des cellules adjacentes au point milieu
de la face ; et une seconde approche réutilisant les valeurs interfaciales de la fraction de
volume de fluide, évaluées selon un schéma GDS, pour les besoins de la discrétisation de
l’équation de conservation de la fraction de volume de liquide. Le premier schéma, ”lis-
sant” en quelque sorte, a permis d’obtenir une très légère amélioration des résultats pour
la convergence.
Une autre tentative a consisté à décentrer cette évaluation de la masse volumique interfa-
ciale, comme prescrit dans [88]. Selon le signe du flux de vitesse quand αl < 1, la densité
interfaciale prend la valeur de la densité dans la cellule d’où provient l’information. Cette
discrétisation décentrée du 1er ordre a également été utilisée pour les termes de convection.
Ces essais n’ont pas montré d’améliorations significatives.
261
CHAPITRE 18. APPLICATION DU MODÈLE NUMÉRIQUE
262
Chapitre 19
Bilan et perspectives
L’ensemble des simulations effectuées, ainsi que l’examen des particularités physiques
et numériques des écoulements cavitants et de l’influence des divers paramètres propres
au problème cavitant, nous permettent de postuler que la méthode de résolution actuelle-
ment employée dans ISIS n’est pas adaptée à la cavitation, puisque, comme nous avons
pu le constater, le couplage physique nécessaire entre la masse volumique et la pression
est insuffisant pour les écoulements cavitants. Les termes sources rajoutés, bien qu’ils
aient été implicités, engendrent des difficultés de résolution. Malgré la baisse du niveau de
sous-relaxation, la diminution du pas de temps, et même l’utilisation de schéma du pre-
mier ordre, le code n’est pas parvenu à trouver le chemin de la convergence. Il semblerait
donc que l’extension, pourtant naturelle, des calculs hydrodynamiques multi-phases à des
problèmes cavitants ait trouvé ses limites. Cependant, on peut noter que les résultats des
simulations suffisamment convergées sont plutôt encourageants, puisqu’effectués avec un
rapport de masse volumique entre vapeur et liquide réaliste.
Des modifications plus sévères que celles tentées en première approche doivent donc être
→
−
effectuées, en augmentant le couplage entre les trois variables ρ, U ,P . On trouve dans
la littérature plusieurs formulations. Mais dans tous les cas, le principe est finalement
similaire aux méthodes développées par Perić pour étendre un code incompressible aux
calculs d’écoulements compressibles ([32]). Elles permettent à la fois de préserver le car-
actère incompressible de l’écoulement dans la phase liquide et de prendre en compte le
caractère compressible des zones de taux de vapeur non nuls. Cela est réalisé en incorpo-
rant une relation entre la variation de la fonction de présence et la variation de la pression
dans l’algorithme de résolution. Ainsi, dans les zones où la vapeur est présente, l’équation
obtenue pour la pression n’est plus elliptique mais devient hyperbolique (équation de type
convection-diffusion). Les formulations recensées sont toutes basées sur des équations à
correction de pression. Ainsi, dans [113], cette correction est écrite en utilisant l’évaluation
de la vitesse du son suivant :
∂ρ ∆ρ |ρi+1 − ρi−1 |
cρ = ≃ = (19.1)
∂P s ∆P ξ |Pi+1 − Pi−1 |
263
CHAPITRE 19. BILAN ET PERSPECTIVES
ρ′ = Cρ P ′ (19.2)
où P ′ est la correction de pression.
ρ′ = C(1 − αl )P ′ (19.3)
Lorsque αl = 1 elle est identiquement nulle, puisqu’on a du liquide pur. Les auteurs
précisent que, de la même façon que dans un code compressible, la masse volumique
interfaciale est décentrée. Associé à la correction de pression, ceci a un effet non négligeable
sur la convergence (voir la figure (Fig. 19.1) sur une simulation d’écoulement sur un corps
cylindrique).
ρ′ = κ′ P ′
αl < 1 : κ′ = 1 + CSφ |Sφ | (19.4)
avec :
αl = 1 : κ′ = 1
Sφ étant le résidu de masse dans chaque cellule et C une constante positive. Les auteurs
ont introduit cette procédure de correction face à des problèmes similaires à ceux rencon-
trés dans ISIS.
264
Ces trois méthodes de correction présentées ne sont cependant pas directement intégrables
dans ISIS, celui-ci ne résolvant pas une équation à correction de pression, mais une équa-
tion de pression. Cependant l’idée de base va être la même. Au lieu d’établir l’équation de
→
−
pression directement à partir de div ( U ), nous allons revenir à l’équation initiale, à savoir
la conservation de la masse et reformuler l’équation de pression en prenant en compte le
couplage entre la masse volumique et la pression. Pour établir une relation entre ces deux
variables, il faut revenir à l’équation de production/transport de la fraction de liquide.
Celle-ci s’écrit : Z Z Z
∂ →−
− →
αl dV + αl U . n dS = (ṁ+ + ṁ− )dV (19.5)
∂t V S V
fC + DCα PC
αC = α (19.6)
Le couplage entre la vitesse et la pression est traité de la même manière que dans le cas d’é-
coulement non-cavitant — d’ailleurs, l’expression de l’équation de quantité de mouvement
reste inchangée par l’intégration du phénomène de cavitation —. A partir de l’expression
de UC (équation (2.38)) tirée de la discrétisation de l’équation de quantité de mouvement
(et qui permet d’obtenir l’équation de pression par la méthode ”classique”), on écrit donc :
→ −
− →
fC − CpC − −→
UC = U grad(P )|C
−
→ −
→ →
−
f ˆ (ρ U )c0
C
avec : UC = − CpC UC + CpC (19.9)
∆τC
(eρV −
→p →
−
U )C + (eρV U )qC
− CpC
VCc
∂ρ →
−
+ div (ρ U ) = 0 (19.10)
∂t
→
−
Il faut alors exprimer ρ et ρ U . Les expressions encadrées correspondent aux termes sup-
plémentaires issus du couplage avec la masse volumique.
ρ
ρC = ρf
C + DC P C (19.11)
265
CHAPITRE 19. BILAN ET PERSPECTIVES
→
− −
→ −−→
ρU = ρf f f
C UC − ρC CpC grad(P )|C
C
−
→ (19.12)
fC D ρ PC − CpC D ρ PC −
+ U
−→
grad(P )|C
C C
266
Conclusion et Perspectives
Les travaux de thèse présentés ici s’inscrivent dans la thématique générale de la simula-
tion d’écoulements complexes par résolution des équations de Navier-Stokes en moyenne
de Reynolds. La complexité peut être d’ordre géométrique (bateau avec appendices,...)
ou physique. Bien que le premier point ait été abordé de manière indirecte (notamment
avec l’étude du calcul des métriques), cette thèse repose principalement sur l’ajout de
phénomènes physiques qui se couplent et s’imbriquent au solveur Navier-Stokes.
A partir du noyau de base du code de calcul non-structuré ISIS développé par l’Equipe
Modélisation Numérique, deux extensions physiques ont été considérées :
267
non-linéaire. L’introduction des mouvements de corps dans le solveur ISIS a aussi mis
en évidence des problèmes numériques au niveau des simulations d’écoulements à surface
libre, qui n’avaient pas été clairement identifiés sur des configurations stationnaires. En
effet, les premiers calculs multi-phases ont posé de grosses difficultés numériques liées au
caractère fortement variable de la masse volumique au niveau de l’interface. Celles-ci ont
été surmontées en modifiant le traitement de la délicate équation de pression, à savoir
en la rediscrétisant à partir d’une formulation normalisée par la masse volumique. Cette
procédure, inspirée des reconstructions CPI ([25]), a permis de s’affranchir des variations
importantes des coefficients de pression.
On a pu ainsi étudier l’impact d’un corps sur une surface libre. Associée à une tech-
nique d’adaptation de maillage, cela nous a permis de capturer précisément l’évolution
du pic de pression généré lors de l’impact. Les premiers calculs tridimensionnels recensés
couplant la résolution des équations de Navier-Stokes et celles issues du Principe Fonda-
mental de la Dynamique pour l’étude de l’interaction écoulement-mouvement d’un corps
déformable auto-propulsé ont aussi été présentés. Ce développement en amont effectué
sur les corps déformables a d’ailleurs débouché sur une participation au Projet Interdis-
ciplinaire de Recherche CNRS ROBEA (2003-2006). Les premières simulations effectuées
sur une géométrie non-finalisée ont démontré la faisabilité de tels calculs et sont prélim-
inaires à des calculs plus complets. Ceux-ci devront balayer discrétement l’ensemble des
lois de déformation disponibles pour le robot afin d’en dégager un modèle de contact
fluide-structure simplifié. Des simulations d’écoulements complexes à surface libre pour
l’étude de la propulsion par aviron ont aussi été initiées mais demandent encore des in-
vestigations supplémentaires pour être utilisées comme outil d’analyse et de prédiction de
performances.
Le second apport en terme de nouveaux phénomènes physiques a concerné la mise en
place de la modélisation numérique de la cavitation. Les développements sont beaucoup
moins aboutis que pour les mouvements de corps. Dans un premier temps, on s’est en ef-
fet appliqué à étendre le traitement des écoulements multi-phases à celui des écoulements
cavitants. Cette extension a consisté à intégrer un modèle de production-destruction de
vapeur de manière directe, c’est-à-dire sans recourir à des lourdes modifications sur l’équa-
tion de pression notamment, mais simplement en implicitant les termes sources issus du
modèle de cavitation.
Comme il a été vu tout au long de ce mémoire, l’intégration de ces nouvelles propriétés
physiques et la résolution des problèmes numériques rencontrés a nécessité une interven-
tion au cœur du solveur, nécessitant de fait une parfaite maı̂trise du code. On peut noter
aussi la nécessité absolue de disposer de l’ensemble du code source dans ce genre de tra-
vail. Sans cela, il aurait en effet été impossible de mener à bien le couplage non-linéaire et
la modification de l’équation de pression, de travailler sur les procédures de remaillage, le
calcul des métriques et des flux de vitesse de déplacement, ni même d’impliciter le modèle
de cavitation.
268
en place pour effectuer par exemple des applications de tenue à la mer. Elles sont dé-
sormais opérationnelles, même sur des configurations tridimensionnelles. D’ailleurs, des
calculs sur une barge de production et de stockage pétrolière (dénommée FPSO pour
Floating Production and Storage for the Offshore) amarrée avec des cables pourvus d’une
certaine élasticité et soumis à un champ de vagues transversal sont envisagés à court
terme. Ils pourront être comparés aux mesures réalisées dans le cadre du projet européen
EXPRO-CFD. Une étude du mouvement à 6 d.d.l. d’un bateau soumis à un effort propul-
sif spécifié simulant un virage est aussi tout à fait possible sans limitation d’amplitude.
Les calculs d’impacts d’un corps prismatique réalisés sous-jacents à l’étude du slamming
pourraient trouver (une fois les procédures d’adaptation parallélisées) des applications sur
des géométries tridimensionnelles plus complexes, comme des bulbes de bateaux.
Les calculs préliminaires effectués sur les palettes d’aviron pourraient faire l’objet d’études
de paramètres sur des configurations plus réalistes prenant en compte l’entrée dans l’eau
de la palette, la vitesse variable du bateau et des cinématiques issues d’enregistrement au
réel. On serait alors dans la capacité d’expertiser mécaniquement un coup d’aviron. Ces
extensions, facilement intégrables dans le code, seraient très intéressantes dans la mesure
où elles sont difficilement envisageables sur un dispositif expérimental. Bien évidemment,
les expériences resteront nécessaires pour valider les calculs sur des cas plus simples.
En marge des travaux restant à réaliser pour le projet ROBEA, d’autres études sont aussi
envisagées pour mieux comprendre les mécanismes de nages, notamment en terme én-
ergétique. Associées aux techniques d’optimisations disponibles au sein du code de calcul,
les simulations d’écoulements complexes pourraient servir à améliorer certains critères de
formes ou de cinématiques. Ces procédures sont envisagées par exemple pour améliorer
les paramètres de mouvement du robot-anguille vis-à-vis d’un critère donné (vitesse, ren-
dement, ...). Le cadre des corps déformables à déformation imposée pose bien entendu les
bases d’une interaction fluide-structure complète dans laquelle la forme du corps ne serait
plus imposée mais calculée en fonction des efforts s’exerçant sur celui-ci. Ce dernier point
apparait donc comme une suite logique. Outre les développements déjà entamés pour
mettre au point un solveur Volumes-Finis pour les structures élastiques (en hypothèse
petit déplacements et petites déformations), le remaillage analytique pour les corps de
type poutre (mais qui peut-être étendu aux corps de type plaque) ouvre la voie à un cou-
plage interaction fluide/ structure fort entre la résolution de l’écoulement et un calcul de
structure pour ces corps. L’interaction pourrait en effet être remise à jour à chaque itéra-
tion non-linéaire sans pénaliser le temps de calcul. Les structures poutres pourraient être
résolues en intégrant une procédure basée sur une modélisation géométriquement exacte
des poutres en grand déplacement et grande déformation ([82]), développée dans l’équipe
d’un partenaire du projet ROBEA. Une application importante concernerait naturelle-
ment les VIV (Vortex Induced Vibration). Dans le domaine de l’offshore, des simulations
3D pourraient être menées pour étudier le comportement de canalisations souples reliant
le fond à la surface (risers).
269
téresser plus précisément à l’aspect physique des phénomènes cavitants liés aux poches
pulsantes ou encore aux tourbillons marginaux. Comme pour les impacts de corps ou
encore les écoulements à surface libre, on peut penser que l’utilisation d’une technique
de raffinement local sera à même de capturer finement l’écoulement autour du tourbillon
d’extrémité et donc du champ de pression associé. Cette dernière thématique va d’ailleurs
faire l’objet d’un nouveau travail de thèse, qui sera réalisé par D. Dauby au sein de l’Equipe
Modélisation Numérique.
270
Annexe A
Les métriques
( )
M (ξ, η) ∈ [0, 1] × [0, 1] \
S= −−→ −→ −
−→ −→ −→ −→ −−→ −−→ −→ −→
OM = OA + ξ(OB − OA) + η(OC − OA) + ξη (OD − OB + OA − OC)
−−→ −−→
−
→ ∂ OM ∂ OM
En un point (ξ, η) de la face, on a : dS(ξ, η) = ∧ dξdη
∂ξ ∂η
−−→ −
→
On montre alors facilement les expressions de AM et de dS suivantes :
−−→ −→ −→ −−→
AM = (ξ − ξη) AB + (η − ξη) AC + ξη AD (A.1)
−
→ −→ −→ −→ −−→ −→ −−→
dS = (1 − ξ − η) AB ∧ AC + ξ AB ∧ AD − η AC ∧ AD dξ dη (A.2)
271
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
η
C
ηM OM
!
M !
OM
A
ξM
B
ξ
ZZ
−−→ −→
Calcul de AM ∧ dS : en remplaçant les 2 expressions ci-dessus, on obtient :
S
ZZ ZZ
−−→ −→ −→ −→ −→
AM ∧ dS = (ξ − ξη)(1 − ξ − η) AB ∧ (AB ∧ AC) dξ dη
S S
−→ −→ −−→
+ξ(ξ − ξη) AB ∧ (AB ∧ AD) dξ dη
−→ −→ −−→
−η(ξ − ξη) AB ∧ (AC ∧ AD) dξ dη
−→ −→ −→
+(η − ξη)(1 − ξ − η) AC ∧ (AB ∧ AC) dξ dη
−→ −→ −−→ (A.3)
+ξ(η − ξη) AC ∧ (AB ∧ AD) dξ dη
−→ −→ −−→
−η(η − ξη) AC ∧ (AC ∧ AD) dξ dη
−−→ −→ −→
+(1 − ξ − η)ξη AD ∧ (AB ∧ AC) dξ dη
−−→ −→ −−→
+ξ 2 η AD ∧ (AB ∧ AD) dξ dη
−−→ −→ −−→
−ξη 2 AD ∧ (AC ∧ AD) dξ dη
272
A.1. DÉMONSTRATION DE LA NON-EXISTENCE DE F POUR LES FACES
QUADRANGLES NON-PLANES
Des calculs d’intégrales permettent d’obtenir :
Z ξ=1 Z η=1
(ξ − ξη)(1 − ξ − η) dξ dη = 0
ξ=0 η=0
Z ξ=1 Z η=1
1
ξ(ξ − ξη) dξ dη =
ξ=0 η=0 6
Z ξ=1 Z η=1
1
η(ξ − ξη) dξ dη =
ξ=0 η=0 12
Z ξ=1 Z η=1
(η − ξη)(1 − ξ − η) dξ dη = 0
ξ=0 η=0
Z ξ=1 Z η=1
1
ξ(η − ξη) dξ dη = (A.4)
ξ=0 η=0 12
Z ξ=1 Z η=1
1
η(η − ξη) dξ dη =
ξ=0 η=0 6
Z ξ=1 Z η=1
1
(1 − ξ − η)ξη dξ dη = −
ξ=0 η=0 12
Z ξ=1 Z η=1
1
ξ 2 η dξ dη =
ξ=0 η=0 6
Z ξ=1 Z η=1
1
ξη 2 dξ dη =
ξ=0 η=0 6
−−→ −→ −−→
Supposons que le point F existe. En décomposant AM en AF + F M, on peut écrire :
ZZ ZZ
−−→ −→ −→ − → −−→ − →
AM ∧ dS = AF ∧ Sf + F M ∧ dS
S
| S {z }
= 0 en utilisant les relations (5.2),
(5.3) et (5.4) définissant F
273
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
−
→
Le produit scalaire de cette expression avec Sf donne alors trivialement 0.
Or, l’application de ce même produit scalaire à l’équation (A.6) donne :
1 h−→ −→ −−→ −−→ −−→i − → 1 h−−→ −→ −→i − →
0= AB + AC + AD ∧ AD ∧ BC · Sf − AD ∧ AB ∧ AC · Sf
|6 {z } |6 {z }
T1 T2
−
→ −−→ −−→
Etant donné que Sf = 21 AD ∧ BC, le terme T1 est nul. Concernant T2, une petite manip-
ulation sur le produit mixte permet d’écrire :
1 −
→ −→ −→ −−→
T 2 = − Sf ∧ AB ∧ AC · AD
6
En utilisant la formule du double produit vectoriel, il vient :
1 h−
→ −→ −→ − → −→ −→i −−→
T2 = − Sf · AC AB − Sf · AB AC · AD
6
−
→ −−→ −−→
En remplaçant Sf par 21 AD ∧ BC, en travaillant sur les produits mixtes puis en regroupant
les termes, il vient :
1 h−→ −→ −−→i h−−→ −−→i
T2 = − AB ∧ AC · AD BC · AD
12 | {z }| {z }
s1 s2
Conclusion : Dans le cas des faces non-planes, le terme s1 n’est pas nul. Le terme s2
lui n’est pas nul, dès que les diagonales de la face ne sont pas orthogonales. Ainsi, toutes
les faces non-planes à diagonales non-orthogonales ne peuvent satisfaire l’égalité. Par
l’absurde, on montre ainsi que pour les faces planes quelconques, il n’existe pas a priori
de point F satisfaisant aux relations (5.2), (5.3) et (5.4) .
Sf 2 Sf 1
C
F2
F1
A
274
A.1. DÉMONSTRATION DE LA NON-EXISTENCE DE F POUR LES FACES
QUADRANGLES NON-PLANES
On obtient facilement en décomposant sur les 2 faces planes :
ZZ
−−→ − → −−→ −→ −−→ −→
AM ∧ dS = AF1 ∧ Sf 1 + AF2 ∧ Sf 2
S
C
S3
S4
H S2
A S1
275
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
Gi a pour coordonnées la moyenne géométrique des 3 nœuds qui compose le ieme triangle.
En utilisant le fait que XA = XB = XC = 0, le produit vectoriel de cette expression par
−
→
Sf donne :
1 −→ −→ − → − →
X D Sf 2 + Sf 3 ∧ Sf = 0
3
−→ −→ − → − →
XD étant non-nul par hypothèse, on en déduit Sf 2 + Sf 3 ∧ Sf = 0
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
−→ −→ HB ∧ HD HD ∧ HC HD ∧ BC −
→ AD ∧ BC
Sachant que Sf 2 + Sf 3 = + = et que Sf =
2 2 2 2
On en déduit après avoir travaillé sur les produits vectoriels et les produits mixtes :
−→ −−→ −−→ − →
Sf · HD · BC = 0
−−→ −
→
Comme BC n’est pas nul, l’égalité précédente permet de conclure que Sf doit être or-
−
→
thogonal à HD. Un raisonnement similaire permet d’obtenir que Sf doit être orthogonal
à HA, HB et HC. Avec ces quatre propriétés, on montre aisément que la face est plane,
ce qui est contraire à l’hypothèse initiale !
A.1.4 Conclusion
Quel que soit le mode de description retenue pour la face quadrangle, il apparaı̂t qu’il
n’existe pas de point F permettant de satisfaire les relations (5.2), (5.3) et (5.4) induits
−
→
par l’hypothèse d’évaluation des flux d’une quantité Q au second ordre par QF Sf . Ainsi,
−
→
la quantité QF Sf n’est donc formellement pas au second ordre pour des faces non-planes.
276
A.2. CALCUL DU CENTRE F D’UNE FACE À 4 NŒUDS PAR PROJECTION
(SOLUTION NON-RETENUE)
Remarque : les résultats sont indépendants du choix du point pour définir le plan de
projection (ici le point A).
S f = direction de projection
D
C
S
A
Dp
Cp
Sp
Ap=A Bp
Une fois calculées les coordonnées des points Bp , Cp et Dp , on découpe la face plane
projetée Sp en 2 triangles ABp Dp et ADp Cp dont on peut définir analytiquement pour
chacun le barycentre et l’aire. Le centre Fp de la face Sp est alors donné par le barycentre
des centres des 2 triangles pondérés par leur aire respective. A partir de ce point Fp , il
−
→
faut retrouver le point F appartenant à la face réelle dont la projection sur le plan (A,Sf )
est égale à Fp .
Remarque : dans le cas d’une face plane, Fp est confondu avec F puisque la face
projetée Sp est identique à S.
277
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
η
C S
ηf F
A
ξf
B
ξ
Sf
η’ Dp
Hp
Cp
ηf Fp
Sp
Ap=A
Gp ξf
Bp
ξ’
Pour ξ ∈ [0, 1], Q(ξ) s’annule uniquement en ξf . Tout calcul fait, on obtient :
−−−→ −−−→ − → −−−→ −−−→ −−−→ −−−→ − → −−−→ −−−→ − →
Q(ξ) = −ξ 2 (Ap Bp ∧ Cp Dp ) · Sf + ξ Ap Fp ∧ Cp Dp − Ap Bp ∧ Fp Cp · Sf + (Ap Fp ∧ Fp Cp ) · Sf
Q(ξ) est une fonction du 2nd degré en ξ, le terme en ξ 2 pouvant s’annuler uniquement si
−−−→ −−−→
Ap Bp et Cp Dp sont parallèles.
Les solutions de Q(ξ) = 0 sont ξ = ξf ∈ [0, 1] et éventuellement la valeur de ξ pour
−−−→ −−−→
laquelle Ap Bp et Cp Dp se coupent.
Pour s’affranchir du cas particulier lié à l’annulation du terme de degré 2 mais surtout
des problèmes numériques pour des cas ”quasi-parallèles” lors de la résolution, on effectue
le changement de variable
1
ξ=
1+X
En mutipliant l’équation par (1 + X)2 , on obtient encore une équation du 2nd degré F (X)
qui s’écrit :
−−→ −−−→ − → 2 −−→ −−−→ −−−→ −−−→ − → −−−→ −−−→ − →
AFp ∧ Fp Cp · Sf X + AFp ∧ Fp Dp + Bp Fp ∧ Fp Cp · Sf X + Bp Fp ∧ Fp Dp · Sf
| {z } | {z } | {z }
A B C
278
A.3. SOLUTION RETENUE POUR LE CALCUL DU CENTRE F D’UNE FACE À 4
NŒUDS
Pour cette nouvelle équation, le terme A en X 2 est toujours positif, le terme constant C
toujours négatif, et ceci quelle que soit la forme de la face quadrangle. Ainsi, l’équation
a toujours un discriminant positif. Elle possède une solution négative et une solution
positive (C/A négatif). La résolution numérique d’une telle équation ne pose alors plus
aucune difficulté. Dans le cas où les droites (ABp ) et (Cp Dp ) sont parallèles, X = −1
est la solution négative (ξ n’est alors pas défini). La solution recherchée est alors l’unique
valeur X qui est positive. (celle qui correspond à un ξ ∈ [0, 1]). Une fois calculée la valeur
de ξf , les coordonnées de Gp et Hp sont connues. On en déduit ηf en écrivant la relation :
−−−→ −−−→
ηf Gp Hp = Gp Fp
Dès lors, on obtient les coordonnées absolues de F par la relation paramétrique :
−→ −→ −−→ −→ −→ −→ −−→ −−→ −→ −→
OF = OA + ξf (OB − OA) + ηf (OC − OA) + ξf ηf (OD − OB + OA − OC)
279
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
280
A.5. CONTRIBUTION D’UNE FACE QUADRANGLE BILINÉAIRE POUR LE
CALCUL D’UN VOLUME
Z ξ=1 Z η=1
2 −
→ −→ → −→
− −
→ −→ −→ −→
I2 = 2 ξ(1 − η) (Xi · AB) + η(1 − η)(Xi · AC) dξ dη (Xi · OA)(AB ∧ AC)i
ξ=0 η=0
Z ξ=1 Z η=1 Z ξ=1 Z η=1
2 1
Comme ξ(1 − η) dξ dη = η(1 − η) dξ dη =
ξ=0 η=0 ξ=0 η=0 6
−
→ −→ → −→
−
(Xi · AB) + (Xi · AC) −→ −→ −→ −→
il vient : I2 = (Xi · OA)(AB ∧ AC)i
3
Z ξ=1 Z η=1
−
→ −→ −
→ −→ − → −→
I3 = ξ 2 (1 − η)3 (Xi · AB)2 + 2ξη(1 − η)2 (Xi · AB)(Xi · AC)
ξ=0 η=0
2 → −→ 2
− −→ −→
+ η (1 − η)(Xi · AC) dξ dη (AB ∧ AC)i
Z ξ=1 Z η=1 Z ξ=1 Z η=1
2 3
Or ξ (1 − η) dξ dη = 2ξη(1 − η)2 dξ dη
ξ=0 η=0 ξ=0 η=0
Zξ=1 Z η=1
1
= η 2 (1 − η) dξ dη =
ξ=0 η=0 12
−
→ −→ −
→ −→ −
→ −→ − → −→
(Xi · AB)2 + (Xi · AC)2 + (Xi · AB)(Xi · AC) −→ −→
on obtient : I3 = (AB ∧ AC)i
12
281
ANNEXE A. LES MÉTRIQUES
Un petit travail sur les produits mixtes permet d’arriver à l’expression suivante :
ZZ
−−→ − → 1 −−→ −→ −→
AM · dS = − AD · (AB ∧ AC)
S 4
−
→
A l’aide de l’équation (5.8) et de l’expression du vecteur face Sf , on en déduit alors
facilement la contribution de la face pour le volume :
" −−→ −−→ #
1 −→ AD ∧ BC 1 −−→ −→ −→
OA · − AD · (AB ∧ AC)
dim 2 4
282
Annexe B
Soit R0 = (0, −
→
x0 , −
→
y0 , →
−
z0 ) le repère de référence considéré comme galiléen
et RS = R3 = (03 , − →
x3 , −
→
y3 , −
→
z3 ) un repère principal d’inertie lié au solide.
y0 x1 z2
y1 ψ x2 θ z3 φ
x1 z2 y3
ψ θ φ
x0 z1 y2
z1=z0 y1=y2 x2=x3
lacet (yaw) tangage (pitch) roulis (roll)
283
ANNEXE B. MISE EN ÉVIDENCE DES CONFIGURATIONS SINGULIÈRES DANS
UNE RÉSOLUTION GÉNÉRALE TRIDIMENSIONNELLE DU PFD
B.0.1 Le Principe Fondamental de la Dynamique (P.F.D.)
L’application du P.F.D. au solide S soumis au torseur τS permet d’écrire 6 équations
scalaires :
−
→
−−−−−−−→ d →3
− dΩ30 →
− → −
− →
δ(G, S/R3 ) = I(G, S) Ω0 = I(G, S) + Ω30 V I(G, S) Ω30 = MG (B.2)
dt R0 dt
R3
−→
OG = x− →
x0 + y −
→
y0 + z −
→
y0
Notations : −
→
ΩS0 = p−
→
x3 + q −
→
y3 + r −
→
z3
−
→
Remarque : par définition des angles (ψ,θ,φ), on a : ΩS0 = ψ̇ −
→
z1 + θ̇−
→
y2 + φ̇−
→
x3
p − sin(θ) 0 1 ψ̇
q = cos(θ) sin(φ) cos(φ) 0 θ̇
r cos(θ) cos(φ) − sin(φ) 0 φ̇
| {z }
noté M(ψ, θ, φ)
284
−
→−
R . →
x
ẋ 0
d 1 − →− →
ẏ = R . y0
dt Ms → − −
ż R .→ z0
x ẋ
d
y = ẏ
dt
z ż
1 −−→ − →
ψ̇ I1
0 0 M G . x3 p I1 0 0 p
d −−→ − →
M(ψ, θ, φ) dt θ̇ = 1
0 I2 0 MG . y3 − q ∧ 0 I2 0 q
1 −−→ →
φ̇ 0 0 I3 M G .−z3 r 0 0 I3 r
ψ̇ p ψ̇
dM(ψ,θ,φ)
− θ̇
avec q = M(ψ, θ, φ) θ̇
dt
φ̇ r φ̇
ψ ψ̇
d θ̇
θ =
dt
φ φ̇
Conséquence
Une résolution numérique générale n’est donc pas envisageable telle quelle. Pour éviter
ces configurations singulières engendrées par la décomposition du passage de β0 à βS en
trois rotations successives, une solution consiste à substituer les 6 inconnues (ψ̇, θ̇, φ̇, ψ, θ, φ)
par les inconnues (p,q,r) plus un quaternion caractérisant la rotation permettant de passer
de β0 à βS .
285
ANNEXE B. MISE EN ÉVIDENCE DES CONFIGURATIONS SINGULIÈRES DANS
UNE RÉSOLUTION GÉNÉRALE TRIDIMENSIONNELLE DU PFD
286
Annexe C
−−−−−−−−→
Remarque : V (M, S/R1 ) qui représente la vitesse d’un point matériel M du corps S par
rapport au repère R1 est connue, puisqu’elle dépend uniquement de la déformation du
corps.
287
ANNEXE C. LES ÉQUATIONS DU PFD
→
−
Or, la formule de la base mobile pour un vecteur X s’écrit :
→
− →
−
dX dX −
→ − →
= + Ω10 ∧ X (C.3)
dt dt
R0 R1
−−→ −−−−−−−−→
Appliquée aux vecteurs O1 G et V (G, S/R1 ), l’équation (C.1) devient :
−−−−−−−→ −
→ →
− −−−−−−−−→
dV (O1 /R0 ) dΩ10 −−→ R dV (G, S/R1 )
+ ∧ O1 G = −
dt dt MS dt
R0 R0 R1
−
→1 V −−−−−−−−→ − → −→ −−→
− 2 Ω0 V (G, S/R1 ) − Ω10 V Ω10 ∧ O1 G
ZZZ
−−−−−−−−→ d −−−→ −−−−−−−−→
δ(O1 , S/R0 ) = O1 M ∧ ρV (M, S/R0 ) dv
dt R0 Dt (C.4)
−−−−−−−→ −−−−−−−−→ − →
+ V (O1 /R0 ) ∧ MS V (G(t)/R0 ) = MO1
ZZZ
d −−−→ −−−−−−−−→ →
−
O1 M ∧ ρV (M, S/R1 ) dv −→ δ1
dt R0 Dt
ZZZ
d −−−→ −−−−−−−→ →
−
+ O1 M ∧ ρV (O1 /R0 ) dv −→ δ2
dt R0 Dt
ZZZ
d −−−→ − → −−−→ →
−
+ O1 M ∧ ρ Ω10 ∧ O1 M dv −→ δ3
dt R0 Dt
−−−−−−−→ −−−−−−−−→ →
−
+ V (O1 /R0 ) ∧ MS V (G(t)/R0 ) −→ δ4
288
C.2. DÉMONSTRATION DE LA FORME OBTENUE POUR L’ÉQUATION EN
MOMENT
Traitement des différents termes :
→
−
֒→ δ1 :
L’intégrale que l’on peut qualifier de moment cinétique de déformation et noter −
σ−
→
def
est connue puisqu’il ne dépend que de la cinématique de déformation.
L’utilisation de la formule de la base mobile permet d’écrire :
→
− d−
σ−→ −
→ −→
+ Ω10 ∧ −
def
δ1 = σdef
dt R1 | {z }
ZZZ
→ −−−→ −−−−−−−−→
−
= ρ Ω10 ∧ O1 M ∧ V (M, S/R1 ) dv
Dt
→
− d−
σ−→
def
il vient : δ1 =
dt R1
ZZZ −
→1 −−−−−−−−→ −−−→
+ ρ Ω0 · V (M, S/R1 ) O1 M dv
Dt
ZZZ −
→1 −−−→ −−−−−−−−→
− ρ Ω0 · O1 M V (M, S/R1 ) dv
Dt
→
−
֒→ δ2 :
ZZZ
−−−→ −−→
Par définition du centre d’inertie G, ρO1 M dv = MS O1 G .
Dt
−−→ −−−−−−−→
−
→ dO1 G −−−−−−−→ −−→ dV (O1 /R0 )
On a alors : δ2 = MS ∧ V (O1 /R0 ) + MS O1 G ∧
dt dt
R0 R0
−−→
dO1 G −−−−−−−−→ −−−−−−−→
Or, = V (G, S/R0 ) − V (O1 /R0 )
dt
R0
−−−−−−−→
−
→ −−−−−−−−→ −−−−−−−→ −−→ dV (O1/R0 )
Il vient : δ2 = MS V (G, S/R0 ) ∧ V (O1 /R0 ) + MS O1 G ∧
dt
R0
→
−
֒→ δ3 :
Dt étant un domaine matériel, la loi de conservation de la masse permet de démontrer
−
→
que pour toute fonction vectorielle f , on a :
ZZZ ZZZ →
−
d →
− df
ρ f dv = ρ dv (C.6)
dt R0 Dt Dt dt
R0
289
ANNEXE C. LES ÉQUATIONS DU PFD
−−−→
dO1 M −−−−−−−−→ −−−−−−−→
On a aussi : = V (M, S/R0 ) − V (O1 /R0 )
dt (C.7)
R0
−−−−−−−−→ − → −−−→
= V (M, S/R1 ) + Ω10 ∧ O1 M (en utilisant l’Eq. C.5)
En utilisant la formule du double produit vectoriel pour les autres termes, on peut écrire :
−
→ ZZZ −−−−−−−−→ −−−→ −
−
→ dΩ10 →
δ3 = I(O1 , S) +2 ρ V (M, S/R1 ) · O1 M Ω10 dv
dt
ZZZ Dt
−−−−−−−−→ − → −−−→
− ρ V (M, S/R1 ) · Ω10 O1 M dv
ZZZDt (C.9)
−−−→ −→ −−−−−−−−→
− ρ O1 M · Ω10 V (M, S/R1 ) dv
ZZZDt
−−−→ − → −−−→ − →
+ ρ O1 M · Ω10 O1 M ∧ Ω10 dv
Dt
→
−
֒→ δ4 :
En regroupant les différentes expressions, on remarque que le premier terme de l’ex-
→
− →
−
pression obtenue pour δ2 se simplifie avec δ4 .
290
C.2. DÉMONSTRATION DE LA FORME OBTENUE POUR L’ÉQUATION EN
MOMENT
Finalement, après simplification, on obtient :
−−−−−−−→ −
→
−−−−−−−−→ d −−
→ −−→ dV (O1 /R0 ) dΩ10
δ(O1, S/R0 ) = σdef + MS O1 G ∧ + I(O1 , S)
dt R1 dt dt
R0
ZZZ −−−−−−−−→ −−−→ − →
+2 ρ V (M, S/R1 ) · O1 M Ω10 dv
ZZZDt (C.10)
−−−→ −→ −−−−−−−−→
−2 ρ O1 M · Ω10 V (M, S/R1 ) dv
ZZZ Dt
−−−→ −→ −−−→ − →
+ ρ O1 M · Ω10 O1 M ∧ Ω10 dv
Dt
ZZZ
− −−−→ −−−−−−−−→
avec σ−
→
def = O1 M ∧ ρV (M, S/R1 ) dv
Dt
291
ANNEXE C. LES ÉQUATIONS DU PFD
292
Annexe D
Les quaternions
Vect(e,i,j,k)= { x / x = x0 e + x1 i + x2 j + x3 k , (x0 , x1 , x2 , x3 ) ∈ R4 }
où (e,i,j,k) sont les vecteurs de base.
293
ANNEXE D. LES QUATERNIONS
La table suivante (Tab. D.1) lui donne une structure d’algèbre (multiplication associative,
distributive par rapport à l’addition et d’élément neutre e) non-commutative en général :
x e i j k
e e i j k
i i -e k -j
j j -k -e i
k k j -i -e
Ainsi, i2 = j2 = k2 = −e et ij = −ji = k
Remarque :
x0 e est appelé partie réelle
x1 i + x2 j + x3 k est appelé partie pure ; elle est assimilable à un vecteur.
La décomposition partie réelle – partie pure est unique.
Les quaternions peuvent être perçus comme une extension des complexes à l’espace R3 .
On peut donc être surpris d’être en présence d’un espace de dimension 4, alors que les
complexes — espace de dimension 2 — ont leur représentation dans le plan lui aussi de
dimension 2. Remarquons aussi que les produits entre i,j,k sont identiques à ceux obtenus
avec le produit vectoriel d’une base orthonormée directe de R3 .
x = x0 e + x1 i + x2 j + x3 k x = x0 e − x1 i − x2 j − x3 k
Relation remarquable : xy = y x
Norme
√
kxk = xx
294
D.2. L’ALGÈBRE DES QUATERNIONS H
x
Tout quaternion x non-nul a donc un inverse égal à x−1 =
kxk2
L’algèbre des quaternions a donc une structure de corps.
Propriétés
x ∈ P ⇔ x = −x
L’ensemble P des quaternions purs est un sous espace vectoriel de dimension 3. Il est
→ −
− → →−
isomorphe à R3 . Associons une base ( i , j , k ) orthonormée directe “image” de la base
des quaternions purs (i, j, k). A tout quaternion q ∈ P (q = q1 i+q2 j+q3 k), on peut associer
→ →
− − − →
un vecteur −→
q possédant les mêmes coordonnées dans une base ( i , j , k ) orthonormée
directe de R3 .
Notations
Les vecteurs en gras représentent les éléments de H.
Les vecteurs fléchés représentent les éléments de R3 .
Les règles de calculs concernant le produit des quaternions (i, j, k) étant identiques au
produit vectoriel, on note par analogie lorsque p et q sont purs : Pur (pq) = p∧ q.
Attention, le produit pq n’est pas nécessairement pur. Par contre, on peut facilement
démontrer la relation suivante :
∀p, q ∈ P, p q = −(−
→
p .−
→
q )e + p∧ q
|{z}
quaternion ayant les mêmes coordonnées que le vecteur →
−
p ∧−
→
q
295
ANNEXE D. LES QUATERNIONS
− −
→ → → −
la rotation (θ, →
−
u ) aura les mêmes coordonnées dans la base ( i , j , k ) que le quaternion
rpr où p est le quaternion pur associé au vecteur −
→
p.
On a donc le schéma récapitulatif suivant (Fig. D.1) :
= rpr
r = os( ) + u sin( )
isomorphisme isomorphisme
−
→ →
− →
− →
− →
− →
−
i1 = Pβ0 →β1 i0 =⇒ i1 = P1,1 i0 + P2,1 j0 + P3,1 k0 (D.1)
β0 β0 β0
2 2
2 (q + q1 ) − 1 2 (q1 q2 − q0 q3 ) 2 (q1 q3 + q0 q2 )
0
2 2
Pβ0 →β1 = 2 (q1 q2 + q0 q3 ) 2 (q0 + q2 ) − 1 2 (q2 q3 − q0 q1 ) (D.2)
2 2
2 (q1 q3 − q0 q2 ) 2 (q2 q3 + q0 q1 ) 2 (q0 + q3 ) − 1
296
D.2. L’ALGÈBRE DES QUATERNIONS H
dq
= q̇ = q˙0 e + q˙1 i + q˙2 j + q˙3 k (D.3)
dt
La notion de dérivation des quaternions est une notion intrinsèque. Elle caractérise l’évo-
lution d’une transformation géométrique par rapport à une base donnée. Pour le cas d’un
quaternion de norme 1, qui caractérise une rotation, sa dérivée représente la variation de
cette rotation dans le temps.
Démonstration :
Soit q = q0 e + q1 i + q2 j + q3 k ∈ S
On a alors q02 + q12 + q22 + q32 = 1 d’où
d(q02 + q12 + q22 + q32 ) d(1)
Re(q̇q) = Re(qq̇) = q0 q˙0 + q1 q˙1 + q2 q˙2 + q3 q˙3 = = =0
dt dt
1 0 0 0 0 −1 0 0
0 1 0 0 1 0 0 0
e=
i=
0 0 1 0 0 0 0 −1
0 0 0 1 0 0 1 0
0 0 −1 0 0 0 0 −1
0 0 0 1 0 0 −1 0
j=
k=
1 0 0 0 0 1 0 0
0 −1 0 1 1 0 0 0
297
ANNEXE D. LES QUATERNIONS
Les coordonnées des quaternions purs (iS , jS , kS ) dans la base de référence (I, J, K) peu-
→ −
− → − → → −
− → − →
vent être interprétées comme les coordonnées dans la base ( I , J , K ) des vecteurs ( iS , jS , kS ).
θ θ
Q = cos( )e + sin( )(αq iq + βq jq + γq kq ) avec u = αq iq + βq jq + γq kq
2 2
Le quaternion u a donc les mêmes coordonnées dans les deux bases. Il en est donc de
même pour le quaternion Q.
298
D.3. RELATION ENTRE ROTATION INSTANTANÉE ET QUATERNIONS
−→
Le vecteur instantané de rotation ΩS0 est une donnée intrinsèque qui ne dépend que du
mouvement. Ce sont les expressions dans les différentes bases qui différent.
α p
−
→ −→
Notation : ΩS0 = β ΩS0 = q
γ r
β0 βS
−
→ → −
− → − →
On note Ω0 le quaternion pur associé au vecteur ΩS0 exprimé dans la base ( I , J , K ) et
−
→ → −
− → − →
ΩS le quaternion pur associé au vecteur ΩS0 exprimé dans la base ( iS , jS , kS ). On a alors :
Conclusion
Par analogie avec la définition du vecteur rotation instantanée dans l’espace, on en
déduit que :
−−R
→ →
− →
− →
−
Ω0 = 2Q̇Q =⇒ ΩRS0 = α I + β J + γ K
| {z }
= αI + βJ + γK
299
ANNEXE D. LES QUATERNIONS
1
L’équation d’évolution s’écrit : Q̇ = Ω0 Q
2
Rappel : la base de référence choisie étant (e, I, J, K), c’est bien le quaternion Ω0 , image
−→ → →
− − −→
du vecteur ΩS0 exprimé dans la base ( I , J , K ), qui est égal à l’expression trouvée.
dans RS .
˙
Il vient alors −ΩS = 2QQ
= −2QQ̇ ˙
car 2QQ̇ ∈ P ⇒ 2QQ̇ = −2QQ
Conséquence : ΩS = 2QQ̇
La multiplication par Q permet d’obtenir la relation d’évolution du quaternion Q :
1
Q̇ = QΩS
2
Considérons le quaternion Ω′0 écrit dans la base mobile ayant les mêmes coordonnées que
Ω0 . On a alors Ω′0 = αiS + βjS + γkS .
−→
Ω′0 n’est alors plus associé au vecteur intrinsèque ΩS0 . Pour obtenir de nouveau le vecteur
−
→
associé à ΩS0 , il faut effectuer le changement de base qui transforme (iS , jS , kS ) en (I, J, K),
qui n’est autre que la rotation inverse effectuée par Q, i.e. la rotation de quaternion Q. Les
expressions de Q étant identiques sur les bases (e, I, J, K) et (e, iS , jS , kS ), on en déduit
alors le même résultat :
h i
ΩS = RQ (Ω′0 ) = Q Q̇Q Q = 2QQ̇
300
Annexe E
Propriétés
301
ANNEXE E. COMPOSITION DES ROTATIONS
R1 R2 − R1 −
→ → R2 −→
B0 7−→ B1 7−→ B2 X 7−→ Y 7−→ Z
La composition des rotations R 2 ◦R 1 s’exprime alors par la relation suivante :
−
→ →
− →
−
Z = R 2 ◦R 1 ( X ) = R 2(R 1 ( X ))
| {z }
−
→
Y
−
→ R1 −
→ →
− R2 −
→ →
−
X |B0 7−→ Y |B1 = X |B0 7−→ Z |B2 = Y |B1 (E.1)
Examinons alors les caractéristiques de la transformation composée R 2 ◦R1 en terme de
matrices de passage et de quaternions.
302
E.2. COMPOSITION DE ROTATIONS SUCCESSIVES
Il vient alors :
Mat R 2 ◦R1 = Mat R 2 ◦R1 = PB0 →B2 = PB0 →B1 PB1 →B2 (E.2)
B0 , B0 B2 , B2
−
→ R1 −
→ →
− R2 −
→ →
−
X |B0 7−→ Y |B0 = Mat R 1 X |B0 7−→ Z |B0 = Mat R 2 Y |B0 (E.3)
|B0 , B{z
0
} |B0 , B{z
0
}
PB0 →B1 PB0 →B3
→
− →
−
d’où Z |B0 = PB0 →B3 PB0 →B1 X |B0
Dans ce cas, nous avons (on remarquera ici l’ordre inversé par rapport à (E.2)) :
303
ANNEXE E. COMPOSITION DES ROTATIONS
Remarque : tous les quaternions associés aux expressions des vecteurs dans une base
donnée seront ainsi exprimés dans H0 .
Soient R1 = (q10 , r10 , s01 , t01 ) et R2 = (q20 , r20 , s02 , t02 ) les quaternions exprimés dans la base
H0 représentant les rotations R 1 et R 2 définies précédemment.
Si les deux rotations sont effectuées relativement à la base de référence B0 , c’est-à-dire si
les composantes de − →
u1 et de − →
u2 sont exprimées dans B0 , alors on a :
0 0 0 0 θ1 θ1 θ1 θ1
(q1 , r1 , s1 , t1 ) = cos( ), α1 sin( ), β1 sin( ), γ1sin( )
2 2 2 2
0 0 0 0 θ2 θ2 θ2 θ2
(q2 , r2 , s2 , t2 ) = cos( ), α2 sin( ), β2 sin( ), γ2sin( )
2 2 2 2
La composition R 2 ◦R1 est alors donnée par le produit de quaternion R2 R1 . En effet, soit
→
− →
−
S un vecteur , et T son image par la rotation R 2◦R1 . Si l’on note S0 et T0 , les quaternions
→ −
− →
purs de H0 associés à S et T dans la base B0 , on a, par définition, les relations suivantes :
→
− →
− →
−
T = R 2 ◦R1 ( S ) = R 2 R 1 ( S )
T0 = R2 R1 S0 R1 R2 = (R2 R1 ) S0 (R2 R1 )
Dans le cas de rotations successives où chacune d’entre elles s’appuie sur la base courante,
les composantes des vecteurs directeurs − →
ui sont exprimées (généralement) dans la base
courante. Leur expression est ainsi indépendante des autres rotations et souvent très sim-
ple (la plupart du temps, c’est une rotation autour d’un axe principal qui est effectué).
Ainsi, si l’on veut appliquer la relation précédente, il faut exprimer les différents vecteurs
→
−
ui dans la base de référence B0 sachant que leurs composantes dépendraient des rotations
précédentes.
En effet, si les composantes de − →
u2 sont définies par rapport à la base B1 (c’est-à-dire si
304
E.2. COMPOSITION DE ROTATIONS SUCCESSIVES
−
→
u2 |B1 = (α2 , β2 , γ2 ), le quaternion R2 représentant
θ2 θ2 θ2 θ2
la rotation B1 −→ B2 n’a pas comme ex-
pression cos( 2 ), α2 sin( 2 ), β2 sin( 2 ), γ2 sin( 2 ) dans la base de quaternion de référence
H0 . Cette expression est valable dans les bases de quaternions associées à B1 et B2 . On
note alors Q1→2 ce quaternion.
θ2 θ2 θ2 θ2
Q1→2 |H0 = cos( ), α2 sin( ), β2 sin( ), γ2 sin( )
2 2 2 2
De même, on note :
θ1 θ1 θ1 θ1
Q0→1 |H0 = cos( ), α1 sin( ), β1 sin( ), γ1sin( ) = R1
2 2 2 2
Exprimons alors la rotation R 2 ◦R 1 en fonction de Q0→1 et Q1−→2 . Par définition :
−
→ →
−
T |B2 = S |B0
T0 = Qc S0 Qc
→
− →
−
Pour cela, exprimons en terme de quaternions le vecteur T |B0 en fonction de T |B2 .
→
− →
−
On note T1 et T2 les quaternions de H0 associés aux vecteurs T |B1 et T |B2 . L’analogie
avec les matrices de passage permet d’écrire :
−
→ −
→
T |B1 = PB1 →B2 T |B2 T1 = Q1→2 T2 Q1→2
−
→ →
−
T |B0 = PB0 →B1 T |B1 T0 = Q0→1 T1 Q0→1 = R1 T1 R1
d’où T0 = Q0→1 Q1→2 T2 Q0→1 Q1→2
Etant donné que T2 = S0 , on en déduit :
Généralisation
On considère les n rotations R i de vecteurs −
→
ui = (αi , βi , γi ) et d’angle θi . On associe
à chaque rotation R i le quaternion Qi−1→i défini dans la base canonique H0 par
θi θi θi θi
Qi−1→i = cos( ), αi sin( ), βi sin( ), γi sin( )
2 2 2 2
Le produit Qi = Qn−1→n ...Q1→2 Q0→1 représente la composition des n rotations R n ◦
...R 2 ◦R 1 toutes effectuées à partir de la base initiale, c’est-à-dire avec tous les (αi , βi , γi )
exprimés dans B0 .
Le produit Qc = Q0→1 Q1→2 ...Qn−1→n représente quant à lui la composition des n rota-
tions R n ◦...R2 ◦R1 où chaque rotation successive est définie dans la base courante Bi−1 .
Les composantes (αi , βi , γi ) sont alors données dans la base Bi−1 .
305
ANNEXE E. COMPOSITION DES ROTATIONS
Exemple
√ √ √ √ √ √
Soient Q1 = ( 22 , 22 , 0, 0) , Q2 = ( 22 , 0, 22 , 0) et Q3 = ( 22 , 0, 0, 22 ).
Ces 3 quaternions expriment dans leur base d’écriture les 3 rotations d’angles +90˚ et
d’axe respectif −→x,−→
y et −
→z . Exprimés dans la base B0 , ils expriment les 1/4 de tour d’axe
→
− →
− →
−
respectif x0 , y0 et z0 .
Le quaternion Qi = Q3 Q2 Q1 exprime alors la rotation issue de la composition des 1/4
de tour d’axe successif −→
x0 , −
→
y0 et −→
z0 (voir Fig. E.1).
Le quaternion Qc = Q1 Q2 Q3 a pour effet d’effectuer les rotations non plus par rapport
à la base initiale mais par rapport à la base courante. On effectue alors les 1/4 de tour
successivement par rapport à − →
x0 , −
→
y1 et −
→
z2 , comme représenté Fig. E.2.
z0 y1
z0
y0 z1 y0 z2 y3
x0 x1 y2 z3
x2 x3
z0 y1 y2 x3
y0 z1 x2 y3
x0 x1 z2 z3
Figure E.2 – 1/4 de tour d’axes successifs x, y et z par rapport aux bases courantes
306
Annexe F
ijk
k’ Ck k
∆θ ik
ijk θi j’ ijk
Ci ∆θ ij Cj
i j
Figure F.1 – Mouvement et déformation du traingle
L’idée de base est d’attacher à chaque sommet i et pour chaque triangle Tijk connecté à i
un ressort de torsion avec une raideur Ciijk donnée par :
1
Ciijk = (F.1)
sin2 θiijk
Le sinus de θiijk peut être exprimé en fonction des longueurs des segments lij et lik et de
l’aire Aijk du triangle Tijk :
2Aijk
sin θiijk = (F.2)
lij lik
307
ANNEXE F. MISE EN PLACE DES RESSORTS DE TORSION
F.1.1 La cinématique
Premièrement, nous allons déterminer les déplacements angulaires des points du mail-
lage dus au mouvement de la grille. La figure Fig. F.1 montre en traits continus la position
de référence d’un triangle Tijk et en tirets la position du triangle après que ses sommets
j et k se soient déplacés du vecteur q. L’exposant ’ est utilisé pour faire référence à la
configuration déformée. Nous supposerons des petits déplacements et des petites rotations
pour pouvoir linéariser les formules.
ijk
Au sommet i, l’incrément de rotation ∆θik dû au mouvement relatif du sommet k par
rapport au sommet i est donné par :
ijk kξ ik ∧ ξ ik′ k2
sin ∆θik = (F.4)
lik lik′
où ξik = ξ k − ξ i ξ ik′ = ξ k′ − ξ i = ξ ik + qk (F.5)
ijk ijk
Nous supposons des petits déplacements, d’où : sin ∆θik = ∆θik . L’incrément total de
rotation au sommet i s’écrit :
∆θiijk = ∆θiiijk + ∆θijijk + ∆θik
ijk
(F.6)
On peut déterminer l’incrément total de rotation à chaque sommet du triangle Tijk . On
peut écrire les trois relations sous la forme suivante :
∆θ
i
ijk ijk
∆θ = Rijk qijk avec∆θ = ∆θj (F.7)
∆θk
et Rijk est la matrice des coefficients et qijk est le vecteur de déplacement des sommets
du triangle Tijk . Nous détaillerons ultérieurement la matrice Rijk et le vecteur qijk pour
un problème bidimensionel et tridimensionnel.
F.1.2 L’équilibre
Maintenant, nous allons déterminer la contribution des ressorts de torsion aux forces
fictives agissant sur le maillage dynamique. Considérons le triangle Tijk et les ressorts de
torsion attachés à ses sommets. Les moments générés par ses ressorts peuvent être écrits
sous forme matricielle comme :
Mijk = Cijk ∆θ ijk (F.8)
308
F.2. PROBLÈME 2D
M C ijk 0 0
i i
où Mijk = Mj Cijk = 0 Cjijk 0 (F.9)
ijk
Mk 0 0 Ck
A l’aide de l’équation (F.7), on peut écrire les moments sous la forme suivante :
Mijk = [Cijk Rijk ]qijk (F.10)
Nous convertissons maintenant les moments Mijk en un ensemble de forces équivalentes
Fijk ijk
torsion . Cette conversion peut être faite en notant que Ftorsion peut être déduit de M
ijk
F.2 Problème 2D
Nous allons détailler les différents vecteurs et matrices de la section précédente pour
un problème bidimensionnel.
Soit x et y les composantes du vecteur position ξ et u et v les composantes du vecteur
déplacement q.
x u
ξ = q = (F.16)
y v
Nous supposons des petits déplacements et des petits angles de rotation. L’équation (F.4)
s’écrit alors :
ijk
∆θik = aik vk − bik uk (F.17)
xik yik
où aik = 2 bik = 2 (F.18)
lik lik
De façon similaire, au sommet i, l’incrément de rotation ∆θijijk dû au mouvement relatif
du sommet j par rapport au sommet i peut être calculé comme :
∆θijijk = −aij vj + bij uj (F.19)
309
ANNEXE F. MISE EN PLACE DES RESSORTS DE TORSION
xij yij
avec aij = 2
bij = 2
(F.20)
lij lij
Pour déterminer l’incrément total de rotation au sommet i (F.6), il faut calculer l’incré-
ment ∆θiiijk . Par analogie avec les équations (F.19), (F.20), on peut écrire :
∆θiiijk = γvi + βui (F.21)
où γ et β sont deux scalaires à déterminer. Il s’en suit que :
∆θiijk = γvi + βui − aij vj + bij uj + aik vk − bik uk (F.22)
Les deux inconnues γ et β peuvent maintenant être déterminées en déclarant que pour
un mouvement rigide du corps caractérisé par ui = uj = uk = u et vi = vj = vk = v,
l’incrément total de rotation au sommet i doit être nul. Ainsi, γ et β doivent satisfaire :
∀u, v (γ − aij + aik )v + (β + bij − bik )u = 0 (F.23)
Soit : γ − aij + aik = 0 =⇒ γ = aij − aik
(F.24)
β + bij − bik =⇒ β = −bij + bik
En substituant l’équation (F.24) dans l’équation (F.22), on obtient l’expression finale de
l’incrément total de rotation au sommet i :
∆θiijk = (bik − bij )ui + (aij − aik )vi + bij uj − aij vj − bik uk + aik vk (F.25)
Les expressions d’incréments de rotation aux sommets j et k peuvent être déduites de
l’équation (F.25) par permutation cyclique :
∆θjijk = (bji − bjk )uj + (ajk − aji )vj + bjk uk − ajk vk − bji ui + aji vi
(F.26)
∆θkijk = (bkj − bki )uk + (aki − akj )vj + bki ui − aki vi − bkj uj + akj vj
Dans ce cas, la matrice Rijk s’écrit :
b − bij aij − aik bij −aij −bik aik
ik
ijk
R = −bji aji bji − bjk ajk − aji bjk −ajk (F.27)
bki −aki −bkj akj bkj − bki aki − akj
Nous avons donc maintenant tous les éléments pour calculer la matrice de raideur de tor-
sion Kijk
torsion pour déterminer les déplacements q
ijk
.
310
F.3. PROBLÈME 3D
F.3 Problème 3D
Nous allons détailler les differents vecteurs et matrices de la section précédente pour
un problème tridimensionnel.
Soit x, y et z les composantes du vecteur position ξ et u,v et w les composantes du vecteur
déplacement q.
x u
ξ = y q = v (F.28)
z w
L’équation (F.4) s’écrit alors :
ijk
∆θik = aik uk + bik vk + cik wk (F.29)
−yik + zik xik − zik −xik + yik
avec aik = 2
bik = 2
cik = 2
(F.30)
lik lik lik
De façon similaire, au sommet i, l’incrément de rotation ∆θijijk dû au mouvement relatif
du sommet j par rapport au sommet i peut être calculé comme :
∆θiijk = αui + βvi + γwi + aij uj + bij vj + cij wj + aik uk + bik vk + cik wk (F.34)
311
ANNEXE F. MISE EN PLACE DES RESSORTS DE TORSION
∆θjijk = − (aji + ajk )uj − (bji + bjk )vj − (cji + cjk )wj
+ aji ui + bji vi + cji wi + ajk uk + bjk vk + cjk wk
(F.38)
∆θkijk = − (aki + akj )uk − (bki + bkj )vk − (cki + ckj )wk
+ aki ui + bki vi + cki wi + akj uj + bkj vj + ckj wj
Nous avons donc maintenant tous les éléments pour calculer la matrice de raideur de
torsion Kijk ijk
torsion pour déterminer les déplacements q .
312
Annexe G
G.1 Problème
Le calcul du gradient moyen d’une variable Q sur une cellule par une méthode d’in-
tégration de Gauss, avec un chemin d’intégration limité par les faces constitutives de la
cellule (Fig. G.1), fait intervenir la reconstruction de Q sur les faces de la cellule Qf :
Z
−−→ 1 −−→ 1 X
grad(Q) = grad(Q)dV ≃ Qf Sf −→nf (G.1)
V V V f
313
ANNEXE G. GRADIENTS ET RECONSTRUCTIONS CENTRÉES
nf
qf
L l
f+
f−
314
G.2. POINT DE DÉPART
discrète de la discontinuité coı̈ncide avec la donnée des faces. On peut alors approximer
la discontinuité d’une grandeur A par :
[A] , (A)+ − (A)− ≃ Af + − Af − (G.2)
Les conditions de discontinuité imposées sont :
[Q] = a (G.3a)
h −−→ i −→
c grad(Q) = b (G.3b)
où c est une variable connue, a priori discontinue.
Enfin, connaissant a priori le gradient de Q de part et d’autre de la face f , il est possible de
former les deux états limites à gauche, (-) et à droite, (+), en retenant un développement
de Taylor au second ordre :
−→ −−→ −→ −−→
QL ≃ Qf − − Lf .grad(Q)f − QR ≃ Qf + + f [Link](Q)f + (G.4)
Par la suite on confondra Af − avec A− et Af + avec A+ .
−→
Le gradient projeté sur la normale −→ n à la face, orientée selon LR, peut s’introduire à
partir des décompositions suivantes :
−−→ −−→ → →− −−→
−
grad(Q)− .−
→n = β − grad(Q)− . l + − e .grad(Q)−
−−→ −−→ −−→ (G.5a)
grad(Q)+ .−
→n = β + grad(Q)− .− →r +− →
e + .grad(Q)+
... avec la définition des vecteurs −
→
e − et −
→
e+:
→
− →
−
e−,− →
n − β− l −
→
e+,−
→
n − β +−
→
r (G.5b)
→ →
−
Les vecteurs l et −
r sont, respectivement, les vecteurs unitaires des segments [Lf] et [fR] :
−
→ −→
→
− Lf →
− fR
l , − → r , −→ (G.6)
Lf fR
Les coefficients β ± , paramètres libres, sont choisis de telle sorte que les seconds termes
des décompositions précédentes (G.5a) apparaissent comme des projections selon une
direction normale à − →
n :
→
− 1 1
e − .−
→
n = 0 ⇒ β− = →
−
→
−e + .−
→
n = 0 ⇒ β+ = − → (G.7)
−
→n. l n .−
→r
Sur maillage quelconque, ces coefficients β ± étant supérieurs où égaux à 1, on peut donc
qualifier les décompositions précédentes (G.5a) de décompositions sur-relaxées.
On qualifiera les vecteurs − →e de vecteurs explicites dans la mesure où il suffit que le
→ → −
−
maillage soit orthogonal, au sens l = − r =→ n , pour que ces vecteurs soient nuls :
→ −
− →
−n →
−
→ →
− −
l = n ⇒ e = n −− →
− ≡ 0
→n.n→
−
→
− (G.8)
→
− →
− →
− + →
− n →
−
r = n ⇒ e = n −− → ≡ 0
n .−
→n
315
ANNEXE G. GRADIENTS ET RECONSTRUCTIONS CENTRÉES
Compte tenu des décompositions précédentes, les équations (G.4) peuvent s’écrire sous la
forme suivante :
−−→ −−→
QL = Qf − − h− grad(Q)f − .− →n − grad(Q)f − .−
→e− (G.9a)
−−→ −−→
QR = Qf + + h+ grad(Q)f + .− →n − grad(Q)f + .−
→e+ (G.9b)
Le produit des vecteurs − →e ± par les distances h± apparaı̂t fréquemment et, après manip-
ulations, il est bon de les présenter sous cette forme :
→−
− −
→ → − −→ →+
− −→ −→
H , h− − →e − = Lf .− n → n − Lf H , h+ − →
e + = f R.− →
n −→n − f R (G.10)
Une redéfinition utile de ces mêmes vecteurs, plus pratique numériquement que les défi-
nitions de (G.5b), se déduit de (G.10) :
−→ −→
−
→ − →
− Lf −
→ + →
− fR
e = n −−
→→ e = n − −→ (G.11)
Lf .−
n f R.−
→
n
On en profite pour introduire la distance h :
−→ →
h = h− + h+ = LR.−
n (G.12)
Les généralités s’achèvent par l’introduction d’une reconstruction linéaire continue sur la
face, RLC, pour la variable générique (continue) A :
h+ h−
RLC(Af ) = AL + AR (G.13)
h h
Sur maillage quelconque, cette reconstruction n’est que du premier ordre.
Il suffit que le maillage soit orthogonal pour que les termes encadrés soient nuls (se reporter
à la section G.2).
317
ANNEXE G. GRADIENTS ET RECONSTRUCTIONS CENTRÉES
Soit encore :
h+ + −−→ + −
→ h− − −−→
QR − QL = a + +
c grad(Q) . n + −
c grad(Q)− .−
→
n −E (G.22a)
c c
... avec la définition des termes explicites :
−−→ −−→
E , h+ grad(Q)+ .−
→
e + + h− grad(Q)− .−
→
e− (G.22b)
−−→ 1 γ−
c+ grad(Q)+ .−
→
n = (QR − QL − a + E) + bn (G.24a)
γ− + γ+ γ− + γ+
−−→ 1 γ+
c− grad(Q)− .−
→
n = − (QR − QL − a + E) − bn (G.24b)
γ + γ+ γ− + γ+
h− 1 h+ 1
γ− = −
= − γ+ = +
= + (G.24c)
c α c α
318
G.4. GRADIENT DE LA QUANTITÉ SUR LA FACE
L’utilisation de la reconstruction linéaire continue, RLC (G.13), sur la face pour le gra-
dient présent dans le terme explicite conduit à cette proposition :
→+ −
− →
−−→ →
− QR − QL H + H − h+ −−→ h− −−→
grad(Q). n |f = + . grad(Q)L + grad(Q)R (G.28)
h h h h
−+ −
→ → ! +
−−→ QR − QL H + H− h −−→ h− −−→
grad(Q).−
→
n |f = + . grad(Q)L + grad(Q)R (G.29)
h h h h
Il suffit que le maillage soit orthogonal pour que les termes encadrés soient nuls (se reporter
à la section G.2).
319
ANNEXE G. GRADIENTS ET RECONSTRUCTIONS CENTRÉES
Remarque : après quelques manipulations sur les vecteurs explicites, l’équation (G.28)
peut encore s’écrire sous la forme suivante (G.30) où l’on peut reconnaı̂tre une
décomposition sur-relaxée selon [LR], analogue aux décompositions sur-relaxées (G.5a)
entre [Lf] et [fR].
−→ ! +
−−→ →
− QR − Q L →
− LR h −−→ h− −−→
grad(Q). n |f = + n − −→ . grad(Q)L + grad(Q)R (G.30)
h LR.−→
n h h
320
G.5. DISCONTINUITÉ DE TYPE HYDROSTATIQUE
... avec la quantité ρ̂ issue de la définition (G.35b), et le terme explicite E, d’après (G.22b) :
−−→ −−→
E = h+ grad(Q)+ .−
→
e + + h− grad(Q)− .−
→
e− (G.36b)
Le terme explicite défini par l’équation (G.36b) peut être reformulé en faisant apparaı̂tre
−−→
la partie continue (grad(Q)/ρ)f :
−−→ !
+ +−→ + − −−→ −
grad(Q)
E = h ρ e +h ρ e . (G.37)
ρ
f
−−→
De même qu’à la section précédente, si le terme continu (grad(Q)/ρ)f n’est pas disponible,
il peut être approximé linéairement grâce à la reconstruction linéaire continue, RLC (G.13).
On obtient alors la proposition suivante :
−−→ !
grad(Q).−→
n 1 QR − QL
=
ρ ρ̂ h
f
( −−→ ! −−→ ! ) (G.38)
h+ ρ+ −
→
e + + h− ρ− − →
e − h+ grad(Q) h− grad(Q)
+ +
ρ̂h h ρ h ρ
L R
Il suffit que le maillage soit orthogonal pour que les termes encadrés soient nuls (se reporter
à la section G.2).
321
ANNEXE G. GRADIENTS ET RECONSTRUCTIONS CENTRÉES
322
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