Introduction
La valuation ppp-adique est un outil fondamental en théorie des nombres, utilisé pour mesurer
la divisibilité d'un entier nnn par une puissance d'un nombre premier ppp. Elle est une des
bases pour définir les nombres ppp-adiques.
1. Définition de la valuation ppp-adique
La valuation ppp-adique, notée vp(n)v_p(n)vp(n), est définie pour un entier n≠0n \neq 0n=0
de la manière suivante :
vp(n)v_p(n)vp(n) est l'exposant maximal kkk tel que pkp^kpk divise nnn.
En d'autres termes :
o vp(n)=kv_p(n) = kvp(n)=k si n=pk⋅mn = p^k \cdot mn=pk⋅m, où mmm est un
entier premier avec ppp (p∤mp \nmid mp∤m).
Pour n=0n = 0n=0, vp(0)=+∞v_p(0) = +\inftyvp(0)=+∞, car zéro est divisible par toutes les
puissances de ppp.
Exemple :
1. Si n=36n = 36n=36 et p=2p = 2p=2, on a 36=22⋅3236 = 2^2 \cdot 3^236=22⋅32.
Alors, v2(36)=2v_2(36) = 2v2(36)=2.
2. Si n=100n = 100n=100 et p=5p = 5p=5, on a 100=22⋅52100 = 2^2 \cdot
5^2100=22⋅52. Alors, v5(100)=2v_5(100) = 2v5(100)=2.
2. Propriétés de la valuation ppp-adique
La valuation ppp-adique satisfait les propriétés suivantes :
a. Additivité
Pour deux entiers aaa et bbb,
vp(a⋅b)=vp(a)+vp(b).v_p(a \cdot b) = v_p(a) + v_p(b).vp(a⋅b)=vp(a)+vp(b).
Exemple :
Si a=18=2⋅32a = 18 = 2 \cdot 3^2a=18=2⋅32 et b=12=22⋅3b = 12 = 2^2 \cdot 3b=12=22⋅3,
alors v2(a⋅b)=v2(18)+v2(12)=1+2=3v_2(a \cdot b) = v_2(18) + v_2(12) = 1 + 2 = 3v2
(a⋅b)=v2(18)+v2(12)=1+2=3.
b. Division
Pour deux entiers aaa et bbb où b≠0b \neq 0b=0,
vp(ab)=vp(a)−vp(b).v_p\left(\frac{a}{b}\right) = v_p(a) - v_p(b).vp(ba)=vp(a)−vp(b).
Exemple :
Si a=36=22⋅32a = 36 = 2^2 \cdot 3^2a=36=22⋅32 et b=12=22⋅3b = 12 = 2^2 \cdot
3b=12=22⋅3, alors v3(3612)=v3(36)−v3(12)=2−1=1v_3\left(\frac{36}{12}\right) = v_3(36) -
v_3(12) = 2 - 1 = 1v3(1236)=v3(36)−v3(12)=2−1=1.
c. Valeur minimale dans une somme
Pour deux entiers aaa et bbb,
vp(a+b)≥min(vp(a),vp(b)),v_p(a + b) \geq \min(v_p(a), v_p(b)),vp(a+b)≥min(vp(a),vp(b)),
avec égalité si vp(a)≠vp(b)v_p(a) \neq v_p(b)vp(a)=vp(b).
Exemple :
Si a=23⋅5=40a = 2^3 \cdot 5 = 40a=23⋅5=40 et b=22⋅3=12b = 2^2 \cdot 3 = 12b=22⋅3=12,
alors v2(a)=3v_2(a) = 3v2(a)=3 et v2(b)=2v_2(b) = 2v2(b)=2.
v2(a+b)=v2(52)=2v_2(a + b) = v_2(52) = 2v2(a+b)=v2(52)=2, car 52=22⋅1352 = 2^2 \
cdot 1352=22⋅13.
3. Application à la décomposition factorielle
La valuation ppp-adique permet de comprendre la divisibilité d’un entier en termes de ses
facteurs premiers.
Tout entier n>0n > 0n>0 peut être écrit sous forme de décomposition canonique :
⋅p2e2⋅⋯⋅pkek,
n=p1e1⋅p2e2⋅⋯⋅pkek,n = p_1^{e_1} \cdot p_2^{e_2} \cdot \dots \cdot p_k^{e_k},n=p1e1
où p1,p2,…,pkp_1, p_2, \dots, p_kp1,p2,…,pk sont des nombres premiers distincts et e1,e2,
…,eke_1, e_2, \dots, e_ke1,e2,…,ek sont des entiers naturels.
La valuation pip_ipi-adique est simplement vpi(n)=eiv_{p_i}(n) = e_ivpi(n)=ei.
Cela permet d’identifier rapidement les puissances de pip_ipi divisant nnn.
Exemple :
Pour n=360n = 360n=360, la décomposition canonique est 360=23⋅32⋅5360 = 2^3 \cdot 3^2 \
cdot 5360=23⋅32⋅5.
v2(360)=3v_2(360) = 3v2(360)=3,
v3(360)=2v_3(360) = 2v3(360)=2,
v5(360)=1v_5(360) = 1v5(360)=1.
4. Généralisation aux rationnels
La valuation ppp-adique peut être étendue aux nombres rationnels Q\mathbb{Q}Q. Pour un
rationnel x=abx = \frac{a}{b}x=ba (avec a,b∈Za, b \in \mathbb{Z}a,b∈Z et b≠0b \neq
0b=0), on définit :
vp(x)=vp(a)−vp(b).v_p(x) = v_p(a) - v_p(b).vp(x)=vp(a)−vp(b).
Exemple :
Pour x=3625=22⋅3252x = \frac{36}{25} = \frac{2^2 \cdot 3^2}{5^2}x=2536=5222⋅32 :
v2(x)=v2(36)−v2(25)=2−0=2v_2(x) = v_2(36) - v_2(25) = 2 - 0 = 2v2(x)=v2(36)−v2
(25)=2−0=2,
v5(x)=v5(36)−v5(25)=0−2=−2v_5(x) = v_5(36) - v_5(25) = 0 - 2 = -2v5(x)=v5
(36)−v5(25)=0−2=−2.
5. Les normes associées à la valuation ppp-adique
À partir de vp(n)v_p(n)vp(n), on définit une norme ppp-adique sur les nombres rationnels :
∣x∣p=p−vp(x),|x|_p = p^{-v_p(x)},∣x∣p=p−vp(x),
où ∣x∣p|x|_p∣x∣p est la "taille" de xxx selon ppp.
Propriétés de la norme ppp-adique :
1. ∣x⋅y∣p=∣x∣p⋅∣y∣p|x \cdot y|_p = |x|_p \cdot |y|_p∣x⋅y∣p=∣x∣p⋅∣y∣p.
2. ∣x+y∣p≤max(∣x∣p,∣y∣p)|x + y|_p \leq \max(|x|_p, |y|_p)∣x+y∣p≤max(∣x∣p,∣y∣p) (inégalité
ultramétrique).
Exemple :
∣36∣3=3−2=19|36|_3 = 3^{-2} = \frac{1}{9}∣36∣3=3−2=91.
Pour x=36x = 36x=36 et p=3p = 3p=3, on a v3(36)=2v_3(36) = 2v3(36)=2, donc
6. Applications des valuations ppp-adiques
1. Critères de divisibilité : Déterminer combien de fois un nombre n est divisible par
^p.
2. Résolution d’équations diophantiennes : Utilisation des valuations pour exclure
certaines solutions.
3. Théorème de Hensel : Approximations des solutions modulo pkp^kpk pour résoudre
des équations polynomiales.
4. Analyse sur les nombres ppp-adiques : Étudier des séries ou des fonctions sur les
nombres ppp-adiques.
ALGÈBRE
4. Systèmes d’équations non-linéaires
Théorie :
Un système non linéaire comporte au moins une équation qui n’est pas de degré 1. Les
méthodes incluent :
1. Substitution : Réécrire une équation pour exprimer une variable en fonction de
l’autre.
2. Méthode graphique : Tracer les courbes et trouver leurs points d’intersection.
3. Méthode algébrique : Substituer ou factoriser pour simplifier.
Exemple :
Résolvons le système suivant :
x2+y2=25,x+y=7x^2 + y^2 = 25, \quad x + y = 7x2+y2=25,x+y=7
1. De la seconde équation, y=7−xy = 7 - xy=7−x.
2. Substituer dans la première : x2+(7−x)2=25x^2 + (7 - x)^2 = 25x2+(7−x)2=25
3. Résoudre pour xxx et yyy.
5. Polynômes et racines
Théorie :
1. Si P(x)P(x)P(x) est un polynôme de degré nnn, il a nnn racines (réelles ou complexes).
2. Les relations de Vieta connectent les coefficients aux racines :
o Somme des racines : −ba-\frac{b}{a}−ab
o Produit des racines (pour un polynôme de degré 2) : ca\frac{c}{a}ac
Exemple :
Considérons le polynôme P(x)=2x2−5x+3P(x) = 2x^2 - 5x + 3P(x)=2x2−5x+3. Trouvons :
1. La somme des racines.
2. Le produit des racines.
Application :
Si les racines sont α=2\alpha = 2α=2 et β=−3\beta = -3β=−3, construis le polynôme
correspondant P(x)P(x)P(x).