Recrutement et carrière des fonctionnaires en Côte d'Ivoire
Recrutement et carrière des fonctionnaires en Côte d'Ivoire
B. MODES DE RECRUTEMENT
Les fonctionnaires sont recrutés par voie de concours sauf dérogations
prévues par décrets. Le concours demeure donc la voie normale d’accès à la
Fonction Publique. La voie dérogatoire par décret relève de la compétence
exclusive du Président de la République qui tient ce pouvoir de la Constitution.
Après leur admission au concours de recrutement, les impétrants suivent
une formation professionnelle qui les prédestine à devenir des Fonctionnaires.
Le début et la fin de la formation des impétrants sont sanctionnés par un
acte administratif. Il s’agit, en général, de décision ou d’arrêté de mise en
formation et de fin de formation.
Pendant toute cette période l’impétrant n’a pas encore la qualité de
fonctionnaire.
C. LA NOTION DE FONCTIONNAIRE
L’article 1er du Statut Général de la Fonction Publique définit le
fonctionnaire comme toute personne qui, nommée à titre permanent pour
occuper un emploi dans l’Administration Centrale de l’Etat, dans les services
extérieurs qui en dépendent et les établissements publics de l’Etat est titularisée
dans un grade de la hiérarchie Administrative.
Ce Statut ne s'applique pas aux magistrats de l’ordre judiciaire, au
personnel militaire et au personnel de la Sureté Nationale.
Au regard de ce qui précède, quatre éléments caractérisent le
fonctionnaire. Ce sont:
L’occupation d'un emploi administratif ;
La nomination à titre permanent pour occuper un emploi public ;
La titularisation dans un grade de la hiérarchie administrative ;
La soumission au Statut Général de la Fonction Publique.
En définitive, le fonctionnaire est une personne nommée à titre permanent pour
exercer un emploi public, titularisée dans un grade et qui est vis-à-vis de
l’Administration dans une situation statutaire et réglementaire.
Qu'est-ce que cela signifie ?
Selon l’article 6 de la loi portant Statut Général de la Fonction Publique,
« le fonctionnaire est vis-à-vis de l’Administration dans une situation statutaire
et réglementaire ». Cela signifie que la situation juridique du fonctionnaire est
définie, non pas par un contrat comme c’est le cas pour les salariés de droit privé
ou les contractuels de la Fonction Publique, mais par un statut c’est-à-dire un
acte unilatéral des autorités de l’Etat, qui peut être soit une loi, soit un
règlement. Le terme « réglementaire » renvoie à l’idée que cette loi n’est pas le
seul texte qui fixe les règles applicables aux fonctionnaires. Il existe en effet de
nombreux décrets pris en application de ladite loi.
NB : En principe, les emplois de l’Etat et des Etablissements Publics sont
occupés par des fonctionnaires.
Toutefois, par dérogation à ce principe, des agents non fonctionnaires
peuvent être recrutés pour occuper des emplois de la catégorie A, lorsque la
nature des fonctions et des besoins des services le justifient.
Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat pour une durée
déterminée qui ne peut excéder deux (02) ans. Ce contrat n'est renouvelable
qu'une seule fois.
4. Le grade
Le grade est le titre acquis par le fonctionnaire à l’intérieur de sa catégorie et qui
lui donne vocation à occuper un emploi d’un certain niveau, dans sa spécialité et
dans la hiérarchie administrative. Le grade est désigné par une lettre qui est celle
de la catégorie suivie d’un chiffre.
CATEGORIES GRADES (par ordre croissant)
A A3 ; A4 ; A5 ; A6 ; A7
B B1 ; B2 ; B3
C C1 ; C2 ; C3
D D1 ; D2
A chacun des grades correspond une échelle de traitement qui comprend des
classes et des échelons ci-après par ordre croissant:
- La deuxième (2ème) classe comprenant 4 échelons (1er, 2ème, 3ème et 4ème
échelon);
- La première (1ère) classe comprenant 3 échelons (1er, 2ème et 3ème échelon);
- La classe principale comprenant 3 échelons (1er, 2ème et 3ème échelon);
- La classe exceptionnelle comprenant 3 échelons (1er, 2ème et 3ème échelon);
Le tableau ci-dessous retrace la situation d’un fonctionnaire de la catégorie A
grade A4 qui a pris service pour la fois dans l’administration publique le
02janvier 2018
Catégorie GRADE CLASSES ECHELONS INDICES Dates /effet
1 895 02/01/2018
2 940 02/01/2020
2 ème
3 1000 02/01/2022
4 1100 02/01/2024
1 1220 02/01/2026
1 ère 2 1315 02/01/2028
A A4 3 1440 02/01/2030
1 1605 02/01/2032
principale 2 1735 02/01/2034
3 1890 02/01/2036
1 2015 02/01/2038
Exceptionnell
2 2065 02/01/2040
e
3 2095 02/01/2042
5. La titularisation
C’est l’acte administratif qui confère à titre définitif, un grade dans la
hiérarchie administrative. Elle confère au bénéficiaire, les droits attachés à ce
grade par le Statut Général de la Fonction Publique et lui ouvre le droit de
poursuivre sa carrière dans le service public.
Autrement dit, c’est par la titularisation que l’agent peut acquérir la
qualité de fonctionnaire. L’arrêté de titularisation est signé par le ministre de la
fonction publique.
6. L’emploi
C’est la profession exercée par l’agent en fonction d’une qualification
acquise soit suite à une formation initiale, soit suite une formation continue.
Exemples d’emplois : attaché administratif, médecin, secrétaire, instituteur etc.
Les emplois sont créés ou supprimés en fonction des besoins de
l’Administration par décrets en conseil des ministres.
Les emplois sont regroupés en six (6) ensembles de spécialités appelés
familles d’emplois.
Ce sont :
- Les emplois de l’éducation et de la formation ; - Les emplois scientifiques
et techniques ;
- Les emplois à caractère administratif et juridique ;
- Les emplois de production littéraire et artistique ;
- Les emplois des affaires sociales ;
- Les emplois de gestion économique et financière.
NB : Pour retrouver la famille d’emploi d’un emploi donné, il faut se référer au
décret n 2016-1141 du 21 décembre 2016 modifiant et complétant le décret
n°2015-432 du 10 juin 2015 portant classification des grades et emplois dans
l'Administration de l'Etat et dans les Etablissements Publics Nationaux
7. La fonction
C’est la responsabilité, la charge confiée à un fonctionnaire en fonction de son
grade. Exemple de fonction : Chef de service, Directeur, etc.
8. La mutation
C’est le changement de poste de travail à l’intérieur du même organisme
employeur (Ministère ou EPN). Elle peut être prononcée soit d’office à la
discrétion de l’autorité hiérarchique, soit à la demande de l’agent. Elle peut
également s’accompagner d’un changement de résidence ou de localité.
9. La notation
Il est attribué chaque année à tout fonctionnaire en activité ou en détachement,
une note chiffrée suivie d’une appréciation générale, exprimant sa valeur
professionnelle. Elle est prise en compte pour 1’avancement. Les notes chiffrées
varient de 1 à 5 selon la cotation suivante :
NOTES CHIFFREES APPRECIATION
1 Mauvais
2 Insuffisant
3 Bon
4 Très Bon
5 Exceptionnel
La note chiffrée est la synthèse de plusieurs séries d’appréciations portant sur les
points suivants :
Sens de responsabilité et Relations humaines / 20 /20
Sens des responsabilités
Sens du service public
Sens social, sens des relations humaines
Tenue et présentation
Rendement et Aptitudes professionnelles /15 /15
Esprit d’initiative
Connaissances et aptitudes professionnelles
Puissance de travail et rendement
Civisme et intégrité /10 /10
Civisme, intégrité et moralité
Esprit de discipline
Ponctualité et assiduité /05 /05
Total : /50 /50
Note chiffrée : /05 /05
Appréciation du supérieur1 Appréciation du supérieur2
Proposition du supérieur1 Proposition du supérieur2
Remarque :
La note porte sur l’évaluation des services accomplis du 1erjuin de
l’année précédente au 31 mai de l’année en cours.
Le pouvoir de notation appartient au Ministre ou au Directeur de
l’Etablissement dont dépend l’intéressé ou au Préfet.
Les notes 1 et 5 doivent être motivées et faire l’objet d’un rapport spécial
afin de lutter contre la tendance à noter les collaborateurs avec indulgence
excessive ou avec complaisance.
Le fonctionnaire a la possibilité d’introduire une réclamation écrite contre
la note proposée s’il la trouve arbitraire. Dans ce cas, elle est soit remise au
Supérieur hiérarchique ou au Ministre de tutelle dans un délai de huit (08) jours,
à compter de la date de réception dudit bulletin.
Le fonctionnaire doit obligatoirement avoir une copie de son bulletin de
notation au plus tard le 30 septembre de l’année en cours. Passé ce délai, il
dispose d’un mois pour adresser une requête écrite à l’autorité compétente.
Lorsqu’aucune suite n’a été réservée à sa demande, après le délai d’un mois, il
peut dans un délai de quinze (15) jours, saisir directement le Ministre de la
Fonction Publique qui prend alors toutes les mesures appropriées.
La notation se fait actuellement de façon informatique à travers le
Système Intégré de Gestion des Fonctionnaires et Agents de l’Etat (SIGFAE).
Lorsque, de son fait, un fonctionnaire n’a pu être noté dans les délais
réglementaires, l’année considérée n’est pas prise en compte pour son
avancement.
10.L’avancement
C’est la procédure qui permet au fonctionnaire qui a débuté à l’échelon le
plus bas et à la classe la plus basse de l’Administration d’accéder
progressivement aux échelons et aux classes les plus élevés.
L’avancement des fonctionnaires comprend l’avancement d’échelon et
1'avancement de classe.
L’avancement d’échelon est fonction à la fois de l’ancienneté et de la
notation. Il a lieu de façon continue d’un échelon à un autre immédiatement
supérieur tous les deux (02) ans.
Cette durée moyenne de deux ans peut être réduite en faveur des
fonctionnaires particulièrement méritants ou majorée pour les fonctionnaires qui
reçoivent au cours des deux années de référence une note inférieure à 3 sur 5.
Une réduction de trois (03) mois ou de six (06) mois en faveur des
fonctionnaires les mieux notés, sur proposition du Ministre Technique intéressé
après avis de la Commission Administrative Paritaire ;
Une majoration de trois (03) mois ou de six (06) mois pour les
fonctionnaires ayant obtenu une note professionnelle inférieure à 3 sur 5 au
cours de l’une des deux années de référence ;
Une perte du bénéfice de l’avancement pour le fonctionnaire qui reçoit
pour chacune des deux années de référence une note inférieure à 3 sur 5.
L’avancement des fonctionnaires détachés pour exercer les fonctions de
membre du Gouvernement, une fonction publique élective ou un mandat
syndical est prononcé par référence à l’ancienneté moyenne requise pour
l’avancement dans le grade d’origine.
L’avancement d’échelon a comme conséquence une augmentation du
traitement salarial. L’avancement de classe se fait uniquement au choix, au
profit des fonctionnaires inscrits pour leur mérite à un tableau annuel
d’avancement sur avis de la Commission Administrative Paritaire.
[Link] promotion
C’est le passage du fonctionnaire de son grade à un grade immédiatement
supérieur. Elle est faite par voie de concours internes sauf dérogations prévues
par décret. L’acquisition d’un diplôme, d’un titre ou d’une attestation en cours
de carrière n’emporte pas pour le fonctionnaire le droit d’un reclassement
automatiquement dans le grade supérieur.
[Link] mobilité professionnelle
Le fonctionnaire peut changer d’emploi au cours de sa carrière, en
fonction des besoins de l’Administration, de la nécessité d’une reconversion
professionnelle, ou à sa demande. Elle se fait dans la même famille d’emploi.
Le fonctionnaire qui sollicite sa nomination dans un autre emploi de son
grade doit compter au moins cinq (05) années de services effectifs et présenter
une demande écrite au Ministre chargé de la Fonction Publique, avec avis du
Ministre Technique.
En cas de besoin de l’Administration, le ministre chargé de la Fonction
Publique peut autoriser le fonctionnaire comptant moins de cinq années de 20
service effectif à participer à la formation professionnelle adaptée prévue en vue
de sa nomination dans un autre emploi de son grade.
Le fonctionnaire reconnu inapte par le conseil de santé à exercer un
emploi actif peut être nommé à un emploi sédentaire de son grade. Cela sera
possible par un arrêté du ministre de la fonction publique après l’avis de la
commission de réforme.
B. Les positions du fonctionnaire vis-à-vis de l’Administration
Aux termes des dispositions de l’article 38 de la loi N°92-570 du 11 Septembre
1992 portant statut général de la Fonction Publique, tout fonctionnaire est placé
dans l’une des positions suivantes au cours de sa carrière :
l’activité ;
le détachement ;
la disponibilité ;
sous les drapeaux.
1. L’activité
C’est la position normale du fonctionnaire qui, titularisé dans un grade de la
hiérarchie administrative, exerce effectivement les fonctions d’un des emplois
de ce grade. Sont également considérés comme étant en activité, les
fonctionnaires en congé ou en formation ou bénéficiant d’une autorisation ou
d’une permission d’absence avec traitement. Il s’agit des situations assimilées à
l’activité.
2. Le détachement
2.1/ Définition et organismes de détachement
Le détachement est la position du fonctionnaire autorisé à interrompre
temporairement ses fonctions pour exercer un emploi ou un mandat public 21
national ou international, un mandat syndical ou exercer une fonction
ministérielle.
Les cas de détachement :
- auprès d’un établissement public national dans un emploi ouvrant droit à
pension ;
- auprès d’une administration ou établissement public ;
- auprès d’une administration ou une entreprise publique ;
- auprès d’un autre Etat ;
- pour exercer un enseignement ou pour remplir une mission publique à
l’étranger ou dans des organismes internationaux ;
- pour exercer les fonctions de membre du gouvernement ou une fonction
publique élective ou un mandat syndical lorsque la fonction ou le mandat
comporte des obligations incompatibles avec l’exerce normal de l’emploi ;
- auprès d’une entreprise privée après accord du Conseil des Ministres,
pour une période non renouvelable qui ne peut excéder trois (3) ans.
2.2/ Les conditions de détachement
Le détachement est prononcé à la demande du fonctionnaire, ou d’office,
par arrêté du Ministre chargé de la Fonction publique après avis favorable du
Ministre Technique de l’intéressé.
Il est fait droit à la demande du fonctionnaire en cas de détachement pour
l’exercice d’une fonction de membre du gouvernement ou d’un mandat
parlementaire (Assemblée Nationale).
Par ailleurs, le détachement auprès d’un Etat étranger ou organisme
international requiert l’accord préalable du Conseil des Ministres.
Le détachement peut être prononcé d’office, lorsqu’il s’agit d’exercer
auprès d’un établissement public national dans un emploi ouvrant droit à
pension, ou auprès d’une administration ou établissement public, d’une
collectivité territoriale, à condition que le nouvel emploi soit équivalent à
l’ancien.
Le fonctionnaire détaché est soumis aux règles régissant l’emploi pour
lequel il a été détaché à l’exception de toutes dispositions législatives,
règlementaires ou conventionnelles prévoyant le versement d’indemnités de
licenciement ou de fin de carrière.
NB : Le fonctionnaire en détachement perçoit sa rémunération auprès de
l’organisme d’accueil.
Lorsqu’il est mis fin, par arrêté du Ministre chargé de la Fonction
Publique au détachement avant le terme fixé, à la demande de l’organisme
d’accueil, le fonctionnaire continue à être rémunéré par cette structure jusqu’à ce
qu’il soit réaffecté à un poste de travail.
Le fonctionnaire peut demander qu’il soit mis fin à son détachement avant
le terme fixé sauf s’il s’agit d’un détachement d’office. Il cesse d’être rémunéré
s’il ne peut être réintégré immédiatement ; et est maintenu en situation d’attente
jusqu’à ce qu’intervienne sa réintégration.
Dans la position de détachement le fonctionnaire continue à bénéficier de
ses droits à l’avancement et à la retraite.
2.3 / La durée et la cessation du détachement
Il existe deux (02) sortes de détachement :
- le détachement de courte durée ;
- le détachement de longue durée.
Le détachement de courte durée ne peut excéder six (06) mois, ni faire
l’objet d’aucun renouvellement. Toutefois ce délai peut être porté à un (01) an
s’il s’agit d’effectuer une mission d’enseignement à l’étranger.
Dans le cadre du détachement de courte durée le fonctionnaire n’est pas
remplacé dans sa fonction. Au terme de son détachement il réintègre
obligatoirement sa fonction antérieure.
Il fait l’objet d’une appréciation sur son activité qui sera prise en compte
pour la notation. C’est donc l’autorité de son emploi d’origine qui continue de le
noter.
Le détachement de longue durée ne peut excéder cinq (05) années. Il peut
cependant être renouvelé indéfiniment par période de cinq (05) ans. Le
fonctionnaire qui bénéficie d’un détachement de longue durée peut être aussitôt
remplacé dans sa fonction.
Il est noté par l’autorité dont il dépend dans la structure où il est détaché.
Sa fiche de notation est transmise au Ministre Technique intéressé et au Ministre
de la Fonction Publique.
La fin du détachement
Le détachement prend fin lorsque l’agent atteint la limite d’âge de départ
à la retraite de l’emploi d’origine ou applicable à la structure d’accueil.
3/ La disponibilité
Elle est la position du fonctionnaire dont l’activité est suspendue
temporairement, à sa demande, pour des raisons personnelles.
3.1/ Les cas dans lesquels la disponibilité peut être accordée
La disponibilité ne peut être accordée que dans les cas suivants :
- accident ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant: dans ce cas, la
durée de la disponibilité ne peut excéder une (01) année. Elle est renouvelable
une seule fois après avis du Conseil de Santé ;
- pour suivre un conjoint fonctionnaire en service ou affecté à l’étranger
en raison de sa profession : la disponibilité prononcée dans ce cas ne peut
excéder une (01) année. Elle est renouvelable à la demande motivée de
l’intéressé ;
- pour suivre un conjoint non fonctionnaire résidant hors du lieu
d’affectation du fonctionnaire : la durée de la disponibilité dans ce cas est d’une
(01) année renouvelable une seule fois ;
- pour convenances personnelles ; la durée est d’un (01) an renouvelable
une seule fois.
NB :
La disponibilité est prononcée par arrêté du Ministre chargé de la
Fonction Publique, après avis favorable du Ministre Technique.
Le fonctionnaire doit obligatoirement attendre l’intervention de la
décision du Ministre chargé de la Fonction Publique avant de cesser toute
fonction administrative.
Le fonctionnaire placé en position de disponibilité n’a droit à aucune
rémunération. Il perd également ses droits à l’avancement et à la retraite.
Toutefois, la femme fonctionnaire, chef de famille placée en disponibilité
pour accident ou maladie d’un enfant, perçoit la totalité des allocations
familiales.
Le fonctionnaire placé en position de disponibilité doit solliciter sa
réintégration auprès du Ministre chargé de la Fonction Publique, deux (02) mois
au moins avant l’expiration de la période de disponibilité en cours.
Le fonctionnaire qui a formulé une demande de réintégration anticipée est
maintenu en disponibilité jusqu’à la fin de sa période de disponibilité si un poste
ne peut lui être proposé.
4/La position sous les drapeaux
Le fonctionnaire incorporé dans une formation militaire pour y accomplir
son temps de service légal, est placé en position « sous les drapeaux ».
Il perd sa rémunération d’activité et ne perçoit que sa solde militaire. La
période passée sous les drapeaux est prise en compte pour l’avancement et la
retraite.
La situation des fonctionnaires rappelés ou maintenus sous les drapeaux
fait l’objet de dispositions spéciales prévues par décret pris en Conseil des
Ministres.
Remarque:
Si l’activité est considérée comme la position normale du fonctionnaire, le
détachement, la disponibilité et la position sous les drapeaux sont des positions
exceptionnelles parce que le fonctionnaire qui en bénéficie interrompt l’exercice
de son emploi pour se placer dans une nouvelle situation administrative. En
outre, elles sont limitées dans le temps et interdites au fonctionnaire stagiaire à
l’exception de la position sous les drapeaux.
C/La cessation définitive d’activité
La cessation définitive de fonction ou d’activité entraînant la perte de la
qualité de fonctionnaire résulte de la démission, du licenciement, de la
révocation, de l’admission à la retraite et du décès.
En dehors des cas prévus ci-dessus, la cessation définitive de fonction
entrainant la perte de la qualité de fonctionnaire ne peut intervenir qu’en vertu
de dispositions législatives spécifiques de dégagement des cadres, prévoyant les
conditions de préavis et d’indemnisation.
1/ La démission
La démission procède de l’initiative du fonctionnaire de quitter
définitivement l’Administration. Le fonctionnaire doit marquer sa volonté non
équivoque de démissionner par une demande écrite, datée et signée de lui.
La demande de démission ne produit d’effet que si elle est acceptée par
l’autorité investie du pouvoir de nomination. Elle doit faire l’objet d’un acte
réglementaire et prend effet à la date fixée par cette autorité.
La décision de l’autorité compétente doit intervenir dans un délai de deux
(02) mois à compter de la date de réception de la demande par le Ministre
chargé de la Fonction Publique. Passé ce délai, la démission est réputée
acceptée.
La démission régulièrement acceptée est irrévocable et ne peut être
rapportée.
Toutefois, elle ne fait pas obstacle aux poursuites judiciaires qui
pourraient être exercées contre le fonctionnaire, en raison de faits qui n’auraient
été révélés à l’Administration qu’après cette acceptation.
Le fonctionnaire ne doit pas cesser son travail avant la date prévue par
l’Administration. S’il part avant cette date, il se met dans une position
irrégulière vis-à-vis de l’Administration (abandon de poste) et s’expose à une
sanction disciplinaire.
2/ Le licenciement
Le licenciement est une mesure administrative qui met fin aux fonctions
de l’agent de l’Etat pour des motifs non disciplinaires. Le licenciement est
prononcé par le Ministre chargé de la Fonction Publique. Les raisons pouvant
justifié le licenciement sont :
- inaptitude physique ou mentale, après avis du conseil de santé ;
- insuffisance professionnelle notoire après avis de la commission
administrative paritaire et conformément aux dispositions sur la notation des
fonctionnaires ;
- perte de la nationalité ivoirienne.
Le fonctionnaire licencié pour inaptitude physique ou insuffisance
professionnelle notoire reçoit une indemnité dans les conditions fixé par décret
en Conseil des Ministres.
Le fonctionnaire, frappé par cette mesure est admis d’office à la retraite
s’il a acquis droit à pension.
3/ La révocation
La révocation est une sanction disciplinaire qui met fin aux fonctions de
l’agent de l’Etat pour des motifs disciplinaires (sanction du second degré). Elle
est la conséquence d’une faute professionnelle.
En effet, lorsque le fonctionnaire a commis une faute très grave, il est
traduit devant le Conseil de Discipline. Cette procédure peut aboutir à une
sanction de révocation avec ou sans suspension des droits à pension.
Si le fonctionnaire est révoqué sans suspension des droits à pension et s’il
a accompli au moins trente (30) ans de service effectif, une pension lui sera
versée.
Si le fonctionnaire a moins de trente (30) ans de service effectif, il lui est
simplement remboursé les retenues de 8,33% opérées sur son traitement.
4/ La mise à la retraite (la radiation des effectifs)
C’est l’acte par lequel, il est mis normalement fin à la carrière du
fonctionnaire.
C’est le cas du fonctionnaire qui a acquis des droits à pension (15 ans de
service au moins) et qui quitte définitivement le service. La mise à la retraite est
prononcée par arrêté du Ministre chargé de la Fonction Publique soit d’office,
soit à la demande du fonctionnaire.
L’admission d’office à la retraite du fonctionnaire a lieu à la date à
laquelle il atteint la limite d’âge statutaire qui lui est applicable suivant son
grade (60 ans ou 65ans).
60 ans : du grade D1 au grade A3
65 ans : du grade A4 à A7
L’admission à la retraite du fonctionnaire intervient également en cas
d’invalidité ou encore à sa demande (par anticipation).
5/ Le décès du fonctionnaire
Le décès rompt les liens qui unissent le fonctionnaire à l’Administration.
Au décès du fonctionnaire, ses ayants droit peuvent prétendre à la réversion de
pension ainsi qu’au capital décès représentant une année de rémunération du
défunt. S’il n’a pas exercé pendant 15 ans révolus, au lieu de la pension, les
ayants droits auront droit plutôt à un remboursement des 8,33% cotisés par le
fonctionnaire.
Conclusion
Au terme de notre étude, nous retenons qu’avant tout exercice de fonction,
le fonctionnaire subit un processus de recrutement qui aboutit au déroulement de
sa carrière.
Ces deux processus sont indispensables pour la crédibilité de l’administration.
En outre, ils font du fonctionnaire un agent compétent et soumis à une
réglementation.
C’est pourquoi en tant qu’inspecteur d’orientation, nous devons nous approprier
cette réglementation afin d’être efficace dans l’exercice de notre fonction.