Absorption et Stripping en Génie des Procédés
Absorption et Stripping en Génie des Procédés
Enseignant :
Y. ZALIM
Table des matières
1
I- Introduction générale
La purification des matières premières, la séparation des produits désirables des produits
indésirables, le traitement des effluents gazeux et liquides pour l'élimination des composants
toxiques sont certains des problèmes courants fréquemment rencontrés par les ingénieurs
procédés travaillant dans les industries chimiques et les industries connexes.
Certains mélanges peuvent être séparés par des moyens purement mécaniques, par
exemple : séparation des particules en suspension des gaz par des cyclones ou des filtres à
manches ; la séparation des suspensions solides provenant de liquides par filtration,
décantation ou centrifugation ; etc. Mais il existe de nombreux autres mélanges et solutions
dont les composants ne peuvent pas être séparés par des méthodes purement mécaniques,
par exemple : l'élimination de l'ammoniac d'un mélange air-ammoniac, la séparation de
l'hydrogène et de l'azote dans une usine d'ammoniac, l'élimination du dioxyde de carbone et
de l'eau à partir du gaz naturel et ainsi de suite. Dans de tels cas, un groupe d’opérations
basées sur le transfert de matière, c'est-à-dire la capacité de certains composants à se
déplacer à l'échelle moléculaire dans une phase ou d'une phase à l'autre sous l'influence d'un
gradient de concentration, ont été jugés très utiles. L’absorption est un exemple de ces
opérations.
L’absorption, appelé aussi lavage du gaz par solution liquide, est une opération dans laquelle
un liquide set mis en contact avec un mélange gazeux pour dissoudre préférentiellement un
ou plusieurs constituants de mélange gazeux dans le liquide. Parfois, un soluté est récupéré à
partir d’un liquide en mettant un gaz inerte en contact avec le liquide ; cette opération
constitue l’inverse de l’absorption, et elle est appelée Stripping du gaz.
• Le sous-produit gazeux d’une chaudière est lavé par l’eau pour absorber l’ammoniaque
(NH3) et par une huile pour récupérer le Benzène et le Toluène
• Le sulfure d'hydrogène H2S présent dans un gaz de chaudière ou des hydrocarbures
naturelles peuvent être récupéré par absorption dans des solutions alcalines
• Benzène et Toluène sont récupérés à partir de l’huile d’absorption par un stripping à
la vapeur d’eau
Les bases théoriques de l’absorption et du stripping sont les mêmes et évoquent le transfert
d’un ou plusieurs constituant d’une phase (gaz ou liquide) à une autre phase (liquide ou gaz.
Alors, les deux opérations seront traitées ensemble dans ce cours.
Une opération d’absorption gaz-liquide industrielle est, en général, effectuée en continu
dans une colonne verticale où les fluides circulent à contre-courant. Les principaux types de
contacteurs gaz liquide sont :
2
✓ Colonnes à plateau et à garnissage
✓ Colonne à bulles, cuve agitée, jet immergé
✓ Colonnes à film et à pulvérisation, venturi, éjecteur
La colonne à garnissage représente le plus simple et le plus traditionnel des contacteurs
gaz-liquide et ainsi le plus utilisé dans les opérations d’absorption. Dans ce cours seules les
colonnes à garnissage seront traitées.
Sortie du gaz
Entrée du liquide
Garnissage
Entrée du gaz
Sortie du liquide
3
L’absorption se base sur la solubilité des constituants à transférer, d’une part sa solubilité
dans le mélange gazeux initial et d’autre part dans le liquide ou il va être transférer. Le chapitre
suivant traite la solubilité des gaz dans les liquides.
Si une quantité d’un gaz pur est mis en contact avec un liquide relativement non volatil
pendant suffisamment de temps, un équilibre sera établi. La concentration résultante de gaz
dissous dans le liquide est la solubilité du gaz à la température et à la pression du travail. La
figure 2.1 présente la solubilité de certains gaz dans l’eau :
𝑝* : Pression partielle du soluté dans le gaz, mmHg
4
Remarques :
Si un mélange de gaz est mis en contact avec un liquide, dans certaines conditions la
solubilité à l'équilibre de chaque gaz sera indépendante des autres, à condition toutefois que
l'équilibre soit décrit en termes de pressions partielles dans le mélange de gaz. Si tous les
composants du gaz sauf un, sont pratiquement insolubles, leurs concentrations dans le liquide
seront si faibles qu'elles ne pourront pas influer sur la solubilité du composant relativement
soluble, et la généralisation s'applique.
Par exemple, la courbe A (Fig. 2.1) décrira également la solubilité de l'ammoniac dans l'eau
lorsque l'ammoniac est dilué avec de l'air, l'air étant insoluble dans l'eau, à condition que
l'ordonnée de la courbe soit considérée comme la pression partielle de l'ammoniac dans le
mélange de gaz.
Si plusieurs composants du mélange sont sensiblement solubles, la généralisation ne sera
applicable que si les gaz solutés sont indifférents à la nature du liquide, ce qui ne sera le cas
que pour les solutions idéales. Par exemple, un mélange de gaz de propane et de butane se
dissoudra dans une huile de paraffine non volatile indépendamment, car les solutions qui en
résultent sont essentiellement idéales. D'autre part, la présence de méthylamine peut influer
sur la solubilité de l'ammoniac dans l'eau, car les solutions résultantes de ces gaz ne sont pas
idéales. La solubilité d'un gaz sera également influencée par la présence d'un soluté non volatil
dans le liquide, tel qu'une solution de sel dans l'eau, lorsque ces solutions sont non idéales.
5
1- Les forces moyennes d'attraction et de répulsion intermoléculaires dans la solution
restent constantes lors du mélange des constituants
2- Le volume de la solution varie linéairement avec la composition
3- Il n'y a ni absorption ni dégagement de chaleur lors du mélange des constituants. Pour
les gaz se dissolvant dans des liquides, toutefois, ce critère ne devrait pas inclure la
chaleur de condensation du gaz à l'état liquide.
4- La pression de vapeur totale de la solution varie linéairement avec la composition
exprimée en fractions molaires.
En réalité, il n'y a pas de solutions idéales et les mélanges actuels ne considèrent l'idéalité
que comme une limite. L'idéalité exigerait que les molécules des constituants soient similaires
en taille, structure et nature chimique, et l'approche la plus proche d'une telle condition est
peut-être illustrée par les solutions d'isomères optiques de composés organiques. Toutefois,
dans la pratique, de nombreuses solutions sont très proches de solutions idéales que pour des
fins d'ingénierie elles peuvent être considérées idéales. Les membres adjacents ou presque
adjacents d'une série homologue de composés organiques entrent particulièrement dans
cette catégorie. Ainsi, par exemple, des solutions de benzène dans du toluène, d'alcool
éthylique et d'alcool propylique, ou des gaz d'hydrocarbures paraffiniques dans des huiles de
paraffine peuvent normalement être considérées comme des solutions idéales.
Si un mélange gazeux, en équilibre avec une solution liquide idéale, suit la loi des gaz
parfaits ; la pression partielle 𝒑
̅ * d'un soluté gaz A est égale au produit de sa pression de
vapeur p à la même température et de sa fraction molaire dans la solution liquide 𝒙. C'est la
loi de Raoult. (* c’est pour indiquer l’équilibre)
̅∗ = 𝒑. 𝒙
𝒑 (2.1)
La nature du solvant liquide n’est considérée que dans la mesure où elle établit l’idéalité de
la solution ; la solubilité d’un gaz dans une solution idéale est donc toujours la même.
Pour des pressions totales supérieures à celles auxquelles s'applique la loi des gaz parfaits,
la loi de Raoult peut souvent être utilisée en substituant les pressions par les fugacités.
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II-4. Solutions non-idéales
Pour les solutions liquides non idéales, la loi de Raoult donnera des résultats hautement
incorrects. La ligne D (Fig. 2.1), par exemple, est la pression partielle calculée de l'ammoniac
en équilibre avec des solutions d’eau à 10 ° C en supposant que la loi de Raoult soit applicable,
mais on voit clairement que le résultat est incorrect. D'autre part, on voit que la droite E
représente très bien les valeurs de la solubilité de l'ammoniac dans l'eau à 10°C jusqu'à des
fractions molaires de 0,06 dans le liquide. Une telle droite est donnée par une loi appelée la
loi d’HENRY :
̅∗
𝒑
𝒚* = = m. 𝒙 (2.2)
𝒑𝒕
Avec :
m : est une constante
𝑝̅* : la pression partielle du soluté à l’équilibre
pt : pression totale du mélange gazeux
La non applicabilité de la loi de HENRY à des concentrations élevées peut être le résultat
d'interactions chimiques avec le liquide ou de dissociation électrolytique, comme c'est le cas
avec l'ammoniac-eau, ou la non-idéalité en phase gazeuse.
On peut s’attendre à ce que la plupart des gaz respectent la loi d’HENRY pour atteindre des
pressions d’équilibre d’environ 5 x 105 N/m2 (environ 5 atm), bien que, si la solubilité est faible,
comme dans le cas hydrogène-eau, elle peut être respectée à des pressions pouvant atteindre
34 N/m2. Les gaz du type vapeur (qui sont en dessous de leur température critique) suivront
généralement la loi jusqu'à des pressions d'environ 50% de la valeur de saturation à la
température de travail à condition qu'aucune action chimique ne se produise dans le liquide.
Dans tous les cas, m doit être déterminée expérimentalement.
7
1. Solubilité du gaz : La solubilité du gaz doit être élevée, pour augmenter le taux
d'absorption et diminuer la quantité de solvant requise. Généralement, les solvants de
nature chimique similaire à celle du soluté à absorber procurent une bonne solubilité.
Ainsi, les huiles d’hydrocarbures, et non pas l'eau, sont utilisées pour éliminer le
benzène du gaz sous-produit d’une chaudière.
Si une réaction chimique a lieu entre le soluté et le solvant, le taux d'absorption est
généralement très élevé. Mais si le solvant doit être récupéré pour être réutilisé, la
réaction doit être réversible. Par exemple, le sulfure d'hydrogène peut être éliminé des
mélanges de gaz à l'aide de solutions d'éthanolamine, car le sulfure est facilement
absorbé à basse température et facilement éliminé à haute température. La soude
caustique absorbe le sulfure d'hydrogène de manière excellente mais ne le libère pas
lors d'une opération de stripping.
2. Volatilité : Le solvant doit avoir une faible pression de vapeur car le gaz sortant une
opération d'absorption est habituellement saturé de solvant et une grande partie peut
en être perdue. Si nécessaire, un second solvant moins volatil peut être utilisé pour
récupérer la partie évaporée du premier, figure 2.2.
Gaz purifié
Récupération
Entrée du Gaz
Solution
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3. Corrosion : Le solvant non corrosif ou moins corrosif réduit les coûts de construction
l'équipement ainsi que les coûts d'entretien
4. Coût : Le solvant devrait être bon marché, pas cher, de sorte que les pertes seront
insignifiantes et devrait être facilement disponible.
5. Viscosité : Une viscosité assez basse est préférable. Elle donne de grande vitesse
d’absorption, améliore les caractéristiques d’engorgement des colonnes d’absorption,
résulte en des pertes de charge basse et de bonnes caractéristiques de transfert de
matière et de chaleur
6. Autres : Si possible, le solvant doit être non toxique, non-inflammable, chimiquement
stable et avoir un point de congélation bas
La figure 3.1 montre le schéma d’une tour à contre-courant qui peut être soit une tour à
garnissage, soit une tour remplie de tout autres matériaux pour établir un contact liquide-gaz.
Le flux gazeux à n’importe quel point P de la colonne est défini par un débit molaire G
(mol/surface*temps), constitué d’un soluté qui diffuse A d’une fraction y, d’une pression
partielle p et d’un rapport molaire Y, et d’un gaz inerte non transféré de débit molaire Gs
(mol/surface*temps).
9
moles/(temps)(surface)
moles/(temps)(surface)
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Rapport molaire du soluté A dans le gaz à Rapport molaire du soluté A dans le
Y2 la sortie de la colonne (mole de A/mole X2 liquide à l’entrée de la colonne (mole
du solvant gazeux) de A/mole du solvant liquide)
Rapport molaire du soluté A dans le gaz Rapport molaire du soluté A dans le
Y au point P dans la colonne (mole de X liquide au point P dans la colonne
A/mole du solvant gazeux) (mole de A/mole du solvant liquide)
Pression partielle du soluté A à l’entrée
p1
de la colonne
Pression partielle du soluté A à la sortie
p2
de la colonne
pt Pression totale du mélange gazeux
Les relations qui relient les différents paramètres sont les suivantes :
𝑦 𝑝
𝑌= = (3.1)
1 − 𝑦 𝑝𝑡 − 𝑝
𝐺
𝐺𝑠 = 𝐺(1 − 𝑦) = (3.2)
1+𝑌
𝑥
𝑋=
1−𝑥 (3.3)
𝐿
𝐿𝑠 = 𝐿(1 − 𝑥) = (3.4)
1+𝑋
Remarque :
Les débits des solvants gazeux et liquide Gs et Ls reste essentiellement constant à travers
toute la colonne. Alors, il est commode d’exprimer les bilans de matières en ces termes.
Un bilan de matière sur le soluté A dans la partie inférieure de la colonne (enveloppe I figure
3.1) nous donne :
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L’équation (3.5) et (3.6) représente l’équation d’une droite de coordonnées (X, Y) et de
𝐿𝑠
pente et qui passe par le point de coordonnées (X1, Y1). Cette droite est appelée la droite
𝐺𝑠
opératoire (figure 3.2).
La substitution de X par X2 et Y par Y2 montre que cette droite passe par le point (X2, Y2)
pour une colonne d’absorption.
Cette ligne droite indique la relation entre la concentration dans le gaz Y et la
concentration dans le liquide X à n’importe quel point de la colonne.
(bas)
Courbe
Droite opératoire, d’équilibre
Moles soluté /moles solvant dans le
pente Ls/Gs
Courbe
d’équilibre (Haut)
Droite
opératoire,
pente Ls/Gs
gaz
(bas)
Les données de solubilité à l'équilibre pour le soluté gaz dans le solvant liquide peuvent
également être tracées dans le même diagramme, avec les mêmes unités, comme la courbe
MN de la figure 3.2, par exemple. Chaque point de cette courbe représente la concentration
de gaz en équilibre avec le liquide à sa concentration correspondante et à une température
définie.
Remarque :
Pour un absorbeur (transfert de matière du gaz au liquide), la droite opératoire se trouve
toujours au-dessus de la courbe d'équilibre, tandis que pour le cas du stripping (transfert de
matière du liquide vers le gaz), la droite opératoire est toujours en dessous, comme illustré à
la figure 3.2.
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La courbe opératoire est une ligne droite uniquement lorsqu'elle est tracée en fonction des
rapports molaires. En fonction des fractions molaires ou des pressions partielles cette ligne
est courbée (non droite) comme sur la figure 3.3 pour un absorbeur. L’équation de cette
courbe est donnée par :
𝑦1 𝑦 𝑝1 𝑝 𝑥1 𝑥
𝐺𝑠 ( − ) = 𝐺𝑠 ( − ) = 𝐿𝑠 ( − ) (3.7)
1 − 𝑦1 1 − 𝑦 𝑝𝑡 − 𝑝1 𝑝𝑡 − 𝑝 1 − 𝑥1 1 − 𝑥
Courbe d’équilibre
y* = f(x)
Fraction molaire du soluté dans le gaz
Courbe opératoire
Remarque :
La pression total pt est généralement considérée constante à n’importe quel point de la colonne.
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Moles soluté/moles solvant dans le gaz
Pente =
Ls /Gs
Pente =
Ls(min) /Gs
• La courbe d'équilibre est le plus souvent concave vers le haut, et le rapport minimal
liquide-gaz correspond alors à une concentration de liquide de sortie en équilibre avec
le gaz entrant.
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III-3. Bilan de matière pour un écoulement en co-courant
moles/(temps)(surface
moles/(temps)(surface
)
)
Droite opératoire,
pente -Ls/Gs
P
L G
Ls Gs Courbe
X Y d’équilibre
Lorsque le gaz et le liquide s'écoulent à co-courant, comme dans la Fig. 3.5, la droite
opératoire présente une pente négative - Ls / Gs (voir démonstration ci-dessous).
Il n'y a pas de limite au rapport -Ls/Gs, mais une tour infiniment longue produirait une sortie
liquide et gaz en équilibre, comme pour le point (Xe, Ye) de la courbe figure 3.5.
Un bilan de matière sur le soluté A dans la partie supérieure de la colonne (enveloppe J
figure 3.5) nous donne :
𝐿𝑠 (𝑋1 − 𝑋) = 𝐺𝑠 (𝑌 − 𝑌1 ) (3.8)
𝐿𝑠 𝐿𝑠
𝑌=− 𝑋 + (𝑌1 + 𝑋1 ) (3.9)
𝐺𝑠 𝐺𝑠
C’est l’équation de la droite opératoire de pente -Ls/Gs et qui passe par les deux points
(X1,Y1) et (X2,Y2).
Comme déjà vu, si on travaille avec les fractions molaires au lieu des rapports molaires, la
ligne opératoire sera une courbe.
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L’écoulement à co-courant peut être utilisé lorsqu'une colonne suffisamment longue est
construite en deux sections, comme dans la Fig.3.6. La deuxième section opère généralement en
écoulement à co-courant pour économiser sur la conduite de gaz de grand diamètre reliant les deux
colonnes.
Il peut également être utilisé si le gaz à dissoudre dans le liquide est une substance pure, si le
fonctionnement à contre-courant ne présente aucun avantage, ou si une réaction chimique rapide
et irréversible avec le soluté dissous se produit dans le liquide.
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✓ D’augmenter la surface de contact entre les deux phases, et par là, la surface
d’échange par unité de volume de la colonne
✓ D’augmenter le temps de séjour des deux phases dans la colonne et donc leur
durée de contact
✓ De créer un régime turbulent de la phase gaz favorisant ainsi le brassage et
l’homogénéisation local des concentrations
Sortie du gaz
Entrée du liquide
Distributeur du liquide
Colonne
Garnissage en vrac
Redistributeur du liquide
Support du garnissage
Entrée du gaz
Sortie du liquide
• La vitesse du gaz
• La solubilité du soluté dans la solution
• La concentration de l’absorbant dans la solution
• La réactivité éventuelle du gaz avec les constituants du liquide
• La diffusivité du soluté dans la phase gazeuse et de l’absorbant dans la phase
liquide
• La teneur en soluté de la phase gazeuse
• La hauteur de la colonne
Les colonnes à garnissage présentent un grand nombre d’avantage dont on peut citer :
✓ Elles sont moins chères que les colonnes à plateaux, surtout si le diamètre de la
colonne n’est pas trop grand.
✓ Elles sont bien adaptées pour fonctionner dans un environnement acide et corrosif
✓ Comme le liquide est peu agité, il est possible d’utiliser les absorbants qui ont tendance
à mousser
✓ Elles peuvent atteindre une grande efficacité d’absorption pour beaucoup de gaz
✓ La faible rétention du liquide peut être aussi un avantage, principalement si
l’absorbant est sensible à la température
IV.2 Le garnissage
Pour répondre aux exigences de l’opération d’absorption, le garnissage doit avoir certaines
propriétés dont on cite :
o Il doit être chimiquement inerte vis-à-vis des fluides utilisés
o Il doit être assez résistant, mais pas trop lourd
o Il doit contenir des passages adéquats pour les fluides en circulation sans répartition
de liquide ou de pertes excessives
o Il doit permettre un bon contact entre le gaz et le liquide
o Il ne doit pas être trop cher
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Ainsi, un bon garnissage doit présenter :
֍ Une surface par unité de volume suffisamment grande pour offrir une surface de
contact importante entres les deux fluides
֍ Un vide élevé pour permettre le passage à des débits de fluide également importants
sans créer de pertes de charge élevées
Il existe deux types principaux de garnissage, garnissage rempli en vrac « Random » et
garnissage régulier ou systématique « Regular packing ».
a) Garnissage en vrac
Les garnissages en vrac sont simplement déversés dans la colonne lors de l’installation et
laissés tomber d’une façon aléatoire. Dans le passé, des matériaux facilement disponibles tels
que les pierres brisées, du gravier ou des morceaux de coke étaient utilisés comme garnissage.
Mais même s’ils sont très peu coûteux, ils ne sont pas bien appréciés pour des raisons telles
que leur surface réduite et les mauvaises caractéristiques d'écoulement de fluide qu’il
présentent. Les garnissages en vrac les plus utilisés de nos jours sont fabriqués. Les types les
plus courants sont illustrés à la figure 4.2.
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Anneaux Raschig (figure 4.2a)
Ce sont des manchons cylindriques de hauteur égale au diamètre extérieur (dimension
nominale). Le choix du matériau est extrêmement vaste : céramique (grès ou porcelaine),
graphite, métaux et alliages, plastiques et verres. Les dimensions nominales courantes vont
de 6,4 à 102 mm (1/4 à 4 in).
Anneaux Pall (figure 4.2b)
La surface intérieure d’un anneau Raschig se révèle beaucoup moins accessible au
mouillage que sa surface extérieure, d’où l’idée de ménager des fentes transversales dans les
parois en repoussant la matière à l’intérieure. Les anneaux Pall ainsi constitués permettent de
réduire le volume de garnissage à mettre en œuvre, pour une opération donnée, d’environ 30
à 40 %. Ces anneaux, de plus en plus répandus, existent en céramique, métaux et plastiques ;
les dimensions nominales courantes vont de 15,9 à 76 mm (5/8 à 3 in).
Selles de Berl (figure 4.2c)
Ces corps ont une forme dérivée du paraboloïde hyperbolique avec renforcement des
arêtes et adjonction de nervures. Cette forme assure au lit une structure enchevêtrée
provoquant un autoblocage qui diminue la poussée exercée par la charge sur les parois de la
colonne. On constante également une amélioration de l’homogénéité de la fraction de vide.
Le volume à mettre en œuvre pour une opération déterminée est sensiblement de 20 %
inférieur à ce qu’il serait avec des anneaux Raschig. La production, essentiellement en
céramique ou en plastique, s’effectue par moulage. Les dimensions nominales courantes vont
de 6,4 à 76 mm (1/4 à 3 in).
Selles Intalox (figure 1d)
La forme générale de ces corps est celle d’un demi-tore engendré par un demi-cercle dont
la concavité est tournée vers l’extérieur. Leur production, essentiellement en céramique ou
en plastique, peut être obtenue par extrusion. L’emboîtement des selles Intalox est moins
marqué que celui des selles de Berl; c’est à la fois un avantage (meilleure porosité de la charge,
diminution des points de contact générateurs d’angles morts) et un inconvénient (moins
bonne stabilité d’où poussée latérale plus importante). En première approximation, le volume
à mettre en œuvre pour une opération déterminée est le même qu’avec des selles de Berl.
b) Garnissages systématiques
Anneaux ordonnés
Les empilages d’anneaux ordonnés sont souvent utilisés comme premières couches
interposées entre une grille formée de poutres et le garnissage en vrac (figure 4.3). Cette
disposition est particulièrement recommandée pour les colonnes de grand diamètre lorsque
la charge de garnissage est importante ou lorsque les problèmes de corrosion requièrent une
grille briquetée.
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Figure 4.3 : Interposition d’anneaux ordonnés entre une grille
Matelas
Ils sont obtenus par juxtaposition de bandes de tissus métalliques ou plastiques gaufrées.
Les ondes de gaufrage forment des canaux inclinés à 45o parfois simples, plus souvent en
chevrons. Les éléments, de 0,1 à 0,15 m (4 à 6 in) de hauteur, sont cylindriques, d’une seule
pièce pour un diamètre inférieur ou égal à 0,3 m (1 ft), en plusieurs pièces pour des
diamètres supérieurs.
Garnissages structurés
Ce sont des éléments autoporteurs formés de canaux inclinés à 30 ou 45o sur la verticale,
le diamètre hydraulique de ces canaux est variable depuis environ 0,01 m suivant les
produits ; ces canaux peuvent être éventuellement munis de perforations. Ces éléments
sont fournis en acier, en plastique ou en céramique.
La figure 4.4 montre d’autres exemples de garnissage systématique.
d) Grilles de bois
Gaz Liquide
22
Entrée Liquide Entrée Liquide
Garnissage
sec
Garnissage
mouillé
Figure 4.6 : distribution du liquide et mouillage du garnissage Figure 4.7 : distributeur du liquide
En particulier à des vitesses de gaz élevées, le gaz sortant du sommet du garnissage peut
entraîner des gouttelettes de liquide. Les gouttes sont généralement arrêtées par un matelas
dévésiculeur tissé en métal ou en plastique de 0,10 à 0,15 m d’épaisseur solidement maintenu
sur une grille. Les filets gazeux contournent les fils tandis que les gouttes, d’inertie plus élevée,
les heurtent et s’y accrochent. Les gouttes s’agglomèrent sur les fils et s’en détachent dès que
la pesanteur compense les forces capillaires.
Le dévésiculeur est généralement placé à une hauteur égale à un diamètre de colonne, au-
dessus du lit de garnissage.
La détermination de la section d’un dévésiculeur découle conventionnellement du choix
d’une vitesse superficielle de la phase gazeuse G’/ρG fondée sur la formule de Souders et
Brown :
(4.1)
𝐺′
= 𝐾 √(ρ𝐿 − ρ𝐺 )/ρ𝐺
ρ𝐺
23
V- Hydrodynamiques des colonnes à garnissage
∆𝑝 𝑔𝑐 𝜀 3 𝑑𝑝 𝜌𝐺 150(1 − 𝜀) (5.1)
= + 1.75
𝑍 (1 − 𝜀)𝐺′2 𝑅𝑒
Cette équation s'applique aussi bien aux flux gazeux qu’aux flux liquides.
Le terme à gauche de l’équation est un facteur de friction. Ceux de droite représentent les
contributions au facteur de friction.
𝟏𝟓𝟎(𝟏−𝜺)
Le premier terme [ ] est pour un écoulement purement laminaire.
𝑹𝒆
Si ap est la surface spécifique du garnissage (m²/m3 lit fixe). La surface par unité du volume
𝒂𝒑
des grains est .
𝟏−𝜺
Alors :
6(1 − 𝜀)
𝑑𝑝 = (5.2)
𝑎𝑝
Normalement, Ce ne sera pas la même chose que la taille nominale des particules.
Pour des débits de gaz G’ supérieur un peut prêt à 0.7 kg/m².s (500lb/ft².h), le premier terme
à droite de l’équation (5.1), celui du régime laminaire, peut être négligé. Pour un type de
garnissage et une taille de particule donnée, l’équation (5.1) peut être simplifiée par
l’expression empirique suivante :
∆𝑝 𝐺′
= 𝐶𝐷 (5.3)
𝑍 𝜌𝐺
Les valeurs du coefficient CD sont listées par le tableau 5.1.
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Paramètre Désignation SI Unités anglo-saxonnes
∆𝑝 Perte de charge linaire 𝑁/𝑚² 𝑙𝑏/𝑓𝑡²
𝑍 𝑚 𝑓𝑡
Diamètre effectif des grains 𝑚 𝑓𝑡
𝑑𝑝
solides (garnissage)
𝜀 Porosité du lit - -
𝜌𝐺 Masse volumique du gaz 𝑘𝑔/𝑚3 𝑙𝑏/𝑓𝑡 3
𝜌𝐿 Masse volumique du liquide 𝑘𝑔/𝑚3 𝑙𝑏/𝑓𝑡 3
𝐺′ Débit massique du gaz 𝑘𝑔/𝑚2 . 𝑠 𝑙𝑏/𝑓𝑡 2 . ℎ
𝑔𝑐 Facteur de correction des unités 𝑔𝑐 = 1 𝑔𝑐 = 4.18 ∗ 108
𝑅𝑒 Nombre de Reynolds - -
𝜇 Viscosité dynamique 𝑘𝑔/𝑚. 𝑠 𝑐𝑃
Pour la plupart des garnissages en vrac, la perte de charge subie par le gaz est influencée à
la fois par les débits de gaz et de liquide de manière similaire à celle illustrée à la Figure5.2.
La pente de la droite représentant la perte de charge dans le garnissage sec est généralement
comprise entre 1.8 et 2, indiquant un écoulement turbulent pour la plupart des vitesses de gaz.
25
Figure 5.2 : Perte de charge linéique et rétention liquide opératoire dans un garnissage en
fonction de la vitesse massique du gaz 26
✓ A une vitesse de gaz fixe, la perte de charge augmente avec l’augmentation du débit
liquide car, la section de passage libre du gaz est réduite par la présence du liquide.
✓ Dans la région au-dessous de la courbe II, la rétention liquide h0, la quantité d’eau
retenue dans le garnissage, reste constante avec le changement de la vitesse du gaz et
elle augmente avec l’augmentation de la vitesse du liquide
✓ Dans la région entre II et I la rétention liquide augmente rapidement avec la vitesse
du gaz. La section libre du passage du gaz devient plus petite et la perte de charge
augmente rapidement. C’est la zone de charge
✓ Au fur et à mesure que le débit du gaz augmente pour atteindre la courbe I, à un débit
de liquide fixe, le liquide est entrainé par le flux gazeux et le phénomène
d’engorgement se produit. Ainsi la perte de charge augmente d’une façon très rapide
✓ Il n’est pas pratique qu’une colonne à garnissage opère dans les conditions
d’engorgement.
La zone de charge est moins bien connue que la limite d’engorgement et les colonnes à
garnissage industrielles sont généralement dimensionnées pour fonctionner entre 60 et 70 % du
débit gazeux à l’engorgement (ce qui pratiquement correspond à la zone de charge).
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• Par une approche un peu différente, Mersmann arrive à :
𝑎𝑝 𝑑 2
∗ 𝑅𝑒𝐿 (𝐺𝑎𝐿 )−3 ≥ 0.0002 (5.5)
6𝜀
𝑔 𝑑 3 𝜌𝐿2 )
𝐺𝑎𝐿 = (5.7)
𝜇𝐿 ²
g : accélération de la pesanteur : g = 9,81 m/s2
Ces réquisitions établies pour des anneaux Raschig en acier ou en céramique ne semblent pas avoir
été actualisées pour les garnissages actuels en plastique ; en l’absence d’autres informations, il est
prudent de reconduire le minimum de Morris et Jackson (0,000025 m2/s).
Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès contraire. Il ne faut pas avoir un taux de mouillage
supérieur à la valeur estimé par Bugarel qui est de 0,000 2 m2/s.
b) Surface mouillée
Même lorsque la distribution du liquide au-dessus du lit de garnissage est assurée de façon
uniforme et le taux de mouillage compris entre 0,000025 et 0,0002 m2/s, la surface volumique
mouillée aW reste inférieure à la surface volumique géométrique ap (figure 5.3). Avant la zone
de charge, la surface mouillée est :
- Sensiblement indépendante de la vitesse du gaz
- Une fonction croissante du débit de liquide
Onda et coll proposent :
𝑎𝑤 𝛾𝑐 0.75 −0.35
= 1 − exp (−1.45 ( ) (𝑎𝑝 𝑑) (𝐺𝑎𝐿 )0.05 (𝑊𝑒𝐿 )0.2 ) (5.8)
𝑎𝑝 𝛾
𝑑 𝐿′² (5.9)
𝑊𝑒𝐿 =
𝜌𝐿2 𝛾
Avec : 𝛾 (kg.s-2 ou N.m-1 ) tension superficielle du liquide.
𝛾𝑐 (kg.s-2 ou N.m-1 ) valeur caractéristique de la tension superficielle dépendant du
matériau de garnissage (voir tableau ci-dessous)
28
Figure 5.3 : Aire mouillée et aire effective en fonction de la vitesse superficielle du liquide
29
Tableau 5.1 : Caractéristiques des garnissages en vrac
Métal :
0.8 mm epaisseur
Cf 700 390 300 170 155 115
𝜺 0.69 0.84 0.88 0.92
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 774(236) 420(128) 274(83.5) 206(62.7)
1.6 mm epaisseur
Cf 410 290 220 137 110 83 57 32
CD 688 431 485 304 172.9 133.5
𝜺 0.73 0.78 0.85 0.87 0.9 0.92 0.95
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 387(118) 236(71.8) 186(56.7) 162(49.3) 135(41.2) 103(31.4) 68(20.6)
Anneaux Pall
Plastique :
Cf 97 52 40 25 16
CD 207 105.2 61.8 47.5 23.9
𝜺 0.87 0.9 0.91 0.92 0.92
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 341(104) 206(63) 128(39) 102(31) 85(26)
Métal :
Cf 70 48 28 20 16
CD 133.4 95.5 56.6 36.5
𝜺 0.93 0.94 0.95 0.96
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 341(104) 206(63) 128(39) 102(31)
Flexirings :
Cf 78 45 28 22 18
𝜺 0.92 0.94 0.96 0.96 0.97
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 345(105) 213(65) 131(40) 115(35) 92(28)
Hy-pak :
Cf 45 18 15
CD 88.1 28.7 26.6
𝜺 0.96 0.97 0.97
Selles de Berl
Céramique :
Cf 900 240 170 110 65 45
CD 508 295 184
𝜺 0.6 0.63 0.66 0.69 0.75 0.72
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 899(274) 466(142) 269(82) 249(76) 144(44) 105(32)
Selles Intalox
Céramique :
Cf 725 330 200 145 98 52 40 22
CD 399 256 241.5 96.2 71.3 40.6
𝜺 0.75 0.78 0.77 0.775 0.81 0.79
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 984(300) 623(190) 335(102) 256(78) 195(59.5) 118(36)
Palastique :
Cf 33 21 16
CD 96.7 56.5 30.1
𝜺 0.91 0.93 0.94
ap, m²/m3 (ft²/ft3) 207(63) 108(33) 89(27)
30
)1/2
Engorgement
(flooding)
𝐺 𝜌𝐿 − 𝜌𝐺
𝜌𝐺
Perte de charge dans le gaz
𝑋𝑒 = ′ (
𝐿′
(N/m²)/m
𝜌𝐺 (𝜌𝐿 − 𝜌𝐺 ) 𝑔𝑐
𝑌𝑒 =
𝐺′2 𝐶𝑓 𝜇𝐿0.1 𝐽
Figure 5.1 : Engorgement et perte de charge dans les colonnes à garnissage en vrac 31
c) Calcul du diamètre de la colonne
Le mécanisme du calcul du diamètre de la colonne est présenté par les étapes suivantes :
Calcul
𝐿′ 𝜌𝐺
𝑋𝑒 = ′
( )1/2
𝐺 𝜌𝐿 − 𝜌𝐺
Remarque :
𝐷/𝑑 ≥ 12 entre le diamètre de la colonne et le diamètre nominal du garnissage doit être satisfaite
pour éviter la présence d’important vide dans la périphérique de la colonne et ainsi limiter les
écoulement préférentiels du liquide le long des parois.
32
VI- Transfert de matière dans les colonnes garnies
Lorsqu'une tour à garnissage est utilisée de la manière habituelle pour une absorption ou
un stripping à contre-courant, pour le transfert d’un soluté entre le gaz et le liquide, le taux
de transfert du soluté peut être calculé à partir des valeurs mesurées du débit du gaz et du
liquide et des concentrations de soluté dans le flux entrant et sortant.
En raison des difficultés de mesure des concentrations en soluté à l’interface gaz-liquide et
des difficultés de mesure de la surface d’échange entre le gaz et le liquide, le flux de transfert
de matière ne peut pas être mesuré directement. On se contente donc de mesurer la vitesse
de transfert de matière, comme étant le produit du flux de transfert de matière et la surface
interfacial. Cette vitesse de transfert de matière, une fois divisée par le volume du garnissage,
donne le coefficient volumique globaux de transfert de matière, Kx a, Ky a, KG a, KL a, FOG a,FOL
a, etc. avec a est la surface interfaciale par unité de volume de garnissage (m2/m3).
Les coefficients partiels de transfert de matière (kx , ky, FG , FL) et la surface interfaciale a
qui forment ces coefficients volumétriques globaux dépendent différemment des propriétés
du fluide, des débits et du type de garnissage. Les coefficients volumétriques globaux ne sont
donc utiles que pour le dimensionnement de colonnes remplis du même garnissage et opèrent
avec les mêmes produits chimiques aux mêmes débits et concentrations que ceux utilisés lors
des mesures de ces coefficients.
Pour obtenir des coefficients partiels, l’approche générale est de choisir des conditions
expérimentales telles que la résistance au transfert de matière en phase gazeuse soit
négligeable par rapport à celle du liquide. C'est le cas pour l'absorption de gaz très insolubles,
par exemple l'oxygène ou l'hydrogène dans l'eau. Les mesures dans de tels systèmes
conduisent alors à des valeurs de kx a, kL a et FL a, qui peuvent être corrélés en termes de
variables du système. Il n’existe évidemment aucun système d’absorption dans lequel le
soluté est si soluble dans le liquide que la résistance en phase liquide est tout à fait
négligeable. Mais en soustrayant la résistance au liquide connue des résistances globales, il
est possible d’obtenir les coefficients en phase gazeuse ky a, kG a et FG a et ensuite de les
corréler en termes de variables du système.
33
VI.1 Rétention liquide
La rétention liquide désigne le liquide retenu dans la colonne sous forme de films mouillant
le garnissage et de flaques emprisonnées dans les crevasses entre les particules du garnissage.
On constate que la rétention liquide totale Φ𝐿𝑡 est composé de deux parties :
Φ𝐿𝑡 = Φ𝐿𝑜 + Φ𝐿𝑠 (6.1)
Avec :
Φ𝐿𝑡 : Rétention totale
Φ𝐿𝑜 : Rétention opératoire. Constitue le liquide en mouvement continu sur le garnissage. Lors
de l’arrêt du flux de gaz et de liquide, ce liquide s’écoule du garnissage. Cette rétention est
fonction du taux de mouillage
Φ𝐿𝑠 : Rétention statique. Elle est surtout localisée aux points de contact entre les éléments du
garnissage et dans les pores du solide. Cette quantité du liquide est quasi-stagnante, ne quitte
pas la colonne lors de l’arrêt et indépendante du taux de mouillage.
Remarque :
Le liquide de la retenue statique s'équilibre rapidement avec le gaz adjacent, sa surface interfaciale ne
contribue donc pas au transfert de matière.
34
𝜀 : la porosité du lit de garnissage (tableau 5.1)
Φ𝐿𝑡 : rétention liquide total (Equation 6.1)
𝑑𝑠 : diamètre d’une sphère ayant la même surface qu’un élément de garnissage (m)
(tableau 6.1) (noter ds ≠ dp )
𝜇𝐺 : viscosité dynamique du gaz ( 𝑘𝑔/𝑚. 𝑠)
G : débit molaire spécifique du gaz (mol/m².s)
G’ : débit massique spécifique du gaz (kg/m².s)
𝑘𝐺 : coefficient de transfert de matière gazeux (mol/s.m².Pa) (utilisé pour les solutions
diluées)
𝑝𝐵,𝑀 : moyenne logarithmique des pressions partielles du soluté gazeux aux deux extrémités
de la colonne (Pa)
𝐹𝐺 : coefficient de transfert de matière gazeux (mol/s.m²)
𝜇𝐺
𝑆𝑐𝐺 : nombre de Schmidt gazeux 𝑆𝑐𝐺 = 𝜌
𝐺 𝐷𝐺
Les propriétés du fluide doivent être évaluées dans les conditions moyennes du travail entre
l’interface et le gaz.
Le coefficient de transfert de matière coté liquide est donné par :
𝑘𝐿 𝑑𝑠 𝑑𝑠 𝐿′ 0.45
= 25.1 ( ) 𝑆𝑐𝐿 1/2 (6.4)
𝐷𝐿 𝜇𝐿
Vu que les données sur les liquides ont été obtenues à de très faibles concentrations de
soluté, il est possible de convertir 𝑘𝐿 en 𝐹𝐿 par 𝑭𝑳 = 𝒌𝑳 ∗ 𝒄 avec 𝒄 est la masse volumique
molaire du solvant liquide.
Avec :
𝐿′ : débit massique spécifique du liquide (kg/m².s)
𝜇𝐿 : viscosité dynamique du liquide ( 𝑘𝑔/𝑚. 𝑠)
𝑘𝐿 : coefficient de transfert de matière liquide ( 𝑚/𝑠)
𝐷𝐿 : diffusivité liquide (m²/s)
𝜇𝐿
𝑆𝑐𝐿 : nombre de Schmidt gazeux 𝑆𝑐𝐿 = 𝜌
𝐿 𝐷𝐿
35
• Calcul de la porosité opératoire
Pour calculer 𝜀𝐿𝑜 qui figure dans les corrélations de calcul des coefficients de transfert de
matière la rétention liquide totale Φ𝐿𝑡 doit être calculer :
D’après l’équation 6.3 :
𝜀𝐿𝑜 = 𝜀 − Φ𝐿𝑡
𝜀 est la porosité du lit de garnissage donnée par le tableau 5.1
On a aussi d’après l’équation 6.1 :
Φ𝐿𝑡 = Φ𝐿𝑜 + Φ𝐿𝑠
Φ𝐿𝑠 rétention liquide statique est donnée directement par le tableau 6.1.
Φ𝐿𝑜 rétention liquide opératoire est calculé comme suite :
(6.5)
Φ𝐿𝑜 = Φ𝐿𝑜𝑊 ∗ 𝐻
(6.6)
Φ𝐿𝑜𝑊 = Φ𝐿𝑡𝑊 − Φ𝐿𝑠𝑊
Φ𝐿𝑜𝑊 : rétention opératoire en eau (w=water)
Φ𝐿𝑠𝑊 : rétention statique en eau
Φ𝐿𝑡𝑊 : rétention totale en eau
𝐻 : facteur de correction
Les expressions de Φ𝐿𝑜𝑊 , Φ𝐿𝑠𝑊 et 𝐻 sont données par le tableau 5.1.
Dans le tableau 6.1:
𝜇𝐿 : viscosité du liquide kg/m.s
𝜎 : tension superficielle du liquide N/m
𝐿′ : flux massique du liquide kg/m².s
𝜌𝐿 : la masse volumique du liquide kg/m3
36
Tableau 6.1 : la rétention liquide dans le garnissage
Taille
nominale 𝝁𝑳 ,
Garnissage ds, m 𝚽𝑳𝒔 Eau, (températures ordinaires)
kg/m.s
𝑯
mm in
𝛽 = 1.508𝑑𝑠0.376
0.57 0.13
1404𝐿′ 𝜇𝐿 𝜎 0.2817−0.262 log(𝐿′ )
< 0.020 0.413 ( )
Selles de 13 0.5 0.31622 4.23 ∗ 10−3 𝜇 0.04 𝜎 0.55 5.014 ∗ 10−5 𝜌𝐿0.84 (3.24𝐿′ − 1) 0.073
Berl au 25 1 0.0320 𝐿 Φ𝐿𝑠𝑊 =
1.56 0.37
𝑑𝑠 𝜌𝐿 𝑑𝑠1.56
céramique 38 1.5 0.0472
(2.32 ∗ 10−6 )(737.5𝐿′ )𝛽 0.57 0.31
Φ𝐿𝑡𝑊 = 2830𝐿′ 𝜇𝐿 𝜎 0.28177−0.262 log(𝐿′ )
𝑑𝑠2 > 0.020 ( )
𝜌𝐿0.84 (3.24𝐿 ′ 0.413− 1) 0.073
37
• Calcul de la surface interfaciale
Pour le cas d’une absorption ou d’un stripping avec l’eau ou des solutions aqueuses très
diluées, les surfaces interfaciales 𝒂𝑨𝑾 (m2/m3) sont regroupées sous forme de graphe ou
donnée par des expressions empiriques. Tableau 6.2
808 𝐺 ′ 𝑛 𝑝
𝑎𝐴𝑊 = 𝑚( ) 𝐿′ (6.7)
𝜌𝐺 0.5
𝐿′ : flux massique du liquide (kg/m².s)
𝐺 ′ : flux massique du gaz (kg/m².s)
𝜌𝐺 : massa volumique du gaz (kg/m3)
m, n et p sont par le tableau 6.2
Pour le cas d’une absorption ou d’un stripping avec des solutions non aqueuses on a :
Φ𝐿𝑜
𝑎𝐴 = 𝑎𝐴𝑊 (6.8)
Φ𝐿𝑜𝑊
Pour le cas du contact entre un gaz et un liquide pur, l’évaporation par exemple, on a :
Φ𝐿𝑡
𝑎𝑉 = 0.85𝑎𝐴 (6.9)
Φ𝐿𝑜
Φ𝐿𝑡𝑊
𝑎𝑉𝑊 = 0.85𝑎𝐴𝑊 (6.10)
Φ𝐿𝑜𝑊
38
Tableau 6.2 : Surface interfaciale d’absorption et stripping pour les solutions aqueuses
* Seulement pour des débit de gaz G’ < 1.08 kg/m².s (800 lb/ft².h)
39
VI.3 Cinétique de transfert de matière et calcul de la hauteur d’une colonne à
garnissage
Dans les colonnes à garnissage, les fluides sont en contact continu toute au long de leur
passage dans la colonne. Ainsi, la composition du liquide et du gaz change en continu avec la
hauteur du garnissage. Chaque point de la courbe opératoire représente donc des conditions
trouvées à un niveau donné dans la colonne.
a- Coefficients et unité de transfert partiels
Considérons une colonne à garnissage de section droite d'unité (A= 1 m²) Figure 6.1. La
surface interfaciale effective totale pour le transfert de matière résultante de la dispersion du
liquide sur le garnissage par unité de section droite de la colonne est S.
S est définit comme le produit de la surface interfaciale spécifique (a) et la hauteur du
garnissage, ou volume spécifique (volume/unité de section droite), (Z). Pour un volume
différentiel dZ, la surface interfaciale est :
dS= a dZ (6.11)
40
• Cas de solutions diluées et le transfert d’un seul constituant
Le flux de transfert de matière est :
𝑁𝐴 = 𝑘𝑦 (𝑦 − 𝑦𝑖 ) (6.12)
𝑁𝐴 : flux de transfert de matière mol/(surface)(temps)
𝑘𝑦 : coefficient partiel de transfert de matière coté gaz mol/(surface)(temps)
41
Courbe d’équilibre yi=f(xi)
y Pente
yi
x xi
Figure 6.2 : concentration à l’interface à partir de la courbe d’équilibre
𝑁
𝑁𝐴 (𝑁 +𝐴 𝑁 ) − 𝑦𝑖 1 − 𝑦𝑖
𝐴 𝐵
𝑁𝐴 = 𝐹𝐺 𝑙𝑛 = 𝐹𝐺 𝑙𝑛 (6.20)
𝑁𝐴 + 𝑁𝐵 𝑁 1−𝑦
(𝑁 +𝐴 𝑁 ) − 𝑦
𝐴 𝐵
42
𝑍 𝑥1
𝐿 𝑑𝑥 (6.22)
𝑍 = ∫ 𝑑𝑍 = ∫
1−𝑥
0 𝑥2 𝐹𝐿 𝑎(1 − 𝑥) 𝑙𝑛 1 − 𝑥
𝑖
Pour chaque valeur de (𝑥, 𝑦) de la courbe opératoire, une courbe représentant 𝑦𝑖 en fonction de
𝑥𝑖 peut-être tracée. L’intersection de cette courbe avec la courbe d’équilibre fournit le 𝑦𝑖 qui va être
utilisé avec 𝑦 dans la résolution de l’équation (6.21). L’équation (6.21) peut être donc intégrée
graphiquement en représentant la fonction à intégrer en fonction de 𝑦.
On a aussi :
𝑦 − 𝑦𝑖 = (1 − 𝑦𝑖 ) − (1 − 𝑦)
Donc on peut écrire l’équation (6.21) comme suit :
𝑍 𝑦1
𝐺(1 − 𝑦)𝑖𝑀 𝑑𝑦 (6.24)
𝑍 = ∫ 𝑑𝑍 = ∫
0 𝑦2 𝐹𝐺 𝑎(1 − 𝑦) (𝑦 − 𝑦𝑖 )
43
L’équation (6.24) devient donc :
𝑍 𝑦1
𝐺(1 − 𝑦)𝑖𝑀 𝑑𝑦 (6.28)
𝑍 = ∫ 𝑑𝑍 = ∫ = 𝐻𝑡𝐺 ∗ 𝑁𝑡𝐺
0 𝑦2 𝐹𝐺 𝑎(1 − 𝑦) (𝑦 − 𝑦𝑖 )
Remarque :
𝐺
Dans l’équation (6.28) on a pris l’avantage que le rapport 𝐹 est presque constant, ce qui n’est pas
𝐺𝑎
le cas pour 𝐺 et 𝐹𝐺 𝑎, pour le faire sortir de l’intégrale.
44
Les relations ci-dessus ont toutes leurs contreparties en termes de concentrations liquides,
obtenues exactement de la même manière :
𝑍 𝑥1 𝑥1
𝐿 𝑑𝑥 𝐿(1 − 𝑥)𝑖𝑀 𝑑𝑥
𝑍 = ∫ 𝑑𝑍 = ∫ =∫ (6.32)
1−𝑥 𝐹𝐿 𝑎(1 − 𝑥) (𝑥𝑖 − 𝑥)
0 𝑥2 𝐹𝐿 𝑎(1 − 𝑥) 𝑙𝑛 1 − 𝑥 𝑥2
𝑖
𝐿 𝐿 𝐿 (6.34)
𝐻𝑡𝐿 = = =
𝐹𝐿 𝑎 𝑘𝑥 𝑎 (1 − 𝑥)𝑖𝑀 𝑘𝐿 𝑎 𝑐 (1 − 𝑥)𝑖𝑀
𝑥1 𝑥1 (6.35)
(1 − 𝑥)𝑖𝑀 𝑑𝑥 𝑑𝑥 1 1 − 𝑥1
𝑁𝑡𝐿 = ∫ ≈∫ + ln ( )
𝑥2 (1 − 𝑥) (𝑥𝑖 − 𝑥) 𝑥2 (𝑥𝑖 − 𝑥) 2 1 − 𝑥2
Remarque :
Les mêmes valeurs de Z sont obtenues en raisonnant soit coté gaz soit coté liquide.
Pour le cas du stripping on obtient les mêmes formules que celles établies ci-dessus. La force motrice
(𝑦 − 𝑦𝑖 ) et (𝑥𝑖 − 𝑥) qui apparait dans ces formules est négative pour le cas du stripping, mais vu que
𝑥2 > 𝑥1 et 𝑦2 > 𝑦1la hauteur Z calculé est positive.
45
Avec 𝑦 ∗ (ou 𝑌 ∗ ) est la concentration du soluté dans le gaz s’il était en équilibre avec le
liquide de concentration 𝑥 (ou 𝑋), de sorte que (𝑦 − 𝑦 ∗ ) ou (𝑌 − 𝑌 ∗ ) est simplement la
distance verticale entre la droite opératoire et la courbe d’équilibre.
𝑁𝑡𝑂𝐺 est nombre global d’unité de transfert gazeux
𝐻𝑡𝑂𝐺 est la hauteur globale d’unité de transfert gazeux
𝐹𝑂𝐺 , 𝐾𝑦 et 𝐾𝐺 sont les coefficients globaux de transfert de matière coté gaz
(1 − 𝑥 ∗ ) − (1 − 𝑥)
(1 − 𝑥)∗𝑀 = (6.46)
1 − 𝑥∗
𝑙𝑛 1 − 𝑥
Pour des solutions diluées la courbe opératoire également peut être comme une droite
d’équation :
𝐿
𝑦= (𝑥 − 𝑥2 ) + 𝑦2 (6.49)
𝐺
𝐿1 ≃ 𝐿2 = 𝐿 & 𝐺1 ≃ 𝐺2 = 𝐺
L’équation (6.48) et (6.49) nous donne donc :
𝑦 − 𝑦 ∗ = 𝑞𝑥 + 𝑠 (6.50)
46
q et s sont des constantes d’expression :
𝐿 𝐿
𝑞 =𝐺−𝑚 et 𝑠 = (1 − 𝐺 ) 𝑦2 + 𝑟
𝑦1 − 𝑦2
𝑁𝑡𝑂𝐺 = (6.52)
(𝑦 − 𝑦 ∗ )𝑀
(𝑦 − 𝑦 ∗ )𝑀 est la moyenne logarithmique de la différence de concentrations aux extrémités
de la colonne.
Autre forme de cette équation :
𝐺(𝑦1 − 𝑦2 ) = 𝐾𝐺 𝑎𝑍𝑃𝑡 (𝑦 − 𝑦 ∗ )𝑀 (6.53)
47
Figure 6.3 : Nombre d’unité de transfert pour absorption et stripping en
48
fonction du facteur d’absorption
d- Hauteur globale d’unité de transfert
Lorsqu’on utilise les nombres globaux de transfert de matière, les hauteurs globales de transfert de
matière doivent être utilisées :
Dans le cours de transfert de matière, on a démonté que dans le cas ou la courbe d’équilibre est une
droite de pente m (loi d’Henry) la relation entre les coefficients globaux et les coefficients partiels est
la suivante :
1 1 𝑚
= + (6.57)
𝐾𝑦 𝑘𝑦 𝑘𝑥
On trouve donc :
49
Références
50