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Intermédiation et désintermédiation financière

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Intermédiation

rôle d'un intermédiaire dans le


cadre d'une transaction à
caractère économique, financier
ou commercial

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« Intermédiation » est un anglicisme — le mot anglais étant lui-même dérivé du


latin « intermedius » (« qui est entre deux, qui tient le milieu ») — voulant désigner
la présence et le rôle d'un intermédiaire dans le cadre d'une transaction à caractère
économique, financier ou commercial.
La bourse de Milan

L'intermédiation politique désigne la présence et le rôle des corps intermédiaires. La


désintermédiation marque leur déclin.

L'intermédiation
financière

Fonctionnement
Le financement d’une économie peut s’opérer soit par utilisation de ressources
propres ou autofinancement, soit par appel aux fonds extérieurs.

Dans cette dernière hypothèse, l'intermédiation financière désigne le fait qu'une


entreprise ou organisation choisit de faire appel pour son propre compte à des
établissements faisant fonction d'intermédiaire financier (essentiellement des
banques) pour trouver les fonds qui lui sont nécessaires, plutôt que de s'adresser
elle-même en direct aux détenteurs de capitaux (notamment par souscription
d'actions ou d'obligations).

En effet, les agents économiques disposent de deux techniques pour obtenir des
ressources extérieures :
1. émettre des actions et des
obligations sur le marché
financier : il s'agit de
désintermédiation ;
2. emprunter auprès des
intermédiaires bancaires ou
non bancaires : il s'agit
d'intermédiation.
On notera que :

les souscriptions de titres


peuvent aussi s'opérer via des
intermédiaires financiers au
sens large, avec la différence
qu'ils ne font dans ces cas que
rassembler et transmettre les
ordres au lieu d'opérer pour leur
propre compte ;
la technologie de
l’intermédiation suscite la
création d’institutions
financières et leur diversification
pour couvrir les différents
secteurs de l’activité ;
la relation entre la théorie
monétaire et celle des
intermédiaires apparaît au
niveau de la théorie de la
demande de monnaie, cette
demande est liée au patrimoine
et face à l’accroissement de ce
patrimoine les agents
économiques les répartissent en
actif financier monétaire.

La tendance à la
désintermédiation
Les systèmes de financement intermédiaire se trouvent être porteurs d’effets
pervers et de gaspillage de ressources. D’où les tendances en faveur de la
désintermédiation financière, de l’avènement des bourses émergentes. Les
banques peuvent participer au processus comme placier avec des rémunérations
sous forme d'honoraires, mais plus comme banquier de crédit. La disparition du
contrôle des changes et la suppression des compartiments de la finance ont
provoqué une forte croissance de ces activités qui peuvent s'exercer en monnaie
locale ou en devise. Celles-ci promeuvent quatre idées principales nouvelles :

1. l’institution de la bourse
« universelle » ;
2. la libéralisation des crédits et
des taux d’intérêt ;
3. la mise en place des règles de
prudence : l’obligation pour
les banques d’appliquer le
coefficient de solvabilité (le
ratio Cooke) remplacé
aujourd'hui par le ratio
McDonough, ce qui a pu
conduire à développer des
circuits extrabancaires ;
4. la modernisation du cadre
institutionnel par la loi
bancaire (1993).
Ce mouvement a donné lieu à la formalisation de la politique dite des 3D:
« Décloisonnement, Dérèglementation, Désintermédiation ».

La désintermédiation financière1.

Le poids de la finance intermédiée sur l’économie ainsi que son « positionnement


face à l’essor de la finance de marché » peut être synthétiquement mesuré à partir
d’un indicateur qu’on appelle le taux d’intermédiation financière [TIF]2. Il mesure la
part prise par les institutions financières résidentes dans l’ensemble des
financements accordés aux agents résidents non financiers (sociétés non
financières, ménages, organismes à but non lucratif et administrations publiques).
Ce taux peut être calculé au sens étroit ou au sens large. En effet lorsqu’on ne tient
compte que des crédits distribués par les intermédiaires financiers, on parle d’un
taux d’intermédiation au sens étroit, tandis que lorsque les placements de ces
institutions en titres émis par les agents non financiers (actions, obligations, TCN)
sont également pris en compte, il s’agit d’un taux d’intermédiation au sens large. Le
taux d’intermédiation permet donc de savoir si, dans une économie, la finance
indirecte est prédominante ou non.

Par ailleurs, l’une des facettes de la globalisation financière, le vocable


« désintermédiation » financière est un anglicisme. Il a été énoncé par Henri
BOURGUINAT dans le cadre de sa fameuse formule dite la « règle des 3 D », qui
désigne les mouvements de décloisonnement, de désintermédiation et de
dérèglementation qui ont affecté les systèmes financiers des pays industrialisés
dans les années 1980 et 1990. La désintermédiation financière vient de l’anglais
« disintermediation » qui, d’après le Concise Oxford English Dictionary 2008 (CD-
ROM), indique le recul de l’intermédiation bancaire au financement des besoins de
l’économie en faveur du marché. La désintermédiation financière est donc un
« processus qui conduit les agents économiques à déficit de financement [les
entreprises] à réduire leur recours au crédit bancaire et à faire appel directement au
marché financier »3. De ce fait, il y a désintermédiation financière lorsque se produit
une baisse du taux d’intermédiation financière, c’est-à-dire un ralentissement relatif
des activités traditionnelles de financement des banques en faveur du financement
désintermédié.

Cependant, il y a lieu de relever que la désintermédiation financière n’est rien


d’autre que le reflet de la dynamique des modes de financement d’une économie.
On ne peut parler de passage d’une économie à financement intermédié [économie
d’endettement] à une économie à financement désintermédié [économie de
marchés financiers], si et seulement si l’évolution des proportions de ces différents
modes de financement dans la totalité des financements se traduit en faveur du
financement par les marchés (KOLEDA, G., 2008).

Le mode de financement d’une économie peut évoluer dans le temps. Tel est le cas
de la France où le taux d’intermédiation au sens étroit est passé de 70 % en 1978 à
60 % en 1990, 54,2 % en 1994 et à environ 40 % de 2001 à ce jour. Toutefois, en
dépit des évolutions de son taux d’intermédiation au sens strict (désintermédiation
financière), la France n’est pas encore un « pays à financement de marché », car
son TIF au sens large demeure à un niveau supérieur à 50 % (57,8 % en 2009)4.

La désintermédiation financière n’est donc pas synonyme de la disparition de


l’activité d’intermédiation financière, mais plutôt une expression de l’évolution et de
la diversification des modes de financement d’une économie.

L'intermédiation
commerciale
L'intermédiation économique ou intermédiation commerciale pointe le rôle
d'intermédiaire pour faciliter le rapprochement de l'offre et de la demande, par la
mise en relation de plusieurs personnes physiques ou morales ayant des intérêts
complémentaires.

Exemples :
un consommateur avec un projet
d'achat recherche le vendeur du
bien ou service qu'il souhaite
acquérir ;
un employeur pourvoyeur d'un
poste recherche le demandeur
d'emploi ayant les compétences
recherchées par cet employeur.
L'intermédiation commerciale n'est pas un phénomène nouveau (cf le rôle ancien et
traditionnel des courtiers par exemple). Ceux-ci peuvent être particulièrement actifs
sur des marchés comme celui de l'immobilier, de l'assurance, des crédits, des
travaux immobiliers, ou des marchandises.

Les relations commerciales se voient sans cesse affectées par des mouvements
conduisant à des recompositions de la distribution, tantôt en faveur des
intermédiaires, tantôt en leur défaveur. Ainsi :

en faveur de l'intermédiation, la
complexité croissante des
caractéristiques techniques
et/ou tarifaire des produits tend
à revaloriser le rôle de
l'intermédiaire en tant que
conseil à la vente (rôle de
prescription), ou à l'achat (rôle
d'expert-conseil) ;
en défaveur de l'intermédiation,
le regain dont bénéficient les
formules de circuit court
favorisent directement les
producteurs ; en pareil cas, la
valeur ajoutée des
intermédiaires ne ressort plus,
aux yeux des consommateurs. À
la source de cette tendance :
le fait que les offreurs
intègrent de plus en plus
volontiers une forte dose de
service dans leur offre
produit pour la définition
duquel ils souhaitent entrer
en contact direct avec le
demandeur ;
les nouvelles possibilités de
relation directes permises
par l'irruption des
technologies de
l'information qui permettent
des possibilités de
dialogues personnalisés, à
distance, avec la fourniture
en ligne de fonctionnalités
d'illustration, de
documentation, de
conception ou de simulation
(usage de configurateur)
sans précédent ;
la recherche de réduction
des coûts place les
intermédiaires en situation
d'analyse de leurs
ratios(coûts/avantages).

Notes et références

1. Lionel Mavambu Lukombo, Le


financement de
l'entrepreneuriat en
République Démocratique du
Congo: une perspective de la
désintermédiation financière,
mémoire inédit de licence en
sciences économiques et
gestion, Université
Pédagogique Nationale,
Kinshasa, 2018, p. 54, 55
2. Boutiller, M., Bricongne, J.C.,
« « Désintermédiation ou
diversification financière ? Le
cas des pays
développés », », Dalloz,
Revue d’économie politique,
no vol. 121, 2011, p. 547-582
3. BEITONE, A. et al. (2008),
Dictionnaire des sciences
économiques, 2e édition,
Armand Colin, Paris, p. 135
4. Gaudron, P. et Lecarpentier-
Moyal, S., Économie
monétaire et financière (4e
édition), Paris, Economica,
2006, 350 p., p. 262-269

Voir aussi

Articles connexes

Théorie des 3D
(Décloisonnement,
Dérèglementation,
Désintermédiation)
intermédiaire en opérations de
banque et en services de
paiement
Gestion d'actifs P2P

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