Méthodologie.
Dissertation.
On aborde une dissertation comme on aborde une explication de texte, sauf qu’ici tout le
cadre et toute la structure doivent être créés par vous et vous seul. Ce n’est ni plus simple ni
plus compliqué. C’est différent comme exercice. C’est un exercice d’autonomie aussi mais là
la cohérence vient seulement de vous, et non pas de la structure d’un texte. Cela évite le
contresens mais n’épargne pas du tout le hors sujet.
Même stratégie que pour l’explication de texte : on situe les plans, les notions clefs à
mobiliser pour ne rien rater, et les repères pour avoir un traitement efficace.
Par contre, on prend le sujet et on se dit qu’on le démolit pour le faire parler en dépassant
l’évidence. On s’abstient donc de vouloir apporter une réponse rapide à la question qu’on a
sous les yeux. On la déconstruit pour lui donner une ampleur bien plus grande : enjeux et
problèmes.
Pour ce faire on définit les termes, et on voit leurs implications. On cherche alors les
paradoxes qu’ils posent quand on les met ensemble. Ce qui fait que le plus important n’est
pas nécessairement les gros termes qui sautent aux yeux, mais la nature de leur mise en
relation. Exemple : que serais-je sans toi ? Certes je et moi sont importants : on peut se dire
directement : plan ontologique et épistémologique, et moral aussi. Problème d’identité donc
de subjectivité, d’autrui, de conscience, de corps, et donc aussi de liberté. On pense alors au
déterminisme, à la liberté radicale, à la construction du Je par le langage… On se met des
balises pour être pertinent à fond, et pour ne pas être hors sujet pardi.
Après le travail au brouillon de définitions et d’implications un peu bordélique, on fonde ces
problèmes dans des enjeux, alors on cherche des situations dans la réalité qui font que les
problèmes qu’on se posent méritent d’être traités. Exemple : que serais-je sans toi ? Ai-je
besoin d’autrui pour me définir ? certainement que oui. Par le langage, par le besoin de
construire mon corps quand je suis petit. Mais alors je suis dépendant de ceux qui m’aident à
me construire, donc mon moi n’est pas fait par moi. Dans la vie réelle : dois-je correspondre à
ce que mes parents, amis, attendent de moi ? Puis-je être aimé pour ce que je ne suis pas si je
mens à autrui ? Est-ce que je suis sûr de ce que je suis pour imposer cela à mes amis ?
Alors après vous organisez des groupes de questionnements qui se déduisent les uns des
autres, et c’est ainsi que se forme votre plan qui doit toujours être orienté par des
problématiques, et qui poussent toujours les problèmes plus loin.
Ce qui fait que dans le I vous donnez les raisons qui font penser que votre problème est bien
posé, puis vous voyez dans le II les limites et les failles de ces raisons, puis vous proposez un
dépassement : c’est ce qu’on appelle la dialectique.
Rappelez-vous, la dialectique vous impose de toujours réfléchir sous la forme de problème,
de toujours déduire ce qui s’impose de manière parfaitement logique et déductive - et de
réfléchir toujours en trois temps.
Pareillement au cas de l’explication : on cherche du paradoxe, on cherche du problème, et on
fait comme si notre réflexion était le lien entre ce qu’il faut résoudre et ce sur quoi on peut
s’entendre, et sur ce que cela pose comme autres problèmes à solutionner par la suite. Il faut
donc finir sur le point que l’on veut le plus démontrer pour montrer au lecteur qu’on a droit
au chapitre et qu’on peut apporter une pierre à l’édifice de la réflexion.
Formellement :
Introduction :
- paragraphe qui pose les enjeux, les plans, et les termes clefs. Une mise en situation
réelle est toujours pertinente pour montrer que le texte n’est pas là pour parler dans le
vent.
- problématique.
- plan qui justifie votre organisation de pensée.
saut de ligne
Développement : (toujours toujours en trois parties - pour le dépassement)
- I.
- a. 15l.
- b. idem.
- c. idem.
saut de ligne
- II. idem.
- III. idem.
Conclusion.
Un paragraphe comporte 5 points : évocation du problème à traiter et de l’apport de solution -
explication de la solution - justification par argument propre à vous - argument d’autorité
(référence qui vous pousse à aller plus loin) ou exemple de votre choix dans la vie courante -
conclusion/transition.
Adaptez cette méthode et traitez les points dans l’ordre que vous voulez mais ne commencez
jamais par la citation d’auteurs sinon vous allez faire des catalogues et faire comme un
pauvre saint qui ne sait plus vers quelle chapelle se tourner. Il faut être autonome.