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Leçons des sociétés traditionnelles

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Jared Diamond

Le monde
jusqu’à hier
essais
COLLECTION
FOLIO ESSAIS
Jared Diamond

Le monde
jusqu’à hier
Ce que nous apprennent
les sociétés traditionnelles

Traduit de l’anglais (États-Unis)


par Jean-François Sené

Gallimard
Dans la même collection

DE L’INÉGALITÉ PARMI LES SOCIÉTÉS, no 493


EFFONDREMENT, no 513
POURQUOI L’AMOUR EST UN PLAISIR. L’évolution de la
sexualité humaine, no 531
LE TROISIÈME CHIMPANZÉ. Essai sur l’évolution et l’avenir
de l’animal humain, no 546

L’ouvrage a paru originellement sous le titre :


The World until Yesterday.
What Can We Learn from Traditional Societies?
aux Éditions Viking (New York) en 2012.

© Jared Diamond, 2012, all rights reserved.


© Éditions Gallimard, 2013, pour l’édition en langue française.
Couverture : Illustration Emmanuel Polanco.
Jared Diamond est professeur de géographie à l’université
de Californie à Los Angeles. Il est membre de l’Académie
américaine des arts et des sciences ainsi que de la Société
américaine de philosophie.
Pour Meg Taylor,
en remerciement
pour sa longue amitié
et le partage de ses connaissances
sur nos deux mondes
Prologue

À L’AÉROPORT

SCÈNE DANS UN AÉROPORT

30 avril 2006, 7h00 : je suis dans une salle d’enregis-


trement d’un aéroport, agrippé à mon chariot à
bagages, bousculé par une foule d’autres personnes
qui s’enregistrent également pour les premiers vols de
la journée. Scène familière : des centaines de voya-
geurs en files parallèles, portant valises, paquets, sacs
à dos et bébés, et qui s’approchent d’un long comptoir
derrière lequel se tiennent des employés en uniforme
devant leurs écrans d’ordinateur. D’autres personnes
en uniforme sont disséminées dans cette foule :
pilotes et hôtesses, contrôleurs des bagages et deux
policiers noyés dans la masse et n’ayant d’autre mis-
sion que de se montrer. Les agents de contrôle exa-
minent les bagages aux rayons X, les employés des
compagnies aériennes étiquettent les sacs et les baga-
gistes les mettent sur un tapis roulant qui les emporte
vers, espère-t‑on, le bon avion. Le long du mur qui fait
face au comptoir d’enregistrement, des boutiques
vendent journaux et nourriture rapide. Autour de moi
d’autres objets familiers encore, horloges murales,
12 Le monde jusqu’à hier

téléphones, escaliers mécaniques menant au niveau


supérieur et, bien entendu, des avions sur le tar-
mac que l’on aperçoit au-delà des baies vitrées du ter-
minal.
Les employés des compagnies tapotent sur leurs
claviers et regardent les écrans, le tout ponctué par
l’impression de reçus de paiement électronique sur
des terminaux de cartes de crédit. La foule présente le
mélange habituel de bonne humeur, de patience,
d’exaspération, d’attente respectueuse et de cérémo-
nie des adieux aux amis. À mon tour, je présente un
papier (mon itinéraire de vol) à une personne que je
n’ai jamais vue et que je ne reverrai probablement
jamais (une employée à l’enregistrement). Elle me
donne à son tour un bout de papier qui m’autorise à
faire un vol de plusieurs centaines de kilomètres jus-
qu’à un lieu où je ne suis encore jamais allé et dont les
habitants ne me connaissent pas, mais qui malgré
cela toléreront ma venue.
La scène est des plus familières. Toutefois, une des
premières choses qui frappent les quelques voya-
geurs venus des États-Unis, d’Europe ou d’Asie, c’est
qu’à leur exception, toutes les autres personnes sont
originaires de Nouvelle-Guinée. Il est d’autres diffé-
rences que des voyageurs venus d’outre-mer pour-
raient relever : le drapeau national noir, rouge et or
est celui de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui s’orne
d’un paradisier et de la Croix du Sud ; les panneaux
de la compagnie aérienne sur le comptoir indiquent
uniquement des vols d’Air Niugini, et les destinations
sur les écrans ont une consonance exotique : Wape-
namanda, Goroka, Kikori, Kundiawa et Wewak.
L’aéroport où je me trouve est celui de Port Moresby,
capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pour qui-
conque connaît un peu l’histoire de la Nouvelle-
Prologue 13

Guinée — ce qui est mon cas, étant venu ici pour la


première fois en 1964 quand l’Australie adminis-
trait encore le territoire —, la présente scène est tout
à la fois familière, étonnante et émouvante. Je me mets
à la comparer mentalement aux photographies
prises en 1931 par les premiers Australiens à fouler
et « découvrir » les Highlands (Hautes Terres) de
Nouvelle-Guinée grouillant d’un million de villageois
qui utilisaient encore des outils de pierre. Sur ces
clichés, les Highlanders, qui vivaient depuis des millé-
naires dans un isolement relatif avec une connaissance
limitée du monde extérieur, contemplent avec effroi
les premiers Européens. Je regarde les passagers,
employés et pilotes néo-guinéens et je vois en eux les
ancêtres photographiés trois quarts de siècle plus tôt.
Les individus ne sont bien évidemment plus les
mêmes, mais leurs visages sont semblables. Peut-être
même y a-t‑il, à cet instant, parmi eux tous des enfants
ou petits-enfants de ceux qui figurèrent sur les photo-
graphies du « premier contact » 1.
La différence la plus manifeste entre cette scène
d’enregistrement des passagers et les photographies
gravées dans ma mémoire d’un « premier contact »,
est que les Highlanders de Nouvelle-Guinée en 1931
n’étaient vêtus que d’un simple pagne en herbe et
qu’ils portaient des sacs en filet jetés sur l’épaule
et des coiffures de plumes ; en 2006, ils sont vêtus
d’une tenue désormais internationale, chemises, pan-
talons, jupes, shorts et casquettes de base-ball. En une
ou deux générations, ces Highlanders ont appris à
écrire, à employer des ordinateurs et à voyager en
avion. Peut-être certains d’entre eux ont-ils été les pre-
miers de leur tribu à apprendre à lire et à écrire. Ce
gouffre entre générations est symbolisé par deux Néo-
Guinéens dans cette foule, le plus jeune guidant le
14 Le monde jusqu’à hier

plus âgé : le premier, en uniforme de pilote, m’expli-


quera qu’il emmène le second, son grand-père, pour
son premier vol en avion, et le vieil homme aux che-
veux gris paraissait aussi hébété et déconcerté que les
ancêtres sur les clichés de 1931.
Mais un observateur très au fait de l’histoire de la
Nouvelle-Guinée n’aurait pas manqué de noter
d’emblée qu’entre les deux scènes, il est des diffé-
rences autrement plus importantes que les pagnes de
1931 et les tenues occidentales d’aujourd’hui. Les
sociétés des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée en
1931 ne disposaient pas seulement de vêtements
manufacturés et bien évidemment de toutes les tech-
nologies contemporaines, elles étaient dépourvues
d’écriture, monnaie, écoles et gouvernement centra-
lisé. Si les preuves n’en existaient pas, nous aurions
du mal à croire qu’une société sans écriture ait pu en
acquérir la maîtrise en une seule génération.
Le même observateur aurait également noté que
des éléments de cette scène d’aéroport en 2006, très
commune comparée à tous les autres aéroports, dif-
féraient profondément du « premier contact » tel
qu’immortalisé en 1931 par les photographies des
patrouilles australiennes. En 2006 nombre de per-
sonnes âgées aux cheveux grisonnants se pressent
dans le hall en proportion plus forte que dans la
société traditionnelle des Hautes Terres. La foule de
l’aéroport, quoiqu’elle ait pu initialement frapper
par son caractère « homogène » un Occidental sans
expérience préalable des Néo-Guinéens — tous
apparemment semblables par leur peau sombre et
leur chevelure laineuse —, était hétérogène par
d’autres traits physiques : habitants de haute taille à
la barbe rare et au visage étroit des Basses Terres de
la côte sud, Highlanders plus petits, barbus et au
Prologue 15

visage large, îliens et habitants des Basses Terres de


la côte septentrionale aux traits du visage quelque
peu asiatiques. En 1931, il aurait été totalement
impossible de rencontrer réunis au même endroit à
la fois des Highlanders, des habitants des Basses
Terres de la côte sud et de la côte nord ; tout regrou-
pement en Nouvelle-Guinée aurait été bien plus
homogène que cette foule à l’aéroport. Un linguiste
écoutant cette foule aurait discerné des dizaines de
langues appartenant à des familles très différentes :
langues tonales aux mots se distinguant par leur
hauteur de ton comme en chinois, langues austroné-
siennes aux syllabes et consonnes relativement
simples et langues papoues atonales. En 1931, il
aurait rencontré éventuellement réunis des locu-
teurs individuels d’une seule des différentes langues,
mais jamais de locuteurs de dizaines de langues.
Deux langues répandues, l’anglais et le tok pisin
(également connu sous le nom de néo-mélanésien
ou pidgin, le créole anglais), sont utilisées au comp-
toir d’enregistrement en 2006 et dans nombre des
conversations entre passagers, alors qu’en 1931 tous
les échanges dans les Highlands de Nouvelle-Guinée
se faisaient dans des langues locales, chacune d’elles
restant confinée dans une petite zone.
Une autre différence subtile entre les scènes de
1931 et de 2006 est que la foule à l’aéroport compte
quelques Néo-Guinéens présentant un type améri-
cain de corpulence malheureusement banale : des
personnes en surpoids et au « ventre à bière » retom-
bant sur la ceinture. Les photos vieilles de soixante-
quinze ans ne montrent aucun Néo-Guinéen obèse :
ils sont tous maigres et musclés. Les statistiques sani-
taires publiques de la Nouvelle-Guinée témoignent
aujourd’hui d’un nombre croissant de cas de diabète
16 Le monde jusqu’à hier

lié au surpoids, sans parler de cas d’hypertension,


de cardiopathies, d’attaques cérébro-vasculaires et de
cancers, toutes choses inconnues une génération
plus tôt.
Il est un autre caractère distinctif de cette foule
comparée aux groupes de 1931 auquel on ne prêterait
pas attention tant il nous paraît relever de l’évidence
dans le monde moderne : la plupart des gens amas-
sés dans cette salle d’aéroport sont des inconnus
pour chacun, ne se sont jamais vus auparavant ni ne
s’agressent les uns les autres. En 1931, voilà qui eût
été impossible ; alors les rencontres entre inconnus
étaient rares, dangereuses et fort susceptibles de
dégénérer en violences. Et cependant, il y a ces deux
policiers présents, censément pour maintenir l’ordre,
alors même que la foule le maintient d’elle-même, du
seul fait que les passagers savent qu’aucun des autres
inconnus ne va sauter sur lui et qu’ils vivent désor-
mais dans une société comptant davantage encore de
policiers, voire de soldats susceptibles d’intervenir au
cas où une querelle viendrait à tourner mal. En 1931,
il n’existait ni police ni autorité gouvernementale. Les
passagers de cet aéroport jouissent du droit de se
rendre par avion ou par tout autre moyen à Wapena-
manda ou ailleurs en Papouasie-Nouvelle-Guinée
sans autorisation préalable. Aujourd’hui, dans le
monde occidental, nous tenons la liberté de voyager
pour normale, alors que jadis elle était exceptionnelle.
En 1931, aucun Néo-Guinéen né à Goroka ne s’était
rendu à Wapenamanda distant pourtant de 170 kilo-
mètres à l’ouest ; l’idée de voyager de Goroka à Wape-
namanda, sans être tué parce qu’on était inconnu des
autres tribus susceptibles d’être rencontrées dès les
premiers 15 kilomètres était impensable. Et cepen-
dant je viens de parcourir 11 000 kilomètres de Los
Prologue 17

Angeles à Port Moresby, une distance des centaines


de fois supérieure à celle couverte à partir de son lieu
de naissance par n’importe quel habitant des High-
lands de Nouvelle-Guinée au cours de sa vie entière.
Toutes ces différences entre les foules de 1931 et
de 2006, je les résumerai en ces termes : au cours des
soixante-quinze dernières années la population des
Highlands de Nouvelle-Guinée a parcouru en un
éclair des changements qui prirent des millénaires à
se produire dans une grande partie du reste du
monde. Pour les habitants ces changements ont été,
à titre individuel, encore plus rapides : certains de
mes amis néo-guinéens m’ont dit avoir fabriqué les
derniers outils en pierre et participé aux dernières
batailles entre tribus à peine une décennie avant
notre rencontre. Aujourd’hui, les citoyens des États
industriels trouvent à ce point normales les caracté-
ristiques de la scène de 2006 qu’il leur paraît impos-
sible qu’il pût en aller différemment : le métal,
l’écriture, les machines, les avions, la police et le gou-
vernement, les personnes en surpoids, le fait de ren-
contrer des inconnus sans en nourrir de crainte, les
populations hétérogènes, etc. Or tous ces traits des
sociétés humaines contemporaines sont relativement
nouveaux dans l’histoire des hommes. Pour l’essen-
tiel, au cours des six millions d’années qui ont suivi
la séparation des lignes évolutives de l’homme et du
chimpanzé originels, les sociétés humaines n’ont
connu ni le métal ni toutes ces autres choses. Ces
caractéristiques modernes n’ont commencé à appa-
raître que dans les dernières 11 000 années et seule-
ment dans certaines zones du monde.
Ainsi, la Nouvelle-Guinée 2 est, à certains égards,
une fenêtre ouverte sur l’humanité telle qu’elle était
hier encore, comparée aux six millions d’années de
18 Le monde jusqu’à hier

l’échelle de l’évolution de l’Homme. (Je tiens à souli-


gner l’expression « à certains égards » car les Hautes
Terres de Nouvelle-Guinée en 1931 n’étaient évidem-
ment pas un monde d’hier inchangé.) Tous les chan-
gements qui survinrent dans les Highlands au cours
des soixante-quinze dernières années ont également
touché d’autres sociétés dans le monde, mais dans
une grande partie du reste du monde ils étaient adve-
nus plus tôt et plus graduellement qu’en Nouvelle-
Guinée. Cependant, le terme « graduel » doit être pris
de façon relative : même dans les sociétés où ces
modifications sont apparues en premier, leur chrono-
logie couvre moins de 11 000 ans, ce qui est dérisoire
comparé à six millions d’années. Nos sociétés ont
donc connu récemment et rapidement de profondes
évolutions.

POURQUOI ÉTUDIER
LES SOCIÉTÉS TRADITIONNELLES ?

D’où vient notre actuelle fascination pour les socié-


tés traditionnelles ?
Par sociétés « traditionnelles » ou « de petite taille »,
termes que j’emploierai dans ce livre, j’entends des
sociétés passées ou présentes qui vivent en groupes
de faible densité de population (allant de quelques
dizaines à quelques milliers d’individus), subsistent
de la chasse et de la cueillette, de la culture ou de
l’élevage, et que les contacts avec les grandes sociétés
industrielles occidentalisées ont transformées de
façon limitée. En réalité, les sociétés traditionnelles
de ce type qui existent encore de nos jours ont été en
Prologue 19

partie modifiées par les contacts et pourraient plutôt


être décrites comme « transitionnelles » plutôt que
« traditionnelles », n’était le fait fondamental qu’elles
conservent encore nombre de traits et de processus
sociaux des petites sociétés du passé. J’oppose les
sociétés traditionnelles de petite taille aux sociétés
« occidentalisées », c’est‑à-dire à ces grandes sociétés
industrielles modernes dirigées par des gouverne-
ments étatiques et que les lecteurs de cet ouvrage
connaissent puisque, pour l’essentiel, ils y vivent. On
les qualifie d’« occidentalisées » parce que certains
traits importants de ces sociétés (comme la Révolu-
tion industrielle et la santé publique) apparurent en
Europe occidentale aux XVIII e et XIX e siècles et se
répandirent de là vers de nombreux autres pays
d’outre-mer.

Notre fascination pour ces sociétés « tradition-


nelles » vient en partie de notre besoin de connaître
des gens qui nous sont si semblables et si compré-
hensibles par certains côtés, si différents et si diffi-
ciles à saisir à d’autres titres. Quand, à vingt-six ans,
je suis arrivé pour la première fois en Nouvelle-
Guinée en 1964, j’ai été frappé par l’exotisme de ses
habitants : ils ne ressemblaient pas aux Américains,
parlaient des langues différentes, se vêtaient et se
comportaient autrement. Mais dans les décennies
suivantes, au cours de dizaines de visites de un à
cinq mois dans de nombreuses régions de Nouvelle-
Guinée et sur les îles voisines, ce sentiment d’exo-
tisme prédominant fit place à un sentiment d’un par-
tage en commun à mesure que je commençais à
mieux connaître des Néo-Guinéens à titre individuel :
nous avions de longues conversations, riions des
mêmes plaisanteries, partagions le même intérêt
20 Le monde jusqu’à hier

pour les enfants, le sexe, la nourriture et le sport, et


connaissions ensemble des moments de colère, de
peur, de chagrin, de soulagement ou de joie. Même
leurs langues sont des variantes de thèmes linguis-
tiques familiers dans le monde entier ; ainsi, bien
que le foré, première langue néo-guinéenne que j’ai
apprise, soit sans relation avec les langues indo-
européennes et ait donc un vocabulaire complète-
ment inconnu pour moi, il conjugue les verbes de
façon complexe comme l’allemand, a des pronoms
duels comme le slovène, des postpositions comme
le finnois et trois adverbes démonstratifs (« ici »,
« là » et « là-bas ») comme le latin.
Toutes ces similitudes m’ont conduit à penser à
tort, après mon sentiment initial d’exotisme, que « les
gens sont fondamentalement les mêmes partout ».
Mais non, en suis-je arrivé finalement à comprendre,
nous ne sommes pas tous semblables : beaucoup de
mes amis néo-guinéens comptent de façon différente
(par évaluation visuelle et non en employant des
nombres abstraits), choisissent leurs épouses ou leurs
époux de manière autre, traitent leurs parents et leurs
enfants différemment, perçoivent le danger autrement
et se font une conception particulière de l’amitié. Ce
mélange trompeur de similitudes et de différences fait
partie de ce qui rend les sociétés traditionnelles fasci-
nantes aux yeux d’un étranger.
Mais il est une autre raison à l’intérêt et à l’impor-
tance que nous accordons aux sociétés tradition-
nelles : en effet, elles conservent des traits de la façon
dont vécurent nos ancêtres pendant des dizaines de
millénaires, jusqu’à hier quasiment. Les modes de vie
traditionnels sont ce qui nous a façonnés et ont fait
de nous ce que nous sommes aujourd’hui. La transi-
tion de la chasse-cueillette à la culture n’a commencé
DU MÊME AUTEUR

Aux Éditions Gallimard


POURQUOI L’AMOUR EST UN PLAISIR. L’évolution de la
sexualité humaine, Hachette Littérature, 1999 ; Gallimard, coll.
Folio Essais no 531, 2010.
DE L’INÉGALITÉ PARMI LES SOCIÉTÉS. Essai sur l’homme
et l’environnement dans l’histoire, Gallimard, coll. NRF Essais,
2000 ; coll. Folio Essais no 493, 2007.
LE TROISIÈME CHIMPANZÉ. Essai sur l’évolution et l’avenir
de l’animal humain, Gallimard, coll. NRF Essais, 2000 ; coll.
Folio Essais no 546, 2009.
EFFONDREMENT. Comment les sociétés décident de leur dispa-
rition ou de leur survie, Gallimard, coll. NRF Essais, 2006 ; coll.
Folio Essais no 513, 2009.

Chez d’autres éditeurs


INVENTER POUR LE XXI e SIÈCLE (avec André Velter, Pierre
Rabhi et Sylvain Tesson), Alternatives, 2011.
Le monde jusqu’à hier
Jared Diamond

Cette édition électronique du livre


Le monde jusqu’à hier de Jared Diamond
a été réalisée le 15 décembre 2014 par les Éditions Gallimard.
Elle repose sur l’édition papier du même ouvrage,
(ISBN : 9782070462599 – Numéro d’édition : 274601).
Code Sodis : N66627 – ISBN : 9782072576362.
Numéro d’édition : 274602.

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