Chapitre 3 :
I-Les réactions d’oxydoréduction
Attribuer les nombres d’oxydations aux différents éléments d’un
composé.
Distinguer une réaction d’oxydoréduction.
Décrire les différents termes en lien avec les réactions
d’oxydoréduction.
Déterminer la réaction spontanée entre deux couples oxred.
Équilibrer les équations d’oxydoréduction.
Nous avons rencontré deux types de réactions qui peuvent se
produire lorsque deux solutions d’électrolytes sont mélangées : la
précipitation, dans laquelle deux composés ionique échangent des
ions, et la neutralisation acide-base, dans laquelle un proton est
transféré d’un acide à une base. Dans ce chapitre, nous nous
intéressons aux réactions d’oxydoréduction (ou réactions
oxred).
1
Réaction d’oxydoréduction
Réaction chimique dans laquelle des électrons sont transférés d’un
réactif à un autre.
Nous avons vu que de nombreuses substances sont des composés
ioniques. Le chlorure de sodium, par exemple, peut être obtenu
par la réaction du sodium élémentaire et du dichlore :
2Na(s)+Cl2(g)⟶2NaCl(s)
Ca(s)+Br2(g)⟶CaBr2(s)
Dans cette réaction, le sodium solide (Na), qui contient des atomes
de sodium neutres, réagit avec le dichlore, formé de molécules
diatomiques (Cl2) neutres, pour former le solide ionique NaCl, qui
contient les ions Na+ et Cl-. De même, lorsque le calcium
élémentaire réagit avec le dibrome il former le solide ionique
CaBr2, qui contient les ions Ca2+ et Br-
2
De telles réactions, dans lesquelles un ou plusieurs électrons sont
transférés, sont des exemples de réaction d’oxydoréduction.
1 Le nombre d’oxydation
Comment savoir si l’on est en présence d’une réaction
d’oxydoréduction ? Le nombre d’oxydation, ou état d’oxydation,
permet de suivre les électrons dans une réaction
d’oxydoréduction.
Nombre d’oxydation
Le nombre d’oxydation est la charge électrique fictive qu’aurait
un atome si les électrons de liaison étaient attribués à l’atome le
plus électronégatif.
Le nombre d’oxydation représente le nombre d’électrons que
possède un atome dans un composé. Les nombres d’oxydation
sont représentés par des nombres entiers, qui peuvent être positifs,
négatifs ou nuls. Dans certains cas, l’état d’oxydation peut être
une fraction, car il résulte d’une moyenne.
3
Prenons par exemple les composés covalents suivants :
Table 1: Exemples de nombres d’oxydation.
1.1 Attribuer les nombres d’oxydation
L’application d’une série de règles simples permet d’attribuer les
états d’oxydation des atomes de la plupart des composés.
4
Table 2: Règles pour l’attribution des nombres d’oxydation.
Règle Exemple NO
Un atome l’état élémentaire a
Na, Fe, O2, Cl2 0
un nombre d’oxydation de 0.
Un ion monatomique a un nombre
d’oxydation égal à sa charge.
Na+, Ca2+, Al3+ +1,+2,+3
L’hydrogène a généralement
toujours, sauf
un NO de +1 dans ses +1
hydrures (H-)
composés
L’oxygène a généralement
toujours, sauf
un NO de -2 dans ses -2
-
peroxydes (O )
composés
5
Table 2: Règles pour l’attribution des nombres d’oxydation.
Règle Exemple NO
Le fluor a généralement un toujours, sauf
-1
NO de -1 dans ses composés exception
Un élément peut porter un nombre d’oxydation différent selon
l’espèce chimique dans laquelle il se trouve. Vous trouverez dans
le tableau périodique, les nombres d’oxydation courants pour un
élément, avec en gras, les nombres d’oxydation les plus stables.
La somme des nombres d’oxydation de toute espèce chimique
doit correspondre à la charge globale de l’espèce. En d’autres
termes, la somme des nombres d’oxydation pour toute molécule
doit être égale à zéro et doit être égale à la charge de l’ion
polyatomique.
Exercice
6
Déterminez le nombre d’oxydation de chaque élément des espèces
suivantes :
a. ZnCl2
b. SO3
c. HNO3
d. Cr2O72−
Solution
2 Distinguer une réaction d’oxydoréduction
Une réaction d’oxydoréduction est caractérisée par un
transfert d’électrons. Dans certains cas, le transfert se fait au
sens propre pour former des ions, comme dans la réaction :
2Na0(s)+Cl20(g)⟶2NaCl(+1 −1)(s)
Cependant, le transfert d’électrons est parfois moins évident.
Prenons, par exemple, la réaction de combustion du méthane.
(−4 +1)
CH4(g)+20O2(g)⟶+(4 −2)CO2(g)+2+(1 −2)H2O(g)
7
Le nombre d’oxydation est un moyen pratique de mettre en
évidence les transferts électrons dans les réactions
d’oxydoréduction. Au sein d’une substance, on définit le nombre
d’oxydation de chaque atome qui nous indique si l’atome est
neutre, riche ou pauvre en électrons. En comparant le nombre
d’oxydation d’un atome avant et après une réaction, on peut
déterminer si l’atome a gagné ou perdu des électrons et donc, si
on est en présence d’une réaction d’oxydoréduction.
Dans le cas de la combustion du méthane:
Le carbone est passé de l’état d’oxydation -4 à l’état
d’oxydation +4, il y a eu une perte d’électrons.
L’oxygène est passé de l’état d’oxydation 0 à l’état d’oxydation -
2, il y a eu un gain d’électrons.
Exercice
Parmi les réactions suivantes, indiquez lesquelles sont des
réactions d’oxydoréduction :
a. 4Ag+O2⟶2Ag2O
8
b. HI+CsOH⟶CsI+H2O
c. Na3PO4+FeCl3⟶3NaCl+FePO4
d. 2Al+3CuSO4⟶Al2(SO4)3+3Cu
e. 2NaHCO3⟶Na2CO3+H2O+CO2
3 Définitions de termes
Le transfert d’électrons caractérise les réactions
d’oxydoréduction, il y a donc un donneur d’électrons et un
accepteur d’électrons. Toute réaction d’oxydoréduction est
composée de deux demi-réactions : la demi-réaction d’oxydation
et la demi-réaction de réduction.
L’oxydation est une augmentation de l’état d’oxydation (une
perte d’électrons).
La réduction est une diminution de l’état d’oxydation (un gain
d’électrons).
L’oxydant est l’espèce qui provoque l’oxydation (accepteur
d’électrons).
9
Le réducteur est l’espèce qui provoque la réduction (donneur
d’électrons).
L’espèce oxydée est l’espèce qui subit l’oxydation (donneur
d’électrons).
L’espèce réduite est l’espèce qui subit la réduction (accepteur
d’électrons).
Table 3: Résumé des termes liés à l’oxydoréduction.
réducteur ⇒⇒ oxydant
espèce oxydée espèce réduite
donne des éléctrons accepte des éléctrons
état d’oxydation augmente état d’oxydation diminue
Notez que lorsqu’on nomme l’oxydant ou le réducteur, c’est le
composé entier qui est spécifié, et pas seulement l’élément qui
subit le changement d’état d’oxydation.
Dans les exemples vus précédemment:
10
2(0)Na(s)+(0)Cl2(g)⟶2(+1 −1)NaCl(s)
2Na(0) (s)+Cl2(0) (g)⟶2NaCl (+1 −1) (s)
Na Cl2
réducteur ⇒⇒ oxydant
espèce oxydée espèce réduite
donne des éléctrons accepte des éléctrons
état d’oxydation augmente état d’oxydation diminue
(−4 +1)
CH4(g)+2(0)O2(g)⟶(+4 −2)CO2(g)+2(+1 −2)H2O(g)
CH4 O2
réducteur ⇒⇒ oxydant
espèce oxydée espèce réduite
donne des éléctrons accepte des éléctrons
état d’oxydation augmente état d’oxydation diminue
Exercice
11
La réaction entre le magnésium et le dioxygène donne de l’oxyde
de magnésium. Écrivez l’équation de cette réaction, identifiez
l’oxydant et le réducteur.
Solution
Exercice
Pour chacune des combustions ci-dessous, déterminez l’élément
oxydant et l’élément réducteur.
a. C+O2⟶CO2
b. 2C+O2⟶2CO2
Solution
3.1 Couples oxred
Prenons en exemple deux équations d’oxydoréduction :
Cu2+(oxydant 1)+Fe(réducteur 2)⟶Cu(réducteur 1)+Fe2+(oxydant
2)
12
2Ag+(oxydant 1)+Cu(réducteur 2)⟶2Ag(réducteur
1)+Cu2+(oxydant 2)
Dans ces réactions, à chaque demi-réaction correspond un
réducteur et un oxydant. Ces deux espèces forment ensemble un
couple d’oxydoréduction ou couple oxred. Un couple est un
couple oxred si on peut passer d’une espèce à l’autre par transfert
d’électrons.
Cu2+/Cu Fe2+/Fe Ag+/Ag I2/I−
Par convention, on fait figurer l’oxydant en premier dans le couple
oxred.
4 Potentiels standards et spontanéité
De manière générale, le sens d’une réaction d’oxydoréduction
dépend de la force relative des oxydants et des réducteurs qui
participent à la réaction. Les expériences faites permettent de
classer les couples rédox selon ce critère, de l’oxydant le plus
13
faible à l’oxydant le plus fort ce qui revient à les classer du
réducteur le plus fort au réducteur le plus faible (Table
des potentiels standards de réduction).
Dans un couple où l’oxydant est fort, le réducteur sera un
réducteur faible.
Dans un couple où le réducteur est fort, l’oxydant du couple sera
un oxydant faible.
Un couple fortement oxydant est un couple faiblement réducteur
et inversement.
La réaction rédox qui se produit spontanément est celle qui
transforme l’oxydant et le réducteur les plus forts en
réducteur et oxydant les plus faibles.
Exemple :
Zn(s)+Cu2+(aq)⟶Zn2+(aq)+Cu(s)
Cu2+ est un oxydant plus fort que Zn2+.
Zn est un réducteur le plus fort que Cu.
14
4.1 Règle du gamma
Cette règle du gamma permet, dès lors que l’on dispose des
espèces présentes avant réaction ainsi que leurs potentiels
standards, de prévoir si la réaction va avoir lieu de manière
spontanée.
Figure 1: Illustration de la règle du gamma.
En plaçant les couples sur une échelle par potentiel décroissant,
l’oxydant le plus fort (Cu2+) réagira avec le réducteur le plus fort
(Zn) pour donner le réducteur et l’oxydant les plus faibles
(respectivement, Cu et Zn2+) :
La réaction :
15
Zn2+(aq)+Cu(s)⟶Zn(s)+Cu2+(aq)
ne sera donc pas spontanée.
5 Équilibrer les équations d’oxydoréduction
Précédemment, nous avons vu comment équilibrer des équations
de réactions en équilibrant le nombre d’atomes de chaque type des
deux côtés de la flèche de l’équation. Pour équilibrer des
équations d’oxydoréduction, il est de plus nécessaire d’équilibrer
les électrons transférés.
Prenons par exemple, la réaction entre le chrome métallique et le
nickel (II) en solution acqueuse :
Cr(s)+Ni+2(aq)⟶Cr+3 (aq)+Ni(s)
Bien que cette équation comporte un nombre égal de chaque
atome des deux côtés, elle n’est pas équilibrée car il y a une charge
de +2 du côté du réactif et une charge de +3 du côté du produit.
Pour équilibrer cette équation, nous pouvons la séparer en deux
demi-réactions.
16
Cr(s)⟶Cr+3(aq)+3e− oxydationNi+2(aq)+2e−⟶Ni(s)réduction
Lorsque l’on additionne les demi-réactions pour obtenir la
réaction globale, le nombre d’électrons donnés doit être égal au
nombre d’électrons acceptés. Par conséquent, avant d’additionner
ces deux demi-réactions, nous devons multiplier chaque demi-
réaction par un facteur qui équilibre le nombre d’électrons
échangés.
2× [Cr(s)⟶Cr+3 (aq)+3e−]
3× [Ni+2 (aq)+2e−⟶Ni(s)]
On peut ensuite additionner les demi-réactions, pour obtenir
l’équation globale équilibrée.
2 Cr(s)+3 Ni+2(aq)⟶2 Cr+3(aq)+3 Ni(s)
Exercice
Équilibrez les électrons échangés et les masses de chacune des
équations chimiques suivantes en mettant en évidence le transfert
d’électrons.
17
a. CH4+O2⟶ CO2+H2O
b. Ag+O2⟶Ag2O
c. Ag+O2⟶Ag2O
d. H3PO4⟶ H4P2O7+H2O
e. Al+O2+H2O⟶Al(OH)3
f. H3PO4⟶H4P2O7+H2O
g. Al+O2+H2O⟶Al(OH)3
h. Cr+O2⟶–––––Cr2O3
i. Cr+O2⟶Cr2O3
j. C+Cl2⟶–––––CCl4
k. C+Cl2⟶CCl4
Exercice
Le cuivre élémentaire se transforme en oxyde de cuivre (II), ou
vert de gris, en présence d’oxygène. Donnez les demi-équations
de réduction et d’oxydation, identifiez l’oxydant et le réducteur et
donnez l’équation globale de la réaction.
Exercice
18
Équilibrez les équations et identifiez dans chaque cas l’oxydant et
le réducteur :
a. FeCl3+SnCl2⟶FeCl2+SnCl4
b. SO2+KMnO4+KOH⟶K2SO4+MnO2+H2O
c. KClO3+P5+H2SO4+H2O⟶H3PO4+K2SO4+Cl2
Exercice
Équilibrez l’équation et identifiez l’oxydant et le réducteur :
Cu+HNO3⟶Cu(NO3)2+NO+H2O
Exercice
Déterminez le nombre d’oxydation de chaque élément des espèces
suivantes :
a. K2CO3
b. Fe
c. AlCl3
d. HPO42−
19
e. NH4+
f. O2
II- Cellules galvaniques – Cellules électrolytiques
Décrire la constitution et le fonctionnement d’une pile
électrochimique.
Décrire comment sont définis les potentiels standards de réduction.
Définir le potentiel électrique d’une pile.
Utiliser les potentiels standards pour prédire la spontanéité d’une
réaction.
Décrire la constitution et le fonctionnement d’une cellule
électrolytique.
Prédire la réaction d’électrolyse d’un milieu réactionnel.
Utiliser la loi de Faraday pour effectuer des calculs stœchiométriques.
L’électricité qui circule dans les lignes électriques est consommée
lorsqu’elle est produite, mais pour bien d’autres applications,
l’énergie électrique doit être stockée. Dans de tels cas, l’énergie
électrique est convertie en énergie chimique, qui peut être stockée et
transportée, puis reconvertie en électricité. Les batteries sont les
20
dispositifs les plus utilisés pour stoquer l’énergie électrique sous
forme d’énergie chimique. L’électrochimie est le champ d’étude de la
chimie qui étudie les relations entre l’électricité et les réactions
chimiques.
1 Les piles électrochimique
Dans une pile électrochimique, une réaction d’oxydoréduction
spontanée permet de produire de l’électricité. Les demi-réactions ont
lieu dans deux compartiments séparés que l’on appelle des demi-piles.
Les électrodes de ces demi-piles sont reliées par un fil, et les solutions
d’électrolytes, par un pont salin.
Lorsque du zinc métallique est placé dans une solution contenant des
ions cuivre (II), le Zn est oxydé en ions Zn2+ tandis que les ions
Cu2+ sont réduits en Cu, ou cuivre métallique. Ceci peut être
représenté par l’équatin de réaction suivante :
Zn(s)+Cu2+(aq)⟶Zn2+(aq)+Cu(s)
Des électrons sont transférés dans la réaction Zn/Cu2+, mais le système
ne génère pas d’énergie électrique car l’oxydant (Cu 2+) et le réducteur
(Zn) se trouvent dans le même bécher. Cependant, si nous séparons
21
physiquement les demi-réactions et les connectons par un circuit
externe, les électrons perdus par le zinc produisent un courant
électrique lorsqu’ils se déplacent dans le circuit vers les ions cuivre
qui les gagnent.
Figure 1: Schéma simplifié d’une pile Cu/Zn
1.1 Constitution d’une pile
22
Une plaque d’un métal M, appelée électrode, plongeant dans une
solution contenant des cations Mn+ constitue une demi-pile.
Une pile est formée par deux demi-piles reliées par un pont salin.
Le pont salin permet le passage du courant entre les deux demi-piles
en autorisant le déplacement d’ions entre les deux piles.
Figure 20.2: Fonctionnement d’une pile Cu/Zn
1.2 Fonctionnement d’une pile
L’anode (-)
23
o La demi-pile où a lieu l’oxydation est appelée compartiment anodique
et toujours représentée à gauche.
o Le compartiment anodique consiste en une barre de zinc métallique
(l’anode) immergée dans une solution aqueuse de Zn2+ (ZnSO4, par
exemple).
o Le zinc métallique va céder deux électrons qui circuleront dans
l’anode. Les ions Zn2+ ainsi formés si dissolvent dans la solution.
La cathode (+)
o La demi-pile où a lieu la réduction est appelée compartiment
cathodique et toujours représentée à droite.
o Le compartiment cathodique consiste en une barre de cuivre
métallique (la cathode) immergée dans une solution aqueuse de
Cu2+ (CuSO4, par exemple).
o Les ions Cu2+ vont accepter deux électrons qui circuleront dans la
cathode. Le cuivre métallique ainsi formé va s’agréger à la cathode.
Signes des électrodes
o La charge des électrodes est déterminée par la source des électrons et
la direction du flux d’électrons dans le circuit.
24
o Dans cette pile, les atomes de Zn sont oxydés à l’anode en ions Zn2+ et
constituent la source d’électrons.
o Les ions Zn2+ entrent dans le pont sallin tandis que les électrons se
déplacent à travers l’anode et le fil.
o Les électrons circulent de gauche à droite dans le fil jusqu’à la
cathode, où les ions Cu2+ présents dans la solution sont réduits en
cuivre métallique.
o Lorsque la pile fonctionne, les électrons sont continuellement générés
à l’anode et consommés à la cathode. Par conséquent, l’anode a un
excès d’électrons et la cathode un déficit d’électrons.
o L’anode porte le signe négatif.
o La cathode porte le signe positif.
Le pont salin
o Une pile ne peut fonctionner que si le circuit est complété par un pont
sallin.
o Le pont salin est un tube en U inversé contenant des ions spectateurs
(NaNO3, par exemple) dissous dans un gel qui permet aux ions de
diffuser entre les demi-piles.
25
o Lorsque les ions Cu2+ se réduisent en cuivre métallique, les ions
Na+ passent du pont salin à la solution électrolytique.
o Lorsque le zinc métallique s’oxyde en ions Zn 2+, les ions SO42- passent
du pont salin à la solution électrolytique.
Le fil électrique et le pont salin complètent le circuit :
Les électrons se déplacent de gauche à droite à travers le fil.
Les anions se déplacent de droite à gauche à travers le pont salin.
Les cations se déplacent de gauche à droite à travers le pont salin.
Le sens du courant est l’inverse du sens de déplacement des
électrons.
1.3 Notation simplifiée d’une pile
Il existe une notation abrégée utile qui décrit les composants d’une
pile électrique. La notation pour la cellule Zn/Cu2+ est la suivante :
Zn(s) │ Zn2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s)
Les composants du compartiment anodique sont écrits à gauche et les
composants du compartiment cathodiqueà droite.
26
Un double trait vertical indique que les demi-piles sont physiquement
séparées.
Une ligne verticale simple représente une limite entre deux phases.
Si nécessaire, les concentrations des composants dissous sont
indiquées entre parenthèses.
Les ions du pont salin peuvent figurer dans la notation.
2 Potentiels standards de réduction
Entre l’anode et la cathode, l’intensité de l’attraction exercée sur les
électrons est appelée potentiel électrochimique (Epile) ou force
électromotrice de la pile. L’unité avec laquelle le potentiel électrique
est exprimé est le volt [V]. Un des moyens de mesurer ce potentiel
électrique est de relier un voltmètre entre les pôles de la pile
électrique.
Quelle est la pile qui fournirait le plus d’énergie électrochimique ?
La réaction dans une pile est toujours une réaction d’oxydoréduction
qui peut être décomposée en deux demi-réactions. Tout comme il est
impossible qu’une seule des demi-réactions se produise
27
indépendamment, il est impossible de mesurer le potentiel d’une seule
demi-pile.
Le potentiel électrochimique d’une pile dépend des demi-piles
(cathode et anode) qui la composent. Nous pourrions, en principe,
établir un tableau des potentiels de pile pour toutes les combinaisons
cathode-anode possibles, bien que cette tâche soit ardue.
Zn(s) │ Zn2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=1.1 [V]
Ni(s) │ Ni2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.57 [V]
Sn(s) │ Sn2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.48 [V]
Pb(s) │ Pb2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.47 [V]
Zn(s) │ Zn2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=1.1 [V]
Ni(s) │ Ni2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.57 [V]
Sn(s) │ Sn2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.48 [V]
Pb(s) │ Pb2+(aq) || Cu2+(aq) │ Cu(s) Epile=0.47 [V]
Cependant, si nous définissons arbitrairement la valeur du potentiel
d’une demi-pile particulière comme étant nulle, nous pouvons
l’utiliser comme référence pour déterminer les potentiels relatifs des
28
autres demi-piles. C’est l’électrode à hydrogène qui est arbitrairement
choisie comme référence.
La demi-pile de référence est une électrode à hydrogène, qui consiste
en une électrode de platine traversée par du dihydrogène gazeux (H2 )
et immergée dans un acide fort. Ainsi, la demi-réaction de référence
est:
2H+(aq)+2e−−⇀↽−H2(g)E0=0 [V]2H+(aq)+2e−↽−−⇀H2(g)E0=0 [
V]
Figure 3: Schéma de l’électrode standard à hydrogène.
29
Dans les conditions standards, avec une pression de H2 de 1 [atm] et
une concentration de la solution acide de 1 [M], le potentiel de
réduction de H+ à 25°C (E0)est défini comme étant exactement égal à
0 [V]. L’exposant 0 désigne les conditions à l’état standard et E 0 sera
nommé potentiel standard de réduction.
Avec une électrode de référence, on peut mesurer le potentiel des
autres électrodes :
Zn(s) │ Zn2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Zn2+/Zn)=−0.76 [V]
Ni(s) │ Ni2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Ni2+/Ni)=−0.23 [V]
Sn(s) │ Sn2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Sn2+/Sn)=−0.14 [V]
Pb(s) │ Pb2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s),
E0(Pb2+/Pb)=−0.13 [V]
Zn(s) │ Zn2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Zn2+/Zn) =−0.76 [V]
Ni(s) │ Ni2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
30
E0(Ni2+/Ni) =−0.23 [V]
Sn(s) │ Sn2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Sn2+/Sn) =−0.14 [V]
Pb(s) │ Pb2+(aq)1M || H+(aq)1M │ H2 (1[atm])| Pt(s)
E0(Pb2+/Pb) =−0.13 [V]
On peut ainsi regrouper dans une table les valeurs de potentiel qui
correspondent aux demi-réactions de réduction les plus courantes
(table des potentiels standards de réduction).
2.1 Potentiel électrochimique ou force électromotrice (fem)
Une pile convertit l’énergie chimique d’une réaction spontanée en
énergie cinétique des électrons qui se déplacent dans un circuit
électrique. Cette énergie électrique est proportionnelle à la différence
de potentiel électrique entre les deux électrodes.
Par convention, le potentiel standard d’une pile, E0pile est donné par
la relation suivante :
E0 (pile)=E0(cathode)−E0 (anode)
31
Pour la pile Zn/Cu2+, pour des concentrations de 1 [M], sous une
pression de 1 [atm] et une température de 25°C, le voltmètre nous
indiquera une tension (Epile) de 1.1 [V].
E0pile=E0(Cu/Cu2+)−E0(Zn2+/Zn)=0.34 [V]−(−0.76 [V])=1.1 [V]
Exercice
Une pile électrochimique est constituée d’une électrode de Mg dans
une solution de Mg(NO3)2 à 1.0 [M] et d’une électrode de Sn dans une
solution de Sn(NO3)2 à 1.0 [M]. Déterminez les deux demi-réactions
et la réaction globale de la pile et calculez le potentiel de cette pile
aux conditions standard.
Solution
Exercice
Décrivez les demi-réactions et la réaction globale qui ont lieu dans la
pile ci-dessous.
Pt(s) │ Fe2+(aq),Fe3+(aq) || Cl−(aq) │ Cl2(g)| Pt(s)Pt(s) │ Fe2+(aq),
Fe3+(aq) || Cl−(aq) │ Cl2(g)| Pt(s)
Solution
32
Exercice
Dessinez un schéma de pile électrique dans laquelle une électrode de
cuivre est plongée dans une solution de nitrate de cuivre (II) et une
électrode en argent est plongée dans une solution de nitrate d’argent.
Écrivez les demi-réactions et la réaction globale. Faites figurer les
sens de déplacement des électrons et le sens du courant. Indiquez la
f.e.m. obtenue si les conditions correspondent aux conditions
standards.
3 Électrolyse
Une pile électrochimique produit du courant lorsque la réaction
d’oxydoréduction se produit spontanément. À l’inverse, une
cellule électrolytique, utilise l’énergie électrique pour produire une
transformation chimique. L’électrolyse consiste à forcer un courant à
travers un système chimique pour produire une transformation non
spontanée.
33
4: Pile électrique et cellule électrolytique.
Une source d’énergie externe force les électrons à traverser la pile
dans la direction opposée qui a lieu lors de la décharge d’une pile.
Cela nécessite un potentiel externe supérieur au voltage founis par la
pile électrochimique. Le flux d’électrons étant opposé dans les deux
cas, l’anode et la cathode sont inversées. De même, le flux des ions à
travers le pont salin est opposé dans les deux systèmes.
Dans une cellule électrolytique:
L’anode est l’électrode où a lieu l’oxydation.
34
La cathode est l’électrode où a lieu la réduction.
L’électrolyse est une méthode qui permet de provoquer une
transformation chimique en faisant passer un courant électrique à
travers le milieu réactionnel. Elle utilise un courant électrique continu
pour provoquer une réaction chimique qui n’est pas spontanée.
Les principaux composants nécessaires pour réaliser une électrolyse :
Un électrolyte : une solution contenant des ions libres, qui sont
porteurs du courant électrique dans l’électrolyte.
Une alimentation en courant continu pour fournir l’énergie nécessaire
à la réaction d’oxydoréduction.
Deux électrodes : deux conducteurs électriques qui constituent
l’interface physique entre le circuit électrique et l’électrolyte.
3.1 Exemples d’électrolyses de composés purs
35
5: Schéma de l’électrolyse de l’eau pure et du chlorure de sodium
fondu.
L’eau doit également contenir des ions qui la rendent conductrice,
même si ces ions ne participent pas aux réactions aux électrodes.
36
3.2 Prédiction des réactions d’électrolyse
Imaginons que nous faisions l’électrolyse d’une solution de chlorure
de sodium dans l’eau. Cette solution serait donc le mélange des deux
composés subissant l’électrolyse dans le chapitre précédent. Quelles
sont les réactions d’oydoréduction qui vont avoir lieu dans ce système
6: Schéma de l’électrolyse d’une solution de chlorure de sodium.
37
Le milieu réactionnel de ce système est composé d’eau (H 2O), de
cations sodium (Na+) et de chlorures (Cl-). Quatre demi-réactions sont
possibles, deux à l’anode et deux à la cathode.
Anode (oxydation):
2Cl−(aq)⟶Cl2(g)+2e− ECl2/Cl−0=1.36 [V]
2H2O(l)⟶4H+(aq)+O2(g)+4e− EO2/H2O0=1.23 [V]
Cathode (réduction):
2H2O(l)+2e−⟶2OH−(aq)+H2(g) EH2O/H20=−0.83 [V]
Na+(aq)+e−⟶Na(s) E0(Na+/Na)=−2.7 [V] [V]
Quelle que soit la combinaison de demi-réactions à l’anode et à la
cathode, elles donnent toutes une valeur négative de différence de
potentiel. Cela signifie simplement que la réaction d’électrolyse ne se
produit pas spontanément.
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La réaction la plus probable est celle dont la différence de
potentiel est la plus faible. C’est celle qui va en premier lieu et
spontanément consommer l’énergie fournie par la source d’électricité.
Figure 20.7: Différences de potentiels oxred.
De manière théorique, la réaction d’électrolyse favorisée est celle qui
réduit l’eau (E0 = - 0,83 V) et qui oxyde l’eau (E0 = 1.23 V).
6H2O(l)⟶4H+(aq)+4OH−(aq)+2H2(g)+O2(g)
Toutefois, de manière pratique, différents facteurs viennent influencer
les potentiels standard de réaction :
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différentes interactions à la surface des électrodes élèvent la tension
requise pour l’électrolyse,
le fait que les réactifs et les produits ne sont pas forcément dans leur
état standard.
Ceci implique que dans l’électrolyse d’une solution de NaCl très
diluée, c’est O2 qui est produit tandis que, dans une solution plus
concentrée, c’est presque exclusivement Cl 2 qui est produit. La
réaction globale est la suivante :
2Cl(aq)+2H2O(l)⟶2OH(aq)+H2(g)+Cl2(g)
20.3.3 Loi de Faraday
La quantité de réactif consommé ou de produit formé lors d’une
électrolyse dépend de la quantité de charge transférée aux électrodes,
laquelle dépend de l’intensité du courant électrique utilisé et du temps
requis pour l’électrolyse. L’unité de charge électrique est le coulomb
(C) et la charge portée par un électron est
de −1.6022⋅10−19−1.6022⋅10−19 [C]. Une mole d’électrons
repésentent donc une charge totale de 96’485 [C].
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Ces considérations nous permettent de définir une relation
mathématique qui nous permet déterminer les quantités de réactif
consommé et de produits formés à la fin d’une électrolyse en fonction
de différents facteurs (loi de Faraday).
m=M⋅I⋅tn⋅96500avecm : masse de la substance [g]n : nombre
d'électrons transférés96500 : constante de Faraday [C/mol]t : temps
[s]M : masse molaire de la substance [g/molm=M⋅I⋅tn⋅96500avecm :
masse de la substance [g]
n : nombre d'électrons transférés
96500 : constante de Faraday [C/mol]
t : temps [s]
M : masse molaire de la substance [g/mol
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Électrodéposition
Exercice
Électrodéposition
On peut utiliser l’électrolyse pour déposer une couche d’un métal sur
un autre métal. L’objet à recouvrir, par exemple une cuillère, est
moulé dans un métal bon marché et il est ensuite recouvert d’une
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mince couche d’un métal plus attrayant, plus résistant à la corrosion
et plus coûteux. On imagine le montage ci-dessus.
Indiquez sur le schéma le sens de déplacement des électrons dans le
circuit.
Indiquez sur le schéma le sens de déplacement des cations et anions
dans la solution.
Indiquez sur le schéma l’anode et la cathode.
Combien de grammes d’argent se déposent sur la cuillère lors de
l’électrolyse de AgNO3(aq) par un courant électrique de 1.73 [A]
pendant 20 minutes ?
Solution
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