Sparte
Histoire
Durant l'époque archaïque, Sparte devient l'une des premières cités grecques. Au début du Ve siècle av. J.-C., Sparte est l'une
des cités les plus importantes de la Grèce après les guerres médiques Elle devient
progressivement la rivale d’Athènes, livrant contre elle la longue Guerre du
Péloponnèse (-431 à -404). La victoire lui donne l’hégémonie de -404. En -371, les
Spartiates, forts de leur aura d’invincibilité, marchent sur Thèbes. Mais
l’hégémonique Sparte est défaite, et la bataille de Leuctres de -371 la débarrasse
de 400 de ses 2000 Homoioi (nom donné aux citoyens de Sparte dans l'Antiquité. Les
critères de la citoyenneté spartiate étaient particulièrement sélectifs. Les
homoioi devaient descendre d'un père citoyen et d'une mère fille de citoyen). Sparte ne
se remit jamais complètement de cette défaite.
Au IIIe siècle av. J.-C., les difficultés dues à son système sociopolitique et au
déclin de sa population d’ Homoioi entraîne certaines réformes, puis elle s’allie à
Rome contre la ligue étolienne. Elle doit cependant lutter aussi contre la ligue
achéenne et finit comme les autres cités par être absorbée par Rome.
Les citoyens
Seuls jouissent de droits politiques les Spartiates à proprement parler, aussi appelés ἄστοι (« citadins ») - terme plus
aristocratique que l’habituel πολίτης - ou encore Ὃμοιοι, qui signifie « les Pairs »: certains citoyens, considérés comme des lâches
(κακοί) au combat, sont soumis à toutes sortes de brimades et de vexations : obligation de payer la taxe des célibataires, rejet
dans les équipes de ballon et les chœurs. L’historiographie les appelle traditionnellement les tresantes, les tremblants. Ils ne
cessent pas d’être citoyens, mais deviennent de seconde zone.
De même, pour être un citoyen spartiate, il faut :
* Etre issu de deux Spartiates (les bâtards, νόθοι, sont distingués des citoyens normaux) ;
* Avoir plus de 18 ans ;
* Etre de sexe masculin (le sexe n’était pas discriminatoire : les jeunes filles étaient élevées comme les garçons et participaient à
des épreuves gymniques, ce qui était une caractéristique spartiate.
Du reste, dire qu’il fallait être issu de deux parents spartiates pour
en avoir la nationalité indique bien l’importance de la lignée
maternelle) ;
* Etre né à Sparte ;
* Avoir subi l’éducation spartiate ;
* Participer aux repas collectifs (syssities) ;
* Posséder un domaine (kléros) permettant de payer son écot à ces
repas.
Le terme Homoioi témoigne, selon Thucydide, du fait qu’à Sparte
« s’est instaurée la plus grande égalité dans les genres de vie entre
les possédants et le grand nombre » (I, 6, 4) : tous mènent une vie
commune et austère.
Les inférieurs
Du citoyen à l’esclave, Sparte possède une variété d’inférieurs, les hypomeiones.
Les Hilotes sont les paysans de Sparte. Leur statut est créé avec la réforme de Lycurgue. Ils ne sont pas à proprement parler des
esclaves-marchandises, mais des serfs :
* Ils sont attachés au kléros qu’ils cultivent ;
* Ils se marient et ont des enfants ;
* La différence entre la rente du kléros servie au citoyen et la récolte lui revient.
Exceptionnellement, ils sont enrôlés pour combattre, et peuvent être affranchis ensuite. Plus nombreux que les Égaux, ils ont subi
la réforme de Lycurgue en étant mis à l’écart. Craignant leur révolte, les Spartiates leur déclarent solennellement la guerre
chaque année, les avilissent en permanence, les terrorisent.
De la même façon, les Périèques (habitants du pourtour) ne sont pas intégrés au corps civique par la réforme, et ne bénéficient
d’aucun droit politique au sein de l’État lacédémonien. Pour autant, ils sont libres et citoyens de leurs propres villes. Ils détiennent
le monopole du commerce et partagent celui de l’artisanat avec les Hilotes. Ils comptent également des paysans, refoulés sur les
terres médiocres.
Parallèlement à ces deux grands statuts, Sparte possède de nombreuses catégories intermédiaires : les citoyens déchus par
pauvreté car ils ne peuvent assurer leur cotisation dans la cellule de base de la société civique spartiate, le Syssition, le banquet
commun privé ou public quotidien des citoyens), les citoyens déchus par lâcheté au combat (tresantes, les "trembleurs"), les
Hilotes, les affranchis (neodamodes), etc.
L’éducation
L’éducation, à partir de Lycurgue, présente les particularités d’être :
* Obligatoire ;
* Collective ;
* Organisée par la cité.
Le nouveau-né spartiate est d’abord examiné par une commission d’Anciens au Lesché pour déterminer s’il est beau et bien formé.
Sinon, il est considéré comme une bouche inutile, une charge pour la cité : il est jeté dans le gouffre.
Ensuite, de 7 à 20 ans, le jeune Spartiate vit en groupe, dans des conditions paramilitaires, hors de la tutelle parentale. Cette
éducation, ἀγωγή, est caractérisée par sa dureté et vise à former des soldats obéissants, efficaces et attachés au bien de la
cité, avant leur gloire ou leur bien-être personnel.
Elle s’étend également aux filles, dans le but de produire des mères fortes et saines, aptes à engendrer des enfants vigoureux.
Symbole de l’« exception spartiate », elle est également mal connue, les auteurs ayant insisté sur ses points les plus particuliers
et sans doute les plus tardifs.
La religion
La religion occupe à Sparte une place plus importante que dans les autres cités. En témoigne le nombre de temples et de
sanctuaires : quarante-trois temples de divinités (ἱερόν), vingt-deux temples de héros, une quinzaine de
statues de dieux et quatre autels. Il faut y ajouter les monuments funéraires, nombreux puisque Sparte
enterre ses morts à l’intérieur de son enceinte, dont certains sont aussi des lieux de culte : c’est le cas
de ceux de Lycurgue, Léonidas Ier ou encore Pausanias Ier.
Un autre trait particulier est le culte voué aux héros de la guerre de Troie. Achille est, selon Anaxagore,
« honoré comme un dieu », et il a deux sanctuaires. De même, sont vénérés Agamemnon, Cassandre (sous
le nom d’Alexandra), Clytemnestre, Ménélas ou encore Hélène.
Sparte rend également un culte important à Castor et Pollux, les Dioscures, jumeaux de Zeus. La
tradition fait de la cité leur lieu de naissance. Leur dualité rappelle celle des rois. Un certain nombre de miracles leur est
attribué, surtout dans la défense des armées spartiates (ils partent en campagne aux côtés des rois, représentés par des
amphores jumelles).
Enfin, Héraclès est également à Sparte une sorte de héros national. Il est réputé avoir aidé Tyndare à recouvrer son trône. C’est
lui qui aurait bâti dans la cité le temple d’Asclépios. Les douze travaux sont amplement représentés dans l’iconographie spartiate.
C’est typiquement la divinité des jeunes.
Mathias D’Angelo (4F)