Audit des risques à la BCE 2010
Audit des risques à la BCE 2010
IV
(Informations)
RAPPORT
sur l'audit de la gestion des risques à la Banque centrale européenne pour l'exercice 2010,
accompagné des réponses de la BCE
(2012/C 173/01)
Points Page
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1-4 3
OBSERVATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7-91 3
La BCE a-t-elle mis en place un cadre de gouvernance approprié et complet pour la gestion des
risques? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7-18 3
Communication d'informations aux tierces parties concernant le cadre de gestion des risques de 15-18 4
la BCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La BCE a-t-elle géré efficacement les risques opérationnels auxquels elle est exposée? . . . . . . . . . . . 19-66 5
La BCE a-t-elle géré efficacement les risques financiers auxquels elle est exposée? . . . . . . . . . . . . . . . 67-91 10
Cadre de gestion des risques financiers pour les opérations de placement et autres activités 69-74 10
bancaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La BCE a-t-elle mis en place un cadre de gouvernance approprié et complet pour la gestion des
risques? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92-93 13
La BCE a-t-elle géré efficacement les risques opérationnels auxquels elle est exposée? . . . . . . . . . . . 94-98 13
La BCE a-t-elle géré efficacement les risques financiers auxquels elle est exposée? . . . . . . . . . . . . . . . 99-100 13
GIPS Global Investment Performance Standards (normes internationales de présentation des performances)
IASB International Accounting Standards Board (organisme adoptant des normes comptables internationales)
cette culture du risque présuppose l'établissement d'une fonction de aux tâches de gestion des risques, les décisions en la matière
gestion des risques complète (couvrant tous les types de risques, relevant de la compétence de la DG-H.
toutes les lignes d'activité et tous les risques pertinents) et indépen
dante, sous la responsabilité directe du responsable des risques (Chief 14. Un examen des meilleures pratiques dans d'autres orga
Risk Officer, CRO) ou, si celui-ci n'a pas été désigné, des cadres nisations internationales similaires a montré que la Banque du
dirigeants, conformément au principe de proportionnalité (11). Canada avait adopté un cadre intégré de gestion des risques
comportant un responsable des risques et un groupe de
9. Au sein de la BCE, chaque unité organisationnelle (12) est
travail sur la gestion des risques. Ces deux derniers sont
responsable de la gestion de ses propres risques et contrôles.
chargés d'élaborer le profil de risque complet de la Banque,
Dans le cadre du processus de gestion des risques, deux fonc
en prenant en considération les risques opérationnels et finan
tions/divisions fournissent un appui aux unités organisation
ciers, ainsi que ceux liés aux activités, comme cela est décrit à
nelles:
l'encadré 1. Le cadre de gestion des risques de la Banque s'inscrit
— la fonction ORM/BCM (13) est chargée d'actualiser la métho pleinement dans ses processus de planification stratégique, d'éta
dologie, de coordonner l'ensemble des activités liées aux blissement du budget et d'évaluation des performances en fin
risques opérationnels, ainsi que de fournir, de manière d'année.
proactive, des conseils aux entités organisationnelles (14),
— la division Gestion des risques (RMA) est compétente pour Encadré 1
les risques financiers (15). Elle est chargée de proposer des
politiques et des procédures, ainsi qu'un appui organisa Exemple d'une gestion intégrée des risques – Banque du
tionnel dans le domaine de la gestion des risques pour Canada
toutes les opérations sur le marché financier conduites par
la BCE, ou par l'Eurosystème pour le compte de la BCE. Le responsable des risques assume les responsabilités
Cette division est composée de deux unités: les sections suivantes:
Analyse des risques et Stratégie en matière de risques.
— il dirige l'élaboration et l'amélioration du cadre stratégique
10. Pour assister le directoire dans sa prise de décision, de gestion intégrée des risques pour approbation par l'en
plusieurs comités chargés de différents aspects de la gestion cadrement,
des risques ont été mis en place, notamment le comité du
risque opérationnel, le comité d'investissement, le comité «actif — il fournit des orientations et des conseils en matière de
– passif» et le comité du crédit. gestion des risques aux autres cadres dirigeants, et préside
le groupe de travail sur la gestion des risques,
11. La BCE dispose d'une structure organisationnelle
complète, avec une répartition claire des rôles et des responsa — il copréside, avec le ministère des finances, le comité de
bilités. Toutefois, il existe une séparation marquée entre la gestion du risque du comité de gestion des fonds.
gestion des risques financiers et opérationnels au sein de la
BCE, ce qui augmente la probabilité de ne pas disposer d'une Le groupe de travail sur la gestion des risques exécute les
vue d'ensemble complète des risques auxquels elle est exposée. tâches suivantes:
12. Aucune autorité indépendante et unique, tel un respon — il facilite la mise à jour complète de l'autoévaluation des
sable des risques (CRO) ou un comité général de gestion des risques de la Banque et l'établissement du rapport annuel
risques, n'a été mise en place pour faire le lien entre le directoire et semestriel sur la gestion des risques,
et la fonction/les unités chargées de la gestion des risques, à
— il se réunit trois à quatre fois par an pour examiner le
savoir la fonction ORM/BCM et les unités relevant de la division
profil de risque de la Banque et pour partager, avec les
RMA. Au moment de l'audit, le membre du directoire chargé de
représentants des différents départements et fonctions, les
la gestion des risques cumulait également des responsabilités
initiatives en matière de gestion des risques.
dans un certain nombre d'autres domaines, alors qu'un respon
sable des risques se concentrerait exclusivement sur la gestion
des risques.
13. En outre, l'absence d'une fonction de gestion des risques Communication d'informations aux tierces parties concer
indépendante d'un point de vue hiérarchique renforce le risque nant le cadre de gestion des risques de la BCE
qu'une priorité insuffisante soit accordée aux questions de
gestion des risques, par exemple à l'affectation de personnel 15. La communication d'informations au public devrait être suffi
sante pour permettre aux tierces parties d'évaluer l'approche adoptée par
la BCE en matière de gestion des risques.
(11) «High-level principles for risk management» (Principes directeurs en
matière de gestion des risques), Comité européen des contrôleurs
bancaires (CEBS), février 2010 (dans le texte: caractères italiques 16. La BCE publie un rapport annuel, y compris les comptes
introduits par la Cour des comptes européenne; le passage appa annuels et les notes d'information qui s'y rapportent (16). Les
raissant en gras dans le texte original est rendu par une police de informations relatives à la gestion des risques sont relativement
caractères normale). limitées dans les comptes annuels et celles relatives aux prin
(12) Section, division, direction ou direction générale. cipes et aux données chiffrées en matière de gestion des risques
(13) Celle-ci relève de la DG-H.
(14) La fonction ORM/BCM remplit également le rôle de secrétariat pour
à la BCE ne sont pas rendues publiques [à l'exception de
le comité du risque opérationnel (ORC).
(15) Bien que partie intégrante de la DG-H d'un point de vue adminis (16) La BCE utilise son propre référentiel de présentation de l'informa
tratif, la division RMA fait directement rapport au membre du tion comptable, établi par la décision BCE/2006/17 concernant les
directoire responsable de la gestion des risques financiers. comptes annuels de la BCE, telle qu'elle a été modifiée.
16.6.2012 FR Journal officiel de l’Union européenne C 173/5
(17) La VaR est une mesure couramment utilisée pour évaluer le risque — le lien avec la planification stratégique et financière (cycle
de perte pour un portefeuille d'actifs financiers donné. Pour un budgétaire annuel),
portefeuille, un niveau de confiance et un horizon temporel
donnés, la VaR se définit comme la valeur seuil reflétant la proba — l'identification des risques, leur évaluation et les réponses à
bilité de voir la perte du portefeuille évaluée à la valeur du marché, apporter, l'établissement de rapports, le contrôle et le suivi
pour la période visée, la dépasser, dans des conditions de marché au niveau des entités organisationnelles ainsi qu'au niveau
normales et à portefeuille identique. [Source: Value at Risk: The New central.
Benchmark for Managing Financial Risk (Value at Risk: la nouvelle
référence pour la gestion des risques financiers), (3e édition), Politiques en matière de risques opérationnels
Philippe Jorion, McGraw-Hill Professional, 2006.]
(18) Les normes internationales d'information financière (IFRS) sont des 22. Les politiques de gestion des risques opérationnels devraient
normes, des interprétations et un cadre fondés sur des principes fournir une définition précise du risque opérationnel à l'échelle de la
adoptés par l'International Accounting Standards Board (IASB), égale banque, ainsi que présenter les principes sous-tendant l'approche
ment connues sous leur ancienne appellation de normes compta adoptée par la banque en matière d'identification, d'évaluation, de
bles internationales (IAS). En février 2001, la Commission euro
péenne a présenté une proposition de règlement disposant que
suivi et de maîtrise/d'atténuation des risques.
toutes les sociétés de l'UE cotées sur un marché réglementé, y
compris les banques et les compagnies d'assurances, étaient (19) Jusqu'au 31 décembre 2010, la Banque du Canada établissait ses
tenues de préparer leurs comptes consolidés conformément aux rapports conformément aux principes comptables généralement
normes comptables internationales d'ici 2005. Les États membres admis canadiens (Canadian Generally Accepted Accounting Principles),
de l'UE avaient la possibilité d'étendre cette exigence aux sociétés la présentation des informations sur la gestion des risques étant
non cotées et aux différents comptes des sociétés. Un mécanisme toutefois comparable aux IFRS. Depuis le 1er janvier 2011, la
européen d'adoption des normes comptables internationales, aux Banque du Canada établit ses rapports conformément aux IFRS.
niveaux politique et technique, a été mis en place afin de suivre (20) Chapitre 26 du «Business Practices Handbook» (BPH, Manuel des
l'intégration de ces normes au sein de l'UE. pratiques opérationnelles).
C 173/6 FR Journal officiel de l’Union européenne 16.6.2012
23. Le cadre de gestion des risques opérationnels à la BCE a coordinateur de gestion des risques, qui apporte son soutien à la
été adopté par le directoire en octobre 2007 (21) et sa descrip direction des entités organisationnelles en matière de gestion des
tion figure dans le Business Practice Handbook, publié sur l'in risques opérationnels (ORM) et qui serve d'interlocuteur pour
tranet et accessible à l'ensemble du personnel. Il présente, ces questions au sein de l'entité. En outre, la direction des
dans les grandes lignes, la définition de la gestion des risques entités organisationnelles est également chargée de veiller à ce
opérationnels de la BCE (22), la politique de tolérance au risque, que le personnel acquière et entretienne les compétences néces
ainsi que la répartition des rôles et des responsabilités; en outre, saires pour assumer ses responsabilités et l'obligation de rendre
il donne une vue d'ensemble des politiques en matière d'évalua compte en ce qui concerne la gestion des risques opérationnels.
tion, de réponses à apporter, d'établissement de rapports et de La fonction ORM/BCM devrait renforcer le cadre de gestion des
suivi. risques opérationnels et en assurer le fonctionnement, ainsi que
coordonner l'approche des différentes entités organisationnelles
24. Les politiques de gestion des risques opérationnels qui en la matière.
ont été établies fournissent une définition précise du risque
opérationnel à l'échelle de la Banque et présentent les principes 28. Sur les huit personnes de la fonction ORM/BCM, seules
sous-tendant l'approche adoptée par la BCE en matière d'éva quatre étaient des employés permanents au moment de l'audit.
luation, de suivi et de maîtrise/d'atténuation des risques. En Les autres avaient été détachées par les banques centrales natio
revanche, le Business Practice Handbook ne donne aucune préci nales, ou travaillaient sous contrat à durée déterminée pour une
sion sur l'approche utilisée par la BCE pour identifier les risques. période de trois mois à deux ans. La rotation des effectifs est
donc élevée, ce qui conduit à une rupture de continuité au sein
Structure organisationnelle et responsabilités d'une fonction importante et augmente le risque que le cadre de
gestion des risques opérationnels ne soit pas correctement mis
25. La direction de l'entité organisationnelle devrait être responsable en œuvre à la BCE.
de la mise en œuvre des politiques, des processus et des procédures en
matière de gestion des risques opérationnels, et ce pour l'ensemble des 29. Le degré de sensibilisation du personnel au cadre de
activités, des processus et des systèmes importants de la banque. En gestion des risques opérationnels a été inclus dans les enquêtes
outre, celle-ci devrait être dotée d'un système de gestion des risques menées en 2009 et 2010. En 2009, l'enquête a montré que près
opérationnels, avec des responsabilités claires assignées à une fonction de 40 % des répondants estimaient qu'ils n'avaient pas reçu
de gestion des risques. suffisamment d'informations sur la gestion des risques opéra
tionnels; 56 % déclaraient ne pas savoir qui avait été nommé
26. À la BCE, le directoire est responsable en dernier ressort coordinateur de gestion des risques dans leur entité organisa
de la gestion des risques opérationnels. Le comité du risque tionnelle et 45 % ignoraient où trouver les informations rela
opérationnel (ORC) traite les questions stratégiques à moyen tives à la gestion des risques opérationnels sur l'intranet. En
terme, ainsi que certaines questions spécifiques de court terme 2010, l'enquête a révélé que 40 % du personnel ne savaient
présentant un intérêt (23). Le comité se compose d'un membre toujours pas où se procurer les informations en question.
du directoire (le président) ainsi que de sept cadres dirigeants de
la Banque (24). Il dispose de pouvoirs décisionnels en matière Lien avec la planification stratégique et financière (cycle budgétaire
d'acceptation des risques d'un niveau moyen, les risques élevés annuel)
devant toujours être soumis à l'acceptation du directoire. Le
comité se réunit tous les deux mois, ou plus, le cas échéant. 30. La gestion des risques devrait être ancrée dans la gouvernance
de la BCE et faire partie intégrante de la planification stratégique,
opérationnelle et financière de la banque.
27. Le Business Practice Handbook met clairement en évidence
la responsabilité des entités organisationnelles en ce qui
concerne la gestion de leurs propres risques opérationnels (25). 31. L'évaluation annuelle des risques opérationnels réalisée
Par conséquent, chaque entité devrait désigner (au moins) un par les entités organisationnelles et la fonction ORM/BCM
joue un rôle important dans l'établissement du profil de
risque de la BCE. En 2009, les entités organisationnelles ont
(21) En 2008, le directoire a décidé d'harmoniser le cadre de gestion des
risques opérationnels de la BCE avec celui adopté au niveau du procédé aux évaluations de juin à août 2009, puis une
SEBC. réunion de calage a eu lieu avec les coordinateurs de gestion
(22) Le risque opérationnel y est défini comme le risque d'incidence des risques. Le rapport établi sur la base d'une approche dite
négative sur les finances, les activités et/ou la réputation, résultant descendante a été achevé en janvier 2010.
de l'inadéquation ou de la défaillance de la gouvernance et des
processus internes ou provenant de personnes, de systèmes ou
d'événements extérieurs.
32. Le profil de risque devrait constituer l'un des éléments
(23) Son mandat consiste à stimuler et à superviser l'élaboration, la mise participant au processus de planification stratégique, qui est à
en œuvre et le maintien à jour de la gestion des risques opération son tour déterminant pour l'établissement du plan financier.
nels à la BCE. Toutefois, l'audit a montré qu'aucune corrélation n'était établie
(24) Les membres sont des cadres dirigeants provenant des directions entre l'évaluation annuelle des risques opérationnels et le cycle
générales Opérations de marché, Systèmes d'information, Adminis de planification stratégique et financière à la BCE. Dans ce
tration, RH, budget et organisation, et de deux entités organisation contexte, la gestion des risques opérationnels risque de
nelles jouant un rôle essentiel selon un roulement annuel, ainsi que devenir un exercice isolé, et il se peut que le plan financier
le conseiller du directeur de la direction générale RH, budget et ne prévoie pas une affectation des ressources de nature à
organisation.
(25) L'entité organisationnelle (le propriétaire du risque) responsable du
permettre la réalisation des objectifs stratégiques (26).
risque horizontal (un risque ayant une incidence sur plusieurs
entités organisationnelles) devrait recommander et/ou mettre en (26) D'après la conclusion de l'article «ERM at the Federal Reserve Bank of
œuvre des mesures de traitement du risque appropriées qui soient Richmond» (L'ERM à la Banque fédérale de réserve de Richmond),
applicables à l'ensemble de la BCE. 2007, Jack Dorminey et Richard Mohn.
16.6.2012 FR Journal officiel de l’Union européenne C 173/7
33. Un exemple de bonne pratique provient de la Banque du tionnels que dans les programmes de travail de trois des six
Canada, où le profil de risque de la banque fait partie intégrante entités organisationnelles composant l'échantillon; cependant,
du cycle global de planification stratégique et financière de la même dans ces cas-là, la description des activités en question
banque (27). était vague et il s'est avéré impossible de faire correspondre les
points d'action de l'exercice descendant de 2009 relatif à la
Processus de gestion des risques: identification du risque, évaluation et gestion des risques opérationnels avec les programmes de
réponses à apporter, établissement de rapports, contrôle et suivi travail des entités organisationnelles.
Identification du risque, évaluation et
réponses à apporter Gestion de la continuité des activités à la BCE
34. Il convient d'identifier et d'apprécier tous les risques opération 40. La gestion de la continuité des activités est une compo
nels inhérents aux activités, aux processus et aux systèmes. Les risques sante importante de la gestion des risques opérationnels. Pour
devraient être évalués au regard de la politique et de la marge de pouvoir assurer la continuité des activités et des processus
tolérance en vigueur afin de déterminer les réponses adéquates à critiques en cas de crise, il importe d'établir des plans d'urgence
apporter en se fondant sur des calculs des coûts suffisants. Il et de rétablissement après sinistre pour les scénarios les plus
importe de communiquer régulièrement des informations pertinentes pessimistes.
aux cadres dirigeants et au directoire de façon à soutenir la gestion
proactive des risques opérationnels. 41. La Cour a examiné si:
35. La mise en œuvre du cadre de gestion des risques opéra
tionnels reposait principalement sur des évaluations descen i) le cadre global de gestion de la continuité des activités est
dantes. En application de la politique de gestion des risques adéquat et conforme aux meilleures pratiques;
de la BCE, les entités organisationnelles devraient également
procéder en continu à des évaluations de leurs processus ii) les processus critiques ont été correctement mis en évidence;
selon une approche ascendante, et les risques mis au jour
devraient être soumis à approbation (28). iii) les différents plans de continuité des activités dont disposent
36. En 2008 et 2009, la BCE a réalisé des évaluations les entités organisationnelles sélectionnées permettent de
descendantes. La fonction ORM/BCM a communiqué aux lutter contre les risques de manière appropriée pour garantir
entités organisationnelles plusieurs risques élevés prédéfinis, la continuité des opérations critiques;
qui ont servi de base à leurs appréciations des risques. Pour
chacune des entités organisationnelles, un plan d'action a été iv) les dispositifs institués pour assurer la continuité des acti
inclus dans le rapport final. Le Business Practice Handbook prévoit vités ont été correctement testés;
que les entités organisationnelles analysent et définissent des
stratégies de réponse aux risques, et qu'elles réalisent une v) le personnel a été sensibilisé et formé aux dispositifs régis
analyse coûts-avantages des solutions possibles. sant la continuité des activités.
37. Les entités organisationnelles ont toutes identifié des
risques et des réponses à apporter lors de l'exercice d'évaluation Cadre de gestion de la continuité des activités
réalisé en 2009 sur la base d'une approche descendante. Le
rapport d'évaluation 2009 en résultant comprenait des points 42. La gestion de la continuité d'activité est une approche globale
d'action de suivi pour chaque entité organisationnelle. Toutefois, qui inclut la politique, les règles et les procédures pour s’assurer que des
il n'existait aucune documentation relative aux analyses coûts- opérations précises peuvent être poursuivies ou récupérées dans un laps
avantages au sein des entités organisationnelles faisant partie de de temps raisonnable dans le cas d'une perturbation. Son but est de
l'échantillon. réduire au minimum les conséquences opérationnelles, financières,
légales, de réputation et autres conséquences substantielles résultant
38. Dans certains cas, la procédure d'acceptation, qui suit d'une perturbation (29).
l'identification du risque par l'entité organisationnelle et relève
du comité du risque opérationnel/du directoire, s'est avérée
43. L'objectif de la gestion de la continuité des activités est
particulièrement lente. Par exemple, deux risques relevés en
de garantir que les dispositifs et les solutions en matière de
juillet-août 2009 n'avaient toujours pas été approuvés en
continuité des activités sont conformes aux objectifs, aux obli
décembre 2010. En outre, il ressort de la liste des points d'ac
gations et aux missions statutaires de la BCE, ainsi qu'à sa
tion en cours examinée lors des réunions du comité du risque
politique de tolérance des risques (30).
opérationnel que certains points sont restés ouverts pendant
plus d'un an, voire deux dans quelques cas.
44. L'audit a comporté un examen des principaux documents
39. Il n'a été possible de mettre en évidence les ressources constituant le cadre de gestion de la continuité des activités, à
spécialement allouées aux activités de gestion des risques opéra savoir:
(27) Source: site web de la Banque du Canada, «Plan à moyen terme — le chapitre 26 du Business Practice Handbook, qui définit un
2010-2012» ([Link] – 13 juillet 2011). cadre général, ainsi que les processus à mettre en place et les
(28) Pour certains projets, par exemple dans le domaine informatique, il résultats à atteindre, et détermine les rôles et les responsa
existe des procédures spécifiques, telles qu'elles sont présentées dans
les procédures relatives à l'organisation et au contrôle des projets
bilités,
(Project Organisation and Control Procedures). Les informations sur les
risques relatifs aux projets sont communiquées séparément par l'in (29) «Principes directeurs en matière de continuité d'activité», Comité de
termédiaire du comité de pilotage de projet/comité de pilotage de Bâle sur le contrôle bancaire, août 2006, point 9.
projet des nouveaux locaux. La gestion des risques liés à des projets (30) «Business Practice Handbook» (BPH), 5e édition, BCE, 24 septembre
spécifiques a été exclue du champ du présent audit. 2010.
C 173/8 FR Journal officiel de l’Union européenne 16.6.2012
— la stratégie de la BCE concernant la formation et les tests en 50. La dernière mise à jour de l'analyse d'impact sur l'activité,
matière de continuité des activités, dont l'objectif était de combler les lacunes détectées en 2007, a
été achevée en 2010. Depuis la crise financière, il n'a été
— le programme des tests relatifs à la continuité des activités, procédé à aucune analyse d'impact complète sur l'activité.
Plans de continuité des activités
— le manuel de gestion des crises.
Opérations critiques
45. La BCE a élaboré un manuel de gestion des crises qui
définit les rôles, les responsabilités et les processus en cas de 51. Il conviendrait de concevoir les plans de continuité des activités
crise, et contient les coordonnées de l'équipe de gestion des de telle manière que les opérations critiques soient identifiées pour
crises. Chaque entité organisationnelle est pleinement respon garantir que la BCE puisse remplir ses obligations statutaires, telles
sable de l'établissement de son plan de continuité des activités. qu'elles sont définies dans le protocole correspondant sur les statuts de
Toutefois, le modèle directeur en la matière ne requiert pas de la BCE (33). Ces plans devraient être élaborés sur la base du «scénario
plan de continuité des activités à l'échelle de l'organisation et la le plus pessimiste» et en tenant compte du fait que les réponses à
BCE n'en a pas élaboré. apporter peuvent être allégées pour s'adapter à la réalité de la crise (34).
46. La BCE a mis en place un cadre solide, qui fournit des 52. La BCE a défini les principaux critères de référence
orientations sur les politiques, les processus et les responsabilités servant à déterminer la criticité pour un certain nombre de
en matière de gestion de la continuité des activités au sein de risques sur la base de ses obligations statutaires (voir encadré 3).
l'organisation. Toutefois, cette approche décentralisée induit
également le risque que, en l'absence d'une coordination rigou Encadré 3
reuse, la mise en œuvre de la gestion de la continuité des
activités dans l'organisation prise dans son ensemble manque Principaux critères de référence pour déterminer la
de cohérence. criticité
— orientations sur la manière de traiter les processus non — perte de crédibilité/d'image/de réputation,
récurrents ou peu fréquents,
— pertes financières pour la BCE,
— détermination des besoins supplémentaires en matière de
soutien. — pertes financières pour d'autres institutions,
49. Une mise à jour approfondie de l'analyse d'impact sur — problèmes juridiques éventuels,
l'activité réalisée en 2007 a révélé que la continuité des activités
et les dispositifs en vigueur à cette époque présentaient certaines — autres conséquences que celles énumérées ci-dessus.
lacunes. Une stratégie de suivi a été mise en place, proposant
différentes solutions pour combler les lacunes observées ou Source: Analyses d'impact sur l'activité de la BCE, Étude 2006.
accepter les risques et les coûts. Toutefois, même si les coûts
des solutions concernant l'informatique et l'infrastructure logis
tique figuraient dans le document en question, ce dernier ne
comprenait aucune ventilation visant à montrer l'incidence, sur (33) L'article 3 du protocole (no 4) sur les statuts du Système européen
de banques centrales et de la Banque centrale européenne définit les
les coûts, des différents niveaux de risque. missions statutaires à exécuter par la BCE.
(34) Business Continuity Guideline: A Practical Approach for Emergency Prepa
(31) «Principes directeurs en matière de continuité d'activité», Comité de redness, Crisis Management, and Disaster Recovery (Orientations en
Bâle sur le contrôle bancaire, août 2006, point 10. matière de continuité des activités: une approche pratique pour la
(32) «Analyses d'impact sur l'activité de la BCE», Étude 2006, direction préparation aux situations d'urgence, la gestion des crises et la
générale Ressources humaines, budget et organisation, 16 janvier récupération après un sinistre), ASIS international, 2005, point
2007. 11.3.
16.6.2012 FR Journal officiel de l’Union européenne C 173/9
53. Sur la base de l'examen par la Cour de ces principaux continuité des activités font l'objet d'une révision suffisante par
critères de référence et d'une évaluation préliminaire du degré la fonction ORM/BCM.
potentiel de poursuite des opérations dans le cadre des scénarios
établis (35), il a été estimé que les plans élaborés ont été conçus 57. Sur les cinq entités organisationnelles (41) sélectionnées
de manière à garantir que les obligations statutaires soient pour les tests approfondis, quatre ont présenté des plans de
remplies. Dans le cadre de son examen des plans de continuité continuité des activités conformes aux exigences en la matière,
des activités, la Cour a cependant constaté que les plans destinés dont trois traitaient de manière exhaustive les processus
à faire face, en cas de sinistre, à de lourdes pertes au niveau des critiques identifiés dans le cadre de l'analyse d'impact sur l'acti
ressources humaines (36) faisaient défaut. Bien que les entités vité.
organisationnelles responsables des processus aient désigné les
personnes compétentes en matière de continuité des activités, 58. Dans la plupart des cas, il n'existait aucune documenta
ainsi que leurs remplaçants, aucune d'entre elles ne disposait tion relative aux analyses coûts-avantages des diverses solutions
d'un «plan de secours» pour les cas d'indisponibilité du possibles en matière de continuité des activités au sein des
personnel à grande échelle. entités organisationnelles faisant partie de l'échantillon, ni
aucune évaluation des différents niveaux de risques.
Respect du modèle directeur concernant le
plan de continuité des activités Réalisation de tests
54. Conformément au modèle directeur du plan de continuité des 59. Les organisations devraient, de manière appropriée, tester leurs
activités, les plans des différentes entités organisationnelles devraient plans de continuité d’activité, évaluer leur efficacité et mettre à jour leur
couvrir: gestion de la continuité d’activité (42). En vertu de la norme BS
— les aspects organisationnels (37), 25999 (43), l'organisation doit veiller à ce que les dispositifs de
gestion de la continuité des activités soient validés par le biais de
— les processus critiques (38), tests et de révisions, et qu'ils soient maintenus à jour.
— les ressources (39), 60. Les documents suivants ont été examinés:
— la liste des parties prenantes.
— la stratégie appliquée pour les tests de la continuité des
Une organisation comparera l’avantage direct de mesures prises pour activités (44),
améliorer sa résilience aux perturbations opérationnelles avec le coût de
ces mesures (40). — les programmes et les calendriers des tests pour la période
2008-2010,
55. D'une manière générale, le modèle directeur du plan de
continuité des activités de la BCE définit la structure et le — les rapports des tests.
contenu que les plans de continuité des activités des différentes
entités organisationnelles doivent obligatoirement présenter. En 61. La stratégie en matière de tests est centrée sur les plans
tant que tel, ce modèle ne comporte qu'un canevas des docu de continuité des activités et les plans de récupération des
ments relatifs au plan de continuité des activités que les entités systèmes d'information qui ont été établis pour permettre la
doivent présenter. révision des processus critiques conformément à l'analyse d'im
pact sur l'activité. Le cadre de tests inclut une répartition claire
56. Les plans de continuité des activités sont élaborés au des responsabilités, la définition de l'étendue des tests et de leur
niveau de l'entité organisationnelle, du département ou de la fréquence, les exigences en matière de communication des infor
division. Si, d'une manière générale, le modèle directeur du mations, ainsi qu'un programme pertinent pour les tests à
plan de continuité des activités a bien été respecté pour ce moyen terme. L'examen a montré que le cadre de tests mis
qui est du contenu, de grandes différences apparaissent néan en place est adéquat et conforme aux exigences de la norme
moins en ce qui concerne le degré de détails. Bien que la BS 25999.
fonction ORM/BCM joue un rôle de coordination centrale, la
qualité des différents plans de continuité des activités dépend de 62. Les tests effectués ont révélé que les exercices de simu
la personne responsable au niveau de l'entité organisationnelle. lation, bien qu'ils couvrent le personnel clé et soient réalisés
Il n'existe aucun élément attestant que les différents plans de régulièrement, ne reproduisent pas toujours les situations
auxquelles la BCE serait confrontée en cas de perturbation
(35) Sur la base de six scénarios de catastrophe, l'analyse d'impact sur majeure de ses activités. Les tests prévus en 2009 et 2010
l'activité permet d'examiner l'incidence de ceux-ci sur la capacité n'ont pas couvert tous les scénarios élaborés par la BCE, et
opérationnelle de chacune des entités organisationnelles. les tests programmés initialement n'ont pas toujours été tous
(36) Requis par les principes directeurs en matière de continuité d'acti
vité, Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, août 2006, point 23.
exécutés.
(37) À savoir, les organes de décision en cas de crise, la composition de
l'équipe responsable de la continuité des activités, les relations avec (41) La DG-IS dispose d'un processus de continuité des activités distinct.
les autres équipes et l'emplacement de l'équipe responsable de la Il est soumis à un audit externe visant à vérifier sa conformité à la
continuité des activités. norme ISO 20000; c'est la raison pour laquelle la DG-IS a été
(38) À savoir, les processus qui ont été mis en évidence et approuvés exclue du champ de l'audit réalisé par la Cour en 2010.
dans le cadre de l'analyse d'impact sur l'activité, assortis d'une liste (42) «Principes directeurs en matière de continuité d'activité», Comité de
des tâches présentant en détail les différentes activités indispensables Bâle sur le contrôle bancaire, août 2006, principe 6.
à la continuité des processus critiques en question. (43) Norme britannique du code de bonne pratique en matière de
(39) À savoir, le matériel informatique et de bureau, ainsi que les gestion de la continuité des activités.
manuels. (44) «ECB Business Continuity Testing and Training Strategy» (Stratégie de la
(40) «Principes directeurs en matière de continuité d'activité», Comité de BCE en matière de tests de continuité des activités et de formation),
Bâle sur le contrôle bancaire, août 2006, point 13. comité du risque opérationnel, 4 mars 2008.
C 173/10 FR Journal officiel de l’Union européenne 16.6.2012
64. La stratégie adoptée par la BCE en matière de formation — le cadre global de gestion des risques financiers pour les
prévoit que l'ensemble du personnel doit pouvoir bénéficier du opérations de placement et autres activités bancaires est
programme de sensibilisation à la gestion de continuité des adéquat et conforme aux meilleures pratiques,
activités (46). En ce qui concerne les tests, la stratégie de forma
tion prévoit l'établissement d'un programme de formation, qui — la méthodologie relative aux risques financiers adoptée par
précise les détails de la mise en œuvre. la BCE permet la gestion adéquate de ceux-ci,
71. La division RMA est chargée d'assurer le fonctionnement 77. Le processus de placement des réserves de change repose
du cadre global de gestion des risques pour les opérations de sur une structure à trois niveaux, en l'occurrence la référence
placement, ainsi que pour le suivi, l'évaluation et le contrôle des stratégique, la référence tactique et les portefeuilles réels. La
risques inhérents à ces opérations. Elle surveille le respect des référence stratégique, qui reflète les préférences en matière de
politiques et des processus convenus en matière de gestion des risque-rendement à long terme, relève de la décision du conseil
risques de crédit et de marché. Les cas de non-respect sont des gouverneurs.
communiqués conformément aux procédures d'intervention
par paliers convenues. 78. S'agissant du processus de placement des fonds propres,
il s'articule autour d'une structure à deux niveaux, à savoir la
72. La DG-M est l'entité organisationnelle responsable de référence stratégique et le portefeuille réel. La référence straté
l'exécution des opérations de placement à la BCE. En outre, gique relève de la décision du directoire.
elle est chargée de la maintenance et de la poursuite du déve
loppement de l'application destinée à la gestion des portefeuilles 79. Les rendements sont maximisés en tenant compte de la
de l'Eurosystème (55). La division Placements de la DG-M est contrainte de ne pas essuyer de perte et d'allouer les actifs; ils
responsable de l'élaboration des propositions du comité d'inves sont mis en œuvre par le biais d'une allocation stratégique
tissement concernant la référence tactique pour les portefeuilles spécifique des actifs (58).
de réserves de change et la gestion directe du portefeuille de
fonds propres de la BCE.
80. Les listes des pays, des émetteurs et des contreparties
éligibles sont gérées par la division RMA. Celle-ci définit les
73. Le Handbook of Financial Risk Management (56), document limites pour les contreparties sur la base de la méthodologie
clé en matière de gestion des risques financiers des activités de approuvée par le directoire. S'agissant de la gestion des réserves
placement, présente une vue d'ensemble complète des poli de change, les limites fixées pour les banques centrales natio
tiques, des procédures et des processus pertinents, notamment nales sont établies conformément à la méthodologie approuvée
en faisant référence aux documents adoptés par l'organe de par le conseil des gouverneurs. Une fois par an, toutes les
décision de la BCE. limites sont systématiquement actualisées. En outre, l'incidence
des changements de notation sur l'éligibilité et les limites est
74. Le cadre global et celui de gestion des risques financiers immédiatement prise en considération.
mis en place par la BCE aux fins de gestion des opérations de
placement et autres activités bancaires donnent une définition 81. L'allocation stratégique des actifs tient compte d'impéra
du risque financier à l'échelle de la banque, et établissent les tifs politiques stricts, à savoir:
principes régissant la manière dont les risques financiers doivent
être identifiés, évalués, suivis et maîtrisés/atténués.
i) les objectifs de constitution des réserves;
Méthodologie de gestion des risques financiers
ii) les préférences en matière de risque-rendement;
75. Il convient d'élaborer des orientations adéquates en matière de
placement permettant de déterminer l'appétence pour le risque de façon iii) l'approche de modélisation;
satisfaisante et fournissant des indications détaillées pour les opérations
de placement. iv) l'horizon d'investissement et la fréquence de révision;
76. Le Handbook of Financial Risk Management de la BCE v) la répartition des responsabilités entre le niveau de la réfé
définit les éléments suivants: rence stratégique et celui de la référence tactique dans la
chaîne d'investissement;
i) la tolérance au risque de la BCE;
vi) le contenu de l'information alimentant les décisions de
ii) les instruments et les opérations approuvés; placement;
iii) les contreparties et les émetteurs éligibles – fixation des vii) les placements éligibles;
limites;
viii) les contraintes imposées en matière de placement.
iv) l'allocation stratégique des actifs;
Les horizons de risque et d'investissement sont déterminés sur
v) l'établissement de rapports et d'évaluations sur le suivi; une base annuelle pour les réserves de change et quinquennale
pour les fonds propres.
vi) la révision du cadre (57).
82. L'audit de la Cour a comporté un examen:
(55) Application utilisée pour la gestion des réserves de change de la
BCE et de ses fonds propres, ainsi que pour la production des — du caractère exhaustif et adéquat de la définition de l'appé
chiffres relatifs à la performance.
(56) «Handbook of Financial Risk Management, Policies and procedures»
tence pour le risque et de la stratégie en matière de risque,
(Manuel sur les principes généraux et les procédures en matière
de gestion du risque financier), mars 2008. (58) Les décisions sont prises par le conseil des gouverneurs pour les
(57) Révision des points i) à v), régulièrement ou au moins une fois par réserves de change et par le directoire pour les fonds propres, sur la
an, par le directoire ou le conseil des gouverneurs. base des propositions formulées par la division RMA.
C 173/12 FR Journal officiel de l’Union européenne 16.6.2012
— des orientations en matière de placement, c) les hypothèses des modèles n'étaient pas toujours suffisam
ment documentées.
— du processus de décision concernant les limites de place
ment, 88. Un examen des meilleures pratiques utilisées dans d'au
tres organisations internationales similaires a montré que, à la
— des différentes mesures prises pour atténuer les risques et de suite de la crise financière aux États-Unis, la Banque fédérale de
leur cohérence: risque de marché, risque de crédit, risque de réserve de New York a mis en place une équipe chargée de la
contrepartie, risque de liquidité et risque opérationnel des validation des modèles dans le cadre du renforcement des capa
activités de placement. cités en matière de gestion des risques financiers. L'encadré 4
présente les tâches principales de cette équipe.
83. L'examen du cadre de gestion prises pour atténuer les
risques financiers montre que la méthodologie appliquée permet
de déterminer l'appétence pour le risque de manière satisfaisante Encadré 4
et donne des orientations complètes en ce qui concerne les
Équipe chargée de la validation des modèles à la Banque
opérations de placement à la BCE.
fédérale de réserve de New York
Application de la méthodologie de gestion des risques
financiers Les tâches principales de l'équipe consistent à:
84. La méthodologie de gestion des risques financiers, telle qu'elle — recenser tous les modèles utilisés dans le cadre de la
est décrite à la section précédente, devrait être appliquée efficacement gestion des risques financiers,
dans la pratique.
— examiner et valider la documentation relative au modèle,
85. L'audit de la Cour a comporté:
— élaborer une documentation détaillée lorsque les docu
ments fournis sont jugés insuffisants,
i) un examen du caractère adéquat des références par rapport
au profil de risque du portefeuille, y compris les mesures de — réaliser des tests des modèles.
détection des erreurs, la qualité et la gestion des données,
ainsi que la sécurité des données relatives aux références
stratégiques et tactiques;
Caractère adéquat de la communication d'informations sur
les risques financiers
ii) un examen des outils et du système sous-tendant le calcul et
la mise à jour des portefeuilles et des références; 89. Il devrait exister un processus visant à assurer un suivi régulier
des profils de risque et des dangers de pertes importants. Un système
iii) un examen portant sur la gestion de la modification des d'information et de suivi fiable devrait être mis en place.
références.
90. La division RMA veille au respect des politiques et
86. S'agissant du cadre relatif à la VaR, les aspects suivants processus convenus en matière de gestion des risques de
ont été examinés: marché et de crédit; elle est également responsable de la noti
fication des cas de non-respect conformément aux procédures
i) les analyses de la qualité des données et de la gestion des d'intervention par paliers prévues. La division RMA de la BCE
données, ainsi que l'examen des données de sécurité et de communique régulièrement des informations sur le risque-
contrôle; rendement et les performances des portefeuilles de réserves de
change et de fonds propres de la BCE, ainsi que sur les réfé
ii) les analyses de la technique de modélisation, ainsi que les rences stratégiques et tactiques correspondantes. Les rapports
hypothèses des modèles et les principales composantes de la sont établis sur une base quotidienne, hebdomadaire, mensuelle,
modélisation; trimestrielle et annuelle.
iii) les tests visant à en vérifier le caractère raisonnable, l'examen 91. Les tests et les entretiens réalisés par les auditeurs ont
des résultats de contrôles ex post et les analyses des confirmé que les rapports sur les performances sont établis
rapports. régulièrement et transmis à la direction en temps utile. Toute
fois, il a été constaté que les normes GIPS (59), considérées
87. Les tests ont montré que la méthodologie a été mise en comme meilleures pratiques, ne sont pas pleinement respectées
œuvre de manière adéquate. Toutefois, aucun document n'at dans le cadre de l'établissement de rapports internes de la BCE
teste que le «principe du double regard» a été appliqué. En outre, sur les performances.
l'examen des modèles utilisés pour calculer les références stra
tégiques et tactiques ainsi que pour établir la VaR, y compris la (59) Les normes GIPS (Global Investment Performance Standards –
validation du modèle, a permis de constater que, dans certains normes internationales de présentation des performances), créées
cas: et administrées par le CFA Institute (Chartered Financial Analyst
Institute) constituent un ensemble de principes éthiques normalisés
a) les modèles ne faisaient pas l'objet de contrôles ex post et appliqués au secteur de la gestion d'actifs, qui fournissent des
orientations sur la manière de calculer et de communiquer les
réguliers et documentés ces derniers temps; résultats en matière d'investissement. L'adhésion à ces normes,
basées sur les principes fondamentaux de totale transparence et
b) les modèles appliqués n'avaient fait l'objet d'aucune valida de présentation honnête des résultats de la performance des inves
tion indépendante, ni d'aucune mise à jour récente; tissements, est volontaire.
16.6.2012 FR Journal officiel de l’Union européenne C 173/13
93. Les comptes annuels de la BCE abordent brièvement b) un plan pour faire face à de lourdes pertes au niveau des
certaines questions de gestion des risques, mais ne présentent ressources humaines fait défaut;
pas une vue d'ensemble du processus de gestion des risques au
sein de l'organisation, ni les risques encourus, ni l'approche c) les tests prévus ne couvraient pas entièrement tous les scéna
adoptée par l'encadrement pour y faire face. rios de catastrophe envisagés par la BCE;
Recommandations
6. La BCE devrait continuer à améliorer l'examen et la validation des modèles utilisés pour le calcul des
références stratégiques et tactiques, ainsi que pour le calcul de la VaR; elle devrait notamment s'efforcer
de rassembler une documentation détaillée lorsque les documents sont jugés insuffisants, réaliser des
tests des modèles, ainsi qu'assurer une révision régulière des hypothèses de modèles.
7. Les changements apportés aux normes GIPS devraient être examinés sur une base annuelle et il
faudrait envisager d'en tenir pleinement compte lors de l'établissement des rapports internes de la
BCE sur les performances.
Le présent rapport a été adopté par la Chambre IV, présidée par M. Louis GALEA, membre de
la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 27 mars 2012.
La Banque centrale européenne (BCE) accueille favorablement le rapport de la Cour des comptes européenne
pour l’exercice 2010 ainsi que les observations et recommandations de la Cour en vue d’améliorations. La
BCE note en outre que la Cour reconnaît: a) qu’elle présente une structure organisationnelle clairement
définie et a mis en place des politiques adéquates de gestion des risques opérationnels; et b) que le cadre
global de gestion des risques financiers tel qu’il a été établi par la BCE pour les opérations de placement et
autres activités bancaires est approprié.
La BCE prend note des observations et recommandations de la Cour en vue d’améliorations. Les commen
taires de la BCE au sujet de certains paragraphes et des sept recommandations sont détaillés ci-après.
Paragraphes 9 à 13 et 92
S’agissant de la description de la Cour du cadre global de gestion des risques de la BCE, quelques précisions
peuvent être apportées.
Le cadre de gestion des risques opérationnels, qui couvre la mesure et le suivi de ces risques par la BCE,
incombe à la fonction responsable de la gestion des risques opérationnels et de la continuité opérationnelle
(Operational Risk Management & Business Continuity Management, ORM/BCM), rattachée à la direction générale
des Ressources humaines, du budget et de l’organisation. Tant le cadre de gestion des risques financiers liés
aux opérations de marché que la mesure et le suivi des expositions aux risques découlant de ces opérations
sont de la responsabilité du service de la gestion des risques. Ce type de dispositif organisationnel est
répandu dans les banques centrales et les organisations apparentées. En tout état de cause, la coexistence
d’une fonction et d’un service spécifiques ne doit pas être interprétée comme un cloisonnement entre la
gestion des risques financiers et des risques opérationnels, mais comme un choix organisationnel visant à
assurer une répartition efficiente des tâches incombant collégialement au directoire en matière de gestion
globale des risques à la BCE.
Étant donné les évolutions survenues depuis l’audit de la Cour, la BCE souhaite apporter les informations
suivantes:
— dans le domaine des risques opérationnels, le comité du risque opérationnel, dont le rôle est de favoriser
et de surveiller le développement, la mise en œuvre et la maintenance de la fonction ORM, est désormais
présidé par le vice-président de la BCE,
— en ce qui concerne les risques financiers, la BCE a réorganisé en juillet 2011 sa division Gestion des
risques en un service de la gestion des risques, qui fonctionne de façon autonome et fait rapport au
directoire par l’intermédiaire d’un de ses membres qui n’est pas en charge de la direction générale
Opérations de marché. Ce changement a résulté: i) du rôle accru de la gestion des risques financiers
au sein des banques centrales en général et de la BCE en particulier; et ii) des recommandations faites par
le conseil des gouverneurs à toutes les banques centrales de l’Eurosystème afin que les membres de leurs
instances de décision utilisent des dispositifs de reporting différents selon qu’ils ont la responsabilité des
opérations de marché ou celle de la gestion des risques financiers.
Paragraphes 16, 17 et 93
Des informations relatives à la gestion des risques figurent dans plusieurs chapitres du rapport annuel et
dans les comptes annuels de la BCE. Les comptes annuels sont établis conformément aux règles et méthodes
comptables que le conseil des gouverneurs de la BCE estime appropriées pour les activités de banque
centrale. Ces principes sont appliqués systématiquement par toutes les banques centrales de l’Eurosystème
aux opérations qu’elles conduisent. Ils sont considérés à l’échelle internationale comme des normes d’infor
mation financière adaptées aux banques centrales.
Les obligations juridiques de la BCE en termes d’information financière sont définies dans la décision de la
BCE concernant ses comptes annuels (décision BCE/2010/21). La BCE suit les principes de valorisation fixés
par les normes internationales d’information financière (International Financial Reporting Standards, IFRS), telles
qu’elles ont été adoptées par l’Union européenne, lorsqu'aucun traitement comptable spécifique n’est prévu
dans la décision BCE/2010/21 et en l’absence d’une décision contraire prise par le conseil des gouverneurs.
De plus, en vertu de la décision susmentionnée, la BCE prépare ses comptes annuels en fonction du niveau
de diffusion des informations décidé par le conseil des gouverneurs et n’est pas tenue de se conformer aux
obligations stipulées par la norme IFRS 7 en matière d’informations à fournir.
Paragraphe 24
La BCE souhaite préciser qu’elle fournit aux coordinateurs et gestionnaires de risques, via les pages intranet
qu’elle consacre à l’ORM, toutes les informations pertinentes, y compris concernant la classification des
événements et de leurs causes profondes. Par ailleurs, lors du lancement de chacune des mises à jour de
l’évaluation des risques opérationnels – effectuées une fois par an à l’échelle de la banque –, des orientations
complémentaires ayant trait à l’identification des risques sont données aux entités organisationnelles.
Paragraphe 28
Le nombre des membres du personnel de la fonction ORM/BCM employés à titre permanent a été récem
ment porté à cinq. Du point de vue de la BCE, la composition actuelle de cette équipe tire avantage du
détachement de personnel des banques centrales nationales et n’augmente pas le risque d’une mise en œuvre
inappropriée du cadre de gestion des risques opérationnels.
Paragraphes 29 et 66
Afin de renforcer le degré de sensibilisation au cadre ORM et aux dispositifs de continuité opérationnelle, la
BCE améliorera la présentation des informations sur les pages intranet correspondantes et invitera les
responsables des équipes concernées à organiser des présentations de façon régulière dans les différentes
entités organisationnelles.
Paragraphes 37, 58 et 95
Il convient, au titre des principes de la gestion des risques opérationnels, de conduire une analyse coûts-
avantages dès la définition des stratégies à suivre face aux risques potentiels, afin de s’assurer que ces
stratégies sont efficaces en termes de coûts. Or, une telle analyse ne devient essentielle qu’à partir du
moment où une mesure est prise face à un risque concret. Ainsi, une analyse coûts-avantages est toujours
requise lorsqu’un projet est engagé à la BCE.
Paragraphes 50 et 98 a)
La BCE met à jour son analyse d’impact sur l’activité quand cela est nécessaire et non à intervalles réguliers,
le but étant de répondre en temps utile aux nouvelles exigences en matière de continuité opérationnelle
(changements systémiques ou organisationnels, nouveaux processus ou nouvelles applications, etc.). Cela
étant, après la remise au directoire, en 2007, d’une analyse d’impact complète sur l’activité, des exigences de
continuité opérationnelle ont été intégrées à plusieurs occasions au cadre de gestion de la continuité
opérationnelle.
Paragraphes 53 et 98 b)
La BCE estime que le plan « pandémique » complet qu’elle a élaboré est suffisant pour faire face à de lourdes
pertes de ressources humaines. En outre, elle a pris des dispositions de secours pour assurer la poursuite de
ses processus les plus essentiels dans le cas extrêmement improbable d’une indisponibilité totale du person
nel.
Paragraphes 62 et 98 c) et d)
Du fait de la crise financière, la disponibilité de fonctions clés de la BCE est requise presque tous les week-
ends, ce qui limite inévitablement l’étendue et la fréquence des tests de continuité opérationnelle globaux.
Dès lors, tandis que des tests portant sur des scénarios concrets sont menés de manière régulière par l’équipe
de gestion des crises, une approche plus prudente a été adoptée concernant les tests d’ensemble relatifs aux
plans de continuité opérationnelle et aux installations informatiques de secours de la BCE, afin de réduire le
risque d’interruption des opérations en cours.
Paragraphes 91 et 100
La BCE n’a pas adopté l’intégralité du cadre des normes internationales de présentation des performances
(Global Investment Performance Standards, GIPS), car il n’est pas entièrement applicable à ses activités de
banque centrale.
Recommandation 1
La BCE examine et accueille toujours favorablement les recommandations allant dans le sens d’une amélio
ration de sa gestion des risques et d’une application de pratiques performantes de banque centrale. La
structure organisationnelle en place actuellement pour la gestion des risques fournit un cadre efficient à
la répartition des tâches incombant collégialement au directoire en termes de gestion des risques globaux de
la Banque.
16.6.2012 FR Journal officiel de l’Union européenne C 173/17
Recommandation 2
En termes d’information financière, la BCE respecte déjà les obligations juridiques fixées dans la décision
BCE/2010/21. Elle suit et continuera de suivre les évolutions des normes IFRS, en particulier sous l’angle de
leur adéquation avec son information financière.
Recommandation 3
La BCE accepte cette recommandation. Tandis que ses différentes entités organisationnelles ont toujours
intégré à leurs programmes de travail et leurs projets de budget annuels des actions et des coûts relatifs à la
mise en œuvre de mesures de réduction des risques, elle a récemment modifié le calendrier des processus
correspondants afin que la mise à jour annuelle de l’évaluation des risques opérationnels soit entièrement
synchronisée avec les cycles de planification stratégique et financière.
Recommandation 4
La BCE accepte cette recommandation.
Recommandation 5
La BCE accepte cette recommandation. Elle s’engage pleinement à poursuivre le renforcement de ses plans
de continuité opérationnelle et s’efforcera d’assurer la réalisation des programmes de test de tous les
processus et objectifs concernés en temps utile. En revanche, elle mettra en balance l’urgence de mener
les tests prévus et l’exigence de réduire les risques dans l’exécution des tâches qui lui incombent, d’autant
plus dans la période actuelle de crise financière.
Recommandation 6
La BCE accepte cette recommandation et reste attachée à poursuivre l’examen, les tests et la compilation
d’une documentation exhaustive de ses modèles de risques et de répartition des actifs dans le but de
satisfaire aux critères les plus stricts.
Recommandation 7
La BCE suit et continuera de suivre les évolutions des normes GIPS, en particulier sous l’aspect de leur
adéquation avec l’établissement des rapports internes de la BCE sur les performances des placements.