0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues10 pages

Raisonnement Clinique en Sage-Femme

Transféré par

sagesfemmes.to
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues10 pages

Raisonnement Clinique en Sage-Femme

Transféré par

sagesfemmes.to
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INFSSF TLEMCEN Niveau : Sage-femme 3ème Année

Module :Raisonnement clinique Responsable du module : Mr METAHRI

Introduction :

Le Raisonnement Clinique est la pierre angulaire de la prestation de soins de qualité; il


représente le processus par lequel les professionnels de la santé, en particulier les sages-
femmes prennent des décisions concernant les soins à prodiguer.

Nous savons que sur le terrain, au quotidien, les sages-femmes doivent prendre des décisions
concertant la femme enceinte, la femme accouchée et/ou le nouveau-né et la nouvelle mère et
sa famille ; ce sont des tâches qui doivent être modulées en fonction de chaque situation et
chaque contexte de la pratique.

1. Définition : On appelle Raisonnement Clinique RC Les processus de pensée et de prise de


décision qui permettent au praticien de proposer une prise en charge dans un contexte
spécifique de résolution de problème de santé.

Processus de pensée et de prise de décision qui permet de mener des actions appropriées en
fonction du contexte qui nécessite:

L’intuition

L’anticipation

La perception

L’observation

2. Objectifs du Raisonnement Clinique :

Prise de Décision Éclairée

Personnalisation des Soins

Amélioration de la qualité des Soins

Sécurité de la Patiente

Confiance de la Patiente

Organisation et structuration

3. Les processus du Raisonnement clinique :

Il existe deux processus : l’un « non analytique » et l’autre « analytique ».

Ils sont complémentaires et peuvent être utilisés dans la même situation clinique, même si
l’un ou l’autre s’avère parfois plus utile selon les situations.
1
3.1. Processus non analytique :

C’est un R intuitif, rapide et presque automatique, permet de poser un diagnostic suite à la


reconnaissance d’une configuration caractéristique de signes et symptômes.

Exemple: la couleur jaune de la peau et de la sclérotique de l’oeil = Ictère.

Les cas concrets sont également des processus non analytiques où le clinicien va se rappeler
d’un cas similaire précédemment rencontré qu’il garde en mémoire ; cela va lui permettre de
penser rapidement à ce même diagnostic.

3.2. Processus analytique :

C’est le raisonnement qui repose sur une génération d’hypothèses.

Les connaissances guident le raisonnement clinique et aident à la prise de décision (socle


théorique++)

Les compétences de la SF permettent de formuler des hypothèses après recueil des données.

4. Les différents types de raisonnement clinique:

4.1-Raisonnement déductif :

Consiste à appliquer des règles et à utiliser des connaissances requises pour résoudre des
problèmes particuliers; On part de principes, de règles, de concepts généraux pour les
appliquer dans des cas particuliers.

4.2 -Raisonnement inductif :

Part d’un ou de plusieurs faits particuliers pour en retirer un principe, une règle, une idée
générale ; il s’agit de découvrir la règle, le principe général, à partir du cas particulier.

4.3-Raisonnement analogique :

Consiste à trouver un même type de relation entre une série d’éléments observés (c’est
comme…)

Cette démarche correspond à transposer un traitement ou une solution déjà connue à un


nouveau contexte; ce type de raisonnement s’appuie sur des comparaisons; la méthode
analogique se lie intimement à la méthode intuitive.

4.4-Raisonnement hypothético-déductif :

Approche dominante dans la prise de décision clinique dans le domaine de la santé ; centré
sur la capacité de déduire des conclusions à partir de pures hypothèses et pas seulement une
observation réelle.

2
La 1ère étape c’est la formulation d’une hypothèse ;

La 2ème étape c’est la confirmation ou de l’infirmation de l’hypothèse.

5. Le modèle C.D.A.R en Raisonnement clinique :

-Cible
-Données

-Actions
-Résultats
La cible : Enoncé très précis de ce qui attire l’attention chez la personne soignée ou son
entourage : symptôme, situation du jour, comportement, modification dans l’état de santé:
gain d’autonomie, douleur ; la cible n’est jamais un diagnostic, ni une action de soins.

Les données : Informations objectives et subjectives qui précisent la cible et décrivent les
observations concernant la cible: circonstances de survenue et description de l’évènement

Les actions : Ce sont les soins des différents rôles qui ont été ou seront mis en place après
analyse de la situation en vue d’améliorer l’état de santé de la patiente.

Le résultat : Effet observé des actions entreprises, il évoque la disparition ou non des
manifestations observées, et à terme celle du problème ciblé.

6. Méthodologie du raisonnement clinique :

6.1 Le Recueil de données :

Hexamètre de Quintilien :

Définition :

Outil qui sert à comprendre une situation sous tous ses angles en abordant tous ses aspects,

On peut comprendre une situation, un événement et ensuite l'analyser.

Constitue un outil de base dans la résolution d’un problème.

Objectifs :

Permet la compréhension d'une situation sur ces différents aspects ;

Permet une description le plus complètement possible;

À utiliser avant d'aller plus loin dans l'analyse;

Permet de donner des explications aux événements survenus et ensuite de proposer des
solutions si nécessaires.

3
Contexte :

À utiliser face à un dysfonctionnement comme méthode de résolution problème.

Nous oblige à nous poser les bonnes questions pour avoir des informations qualitatives et
quantitatives de la situation ; cela doit nous donner des éléments factuels sur lesquels
s'appuyer.

Comment l'utiliser ?

Déterminer le périmètre de l'observation.

Se poser successivement les questions suivantes :

Quoi: Quel est le problème ? Quel est le phénomène ?

Qui: Qui est concerné ? Quelle fonction ?

Où : Où cela se passe-t-il ? à quel endroit durant le processus concerné ?

Quand : Quand cela se passe-t-il ? À quelle fréquence ?

Comment : Comment cela se caractérise ? Quels sont les symptômes, les effets ?

Pourquoi ? Dans le cadre d'une résolution de problème, le Pourquoi?, vient compléter la liste
et se pose pour chaque réponse obtenue aux différentes questions précédentes ; On aborde
ainsi les causes qui sont à l'origine de l'événement.

Tous les éléments sont recueillis auprès des personnes concernées. Elles seules peuvent
donner ces informations.

Il faut s'assurer de la véracité des choses dites par la recherche de preuves.

Conseils pratiques :

Obtenir des réponses à toutes les questions.

Demander des éléments factuels pour étayer les éléments acquis.

Être pragmatique et concret.

S'appuyer sur un cas réel pour comprendre les réponses obtenues aux questions,

Le questionnement : un Outil de la relation d’aide :

Il existe des techniques de questionnement incluant la relation d’aide que la sage femme doit
apprendre à utiliser de façon raisonnée.

Il s’agit de :

4
Les questions ouvertes: qui donnent la possibilité d’une large réponse (par exemple: Que
ressentez-vous à cet instant ?) ;

Les questions fermées: moins souvent utilisées, qui permettent néanmoins de valider une
réponse (par exemple : Ressentez- vous de la douleur, du stress ?)

Les questions de reformulation: qui consiste à reprendre ce qui vient d’être dit par d’autres
mots, en restant le plus précis et complet possible (par exemple : Si j’ai bien compris…).

La construction de la relation d’aide est primordiale dans le processus du raisonnement


clinique, la patiente est un être humain qui rencontre une difficulté pour parler de lui et
exprimer ses émotions.

La sage-femme doit créer un climat de confiance dans un contexte de soins qui est un facteur
à considérer lors d’une interaction avec la patiente.

Le sentiment de sécurité est essentiel pour que la personne soignée participe à la construction
du jugement clinique.

L’écoute: un outil de recueil de données :

L’écoute thérapeutique utilisée en RC est différente de celle que nous pratiquons dans notre
vie de tous les jours ; c’est un processus actif et volontaire qui évolue sur trois niveaux :

Le premier niveau : La sage-femme centre son attention pour écouter dans le silence ce que
lui dit la personne.

Son écoute se manifeste par sa présence à la fois:

Forte, pour soutenir la patiente,

Discrète, pour ne pas entraver son processus.

Le deuxième niveau: Correspond à la perception de l’ensemble des informations émanant de


la communication non verbale ; en effet la communication corporelle précède très souvent
l’expression verbale.

Il ne s’agit que de quelques secondes durant lesquelles la mimique, la position du corps ou


son mouvement donnent des indices sur ce qui est ressenti ;

Le troisième niveau: Que pense-t-elle en écoutant la patiente ?

Que ressent-elle ?

Quelles sont ses sensations corporelles ?

Ce ressenti évolue vers la compréhension empathique, à condition qu’il soit capable de gérer
ses propres émotions.

5
Les sages-femmes qui savent écouter peuvent témoigner qu’une écoute attentive contribue à
affiner leur raisonnement clinique.

6.2. Tri et catégorisation des données : une pratique basée sur les données est considérée
comme un élément clé pour une pratique sage-femme de qualité.

Regrouper et sélectionner (tri) les données probantes qui se présentent et qui caractérisent la
situation;

Enoncer des données du jour en trois grandes catégories :

-Physiques,

-Psychologiques,

-Sociales.

6.3. Analyse et interprétation des données :

Emettre d’éventuelles hypothèses en lien avec les données initiales;

Recherche sélective de signes pour confirmer ou infirmer les hypothèses;

Considérer et identifier les risques liés au contexte;

Identification d’alternatives pour l’action;

Poser un jugement clinique (diagnostic) .

6.4. Plan d’action :

Il permet de visualiser l’ensemble des interventions de la sage-femme.

Programmer une ou plusieurs actions en vue d’atteindre des objectifs.

Fixer les objectifs à atteindre;

Fixer les délais pour l'atteinte des objectifs.

Evaluer et réajuster.

7. La carte conceptuelle dans le raisonnement clinique :

7.1. Qu’est-ce qu'une carte conceptuelle ?

Une carte conceptuelle est un schéma ou un outil graphique qui représente visuellement les
relations entre des concepts et des idées. La plupart des cartes conceptuelles représentent des
idées sous forme de boîtes ou de cercles (également appelés nœuds). Ces idées sont
structurées de façon hiérarchique et reliées par des lignes ou des flèches (aussi appelés arcs).
Ces lignes sont accompagnées de mots de liaison et de syntagmes qui expliquent les liens
entre les concepts.

6
7
7.2. Caractéristiques :

Les cartes conceptuelles sont également appelées diagrammes conceptuels. Bien que l'on
trouve d'autres types de diagrammes qui leur ressemblent, les cartes conceptuelles ont des
caractéristiques spécifiques qui les différencient des autres outils visuels.

-Concepts :

Les concepts sont définis comme des « événements ou objets, ou des récits d'événements ou
objets, perçus comme étant récurrents ou répétitifs et désignés par une étiquette ». Ils sont
représentés par des formes dans le diagramme.

-Mots de liaison :

Les mots de liaison ou syntagmes se trouvent sur les lignes reliant les objets d'une carte
conceptuelle, et ces mots décrivent la relation entre deux concepts. Ils sont aussi concis que
possible et contiennent généralement un verbe. Exemples : « provoque », « inclut » et «
nécessite ».

-Proposition :

Les propositions sont des formulations sémantiques composées de deux concepts ou plus,
eux-mêmes reliés par des mots de liaison. Ces formulations sont également appelées unités
sémantiques ou unités de sens. Les concepts et les propositions sont les bases de la création de
connaissances dans un domaine. Pour l'essentiel, une carte conceptuelle traduit visuellement
un ensemble de propositions sur un certain sujet.

-Structure hiérarchique :

Un élément clé de la carte conceptuelle est sa structure hiérarchique. Les concepts les plus
généraux et ouverts sont placés en haut de la carte conceptuelle, et les concepts les plus
spécifiques et précis sont placés en dessous, de façon hiérarchique. Une carte conceptuelle se
lit donc de haut en bas.

-Question centrale :

La question centrale définit le problème que la carte conceptuelle doit résoudre, la question
centrale vous permet de créer votre carte conceptuelle en contexte ; elle vous guide et vous
aide à maintenir le cap. Au sein de la structure hiérarchique, la question centrale doit être
placée tout en haut de la carte conceptuelle et servir de point de référence.

-Liens transversaux :

Les liens transversaux sont les relations entre les concepts de différents domaines de la carte
conceptuelle, qui vous permettent de visualiser comment les idées de ces domaines sont
reliées. Les liens transversaux, comme la structure hiérarchique, facilitent la pensée créative,
et témoignent souvent des moments de créativité.

8
7.3. Pourquoi faire une carte conceptuelle ?

Le cerveau traite les éléments visuels 60 000 fois plus rapidement que le texte. Conçue
comme un outil d'organisation et de représentation des connaissances, une carte conceptuelle
peut vous aider à visualiser les relations entre différents concepts et à tester votre
compréhension de sujets complexes. En réfléchissant aux relations entre les idées et en vous
les représentant visuellement, vous créez des connexions mentales qui permettent de mieux
assimiler les connaissances. Ce diagramme est une bonne façon de comprendre un sujet dans
un cadre professionnel, scolaire ou personnel. Il est le plus souvent utilisé dans le monde
universitaire, mais peut être appliqué dans d'autres domaines.

7.4. Les avantages :

Faciliter la compréhension grâce à son format visuel ;

Synthétiser les informations par l'intégration de concepts nouveaux et anciens pour mieux
saisir la situation d'ensemble ;

Encourager le brainstorming et la réflexion à un niveau élevé ;

Favoriser la découverte de nouveaux concepts et de leurs liens ;

Permet de communiquer clairement des idées complexes ;

Encourager l'apprentissage collaboratif ;

Créer un instantané de vos connaissances actuelles pour évaluer la compréhension ;

Identifier des domaines nécessitant une étude approfondie.

Conclusion :

L’exploration de la prise de décision clinique dans la pratique sage-femme a permis non


seulement de faire état des théories sous-jacentes mais elle a aussi permis d’explorer plusieurs
éléments qui y sont étroitement reliés : les savoirs, les modes de connaissance, le savoir qui
fait autorité, la pratique basée sur les données probantes, le raisonnement clinique et les prises
de décision de même que ce qui les influence. Non seulement il a fallu reconnaître
l’importance du sens de l’action chez les sages-femmes mais aussi l’importance d’une
pratique réflexive.

Le fait de faire ressortir ces éléments a logiquement mené à l’exploration, bien que brève, de
plusieurs éléments reliés à la formation sage-femme: la place de la réflexivité, de la pensée
critique, de l’intuition, des histoires, des prises de décision cliniques et des communications

9
disciplinaires ; espérons que ces écrits contribueront aux connaissances et à la compréhension
de la prise de décision clinique chez les sages-femmes et surtout des enjeux que l’on peut
entrevoir et que les clarifications apportées puissent contribuer à une appropriation de la
discipline et de la pratique de l’art d’être sage-femme.

10

Vous aimerez peut-être aussi