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Sociologie : Objectivité et décisions sociales

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1.

La démarche dite classique est fondée sur un raisonnement hypothético-déductif : "des idées aux
faits"…
2. En sociologie, il existe des démarches autres fondées sur un type de raisonnement dit
hypothético-inductif ou encore empirico-inductif : "des faits aux idées

Une « prénotion » est bien de l’ordre de l’idée préconçue, du jugement tout fait, de l’évidence, du «
voile »…que nous avons à l’égard des phénomènes sociaux. Mais pas seulement : une prénotion est
également, par définition, ce qui nous empêche de saisir les phénomènes sociaux tels qu’ils sont
réellement

1) Définition préalable des termes :


Les termes en sociologie, tels que « politique », « assistanat », « populaire », etc., sont souvent
polysémiques et chargés de connotations. Il est important de se méfier des significations ordinaires
et de définir rigoureusement les mots pour éviter des amalgames et des interprétations erronées.

2) Les statistiques comme outil de rupture :


L’utilisation des statistiques, qu’elles soient issues de recherches documentaires ou produites via des
enquêtes de terrain, vise à saisir un sujet de manière objective, en dehors de toute subjectivité
personnelle.
Il est nécessaire de repérer les régularités statistiques, ainsi que les écarts ou phénomènes rares (ex. :
« réussites paradoxales » ou parcours atypiques), tout en notant une défiance croissante des citoyens
envers les statistiques.

3) Les amitiés numériques :


La distinction entre « vrais » amis et « amis Facebook » est mise en question. D. Cardon soutient
que les amitiés numériques et réelles ne sont pas opposées mais se complètent. Les réseaux sociaux
sont des lieux d’échange et d’expression qui prolongent les interactions de la vie réelle.

4) La sociologie : science objective ? :


La sociologie, bien que née du positivisme (notamment chez Durkheim), ne peut être entièrement
objective, contrairement aux sciences naturelles. En raison de son objet d'étude et du contexte social
du chercheur, il est impossible d'atteindre une neutralité totale.
La sociologie utilise des outils méthodologiques et conceptuels spécifiques, ce qui en fait une
discipline autonome, mais elle reste influencée par les valeurs et les contextes sociaux du chercheur.

5) Recherche de neutralité et ses limites :


La sociologie ne peut pas imiter les sciences naturelles. Les instruments de recherche et les
chercheurs sont toujours influencés par leur contexte et leurs expériences vécues. Une réduction de
la réalité à des formules simplifiées rendrait l'analyse sociologique appauvrissante.

6) De l’objectivité à l’analyse du rapport à l’objet :


M. Weber distingue le « jugement de valeur » (qu’il faut éviter) du « rapport aux valeurs » (qui doit
être analysé). P. Bourdieu, quant à lui, défend l’idée de l’« objectivation participante », selon
laquelle la connaissance du monde s'enrichit à mesure que le chercheur se connaît lui-même mieux.

Conclusion : La sociologie, bien qu’elle cherche à être rigoureuse, ne peut atteindre une objectivité
totale. Il est essentiel de remettre en question les idées reçues et de reconnaître que la connaissance
sociologique est toujours influencée par le contexte et les valeurs du chercheur.
1. Effet pervers ou contre-finalité des décisions individuelles : Les décisions individuelles,
prises en fonction des attentes et des intérêts des acteurs, peuvent avoir des effets inattendus
et contraires aux objectifs initiaux. Par exemple, la massification de l’enseignement et
l'accès généralisé au baccalauréat ont conduit à une dévaluation du diplôme, car sa
généralisation réduit son pouvoir distinctif.
2. Rationalité limitée : L’hypothèse de la « rationalité absolue » de l’homo œconomicus
(individu totalement informé et capable de faire le meilleur choix) est remise en question.
L'économie comportementale critique cette idée, soulignant que les individus sont influencés
par des biais cognitifs et contextuels. Ils ne font pas toujours les choix les plus rationnels,
mais ceux qui sont disponibles ou acceptables dans leur situation.
3. L'action contextualisée : Pour comprendre l'action d'un individu, il faut prendre en compte
les données structurelles et institutionnelles qui limitent ses choix. Le contexte joue un rôle
important dans la manière dont les individus prennent leurs décisions.
4. Approche et outils qualitatifs : Une approche compréhensive, centrée sur le vécu des
acteurs, est nécessaire pour comprendre leurs actions. Les méthodes qualitatives comme
l'entretien, l'observation et la collecte documentaire permettent de saisir les « bonnes raisons
» que les individus donnent pour justifier leurs choix. Il n’y a pas de comportements
irrationnels, mais des logiques propres aux individus.
5. L'entretien comme outil qualitatif : L'entretien est un outil qui permet d'élaborer une «
théorie de basse portée » pour saisir le sens subjectif des actions. Il cherche à comprendre la
réalité à travers la perception des individus et leurs significations personnelles.
6. Limites du paradigme actantiel : Le paradigme actantiel, qui analyse l'action à travers les
décisions des individus, peut occulter les dimensions sociales, culturelles et politiques de
l’action. Cette approche peut limiter la compréhension des comportements sociaux en
négligeant le contexte social.
7. Inégalité des chances et reproduction sociale (R. Boudon) : L'inégalité des chances peut
être interprétée à partir de différentes grilles d’analyse. Boudon explique que l'orientation
scolaire est influencée par l’appréciation des risques et des avantages perçus par les
individus, ce qui conduit à des inégalités. Ces décisions sont motivées par des « bonnes
raisons » qui dépendent de l’horizon de sens et des références sociales des individus.
8. Concepts d'auto-sélection et de sous/sur-scolarisation : Les choix d'orientation scolaire
sont perçus comme des décisions motivées par des considérations personnelles, plutôt que
comme le résultat de déterminations sociales. Des concepts comme l’auto-sélection et la
sous/sur-scolarisation sont utilisés pour expliquer les inégalités éducatives.
9. Débat causal-société vs actanciel-individus : La sociologie oscille entre deux paradigmes :
l’un qui privilégie les déterminants sociaux (causal-société) et l’autre qui se concentre sur
les motivations subjectives des individus (actanciel-individus). Plutôt que de choisir entre
ces deux approches, il est nécessaire de les dépasser et d'adopter une approche
constructiviste qui intègre à la fois les facteurs sociaux et les actions des individus.
En résumé, l’analyse des décisions sociales et individuelles nécessite de comprendre à la fois les
structures sociales et les significations subjectives des acteurs, tout en tenant compte des effets
inattendus ou pervers des choix individuels.
1. Une troisième voie en sociologie : Le paradigme constructiviste, qui inclut
l'interactionnisme, le constructivisme et la théorie relationnelle, se distingue des approches
antérieures. Il cherche à comprendre la réalité sociale en articulant les dimensions
individuelles (micro) et sociales (macro), tout en examinant les interactions entre les acteurs
et les structures sociales.
2. Les postulats du constructivisme : La société est une construction historique et
quotidienne réalisée par les acteurs. Les individus sont à la fois produits par la société et
producteurs de celle-ci. Il existe une "double vérité" : les actions sociales sont déterminées
par des facteurs sociaux externes tout en étant aussi influencées par le sens que les individus
attribuent à leurs actions.
3. La double vérité : Les pratiques sociales sont à la fois façonnées par des déterminants
sociaux objectifs, mais elles ne se limitent pas à cela : elles sont également influencées par le
sens que les individus leur donnent. Aucun des deux aspects (objectif et subjectif) ne devrait
être considéré comme supérieur ou plus fondamental que l'autre.
4. Méthodologie : L'approche constructiviste privilégie une analyse qualitative et dynamique
des phénomènes sociaux. Cela implique l'utilisation de techniques comme la collecte de
récits et une analyse longitudinale qui explore les processus et événements significatifs, les
ruptures et les divergences dans les trajectoires sociales.
5. L’individu dans la société : Selon ce paradigme, l’individu n’est ni totalement déterminé
par la société, ni totalement libre. La société n'existe pas indépendamment des actions des
individus, et l’individu ne peut être étudié isolément de ses contextes sociaux. La réalité
sociale est à la fois objectivée (imposée par la société) et appropriée (interprétée par les
individus).
6. Les limites de l’opposition causal/actantiel : L'opposition entre les déterminants sociaux
(causal) et les actions individuelles (actantiel) n’est pas toujours pertinente. Des auteurs
comme Pierre Bourdieu avec la notion d’"habitus" illustrent comment les deux dimensions
peuvent s’entrelacer dans la compréhension des phénomènes sociaux.
7. Approche globale et contextualisée : La sociologie doit intégrer une approche plus
nuancée, tenant compte des contextes et des interactions, plutôt que de privilégier une seule
vision de la réalité sociale.
8. Exemples de réflexions personnelles : Des auteurs comme Asli Erdogan ou Annie Ernaux
illustrent la manière dont les récits individuels peuvent offrir des insights sur des réalités
sociales plus larges. Le « je » dans l’autobiographie peut ainsi devenir un miroir permettant
à d’autres de se reconnaître.
9. Conclusion sur les paradigmes en sociologie : En sociologie, les différents paradigmes
(comme le constructivisme, le positivisme, etc.) se distinguent par la place qu’ils accordent à
l’individu et à la société. Chaque paradigme présente des spécificités et en éclairant certains
aspects de la réalité, d’autres peuvent en être omis. Changer de perspective enrichit la
compréhension de la réalité sociale.
Le paradigme constructiviste propose une vision complexe de la société et de l’individu,
considérant que la réalité sociale est constamment construite à travers les interactions et les
significations attribuées par les acteurs eux-mêmes

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