Cours de Distillation et Équilibres
Cours de Distillation et Équilibres
Cours de Distillation
Réalisé par :
Pr. AIT HSSAIN Mustapha
2022-2023
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I. Introduction
La distillation est une technique de séparation des constituants d'un mélange liquide. Cette méthode
de séparation repose simplement sur le fait, qu'en général, la vapeur en équilibre avec un liquide qui lui a
donné naissance, est plus riche en composé le plus volatil. Il sera d'autant plus facile de séparer les
composés d'un mélange que leurs volatilités sont différentes.
La distillation est une opération très ancienne dont la première application la plus connue est la
fabrication d'alcool à l'aide d'alambic. De nos jours, la distillation est encore la technique de séparation la
plus largement utilisée bien qu'elle soit très énergivore : il est important de se rappeler que l'obtention
d'une phase vapeur nécessite l'apport d'énergie afin d'obtenir l'ébullition du liquide. Aux USA, en 1989,
40 % de la consommation énergétique de l'ensemble des industries chimiques et pétrochimiques est
consacré à la distillation. Toutes améliorations technologiques, visant à réduire la consommation
énergétique des opérations de distillation, sont donc fortement recommandées.
Dans une colonne à distiller (voir figure 1), une vapeur ascendante est mise en contact avec un
liquide descendant. La colonne est munie de plateaux (ou de garnissages) favorisant le transfert simultané
de matière et de chaleur entre ces deux phases. La fonction de chaque plateau de la colonne est d'amener
à l'équilibre les courants liquide et vapeur qui en sortent (dans la pratique, on arrive rarement à obtenir un
tel équilibre mais on s'en approche). Une colonne à distiller permet ainsi l'obtention d'une succession
d'états d'équilibre liquide-vapeur. En tête de colonne, la vapeur sera plus riche en produits les plus volatils
alors qu'en pied, le liquide sera plus riche en produits les moins volatils. Le contre-courant gaz-liquide
est obtenu grâce à l'utilisation d'un rebouilleur en pied de colonne et d'un condenseur en tête.
Dans le raffinage du pétrole, la distillation est une opération de toute première importance comme
indiqué à la figure 2.
Remarque : Toute approche d'une opération de distillation repose sur la connaissance des
équilibres liquide-vapeur. Il est donc important de faire le lien entre ce cours et les cours antérieurs de
thermodynamique des solutions.
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Figure 1 : Colonne à plateaux
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Chapitre 1 : L’EQUILIBRE LIQUIDE - VAPEUR
I. Introduction
La distillation est l’une des opérations unitaires les plus classiques du Génie des Procédés
Industriels. Elle a pour but la séparation des constituants d’un mélange en profitant de leur distribution
entre la phase vapeur et la phase liquide. Il est par conséquent essentiel de commencer l’étude de la
distillation par la description et la connaissance des équilibres liquide-vapeur.
Lorsque le système étudié est un mélange de n corps purs, son état physique est défini par
les (n-1) proportions indépendantes de ses composants, ainsi que par la température et la
pression. Ainsi, un diagramme à deux variables ne peut donc être établi qu'en fixant (n-1)
variables du système.
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Remarques
Pour des domaines réduits de température : L cte et Vl négligeable devant Vg . Et en assimilant
la phase vapeur à un gaz parfait l’intégration de (1) conduit :
P L1 1
Log 2 (2)
P1 R T1 T2
En général la pression de vapeur est déterminée expérimentalement pour un intervalle de température
et se retrouve tabulée dans la littérature, ou exprimée sous forme de corrélation telle que l’équation
d’Entoine :
B
Log ( P) A (3)
C T
ou A, B et C sont des constantes caractéristiques du corps pur donné. La courbe de la figure suivante
donne le diagramme de phase (P,T) de l’eau.
Mélange binaire liquide – vapeur : un mélange binaire A-B est constitué de deux corps
purs A et B (un mélange ternaire est constitué de trois corps purs).
Pression partielle d'un gaz A : pression du gaz A s'il occupait seul un volume contenant
un mélangede gaz. On note PA.
Loi de Dalton : elle s'applique aux gaz parfaits. Si on considère un volume contenant un
mélange de deux gaz parfaits A et B, la pression totale P dans le volume est :
P PA PB (4)
Fraction molaire : la fraction molaire d'un corps pur A est le rapport du nombre de moles
de A sur le nombre total de moles. Dans un mélange binaire de 2 liquides ou de 2 vapeurs
(corps purs A et B), on définit dans chaque phase (liquide ou vapeur) les fractions
molaires en A et B.
On note dans toute la suite x pour les fractions molaires en phase liquide et y pour les fractions
molaires en phase vapeur.
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Les relations suivantes de bilan matière dans les deux phases :
nA nB
xA , xB 1 xA (5)
n A nB nA nB
NA NB
yA , yB 1 yA (6)
NA NB N A NB
nA et nB le nombre de chacun deux dans la phase liquide
NA et NB le nombre de chacun deux dans la phase vapeur
Variables intensives et extensives : une variable est intensive lorsqu'elle ne dépend pas
de la taille des parties choisies dans le système considéré.
Une variable est extensive lorsqu'elle est proportionnelle au volume de matière
considéré. On peut donner des exemples :
variables extensives : volume, masse, nombre de moles ...
variables intensives : pression (totale, partielle), température, fraction (molaire,
massique)… concentration
équilibre d'un système : dans cet état toutes les variables intensives décrivant le système
sont constantes dans le temps.
phase : région de l'espace où les variables intensives ont des valeurs indépendantes des
points considérés (identité des propriétés physiques et chimiques).
variance : la variance d'un système à l'équilibre est définie comme suit :
v C 2 (7)
C : Nombre de corps purs en présence
: Nombre de phases en équilibre (au maximum égal à 3)
2 : Nombre de paramètres intensives pression et la température
Exemple :
Par exemple pour un corps pur la variance est v 3 et on définit trois possibilités :
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Pour un mélange binaire (de deux corps purs) on se référera par convention au produit le
plus volatil, et on notera par x la composition du liquide et y celle de la vapeur.
Définitions
Le point d’ébullition (boiling point) pour une pression fixe c’est la température à
laquelle apparaît la première bulle de vapeur en chauffant progressivement un
liquide froid.
Remarque : Pour un corps pur ces deux points sont confondus (la température reste constante
pendant la condensation ou l’évaporation d’un corps pur).
PA x A PA0 et PB xB PB0
(8)
P PA PB x A PA0 1 x A PB0
La loi de Dalton s'écrit :
PA y A P et PB yB P y A = PA P (9)
En combinant les lois de Raoult et de Dalton :
y A PA0
PA y A P x P 0
A A (10)
xA P
Il y'a donc une relation étroite entre la composition de la phase vapeur et celle de la phase liquide.
La fraction du composé le plus volatil est toujours plus grand dans la phase gazeuse qu'en phase
liquide. La volatilité du composé A, kA est telle que :
yA yB
kA et kB
xA xB
Si la température d'ébullition de A, TA est inférieur à celle de B TB, alors kA>1 et kB<1 On définit
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la volatilité relative par :
Ou encore x A (1 y A ) y A (1 xA )
xA
yA (11)
1 1 x A
La fonction y A f x A et un morceau d'hyperbole avec paramètre
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Le mélange idéal n'est qu'un modèle et la grande majorité des mélanges binaires s'écarte de
ce modèle et ce d'autant plus que les structures chimiques sont différentes.
Pour prendre en compte cette déviation à l'idéalité on introduit un coefficient d'activité tel que:
Suivant l'importance de l'écart existant par rapport au modèle idéal, trois types de mélanges
vont exister :
mélanges zéotropiques ou azéotropique : les déviations sont faibles. Le mélange liquide
est toujours miscible en toutes proportions.
mélanges homoazéotropiques : les déviations sont fortes mais le mélange liquide reste
toujours miscible en toutes proportions.
mélanges hétéroazéotropiques : les déviations sont très fortes. Les deux composés n'ont
qu'une faible affinité (constituants liquides partiellement miscibles) ou aucune affinité
(constituants liquides toujours non miscibles).
III.3.2 Mélanges homoazéotropiques
Ce sont les mélanges réels les plus proches du mélange idéal. Les allures des courbes des
deux sortes de diagrammes isobares sont comparables à celles du modèle idéal. Sur le diagramme
isotherme la courbe d'ébullition n'est plus une droite.
Il existe deux types de mélanges homoazéotropiques qui sont faciles à visualiser sur les
diagrammes isobares simples :
mélanges à azéotropie positive. point d'ébullition minimum (exemple : eau éthanol)
mélanges à azéotropie négative. point d'ébullition maximum (exemple: toluène éthanol)
Sur ces diagrammes on note la présence d'une composition particulière nommée azéotrope.
Pour cette composition le mélange se vaporise à une température fixe pour une pression donnée
comme un corps pur. La vapeur émise a la même composition que le liquide.
La différence apparaît par contre si on modifie la pression totale P: dans ce cas la composition de
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l'azéotrope est elle aussi modifiée.
Remarque :
l'azéotrope eau-éthanol sous 1 bar bout à 78°C avec x = 0,89 et sous 0,26 bar il bout à 48 °C avec
x = 0,93. On assiste même parfois à l'absence d'azéotrope dans certains intervalles de pression ;
cette rupture de l'azéotropisme a d'intéressantes applications industrielles.
Pour ces mélanges homoazéotropiques la vapeur émise est plus ou moins riche en composé volatil
que le mélange liquide suivant la composition du mélange liquide initial en composé le plus volatil
par rapport à celle de l'azéotrope.
III.3.3 Mélanges hétéroazéotropiques:
Les trois types de diagrammes sont très fortement déformés par rapport à ceux du mélange
idéal car les deux constituants n'ont que très peu d'affinité en phase liquide. La solubilité ne devient
que partielle ou nulle. Il existe deux types de mélanges hétéroazéotropiques qui sont faciles à
visualiser sur les diagrammes isobares simples:
• mélanges à non miscibilité totale (exemple: eau - toluène):
Un tel mélange en dessous de la température d'ébullition se présente en deux couches superposées
de liquides purs (deux phases) dont l'ordre est donné par les densités respectives. Si on fixe une
pression totale, la température de vaporisation d'un mélange de composition quelconque est fixe.
La vapeur émise a même composition quelle que soit la composition initiale du mélange liquide:
on nomme hétéroazéotrope la composition de ce mélange. Chacun des constituants se comporte
comme s'il était seul dans le mélange. La pression totale de la phase vapeur est donc donnée par la
relation suivante à une température è fixée:
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Un mélange binaire liquide - vapeur A-B contient des moles de A et B dans les deux
phases. Connaissant la composition molaire globale en B d'un mélange liquide-vapeur xM , on
a vu qu'il était possible graphiquement de déterminer la composition molaire en B des phases
liquide xL et vapeur xV . Il est également possible de connaître le nombre total de moles de la
Le rapport peut être calculé à partir des fractions molaires connues ou graphiquement par
mesure des segments.
La combinaison des deux expressions fournit les valeurs de nL et nV à partir desquelles on peut
retrouver le nombre de moles de A et B dans les deux phases en utilisant les compositions de ces
phases.
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Chapitre 2
Distillation
La distillation est une opération unitaire qui a pour but de séparer deux ou plusieurs
constituants d’un mélange en se basant sur les différences de volatilité de divers constituants.
Cette opération est réalisé en mettant en contact une phase liquide et une phase vapeur et
on utilise la faculté, plus ou moins grande pour chaque produit, de passer d’une phase dans une
autre. La phase vapeur est produite par évaporation en fournissant de la chaleur au système.
Applications de la distillation
Les applications usuelles de la distillation sont les suivantes :
- élimination d'un produit en cours de réaction chimique ;
- isolement de plusieurs composés obtenus après réaction chimique ;
- élimination d'un solvant ;
- isolement d'un composé naturel ;
- purification d'un composé.
La distillation discontinue est très souple, mais elle est en général utilisée pour les capacités
petites à moyennes. Pour les unités plus importantes, une installation de distillation continue est,
normalement, plus écoénergétique et plus économique.
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Deux modes de fonctionnement sont possibles pour le procédé discontinu :
1) distillation discontinue avec un taux de reflux fixe, les composés sont séparés selon un
programme défini spécifique au produit. Ce programme est basé sur les intervalles
d'ébullition des composants, qui aboutissent à un fractionnement des différents
composants qui commence par les fractions légères et qui se termine avec les fractions
lourdes. L'application classique est le fractionnement des mélanges à plusieurs
composants.
2) distillation discontinue avec un taux de reflux variable permet la distillation à une
concentration constante de distillat ; elle est appliquée dans les cas nécessitant l'obtention
d'un distillat qui présente un comportement physique constant.
Les distillations discontinues sont fréquentes dans l'industrie pharmaceutique pour des
applications de récupération de solvants à petite échelle, pour la purification des huiles de grande
valeur, ou encore dans les stations de traitement des eaux usées de faibles capacités.
L, xL
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Rectification discontinue : une seule droite opératoire
Construction à reflux constant Composition constante
x? x2 x1
x2 x1
La distillation flash est l'opération de distillation la plus simple qui consiste à amener le
mélange à traiter sous certaines conditions de température et de pression telles que l'on obtienne
un équilibre liquide-vapeur. L'appareil utilisé pour faire le flash est équivalent à un étage
théorique. La vaporisation flash est très utilisée, tout particulièrement comme prétraitement des
courants avant de les introduire dans les colonnes à distiller.
On distingue sur la figure les trois modes de fonctionnement de la distillation flash : le flash
isotherme, le flash adiabatique et la condensation partielle.
b) Flash adiabatique: Le liquide sous pression est réchauffé dans un échangeur et reste
liquide. Avant son entrée dans le réservoir, le liquide passe alors dans une vanne de détente et la
baisse de pression résultante va provoquer la vaporisation partielle du mélange. L'énergie
nécessaire à la vaporisation est prise à même le courant et il y a donc une baisse de la température
du courant.
V
Faisons les bilans matières total (1), partiel (2) et on introduit la fraction vaporisée
F
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Figure : Résolution graphique du flash d’un mélange binaire
La pente de la droite opératoire est infinie si ψ = 0 (i.e. V = 0 ). La droite est alors une
verticale et correspond au cas où l'alimentation F est à son point de bulle (liquide saturé).
La pente de la droite opératoire est nulle si ψ =1 (i.e. V = F). La droite est alors une
horizontale et correspond au cas où l'alimentation est une vapeur saturée (à son point de
rosée).
En pratique, dans la résolution graphique d'un flash, la pression étant fixée, on rencontre les cas
suivants :
La distillation est réalisée dans des appareils conçus pour assurer le meilleur contact
possible entre la phase liquide et la phase vapeur et comportant plusieurs étages : ce sont des
colonnes ou tours de fonctionnement.
Pour assurer les transferts de matière et de chaleur entre ces deux flux, des éléments de
contact sont placés à l’intérieur d’une virole. Ils sont constitués soit par :
Des plateaux, dont le principe de base est de faire barboter la vapeur dans une rétention
liquide provoquée par un barrage coupant la phase liquide. On considère que la vapeur et
le liquide qui quittent un même plateau sont en équilibre (figure 8)
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Figure 8 : Plateaux dans la colonne de distillation
Des garnissages, de nature variée, dispersant les deux phases et assurant une bonne
surface d’échange entre les fluides circulant à contre-courant.
Une colonne de distillation à plateaux typique est constituée des éléments suivants :
L'alimentation est introduite dans la colonne dans une zone dite d'expansion. La section
au-dessus est appelée section d'enrichissement ou de rectification et celle de dessous, section
d'épuisement ou de stripping. Le produit le plus volatil à tendance à monter vers les étages
supérieurs pour obtenir un distillat riche en ce produit alors que le moins volatil se concentre au
bouilleur d'où est soutiré comme résidu.
Conventions et indications :
Les compositions sont celles de produit le plus volatil
Les étages sont numérotés du haut vers le bas (l'étage supérieur est le N°1)
Les étages sont supposées théoriques (efficacité est le N°1) et on suppose que le liquide et
la vapeur sortant de chacun d'entre eux sont en équilibre thermodynamique.
Le reflux est un liquide identique au distillat (même composition, même température, etc)
L'indice i sera réservé à ce qui sort de l'étage i (ex L2=débit du liquide sortant de l'étage 2)
Le taux de reflux est R LR / D
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IV. Calcul du nombre de plateaux par la méthode Lewis-Sorel
Si une unité fonctionne comme indiqué sur la figure, de sorte qu'une alimentation binaire F est
distillée pour donner un produit de tête D et un produit de fond W.
la vapeur Vt s'élevant du plateau supérieur est condensée et une partie est renvoyée sous forme
de liquide à son point d'ébullition vers la colonne comme reflux, le reste étant retiré comme
produit, alors un bilan de matière au-dessus du plateau n, indiqué par la boucle I sur la figure,
donne :
Vn Ln 1 D (1)
Cette équation met en relation la composition de la vapeur qui monte sur le plateau avec la
composition du liquide sur tout plateau situé au-dessus du plateau d'alimentation. Puisque le débit
molaire du liquide est constant, Ln peut être remplacé par Ln1 et donc :
Ln D
yn xn 1 .xd (3)
Vn Vn
De même, en faisant un bilan matière pour les flux totaux et pour le composant le plus volatil du
bas vers le haut du plateau m, comme indiqué par la boucle II de la figure et en notant que
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Lm Lm1 donne :
Vm Lm W (4)
ymVm Lm xm 1 W .xw
Lm W
ym xm 1 .xw (5)
Vm Vm
Cette équation, qui est similaire à l'équation (3), donne la relation correspondante entre les
compositions de la vapeur montant vers une plaque et du liquide sur la plaque, pour la section
située en dessous de la plaque d'alimentation. Ces deux équations sont les équations des lignes
de fonctionnement. Pour calculer le changement de composition d'une plaque à la suivante, on
utilise les données d'équilibre pour trouver la composition de la vapeur au-dessus du liquide et la
ligne d'enrichissement pour calculer la composition du liquide sur la plaque suivante. Cette
méthode peut ensuite être répétée en amont de la colonne, en utilisant l'équation 11.37 pour les
sections situées en dessous du point d'alimentation, et l'équation (5) pour les sections situées au-
dessus du point d'alimentation.
Cette méthode est basée sur la connaissance des données d'équilibre sous la forme y = f(x)
et sur les hypothèses suivantes :
Le condenseur est total (il transforme la vapeur V1 en un liquide bouillant en lui en levant
seulement sa chaleur latente).
La colonne est adiabatique (pertes thermiques par les parois sont négligeables)
L'alimentation rentre dans la colonne sous forme de liquide bouillant.
Les chaleurs de mélanges sont nulles.
Les chaleurs molaires de vaporisations des mélanges des deux constituants sont voisines.
Considérons l'enveloppe I de la figure suivante et faisant les bilans qui lui sont propres en
régime permanent :
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Figure 10 : Section d'enrichissement
Les hypothèses 2, 4 et 5 impliquent que le débit de la vapeur qui provient de l'étage i+1
rencontre un liquide sur l'étage i, qui est à une température légèrement inférieure, se condense
complétement pour faire évaporer un débit de vapeur Vi qui sortira de cette étage, on a alors :
Vi 1 Vi 2.4
Pour un étage quelconque de cette section :
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LR V2 V1 L1
L1 V3 V2 L2
Li 1 Vi 1 Vi Li
Avec Vi 1 Vi Li Li 1 LR 2.5
Conséquences :
Le débit de la vapeur qui monte dans la section d'enrichissement est constant, il a pour
valeur (faisant le bilan du condenseur) :
V V1 LR D 2 .6
Le débit du liquide qui descend est aussi constant, il est égal à LR en remplaçant dans
l'équation (2.2) on obtient :
LR D
yi 1 xi xD 2.7
LR D LR D
R x
yi 1 xi D 2.8
R 1 R 1
C'est une droite dite droite opérationnelle d'enrichissement ( [Link] ). Elle peut être tracée
dans le même diagramme avec la courbe d'équilibre. Elle lie les points de coordonnées xi , yi 1
alors que la courbe d'équilibre lie xi , yi . La D.O.E. pivote selon la valeur de R autour du point
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I.2. Section d'épuisement
Considérons l'enveloppe II de la figure suivante représentant la section d'épuisement.
Le débit du liquide qui descend dans la section d’épuisement est constant il vaut
(en faisant un bilan global sur toute cette section) :
L ' LR F
Le débit de vapeur qui monte dans cette section est aussi constant et vaut (en faisant
un bilan global sur toute cette section) :
V ' L ' LR F LB (2.14)
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Cette équation (2.15) est l’équation de la droite opérationnelle d’épuisement ([Link]), elle
pivote sur le point xB , xB et admet une pente supérieure à 1 et lie les points de coordonnées
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Bilan de matière global : F D LB 2.16
Bilan du plus volatil : z.F xD .D xB .LB 2.17
Bilan thermique : QB I F .F QC hD .D hB .LB 2.18
théoriques sont représentés par des gradins, au départ, entre la courbe d’équilibre et la droite
opérationnelle d’enrichissement, et par la suite celle d’épuisement. Le dernier gradin doit
contenir la composition du résidu xB et représentera alors le bouilleur (Voir illustration sur la
figure 8)
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Remarques
La construction de la figure 8 suppose que l’alimentation est introduite au bon endroit
(exactement à l’étage correspondant à l’intersection des 2 droites opérationnelles). C’est
pour cela que le rabattement des gradins change de droite opérationnelle là ou x = z. Pour
une colonne avec une mauvaise localisation de l’alimentation on pourrait avoir plus
d’étages que ce qu’il en faut. Le rabattement dans ce dernier cas comme dans le premier
change de droite d’appui dès que l’étage de l’alimentation est atteint indépendamment de
la composition de celle-ci.
La résolution graphique précédente pourrait être faite analytiquement en utilisant les
équations des deux droites opérationnelles et de la relation d’équilibre. Ce calcul doit être
fait étage par étage commençant soit par le haut ou par le bas de la colonne. Cette méthode
est due à Lewis et Sorel.
Le bouilleur peut être considéré comme un étage théorique puisqu’il est siège d’un
équilibre liquide vapeur. La vapeur produite dans celui-ci et qui remonte dans la colonne
est substantiellement plus riche en produit plus volatil que le résidu (l’indice B peut être
changé par N+1).
Le condenseur total n’est pas un étage théorique.
Un condenseur partiel peut être considéré comme un étage théorique. Dans ce cas et en
général on sous tire de ce condenseur une vapeur de composition y D et en recycle vers
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Figure 10 : Construction dans le cas d’un condensateur partiel
29
Figure 11 : Nombre minimum d’étages
d’équilibre n’est pas régulière Rmin sera donné par la plus grande des deux valeurs déterminées
par l’alimentation et par le point d’irrégularité (voir figures).
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Figure 14 : Taux de reflux optimum
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Les équations des deux droites opérationnelles sont
L D
[Link] y x xD (2.19)
V V
L' L
[Link] y x B xB (2.19)
V' V
L ' L LF (2.21)
Avec
V V ' VF (2.22)
Pour l’alimentation on a
F VF LF
I F .F H F .VF hF .LF
On peut caractériser cette alimentation
VF I hF
Soit par : F (2.23)
F H F hF
Notons (x,y) les coordonnées du point d’intersection des deux droites opérationnelles et
cherchons son lieu géométrique; Les équations (2.19) (2.20) et (2.17) donnent :
y.V x.L’ L.x y.V ’ xD .D xB .LB
L.x y.V ’ z.F
D’où : V V ’ . y L L’ .x F . z
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Figure 16 : Cas général de l'alimentation
Signification de q :
En utilisant les relations (2.23) et (2.24) on a :
HF IF
q 1
H F hF
b) Colonne à garnissage:
La colonne est remplie d’objets de forme déterminée disposés en vrac (selles de Berl,
anneaux Raschig ...). ou empilés régulièrement selon une structure (treillis métallique par
exemple). Les matériaux utilisés sont divers: grès, métal, verre, graphite, plastique ... Le graphite
permet notamment la rectification de produits chimiques agressifs. Les éléments de garnissage
sont posés sur des grilles étudiées pour laisser le maximum de passage libre. La colonne est
souvent composée de plusieurs tronçons de garnissage entre lesquels on intercale des recentreurs
chargés de ramener le liquide vers le centre de la colonne (il a naturellement tendance à se
rassembler sur les parois). Des grilles de calage sont également utilisées pour empêcher les
éléments de garnissage d'être soulevés et déplacés sous l'effet d'une brusque poussée de vapeur
de bas en haut.
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Choix du procédé de rectification :
Le procédé discontinu est réservé plutôt à de faibles productions, à des productions
différentes ou lorsque le nombre de constituants à séparer est important. Il nécessite un
investissement moindre car il est plus simple à mettre en œuvre.
Le procédé continu a un coût d'investissement beaucoup plus important. Il est par contre
d'un coût de fonctionnement beaucoup plus faible quand les productions sont importantes. Il est
par contre assez sophistiqué ce qui le rend peu adapté à des productions différentes.
On choisit le type de colonne en fonction des avantages et inconvénients des plateaux et
des garnissages:
Garnissage :
coût moindre
perte de charge plus faible
rétention plus faible
plus petit nombre d’étages qu’une colonne à plateaux pour une même hauteur.
Les colonnes à garnissage sont donc intéressantes en discontinu, sous pression réduite et
en cas de besoin d'un nombre d'étages assez faible.
Plateaux:
coût élevé
perte de charge importante à cause de la couche de liquide sur le plateau
rétention forte (le liquide reste souvent en fin d'opération sur les plateaux)
grand nombre d’étages disponibles
Les colonnes à plateaux sont donc plus intéressantes en continu, sous la pression
atmosphérique ou sous une pression élevée et en cas de besoin d'un nombre d'étages important.
Parmi les plateaux possibles, les plateaux perforés sont les moins chers et ont la plus faible
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rétention. Ils ont l'inconvénient de poser des problèmes au démarrage des colonnes en raison d'un
débit minimum de vapeurs à atteindre pour éviter le reflux du liquide à travers les trous. Les
plateaux à clapets sont moins coûteux que les plateaux à cloches (ils peuvent être resserrés
davantage) et provoquent également une perte de charge plus faible. On réserve donc
généralement les plateaux à cloches à des usages particuliers.
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