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Cours de Distillation et Équilibres

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GEE4 – ENSA Agadir

Cours de Distillation

Réalisé par :
Pr. AIT HSSAIN Mustapha

2022-2023

1
I. Introduction
La distillation est une technique de séparation des constituants d'un mélange liquide. Cette méthode
de séparation repose simplement sur le fait, qu'en général, la vapeur en équilibre avec un liquide qui lui a
donné naissance, est plus riche en composé le plus volatil. Il sera d'autant plus facile de séparer les
composés d'un mélange que leurs volatilités sont différentes.

La distillation est une opération très ancienne dont la première application la plus connue est la
fabrication d'alcool à l'aide d'alambic. De nos jours, la distillation est encore la technique de séparation la
plus largement utilisée bien qu'elle soit très énergivore : il est important de se rappeler que l'obtention
d'une phase vapeur nécessite l'apport d'énergie afin d'obtenir l'ébullition du liquide. Aux USA, en 1989,
40 % de la consommation énergétique de l'ensemble des industries chimiques et pétrochimiques est
consacré à la distillation. Toutes améliorations technologiques, visant à réduire la consommation
énergétique des opérations de distillation, sont donc fortement recommandées.

Dans une colonne à distiller (voir figure 1), une vapeur ascendante est mise en contact avec un
liquide descendant. La colonne est munie de plateaux (ou de garnissages) favorisant le transfert simultané
de matière et de chaleur entre ces deux phases. La fonction de chaque plateau de la colonne est d'amener
à l'équilibre les courants liquide et vapeur qui en sortent (dans la pratique, on arrive rarement à obtenir un
tel équilibre mais on s'en approche). Une colonne à distiller permet ainsi l'obtention d'une succession
d'états d'équilibre liquide-vapeur. En tête de colonne, la vapeur sera plus riche en produits les plus volatils
alors qu'en pied, le liquide sera plus riche en produits les moins volatils. Le contre-courant gaz-liquide
est obtenu grâce à l'utilisation d'un rebouilleur en pied de colonne et d'un condenseur en tête.

Dans le raffinage du pétrole, la distillation est une opération de toute première importance comme
indiqué à la figure 2.

Remarque : Toute approche d'une opération de distillation repose sur la connaissance des
équilibres liquide-vapeur. Il est donc important de faire le lien entre ce cours et les cours antérieurs de
thermodynamique des solutions.

2
Figure 1 : Colonne à plateaux

Figure 2 : La distillation dans une raffinerie du pétrole

3
Chapitre 1 : L’EQUILIBRE LIQUIDE - VAPEUR
I. Introduction
La distillation est l’une des opérations unitaires les plus classiques du Génie des Procédés
Industriels. Elle a pour but la séparation des constituants d’un mélange en profitant de leur distribution
entre la phase vapeur et la phase liquide. Il est par conséquent essentiel de commencer l’étude de la
distillation par la description et la connaissance des équilibres liquide-vapeur.

Un diagramme de phase indique une représentation graphique, généralement à deux ou


trois dimensions, représentant les domaines de l'état physique (ou phase) d'un système (corps pur
ou mélange de corps purs), en fonction de variables, choisies pour faciliter la compréhension des
phénomènes étudiés. Les diagrammes les plus simples concernent un corps pur avec pour
variables la température et la pression ; les autres variables souvent utilisées sont l'enthalpie,
l'entropie, le volume massique, ainsi que la concentration en masse ou en volume d'un des corps
purs constituant un mélange.

Lorsque le système étudié est un mélange de n corps purs, son état physique est défini par
les (n-1) proportions indépendantes de ses composants, ainsi que par la température et la
pression. Ainsi, un diagramme à deux variables ne peut donc être établi qu'en fixant (n-1)
variables du système.

II. Equilibre liquide-vapeur du corps pur


La représentation la plus simple de cet équilibre est la courbe pression - température entre
le point triple et le point critique, ces deux points sont des caractéristiques du corps pur
considéré. Cette courbe représente l’ensemble des points (P0, T0) pour lesquels il y’a équilibre
entre deux phases (liquide et vapeur). On rappelle que pour de tels points la température et la
pression restent constantes jusqu’à la disparition totale de l’une des deux phases lors des
opérations de condensation ou évaporation. Cette courbe partage le plan (P, T) en deux régions,
l’une est le domaine d'existence du liquide et l’autre du gaz (ou de la vapeur). On ne peut pas
avoir d’équilibre liquide-vapeur au dessous du point triple et au delà du point critique ne peut
exister qu’une seule phase dite généralement gaz. Cette courbe P  f T  dite aussi courbe de
tension de vapeur peut être représentée par l’équation de Blausius-Clapeyron
dP L
 (1)
dT T Vg  Vl 
L : chaleur latente de vaporisation du corps pur
Vg et Vl : volumes molaires des deux phases dans les conditions (P,T).

4
Remarques
Pour des domaines réduits de température : L  cte et Vl négligeable devant Vg . Et en assimilant
la phase vapeur à un gaz parfait l’intégration de (1) conduit :
P  L1 1 
Log  2      (2)
 P1  R  T1 T2 
En général la pression de vapeur est déterminée expérimentalement pour un intervalle de température
et se retrouve tabulée dans la littérature, ou exprimée sous forme de corrélation telle que l’équation
d’Entoine :
B
Log ( P)  A  (3)
C T
ou A, B et C sont des constantes caractéristiques du corps pur donné. La courbe de la figure suivante
donne le diagramme de phase (P,T) de l’eau.

Figure 1 : diagramme de phase (P,T) de l’eau

III. Mélanges binaires


III.1 Définitions

 Mélange binaire liquide – vapeur : un mélange binaire A-B est constitué de deux corps
purs A et B (un mélange ternaire est constitué de trois corps purs).
 Pression partielle d'un gaz A : pression du gaz A s'il occupait seul un volume contenant
un mélangede gaz. On note PA.
 Loi de Dalton : elle s'applique aux gaz parfaits. Si on considère un volume contenant un
mélange de deux gaz parfaits A et B, la pression totale P dans le volume est :
P  PA  PB (4)
 Fraction molaire : la fraction molaire d'un corps pur A est le rapport du nombre de moles
de A sur le nombre total de moles. Dans un mélange binaire de 2 liquides ou de 2 vapeurs
(corps purs A et B), on définit dans chaque phase (liquide ou vapeur) les fractions
molaires en A et B.
On note dans toute la suite x pour les fractions molaires en phase liquide et y pour les fractions
molaires en phase vapeur.
5
Les relations suivantes de bilan matière dans les deux phases :
nA nB
xA  , xB   1  xA (5)
n A  nB nA  nB
NA NB
yA  , yB   1  yA (6)
NA  NB N A  NB
nA et nB le nombre de chacun deux dans la phase liquide
NA et NB le nombre de chacun deux dans la phase vapeur

 Variables intensives et extensives : une variable est intensive lorsqu'elle ne dépend pas
de la taille des parties choisies dans le système considéré.
 Une variable est extensive lorsqu'elle est proportionnelle au volume de matière
considéré. On peut donner des exemples :
variables extensives : volume, masse, nombre de moles ...
 variables intensives : pression (totale, partielle), température, fraction (molaire,
massique)… concentration
 équilibre d'un système : dans cet état toutes les variables intensives décrivant le système
sont constantes dans le temps.
 phase : région de l'espace où les variables intensives ont des valeurs indépendantes des
points considérés (identité des propriétés physiques et chimiques).
 variance : la variance d'un système à l'équilibre est définie comme suit :
v  C  2  (7)
C : Nombre de corps purs en présence
 : Nombre de phases en équilibre (au maximum égal à 3)
2 : Nombre de paramètres intensives pression et la température
Exemple :

Par exemple pour un corps pur la variance est v  3   et on définit trois possibilités :

 sous 3 phases en équilibre (domaine triphasés   3 ) on a v  0 et on dit que


l’équilibre est invariant

 sous 2 phases en équilibre (domaine diphasés   2 ) on a v  1 et on dit que


l’équilibre est monovariant ( la connaissance d’un variable intensive P ou T
caractérise l’état du système)

 sous une phase en équilibre (domaine monophasés   1 ) on a v  2 et on dit que


l’équilibre est divariant (la connaissance de 2 variables intensives P et T caractérise
l’état du système).

6
Pour un mélange binaire (de deux corps purs) on se référera par convention au produit le
plus volatil, et on notera par x la composition du liquide et y celle de la vapeur.
Définitions

 Le point d’ébullition (boiling point) pour une pression fixe c’est la température à
laquelle apparaît la première bulle de vapeur en chauffant progressivement un
liquide froid.

 Le point de rosée (Dew point) c’est la température à laquelle apparaît la première


goutte de liquide partant d’une vapeur qui se refroidit à une pression donnée.

Remarque : Pour un corps pur ces deux points sont confondus (la température reste constante
pendant la condensation ou l’évaporation d’un corps pur).

III.2 Mélange binaire idéale


Dans un système idéal, la loi de Raoult s'applique :

PA  x A PA0 et PB  xB PB0
(8)
P  PA  PB  x A PA0  1  x A  PB0
La loi de Dalton s'écrit :
PA  y A P et PB  yB P  y A = PA P (9)
En combinant les lois de Raoult et de Dalton :

y A PA0
PA  y A P  x P 0
A A  (10)
xA P
Il y'a donc une relation étroite entre la composition de la phase vapeur et celle de la phase liquide.
La fraction du composé le plus volatil est toujours plus grand dans la phase gazeuse qu'en phase
liquide. La volatilité du composé A, kA est telle que :
yA yB
kA  et kB 
xA xB
Si la température d'ébullition de A, TA est inférieur à celle de B TB, alors kA>1 et kB<1 On définit
7
la volatilité relative par :

Ou encore  x A (1  y A )  y A (1  xA )
 xA
yA  (11)
1    1 x A
La fonction y A  f  x A  et un morceau d'hyperbole avec paramètre 

Considérons un mélange binaire, si a une pression constante on porte la température


d’ébullition en fonction de la composition du liquide x, puis la température de rosée en fonction
de la composition de la vapeur y. On obtient les deux isobares de rosée et d’ébullition. Pour des
mélanges simples on obtient des diagrammes suivants

Figure 2 : Courbe d'ébullition et de rosée et courbe d’équilibre

Figure 3 : courbe d'équilibre liquide vapeur y=f(x)


8
Le point M se trouve dans la région de la coexistence des deux phases liquide et vapeur (en
vert). La droite horizontale à la température T donne deux intersections L et V qui représentent le
liquide et la vapeur qui composent le mélange M. Les compositions de ces deux phases sont
données par des verticales tirées de L et de V, (x pour L et y pour V).
En traçant plusieurs horizontales on obtient des couples (xi, yi) qui donnent dans un
diagramme xy la courbe dite de partage (d’équilibre).
De la même manière que précédemment si on fixe la température, On obtient des isothermes
d’ébullition et de rosée qui dans les cas simples se présentent comme la figure suivante

Figure 4 : Courbe d'ébullition et de rosée (isotherme et isobare)

Le diagramme enthalpie composition pour ces mélanges binaires simples se présente


comme suivant :

Figure 5 : Courbe d'ébullition et de rosée dans la diagramme enthalpie pression

III.3 Mélange binaire réel


III.3.1 Comparaison avec le modèle du mélange idéal :

9
Le mélange idéal n'est qu'un modèle et la grande majorité des mélanges binaires s'écarte de
ce modèle et ce d'autant plus que les structures chimiques sont différentes.
Pour prendre en compte cette déviation à l'idéalité on introduit un coefficient d'activité  tel que:

PB   B xB PB0 et PA   A 1  xB  PA0 (12)


 B dépend de xB , du constituant A et de la température.

Suivant l'importance de l'écart existant par rapport au modèle idéal, trois types de mélanges
vont exister :
 mélanges zéotropiques ou azéotropique : les déviations sont faibles. Le mélange liquide
est toujours miscible en toutes proportions.
 mélanges homoazéotropiques : les déviations sont fortes mais le mélange liquide reste
toujours miscible en toutes proportions.
 mélanges hétéroazéotropiques : les déviations sont très fortes. Les deux composés n'ont
qu'une faible affinité (constituants liquides partiellement miscibles) ou aucune affinité
(constituants liquides toujours non miscibles).
III.3.2 Mélanges homoazéotropiques
Ce sont les mélanges réels les plus proches du mélange idéal. Les allures des courbes des
deux sortes de diagrammes isobares sont comparables à celles du modèle idéal. Sur le diagramme
isotherme la courbe d'ébullition n'est plus une droite.
Il existe deux types de mélanges homoazéotropiques qui sont faciles à visualiser sur les
diagrammes isobares simples :
 mélanges à azéotropie positive. point d'ébullition minimum (exemple : eau éthanol)
 mélanges à azéotropie négative. point d'ébullition maximum (exemple: toluène éthanol)

Figure 6 : Diagramme de phase d'un azéotropisme négatif et positif

Sur ces diagrammes on note la présence d'une composition particulière nommée azéotrope.
Pour cette composition le mélange se vaporise à une température fixe pour une pression donnée
comme un corps pur. La vapeur émise a la même composition que le liquide.
La différence apparaît par contre si on modifie la pression totale P: dans ce cas la composition de
10
l'azéotrope est elle aussi modifiée.
Remarque :
l'azéotrope eau-éthanol sous 1 bar bout à 78°C avec x = 0,89 et sous 0,26 bar il bout à 48 °C avec
x = 0,93. On assiste même parfois à l'absence d'azéotrope dans certains intervalles de pression ;
cette rupture de l'azéotropisme a d'intéressantes applications industrielles.
Pour ces mélanges homoazéotropiques la vapeur émise est plus ou moins riche en composé volatil
que le mélange liquide suivant la composition du mélange liquide initial en composé le plus volatil
par rapport à celle de l'azéotrope.
III.3.3 Mélanges hétéroazéotropiques:
Les trois types de diagrammes sont très fortement déformés par rapport à ceux du mélange
idéal car les deux constituants n'ont que très peu d'affinité en phase liquide. La solubilité ne devient
que partielle ou nulle. Il existe deux types de mélanges hétéroazéotropiques qui sont faciles à
visualiser sur les diagrammes isobares simples:
• mélanges à non miscibilité totale (exemple: eau - toluène):
Un tel mélange en dessous de la température d'ébullition se présente en deux couches superposées
de liquides purs (deux phases) dont l'ordre est donné par les densités respectives. Si on fixe une
pression totale, la température de vaporisation d'un mélange de composition quelconque est fixe.
La vapeur émise a même composition quelle que soit la composition initiale du mélange liquide:
on nomme hétéroazéotrope la composition de ce mélange. Chacun des constituants se comporte
comme s'il était seul dans le mélange. La pression totale de la phase vapeur est donc donnée par la
relation suivante à une température è fixée:

• mélanges à non miscibilité partielle (exemple: eau - butan-1-ol):


Un tel mélange présente un cas intermédiaire entre un mélange homoazéotropique et un
mélange hétéroazéotropique à non miscibilité totale. Dans le domaine de non miscibilité (la
courbe d'ébullition est une droite horizontale) les remarques faites pour le cas de non
miscibilité totale s'appliquent. En dessous de la température d'ébullition, le mélange liquide se
présente comme la superposition de deux couches de liquides (deux phases) dont la
composition est donnée par les limites du palier de non miscibilité (ce ne sont pas deux couches
de liquides purs)
Aux extrémités des diagrammes on se trouve dans le cas où un constituant est largement
[Link] comprend dans ce cas que la miscibilité soit possible.
Dans ces deux domaines les températures de vaporisation ne sont pas fixes.

III.3.4 THÉORÈME DES MOMENTS INVERSES (ou des segments inverses)

11
Un mélange binaire liquide - vapeur A-B contient des moles de A et B dans les deux
phases. Connaissant la composition molaire globale en B d'un mélange liquide-vapeur xM , on
a vu qu'il était possible graphiquement de déterminer la composition molaire en B des phases
liquide xL et vapeur xV . Il est également possible de connaître le nombre total de moles de la

phase liquide nL et de la phase vapeur nV . En effectuant un bilan matière molaire sur B, on


arrive à la relation :

Le rapport peut être calculé à partir des fractions molaires connues ou graphiquement par
mesure des segments.

Figure 7 : Théorème des segments inverses


nT étant le nombre total de moles de A et B dans les deux phases, on peut écrire :
nT  nV  nL

La combinaison des deux expressions fournit les valeurs de nL et nV à partir desquelles on peut
retrouver le nombre de moles de A et B dans les deux phases en utilisant les compositions de ces
phases.

Ce théorème s'applique en l'adaptant à toutes les représentations graphiques des diagrammes


isobares (et isothermes) des systèmes biphasiques :
 mélange liquide – vapeur
 mélange liquide - liquide des deux phases de deux constituants totalement ou partiellement
non miscibles
 mélange liquide - liquide ternaire dans le domaine de démixtion
Ce théorème énoncé ici avec des moles et des fractions molaires est parfaitement applicable avec
des masses et des fractions massiques.

12
Chapitre 2

Distillation

La distillation est une opération unitaire qui a pour but de séparer deux ou plusieurs
constituants d’un mélange en se basant sur les différences de volatilité de divers constituants.
Cette opération est réalisé en mettant en contact une phase liquide et une phase vapeur et
on utilise la faculté, plus ou moins grande pour chaque produit, de passer d’une phase dans une
autre. La phase vapeur est produite par évaporation en fournissant de la chaleur au système.
Applications de la distillation
Les applications usuelles de la distillation sont les suivantes :
- élimination d'un produit en cours de réaction chimique ;
- isolement de plusieurs composés obtenus après réaction chimique ;
- élimination d'un solvant ;
- isolement d'un composé naturel ;
- purification d'un composé.

I. Distillation simple discontinue (batch)


Les unités qui fonctionnent de façon discontinue permettent la distillation et la rectification
de divers produits ou de mélanges de plusieurs composants au sein d'une seule unité. Elles
représentent le procédé multitâche par excellence pour les applications de distillation.

La distillation discontinue est très souple, mais elle est en général utilisée pour les capacités
petites à moyennes. Pour les unités plus importantes, une installation de distillation continue est,
normalement, plus écoénergétique et plus économique.
13
Deux modes de fonctionnement sont possibles pour le procédé discontinu :

1) distillation discontinue avec un taux de reflux fixe, les composés sont séparés selon un
programme défini spécifique au produit. Ce programme est basé sur les intervalles
d'ébullition des composants, qui aboutissent à un fractionnement des différents
composants qui commence par les fractions légères et qui se termine avec les fractions
lourdes. L'application classique est le fractionnement des mélanges à plusieurs
composants.
2) distillation discontinue avec un taux de reflux variable permet la distillation à une
concentration constante de distillat ; elle est appliquée dans les cas nécessitant l'obtention
d'un distillat qui présente un comportement physique constant.

Les distillations discontinues sont fréquentes dans l'industrie pharmaceutique pour des
applications de récupération de solvants à petite échelle, pour la purification des huiles de grande
valeur, ou encore dans les stations de traitement des eaux usées de faibles capacités.

L'appareillage de rectification discontinue se compose des éléments suivants :


- un bouilleur : c'est un réservoir chargé au départ du mélange à distiller
- un dispositif de chauffage du bouilleur
- une colonne de rectification
- un condenseur
I.1 Équations du procédé discontinu
 Bilan matière

L, xL

La quantité introduite dans l'appareil est : L.x


Au cours de la distillation, en un temps dt , on vaporise une masse dL et la concentration du
composé le plus volatil diminue de dx dans le liquide résiduel.
14
 Il reste dans la phase liquide après un certain temps dt :  L  dL  x  dx 
 Le distillat contient alors : dL  y  dy 
 Le bilan pour le constituant le plus volatil s'écrit : L.x   L  dL  x  dx   dL  y  dy 

 En négligeant les termes [Link] et [Link] on obtient :


L.x  L.x  [Link]  [Link]  [Link]
 x  y  dL   [Link]
dL dx

L ( y  x)
En intégrant cette équation entre L1 et L2, x1 et x2 l'équation devient :
x2
L2 dx
ln 
L1 x1 y  dx
La relation qui lie x et y est l'équation d'équilibre :
x
y
1  x (  1)
On obtient :
L 1  x1 1  x2 
ln 1  ln   ln 
L2   1  x 2 1  x1 
Cette formule varie en fonction de x et les calculs sont réalisés sur des intervalles (x1, x2) petits
en prenant une valeur moyenne de  , considérée comme constante, sur ces petits intervalles.
Pour les mélanges usuels, les solutions des équations reliant la composition et la quantité de
résidu liquide en fonction de la composition initiale sont connues.
 Bilan énergétique

Le bilan enthalpique permet de déterminer ces quantités :


L : la masse ou le débit de la charge liquide,
D : la masse ou le débit de distillat obtenu ;
R : la masse ou le débit de résidu ;
[Link]  QB  [Link]  [Link]  QC
I.2 Rectification discontinue
Dans la distillation simple, il n'y a qu'un étage théorique. Il est
possible d'installer sur le ballon une colonne permettant ainsi une
séparation avec plusieurs étages.
Il y a deux façons d'opérer l’installation :
 à reflux constant (c'est xD qui varie)

 à composition constante xD (c'est le reflux qui varie)


 Supposons 1 ballon + 1 plateau = 2 étages

15
 Rectification discontinue : une seule droite opératoire
Construction à reflux constant Composition constante

x? x2 x1

x2 x1

II. Distillation continue (flash)

La distillation flash est l'opération de distillation la plus simple qui consiste à amener le
mélange à traiter sous certaines conditions de température et de pression telles que l'on obtienne
un équilibre liquide-vapeur. L'appareil utilisé pour faire le flash est équivalent à un étage
théorique. La vaporisation flash est très utilisée, tout particulièrement comme prétraitement des
courants avant de les introduire dans les colonnes à distiller.

On distingue sur la figure les trois modes de fonctionnement de la distillation flash : le flash
isotherme, le flash adiabatique et la condensation partielle.

a) Flash isotherme: Le liquide passe dans un échangeur de chaleur où une vaporisation


partielle se produit. Le mélange gaz-liquide à l'équilibre est alors séparé dans le réservoir (flash
drum). Celui-ci comporte dans le haut un dispositif (dévésiculeur - demister) pour retenir les
petites gouttes de liquide qui seraient entrainées avec la vapeur. Dans le flash isotherme, on fixe
la température.

b) Flash adiabatique: Le liquide sous pression est réchauffé dans un échangeur et reste
liquide. Avant son entrée dans le réservoir, le liquide passe alors dans une vanne de détente et la
baisse de pression résultante va provoquer la vaporisation partielle du mélange. L'énergie
nécessaire à la vaporisation est prise à même le courant et il y a donc une baisse de la température
du courant.

c) Condensation partielle Le courant vapeur est introduit dans un condenseur partiel et le


16
mélange liquide vapeur est ensuite séparé dans le réservoir.

Figure : Distillation flash

II.1 Équations du flash pour un système binaire

V
Faisons les bilans matières total (1), partiel (2) et on introduit la fraction vaporisée  
F

17
Figure : Résolution graphique du flash d’un mélange binaire

 La pente de la droite opératoire est infinie si ψ = 0 (i.e. V = 0 ). La droite est alors une
verticale et correspond au cas où l'alimentation F est à son point de bulle (liquide saturé).

 La pente de la droite opératoire est nulle si ψ =1 (i.e. V = F). La droite est alors une
horizontale et correspond au cas où l'alimentation est une vapeur saturée (à son point de
rosée).

En pratique, dans la résolution graphique d'un flash, la pression étant fixée, on rencontre les cas
suivants :

 on fixe la température T et on trouve alors la fraction vaporisée ψ et les compositions (x, y)


 on se fixe la fraction vaporisée ψ, et on trouve alors (x, y) et la température (il faut se rappeler
qu'il y a une température associée à chaque point de la courbe d'équilibre y vs x)
 on se fixe une composition (x ou y) et on trouve ψ, T et (y ou x)

III. Distillation Fractionnée

La distillation est réalisée dans des appareils conçus pour assurer le meilleur contact
possible entre la phase liquide et la phase vapeur et comportant plusieurs étages : ce sont des
colonnes ou tours de fonctionnement.

Le principe de fonctionnement d’une colonne à distiller est simple. A pression constante


dans la colonne, les équilibres de phases se déplacent à l’aide d’un gradient de température crée
par :
 Un condenseur, source froide, qui crée un flux de liquide froid descendant dans la
colonne.
 Un bouilleur, source chaude, générant un flux de vapeur chaude montant dans la colonne

Pour assurer les transferts de matière et de chaleur entre ces deux flux, des éléments de
contact sont placés à l’intérieur d’une virole. Ils sont constitués soit par :
 Des plateaux, dont le principe de base est de faire barboter la vapeur dans une rétention
liquide provoquée par un barrage coupant la phase liquide. On considère que la vapeur et
le liquide qui quittent un même plateau sont en équilibre (figure 8)

18
Figure 8 : Plateaux dans la colonne de distillation

 Des garnissages, de nature variée, dispersant les deux phases et assurant une bonne
surface d’échange entre les fluides circulant à contre-courant.

A chaque étage de contact, les différents constituants du mélange à fractionner se


répartissent dans la phase vapeur et la phase liquide de manière spécifique. Il en résulte une
séparation élémentaire qui, répétée, permet d’obtenir la séparation désirée.

Globalement, à partir d’un mélange de charge contenant deux ou plusieurs constituants, la


distillation permet d’obtenir :
 un distillat, constitué principalement des constituants les plus volatils
 un résidu, contenant essentiellement les composés les plus lourds.

Description d'une colonne à plateaux :

Une colonne de distillation à plateaux typique est constituée des éléments suivants :

 La colonne : c'est une virole cylindrique dont le diamètre dépend de la capacité de


traitement (il peut varier de quelques centimètres jusqu'à 16m). Sa hauteur peut atteindre
quelques dizaines de mètre et dépend surtout de la facilité de séparation et de degré de
séparation.
19
 Les plateaux : ils sont liés à la paroi de la colonne et ont le rôle d'assurer un contact
intime entre les vapeurs et les liquides circulants à l'intérieur de celle-ci.

 Le bouilleur : c'est principalement un échangeur (évaporateur) dont le rôle est de fournir


la chaleur nécessaire à la séparation.

 Le condenseur : il permet de soutirer le distillat et de renvoyer un reflux sous forme


liquide vers la colonne.

L'alimentation est introduite dans la colonne dans une zone dite d'expansion. La section
au-dessus est appelée section d'enrichissement ou de rectification et celle de dessous, section
d'épuisement ou de stripping. Le produit le plus volatil à tendance à monter vers les étages
supérieurs pour obtenir un distillat riche en ce produit alors que le moins volatil se concentre au
bouilleur d'où est soutiré comme résidu.

Figure 9 Colonne à plateaux

Conventions et indications :
 Les compositions sont celles de produit le plus volatil
 Les étages sont numérotés du haut vers le bas (l'étage supérieur est le N°1)
 Les étages sont supposées théoriques (efficacité est le N°1) et on suppose que le liquide et
la vapeur sortant de chacun d'entre eux sont en équilibre thermodynamique.
 Le reflux est un liquide identique au distillat (même composition, même température, etc)
 L'indice i sera réservé à ce qui sort de l'étage i (ex L2=débit du liquide sortant de l'étage 2)
 Le taux de reflux est R  LR / D

 L'enthalpie de la vapeur sera noté H alors celle du liquide sera h

20
IV. Calcul du nombre de plateaux par la méthode Lewis-Sorel

Si une unité fonctionne comme indiqué sur la figure, de sorte qu'une alimentation binaire F est
distillée pour donner un produit de tête D et un produit de fond W.

Avec x f , xd , et xw comme fractions molaires correspondantes du composant le plus volatil et

la vapeur Vt s'élevant du plateau supérieur est condensée et une partie est renvoyée sous forme
de liquide à son point d'ébullition vers la colonne comme reflux, le reste étant retiré comme
produit, alors un bilan de matière au-dessus du plateau n, indiqué par la boucle I sur la figure,
donne :
Vn  Ln 1  D (1)

Figure 1 : Bilans de matière en haut et en bas de la colonne


En exprimant cet équilibre pour la composante la plus volatile, on obtient :

ynVn  Ln 1 xn1  [Link]


Ln 1 D
yn  xn 1  .xd (2)
Vn Vn

Cette équation met en relation la composition de la vapeur qui monte sur le plateau avec la
composition du liquide sur tout plateau situé au-dessus du plateau d'alimentation. Puisque le débit
molaire du liquide est constant, Ln peut être remplacé par Ln1 et donc :

Ln D
yn  xn 1  .xd (3)
Vn Vn
De même, en faisant un bilan matière pour les flux totaux et pour le composant le plus volatil du
bas vers le haut du plateau m, comme indiqué par la boucle II de la figure et en notant que

21
Lm  Lm1 donne :

Vm  Lm  W (4)
ymVm  Lm xm 1  W .xw
Lm W
ym  xm 1  .xw (5)
Vm Vm
Cette équation, qui est similaire à l'équation (3), donne la relation correspondante entre les
compositions de la vapeur montant vers une plaque et du liquide sur la plaque, pour la section
située en dessous de la plaque d'alimentation. Ces deux équations sont les équations des lignes
de fonctionnement. Pour calculer le changement de composition d'une plaque à la suivante, on
utilise les données d'équilibre pour trouver la composition de la vapeur au-dessus du liquide et la
ligne d'enrichissement pour calculer la composition du liquide sur la plaque suivante. Cette
méthode peut ensuite être répétée en amont de la colonne, en utilisant l'équation 11.37 pour les
sections situées en dessous du point d'alimentation, et l'équation (5) pour les sections situées au-
dessus du point d'alimentation.

V. Méthode de Mc Cabe et Thiel

Cette méthode est basée sur la connaissance des données d'équilibre sous la forme y = f(x)
et sur les hypothèses suivantes :
Le condenseur est total (il transforme la vapeur V1 en un liquide bouillant en lui en levant
seulement sa chaleur latente).
La colonne est adiabatique (pertes thermiques par les parois sont négligeables)
L'alimentation rentre dans la colonne sous forme de liquide bouillant.
Les chaleurs de mélanges sont nulles.
Les chaleurs molaires de vaporisations des mélanges des deux constituants sont voisines.

I.1. Section d'enrichissement

Considérons l'enveloppe I de la figure suivante et faisant les bilans qui lui sont propres en
régime permanent :

22
Figure 10 : Section d'enrichissement

Bilan de matière global : Vi 1  Li  D  2.1


Bilan du plus volatil : yi 1 .Vi 1  xi .Li  xD .D  2.2 
Bilan thermique : H i 1 .Vi 1  hi .Li  hD .D  QC  2.3

Les hypothèses 2, 4 et 5 impliquent que le débit de la vapeur qui provient de l'étage i+1
rencontre un liquide sur l'étage i, qui est à une température légèrement inférieure, se condense
complétement pour faire évaporer un débit de vapeur Vi qui sortira de cette étage, on a alors :
Vi 1  Vi  2.4 
Pour un étage quelconque de cette section :

Figure 11 : Entrées / Sorties d'un étage.

Les bilans étage par étage à partir du haut sont donc :

23
LR  V2  V1  L1
L1  V3  V2  L2
Li 1  Vi 1  Vi  Li
Avec Vi 1  Vi  Li  Li 1  LR  2.5 
Conséquences :

 Le débit de la vapeur qui monte dans la section d'enrichissement est constant, il a pour
valeur (faisant le bilan du condenseur) :
V  V1  LR  D  2 .6 
 Le débit du liquide qui descend est aussi constant, il est égal à LR en remplaçant dans
l'équation (2.2) on obtient :
LR D
yi 1  xi  xD  2.7 
LR  D LR  D
R x
yi 1  xi  D  2.8
R 1 R 1

C'est une droite dite droite opérationnelle d'enrichissement ( [Link] ). Elle peut être tracée
dans le même diagramme avec la courbe d'équilibre. Elle lie les points de coordonnées  xi , yi 1 

alors que la courbe d'équilibre lie  xi , yi  . La D.O.E. pivote selon la valeur de R autour du point

 xD , xD  La détermination du nombre d'étage théorique peut être faite graphiquement comme


indiqué par la figure suivante :

Figure 12 : Construction pour une section d’enrichissement

24
I.2. Section d'épuisement
Considérons l'enveloppe II de la figure suivante représentant la section d'épuisement.

Figure 13 : Section d'épuisement


Bilan de matière global : L j 1  V j  LB  2.9 
Bilan du plus volatil : x j 1 .L j 1  y j .V j  xB .LB  2.10 
Bilan thermique : QB  h j 1 .L j 1  H j .L j  hB .LB  2.11
L'utilisation des hypothèses comme précedement conduisent à :
V j  V j 1  2.12 
Et les bilans étages par étage conduisent à :
L j 1  L j  ....  LR  F  2.13
L’équation (2.13) est valable par ce que F est entièrement liquide, voir plus loin le cas
général de l’alimentation.
Conséquences :

 Le débit du liquide qui descend dans la section d’épuisement est constant il vaut
(en faisant un bilan global sur toute cette section) :
L '  LR  F

 Le débit de vapeur qui monte dans cette section est aussi constant et vaut (en faisant
un bilan global sur toute cette section) :
V '  L '  LR  F  LB (2.14)

 Les équations (2.9) et (2.10) permettent d'écrire :


LR  F LB xB
yj  x j 1   2.15
LR  F  LB LR  F  LB

25
Cette équation (2.15) est l’équation de la droite opérationnelle d’épuisement ([Link]), elle
pivote sur le point  xB , xB  et admet une pente supérieure à 1 et lie les points de coordonnées

x j 1 , yj  . Sa représentation sur un même diagramme que la courbe d’équilibre permet de

déterminer le nombre d’étage théoriques et leurs compositions. La construction graphique se fait


comme indiqué sur la figure suivante.

Figure 19 : Construction pour une section d'épuisement.

I.3. Détermination du nombre d’étage théoriques


Bilan global de la colonne

Figure 7. Enveloppe du bilan global.

26
Bilan de matière global : F  D  LB  2.16 
Bilan du plus volatil : z.F  xD .D  xB .LB  2.17 
Bilan thermique : QB  I F .F  QC  hD .D  hB .LB  2.18 

 Intersection des deux droites opérationnelles


Soit (x, y) le point d’intersection de ces deux droites, en remplaçant dans les deux équations
(2.7) et (2.15) et en réarrangeant on a :
 [Link]  xD .D  /  LR  D    [Link]  x.F  xB .LB  /  LR  F  LB 

En remplaçant F par (2.16) au dénominateur du 2ème membre et en simplifiant on obtient


[Link]  x.F  LB .xB
et par (2.17) on obtient x  z
Les deux droites se rencontrent donc sur la verticale x = z (z étant la composition de
l’alimentation supposée à l’état de liquide bouillant)
 Construction globale de Mc Cabe & Thiel
Sur un même diagramme, on trace la courbe d’équilibre et les deux droites opérationnelles
. on commence la construction par le haut de la colonne partant du point  xD , xD  . Les étages

théoriques sont représentés par des gradins, au départ, entre la courbe d’équilibre et la droite
opérationnelle d’enrichissement, et par la suite celle d’épuisement. Le dernier gradin doit
contenir la composition du résidu xB et représentera alors le bouilleur (Voir illustration sur la
figure 8)

Figure 8. : Construction globale

27
Remarques
 La construction de la figure 8 suppose que l’alimentation est introduite au bon endroit
(exactement à l’étage correspondant à l’intersection des 2 droites opérationnelles). C’est
pour cela que le rabattement des gradins change de droite opérationnelle là ou x = z. Pour
une colonne avec une mauvaise localisation de l’alimentation on pourrait avoir plus
d’étages que ce qu’il en faut. Le rabattement dans ce dernier cas comme dans le premier
change de droite d’appui dès que l’étage de l’alimentation est atteint indépendamment de
la composition de celle-ci.
 La résolution graphique précédente pourrait être faite analytiquement en utilisant les
équations des deux droites opérationnelles et de la relation d’équilibre. Ce calcul doit être
fait étage par étage commençant soit par le haut ou par le bas de la colonne. Cette méthode
est due à Lewis et Sorel.
 Le bouilleur peut être considéré comme un étage théorique puisqu’il est siège d’un
équilibre liquide vapeur. La vapeur produite dans celui-ci et qui remonte dans la colonne
est substantiellement plus riche en produit plus volatil que le résidu (l’indice B peut être
changé par N+1).
 Le condenseur total n’est pas un étage théorique.
 Un condenseur partiel peut être considéré comme un étage théorique. Dans ce cas et en
général on sous tire de ce condenseur une vapeur de composition y D et en recycle vers

la colonne un reflux liquide de composition xD . Il suffira alors de commencer la

construction de Me Cabe et Thiel à partir du point  y D , YD  .

Figure 9 : Condenseur partiel

28
Figure 10 : Construction dans le cas d’un condensateur partiel

I.4. Importance et limites du taux de Reflux


Le reflux est indispensable pour assurer l’alimentation de la section d’enrichissement par
un débit liquide qui permet d’arroser ses plateaux et. Par suite permettre un contact liquide -
vapeur dans cette section. Le taux de reflux R ne peut donc jamais être nul.
LR
R
D
I.4.1. Reflux total
Lorsque la totalité du distillat est retournée vers la colonne sous forme de reflux nous
aurons :
R
D0 , R , 1
R 1
Les deux droites opérationnelles se retrouvent confondues avec la bissectrice et le nombre
d'étages est alors minima1. La construction qui s’en suit est la suivante.

29
Figure 11 : Nombre minimum d’étages

I.4.2. Taux de reflux minimal


Lorsque le taux de reflux diminue la droite opérationnelle d’enrichissement pivote vers le
haut. Lorsque cette droite rencontre la courbe d’équilibre en x = z le nombre d’étages nécessaire
à la séparation est infini. C’est cette situation qui permet d’obtenir le taux de reflux minimal (si
la courbe d’équilibre n’admet pas de point d’inflexion), en déterminant la pente de cette droite
limite ou son ordonnée à l’origine qui est yO  xD /  Rmin  1 . Dans les cas où la courbe

d’équilibre n’est pas régulière Rmin sera donné par la plus grande des deux valeurs déterminées
par l’alimentation et par le point d’irrégularité (voir figures).

Figure 12 : Rmin courbe d’équilibre régulière


30
Figure 13 : Rmin courbe d’équilibre irrégulière

I.4.3. Taux de reflux optimal


Le coût d’une unité de distillation est principalement composé des frais d'investissement et
de ceux de fonctionnement.
 Au voisinage de Rmin le nombre d’étages est très grand résultant dans une colonne
d’investissement très grand.
 En augmentant R le nombre d’étages diminue mais la quantité de vapeur circulant
dans la colonne augmente nécessitant des diamètres plus grand V  D  R  1 . La

taille du condenseur et du bouilleur augmentent aussi avec R, ceci conduit, à une


variation décroissante puis croissante des frais d'investissement
 Les frais de fonctionnement sont approximativement proportionnels à (R + 1) et
correspondent surtout à la consommation de la vapeur au niveau du bouilleur
 Il existe donc un taux de reflux optimum et pour un avant projet ou dans le cas de
manque de données économiques on adopte R  1,5 Rmin .

31
Figure 14 : Taux de reflux optimum

I.4.4. Cas général de l’alimentation


Supposons que l’alimentation est formée d'un mélange liquide vapeur et analysons la
modification à apporter aux équations des deux droites opérationnelles et leur intersection La
zone d’expansion se présentera alors comme suit

Figure 15 : Cas général de l'alimentation

32
Les équations des deux droites opérationnelles sont
L D
[Link] y x  xD (2.19)
V V
L' L
[Link] y  x  B xB (2.19)
V' V
L '  L  LF (2.21)
Avec
V  V ' VF (2.22)
Pour l’alimentation on a
F  VF  LF
I F .F  H F .VF  hF .LF
On peut caractériser cette alimentation
VF I  hF
Soit par :   F (2.23)
F H F  hF
Notons (x,y) les coordonnées du point d’intersection des deux droites opérationnelles et
cherchons son lieu géométrique; Les équations (2.19) (2.20) et (2.17) donnent :
y.V  x.L’  L.x  y.V ’  xD .D  xB .LB
 L.x  y.V ’  z.F

D’où : V  V ’ . y   L  L’ .x  F . z

Et par les relations (2.21) et (2.22) on a alors [Link]  LF .x  F .z


Et en utilisant la définition de q on tire :
q 1
y x z (2.25)
q 1 q 1
C’est l’équation d’une droite dite d’alimentation (Feed-line) qui définit le lieu géométrique
de l’intersection des deux droites opérationnelles. Elle rencontre la première bissectrice au point
(z, z)

33
Figure 16 : Cas général de l'alimentation
Signification de q :
En utilisant les relations (2.23) et (2.24) on a :
HF  IF
q  1 
H F  hF

H F  I F : Chaleur à fournir à ne mole de l'alimentation pour transformer en état de vapeur saturée

H F  hF : Chaleur latente de vaporisation d'une mole d'alimentation

q0  Vapeur surchauffée


q0  Vapeur saturée
0  q 1  Mélange liquide - vapeur
q 1  Liquide bouillant
q 1  Liquide froid (sous bouillant)

Figure 17 : Etats de l'alimentation


34
Pour la construction de Mc Cabe & Thiel, il suffit de tracer la droite d'alimentation et de
baser sur cette droite pour faire les déterminations précédentes (Nombre d'étage, Rmin et tout autre
calcul).
 Aspects industriels du procédé de la distillation
Les différents types de colonne:
a) Colonne à plateaux:
On a déjà parlé des plateaux perforés. Deux autres grands types de plateaux existent: les
plateaux à cloches et les plateaux à clapets. Dans les plateaux à cloches la calotte force la vapeur
à barboter dans le liquide et un trop plein assure l’écoulement du liquide. Le principe des plateaux
à clapets est identique mais au lieu d'être fixés les organes permettant le barbotage (les clapets)
sont mobiles. Ces Plateaux sont plus légers que ceux à cloches. Les plateaux peuvent être en
verre, en métal ...

b) Colonne à garnissage:
La colonne est remplie d’objets de forme déterminée disposés en vrac (selles de Berl,
anneaux Raschig ...). ou empilés régulièrement selon une structure (treillis métallique par
exemple). Les matériaux utilisés sont divers: grès, métal, verre, graphite, plastique ... Le graphite
permet notamment la rectification de produits chimiques agressifs. Les éléments de garnissage
sont posés sur des grilles étudiées pour laisser le maximum de passage libre. La colonne est
souvent composée de plusieurs tronçons de garnissage entre lesquels on intercale des recentreurs
chargés de ramener le liquide vers le centre de la colonne (il a naturellement tendance à se
rassembler sur les parois). Des grilles de calage sont également utilisées pour empêcher les
éléments de garnissage d'être soulevés et déplacés sous l'effet d'une brusque poussée de vapeur
de bas en haut.

35
Choix du procédé de rectification :
Le procédé discontinu est réservé plutôt à de faibles productions, à des productions
différentes ou lorsque le nombre de constituants à séparer est important. Il nécessite un
investissement moindre car il est plus simple à mettre en œuvre.
Le procédé continu a un coût d'investissement beaucoup plus important. Il est par contre
d'un coût de fonctionnement beaucoup plus faible quand les productions sont importantes. Il est
par contre assez sophistiqué ce qui le rend peu adapté à des productions différentes.
On choisit le type de colonne en fonction des avantages et inconvénients des plateaux et
des garnissages:
 Garnissage :
 coût moindre
 perte de charge plus faible
 rétention plus faible
 plus petit nombre d’étages qu’une colonne à plateaux pour une même hauteur.
Les colonnes à garnissage sont donc intéressantes en discontinu, sous pression réduite et
en cas de besoin d'un nombre d'étages assez faible.
 Plateaux:
 coût élevé
 perte de charge importante à cause de la couche de liquide sur le plateau
 rétention forte (le liquide reste souvent en fin d'opération sur les plateaux)
 grand nombre d’étages disponibles
Les colonnes à plateaux sont donc plus intéressantes en continu, sous la pression
atmosphérique ou sous une pression élevée et en cas de besoin d'un nombre d'étages important.
Parmi les plateaux possibles, les plateaux perforés sont les moins chers et ont la plus faible

36
rétention. Ils ont l'inconvénient de poser des problèmes au démarrage des colonnes en raison d'un
débit minimum de vapeurs à atteindre pour éviter le reflux du liquide à travers les trous. Les
plateaux à clapets sont moins coûteux que les plateaux à cloches (ils peuvent être resserrés
davantage) et provoquent également une perte de charge plus faible. On réserve donc
généralement les plateaux à cloches à des usages particuliers.

Remarques : la rétention est le volume de liquide et de vapeur condensée retenu dans la


colonne et le condenseur ; ce volume doit être le plus faible possible.

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