Circuits Électriques : Concepts Clés ARQS
Circuits Électriques : Concepts Clés ARQS
❋❋❋
Sommaire
2. La tension électrique 9
2.1 Notion de potentiel électrique – Analogie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Tension électrique : définition, représentation et mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Masse et terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.4 Ordres de grandeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3. Le circuit électrique 12
3.1 Composition – Dipôle électrocinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2 Architecture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.3 Nécessité d’une force électromotrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.4 Conventions de fléchage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.5 Régimes de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
4. Lois de Kirchhoff 17
4.1 Loi des nœuds ou première loi de Kirchhoff . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
a – Intensité dans une branche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
b – Loi des nœuds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
c – Dipôles en série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
d – Méthode d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.2 Loi des mailles ou seconde loi de Kirchhoff . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
a – Énoncé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
b – Définition : dipôles en parallèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
c – Méthode d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
4.3 Lois de Kirchhoff dans l’ARQS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
6. Dipôles électrocinétiques 25
6.1 Caractéristique d’un dipôle – Relation constitutive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
a – Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
b – Point de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
6.2 Résistance électrique – Loi d’Ohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
a – Aspect microscopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
b – Conducteur ohmique – Loi d’Ohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
c – Effet Joule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
d – Association de résistances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3 Sources idéales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
a – Source idéale de tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
b – Source idéale de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.4 Générateur linéaire – Résistance interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
a – Équation constitutive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
b – Bilan de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
6.5 Récepteur linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
a – Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
b – Bilan de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
6.6 Diviseurs de tension et de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
a – Diviseur de tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
b – Diviseur de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
–2–
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
c – Exemple d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
6.7 Résistances d’entrée et de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
a – Résistance d’entrée d’un réseau linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
b – Résistance de sortie d’un réseau linéaire actif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
❋❋❋
–3–
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
e = 1,602176634 × 10−19 C
Courant électrique
Le courant électrique correspond donc à un déplacement de charges électriques.
La circulation d’un courant électrique peut avoir des effets diverses pouvant apparaître complexes : effet
chimique (électrolyseur), effet magnétique (électroaimant), effet mécanique (moteur électrique), effet
thermique (radiateur), effet lumineux (lampe électrique)...
–5–
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
a – Métaux
Dans les métaux, les porteurs de charge sont des électrons de conduction, dits « libres », non liés au
réseau cristallin formé par les atomes du métal et pouvant de se déplacer à sa surface. Ces électrons
appartiennent à la couche périphérique des atomes. Leur densité est constante pour un métal donné :
par exemple, elle vaut 1029 électrons par m−3 pour le cuivre.
b – Électrolytes
Les porteurs de charges sont dans ce cas les ions présents en solution. Leur charge peut donc être
positive ou négative : le courant électrique résulte des mouvements des deux types d’ions. Leur densité
dépend de la concentration des ions. Signalons au passage qu’en raison du rapport de leur masse, un
ion conduit nettement moins bien le courant électrique qu’un électron.
c – Semi-conducteurs
En communiquant une certaine énergie (sous forme thermique) à un cristal de silicium, on peut libérer un
électron susceptible de participer à la conduction électrique. Dans le même temps, la lacune électronique
créée (« trou ») participe elle aussi à la conduction.
d – Plasma
Les molécules de gaz (peu liées entre elles) peuvent s’ioniser sous l’action d’un champ électrique assez
intense. Le gaz devient un plasma d’ions positifs et d’électrons. Le passage du courant se traduit alors
par une étincelle de décharge : lorsqu’un électron revient dans son état fondamental, il y a émission de
lumière.
–6–
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
I=0 I ̸= 0
• • •
« Photographie » à un • • • • • • •
•
instant donné des posi- • • • •
•
•
• •
•
tions et des vitesses des •
•
•
• • •
• • • •
électrons de conduction
Suivi de la trajectoire
d’un électron de conduc- • •
tion au cours de plu-
sieurs chocs successifs
• e− • e− • e− • e− • e−
• e− •e
−
• e− • e− • e−
sens du courant
dq
i(M, t) =
dt Fig. 3 – Intensité du courant
Il va de soi que i est une grandeur algébrique : si i > 0, alors le courant électrique correspond à
la circulation de charges positives dans le sens choisi.
Si i ne dépend pas du temps, on dit que le courant est continu. La charge Q qui traverse le
conducteur en M pendant une durée donnée ∆t ne varie pas.
En ce qui concerne la notation, l’intensité est alors désignée par une majuscule I et on a :
Q
I=
∆t
L’unité SI de l’intensité du courant électrique est le coulomb par seconde (C · s−1 ) ou l’ampère
(A) :
1A = C · s−1
Soit e = 1,6 × 10−19 C. Une intensité I = 1 A correspond donc à 1/e = 6,2 × 1018 électrons
traversant le fil en M en 1 s.
–7–
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Exercice
On considère un fil électrique en cuivre, de section S = 1,0 mm2 , parcouru par un courant
d’intensité I = 1,0 A. On donne :
☞ la charge élémentaire e = 1,6 × 10−19 C ;
☞ la constante d’Avogadro NA = 6,02 × 1023 mol−1 ;
☞ la masse molaire du cuivre M = 63,5 g · mol−1 ;
☞ la masse volumique du cuivre ρ = 9,0 × 103 kg · m−3 .
1 Sachant qu’en moyenne chaque atome de cuivre possède un électron de conduction, déterminer
la densité de porteurs du cuivre, c’est-à-dire le nombre ne d’électrons de conduction par unité
de volume.
2 Soit v la vitesse moyenne des électrons de conduction. Quelle est l’expression du nombre N
d’électrons de conduction qui passent à un endroit du fil sur une durée ∆t ?
On exprimera N en fonction de ne , v, S et ∆t.
3 En déduire une relation entre I, ne , v et S.
4 Application numérique : calculer v.
5 La vitesse moyenne d’agitation thermique des électrons est donnée à l température T par
r
3kT
u=
m
où m = 9,1 × 10−31 kg est la masse d’un électron et k = 1,38 × 10−23 J · K−1 représente la
constante de Boltzmann.
Calculer u à T = 293 K. Commenter le résultat précédent.
1. Cela revient à dire qu’il doit posséder une résistance (cf Sec. 6.) négligeable.
–8–
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Il suffit de calculer le nombre d’atomes par unité de volume :
NA ρ
ne = = 8,5 × 1028 m−3
M
2 Plaçons-nous en un point M du fil. Entre t et t + ∆t, tous les électrons situé à une distance
inférieure à v ∆t de M vont passer en M. Il en résulte que N correspond au nombre d’électrons
de conduction contenus dans un volume de section S et de longueur v ∆t :
N = ne vS ∆t
I = ne evS
4 Par suite,
I
v= = 7,3 × 10−2 mm · s−1
Sne e
On se rend compte que ce vitesse de « dérive » des électrons est très petite. Il ne faut pas
la confondre avec leur vitesse instantanée. L’impression d’instantanéité lorsqu’on ferme un
interrupteur pour allumer une lampe (par exemple) provient du fait qu’il n’est pas nécessaire
d’attendre qu’un électron traverse le circuit pour que le système se mette à fonctionner. Le
délai d’allumage – très court – résulte de la propagation de l’onde électrique dans le circuit à
une vitesse proche de celle de la lumière.
5 La calcul donne u = 1,15 × 105 m · s−1 .
On constate que la vitesse moyenne de conduction est extrêmement faible relativement à la
vitesse instantanée due à l’agitation thermique. Il s’agit donc d’une lente dérive des électrons.
2. La tension électrique
WAB = q (VA − VB )
–9–
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
EP (M) = qV (M)
Et donc
WAB = −∆EP
L’unité de mesure du potentiel électrique est le volt (V). On a
WAB = mg (zA − zB )
Le potentiel gravitationnel au point M serait alors défini par
−−→
VMg = gzM = →
−
g · MO
L’énergie potentielle d’interaction gravitationnelle entre la masse située à l’altitude z et la Terre est
alors obtenue par
EP = mVMg = mgz
Dans le cas où le champ électrique dépend du temps, le raisonnement doit être adapté. Ce champ
peut toujours se mettre sous la forme de la somme d’un champ conservatif – qui permet de définir le
potentiel dans le cas général – et d’un champ non conservatif, appelé champ électromoteur.
Le potentiel électrique V (M) d’un point M de l’espace est une grandeur qui représente « l’état
électrique » de ce point.
Plus V (M) est élevé, plus les charges électriques positives vont avoir tendance à partir de M, et
les charges négatives à venir en M.
Le potentiel électrique se mesure en volt (V) dans le SI.
Si une charge de valeur q se trouve en M, alors on peut lui attribuer une énergie potentielle
électrique
EP = qV (M)
Le potentiel électrique représente donc une énergie par unité de charge.
Le potentiel électrique n’est pas défini de manière absolue, mais à une constante additive près
(sans importance pour le raisonnement).
Tension électrique
Par définition, on appelle tension électrique entre A et B, notée uAB , le travail électrique reçu
lors du déplacement AB par unité de charge. Dans le cas où les grandeurs ne dépendent pas du
temps, elle correspond donc à la différence de potentiel entre A et B :
– 10 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
uAB = VA − VB
La tension électrique se mesure en volt (V) ou joule par coulomb (J · C−1 ).
C’est une grandeur algébrique : elle peut être positive ou négative. Elle peut se représenter
symboliquement par une flèche (cf. Fig. 5).
A• •B
uAB
uAB se mesure avec un voltmètre comme indiqué sur la Fig. 6. Noter que la borne V du voltmètre
correspond au côté de la pointe la flèche de la tension. Idéalement, la mesure de la tension ne perturbe
pas le circuit : le courant entrant dans le voltmètre doit être négligeable 2 .
A
•
B
•
uAB
•
V
V •
COM
Si la tension entre A et B ne dépend pas du temps, alors on dit que la tension est continue et on la
note par une majuscule UAB .
La tension entre deux points d’un circuit est donc liée au champ électrique existant entre ces deux points.
Ce champ électrique est à l’origine du déplacement des charges, c’est-à-dire du courant électrique.
Dans le cas où le champ électrique dépend du temps, la tension électrique n’est plus rigoureusement
égale à la différence de potentiel entre A et B. Cependant, cela reste valable dans le cadre de l’ARQS
(cf. Ss-sec. 3.6 ).
– 11 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Le concept de masse peut aussi simplifier la schématisation d’un circuit. Par exemple, les deux schémas
de la Fig. 8 sont équivalents.
3. Le circuit électrique
Un récepteur est un appareil qui convertit l’énergie électrique qu’il reçoit en une autre forme d’énergie.
Quelques exemples sont donnés dans le Tab. 4 :
On appelle dipôle électrocinétique tout système relié au reste du circuit par deux bornes (Fig. 9).
Fig. 9 – Un dipôle
Remarque :
On fait l’hypothèse pour l’instant que les conducteurs sont parfaits, c’est-à-dire que les charges peuvent
les traverser sans qu’il existe de tension à leur bornes ; ils ne consomment pas d’énergie. Cette hypothèse
sera justifiée à posteriori.
– 12 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
3.2 Architecture
Un circuit électrique est constitué :
☞ de nœuds : points de rencontre d’au moins trois conducteurs (bifurcation),
☞ de branches : portions de circuit entre deux nœuds,
☞ de mailles : boucles dans le circuit, sans passer deux fois par la même branche.
Exemple
Considérons le circuit suivant :
1 A 3
•
1 2 3
•
B
1 3
Il comporte deux nœuds (A et B), trois branches (numérotées 1, 2 et 3 à côté de chaque dipôle)
et trois mailles (en pointillés).
– 13 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
À retenir
☞ Pour qu’un courant puisse s’établir de manière permanente dans un circuit, il est nécessaire
que le circuit soit fermé et comporte (au moins) un récepteur et (au moins) un générateur ;
☞ Dans un récepteur, l’énergie potentielle électrique des charges qui le traversent diminue ; cette
énergie électrique consommée se retrouve dans un ou plusieurs autres types d’énergie ;
☞ Dans un générateur, l’énergie potentielle électrique des charges qui le traversent augmente ;
cette énergie électrique provient d’un autre type d’énergie, traduit par la notion de force
électromotrice.
Remarques :
☞ Dans le récepteur R, il existe des forces de frottement 3 si bien que la vitesse des charges dans R
peut être constante en régime continu.
☞ Des phénomènes dissipatifs s’opposant au déplacement des charges peuvent avoir lieu également
dans le générateur. Leur prise en compte conduit à considérer la résistance interne du générateur.
La f.e.m. doit alors compenser ces frottements en plus de la force électrique.
☞ Dans un fil, ces forces de frottement existent mais sont le plus souvent négligeables, et donc un
courant peut y circuler en l’absence de champ électrique donc de tension à ses bornes.
☞ Pour certains récepteurs, il existe également une force (autre que de nature électrique) dont le travail
correspond au transfert d’énergie réalisé (mécanique, chimique...). Cette force s’oppose au passage du
courant et correspond à une « tension » qu’on appelle alors force contre-électromotrice ou f.c.e.m. :
c’est le cas pour un moteur électrique ou un électrolyseur par exemple.
Conventions de fléchage
Lorsque la nature du dipôle est connue, on adopte les règles suivantes :
☞ pour un récepteur, courant et tension sont fléchés en sens inverse : c’est la convention récepteur ;
3. Microscopiquement, elle sont identifiées comme résultant des chocs des charges entre elles ou sur les entités fixes
(non conductrices) du milieu (électrons de valence ou noyau d’atomes pour un métal).
– 14 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
☞ pour un générateur, courant et tension sont fléchés dans le même sens : c’est la convention
générateur.
I I
U U
Il peut arriver que le rôle joué par un dipôle dans un circuit soit inconnu ou variable. Dans ce
cas, on adopte arbitrairement une convention. La nature du dipôle est alors révélée par le signe
des grandeurs après calcul ou mesure, comme indiqué dans le Tab. 5.
U U
− + − +
I I
− générateur récepteur − récepteur générateur
+ récepteur générateur + générateur récepteur
Convention générateur Convention récepteur
Tab. 5 – Nature réelle d’un dipôle selon les signes de I et de U suivant la convention adoptée
– 15 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Par ailleurs, la tension électrique mesurée par un voltmètre (c’est-à-dire le travail de la force subie par
une charge unité) n’est pas définie comme en régime continu par la différence de potentiel entre les
deux points de mesure. C’est la raison pour laquelle la loi des mailles ne s’applique pas rigoureusement
lorsque les grandeurs dépendent du temps.
Cependant, lorsque le délai de propagation est négligeable devant le temps caractéristique d’évolution
des grandeurs (temps de montée, période, durée d’acquisition, etc...), ce phénomène ne se manifeste
pas. On est dans le cadre de ce que l’on appelle l’approximation des régimes quasi-stationnaires ou
quasi-permanents (ARQS ou ARQP).
ℓ ≪ cT
Lorsque l’ARQS n’est pas valable, les signaux varient trop rapidement et la propagation ne peut être
négligée. Par conséquent, la connaissance précise des dimensions et de la position des conducteurs est
nécessaire pour analyser le comportement du circuit. C’est le cas dans les antennes qui se présentent
comme des circuits ouverts parcourus par un courant !
Dans toute la suite du cours, on se placera dans le cadre de l’ARQS.
Exercice
1 Pour les fréquences relatives aux ondes électromagnétiques suivantes, calculer la longueur
d’onde correspondante et discuter de la validité de l’ARQS pour les circuits associés.
2 Dans les ordinateurs, le temps de réponse des mémoires sur appel du microprocesseur est de
l’ordre de 100 ps. Doit-on en tenir compte dans leur conception ?
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 On calcule la longueur d’onde par λ = c/f .
– 16 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
4. Lois de Kirchhoff
Le physicien allemand Gustav Kirchhoff a établi en 1845 les deux lois qui forment le socle de tous
les calculs sur les réseaux électriques : la loi des nœuds et la loi des mailles.
A B
S
IA IB
∆Q = IA ∆t − IB ∆t = (IA − IB ) ∆t
En effet, comme la charge est une grandeur conservative, sa variation pour un système donné se résume
à la différence entre celle qui est entrée et celle qui est sortie pendant la durée considérée.
Or, en régime continu, les grandeurs caractéristiques du circuit ne dépendent pas du temps. Il ne peut
y avoir accumulation de charges dans une zone localisée du circuit : si c’était le cas, alors la charge Q
tendrait vers l’infini ! On a donc :
IA = IB
– 17 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
La somme algébrique a des intensités des courants arrivant à un nœud est nulle :
n
X
εk Ik = 0
k=1
Elle peut s’énoncer aussi comme cela : la somme des intensités des courants qui arrivent à un
nœud est égale à la somme des intensités des courants qui en repartent.
La loi des nœuds est une conséquence de la loi de conservation de la charge électrique.
a. Cela signifie que l’on compte positivement les intensités des courants qui arrivent et négativement celles des
courants qui repartent du nœud.
c – Dipôles en série
Définition
Deux dipôles (ou plus) sont branchés en série si et seulement s’ils sont dans la même branche. Ils
sont donc traversés par le même courant électrique (voir la Fig. 15).
D1 D2 D3
• •
I
d – Méthode d’application
Pour appliquer la loi des nœuds dans un circuit :
☞ on nomme et on flèche les intensités des courants circulant dans chaque branche (une branche = un
courant) ;
☞ à chaque nœud sauf 1 4 , on écrit une équation qui traduit la loi, en prenant garde au sens des
courants ;
☞ on utilise ces équations pour trouver les intensités inconnues.
– 18 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Exercice
On étudie le circuit suivant, pour lequel on donne I1 = 1,5 A, I5 = 0,8 A et I6 = 0,6 A.
I1 D1 D3
D0 D2 D4 D5
I5
I6
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Il y a 4 nœuds et 6 branches.
I1 D1 A D3 I3 B
I2
D0 D2 D4 D5
I4 I5
D I6 C
D1 I1 A I3 D3 B
I2
D0 D2 D4 D5
I4 I5
•
– 19 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
• •
W = q (U2 − U3 + U4 − U1 ) = q (VD − VD ) = 0 A B
C’est-à-dire : U4
U2 − U3 + U4 − U1 = 0
Fig. 16 – Loi des mailles
L’énoncé associé s’appelle la loi des mailles :
De manière générale, soit une maille donné dans laquelle on a fléché n tensions Uk , k ∈ 1,..., n et pour
laquelle on a choisi un sens de parcours. En définissant pour chaque tension Uk la variable εk telle que :
☞ εk = +1 si Uk est fléchée dans le sens de parcours ;
☞ εk = −1 si Uk est fléchée dans inverse du sens choisi.
On peut aussi retenir l’énoncé sous la forme suivante : dans une maille, la somme des tensions
fléchées dans un sens donné est égale à la somme des tensions fléchées dans l’autre sens.
On retiendra que cette loi est liée à la conservation de l’énergie électrique dans le circuit.
Définition
On dit que deux dipôles sont branchés en parallèle
(ou en dérivation) si et seulement s’ils forment une
maille à eux deux et eux deux seuls. Deux dipôles en D1 D2 D3
parallèle possèdent donc évidemment la même tension
à leurs bornes. Dans un circuit, deux dipôles peuvent
être branchés en série, en parallèle ou encore ni l’un Fig. 17 – Trois dipôles en parallèle
ni l’autre.
Remarque : attention, cette définition n’a rien à voir avec la disposition des dipôles sur le schéma ou le
circuit réel.
c – Méthode d’application
Comme pour la loi des nœuds en ce qui concerne les intensités, l’application de la loi des mailles
nécessite de prendre garde au signe des tensions. On pourra suivre la méthode suivante.
☞ on identifie les mailles et on choisit (arbitrairement)pour chacune un sens de parcours ;
– 20 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
☞ on vérifie que toutes les tensions ont été fléchées et nommées aux bornes des dipôles situés dans
chaque maille ;
☞ on parcourt chaque maille en choisissant un point de départ ;
☞ on compte positivement les tensions qui sont fléchées dans le sens choisi et négativement les tensions
fléchées dans le sens inverse : la somme algébrique des tensions est alors nulle ;
☞ on utilise les équations de maille pour déterminer les inconnues 5 .
Exercice
On étudie le circuit suivant, pour lequel on donne U0 = 6,0 V, U3 = 2,7 V et U5 = 4,5 V. Les
intensités des courants fléchés sont toutes positives.
I1 I3
I2
D1 D3
U0 D0 D2 U2 D4 D5 U5
I4 I5
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Il y a 6 mailles formées par :
a – D0 , D1 et D2 ; c – D4 et D5 ; e – D2 , D3 et D5 ;
b – D2 , D3 et D4 ; d – D0 , D1 , D3 et D4 ; f – D0 , D1 , D3 et D5 .
2 Les deux seuls dipôles formant une maille à eux deux seuls sont D4 et D5 .
3 Ci-dessous, on a nommé les tensions aux bornes de D1 , D3 et D4 .
U1 U3
I1 I3
I2
D1 D3
U0 D0 D2 U2 D4 U4 D5 U5
I4 I5
Dipôle 0 1 2 3 4 5
Nature générateur récepteur récepteur générateur récepteur récepteur
En particulier, on voit que le courant remonte les potentiels dans D3 comme dans D0 : ce
sont donc des générateurs.
5. On peut montrer que pour un circuit avec n nœud et b branches, il y a b − n + 1 équations de mailles indépendantes.
– 21 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
On aborde ici l’aspect énergétique. On se limite au cas continu, puis on étend les résultats au cadre de
l’ARQS.
E
P=
∆t
Soit :
P = UI
L’unité de puissance est le watt (W) dans le système SI. 1 W = 1 J · s−1 = 1 kg · m2 · s−3 .
Remarque :
Dans le domaine de la distribution d’électricité, on emploie le kW · h comme unité d’énergie. 1 kW · h
correspond à l’énergie consommée par un appareil de puissance égale à 1 kW fonctionnant pendant 1 h.
Donc
1 kW · h = 3,6 MJ
La gamme des puissances électriques usuelles est très étendue. Ceci est illustré par le Tab. 6.
– 22 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Wélec = −qU D U
– 23 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Exercice
On s’intéresse au circuit suivant, pour lequel on donne :
I1
D3 D5
U1 D1 D2 D4 U4 D6 U6
I2 I4
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Seules les natures de D1 (générateur), D2 – en parallèle de D1 – et de D4 (récepteurs) sont
connues a priori. Pour les autres, on peut choisir (arbitrairement) une convention récepteur :
U3 U5
I1 I3 I5
D3 D5
U1 D1 D2 U2 D4 U4 D6 U6
I2 I4
– 24 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Dipôle 1 2 3 4 5 6
Convention générateur récepteur récepteur récepteur récepteur récepteur
I (A) 1,5 2,0 −0,5 0,7 −1,2 −1,2
U (V) 8,0 8,0 5,0 3,0 −3,0 6,0
Nature réelle générateur récepteur générateur récepteur récepteur générateur
Tandis que la puissance consommée par les récepteurs est donnée par :
Remarque : la conservation de l’énergie électrique dans un circuit peut se vérifier également en adoptant
une seule convention (générateur ou récepteur) : dans ce cas la somme algébrique des puissances est
nulle.
p(t) = u(t)i(t)
Entre deux instants t et t + dt, l’énergie correspondante a pour expression
dE = p(t) dt = u(t)i(t)dt
Si bien que l’énergie fournie ou consommée par un dipôle entre deux instant t1 et t2 s’écrit comme une
intégrale :
Z t2 Z t2
E= p(t) dt = u(t)i(t) dt
t1 t1
6. Dipôles électrocinétiques
– 25 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
U U
I I
I I
U U
Fig. 20 – Allure de la caractéristique d’une cellule solaire (à g.) et d’une lampe à incandescence (à dr.)
un récepteur. Attention, la caractéristique n’a de sens que si on y joint le schéma du dipôle avec les
conventions choisies.
Pour l’obtenir, on peut se servir d’une résistance (voir la Ss-sec. 6.2) réglable permettant de faire varier
l’intensité et la tension relatives au dipôle considéré. Les circuits permettant d’obtenir les caractéristiques
des dipôles précédent sont représentés sur la Fig. 21.
R
I I
A A
U V R V U
Les brochures des constructeurs indiquent souvent, outre la caractéristique, les valeurs limites de
la tension, de l’intensité, ou de la puissance pouvant être supportée avant risque de destruction du
composant.
La caractéristique permet de définir quelques propriétés du dipôle :
☞ dipôle passif ou actif :
Un dipôle est dit passif si sa caractéristique passe par l’origine. Aucune tension ne peut exister sans
courant et aucun courant ne peut exister sans tension. Dans le cas contraire on dit qu’il est actif.
☞ dipôle symétrique ou polarisé :
Un dipôle est symétrique si sa caractéristique est symétrique par rapport à l’origine. Le fonctionnement
d’un dipôle symétrique reste donc inchangé si on intervertit ses bornes. Dans le cas contraire, le
dipôle est polarisé.
☞ dipôle linéaire ou non-linéaire :
Un dipôle est linéaire si sa caractéristique est une droite.
Elle peut être modélisée par l’équation U = aI + b.
Un dipôle peut présenter une caractéristique linéaire par morceaux.
La cellule photovoltaïque de la Fig. 20 est donc un dipôle actif, non linéaire et non symétrique (car il
faut le brancher dans un sens donné), tandis que la lampe est un dipôle passif, non linéaire et symétrique
(on n’a représenté que la moitié de la caractéristique, il est évident que le sens de branchement n’a pas
d’importance).
6. Parfois, c’est la courbe I = f (U ) qui est considérée.
– 26 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
La caractéristique de certains dipôles peut occuper plusieurs quadrants du plan 7 . Dans ce cas, le dipôle
peut se comporter à la fois en récepteur et en générateur (pile rechargeable par exemple).
Lorsque la modélisation le permet, on dispose d’une expression explicite de la fonction f . L’équation
U = f (I) s’appelle alors la relation constitutive du dipôle considéré.
b – Point de fonctionnement
Tout point de la caractéristique d’un dipôle donné est un point de fonctionnement possible. Considérons
les deux dipôles présentés à la Fig. 20, et relions-les (cf Fig. 22). La même tension doit exister à leurs
bornes et le même courant doit les traverser. Il en résulte que le point de fonctionnement appartient
aux deux caractéristiques ; il est donc obtenu en considérant leur intersection, comme on le voit sur la
Fig. 23. Il en est de même à chaque fois que l’on relie un générateur à un récepteur.
I0
U0
U0
I0 I
En moyenne, l’accélération d’un électron de conduction est nulle, si bien que les forces qu’il subit doivent
se compenser, c’est-à-dire :
⃗
α ⃗v = −e E
Ce que l’on met traditionnellement sous la forme
⃗ e
⃗v = µ E avec µ=−
α
µ 8 définit la mobilité des porteurs de charge. Selon ce modèle, on constate que la vitesse moyenne de
dérive est proportionnelle au champ électrique présent dans le conducteur.
7. S’il est symétrique, la caractéristique occupe déjà deux quadrants !
8. Une étude plus approfondie montrerait que µ = −eτ /m, avec τ la durée moyenne entre deux collisions et m la
masse des électrons, relation qui se justifie bien qualitativement.
– 27 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Si le fil conducteur possède une section S fixée, la vitesse ⃗v ne doit pas dépendre de l’endroit considéré
sur le fil. En effet, le courant doit être partout le même dans le fil. On en déduit que ⃗v comme E ⃗ sont
constants (ne dépendent pas du temps) et uniformes (identiques en tout point) dans le fil.
Prenons deux points A (en amont) et B (en aval) distants d’une longueur ℓ. La différence de potentiel
entre A et B est donnée par
U = Eℓ
Soit ne la densité d’électrons libres du conducteur. On a alors
I = ne eSv
Si bien que le modèle de Drude conduit à une proportionnalité entre la différence de potentiel U et
l’intensité du courant I 9 :
ℓ
U= I
|µ|ne eS
Cette loi a été proposée la première fois en 1826 par le physicien allemand Georg Simon Ohm à la suite
de différentes expériences sur la conduction dans plusieurs métaux. Ohm s’est inspiré des travaux de
Fourier sur la chaleur quelques années auparavant, où il montrait que le flux de chaleur traversant
une tige conductrice est proportionnelle à la différence de température entre les extrémités de la tige.
Depuis, cette loi a été baptisée la loi d’Ohm. Elle n’est pas universelle, elle ne s’applique pas à tous les
matériaux dans tous les cas. Mais elle est valable (à température fixée) notamment pour les conducteurs
métalliques, les semi-conducteurs, les solutions électrolytiques. Elle est d’une très grande importance
pratique.
Conducteur ohmique
On appelle conducteur ohmique ou résistor tout dipôle récepteur qui satisfait à la loi d’Ohm ; un
conducteur ohmique est donc caractérisé par sa résistance électrique R telle que, en convention
récepteur :
U = RI
R s’exprime en ohm (Ω) dans le système international d’unités. 1 Ω = 1 V · A−1 .
Un conducteur ohmique est donc un dipôle symétrique passif dont la caractéristique est représentée
sur la Fig. 24. En ce qui concerne le vocabulaire, on utilise souvent le terme résistance pour désigner
indifféremment le dipôle (au lieu de « conducteur ohmique ») et la grandeur qui le caractérise.
I R ∆U
∆U
R=
∆I
U ∆I
I
– 28 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Plus R est élevée, plus le courant qui traverse le conducteur est faible pour une tension donnée : un tel
dipôle peut être utile pour limiter le courant dans une branche donnée.
On définit également la conductance G telle que :
1
I = GU ou bien G=
R
G s’exprime en siemens (S) dans le SI ; 1 S = 1 Ω−1 = 1 A · V−1 .
Une résistance se mesure avec un ohmmètre branché sur le dipôle, qui doit être déconnecté du réseau !
En effet, le principe de la mesure est d’envoyer un courant dans le dipôle, et de mesurer la tension à ses
bornes. S’il reste branché sur le réseau, ce courant ne correspond pas à celui qui le traverse.
L’étude microscopique du a – permet d’affirmer que la résistance d’un conducteur ohmique est pro-
portionnelle à sa longueur ℓ et inversement proportionnelle à sa section S. Cela conduit à définir la
résistivité ρ et la conductivité γ = 1/ρ d’un matériau par :
ℓ 1 ℓ S 1S
R=ρ = et G=γ =
S γ S ℓ ρ ℓ
ρ,qui s’exprime en Ω · m (ou γ, qui s’exprime en S · m−1 ), est une caractéristique intrinsèque du
matériau et ne dépend pas de sa géométrie. Sur le Tab. 8, on indique quelques valeurs de résistivité
pour différentes substances.
Exercice
10. Ce phénomène est mis à profit dans la fabrication de thermomètres (à résistance de platine, notamment).
– 29 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
U = RI = 34 mV
Il n’y a donc aucun risque d’électrocution. De même, les oiseux ne risquent rien à se poser
sur une ligne électrique.
c – Effet Joule
D’après la loi d’Ohm, la puissance consommée par une résistance peut s’exprimer ainsi :
U2
P = U I = RI 2 =
R
En 1840, James Prescott Joule fut le premier à vérifier expérimentalement que toute l’énergie électrique
consommée par une conducteur ohmique est dissipée sous forme de chaleur et est transformée en énergie
thermique. C’est la raison pour laquelle ce phénomène est appelé l’effet Joule. Le passage du courant
dans une résistance s’accompagne donc souvent d’une élévation de température du conducteur.
Effet Joule
La puissance consommée par un conducteur ohmique est entièrement dissipée sous forme de
chaleur. Cette puissance s’écrit
U2
PJ = RI 2 =
R
L’effet Joule peut avoir des aspects positifs ou négatifs selon les applications.
☞ Il est recherché pour produire de la chaleur (chauffage électrique, four...) ou de la lumière (lampe à
incandescence) ;
☞ Il est utilisé pour fabriquer des dispositifs de sécurité électrique : les fusibles sont des dispositifs
utilisant l’effet Joule pour faire fondre un conducteur calibré, afin d’isoler un circuit électrique en cas
de surintensité. Les disjoncteurs thermiques ou magnétothermiques utilisent le même effet, mais sans
destruction physique, ils sont réarmables.
☞ Il représente dans d’autres cas des pertes d’énergie et une limitation du rendement de certains
dispositifs électriques que l’on cherche à limiter : pertes en lignes dans le transport d’électricité,
nécessité de ventiler les circuits, ...
Exercice
On considère une ligne électrique de longueur ℓ alimentée en courant continu. Elle est composée
de deux fils de cuivre de résistivité ρ. On appelle j la densité de courant maximale admissible
pour une ligne en cuivre, c’est-à-dire l’intensité maximale admissible par unité de surface du
conducteur.
La ligne est alimentée d’un côté par une tension continue de valeur égale à U . À l’autre bout de
la ligne, l’utilisateur demande une tension U0 = 2,0 kV pour faire fonctionner son installation qui
consomme une puissance donnée P0 = 200 kW.
On donne ℓ = 10 km, ρ = 1,7 × 10−8 Ω · m et j = 5,0 A · mm−2 .
– 30 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Producteur Utilisateur
U U0 P0
P
2ρℓ
R= = 17 Ω
S
I = 10 A S = 2 mm2 R = 170 Ω
U = 21,7 kV P = U I = 217 kW PJ = 17 kW
Les pertes par effet Joule ne représentent plus que 7,8 % de la puissance P : c’est plus
acceptable. En transportant l’énergie électrique sous une tension élevée, on diminue les pertes
en ligne et, de plus, on économise du cuivre car S est plus petite.
d – Association de résistances
Association en série
Considérons un ensemble de n résistances placées en série, conformément à la Fig. 25. Chaque résistance
Rk est parcourue par le courant d’intensité I. On note Uk la tension aux bornes de la résistance Rk .
Intéressons-nous à la tension U aux bornes de l’association. D’après la loi des mailles, on a
n
X
U= Uk
k=1
– 31 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
R1 I R2 Rn−1 Rn
U0 U1 Un−1 Un
U
Ainsi, les résistances placées en série s’ajoutent. Ceci est cohérent avec le fait que la résistance d’un
conducteur est proportionnelle à sa longueur.
Association en parallèle
Considérons cette fois n conducteurs ohmiques, de conductances
Gk = 1/Rk , k ∈ {1, 2, ..., n}, branchés en parallèle (voir Fig. 26). I1 R1
Une même tension U existe aux bornes de chacune. D’après la loi
de nœuds, le courant qui entre dans l’association est donné par I2 R2
n
X ..
I= Ik I .
k=1
Rs = R1 + R2
– 32 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
☞ Deux résistances en parallèle sont équivalentes à une seule dont la conductance est égale à la
somme des deux :
1 1 1
= +
R∥ R1 R2
Ou bien
R1 R2
R∥ =
R1 + R2
Exercice
Soit le circuit ci-contre pour lequel on donne :
E = 12 V
R1 = 7 Ω ; R2 = 12 Ω ; R3 = 4 Ω ; R4 = 15 Ω. R1
1 Déterminer la résistance équivalente vue du
E R4
générateur.
2 En déduire l’intensité de tous les courants. R2 R3
3 Faire un bilan énergétique.
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 R2 et R3 sont branchées en parallèle, leur résistance équivalente vaut
R2 R3
R23 = =3Ω
R2 + R3
R23 est en série avec R1 , la résistance équivalente est égale à
R123 = R1 + R23 = 10 Ω
I1 = I − I4 = 1,2 A
U2 = E − U1 = 3,6 V
– 33 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
PG = EI = 24 W
PR = R1 I1 2 + R2 I2 2 + R3 I3 2 + R4 I4 2
= 10,08 + 1,08 + 3,24 + 9,6
= 24 W
U
I
| {z }| {z }
récepteur générateur
U
I
– 34 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
I
I
| {z }| {z }
récepteur générateur
U
U
Une source de courant idéale peut être réalisée par une alimentation de laboratoire. Certains montages
électroniques permettent de les fabriquer et de régler leur valeur. En outre, la modélisation des circuits
à transistors, composants à la base de toute l’électronique intégrée, nécessite de prendre en compte le
concept de source de courant.
Sur un schéma, une source idéale de courant ne peut pas être en circuit ouvert. En effet, le courant
dans la branche où il est placé ne peut être annulé. En pratique, lorsque cela survient, il apparaît une
tension élevée aux bornes du circuit ouvert pouvant occasionner des dommages sur les personnes et le
matériel (voir la Ss-sec. 6.4).
I U (V)
U 4
2
I (A) 0 0,25 0,5 0,75 1,0 1,25
U (V) 4,5 4,05 3,6 3,15 2,70 2,45 0,2 0,4 0,6 0,8 I (A)
Ces résultats suggèrent de modéliser le comportement de la pile non seulement par sa force électro-
motrice E (ou tension à vide) mais aussi par sa résistance interne r. L’équation de la caractéristique
s’écrit alors
U = E − rI
Dans le cas de la Fig. 29, on a E = 4,5 V et r = 1,8 Ω.
Modèle de Thévenin d’un générateur linéaire
Un générateur linéaire est donc modélisé par l’association d’une source idéale de fem E en série
avec une résistance de valeur r, comme on le voit sur la Fig. 30. On parle du modèle de Thévenin
du générateur linéaire.
I r
E rI
U = E − rI
– 35 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
U = E − rI
Exercice
On connecte un générateur linéaire de fem E et de résistance interne r à une résistance variable
de valeur R.
1 Exprimer l’intensité du courant I ainsi que la puissance P fournie par le générateur en
fonction de E, r et R.
2 Pour quelle valeur de R la puissance P est-elle maximale ?
3 Illustrer ce résultat en traçant la fonction y = P/Pmax en fonction de x = R/r.
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 En appliquant la loi des maille et la loi d’Ohm, on obtient :
U = E − rI = RI
P = U I = RI 2 = (E − rI) I
Il vient, en fonction de E, r et R,
RE 2
P=
(R + r)2
2 Remarquons que
E 2 /r
P=
R/r + 2 + r/R
Posons x = R/r. Trouver le maximum de P revient à déterminer pour quelle valeur de x la
fonction f (x) = x + 2 + 1/x est minimale. On a f ′ (x) = 1 − 1/x2 , qui s’annule en x0 = 1. On
vérifie rapidement qu’il s’agit bien d’un minimum (f ′ (x) > 0 ⇐⇒ x < x0 ). On en conclut que
E2
P est maximale pour R = r, et on a Pmax = .
4r
C’est donc lorsque la résistance du générateur est identique à celle du récepteur que la
puissance transmise est maximale.
3 On a
4
y(x) =
x + 2 + 1/x
Pour faciliter le tracé, on remarque que
☞ le maximum de y est atteint pour le minimum de f ;
☞ lorsque x ≪ 1, 1/x ≫ x et 1/x ≫ 2, donc y(x) ≃ 4x (allure linéaire) ;
– 36 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
1 x
Le problème que nous venons de traiter porte le nom d’adaptation d’impédance. Pour de
nombreuses applications en électronique, il est nécessaire de faire en sorte qu’un maximum
de puissance soit transmis à un récepteur. C’est le cas par exemple d’un amplificateur audio
qui alimente un haut-parleur : la résistance de sortie de l’amplificateur doit être réglée pour
correspondre à la résistance du haut-parleur.
La résistance interne d’un générateur chimique est généralement faible : elle est de l’autre de 2 mΩ
pour une batterie au plomb de 12 V. Cependant, elle augmente lorsque la pile vieillit, en même temps
que sa fem diminue de quelques pourcents.
Notons que si on court-circuite un générateur linéaire, cela revient à annuler sa tension. Le courant
débitée (appelé courant de court-circuit) a une valeur très élevée, donné par
E
Icc =
r
Pour la batterie au plomb précédente, ce courant s’élève à 6 kA ! Il peut bien évidemment provoquer
des dommages matériels ou humains s’il n’y a pas de protection.
Remarquons qu’un générateur linéaire de tension peut être vu comme un générateur linéaire de courant ;
en effet,
E U U
U = E − rI ⇐⇒ I = − = Icc −
r r r
Vu du reste du circuit, les deux schémas de la Fig. 31 sont donc équivalents.
E
Icc = r
U
I r I
U
E rI U/r
r
La modélisation par la source de courant en parallèle avec une résistance porte le nom de modèle de
Norton.
b – Bilan de puissance
À partir de l’équation constitutive, on obtient le bilan de puissance en multipliant par l’intensité :
U I = EI − rI 2
– 37 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Exercice
R3
Un générateur linéaire de fem E = 6,0 V et de résistance interne
r = 1,0 Ω alimente trois lampes se comportant comme des résistances
R1 = 8,0 Ω, R2 = 4,0 Ω et R3 = 2,0 Ω. Elles sont branchées en R2
parallèle comme indiqué sur le schéma ci-contre.
1 Calculer l’intensité du courant I délivré par le générateur.
R1
2 Déterminer les puissances consommées par les lampes.
3 Quelle est la puissance perdue par effet Joule dans le générateur ?
I E, r
4 Calculer le rendement électrique du générateur.
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Calculons la résistance R équivalent à l’association des trois ampoules :
1 1 1 1
= + + d’où R = 1,14 Ω
R R1 R2 R3
Pour le générateur, tout se passe comme s’il alimentait cette résistance R. L’intensité du
courant délivré est donc donnée par
E
I= = 2,8 A
R+r
U = E − rI = 3,2 V
Cette tension est aussi celle aux bornes des lampes ; cela permet de calculer les puissances
consommées :
U2 U2 U2
P1 = = 1,28 W P2 = = 2,56 W P3 = = 5,12 W
R1 R2 R3
La puissance totale consommée par les lampes correspond à celle fournie par le générateur :
P = P1 + P2 + P3 = U I = 8,96 W
PJ = rI 2 = 7,84 W
4 Le rendement électrique du générateur est donné par le rapport entre la puissance électrique
fournie au lampes et la puissance totale transmise aux charges
UI U
η= = = 53 %
EI E
– 38 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
U
I r
I
M
E rI E
U
U = E + rI
I
Remarque : comme dans le cas d’un générateur,le récepteur linéaire peut être modélisé également par
l’association source de courant en parallèle avec une résistance (modèle de Norton)
b – Bilan de puissance
À partir de l’équation constitutive d’un récepteur linéaire, on obtient le bilan de puissance par multipli-
cation par l’intensité du courant :
U I = EI + rI 2
Et l’interprétation est la suivante :
☞ Pél = U I représente la puissance électrique consommée par le dipôle ;
☞ PJ = rI 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans le dipôle ;
☞ Pu = EI représente la puissance électrique utile pour le transfert d’énergie réalisé par le récepteur.
Le rendement d’un récepteur linéaire est par conséquent donné par
Pu E
η= =
Pél U
Exercice
Un moteur à courant continu de fcem E = 100 V et de résistance interne R = 0,16 Ω est alimenté
par un courant I = 25 A.
1 Calculer la tension aux bornes du moteur.
2 Faire un bilan de puissances et calculer le rendement du moteur.
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 U = E + RI = 104 V.
2 Les valeurs des puissances sont
– 39 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
U
R1 I + R2 I = U doncI =
R1 + R2
Il en résulte que
R2 U
U2 = U=
R1 + R2 1 + R1 /R2
Les deux résistances constituent un pont diviseur. On a une expression analogue pour U1 .
Il est important de noter que cette relation n’est valable que si le diviseur de tension ne délivre aucun
courant, c’est-à-dire si aucun dipôle n’est branché en dérivation sur R2 .
Exercice
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 On peut se ramener au diviseur de tension en considérant la résistance R′ équivalente à
l’association de R et de R2 . Il suffit de remplacer dans l’expression R2 par R′ . On obtient
alors
R′ RR2
U2 = U= U
R′ + R1 RR1 + RR2 + R1 R2
R
2 Lorsque R ≪ R2 , R′ ∼ R et U2 ∼ U : cela correspond à un diviseur de tension de
R1 + R
résistances R et R1 .
R2
Lorsque R ≫ R2 , R′ ∼ R2 et U2 ∼ U : l’expression de U2 n’est pas modifiée par la
R1 + R2
présence de R.
R1 I
I I
I1 I2
R1
U R2 U2 = R2 I R1 R2 U
– 40 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
b – Diviseur de courant
Le circuit diviseur de courant est présenté à la Fig. 34. Il s’agit d’une source idéale de courant connectée
en parallèle avec deux résistances. Ce montage également simple permet de régler le courant I2 en
modifiant le rapport entre les résistances R1 et R2 . La plage de variation est comprise entre 0 et I.
En effet, l’utilisation de la loi d’Ohm (avec les conductances) et de la loi des nœuds permet d’obtenir
I
G1 U + G2 U = I donc U=
G 1 + G2
On en déduit
G2 R1 I
I2 = I= I=
G 1 + G2 R1 + R2 1 + R2 /R1
On notera l’inversion du rôle des résistances par rapport au diviseur de tension : ceci est justifié sachant
que plus R2 est grande (par rapport à R1 ), plus I2 doit être faible.
c – Exemple d’application
– 41 –
Circuits électriques dans l’ARQS MP2I – Lycée Camille Guérin
Exercice
On considère le circuit ci-après. On se propose de déterminer la valeur de I.
I0 R
I
E
2R U ′ 2R U
2R
❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ Solution ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃ ❃
1 Grâce à la formule du circuit diviseur de tension, on obtient directement
2R 2U ′
U= U′ =
R + 2R 3
6R/5 3E
U′ = E=
2R + 6R/5 8
E
D’où U = E/4 et donc, d’après la loi d’Ohm, I = .
8R
E 5E
3 On a I0 = = . Ce courant se partage en deux branches de résistances 2R et
2R + Réq 16R
3R. D’après la formule du diviseur de courant, on a
2R 2 E
I= I0 = I0 =
2R + 3R 5 8R
– 42 –
MP2I – Lycée Camille Guérin Circuits électriques dans l’ARQS
Pour la mesurer, on peut employer la méthode de la « tension moitié ». Celle-ci consiste à brancher en
entrée du réseau une source idéale de tension en série avec une résistance variable X et à mesurer la
tension Ue à l’entrée du réseau. Quand la tension est égale à la moitié de celle de la source, la valeur
de cette résistance est égale à la résistance d’entrée du réseau (il faut pour cela que la résistance du
voltmètre soit très supérieure à Re ).
Ie A A Is
• •
Rs
Ue RE Es Us X
• •
B B
– 43 –