41 e RAC
41 e RAC
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
HISTORIQUE
DU
IMPRIMERIE BERGER-LEVRAULT
1 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
HISTORIQUE
DU
Le régiment voit le feu pour la première fois le 23 août à Saint-Gérard (15 kilom. au nord-ouest de
Dinant). Après avoir tiré pendant toute la matinée et une partie de l'après-midi, en raison du
mouvement de repli de l'infanterie, les groupes se retirent en direction de Corenne. Le 4e groupe,
resté en batterie pour couvrir la retraite des derniers éléments, ouvre un feu nourri sur l'ennemi
débouchant des lisières de Saint-Gérard et de Cottaprez et arrête provisoirement son avance.
Alors commence la retraite ; par Rocroi, Aubenton, Rozoy-sur-Serre, Montigny-le-Franc, le
régiment gagne Landifay (sud de Guise), le 29 août.
Nos troupes reçoivent l'ordre d'attaquer l'armée Von BULOW qui défile devant elles ; l'artillerie
allemande contrebat violemment nos propres batteries, et ne peut nous empêcher de progresser en
direction de Le Hérie-la-Vieville. Cette bataille obtient un résultat important : elle donne de l'air au
front français et dégage le front britannique, faisant avorter la tentative de mouvement tournant des
armées allemandes. Pendant trois jours, le régiment tiendra en respect les bataillons ennemis et ne
se repliera que sur ordre, au moment même où nos fantassins, pénétrant dans les batteries ennemies,
reçoivent, la mort dans l'âme, l'ordre de retraite. Celle-ci se poursuit par Crécy-sur-Serre, Notre-
Dame-de-Liesse, Romain ; les batteries passent la Vesle, traversent la Marne et continuent leur
marche vers le Sud jusqu'à Montgenost, près de Nogent-sur-Seine.
2 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
vue sur les colonnes ennemies qui remontent vers le Nord. C'est la Victoire de la Marne.
Le 41e ne perd pas le contact, pas plus que l'infanterie qui oublie dans l'enthousiasme de cette
grande victoire l'immense fatigue des longues étapes parcourues depuis Dinant. Le 1er corps
remonte vers le Nord par Bergères-sous-Montmirail, Condé-en-Brie, la Chapelle-Monthodon.
Le 41e force le passage de la Marne à Châtillon-sur-Marne et le 13 septembre au soir voit se
dresser au soleil couchant les deux tours majestueuses de la cathédrale de Reims.
Marchant nuit et jour malgré la fatigue poussée à l'extrême, luttant à l'arrière-garde pendant treize
jours pour couvrir la retraite, prenant part le 6 septembre à l'offensive générale, le 41e contribue
largement à refouler l'ennemi en déroute sur près de cent kilomètres, donnant ainsi un magnifique
exemple de courage et d'énergie qu'il devait souvent renouveler par la suite.
Pendant quatre jours, le régiment tire sans compter de positions vite repérées et soumises à
d'intenses bombardements : Bétheny, champ de courses de Reims, faubourg de Cérès (où le
maréchal-des-logis MORISSE, retirant à bras, aidé de deux hommes de sa pièce, sous les balles
ennemies, trois caissons de la ligne de feu et les abritant derrière un mur, parvient à les ré-atteler et
à les ramener à l'arrière). Le 17 septembre, les troupes viennent prendre une position de
rassemblement au sud de Roucy pour tenter de percer les lignes ennemies en direction de
Soisssons.
Combats devant Bouffignereux. ─ Pendant quatre jours, nous attaquons sans répit, mais en vain,
pour nous emparer de la ferme du Choléra et de la Ville-aux-Bois. A la sortie de Pontavert, les
groupes sont violemment pris à partie par l'artillerie ennemie ; le canonnier MOREL, le pied
fracassé par un obus, se fait hisser à cheval et ne consent à en redescendre qu'après avoir conduit sa
pièce à la place assignée. Les batteries restent là jusqu'au 18 octobre, soumises fréquemment à
d'intenses bombardements, mais faisant payer cruellement à l'ennemi les morts qui tombent
nombreux dans nos rangs.
Le front se fixe vers la fin de septembre, la guerre de tranchées commence. Le colonel ARTHAUT
prend le commandement de toute l'artillerie d'un secteur qui s'étend de la route Pontavert –
Corbeny à la ferme de Mauchamp ; les groupes du régiment sont répartis dans ce secteur. Ils sont
successivement envoyés dans la région de Soupir pour y participer à une attaque sur la Cour
Soupir et la Croix-sans-Tête.
Combats devant Soupir. ─ L'attaque est déclenchée le 6 novembre, mais, gênée par le brouillard,
elle est reprise le lendemain et les jours suivants. Nous nous emparons du château de Chavonne,
malgré le temps affreux, la boue et les tirs ennemis. Des pièces avancées sont envoyées à 500
mètres de l'ennemi ; prises sous le feu des mitrailleuses, elles continuent à tirer, enthousiasmant les
fantassins qui, d'un seul bond, progressent jusqu'aux lisières de Chavonne. Plus à droite, une série
d'attaques brillamment conduites nous permettent d'entrer dans Soupir.
3 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Champagne. ─ Alors c'est, pendant trois mois, une suite ininterrompue d'attaques locales, période
très dure dans la boue glacée de Champagne, sous des bombardements intenses. Il faut s'acharner
pendant huit jours pour conquérir un bout de tranchée, subir ensuite de nombreuses et violentes
contre-attaques d'un ennemi qui se défend avec acharnement.
Les groupes, employés successivement dans diverses positions entre Reims et Massiges, s'attirent,
par leur habileté manœuvrière, l'affection des fantassins qu'ils appuient et l'estime de leurs chefs.
Les cimetières des plaines de Champagne sont un témoignage de ces luttes sanglantes auxquelles
le régiment a pris une part glorieuse à Baconnes, Somme-Tourbe et surtout à Minaucourt et à
Wargemoulin.
La Woëvre. ─ Le 41e se rend ensuite à Verdun (faubourg Pavé). Du 3 au 13 avril 1915, le 1er
groupe et la 4e batterie sont en position vers Braquis, du 3 au 19, le 4e groupe et la 6e sont à l'ouest
d'Ermeville. Ces batteries, surtout la 10e qui avait poussé une section avancée, sont fortement
éprouvées par le tir de l'artillerie ennemie, en raison des destructions des réseaux de fil de fer
qu'elles ont exécutées. (Le 3e groupe ne prend part à aucune de ces actions faubourg Pavé).
Le 3 septembre, les 1er et 2e groupes vont relever l'A. D. 30 dans le bois de Gernicourt et le bois
des Geais. Une attaque est préparée du 24 au 29 septembre, non suivie d'exécution. Le 1er octobre
1915, les groupes vont reprendre leurs positions dans le massif de Saint-Thierry et y passent une
période calme jusqu'au 16 février. L'attaque des Allemands sur Verdun se déclenche, le régiment
s'y rend par étapes forcées.
Verdun. ─ Le 1er mars 1916, le 1er groupe va prendre position au fort de Tavannes, pour barrer la
route aux Allemands, s'ils tentaient de déboucher de Douaumont et du ravin de la Caillette, et
pour tirer à vue sur Fleury, s'ils réussissaient à s'en emparer.
4 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Le 9 mars, il va prendre position sur la partie ouest de la côte de Froide-Terre, avec mission de
barrage, interdiction et concentrations dans la région de Louvemont, côte du Poivre.
Le 2e groupe est mis en batterie par échelons à partir du 8 mars avec des missions dans la région de
Beaumont – Samogneux et, plus au sud, pour interdire le passage de la Meuse.
La lutte est sauvage. L'Allemand, dont la première attaque a échoué, s'acharne à la conquête des
crêtes successives qui lui donneraient Verdun. L'artillerie lourde écrase nos batteries, les fond sont
arrosés d'obus toxiques. Mais l'ennemi ne peut arriver à nous faire taire : un pièce de la 1re batterie a
trois canons hors de service et quatre caissons brûlés en six jours de temps. Le septième jour au
matin, avec une nouvelle bouche à feu, elle arrose un minen qui gênait notre infanterie.
Malgré l'activité déployée pour construire des abris, les pertes sont sévères : 10 tués et 45 blessés
du 1er au 15 mars pour le 1er groupe ; 18 tués et 63 blessés pour tout le régiment, du 1er mars au 3
avril.
« Ayant reçu la mission de commander un groupement d'artillerie amené en renforcement sur une
position presque continuellement soumise à un bombardement des plus violents et des plus précis, a
fait exécuter avec une conscience rare chaque jour, point par point, pendant près d'un mois, par un
personnel de plus en plus réduit, un plan d'action d'artillerie extrêmement chargé.
« A, de plus, mis en œuvre une énergie et un dévouement remarquables, en profitant des quelques
répits que lui laissait l'accomplissement de sa mission pour faire casemater ses pièces sous le feu, et
limiter ainsi les pertes subies. »
Soupir. ─ Les 5 et 6 avril, le 41e est relevé, et rentre en ligne aux environs de Vieil-Arcy et Bourg.
Il y reste sans incident jusqu'au 20 juillet et après quelques jours de manœuvres à Crèvecœur, il se
rend dans la Somme.
La Somme. ─ Les groupes montent en position le 19 août, le 1er groupe au nord-ouest de Frise, le
2e groupe à l'ouest de Feuillères. Avec le 1er groupe du 101e d'artillerie, ils forment un groupement
sous les ordres du lieutenant-colonel VIAL, avec mission d'interdiction et de contre-batterie dans la
région Ferme de l'Hôpital – Rancourt. Mais, détachés bientôt dans les artilleries divisionnaires, ils
remontent plus au Nord, suivant de près la progression de l'infanterie. Les attaques se succèdent
sans arrêt. Le 3 septembre, le Forest tombe entre nos mains, le 4, la Ferme de l'Hôpital. La lutte
devient plus âpre, l'artillerie ennemie redouble d'activité, mais ne réussit ni à arrêter nos fantassins,
ni à faire taire nos batteries. Le 12, le bois d'Anderlu est conquis. Les pertes deviennent sévères,
nous avançons toujours. Les groupes en sont à leur 4e position. Le 14, la ferme de Priez est
enlevée, le 20, l'ennemi qui se cramponne au terrain, déclenche une formidable contre-attaque sur le
front Combles - Bouchavesnes. Le 2e groupe est pris sous le feu de l'ennemi pendant un
changement de position. Le capitaine ALTMAYER, de la 4e batterie, est tué pendant la mise en
5 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
batterie. Six canons sur douze sont hors de service, mais le groupe mis en place commence à
remplir sa mission, deux heures après. La contre-attaque est brisée. L'attaque française reprend de
plus belle et chaque jour nous avançons. Le 25, Frégicourt est pris, le 26, Combles est enlevé de
haute lutte après une résistance acharnée.
La mission du 1er C. A. est terminée, l'infanterie est relevée. Le 41e accompagne encore le 9e C. A.,
jusqu'aux portes de Sailly-Saillisel. Il est relevé le 9 octobre.
Pendant cette période du 20 août au 9 octobre 1916, toutes les unités du régiment ont supporté,
sans que leur moral faiblisse, des bombardements journaliers d'une extrême violence, sue des
positions variant fréquemment et, par suite, peu organisées. Aussi les pertes ont-elles été sévères :
du 20 au 31 août, 2 tués dont 1 officier, 13 blessés. Pendant le mois de septembre, 22 tués dont 5
officiers, 59 blessés, dont 2 officiers. Du 1er au 9 octobre : 1 tué, 3 blessés.
Soit au total pour toute la bataille : 25 tués, dont 6 officiers, 76 blessés, dont 2 officiers.
Il serait trop long de donner le texte de toutes les citations obtenues, mais il est bon de faire
connaître les plus marquantes, qui donnent une idée de l'âpreté de la lutte et de la bravoure des
combattants :
6 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
permis les tirs les plus efficaces. S'avançant encore le 12 septembre, a été traversé par une balle et
mortellement blessé. »
Bataille de l'Aisne (avril 1917). ─ Le 11 mars, des détachements de travailleurs sont constitués
dans les groupes et envoyés dans la région de Beaurieux pour préparer les emplacements de
batterie à occuper pour l'attaque du 16 avril. Les batteries montent en position le 27 mars : le 1er
groupe, sur le plateau Triangulaire ; le 2e groupe, près de la tuilerie de Craonnelle. Le régiment a
une mission de contre-batterie et d'interdiction sur les arrières. Mais l'ennemi commence une
contre-préparation destinée à gêner notre offensive, qui allait devenir de jour en jour plus intense.
En outre, le mauvais temps continuel, le brouillard et les nuages très bas aveuglent notre aviation et
empêchent l'observation des tirs. L'attaque se produit néanmoins le 16 avril à 6 heures. L'ennemi
résiste énergiquement ; Craonne et le Chemin des Dames ne peuvent être enlevés. Les batteries,
qui s'étaient mises sur roues en prévision d'un recul plus accentué de l'ennemi, reprennent leurs
positions, puis sont relevées définitivement les 24 et 25 avril.
Les pertes du 41e au cours de ces opérations ont été de 8 tués, dont 1 officier ; 28 blessés, dont 3
officiers.
Vient ensuite une période de manœuvres et d'écoles à feu au camp de Mailly, puis une semaine de
repos dans la région de Provins.
Les Flandres. ─ Le régiment est alors envoyé en Belgique où se prépare une attaque importante. Il
prend position le 12 juillet autour de Reninghe et Zuysschoote et commence aussitôt des tirs
d'interdiction et de destruction qui provoquent une vive réaction de la part de l'ennemi. Celui-ci
emploie pour la première fois l'ypérite qui provoque des pertes sérieuses dans nos rangs. La 2e
batterie, en particulier, souffre beaucoup. Le 28 juillet, les Allemands écrasés par notre artillerie,
abandonnent leur première ligne pour limiter leurs pertes. L'infanterie de la 1re D. I. l'occupe
aussitôt en liaison avec le 14e C. A. Britannique. Le 31, l'attaque se déclenche sur tout le front. Les
fantassins franchissent le canal de l'Yser, deux batteries, la 1re et la 5e, les suivent, malgré les
difficultés inouïes dans ce terrain bourbeux, bouleversé par les entonnoirs des 210 et des 380. Elles
reçoivent l'ordre de se replier pour éviter l'enlisement complet, mais il leur faut 3 jours pour
arracher tout le matériel à cette terrible boue sous les balles ennemies et revenir occuper leurs
anciennes positions. La progression lente mais continue de l'infanterie nous permet enfin, le 16
août, de porter des batteries près de l'écluse d'Hetsas.
7 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Le 9 septembre, le régiment est rassemblé dans la région de Bergues, d'où il se rend à Noailles
pour être transformé en régiment porté. Ses pertes sur l'Yser avaient été de 3 tués, 16 blessés, 23
intoxiqués.
Les 1re, 2e et 5e batteries sont citées à l'ordre du 1er C. A. pour leur belle attitude dans ce secteur.
Craonne. ─ Après un repos de 15 jours, pendant lequel le chef d'escadron THOUVENOT vient
remplacer le lieutenant-colonel BARNY de ROMANET, évacué sur l'intérieur, le 41e va prendre
position dans la région de Berry-au-Bac – Pontavert, où il rejoint momentanément et à nouveau le
1er C. A.
Le secteur est relativement calme, mais on craint une attaque, et l'on travaille sérieusement :
l'infanterie aux lignes successives, l'artillerie aux positions de repli, pièces détachées, pièces contre
tanks. Les 1er et 3e groupes sont avec la 162e D. I. dans la région Bois des Buttes – Pontavert, le 2e
groupe avec la 1re, puis la 51e D. I., à la tuilerie de Craonnelle.
Au début de mars, l'ennemi commence des tirs à ypérite dans tout le secteur, principalement sur les
batteries du 1er groupe et la 8e qui sont fortement éprouvées.
Il y a 3 tués par obus, dont 1 officier, et 146 intoxiqués dont 6 officiers (3 hommes morts des suites
de l'intoxication).
8 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Guiscard violemment bombardé. Chaque batterie emmène ses pièces à bras pendant 5 kilomètres,
faute de tracteurs, et chaque chef de pièce se tient prêt à faire sauter sa pièce en cas d'attaque des
avant-gardes allemandes. Le 2e groupe contraint également à un repli, repart le 25 avant le jour
chercher ses munitions restées entre les lignes et les évacue toutes. Le 3e groupe qui tente la même
manœuvre est arrêtée par le jour qui se lève.
L'avance allemande continue, le régiment se replie par échelons, occupant toutes les positions
favorables pour retarder l'ennemi. Il s'arrête plus longuement à l'est de Thiescourt pour appuyer une
contre-attaque de la cavalerie anglaise, mais doit bientôt traverser Thiescourt violemment
bombardé. Il va occuper les hauteurs au nord-est de l'Écouvillon que le commandement a décidé de
garder à tout prix ; c'est alors que commencent les combats du Plémont, qui comptent parmi les
plus âpres de toute la campagne. Se faire tuer sur place, mais ne plus perdre un pouce de terrain, tel
est le mot d'ordre ! Les 30, 31 mars et 1er avril, attaques et contre-attaques se succèdent sans répit
et avec férocité. L'infanterie française se couvre de gloire : l'histoire parlera longtemps du Plémont
et du Plessier-de-Roye où s'illustrèrent le 159e, le 97e et le R. I. C. M. Le 41e doit être fier d'avoir eu
à soutenir de tels héros et peut s'enorgueillir d'avoir provoqué leur admiration (le capitaine
MARÉCHAL est nommé caporal honoraire au 159e R. I.). Les hommes peuvent s'en donner à
cœur joie à faucher les masses ennemies lancées sans relâche pendant trois jours à l'assaut du
Plémont. La vaillance de tous nous permet de conserver cette hauteur à jamais fameuse qui marque
le terme de l'avance ennemie commencée à Saint-Quentin.
Après avoir pris des positions plus stables et plus échelonnées, le 41e occupe le secteur du Plémont
et soutient successivement la 77e D. I. et la 1re D. C. P. dans l'exécution de coups de main fructueux.
Le secteur est organisé, on construit des positions avancées, de repli, de pièces détachées, etc...
Combats devant Noyon ─ Attaque sur le Matz. ─ Le 2 juin, les 1er et 2e groupes quittent le
secteur sous les ordres du lieutenant-colonel. Une attaque allemande a été déclenchée entre Oise et
Ailette, en direction de Compiègne. Les 2 groupes, installés d'abord en seconde ligne à Saint-
Crépin-au-Bois, montent bientôt soutenir la 38e division dans la région de Carlepont.
Le 9 juin 1918, les Allemands lancent une puissante attaque sur le front Noyon – Montdidier. Le 3e
groupe, resté en position au Plémont, subit le choc, a presque tout son matériel hors d'usage, et,
après des tirs à vue sur l'infanterie allemande, réussit à sauver 5 pièces.
Mais la 38e division, sur la rive gauche de l'Oise, est maintenant en pointe puisque l'ennemi a atteint
Ribécourt. Elle doit abandonner la forêt d'Ourscamp et le bois de Carlepont, et se replier sur les
anciennes lignes de 1914, en avant de Tracy-le-Val, protégée par le 41e. Celui-ci reste en ligne sans
incidents notables jusqu'au 9 juillet, le 3e groupe ayant rejoint.
9 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Cette bataille va décider du sort de la guerre : on commence à sentir que le Boche a du plomb dans
l'aile.
10 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Le 41e qui pendant ces derniers combats avait magnifiquement rempli toutes ses missions malgré la
fatigue et les pertes sévères, reçoit une nouvelle citation à l'ordre de l'armée, suprême joie pour ces
braves qui venaient de gagner la grande guerre.
11 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Citations du 41e R. A. C. P.
---o---
« Sous les ordres du chef d'escadron THOUVENOT et l'énergique impulsion de ses officiers et de
ses cadres, en particulier des commandants de groupe LECOMTE et MARÉCHAL, s'est comporté
d'une façon très brillante au cours des combats du 23 au 30 mars, en prêtant à l'infanterie un appui
très efficace dans des circonstances particulièrement difficiles.
« Au cours de l'un de ces combats, les batteries laissées en position jusqu'au dernier moment pour
couvrir le repli de l'infanterie ont sauvé tous leurs canons en les traînant à bras, sous le feu de
l'ennemi, pendant plus de 4 kilomètres, donnant ainsi un superbe exemple de bravoure et de
discipline. »
Ordre de la Ve Armée.
« Sous les ordres du lieutenant-colonel THOUVENOT, a montré les plus brillantes qualités
militaires, pendant les opérations qui ont été couronnées par l'enlèvement de la ligne « Hunding ».
Ni les difficultés matérielles, ni le feu de l'ennemi n'ont pu arrêter son allant, diminuer la précision
de ses tirs, faire hésiter son courage. »
Ordre n° 143 F.
Le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre est accordé aux
régiments ci-après :
......................................
41e R. A. C. P.
......................................
Signé : PÉTAIN.
-----o-----
12 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
Citations
Obtenues par les Unités du 41e R. A. C. P.
---o---
1re Batterie du 41e Régiment d'Artillerie sous les ordres du lieutenant RICHEZ.
« Après avoir tiré sans arrêt le 30 juillet 1917, dans la nuit du 30 au 31, et le 31 juillet, est allée
occuper une position avancée dans un terrain marécageux et semé de trous d'obus et d'entonnoirs.
Ayant reçu l'ordre de rallier sa première position, a exécuté sous les obus et les balles, par une nuit
moire et sous la pluie, un mouvement qui a exigé de tous les plus grands efforts, le personnel de la
batterie faisant preuve d'une remarquable endurance et d'un beau sentiment du devoir. »
« Même motif »
-----o-----
13 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
NOMS
des Officiers, Sous-Officiers et Hommes
décorés de la Légion d'Honneur
et de la Médaille Militaire au cours de la Campagne
---o---
LÉGION D'HONNEUR
MÉDAILLE MILITAIRE
-----o-----
14 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
NOMS
des Officiers, Sous-Officiers et Hommes
Cités à l'Ordre de l'Armée
---o---
Ordre de l'Armée : 35. ― Ordre du Corps d'Armée : 116. ― Ordre de la Division : 80. ― Ordre de
la Brigade : 61. ― Ordre du Régiment : Autres Régiments, 82 ; 41e R. A. C. P., 853. ― Total :
1227 citations.
-----o-----
15 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
TUÉS
MORTS DE MALADIES
CONTRACTÉES AUX ARMÉES
Lieutenant-Colonel BARNY DE ROMANET ; Capitaine CUVILLIER.
BLESSÉS
Colonel ARTHAUT ; Chef d'Escadron MARC ; Capitaines : VAUTHRIN, MARTINET,
MARÉCHAL, PINLOU, LESAGE ; Lieutenants : SERANT, MERCIER, GALICHET (mort au
dépôt Capitaine), ZUCKMEYER, MOREAU, DURIEUX, DEMAN, RICHEZ, BOURDREZ ;
Sous-Lieutenants : FRAPPIER, CANONNE, COCHOIS, VUAFLART Maurice, RAYMOND,
BOULANGER, Médecin Aide-Major LOUBATIE, LAMARCK, AUZÉNAT, TAILLANDIER,
LEROY, TANVE.
-----o-----
16 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
EINHORNY.
JYPE.
OUSTON.
QUENESSE.
17 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
-----o-----
18 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
COLONELS
LIEUTENANTS-COLONELS
Lieutenant-Colonel RICHARD ; Chef d'Escadron BROUTIN (poste supprimé).
1er GROUPE
Commandant de Groupe : Chef d'Escadron HESSE ; Capitaine BACHARACH ; Chef d'Escadron
LECOMTE ; Capitaine PINLOU ; Capitaine LESAGE (provisoirement).
2e GROUPE
19 / 20
Historique du 41e Régiment d'Artillerie de Campagne
Imprimerie Berger-Levrault.
numérisation : P. Chagnoux - 2010
3e GROUPE
(A formé l'A. D. 122 et ultérieurement le 241e)
4e GROUPE
(A formé l'A. D. 122 et ultérieurement le 241e)
3e GROUPE
(Formé en octobre 1917)
20 / 20