Cours de Probabilités et Statistiques ISAE-SUPAERO
Cours de Probabilités et Statistiques ISAE-SUPAERO
Simatos
Probabilités et Statistique
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nia, 94041, USA.
i
Organisation du cours
Présentation générale
La plupart des séances de cours sont des séances de 3 heures, divisées en 1 heure de cours magistral
(amphi) suivie de 2 heures de PC. Pour les tests d’hypothèses, le format consiste en une séance de
2 heures de cours interactif en salle de pédagogie active, et d’une autre séance de 2 heures de PC.
Il y a au final 9 séances de cours et 2 BE notés qui couvrent les thèmes suivants :
Proba 1 (amphi + PC) : Variables aléatoires discrètes – Chapitre 1 ;
Proba 2 (amphi + PC) : Variables aléatoires absolument continues – Chapitre 2 ;
Proba 3 (amphi + PC) : Théorèmes limites – Chapitre 3 ;
Proba 4 (amphi + PC) : Vecteurs gaussiens – Chapitre 4 ;
Proba 5 (BE noté) : Urne de Pólya ;
Stat 1 & 2 (amphi + PC) : Estimation paramétrique – Chapitre 5 ;
Stat 3 (cours interactif) : Tests d’hypothèses – Chapitre 6 ;
Stat 4 (BE noté) : Tests d’hypothèses – Chapitre 6 ;
Stat 5 (PC) : Tests d’hypothèses – Chapitre 6 ;
et la dernière séance est une séance de questions/réponses en amphi :
Proba+Stat (amphi) : Séance de questions/réponses en amphi.
Comme indiqué ci-dessus avec la référence aux chapitres correspondant, l’organisation de ce poly-
copié suit fidèlement ce plan. Par ailleurs, chaque chapitre se conclut par une fiche de synthèse qui
regroupe les notions essentielles du chapitre, ainsi que par une liste d’exercices et de problèmes. Les
exercices d’application directe du cours sont notés avec une flèche ,→.
Pré-requis
Il est supposé que les étudiants ont déjà une connaissance en probabilités correspondant
au programme des classes préparatoires, et sont donc familiers avec la théorie des probabilités
discrètes et notamment les notions d’espace de probabilités, variable aléatoire, espérance, variance
et indépendance. De manière plus précise, en préalable de ce cours chaque étudiant est supposé
connaître le contenu des Sections 1.1 à 1.4 du Chapitre 1 : si tel n’était pas le cas, il est attendu que
chaque étudiant se mette au niveau.
iii
La deuxième séance est consacrée à la théorie des variables aléatoires absolument continues :
par exemple, cela permettra de parler d’une variable aléatoire uniformément répartie sur l’intervalle
[0, 1], qui représente le résultat de l’expérience “Tirer un nombre au hasard dans [0, 1]”. Le deuxième
chapitre du polycopié revisite dans ce cadre toutes les notions introduites dans le cadre discret.
La troisième séance introduit des résultats de convergence de suites de variables aléatoires, qui
font le lien entre les probabilités discrètes et absolument continues. On verra par exemple dans
quel sens une suite de variables aléatoires discrètes uniformément distribuées sur l’ensemble fini
{0, 1/n, 2/n, . . . , 1 − 1/n, 1} converge vers une variable aléatoire absolument continue uniformément
répartie sur l’intervalle [0, 1]. On verra dans ce chapitre les deux résultats les plus importants de la
théorie des probabilités : la loi forte des grands nombres et le théorème central limite.
La dernière séance est consacrée à l’étude des vecteurs gaussiens, qui jouent un rôle très important
dans de nombreux domaines de l’ingénierie et notamment le traitement du signal.
Le BE de probabilités vise à illustrer les résultats théoriques vus en cours par des simulations
numériques portant sur l’urne de Pólya.
1. Description tirée du livre Probabilités, Analyse des Données et Statistique de Gilbert Saporta, auquel le lecteur
intéressé pourra se reporter pour une discussion plus détaillée.
iv
Séance questions/réponses
La dernière séance de cours est une séance récapitulative qui a lieu en amphi la semaine de l’examen :
pendant deux heures, vous pouvez venir poser toutes les questions (de probabilité et statistique)
auxquelles vous avez toujours voulu avoir la réponse.
v
Table des matières
Notations 1
vii
TABLE DES MATIÈRES
3 Théorèmes limites 55
3.1 Série de pile ou face . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2 Convergence presque sûre et loi forte des grands nombres . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.2.1 Définition et loi forte des grands nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.2.2 Convergence vers une variable aléatoire : l’exemple de l’urne de Pólya . . . . 60
3.2.3 Théorème de convergence dominée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.2.4 Lemme de Borel–Cantelli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.2.5 Interprétation empirique de la densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.3 Convergence en probabilité et loi faible des grands nombres . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4 Convergence en loi et théorème central limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.5 Généralisation à la dimension ≥ 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
3.6 Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
viii
TABLE DES MATIÈRES
4 Vecteurs gaussiens 73
4.1 Définition et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.1.1 Vecteur gaussien standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.1.2 Vecteur gaussien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.2 Théorème central limite multi-dimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.3 Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.3.1 Décomposition spectrale de Var(X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.3.2 Projection sur l’image de Var(X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.3.3 Absolue continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.4 Définition standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.5 Espérance conditionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.6 Indépendance des moyenne et variance empiriques, loi du χ2 et loi de Student . . . . 81
4.7 Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
II Statistique 87
5 Estimation paramétrique 89
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.1.1 Description informelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.1.2 Formalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.1.3 Un exemple en dimension d > 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2 Définitions et hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.1 Modèle paramétrique et estimateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.2 Existence d’une densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.3 Vraisemblance : l’estimation paramétrique comme un problème inverse de probabilités 92
5.4 Modèle régulier, vecteur du score et information de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . 93
5.5 Estimateurs classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
5.5.1 Estimateur du maximum de vraisemblance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
5.5.2 Estimateur de la moyenne (et donc de la variance) . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.6 Estimateurs efficaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.6.1 De l’importance de la variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.6.2 Borne de Fréchet–Darmois–Cramer–Rao . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.6.3 Normalité asymptotique de l’estimateur du maximum de vraisemblance . . . 99
5.6.4 Réduction de la variance et statistique exhaustive . . . . . . . . . . . . . . . 99
5.7 Régions de confiance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.7.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.7.2 Intervalles de confiance pour le modèle gaussien . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
5.7.3 Ellipsoïde de confiance pour les estimateurs asymptotiquement normaux . . . 104
5.8 Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
5.9 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
ix
TABLE DES MATIÈRES
x
Notations
Dans tout ce polycopié les notations suivantes seront utilisées : R désigne l’ensemble des réels,
R+ = [0, ∞[ l’ensemble des réels positifs, |Ω| ∈ N ∪ {∞} la cardinalité d’un ensemble (avec |Ω| = ∞
si et seulement si Ω est infini), Ωc son complémentaire et x+ = max(x, 0) et x− = − min(x, 0)
les parties positive et négative d’un réel x ∈ R. On notera Z l’ensemble des entiers relatifs, N =
Z ∩ R+ = {0, 1, 2, . . .} l’ensemble des entiers naturels positifs et N∗ = N \ {0} l’ensemble des entiers
naturels privé de 0.
Un élément M ∈ Rm×n pour m, n ∈ N∗ est assimilé à une matrice à coefficients dans R avec m
lignes et n colonnes et représente l’application linéaire x ∈ Rn 7→ M x ∈ Rm ; M > ∈ Rn×m désigne
sa transposée. On assimilera Rn et Rn×1 , i.e., un vecteur x ∈ Rn sera vu comme un vecteur colonne
avec n lignes et une colonne, et l’on notera donc parfois x = (x1 , . . . , xn ) = (x1 · · · xn )> ∈
PR
n
. Pour
n > > n
x, y ∈ R on notera hx, yi = x y = y x le produit scalaire euclidien entre x et y : hx, yi = k=1 xk yk
si x = (x1 , . . . , xn ) et y = (y1 , . . . , yn ), et toute inégalité vectorielle x ≤ y est à comprendre
coordonnée par coordonnée. Pour M une matrice et a ∈ R, aM désigne la matrice de même taille
que M où chaque coordonnée est multipliée par a et rang(M) est son rang. Enfin, pour A une matrice
carrée à coefficients dans R, on notera det(A) son déterminant.
1
Première partie
3
Chapitre 1
On rappelle dans ce chapitre les éléments de la théorie des probabilités discrètes vues en classes
préparatoires, que l’on complètera par la notion essentielle d’espérance conditionnelle dans les Sec-
tions 1.6 et 1.7.
Ω un ensemble dénombrable.
Ainsi, Ω est fini ou infini dénombrable. L’ensemble Ω est appelé univers, espace d’états ou espace
des réalisations : il est à envisager comme l’ensemble des résultats possibles d’une expérience
aléatoire. Puisque l’on se restreint au cas où Ω est dénombrable, on ne considère donc que des
expériences “simples”, par exemple un lancer de dé. Un élément ω ∈ Ω, assimilé au singleton {ω},
sera appelé évènement élémentaire.
Dans le cadre de ce chapitre où Ω est dénombrable, on considère F = P(Ω) l’ensemble des parties
de Ω : comme nous le verrons au Chapitre 2 cela ne sera plus nécessairement le cas lorsque Ω n’est
pas dénombrable. L’ensemble F définit les ensembles que l’on peut mesurer : ainsi, on appellera un
ensemble A ∈ F ensemble mesurable ou évènement. Le couple (Ω, F) est quant à lui appelé
espace mesurable.
Afin de rendre ces définitions et les suivantes plus concrètes, il sera utile d’avoir un ou plusieurs
exemples en tête. Pour cela, examinons comment modéliser plusieurs expériences aléatoires.
Exemple 1.1. Un joueur lance deux dés discernables (par exemple, ils ont des couleurs différentes)
à 6 faces. La manière la plus simple de modéliser cette expérience aléatoire est donc de considérer
Ω1 = {1, . . . , 6} × {1, . . . , 6}
Ω2 = {(i, j) : 1 ≤ i ≤ j ≤ 6}.
5
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Une autre manière de rendre compte de cette expérience est d’enregistrer le plus petit résultat et la
différence entre le plus grand et le plus petit résultat, ce qui nous amène alors à considérer
Ω3 = {(i, j) : 1 ≤ i ≤ 6, 0 ≤ j ≤ 6 − i}.
Exemple 1.3. Un autre exemple est donné par un joueur qui joue 100 fois à pile ou face. On peut
alors enregistrer le résultat de l’expérience par une suite de longueur 100 de 0/1, où 0 correspond à
pile et 1 à face, ce qui correspond à l’univers
Ω4 = {0, 1}100 .
On peut aussi décrire le résultat en enregistrant le résultat du premier lancer (0 on commence par
pile, 1 par face) puis la longueur des séries de pile ou face successifs. Par exemple, (0, 3, 4, 2, 91, 0, . . . , 0)
signifie que l’on a d’abord 3 fois pile, puis 4 fois face, puis 2 fois pile et enfin 91 fois face. Ainsi,
l’univers correspondant est
Ω5 = {0, 1} × {0, 1, . . . , 100}100 .
Les exemples ci-dessus correspondent à des univers finis, même si on pourrait par exemple rendre
compte de la première expérience aléatoire par l’univers N × N puisque l’on peut toujours décrire
une expérience aléatoire par un univers plus gros. Dans les exemples suivants par contre, on ne peut
pas décrire l’expérience aléatoire par un univers fini.
Exemple 1.4. Un joueur lance une pièce, et l’on s’intéresse au nombre de lancers nécessaires avant
d’obtenir pile pour la première fois : l’univers Ω décrivant cette expérience est alors
Ω6 = N∗ ∪ {∞},
l’ajout de l’infini étant là au cas où la pièce soit truquée et ait deux côtés face.
Exemple 1.5. Dans le jeu de rôle Earthdawn, le résultat du jet d’un dé à n faces est donné par
la règle suivante : tant que l’on obtient le score maximum n, on relance le dé et on additionne le
résultat de tous les jets. Ainsi, on peut potentiellement obtenir n’importe quel résultat et un univers
naturel est donc
Ω7 = N∗ .
Une autre description de cette expérience aléatoire est d’enregistrer le nombre de fois où l’on obtient
le score maximal ainsi que le résultat du dernier lancer : l’univers est alors
Ω8 = N × {1, . . . , n − 1}.
Une même expérience aléatoire peut être décrite par plusieurs univers Ω.
Dans les exemples ci-dessus, la description de l’expérience aléatoire n’est pas complète : par exemple,
le résultat d’un lancer de dés sera très différent si l’on jette des dés biaisés ou non. De manière
générale, il n’est pas suffisant de décrire l’ensemble des résultats possibles et les évènements –
via l’espace mesurable (Ω, F) – mais il faut aussi décrire les probabilités d’occurrence des divers
évènements.
Définition 1.1. Une fonction P : F → [0, 1] est appelée mesure de probabilité si elle vérifie les
deux propriétés suivantes :
1. P(Ω) = 1 ;
6
1.1. ESPACE DE PROBABILITÉS DANS LE CAS DISCRET
2. pour toute famille dénombrable (Ai , i ∈ I) d’ensembles mesurables deux à deux disjoints, i.e.,
I est dénombrable, Ai ∈ F pour tout i ∈ I et Ai ∩ Aj = ∅ pour tout i 6= j dans I, alors
!
[ X
P Ai = P(Ai ). (1.1)
i∈I i∈I
Si P est une mesure de probabilité sur l’espace mesurable (Ω, F), le triplet (Ω, F, P) est appelé
espace de probabilité.
Dans le cadre particulier de ce chapitre où Ω est dénombrable, on dira plus spécifiquement que P
est une mesure de probabilité discrète, cf. la Section 2.4 pour la définition générale. Le triplet
(Ω, F, P) décrit maintenant bien une unique expérience aléatoire, et en outre :
En effet, étant donné P mesure de probabilité sur (Ω, F), la suite pω = P({ω}) satisfait (1.2) puisque
P est à valeurs dans [0, 1] et que
X X
pω = P({ω}) (par définition de pω )
ω∈Ω ω∈Ω
!
[
=P {ω} (par (1.1) avec I = Ω et Aω = {ω})
ω∈Ω
= P(Ω) (puisque Ω = ∪ω∈Ω {ω})
=1 (par définition d’une mesure de probabilité).
7
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Réciproquement, étant donnée une suite (pω , ω ∈ Ω) satisfaisant (1.2), on peut définir P : F → R
de la manière suivante : X
P (A) = pω , A ∈ F.
ω∈A
On vérifie alors aisément que P est bien une mesure de probabilité, qui satisfait par ailleurs P({ω}) =
pω . On retiendra donc que
Avant de conclure cette section avec certaines propriétés élémentaires satisfaites par toute mesure
de probabilité dans la Proposition 1.1 ci-dessous, nous noterons que, pour une même expérience
aléatoire, le choix de l’univers Ω influence la “bonne” mesure de probabilité, i.e., celle qui décrit
l’expérience aléatoire. Pour comprendre cela revenons à nouveau à l’exemple du lancer de 2 dés.
Exemple 1.7. Considérons l’expérience aléatoire consistant à jeter 2 dés discernables et non biaisés.
Comme nous l’avons vu dans l’exemple 1.6, on peut décrire cette expérience par l’espace de proba-
bilité (Ω1 , F1 , P1 ) avec P1 la mesure uniforme sur Ω1 .
Quitte à perdre l’identité des deux dés, on peut aussi décrire cette expérience en considérant l’uni-
vers Ω2 , ce qui revient à enregistrer le plus petit et le plus grand résultat. Dans ce cas, il est clair
que la mesure uniforme sur Ω2 ne rend pas bien compte de l’expérience aléatoire : en fait, on peut
montrer que la “bonne” mesure de probabilité P2 est donnée par
(
1/18 si i 6= j,
P2 ({i, j}) = (i, j) ∈ Ω2 . (1.3)
1/36 si i = j,
De même, si l’on décrit cette expérience à l’aide de l’univers Ω3 , ce qui revient à enregistrer le plus
petit résultat et la différence entre le plus grand et le plus petit résultat, la “bonne” mesure de
probabilité P3 est donnée par
(
1/18 si j 6= 0,
P3 ({i, j}) = (i, j) ∈ Ω3 . (1.4)
1/36 si j = 0,
Ainsi, les trois espaces de probabilité (Ωi , Fi , Pi ) pour i = 1, 2, 3 sont différents mais décrivent la
même expérience aléatoire.
Proposition 1.1. Soit (An , n ∈ N) une suite d’évènements, i.e., An ∈ F pour n ∈ N. Toute mesure
de probabilité P sur (Ω, F) satisfait les propriétés suivantes :
• P(Ac1 ) = 1 − P(A1 ) ;
• P(A1 ∪ A2 ) = P(A1 ) + P(A2 ) − P(A1 ∩ A2 ) ;
• si la suite (An , n ∈ N) est croissante, i.e., An ⊂ An+1 , alors
!
[
P An = lim P(An );
n→∞
n∈N
8
1.2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
A ce stade il peut paraître mystérieux de faire apparaître les ensembles F et F 0 dans la définition
d’une variable aléatoire puisqu’ils ne jouent apparemment aucun rôle, mais cela prendra tout son
sens lorsque l’on parlera de variables aléatoires absolument continues au Chapitre 2. A cause de la
définition très générale d’une variable aléatoire discrète, le fait d’être une variable aléatoire discrète
est une propriété extrêmement stable. On notera par exemple les propriétés suivantes.
Proposition 1.2. Pour toute application ϕ : (Ω0 , F 0 ) → (Ω00 , F 00 ), l’application ϕ ◦ X : (Ω, F) →
(Ω00 , F 00 ) est une variable aléatoire discrète.
Ainsi, si X1 et X2 sont deux variables aléatoires à valeurs dans Ω0 = R, alors toute combinaison
linéaire de X1 et X2 est une variable aléatoire, ainsi que X12 , min(X1 , X2 ), etc.
Les variables aléatoires sont des objets très importants puisqu’ils capturent ce qui, dans l’expérience
aléatoire, nous intéresse vraiment. Ainsi, pour revenir à l’exemple 1.2 du lancer de deux dés indiscer-
nables, ce qui nous intéresse parfois n’est pas tant le résultat de chaque dé mais plutôt leur somme :
dans ce cas, on considèrera la variable aléatoire X2 ou X3 définie par
ou bien par
X3 : (i, j) ∈ Ω = Ω3 7→ 2i + j ∈ Ω0 = {2, . . . , 12}, (1.6)
suivant la modélisation de l’expérience adoptée. Par la suite, la question naturelle est de connaître la
probabilité d’obtenir un certain résultat, par exemple, quelle est la probabilité d’obtenir un résultat
≥ 5 ? Formellement et plus généralement, il s’agit de calculer la loi de X. Pour définir cette notion,
on rappelle la définition ensembliste de l’image réciproque d’une fonction : si f : Ω → Ω0 est une
fonction quelconque, son image réciproque f −1 : P(Ω0 ) → P(Ω) est la fonction définie par
f −1 (A) = {ω ∈ Ω : f (ω) ∈ A} , A ⊂ Ω0 .
Lorsque f est bijective, l’image réciproque de tout évènement élémentaire est un singleton, disons
f −1 ({ω 0 }) = {ω}, et par abus de notation on identifiera alors f −1 avec l’inverse de f , définie dans
l’exemple précédent par la relation f −1 (ω 0 ) = ω.
9
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Remarque 1.1. La loi de X dépend de la mesure de probabilité considérée (ici, P). Si l’on est amenés
à considérer plusieurs mesures de probabilités (ce qui sera le cas lorsque l’on fera de la statistique),
on pourra alors être amené à parler de la loi de X sous P.
Théorème 1.3. Si X : (Ω, F) → (Ω0 , F 0 ), alors la loi de X est une mesure de probabilité sur
(Ω0 , F 0 ).
En d’autres termes,
Démonstration du théorème 1.3. Il s’agit de vérifier les deux axiomes d’une mesure de probabilité.
Tout d’abord, on calcule bien PX (Ω0 ) = 1 puisque PX (Ω0 ) = P(X −1 (Ω0 )) par définition de PX , que
X −1 (Ω0 ) = Ω par définition de X −1 et finalement que P(Ω) = 1 par hypothèse. La propriété (1.1)
suit du fait que l’image réciproque commute avec l’union, i.e.,
!
[ [
−1
X Ai = X −1 (Ai ) ,
i∈I i∈I
qui implique que PX (∪i∈I Ai ) = P(∪i∈I X −1 (Ai )), et du fait que si (Ai ) est une famille d’ensembles
deux
P à deux disjoints,Palors la famille (X −1 (Ai )) l’est aussi, ce qui implique que P(∪i∈I X −1 (Ai )) =
−1
i∈I P(X (A i )) = i∈I PX (Ai ).
Deux variables aléatoires différentes peuvent avoir la même loi. Par exemple, les variables aléatoires
X2 et X3 de (1.5) et (1.6) décrivent le même résultat d’une même expérience aléatoire, à savoir la
somme de deux dés. Il est donc évident que les lois de X2 et X3 doivent coïncider : la probabilité
d’obtenir 2 ne doit pas dépendre du formalisme adopté ! Ainsi, si les mesures de probabilité P2 et
P3 de (1.3) et (1.4) ont été bien choisis, on doit avoir
P2 ◦ X2−1 = P3 ◦ X3−1
ce que l’on peut effectivement vérifier analytiquement.
10
1.2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
P (X ∈ A)
qui s’interprète tout simplement par la probabilité que X appartienne à A. Il s’agit du premier
exemple où Ω, bien qu’indispensable pour la construction rigoureuse de la théorie des probabilités,
va peu à peu s’effacer au profit des lois induites par les variables aléatoires considérées. De la même
manière, au lieu de noter ϕ ◦ X on notera tout simplement ϕ(X), etc.
Remarque 1.2. Ce formalisme peut parfois prêter à confusion. Considérons par exemple le raison-
nement suivant : soit X une variable aléatoire discrète à valeurs réelles et FX : x ∈ R 7→ P(X ≤
x) ∈ [0, 1] (comme on le verra plus loin, FX est la fonction de répartition de X). Une interprétation
incorrecte du formalisme probabiliste pourrait alors mener à la conclusion que FX (X) = 1 : en effet,
puisque FX (x) = P(X ≤ x) on a FX (X) = P(X ≤ X) = 1. Ce raisonnement est bien entendu
erroné, mais saurez-vous trouver le problème ?
Loi géométrique : La loi géométrique est la loi du nombre de lancers jusqu’au premier succès,
lorsque les lancers sont indépendants et sont un succès avec probabilité p ∈]0, 1[ : ainsi, c’est
une mesure de probabilité sur N∗ paramétrée par un nombre réel p ∈]0, 1[ et donnée par
P({k}) = (1 − p)k−1 p, k ∈ N∗ ;
Loi de Poisson : La loi de Poisson, caractérisée par un paramètre λ > 0, est la mesure de proba-
bilité sur N définie par
λk −λ
P({k}) = e , k ∈ N.
k!
Il s’agit d’une loi essentielle pour la modélisation des évènements rares qui émerge comme
limite de la loi binomiale, cf. Proposition 3.12.
11
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Les propriétés suivantes découlent directement de cette définition et des propriétés d’une loi de
probabilité établie dans la Proposition 1.1.
Démonstration. Cela vient directement du fait que FX (x) − FX (x−) = PX ({x}) et du fait qu’une
mesure de probabilité discrète est caractérisée par les probabilités des évènements élémentaires.
1.3.2 Espérance
Pour x ∈ R on rappelle les notations
( (
+ x si x ≥ 0 − −x si x ≤ 0
x = max(x, 0) = et x = − min(x, 0) = .
0 sinon 0 sinon
Définition 1.6. Si X est à valeurs dans R+ ∪ {∞}, alors son espérance E(X) ∈ R+ ∪ {∞} est
définie de la manière suivante :
X X
E(X) = xPX ({x}) = xP(X = x) (1.7)
x∈X(Ω) x∈X(Ω)
Remarque 1.3. Formellement, E est un opérateur qui agit sur les variables aléatoires et qui dépend
de la mesure de probabilité considérée, ici, P. Ainsi, chaque nouvelle mesure de probabilité induit
un nouvel opérateur d’espérance associé. Dans le cadre de ce cours il y aura notamment deux cas
particuliers importants :
• comme on le verra dans la Section 1.6, chaque évènement A ∈ F avec P(A) > 0 induit une
nouvelle mesure de probabilité P( · | A), appelée mesure de probabilité conditionnelle sachant
A, et l’opérateur associé est E( · | A) ;
• en statistique, on considérera par exemple une famille {Pθ , θ ∈ Θ} de mesures de probabilités
sur un même espace, et Eθ dénotera alors l’espérance associée à la mesure de probabilité Pθ .
12
1.3. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES À VALEURS RÉELLES : FONCTION DE
RÉPARTITION, ESPÉRANCE ET VARIANCE
Remarque 1.4. L’espérance de X ne dépend que de sa loi : deux variables aléatoires avec la même
loi ont donc la même espérance.
Nous montrons maintenant quelques propriétés essentielles de l’espérance :
• la Proposition 1.8 donne une formule explicite pour E(|X|) de laquelle découle que la for-
mule (1.7) reste valable dans le cas où X est intégrable ;
• le Théorème 1.9 qui établit une formule fondamentale pour calculer l’espérance de ϕ(X) ;
• la Proposition 1.10 qui montre que l’espérance est un opérateur linéaire ;
• le Théorème 1.16 qui montre l’écriture probabiliste de l’inégalité de Cauchy–Schwarz.
Les preuves de ce résultat sont élémentaires, et reposent essentiellement sur le théorème de Fubini et
les deux résultats suivants. Le premier résultat montre un lien profond entre probabilité et espérance :
P(A) n’est rien d’autre que l’espérance de la variable aléatoire ξA .
Puisque tous les termes sont positifs, le théorème de Fubini nous permet d’intervertir somme et
intégrale ce qui nous donne, en intégrant d’abord sur u ≥ 0,
Z X
E(X) = du1 {u ≥ 0} 1 {x ≥ u} PX ({x}) .
x∈X(Ω)
P
Par définition, x∈X(Ω) 1 {x ≥ u} PX ({x}) = P(X ≥ u) et l’on obtient donc le résultat.
13
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Si l’une de ces trois conditions est satisfaite, alors la série (xPX ({x}), x ∈ X(Ω)) est sommable et
la formule (1.7) reste valable, i.e.,
X X
E(X) = xPX ({x}) = xP(X = x).
x∈X(Ω) x∈X(Ω)
si bien que X X
E(X + ) + E(X − ) = (x+ + x− )PX ({x}) = |x|PX ({x}).
x∈X(Ω) x∈X(Ω)
P
On a donc montré que E(|X|) = x∈X(Ω) |x|PX ({x}), d’où le reste de la proposition découle facile-
ment.
Théorème 1.9. Soit ϕ : Ω0 → R : si ϕ(X) ≥ 0 ou E(|ϕ(X)|) < ∞, alors
X X
E (ϕ(X)) = ϕ(x)PX ({x}) = ϕ(x)P(X = x). (1.8)
x∈X(Ω) x∈X(Ω)
Démonstration. On traite le cas ϕ(X) ≥ 0, duquel le cas intégrable suit en revenant à la définition
de E(X) pour X intégrable. Pour ϕ(X) ≥ 0, on peut utiliser la Proposition 1.7 qui donne
Z Z
E(ϕ(X)) = P(ϕ(X) ≥ x)1 {x ≥ 0} dx = P X ∈ ϕ−1 ([x, ∞)) 1 {x ≥ 0} dx.
P
Pour n’importe quel A ∈ F, on a P(X ∈ A) = x∈X(Ω)∩A PX ({x}) du fait que {X ∈ A} =
∪x∈X(Ω)∩A {X = x}, d’où il vient que
X X
P X ∈ ϕ−1 ([x, ∞)) = 1 u ∈ ϕ−1 ([x, ∞)) PX ({u}) =
1 {ϕ(u) ≥ x} PX ({u}).
u∈X(Ω) u∈X(Ω)
Ainsi, Z X
E (ϕ(X)) = 1 {ϕ(u) ≥ x ≥ 0} PX ({u})dx.
u∈X(Ω)
Puisque tous les termes sont positifs, le théorème de Fubini nous garantit qu’on peut interver-
R somme et intégrale : intégrant d’abord (sur x), on obtient alors le résultat puisque ϕ(u) =
tir
1 {0 ≤ x ≤ ϕ(u)} dx.
Proposition 1.10. Soit Y une variable aléatoire à valeurs réelles. Si X, Y ∈ R+ , alors pour tout
a, b ∈ R+ on a E(aX + bY ) = aE(X) + bE(Y ). Cette relation reste valable pour tout a, b ∈ R dès
lors que X, Y ∈ R sont intégrables. En particulier, si X et Y sont intégrables et que X ≥ Y , alors
E(X) ≥ E(Y ).
14
1.3. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES À VALEURS RÉELLES : FONCTION DE
RÉPARTITION, ESPÉRANCE ET VARIANCE
ce qui prouve le résultat dans ce cas. Considérons maintenant le cas général. Alors l’inégalité trian-
gulaire donne |aX + bY | ≤ |a||X| + |b||Y | et donc, d’après la première étape,
Ainsi, si X et Y sont intégrables aX + bY l’est aussi et l’on retrouve alors la formule E(aX + bY ) =
aE(X) + bE(Y ) comme dans le cas positif en invoquant le Théorème 1.9. Enfin, si Y ≥ X alors
Y − X ≥ 0 et donc E(Y − X) ≥ 0 ce qui donne le résultat puisque E(Y − X) = E(Y ) − E(X) lorsque
X et Y sont intégrables, comme l’on vient de le voir.
La variance mesure la dispersion d’une variable aléatoire autour de sa moyenne, ce qui est par
exemple reflété par l’inégalité de Bienaymé–Tchebychev 1.15 ci-dessous.
Le résultat suivant, qui permet de caractériser le fait qu’une variable aléatoire est constante, est une
conséquence directe de l’inégalité de Bienaymé–Tchebychev ci-dessous (Théorème 1.15).
Proposition 1.13. Si X est intégrable et que Var(X) = 0, alors X est (presque sûrement) constante,
i.e., P(X = E(X)) = 1.
Démonstration. On a P(X 6= E(X)) = limε↓0 P(|X − E(X)| ≥ ε) et pour tout ε > 0, l’inégalité de
Bienaymé–Tchebychev donne P(|X − E(X)| ≥ ε) = 0.
15
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Théorème 1.14 (Inégalité de Markov). Soit X à valeurs dans R+ : alors pour tout x > 0,
1
P(X ≥ x) ≤ E(X).
x
Démonstration. Il suffit de remarquer que
X
1 {X ≥ x} ≤
x
puis de prendre l’espérance.
Par ailleurs,
X 2 X
|x|PX,Y ({x, y})1/2 = x2 PX,Y ({x, y})
x∈X(Ω) x∈X(Ω)
y∈Y (Ω) y∈Y (Ω)
X X
= x2 PX,Y ({x, y})
x∈X(Ω) y∈Y (Ω)
X
= x2 PX ({x})
x∈X(Ω)
qui vaut E(X 2 ) par le Théorème 1.9 pour ϕ(x) = x2 , et où on a utilisé le Théorème 1.17 pour la
troisième égalité ci-dessus.
La réciproque de la propriété précédente n’est pas vraie, i.e., on peut avoir une variable aléatoire
intégrable mais pas de carré intégrable : il suffit par exemple de considérer X avec
1 ∗
X 1
P(X = x) = , x ∈ N , où Z = .
Zx5/2 x∈N∗
x5/2
16
1.4. FAMILLE DE VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES, INDÉPENDANCE
Puisque tous les résultats sont équiprobables, P1 est la mesure uniforme sur Ω1 et donc
1 X 161
E(ϕ(X)) = max(x1 , x2 ) = .
36 x ,x =1,...,6 36
1 2
De manière plus générale, si (Xn , n ∈ N) est une famille aléatoire discrète, il y a deux manières de
considérer la variable aléatoire discrète Xn et sa loi :
1. soit on considère Xn en isolation, ce qui correspond à ce qu’on a fait jusqu’à présent ;
2. soit on considère Xn comme la projection sur la coordonnée n de la famille (Xn , n ∈ N) : dans
ce cas et pour mettre l’accent sur le fait que Xn fait partie d’une famille plus grande, la loi de
Xn sera appelée loi marginale de Xn .
Le Théorème 1.9 utilisé avec la fonction f ((xn , n ∈ N)) = xn , i.e., la projection sur la coordonnée
n, permet de calculer la loi marginale de Xn .
Théorème 1.17. Soit X = (X1 , . . . , Xn ) un vecteur aléatoire discret avec Xk : (Ω, F) → (Ωk , Fk )
pour k = 1, . . . , n. Alors pour tout x1 ∈ X1 (Ω), la loi marginale de X1 est donnée par
X
PX1 ({x1 }) = PX ({(x1 , x2 , . . . , xn )}) .
x2 ∈X2 (Ω),...,xn ∈Xn (Ω)
Démonstration. Il suffit, pour x1 ∈ X1 (Ω) fixé, d’utiliser le Théorème 1.9 avec la fonction ϕ(y1 , . . . , yn ) =
1 {y1 = x1 }.
Dans le cas d’un couple aléatoire discret (X1 , X2 ) à valeurs réelles, on a par exemple
X
PX1 (A) = P (X1 = x1 , X2 = x2 ) , A ⊂ R.
x1 ∈A
x2 ∈X2 (Ω)
17
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Cet exemple est en fait le plus général possible, puisqu’on peut s’y ramener en définissant X2 =
(X2 , . . . , Xn ) dans le théorème précédent. On retiendra donc que
En outre, si la loi du couple (X1 , X2 ) détermine de manière unique les lois marginales de X1 et de
X2 , la réciproque n’est pas vraie comme nous le discutons ci-dessous via le concept d’indépendance.
1.4.2 Indépendance
Considérer des familles de variables aléatoires permet en outre de formaliser un concept essentiel de
la théorie des probabilités, à savoir la notion d’indépendance.
Définition 1.9. Soit J un ensemble dénombrable : pour chaque j ∈ J on considère Aj ∈ F un
évènement et Xj : (Ω, F) → (Ωj , Fj ) une variable aléatoire.
Les évènements (Aj , j ∈ J) sont indépendants si pour tout ensemble fini I ⊂ J on a
!
\ Y
P Ai = P (Ai ) .
i∈I i∈I
Les variables aléatoires (Xj , j ∈ J) sont indépendantes si pour toute famille (A0j , j ∈ J) d’évène-
ments A0j ∈ F 0 , les évènements (Xj−1 (A0j ), j ∈ J) sont indépendants.
Si J = N, on dit que les variables aléatoires (Xn , n ∈ N) sont indépendantes et identiquement
distribuées, en abrégé i.i.d., si elles sont indépendantes et de même loi, i.e., PXn = PX0 pour tout
n ∈ N.
En particulier, deux variables aléatoires à valeurs réelles X1 et X2 sont indépendantes si pour tout
A, B ⊂ R, on a
P(X1 ∈ A, X2 ∈ B) = P(X1 ∈ A)P(X2 ∈ B).
Théorème 1.18. Les variables aléatoires X1 et X2 sont indépendantes si et seulement si la loi du
couple (X1 , X2 ) est égale au produit des lois marginales :
P(X1 ,X2 ) ({(x1 , x2 )}) = PX1 ({x1 })PX2 ({x2 }), x1 ∈ X1 (Ω), x2 ∈ X2 (Ω).
Dans le cas de l’exemple 1.6 où l’on jette deux dés discernables, on vérifie bien que cette définition
d’indépendance implique que les variables aléatoires X1 et X2 qui enregistrent les résultats de chacun
des dés sont indépendantes. Une vision plus intuitive de l’indépendance correspond à dire que
X1 et X2 sont indépendantes si
toute information sur X1 ne change en rien la loi de X2 .
En d’autres termes, on a une expérience aléatoire avec un couple (X1 , X2 ). Si par exemple X1 est
le minimum des deux dés et X2 le maximum, la connaissance de X1 influence la loi de X2 : bien
qu’en général on peut avoir X2 = 1, si l’on sait que X1 = 3 alors cela contraint X2 ≥ 3. Si en
revanche X1 est le résultat du premier dé et X2 du second, alors ces variables aléatoires sont bien
indépendantes : le résultat d’un dé n’apporte aucune information sur le résultat de l’autre. La notion
de conditionnement introduite dans les Sections 1.6 et 1.7 permettra de formaliser cette idée de
“connaissance” ou d’“information” apportée par un évènement et plus généralement par une variable
aléatoire. Le résultat suivant est très naturel : si deux variables aléatoires sont indépendantes, alors
toute transformation de ces variables aléatoires conserve cette indépendance.
18
1.4. FAMILLE DE VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES, INDÉPENDANCE
On conclut enfin par deux formules utiles dans le cas de variables aléatoires indépendantes.
Lemme 1.21. Si X1 et X2 à valeurs réelles sont de carré intégrable, alors la variable aléatoire
(X1 − E(X1 ))(X2 − E(X2 )) est intégrable.
19
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Le nombre E[(X1 − E(X1 ))(X2 − E(X2 ))]/(σX σY ) ∈ [−1, 1] est appelé coefficient de corrélation
entre X1 et X2 .
Le fait que E[(X1 −E(X1 ))(X2 −E(X2 ))]/(σX σY ) ∈ [−1, 1] découle de l’inégalité de Cauchy–Schwarz,
cf. preuve du Lemme 1.21. On notera en outre que Cov(X1 , X1 ) = Var(X1 ) et que, pour X1 et X2
à valeurs dans R, Cov(X1 , X2 ) = Cov(X2 , X1 ). Le résultat suivant montre que l’on peut calculer la
variance d’une somme à l’aide de la covariance.
Proposition 1.22. Si X1 et X2 à valeurs réelles sont de carré intégrable, alors
20
1.4. FAMILLE DE VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES, INDÉPENDANCE
Définition 1.13. Soit X1 et X2 à valeurs dans Rn1 et Rn2 , respectivement, supposées de carré
intégrable. La (matrice de) covariance entre X1 et X2 , notée Cov(X1 , X2 ), est la matrice de
taille n1 × n2 à valeurs dans R définie de la manière suivante :
Cov(X1 , X2 ) = E (X1 − E(X1 ))(X2 − E(X2 ))> ∈ Rn1 ×n2 .
Du fait que (E(X))> = E(X > ), il s’ensuit que Cov(X1 , X2 ) = Cov(X2 , X1 )> .
Définition 1.14. Soit X à valeurs dans Rn de carré intégrable. La matrice de covariance de
X, notée Var(X), est la matrice symétrique carrée de taille n × n définie par :
Var(X) = Cov(X, X) = E (X − E(X))(X − E(X))>
(1.9)
ou de manière plus explicite, Var(X) = (Cov(Xi , Xj ), 1 ≤ i, j ≤ n) :
Var(X1 ) Cov(X1 , X2 ) · · · Cov(X1 , Xn )
Cov(X2 , X1 ) Var(X2 ) · · · Cov(X2 , Xn )
Var(X) = . (1.10)
.. .. .. ..
. . . .
Cov(Xn , X1 ) Cov(Xn , X2 ) · · · Var(Xn )
La proposition suivante est fondamentale dans l’étude des vecteurs gaussiens.
Proposition 1.24. La matrice Var(X) est symétrique et positive.
Démonstration. La symétrie vient du fait que Cov(X1 , X2 )> = Cov(X2 , X1 ), et le caractère positif
du fait que pour tout x ∈ Rn , si
x> Var(X)x = x> E(Y Y > )x = E (x> Y )2 ≥ 0
21
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
1.4.6 Remarques
Dans la présentation ci-dessus, nous sommes partis d’une famille de variables aléatoires (Xn , n ∈ N)
définies sur un espace de probabilité (Ω, F, P) et avons considéré les différentes marginales X1 , X2 ,
etc. Nous concluons cette section par deux remarques.
Tout d’abord, la construction inverse est possible : si l’on part de deux variables aléatoires X1 :
(Ω1 , F1 , P1 ) → (Ω01 , F10 ) et X2 : (Ω2 , F2 , P2 ) → (Ω02 , F20 ), alors on peut définir la variable aléatoire
X = (X1 , X2 ) sur l’espace produit Ω = Ω1 ×Ω2 muni de la tribu F = P(Ω). Considérer des variables
aléatoires indépendantes revient alors à considérer la mesure tensorielle P = P1 ⊗ P2 sur Ω définie
par P(A1 × A2 ) = P1 (A1 )P2 (A2 ) pour A1 ∈ F1 et A2 ∈ F2 , mais d’autres mesures sur l’espace
produit sont possibles, reflétant toutes les relations de dépendance possibles entre deux variables
aléatoires X1 et X2 dont seulement les marginales sont spécifiées.
En outre, cette approche présente un trou théorique : si Xn est une variable aléatoire sur (Ω, F, P),
alors considérer une suite (Xn , n ∈ N) de variables i.i.d. revient à considérer la variable aléatoire
X = (Xn , n ∈ N) sur l’espace produit ΩN muni de la mesure tensorielle P⊗N . Néanmoins, ΩN n’est
plus dénombrable et l’on sort donc du cadre discret de ce chapitre ! Plus généralement, si l’on veut
considérer une suite infinies de variables aléatoires indépendantes, alors l’espace de probabilité sous-
jacent doit être suffisamment gros et en particulier, non-dénombrable. Pour pallier ce problème,
nous aurions pu faire le choix de nous restreindre à des suites finies dans tout ce chapitre, mais
considérer des suites infinies est indispensable pour les théorèmes limites du Chapitre 3 et nous
nous accommoderons donc de ce trou théorique.
Définition 1.17. Soit X à valeurs dans N : sa fonction génératrice est la fonction φX : [−1, 1] →
[−1, 1] définie par
φX (z) = E z X , z ∈ [−1, 1].
22
1.5. FONCTION CARACTÉRISTIQUE, FONCTION GÉNÉRATRICE ET TRANSFORMÉE
DE LAPLACE
La Proposition 1.25 reste vraie, i.e., chacune de ces transformées caractérise la loi de X. En outre,
ces transformées peuvent aussi être utiles pour caractériser l’indépendance.
Proposition 1.26. Soit Xk à valeurs dans Rnk : alors (X1 , . . . , Xn ) sont indépendantes si et
seulement si
n
Y
ϕX (t) = ϕXk (tk ), t = (t1 , . . . , tn ) ∈ Rn1 × · · · × Rnn .
k=1
Si les Xk sont à valeurs dans Rn+k , alors (X1 , . . . , Xn ) sont indépendantes si et seulement si
n
Y
LX (λ) = LXk (λk ), λ = (λ1 , . . . , λn ) ∈ Rn1 × · · · × Rnn .
k=1
Si les Xk sont à valeurs dans Nnk , alors (X1 , . . . , Xn ) sont indépendantes si et seulement si
n
Y
φX (z) = φXk (zk ), z = (z1 , . . . , zn ) ∈ Rn1 × · · · × Rnn .
k=1
23
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
24
1.7. CONDITIONNEMENT PAR RAPPORT À UNE VARIABLE ALÉATOIRE DISCRÈTE
Pour tout x ∈ R, on vérifie que xP({X = x} ∩ A) = xP(ξA X = x) : cela donne le résultat pour
X ≥ 0 et le résultat pour X ∈ R intégrable s’ensuit en revenant aux parties positive et négative.
Puisque E(Y | X) = h(X), E(Y | X) est même une variable aléatoire entièrement déterminée par X.
Dans toute cette section, X : (Ω, F) → (Ω0 , F 0 ) est une variable aléatoire discrète quelconque et
Y : (Ω, F) → (R, F) est une variable aléatoire discrète à valeurs réelles et intégrable.
25
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
1.7.2 Intuition
Intuitivement, l’espérance conditionnelle de Y sachant X peut être définie de la manière suivante :
Essayons d’éclairer notre propos. Pour tout couple (X, Y ), X explique en partie plus ou moins
grande la valeur prise par Y . Par exemple, X peut complètement déterminer Y si Y = ϕ(X) est
une fonction de X, ou bien au contraire X et Y peuvent être indépendantes auquel cas X n’a aucun
pouvoir prédictif sur Y .
Dans le cas général, imaginons que l’on puisse écrire Y = ϕ(X, Z) avec X et Z indépendantes, où
Z correspond intuitivement à ce qui détermine la valeur de Y mais ne peut pas être expliqué par X
(d’où l’indépendance entre X et Z). Dans l’encart ci-dessus, “moyenniser tout ce qui détermine Y
mais qui n’est pas déterminé par X” signifie alors précisément moyenniser sur Z et pas sur X, ce
qui suggère naturellement de définir
X
E(Y | X) = ϕ(X, z)P(Z = z) (1.12)
z∈Z(Ω)
qui correspond bien à la moyenne de ϕ(X, Z) en gardant X constant. On remarquera que le membre
de droite est une fonction de X, disons h(X), en particulier c’est une variable aléatoire et non un
nombre déterministe. En effet, on insiste sur le fait que
1.7.3 Propriétés
On commence par prouver que les résultats “intuitifs” précédents sont effectivement corrects.
Proposition 1.30. Si Y = ϕ(X), alors E(Y | X) = Y .
Si Y est indépendante de X alors E(Y | X) = E(Y ).
Plus généralement, si Y = ϕ(X, Z) avec Z une variable aléatoire discrète indépendante de X et que
pour chaque x ∈ X(Ω) la variable aléatoire ϕ(x, Z) est intégrable, alors la formule (1.12) est valide,
i.e., X
E(Y | X) = ϕ(X, z)PZ ({z}).
z∈Z(Ω)
26
1.7. CONDITIONNEMENT PAR RAPPORT À UNE VARIABLE ALÉATOIRE DISCRÈTE
Par définition de h(x), on a h(x)P(X = x) = 0 pour x ∈ X(Ω) avec P(X = x) = 0, et pour x ∈ X(Ω)
avec P(X = x) > 0 on a
27
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Sexe
Hommes
Femmes
Taille
Moyenne Moyenne
des femmes des hommes
Figure 1.7.1 – Chaque point représente la taille d’un individu et les points sont regroupés par sexe.
Pour obtenir la moyenne des tailles, le théorème de l’espérance totale nous dit qu’on peut faire la
moyenne par groupes, puis faire la moyenne des moyennes en tenant compte de l’importance relative
des deux groupes.
• on calcule la moyenne par sexe, puis on moyennise les moyennes en pondérant par la taille
respective des groupes, soit 21 35
56 et 56 , cf. Figure 1.7.1. Cela revient à faire
35 21
Moyenne = × Moyenne des femmes + × Moyenne des hommes. (1.13)
56 56
La deuxième manière correspond exactement au théorème de l’espérance totale. En effet, soit T la
variable aléatoire tirée uniformément au hasard dans l’ensemble {tk } des tailles des individus de la
population, si bien que l’on veut calculer
56
1 X
E(T ) = tk .
56
k=1
Soit ξA la fonction indicatrice de l’évènement A = {on tire une femme} : le théorème de l’espérance
totale nous donne
E(T ) = E [E(T | ξA )]
ce qui nous permet bien de retrouver (1.13) puisque
(
Moyenne des femmes si ξA = 1,
E(T | ξA ) =
Moyenne des hommes si ξA = 0
et que
#femmes 35
P(ξA = 1) = P({on tire une femme}) = = = 1 − P(ξA = 0).
#individus 56
Exemple 1.9. Cet exemple montre l’utilité du théorème de l’espérance totale dans un cadre plus
théorique, où ce résultat est très utile pour effectuer certains calculs. Soit S la somme d’un nombre
aléatoire de variables aléatoires i.i.d. :
N
X
S= Xk
k=1
où les variables aléatoires (Xn , n ∈ N ) sont i.i.d. et N ∈ N∗ est indépendante des Xn . On montre
∗
aisément à l’aide du Théorème 1.32 que PnE(S) = E(N )E(X). Pour cela, on calcule d’abord E(S | N ) :
on écrit S = ϕ(X, N ) avec ϕ(x, n) = k=1 xk , si bien que
n
!
X
E(S | N = n) = E(ϕ(X, n)) = E Xk = nE(X)
k=1
28
1.7. CONDITIONNEMENT PAR RAPPORT À UNE VARIABLE ALÉATOIRE DISCRÈTE
et qui implique que E(S | N ) = N E(X). On utilise maintenant le théorème de l’espérance totale
pour obtenir
E(S) = E[E(S | N )] = E(N E(X)) = E(N )E(X).
En combinant la Proposition 1.31 et le Théorème 1.32, on obtient la généralisation suivante du
théorème de l’espérance totale.
Proposition 1.33. Pour toute fonction ϕ : Ω0 → R, on a E(ϕ(X)Y ) = E[ϕ(X)E(Y | X)].
Démonstration. Le théorème de l’espérance totale nous assure que
P(A | X) = E (ξA | X) , A ∈ F.
A ∈ F 7→ P(Y ∈ A | X)
La notion d’espérance conditionnelle généralise cette manière de voir l’espérance : c’est en fait
même la bonne manière de définir l’espérance conditionnelle dans un contexte général. Généralisant
la définition précédente de l’espérance, on peut dire que
29
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
30
1.8. FICHE DE SYNTHÈSE
La loi d’une variable aléatoire discrète est donnée par : X(Ω) et, pour tout x ∈ X(Ω), px = P(X = x).
P P
On a alors px ≥ 0 et px = 1 et P(X ∈ B) = P(X = x).
x x∈B
Si X est une variable aléatoire discrète réelle, on a, pour les applications ϕ : R → R suivantes :
P
• ϕ(x) = x : E(X) = xP(X = x) = m (espérance mathématique de X ou moyenne de X) ;
x
Lois marginales d’un couple discret (X, Y ) : si px,y = P(X = x, Y = y) pour x ∈ X(Ω) et y ∈ Y (Ω),
P P
alors px. = P(X = x) = px,y et p.y = P(Y = y) = pxy .
y x
Indépendance : X et Y sont indépendantes si et seulement si px,y = px. p.y pour tout (x, y).
Propriétés :
• E(aX + bY ) = aE(X) + bE(Y ) ; Cov(X, X) = Var(X) et Cov(aX + b, cY + d) = ac Cov(X, Y ) ;
• Var(aX + bY ) = a2 Var(X) + b2 Var(Y ) + 2ab Cov(X, Y ) ;
• Si X et Y sont indépendantes, alors Cov(X, Y ) = 0, mais la réciproque est fausse en général !
Probabilités conditionnelles : On s’intéresse à la probabilité que A ait lieu, sachant que B a lieu : ceci
P(A∩B)
revient à remplacer Ω par B et A par A ∩ B : si P(B) 6= 0, P(A | B) = P(B)
.
A et B indépendants (i.e. P(A ∩ B) = P(A)P(B)) équivaut à P(B) = P(B | A) ou à P(A) = P(A | B) : “la
connaissance de B n’apporte aucune information pour déterminer la probabilité de A”.
S
Probabilités totales : Lorsque Ω = En , avec les En disjoints deux à deux,
n
X X
P(A) = P(A ∩ En ) = P(A|En )P(En )
n n
31
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Loi conditionnelle : Si x ∈ X(Ω) fixé, la loi PY ( · | X = x) est déterminée, pour tout y ∈ Y (Ω) par :
P(X = x, Y = y) pxy
PY ({y} | X = x) = P(Y = y | X = x) = = .
P(X = x) px.
E(Y | X) est la variable aléatoire ϕ(X) fonction de X où ϕ est la fonction réelle définie par ϕ(x) = E(Y |
X = x).
Espérance totale : Si Y admet une espérance, E(Y | X) aussi et alors E(E(Y | X)) = E(Y ) .
1
P(|X| > ε) ≤ E(|X|α )
εα
1
Pour α = 2 cela donne l’inégalité de Bienaymé–Tchebychev P(|X − E(X)| > ε) ≤ ε2
Var(X).
32
1.9. EXERCICES
1.9 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
1. Soit X et Y des variables aléatoires géométriques indépendantes de même paramètre p ∈ (0, 1). Calculez
la loi conditionnelle de X sachant X + Y et déduisez-en E(X | X + Y ).
2. Montrez plus généralement
Pn que si X1 , . . . , Xn sont i.i.d., alors E(Xi | X1 + · · · + Xn ) = (X1 + · · · + Xn )/n.
Indication. Que vaut k=1
E(X k | X1 + · · · + Xn ) ?
3. Soit X et Y des variables aléatoires de Poisson indépendantes et de paramètre respectif a, b > 0. Montrez
que X +Y suit une loi de Poisson de paramètre a+b par calcul direct et en utilisant les fonctions génératrices,
puis calculez la loi conditionnelle de X sachant X + Y et déduisez-en E(X | X + Y ).
4. Soit X et Y des variables aléatoires indépendantes et uniformément réparties sur {1, . . . , n} : calculez la
loi conditionnelle de max(X, Y ) sachant min(X, Y ).
Montrez que
2. (Application numérique) Une étude statistique faite pour un magasin a montré que le nombre de clients
par semaines est une variable aléatoire de moyenne 400 et d’écart-type 20, et que la dépense de chaque
client est une variable aléatoire de moyenne 100 euros et d’écart-type 100 euros. Les dépenses des différents
clients sont mutuellement indépendantes, et sont indépendantes du nombre de clients. Calculez la moyenne
et l’écart-type du chiffre d’affaires réalisé par le magasin pendant une semaine (le chiffre d’affaires est la
recette totale).
Exercice 1.4
1. Soit X à valeurs entières : en admettant que l’on peut intervertir dérivation et sommation, montrez que
E(X) = φ0X (1) et Var(X) = φ00X (1) + φ0X (1)(1 − φ0X (1)).
33
CHAPITRE 1. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Exercice 1.5
On suppose que le nombre Xt d’accidents dans une ville sur une durée de t jours est une variable aléatoire
de loi de Poisson de paramètre at. D’autre part, le nombre de personnes impliquées dans un accident suit
une loi géométrique de paramètre 1/2.
1. Soit Zt la variable aléatoire égale au nombre de personnes impliquées dans un accident sur une durée de
t jours : en supposant que le nombre de personnes impliquées dans un accident est indépendant du nombre
d’accidents, montrez que φZt (z) = φXt ◦ φG (z) avec G une variable aléatoire que l’on précisera.
2. Déduisez-en en utilisant l’exercice précédent l’espérance et la variance de Zt .
3. Retrouvez ce résultat en utilisant les théorèmes de l’espérance totale et de la variance totale.
Problème 1.6
Un QCM se compose de 20 questions à 4 réponses possibles dont une seule est correcte et vaut 1 point. Le
programme de l’examen comporte 100 questions dont on tire aléatoirement les 20 de l’examen. On considère
un candidat ayant appris p ≥ 20 questions : pour une question de l’examen, si le candidat l’a apprise alors
il obtient un point et sinon il choisit une réponse au hasard. Le but de ce problème est de calculer la loi,
l’espérance et la variance de la note N de ce candidat. Pour cela on écrira N = X + Y avec X le nombre de
questions apprises par le candidat et figurant à l’examen.
1. Calculez la loi conditionnelle de Y sachant X et déduisez-en E(Y | X) et Var(Y | X).
2. Déduisez-en E(N ) et Var(N ) en fonction de E(X) et Var(X) en utilisant les théorèmes de l’espérance
totale et de la variance totale.
3. En considérant tous les questionnaires possibles, montrez que pour k ∈ {0, . . . , 20} avec k ≥ p − 80 on a
p
100−p
k 20−k
P(X = k) =
100
.
20
obtenue en développant (x + y)m (x + y)n = (x + y)m+n . Pour calculer la variance, on pourra chercher à
calculer E(X(X − 1)).
4. (Application numérique) Que vaut E(N ) pour p = 50 ? p = 70 ?
34
Chapitre 2
Nous introduisons dans ce chapitre une nouvelle classe de variables aléatoires : les variables aléatoires
absolument continues par rapport à la mesure de Lebesgue, que nous appellerons par simplicité
variables aléatoires absolument continues. Le message principal est le suivant : si vous avez bien
compris le chapitre précédent sur les probabilités discrètes, il sera facile de comprendre ce chapitre.
En effet,
Tout le chapitre précédent a été écrit de telle sorte que le maximum de résultats n’ait pas besoin de
changement, ainsi, ce chapitre sera beaucoup plus concis que le précédent.
D’un point de vue conceptuel, il n’y a pas beaucoup de différences entre les variables aléatoires dis-
crètes traitées au chapitre précédent et les variables aléatoires absolument continues que nous allons
maintenant introduire. Comme mentionné précédemment, il s’agit essentiellement de remplacer les
sommes par les intégrales. En fait, cette distinction est artificielle puisque les deux cas peuvent être
unifiés dans le cadre de la théorie de la mesure.
35
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
D’un point de vue technique par contre, il y a certaines différences importantes. En particulier, bien
que dans le cas discret tout ensemble est mesurable – ce qui correspond au fait que l’on ait considéré
dans tout le chapitre précédent F = P(Ω) – cela n’est plus vrai dans le cas non-dénombrable.
Prenons par exemple Ω = [0, 1], qui décrirait une expérience aléatoire où l’on tire au hasard un point
de l’intervalle unité. On voudrait une mesure sur [0, 1] qui satisfait la Propriété (1.1) de σ-additivité
mais aussi la relation P([a, b]) = b − a pour tout 0 ≤ a ≤ b ∈ 1 : il s’avère que l’on peut prouver qu’il
n’est pas possible de construire une telle mesure qui soit définie sur P([0, 1]). Le lecteur intéressé
pourra par exemple consulter l’exemple de Vitali.
Pour cette raison, dès lors que Ω n’est plus dénombrable on va devoir restreindre l’ensemble de
définition des mesures de probabilité que l’on va considérer : cela nous amène donc en premier lieu
à revisiter la notion d’espace de probabilités. Encore une fois, cette différence est la plus importante
d’un point de vue technique, mais conceptuellement, tout a été vu au chapitre précédent.
Définition 2.1. Un ensemble F ⊂ P(Ω) de parties de Ω est appelée tribu si les trois conditions
suivantes sont satisfaites :
1. Ω ∈ F ;
2. si A ∈ F, alors Ac ∈ F ;
3. si An ∈ F pour chaque n ∈ N, alors ∪n∈N An ∈ F.
Le couple (Ω, F) est appelé espace mesurable et A ∈ F un ensemble mesurable, ou encore
évènement.
Lorsque Ω est dénombrable, on considèrera toujours la tribu F = P(Ω) et l’on retombe dans le cadre
du Chapitre 1. Dans le cas où Ω n’est pas dénombrable par contre, plusieurs choix sont possibles :
comme on l’a discuté, P(Ω) est souvent trop gros et {∅, Ω} est bien évidemment trop petit. Dans le
cas où Ω est un espace topologique, ce qui sera le cas dans tout le reste de ce chapitre, il y a un choix
canonique. Pour tout ensemble F ⊂ P(Ω) de parties de Ω, on prouve aisément que l’intersection de
toutes les tribus qui contiennent F est encore une tribu, et que c’est par définition la plus petite
tribu qui contient F. Cela justifie donc la définition suivante.
Définition 2.2. Supposons que Ω est munie d’une topologie T . La tribu borélienne, notée B(Ω),
est la plus petite tribu qui contienne T .
Pour revenir à l’exemple précédent de la mesure de Lebesgue sur R (i.e., la mesure que l’on cherchait
à construire ci-dessus, et qui vérifie P([a, b]) = b − a pour a ≤ b), on peut prouver que sur R, la tribu
borélienne B(R) est strictement plus petite que l’ensemble des parties P(R).
Les définitions d’une mesure de probabilité et d’un espace de probabilité, données à la Défini-
tion (1.1), restent inchangées, et une mesure de probabilité continue à satisfaire les propriétés de
base de la Proposition 1.1. Néanmoins, comme nous le verrons par la suite dans le cas général une
mesure de probabilité sur un ensemble non-dénombrable ne peut pas être décrite par la famille
(pω , ω ∈ Ω).
36
2.3. VARIABLES ALÉATOIRES ET LOI : LE CAS GÉNÉRAL
Cette définition explique maintenant pourquoi les ensembles F étaient systématiquement spécifiés
dans le chapitre précédent, bien que ces ensembles étaient toujours pris comme étant l’ensemble
des parties de l’ensemble Ω correspondant : en général, le fait d’être mesurable dépend des tribus
considérées et puisque l’on a le choix de la tribu, il est nécessaire de spécifier tout l’espace mesurable
et pas juste l’univers.
Cette définition est à rapprocher de la définition de continuité : on rappelle qu’une application est
continue si l’image réciproque d’un ouvert est un ouvert. Ici, il suffit de remplacer continu(e) par
mesurable, i.e., une application est mesurable si l’image réciproque d’un ensemble mesurable est un
ensemble mesurable. En particulier, lorsque l’on considère les tribus boréliennes, on a le résultat
suivant.
Dans le cas où Ω était discret, il n’y avait aucune question à se poser : tout était mesurable. Mainte-
nant il faut faire attention, au moins conceptuellement, et on a la généralisation de la Proposition 1.2
suivante.
Proposition 2.2. Soient Ω, Ω0 et Ω00 des espaces topologiques et X : (Ω, F) → (Ω0 , F 0 ) une variable
aléatoire.
Alors pour toute application mesurable ϕ : (Ω0 , F 0 ) → (Ω00 , F 00 ), l’application ϕ ◦ X : (Ω, F) →
(Ω00 , F 00 ) est une variable aléatoire.
Ainsi, si X et Y sont deux variables aléatoires à valeurs dans Ω0 = R muni de sa tribu borélienne,
alors toute combinaison linéaire de X et Y est une variable aléatoire, ainsi que X 2 , min(X, Y ), etc.
Ainsi, s’il est indispensable d’introduire les notions de mesurabilité pour définir une théorie co-
hérente, dans le cadre de ce cours on pourra sans problème ignorer ces subtilités et continuer à
considérer que tous les ensembles et fonctions que vous serez amenés à considérer sont mesurables
(et ils le seront effectivement). Nous ne passerons donc pas de temps à donner des critères simples
pour vérifier qu’une application est mesurable.
La Définition 1.3 de la loi d’une variable aléatoire et le Théorème 1.3 (ainsi que sa preuve) montrant
que la loi d’une variable aléatoire est une mesure de probabilité restent vrais dans ce cadre général.
37
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
dénombrable. Néanmoins, ce n’est pas une définition très satisfaisante car on a vu que l’univers Ω
n’était pas si important : par exemple, on pourrait tout aussi bien décrire l’expérience d’un lancer
de dé à l’aide d’un univers continu, par exemple [0, 1], l’expérience n’en reste pas moins discrète.
Nous présentons donc maintenant la définition générale de ces objets.
Puisque le support de la loi de X est inclus dans X(Ω), on obtient qu’une variable aléatoire dont
l’ensemble image est dénombrable est discrète. En particulier, si Ω est dénombrable toute variable
aléatoire est discrète et cette définition est donc cohérente avec celle du chapitre précédent.
Si la fonction fX vérifie cette relation, alors elle est appelée densité de la (loi de la) variable aléatoire
X.
Z
fX (x)dx = 1.
Rn
L’interprétation géométrique est claire : l’aire (ou le volume, en plus grande dimension) sous la
densité fX d’une variable aléatoire X représente la probabilité que X appartienne à l’ensemble sur
lequel on intègre.
R
Remarque 2.1. Lorsque l’on écrit fX (x)dx, il s’agit de l’intégration d’une fonction mesurable par
rapport à la mesure de Lebesgue au sens de la théorie de la mesure : pour plus de détails, vous
pouvez vous référer au Chapitre 8 du polycopié de mathématiques déterministes. Dans le cadre de
ce cours, nous ne rencontrerons que des densités continues par morceaux (toute fonction continue
par morceaux est mesurable, cf. Théorème 2.1) auquel cas l’intégrale de Lebesgue coïncide avec
l’intégrale de Riemann.
38
2.5. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
−2 2
Figure 2.5.1 – L’aire sous la courbe entre −2 et 2 est égale à la probabilité P(X ∈ [−2, 2]) que la
variable aléatoire X soit entre −2 et 2.
Remarque 2.2. Dans la même veine, il n’y a pas unicité de la densité puisque si f etRg coïncident
R
partout sauf sur un ensemble de mesure nulle, alors pour tout A mesurable on a A f = A g.
Néanmoins, avec un abus de langage nous continuerons à parler de “la” densité de X.
Une différence notable entre les cas discret et continu est que, alors que dans le cas discret toute
fonction d’une variable aléatoire discrète est une variable aléatoire discrète (Proposition 1.2), cela
n’est plus forcément le cas dans le cas absolument continu. D’une part, pour que ϕ(X) reste une
variable aléatoire il faut que ϕ soit mesurable. En outre, la fonction constante ϕ(x) = x0 montre
que ϕ(X) n’est pas forcément absolument continue. Le Théorème 2.14 montre que si ϕ est un
C 1 -difféomorphisme, alors ϕ(X) est encore absolument continue.
On voit donc ici une application du premier encart de ce chapitre, que l’on répètera une nouvelle
fois :
Moralement, la valeur fX (x) prise au point x par la densité de X, variable aléatoire continue, joue
le rôle analogue à la probabilité PX ({x}) de la probabilité de l’évènement élémentaire x sous la loi
de X, variable aléatoire discrète. En particulier, on soulignera que
39
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
ni même
Z
P(X ∈ R) = P(X = x)dx (FAUX ET (un peu moins) HORRIBLE ! !)
En fait, sommer sur X(Ω) n’est même pas bien définie si X(Ω) n’est pas dénombrable et donc la
première formule est encore plus horrible que la seconde. Il y a là un paradoxe apparent : lorsque
l’on fait une expérience aléatoire continue, on obtient bien un résultat. Néanmoins, la probabilité a
priori d’obtenir ce résultat était nulle. . .
S’il ne faut pas directement interpréter la valeur de la densité comme une probabilité, le résultat
suivant montre que l’on peut néanmoins donner un sens infinitésimal à cette interprétation. Ainsi,
s’il est faux et horrible de dire que fX (x) = P(X = x), il n’est pas inconcevable d’écrire P(X ≈ x) ≈
fX (x) dans le sens suivant.
Théorème 2.5. Si X est une variable aléatoire absolument continue à valeurs dans R, alors pour
tout point x ∈ R auquel fX est continue,
P X ∈]x − ε, x + ε[) = 2fX (x)ε + o(ε)
i.e.,
1
lim P X ∈]x − ε, x + ε[) = fX (x).
2ε
ε→0
Démonstration. Il s’agit du théorème fondamental du calcul, cf. par exemple le Théorème 8.3.10 du
polycopié de mathématiques déterministes.
40
2.5. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
f (x) = µe−µx 1 {x ∈ R+ } , x ∈ R.
Loi Beta : la loi Gamma de paramètre α, β > 0 est la loi dont la densité est donnée par
Γ(α + β) α−1
f (x) = x (1 − x)β−1 1 {|x| ≤ 1} , x ∈ R.
Γ(α)Γ(β)
La loi normale joue un rôle important, il est notamment important de connaître sa fonction carac-
téristique. Le résultat suivant permet de ramener de nombreux calculs sur des lois normales au cas
standard. A noter que les énoncés et démonstrations des deux résultats suivants anticipent légère-
ment et font appel aux notions de fonction de répartition et de fonction caractéristique dans le cas
absolument continu, cf. Sections 2.6.1 et 2.6.9.
Proposition 2.6. X suit une loi normale de paramètre (m, σ 2 ) si et seulement si (X − m)/σ suit
une loi normale standard.
Démonstration. Soit Xm,σ2 qui suit une loi normale de paramètre (m, σ 2 ) et Ym,σ2 = (Xm,σ2 −m)/σ :
pour montrer le résultat, il suffit de prouver que Ym,σ2 suit une loi normale centrée réduite, i.e., que
FYm,σ2 = FY0,1 . Par définition,
Xm,σ2 − m
FYm,σ2 (x) = P Ym,σ2 ≤ x = P ≤ x = P Xm,σ2 ≤ σx + m
σ
et en utilisant l’expression de la densité de Xm,σ2 , on obtient donc
Z σx+m
1 2 2
FYm,σ2 (x) = 2 )1/2
e−(y−m) /(2σ ) dy.
−∞ (2πσ
41
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
Proposition 2.7. La fonction caractéristique de la loi normale de paramètre (m, σ 2 ) est donnée
par 2 2
x σ
ϕ(x) = exp − + ixm , x ∈ R.
2
Démonstration. Soit X qui suit une loi normale de paramètre (m, σ 2 ) et Y = (X − m)/σ qui suit
une loi normale centrée réduite. Puisque
il suffit de montrer le résultat pour m = 0 et σ = 1, i.e., dans le cas standard. Dans ce cas, on a
Z
1 2
ϕY (x) = eixy e−y /2 dy.
(2π)1/2
et une intégration par parties donne ϕ0Y (x) = −xϕY (x). La résolution de cette équation différentielle
avec la condition initiale ϕY (0) = 1 donne la réponse.
Proposition 2.8. Si X absolument continue est à valeurs dans Rn , alors sa fonction de répartition
est FX continue et croissante en chacune de ses variables. Si n = 1, FX satisfait en outre
42
2.6. DU DISCRET AU CONTINU : LES SOMMES DEVIENNENT DES INTÉGRALES
Rx
Démonstration. Cela découle directement de la formule FX (x) = −∞ fX et de résultats classiques
d’analyse, cf. par exemple le Théorème 8.3.10 du polycopié de mathématiques déterministes.
Rx
Remarque 2.6. En fait, on pourrait aller plus loin : si FX (x) = −∞ fX , alors FX n’est pas seule-
ment continue, mais absolument continue, et l’on peut montrer que cela caractérise une variable
aléatoire absolument continue, i.e., la loi de X est absolument continue si et seulement si sa fonc-
tion de répartition est absolument continue. Il existe des variables aléatoires ayant une fonction de
répartition continue mais qui ne sont pas absolument continues, par exemple la fonction de Cantor.
Enfin, les fonctions dérivables constituent une classe importante de fonctions absolument continues.
Comme pour le cas discret (Corollaire 1.5), la fonction de répartition d’une variable aléatoire absolu-
ment continue caractérise sa loi : si X et Y sont absolumentR x continues et FX = FY , alors PX = PY .
Par ailleurs, dans le cas réel on a par définition FX (x) = −∞ fX (u)du et le théorème fondamental
du calcul donne donc le résultat suivant.
Démonstration. Pour prouver que FX (X) suit une loi uniforme, il suffit de prouver que sa fonction
de répartition est celle de la loi uniforme, i.e., que
0 si x ≤ 0,
FFX (X) (x) = x si 0 ≤ x ≤ 1,
1 si x ≥ 1.
Puisque FFX (X) (x) = P (FX (X) ≤ x) par définition et que FX est à valeurs dans [0, 1], le résultat
est évident pour x 6∈ [0, 1]. Pour x ∈ [0, 1], on utilise le fait que F est une bijection croissante pour
obtenir
−1 −1
P (FX (X) ≤ x) = P X ≤ FX (x) = FX FX (x) = x
ce qui prouve le résultat.
Remarque 2.7. Une conséquence fondamentale de ce résultat est qu’on peut générer n’importe quelle
−1
variable aléatoire à partir d’une variable uniforme : il suffit d’écrire X = FX (U ) avec U = FX (X).
Bien qu’on n’a prouvé ce résultat que dans le cas où FX est continue et strictement croissante, ce
−1
résultat reste en fait valable en tout généralité si l’on définit FX (x) = inf{y ∈ R : FX (y) > x}.
Définition 2.6. Si X est à valeurs dans R+ , alors son espérance E(X) ∈ R+ ∪ {∞} est définie de
la manière suivante : Z
E(X) = xfX (x)dx. (2.1)
43
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
Le reste de la définition reste inchangé et, hormis le Théorème 1.9, tous les résultats de la Sec-
tion 1.3.2 restent
P valables
R dans ce nouveau cadre. Quant au Théorème 1.9, il suffit encore une fois
de remplacer par et PX ({x}) par fX (x)dx dans l’énoncé.
Théorème 2.11. Supposons que X est à valeurs dans Rn et considérons ϕ : (Rn , B(Rn )) →
(R, B(R)) mesurable. Si ϕ(X) ≥ 0 ou E(|ϕ(X)|) < ∞, alors
Z
E (ϕ(X)) = ϕ(x)fX (x)dx. (2.2)
Remarque 2.8. L’énoncé précédent cache une subtilité : ce n’est pas parce que X est absolument
continue que ϕ(X) l’est, et en particulier il n’est pas clair quel sens donner à E(ϕ(X)). Dans le
cas où ϕ(X) est absolument continu, la preuve de ce résultat est la même que dans le cas discret
en remplaçant les sommes par les intégrales. Dans le cas général, le résultat reste vrai et peut être
vu, dans le cadre de ce cours, comme la définition de l’espérance d’une variable aléatoire qui peut
s’écrire comme l’image d’une variable aléatoire absolument continue par rapport à une application
mesurable.
Théorème 2.12. Soit X = (X1 , . . . , Xn ) avec Xk ∈ Rnk . On suppose que X est absolument
continue de densité fX . Alors X1 est absolument continue et sa densité fX1 est donnée par
Z
fX1 (x1 ) = fX (x1 , x2 , . . . , xn ) dx2 · · · dxn , x1 ∈ Rn1 . (2.3)
x2 ∈Rn2 ,...,xn ∈Rnn
Ce résultat assure donc entre autre que si (X, Y ) est absolument continue, alors chaque marginale
l’est aussi. Néanmoins, il faut faire attention au fait que la réciproque n’est pas vraie : (X, X) n’est
44
2.6. DU DISCRET AU CONTINU : LES SOMMES DEVIENNENT DES INTÉGRALES
jamais absolument continue, même si X l’est. De manière plus générale, ce n’est pas parce que X
et Y sont chacun absolument continus que le couple (X, Y ) l’est.
Dans le cas d’une variable aléatoire absolument continue (X1 , X2 ), le théorème précédent donne par
exemple
Z
PX1 (A) = fX (x1 , x2 )dx1 dx2 , A ⊂ Rn1 .
x1 ∈A,x2 ∈Rn2
Cet exemple est en fait le plus général possible, puisqu’on peut s’y ramener en définissant X2 =
(X2 , . . . , Xn ) dans le théorème précédent. On retiendra donc que
2.6.6 Indépendance
La Définition 1.9 de l’indépendance d’évènements et de variables aléatoires reste la même. Le Théo-
rème 1.18 se généralise en remplaçant PX ({x}) par fX (x) de la manière suivante.
qui n’est rien d’autre, à une constante multiplicative près, que la transformée de Fourier de la
fonction fX vue en cours d’analyse fonctionnelle.
45
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
pour tout borélien A et une certaine fonction f ≥ 0, qui est alors par définition la densité de ϕ(X).
Pour se ramener à la loi de X, on écrit
P (ϕ(X) ∈ A) = P X ∈ ϕ−1 (A)
R
Pour écrire P(ϕ(X) ∈ A) sous la forme 1 {y ∈ A} f (y)dy et donc calculer la densité de ϕ(X),
l’expression précédente suggère donc de faire le changement de variable y = ϕ(x), ce qui n’est
possible que sous certaines conditions techniques. Quand ces conditions sont satisfaites, on obtient
le résultat suivant en appliquant directement le Théorème 8.3.16 du polycopié de mathématiques
déterministes. On rappelle notamment que pour une application ϕ : Rn → Rm bijective (sur un
ensemble D), continûment différentiable ainsi que son inverse, Jacx (ϕ) dénote sa matrice jacobienne
prise au point x (cf. la Définition 3.2.1 et le Théorème 8.3.16 du polycopié de mathématiques
déterministes) :
∂ϕi
Jacx (ϕ) = (x) .
∂xj 1≤i≤m,1≤j≤n
Théorème 2.14. On considère X à valeurs dans Rn et ϕ : (Rn , B(Rn )) → (Rm , B(Rm )) mesurable.
On suppose qu’il existe un ensemble ouvert D ⊂ Rn tel que :
• fX (x) = 0 pour x 6∈ D ;
• ϕ est bijective de D dans ϕ(D) ;
• ϕ et ϕ−1 sont continûment différentiables sur D.
Alors ϕ(X) est absolument continue et sa densité est donnée par fϕ(X) (y) = 0 si y 6∈ ϕ(D) et
fϕ(X) (y) = fX ϕ−1 (y) det Jacy (ϕ−1 ) , y ∈ ϕ(D).
Puisque ϕ est mesurable, ϕ−1 (A) ∈ B(Rn ) et donc la définition de la densité donne
Z Z
P (ϕ(X) ∈ A) = 1 x ∈ ϕ−1 (A) fX (x)dx = 1 {ϕ(x) ∈ A} fX (x)dx.
Puisque l’on peut se restreindre à x ∈ D du fait que fX (x) = 0 pour x 6∈ D, le changement de variable
multi-dimensionnel y = ϕ(x) ⇔ x = ϕ−1 (y) (Théorème 8.3.16 du polycopié de mathématiques
déterministes) donne donc
Z
P (ϕ(X) ∈ A) = 1 {y ∈ A} fX ϕ−1 (y) det Jacy (ϕ−1 ) dy
ce qui prouve à la fois que ϕ(X) est absolument continue et que sa densité est bien celle annoncée.
46
2.8. CONDITIONNEMENT DANS LE CAS ABSOLUMENT CONTINU
et donc
1 √ 1 √
fX 2 (x) = √ fX ( x) + √ fX (− x).
2 x 2 x
47
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
Ce résultat permet donc de donner un sens à E(X | Y ∈ B). Par ailleurs, le Théorème donne un
sens à E(X; Y ∈ B) = E(X1 {Y ∈ B}) en considérant ϕ(x, y) = x1 {y ∈ B}. Un calcul élémentaire
montre que, au terme multiplicatif P(Y ∈ B) près, ces deux espérances coïncident, généralisant ainsi
le Théorème 1.28 au cas absolument continu pour un événement A de la forme Y −1 (B) = {Y ∈ B}.
Théorème 2.16. Soit (X, Y ) ∈ RnX × RnY absolument continue sous P de densité fX,Y , et B ∈
B(RnY ) avec P(Y ∈ B) > 0. Si X ≥ 0 ou X est intégrable, alors
E(X; Y ∈ B)
E(X | Y ∈ B) = .
P(Y ∈ B)
Lorsque ε ↓ 0, le numérateur se comporte comme 2εfX,Y (x, y) et le dénominateur comme 2εfX (x),
ce qui donne fY |X∈B (y) ≈ fX,Y (x, y)/fX (x) et finalement,
Z
fX,Y (x, y)
E(Y | X ∈]x − ε, x + ε[)) ≈ yfY |X=x (y)dy avec fY |X=x (y) = .
fX (x)
Pour tout x, fY |X=x est appelée densité de Y sachant X = x. Par analogie avec le cas discret,
on pourrait alors définir l’espérance conditionnelle E(Y | X) = h(X) avec h(x) = 0 si fX (x) = 0 et
Z Z
1
h(x) = yfY |X=x (y)dy = yfX,Y (x, y)dy.
fX (x)
Néanmoins, nous allons adopter un point de vue légèrement plus direct. On commence par la re-
marque suivante.
Ainsi, on peut supposer que fX (X) > 0 puisque cela arrive avec probabilité un. Cela nous permet
d’adopter la définition suivante.
48
2.9. LIMITATIONS
fX,Y (X, y)
fY |X (y) =
fX (X)
La densité aléatoire fY |X induit donc une mesure de probabilité notée P(Y ∈ · | X) et appelée loi
conditionnelle de Y sachant X via la formule suivante :
Z
P(Y ∈ A | X) = 1 {y ∈ A} fY |X (y)dy.
On a alors le résultat suivant, qui généralise le théorème de transfert discret 1.34 au cas absolument
continu et qui définit notamment directement E(Y | X).
2.9 Limitations
Comme on l’a vu, la théorie des variables absolument continues présente certaines limitations intrin-
sèques qui rendent par exemple difficile de définir proprement l’espérance conditionnelle. Une autre
limitation est que l’on sort très naturellement du cadre absolument continu. Le premier exemple,
mentionné précédemment, consiste à considérer le couple (X, X) avec X absolument continue. Un
autre exemple naturel vient du traitement du signal : imaginons qu’avec probabilité p, on reçoive un
signal X modélisé par une loi normale, et qu’avec la probabilité complémentaire 1 − p on ne reçoive
aucun signal. La variable aléatoire correspondante est alors εX avec ε une variable de Bernoulli,
qui n’est ni discrète ni absolument continue. Dans de tels cas on pourra se fonder sur son intuition,
pour par exemple écrire
Seule la théorie de la mesure permet de construire une théorie des probabilités complètement satis-
faisante. Une introduction à cette théorie est donnée dans le cours électif “Approfondissement en
mathématiques” proposée une année sur deux dans la séquence commune 1A/2A.
49
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
Si Ω n’est pas dénombrable, toutes ses parties ne sont pas intéressantes, d’où l’introduction de la notion de
tribu.
Une variable X : (Ω, F) → (Rd , B(Rd )) est dite absolument continue s’il existe une fonction mesurable
fX : (Rd , B(Rd )) → (R+ , B(R+ )), appelée densité telle que, pour tout B ∈ B(Rd ),
Z Z
PX (B) = P(X ∈ B) = fX (x)dx = fX (x)1 {x ∈ B} dx .
B
R
En particulier, toute densité satisfait fX (x)dx = 1.
Lois marginales : FX (x) = lim FX,Y (x, y) ; FY (y) = lim FX,Y (x, y).
y→+∞ x→+∞
Si (X, Y ) absolument continu a pour densité
R fX,Y , alors X et Y sontR absolument continues, de densités
respectives fX et fY définies par fX (x) = fX,Y (x, y)dy et fY (y) = fX,Y (x, y)dx.
Rx
Cas particulier important où d = 1 : FX (x) = −∞ fX (s)ds, FX est continue, croissante sur R, de classe
0
C 1 presque partout, avec alors FX = fX . On a aussi P(X = x) = 0 pour tout x ∈ R et P(a ≤ X ≤ b) =
Rb
a
f X (x)dx.
50
2.10. FICHE DE SYNTHÈSE
Loi de U = ϕ(X) : utiliser les fonctions de répartition. FU (u) = P(ϕ(X) ≤ u), à exprimer à l’aide de FX
puis dériver . . .
Loi conditionnelle dans le cas continu : Pour x ∈ X(Ω) fixé tel que fX (x) 6= 0, PY ( · | X = x) est une
f (x,y)
loi absolument continue de densité fY |X=x (y) = X,Y
fX (x)
.
Remarque : Le réel x étant fixé, il ne doit pas y avoir d’indicatrice dans fX (x) et dans fX,Y (x, y), c’est y
qui doit être exprimé en fonction de x et non l’inverse.
E(Y | X) est la variable aléatoire ϕ(X) fonction de X où ϕ est la fonction réelle définie par ϕ(x) = E(Y |
X = x).
51
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
2.11 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
,→ Exercice 2.1
1. Montrez que E(X) = arg minx E((X − x)2 ) pour toute variable aléatoire X.
2. Soit X une variable aléatoire absolument continue : montrez que arg minx E(|X − x|) = {x : FX (x) = 21 }.
1. Montrez que
1 x−b
faX+b (x) = fX .
|a| a
52
2.11. EXERCICES
La loi Beta de paramètre (α, β) est la loi de probabilité sur R dont la densité est donnée par
β
fα,β (x) = cβα,β xα−1 (1 − x)β−1 1 {0 ≤ x ≤ 1} .
1. Pour quelles valeurs des paramètres ces lois sont-elles bien définies ? Montrez alors que
∞
λα
Z
cΓ
α,λ = avec Γ(α) = tα−1 e−t dt
Γ(α) 0
et que Z 1
1
cβα,β = avec B(α, β) = xα−1 (1 − x)β−1 dx.
B(α, β) 0
,→ Exercice 2.7
Soit (X, Y ) un couple aléatoire de densité f définie par :
r
x si (x, y) ∈ ∆ = {(x, y) : 0 < y ≤ x ≤ 1},
f (x, y) = y
0 sinon.
1. Représentez ∆, puis vérifiez que f est bien une densité et déterminez les lois marginales de X et de Y .
2. Les variables aléatoires X et Y sont-elles indépendantes ? Calculez E(X), E(Y ), E(XY ) et déduisez-en la
covariance Cov(X, Y ).
3. Déterminez la loi du couple (X, Y /X) et en déduire la loi de U = Y /X. Les variables aléatoires X et U
sont-elles indépendantes ?
4. Trouvez la loi conditionnelle de Y sachant X. Déduisez-en E(Y | X) et retrouvez E(Y ).
5. Calculez P(Y < X/2) puis déterminez la loi conditionnelle de X sachant Y .
53
CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES ABSOLUMENT CONTINUES
3 1−Y 5/2
6. Déduisez-en que E(X | Y ) = 5 1−Y 3/2
et retrouvez E(X).
,→ Exercice 2.8
Soit X une variable aléatoire de densité f définie par
1
fX (x) = √ e−x 1 {x > 0}
πx
et Y une variable aléatoire dont la loi conditionnelle sachant X = x est la loi normale de moyenne 0 et de
1
variance 2x .
1. Rappelez la définition de fY |X=x puis calculez la loi du couple (X, Y ) et celle de Y .
2. Déterminez la loi conditionnelle de X sachant Y = y et déduisez-en E(X | Y ). Calculez E(X) et déduisez
R +∞ dt
de ce qui précéde, sans calcul, la valeur de 0 (1+t2 )2
.
,→ Exercice 2.9
Deux personnes conviennent de se retrouver entre 17h et 18h, et on suppose que chaque personne arrive à
un instant choisi uniformément au hasard dans cet intervalle.
1. Si la première personne arrivée n’attend pas plus de 10 minutes, quelle est la probabilité qu’elles se
rencontrent ?
2. Soit Ti , i = 1, 2 l’heure d’arrivée de la personne i. Calculez la loi du temps d’attente |T2 − T1 | et retrouvez
le résultat de la question précédente.
Problème 2.10
Soit E1 , E2 , . . . des variables i.i.d. distribuées selon la loi exponentielle de paramètre µ : le but de ce problème
est de prouver que max(E1 , . . . , En ) et E1 + E2 /2 + · · · + En /n sont égales en distribution. La propriété
fondamentale qui permet de prouver cette égalité est la propriété suivante, dite d’absence de mémoire.
1. Soit x ≥ 0 : montrez que E1 − x sachant E1 ≥ x est égale en loi à E1 .
2. Montrez que pour tout α > 0, E1 /α suit la loi exponentielle de paramètre αµ.
3. Montrez que pour tout λ, λ0 > 0, on a
0
0
E e−λE2 −λ (E1 −E2 )
| E2 ≤ E1 = E(e−λE1 /2 )E(e−λ E1
).
4. En déduire que la loi de (E2 , E1 − E2 ) conditionnellement à E2 ≤ E1 est la même que celle de (E2 /2, E1 ),
puis que max(E1 , E2 ) et E1 + E2 /2 ont même loi.
5. Généralisez les calculs précédents pour montrer que la loi de (En , E1 − En , . . . , En−1 − En ) conditionnel-
lement à En = mink=1,...,n Ek est la même que celle de (En /n, E1 , . . . , En−1 ), puis concluez par récurrence
que max(E1 , . . . , En ) et E1 + E2 /2 + · · · + En /n ont même loi.
6. En déduire que
n n
1X1 1 X 1
E(max(E1 , . . . , En )) = et Var(max(E1 , . . . , En )) = 2 .
µ k µ k2
k=1 k=1
54
Chapitre 3
Théorèmes limites
Dans ce chapitre nous introduisons les deux résultats les plus importants de la théorie des pro-
babilités, avec des ramifications dans de nombreux domaines scientifiques et en ingénierie : la loi
des grands nombres et le théorème central limite. Ces deux résultats mènent à un développement
asymptotique d’ordre d’une somme d’un nombre important de variables i.i.d. :
p
X1 + · · · + Xn ≈ nE(X1 ) + N Var(X1 )n où N suit une loi normale standard
Ces deux résultats peuvent être compris à l’aide d’une série infinie de pile ou face, et nous commen-
cerons par présenter quelques résultats de simulation qui illustrent les concepts clef de ce chapitre.
On suppose que la pièce est non biaisée, la suite (Xk , k ∈ Z+ ) est donc i.i.d. et la loi commune
aux Xk est la loi de Bernoulli de paramètre 1/2. On s’intéresse en particulier au comportement
asymptotique quand n → ∞ de la moyenne empirique X̄n définie par
n
1X
X̄n = Xk , n ∈ N∗ .
n
k=1
Dans les trois pages suivantes, nous présentons des résultats de simulation qui illustrent trois résul-
tats fondamentaux :
Loi forte des grands nombres (Figure 3.1.1) : Pour quatre réalisations de l’expérience, on trace
l’évolution de X̄n pour n = 1, . . . , 300. Ces résultats suggèrent que, pour chaque expérience,
on a X̄n → 1/2 lorsque n → ∞, ce qui est conforme à l’intuition ;
Loi du logarithme itéré (Figure 3.1.2) : Pour l’une des quatre réalisations de l’expérience (de
la Figure 3.1.1b) on n’a pas X̄300 ≈ 1/2. Deux explications sont possibles : X̄n ne converge
pas vers 1/2, ou bien il y a bien convergence mais la suite n’a pas encore convergé au bout de
300 itérations. Pour décider, on s’intéresse donc au deuxième ordre de X̄n , i.e., on voudrait un
développement asymptotique du genre X̄n = 1/2 + εn + o(εn ) : la Figure 3.1.2 montre qu’une
telle suite εn n’existe pas ! !
55
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
56
3.1. SÉRIE DE PILE OU FACE
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0 50 100 150 200 250 300 0 50 100 150 200 250 300
(a) Résultat de la première expérience. (b) Résultat de la deuxième expérience.
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0 50 100 150 200 250 300 0 50 100 150 200 250 300
(c) Résultat de la troisième expérience. (d) Résultat de la quatrième expérience.
Figure 3.1.1 – Chaque courbe représente l’évolution de la moyenne empirique (X̄n ) pour une
série de pile ou face : la ligne rouge correspond à la valeur asymptotique attendue 1/2. Pour les
expériences a, c et d la moyenne empirique semble converger vers 1/2, ce qui est le résultat attendu.
Pour l’expérience b la convergence semble plausible mais n’est pas évidente : en fait, elle a bien lieu
mais il faudrait considérer un horizon temporel plus grand pour s’en convaincre.
57
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
2
2
1
1
0
−1 0
−2
−1
−3
102 103 104 105 106 107 108 109 102 103 104 105 106 107 108 109
(a) Résultat de la première expérience. (b) Résultat de la deuxième expérience.
4
2
2
0
0
−2
−2
102 103 104 105 106 107 108 109 102 103 104 105 106 107 108 109
(c) Résultat de la troisième expérience. (d) Résultat de la quatrième expérience.
Figure 3.1.2 – La loi forte des grands nombres illustrée sur la figure précédente nous assure que
X̄n → 1/2, i.e., pour chaque expérience on a convergence de la moyenne empirique vers 1/2. On
s’intéresse maintenant à la vitesse à laquelle cette convergence a lieu et d’ainsi mieux comprendre
pourquoi X̄n n’a pas encore convergé sur la figure 3.1.1b. Les quatre figures représentent l’évolution,
sur une échelle logarithmique en n, de la suite (Yn ) avec
1/2
n
Yn = X̄n − 1/2 .
4 ln(ln(n))
Ces résultats suggèrent que cette suite fluctue, ce qui est en fait une manifestation de la loi du
logarithme itéré qui nous assure que, pour chaque expérience aléatoire, on a
En particulier, il n’existe pas de développement asymptotique du genre X̄n = 1/2 + εn + o(εn ) avec
une suite déterministe εn → 0.
58
3.1. SÉRIE DE PILE OU FACE
1.0
1.0
0.8
0.8
0.6
0.6
0.4
0.4
0.2
0.2
0.0
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3
1.0
0.8
0.8
0.6
0.6
0.4
0.4
0.2
0.2
0.0
0.0
−2 0 2 −4 −2 0 2 4
Figure 3.1.3 – Dans notre recherche de la vitesse de convergence de Zn , nous avons été trop
gourmands en cherchant εn → 0 tel que X̄n = 1/2 + εn + o(εn ) : une telle suite n’existe pas. Après
tout, ce n’est peut-être pas surprenant vu que, dans un contexte probabiliste, il est peut-être plus
raisonnable de n’exiger que des garanties concernant la probabilité que un (X̄n − 1/2) appartienne à
un certain intervalle [a, b] ⊂ R. Si on définit Zn = un (X̄n − 1/2), on a
P a ≤ un (X̄n − 1/2) ≤ b = FZn (b) − FZn (a)
et il devient naturel de s’intéresser au comportement asymptotique de la fonction de répartition
de Zn , illustré par les quatre figures ci-dessus : on voit clairement la convergence de FZn vers une
fonction limite (tracée en rouge), ce qui est une manifestation du théorème central limite qui garantit
que si l’on choisit un = n1/2 /2, alors pour tout x ∈ R on a
Z x
1 2
FZn (x) −→ e−y /2 dy.
n→∞ (2π)1/2 −∞
59
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
p.s.
Ainsi, Xn → X si la convergence a lieu pour (presque toute) réalisation de l’expérience aléa-
toire
Théorème 3.1 (Loi forte des grands nombres). Si les (Xn , n ≥ 1) à valeurs dans Rm sont i.i.d. et
intégrables, alors
1 p.s.
(X1 + · · · + Xn ) −→ E(X1 ).
n
La loi forte des grands nombres peut donc être vue comme le développement asymptotique à l’ordre
un de la somme X1 + · · · + Xn ≈ nE(X1 ). Malgré son apparente simplicité, il arrive en fait très
souvent que l’on soit amenés à considérer la somme de variables aléatoires i.i.d., ce qui explique
l’importance de la loi forte des grands nombres.
Nous ne prouverons pas ce résultat en toute généralité, mais proposerons une preuve plus loin basée
sur le lemme de Borel–Cantelli. En outre, si l’on revient à l’exemple de la série de pile ou face on
remarque qu’il existe des évènements ω tels que X̄n (ω) ne converge pas vers 1/2 : par exemple,
l’évènement ω = {0, 0, 0, . . .} qui correspond à obtenir une série infinie de face. Néanmoins, la loi
forte des grands nombres nous dit précisément que la probabilité d’un tel évènement est nulle !
p.s. p.s.
Proposition 3.2. Si Xn → X et f est continue, alors f (Xn ) → f (X).
Démonstration. Pour ω tel que Xn (ω) → X(ω), on a par continuité f (Xn (ω)) → f (X(ω)) : ainsi,
{Xn → X} ⊂ {f (Xn ) → f (X)} et donc 1 = P(Xn → X) ≤ P(f (Xn ) → f (X)).
60
3.2. CONVERGENCE PRESQUE SÛRE ET LOI FORTE DES GRANDS NOMBRES
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
0 200 400 600 800 1,000 0 200 400 600 800 1,000
(a) ω avec Rn (ω) → 0,46. (b) ω avec Rn (ω) → 0,01.
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
0 200 400 600 800 1,000 0 200 400 600 800 1,000
(c) ω avec Rn (ω) → 0,06. (d) ω avec Rn (ω) → 0,84.
Figure 3.2.4 – Quatre réalisations d’une urne de Pólya : pour chaque réalisation, on s’intéresse à
l’évolution de la fraction de boules rouges dans l’urne. On voit que cette fraction converge, mais la
fraction asymptotique dépend de la réalisation. Il s’agit d’un cas typique de convergence presque
p.s.
sûre vers une limite aléatoire. En fait, on pourrait prouver que Rn → R∞ où R∞ suit la loi uniforme
sur [0, 1].
61
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
On voit sur cette figure que la suite Rn converge presque sûrement (i.e., pour chaque réalisation
de l’expérience aléatoire), mais que la limite dépend de l’expérience et est donc aléatoire. Il y a
une explication intuitive à ce comportement dû à un phénomène de renforcement. S’il est possible
d’observer des fluctuations de la proportion de boules rouges au début (après tout, tant qu’il y a peu
de boules tout peut arriver), une fois qu’il y a beaucoup de boules dans l’urne, il devient alors de plus
en plus dur, et finalement impossible, d’inverser la situation et la proportion de boules rouges reste
alors constante. On observe en effet que la convergence est très rapide, i.e., la valeur asymptotique
est essentiellement déterminée au début de l’expérience et après quelques itérations il ne se passe
plus grand chose.
Ainsi, N (ε) est le nombre de fois où Xk est à distance ≥ ε de X. Par définition de la convergence,
on a alors Xn (ω) → X(ω) si et seulement si N (ε)(ω) est finie pour tout ε > 0. L’idée du lemme de
Borel–Cantelli est très simple : si E(N (ε)) est fini, alors N (ε) est presque sûrement finie : puisque
X
E(N (ε)) = P (|Xk − X| ≥ ε)
k≥1
p.s.
alors Xn → X.
Démonstration. De par la discussion ci-dessus, on voit que l’hypothèse du lemme de Borel–Cantelli
implique que N (ε) est presque sûrement fini pour tout ε > 0. Puisque l’union dénombrable d’évè-
nements de probabilité nulle reste de probabilité nulle par (1.1), il s’ensuit que
P (N (1/k) < ∞, ∀k ≥ 1) = 1.
T
Puisque les événements {Xn → X} et k≥1 {N (1/k) < ∞} sont égaux, cela prouve le résultat.
62
3.2. CONVERGENCE PRESQUE SÛRE ET LOI FORTE DES GRANDS NOMBRES
Nous appliquons maintenant ce lemme pour prouver la loi forte des grands nombres dans le cas
particulier où E(eθX1 ) < ∞ pour tout θ ∈ R.
Démonstration du Théorème 3.1 quand E(eθX1 ) < ∞ pour tout θ ∈ R. Sans perte de généralité on
supposera que E(X1 ) = 0. Soit Sn = X1 + · · · + Xn : alors
n
!
1X
P Xk ≥ ε = P (|Sn | ≥ nε) = P (Sn ≥ nε) + P (Sn ≤ −nε) .
n
k=1
On admettra que ϕ est continûment dérivable de dérivée ϕ0 (θ) = E(X1 eθX1 )/E(eθX1 ), ce que l’on
pourrait prouver à l’aide du théorème de convergence dominée. Il s’ensuit que ϕ(θ)/θ → ϕ0 (0) = 0
lorsque θ → 0 et donc il existe θ0 > 0 tel que ϕ(θ0 ) ≤ θ0 ε/2. Considérant l’inégalité précédente pour
ce θ0 , on obtient alors
1
P (Sn ≥ nε) ≤ exp (−n(θ0 ε − ϕ(θ0 ))) ≤ exp − nεθ0
2
P
ce qui prouve que n≥1 P(Sn ≥ nε) < ∞. De manière symétrique on prouve que la série de terme
général P(Sn ≤ −nε) est sommable ce qui donne le résultat.
Figure 3.2.5 – Illustration de l’interprétation empirique de la densité discutée dans la Section 3.2.5.
63
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
En fait, cela reflète que la densité de la variable exponentielle, donnée par x ∈ R+ 7→ e−x , est
décroissante. En effet, la loi des grands nombres nous assure que pour tout sous-ensemble A ⊂ R,
la densité empirique
n
1X
1 {Xk ∈ A}
n
k=1
Ainsi, de manière empirique, le nombre de points qui tombent dans un intervalle donné est propor-
tionnel à la densité : dans les zones où la densité est élevée, il y aura donc une forte accumulation
de points.
Par contre, la réciproque n’est pas vraie : un contre-exemple est donnée par la suite Xn = Bn où
les Bn sont des variables de Bernoulli indépendantes avec E(Bn ) = 1/n. Alors
1
P(Xn ≥ ε) = P(Bn = 1) =
n
P
et donc Xn → 0. Néanmoins, on peut prouver que
P lim sup Xn = 1 = 1
n→∞
Une conséquence directe du résultat précédent est la loi faible des grands nombres.
Théorème 3.7 (Loi faible des grands nombres). Si les (Xn , n ≥ 1) sont i.i.d. et intégrables, alors
1 P
(X1 + · · · + Xn ) −→ E(X1 ).
n
64
3.4. CONVERGENCE EN LOI ET THÉORÈME CENTRAL LIMITE
Démonstration dans le cas de la variance finie. On fournit la preuve dans le cas de la variance finie
où X1 est de carré intégrable. On suppose sans perte de généralité que E(X1 ) = 0 : l’inégalité de
Bienaymé–Tchebycheff donne
1 1 Var(X1 )
P |X1 + · · · + Xn | ≥ ε ≤ 2 2 Var(X1 + · · · + Xn ) =
n n ε nε2
Comparé à la loi forte des grands nombres, on prouve beaucoup plus facilement le résultat sous des
hypothèses plus générales (variance finie pour la loi faible, tous les moments exponentiels finis pour
la loi forte) : cela correspond au fait que la convergence en probabilité est un mode de convergence
moins fort que la convergence presque sûre.
Définition 3.3. Soit X et (Xn , n ∈ N) des variables aléatoires à valeurs dans Rm . On dit que Xn
L
converge en loi vers X, ce que l’on note Xn → X, si pour tout t ∈ Rm on a ϕXn (t) → ϕX (t).
Par définition, la convergence en loi est donc indépendante de la structure de dépendance entre les
variables (Xn ) :
L
En effet, dans les deux exemples suivants on a Xn → X1 alors que dans le premier cas, les Xn sont
indépendantes et dans le deuxième, elles sont parfaitement corrélées.
L
Exemple 3.1. Soit Xn des variables de Bernoulli de paramètre 1/2. Alors Xn → X1 dans les deux
cas suivants :
• les (Xn ) sont indépendantes ;
• on tire X1 puis on prend Xn = X1 : alors les Xn sont parfaitement corrélées.
Cet exemple illustre aussi que l’on peut avoir convergence en loi sans avoir convergence presque
sûre ni convergence en probabilités. Par contre, convergence en probabilités (et donc, convergence
presque sûre) implique convergence en loi.
P L
Proposition 3.8. Si Xn → X alors Xn → X.
Démonstration. On a
|ϕXn (t) − ϕX (t)| = E eitXn − eitX ≤ E eitXn − eitX ≤ 2E [min (1, t |Xn − X|)]
65
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
0
où l’on a utilisé l’inégalité |eiz − eiz | ≤ 2 min(1, |z − z 0 |) pour tous z, z 0 ∈ R. Pour ε ∈]0, 1[, on a
ce qui donne
E [min (1, t |Xn − X|)] ≤ ε + P (|Xn − X| ≥ ε/t) .
P
Puisque Xn → X, on obtient donc
Puisque cette borne est valable pour tout ε ∈]0, 1[, il ne reste plus qu’à faire tendre ε → 0 pour
obtenir le résultat.
On énonce maintenant plusieurs critères de convergence en loi, qui font notamment intervenir les
transformées de la Section 1.5.
Proposition 3.9. Chacune des conditions suivantes est une condition nécessaire et suffisante pour
L
que Xn → X :
• Xn et X sont à valeurs dans Nm et P(Xn = x) → P(X = x) pour tout x ∈ Nm ;
• Xn et X sont à valeurs dans Nm et φXn (z) → φX (z) pour tout z ∈ [−1, 1]m ;
• Xn et X sont à valeurs dans Rm m
+ et LXn (λ) → LX (λ) pour tout λ ∈ R+ ;
• Xn et X sont à valeurs dans Rm , X est absolument continue et FXn (x) → FX (x) pour tout
x ∈ Rm
+ ;
• Xn et X sont à valeurs dans Rm et FXn (x) → FX (x) pour tout x ∈ Rm
+ tel que P(X = x) = 0.
L
L’exemple ci-dessous montre que l’on peut avoir Xn → X mais que FXn (x) 6→ FX (x) si P(X = x) 6=
0.
L p.s.
Exemple 3.2. Si Xn = 1/n, alors Xn → 0 (puisque Xn → 0) mais FXn (0) = P(Xn ≤ 0) = 0 ne tend
pas vers FX (0) = 1.
Les résultats suivants sont très utiles.
L L
Proposition 3.10. Si Xn → X, alors f (Xn ) → f (X) pour toute fonction continue f .
L L L
Proposition 3.11 (Lemme de Slutsky). Si Xn → X et Yn → c avec c une constante, alors (Xn , Yn ) →(X, c).
Avant d’énoncer le théorème central limite, qui est le deuxième résultat le plus important de la théorie
des probabilités après la loi des grands nombres, on montre deux exemples simples de convergence
en loi qui justifient de voir la loi de Poisson comme la loi des évènements rares ainsi que la loi
exponentielle comme l’équivalent continu de la loi géométrique.
Proposition 3.12. Soit λ ∈ R+ et Xn qui suit une loi binomiale de paramètre (n, λ/n) : alors
L
Xn → X où X suit une loi de Poisson de paramètre λ.
66
3.4. CONVERGENCE EN LOI ET THÉORÈME CENTRAL LIMITE
Démonstration. On peut écrire Xn = In1 + · · · + Inn où les Ink sont i.i.d. et suivent une loi de Bernoulli
de paramètre λ/n : il s’ensuit que
h 1 in n
In λ
φXn (z) = E z = 1 − (1 − z)
n
qui tend vers e−λ(1−z) quand n → ∞. Puisqu’on reconnaît la fonction génératrice de la loi de Poisson
de paramètre λ, cela prouve le résultat par la proposition précédente.
Proposition 3.13. Soit λ ∈ R+ et Xn pour n ≥ λ qui suit une loi géométrique de paramètre λ/n :
L
alors Xn /n → X où X suit une loi exponentielle de paramètre λ.
Démonstration. Pour x ∈ R+ , on a
dnxe
λ
1 − FXn /n (x) = 1 − P (Xn /n ≤ x) = P (Xn /n > x) = P (Xn > nx) = 1−
n
ce qui montre que FXn /n (x) → 1 − e−λx . D’un autre côté, puisque la densité de la loi exponentielle
de paramètre λ est λe−λx 1 {x ≥ 0}, on a
Z x
FX (x) = P(X ≤ x) = λe−λu du = 1 − e−λx .
0
L
On a donc bien montré FXn (x) → FX (x) pour tout x ∈ R ce qui montre que Xn → X par la
Proposition 3.9.
Théorème 3.14 (Théorème central limite). Soit (Xn , n ≥ 1) i.i.d. avec E(X1 ) = 0 et Var(X1 ) = 1 :
alors
n
1 X L
Xk → X
n1/2 k=1
ε2
Pour ε → 0, le développement limité eε = 1 + ε + 2 + o(ε2 ) suggère
ε2 X12
ϕX1 (ε) = E eiεX1 = E 1 + iεX1 − + o(ε2 )
2
et puisque E(X1 ) = 0 et Var(X1 ) = 1, on admettra que cela donne ϕX1 (ε) = 1 − ε2 /2 + o(ε2 ). Ainsi,
" n
!# n
t2
it X 1 2
E exp Xk = 1− +o −→ e−t /2 .
n1/2 k=1 2n n n→∞
2
Puisque e−t /2
est la fonction caractéristique de X, cela donne le résultat.
67
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
Remarque 3.1. Dans le cas centré E(X1 ) = 0 et de variance finie, on a donc que la suite de variables
aléatoires √1n (X1 +· · ·+Xn ) converge en loi. Néanmoins, une conséquence du théorème du logarithme
itéré (illustré sur la Figure 3.1.2) est que presque sûrement (i.e., avec probabilité un), on a
1
lim sup √ (X1 + · · · + Xn ) = +∞
n→∞ n
et
1
lim inf √ (X1 + · · · + Xn ) = −∞.
n→∞ n
En d’autres termes, bien que la suite de variables aléatoires √1 (X1 + · · · + Xn ) converge en loi, elle
n
ne converge pas presque sûrement.
68
3.6. FICHE DE SYNTHÈSE
Propriété : La convergence p.s. implique la convergence en probabilité, qui implique la convergence en loi.
La réciproque est fausse en général, mais
convergence en loi vers une constante ⇔ convergence en probabilité vers cette constante.
Loi forte des grands nombres : si les Xi sont des v.a. indépendantes de même loi, d’espérance m, alors
X1 + · · · + Xn p.s.
→ m (v.a. constante).
n
Théorème Central Limite : si les Xi sont de plus de variance σ 2 finie, alors
X1 + · · · + Xn − nm L
√ →Z
n×σ
69
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
3.7 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
1. On considère un joueur de fléchettes qui lance ses fléchettes au hasard sur une cible carrée. Comment
faire pour obtenir une approximation de π ? Quelle est la qualité de cette approximation ?
Exercice 3.2
1. Soit (Un ) i.i.d. uniformément réparties sur [0, 1] et Mn = maxk=1,...,n Uk : montrez que la suite (Mn )
converge presque sûrement. Quelle est sa limite ?
Exercice 3.3
L P
1. Montrez que si Xn → c avec c une constante, alors Xn → c.
L L L
2. Montrez en utilisant les Propositions 3.10 et 3.11 que si Xn → X et Xn − Yn → 0, alors Yn → X.
Exercice 3.4
Soit (Xn ) une suite de variables i.i.d. intégrables.
Pn p.s.
1. Montrez que 1
n k=1
Xk Xk+1 → E(X1 )2 .
√ Pn
2. Peut-on utiliser le théorème central limite pour calculer la limite en loi de n 1
n k=1
Xk Xk+1 − E(X1 )2 ?
70
3.7. EXERCICES
3. On commence avec B0 = N boules blanches et R0 = N boules rouges. Montrez que pour tout n fixé, on
L
a Bn − N −→ X avec X qui suit une loi binomiale de paramètre (n, 1/2).
N →∞
Une suite de fonctions (Un ) est appelée unité approchée pour la convolution si elle vérifie les propriétés
suivantes :
1. ∀n ∈ N, ∀x ∈ R, Un (x) ≥ 0 ;
R
2. ∀n ∈ N, Un (x)dx = 1 ;
R
3. ∀ε > 0, |x|>ε
Un (x)dx → 0 lorsque n → ∞.
2 2
- Montrez que la suite de fonctions Un (x) = √n2π e−x n /2 est une unité approchée.
- Montrez que pour tout fonction f ∈ L1 (R), f ∗ Un appartient à L1 (R) ∩ C ∞ (R).
- Soit f une fonction de L1 (R) ∩ C 0 (R). On suppose de plus que f est bornée sur R. Montrez que, pour tout
réel fixé x0 , (f ∗ Un )(x0 ) converge vers f (x0 ) (utiliser le théorème de convergence dominée).
Problème 3.10
Dans ce problème, on considère (Xk , k ∈ N∗ ) une suite de variables aléatoires indépendantes et l’on exhibe
des cas où la suite converge en loi vers 0 mais pas presque sûrement. On regarde tout d’abord le cas
de variables de Bernoulli puis le cas de variables exponentielles, pour lesquelles on exhibe des conditions
nécessaires et suffisantes de convergence en loi et presque sûre vers 0.
Dans la première partie du problème, Xk est une variable aléatoire de Bernoulli de paramètre pk .
L
1. A quelle condition nécessaire et suffisante a-t-on Xn → 0 ?
71
CHAPITRE 3. THÉORÈMES LIMITES
Pn
Dans le reste de l’exercice on suppose que pk → 0 et on définit Nn = k=1
Xk .
2. Montrez que la suite Nn converge presque sûrement vers une variable aléatoire N∞ à valeurs dans N∪{∞}.
p.s.
3. Montrez que Xn → 0 si et seulement si P(N∞ < ∞) = 1.
P p.s.
4. Déduisez-en en considérant la moyenne de N∞ que si k
pk < ∞, alors Xn → 0. De quel résultat du
cours ce résultat est-il un cas particulier ?
P
Les questions 5 et 6 visent à prouver la réciproque, i.e., que si k
pk = ∞ alors Xn ne converge pas presque
sûrement vers 0.
5. On suppose que pour tout K ≥ 0, on a P(Nn ≤ K) → 0 : montrez que cela implique que Xn ne converge
pas presque sûrement vers 0.
6. Montrez en utilisant l’inégalité de Markov pour la première inégalité que
n
!
K −Nn
K
X −1
P (Nn ≤ K) ≤ e E e = e exp ln 1 − pk (1 − e )
k=1
et conclure.
7. La suite Xn converge-t-elle vers 0 pour pk = 1/k ?
8. Soit U uniforme sur [0, 1] et Xn0 = 1 {U ≤ 1/n} : en quel sens la suite Xn0 converge-t-elle vers 0 ? Cela
contredit-il le résultat de la question précédente ?
Pn suppose maintenant que Xk est une variable exponentielle de paramètre λk , et on définit Nn (ε) =
On
k=1
1 {Xk ≥ ε}.
9. Montrez que pour tout ε > 0, la suite Nn (ε) converge presque sûrement : on notera N∞ (ε) la limite.
10. Montrez que
p.s.
Xn → 0 ⇐⇒ ∀k ∈ N∗ , P(N∞ (1/k) < ∞) = 1.
12. Trouvez λk tel que la suite Xn converge en loi mais pas presque sûrement vers 0.
72
Chapitre 4
Vecteurs gaussiens
Les vecteurs gaussiens généralisent en dimension ≥ 1 la loi normale sur R introduite dans la Sec-
tion 2.5.3 et qui est apparue comme limite universelle dans le théorème central limite sur R (Théo-
rème 3.14). Ils jouent un rôle prépondérant dans de nombreux domaines d’application de la théorie
des probabilités, et notamment en statistique inférentielle et en traitement du signal, mais aussi en
optimisation où les processus gaussiens sont utilisés dans la construction de méta-modèles.
Définition 4.1 (Loi normale standard sur Rn , vecteur gaussien standard). La loi normale standard
sur Rn est la loi du vecteur (X1 , . . . , Xn ) où les Xi sont i.i.d. et suivent une loi standard normale
sur R. On dit alors que le vecteur (X1 , . . . , Xn ) est un vecteur gaussien standard.
n
Y 1 −x2k /2 1 1 >
fX (x) = √ e = n/2
exp − x x , x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn . (4.1)
2π (2π) 2
k=1
Cette densité est représentée sur la Figure 4.1.1a et la Figure 4.1.1b illustre les courbes d’iso-densité
{x : f (x) = c} qui correspondent à des cercles {x : x> x = c0 }. On note aussi que la fonction
caractéristique d’un vecteur gaussien standard X est donnée par
1 >
ϕX (t) = exp − t t , t ∈ Rn . (4.2)
2
73
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
2
1
0.5 0
−2 2 −2
0 0
2 −2 −2 0 2
(a) Vue de profil. (b) Vue de haut.
Figure 4.1.1 – Densité de la loi normale standard sur R2 vue de deux angles différents. La Fi-
gure 4.1.1b illustre que les courbes iso-densité sont des cercles.
En effet,
>
ϕX (t) = E(eit X
) (définition de ϕX )
i(t1 X1 +···+tn Xn )
= E(e )
Yn
= E(eitk Xk ) (indépendance des Xk )
k=1
n
Y 2
= e−tk /2 (Proposition 2.7)
k=1
ce qui donne bien le résultat annoncé. On remarquera que, à un coefficient multiplicatif près, la
densité et sa fonction caractéristique sont les mêmes, i.e., la transformée de Fourier laisse la loi
normale invariante.
Définition 4.2 (Loi normale sur Rn , vecteur gaussien). Une variable aléatoire X ∈ Rn est un
vecteur gaussien s’il existe µ ∈ Rn , m ∈ N∗ , M ∈ Rn×m et Y qui suit une loi normale standard sur
Rm tels que X = M Y + µ. La loi d’un vecteur gaussien est appelée loi normale ou loi gaussienne.
Il découle immédiatement de cette définition que si X est un vecteur gaussien, alors toute trans-
formation affine de X reste un vecteur gaussien. En particulier, si X = (X1 , . . . , Xn ), alors
chaque Xk est un vecteur gaussien. Néanmoins,
En effet, on peut avoir X1 et X2 qui suivent une loi normale mais (X1 , X2 ) n’est pas un vecteur
gaussien comme le montre l’exemple ci-dessous. En revanche, nous verrons dans la Proposition 4.2
que la réciproque est vraie sous condition d’indépendance.
74
4.1. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS ÉLÉMENTAIRES
Exemple 4.1. Soit X1 qui suit une loi normale standard, ε à valeurs dans {1, −1} indépendante de
X1 avec P(ε = 1) = P(ε = −1) = 1/2 et X2 = εX1 : alors X2 suit aussi une loi normale standard
et la propriété P(X1 + X2 = 0) = 1/2 empêche X1 + X2 d’être absolument continue et a fortiori de
suivre une loi normale. Or, si (X1 , X2 ) est un vecteur gaussien, il suit directement de la définition
que toute combinaison linéaire de X1 et X2 devrait suivre une loi normale : puisque X1 + X2 ne
suit pas une loi normale, (X1 , X2 ) ne peut pas être un vecteur gaussien.
Dans la Définition 4.2, il y a unicité du vecteur µ puisque par linéarité de l’espérance on a µ = E(X) :
E(X) = M E(Y ) + µ = µ.
La matrice M n’est quant à elle pas forcément unique (cela sera discuté plus en détail en Section 4.3)
mais par contre, elle satisfait nécessairement M M > = Var(X). En effet, on a
qui vaut bien M M > puisque, comme mentionné précédemment, la matrice de covariance d’un vec-
teur gaussien standard est égale à l’identité. Cette remarque permet de calculer la fonction caracté-
ristique d’un vecteur gaussien : en effet, pour t ∈ Rn on a
> >
M Y +it> µ > > >
ϕX (t) = E(eit X
) = E(eit ) = eit µ
E(eit MY
) = eit µ
ϕY (M > t)
et donc en utilisant la formule 4.2 et le fait que M > M = Var(X) et que µ = E(X), on obtient
finalement le résultat suivant.
Proposition 4.1. Si X est un vecteur gaussien, alors il est de carré intégrable et sa fonction
caractéristique est donnée par
1
ϕX (t) = exp − t> Var(X)t + it> E(X) , t ∈ Rn .
2
En particulier, toute propriété concernant la loi d’un vecteur gaussien est “visible” sur son espérance
et sa variance. On peut ainsi facilement prouver les résultats suivants. On rappelle que le second
point n’est pas vrai sans l’hypothèse que (X1 , X2 ) est un vecteur gaussien, cf. la discussion à la fin
de la Section 1.4.4.
75
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
Puisque X1 et X2 sont indépendantes, elles sont décorrélées et donc Var(X) est diagonale par bloc :
Var(X1 ) 0
Var(X) =
0 Var(X2 )
Supposons maintenant que (X1 , X2 ) est un vecteur gaussien et que X1 et X2 sont décorrélées : alors
Var(X) est diagonale par bloc et coïncide donc, comme on vient de le voir, avec la variance d’un
couple de vecteurs gaussiens indépendants. Puisque, à espérance fixée, la variance caractérise la loi,
cela implique bien que X1 et X2 sont indépendantes.
Théorème 4.3 (Théorème central limite). Soit (Xn , n ≥ 1) à valeurs dans RN , i.i.d. avec E(X1 ) =
m et X1 de carré intégrable et de matrice de covariance Var(X1 ). Alors
n
1 X L
(Xk − m) → X
n1/2 k=1
Une ébauche de preuve de ce résultat suit l’ébauche de preuve du Théorème 3.14 où l’on remplace
les produits par des produits scalaires.
76
4.3. INTERPRÉTATION GÉOMÉTRIQUE
Théorème 4.4. Si X est un vecteur gaussien, alors X − E(X) appartient presque sûrement à
l’image de Var(X).
Démonstration. Partant de Var(V > X) = ∆ et multipliant par ek à droite et par e> k à gauche, il
vient Var((V ek )> X) = λk . Puisque V ek = Vk par définition et que λk = 0 pour k = r + 1, . . . , n,
on a donc prouvé que
Var(Vk> X) = 0, k = r + 1, . . . , n.
La Proposition 1.13 implique donc que Vk> X = Vk> E(X) (presque sûrement) puis que Vk> (X −
E(X)) = 0. Puisque cette relation est valable pour tout k = r + 1, . . . , n, cela entraîne que X − E(X)
appartient à l’orthogonal de l’espace engendré par (Vr+1 , . . . , Vn ) qui n’est autre, par construction,
que I.
Une conséquence de ce résultat est que si Var(X) n’est pas de rang plein, i.e., r < n, alors X − E(X)
vit dans un espace vectoriel de dimension < n : ce résultat est illustré en dimension n = 2 sur la
Figure 4.3.2.
En outre, il existe donc Y ∈ Rn tel que X = Var(X)Y + E(X). Sauf lorsque Var(X) est de rang
plein, Y n’est pas unique et peut être modifié par un vecteur du noyau de Var(X). Intuitivement,
il y a r degrés de liberté et le résultat suivant montre qu’on peut effectivement se ramener à un
vecteur de dimension r. Le résultat suivant est une généralisation de la Proposition 2.6 qui permet
de se ramener au cas standard.
où :
• ∆˜ ∈ Rr×r est la matrice diagonale avec ∆
˜ ii = λi pour i ∈ {1, . . . , r} ;
• Ṽ = V1 · · · Vr est la matrice de taille n × r obtenue en gardant les r premières colonnes
de V .
77
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
Figure 4.3.2 – Les deux figures présentent un échantillon de 30 vecteurs gaussiens (représentés par
des points) en dimension n = 2 : chaque point représente un vecteur gaussien, et dans chaque cas
les 30 vecteurs gaussiens sont i.i.d. de moyenne −0,3
0,5 . Les deux figures différent par la matrice
de variance choisie : pour la Figure 4.3.2a on a pris Var(X) = ( 10 01 ) et Var(X) = ( 11 11 ) pour la
Figure 4.3.2b. Dans chaque cas, les points vivent dans un espace dont la dimension est égale au
rang de Var(X) : ainsi, lorsque Var(X) n’est pas de rang plein, les vecteurs gaussiens vivent dans
un espace de dimension plus petite (ici, une droite).
Démonstration. On commence par vérifier que Y est un vecteur gaussien standard. Tout d’abord,
Y est bien un vecteur gaussien comme image d’un vecteur gaussien par une transformation affine.
En outre, il est centré puisque E(Y ) = ∆ ˜ −1/2 Ṽ > E(X − E(X)) = 0, et on calcule sa variance :
Var(Y ) = Var ∆ ˜ −1/2 Ṽ > (X − E(X)) (définition de Y )
= Var ∆ ˜ −1/2 Ṽ > X (invariance de la variance par translation)
˜ −1/2 Ṽ > Var (X) Ṽ ∆
=∆ ˜ −1/2 (déf. de la variance et linéarité de l’espérance).
Par définition, on a la décomposition par bloc
˜ 0
∆
∆= et V = Ṽ V̂ avec V̂ = Vr+1 ··· Vn
0 0
et donc
˜
>
∆ 0 Ṽ ˜ Ṽ >
Var(X) = V ∆V > = Ṽ V̂ = Ṽ ∆
0 0 V̂ >
ce qui donne
˜ −1/2 Ṽ > Ṽ ∆
Var(Y ) = ∆ ˜ Ṽ > Ṽ ∆
˜ −1/2 = Id .
On a donc bien montré que Y est un vecteur gaussien standard, et il reste à montrer que X = W Y +
E(X) avec Im(W ) = I. On a bien Im(W ) = I : en effet, ∆ ˜ étant inversible on a Im(W ) = Im(Ṽ )
qui est l’espace engendré par ses colonnes (V1 , . . . , Vr ), qui est bien I. Enfin, on calcule
˜ 1/2 ∆
W Y = Ṽ ∆ ˜ −1/2 Ṽ > (X − E(X)) = Ṽ Ṽ > (X − E(X)).
78
4.4. DÉFINITION STANDARD
Démonstration. Lorsque r = n, le Théorème 4.5 implique que Y = ∆−1/2 V > (X − E(X)) est un
vecteur gaussien standard en dimension n, et que X = V ∆1/2 Y + E(X). Puisque Y est absolument
continue et que l’application x 7→ ∆−1/2 V > x+E(X) est infiniment différentiable et que son jacobien
vaut ∆−1/2 V > , le Théorème 2.14 montre que X est absolument continue et que
fX (x) = fY ∆−1/2 V (x − E(X)) det ∆−1/2 V > .
79
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
4
1
2
0.5
0
0
−5 5 −2
0 0 −4
5 −5 −4 −2 0 2 4
(a) Vue de profil. (b) Vue de haut.
Figure 4.3.3 – Densité de la loi normale sur R2 de moyenne E(X) = ( 12 ) et de variance Var(X) =
( 12 11 ) vue de deux angles différents. Pour revenir à la loi normale standard, il faut opérer une rotation
et dilater les axes, ce qui correspond exactement au Théorème 4.5.
et donc ϕt> X est bien de la forme attendue. Pour montrer la réciproque, on suppose que pour tout
t ∈ Rn , t> X suit une loi normale sur R : en particulier, la Proposition (2.7) montre que
> 1
E(eit X ) = ϕt> X (1) = exp − Var(t> X) + iE(t> X) .
2
Var(t> X) = E(t> (X − E(X))(X − E(X))> t) = t> E((X − E(X))(X − E(X))> )t = t> Var(X)t
et donc
it> X 1 > >
E(e ) = exp − t Var(X)t + it E(X) .
2
>
Puisque E(eit X ) = ϕX (t) et que le membre de droite est la fonction caractéristique du vecteur
gaussien de moyenne E(X) et de matrice de covariance Var(X), cela montre bien que X est un
vecteur gaussien.
80
4.6. INDÉPENDANCE DES MOYENNE ET VARIANCE EMPIRIQUES, LOI DU χ2 ET LOI
DE STUDENT
Pour cela, l’idée est de chercher une matrice M telle que Y2 − M Y1 et Y1 soient indépendants.
Puisque (Y2 − M Y1 , Y1 ) est un vecteur gaussien (comme transformation linéaire du vecteur gaussien
(Y1 , Y2 )), il suffit d’annuler la covariance entre Y2 − M Y1 et Y1 pour qu’ils soient indépendants : il
s’agit donc de résoudre
0 = Cov(Y2 − M Y1 , Y1 ) = E (Y2 − M Y1 )Y1> = Cov(Y2 , Y1 ) − M Var(Y1 ).
Puisque Var(Y1 ) est inversible, il suffit de prendre M = Cov(Y2 , Y1 )Var(Y1 )−1 . On définit alors
Z = Y2 − M Y1 : alors Y2 = M Y1 + Z et donc
E(Y2 | Y1 ) = E(M Y1 | Y1 ) + E(Z | Y1 ).
On a E(M Y1 | Y1 ) = M Y1 et E(Z | Y1 ) = E(Z) puisque Z et Y1 sont indépendants, cf. Proposi-
tion 1.30. Puisque E(Z) = 0 on obtient bien le résultat.
Ce résultat a de nombreuses conséquences. On notera par exemple la formule élégante suivante.
Corollaire 4.10. Si (X1 , X2 , X3 ) est un vecteur gaussien, que E(X1 ) = 0 et que X2 et X3 sont
indépendants et absolument continus, alors
E (X1 | X2 , X3 ) = E (X1 | X2 ) + E (X1 | X3 ) .
Démonstration. Une première preuve consiste à utiliser le Théorème 4.9 puis effectuer des calculs
matriciels. On propose ici une preuve géométrique.
On suppose sans perte de généralité que E(X2 ) = E(X3 ) = 0 et on définit Vect(Z) = {AZ : A ∈
Rn1 ×d } pour n’importe quelle variable aléatoire Z de dimension d, et où ni est la dimension de Xi .
De manière générale, E(X1 | X2 , X3 ) est la projection orthogonale de X1 sur l’espace engendré par
(X2 , X3 ), i.e., sur l’espace {h(X2 , X3 ) : h : Rn2 +n3 → Rn1 mesurable}, cf. Section 1.7.5. Dans le cas
de vecteurs gaussiens, le Théorème 4.9 montre qu’en fait, on peut se restreindre à la projection sur
l’espace engendré par les transformations linéaires de (X2 , X3 ), i.e., on projette X1 sur Vect(X2 , X3 ).
L’indépendance et le fait que X2 et X3 sont centrées impliquent alors que Vect(X2 , X3 ) = Vect(X2 )⊕
Vect(X3 ) ce qui donne le résultat : de manière générale, la projection orthogonale d’un élément sur
l’union directe de deux espaces orthogonaux est égale à la somme des projections orthonogales sur
ces deux sous-espaces.
81
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
Définition 4.4. La loi de Student à r ∈ N∗ degrés de liberté est la loi de la variable aléatoire
Z
p
Vr /r
où Z est une variable aléatoire normale standard, Vr suit une loi du χ2 à r degrés de liberté et Z et
Vr sont indépendantes.
Il découle directement de ces définitions que si Vr suit la loi du χ2 à r degrés de libertés, alors Vr /r
converge en loi vers un lorsque r → ∞. En particulier, si Sr suit la loi de Student à r degrés de
liberté alors Sr converge en loi lorsque r → ∞ vers la loi normale standard (cf. Propositions 3.10
et 3.11).
Théorème 4.12. Si X1 , . . . , Xn sont n variables aléatoires gaussiennes réelles i.i.d. de moyenne
m ∈ R et de variance σ 2 ∈ R+ , alors les variables aléatoires
n n
1X 2 1 X 2
X̄n = Xk et Sn−1 = Xk − X̄n
n n−1
k=1 k=1
82
4.7. FICHE DE SYNTHÈSE
Définition : X = (X1 , . . . , Xn ) est un vecteur gaussien standard en dimension n si les Xi sont i.i.d. et
suivent des lois normales standard N (0, 1).
Définition : X ∈ Rn est un vecteur gaussien s’il existe Y ∈ Rm vecteur gaussien standard, M ∈ Rn×m
et µ ∈ Rn tels que X = M Y + µ, i.e., si X est l’image par une transformation affine d’un vecteur gaussien
standard.
Remarque : En particulier, chaque coordonnée Xi suit une loi normale : par contre la réciproque n’est pas
vraie en général, sauf sous une hypothèse supplémentaire d’indépendance.
Propriété : Si les Xi sont indépendantes de lois normales, alors X est un vecteur gaussien.
Propriété : X est un vecteur gaussien si et seulement si pour tout t ∈ Rn t> X suit une loi normale (sur R).
où E(X) est le vecteur (E(Xi ))i et Var(X) la matrice de covariance (Cov(Xi , Xj ))i,j .
Propriété : Les Xi sont indépendantes si et seulement si Var(X) est une matrice diagonale.
Conditionnement :
Si X = (X1 , X2 ) est un vecteur gaussien tel que X1 est absolument continu, alors
En particulier, E(X2 | X1 ) est un vecteur gaussien de matrice de moyenne E(X2 ) et de matrice de covariance
Cov(X2 , X1 )Var(X1 )−1 Cov(X1 , X2 ).
Corollaire : Si (X1 , X2 , X3 ) est un vecteur gaussien tel que E(X1 ) = 0 et que X2 et X3 sont indépendants
et absolument continus, alors
83
CHAPITRE 4. VECTEURS GAUSSIENS
4.8 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
,→ Exercice 4.1
3 6 2
!
Var(X) = 6 14 3
2 3 6
3. En déduire un système linéaire de n−1 équations dont la solution permet d’exprimer E(Xn | X1 , . . . , Xn−1 )
comme une combinaison linéaire de X1 , . . . , Xn−1 .
4. Retrouvez le résultat de la première question par cette méthode.
2. Utilisez le théorème de transfert pour calculer la transformée de Laplace LX > Var(X)−1 X de X > Var(X)−1 X.
Exercice 4.4
Soit Xi = cos Θi et Yi = sin Θi avec les (Θi ) i.i.d., uniformément réparties dans [0, 2π].
1. Montrez que E(Xi ) = E(Yi ) = E(Xi Yi ) et déduisez-en que Cov(Xi , Yi ) = 0.
2. Montrez que les variables Xi et Yi ne sont pas indépendantes.
3. Soit X̄n = n−1/2 (X1 + · · · + Xn ) et Ȳn = n−1/2 (Y1 + · · · + Yn ). Calculez Cov(X̄n , Ȳn ). Les variables
aléatoires X̄n et Ȳn sont-elles indépendantes ?
84
4.8. EXERCICES
L
4. Montrez que (X̄n , Ȳn ) →(X∞ , Y∞ ) avec (X∞ , Y∞ ) que l’on identifiera. Justifiez que X∞ et Y∞ sont
indépendantes.
Exercice 4.5
Le but de cet exercice est de prouver le Théorème 4.12. Sans perte de généralité on supposera que m = 0 et
σ 2 = 1.
1. Calculez Cov(X1 + X2 , X1 − X2 ) et déduisez-en le résultat pour n = 2.
On montre maintenant le résultat dans le cas général. Pour cela, 1 = (1, . . . , 1) ∈ Rn , A1 = (1/n)11> la
matrice de taille n × n dont toutes les entrées valent 1/n et A2 = I − A1 avec I la matrice identité de taille
n × n.
2. Montrez que nX̄n2 = X > A1 X et que (n − 1)Sn−1
2
= X > A2 X.
3. Justifiez que l’on puisse écrire A1 = U > ∆U et A2 = U > (I − ∆)U avec U unitaire et ∆11 = 1 et ∆ij = 0
sinon.
4. Montrez que U X est un vecteur gaussien standard et concluez.
85
Deuxième partie
Statistique
87
Chapitre 5
Estimation paramétrique
5.1 Introduction
Afin de motiver le concept d’estimation paramétrique, nous commencerons par discuter un exemple
illustratif simple.
5.1.2 Formalisation
Nous passons maintenant à la formalisation de la description ci-dessus. Comme on l’a discuté en
détail au Chapitre 1, l’expérience aléatoire consistant à lancer une pièce de monnaie peut être décrite
par l’espace de probabilités (Ω, F, P) où Ω = {0, 1}, F = P(Ω) et P décrit les caractéristiques
statistiques de la pièce : la probabilité sous P de l’évènement élémentaire {1}, que l’on notera
θ = P({1}), représente la probabilité d’obtenir pile lors de l’expérience aléatoire. Dans l’exemple
précédent, on cherche donc à estimer le paramètre inconnu θ.
Formalisons maintenant la procédure d’estimation proposée ci-dessus : jeter n fois la pièce (n = 103
dans l’exemple ci-dessus) correspond à considérer n variables aléatoires X1 , . . . , Xn de même loi P
et indépendantes, et le nombre de fois où l’on a obtenu pile, noté Nn , est donc donné par
n
X
Nn = 1 {Xk = 1} .
k=1
Puisque les variables aléatoires (1 {Xk = i} , k ∈ N∗ ) sont i.i.d., intégrables et de moyenne θ, la loi
p.s.
des grands nombres assure Nn /n → θ et justifie donc d’utiliser N103 /103 comme estimation de θ.
Quant à la question du choix de n = 103 (en pratique, on ne peut pas jeter la pièce une infinité de
fois) c’est une question que l’on considérera dans la section de ce chapitre dédiée aux intervalles de
confiance.
Prenons maintenant un peu de hauteur et définissions Θ = [0, 1]. Ainsi, chaque θ ∈ Θ correspond à
une mesure de probabilité Pθ sur Ω qui n’est rien d’autre que la mesure de Bernoulli de paramètre
89
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
θ = Pθ ({1}). Dans l’exemple considéré, on connaît parfaitement l’expérience aléatoire mais pas
ses propriétés statistiques : on sait qu’on jette une pièce de monnaie et on connaît donc l’espace
mesurable (Ω, F) mais on ne connaît pas la mesure de probabilité P qui décrit cette expérience. Par
contre, on sait que P fait partie de la famille de mesures de probabilités Pθ indexées par Θ, ce que
l’on notera P ∈ {Pθ : θ ∈ Θ}, et on cherche en fait le “vrai” paramètre θ∗ tel que P = Pθ∗ . On peut
alors résumer le problème de l’estimation paramétrique de la manière suivante :
Le paramètre choisi, noté θ̂n , est appelé un estimateur de θ∗ : θ̂n est donc d’une fonction des
observations X1 , . . . , Xn et l’on notera donc parfois θ̂n = θ̂n (X1 , . . . , Xn ) pour mettre l’accent sur
le fait que
∀θ, θ0 ∈ Θ : θ 6= θ0 ⇒ Pθ 6= Pθ0 .
90
5.2. DÉFINITIONS ET HYPOTHÈSES
La mesure de probabilité P représente la “vraie” mesure de probabilité qui rend bien compte de
l’expérience aléatoire à laquelle on s’intéresse, et on suppose que P ∈ {Pθ : θ ∈ Θ}. Puisque le
modèle est identifiable, il existe donc un unique paramètre θ∗ ∈ Θ tel que P = Pθ∗ et le but est de
trouver une bonne estimation de θ∗ (et donc de P). On s’intéressera parfois plus généralement à des
fonctions de θ∗ de la forme g(θP ∗
) : par exemple, on cherchera parfois à estimer la moyenne de P,
donnée dans le cas discret par x xP({x}).
Exemple 5.1. Si on cherche à estimer le paramètre d’une loi exponentielle, on prendra d = 1,
Θ =]0, ∞[ et Pθ la loi exponentielle de paramètre θ ∈ Θ, et donc de moyenne 1/θ.
Si on cherche une variable gaussienne en dimension un, on pourra prendre d = 2, Θ = R × R+ et
Pm,σ avec (m, σ) ∈ Θ la loi de la variable aléatoire gaussienne de moyenne m et de variance σ. On
vérifie aisément que ces deux modèles sont identifiables.
La donnée de base de notre problème est une suite (Xn , n ∈ N∗ ) de variables aléatoires i.i.d. de loi
P, que l’on appellera échantillon : le but est, à partir de cette suite, de construire un estimateur du
paramètre θ∗ qui nous intéresse. Evidemment, on ne connait pas P mais par contre, on connaît les
lois Pθ et l’on sera amené à faire des calculs sous ces mesures de probabilités :
Dans l’exemple introductif, faire des calculs sous Pθ revient donc à faire des calculs en supposant
que le biais de la pièce vaut θ. Par la suite, l’opérateur d’espérance associé à Pθ sera noté Eθ .
Exemple 5.2. Considérons le modèle gaussien à variance connue {Pm : m ∈ R} avec Pm la loi
normale de moyenne m et de variance 1. On a alors par exemple E1 (X1 ) = 1, E2 (X1 ) = 2 et plus
généralement Em (X1 ) = m : cette dernière égalité est à interpréter de la manière suivante : si X1
suit une loi normale de paramètre (m, 1), alors sa moyenne vaut m.
Par la suite, on supposera par simplicité que les Xi sont à valeurs dans R (la généralisation au
cas vectoriel ne posant pas de problème technique majeur), et on notera les vecteurs en gras et
notamment Xn = (X1 , . . . , Xn ) et xn ∈ Rn une réalisation possible de Xn . Enfin, supposera que
pour tout θ ∈ Θ, le second moment de X1 sous Pθ est fini.
Définition 5.1. On appelle statistique toute fonction de (X1 , . . . , Xn ) à valeurs réelle ou vectorielle
indépendante de θ.
Exemple 5.3. Considérons le problème d’estimer la variance σ ∗ d’un échantillon tiré selon une loi
normale de moyenne µ∗ et de variance σ ∗ . Si l’on suppose la moyenne µ∗ connue, alors
n
1X 2
σ̂n2 = (Xk − µ∗ ) (5.1)
n
k=1
est bien une statistique, qui plus est naturelle puisqu’elle converge presque sûrement vers la variance
(σ ∗ )2 par la loi des grands nombres. En revanche, si la moyenne µ∗ est inconnue alors cette variable
aléatoire n’est plus une statistique puisqu’elle fait appel au paramètre inconnu µ∗ .
Définition 5.2. On appelle estimateur toute statistique à valeurs dans Θ.
Cette définition n’est évidemment pas très intéressante puisqu’extrêmement large : ce qui rendra un
estimateur intéressant sont les propriétés qu’il satisfait.
Définition 5.3. Un estimateur θ̂ est sans biais si Eθ (θ̂) = θ pour tout θ ∈ Θ, et une suite d’esti-
mateurs (θ̂n , n ∈ N∗ ) est asymptotiquement sans biais si Eθ (θ̂n ) → θ pour tout θ ∈ Θ.
Définition 5.4. Une suite d’estimateurs (θ̂n , n ∈ N∗ ) est dite convergente si pour tout θ ∈ Θ,
p.s.
θ̂n → θ sous Pθ . Dans ce cas, on dit aussi que θ̂n est fortement consistant.
91
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
Exemple 5.4. On considère l’exemple du modèle gaussien {Pσ : σ ∈ R+ } à moyenne µ∗ connue, i.e.,
Pσ est la loi normale de moyenne µ∗ et de variance σ 2 : ainsi, σ̂n2 défini par (5.1) est un estimateur
sans biais et convergent de σ 2 .
Puisqu’un estimateur n’est rien d’autre qu’une variable aléatoire, il existe autant de mode de conver-
gence pour les estimateurs que pour les variables aléatoires. Par exemple, une suite d’estimateurs
est :
L
Convergente en loi si θ̂n → θ sous Pθ pour tout θ ∈ Θ ;
P
Convergente en probabilité si θ̂n → θ sous Pθ pour tout θ ∈ Θ (θ̂n est dit consistant) ;
Convergente en moyenne quadratique si Eθ [(θ̂n − θ)2 ] → 0 pour tout θ ∈ Θ.
et on appellera p( · ; θ) la densité de Pθ (dans le cas absolument continu c’est cohérent avec ce qu’on
a fait au Chapitre 2, et dans le cas discret la théorie de la mesure permettrait de justifier cette
terminologie). Pour xn = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn on notera
n
Y
pn (xn ; θ) = p(xk ; θ)
k=1
qui correspond à la densité du vecteur (X1 , . . . , Xn ) sous Pθ , puisque que les Xk sous sont supposés
i.i.d. sous chaque Pθ .
Lorsque nous aurons des calculs à effectuer nous supposerons par commodité que les mesures de pro-
babilités impliquées sont absolument continues, mais des calculs similaires (en remplaçant intégrale
par somme et densité par loi) marchent dans le cas discret.
Remarque 5.1. Dans ce cours on se limite principalement au cas de la dimension 1 : néanmoins,
tous les résultats et preuves ci-dessous se généralisent aisément à toute dimension, essentiellement
en remplaçant la dérivée première ∂θ par le gradient ∇θ et la dérivée seconde ∂θ2 par la matrice
hessienne ∇2θ .
92
5.4. MODÈLE RÉGULIER, VECTEUR DU SCORE ET INFORMATION DE FISHER
Point de vue statistique : étant donné des observations X1 , . . . , Xn , quelle loi de probabilité
explique le mieux ces données ?
Ainsi, si en probabilités on part de P et on s’intéresse aux propriétés satisfaites par une suite i.i.d., en
statistique on effectue la démarche inverse : la suite X1 , . . . , Xn est donnée, ce sont les observations
dont on va se servir pour retrouver P. Ce changement radical de point de vue justifie d’utiliser une
terminologie différente comme dans le cas de la vraisemblance.
Définition 5.6. Lorsque l’hypothèse (H2) est satisfaite, le vecteur Vn (θ) = ∂θ ln pn (Xn ; θ) est
appelé vecteur du score de Xn .
93
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
Définition 5.7. Si Θ est un ouvert et que les quatre hypothèses (H1)–(H4) sont satisfaites, le
modèle P est dit régulier.
Lorsque le modèle est régulier, la variance du vecteur du score est bien définie : cette variance est
appelée information de Fisher. L’information de Fisher apparaît dans la borne de Fréchet–Darmois–
Cramer–Rao (Théorème 5.5 ci-dessous) et joue plus généralement un rôle important en théorie de
l’information.
Définition 5.8. Lorsque le modèle est régulier, la variance de V1 (θ) est appelée information de
Fisher et est notée I(θ) = Varθ (V1 (θ)).
Proposition 5.1. Si le modèle est régulier, alors l’information de Fisher est donnée par
où la deuxième égalité vient de ∂θ p = p/∂θ p, et la dernière égalité suit de (5.2). Cela montre
que V1 (θ) est centrée, et on montre maintenant la formule pour l’information de Fisher. Puisque
∂θ p = p∂θ ln p, (5.2) se réécrit Z
0= ∂θ ln p(x; θ)p(x; θ)dx
Le premier terme du membre de droite est égal à E(∂θ2 ln p(X1 ; θ)) et le second terme à E((∂θ ln p(X1 ; θ))2 ) =
E(V1 (θ)2 ) = Var(V1 (θ)) = I(θ), ce qui prouve bien le résultat.
94
5.5. ESTIMATEURS CLASSIQUES
Cette approche très naturelle est à la base de l’estimation par maximum de vraisemblance.
Définition 5.9. On suppose que pour x ∈ Rn fixé, la fonction θ ∈ Θ 7→ L(θ; x) admet un unique
maximum. Alors l’estimateur
θ̂n = arg max L(θ; Xn )
θ∈Θ
est appelé l’estimateur du maximum de vraisemblance de θ∗ .
Le résultat suivant est un résultat préliminaire qui sera complété avec le Théorème 5.6 lorsque nous
aurons vu la notion d’efficacité.
Théorème 5.2. Si le modèle est régulier, identifiable et que certaines hypothèses techniques sont
satisfaites, alors l’estimateur du maximum de vraisemblance est convergent en loi.
Par exemple, dans le cas à densité (p(x; θ) = fθ (x) densité de probabilité), les hypothèses tech-
niques suivantes garantissent la convergence de l’estimateur du maximum de vraisemblance (voir
par exemple le Théorème 5.7 et l’exercice 5.27 de [2] et noter que la fonction de θ ci-dessous est
uniquement maximisée en θ∗ ) :
1. Θ est compact ;
R
2. θ 7→ fθ∗ (x) ln fθ (x)dx est continue.
Ces hypothèses sont suffisantes mais pas forcément nécessaires, et on peut par exemple avoir la
convergence de l’estimateur du maximum de vraisemblance même si Θ n’est pas compact.
Pour calculer
Qn l’estimateur du maximum de vraisemblance en pratique, on utilisera le fait que
L(θ; x) = k=1 L(θ; xk ) par indépendance. A cause de cette forme produit, il sera aussi souvent plus
facile de maximiser le logarithme ln L de la vraisemblance – appelé log-vraisemblance – plutôt que
la vraisemblance elle-même : puisque la fonction ln est croissante ces deux problèmes d’optimisation
sont équivalents.
Exemple 5.5. Considérons le modèle paramétrique gaussien {Pm : m ∈ R} avec Pm la loi normale
de moyenne m et de variance σ 2 connue. Pour x ∈ Rn on a alors
n n
(xk − m)2
Y 1 1 X n
ln L(m; x) = ln exp − = − (xk − m)2 − ln(2πσ 2 )
σ(2π)1/2 2σ 2 2σ 2 2
k=1 k=1
et donc
n n
∂L 1 X 1X
(m; x) = 0 ⇐⇒ − 2 (m − xk ) = 0 ⇐⇒ m = xk .
∂m σ n
k=1 k=1
Ainsi, l’estimateur du maximum de vraisemblance est donné par
n
1X
θ̂n = Xk .
n
k=1
Exemple 5.6. Considérons le modèle paramétrique exponentiel {Pλ : λ ∈ R+ } avec Pλ la loi expo-
nentielle de paramètre λ. Pour x ∈ Rn+ on a alors
n
X n
X
ln λe−λxk = n ln λ − λ
ln L(λ; x) = xk
k=1 k=1
et donc
n
∂L n X n
(λ; x) = 0 ⇐⇒ − xk = 0 ⇐⇒ λ = Pn .
∂λ λ k=1 xk
k=1
Ainsi, l’estimateur du maximum de vraisemblance est donné par
n
θ̂n = Pn .
k=1 Xk
95
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
Remarque 5.2. Il est très important de ne pas confondre x ∈ Rn , un nombre déterministe qui
représente une réalisation potentielle de la variable aléatoire Xn , et la variable aléatoire Xn elle-
mê[Link], dans l’exemple ci-dessus on a fait les calculs avec x et l’on a trouvé comme
Pn maximiseur
n
(1/n) Pk=1 xk , mais l’estimateur du maximum de vraisemblance est bien (1/n) k=1 Xk et non
n
(1/n) k=1 xk .
Estimateur de la moyenne
Si l’on veut estimer la moyenne de P, un estimateur très naturel est donné par la moyenne empirique
n
1X
X̄n = Xk .
n
k=1
La linéarité de l’espérance nous assure que X̄n est sans biais, et la loi forte des grands nombres
garantit que X̄n est un estimateur convergent de la moyenne. En outre, la moyenne empirique est
parfois égale à l’estimateur du maximum de vraisemblance comme le montre l’exemple 5.5.
Par définition, la variance de X est donnée par Var(X) = E((X − m)2 ) avec m = E(X) : ainsi,
estimer la variance revient à estimer la moyenne de la variable aléatoire (X − m)2 et si la moyenne
m est connue, on peut donc appliquer la méthode ci-dessus.
n’est plus acceptable. L’idée est alors de remplacer la moyenne m par son estimation X̄n , ce qui
nous mène à l’estimateur suivant :
n
2 1 X 2
Sn−1 = Xk − X̄n .
n−1
k=1
n
!
2 1 X n
(Xk − X̄n )2
E Sn−1 =E = Var X1 − X̄n
n−1 n−1
k=1
96
5.6. ESTIMATEURS EFFICACES
(en utilisant par symétrie que les Xk − X̄n ont même loi 1 ) il suffit de montrer l’identité Var(X1 −
X̄n ) = (n − 1)Var(X1 )/n. Par définition de X̄n on a
n
! n
!
n−1 1X (n − 1)2 1 X
Var X1 − X̄n = Var X1 − Xk = Var(X1 ) + 2 Var Xk
n n n2 n
k=2 k=2
Pn
en utilisant pour la dernière égalité le fait que X1 et k=2 Xk sont indépendantes, et puisque
Var(X2 + · · · + Xn ) = (n − 1)Var(X1 ) puisque les variables X2 , . . . , Xn sont i.i.d. on obtient bien le
résultat.
2
Proposition 5.4. Sn−1 est un estimateur convergent de la variance.
Démonstration. On calcule !
n
2 n 1X 2
Sn−1 = Xk − X̄n2
n−1 n
k=1
et le résultat suit donc d’une double application de la loi forte des grands nombres, qui donne
2 p.s. 2 p.s.
1
Pn 2 2
n k=1 Xk → E(X1 ) et X̄n → E(X1 ) .
Cette distance contrôle la vitesse de convergence de θ̂n vers θ via l’inégalité de Bienaymé–Tchebychev
(Théorème 1.15) qui nous dit que
kθ̂n − θk2
2,θ
Pθ kθ̂n − θk2,θ ≥ ε ≤ .
ε2
1. Attention : ces variables ne sont pas indépendantes à cause de la corrélation induite par X̄n !
97
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
Dans le cas d’un estimateur sans biais, cette distance est égale à la variance θ̂n :
2
2
kθ̂n − θk2,θ = Eθ θ̂n − θ = Var(θ̂n )
et la vitesse de convergence dépend à la fois de la vitesse à laquelle Varθ (θ̂n ) → 0, mais aussi à
laquelle Eθ (θ̂n ) → θ.
On conclut finalement en notant que Vn (θ) est égale à la somme de n variables i.i.d. distribuées
comme V1 (θ), et donc Varθ (Vn (θ)) = nVarθ (V1 (θ)) = nI(θ).
98
5.6. ESTIMATEURS EFFICACES
Remarque 5.3. Dans le cas général d ≥ 1, il faut remplacer l’hypothèse I(θ) > 0 par l’hypothèse
I(θ) inversible.
Cette borne donne lieu à la définition d’efficacité.
Définition 5.10. Un estimateur sans biais θ̂n est efficace si Varθ (θ̂n ) = (nI(θ))−1 , et asympto-
tiquement efficace si nVarθ (θ̂n ) → I(θ)−1 .
Exemple 5.8. On continue l’exemple 5.7 du modèle paramétrique exponentiel – paramétré par la
moyenne – pour lequel p(x; θ) = θ−1 e−x/θ 1 {x ≥ 0}. Ainsi, ln p(x; θ) = − ln θ − x/θ ce qui donne
∂θ2 ln p(x; θ) = θ−2 − 2xθ−3 et donc
2Eθ (X1 ) 1 1
I(θ) = −Eθ ∂θ2 ln p(X1 ; θ) = − 2 = 2.
θ θ θ
Ainsi la borne de Fréchet–Darmois–Cramer–Rao vaut 1/(nI(θ)) = θ2 /n et puisque Varθ (θ̂n ) = θ2 /n
on en déduit que θ̂n est un estimateur efficace de θ.
99
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
Définition 5.11. Une statistique T est dite exhaustive si la loi de X1 sous Pθ ( · | T ) ne dépend
pas de θ.
L’intérêt d’une statistique exhaustive réside dans le résultat suivant qui montre que pour tout
estimateur θ̂, alors Eθ (θ̂ | T ) est un estimateur de variance plus faible. En fait, le fait que T
soit exhaustive est nécessaire pour que Eθ (θ̂ | T ) soit un estimateur : autrement, cette statistique
dépendrait de θ !
En particulier, on omettra θ de cette notation et on écrira simplement E(θ̂ | T ). On remarque aussi
immédiatement au vu du théorème de l’espérance totale que θ̂ et E(θ̂ | T ) ont le même biais, et
le résultat suivant – qui n’est en fait qu’un cas particulier de l’inégalité de Jensen – montre que la
variance est améliorée en considérant E(θ̂ | T ) à la place de θ̂.
Théorème 5.7 (Théorème de Rao–Blackwell). Si T est une statistique exhausive, alors pour tout
estimateur θ̂ on a h 2 i h 2 i
Eθ E(θ̂ | T ) − θ ≤ Eθ θ̂ − θ .
Démonstration. En considérant
θ̂ − θ, on
peut supposer sans perte de généralité que θ = 0 et il faut
2 2
donc montrer que Eθ θ̂ − (E(θ̂ | T )) ≥ 0. La Proposition 1.33 donne
E(θ̂E(θ | T )) = E(E(θ | T )2 )
et donc
2
2 2
Eθ θ̂ − (E(θ̂ | T )) = Eθ θ̂ − E(θ̂ | T )
Définition 5.12. Soit α ∈ [0, 1]. L’ensemble Λα ⊂ Θ est une région de confiance de niveau
1 − α si Pθ (Λα 3 θ) ≥ 1 − α pour tout θ ∈ Θ.
L’idée de base pour construire des intervalles de confiance, que l’on illustrera sur plusieurs exemples
ci-dessous, peut être résumée de la manière suivante :
100
5.7. RÉGIONS DE CONFIANCE
On illustre cette idée dans la section suivante dans le cas du modèle paramétrique gaussien : dans
ce cas, les statistiques utilisées sont les moyennes et variances empiriques, dont les lois sont données
par le Théorème 4.12.
101
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
On notera que la condition (5.3) est équivalente à F (a+ )+F (a− ) = 2−α du fait que F (−a) = 1−F (a)
par symétrie de la loi normale standard. Le résultat précédent nous donne une infinité d’intervalles
de confiance. On en distinguera trois particuliers :
L’intervalle de confiance bilatéral symétrique : il s’agit de l’intervalle de confiance mettant
autant de masse à droite qu’à gauche de X̄n , i.e., tel que
σa− σa+
1−α
Pθ X̄n − 1/2 < θ < X̄n = Pθ X̄n < θ < X̄n + 1/2 = .
n n 2
Cette contrainte donne alors a+ = a− (par symétrie de la loi normale) et donc (en utilisant la
condition F (a+ ) + F (a− ) = 2 − α, équivalente à (5.3) comme expliqué précédemment)
2−α
F (a+ ) = ⇐⇒ a+ = F −1 (1 − α/2)
2
ce qui donne, pour l’intervalle de confiance bilatéral symétrique,
σF −1 (1 − α/2) σF −1 (1 − α/2)
X̄n − , X̄n + ;
n1/2 n1/2
σF −1 (1 − α)
X̄n − , ∞ ;
n1/2
Définition 5.13. Soit F la fonction de répartition d’une loi de probabilité telle que F est continue
et strictement croissante. Pour β ∈ (0, 1), F −1 (β) est appelé quantile d’ordre β de F .
Ainsi, par définition, le quantile d’ordre β est l’unique nombre γ tel que F (γ) = β.
La loi de cette variable aléatoire dépend de σ, mais puisque (Xk −m)/σ suit une loi normale standard,
on voit que nσ̂n2 /σ 2 sous Pσ suit une loi du χ2 à n degrés de liberté et on obtient le résultat suivant.
102
5.7. RÉGIONS DE CONFIANCE
l’intervalle aléatoire
nσ̂n2 nσ̂n2
, −
a+ a
est un intervalle de confiance de niveau 1 − α.
Démonstration. Pour montrer le résultat il faut montrer que
2
nσ̂n nσ̂n2
2
Pσ , − 3 σ = 1 − α.
a+ a
Pour établir cette égalité, on écrit
2
nσ̂n nσ̂n2
2
nσ̂n2 nσ̂n2
2 nσ̂n 2 − +
Pσ , − 3 σ = Pσ < σ < − = Pσ a < 2 < a
a+ a a+ a σ
et puisque nσ̂n2 /σ 2 sous Pσ suit une loi du χ2 à n degrés de liberté, on a donc par définition de Gn
nσ̂ 2
Pσ a− < 2n < a+ = Gn (a+ ) − Gn (a− )
σ
ce qui donne le résultat.
Un choix classique pour a+ , a− satisfaisant (5.4) est donné par
a− = G−1 + −1
n (α/2) et a = Gn (1 − α/2),
2
et (n − 1)Sn−1 /σ 2 suit une loi du χ2 à n − 1 degrés de liberté d’après le Théorème 4.12. Ainsi, en
suivant exactement la même démarche que précédemment on obtient le résultat suivant. Comme
dans la Proposition 5.9, Gn désigne la fonction de répartition du χ2 à n degrés de liberté.
Proposition 5.10. Pour tout couple a+ > a− > 0 satisfaisant
l’intervalle aléatoire
2 2
(n − 1)Sn−1 (n − 1)Sn−1
+
, −
a a
est un intervalle de confiance de niveau 1 − α.
De même que précédemment, une condition symétrique revient à prendre a− = G−1
n−1 (α/2) et
a+ = G−1
n−1 (1 − α/2).
103
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
104
5.7. RÉGIONS DE CONFIANCE
L
Démonstration. Puisque n1/2 (θ̂n − θ) → X il s’ensuit que
L
n(θ̂n − θ)> Var(X)−1 (θ̂n − θ) → X > Var(X)−1 X.
Pθ (Λn,α 3 θ) −→ Gn G−1
n (1 − α) = 1 − α,
n→∞
105
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
On suppose que P ∈ {Pθ ; θ ∈ Θ} et qu’il existe un unique θ∗ ∈ Θ tel que P = Pθ∗ . Par ailleurs, ou bien
chaque Pθ est absolument continu de densité fθ , ou bien chaque Pθ est discret de loi pθ . Dans tous les cas
on notera p( · ; θ) la loi, discrète ou continue, de Pθ .
• V́raisemblance : L(θ; x) = pn (x; θ) : on met l’accent sur le fait que les observations x sont fixées mais le
paramètre θ varie.
Quelques estimateurs
n
1
P Varθ (X)
• Estimateur de la moyenne (moyenne empirique) : X̄n = n
Xk ; Eθ (X̄n ) = Eθ (X), Varθ (X̄n ) = n
.
k=1
Remarque : θ 7→ L(θ, ~
x) et θ 7→ ln L(θ, ~
x) ayant les mêmes variations, la deuxième expression se prête souvent
mieux à la dérivation.
Rappel de Conditionnement :
• Espérance totale : Si Y admet une espérance, E(Y |X) aussi et alors E(E(Y |X)) = E(Y ) .
• Vecteur gaussien : Si Z = (Z1 , Z2 ) est un vecteur gaussien tel que Z1 est absolument continu, alors
1 1
• Estimateur efficace si Varθ (θ̂n ) = nI(θ)
(asymptotiquement si lim nVarθ (θ̂n ) = I(θ)
).
n→+∞
106
5.8. FICHE DE SYNTHÈSE
Théorème 5.6 : Si le modèle est identifiable et régulier, alors l’estimateur du maximum de vraisemblance est
√ L
asymptotique normal, i.e., pour tout θ, sous Pθ , n(θ̂n − θ) → X de loi normale N (0, 1/I(θ)) .
• Pour α ∈ [0, 1], Λα est une région de confiance de niveau 1 − α si Pθ (θ ∈ Λα ) ≥ 1 − α pour tout θ.
√ √
Exemple : Pour N (θ, σ 2 ), X n − σF −1 (1 − α/2)/ n, X n + σF −1 (1 − α/2)/ n , où F est la fonction de
répartition de la loi normale N (0, 1), est l’intervalle de confiance bilatéral symétrique de niveau 1 − α.
107
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
5.9 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
1. Sous quelles conditions sur les coefficients ak l’estimateur θ̂n est-il un estimateur sans biais de la moyenne
E(X1 ) ?
Pn Pn
2. En admettant que (1/n, . . . , 1/n) minimise la somme a2 sous la contrainte
k=1 k
a = 1, montrez
k=1 k
que la moyenne empirique
Pn est un estimateur de la moyenne de variance minimale parmi les estimateurs sans
biais de la forme a X .
k=1 k k
Pn Pn
3. (Facultatif) Montrez que (1/n, . . . , 1/n) minimise la somme k=1
a2k sous la contrainte k=1
ak = 1.
108
5.9. EXERCICES
2. (θ̂(1) + θ̂(2) )/2 est-il un estimateur sans biais de p ? Dans la classe des estimateurs de la forme a1 θ̂(1) +a2 θ̂(2) ,
trouvez par le calcul celui sans biais et de variance minimale.
(i)
3. Retrouvez directement ce résultat à l’aide de l’exercice 1 en considérant Xk = 1 si la k-ième pièce du
i-ième échantillon est défectueuse et 0 sinon.
1. Calculez le biais et l’erreur quadratique moyenne de θ̂n . Cet estimateur est-il convergent, efficace ?
√
2. Quelle est la limite de n(θ̂n − θ) ? Comparez ce résultat au Théorème 5.6.
3. Pour m ∈ [0, 1] montrez que la fonction
m−p
p ∈ (0, 1) 7→ p
p(1 − p)
est décroissante. Déduisez-en que pour tout a− < a+ et m ∈ [0, 1], l’ensemble
( )
m−p
I(m, a− , a+ ) = p ∈ (0, 1) : a− ≤ p ≤ a+
p(1 − p)
√ √
est un intervalle, puis utilisez la question précédente pour montrer que I(θ̂n , a+ / n, a− / n) est un intervalle
de confiance de niveau asymptotique F (a+ ) − F (a− ).
4. Question bonus. Pour 0 ≤ r ≤ n entiers et α ∈ (0, 1), on considère p1 = p1 (r, n, α) et p2 = p2 (r, n, α) tels
que
n r
X n k n−k α X n k α
p1 (1 − p1 ) = et p2 (1 − p2 )n−k = .
k 2 k 2
k=r k=0
Montrez que [p1 (nθ̂n , n, α), p2 (nθ̂n , n, α)] est un intervalle de confiance de niveau 1 − α pour θ. Quel est son
inconvénient ?
1
fθ (x) = (1 − x)1/θ−1 1 {x ∈ [0, 1]}
θ
et (cf. Exercice 5.2) que l’estimateur du maximum de vraisemblance associé est donné par
n
X
θ̂n = −(1/n) log(1 − Xk ).
k=1
1. Montrez que − log(1 − Xi ) sous Pθ suit une loi exponentielle : quel est son paramètre ? Déduisez-en sa
moyenne et sa variance.
2. Calculez le biais et l’erreur quadratique moyenne de θ̂n . Cet estimateur est-il convergent, efficace ?
3. Soit Gn la fonction de répartition de la loi Gamma(n, n). Montrez que θ̂n /θ suit une loi Gamma(n, n) et
déduisez-en une famille d’intervalles de confiance au niveau 1 − α pour θ exprimée en fonction de Gn .
Indications. On rappelle que la loi Gamma(n, λ) est la loi de la somme de n variables exponentielles i.i.d. de
paramètre λ, et que si E est une variable exponentielle de paramètre λ alors µE est une variable exponentielle
de paramètre λ/µ.
109
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
√
4. Montrez que n(θ̂n /θ − 1) sous Pθ converge en loi : quelle est la limite ? Comparez au Théorème 5.6 et
déduisez-en un intervalle de confiance asymptotique.
3. Montrez que n(1− θ̂n /θ) sous Pθ converge en loi vers une loi exponentielle dont on identifiera le paramètre,
et utilisez ce résultat pour construire un intervalle de confiance au niveau asymptotique 1 − α.
Xi = Θ + Wi
2
où les Wi sont i.i.d. et suivent une loi normale centrée et de variance σw supposée connue.
et déduisez-en que
2 2
E E(Θ | Xn ) − Θ ≤ E g(Xn ) − Θ .
Ce résultat dépend-il de la loi des Wi ? Justifiez la terminologie estimateur des moindres carrés pour E(Θ |
Xn ).
Par la suite, on appelle erreur quadratique moyenne MSE(Θ̂) associée à un estimateur Θ̂ le carré de la
distance L2 entre Θ̂ et Θ : 2
MSE(Θ̂) = E Θ̂ − Θ .
Première partie. Dans la première partie du problème, on suppose que Θ = θ0 ∈ R est une variable déter-
ministe (i.e., une constante).
2. Que vaut E(Θ | Xn ) dans ce cas ? E(Θ | Xn ) est-il vraiment un estimateur ?
3. Montrez que l’estimateur du maximum de vraisemblance est égal à la moyenne empirique
n
1X
X̄n = Xk .
n
k=1
110
5.9. EXERCICES
6. Montrez que (Θ, Xn ) est un vecteur gaussien dont la matrice de variance-covariance est donnée par
···
Var(Θ) Var(Θ) Var(Θ) Var(Θ)
2
Var(Θ) Var(Θ) + σw Var(Θ) ··· Var(Θ)
2
Var(Θ) + σw ···
Var(Θ) Var(Θ) Var(Θ) .
Var((Θ, Xn )) =
.
.. .. .. .. ..
. . . .
2
Var(Θ) Var(Θ) Var(Θ) ··· Var(Θ) + σw
12. Comparez MSE(X̄n ), MSE(E(Θ | Xn )) et MSE(Θ̂n ) : sous quelles conditions sur µ et a a-t-on MSE(Θ̂n ) ≤
MSE(X̄n ) ?
Quatrième partie. On suppose maintenant que n varie dans le temps et que les observations X1 , X2 , . . . ,
sont acquises une par une séquentiellement.
13. Montrez que
Var(Θ) Var(Θ)
E(Θ | Xn+1 ) = 1− 2 E(Θ | Xn ) + 2
Xn+1 .
σw + (n + 1)Var(Θ) σw + (n + 1)Var(Θ)
Problème 5.9
On considère 5 groupes de femmes âgées respectivement de 35, 45, 55, 65 et 75 ans. Dans chaque groupe, on
a mesuré la tension artérielle en mm de mercure de chaque et on a calculé la valeur moyenne pour chaque
groupe. On définit donc les variables :
Afin de visualiser ces données, on fait une représentation cartésienne comme sur la Figure 5.9.1.
Sur le graphique, on constate que la tension artérielle augmente avec l’âge, mais surtout, que cette augmen-
tation semble linéaire puisque les points du graphique sont presque alignés. On considère donc le modèle
suivant pour expliquer cette relation de dépendance :
Ti = α∗ + β ∗ xi + εi
111
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
160
140
120
40 50 60 70
112
5.9. EXERCICES
où les εi représentent un bruit par rapport au modèle déterministe strictement linéaire. D’un point de vue
technique, on supposera que les εi sont décorrélées, centrées et de même variance σ 2 , i.e., pour tout i 6= j,
1. Est-on dans le cadre d’application du cours ? Par exemple, le Théorème 5.5 s’applique-t-il ?
On considère l’estimateur des moindres carrés θ̂n = (α̂n , β̂n ) donné par
( n )
X 2
θ̂n ∈ arg min (Ti − α − βxi ) : α, β ∈ R .
i=1
Pour x et t deux vecteurs de longueur n, on définit les moyenne, corrélation et variance empirique par
n n
1X 1 X
m(x) = xk , C(x, t) = (xk − m(x)) (tk − m(t)) et V (x) = C(x, x)
n n−1
k=1 k=1
On admet que le Théorème 5.5 se généralise de la manière suivante : pour tout estimateur θ̂, on a l’inégalité
matricielle Varθ (θ̂) ≥ [Eθ (Mn (θ))]−1 où Mn (θ), supposée inversible, est la matrice aléatoire définie par (on
revient au cas où σ est supposé connu)
∂ 2 log pn ∂ 2 log pn
2
Mn (θ) = −∇2θ log pn (Tn ; θ) = − 2 ∂α ∂α∂β (T ; θ).
∂ log pn ∂ 2 log pn n
∂α∂β ∂β 2
On dira qu’un estimateur est efficace si sa variance est égale à [Eθ (Mn (θ))]−1 .
7. Calculez Mn (θ) puis [Eθ (Mn (θ))]−1 : l’estimateur θ̂n est-il efficace ?
113
CHAPITRE 5. ESTIMATION PARAMÉTRIQUE
8. On suppose maintenant que σ est inconnu et on utilise les estimateurs α̂n , β̂n et σ̂n pour faire de la
prédiction. Etant donnée une valeur z 6∈ {x1 , . . . , xn }, on considère Ŷn (z) = α̂n + β̂n z la prédiction de la
tension artérielle pour un groupe d’âge z. On admettra que l’intervalle de confiance symétrique au niveau
1 − α pour Ŷn (z) est donné par
où r
n1/2 σ̂n 1 (z − m(xn ))2
σ̂n∗ = 1+ +
(n − 2)1/2 n (n − 1)V (xn )
et tn,α est le quantile d’ordre 1 − α/2 pour la loi de Student à n − 2 degrés de liberté. Quelles sont les valeurs
z le mieux prédites par ce modèle ? Interprétez ce résultat.
114
Chapitre 6
Tests d’hypothèses
Pour expliquer les concepts importants derrière les tests d’hypothèse, on commence par décortiquer
dans la Section 6.1 un exemple très simple que l’on formalise dans le reste du chapitre.
Ici, se tromper veut dire que, bien que la pièce a le biais annoncé, on rejette cette hypothèse
car la distance |X̄n − 0,54| est trop grande, supérieure à un seuil κ fixé. Ainsi, pour calculer la
probabilité de se tromper il faut faire les calculs sous P0,54 qui est la mesure de probabilité sous
115
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
laquelle le biais de la pièce vaut effectivement 0,54, qui correspond à supposer que le biais de la
pièce vaut 0,54. On trouve ainsi que la probabilité de se tromper vaut
P0,54 |X̄n − 0,54| ≥ κ .
Si l’on veut fixer le seuil κ afin de ne se tromper qu’avec 5% de chance, cela revient donc à résoudre
l’équation
P0,54 |X̄n − 0,54| ≥ κ = 5%. (6.1)
L’équation (6.1) n’est pas évidente à résoudre de manière exacte : par contre, une approximation est
donnée par le théorème central limite qui nous assure que n1/2 (X̄n − 0,54)/σ sous P0,54 et avec σ 2 =
0, 54 × 0,46 converge en distribution vers une loi normale standard. Ainsi, pour n raisonnablement
grand on a l’approximation
n1/2 κ
P0,54 |X̄n − 0,54| ≥ κ ≈ P |X| ≥
σ
où X suit une loi normale standard. Si F est la fonction de répartition de X, κ est donc (approxi-
mativement) déterminé par la relation
1/2
n κ
2 1−F = 5%
σ
soit
σ
κ= F −1 (0,975).
n1/2
Pour ce choix du seuil, on a donc conçu un test statistique qui, pour n = 50 lancers, peut être
résumé de la façon suivante :
Règle de décision #1 : On rejettera l’hypothèse que la pièce a un biais de 0,54 si
√
0,54 × 0,46 × F −1 (0,975)
|X̄50 − 0,54| > √ ≈ 0,138.
50
En outre, on a conçu le test de telle sorte que, si la pièce a effectivement un biais de 0,54, alors la
probabilité de se tromper (i.e., de décider que la pièce n’a pas un biais de 0,54) est approximativement
de 5%.
116
6.1. UNE HISTOIRE DE BIAIS
P = 1 X̄n < 0,54 P0,54 X̄n0 ≤ X̄n | X̄n + 1 X̄n > 0,54 P0,54 X̄n0 ≥ X̄n | X̄n
où l’on a défini
n1/2 (X̄n − 0,54) n1/2 (X̄n0 − 0,54)
Zn = et Zn0 = ,
σ σ
et donc sous l’approximation de normalité du théorème central limite, on obtient
Reprenons les tests ci-dessus : in fine, ce que l’on fait est choisir un évènement – ici, l’évènement
{|X̄n − 0,54| ≥ κ} – tel que, si l’hypothèse était vraie, alors la probabilité de cet évènement
serait faible – ici, fixée à 5%. Ainsi, si l’on observe cet évènement, cela veut dire que l’hypothèse
n’explique pas bien les données et il est naturel de la rejeter.
117
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
A l’inverse, si l’évènement a lieu, on ne peut que conclure que la probabilité de cet évènement sous
l’hypothèse n’est pas très faible : néanmoins, de nombreuses autres hypothèses pourraient avoir la
même propriété et il ne s’agit donc pas d’une preuve “positive” ! Le raisonnement est similaire à celui
qui consisterait à dire que ça n’est pas parce que personne n’a jamais observé de fantômes qu’ils
n’existent pas. A l’inverse, une observation de fantômes prouverait automatiquement leur existence.
Cette discussion montre l’importance de l’hypothèse testée : en effet, si les données ne permettent
pas de la rejeter, alors on sera amenés à l’accepter et il vaut donc mieux choisir une hypothèse en
laquelle on a déjà confiance puisqu’on n’a pas vraiment apporté de preuve de sa validité : on aura
seulement montré qu’elle n’était pas incompatible avec les observations. Une manière de pallier ce
problème est de contrôler la puissance du test, notion que nous introduisons maintenant toujours
sur l’exemple de la pièce de monnaie.
où le seuil κ a été fixé de manière à contrôler le risque de se tromper si l’hypothèse H0 était vraie :
P0,54 |X̄n − 0,54| ≥ κ = α
avec α ∈ [0, 1] le risque que l’on est prêts à prendre. De manière générale, α est appelé risque de
première espèce :
Comme expliqué ci-dessus, si l’on rejette H0 alors pas (ou peu) de doutes : H0 n’expliquait pas
bien les observations et il était raisonnable de la rejeter (le risque de première espèce étant là pour
quantifier le “peu de doutes”). Par contre, si l’on vient à accepter H0 , on ne peut être sûrs qu’H0 est
la vraie explication des observations et pour accroître la confiance que l’on a dans H0 , on considèrera
le risque de deuxième espèce β :
Un risque de deuxième espèce faible est réconfortant : ainsi, bien qu’on ne puisse pas savoir avec
certitude si H0 est la vraie hypothèse qui explique les données – on a juste prouvé que H0 était
compatible avec les données – au moins on sait que H1 n’est pas compatible avec les données.
A l’inverse, un risque de deuxième espèce élevé est embêtant : il signifie que H1 aussi est compatible
avec les données et cela ne permet donc pas de trancher entre H0 et H1 .
De manière générale et dans la mesure du possible, on cherchera donc des tests avec des risques de
première et deuxième espèce faibles. De manière équivalente, on cherchera à maximiser la puissance
118
6.1. UNE HISTOIRE DE BIAIS
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
Figure 6.1.1 – Risque de deuxième espèce θ ∈ [0, 1] \ {0,54} 7→ β(θ) dans le cas discuté en Sec-
tion 6.1.5.
β : θ ∈ Θ1 7→ Pθ (Accepter H0 )
et la puissance du test est aussi une fonction, définie par η(θ) = 1−β(θ) pour θ ∈ Θ1 . Dans l’exemple
de la pièce de monnaie où Θ0 = {0,54} et Θ1 = Θ \ Θ0 = [0, 1] \ {0,54}, on peut calculer la fonction
puissance, et la courbe obtenue est donnée en Figure 6.1.1. Pour effectuer le calcul, on note que, par
définition
σ σ
β(θ) = Pθ 0,54 − 1/2 F −1 (1 − α/2) ≤ X̄n ≤ 0,54 + 1/2 F −1 (1 − α/2) .
n n
On utilise ensuite le fait que n1/2 (X̄n − θ)/σ(θ) sous Pθ et avec σ(θ) = (θ(1 − θ))1/2 suit approxi-
mativement une loi normale pour obtenir
1/2 1/2
n σ n σ
β(θ) ≈ F (0,54 − θ) + F −1 (1 − α/2) − F (0,54 − θ) − F −1 (1 − α/2) .
σ(θ) σ(θ) σ(θ) σ(θ)
On voit donc que la puissance est d’autant mauvaise que θ est proche de 0,54, ce qui est tout à fait
normal : il est par exemple très difficile de distinguer les hypothèses θ∗ = 0,54 et θ∗ = 0,55 !
119
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
120
6.2. RÉSULTATS GÉNÉRAUX
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
Figure 6.1.2 – Evolution des risques de première et deuxième espèce en fonction du seuil κ pour
l’exemple de la Section 6.1.7 pour θ0 = 0,54, θ1 = 0,7 et n = 100.
H0 (hypothèse nulle) : θ∗ ∈ Θ0 ;
H1 (hypothèse alternative) : θ∗ ∈ Θ1 .
Une hypothèse est dite simple si elle est réduite à un singleton, et composite ou multiple sinon.
On observe un échantillon (X1 , . . . , Xn ) de taille n que l’on souhaite utiliser pour décider de rejeter
H0 ou non 1 . On considérera des tests d’hypothèse de la forme suivante :
Rejeter H0 ⇐⇒ Tn = T (X1 , . . . , Xn ) ∈ Λ
pour une certaine statistique à valeur réelle T appelée statistique de test et un certain ensemble
Λ ⊂ R, la plupart du temps un intervalle ou une union d’intervalles. La région
W = T −1 (Λ) = {x ∈ Rn : T (x) ∈ Λ}
est appelée région critique ou région de rejet du test : en effet, le test précédent se réécrit sous
la forme équivalente
Rejeter H0 ⇐⇒ (X1 , . . . , Xn ) ∈ W.
De manière générale, les risques de première et de deuxième espèce ainsi que la puissance d’un test
sont des fonctions à valeurs dans [0, 1], définies de la manière suivante.
Définition 6.1. Le risque de première espèce α, le risque de deuxième espèce β et la
puissance du test η sont les fonctions données par
α : θ ∈ Θ0 7→ Pθ (Rejeter H0 ) (risque de première espèce),
β : θ ∈ Θ1 7→ Pθ (Accepter H0 ) (risque de deuxième espèce),
η : θ ∈ Θ1 7→ 1 − β(θ) (puissance).
On remarquera que les fonctions α et β et η différent notamment (et principalement) par leur
domaine de définition. Ainsi, α et β représentent des probabilités d’erreur mais sous des hypothèses
1. Comme expliqué précédemment, on ne peut en général pas se servir d’un test pour accepter une hypothèse : ne
pas rejeter une hypothèse veut dire qu’il n’existe pas suffisamment de preuves statistiques pour la rejeter, ce qui ne
veut pas dire que l’hypothèse est vraie ! Il est plus correct de dire que l’hypothèse est compatible avec les données.
121
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
différentes : α est le risque de se tromper si H0 est vraie (et donc θ ∈ Θ0 ) et β le risque de se tromper
si H1 est vraie (et donc θ ∈ Θ1 ).
Comme expliqué précédemment, on veut concevoir un test qui, en priorité, contrôle le risque de
première espèce : en pratique, on choisira Λ tel que
sup α(θ) = sup Pθ (Tn ∈ Λ) = α
θ∈Θ0 θ∈Θ0
pour un niveau de risque α fixé. Ensuite, si l’on a le choix entre plusieurs tests ayant le même risque
de première espèce, alors on privilégiera celui de puissance maximale, où la puissance du test est
définie par
η = sup η(θ).
θ∈Θ1
On obtient de manière symétrique Pθ1 (Xn ∈ W \ W 0 ) > kα Pθ0 (Xn ∈ W \ W 0 ) et puisque Pθ0 (Xn ∈
W \ W 0 ) = Pθ0 (Xn ∈ W 0 \ W ) cela implique le résultat voulu.
122
6.2. RÉSULTATS GÉNÉRAUX
Pθ (Rejeter H0 ) = Pθ (θ 6∈ Λ)
qui par définition de l’intervalle de confiance vaut 1 − (1 − α) = α. On peut ainsi revisiter les quatre
Propositions 5.8, 5.9, 5.10 et 5.11 qui donnent autant de tests statistiques pour tester la moyenne
à variance connue, la variance à moyenne connue, la variance à moyenne inconnue et la moyenne à
variance inconnue, respectivement. Dans les quatre sections qui suivent, on se place donc dans les
mêmes conditions que dans la Section 5.7.2, i.e., on considère le modèle gaussien.
σa− σa+
Rejeter H0 ⇐⇒ θ0 6∈ X̄n − 1/2 , X̄n + 1/2
n n
est un test au niveau α. On a donc le choix sur les paramètres a+ , a− qui sera guidé par la forme
de l’hypothèse alternative H1 . On considère trois cas :
Premier cas : H1 : θ∗ 6= θ0 . On considère alors l’intervalle bilatéral symétrique donné par a+ =
a− = F −1 (1 − α/2).
Deuxième cas : H1 : θ∗ > θ1 avec θ1 > θ0 . On considère alors un test de la forme
123
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
124
6.3. FICHE DE SYNTHÈSE
px
p/2 px
q/2
px+q
1− px+q
• Loi de Fisher-Snedecor de paramètre (p, q) : de densité x 7→ xB(p/2,q/2)
1 {x > 0}
Zp /p
Propriété : C’est la loi de Zq /q
où Zp et Zq sont indépendantes et suivent des lois du χ2 à p et q d.d.l.
respectivement.
Théorème 4.12 : Si X1 , · · · , Xn sont des variables aléatoires indépendantes de loi normale N (m; σ 2 ), alors
125
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
sont indépendantes.
Par ailleurs :
• X n suit la loi normale N (m, σ 2 /n) ;
2
• (n − 1)Sn−1 /σ 2 suit la loi du χ2 à n − 1 d.d.l. ;
√
n(X n −m)
• Sn−1
suit la loi de Student à n − 1 d.d.l.
126
6.4. EXERCICES
6.4 Exercices
Les exercices précédés d’une flèche ,→ sont des exercices d’application directe du cours.
2. Même question que précédemment mais Pθ est la loi gaussienne de moyenne µ ∈ R connue et de variance
θ.
3. Même question que précédemment mais maintenant la moyenne µ est inconnue.
Indication : Utilisez le Théorème 4.12.
1. On considère le modèle gaussien à variance σ 2 = 4 connue et l’on souhaite tester l’hypothèse nulle
H0 : θ = 1 contre l’hypothèse alternative H1 : θ = 2. Quelle est la taille d’échantillon minimale qui
garantisse un risque de première espèce α = 3% et une puissance η = 80% ?
2. On considère le même modèle qu’à la question précédente. Parmi les hypothèses alternatives suivantes,
pour lesquelles peut-on tester l’hypothèse nulle H0 : θ = 2 avec un risque de α = 3% et une puissance
η = 85% ? Commentez les résultats obtenus.
Cas a. H1 : θ = 3
Cas b. H1 : θ = 1,999
Cas c. H1 : θ < 2
pour tester deux hypothèses simples H0 : θ∗ = θ0 contre H1 : θ∗ = θ1 . Dans quel sens les risques de première
et de deuxième espèce varient-ils lorsque κ varie ? Quel est le problème de fixer un risque de première espèce
très faible ?
Exercice 6.4
On considère un échantillon X1 , . . . , Xn de variables aléatoires i.i.d. tirées sur la loi uniforme sur [0, θ]. On
souhaite tester l’hypothèse nulle H0 : θ = 1 contre l’hypothèse alternative H1 : θ = 1 + ε. On considère les
statistiques Mn = maxk=1,...,n Xk et X̄n = n1 (X1 + · · · + Xn ) que l’on souhaite utiliser comme statistique
de test.
127
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
4. Montrez que, sous l’approximation normale précédente et en utilisant donc les valeurs de κX et κM de la
question précédente, les puissances η X et η M associées à ces tests sont données par
√
ε 3n 1−α
ηX ≈ 1 − F − + (1 + ε)−1 F −1 (1 − α) et η M = 1 −
1+ε (1 + ε)n
3ε2 n
− log(1 − η X ) ≈ et − log(1 − η M ) ≈ nε.
2
Quel test utiliseriez-vous lorsque ε est petit ?
6. Peut-on utiliser le test de Neyman–Pearson ? Pourquoi ?
,→ Exercice 6.5
On distingue deux types de plantes à graines : les plantes qui disséminent leurs graines très localement avec
une grande probabilité et loin avec une faible probabilité (type 0) et les plantes qui disséminent leurs graines
localement (type 1). La loi de la position relative (X, Y ) d’une graine par rapport à la plante est :
• pour le type 0, la loi gaussienne centrée réduite de densité
1 1
p0 (x, y) = exp − (x2 + y 2 ) ;
2π 2
La graine d’une plante est observée à la position relative (x, y) par rapport à la plante. On souhaite savoir
s’il s’agit d’une plante de type 0. Dans les deux premières questions on supposera que H0 est l’hypothèse
“la plante est de type 0” et H1 l’hypothèse “la plante est de type 1”.
1. Décrivez le test de Neyman–Pearson au niveau de risque de première espèce α ainsi que sa région critique.
2. Soit G2 la fonction de répartition de la loi du χ2 à 2 degrés de liberté : montrez que le risque de première
espèce du test
Rejeter H0 ⇐⇒ |X|, |Y | ≤ d, X 2 + Y 2 > G−1 2 (1 − α)
128
6.4. EXERCICES
On considère deux échantillons X1 , . . . , XnX et Y1 , . . . , YnY : toutes les variables aléatoires sont indépen-
dantes, et on suppose en outre que les Xi suivent une loi normale de paramètre (mX , σX ) et que les Yi
suivent une loi normale de paramètre (mY , σY ).
On définit
nX nX
1 X 2 1 X 2
X̄ = Xk et SX = Xk − X̄
nX nX − 1
k=1 k=1
ainsi que
nY nY
1 X 1 X 2
Ȳ = Yk et SY2 = Yk − Ȳ .
nY nY − 1
k=1 k=1
2 2
1. Quelle est la loi de (SX /σX )/(SY2 /σY2 ) ? Quelle est la loi de SX
2
/SY2 sous H0 ? (Reportez-vous au paragraphe
“Lois de probabilités utilisées dans les tests” de la fiche de synthèse de ce chapitre)
2. Déduisez de la question précédente un test pour les deux cas suivants : H0 : σX = σY et H1 : σX > σY .
3. Même question mais pour tester H0 : σX = σY contre H1 : σX 6= σY , puis commentez la différence entre
les deux tests.
On suppose que le test précédent a mené à la conclusion d’égalité des variances σX = σY = σ et l’on
considérera donc dorénavant cette hypothèse comme étant satisfaite. On définit n = nX + nY et
nX nY
!
2 1 X 2 X 2
S = Xk − X̄ + Yk − Ȳ .
n−2
k=1 k=1
X̄ − Ȳ − (mX − mY )
q .
1 1
S nX
+ nY
6. Déduisez un test de Student pour tester l’égalité des moyennes, i.e., pour tester l’hypothèse H0 : mX = mY
contre H1 : mX 6= mY .
,→ Problème 6.7
Dans les conditions usuelles d’emploi, la durée de vie des pièces produites par une machine est modélisée
par une loi gaussienne N (µ0 , σ 2 ), avec µ0 = 120 heures et σ = 19,4 heures. Le représentant d’un fournisseur
propose un nouveau modèle de machine, en promettant un gain sur la durée de vie des pièces produites de
5% en moyenne, pour un écart-type identique σ.
On décide de tester le nouveau modèle de machine sur un échantillon de n = 64 pièces produites. On note
(Xi , i ∈ {1, ..., n}) les durées de vie des n pièces produites par le nouveau modèle de machine.
1. Quelle est la loi de (Xi , i ∈ {1, ..., n}) ?
2. Soit µ la durée de vie moyenne des pièces produites par le nouveau modèle de machine. Donner un
estimateur sans biais de µ. Identifier la loi de cet estimateur.
3. On ne souhaite pas changer de modèle si le nouveau n’est pas plus performant que l’ancien. Plus précisé-
ment, on souhaite que la probabilité d’adopter à tort le nouveau modèle ne dépasse pas le seuil de α = 0,05.
Quelle est alors la procédure de décision construite à partir de l’estimateur de µ ? Les 64 pièces testées ont
eu une durée de vie moyenne égale à 123,5 heures. Conclusion.
4. Evaluez le risque que cette procédure vous fasse rejeter le nouveau modèle si l’annonce du représentant
est exacte.
Le représentant conteste cette procédure, prétextant qu’il vaut mieux partir de l’hypothèse H00 , selon laquelle
le gain de performance moyen est réellement de 5%, tout en conservant le même seuil α pour ce test.
129
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
5. Quelle est alors la procédure de décision ? Quel est le risque de l’acheteur ? Quel est le résultat de cette
procédure au vu des observations faites. Conclusion.
6. Quelle procédure peut-on proposer pour égaliser les risques de l’acheteur et du vendeur ? Quel est alors
ce risque ?
Étant donné un échantillon X1 , . . . , Xn de variables aléatoires indépendantes et de même loi qu’une variable
aléatoire réelle X absolument continue, nous commençons par considérer le test des signes bilatéral de
1. Expliquez pourquoi ce test est paramétrique et justifiez dans ce contexte l’introduction de la variable Sn+
définie par
n
X
Sn+ = 1 {Xk > 0} .
k=1
2. Donnez la loi de Sn+ sous l’hypothèse nulle H0 et, en particulier, montrez qu’elle ne dépend pas de la loi
inconnue de X.
3. Soit α ∈]0, 1[, expliquez comment définir kα < n/2 dans la règle suivante pour obtenir un test de H0
contre H1 de risque de première espèce inférieur à α,
Nous introduisons maintenant le test des rangs de Wilcoxon afin de tester la symétrie de la loi de X par
rapport à l’origine,
H00 : X et − X ont la même loi contre H10 : X et − X n’ont pas la même loi.
4. Montrez que si H00 est vraie, alors P(X > 0) = 1/2. En quoi le test de H00 contre H10 est-il différent du
précédent ? Expliquez pourquoi il s’agit d’un test non paramétrique.
L’idée de Wilcoxon pour tester H00 contre H10 consiste à étudier si les réalisations positives dans l’échantillon
sont distribuées de façon symétrique par rapport aux réalisations négatives. Ainsi, pour tout k ∈ {1, . . . , n},
nous introduisons la variable aléatoire Rk à valeurs dans {1, . . . , n} qui correspond au rang de |Xk | lorsque
les valeurs absolues des réalisations sont classées par ordre croissant.
5. Expliquez pourquoi la séquence des rangs (R1 , . . . , Rn ) est une permutation aléatoire uniforme de {1, . . . , n}
qui ne dépend pas de la loi inconnue de X.
6. Soit k ∈ {1, . . . , n}, déduisez de la question précédente que Rk est une variable aléatoire uniforme sur
{1, . . . , n} indépendante du signe de Xk sous l’hypothèse H00 .
7. Le test des rangs de Wilcoxon se construit à partir de la variable aléatoire
n
X
Wn+ = Rk 1 {Xk > 0} .
k=1
130
6.4. EXERCICES
Montrez que Wn+ est à valeurs dans {0, . . . , n(n + 1)/2} et que sa loi ne dépend pas de celle de X sous H00 .
La loi de Wn+ sous H00 s’appelle la loi de Wilcoxon, notée Wn , et il s’agit d’une loi bien connue. En particulier,
tout bon logiciel de statistique met à disposition des outils pour calculer ses quantiles.
n(n+1)
8. Si W suit la loi de Wilcoxon Wn , montrez que 2
− W suit également la loi Wn .
9. Soit α ∈]0, 1[, si W suit la loi Wn , nous introduisons le plus grand entier wα tel que P(W ≤ wα ) ≤ α/2.
Justifiez que la règle suivante fournit un test de H00 contre H10 de risque de première espèce inférieur à α,
n(n + 1)
Accepter H00 ⇐⇒ wα < Wn+ < − wα .
2
L’approche proposée par Wilcoxon se généralise à des données appariées (X1 , Y1 ), . . . , (Xn , Yn ) issues de n
observations indépendantes de vecteurs aléatoires de même loi qu’un vecteur aléatoire (X, Y ) absolument
continu dans R2 où X et Y sont également indépendantes. Le test de Wilcoxon permet de tester
H000 : X et Y ont la même loi contre H100 : X et Y n’ont pas la même loi.
Nous introduisons la loi multinomiale M(1, p) d’un vecteur aléatoire X = (X (1) , . . . , X (d) )> à valeurs dans
{0, 1}d tel que
d
X
∀j ∈ {1, . . . , d}, P(X (j) = 1) = 1 − P(X (j) = 0) = pj et X (j) = 1.
j=1
Autrement dit, pour j ∈ {1, . . . , d} fixé, le vecteur X ne contient que des 0 sauf la j ème composante qui vaut
1 avec probabilité pj > 0.
Dans la suite de l’exercice, nous considérons n vecteurs aléatoires X1 , . . . , Xn indépendants et de même loi
que X et nous notons
2
(j)
d
X Nn − npj n
X (j)
Dn = où Nn(j) = Xi , ∀j ∈ {1, . . . , d}.
npj
j=1 i=1
(j)
1. Soit j ∈ {1, . . . , d}, que représente la variable Nn ? Donnez sa loi de probabilité. Est-ce que les variables
(1) (d)
Nn , . . . , Nn sont indépendantes ?
(1) (d)
2. Montrez que (Nn − np1 ) + · · · + (Nn − npd ) = 0 et déduisez-en que
2
(j) !2
d−1 Nn − npj d−1
X 1 X
Dn = + (Nn(j) − npj ) .
npj npd
j=1 j=1
131
CHAPITRE 6. TESTS D’HYPOTHÈSES
(1) (d−1)
3. Pour tout i ∈ {1, . . . , n}, nous définissons Xi∗ = (Xi , . . . , Xi )> la restriction de Xi aux d − 1
premières composantes. Montrez que la matrice de covariance Σ = (Σjk )16j,k6d−1 de X1∗ est donnée par
∗ ∗
pj (1 − pj ) si j = k,
∀j, k ∈ {1, . . . , d − 1}, Σ∗jk =
−pj pk 6 k.
si j =
(1) (d−1) >
Dans la suite, nous considérons également les restrictions aux d−1 premières composantes Nn∗ = (Nn , . . . , Nn )
et p∗ = (p1 , . . . , pd−1 )> . Nous admettrons dans un premier temps que Σ∗ est inversible et que nous avons
l’écriture matricielle
1
Dn = (Nn∗ − np∗ )> (Σ∗ )−1 (Nn∗ − np∗ ).
n
Nn∗ − np∗
4. Justifiez que Dn = Zn> Zn avec Zn = (Σ∗ )−1/2 √ .
n
5. Prouvez que Zn converge en loi vers un vecteur gaussien standard Z.
6. Déduisez des questions précédentes que Dn converge en loi vers une variable de loi χ2 (d − 1).
(1) (d)
En pratique, la variable Dn permet de quantifier l’écart entre les effectifs observés Nn , . . . , Nn et les
effectifs théoriques np1 , . . . , npd sous la loi M(1, p). En référence au résultat de la question précédente, Dn
s’appelle la distance du χ2 . Ce n’est pas une distance au sens mathématique du terme mais elle permet de
formuler un test statistique, appelé test du χ2 d’ajustement pour valider la valeur du paramètre p lorsque
Dn n’est pas « trop grande ».
7. Soient α ∈]0, 1[ et q = (q1 , . . . , qd )> ∈]0, 1[d tel que q1 + · · · + qd = 1, nous considérons les hypothèses
et la règle de décision
2
(j)
d
X Nn − nqj
Rejeter (H0 ) ⇐⇒ > sα
nqj
j=1
où sα est le quantile d’ordre 1 − α de la loi χ2 (d − 1) (voir Définition 5.13). Montrez que ce test de (H0 )
contre (H1 ) a un risque de première espèce asymptotique α.
8. (Application numérique) Un groupe de 162 étudiant a été sondé pour évaluer le nombre d’heures passées
à cuisiner par mois. Voici les résultats de ce sondage :
Nombre d’heures Entre 0 et 5 Entre 5 et 10 Entre 10 et 15 Plus de 15
Nombre d’étudiants 63 49 19 31
Des études précédentes avaient permis d’évaluer la distribution de ce nombre d’heures au sein d’une grande
population étudiante,
Nombre d’heures Entre 0 et 5 Entre 5 et 10 Entre 10 et 15 Plus de 15
Proportion 40% 35% 15% 10%
Le quantile d’ordre 95% de la loi χ2 (3) vaut 7.81. Appliquer le test du χ2 d’adjustement à ces données avec
un risque de première espèce de 5% pour valider ou rejeter que la répartition observée pour le sondage est
en adéquation avec la distribution théorique proposée.
9. Pour finir, nous revenons sur l’écriture matricielle de Dn . Montrez que
1
Dn = (Nn∗ − np∗ )> M (Nn∗ − np∗ )
n
où la matrice M = (Mjk )16j,k6d−1 est donnée par
1/pj + 1/pd si j = k,
∀j, k ∈ {1, . . . , d − 1}, Mjk =
1/pd sinon.
132
Annexe A
et donc
X X X
E(Y | X = x)1 {X = x} = h(X)1 {X = x} = h(X) 1 {X = x} = h(X).
x∈X(Ω) x∈X(Ω) x∈X(Ω)
133
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
Pour X = ξA cela donne E(Y | ξA ) = 1 {ξA = 1} E(Y | ξA = 1) + 1 {ξA = 0} E(Y | ξA = 0) ce qui donne
bien le résultat puisque {ξA = 1} = A, {ξA = 0} = Ac et 1 {ξA = 1} = ξA .
5. La Proposition 1.11 donne
N
! !
X X X
E Xi | N =E 1 {k ≤ N } Xi | N = E(1 {k ≤ N } Xi | N ).
k=1 k≥1 k≥1
E(1 {k ≤ N } Xi | N ) = 1 {k ≤ N } E(Xi | N )
et donc !
N N
X X X
E Xi | N = 1 {k ≤ N } E(Xi | N ) = E(Xi | N ).
k=1 k≥1 k=1
1. Pour k, s ∈ N∗ avec k ≤ s − 1 on a
et donc X sachant X + Y est uniformément réparti sur {1, . . . , X + Y − 1}. Puisque la moyenne de la loi
uniforme sur {1, . . . , n} vaut (n + 1)/2 (cf. Tableau B.1) on en déduit que
X +Y
E(X | X + Y ) = .
2
134
A.1. EXERCICES DU CHAPITRE 1
φX+Y (z) = φX (z)φY (z) = exp (−a(1 − z)) exp (−b(1 − z)) = exp (−(a + b)(1 − z)) , z ∈ [−1, 1]
en utilisant la Proposition 1.26 pour la première égalité (la fonction génératrice de la somme de variables
indépendantes est égale au produit des fonctions génératices) puis l’expression de la fonction génératrice de
la loi de Poisson pour la seconde égalité (cf. Tableau B.1). On reconnaît bien la fonction génératrice d’une
loi de Poisson de paramètre a + b, ce qui donne le résultat. Pour x, s ∈ N avec x ≤ s cela donne
x s−x
e−a ax! e−b (s−x)!
b x s−x
P(X = x)P(Y = s − x) s a b
P (X = x | X + Y = s) = = (a+b)s = .
P(X + Y = s) e−(a+b) s! x a+b a+b
La loi conditionnelle de X sachant X + Y est donc une loi binomiale de paramètre (X + Y, a/(a + b)) d’où
on déduit
a
E(X | X + Y ) = (X + Y )
a+b
puisque la moyenne de la loi binomiale de paramètre (n, p) est np, cf. Tableau B.1.
4. Pour α ∈ {1, . . . , n} on a
1
P(max(X, Y ) = min(X, Y ) = α) = P(X = Y = α) =
n2
et pour β > α dans {1, . . . , n},
2
P(max(X, Y ) = β, min(X, Y ) = α) = P(X = α, Y = β) + P(X = β, Y = α) =
n2
ce qui donne
X 2n − 2α + 1
P(min(X, Y ) = α) = P(max(X, Y ) = β, min(X, Y ) = α) =
n2
β≥α
et donc
0 si β < α,
1
P(max(X, Y ) = β | min(X, Y ) = α) = si β = α,
2n − 2α +1
2
si β > α.
2n − 2α + 1
et donc
1 {min(X, Y ) = β} + 21 {min(X, Y ) < β}
P(max(X, Y ) = β | min(X, Y )) = .
2n − 2 min(X, Y ) + 1
1. Soit Z = E(Y | X). Pour la première formule, on commence par développer le carré
Var(Y | X) = E Y 2 − 2Y Z + Z 2 | X
Var(Y | X) = E Y 2 | X − 2E (Y Z | X) + E Z 2 | X .
Puisque Z = E(Y | X) est par définition une fonction de X, on obtient (Proposition 1.31)
E (Y Z | X) = ZE (Y | X) = Z 2
135
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
avec
A = E (Y − Z))2 , B = E (Z − E(Y ))2
et C = E ((Y − Z) (Z − E(Y ))) .
Le théorème de l’espérance totale (Théorème 1.32) donne
ainsi que
B = E((Z − E(Y ))2 ) = E((Z − E(Z))2 ) = Var(Z) = Var(E(Y | X))
et enfin
C = E [E ((Y − Z)(Z − E(Y )) | X)] .
Puisque Z − E(Y ) est une fonction de X, on a comme précédemment
et puisque
E (Y − Z | X) = E(Y | X) − E(Z | X) = Z − Z = 0
on obtient C = 0, ce qui prouve le résultat.
2. Soit N le nombre de clients dans une semaine et Di la dépense du ième client, si bien que le chiffre
d’affaires R est donné par
N
X
R= Di .
k=1
En outre, on vient de calculer E(R | N ) = N E(D) si bien que Var(E(R | N )) = Var(N )(E(D))2 et
" N
!2 #
2
X
Var(R | N ) = E (R − N E(D)) | N = E (Di − E(D)) |N = N Var(D)
k=1
et donc
Var(R) = Var(N )(E(D))2 + E(N )Var(D) = 400 × 104 + 400 × 104 = 8 × 106 .
Exercice 1.4
1. Par définition, X
φX (z) = E(z X ) = z k P(X = k)
k≥0
et donc
X X
φ0X (x) = kz k−1 P(X = k) = E Xz X−1 et φ00X (x) = k(k − 1)z k−2 P(X = k) = E X(X − 1)z X−2
k≥0 k≥0
ce qui donne
φ0X (1) = E (X) et φ00X (x) = E (X(X − 1)) .
136
A.1. EXERCICES DU CHAPITRE 1
Exercice 1.5
t
PX
1. Si Gk est le nombre de personnes impliquées dans le k-ième accident, alors Zt = k=1 Gk et par hypothèse,
les Gk sont i.i.d. et indépendantes de Xt . Ainsi, la question 6 de l’exercice 1 donne
Xt
!
Zt
Y G1
Xt
= E z G1 = φG1 (z)Xt
E z | Xt = E z | Xt
k=1
Puisque
2 4
φ0G1 (z) = et φ00G1 (z) = ,
(2 − z)2 (2 − z)3
on obtient finalement E(Zt ) = φ0Zt (1) = 2at et
Var(Zt ) = φ00Zt (1) + φ0Zt (1)(1 − φ0Zt (1)) = 4at + 4a2 t2 + 2at(1 − 2at) = 6at.
3. On a
E(Zt ) = E(Xt )E(G) = 2at
et
Var(Zt ) = E(Xt Var(G)) + Var(Xt E(G)) = 2at + 4at = 6at.
Problème 1.6
1. Conditionnellement à X = k, Y suit une loi binomiale de paramètre (20 − k, 1/4) puisque pour chacune
des 20 − k questions que le candidat n’a pas apprise, la probabilité d’obtenir un point vaut 1/4. On a donc
X 3(20 − X)
E(Y | X) = 5 − et Var(Y | X) = .
4 16
2. On a
3E(X)
E(N ) = E(X + Y ) = E(X) + E(E(Y | X)) = 5 +
4
et
137
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
p
p−1
Pour se ramener à l’identité de l’indication, il faut faire disparaître le k : pour cela on utilise k k
=p k−1
et l’on obtient
20 20
p X p−1 100 − p p X p−1 100 − p p 99 p
E(X) = 100
= 100
= 100
= .
20
k−1 20 − k 20
k−1 19 − (k − 1) 20
19 5
k=0 k=0
19p(p − 1) p p2 4p(100 − p)
Var(X) = E(X(X − 1)) + E(X) − (E(X))2 = + − = .
495 5 25 2475
4. Pour p = 50 on a alors E(N ) = 12,5 et Var(N ) ≈ 5,4, et pour p = 70 on a E(N ) = 15,5 et Var(N ) ≈ 4,78.
N’apprendre que 50 questions n’assure pas d’avoir la moyenne !
,→ Exercice 2.1
1. On a Z
P(fX (X) = 0) = 1 {fX (x) = 0} fX (x)dx
qui vaut bien 0 car 1 {fX (x) = 0} fX (x) = 0. Ce résultat garantit que la densité conditionnelle fY |X de Y
sachant X est bien définie.
qui vaut 2FX (x) − 1 : la dérivée est donc croissante et s’annule en la médiane.
138
A.2. EXERCICES DU CHAPITRE 2
R x= (fX (x) + fX (−x))1 {x ≥ 0} : comme pour la question précédente il suffit de montrer que
2. Soit g(x)
F|X| (x) = −∞ g. Pour x < 0 on a F|X| (x) = P(|X| ≤ x) = 0 et pour x ≥ 0,
Z x Z x
F|X| (x) = P(|X| ≤ x) = P(−x ≤ X ≤ x) = fX (a)da = (fX (a) + fX (−a))da
−x 0
Rx
ce qui montre que FX (x) = −∞
g pour tout x ∈ R.
3. Pour x ≥ 0 √ √ √ √
P X 2 ≤ x = P − x ≤ X ≤ x = FX ( x) − FX (− x)
Puisque X et Y sont indépendantes, la densité du couple est égale au produit des densités (Théorème 2.13)
et donc Z
P(X + Y ≤ z) = 1 {x + y ≤ z} fX (x)fY (y)dxdy.
et puisque toutes les quantités sont ≥ 0, on peut utiliser le théorème de Fubini qui donne
Z
P(X + Y ≤ z) = ds1 {s ≤ z} g(s)ds
139
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
avec θ(x) ∈]0, 2π[ tel que cos θ(x) = x1 /(x> x)1/2 et sin θ(x) = x2 /(x> x)1/2 , en particulier
0 si x1 , x2 > 0,
x2
θ(x) = arctan + 2π si x1 > 0 > x2 ,
x1
π si x2 > 0 > x1 .
En particulier, θ a les mêmes dérivées partielles que (x1 , x2 ) 7→ arctan(x2 /x1 ) et on en déduit que
x2 x1
−
2πx> x 2πx> x
Jacx ϕ−1 ) =
> >
−x1 e−x x/2
−x2 e−x x/2
et donc
x22 > x21 > 1 −x> x/2
det Jacx ϕ−1 e−x x + e−x x =
= >
e
2πx x 2πx> x 2π
et le Théorème 2.14 donne donc
1 −x> x
fX1 ,X2 (x) = e avec (X1 , X2 ) = ϕ(U1 , U2 ).
2π
Puisque
1 2 1 2
fX1 ,X2 (x1 , x2 ) =√ e−x1 /2 √ e−x2 /2
2π 2π
on voit que X1 et X2 sont i.i.d. et suivent la loi normale standard d’après le Théorème 2.13.
140
A.2. EXERCICES DU CHAPITRE 2
Lorsque m = 0, fX est paire et donc si k est impair, xk fX (x) est impaire et son intégrale est donc nulle.
3. Pour k = 1 on a E(X 2 ) = Var(X) + (E(X))2 = σ 2 + m2 qui vaut bien 1 puisque σ = 1 et m = 0. Pour k
plus grand, le théorème de transfert donne
Z
1 2
E(X 2k+2 ) = √ x2k+2 e−x /2
dx
2π
et on obtient donc en intégrant par parties
h i∞ Z
2k+2 1 2k+1 −x2 /2 2k −x2 /2
E(X )= √ −x e + (2k + 2) x e dx
2π −∞
Puisque X et Y sont indépendantes, eitX et eitY le sont aussi (Proposition 1.19) et donc l’espérance du
produit est égal au produit des espérances (Proposition 1.20) : cela donne
En utilisant l’expression de la fonction caractéristique d’une loi normale (Proposition 2.7) on obtient donc
−t2
ϕX+Y (t) = exp − (Var(X) + Var(Y )) + ix(E(X) + E(Y )) .
2
On reconnaît la fonction caractéristique d’une loi normale de moyenne E(X) + E(Y ) = E(X + Y ) et de
variance Var(X) + Var(Y ) = Var(X + Y ) (puisque X et Y sont indépendantes).
1. Pour que les fonctions considérées soient des densités, il faut qu’elles soient ≥ 0 et que leur intégrale vaille
Γ β
1. Par définition, les fonctions fα,λ et fα,β sont ≥ 0, et pour qu’elles soient intégrables il faut α > 0 et λ ≥ 0
β
pour la loi Gamma, et α, β > 0 pour la loi beta. Sous ces conditions, les valeurs ci-dessus pour cΓ α,λ et cα,β
sont les constantes de normalisation qui assurent que
Z Z
Γ β
fα,λ (x)dx = fα,β (x)dx = 1.
2. La première identité s’obtient par intégration par partie, et pour la deuxième identité :
Z
Γ(α)Γ(β) = xα−1 y α−1 e−(x+y) 1 {x, y ≥ 0} dxdy
Z
= (zt)α−1 (z(1 − t))β−1 e−z z1 {z ≥ 0, t ∈ [0, 1]} dzdt
141
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
où l’on a fait le changement de variable (x, y) = ϕ−1 (z, t) et le facteur z correspond à la valeur absolue du
déterminant du Jacobien de ϕ−1 .
et
∞ ∞
λα
Z Z
1 α(α + 1)
E(X 2 ) = xα+1 e−λx dx = xα+1 e−x dx =
Γ(α) 0
λ2 Γ(α) 0
λ2
si bien que la variance est donnée par
α2 + α α2 α
Var(X) = − 2 = 2.
λ2 λ λ
La transformée de Laplace :
∞
λα λα
Z
−sX
E(e )= e−sx xα−1 e−λx dx =
Γ(α) 0
(λ + s)α
Z 1
1 B(α + 1, β) Γ(α + 1)Γ(β) Γ(α + β) α
E(X) = xα (1 − x)β−1 dx = = =
B(α, β) 0
B(α, β) Γ(α + β + 1) Γ(α)Γ(β) α+β
et
Z 1
1 Γ(α + 2)Γ(β) Γ(α + β) (α + 1)α
E(X 2 ) = xα+1 (1 − x)β−1 dx = =
B(α, β) 0
Γ(α + β + 2) Γ(α)Γ(β) (α + β + 1)(α + β)
et donc la variance est donnée par
(α + 1)α α2
Var(X) = −
(α + β + 1)(α + β) (α + β)2
1
(α2 + α)(α + β) − α3 − α2 β − α2
= 2
(α + β + 1)(α + β)
αβ
= .
(α + β + 1)(α + β)2
X (−s)k k−1
Y α+i
=1+ .
k! α+β+i
k≥1 i=0
142
A.2. EXERCICES DU CHAPITRE 2
4. On a
Z
U 1 u
E f = f uα−1 v β−1 e−(u+v) 1 {u, v ≥ 0} dudv
U +V Γ(α + β)B(α, β) u+v
Z
1
= f (t)(zt)α−1 (z(1 − t))β−1 e−z z1 {z ≥ 0, t ∈ [0, 1]} dzdt
Γ(α + β)B(α, β)
Z 1 Z ∞
1
= f (t)t α−1
(1 − t) β−1
dt e−z z α+β−1 dz
Γ(α + β)B(α, β) 0 0
Z 1
1
= f (t)tα−1 (1 − t)β−1 dt.
B(α, β) 0
1. On a !!
n n
X −λE1
n µ
E exp −λ Ek = E(e ) =
λ+µ
k=1
et l’on reconnaît donc la transformée de Laplace d’une loi Gamma de paramètre (n, µ).
ce qui donne !!
G
X pµ pµ
E exp −λ Ek = = .
λ + µ − µ(1 − p) λ + µp
k=1
On reconnaît la transformée de Laplace de la loi exponentielle de paramètre µp : ce n’est rien d’autre que
la propriété de division du processus de Poisson !
E1 µ
≥ x = P(E2 ≤ E1 (1/x − 1)) = E 1 − e−µ(1/x−1)E1 = 1 −
P = 1 − x.
E1 + E2 µ + µ(1/x − 1)
,→ Exercice 2.7
x=y
143
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
et donc f est bien une densité. Le Théorème 2.12 donne pour x ∈]0, 1]
Z Z r
x √ √
fX (x) = fX,Y (x, y)dy = 1 {0 < y ≤ x} dy = x [2 y]x0 = 2x
y
et pour y ∈]0, 1]
2(1 − y 3/2 )
Z Z r i1
x 1 2 3/2
h
fY (y) = fX,Y (x, y)dx = 1 {y ≤ x ≤ 1} dx = √ x = .
y y 3 y 3y 1/2
2. On a fX,Y (x, y) 6= fX (x)fY (y) et donc X et Y ne sont pas indépendantes au vu du Théorème 2.13. On a
Z 1 Z 1
2
E(X) = xfX (x)dx = 2 x2 dx =
0 0
3
et
Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
2 4 4 2
E(Y ) = yfY (y)dy = y 1/2 (1 − y 3/2 )dy = (1 − y 3/2 )d(y 3/2 ) = (1 − z)dz = .
0
3 0
9 0
9 0
9
3. Soit ϕ : (x, y) ∈ ∆ 7→ (x, y/x) ∈]0, 1]2 d’inverse ϕ−1 : (x, z) ∈]0, 1]2 7→ (x, xz) ∈ ∆ : alors
1 0
Jacx,z ϕ−1 =
z x
dont le déterminant vaut x, si bien que par le Théorème 2.14, on a pour x, z ∈]0, 1[
x x
q
fX,Y /X (x, z) = fX,Y (x, xz)x = x = √ .
xz z
144
A.2. EXERCICES DU CHAPITRE 2
,→ Exercice 2.8
1. On a
fX,Y (x, y)
fY |X=x (y) =
fX (x)
et donc par hypothèse,
1 2 1 1 1 2
fX,Y (x, y) = fY |X=x (y)fX (x) = p e−y /(2 2x ) × √ e−x 1 {x > 0} = e−x(1+y ) 1 {x > 0}
1
2π 2x πx π
d’où on déduit Z ∞
1 −x(1+y2 ) 1
fY (y) = e dx = .
0
π π(1 + y 2 )
2. On a
fX,Y (x, y) 1 2 2
fX|Y =y (x) = = e−x(1+y ) 1 {x > 0} × π(1 + y 2 ) = (1 + y 2 )e−x(1+y ) 1 {x > 0}
fY (y) π
d’où on déduit 2
fX|Y (x) = (1 + Y 2 )e−x(1+Y ) 1 {x > 0}
et donc Z ∞ Z ∞
−x(1+Y 2 ) 1 1
E(X | Y ) = x(1 + Y )e 2
dx = xe−x dx = .
0
1+Y2 0
1+Y2
145
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
,→ Exercice 2.9
Par symétrie,
18
1/6
17
17 18
√
qui vaut y 2 − y 2 avec 2y 2 = 1/62 , soit 11/72. La réponse est donc P(rencontre) = 11/36.
2. En généralisant le raisonnement ci-dessus, on obtient pour x ∈ [0, 1]
√
P(|T1 − T2 | ≤ x) = 2 y 2 − y 2
Problème 2.10
1. Soit x ≥ 0 : on a
P(E1 ≥ x + y)
P(E1 − x ≥ y | E1 ≥ x) = = e−µy .
P(E1 ≥ x)
146
A.3. EXERCICES DU CHAPITRE 3
4. Cela montre bien que (E2 , E1 − E2 ) conditionnellement à E2 ≤ E1 est égale en distribution à (E2 /2, E1 ).
Pour le max, on écrit
P(max(E1 , E2 ) ≥ x) = 2P(E1 ≥ x, E2 ≤ E1 )
= P(E1 ≥ x | E2 ≤ E1 )
= P(E2 + (E1 − E2 ) ≥ x | E2 ≤ E1 )
= P(E1 + E2 /2 ≥ x)
6.
7. Les arguments ci-dessous montrent que mink=1,...,n Ek est égale en distribution à E1 /n, c’est donc une
variable exponentielle de paramètre nµ.
1. Il suffit de compter deux fois la proportion de fléchettes à distance ≤ 1 du centre. En effet, soit Xn ∈ [0, 1]2
l’emplacement de la n-ième fléchette (on suppose sans perte de généralité que le carré est de dimension un).
ParPhypothèse, les (Xn ) sont i.i.d. et uniformément réparties sur [0, 1]2 . Alors l’estimateur proposé s’écrit
2 n
n k=1
ϕ(Xk ) avec ϕ(x) = 1 {kxk ≤ 1}. La loi forte des grands nombres s’applique et donne
n Z
2X p.s.
ϕ(Xk ) → 2E(ϕ(X1 )) = 2 1 {kxk ≤ 1} dx = π.
n [0,1]2
k=1
√
Par ailleurs, le théorème central limite nous dit que la qualité de cette approximation est d’ordre 1/ n, i.e.,
√
la différence entre l’estimation et la valeur recherchée est de l’ordre 1/ n.
147
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
Exercice 3.2
1. Pour toute réalisation ω, la suite (Mn (ω)) est croissante et converge donc vers M∞ (ω) = maxk≥1 Uk (ω) :
p.s.
on a donc la convergence presque sûre Mn → M∞ . Par contre, il n’est pas vrai que M∞ (ω) = 1 pour tout
ω : il existe par exemple ω tel que Uk (ω) = 1/2 pour tout k. En revanche, on va maintenant montrer que
l’évènement E = {ω : M∞ (ω) = 1} a probabilité 1, ce qui prouvera le résultat P(Mn → 1) = 1 puisque
P(E) ≤ P(Mn → 1). Par propriété d’une mesure de probabilités, on a (Proposition 1.1)
Puisque les (Uk ) sont i.i.d. et uniformément réparties sur [0, 1], on a
On obtient donc P(M∞ ≤ x) = 0 pour tout x < 1, ce qui donne en faisant x ↑ 1 que P(M∞ < 1) = 0
(Proposition 1.1) et donc P(M∞ = 1) = 1.
Exercice 3.3
1. On utilise la définition de convergence en loi vue en amphi : par hypothèse on a que FXn (x) → Fc (x)
pour tout x où FX est continue. Pour une variable aléatoire constante, on a Fc (x) = P(c ≤ x) = 1 si
P
x ≥ c et 0 sinon, donc FX est continue partout sauf en c. Pour montrer que Xn → c il faut montrer que
P(|Xn − c| ≥ ε) → 0 pour tout ε > 0. On a
Exercice 3.4
1. Attention, on ne peut pas directement appliquer la loi forte des grands nombres à la suite Yk = Xk Xk+1
car les Yk ne sont pas indépendantes. Néanmoins, les deux suites (Zk0 ) et (Zk1 ) avec Zki = Y2n−i sont elles i.i.d.
Pn p.s.
(mais elles sont dépendantes), et donc la loi forte des grands nombres donne n1 k=1 k
Z i → E(Z1i ) = E(X1 )2 .
Puisque
2n 2n n n n n
1 X 1 X 1 X 1 X 1 X 0 1 X 1
Xk Xk+1 = Yk = Y2k + Y2k−1 = Zk + Zk
2n 2n 2n 2n 2n 2n
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1 k=1
on obtient donc le résultat voulu, en utilisant aussi la Proposition 3.2 qui implique que si deux suites de
variables aléatoires convergent presque sûrement, alors leur somme aussi.
2. Non, on ne peut pas directement utiliser les arguments précédents car, contrairement à la convergence
presque sûre, ça n’est pas parce que deux suites de variables aléatoires convergent en loi que leur somme
converge en loi.
2. On a
P(|Xn + Yn | ≥ ε) ≤ P(|Xn | ≥ ε/2) + P(|Yn | ≥ ε/2)
148
A.3. EXERCICES DU CHAPITRE 3
et chaque terme tend bien vers 0 par définition de la convergence en probabilités. Pour montrer que
P
(Xn , Yn ) →(X, Y ) il faut montrer que
P(k(Xn , Yn ) − (X, Y )k ≥ ε) → 0
pour n’importe quelle norme k·k sur R2 (cf. Section 3.5). Si on prend la norme L1 , on a
5. (Fréchet) On a n
1
1/α
−→ exp −x−α .
P(Mn /n ≤ x) = 1−
(1 + xn1/α )α n→∞
149
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
1. On montre le résultat par récurrence sur n ≥ 0. Pour n = 0 on a B0 = 1 donc c’est vrai. Supposons
maintenant n ≥ 1. Pour k = n + 1 on a
2. On montre le résultat par récurrence sur n ≥ 0. Pour n = 0 on a B0 = 1 donc c’est vrai. Supposons
maintenant n ≥ 1. Alors
Par définition de l’urne de Pólya, lorsque Bn−1 = 1 cela veut dire qu’avant le n-ième tirage on a 1 boule
blanche et N + n − 1 boules rouges, et donc
N +n−1
P ( on tire une boule rouge au n-ième tirage | Bn−1 = 1) = → 1.
N +n
Par ailleurs, on a par hypothèse de récurrence P(Bn−1 = 1) → 1 et donc finalement, P(Bn = 1) → 1 ce qui
montre le résultat.
3. On montre le résultat par récurrence. Pour n = 0 ou même n = 1 c’est ok puisque B1 suit une loi de
Bernoulli de paramètre 1/2. Supposons n ≥ 2. Alors
P (Bn − N = k) = P (on tire une boule rouge au n-ième tirage | Bn−1 − N = k) P (Bn−1 − N = k)
+ P (on tire une boule blanche au n-ième tirage | Bn−1 − N = k − 1) P (Bn−1 − N = k − 1)
n−1
1
Par hypothèse de récurrence, P (Bn−1 − N = i) → i 2n−1
. Par ailleurs, le même argument que ci-dessus
implique que
N +k−1 1
P (on tire une boule blanche au n-ième tirage | Bn−1 − N = k − 1) = →
2N + n − 1 2
n−1 1
n−1 1
n 1
et donc P (Bn − N = k) → k−1 2n
+ k 2n
= k 2n
ce qui donne le résultat.
4. La question est trompeuse, puisqu’en fait la réponse dépend de comment on construit la suite considérée.
En effet, pour répondre à la question, il faudrait considérer la suite (BnN , N ≥ 1) mais on n’a pas expliqué
comment construire simultanément deux “urnes” qui démarrent avec un nombre différent de boules ! On
0
peut les prendre indépendantes (i.e., BnN et BnN correspondent à deux urnes distinctes, où les tirages ont
lieu indépendamment), auquel cas il n’y a évidemment pas convergence presque sûre. Mais on peut aussi
les coupler de manière à avoir convergence presque sûre. Pour cela, on peut considérer (Un , n ≥ 1) une
150
A.3. EXERCICES DU CHAPITRE 3
suite de variables aléatoires i.i.d. uniformément réparties sur [0, 1], et, pour chaque N , on construit l’urne
(BnN , n ≥ 0) par récurrence de la manière suivante : B0N = R0N = N et pour n ≥ 0,
N BnN RnN
Bn+1 = BnN + 1 Un+1 ≤ N
et Rn+1 N
= Rn +1 Un+1 ≤ .
2N + n 2N + n
On vérifie bien que pour chaque N , on a bien construit une urne de Pólya. Avec cette construction on a
alors
1
n o
B1N − N = 1 U1 ≤
2
qui ne dépend pas de N et converge donc a fortiori presque sûrement (vers une variable aléatoire qui suit
bien une loi binomiale de paramètre (1, 1/2)). On étend alors le résultat pour n ≥ 1 par récurrence. Pour
n ≥ 1, on a
N
N N Bn−1
Bn − N = Bn−1 − N + 1 Un ≤
2N + n − 1
N p.s.
Par hypothèse de récurrence, on a Bn−1 − N → Xn−1 qui suit une loi binomiale (n − 1, 1/2). Par ailleurs,
N →∞
on a
N
o N
N
Bn−1 1 Bn−1 1 1 Bn−1
n
P 1 Un ≤ 6 1 Un ≤
= =P ≤ Un ≤ +P ≤ Un ≤
2N + n − 1 2 2N + n − 1 2 2 2N + n − 1
N
N
Bn−1 1 1 Bn−1
=P ≤ Un ≤ +P ≤ Un ≤
2N + n − 1 2 2 2N + n − 1
N
1 Bn−1
=E −
2 2N + n − 1
N
N p.s. 1 Bn−1 p.s.
Or, par hypothèse de récurrence on a Bn−1 /(2N + n − 1) → 1/2 et donc 2
− 2N +n−1
→ 0, puis par le
N
théorème de convergence dominée (puisque Bn−1 /(2N + n − 1) ≤ N/(2N + n − 1))
N
1 Bn−1
E − → 0.
2 2N + n − 1
N
1 1
n Bn−1
o n o n o
p.s. p.s.
Cela montre donc que 1 Un ≤ 2N +n−1
→ 1 Un ≤ et donc que BnN − N → Xn−1 + 1 Un ≤ avec
2 2
N
Xn−1 et Un indépendantes. Cela montre donc bien que Bn − N converge presque sûrement vers une variable
aléatoire qui suit une loi binomiale de paramètre (n, 1/2).
1.
2. Cela suit directement du fait que pour tout x ∈ R, on a bx/εc ∼ x/ε lorsque ε → 0.
3. On a P
ε g(εk)
E(eitXε ) = P k∈Z
ε k∈Z
f (εk)
itx
R R
g = E(eitX ) et ε
P P
avec g(x) = e f (x) et par somme de Riemann, ε k∈Z g(εk) → R k∈Z
f (εk) → R
f = 1,
ce qui prouve la convergence des fonctions caractéristiques.
1. Les deux premières propriétés de l’unité approchée pour la convolution définissent une densité de pro-
babilité, et si Xn est une variable aléatoire de densité Un , alors la troisième propriété veut exactement
P
dire que Xn → 0. La première question est évidente lorsque l’on reconnaît la densité gaussienne. En terme
probabiliste, on a Z
f ∗ Un (x) = f (x − t)Un (t)dt = E(f (x − Xn ))
151
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
et donc Z Z
kf ∗ Un k1 ≤ E(|f (x − Xn )|)dx = E( |f (x − Xn )dx|) = kf k1 .
P P
Par ailleurs, puisque Xn → 0, on a f (x − Xn ) → f (x) par continuité, puis E(f (x − Xn )) → f (x) par domi-
nation.
Problème 3.10
4. On a X X
E(N∞ ) = E(Xk ) = pk .
k≥1 k≥1
P
Si k pk < ∞, alors N∞ est de moyenne finie et est donc presque sûrement finie. On a donc refait la preuve
du lemme de Borel–Cantelli.
p.s. L
5. Puisque Nn → N∞ , on a Nn → N∞ et donc P(Nn ≤ K) → P(N∞ ≤ K). Ainsi, si P(Nn ≤ K) → 0 pour
tout K, cela implique que P(N∞ ≤ K) = 0 pour tout K, et donc P(N∞ = ∞) = 1 et donc Xn ne converge
pas presque sûrement vers 0.
6. On a
n
Y
P(Nn ≤ K) = P(e−Nn ≥ e−K ) ≤ eK E(e−Nn ) = eK E(e−(X1 +···+Xn ) ) = eK E(e−Xk )
k=1
9. Idem.
10. On a !
p.s.
\
Xn → 0 ⇐⇒ P Ek =1
k∈N∗
avec Ek l’évènement Ek = {N∞ (1/k) < ∞}. Puisque la suite Ek est décroissante, on a
!
\
P Ek = lim P(Ek )
k→∞
k∈N∗
et puisque la suite P(Ek ) à valeurs dans [0, 1] est décroissante, on a P (Ek ) → 1 si et seulement si P(Ek ) = 1
pour chaque k.
11. On utilise le cas Bernoulli pour les variables 1 {Xk ≥ ε} qui sont Bernoulli de paramètre e−λk ε .
L
e−λk =
P P
12. λk = ln k : alors λk → ∞ (CNS pour que Xk → 0) mais k k
(1/k) = ∞.
152
A.4. EXERCICES DU CHAPITRE 4
,→ Exercice 4.1
>
1. On définit X0 = X1 X2 : alors X0 est centrée, et en outre
3 6
Var(X0 ) =
6 14
Le déterminant vaut 6, Var(X0 ) est donc inversible et donc le Théorème 4.9 donne
On calcule
1 14 −6
Var(X0 )−1 =
6 −6 3
et par définition,
Cov(X3 , X0 ) = Var(X)31
Var(X)32 = 2 3
ce qui donne
1 14 −6 X1 1 14X1 − 6X2 1
E(X3 | X1 , X2 ) = 2 3 = 2 3 = (10X1 − 3X2 ).
6 −6 3 X2 6 −6X1 + 3X2 6
en utilisant le théorème de l’espérance totale pour la première égalité et la Proposition 1.31 pour la seconde.
Pn−1
3. On cherche E(Xn | X1 , . . . , Xn−1 ) = α X : si cette relation est satisfaite, alors on obtient en
k=1 k k
utilisant la question précédente pour chaque i = 1, . . . , n − 1
n−1
! n−1
X X
E(Xi Xn ) = E Xi αk Xk = αk E(Xi Xk )
k=1 k=1
et
E(X2 X3 ) = 3 = α1 E(X2 X1 ) + α2 E(X22 ) = 6α1 + 14α2
ce qui donne 2α2 = −1 et 3α1 = 5
1. On utilise le théorème de changement de variables pour des variables aléatoires absolument continues
(Théorème 2.14). On a (R, Θ) = ϕ(X, Y ) avec ϕ−1 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ) pour (r, θ) ∈ (0, ∞) × (0, 2π), et
donc
−1 cos θ −r sin θ
Jac(r,θ) (ϕ ) =
sin θ r cos θ
et donc
det(Jac(r,θ) (ϕ−1 )) = r cos θ2 + r sin θ2 = r
153
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
ce qui donne
fR,Θ (r, θ) = rfX,Y (r cos θ, r sin θ)1 {(r, θ) ∈ [0, ∞) × [0, 2π]}
= rfX (r cos θ)fY (r sin θ)1 {(r, θ) ∈ [0, ∞) × [0, 2π]}
et donc, pour r ≥ 0,
Z 2π Z 2π
fR (r) = fR,Θ (r, θ)dθ = r fX (r cos θ)fY (r sin θ)dθ.
0 0
2. Dans le cas gaussien, cela donne (pour r ≥ 0 et θ ∈ [0, 2π], sinon la densité vaut 0)
1 1 1 1 1
fR,Θ (r, θ) = r exp − (r cos θ)2 − (r sin θ)2 =r exp − r2
2π 2 2 2π 2
2
et donc fR (r) = re−r /2
1 {r ≥ 0}, Θ suit une loi uniforme sur [0, 2π] et R et Θ sont indépendantes.
1. Par définition,
2 2
Lr (t) = E e−t(Y1 +···+Yr )
où les Yi sont i.i.d. standard normaux. Puisque les Yi sont i.i.d.,
h 2
ir
Lr (t) = E e−tY1 = L1 (t)r .
où la dernière égalité vient du changement de variable y = (1 + 2t)1/2 x. La dernière intégrale vaut 1 puisque
c’est l’intégrale de la densité gaussienne standard, ce qui donne bien le résultat.
3. On reconnait la transformée de Laplace d’une loi du χ2 , et puisque la transformée de Laplace caractérise
la loi cela montre le résultat.
154
A.4. EXERCICES DU CHAPITRE 4
Exercice 4.4
R 2π
1
1. Le théorème de transfert donne E(Xi ) = 0 cos θ 2π dθ qui vaut 0 par symétrie, et le même raisonnement
donne E(Yi ) = E(Xi Yi ) = 0. Puisque Cov(Xi , Yi ) = E(Xi Yi ) − E(Xi )E(Yi ) cela donne Cov(Xi , Yi ) = 0.
2. La relation Xi2 + Yi2 = 1 empêche Xi et Yi d’être indépendantes. Plus formellement, si Xi et Yi étaient
indépendantes, alors Xi2 + Yi2 serait absolument continue (en appliquant les résultats de l’Exercice 2.3) et
on aurait alors P(Xi2 + Yi2 = 1) = 0 par le Théorème 2.3.
1
3. Puisque E(Xi ) = 0, on a E(X̄n ) = n
(E(X1 ) + · · · + E(Xn )) = 0 et de même E(Yi ) = 0, et donc
n
! n
1 X 1X 1X
Cov(X̄n , Ȳn ) = E(X̄n Ȳn ) = E Xi Yj = E(Xi Yi ) + E(Xi )E(Yj ) = 0
n n n
i,j=1 i=1 i6=j
où (X∞ , Y∞ ) est un vecteur gaussien centré de matrice de covariance Var(X1 , Y1 ). Puisque (X∞ , Y∞ ) est
un vecteur et que sa matrice de covariance est diagonale (par la question 1), il s’ensuit que X∞ et Y∞ sont
bien indépendantes (Proposition 4.2) !
Exercice 4.5
1. On a
Cov(X1 + X2 , X1 − X2 ) = Var(X1 ) − Var(X2 ) = 0.
Puisque (X1 + X2 , X1 − X2 ) est un vecteur gaussien, décorrélation implique indépendance.
P
2. On rappelle que xM y = i,j
Mij xi yj . On a
1 X 1
X̄n2 = Xi Xj = X > A1 X
n2 n
i,j
et
n n
X X X
2
(n − 1)Sn−1 = (Xk − X̄n )2 = Xk2 − 2X̄n Xk + nX̄n2 = X > X − nX̄n2 = X > A2 X
k=1 k=1 k
3. A1 et A2 sont symétriques, A1 est de rang 1 et A2 de rang n − 1, et la seule valeur propre non nulle de
A1 est 1.
4. Puisque toute transformation affine d’un vecteur gaussien est un vecteur gaussien, U X est bien un vecteur
gaussien. Par ailleurs, il est centré puisque E(U X) = U E(X) et que X l’est, et il est bien standard car
155
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
On considère le lagrangien !
n n
X X
L(a1 , . . . , an , λ) = a2k +λ 1− ak .
k=1 k=1
Pn
On a ∂i L = 2ai − λ et ∂λ L = 1 − k=1
ak ce qui donne bien ai = 1/n. On a
1
Var X̄n = Var(X1 )
n
et !
n n
X X
Var ak Xk = Var(X1 ) a2k .
k=1 k=1
1. On calcule !
n
1 1
X
L(θ; xn ) = n exp −1 log(1 − xk )
θ θ
k=1
et donc
2. On calcule !
n n
−nθ
Y θ xk 1 X
L(θ; xn ) = e = Q exp −nθ + log θ xk
xk ! xk !
k=1 k=1
156
A.5. EXERCICES DU CHAPITRE 5
nxn−1
fMn (x, θ) = nfX1 (x, θ)FX1 (x, θ)n−1 1 {0 ≤ x ≤ θ} = 1 {0 ≤ x ≤ θ} .
θn
On en déduit
θ
nxn
Z Z
nθ
Eθ (Mn ) = xfMn (x, θ)dx = dx = ,
0
θn n+1
θ
nxn+1 nθ2
Z Z
Eθ (Mn2 ) = 2
x fMn (x, θ)dx = n
dx =
0
θ n+2
et donc 2
nθ2 nθ nθ2
Varθ (Mn ) = − = .
n+2 (n + 1) (n + 1)2 (n + 2)
L’estimateur Mn a donc un biais mais il est convergent.
157
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
6. On a
Varθ (Mn ) 12n2
= −→ 0
Varθ (T̄n ) (n + 1)2 (n + 2) n→∞
et donc Mn converge a priori beaucoup plus vite que T̄n .
1. On considère le modèle paramétrique {Pθ : θ ∈ [0, 1]} avec Pθ la loi binomiale de paramètre θ. On a
P P
xk n− xk
L(θ; xn ) = θ k (1 − θ) k
Var(θ̂(2) ) n1
a1 = = = 1 − a2 .
Var(θ̂(1) ) + Var(θ̂(2) ) n1 + n2
3. On a
n1 n2
a1 X (1) a2 X (2)
a1 θ̂(1) + a2 θ̂(2) = Xk + Xk
n1 n2
k=1 k=1
1. On a !
n
1X
Eθ (θ̂n ) = Eθ Xk = Eθ (X1 ) = θ.
n
k=1
θ̂n est donc sans biais, sa variance est donc égale à l’erreur quadratique moyenne et
n
!
1X 1 θ(1 − θ)
Varθ (θ̂n ) = Varθ Xk = Varθ (X1 ) = .
n n n
k=1
θ̂n est convergent presque sûrement par la loi forte des grands nombres. On vérifie maintenant qu’il est
efficace en calculant la borne de Fréchet–Darmois–Cramer–Rao : p(x; θ) = θx (1 − θ)1−x
158
A.5. EXERCICES DU CHAPITRE 5
et donc
x 1−x
∂θ2 log p(x; θ) = − −
θ2 (1 − θ)2
et donc
1 1 1
I(θ) = −Eθ (∂θ2 log p(X1 ; θ)) = + = .
θ 1−θ θ(1 − θ)
θ̂n est donc efficace.
√ p
2. Par le théorème central limite, n(θ̂n − θ)/ Varθ (X1 ) sous Pθ converge en loi vers une loi normale
standard (cf. Proposition 3.15) : on retrouve donc le Théorème 5.6.
3. Appelons ϕ la fonction décroissante de l’énoncé : puisqu’elle est continue, on a donc que ϕ−1 (I) reste un
intervalle. On montre maintenant que c’est un intervalle de confiance de niveau asymptotique F (a+ )−F (a− ) :
on a
! √ !
√ √ a− θ̂n − θ a+ n(θ̂n − θ)
Pθ θ ∈ I(θ̂n , a+ / n, a− / n) = Pθ √ ≤ p ≤ √ = Pθ a− ≤ p ≤ a+
n θ(1 − θ) n Varθ (θ̂n )
4. A FAIRE
1. On a
Pθ (− log(1 − Xi ) ≤ x) = Pθ 1 − Xi ≥ e−x
= Pθ Xi ≤ 1 − e−x
Z 1−e−x
1
= (1 − y)1/θ−1 dy
0
θ
Z 1
1
= y 1/θ−1 dy
θ e−x
−x/θ
=1−e
ce qui montre que − log(1 − Xi ) suit une loi exponentielle de paramètre 1/θ. Sa moyenne et son écart-type
valent donc θ.
2. Comme à l’exercice précédent, on calcule Eθ (θ̂n ) = Eθ (− log(1 − X1 )) = θ. θ̂n est donc sans biais, sa
variance et son erreur quadratique moyenne sont donc égales et données par
1 θ2
Varθ (θ̂n ) = Varθ (− log(1 − X1 )) = .
n n
θ̂n est convergent presque sûrement par la loi forte des grands nombres. Pour répondre à la question de
l’efficacité, il faut calculer la borne de Fréchet–Darmois–Cramer–Rao : p(x; θ) = fθ (x) et donc
et donc
1 2 log(1 − x)
∂θ2 log p(x; θ) = +
θ2 θ3
et donc
1 2 1
I(θ) = −Eθ (∂θ2 log p(X1 ; θ)) = − + 2 = 2.
θ2 θ θ
θ̂n est donc efficace.
Pn
3. On écrit θ̂n /θ = Y avec Yi = −(nθ)−1 log(1 − Xi ) pour voir grâce aux indications que θ̂n /θ suit
k=1 i
une loi Gamma(n, n) de fonction de répartition Gn . On utilise alors le fait que cette loi ne dépend pas θ
159
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
pour construire des intervalles de confiance : ainsi, si 0 < a− < a+ satisfont Gn (a+ ) − Gn (a− ) = 1 − α, alors
[θ̂n /a+ , θ̂n /a− ] est un intervalle de confiance au niveau 1 − α puisque
θ̂n θ̂n θ̂n
Pθ <θ< = Pθ a− ≤ ≤ a+ = Gn (a+ ) − Gn (a− ) = 1 − α.
a+ a− θ
√
4. Puisque Varθ (− log(1 − X1 )) = θ2 et Eθ (− log(1 − X1 )) = θ, n(θ̂n − θ)/θ sous Pθ converge vers une
variable standard normale par le théorème central limite (cf. Proposition 3.15). On aurait directement pu
√ √
obtenir ce résultat grâce au Théorème 5.6. On en déduit donc que [θ̂n /(a+ / n + 1), θ̂n /(a− / n + 1)] pour
tout a− < a+ satisfaisant F (a+ )−F (a− ) = 1−α avec F la fonction de répartition de la loi normale standard
est un intervalle de confiance asymptotique puisque
θ̂n θ̂n a− θ̂n a+
Pθ √ ≤θ≤ √ = Pθ √ +1≤ ≤ √ +1 −→ F (a+ ) − F (a− ).
a+ / n + 1 a− / n + 1 n θ n n→∞
1. Le support de Pθ dépend de θ : le modèle n’est donc pas régulier et on ne peut a priori pas utiliser tous
les résultats du cours.
2. On a θ̂n /θ = maxk=1,...,n (Xk /θ) et donc le résultat découle directement du fait que sous Pθ , les (Xk /θ)
sont i.i.d. et de loi uniforme sur [0, 1]. On en déduit que [θ̂n /a+ , θ̂n /a− ] est un intervalle de confiance pour
θ au niveau 1 − α pour tout a− , a+ satisfaisant (a+ )n − (a− )n = 1 − α :
θ̂n θ̂n θ̂n
= P1 a− ≤ θ̂n ≤ a+ = (a+ )n − (a− )n .
Pθ ≤θ≤ = Pθ a− ≤ ≤ a+
a+ a− θ
3. On a n
x
Pθ (n(1 − θ̂n /θ) ≥ x) = P1 (θ̂n ≤ 1 − x/n) = 1 − → e−x
n
et donc n(1 − θ̂n /θ) sous Pθ converge en loi vers une variable exponentielle de paramètre 1. On montre donc
comme précédemment que
θ̂n θ̂n
,
1 − a− /n 1 − a+ /n
est un intervalle de confiance de niveau asymptotique 1−α pour tous a− , a+ satisfaisant e−a− −e−a+ = 1−α.
1. Si h(Xn ) = E(Θ | Xn ), on a
2 2
E g(Xn ) − Θ | Xn = E g(Xn ) − h(Xn ) + h(Xn ) − Θ | Xn
2 2
= g(Xn ) − h(Xn ) + E h(Xn ) − Θ | Xn
+ 2 g(Xn ) − h(Xn ) E h(Xn ) − Θ | Xn
2 2
= g(Xn ) − h(Xn ) + E h(Xn ) − Θ | Xn .
2 2 2
Puisque g(Xn ) − h(Xn ) ≥ 0 on obtient que E g(Xn ) − Θ | Xn ≥ E h(Xn ) − Θ | Xn ce qui
donne le résultat en prenant l’espérance et en utilisant le théorème de l’espérance totale.
Première partie. Dans la première partie du problème, on suppose que Θ = θ0 ∈ R est une variable déter-
ministe (i.e., une constante).
2. Si Θ = θ0 alors E(Θ | Xn ) = θ0 : l’“estimateur” de Θ est Θ lui-même !
3. On est en train d’estimer la moyenne d’une normale, on a déjà vu que l’estimateur du maximum de
vraisemblance est alors la moyenne empirique X̄n qui converge donc presque sûrement vers θ0 = Θ.
160
A.5. EXERCICES DU CHAPITRE 5
4. On calcule " !2 #
n 2
2 1X σw
MSE(X̄n ) = E X̄n − θ0 =E Wk = .
n n
k=1
Cette erreur quadratique moyenne est plus élevée que celle de E(Θ | Xn ) puisqu’on a prouvé que cette
variable aléatoire était d’erreur quadratique moyenne minimale.
Pn
5. On a X̄n = Θ + (1/n) k=1
Wk . Puisque les Wk sont i.i.d. centrés, la loi forte des grands nombres donne
p.s.
X̄n → Θ.
6. (Θ, Xn ) est obtenu de (Θ, W1 , . . . , Wn ) qui est un vecteur gaussien (puisque les coordonnées sont indépen-
dantes) par transformation affine, et reste donc un vecteur gaussien. Pour calculer sa matrice de covariance,
on calcule
2
Cov(Θ, Xi ) = Cov(Θ, Θ + Wi ) = Var(Θ), Var(Xi ) = Var(Θ + Wi ) = Var(Θ) + σw
et, pour i 6= j,
Cov(Xi , Xj ) = Cov(Θ + Wi , Θ + Wj ) = Var(Θ)
pour obtenir le résultat.
7. Le Théorème 4.9 du polycopié donne
161
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
12. Par la question 1, MSE(E(Θ | Xn ) est plus petit que MSE(Θ̂n ) et MSE(X̄n ). Pour comparer ces deux
derniers termes, on obtient en utilisant les expressions calculées précédemment que MSE(Θ̂) ≤ MSE(X̄n ) si
et seulement si
a2n Var(W̄n ) + (1 − an )2 Var(Θ) + (1 − an )2 (µ − E(Θ))2 ≤ Var(W̄n )
ce qui est équivalent à
2
σw
(1 − an )Var(Θ) + (1 − an )(µ − E(Θ))2 ≤ (1 + an ) .
n
13. Simple calcul à partir de la question 7. L’intérêt est que l’on peut faire une simple mise à jour de
E(Θ | Xn+1 ) à partir de l’ancienne estimation E(Θ | Xn ) et de la nouvelle observation Xn+1 sans avoir
besoin de tout recalculer.
Problème 5.9
1. Non : les variables Ti ne sont ni indépendantes (elles sont juste deux à deux décorrélées), ni identiquement
distribuées.
2. On définit
n
X
ϕ(θ) = ϕ(α, β) = (Ti − α − βxi )2
i=1
de sorte que
n n
X X
∂α ϕ = 2 (α + βxi − Ti ) et ∂β ϕ = 2 xi (α + βxi − Ti ).
i=1 i=1
On vérifie bien que β̂n = C(xn , Tn )/V (xn ) et que α̂n = m(Tn ) − β̂n m(xn ) annule le gradient et que la
hessienne en ce point est définie positive, il s’agit donc bien de la variable qui minimise l’erreur quadratique
moyenne.
3. Par linéarité, E(m(Tn )) = m(E(Tn )) = m(α1 + βxn ) = α + βm(xn ), avec 1 le vecteur avec que des 1, et
donc E(α̂n ) = α + (β − E(β̂n ))m(xn ) : il suffit donc de montrer que β̂n est sans biais. Encore par linéarité,
E(β̂n ) = C(xn , E(Tn ))/V (xn ) = C(xn , α1 + βxn )/V (xn ) et puisque α1 est constant, C(xn , α1 + βxn ) =
C(xn , βxn ) = βC(xn , xn ) = βV (xn ) et on obtient bien que θ̂n est sans biais.
4. Tn est un vecteur gaussien de moyenne α1 + βxn et de matrice de variance-covariance σ 2 I. On a donc
n
!
1 1 X
pn (tn ; θ) = n exp − 2 (tk − α − βxk )2 .
σ (2π)n/2 2σ
k=1
Trouver le maximum de vraisemblance revient à maximiser la log-vraisemblance log pn (x; ·), et donc d’après
la forme ci-dessus à minimiser l’erreur quadratique.
5. θ̂n est obtenu par transformation linéaire des Tn , c’est donc un vecteur gaussien de moyenne (α, β)
et dont lapmatrice de variance-covariance a été admise plus haut. On en déduit donc par exemple que
(α − α̂n )/ Varθ (α̂n ) suit une loi normale standard, et donc
" #
2 1/2 2 1/2
a− σm(xn ) a+ σm(xn )
h p p i
α̂n + Varθ (α̂n )a− , α̂n + Varθ (α̂n )a+ = α̂n + p , α̂n + p
(n − 1)V (xn ) (n − 1)V (xn )
162
A.6. EXERCICES DU CHAPITRE 6
un intervalle de confiance pour α de niveau F (a+ )−F (a− ) avec F la fonction de répartition de la loi normale
standard.
6. On a maintenant θ = (α, β, σ) : la vraisemblance est inchangée, mais on calcule sa dérivée par rapport à
σ pour trouver
n
n 1 X
∂σ log pn (tn ; θ) = − + 3 (tk − α − βxk )2 .
σ σ
k=1
Puisque la dérivée s’annule pour α = α̂n et β = β̂n , on obtient bien le résultat pour σ̂n .
7. On reprend les calculs de la question 2 pour obtenir
n n
1 X 1 X
∂α log pn = (t k − α − βx k ) et ∂ β log p n = xk (tk − α − βxk )
σ2 σ2
k=1 k=1
et donc
n 1 m(xn )
Mn (θ) = 2 2
σ m(xn ) m(xn )
et donc
σ2 1 2
m(xn ) −m(xn ) σ2 2
m(xn ) −m(xn )
Mn (θ)−1 = = .
2
n m(xn ) − m(xn )2 −m(xn ) 1 (n − 1)V (xn ) −m(xn ) 1
avec c et d indépendants de z. L’intervalle est donc le plus petit autour de la moyenne m(xn ), qui seront
donc les valeurs les mieux prédites par le modèle.
1. a. Comme 4 > 2, le test est de la forme accepter H0 ⇔ X̄n < κ. En supposant H0 vraie, X̄n suit une loi
normale de moyenne 2 et de variance σ 2 /n et on est donc amenés à résoudre
σ
α = P(N (2, σ 2 /n) > κ) =⇒ κ = 2 + √ F −1 (1 − α)
n
On a alors
√
2 σ n
β = sup P(N (θ, σ /n) > κ) = sup P(θ + √ N > κ) = sup 1−F (κ − θ)
θ<1 θ<1 n θ<1 σ
163
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
c. On considère maintenant deux côtés, le test est de la forme accepter H0 ⇔ |X̄n − 2| < κ et on résout
σ
α = P |N (0, σ 2 /n)| > κ = P(N (0, σ 2 /n) < −κ) + P(N (0, σ 2 /n) > κ) =⇒ κ = √ F −1 (1 − α/2).
n
On a alors
√
2 σ n
β = sup P(|N (θ, σ /n) − 2| < κ) = sup P(|θ − 2 + √ N | < κ) = P |N | < κ = 1 − α.
θ6=2 θ6=2 n σ
Pn
2. La statistique de test est maintenant σ̂ 2 = n1 k=1
(Xk − µ)2 . Sous Pθ , nσ̂ 2 /θ suit une loi du χ2 à n
degrés de liberté.
a. On trouve κ = θ0 /nFn−1 (1 − α) avec Fn la fonction de répartition du χ2 à n degrés de liberté et θ0 = 2,
qui correspond à un risque de deuxième espèce β = Fn (θ0 /θ1 Fn−1 (1 − α)) avec θ1 = 4.
b. κ = θ0 /nFn−1 (α), β = 1 − Fn (θ0 /θ1 Fn−1 (α)).
c. κ vérifie
n n
1 − Fn (κ + 2) + Fn (2 − κ) = α
θ0 θ0
et
n n
β = sup P (2 − κ) < χ2n < (2 + κ)
θ6=2 θ θ
Il n’est a priori pas évident de calculer le θ qui maximise cette probabilité, mais pour θ = 2 on obtient
β ≥ 1 − α.
3. On se ramène à une loi de Student grâce au Théorème 4.12.
et
√ !
(κ − θ1 ) n
p
β = P (Bin(n, θ1 ) < nκ) ≈ P nθ1 + θ1 (1 − θ1 )nN < nκ = F p
θ1 (1 − θ1 )
et il faut donc résoudre le système
√ p
(κ − θ0 ) n = pθ0 (1 − θ0 )F −1 (1 − α)
√
(κ − θ1 ) n = θ1 (1 − θ1 )F −1 (β)
164
A.6. EXERCICES DU CHAPITRE 6
et donc √
n = σF −1 (1 − α) − σF −1 (1 − η).
Pour que le membre de droite soit > 0 il faut α < η ce qui est raisonnable. Par ailleurs, une application
numérique donne n ≈ 29.
2. On regarde chaque test.
Cas aH1 : θ = 3. Dans ce cas le test est de la forme θ = 2 ⇔ X̄n < κ et on a donc le système
√ √ √
α = P(N (2, σ/ n) > κ) = 1 − F ( n(κ − 2)/σ) (κ − 2) n = σF −1 (1 − α)
√ √ ⇔ √
η = P(N (3, σ/ n) > κ) = 1 − F ( n(κ − 3)/σ) (κ − 3) n = σF −1 (1 − α)
Encore une fois, on peut répondre aux contraintes, mais on voit que plus ε est petit et plus il faut
√
prendre n grand puisque nε = σ(F −1 (η) − F −1 (α)).
Cas c : H1 : θ < 2. Dans ce cas le test est de la forme θ = 2 ⇔ X̄n > κ et puisque l’hypothèse alternative
est composite, il faut résoudre le système
√ √
α = P(N (2, σ/ n) < κ) = F ( n(κ − 2)/σ)
√ √ √
η = inf θ<2 P(N (θ, σ/ n) < κ) = inf θ<2 F ( n(κ − θ)/σ) = F ( n(κ − 2)/σ)
Donc dans ce cas, la puissance et égale au risque de première espèce ! Dans ce cas, les hypothèses nulle
et alternative sont trop “proches”, de telle sorte qu’on ne peut les distinguer avec certitude.
3. Par définition, dans le cas d’hypothèses simples le risque de première espèce est donné par
α = Pθ0 (Rejeter H0 ) = Pθ0 (Rejeter H0 ) = Pθ0 θ̂n − θ0 ≥ κ
et est donc décroissant en κ. A l’inverse, le risque de deuxième espèce est donné par
β = Pθ1 (Accepter H0 ) = Pθ1 (Accepter H1 ) = Pθ1 θ̂n − θ0 < κ
et est décroissant en κ. Ainsi, les risques de première et deuxième espèce varient en sens inverse. Fixer un
risque de première espèce très faible présente donc un problème si l’on ne rejette pas H0 : dans ce cas,
le risque de deuxième espèce est élevé ce qui correspond au fait que si H1 était vraie, alors la probabilité
d’accepter H0 serait élevée. Ainsi, avoir accepté H0 n’est pas significatif.
Exercice 6.4
1. Ces tests sont raisonnables car X̄n ainsi que Mn ont “tendance” à être plus grands sous H1 que sous
H0 : ainsi, plus ces statistiques seront petites et plus cela sera compatible avec H0 . Par ailleurs, sous H0 on
a X̄n → 12 et Mn → 1, ce qui justifie de prendre κX < 1/2 et κM < 1, avec les valeurs précises calculées
après.
√
2. Sous H0 , on a n(X̄n − 1/2) qui converge en loi vers une loi normale centrée et de variance σ 2 = 1/12
par le théorème central limite.
3. On a donc
165
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
(κM )n 1−α
η M = P1+ε Mn > κM = P1 (1 + ε)Mn > κM = 1 −
=1−
(1 + ε)n (1 + ε)n
5. Pour ε petit on a − ln(1 − η X ) < − ln(1 − η M ) et donc la puissance du test basé sur M est plus grande.
6. La statistique de test dans le test de Neyman–Pearson est donnée par le rapport des vraisemblances : ici,
on a L(θ; x) = θ−n 1 {0 ≤ x1 , . . . , xn ≤ θ} et donc
(1 + ε)−n
L(θ1 ; Xn ) si Mn ≤ 1,
=
L(θ0 ; Xn ) +∞ sinon.
et donc avec κ > (1 + ε)−n , on ne rejette H0 que lorsque Mn > 1 auquel cas on ne se trompe jamais : le
risque de première espèce est nul ! Si par contre κ < (1 + ε)−n alors on rejette tout le temps H0 si H0 est
vraie : on se trompe toujours ! Dans ce cas on ne peut donc fixer le risque de première espèce à une valeur
α ∈]0, 1[. Par ailleurs, la puissance du test vaut alors
1
η = P1+ε (1 < Mn < 1 + ε) = 1 −
(1 + ε)n
qui est du même ordre de grandeur que le test proposé à base de Mn .
,→ Exercice 6.5
qui vaut α puisque sous H0 , X et Y sont des variables normales centrées réduites indépendantes et donc
X 2 + Y 2 suit une loi du χ2 à 2 degrés de liberté.
166
A.6. EXERCICES DU CHAPITRE 6
√
3. Pour α = 5%, la région critique est donc l’intersection entre l’extérieur
√ du√disque de rayon 6 et le carré
2
[−2, 2] , qui n’est pas vide puisque le coin du carré est de coordonnée ( 8, 8).√
En revanche, pour α = 1% l’intersection entre l’extérieur du disque de rayon 9 = 3 et le carré [−2, 2]2
est vide. Cela signifie que dans ce cas, une seule observation ne permet pas de rejeter H0 avec un risque de
première espèce inférieure à 1%.
Si l’on impose l’hypothèse de symétrie 1−FnX −1,nY −1 (κ+ ) = FnX −1,nY −1 (κ− ), on obtient κ+ = Fn−1
X −1,nY −1
(1−
α/2). On remarque donc que la forme du test est dictée par H1 .
Pn Pn
4. On a (n − 2)S 2 /σ 2 = X
k=1
(Xk − X̄)2 /σ 2 + k=1
Y
(Yk − Ȳ )2 /σ 2 . Chaque somme suit une loi du χ2 à
nX − 1 et nY − 1 degrés de liberté, et comme les Xi et les Yi sont indépendants la somme totale et donc
(n − 2)S 2 /σ 2 suit une loi du χ2 à n − 2 degrés de liberté.
2
Par ailleurs, X̄ − Ȳ suit une loi normale de moyenne mX − mY et de variance σX /nX + σY2 /nY = σ 2 (1/nX +
1/nY ).
5. On sait d’après le cours sur les vecteurs gaussiens que SX et X̄ sont indépendants, painsi que SY et Ȳ . Il
s’ensuit donc bien que S est indépendante de X̄ et Ȳ . Ainsi, (X̄ − Ȳ − mX + mY )/(σ 1/nX + 1/nY ) suit
une loi normale centrée réduite et est indépendante de (n − 2)S 2 /σ 2 qui suit une loi du χ2 à n − 2 degrés
de liberté : ainsi,
p
(X̄ − Ȳ − mX + mY )/(σ 1/nX + 1/nY ) X̄ − Ȳ − mX + mY
p = p
((n − 2)S 2 /σ 2 )/(n − 2) S 1/nX + 1/nY
167
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
avec Tn−2 la fonction de répartition de la loi de Student à n − 2 degrés de liberté. Ainsi, on a prouvé dans
la question précédente que pour ce test,
!
|X̄ − Ȳ | −1
PH0 (Rejeter H0 ) = PH0 p ≥ Tn−2 (1 − α/2)
S 1/nX + 1/nY
−1 −1
= 1 − Tn−2 (Tn−2 (1 − α/2)) + Tn−2 (−Tn−2 (1 − α/2))
−1
= 1 − (1 − α/2) + Tn−2 (Tn−2 (1 − α/2))
= α/2 + α/2
=α
et on contrôle donc bien le risque de première espèce. Pour la troisième égalité, on a utilisé la relation
−1 −1
Tn−2 (x) = −Tn−2 (1 − x). En effet
−1 −1 −1
Tn−2 (x) = −Tn−2 (1 − x) ⇐⇒ x = Tn−2 −Tn−2 (1 − x)
−1
⇐⇒ x = 1 − Tn−2 Tn−2 (1 − x)
où la deuxième équivalence provient de la symétrie de Tn−2 : pour tout x, Tn−2 (x) + Tn−2 (−x) = 1.
,→ Problème 6.7
1. Les variables aléatoires sont indépendantes et de même loi N (µ, σ 2 ), avec µ inconnu.
Pn
2. L’estimateur de la moyenne empirique µ̂n = n1 i=1
Xi est un estimateur sans biais de µ. Dans ce modèle,
c’est également l’estimateur du maximum de vraisemblance. La loi de µ̂n est la loi gaussienne N (µ, σ 2 /n).
3. On considère l’hypothèse nulle H0 : µ ≤ µ0 (le nouveau modèle n’est pas plus performant que l’ancien)
et l’hypothèse alternative H1 : µ > µ0 ce qui donne un test de la forme
Rejeter H0 ⇐⇒ µ̂n ≥ κ
√
Comme µ̂n est de loi gaussienne N (µ, σ 2 /n), n(µ̂n − µ)/σ est centre réduit et il vient
√
κ−µ
Pµ (µ̂n ≥ κ) = 1 − F n
σ
avec F la fonction de répartition de N (0, 1). On remarque que µ 7→ Pµ (µ̂n ≥ κ) est une fonction croissante
de µ et donc supµ≤µ0 Pµ (µ̂n ≥ κ) = Pµ0 (µ̂n ≥ κ). Pour un seuil α, κ est donc déterminé par l’équation :
√
κ − µ0
α=1−F n
σ
√
soit κ = µ0 + σF −1 (1 − α)/ n. Pour l’application numérique, on a α = 5%, F −1 (1 − α) ≈ 1.64 et
κ ≈ 123.9 > µ̂n = 123.5.
4. On évalue l’erreur de deuxième espèce, β, pour µ1 = 1.05µ0 , c’est-à-dire la probabilité de rejeter le
nouveau modèle sachant que l’annonce du représentant est exacte et donc que le nouveau modèle est plus
performant de 5%. Elle est définie par :
√ √
n(µ̂n − µ1 ) n(κ − µ1 )
β = Pµ1 (µ̂n < κ) = Pµ1 < .
σ σ
Sous Pµ1 , µ̂n ∼ N (µ1 , σ 2 /n) et donc, poursuivant les calculs précédents, on obtient
√ √
n(κ − µ1 ) −1 n(µ0 − µ1 )
β=F = F F (1 − α) + .
σ σ
168
A.6. EXERCICES DU CHAPITRE 6
L’application numérique donne β ≈ 19.5%. Il s’agit du risque du vendeur, i.e. le risque que sa machine ne
soit pas achetée alors qu’elle est 5% meilleure que l’ancienne.
5. L’hypothèse nulle est alors H00 : µ = µ1 , et l’hypothèse alternative H1 : µ ≤ µ0 . Dans ce cas, le test est
de la forme
Rejeter H0 ⇐⇒ µ̂n ≤ κ0
et l’erreur de première espèce est :
√ κ 0 − µ1
Pµ1 (µ̂n ≤ κ0 ) = F n .
σ
Pour α = 5%, on obtient κ0 ≈ 122.0 < µ̂n = 123.5. On accepte donc H00 : le nouveau modèle est donc plus
performant que l’ancien de 5% en moyenne. Le risque de deuxième espèce maximal est alors ;
6. A FAIRE
1. L’objet du test est la valeur P(X > 0) et les hypothèses H0 et H1 se formulent à partir de ce paramètre.
La variable Sn+ est le nombre d’observations positives parmi l’échantillon. Lorsque n tend vers l’infini, Sn+ /n
converge presque sûrement vers P(X > 0) qui vaut 1/2 sous l’hypothèse H0 . Il est donc naturel de comparer
Sn+ et n/2 pour formuler une règle de rejet de l’hypothèse nulle.
2. Sous l’hypothèse H0 , les variables 1 {X1 > 0} , . . . , 1 {Xn > 0} sont indépendantes et de même loi de
Bernoulli de paramètre 1/2. Leur somme Sn+ suit une loi binomiale B(n, 1/2) qui ne dépend pas de la loi de
X.
3. Par définition de la règle de test et comme kα < n/2,
D’après la question précédente, si B désigne une variable aléatoire de loi B(n, 1/2), alors
car B et n − B ont la même loi. Ainsi, pour assurer un risque de première espèce inférieur à α, il suffit de
prendre kα comme le plus grand entier tel que P(B ≤ kα ) ≤ α/2.
4. Par définition d’une loi de probabilité, nous savons que
169
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
Par hypothèse, la loi de X est absolument continue et nous avons P(X = 0) = 0. De plus, sous H00 , les
variables X et −X ont la même loi et donc P(X < 0) = P(−X < 0) = P(X > 0). Ainsi, nous obtenons
P(X > 0) = 1/2 sous l’hypothèse H00 . Ce résultat dit que H00 implique H0 mais la réciproque n’est pas vraie
car il existe des lois de probabilité telles que P(X > 0) = 1/2 qui ne sont pas symétriques. Par exemple,
il suffit de considérer la loi de E − ln(2) où E suit une loi exponentielle E(1). Le test de H00 contre H10 est
bien distinct du précédent et ses hypothèses ne peuvent pas se formuler à partir d’un simple paramètre. En
effet, l’hypothèse H00 est vraie pour toute loi symétrique et cela ne peut pas s’exprimer à partir d’une simple
valeur calculée avec la loi de X. Il s’agit donc bien d’un test non paramétrique.
5. Puisque les variables aléatoires X1 , . . . , Xn sont absolument continues, indépendantes et de même loi,
il en va de même pour les valeurs absolues |X1 |, . . . , |Xn |. En particulier, cela implique que la probabilité
d’observer deux réalisations égales est nulle et que les rangs sont bien définis presque sûrement. Ainsi, la
séquence (R1 , . . . , Rn ) est bien une permutation aléatoire de l’ensemble {1, . . . , n}. Le caractère uniforme
de cette permutation provient de l’échangeabilité des variables aléatoires |X1 |, . . . , |Xn |, c’est-à-dire du fait
que, pour toute permutation déterministe σ de {1, . . . , n}, la loi du vecteur aléatoire (|Xσ(1) |, . . . , |Xσ(n) |)
est la même que celle de (|X1 |, . . . , |Xn |). Ainsi,
1
P(|Xσ(1) | ≤ · · · ≤ |Xσ(n) |) = P(|X1 | ≤ · · · ≤ |Xn |) =
n!
où la dernière égalité découle du fait que
X
P(|Xσ(1) | ≤ · · · ≤ |Xσ(n) |) = 1.
σ permutation de {1,...,n}
Puisque une permutation des réalisations X1 , . . . , Xn ne modifie pas la suite des valeurs absolues classées
par ordre croissant, il vient que la séquence (R1 , . . . , Rn ) est uniforme parmi toutes les permutations de
{1, . . . , n} quelque soit la loi de X.
6. Soit j ∈ {1, . . . , n}, pour calculer la probabilité P(Rk = j), il suffit de dénombrer le nombre de permuta-
tions de {1, . . . , n} telles que |Xk | occupe la jème place puisque la permutation des rangs est uniforme. Il
est évident qu’il y a (n − 1)! telles permutations et donc Rk suit bien la loi uniforme sur {1, . . . , n} puisque
(n − 1)! 1
P(Rk = j) = = .
n! n
Sous H00 , Xk et −Xk ont la même loi et admettent la même valeur absolue |Xk |. Le rang Rk de cette valeur
absolue est donc indépendant du signe de Xk .
7. La variable Wn+ est la somme d’un sous-ensemble des entiers allant de 1 à n. Elle est donc positive et sa
valeur maximale est donnée par
n n
X X n(n + 1)
Wn+ ≤ Rk k= .
2
k=1 k=1
Nous avons vu que la loi des rangs R1 , . . . , Rn ne dépend pas de la loi de X. De plus, sous l’hypothèse H00 , la
loi de Rk est indépendante du signe de Xk donc les variables Rk 1 {Xk > 0} et Rk 1 {Xk < 0} ont la même
loi. Il en découle que la loi de Wn+ ne dépend pas de celle de X.
8. De manière symétrique pour les réalisations négatives, nous pouvons définir la variable
n
X
Wn− = Rk 1 {Xk < 0} .
k=1
Sous H00 , Wn+ et Wn− admettent la même loi puisque celle-ci ne dépend pas du signe des réalisations. Si W
désigne la valeur prise par Wn+ , alors n(n+1)
2
− W est celle de Wn− et cela répond à la question.
9. À l’aide de la question précédente et de la même façon que dans la question 3, nous obtenons que
170
A.6. EXERCICES DU CHAPITRE 6
10. Il s’agit d’une conséquence immédiate de l’indépendance entre X et Y et du fait que ces variables
admettent la même loi sous H000 .
11. Il suffit de considérer le test des rangs de Wilcoxon construit à partir des réalisations Z1 = X1 −
Y1 , . . . , Zn = Xn − Yn et calibré avec la loi Wn pour assurer un risque de première espèce inférieur à α.
En particulier,
d−1
X
Nn(d) − npd = − (Nn(j) − npj )
j=1
(j)
3. Pour tout j ∈ {1, . . . , d − 1}, la variable X1 suit une loi de Bernoulli de paramètre pj donc Σ∗jj =
(j) (j) (j)
Cov(X1 , X1 ) = Var(X1 ) = pj (1 − pj ). Soit k ∈ {1, . . . , d} distinct de j, nous savons, par définition
(j) (k)
de la loi multinomiale, que les variables X1 et X1 ne peuvent pas être simultanément non nulles. Ainsi
(j) (k)
X1 X1 = 0 et la covariance vaut
4. En tant que matrice de covariance inversible, Σ∗ est symétrique définie positive et il en va de même pour
son inverse. La racine carrée (Σ∗ )−1/2 est donc bien définie et nous retrouvons Dn ,
∗
>
∗ −1/2 Nn − np∗ ∗
∗ −1/2 Nn − np∗ 1
Zn> Zn = (Σ ) √ (Σ ) √ = (Nn∗ − np∗ )> (Σ∗ )−1 (Nn∗ − np∗ ).
n n n
171
ANNEXE A. CORRECTION DES EXERCICES
6. Par continuité de l’application z ∈ Rd−1 7→ z > z, nous déduisons des questions précédentes que
L
Dn = Zn> Zn −−−−→ Z > Z.
n→∞
Puisque Z est un vecteur gaussien standard de dimension d − 1, la loi de Z > Z est une loi χ2 (d − 1) par
définition.
7. Notons Pq la loi de X1 sous (H0 ), les questions précédentes conduisent à
2
(j)
d N n − nqj
X
> sα −−−−→ P χ2 (d − 1) > sα = α.
Pq (Rejeter (H0 )) = Pq
nq j n→∞
j=1
(63 − 162 × 0.40)2 (49 − 162 × 0.35)2 (19 − 162 × 0.15)2 (31 − 162 × 0.10)2
dn = + + +
162 × 0.40 162 × 0.35 162 × 0.15 162 × 0.10
= 0.05 + 1.05 + 1.16 + 13.52 = 15.77.
Comme 15.77 > 7.81, nous rejetons l’hypothèse nulle d’adéquation des données au vecteur de probabilité
proposé.
9. Nous calculons
d−1 d−1
1 1 XX
(Nn∗ − np∗ )> M (Nn∗ − np∗ ) = Mjk Nn(j) − npj Nn(k) − npk
n n
j=1 k=1
d−1
1X 1 1 2
= + Nn(j) − npj
n pj pd
j=1
d−1
1 XX 1
Nn(j) − npj Nn(k) − npk
+
n pd
j=1 k6=j
2
(j) !2
d−1 Nn − npj d−1
X 1 X
= + (Nn(j) − npj ) = Dn .
npj npd
j=1 j=1
pj (1 − pj ) pj
= 1 − pj + − (1 − pj − pd ) = 1.
pd pd
Prenons k ∈ {1, . . . , d − 1} distinct de j, alors
d−1
X
(M Σ∗ )jk = Mjj Σ∗jk + Mjk Σ∗kk + Mj` Σ∗`k
`=1,`6=j,`6=k
d−1
1 1 pk (1 − pk ) pk X
=− + pj pk + − p`
pj pd pd pd
`=1,`6=j,`6=k
pj pk pk (1 − pk ) pk
= −pk − + − (1 − pj − pk − pd ) = 0.
pd pd pd
Ainsi M Σ∗ = Id−1 et nous obtenons que M est la matrice inverse de Σ∗ .
172
Annexe B
Les pages suivantes présentent la définition des lois discrètes et absolument continues les plus
usuelles, avec leur domaine de définition et leurs transformées.
173
Probabilité élémentaire Fonction de Fonction
Loi Paramètre Support Espérance Variance
P(X = k) répartition FX (x) caractéristique ϕX (t)
1 x n+1 n2 − 1 1 − eint
Uniforme n ∈ N∗ {1, . . . , n}
n n 2 12 n(e−it − 1)
( (
Bernoulli p ∈]0, 1[ {0, 1} p si k = 1 1 − p si x = 0 p p(1 − p) peit + 1 − p
1 − p si k = 0 1 si x = 1
X x
n k
n ∈ N∗ ,
n k p (1 − n
Binomiale {0, . . . , n} p (1 − p)n−k k np np(1 − p) peit + 1 − p
p ∈]0, 1[ k=0
k
p)n−k
ANNEXE B. TABLEAU DES LOIS USUELLES
174
Géométrique p ∈]0, 1[ N∗ (1 − p)k−1 p 1 − (1 − p)x 1 1−p peit
p p2 1 − eit + peit
x
Poisson µ>0 N µk X µk µ µ exp −µ(1 − eit )
e−µ e−µ
k! k!
k=0
Table B.1 – Lois discrètes classiques : dans les colonnes probabilité élémentaire et fonction de répartition, on ne considère que k et x dans le
1
support. De manière plus générale, la loi uniforme est définie sur n’importe quel ensemble fini A et est définie par P(X = a) = |A| . Puisque
toutes les lois présentées sont des lois sur N, leur transformée de Laplace LX et fonction génératrice ϕX sont aussi définies. Elles s’obtiennent
directement à partir de la fonction caractéristique : LX (λ) = ϕX (iλ) et φX (z) = LX (− ln z).
Fonction de Fonction
Loi Paramètre Support Densité fX (x) Espérance Variance
répartition FX (x) caractéristique ϕX (t)
Uniforme 1 x−a a+b (b − a)2 eitb − eita
a<b [a, b]
(continue) b−a b−a 2 12 it(b − a)
m∈R Z x
Normale R 1 (x − m)2 m σ2 1 2 2
σ>0 exp − fX (y)dy exp − t σ + itm
(2πσ 2 )1/2 2σ 2 −∞ 2
175
Exponentielle λ>0 [0, ∞[ λe −λx
1 − e−λx 1 1 λ
λ λ2 λ − it
Z x α α −α
Gamma α, β > 0 [0, ∞[ β α α−1 −βx it
x e fX (y)dy 1−
Γ(α) 0
β β2 β
Table B.2 – Lois absolument continues classiques : dans les colonnes densité et fonction de répartition, on ne considère que x dans le support.
Bibliographie
[1] R. J. Serfling, Approximation theorems of mathematical statistics, John Wiley & Sons, Inc.,
New York, 1980. Wiley Series in Probability and Mathematical Statistics.
[2] A. W. van der Vaart, Asymptotic statistics, vol. 3 of Cambridge Series in Statistical and
Probabilistic Mathematics, Cambridge University Press, Cambridge, 1998.
177
Adresse postale
ISAE-SUPAERO
10 avenue É. Belin – BP 54032
31055 Toulouse CEDEX 4 – France
Téléphone
33 (0)5 61 33 80 80
Site internet
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