DM SUR LES SUBORDONNÉES À RENDRE POUR LE 6/03/2023
Exercice 1 : Niveau Débutant /10
Mettez entre crochets les subordonnées, surlignez le mot subordonnant
qui les introduit, soulignez leur antécédent et précisez à chaque fois la
nature de la subordonnée ET du mot subordonnant. Si c’est
circonstancielle = précisez la valeur = circonstancielle de temps.
Ex : Il faut [qu’il soit plus sérieux.] Nature : subordonnée complétive
1- Cette élève qui porte un pull est brillante.
2- Il faut qu’il soit plus sérieux.
3- Il se demande s’il doit arriver plus tôt.
4- Le livre que nous lisons en classe est passionnant et le film dont je vous ai
parlé est écrit à partir de ce livre.
5- Les élèves sont heureux parce qu’ils ont leur brevet.
6- Dès que je pars, mon chien va se coucher.
7- Il croit qu'il doit retourner dans cette soirée où il a retrouvé sa magnifique
collègue qui portait une robe à paillette dont il est amoureux depuis qu’il
est arrivé dans son entreprise, il y a deux ans.
Exercice 2 : Niveau moyen /4
Analyser la subordonnée surlignée. Suivre les mêmes étapes que
l’exercice 1.
Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa
grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses,
l'exemple de cet empire tyrannique.
Exercice 3 : Niveau Expert /6
Construire des subordonnées avec les consignes en bleu que je vous
donne. Justifiez vos choix.
Ex : « Il est probable qu’ils le feront […] maladroitement car ils auront
peur du peu de temps que tu leur donnes »= créer une subordonnée et
principale avec ces deux indépendantes.
Réponse = « Il est probable qu’ils le feront […] maladroitement puisqu’
ils auront peur du peu de temps que tu leur donnes. (La première
proposition devient la principale et la deuxième devient une
subordonnée circonstancielle de cause introduite par la conjonction de
subordination puisque).
Je ne disais rien, on règle le départ de Louis, il veut partir, je l’accompagne,
je dis qu’on l’accompagne, rien de plus. = Subordonnée de conséquence
Tu serais un peu responsable, et ils deviendraient à leur tour, ils
deviendraient des tricheurs à part entière. = Une subordonnée de condition &
subjonctif
Je parle beaucoup quand il y a quelqu'un, mais le reste du temps, non, sur la
durée cela compense, je suis proportionnellement plutôt silencieuse =
Subordonnée de concession
Exercice 4 : Niveau Diabolique /10
Relevez toutes les subordonnées et analysez-les.(Comme exercice 1).
« Pendant qu'il disait ces mots, M. de Norpois était, pour quelques secondes
encore, dans la situation de toutes les personnes qui, m'entendant parler de
Swann comme d'un homme intelligent, de ses parents comme d'agents de
change honorables, de sa maison comme d'une belle maison, croyaient que je
parlerais aussi volontiers d'un autre homme aussi intelligent, d'autres agents de
change aussi honorables, d'une autre maison aussi belle ; c'est le moment où un
homme sain d'esprit qui cause avec un fou ne s'est pas encore aperçu que c'est
un fou. M. de Norpois savait qu'il n'y a rien que de naturel dans le plaisir de
regarder les jolies femmes, qu'il est de bonne compagnie, dès que quelqu'un
nous parle avec chaleur de l'une d'elles, de faire semblant de croire qu'il en est
amoureux, de l'en plaisanter et de lui promettre de seconder ses desseins. »
Marcel Proust, A l’ombre d’une jeune fille en fleur.
Bonus Exercice 5 : #Objectifdépasserleprof /20
Je vous partage une phrase. Sachez qu’elle est issue de « Sodome et Gomorrhe » , le tome V de la
Recherche écrite par Proust ! La plus longue phrase de la langue française. 856 mots, oui ce texte
n’est qu’une seule phrase…. Vous pouvez vous amuser à chercher les subordonnées.
« Sans honneur que précaire, sans liberté que provisoire, jusqu’à la découverte du crime ; sans
situation qu’instable, comme pour le poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les
théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer
sa tête, tournant la meule comme Samson et disant comme lui : “Les deux sexes mourront chacun de
son côté” ; exclus même, hors les jours de grande infortune où le plus grand nombre se rallie autour de
la victime, comme les juifs autour de Dreyfus, de la sympathie – parfois de la société – de leurs
semblables, auxquels ils donnent le dégoût de voir ce qu’ils sont, dépeint dans un miroir, qui ne les
flattant plus, accuse toutes les tares qu’ils n’avaient pas voulu remarquer chez eux-mêmes et qui leur
fait comprendre que ce qu’ils appelaient leur amour (et à quoi, en jouant sur le mot, ils avaient, par
sens social, annexé tout ce que la poésie, la peinture, la musique, la chevalerie, l’ascétisme, ont pu
ajouter à l’amour) découle non d’un idéal de beauté qu’ils ont élu, mais d’une maladie inguérissable ;
comme les juifs encore (sauf quelques-uns qui ne veulent fréquenter que ceux de leur race, ont
toujours à la bouche les mots rituels et les plaisanteries consacrées) se fuyant les uns les autres,
recherchant ceux qui leur sont le plus opposés, qui ne veulent pas d’eux, pardonnant leurs rebuffades,
s’enivrant de leurs complaisances ; mais aussi rassemblés à leurs pareils par l’ostracisme qui les
frappe, l’opprobre où ils sont tombés, ayant fini par prendre, par une persécution semblable à celle
d’Israël, les caractères physiques et moraux d’une race, parfois beaux, souvent affreux, trouvant
(malgré toutes les moqueries dont celui qui, plus mêlé, mieux assimilé à la race adverse, est
relativement, en apparence, le moins inverti, accable celui qui l’est demeuré davantage), une détente
dans la fréquentation de leurs semblables, et même un appui dans leur existence, si bien que, tout en
niant qu’ils soient une race (dont le nom est la plus grande injure), ceux qui parviennent à cacher
qu’ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu’ils ne détestent pas, que pour
s’excuser, et allant chercher comme un médecin l’appendicite l’inversion jusque dans l’histoire, ayant
plaisir à rappeler que Socrate était l’un d’eux, comme les Israélites disent de Jésus, sans songer qu’il
n’y avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme, pas d’anti-chrétiens avant le Christ,
que l’opprobre seul fait le crime, parce qu’il n’a laissé subsister que ceux qui étaient réfractaires à
toute prédication, à tout exemple, à tout châtiment, en vertu d’une disposition innée tellement spéciale
qu’elle répugne plus aux autres hommes (encore qu’elle puisse s’accompagner de hautes qualités
morales) que de certains vices qui y contredisent comme le vol, la cruauté, la mauvaise foi, mieux
compris, donc plus excusés du commun des hommes ; formant une franc-maçonnerie bien plus
étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celle des loges, car elle repose sur une identité de
goûts, de besoins, d’habitudes, de dangers, d’apprentissage, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans
laquelle les membres mêmes, qui souhaitent de ne pas se connaître, aussitôt se reconnaissent à des
signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au
mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de sa voiture, au père dans le fiancé de sa
fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le
prêtre, dans l’avocat qu’il est allé trouver; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant leur part d’un
secret des autres que le reste de l’humanité ne soupçonne pas et qui fait qu’à eux les romans
d’aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, anachronique,
l’ambassadeur est ami du forçat : le prince, avec une certaine liberté d’allures que donne l’éducation
aristocratique et qu’un petit bourgeois tremblant n’aurait pas en sortant de chez la duchesse, s’en va
conférer avec l’apache ; partie réprouvée de la collectivité humaine, mais partie importante,
soupçonnée là où elle n’est pas, étalée, insolente, impunie là où elle n’est pas devinée; comptant des
adhérents partout, dans le peuple, dans l’armée, dans le temple, au bagne, sur le trône; vivant enfin, du
moins un grand nombre, dans l’intimité caressante et dangereuse avec les hommes de l’autre race, les
provoquant, jouant avec eux à parler de son vice comme s’il n’était pas sien, jeu qui est rendu facile
par l’aveuglement ou la fausseté des autres, jeu qui peut se prolonger des années jusqu’au jour du
scandale où ces dompteurs sont dévorés ; jusque-là obligés de cacher leur vie, de détourner leurs
regards d’où ils voudraient se fixer, de les fixer sur ce dont ils voudraient se détourner, de changer le
genre de bien des adjectifs dans leur vocabulaire, contrainte sociale, légère auprès de la contrainte
intérieure que leur vice, ou ce qu’on nomme improprement ainsi, leur impose non plus à l’égard des
autres mais d’eux-mêmes, et de façon qu’à eux-mêmes il ne leur paraisse pas un vice. »