MODULE
DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE LOCAL ET
REGIONAL
Animateur: Dr. Aichatou DIARRA
03 Décembre 2024
OBJECTIVE DU COURS
Familiariser l'étudiant avec les concepts, les méthodes, les axes
d'intervention et les pratiques du développement local
Acquérir des compétences pour intervenir plus efficacement dans le
développement social et économique de sa localité, de sa ville, de son
quartier ou de sa région.
Connaitre la structure économique ainsi que les principaux problèmes
et défis de l'économie du Mali pour favoriser le développement
économique local
PLAN DU COURS
CHAPITRE I : INTRODUCTION
CHAPITRE II : DEFINITION DES CONCEPTS
CHAPITRE III : HISTORIQUE DU DEL ET DU DER
CHAPITRE IV : PLANIFICATION STRATEGIQUE DU DEL
CHAPITRE V : ETAT DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Développement : En économie, le concept de développement porte le sens de progrès
économique, d'enrichissement perpétuel d'une société, d'un groupe social, d'une personne.
S'il y a une amélioration des conditions de vie, ce n'est pas par hasard.
Les sociétés sont l'objet d'interventions de la part d'acteurs économiques (des
entrepreneurs), publics (les différents paliers de gouvernement), sociaux (les syndicats,
l'Église, le communautaire) pour faire en sorte que les conditions de vie s'améliorent.
Tous les acteurs ne travaillent pas nécessairement dans le même sens, à partir des mêmes
objectifs, mais, de l'interaction de leurs interventions, l'environnement social,
économique ou politique d'une société s'améliore où se dégrade
Le concept de développement tient son origine de l'environnement intellectuel qui
conduit, au XVIIIe et au XIXe siècles, à la production de théories sur l'évolution
biologique (Lamarck, Darwin), sur l'évolution sociale (Spencer, Morgan) et sur la lutte
des classes (Marx, Engels)
INTRODUCTION
L'économie est définie, entre autres, comme "la science qui étudie la production, la
répartition et la circulation des richesses"
La science économique se développe en faisant sienne l'idée de progrès, c'est-à-dire
l'idée de l'existence d'un mouvement inéluctable de la matière, de la connaissance et des
institutions de formes simples vers des formes complexes. Une perception du progrès qui
se traduit par une vision linéaire de l'histoire : il n'y a qu'un chemin qui conduit du
simple au complexe (de l'économie primitive à l'économie moderne), ce chemin
détermine les étapes de la croissance (tout doit passer en somme par les mêmes
moments, par les mêmes étapes)
Pour illustrer un produit récent de cette façon de penser reprenons les étapes de la
croissance économique de Rostow,
INTRODUCTION
Pour Rostow, "la croissance économique peut se ramener à cinq grandes étapes qui se
succèdent dans un ordre unique déterminé d'avance.
Les cinq étapes qu’il a définies sont :
1) la société traditionnelle : C'est une société stationnaire dont l'agriculture, activité
principale (75% au minimum de la population active est engagée dans la production de
denrées alimentaires), a imposé une structure sociale fondée sur la propriété foncière;
2) l’accumulation des conditions préalables au décollage (take-off) : Cette étape se
caractérise par de profondes mutations dans les trois secteurs non industriels : les
transports, l’agriculture et le commerce extérieur. On assiste à la mise en place de
structures favorables au développement notamment par le développement du système
bancaire et la création de l'infrastructure nécessaire au développement industriel
INTRODUCTION
Rostow souligne le rôle "moteur" dévolu au secteur agricole qui par les gains de
productivité qu'il enregistre permet de nourrir une population croissante, assure les
exportations nécessaires à l'équilibre des échanges extérieurs et autorise la réunion
des conditions nécessaires au développement industriel.;
3) le décollage : « Le décollage est la période pendant laquelle la société finit par
renverser les obstacles et les barrages qui s'opposaient à sa croissance régulière. Les
facteurs de progrès économique, qui jusqu'ici n'ont agi que sporadiquement et avec
une efficacité restreinte, élargissent leur action et en viennent à dominer la société. La
croissance devient la fonction normale de l'économie. Les intérêts composés
s'intègrent dans les coutumes et dans la structure même des institutions ». Cette étape
cruciale est d’une durée relativement brève : une à deux décennies;
4) le progrès vers la maturité: C'est une période de progrès soutenu au cours de
laquelle la croissance gagne l’ensemble des secteurs de l’économie et on assiste à une
mise en œuvre plus générale des techniques modernes;
INTRODUCTION
5) l’âge de la consommation de masse: « La production de biens de consommation
durables et les services deviennent progressivement les principaux secteurs de
l'économie » . Les objectifs de la société évoluent vers la consommation et le bien-
être. A ce stade, les Etats peuvent privilégier trois différentes politiques:
- la recherche de la puissance et de l'influence extérieure,
- la création d'un Etat providence,
- l'élévation des niveaux de consommation « dépassant les besoins alimentaires,
le logement et les vêtements nécessaires ».
Le développement renvoie ainsi à l'ensemble des facteurs, internes et externes,
qui agissent sur l'évolution qualitative et quantitative de l'environnement social,
économique, politique et culturel d'un espace national
INTRODUCTION
5) l’âge de la consommation de masse: « La production de biens de consommation
durables et les services deviennent progressivement les principaux secteurs de
l'économie » . Les objectifs de la société évoluent vers la consommation et le bien-
être. A ce stade, les Etats peuvent privilégier trois différentes politiques:
- la recherche de la puissance et de l'influence extérieure,
- la création d'un Etat providence,
- l'élévation des niveaux de consommation « dépassant les besoins alimentaires,
le logement et les vêtements nécessaires ».
Le développement renvoie ainsi à l'ensemble des facteurs, internes et externes,
qui agissent sur l'évolution qualitative et quantitative de l'environnement social,
économique, politique et culturel d'un espace national
DÉFINITIONS DES
CONCEPTS
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Il existe trois grandes théories du développement économique : la théorie
classique, la théorie néo-classiques et la théorie marxiste.
I. La théorie classique
Les principaux représentant: Adams Smith (1723-1790) David Ricardo (1772-
1823) Thomas Malthus (1766-1834) Jean Batiste Say (1767-1832) John Stuart
Mill (1806- 1873)
Au plan historique, la période classique s'étend de 1776 à 1870 environ
La théorie classique est une théorie de la croissance économique sans progrès
technique
Technique: est une méthode ou un procédé, utilisée dans la production.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Adams Smith fondateur de la théorie économique moderne (Recherches sur la
nature et les causes de la richesse des nations,1776).
Selon l’auteur, la spécialisation dans la production, la division du travail, résulte
de la propension naturelle des êtres humains à « troquer, vendre et échanger «.
Autrement le commerce international est la manifestation de la division du
travail entre nations qui prolongea la division du travail entre individus au sein
de la firme et celle entre firmes au sein de la nation. Dans cette atmosphère de «
laisser faire », la « main invisible » de leur désir de maximiser les profits
dirigeait les ressources vers les utilisations les plus efficaces c’est-à-dire les plus
productives
Pour faire du profit un agent économique utilise des techniques de production.
L’utilisation des nouveaux équipements ne constitue pas un progrès technique
car il n’y a pas eu de changements dans la technologie connue
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Le progrès technique est l’invention ou la découverte d’une technologie
nouvelle plus productive et son introduction dans la production.
Pour les économistes classiques tel que David Ricardo (1772-1823) Thomas
Malthus (1766-1834), l’accumulation de capital est le moteur de la croissance
négligeant le fait qu’elle n’était si productive car un processus distinct « le
progrès technique » l’accompagnait. Ils étudièrent les effets de l’accumulation
du capital et de la croissance de la population en l’absence de progrès technique.
Les économistes classiques distinguaient trois facteurs de production : la terre,
le capital, et le travail.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
II. Théorie néoclassique
Les principaux représentant: Léon Walras (1834-1919), Alfred Marshal (1842,
1924), William Stanley Jevons (1835-1882), Francis Edgeworth(1845-1926),
Carl Menger (1840-1921), Vilfredo Pareto(1848 -1923) , Arthur Cecil
Pigou(1877-1959), Paul Anthony Samuelson (1915-2009)
Les néoclassiques reprennent les classiques, avec lesquels ils s’accordent sur
certains concepts (liberté économique, concurrence, primauté de l'initiative
individuelle ou encore mise en place d’un Etat gendarme). Ils croient ainsi,
comme les classiques, en la supériorité du libéralisme économique ; la libre
concurrence doit en effet permettre à l’économie de marché de s’autoréguler.
Les lois naturelles de l’économie s'épanouissent ainsi, sans intervention de
l’Etat.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Mais les néo-classiques abandonnent néanmoins quelques théories classiques
(ex : théorie de la valeur travail), et bouleversent les analyses de l’économie
politique classique (celles de Ricardo notamment). Pour eux en effet, la société
n'est pas divisée en classes sociales, mais simplement composée d’individus
dont le comportement individuel doit être analysé ; ils prennent donc en compte
leur volonté ou non de travailler, celle de maximiser leur profit en fonction des
ressources dont ils disposent, etc.
La théorie de la valeur travail est abandonnée au profit de la valeur-utilité. Pour
les néo-classiques, c’est seulement en fonction de l’utilité d’un bien économique
que celui-ci est évalué ; la rareté du bien devient un élément primordial à
prendre en compte. La valeur des biens n'est donc plus définie par leur utilité
globale mais par la chance qu'a un agent économique de se les procurer.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Les néo-classiques passent d'une conception objective de la valeur, qui était la
valeur travail, à une conception subjective, qui est la valeur utilité. La valeur des
biens n'est pas déterminée par la quantité totale des produits que l'on peut
acquérir mais par le coût nécessaire à sa production (production de la dernière
unité). L’utilité de la dernière unité consommée de chaque bien est appelée
utilité marginale ; c'est elle qui permet de déterminer sa valeur. Ce concept se
situe au carrefour entre la notion d'utilité et celle de rareté
Les néoclassiques s’intéressaient à la contribution de la terre du travail et du
capital à la production et à la répartition des revenus issus de production entre
les salaires les profits et les rentes. Ils montre que la terre la main d’œuvre et le
capital physique n’étaient pas homogènes
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Dans les années 1870, trois économistes développent presque simultanément et sans se
concerter le concept d’utilité marginale. Ils sont à la base d’un courant de pensée
économique, le marginalisme, et sont considérés comme les fondateurs de l’Ecole
néoclassique.
❖ L’anglais William Stanley Jevons (1835-1882) publie en 1871 « Théorie de
l’économie politique« . Il propose une version utilitariste du marginalisme. Il est à
l’origine de la théorie de l’équilibre partiel. Ses successeurs à l’Ecole de Cambridge
sont Alfred Marshall, Arthur Cecil Pigou et Francis Edgeworth.
❖ L’autrichien Carl Menger (1840-1921), basé à Vienne, est l’auteur de « Fondements
de l’économie politique » (1871). On lui doit la version psychologique du
marginalisme: la théorie subjective de la valeur se base sur les motivations
psychologiques des individus. Il est le père de l’Ecole autrichienne, dont les
principaux représentants seront Eugen von Böhm-Bawerk et Friedrich von Wieser,
puis Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
❖ Le français Léon Walras (1834-1919) écrit en 1873 « Éléments d’économie
politique pure« . Il propose une version mathématique du marginalisme et
élabore un modèle d’équilibre général. Son successeur à l’Ecole de
Lausanne est Vilfredo Pareto.
Ces auteurs et écoles vont développer des éléments théoriques différents dont la
plupart sont encore dominants aujourd’hui.
❖ RESUME
Les économistes classiques voient tous les phénomènes économiques comme
interdépendants et veulent proposer une théorie générale intégrant tous les
phénomènes économiques. Ils croient à l'existence de lois valables à toutes les
époques et dans toutes les régions du monde et cherchent à les identifier. Leur
analyse est dynamique. Ils s’intéressent aux processus de production, d’échange,
de formation des prix, de formation des revenus, et non à d'hypothétiques états
d'équilibre.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Les néoclassiques quant à eux ont une théorie subjective : les phénomènes
économiques peuvent et doivent être étudiés à l’aide des mêmes méthodes que les
phénomènes physiques ; Les agents sont rationnels, leurs préférences peuvent être
identifiées et quantifiées ; Les agents cherchent à maximiser leur utilité, tandis
que les entreprises cherchent à maximiser leur profit ; Les agents agissent chacun
indépendamment, à partir d'une information complète et pertinente.
Les Néoclassiques sont à la fois en continuité et en rupture avec les auteurs
classiques. Ils ont en commun la croyance dans la supériorité du libéralisme
économique: le marché, soumis à la libre-concurrence (sans intervention de
l’Etat), permet une situation optimale pour tous. En revanche, les Néoclassiques
rejettent les théories de la valeur-travail et de la répartition qui étaient à la base de
l’analyse classique (du moins pour Smith et Ricardo).
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Le courant néoclassique apparaît au moment de la seconde révolution industrielle et de
l’émergence des mouvements ouvriers. Ceux-ci sont notamment inspirés par les idées de
Marx, qui publie « Le Capital » en 1867. Marx s’appuie sur les théories classiques de la
valeur-travail et de la répartition des revenus pour dénoncer le capitalisme et l’exploitation
des travailleurs. En rejetant Marx et la lutte des classes, les néoclassiques opèrent
également une rupture avec les théories classiques jusque-là dominantes.
III. Théorie marxiste
Le père fondateur est Karl Marx (1818-1883)
La théorie marxiste repose sur une analyse « matérialiste » de l’évolution de l’histoire. Ce
ne sont pas les idées qui sont prédominantes, mais les conditions matérielles et l’évolution
des modes de production. Autrement dit, c’est « l’infrastructure » économique, c’est-à-dire
la base économique de la société qui explique son évolution et non sa « superstructure »
idéologique, juridique et politique.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Les marxistes appréhendent l’économie comme une succession de modes de
production : le mode féodal a laissé place au mode de production capitaliste,
celui-ci sera remplacé par les modes de production socialiste et communiste.
Pour les marxistes, le capitalisme va en effet s’effondrer pour laisser place au
socialisme car il repose sur une contradiction essentielle : la « baisse
tendancielle du taux de profit ». Cette baisse progressive du profit s’explique
ainsi : ce qui donne de la valeur à un produit, c’est, pour Marx, le travail qui a
été nécessaire pour sa production. Mais les capitalistes doivent investir de plus
en plus dans les moyens de production (les machines, aujourd’hui les
ordinateurs, les robots…) pour faire face à la concurrence. Il faut donc de plus
en plus de capital pour financer ces investissements, mais la valeur des biens
produits n’augmente pas pour autant puisque cette valeur repose, selon la théorie
marxiste, sur le travail uniquement. Le taux de profit baisse ainsi
inévitablement.
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
Pour sauver leurs bénéfices, les capitalistes vont augmenter leur production et
baisser les salaires ou réduire le nombre de salariés qu’ils emploient. Ainsi, le
pouvoir d’achat global diminue alors que la production augmente. La
surproduction est donc inévitable et se généralise à tous les secteurs d’activité.
Miné par cette contradiction fondamentale, le système capitaliste court à sa
perte.
Mais pour faire « du passé table rase », il faudra une dictature du prolétariat et
une appropriation collective des moyens de production. L’État gérera alors
l’ensemble du système productif. Puis, stade ultime de cette évolution du
système économique, l’État disparaîtra et la richesse sera redistribuée « à chacun
selon ses besoins ». La société sera alors « communiste », la propriété sera
commune, il n’y aura plus de classes sociales et d’ « exploitation de l’homme
par l’homme ».
DÉFINITIONS DES CONCEPTS
La théorie économique de Karl Marx a pour but de démontrer que le capitalisme
aura inéluctablement une fin et que ses crises en sont la preuve. Cet objectif ne
prend tout son sens qu'au regard de son projet politique et de sa vision de
l'histoire comme une succession de modes de production. Dans un premier
temps, les rapports de production d'un mode donné (les relations que les
hommes entretiennent pour produire) faciliteraient le développement des forces
productives (le progrès technique). Puis ils le freineraient en provoquant des
crises de plus en plus graves. Enfin, ces rapports se disloqueraient pour laisser
surgir un nouveau mode. Ainsi, le capitalisme aurait émergé du féodalisme, se
serait consolidé avec la révolution industrielle à la fin du XVIIIe siècle et devrait
à terme laisser place au communisme
Ses œuvres ont été poursuivis après sa mort par Friedrich Engels à partir de
manuscrits plus ou moins épars.
Conclusion
Il est vrai « qu'aucun modèle n'est capable d'expliquer à lui seul toutes les
données », la multiplicité des théories est peut-être la condition pour affronter
les diverses facettes du réel.
La controverse est source d'enrichissement comme l'a largement montré
l'histoire récente de la discipline et que « d'importants progrès ont été réalisés en
raison même de la vivacité des controverses théoriques ». Une science qui
n'aurait pas de débat interne cesserait peut-être de vivre.
HISTORIQUE DU DEL ET
DU DER
HISTORIQUE DU DEL ET DU DER
L'origine, le développement économique local et régional était presque
exclusivement une affaire de politique gouvernementale nationale, qui
préconisait l'intervention directe dans l'économie.
Dans beaucoup de régions du monde, cette intervention a été réalisée par le biais
d’entreprises d’Etat. Dans des contextes plus démocratiques, les gouvernements
ont fait recours à des mesures incitatives dans leurs politiques de développement
économique, afin d’attirer des investissements dans des domaines tels que les
infrastructures ‘hard’ (par exemple, les routes, les télécommunications) ; ces
mesures incitatives sont souvent combinées avec des concessions comme les
allégements fiscaux, l’acquisition de terres à bon marché, des taux de services
réduits et même des compensations financières directes pour les entreprises et
les industries installées dans la localité.
L'idée à la base de ces premières stratégies de développement local était que
l’investissement public crée des emplois et en même temps procure des impôts.
HISTORIQUE DU DEL ET DU DER
Le DEL a commencé, au début des années 70, comme une politique municipale,
lorsque les villes ont pris conscience que les entreprises et les capitaux se
déplaçaient en fonction des avantages compétitifs offerts par les agglomérations.
En étudiant soigneusement leur tissu économique, les villes ont pris conscience
de leurs chances d’attirer des investissements et, en même temps, des obstacles
pouvant s’y opposer. Avec cette nouvelle intelligence, elles ont tenté de
renforcer leur tissu économique et leur bassin d’emploi en concevant et
exécutant des programmes et des projets stratégiques pour supprimer les
obstacles et faciliter les investissements. Aujourd’hui, les économies locales
sont confrontées à des situations plus difficiles.
HISTORIQUE DU DEL ET DU DER
A travers le monde, les collectivités locales, le secteur privé et la société civile
exigent de meilleures possibilités de réaliser le développement économique
local, qui constitue la pierre angulaire du développement durable.
Cette réalité est due au fait que les collectivités locales sont confrontées à la fois,
à davantage de réformes démocratiques et à une décentralisation plus poussée,
compte tenu des profondes mutations qui s’opèrent dans l’économie mondiale,
suite à la libéralisation du commerce, à la privatisation et aux progrès enregistrés
dans le domaine des télécommunications.
Ces mutations se traduisent, pour les citoyens et les administrations locales, par
de redoutables défis, des opportunités plus importantes et une responsabilité
croissante d’oeuvrer ensemble pour prendre en charge la santé économique des
municipalités et le bien-être des populations locales, dont beaucoup peuvent être
sous-employés, au chômage et en proie à la pauvreté.
HISTORIQUE DU DEL ET DU DER
Le DEL et le DER sont donc des approches de développement qui visent à
promouvoir la participation et l’inclusion dans la conception et la gestion du
développement local et régional en vue de promouvoir la prospérité économique
des populations.
Les deux approches permettent également d’évaluer et de mobiliser les moyens
existants en termes d’expertises techniques et de potentialités fiscales, d’une
part, et en termes d’opportunités à exploiter par les investisseurs locaux et
extérieurs, d’autre part.
DÉFINITION DU DEL ET DU DER
Les concepts DEL et DER sont définis comme suit : « Processus multi acteurs
basé sur le «Soft» (renforcements des capacités des acteurs) et le «Hard»
(réalisation des infrastructures économiques), dont le leadership est porté par les
collectivités, contribuant à la mise en réseau des acteurs locaux et régionaux à la
création et à la redistribution de la richesse ainsi qu’à la création d’emplois, dans
les collectivités territoriales (commune, cercle et région). »
Le DEL constitue un bon soubassement pour le DER, en termes de préparation
des acteurs, d’appropriation et de pérennisation des actions, de complémentarité
et de synergie d’actions dans le strict respect des compétences transférées aux
différents niveaux de collectivités.
DÉFINITION DU DEL ET DU DER
Le développement économique n’est pas une fin en soi, mais un moyen
important pour permettre aux personnes d’aspirer à un plus grand bien-être. Il
doit être :
❖ «socialement juste», inclusif et porter une attention particulière aux
femmes, aux jeunes, aux populations menacées d’exclusion à cause de leur
origine (migrations), de leur ethnie, religion ou handicap ;
❖ «respectueux de l’environnement » et garantir que les générations futures
auront les mêmes possibilités et opportunités que celles vivant aujourd’hui;
❖ « culturellement ancré » et renforcer les capacités des personnes pour
conférer un sens et un but à leur participation à la vie sociale et économique
de leur communauté.
DÉFINITION DU DEL ET DU DER
Développement Economique Régional (DER): Le paradigme actuel définit le
Développement Economique Régional comme un processus continu de
transformations économiques, sociologiques et politiques impulsé par la
collectivité/ région pour permettre au territoire qu’elle administre, d’améliorer
significativement ses niveaux d’activités, d’investissements, de création de
richesse, d’emplois, de revenus, de satisfaction des besoins fondamentaux de ses
populations et de contribution à la formation du PIB au niveau national.
Le développement économique local (DEL) : est un processus participatif
dans lequel les habitants d’une localité issus de tous les secteurs travaillent
ensemble pour stimuler l'activité commerciale locale, avec comme objectif une
économie solide et viable. C'est un moyen d'aider à la création d’emplois
convenables et à l’amélioration de la qualité de la vie pour chacun, y compris les
couches pauvres et les personnes marginalisées.
DÉFINITION DU DEL ET DU DER
Ainsi, le développement économique local (DEL) est un processus de
transformation orienté sur la manière dont sont prises les décisions économiques
et politiques à l’échelon local, l’objectif final étant d’améliorer les conditions de
vie de la société locale de manière participative.
PLANIFICATION
STRATÉGIQUE DU DEL ET
DU DER
PLANIFICATION STRATÉGIQUE DU DEL ET DU DER
«Si un/une responsable/concepteur (trice) ne peut pas, à l’avance,
spécifier, par écrit et en détail, ses objectifs et résultats, il/elle ne
peut, vraiment pas, savoir où il/elle va!».
D’où la nécessité de planifier pour une bonne prise en charge des
préoccupations des clients/bénéficiaires ou usagers/populations
DÉFINITION DE LA PLANIFICATION
➢ Définition de la planification
➢ Selon A. R. Thiétart
➢ «La planification est l’organisation selon un plan: un
ensemble de dispositions adoptées en vue de l’exécution d’un projet ».
❖ Il s’agit d’un processus volontariste de fixation d’objectifs, de détermination des
moyens et des ressources nécessaires pour les atteindre, de définition des étapes à
franchir pour les réaliser.
❖ C’est également un guide permettant à chaque membre de l’organisation de situer
et d’orienter son action par rapport à l’objectif en général »
❖ C’est aussi l’aboutissement d’un long processus.
➢ La planification est un processus par lequel les responsables d’une
organisation ou institution définissent l’orientation de ladite Institution pour en
tirer des plans, des programmes.
Elle consiste à:
❖ Identifier les besoins dans un horizon +/- éloigné;
❖ Indiquer les résultats à atteindre par la définition, la sélection et la
classification des objectifs;
❖ Définir des critères d’évaluation pour juger de la performance du
projet (résultats obtenus et ressources allouées);
❖ Évaluer les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires à
l’exécution des activités;
❖ Définir les responsabilités des personnes et/ou des unités structurelles
chargées de la réalisation.
➢ Elle précède l’action, comporte une dimension prévision et doit permettre à
un projet d’être efficace et efficient
DÉFINITION DE LA STRATÉGIE
➢ Le terme de stratégie a été emprunté au domaine militaire où il désigne l’art de conduire
l’armée en vue de la victoire (Von Clausewitz) .
En grec ancien:
- «stratos» = «armée» et «agos» = «je conduis».
Le stratège, dans les cités grecques antiques, était un magistrat élu auquel étaient octroyés les
pleins pouvoirs en cas de guerre.
Voici la règle de la guerre: Sun TZU « L’Art de la guerre »
• si nos forces sont 10 fois celles de l’ennemi, il faut l’encercler ;
• si elles sont 5 fois, il faut l ’attaquer ;
• si elles sont deux fois plus nombreuses, il faut diviser son armée en deux parties, la
première pour l’attaquer de front, la seconde à revers…
• si elles sont égales aux siennes, nous pouvons batailler;
• si elles sont légèrement inférieures, nous pouvons éviter l’ennemi ;
• si elles sont nettement inférieures de tous les points de vue, nous devons nous enfuir au
plus vite ».
➢ Selon Thiétart, (1993)
C’est l’ensemble des décisions et des actions relatives au choix des moyens et à
l’articulation des ressources en vue d’atteindre un objectif.
➢ C’est l’art de coordonner des actions et de manœuvrer habilement pour atteindre
un but.
➢ Selon CHANDLER, «la stratégie consiste à déterminer les objectifs et les buts
fondamentaux à long terme, puis à choisir les modes d’action et d’allocation des
ressources en vue d’atteindre ces buts, ces objectifs».
➢ Elle concerne le choix des lieux d’expression des besoins/demandes ainsi que des
objectifs de développement et la répartition des ressources.
➢ Elle consiste à s’assurer un meilleur avenir pour l’organisation en créant et en
aménageant son potentiel (offres et nouveaux besoins/demandes, nouvelles
techniques de prestation/de prise en charge des besoins et de gestion).
➢ Elle se concrétise par la mise en place d’un certain nombre de décisions qui
permettent à l’organisation de conquérir et de conserver des positions permettant de
satisfaire les besoins identifiés.
➢ La stratégie est un outil de gestion servant à atteindre les objectifs stratégiques
adoptés.
➢ Elle peut être envisagée comme «un vaste plan unifié et intégré qui relie les
avantages stratégiques d’une organisation aux défis que lui pose son
environnement et qui a pour but d’assurer la réalisation des objectifs premiers
de cette organisation lorsqu’on l’exécute de manière appropriée».
➢ Elle indique de quelle manière on répartira les ressources entre les diverses
unités administratives pour obtenir des résultats compatibles avec la mission et
les objectifs de l’organisation.
➢ Enfin, c’est le processus qui décrit la façon que privilégie une organisation pour
atteindre/réaliser sa mission, sa vision et ses objectifs de résultats.
➢ Les choix stratégiques opérés provoquent toujours dans une organisation une tension
entre:
– ce qu'elle doit faire dans le contexte de son environnement changeant;
– ce qu'elle veut faire pour répondre aux préférences et aux valeurs des parties
prenantes;
– ce qu'elle peut faire compte tenu de ses capacités et de ses ressources.
➢ Le plan stratégique cherche à provoquer des changements qualitatifs majeurs et
durables qui engagent toute l’organisation.
➢ Il définit les grandes options de l’organisation et les démarches à suivre pour
atteindre les objectifs stratégiques.
➢ Il prend en compte de nombreux paramètres internes et externes à l’organisation
STRATEGIE DU DEL ET DU DER
Le développement économique local doit toujours être guidé par une stratégie.
Autant que possible, une stratégie de DEL ne doit être qu’une composante d’une
stratégie urbaine globale comportant un volet social et un volet
environnemental.
La stratégie de DEL est axée sur le renforcement de l’économie locale et le
développement de la capacité locale.
Une stratégie de DEL a généralement un horizon compris entre cinq et dix ans et
comporte des plans d’exécution annuels.
La stratégie DEL est mise en œuvre au moyen de processus de négociation qui
ont lieu entre les acteurs locaux de la société civile, du secteur public et du secteur
privé dans le but de répondre aux divers défis auxquels la région fait face.
La consultation des parties prenantes doit permettre une utilisation plus efficace et
durable des ressources existantes et potentiellement disponibles. Elle aspire
également à améliorer les perspectives socio‐économiques (telle que la création
d’emplois et de revenu) ainsi qu’à renforcer la bonne gouvernance locale.
Le principal objectif du développement économique local (DEL) est de donner
la possibilité à la collectivité locale, au secteur privé, aux institutions à but non
lucratif et à la communauté locale de travailler conjointement à l’amélioration de
l’économie locale. Le DEL vise à accroître la compétitivité et ainsi à promouvoir
une croissance participative durable.
L’approche DEL dépend énormément de la participation d’un grand nombre de
parties prenantes à tous les échelons pour identifier les perspectives et les
menaces locales et élaborer les stratégies correspondantes. Cette participation
peut prendre la forme d’élections régionales ou locales, de rencontres
stratégiques ou d’échanges d’expériences.
De ce fait, le succès du processus DEL est étroitement lié à la coopération
horizontale entre les autorités locales et d’autres acteurs locaux. L’aptitude des
autorités locales à encourager la participation des diverses parties prenantes joue
donc un rôle crucial.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
La planification stratégique du développement économique local comporte
généralement cinq étapes. Ce sont :
l’organisation de l’effort,
l’évaluation de l’économie locale,
l’élaboration de la stratégie,
l’exécution de la stratégie,
la révision de la stratégie
Si ces étapes sont présentées comme distinctes, dans la réalité, la planification
stratégique du DEL est un processus souple et une étape se poursuit souvent
pendant que la suivante s’engage, en fonction des besoins locaux.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Si l’on rencontre des difficultés pendant une étape, cela peut être dû non à la nature
du travail dans cette étape-là mais à l’insuffisance de ce qui a été fait à l’étape
précédente.
On peut donc devoir affiner ou reprendre des étapes antérieures pour résoudre les
problèmes rencontrés.
La stratégie est un document vivant qui doit être modifié en fonction des
circonstances
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
1ère étape : l’organisation de l’effort
Pour bien organiser l’élaboration d’une stratégie de développement économique
local, il faut, très tôt, convenir d’un dispositif institutionnel et de l’implication
des diverses parties prenantes.
Il faut créer une équipe de DEL à la mairie ou au sein d’un organisme créé en
partenariat et charger immédiatement cette équipe de gérer le processus de
planification stratégique.
Pour réussir le développement économique local il faut une collaboration active
entre les acteurs publics (pouvoirs publics locaux), privés (entreprises) et de la
société civile (ONG, syndicats, associations ou organismes à but social, civique
ou religieux).
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
La planification stratégique commence par l’identification des personnalités,
institutions publiques, entreprises, des activités, organisations civiques ou
professionnelles, groupes de réflexion, organismes de formation et autres
groupes qui constituent l’économie locale ou ont une influence sur elle.
Les compétences, expériences et ressources des parties prenantes contribueront
au processus de planification stratégique.
L’établissement de solides relations de travail et de structures pour soutenir la
planification stratégique conduira à des partenariats, intéressants à long terme,
entre secteur public, secteur privé et société civile.
Ces relations de travail peuvent aller de groupes de travail assez informels à la
création d’une agence locale ou régionale de développement ou à un
partenariat public–privé officiel en passant par des réseaux semi-officiels,
vaguement alignés. Établir et maintenir ces partenariats est souvent une tâche
difficile mais c’est un facteur crucial pour l’efficacité des efforts de DEL.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
2ème étape : l’évaluation de l’économie locale
La connaissance des caractéristiques de l’économie locale est décisive si l’on
veut que les parties prenantes s’accordent sur une stratégie concrète et réaliste
de DEL.
Pour obtenir les données voulues, une bonne évaluation de l’économie locale
commence par une revue préliminaire des relations et activités économiques
existantes dans la zone et pour ce faire se sert des informations quantitatives et
qualitatives disponibles permettant d’éclairer les structures économiques et
leurs évolutions : entreprises, production industrielle, emploi, qualifications et
autres éléments permettant de déterminer dans quel sens va l’économie locale.
L’évaluation ne doit pas s’enfermer dans les découpages administratifs, tels
que les frontières communales. La zone étudiée peut être l’aire métropolitaine,
le bassin d’emploi, l’agglomération ou l’ensemble constitué par la ville et son
arrière-pays rural.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Le recueil des informations peut mettre sur la piste de projets ou programmes
susceptibles d’élargir ou diversifier l’économie locale.
La première phase de l’évaluation de l’économie locale consiste à déterminer
quelles informations sont pertinentes, nécessaires et disponibles et à identifier
les flous et les manques qu’il faudra combler pour mener la tâche à bien. Après
avoir obtenu ces données, il faut les rassembler et les analyser pour déterminer
la structure de l’économie locale.
On peut utiliser différents outils, notamment l’analyse FFOM, des
comparaisons et les indicateurs économiques régionaux pour déterminer les
informations décisives sur l’économie locale. La planification stratégique du
DEL comporte une revue et une analyse de la contribution au développement
économique local des programmes et projets déjà engagés dans la zone.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
L’évaluation de l’économie locale est utilisée pour :
❖ identifier les ressources existantes quelque soit leur secteur ;
❖ collecter et analyser les données quantitatives et qualitatives existantes ou
nouvelles et décisives,
❖ et mettre en place des systèmes de gestion des données qui seront utilisés
ultérieurement dans le suivi–évaluation.
Il est également intéressant d’avoir des données comparatives sur les
ressources et les activités des villes voisines et d’autres concurrents locaux,
régionaux, nationaux ou internationaux potentiels.
L’évaluation doit envisager la possibilité d’un large éventail d’opportunités de
développement économique local dans l’ensemble des grands secteurs, dans
l’économie tant officielle qu’informelle et dans le tiers secteur.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Le niveau et la finesse des données à recueillir seront déterminés par leur
disponibilité, le budget et la nature de l’économie locale.
Dans de nombreux pays en développement, on ne dispose d’informations sur
l’économie qu’au niveau national.
Recueillir des informations détaillées sur l’économie locale peut donc être une
démarche onéreuse et difficile pour des villes ayant peu de moyens.
Dans ce cas, il faut envisager diverses démarches et méthodes pour
comprendre l’économie locale, par exemple des rencontres avec des chefs
d’entreprises, des groupes de réflexion, des interviews et des enquêtes.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
3ème étape : l’élaboration de la stratégie
Comme dans la planification stratégique urbaine globale, l’objectif, pour le
développement économique local, est de réaliser une démarche intégrée de
planification stratégique.
En concevant la stratégie, les praticiens des services municipaux et des principales
parties prenantes devront équilibrer l’objectif de développement économique local
et les préoccupations sociales et environnementales.
Une stratégie de DEL type comporte cinq types d’éléments :
1. La vision de l’avenir,
2. Les buts
3. Les objectifs
4. Les programmes
5. Les projets
6. et plans d’action
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
4ème étape : l’exécution de la stratégie
Une stratégie de DEL est un plan d’ensemble qui comporte des actions à court,
moyen et long terme et détermine ce qui doit être réalisé.
Elle fixe un agenda pour promouvoir et développer les atouts économiques,
physiques, sociaux et environnementaux de l’agglomération, saisir les chances et
surmonter les obstacles.
Toute stratégie de DEL doit conduire à un plan d’exécution qui, lui-même, vient
coiffer un ensemble de plans d’action guidant la mise en oeuvre des projets.
Le plan d’exécution fixe les besoins en moyens budgétaires et humains et les
implications institutionnelles et procédurales de l’exécution de la stratégie de DEL.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
En tant que document de synthèse qui récapitule la totalité des programmes et
projets de DEL en une stratégie, il constitue un document de programmation intégré
qui indique clairement l’orientation de la stratégie et assure que les programmes et
projets ne se concurrencent pas indûment pour l’obtention de ressources et d’un
soutien.
Un bon plan d’exécution, dont l’horizon est d’un à trois ans, permet une utilisation
plus efficiente et efficace des budgets existants.
Il peut, de plus, être utilisé pour attirer des financements extérieurs susceptibles de
venir de l’État, d’agences donatrices bilatérales ou multilatérales et du secteur privé
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Plans d’action
Les plans d’action de DEL précisent en détail les volets des projets et indiquent
notamment la hiérarchie des tâches, leurs responsables, l’échéancier (réaliste) de la
réalisation, les moyens humains et financiers nécessaires, les ressources prévues, les
résultats et effets attendus et les systèmes qui permettront de mesurer de
l’avancement de l’exécution de l’ensemble et de chaque projet.
Les projets qui peuvent être réalisés rapidement et constituer de « premières
victoires faciles » jouent un rôle important pour renforcer l’élan et la confiance de
toutes les parties prenantes.
D’autres projets seront à moyen ou long terme. Dans tous les cas, les projets
doivent être pris en charge par une personnalité ou un groupe d’acteurs en fonction
des intérêts, des ressources, de l’engagement et de la compétence des uns et des
autres.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Il est essentiel d’élaborer un bon système de suivi–évaluation de la stratégie
intégrée de DEL afin de revoir et analyser l’action.
Il permet à l’équipe responsable de chiffrer les résultats, de justifier les dépenses, de
déterminer les renforcements et correctifs nécessaires et de tirer les leçons de
l’expérience (les bonnes pratiques).
Les indicateurs permettent, eux, de mesurer le processus et son effet.
5ème étape : la révision de la stratégie
Bien qu’une stratégie de DEL soit habituellement établie pour une période de trois à
huit ans, elle doit être revue tous les ans pour permettre les correctifs
éventuellement appelés par l’évolution de la situation locale.
Une révision plus globale est habituellement réalisée tous les trois ans. La
réalisation de la stratégie de DEL doit cependant être soumise à une rigoureuse
évaluation annuelle.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Cette revue doit examiner les ressources disponibles pour l’exécution de la stratégie
et les indicateurs établis et convenus de suivi–évaluation de l’économie locale.
Cette revue doit porter, autant que possible, sur les consommations, les productions,
les résultats, les effets et sur le processus de mise en oeuvre lui-même, ainsi que sur
le niveau et l’ampleur de la participation des parties prenantes.
Parallèlement à la revue de la stratégie, les systèmes de suivi de l’avancement
permettent de faire le point sur chaque projet.
Ils permettent aux décideurs de corriger la stratégie en réaction à l’évolution de la
situation locale. À mesure que les programmes ou projets sont réalisés ou qu’on
l’estime approprié, on peut en identifier de nouveaux.
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Conclusion
Pour une bonne pratique en matière de DEL, les démarches doivent être adaptées aux
situations locales, mais il y a un certain nombre de principes qu’il est toujours bon de
suivre :
❖ avoir une démarche intégrative incluant les aspects sociaux, environnementaux et
physiques, autant qu’économiques ;
❖ faire participer tous les partenaires concernés à l’élaboration de la stratégie sur
la base d’une vision d’avenir partagée ;
❖ tenir compte de l’économie informelle : ses besoins doivent être pris en compte.
Dans certaines villes elle représente une fraction importante de l’économie locale,
est très liée à l’économie officielle et procure un moyen d’existence à la majorité
des pauvres ;
❖ lancer tout un éventail de projets, à court, moyen et long terme, pour catalyser les
partenariats et développer la confiance des parties prenantes ;
LES CINQ ETAPES DE LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
❖ se fonder sur l’engagement personnel de leaders locaux influents et efficaces
capables de fédérer les acteurs en mettant en jeu leur crédibilité personnelle ;
❖ mettre en place des équipes de terrain et développer leur capacité de
management. C’est essentiel pour la réalisation des projets ;
❖ faire prendre en charge la stratégie de DEL par des pouvoirs publics locaux
ayant démontré une forte volonté politique de la mettre en œuvre ;
❖ obtenir le soutien politique, financier et technique des autres niveaux
territoriaux (région, État…) pour accroître les chances de réussite ;
❖ n’engager un projet ou un plan d’action que lorsque un responsable ou « patron
», engagé à sa réussite a été identifié.
ETATS DES LIEUX DU
DEL ET DU DER AU MALI
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Par rapport au cadre législatif et règlementaire d’énormes effort ont été fait par le
gouvernement malien pour permettre la mise en œuvre du DEL
En moins de 20 ans après l’installation des nouvelles collectivités territoriales, la
décentralisation a permis d’atteindre un niveau d’équipement et de mobilisation des
acteurs à la base sans précédent.
La maîtrise d’ouvrage au niveau local, octroyée aux autorités élus des collectivités
territoriales a impulsé un processus de développement économique local centrée sur
la participation de plus en plus active et dynamiques des populations locales
aspirant à plus de démocratie locale et plus de services publics de proximité.
Au mali le cadre juridique de l’application du DEL et du DER constitue en soi une
opportunité dans l’opérationnalisation des deux approches. Il comporte des textes
législatifs et des textes réglementaires.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Ce cadre juridique quoique consolidé, a déjà connu de nombreuses mutations allant
dans le sens de l’adaptation et de l’approfondissement du processus de
décentralisation en vue d’améliorer la cohérence et l’applicabilité.
C’est ainsi qu’en 2012 et en 2023 , la loi portant Code Général des impôts, la loi
portant livre de procédures fiscales, la loi relative aux ressources fiscales des
communes des cercles et des régions, la loi déterminant les conditions de la libre
administration des collectivités territoriales, la loi portant Code des Collectivités
Territoriales, la loi portant Statut particulier du District de Bamako ont été réélues
Les textes fondateurs sont constitués de la Loi n°2023-003 du 13 mars 2023 portant
modification de la Loi n°2017-052 du 02 octobre 2017 portant modification de la
loi 93-008 du 11 février 1993 déterminant les conditions de la libre administration
des Collectivités territoriales et Loi n°2023-004 portant Code des Collectivités
territoriales du 13 mars 2023
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Les principaux textes du cadre juridique sont les suivants :
la loi n°2023-003 du 13 mars 2023 portant modification de la Loi n°2017-052
du 02 octobre 2017 déterminant les conditions de la libre administration des
Collectivités territoriales
la loi n°2023-002 du 13 mars 2023 portant modification de la Loi n°2012-006
du 23 janvier 2012 portant principes fondamentaux de l’organisation
administrative du territoire
la loi n°2017-051 du 02 octobre 2017 portant Code des Collectivités
Territoriale;
La loi n°2023-004 du 13 mars 2023 portant Code des Collectivités Territoriales
la loi n°06-023 du 28 juin relative à la création et administration des Village,
Fraction et Quartier
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
la Loi n° 2023-005 du 13 mars 2023 portant statut particulier du district de Bamako
l’Ordonnance n°2015-017 du 02 avril 2015 portant création des ADR au Mali ;
la loi n°2016-061 du 30 décembre 2016 relative aux Partenariats public-privé au Mali ;
la loi n°06-045 du 05 septembre 2006 portant loi d’Orientation Agricole ;
l’adhésion du Mali aux Normes OHADA des Sociétés Coopératives et des entreprises
compétitives dans l’espace CEDEAO;
la loi n°2014-049 du 19 sep 2014 portant principes fondamentaux création, organisation et
contrôle service publics
le décret n02015-0604/P-RM du 25 septembre 2015 portant Code des marchés publics et
des délégations de service public ;
le décret n°2018-0473/PM-RM du 28 mai 2018 portant adoption de mesures d’orientation
de la commande publique
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Dans le nouveau projet de loi portant découpage administratif, le Mali compte
désormais, la collectivité de Bamako, 19 régions, 156 cercles, 466 arrondissements, 819
communes et 12 712 villages
Ces différents textes créent un cadre stimulant pour l’élaboration et la mise en œuvre de
politiques publiques, d’orientations stratégiques et dispositifs institutionnel favorable au
développement local, tels que :
le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP)
remplacé par le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement
durable (CREDD),
les Politiques sectorielles,
le Document Cadre de Politique Nationale de Décentralisation (DCPND) et son plan
d’actions pour la période 2016-2019,
le Fonds National d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT),
les Schémas d’Aménagement du Territoire (SAT),
les Plans de Développement Economique, Social et Culturel (PDESC) des collectivités
territoriales.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Les orientations politiques et les dispositions législatives et règlementaires reconnaissent
généralement la société civile à travers le statut accordé aux citoyens et aux groupes de citoyens,
sous forme d’organisations et associations aux rôles bien définis dans le développement
économique.
Ainsi, un certain nombre de textes précisent la reconnaissance des organisations de la société
civile (OSC), à travers ses multiples formes, à savoir :
❖ 1. la loi n°04- 038/AN-RM du 05 août 2004 régissant les associations,
❖ 2. le Document de l’Accord Cadre entre le Gouvernement du Mali et les ONG- Associations
signataires d’Accord cadre avec l’Etat (spécifique aux ONG) de février 2007,
❖ 3. le décret n° 05-223/ P-RM du 11 mai 2005 fixant les modalités d’intervention, de contrôle et
de sanction des ONG signataires d’Accord cadre avec l’Etat,
❖ 4. les textes relatifs à différents Ordres socioprofessionnels et les structures associatives comme
les fondations, les Ordres professionnels, les partis politiques, les syndicats, les coopératives, les
congrégations, les associations culturelles, les mutuelles et les sociétés de commerce.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Ces textes sont matérialisés par la place accordée à la société civile dans les cadres
locaux, régionaux et nationaux de concertation, de coordination, de pilotage, de
suivi et de mise en œuvre des programmes comme le cas des Comités Régionaux et
Locaux d’Orientation, de Coordination et de Suivi des Actions de Développement –
CROCSAD (niveau Région), CLOCSAD (niveau Cercle) et CCOCSAD (niveau
commune).
Cette option stratégique prise par l’Etat malien s’est traduite sur terrain par la mise
en œuvre de programmes de développement économique régional dont le Ministère
en charge de la décentralisation était et demeure le maître d’ouvrage (ADERE-
Nord/UE, PARADDER/PACT-GIZ/CTB, PADK/CTB et PADDER/BAD.
Différentes coopérations bilatérales ont appuyé cette nouvelle dynamique : les
Coopération Suisse, Luxembourgeoise, Danoise, française (AFD) et coopération
décentralisée, etc.).
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
L’essence de ces Programmes était, notamment, de mettre en œuvre des projets de
développement en mettant en perspective la relation entre décentralisation,
aménagement du territoire et développement régional.
Les expériences en matière de développement économique régional (DER) ont été
menées sur terrain, directement au niveau des régions, dans le respect des principes
de subsidiarité et de responsabilisation des acteurs locaux et régionaux, comme
l’exige la méthodologie de planification, menée du bas vers le haut avec le souci
d’assurer la cohérence avec tous les autres niveaux de planification, selon un
cadrage national et même transnational.
La mise en œuvre du DER au Mali devra reposer sur une territorialisation de la
programmation des interventions.
Cette territorialisation du développement, tant national que régional et local, repose
sur les instruments d’aménagement du territoire.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Au niveau régional, ces instruments sont en place, constitués par les Schémas
Régionaux d’Aménagement du Territoire (SRAT).
Ces derniers sont déclinés en Plans Stratégiques de Développement Régional
(PSDR) qui servent à l’élaboration des Plans de Développement Economique
Social et Culturel (PDESC) régionaux et sont déclinées en Stratégies Régionales
DER.
Au niveau national, la territorialisation des priorités de l’Etat doit être traduite par
le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT).
Cet instrument en préparation, permettra à l’Etat de négocier des priorités de
développement avec les Conseils Régionaux qui pourront se matérialiser
notamment à travers les Contrats Projets Etat Région (CPER – toutefois, des CPER
pourront être établis sur la base des politiques sectorielles en amont de finalisation
du SNAT).
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Le Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (CSCRP) met
en avant le secteur privé et productif comme porteur et moteur de la création de
richesse. Pour ce faire il est préconisé d’améliorer le cadre institutionnel et les
mécanismes d’incitation du développement du secteur privé. Le présent cadre
national du DER s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Les collectivités territoriales doivent ainsi développer leur rôle dans la promotion
du secteur privé.
Ce rôle doit être construit en synergie et complémentarité avec les actions de l’Etat
et des structures professionnelles, notamment les chambres consulaires et les
représentations des acteurs du secteur privé (patronat en particulier).
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Un processus de développement participatif qui encourage le partenariat entre les
principaux acteurs privés et publics d’un territoire donné, qui les met en capacité de
s’associer pour concevoir et mettre en œuvre une stratégie commune de
développement, reposant sur les ressources locales et les avantages de compétitivité
par rapport au global, avec pour but final de créer des emplois décents et de
stimuler l’activité économique (création de richesses).
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Les fondements du DEL :
L’objectif global de la décentralisation et les objectifs spécifiques de la Politique
Nationale de Décentralisation s'inscrivent dans ceux du CSCRP.
En matière de décentralisation et de déconcentration, l’un des principaux enjeux du
CSCRP est « l’amélioration de la territorialisation des stratégies sectorielles à
travers la mise en œuvre effective de la politique d’aménagement du territoire ».
La promotion du développement local et régional, est un des axes principaux de la
Décentralisation depuis le démarrage de sa mise en œuvre. Cette orientation est
confirmée dans le nouveau document cadre de politique national de décentralisation
(DCPND) 2015 -2024.
Le premier objectif de ce document consiste ainsi en « promouvoir le
développement territorial équilibré des régions et des pôles urbains ».
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Cet objectif général se décline en 3 objectifs spécifiques :
Objectif Spécifique N°1.1 : Réorganiser le territoire pour asseoir la cohérence du
développement territorial régional ;
Objectif Spécifique N°1.2 : Développer une économie régionale et territoriale afin de
créer des richesses et des emplois au niveau régional et local ;
Objectif Spécifique N°1.3 : Promouvoir une politique volontariste et anticipatrice de la
ville fondée sur la détermination du statut, de la vocation et des fonctions des différents
L’objectif spécifique n°1.2, construit dans le prolongement de la dynamique DER, il est
notamment programmé, comme action prioritaire, de « formaliser une stratégie
nationale d’orientation du Développement Economique Régional visant à proposer aux
collectivités régions des instruments et des démarches de mobilisation et de
dynamisation de l’ensemble des acteurs régionaux et locaux pour la création de
richesses et d’emploi ».
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Le DER se caractérise essentiellement par une approche participative qui
encourage le partenariat entre les principaux acteurs privés et publics d’un
territoire donné, qui les met en capacité de s’associer pour concevoir et
mettre en œuvre une stratégie commune de développement, reposant sur les
ressources locales et les avantages de compétitivité, avec pour but final de
créer des emplois décents et de stimuler l’activité économique (création de
richesses).
Le DER est une composante du développement local qui vise globalement à
améliorer les conditions de vie des populations. Mais spécifiquement le
DER vise deux objectifs :
❖ la Création de richesse pour le territoire et les populations ;
❖ la création d’emplois.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Le DER peut être accompagné et facilité par la mobilisation de ressources
extérieures mais fondamentalement il repose sur deux facteurs intrinsèques :
❖ la valorisation des ressources locales et des avantages comparatifs ;
❖ l’amélioration de la compétitivité
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Les grands principes en matière de mise en œuvre du DER au Mali :
➢ Les principes fondamentaux qui guideront les choix en matière de DER sont les
suivants :
Le DER s’inscrit dans le processus de décentralisation : les collectivités
territoriales, en particulier les régions, ont un rôle de leader en matière de
dynamique DER et devront donc être en mesure de jouer pleinement ce rôle.
Les appuis aux collectivités, notamment en matière de renforcement des capacités,
seront donc fondamentaux pour la réussite des dynamiques DER au niveau de
chaque région.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Le DER s’inscrit dans les orientations définies en matière d’aménagement du
territoire :
i) les instruments du DER devront permettre de traduire ces orientations sur le
terrain (ce sera notamment le cas des Contrats Projet Etat Région), et
ii) les dynamiques DER de chaque région découleront de ces orientations.
Le DER s’inscrit dans le développement durable (DD) : le DER met en avant la
dimension économique, mais il prendra également en compte les deux autres
dimensions du DD, le social et l’environnement (la question des changements
climatiques sera notamment intégrée dans le choix des actions DER).
Le DER s’articulera avec les différentes politiques et instruments ciblant les
secteurs privés et productifs, notamment, la loi d’orientation du secteur privé, la loi
d’orientation agricole, les politiques d’urbanisation notamment celle des villes
moyennes…
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Des principes complémentaires permettant de cadrer la mise en œuvre des actions
en matière de DER :
• Les interventions publiques en matière de DER ne doivent pas se substituer à
l’initiative privée
• Les aides octroyées ne doivent pas influer sur les choix par seul effet d’aubaine
(effet de dumping et encouragement d’une concurrence stérile entre les
territoires)
• Le choix des interventions DER s’appuiera de façon privilégiée sur l’approche
filière basée sur des analyses des chaines de valeur.
• Le choix des actions DER devra privilégier une approche « croissance pro
pauvre ».
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Quelques exemple de mise en œuvre du DER et DEL au Mali :
Les collectivités territoriales manifestent de plus en plus de responsabilité dans le
domaine du développement économique local et régional.
Depuis 2010, les collectivités territoriales ont développé des outils et instruments
qui permettent leur implication pour impulser les économies locales.
Au nombre des initiatives prises, on peut citer :
❖ L’élaboration par chacune des 8 Régions du Mali, dans le cadre d’un exercice
de planification stratégique, de documents d’orientation au niveau régional qui
sont les SRAT (Schéma Régional d’Aménagement du Territoire), vision à 25
ans, et les PSDR (Plan Stratégique de Développement Régional) qui
constituent une vision à 10 ans. Les PDESC (Plans de Développement
Economique, Social et Culturel), 5 ans, et les Programmes annuels des
collectivités territoriales doivent être articulés à ces deux documents ;
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
❖ Les notions de filières (chaine de valeur) internalisées et mises en œuvre par
certaines collectivités territoriales ;
❖ Les études d’identifications d’Espaces Economiques Partagées (EEP) ;
❖ La création et la mise en place des Agences de Développement Régional (ADR) :
créées par l’Ordonnance 2015-017/PRM du 2 avril 2015 en tant qu’Etablissements
Publics à caractère Administratif, les ADR ont pour mission « d’appuyer les
collectivités territoriales dans la planification, la préparation, la programmation et
la réalisation des opérations de développement, la gestion des services des
collectivités et la mobilisation des ressources pour le compte des collectivités »
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Quelques exemple de mise en œuvre du DER et DEL au Mali :
Programme PMI-DEL
Au Mali, le programme de Partenariats Municipaux pour l’Innovation –
Développement Économique Local (PMI-DEL) vise à soutenir la croissance
économique durable à l’échelle locale par le renforcement de capacités des
gouvernements
Le programme PMI-DEL vise à intégrer systématiquement l’égalité entre les
genres, la durabilité environnementale et la gouvernance. Les thèmes transversaux
complètent le cadre thématique du programme et facilitent l’obtention de résultats
de développement plus holistiques ayant des impacts positifs à long terme.
Le programme PMI-DEL soutient les principes fondamentaux de gouvernance
participative et inclusive, de transparence et de responsabilité dans toutes les
activités de son programme
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Selon le rapport du PMI-DEL , les résultats font ressortir la forte synergie
interinstitutionnelle créée pour mettre en œuvre le projet entre les acteurs publics
locaux et régionaux : le Centre de développement économique local (CDEL) du
Couloir économique transfrontalier inclusif (CETI), le Centre de développement
économique régional (CDER) de Sikasso et l’Agence de développement régional de
Sikasso (ADRS), ainsi que des entreprises et des OSC locales.
C’est la preuve qu’on reconnaît l’importance de travailler en étroite collaboration
multisectorielle pour faciliter l’accès à des emplois décents et créer des opportunités
d’entrepreneuriat durable pour les populations les plus. Également, le programme
PMI-DEL soutient l’Association des Municipalités du Mali (AMM) dans ses efforts
pour collaborer avec de multiples partenaires, afin d’identifier et de récompenser un
champion de l’égalité des genres dans chaque municipalité.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
L’Association des Municipalités du Mali (AMM), grâce à l’appui technique et
financier de la Fédération Canadienne des Municipalités (FCM)et de Affaires
Mondiales Canada (AMC) dans le cadre des programmes de partenariat pour le
DEL et l’Innovation en DEL, et avec la collaboration des services publics centraux,
déconcentrés et décentralisés ainsi que celle des collectivités territoriales, a initié et
expérimenté des opérations de mise en œuvre de l’approche DEL, dans la région de
Sikasso.
Le processus a duré dix (10) ans. L’expérience a permis d’enregistrer plusieurs
acquis dont les principaux ont été capitalisés.
Ils ont permis de convaincre les acteurs nationaux de la nécessité d’appliquer
l’approche à une plus grande échelle afin de pallier les insuffisances des démarches
de développement territorial appliquées jusque-là. Pour faciliter cette application à
plus grande échelle, les acteurs techniques et politiques ont initié l’élaboration d’un
guide
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Les approches «Développement Economique Local» (DEL) et «Développement
économique régional» (DER) doivent être au cœur du processus car, dans leur
conception, elles permettent d’établir et de renforcer la confiance entre gouvernants
et gouvernés tout en créant les conditions d’une mobilisation des ressources
internes par les collectivités.
Elles favorisent la création, le développement et la stabilisation des Petites et
Moyennes Entreprises et Industries (PME/PMI) dans les collectivités qui
constituent les meilleures voies de la promotion de la création d’emplois durables et
économiquement rentables.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Programme ADEL
Le programme ADEL - Appui au développement économique local et à la
prévention des conflits dans les régions de Tombouctou et de Gao est financé par la
Commission européenne et mis en œuvre par LuxDev, l’agence luxembourgeoise
pour la Coopération au développement.
Lancé dès le mois de décembre 2019, le projet d’Appui au Développement
Economique Local et à la prévention des conflits dans les régions de Gao et
Tombouctou (UE-ADEL) déploie progressivement ses activités dans l’objectif
global de contribuer à la stabilisation de ces deux régions et à la résilience de ses
populations. Mis en œuvre par LuxDev, l’Agence luxembourgeoise pour la
coopération au développement et financé par l’Union européenne, le projet a
associé les compétences de Swisscontact pour contribuer à l’insertion
professionnelle des jeunes dans la région de Tombouctou.
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Programme ADEL
Le programme ADEL envisage la formation professionnelle de 2 500 jeunes âgés
entre 15 et 40 ans et l’insertion professionnelle de 2 000 d’entre eux,
majoritairement via l’auto-emploi.
Le programme a une période d'exécution de Décembre 2019 - Novembre 2022 soit
une durée totale de 36 mois
ETATS DES LIEUX DU DEL ET DU DER AU MALI
Selon le rapport de l’ Etat des lieux du Développement Économique Local ( Del) au
Mali en 2016 ; 30 projets pertinents de développement économique local ont été
identifiés au Mali et se résument en domaines thématiques et programmatiques
comme suit :
Les CT maliennes sont confrontées à des Problèmes
qui entravent le DEL
Animation du territoire
▪ Exercice de la gouvernance locale par les CT.
Capacités des acteurs
▪ État (Tutelle et services techniques déconcentrés),
▪ Collectivités Territoriales,
▪ Secteur Privé,
▪ Société civile.
Coordination des actions
▪ Partenaires Techniques et Financiers (zones et
thématiques privilégiées).
Quelques indicateurs DEL
Indicateurs OMD (qualité de vie)
Emplois crées,
Niveau de revenu des populations,
Augmentation du pouvoir d’achat,
Augmentation des ressources propres
communaux,
Augmentation des revenus territoriaux (couloir
économique),
Baisse du taux de pauvreté,
% d’investissement en services.
Le secteur privé (flou?) et très informel
▪ Les producteurs à la base sont en même temps les
opérateurs économiques pour leurs productions;
▪ Capacité quasi nulle d’emprunt et d’investissement:
l’activité économique reste donc familiale et artisanale;
▪ Manque de crédibilité vis-à-vis des banques et partenaires
d’appui;
▪ L’articulation verticale interprofessionnelle devient
difficile;
▪ Le maillon transformation reste fortement faible et
artisanal.
Le financement: Difficile
Les activités agro-sylvo-pastorales constituent la base de
l’économie locale au Mali mais sont considérées comme des
domaines à risque pour les banques et les SFD;
Les produits et mécanismes financiers sont rarement conçus
pour s’adapter à ce genre d’activités, ce qui rend les opérateurs
hésitants à s’engager;
Les procédures de financement des programmes/ projets ne
permettent pas aux types d’acteurs que sont les organisations
professionnelles ou les micro- entreprises de saisir les
opportunités qui sont offertes;
Les CT ont des difficultés à mobiliser le fonds
d’investissement du FNACT:
✓ Pas d’inscription dans les PDESC,
✓ Droit de tirage très réduit,
✓ Procédures: Comment financer le privé avec le public.
L’appui des partenaires: Très fragmenté et
manque de synergie
Les partenaires qui appuient les filières sur le terrain ne
considèrent pas souvent les CT comme un acteur pour le
développement économique;
Les programmes, projets et ONG qui travaillent avec les acteurs
des filières ne sont pas dans les mêmes zones et/ou ne travaillent
pas sur les mêmes filières;
Les appuis sont au mieux focalisé sur un maillon de la filière
(Production OU transformation OU commercialisation), au pire sur
un élément d’un maillon;
Les services techniques déclarent ne pas avoir les moyens (même
d’apporter l’appui- conseil).
Les besoins d’appui des CT pour assurer la
maîtrise d’ouvrage du DEL sont multiformes
Développement d’une vision stratégique de développement
économique à partir des enjeux majeurs;
Rendre l’environnement des affaires plus attractif;
Appui à l’organisation des acteurs et l’instauration entre eux
d’une dynamique de concertation et de partenariats
constructifs;
Convaincre les opérateurs économiques locaux à investir
sur leur territoire;
Accroissement de la mobilisation des ressources locales par
leur capacité à investir et proposer des services payants aux
usagers.
BIBLIOGRAPHIE
ASSOCIATION DES MUNICIPALITES DU MALI (AMM)/ PROGRAMME DES
PARTENAIRES MUNICIPAUX POUR L’INNOVATION EN DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE LOCAL (PMI-DEL) / FEDERATION CANADIENNE DES
MUNICIPALITES (FCM), 2021 CAPITALISATION DE QUELQUES ACQUIS DU PMI-
DEL EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL ? RAPPORT
FINAL
ASSOCIATION DES MUNICIPALITES DU MALI (AMM)/ PROGRAMME DES
PARTENAIRES MUNICIPAUX POUR L’INNOVATION EN DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE LOCAL (PMI-DEL) / FEDERATION CANADIENNE DES
MUNICIPALITES (FCM), 2021 , GUIDE PRATIQUE POUR
L’OPERATIONNALISATION DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL ET
REGIONAL
CITES ET GOUVERNEMENTS LOCAUX UNIS D’AFRIQUES CGLU AFRIQUE, 2016,
ETAT DES LIEUX DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE LOCAL (DEL) MALI,
RAPPORT
BIBLIOGRAPHIE
DOCUMENT CADRE NATIONAL DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE
RÉGIONAL AU MALI, 2013
GWEN SWINBURN SORAYA GOGA&FERGUS MURPHY, 2006,
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL : MANUEL POUR L’ELABORATION
ET LA MISE EN OEUVRE DES STRATEGIES ET DES PLANS D’ACTION
STRATEGIE NATIONALE D’ORIENTATION DU DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE REGIONAL AU MALI, 2016
LUXDEV , 2023, RELANCE DE L’ÉCONOMIE LOCALE ET APPUI AUX
COLLECTIVITÉS DANS LE NORD DU MALI