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Calcul du Champ Électrique en Électrostatique

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ATS Lycée Le Dantec

EM 1 b - Électrostatique : calcul du champ électrique

En électrostatique, les distributions de charges sont indépendantes du temps. Elles créent donc des champs
électriques stationnaires appelés champs électrostatiques.

I. Effet d’une accumulation de charges : champ électrostatique


I.1. Loi de Coulomb

On considère deux charges ponctuelles q1 et q2 placées respectivement en M1 et M2 , au repos dans le


référentiel d’étude. La force F~1→2 qu’exerce M1 sur M2 a pour expression
1 q1 q2
F~1→2 = −F~2→1 = −−−→ 2 ~u1→2
4πε0 k−
M1 M2 k
avec ε0 la permittivité électrique du vide ε0 = 8, 85.10−12 F.m−1 et ~u1→2 un vecteur unitaire dirigé de
−−−−→
M1 M2
M1 vers M2 ( ~u1→2 = − −−−→ ). On peut écrire, de manière équivalente :
kM1 M2 k
1 q1 q2 −−−−→
F~1→2 = −−−→ 3 M1 M2
4πε0 k−
M1 M2 k

Cette loi a été établie expérimentalement par Coulomb grâce à un dispositif de mesure de son invention, dite
balance de Coulomb, capable de mesurer des forces très faibles.
[Link]

I.2. Champ électrique créé par une charge ponctuelle


Soit q une charge ponctuelle placée en P . Une charge qM placée en M subira la force
1 qqM 1 qqM −−→
F~ = −−→ ~uP →M = → 3PM
4πε0 kP M k2 4πε0 kP−M

k
On peut écrire cette force sous la forme

~ )
F~ = qM E(M
~
où E(M ) est le champ électrique crée par la charge q au point M . On déduit de la loi de Coulomb

~ 1 q 1 q −−→
E(M )= −→ 2 ~uP →M = 4πε −−→ 3 P M
4πε0 k−
PMk 0 kP M k

~ n’est pas défini au niveau de la charge.


Remarque : le champ E

1
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Champ électrostatique créé par des charges ponctuelles

I.3. Définition du champ électrostatique

~
Le champ électrostatique E(M ) en un point M est tel qu’une charge q placée en M subit une force :

F~ = q E(M
~ )

L’unité SI du champ électrique est le V.m−1 .

• un ordre de grandeur à connaître : champ disruptif de l’air


Extrait de Wikipédia : "L’air est un isolant mais sous de fortes tensions, les électrons qui composent les
atomes des molécules de l’air sont littéralement arrachés à leur orbite de valence pour participer à la conduc-
tion électrique : la foudre traverse alors l’atmosphère. La valeur du champ disruptif de l’air la plus commu-
nément admise est de 36 000 volts par cm."
Cette valeur dépend de la pression et du taux d’humidité de l’air. Elle diminue quand l’humidité de l’air
augmente. On retiendra un ordre de grandeur de 3.106 V.m−1 .
Exemple : foudre, arc électrique entre les caténaires et les lignes électriques de trains.

I.4. Champ électrique créé par des distributions


a) Théorème de superposition
Les lois fondamentales de l’électromagnétisme (équations de Maxwell) sont linéaires : l’additivité des charges
entraîne l’additivité des champs.

Le champ créé en un point M par une distribution de N charges


ponctuelles qi placées aux points Pi est la somme des champs créés
par chacune des charges.
N
~
X 1 qi −−→
E(M )= −→ 3 Pi M
i=1
4πε0 k−
Pi M k

D’où par extension


• pour une distribution volumique de charge :
Le champ élémentaire dE ~ P (M ) crée par la charge dQP en M vaut

~ P (M ) = 1 dQP −−→ 1 ρ(P )dτP −−→


dE −−→ PM = −→ P M
4πε0 kP M k3 4πε0 k−
P M k3

On en déduit le champ résultant par intégration :


−−→
~ 1 y ρ(P )P M
E(M )= −−→ dτP
4πε0 kP M k3
V

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• pour une distribution surfacique de charge :

~ P (M ) = 1 dQP −−→ 1 σ(P )dSP −−→


dE −−→ PM = −→ P M
4πε0 kP M k3 4πε0 k−
P M k3
−−→
~ 1 x σ(P )P M
E(M )= −−→ dSP
4πε0 kP M k3
S

• pour une distribution linéique de charge :

~ P (M ) = 1 dQP −−→ 1 λ(P )d`P −−→


dE −−→ PM = −→ P M
4πε0 kP M k3 4πε0 k−
P M k3
ˆ −−→
~ 1 λ(P )P M
E(M )= −−→ d`P
4πε0 C kP M k3

En pratique on n’utilise ces calculs que lorsqu’une autre méthode, basée sur le théorème de Gauss n’est pas
applicable. Ces expressions sont également utilisées lors de la mise en œuvre de méthodes numériques de calcul.

II. Propriétés du champ électrostatique


II.1. Topographie du champ électrique

Une ligne de champ est une ligne en tout point tangente au champ électrique.

On oriente la ligne dans le sens du champ électrique. La norme du champ électrique peut varier le long d’un
ligne de champ.

Deux lignes de champs ne peuvent se couper, sauf en des points où le champ électrique est nul.
Les lignes de champ divergent d’une charge positive et convergent vers une charge négative (le champ n’est pas
défini au niveau de ces charges).

Champ créé par une charge négative Champ créé par une charge positive

3
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Champ créé par deux charges opposées

Pour visualiser des lignes de champ créées par des charges ponctuelles :
[Link]
Pour une visualisation en 3D :
[Link]

Un tube de champ est un ensemble de lignes de champ s’appuyant sur un contour fermé.

II.2. Principe de Curie


Énoncé :
« Lorsque certaines causes produisent certains effets, les éléments de symétrie des causes doivent se retrouver
dans les effets produits ».
Nous allons voir que les propriétés de symétries des distributions de charges se retrouvent au niveau du champ
électrostatique crée.

On considère l’expression générale du champ électrostatique dans les différents systèmes de coordonnées

cartésiennes : ~
E(M ~
) = E(x, y, z) = Ex (x, y, z)~ux + Ey (x, y, z)~uy + Ez (x, y, z)~uz

cylindriques : ~
E(M ~ θ, z) = Er (r, θ, z)~ur + Eθ (r, θ, z)~uθ + Ez (r, θ, z)~uz
) = E(r,

sphériques : ~
E(M ~ θ, ϕ) = Er (r, θ, ϕ)~ur + Eθ (r, θ, ϕ)~uθ + Eϕ (r, θ, ϕ)~uϕ
) = E(r,

L’étude des symétries de la distribution de charge va permettre la plupart du temps d’éliminer des variables
ainsi que certaines composantes du champ électrostatique.

4
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II.3. Invariance par translation


Supposons que la distribution soit invariante par translation quelconque suivant ~uz

~ ne dépend pas de la variable z. On aura


Conséquence : le champ E
~
– en cartésiennes : E(M ~
) = E(x, y)
~
– en cylindrique : E(M ~ θ)
) = E(r,

II.4. Invariance par rotation

Si la distribution de charge est invariante par rotation quelconque autour d’un axe Oz alors le champ
électrique est invariant par cette même rotation.

~ ne dépend pas de θ. On aura en cylindrique : E(M


Conséquence : l’expression du champ E ~ ~ z)
) = E(r,

II.5. Symétrie plane

Si Π est plan de symétrie pour les charges alors il est aussi plan de symétrie pour le champ électrostatique.
Soit M 0 le symétrique de M par rapport au plan Π : M 0 = Sπ (M ). On a

~
E(M 0 ~
) = Sπ [E(M )]

• Cas où M ∈ Π
~
Si M ∈ Π alors M 0 = Sπ (M ) = M . D’où E(M 0 ~
) = E(M ~
) = Sπ [E(M )].
~
Le champ E(M ) doit être égal à son symétrique. D’où

~
E(M )∈Π

~
Si M appartient à un plan de symétrie pour les charges alors E(M ) appartient à ce
plan.

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On peut le vérifier dans le cas simple suivant :

• Cas où M 6∈ Π

~
On vérifie que E(M 0 ~
) = Sπ [E(M )]

II.6. Antisymétrie plane

Si Π∗ est plan d’antisymétrie pour les charges alors il est aussi plan d’antisymétrie pour le champ
électrostatique.
Soit M 0 le symétrique de M par rapport au plan Π∗ : M 0 = Sπ∗ (M ). On a

~
E(M 0 ~
) = −Sπ∗ [E(M )]

• Cas où M ∈ Π∗
~
Si M ∈ Π∗ alors M 0 = Sπ∗ (M ) = M . D’où E(M 0 ~
) = E(M ~
) = −Sπ∗ [E(M )]
~
Le champ E(M ) est opposé à symétrique. D’où

~
E(M ) ⊥ Π∗

~
Si M appartient à un plan d’antisymétrie pour les charges alors E(M ) est perpendicu-
laire à ce plan.

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On peut le vérifier dans le cas simple suivant :

• Cas où M 6∈ Π∗

~
On vérifie que E(M 0 ~
) = −Sπ∗ [E(M )]

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III. Théorème de Gauss


III.1. Flux du champ électrostatique à travers une surface fermée

On définit le flux élémentaire dφ du champ E(M~ ) à travers la


~ par
surface élémentaire orientée par le vecteur dS
~
dφ = E(M ~
).dS

Le flux du champ électrostatique E ~ à travers une surface fermée


Σ orientée vers l’extérieur vaut
{
φ= ~
E(M ~
).dS
M ∈Σ

III.2. Flux du champ crée par une charge ponctuelle


Calculons le flux du champ électrique créé par une charge q
placée en O à travers une sphère de centre O et de rayon r.
~ 1 q −−→ 1 q
E(M )= −→ 3 OM = 4πε −−→ 2 ~uP →M
4πε0 k−
OM k 0 kOM k

Ce qui donne en coordonnées sphériques :


~ q q
E(M )= 2
~ur = E(r)~ur avec E(r) = .
4πε0 r 4πε0 r2
{
φ= ~
E(M ).dS ~
Σ
{
φ= E(r)~ur .dS~ur
Σ
{
φ= E(r) dS
Σ

Or E(r) est constant sur toute la sphère


{
φ = E(r) dS
Σ
q
φ = E(r)S = E(r)4πr2 =
ε0
Ce résultat est en fait valable quelle que soit la position de la charge à l’intérieur du volume et quelle que soit
la forme de la surface entourant la charge. Il est lié à la décroissance en 1/r2 du champ électrostatique.
Inversement le flux du champ créé par une charge ponctuelle placé à l’extérieur du volume est nul.

q
φ= φ=0
ε0

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III.3. Théorème de Gauss

Le flux du champ électrostatique à travers une surface fermée


orientée vers l’extérieur est égal à la charge totale Qint
contenue à l’intérieur du volume divisé par ε0 .
{ int
~=Q
~ · dS
E
ε0
Σ

~ à travers une surface fermée n’est pas nul, le champ E


Si Qint 6= 0 alors le flux de E ~ n’est pas à flux conservatif.

III.4. ~ est à flux


Conséquence du théorème de Gauss : dans le vide le champ E
conservatif
En l’absence de charge, Qint = 0, d’où
{
~ · dS
E ~=0
Σ

~ est à flux conservatif.


⇒ dans le vide, le champ E

On considère un tube de champ ne contenant pas de charges.


On note Σ1 la surface d’entrée, Σ2 la surface de sortie et ΣL la surface latérale. La surface totale Σ1 ∪ ΣL ∪ Σ2
constitue une surface fermée que l’on oriente vers l’extérieur.

On peut définir
~ par la section Σ1 :
– le flux entrant φe de E
x x
φe = ~ S
E.d ~e = ~
E.(−dS~1 )
Σ1 Σ1

~ par la section Σ2 :
– le flux sortant φs de E
x
φs = ~ S
E.d ~2
Σ2

– le flux à travers la surface latérale, qui est nul par définition d’un tube de champ :
x
φL = ~ S
E.d ~ = 0 car E ~ ⊥ dS~L
| {z L}
ΣL =0

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~ à travers la surface totale fermée orientée vers l’extérieur


En l’absence de charge (Qint = 0), le flux de E
est nul :
{
~ S
E.d ~=0
Σ1 ∪ΣL ∪Σ2
x x x
~ S
E.d ~1 + ~ S
E.d ~L + ~ S
E.d ~2 = 0
Σ1 ΣL Σ2
| {z }
=0

−φe + φs = 0

φe = φ s

Conséquence :
Dans le vide quand les lignes de champ se rapprochent, l’intensité du champ électrostatique augmente. Inverse-
ment, lorsque les lignes de champ s’écartent les unes des autres, l’intensité du champ électrique diminue.
~ dans le vide (donc en l’absence de charge) ?
Question : que peut-on dire de div E

III.5. Formulation locale du théorème de Gauss : relation de Maxwell Gauss


On rappelle le théorème d’Ostrogradski :
~
Soit A(M ) un champ vectoriel. On a , pour toute surface fermée S limitant le volume V et orientée vers
l’extérieur :
{ y
~ · dS
A ~= ~ dV
div A
S V

En déduire une formulation locale du théorème de Gauss.


{ int
~=Q
~ · dS
E
ε0
S
y 1 y
~
div Edτ = ρ dτ
ε0
V V

Cette relation devant être vérifiée quel que soit le volume V on en déduit

~ = ρ
div E
ε0

Cette équation est une des quatre équations fondamentales de l’électromagnétisme, appelée équations de Maxwell-
Gauss.

La formulation locale du théorème de Gauss correspond à l’équation de Maxwell-Gauss

~ = ρ
div E
ε0

~ =0
Dans le vide, il n’y a pas de charge ρ = 0. On retrouve bien div E

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IV. Calcul du champ électrostatique


IV.1. Méthode
~
On souhaite calculer le champ électrostatique E(M ) en un point M quelconque.
Dans les cas où la distribution de charge présente des symétries particulières il est souvent possible de calculer
~
E(M ) à l’aide du théorème de Gauss, plutôt que d’utiliser les intégrales introduites au I.4.

. choisir un système de coordonnées adapté au problème.


. exploiter les invariances par translation (si distribution de dimension infinie) et par rotation pour
éliminer des variables.
. exploiter les symétries ou les antisymétries de la distribution de charge pour éliminer des composantes
du champ électrique et déterminer quand c’est possible sa direction.
. choisir une surface de Gauss adaptée passant par M , c’est-à-dire une surface pour laquelle le flux du
champ E ~ est simple à calculer.

IV.2. Plan infini uniformément chargé


On considère la distribution de charge D constitué d’un plan infini uniformément chargé avec une densité
surfacique de charge σ.

~ = E(x,
. On se place en coordonnées cartésiennes : E ~ y, z).

~ = Ex (x, y, z)~ux + Ey (x, y, z)~uy + Ez (x, y, z)~uz


E
~
. La distribution de charge D est invariante par translation quelconque suivant ~ux et suivant ~uy : le champ E
ne dépend que de z.

~ = E(x,
E ~ y, z) = Ex (z)~ux + Ey (z)~uy + Ez (z)~uz
. Tout plan perpendiculaire au plan de la distribution est plan de symétrie pour la distribution de charge D.
~
Soit M un point quelconque. Tout plan contenant la droite (M, ~uz ) est plan de symétrie. E(M ) appartient à
l’intersection de tous ces plans d’où :
~
E(M )//~uz
On a donc
~
E(M ) = E(z)~uz

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Remarque : On peut dire de manière équivalente :


~
Le plan π1 = (M, ~uy , ~uz ) passant par M et parallèle au plan (y0z) est plan de symétrie pour D : E(M ) ∈ π1
d’où
Ex = 0
~
Le plan π2 = (M, ~ux , ~uz ) passant par M et parallèle au plan (x0z) est plan de symétrie pour D : E(M ) ∈ π2
d’où
Ey = 0

Il reste à utiliser une dernière symétrie pour préciser la parité de la fonction E(z).
~
. Le plan xOy est plan de symétrie pour D dont pour E.

h i
~
E(M 0 ~
) = SxOy E(M ~
) = −E(M )

E(−z)~uz = −E(z)~uz

La fonction E(z) est impaire.

~ = E(z)~uz avec E(z) impaire


Bilan : E

~
On choisit comme surface de Gauss un cylindre de section S compris entre z et −z. On calcule E(M ) pour z > 0.

Théorème de Gauss :
{ int
~ = Q = σS
~ · dS
E
ε0 ε0
Σ

avec pour z > 0 :

{ x x x
~ · dS
E ~= ~
E(z).dS~+ + ~ S
E.d ~L + ~
E(−z).d S~−
| {z }
Σ Σ+ ΣL Σ−
x x=0
= E(z)~uz .dS~uz + −E(z)~uz .(−dS)~uz
Σ+ Σ−
x x
= E(z)dS + E(z)dS
Σ+ Σ−

= 2E(z)S

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d’où, pour z > 0 :


σS
2E(z)S =
ε0
σ
E(z) =
2ε0
On en déduit

pour z > 0 ~ = σ ~uz


E
2ε0
pour z < 0 ~ = − σ ~uz
E
2ε0

E(z)

σ σ
~uz
2ε0 2ε0

z σ>0
σ σ
− − ~uz
2ε0 2ε0

~ n’est pas défini en z = 0, c’est-à-dire au niveau de la surface chargée. On a


Le champ électrique E
 
~ − ) = σ ~uz − − σ ~uz = σ ~uz
~ + ) − E(0
E(0
2ε0 2ε0 ε0

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IV.3. Fil infini uniformément chargé


On considère la distribution de charge D constituée d’un fil infini uniformément chargé avec une densité linéique
de charge λ.

~ = E(r,
• coordonnées : cylindriques E ~ θ, z)

~ = E(r,
E ~ θ, z) = Er (r, θ, z)~ur + Eθ (r, θ, z)~uθ + Ez (r, θ, z)~uz

• D est invariante par translation quelconque parallèlement à ~uz


⇒E ~ est indépendant de z

• D est invariante par rotation quelconque autour de Oz


⇒E ~ est indépendant de θ

~ = E(r)
E ~ = Er (r)~ur + Eθ (r)~uθ + Ez (r)~uz

Plans de symétrie :
– Tout plan contenant l’axe Oz est plan de symétrie pour D.
– Tout plan perpendiculaire à l’axe Oz est plan de symétrie pour D.
Soit M un point quelconque.
~
• le plan (M, ~ur , ~uz ) contenant l’axe Oz passant par M est plan de symétrie pour D donc pour E
~
⇒ E(M ) ∈ (M, ~ur , ~uz )
Eθ = 0
~
• le plan (M, ~ur , ~uθ ) perpendiculaire à l’axe Oz passant par M est plan de symétrie pour D donc pour E
~
⇒ E(M ) ∈ (M, ~ur , ~uθ )
Ez = 0

Bilan : ~ = E(r)~ur
E ~ est radial.
Le champ E

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Surface de Gauss : cylindre d’axe Oz de hauteur h et de rayon r.

D’après le théorème de Gauss :


x x x
φ= ~ S
E.d ~ + ~ S
E.d ~+ ~ S
E.d ~ = λh
| {z }1 | {z }2 ε0
Σ1 =0 Σ Σ2 =0

x x x λh
φ= E(r)~ur .dS~ur = E(r)dS = E(r) dS =
ε0
Σ Σ Σ

λh
φ = E(r)S = E(r)2πrh =
ε0
λ
E(r) =
2πε0 r

~ λ
E(r) = ~ur
2πε0 r

Remarque : le champ E~ n’est pas défini en r = 0 (ceci est lié au passage à la limite s → 0 lorsqu’on passe d’une
distribution volumique à une distribution surfacique).

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IV.4. Sphère uniformément chargée en volume


On considère une distribution de charge D sphérique, de rayon R, uniformément chargée en volume avec une
densité volumique de charge ρ. On note Q la charge totale de cette distribution.

4
On a ρ = cte d’où Q = ρ πR3
3

~ = E(r,
• coordonnées : sphériques E ~ θ, ϕ)

~ = Er (r, θ, ϕ)~ur + Eθ (r, θ, ϕ)~uθ + Eϕ (r, θ, ϕ)~uϕ


E

~ est indépendant de
• D est invariante par rotation autour de tout diamètre (ρ est indépendant de θ et ϕ) ⇒ E
θ et ϕ.

~ = E(r)
E ~ = Er (r)~ur + Eθ (r)~uθ + Eϕ (r)~uϕ

• Symétries : tout plan passant par O est plan de symétrie pour la distribution de charge D.
. Méthode A : Soit M un point quelconque.
Tout plan contenant OM est plan de symétrie pour D
~
⇒ E(M ) appartient à l’intersection de tous ces plans
~ −−→
⇒ E(M )//OM //~ur

. Méthode B : On peut écrire de manière équivalente :


~ ⇒ E(M
• le plan (M, ~ur , ~uθ ) est plan de symétrie pour D donc pour E ~ ) ∈ (M, ~ur , ~uθ )

Eϕ = 0

~ ⇒ E(M
• le plan (M, ~ur , ~uϕ ) est plan de symétrie pour D donc pour E ~ ) ∈ (M, ~ur , ~uϕ )

Eθ = 0

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• Surface de Gauss : sphère S de centre O et de rayon r.


{ { { {
φ= ~ S
E.d ~= E(r)~ur .dS~ur = E(r)dS = E(r) dS = E(r)4πr2
S S S S

• Théorème de Gauss

Q(r) ρ4πr3
r<R E(r)4πr2 = =
ε0 3ε0
4
avec Q(r) = ρ πr3 la charge contenue à l’intérieur de la sphère de
3
O rayon r < R (partie hachurée sur la figure).
ρr
S E(r) =
3ε0

Q
r>R E(r)4πr2 =
ε0
O avec Q = ρ 43 πR3 la charge totale de la distribution.

Q ρR3
E(r) = 2
=
4πε0 r 3ε0 r2

 −−→

~ ρr ρOM
r < R E(r) = ~ur =



3ε0 3ε0
Bilan
Q ρR3


r > R

 ~
E(r) = ~ur = ~ur
4πε0 r 2 3ε0 r2

E(r)

Q
4πε0 R2

r
O R

~ est continu en r = R : E(R


~ − ) = E(R
~ +) = Q
On vérifie que E ~ur
4πε0 R2

Pour r > R tout se passe comme si on avait une charge ponctuelle Q égale à la charge totale de la distribution
placée en O.

17
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IV.5. Sphère uniformément chargée en surface


On considère une distribution de charge D sphérique, de rayon R, uniformément chargée en surface avec une
densité surfacique de charge σ. On note Q la charge totale de cette distribution.

La charge étant uniformément répartie, on a la relation :


Q
σ= ⇐⇒ Q = σ4πR2
4πR2
~ = E(r)~ur .
Les symétries sont les mêmes que pour une sphère uniformément chargée en volume : E

On choisit les mêmes surfaces de Gauss, à savoir des sphères de centre O et de rayon r.
D’après le théorème de Gauss :

pour r < R E(r)4πr2 = 0

Q
pour r > R E(r)4πr2 =
ε0

~ = ~0


 r<R E(r)

Bilan

r > R ~ Q σR2
E(r) = ~
u = ~ur

r
4πε0 r2 ε0 r 2

Le champ électrostatique n’est pas défini sur la distribution surfacique (en r = R). On calcule la discontinuité
du champ électrostatique :
2
~ − ) = σ
~ + ) − E(R
E(R
R σ
~u − ~0 = ~ur
2 r ε
ε0
R 0

E(r)

Q
4πε0 R2

r
O R

Pour r > R tout se passe comme si on avait une charge ponctuelle Q égale à la charge totale de la distribution
placée en O.

18
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IV.6. Relation de passage


Il y a continuité du champ électrique lorsque la distribution de charge est volumique (voir champ électrostatique
créé par une sphère uniformément chargée).
Une densité surfacique de charge est une modélisation d’une distribution volumique de charge d’épaisseur nulle.
Ce passage à la limite entraîne une discontinuité du champ électrique au niveau de la surface chargée. Les
relations trouvées pour le plan infini uniformément chargé et la sphère infinie uniformément chargée sont en fait
généralisables à toute surface chargée.

Soit E~ 1 le champ électrique en un point M1 infiniment


proche du point M de la surface, côté 1, et E~ 2 le champ
électrique en un point M2 infiniment proche de M mais du
côté 2. On a

~ 1 = σ ~n1→2
~2 − E
E
ε0
avec σ la densité surfacique de charge au niveau du point
M de la surface.

Remarque :
Si le champ électrique comporte une composante tangen-
~ normale
tielle, elle est continue. Seule la composante de E
au plan est discontinue.

IV.7. Analogie gravitationnelle

Interaction électrostatique Interaction gravitationnelle

~
Champ électrique E Champ gravitationnel ~g

F~ = q E
~ F~ = m~g

Champ électrostatique créé en M par la charge Champ gravitationnel créé en M par la masse
Q0 placée en O : M0 placée en O

~ Q0 M0
E(M )= ~ur ~g (M ) = −G ~ur
4πε0 r2 r2

en coordonnées sphériques. en coordonnées sphériques.

avec G la constante de gravitation universelle (G = 6, 67.10−11 m3 .kg−1 .s−2 ).

Q0 ←→ M0
1
←→ −G
4πε0
1
←→ −4πG
ε0

19
ATS Lycée Le Dantec

On peut alors formuler le théorème de Gauss gravitationnel :


{
~ = −4πGM int
~g · dS
Σ

Le flux du champ gravitationnel à travers une surface fermée orientée vers l’extérieur est égal à la masse M int
contenue à l’intérieur du volume délimité par Σ, multipliée par −4πG.

On peut de même, exprimer localement le théorème de Gauss gravitationnel :

div ~g = −4πGρ

ρ représentant la densité volumique de masse (ou masse volumique) au point considéré.

Électrostatique du vide
Description et effets électriques d’une Définir et utiliser une fonction densité volumique, surfacique ou li-
accumulation de charges statiques néique de charges.
Définir le champ électrostatique à l’aide de la force électrostatique
ressentie par une charge ponctuelle d’essai placée dans le champ élec-
trostatique d’une autre distribution.
Citer quelques ordres de grandeurs de champs électriques.
Énoncer le principe de Curie.
Repérer les symétries et invariances d’une distribution.
Définir la notion de ligne de champ électrostatique et prévoir la to-
pographie des lignes de champ associées à une charge ponctuelle, un
cylindrique infini, un plan infini uniformément chargés et une sphère
chargée uniformément.
Équation de Maxwell-Gauss, théo- Énoncer l’expression du champ créé par une charge ponctuelle.
rème de Gauss Énoncer le théorème de Gauss et le relier à l’équation de Maxwell-
Gauss.
Utiliser le théorème de Gauss pour calculer un champ électrostatique
créé par une distribution présentant un haut degré de symétrie (plan,
cylindre, sphère).

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