Cours des Relations Economiques Internationales
(date: 06 Avril 2020)
Semestre 6
Filière: Economie et Gestion
Professeur: TOUHAMI
larbitouhami@[Link]
Chapitre V – Les négociations commerciales, les institutions
internationales et le commerce
La négociation commerciale est avant tout une
démarche de communication où les parties en présence
recherchent l'entente par des concessions mutuelles pour
atteindre un but commun : acheter pour l'une des parties
et vendre pour l'autre partie.
Dans le cadre des accords du GATT et de l'OMC, des
accords de négociation multilatérale ont été signés.
Section I – Le GATT: General Agreement on Tariffs and Trade
(Accord Général sur les Droits de Douane et le Commerce).
Fut signé le 30 Octobre en 1947 par 23 pays, pour
harmoniser les politiques douanières des parties
signataires. Le traité entra en vigueur en janvier 1948.
Le GATT avait pour ambition de lutter contre toutes les
formes de protectionnisme qui s’étaient multipliées entre
les deux guerres mondiales, ou au moins, d’instaurer un
«protectionnisme mutuellement acceptable »
([Link]).
Le GATT vise à assurer un processus continu de libéralisation
du commerce qui soit propice au développement
l'investissement, à la création d'emplois et à l'expansion des
échanges. Le système de commerce multilatéral contribue
ainsi à la croissance économique et au développement au
niveau mondial.
I - Objectif: L'objectif principal de l'accord était la liberté des
échanges par:
• l'abaissement des droits de douane;
• et la réduction des restrictions quantitatives ou
qualitatives aux échanges.
II - Les principes du GATT: le GATT prévoit pour les pays membres:
• Le principe de réciprocité: Les droits de douane doivent être le
seul moyen de protection mais les signataires se fixent comme
objectif de les réduire progressivement sur la base de la
réciprocité: chaque pays doit accorder aux autres membres des
avantages, dès lors que lui-même bénéficie de concessions de la
part des partenaires.
• Le principe de non-discrimination: tout avantage accordé à un
membre doit être étendu à tous les autres pays signataires
(clause de la nation la plus favorisée et clause du traitement
national):
- La clause de NPF : un pays qui accorde un avantage
commercial à un autre pays doit l'étendre immédiatement aux
pays signataires de l'accord.
- La clause du traitement national: chaque pays s'engage à
appliquer les mêmes règles (fiscalité, normes) sur son territoire
au niveau des produits et entreprises étrangers qu'au niveau
des produits et entreprises nationaux.
• Les seuls obstacles acceptés sont tarifaires;
• Les droits de douane sont consolidés: chaque pays déclare
le droit maximum qu’il va appliquer par produit et s’engage
à ne jamais en fixer un plus élevé.
A ces principes de base, des dérogations sont prévues
par l’accord:
• Les pays qui rencontrent des difficultés particulières (faible
niveau de vie, difficulté de la balance des paiements ou
secteur menacé par la concurrence étrangère) peuvent être
autorisés à se protéger.
• Si l’étranger pratique le dumping ou distribue des
subventions à ses exportateurs, des mesures
compensatoires sont possibles.
• Les pays formant des unions économiques bénéficient d’une
dérogation au principe de la clause NPF, puisqu’ils protègent
moins fortement les importations en provenance des pays
de la zone que celles venant des pays tiers.
• Les obstacles non tarifaires sont autorisés dans certains
secteurs (agriculture et pêche).
Section II – L’OMC: Organisation Mondiale Du Commerce
L'un des derniers cycles de négociations (l‘Uruguay
Round, de 1986 à 1994), clos par l'accord de Marrakech,
aboutit à la création de l'Organisation mondiale du
commerce.
I – Définition et objectif
1° - Définition: l’OMC est une organisation internationale qui
s'occupe des règles régissant le commerce international
entre les pays.
Au cœur de l'organisation se trouvent les Accords de
l'OMC, négociés et signés par la majeure partie des
puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs
Parlements. Le but est d'aider les producteurs de
marchandises et de services, les exportateurs et les
importateurs à mener leurs activités.
L'OMC est largement dénoncée par les petits producteurs
agricoles notamment, comme une organisation favorisant
les gros producteurs et les pays riches.
2° - Objectif de l’OMC:
L’objectif de l’OMC est d’éliminer les obstacles au
commerce. On fait la distinction entre les obstacles
tarifaires (droits de douane) et les obstacles non
tarifaires comme les contingentements, les licences à
l’importation et à l’exportation, les subventions et les
prescriptions discriminatoires en matière de sécurité,
de protection de l’environnement et de la santé des
consommateurs. Si les négociations visant la
libéralisation des échanges portaient auparavant
principalement sur la réduction des droits de douane,
depuis la création de l’OMC (en 1995), elles se
concentrent sur les obstacles non tarifaires.
II - Fonctionnement de l’OMC:
L’OMC est avant tout un cadre de négociation, un lieu où les
gouvernements membres se rendent pour essayer de résoudre les
problèmes commerciaux qui existent entre eux. Ces négociations
demandent des moyens importants pour pouvoir être suivies
efficacement par les membres de l'organisation.
L'OMC fonctionne sur un mode démocratique au sens où chaque État
représente une voix, quel que soit son poids politique ou
économique.
Il existe plus de cent accords définissant les règles de
fonctionnement de l'OMC. Le principal accord est l'Accord cadre
instituant l'OMC.
Trois accords importants définissent les règles du commerce dans le
domaine des marchandises, des services et de la propriété
intellectuelle :
• Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT),
toujours en vigueur mais appelé désormais « GATT 1994 ».
• Accord général sur le commerce des services (AGCS, en anglais GATS)
• Accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui
touchent au commerce (ADPIC, en anglais TRIPS)
Deux autres accords définissent la procédure de règlement des
différends et l'examen de la politique commerciale des
gouvernements. De nombreux accords complémentaires et
annexes contiennent des prescriptions plus précises pour certains
secteurs ou pour certaines questions comme l'accord sur
l'agriculture, l'accord sur les mesures sanitaires et
phytosanitaires (SPS), l'accord sur les mesures concernant
l'investissement et liées au commerce ou l'accord sur les
obstacles techniques liés au commerce.
Les travaux menés actuellement par l'OMC découlent en
majeure partie des négociations qui se sont tenues de 1986 à
1994, dénommées le Cycle d'Uruguay, et de négociations
antérieures qui ont eu lieu dans le cadre de l'Accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce (GATT). L'OMC accueille
actuellement de nouvelles négociations, dans le cadre du
Programme de Doha pour le développement lancé en 2001.
Lorsque les pays se sont heurtés à des obstacles au commerce et
ont voulu les réduire, les négociations ont contribué à libéraliser le
commerce. Mais l'OMC ne s'emploie pas seulement à libéraliser le
commerce, et dans certaines circonstances, ses règles peuvent
favoriser le maintien d'obstacles au commerce.
III - Les négociations commerciales multilatérales:
L’objectif principal du GATT était d’amener ses membres
à s’accorder sur des baisses multilatérales de droits de
douane. Le GATT peut être vu comme un forum de
discussion permanent. Les négociations multilatérales,
appelées round, ont lieu à intervalles réguliers. Entre
1947 et 1994, plusieurs négociations multilatérales ont
lieu, dans le cadre du GATT.
Tableau n°: Les cycles de négociations commerciales et
l'OMC:
Cycle Nom Date Membres Décisions
1ercycle Genève Octobre 1947 23 pays 104 accords de réduction de droits de douane
de 40 % en moyenne.
2e cycle Annecy Avril- Août 13 pays 147 accords de réduction de droits de
1949 douane.
3e cycle Torquay septembre 34 pays 100 accords de réduction de droits de douane
1950 - avril environ de 25 %.
1951
4e cycle Genève janvier - mai 22 pays 60 accords de réduction de droits de douane.
1956 environ
5e cycle Dillon Round septembre 35 pays 49 accords bilatéraux de réduction des droits
1960 - juillet douanes (CEE).
1962
6e cycle Kennedy mai 1964 - 48 pays Réduction de droits de douane de 35 %,
Round juin 1967 mesures anti-dumping, système de
préférences pour les pays en développement.
7e cycle Tokyo Round septembre 99 pays Réduction des protections tarifaires de 35 %,
1973 - avril réduction des mesures non tarifaires
1979
8e cycle Uruguay Septembre 125 pays Réduction des mesures non tarifaires,
Round 1986 - avril agriculture, services, droits de propriété
1994 intellectuelle, préférences pour les pays en
développement, création de l'OMC
9e cycle Millenium Round Novembre 1999 125 Échec de l'ouverture d'un nouveau
pays cycle. La discussion était élargie à de
nouveaux thèmes : la concurrence,
les investissements, la transparence
dans les marchés publics,
l'environnement et les normes
sociales.
10e cycle Cycle de Doha Novembre 2001 - 125 Suppression des subventions à
décembre 2005 pays l'exportation sur les produits
agricoles à la fin de 2013. Baisse des
droits de douane agricoles allant de
35 % à 60 %. Les États-Unis acceptent
de supprimer les subventions à
l'exportation du coton à partir de
2006. Accords sans conditions de
durée sur l'importation des
médicaments génériques. Le cycle de
Doha n'a abouti à aucune véritable
décision commune. Devant
l'impossibilité d'en arriver à une
entente globale, les discussions ont
été officiellement suspendues sine
die par le président Pascal Lamy le 24
juillet 2006. (Voir l'article "Cycle de
Doha")
Section III – Les Unions Régionales
« Une union régionale rassemble plusieurs pays qui
souhaitent constituer un espace économique autonome
dans lequel les obstacles et les disparités se réduisent,
voire disparaitre».
La présence d’unions régionales influence les flux des
échanges entre pays et modifie l’allocation des ressources
mondiales ainsi que le bien être des consommateurs.
On distingue plusieurs types d’unions:
• La zone de libre – échange: les barrières aux échanges
intrazone sont abaissées ou supprimées, mais les pays
membres ne prélèvent pas de droits de douane communs
sur les importations en provenance des pays tiers (ex:
l’ALENA (Accord de Libre Echange Nord - Américain));
• L’Union douanière va plus loin que la zone de libre –
échange, puisqu’il y est prévu, en plus, un tarif extérieur
commun (TEC);
• Le marché commun: est une union douanière dans
lequel les facteurs de production circulent librement
entre pays;
• L’Union unique: est un marché commun qui comporte
une harmonisation de certaines normes ou
réglementations internes;
• L’Union économique: est un marché unique dans lequel
a été mise en place au moins une politique monétaire
commune. L’union européenne, est au regard de cette
définition, une union économique.
Conclusion:
Dans la période contemporaine, les
comportements protectionnistes perdurent,
sous la pression notamment de certains
groupes d’intérêt. Dans leurs choix de
politique commerciale, les Etats arbitrent
entre la défense de ses intérêts particuliers et
l’intérêt général, en participant au processus
de négociation dans la cadre du GATT, puis de
l’OMC.