Thème 1 : Sociétés et environnements : des équilibres fragiles
NOTION CENTRALE = Environnement(s) = cadre de vie des sociétés humaines, combinant
des éléments naturels (atmosphère, relief, hydrosphère, biosphère), sociaux, matériels
(aménagements) et immatériels (culturels), avec lesqeuls elles interagissent
Capacités travaillées :
- Nommer et localiser les grands repères géographiques, ainsi que les processus et phénomènes étudiés
- Réaliser des productions graphiques et cartographiques dans le cadre d’une analyse
- Savoir lire, comprendre et apprécier une carte, un croquis
- Identifier les contraintes et les ressources d’une situation géographique
- Utiliser une approche géographique pour mener une analyse ou construire une argumentation
Evaluations finales :
- repérage cartographique
- rédaction d’un développement construit (1 page, réponse à une question posée)
I ) Les sociétés face aux risques
Notions : Changement climatique, milieu, risques
Capacités travaillées :
- Identifier les contraintes et les ressources d’une situation géographique
- Utiliser une approche géographique pour mener une analyse
A ) Etude de cas : Le changement climatique et ses effets sur les sociétés
Changement climatique :
- un changement d’origine anthropique
- lié aux activités humaines, depuis les débuts de la Révolution industrielle : actuellement, +1,2° depuis
l’ère pré-industrielle
- prévisions du GIEC : réchauffement global entre 2,4° et 3,5° d’ici la fin du siècle
- France : anticipation d’une adaptation à +4° (gouvernement 2023)
Q:Les sociétés sont-elles prêtes à faire face au changement climatique et aux risques liés ?
B ) Mise en perspective : des sociétés plus ou moins vulnérables face aux risques
1 ) Des risques variés, des sociétés inégalement exposées :
Risques naturels Risques anthropiques (industriels et
technologiques)
- Séismes - Stockage, exploitation et transport de matières
- Volcanisme dangereuses (essence, produits chimiques) :
- Eboulements, glissements de terrain, avalanches pollution, explosions, incendies, fuites, marées
- Tsunamis, submersion noires
- Cyclones, tempêtes, tornades, grêle Exemples : Seveso (Italie, 1975), Bhopal (Inde, 1984,
- Inondations, sécheresses AZF (Toulouse, 2001), Beyrouth (Liban, 2020), BP
- Incendies Deepwater Horizon (USA, 2010)
- Accident nucléaire (Tchernobyl 1986, Fukushima
- Maladies infectieuses 2011)
Zones tropicales Zones urbanisées et zones littorales (concentration
Pourtours du Pacifique, notamment Asie du Sud-Est des activités humaines)
Pays industrialisés ou émergents
Changement global renforce ces risques :
- entrée dans l’ère de l’anthropocène = humains modifient,de manière irréversible, tous les équilibres de la
planète, à toutes échelles (climat, ressources, atmosphère, biodiversité…)
= industrialisation, urbanisation, déforestation, surexploitation des ressources, émission de GES
- réchauffement climatique anthropique : hausse température → hausse phénomènes extrêmes et
conséquences matérielles et humaines
2 ) Une vulnérabilité plus ou moins importante selon le niveau de développement
Q : Le développement protège-t-il les sociétés des risques ?
a ) Le développement réduit la vulnérabilité :
- Les pays les moins avancés concentrent les victimes.
Séisme de 2010 à Haïti (Port-au-Prince) Séisme et tsunami de 2011 à Fukushima au Japon
Magnitude 7 Magnitude 9 (1000 fois plus puissant)
230 000 morts 16 000 morts (14 fois moins de victimes)
Causes :
- fragilité des infrastructures (absence de normes de construction)
- faible degré de prévention
- défaillance de l’État et des institutions nationales pour gérer la crise
- Les catastrophes aggravent la pauvreté et peuvent générer de nouveaux risques
Exemple : A Haïti, séisme → destruction réseau d’adduction d’eau et d'évacuation des déchets →
dégradation de l'hygiène → épidémie de choléra → plusieurs milliers de morts.
b ) Cependant, pays émergents et développés font davantage face à des risques industriels et
technologiques, combinés ou non à des risques naturels :
Exemple : Fukushima, 2011 (accident nucléaire majeur, provoqué par le tsunami lié au séisme)
- Moindre vulnérabilité humaine, mais coût matériel plus important, lié à destruction d’infrastructures
coûteuses.
Exemple : Fukushima = coût de 300 milliards $
- A relativiser cependant par rapport au PIB de ces pays
Exemple : Fukushima = 6 % PIB Japon
Haïti, 2010= 12 milliards$ = 125 % du PIB.
- Vulnérabilité accrue dans les pays émergents : forte industrialisation, normes de sécurité et de protection
de l’environnement déficientes
- A toutes échelles : face aux risques, ce sont les populations les plus pauvres qui sont les plus vulnérables.
c ) Croissance économique → surexploitation des ressources et surconsommation→ changement
global→accroissement des risques
Cependant, ce sont les sociétés en développement, déjà vulnérables, qui seront les plus impactées.
Exemples : risques liés à la montée des eaux (îles du Pacifique) ou à la désertification (Sahel)
3 ) Les sociétés face aux risques
En amont Catastrophe En aval
- Prévention - Gestion de crise - Culture du risque =
- Prévision développement de la
- Adaptation connaissance du risque
- Résilience = capacité à
surmonter et à se remettre d’une
catastrophe
- Adaptation
Echelle nationale et locale : plans Echelle nationale et locale : mise Echelle nationale et locale :
de prévention des risques ; en œuvre de plans d’organisation analyse ; choix politiques
aménagements ; surveillance ; des secours ; information ;
formation coordination des secours
Echelle internationale : systèmes Echelle internationale : solidarité Echelle internationale : soutien à
de coordination (veille) internationale (Etats, ONU, la reconstruction
ONG...)
Face au changement global : une transition environnementale
- Echelle locale et nationale : politiques d’adaptation (agriculture, infrastructures) et de réduction des
émissions de GES (politiques de transport…)
- Echelle mondiale : gouvernance internationale
1988 : création du GIEC = établit l’origine anthropique du changement climatique
1992 : Sommet de la Terre de Rio = reconnaissance par les Etats et recherche de solutions collectives, via
les COP
1997 : protocole de Kyoto = les pays les plus développés acceptent de réduire leurs émissions de GES (sauf
USA)
2015 : COP 21, accord de Paris, adopté par 195 Etats
- objectif : limiter le réchauffement climatique à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, voire +1,5°C
- chaque Etat, selon son niveau de développement, s’engage dans une politique de réduction des GES
(transition énergétique vers des économies décarbonées)
- Fonds vert pour soutenir les pays les plus vulnérables à financer des mesures d’adaptation
II ) Des ressources sous pression
Notions : environnement, milieu, ressources, conflit d’usage, acteurs spatiaux
Capacités travaillées :
- Réaliser des productions graphiques et cartographiques dans le cadre d’une analyse
- Savoir lire, comprendre et apprécier une carte, un croquis
Méthode : le croquis cartographique
A) Les ressources énergétiques : localisation, consommation, enjeux
Activité : réalisation d’un croquis cartographique (voir sur Pearltrees)
Analyse de la carte :
1 ) Des ressources stratégiques, soumises à une pression forte :
accroissement des besoins : croissance économique des pays émergents et accroissement de la population
mondiale
raréfaction voire épuisement des ressources fossiles
2 ) Des ressources inégalement réparties :
- enjeux économiques : exploitation, approvisionnement, coût des ressources énergétiques
- enjeux stratégiques et géopolitiques : indépendance/dépendance énergétique ;
sécurité des voies d’approvisionnement ;
compétition entre Etats/FTN pour accès et contrôle des gisements, pouvant aller à des conflits majeurs
3 ) Des conséquences négatives pour l’environnement : pollutions, changement climatique lié aux
émissions de GES
4 ) Besoin d’une transition énergétique = passage à des énergies renouvelables
- Processus long, demandant des investissements majeurs : nouveaux mix énergétiques
- Technologies encore en élaboration
- Question de la sobriété énergétique et des changements de comportement
- Des choix politiques, à toutes échelles (villes = favoriser mobilités douces ; Etat : favoriser transport
ferroviaire ; Monde = taxation des transports aériens)
B ) Un exemple localisé : l’Arctique, entre fragilité et attractivité
Définition :
- etymologie : arktikos vient du grec arktos = ours (Grande Ourse)
- autres noms : espaces nordiques, zone boréale (latin boreas = vent du nord) ou septentrionale (« sept
étoiles de la grande Ourse »)
- situation géographique : espaces situés au Nord du cercle polaire arctique (66°33’ latitude Nord) =
22Mkm², dont 2/3 océan Arctique
- définition écologique : Sud-Nord = passage de la taïga à la toundra ; pergélisol
Inlandsis du Groenland
= Impossibilité des pratiques agricoles (sauf élevage de rennes et cultures sous serres)
- définition climatique : climat polaire = froid extrême et nuit polaire
Minimum = un jour, au niveau du cercle polaire
Maximum = 6 mois, au pôle, de septembre à mars
Ligne de Köppen : température du mois le plus chaud inférieure à 10°
Banquise recouvrant une bonne partie de l’océan Arctique en hiver
- définition ethnologique : espaces peuplés par les populations nordiques= Samis, Inuits, Nenets...
Mais populations non majoritaires dans Arctique russe et Alaska (populations européennes)
- Démographie : 4 millions d’habitants
Domaine de faible occupation humaine, dans des formes de peuplement discontinues, en archipel, à la
périphérie de l’oekoumène.
Importance de l’Arctique russe face aux autres espaces
- Forte distance face aux principaux foyers de peuplement
- Définition géopolitique : le Conseil de l’Arctique
Organisation régionale, rassemblant Etats riverains de l’océan Arctique + représentants des peuples
autochtones + organisations gouvernementales (PNUD, PNUE) et ONG (WWF)
But : promouvoir un développement durable de la région
Etats observateurs : UE (dont France, Allemagne), Chine, Japon, Inde...
Bilan : les ressources, sources de conflictualité
- des acteurs spatiaux variés, aux intentionnalités différentes et à l’échelle d’action variée : acteurs publics
et privés ; acteurs locaux et internationaux
- conflits d’usage liés à l’accès, l’appropriation, l’exploitation et la mise à disposition des ressources
- enjeux géopolitiques entre puissances : stratégies étatiques
- changement global : perspectives différentes sur le réchauffement climatique (possibilités futures de
navigation, d’accès aux ressources, d’agriculture mais libération de méthane et de potentiels
virus/bactéries piégées dans le permafrost)
III ) Sociétés et environnements en France
A ) La France : des milieux métropolitains et ultramarins entre valorisation et protection.
Travail préparatoire : lecture du cours sur la France pages 78-9
Activité : réalisation d’une carte mentale à partir d’un cours du manuel (travail individuel)
Base de la carte mentale :
B ) Etude de cas : La Corse, entre valorisation et protection
QP : La Corse, « île de beauté », est-elle une région modèle dans la gestion des milieux ?
Vous présenterez la valorisation des ressources de l’île, avant d’aborder ses vulnérabilités. Enfin, vous
étudierez les mesures prises par les différents acteurs pour protéger ces milieux.
Rédaction de la conclusion de la QP :
- environ 5 phrases : bilan de l’étude, en nommant les faits essentiels
- 2-3 phrases : réponse à la problématique
- notions à employer : insularité, artificialisation, transition
La Corse, marquée par son insularité, est une région mise en valeur par l’agriculture et le tourisme de
masse, notamment balnéaire. Ces activités génèrent de fortes tensions sur les milieux, notamment l’été.
L’île est aussi confrontée à de nombreux risques naturels, comme les incendies. La Collectivité de Corse et
l’État mènent cependant de nombreuses actions de protection, ce qui contribue à limiter l’artificialisation
du littoral : parc naturel régional, parc naturel marin, réserves. L’orientation vers un tourisme plus durable
et une agriculture de qualité contribuent aussi à davantage préserver cet espace fragile.
Ainsi, la Corse, si elle n’est pas un modèle, du fait de sa spécificité insulaire, connaît une transition vers un
développement plus écologique de son territoire. Le changement global risque cependant de menacer ces
équilibres, en renforçant les risques, notamment climatiques.