Exercice II
Exercice 2
Un solénoı̈de long, d’axe Oz, contient n spires par unité de longueur parcourues par un courant i(t) =
→
−
I0 cos(ωt) et crée un champ magnétique B (t) = B0 cos(ωt)− →ez avec B0 = µ0 nI0 .
1. Justifier l’existence d’un champ électrique
→
−
On cherche un champ orthoradial E (M, t) = E(r, t)− e→
Θ.
Justification de l’existence du champ électrique
Selon la loi de Faraday, une variation temporelle du champ magnétique induit un champ électrique.
→
−
Puisque le champ magnétique B dépend du temps (avec une dépendance cosinusoidale), un champ
électrique variable sera induit dans le solénoı̈de.
Justification de l’orientation du champ électrique
→
− →
−
Le champ électrique E est perpendiculaire au champ magnétique B et à la direction de variation.
→
−
Étant donné que B est aligné selon l’axe z (direction − →
ez ), et que les variations se font dans le plan
orthogonal (radial) au solénoı̈de, le champ électrique doit être orthoradial, suivant la direction −
e→
Θ.
Utilisation de la loi de Faraday
La loi de Faraday s’écrit :
−
→
→ −
− → ∂B
∇×E =−
∂t
→
−
Pour un champ magnétique de la forme B (t) = B cos(ωt)−
0 z
→
e , nous avons :
−
→
∂B
= −B0 ω sin(ωt)−
→
ez
∂t
→
−
En utilisant la symétrie cylindrique (coordonnées cylindriques), l’expression pour E (M, t) devient :
1 ∂(rEΘ )
= B0 ω sin(ωt)
r ∂r
Intégrons par rapport à r pour obtenir EΘ :
r
EΘ (r, t) = − B0 ω sin(ωt)
2
2. Calcul de la puissance moyenne développée par l’effet Joule
Un cylindre conducteur cylindrique d’axe O2 de hauteur H, de rayon R et de conductivité électrique
σ est placé dans ce champ électromagnétique.
→
−
La densité de courant induit j est donnée par la loi d’Ohm :
−
→ →
−
j = σE
La densité de puissance dissipée par effet Joule est :
→ −
− →
P = j · E = σE 2
→
−
Pour E (r, t) = − 2r B0 ω sin(ωt)−
e→
Θ , nous avons :
r
E= B0 ω sin(ωt)
2
r 2 σr2 2 2 2
P =σ B0 ω sin(ωt) = B ω sin (ωt)
2 4 0
1
La puissance moyenne sur un cycle est :
T T
1 σr2 2 2 1
Z Z
P = P dt = B ω sin2 (ωt) dt
T 0 4 0 T 0
RT
Utilisons 0
sin2 (ωt) dt = T
2 :
σr2 2 2 1 T σr2 2 2
P = B0 ω · = B ω
4 T 2 8 0
La puissance totale dissipée dans le cylindre est obtenue en intégrant sur le volume du cylindre :
H 2π R
σr2 2 2
Z Z Z
Ptotale = B ω r dr dθ dz
0 0 0 8 0
HZ 2π R
σB02 ω 2
Z Z
= r3 dr dθ dz
8 0 0 0
σB02 ω 2 R 4
πHσB02 ω 2 R4
= · 2π · H · =
8 4 16
3. Condition de fusion
Si le conducteur est suffisamment conducteur thermique pour que sa température T soit uniforme et
évacue par sa surface une puissance surfacique h(T − T0 ), alors la puissance évacuée est :
Pévacuée = h(T − T0 )2πRH
À l’équilibre thermique :
Ptotale = Pévacuée
Donc :
πHσB02 ω 2 R4
= h(T − T0 )2πRH
16
Simplifions pour obtenir ω :
σB02 ω 2 R3
= h(T − T0 )
16
16h(T − T0 )
ω2 =
σB02 R3
s
16h(T − T0 )
ω=
σB02 R3
Pour que le métal atteigne sa température de fusion TF , nous avons :
s
16h(TF − T0 )
ωfusion =
σB02 R3
4. Champ magnétique créé par les courants induits
→
−
Le champ magnétique créé par les courants induits b (M, t) sur l’axe, en supposant H grand devant
→
−
R, peut être déterminé en utilisant l’expression de la densité de courant induit j et la loi de Biot-Savart.
La condition pour que ce champ magnétique soit négligeable devant B0 est déterminée par l’épaisseur
de peau δ.
L’épaisseur de peau est donnée par : r
2
δ=
µ0 σω
→
−
Pour que b (M, t) soit négligeable devant B0 , nous devons avoir δ grand par rapport à R, ce qui
signifie : r
2
R≪
µ0 σω