Dans le cadre du cours d’anthropologie juridique, le professeur Gabin BADI, a bien
voulu nous soumettre à un travail de réflexion ayant pour thème, le débat sur la citation
suivante ; à la lumière des quatre éléments d’acculturation juridique, en Afrique la corruption se
manifeste par la tontine situationnelle des dirigeants politico administratifs locaux que
DESJEUX définit comme un système de régulation et de contrôle social ,qui garantit aux
dirigeants l’accès au pouvoir et a l’argent par rotation permanente, aux postes politique et
administratif.
Ce travail sera fait de manière précise, concise et claire .Il se présentera comme suite ;
une introduction générale, deux chapitre et une conclusion
INTRODUCTION
a. Définition des concepts clés
Corruption
Elle peut être définie comme la perversion ou une infraction pénale commise par une
personne ou une organisation à laquelle on confie une position d’autorité, afin d’acquérir des
avantages illicites ou d’abuser de son pouvoir à des fins personnelles. La corruption politique se
produit lorsqu’un titulaire de charges publique ou un autre employé du gouvernement agit à titre
officiel pour en tirer un profit personnel. Elle conduit généralement à l’enrichissement
personnelle du corrompu ou à l’enrichissement de l’organisation corruptrice.1
Contrôle et régulation sociale
Au xix siècle en France comme chez les sociologues américains, le contrôle social a un
sens positif, de régulation social. pris dans son sens large, y est analyser comme un ensemble des
mécanismes sociaux de régulations des comportements des individus et des groupes d’individus
les rendant conforme aux normes et valeurs établies, permettant l’union des hommes dans la
société et maintenant la cohésion sociale.2
Chaque jour, nous entendons parler de l’assaut des crises auxquelles le monde est
confronté, du changement climatique aux conflits, en passant par l’inflation et la dette, la
pandémie, nos efforts pour relever ces défis semblent semés d’embuches. Mais pour réussir à
relever les défis de notre époque, la corruption est le fléau que nous ne pouvons pas esquiver. La
triste vérité est que la corruption persiste dans tous les pays, se manifestant sous des facettes
multiples, depuis les dessous de table jusqu’ au détournement a grande échelles des ressources
publiques. Avec le progrès technologique, elle devient de plus en plus un défi transnational sans
respect des frontières, car l’argent circule désormais plus facilement à l’intérieur et à l’extérieur
des pays dissimulant des gains illicites.
Elle nuit le plus aux pauvres, et aux personnes vulnérables, augmentant les coups et
réduisant l’accès aux services de base et même de la justice. Elle exacerbe les inégalités et réduit
les investissements privés au détriment des marchés, des opportunités d emploies et des
économies.
LES QUATRES ELEMENTS D’ACCULTURATION JURIDIQUE
1
[Link]
2
Brigitte bouquet, regards sur le contrôle social,PUF,2012,p33
Selon Rudmin l’acculturation est une expérience humaine ancienne et probablement
[Link] première théorie de l’acculturation a été proposé en 1918 par thomas et znaniecki
qui ont travaillé sur les valeurs et les attitudes d’immigrants polonais aux Etats unis ainsi que des
paysans polonais. Par la suite, Redfield Linton et Herkowits ont définis l’acculturation comme
l’ensemble des phénomènes résultant du contact directe et continu entre des groupes de cultures
différentes avec des changements subséquent dans les types de culture original de l’un ou des
deux groupes
Parmi les modèles théoriques qui ont été proposé pour étudier l’acculturation, celui de
Berry est le plus référencé. Quatre stratégies d’acculturation en découlent à savoir ;
l’assimilation, l’intégration, la séparation et la marginalisation.
Lors que les migrants adoptent des éléments de la culture d accueille et s’éloigne de ceux
de leur culture d’origine il s’agit de l’assimilation. On parle d’intégration quand ils maintiennent
des éléments de leur culture d’origine tout en empruntant ceux du groupe hôte. La stratégie de
séparation consiste à conserver plus ou moins intacte, leur héritage culturelle et a éviter les
échanges avec le groupe d accueille. Enfin la marginalisation désigne le cas où les migrants n
établissent des relations ni avec leur groupe d’origine ni avec le groupe d accueille.
En Afrique, la corruption se manifeste par la tontine situationnelle des dirigeants politico
administratifs locaux , que Desjeux définit comme un système de régulation et de contrôle social
qui garantit aux dirigeants l’accès au pouvoir et a l’argent par rotation permanente aux postes
politiques et administratifs.
En effet, la présentation dominante du fonctionnement de l’Etat en Afrique s’appuie sur
des stéréotypes. C’est-à-dire, tronque et rudimentaire, l’ethnicité congénitale le corrode, la
corruption est chronique et pathogène par rapport a la citation ci haut citée, ou la corruption se
manifeste par une tontine situationnelle des dirigeants politico administratif. L auteurs montre
comment l’Etat est approprié par ses détenteurs, il est privatisé. Chaque titulaire d’une parcelle
de pouvoir ou d’autorité publique l’accapare à son profit et à celui de son réseau. Avec
l’avènement de la démocratie, le vote parfois acheté en contrepartie des libéralités, en argent ou
en nature, se révèle être le moyen efficace pour conquérir une position politique, donc
économique qui n’aurait pas été automatiquement obtenue par un scrutin ouvert. L’argent de la
corruption sert à enrichir le prestige social de l’homme au pouvoir, le premier cercle servi est la
parentèle, le second la clientèle. Du coup, la corruption devient une ressource politique.
En rapport avec les quatre éléments d’acculturation juridique nous avons d’un cote la
société émettrice, représenté par les dirigeants politico administratifs qui ont privatisé le pouvoir
politique et l’argent, et de l’autre cote, la société réceptrice représentée par le bas peuple, qui
lutte pour une redistribution équitable des richesses.
De ce fait, lors que la société vit l’interpénétration culturelle qui fait que la première
société c’est à dire les dirigeants qui prônent la corruption apparait, la deuxième qui cherche une
redistribution équitable, et l’accès à tous aux charges publique, va disparaitre et aura pour
conséquence une société corrompu et on aura une société intégré. Mais si la société se décide
remettre en cause une grande partie de ses propre règle, de son ordre social établit, et assimile les
règles imposés par la société émettrice, on aura une société marginale. Si la société rejette
globalement les valeurs et normes de la société émettrice ça donnera une société non intégré, et
là nous observerons l’incapacité du gouvernement à promouvoir le développement économique
et faire respecter l’ordre et la loi. Du coup, nous aurons des coups d’état par les juntes militaires.
Enfin nous auront une société anomique ou les membres ne savent à quel norme se référer, la
société réceptrices est déstructuré, sans que la société émettrice ne fournisse en échange une
organisation capable de l’équilibrer.
En définitif, des nombreux pays africains sont classes parmi les mauvais élèves de
l’indice de perception de la corruption publié par transparency. Les acteurs politiques, n’ont
souvent pas des références idéologiques précisent, ils sont surtout attachés une fois élus à gérer
leurs intérêt et leur alliance. La fortune au lieu d’être un objet de blâme, devient l’attribut du vrai
chef. Elle doit être visible pour devenir une vertu politique.3
3
Revue international et stratégique, 2012, n85, comprendre la corruption des élites en Afrique subsaharienne,
Pierre Jacquemot,p126