Sommaire
Introduction
I. LES PRINCIPES DE VALIDITE D’UN CONTRAT DE
COURTAGE MATRIMONIAL
A. Les conditions essentielles de validité des contrats
B. Le consentement et les vices du consentement
II. LES EFFETS
A. La notion de dol et ses conséquences
B. Les moyens juridiques à la disposition d’AMOIN pour
contester le contrat
INTRODUCTION
Des faits, il ressort que KONAN Blofouê et AMOIN Krakra, après deux ans de
mariage, se dirige vers le divorce malgré les tentatives de réconciliation du juge.
KONAN a contacté l’agence matrimoniale après l’échec de la conciliation
suggérant un divorce imminent. AMOIN, se sentant offensée par cette démarche,
envisage de contester le contrat de courtage matrimonial conclu par KONAN. Les
faits tels que présentés soulève la question de la validité d’un contrat de courtage
matrimonial conclu sur la base d’une fausse déclaration du statut matrimonial.
Dès lors, la validité d’un tel contrat peut-elle être remise en cause en raison de la
fausse déclaration de l’état civil par l’une des parties ? Pour répondre à cette
question, nous analyserons d’abord les principes de validité d’un contrat de
courtage matrimonial (I), puis les effets (II)
I. LES PRINCIPES DE VALIDITE D’UN CONTRAT DE
COURTAGE MATRIMONIAL
A. Les conditions essentielles de validité des contrats
Selon l’article 1108 du Code civil ivoirien, « quatre conditions sont essentielles
pour la validité d’une convention : le consentement de la partie qui s’oblige, sa
capacité de contracter, un objet certain qui forme la matière de l’engagement, et
une cause licite dans l’obligation. »
Dans notre cas d’espèce, KONAN, en instance de divorce, a conclu un contrat
avec l’agence matrimoniale « ATOMOLI », déclarant être divorcé. Cette
déclaration concerne une qualité essentielle de sa personne, influençant
directement l’objet et la cause du contrat.
En conséquence, La validité du contrat de courtage matrimonial dépend du respect
de ces conditions essentielles, notamment la véracité des informations fournies
par KONAN concernant son statut matrimonial.
B. Le consentement et les vices du consentement
L’article 1109 du Code civil ivoirien qui prévoit : « il n’y a point de consentement
valable si le consentement n’a été donné que par erreur, ou s’il a été extorqué par
violence ou surpris par dol. »
En l’espèce, En déclarant être divorcé alors qu’il est seulement en instance de
divorce, KONAN a fourni une information inexacte susceptible d’induire
l’agence en erreur sur une qualité essentielle de sa personne.
Par conséquent, Cette fausse déclaration peut constituer un dol, viciant le
consentement de l’agence et rendant le contrat susceptible d’annulation.
II. LES EFFETS
A. La notion de dol et ses conséquences
Le dol est défini comme des manœuvres frauduleuses destinées à tromper le
cocontractant. Il constitue un vice du consentement pouvant entraîner la nullité du
contrat.
Dans notre cas d’espèces, La fausse déclaration de KONAN sur son statut
matrimonial peut être qualifiée de dol si elle a déterminé le consentement de
l’agence « ATOMOLI ».
Par conséquent, Si le dol est établi, le contrat de courtage matrimonial peut être
annulé à la demande de l’agence, victime de cette tromperie.
B. Les moyens juridiques à la disposition d’AMOIN pour contester le
contrat
En principe, seuls les contractants peuvent invoquer la nullité d’un contrat pour
vice du consentement. Cependant, une tierce personne justifiant d’un intérêt
légitime peut également agir en nullité.
Dans notre cas d’espèce, AMOIN, bien que n’étant pas partie au contrat, peut
estimer que la fausse déclaration de KONAN porte atteinte à ses droits ou à sa
dignité, justifiant ainsi un intérêt légitime à contester le contrat.
En conséquence, AMOIN pourrait, en démontrant un intérêt légitime, engager une
action en nullité du contrat de courtage matrimonial conclu par KONAN en raison
de la fausse déclaration de son statut matrimonial