GM 63293
GM 63293
Z 1 FcV. 200
Service de la Géoinformatior ~
GM 63293
Québec ~®
GUIDE D'ÉVALUATION DES
GISEMENTS D'OR
Tome 2
Méthode d'évaluation
pour le
Centre de recherches minérales
GÉOCONSEIL LtiU
MARCEL VALLÉE INC.
Ltée Groupe-conseil
Publié et diffusé par
le Centre de recherches minérales
Ministère de l'Energie et des Ressources
2700, rue Einstein
SAINTE-FOY (Québec)
G1P 3W8
Le Centre de recherches minérales est heureux de vous présenter ce Guide d' évaluation des
gisements d'or destiné aux professionnels et aux responsables de l'évaluation des aspects
relatifs à la géologie, l'ingénierie et l'économie des gisements d'or. Ce guide sera utile autant
pourles compagnies minières ou d'exploration que pourles différents organismes financiers,
de réglementation et gouvernementaux impliqués dans le domaine minier.
Les deux principaux objectifs poursuivis dans ce document sont de fournir des procédures
et des outils appropriés d'évaluation des gisements d'or et d'établir des définitions des
réserves plus cohérentes et plus pertinentes que celles utilisées présentement. Le guide
d'évaluation des gisements d'or contient aussi une description complète du processus de
développement minier.
Ce document s'inscrit dans la liste des guides que le Centre de recherches minérales met à
la disposition de ceux qui oeuvrent dans le secteur minéral.
Le directeur général
du Centre de recherches minérales,
SOMMAIRE
Le Guide d'évaluation des gisements d'or vise, par une analyse critique des étapes et
composantes de l'évaluation des gisements d'or et de la classification des réserves, à améliorer
la précision des estimés et à réduire les risques de perte financière que comportent les
décisions d'investissements dans le secteur minier. Le Guide analyse, dans une approche
systémique, les travaux d'évaluation et de mise en valeur des gisements minéraux dans l'axe de
la géologie, dans l'axe de l'ingénierie et dans l'axe de l'économique. La même attention est
apportée aux systèmes de classification des réserves et des ressources.
Le Guide s'adresse d'abord aux professionnels(2 et aux cadres techniques; et, par
extension, aux dirigeants et administrateurs des compagnies. Le Guide pourra également servir
aux autres intervenants dans le développement minéral, tels le personnel des organismes financiers,
des ministères et des organismes de réglementation.
Le Guide d'évaluation des gisements d'or comporte trois Tomes: le Précis, la Méthode
d'évaluation et la Classification des Réserves et des Ressources. Le Précis d'évaluation présente
une perspective synthétique et résumée du Tome II selon les mêmes chapitres et subdivisions
principales et résume la classification des réserves présentée au chapitre 3 du Tome III. Le Précis
a pour but de faciliter l'accès à l'ensemble du Guide et aux sujets d'intérêt particulier pour le
lecteur.
2 Dans le Guide d'évaluation des gisements d'or, le masculin est utilisé de façon générale
pour signifier à la fois le masculin et le féminin, pour raisons de simplicité.
Dans l'axe de la géologie, le Guide vise l'optimisation du travail géologique (chap. 4), des
diverses méthodes d'échantillonnages (chap. 5), des méthodes analytiques (chap. 6). Ces étapes
permettent l'estimation, à partir des aspects géologiques, géostatistiques et miniers, des volumes,
des masses et teneurs qui constitue l'inventaire des gisements et des réserves minières(chap. 7).
Dans l'axe de l'ingénierie, les aspects miniers (chap 8) et minéralurgiques (chap. 9) font l'objet
d'une revue détaillée dans la même perspective de cerner les éléments qui contribuent aux pertes
et d la dilution, dans le but d'améliorer l'ingénierie du projet.
Dans l'axe de l'économique (chap 10), le Guide analyse les divers éléments qui contribuent
à la rentabilité et propose une cheminement de travail . L'étape de faisabilité et de décision (chap.
11) constitue un bilan rigoureux du projet, bilan qui doit s'appuyer sur des éléments quantitatifs
pour assurer le rendement des investissements dans le projet industriel envisagé. Le Guide
propose ensuite (chap. 12) des normes d'application axées sur le rôle des professionnels dans la
présentation et la révision des dossiers techniques aux Commissions des valeurs mobilières, avec
l'appui d'un Comité de Révision, ou Comité d'experts, pour la revue des dossiers litigieux.
En perspective (chap 13), le Guide souligne qu'une amélioration des processus d'évaluation
des gisements et de décision se traduira par une plus grande efficacité de l'industrie et des milieux
financiers et par une plus grande rentabilité, autant des capitaux de risque aux divers stades
du développement minéral que des investissements de production. De tels résultats ne pourront
qu'avoir des rétro-actions bénéfiques sur la perception du public et des milieux financiers pour
l'exploration et la mise en valeur des gisements miniers au Québec et au Canada, ce qui
contribuera à améliorer la disponibilité de capitaux de risque pour l'exploration minière
canadienne.
Le Tome III, Classification des réserves et des ressources, présente d'abord une
perspective des divers systèmes de classification des réserves utilisés depuis le début du siècle
(chap. 1) et une revue critique des principaux problèmes (chap. 2). A partir de ces éléments, le
Guide propose un système mieux structuré d'inventaire minéral et de classification des réserves
(chap. 3). En suivant l'usage déjà établi, le terme réserve ne sera utilisé que dans une mine en
exploitation commerciale ou dans un projet où les connaissances dans tous les axes de connaissance
sont suffisantes pour permettre d'établir la rentabilité d'un projet de développement minéral. Aux
stades de délimitation, de définition et de mise en valeur du gisement, où la connaissance est
surtout d'ordre géologique, les termes gisement délimité et minéralisations inférées (ce dernier
remplaçant les "réserves possibles) seront utilisés
Proper appraisal of mineral deposits at all stages of mineral development is essential to insure
the efficiency of the mineral development process as well as appropriate economic returns of these
activities to the investors. The Guide to Evaluation of Gold Deposits 1 reviews the various steps
and components of the evaluation of gold deposits and the classification of reserves, in order to
improve the accuracy of the estimates and reduce the risks of financial losses that are tied to
investment decisions in the mining sector.
The Guide is designed primarily for the professionals directly involved in the geological,
engineering and economic aspects of mineral development, but it will also be of use to operation and
corporate management. It should also be useful to other groups also involved in mineral development,
such as financial organizations, government departments and regulatory agencies.
The first Volume of the Guide "Précis d'évaluation", presents a synthesis of Volume II,
"Méthode d'évaluation" and Volume III, "Classification des réserves et des ressources". Volume
II, the "Méthode.." reviews, in a systemic manner, the components of mineral deposits evaluation in
the successive stages of mineral development, based on the main axes (or domains) of knowledge:
geology, engineering and economics. The treatment is elaborate, with case studies and references.
Volume III, "Classification..", after a summary presentation and critical review of the various reserve
classification systems in use, offers a revised, more integrated system.
Volume II, the "Méthode.." first presents an outline of the context of mineral development
and the problems of ore reserve classifications (chap. 2-3). This review emphasises the significant
elements of deposit evaluation: the increasing quantification of knowledge, the iterative character of
evaluation work, the multidisciplinary aspects of the evaluation processes, and the probabilistic aspects
of most of the estimates. Improving the efficiency of the investment decisions requires to generalize
the use of a more thorough approach to evaluation of deposits, so that the forecasts of production
grade and tonnage and anticipated revenue are more often met. The Guide reviews systematically the
steps and procedures that contribute to metal loss and ore dilution: these are direct drains on the
efficiency of all phases of mining evaluation, extraction and ore dressing. Similar approaches are
already followed by numerous companies or consultants, but not by all, as events too often show.
In the geological axis or domain, the Guide describes the characteristics of geological
appraisal work (chap 4), sampling methods (chap. 5), assaying methods and procedures (chap. 6). The
various steps and methods for the estimation of volumes, masses and grades of mineral deposits are
1990, "Guide d'évaluation des gisements d'or", sponsored by the Centre de recherches
minérales du Québec and seven other organisations and prepared by Géoconseil Marcel
Vallée inc. and ROCHE ltée, Groupe conseil.
covered in chapter 7. To help quantify the non-statistical concept of precision of the estimates, the
terms margin of error and confidence level of the estimates are used throughout.
In the engineering axis, mining and ore dressing aspects (chap. 8-9) are reviewed in detail,
with the same objective of defining ore/metal losses and dilution introduced at the various steps of
evaluation as well as improving the engineering aspects of the project. The key emphasis is on the
interrelation between ore deposit features and the mining / milling methods chosen. Resulting ore
dilution and ore losses are directly related with these choices. The direct relation of appropriate,
rigorous sampling of gold ore to accurate control and auditing of the process is emphasized.
In the economic axis the Guide reviews the various elements required to establish the
economic feasibility and the profitability of the mining project, and proposes assessment procedures
and steps (chap. 10). The final (bankable) feasibility study and the decision it supports must be based
on appropriate quantitative estimates of all aspects involved, in order to insure the profitability of the
investments required for mine development (chap. 11); at this stage, proper evaluation of all risk
factors that cannot be quantified is essential to insure proper returns on these investments. Chapter
12 suggests norms for the presentation of professional reports dealing with reserve estimation,
feasibility studies and mine financing.
Volume III, Classification des réserves et des ressources first presents the various systems
used for ore, reserve and resource classifications since the start of the century (chap. 1) and makes a
critical review of the main problems encountered, in particular with use of the terms ore, reserves,
possible reserves(chap. 2). A revised system for mineral inventory and reserve classification aims
to integrate the significant features of the existing ones (chap. 3).
The key elements of the proposed classification system follow current trends. The term
reserve shall be used in an operating mine or in a mining project, only when information in the
geological, engineering and economic knowledge and information is appropriate to insure the feasibility
of the mining project: "reserves" are by definition "mining reserves". At earlier stages of deposit
development, when quantitative knowledge is available mainly in the geological axis, the terms
"delimited mineralized resource" or "delimited mineral deposit" shall be used. Both Proven and
Probable reserves shall be subdivided in two classes to better express the many steps of mineral
valuation; similar divisions shall be used for the delimited mineralisation. In addition, the category
of "Possible reserves" should be replaced by that of "Inferred mineralisation" (or resources); this
solution conforms to SEC regulations and to the recommendations of the Australasian Code. Use of
the margin of error of the estimates at a confidence level of 90% is proposed as an objective, in order
to establish their precision and distinguish categories and classes.
SOMMAIRE
1. INTRODUCTION 3
AXE GÉOLOGIQUE
4. LE CONTROLE GÉOLOGIQUE 43
5. LES ÉCHANTILLONNAGES 71
6. LES ANALYSES 97
AXE DE L'INGÉNIERIE
AXE DE L'ÉCONOMIQUE
APPLICA77ON
RÉFÉRENCES 293
CHAPITRE I
INTRODUCTION
1. INTRODUCTION 3
1.1 LA PROBLÉMATIQUE 3
1.1.1 RESSOURCES ET RÉSERVES 4
1.1.2 L'ÉVALUATION DES GISEMENTS D'OR 4
"Une définition de minerai qui soit acceptable d tous est difficile d trouver..."
H. Gray, Symposium 1967 de l 'ICM
1. INTRODUCTION
Le présent Guide a été préparé suite au contrat octroyé à Géoconseil Marcel Vallée inc.
et ROCHE Itée, Groupe conseil par le Centre de Recherches Minérales selon le devis spécifique
N° 87002/89-03-01. Le CRM a été créé pour répondre aux besoins exprimés par les repré-
sentants de l'industrie minérale. Son mandat est d'effectuer, ou de faire effectuer, des travaux
de recherche et de développement pour le compte des exploitants et des autres intervenants du
secteur minier.
1.1 LA PROBLÉMATIQUE
Les spécialistes qui oeuvrent dans le secteur du développement minéral sont confrontés
à de nombreuses difficultés techniques lors de l'estimation des ressources et des réserves
minérales aux divers stades du développement. L'évaluation des gisements aurifères présente des
difficultés accrues, en vertu de la distribution pépitique des particules de ce métal dans la masse
rocheuse et souvent, de la forme très irrégulière des gîtes d'or filoniens.
Le Guide d'évaluation des gisements d'or vise donc à améliorer l'efficacité des pratiques
et procédures dans les divers volets et étapes de l'évaluation des gisements, pour améliorer la
rentabilité des investissements. Cet objectif demande l'amélioration de la précision des estimés
et la réduction des risques de pertes financières que comportent les décisions d'investissement,
en augmentant l'efficacité des procédures d'évaluation et de contrôle.
La démarche du Guide est donc prioritairement dirigée vers les professionnels, les
cadres et les dirigeants qui sont directement impliqués dans l'évaluation des aspects géologiques,
d'ingénierie et d'économique des gisements d'or et vers ceux qui ont la responsabilité des
décisions. Par extension, le Guide pourra également servir à orienter les travaux des organismes
financiers, des organismes de réglementation et des organismes gouvernementaux impliqués soit
dans l'évaluation des ressources minérales, soit dans le développement minier.
L'évaluation des gisements d'or n'est, de fait, qu'un cas particulier, mais plus complexe,
de l'évaluation des gisements minéralisés de toute nature. L'évaluation des gisements d'or est
plus difficile que celle des métaux plus abondants pour trois principales raisons. Ce sont les
faibles teneurs, la distribution pépitique de ce métal à travers la masse rocheuse et les petites
dimensions et les limites irrégulières des gisements filoniens. La compréhension et l'appréciation
des méthodes d'évaluation et de leurs implications sont très inégales dans l'industrie de
l'exploration et même occasionnellement de l'exploitation minière.
Le Guide devra donc, dans cette perspective, revoir tous les aspects, toutes les
procédures et étapes de l'échantillonnage et de la valorisation des gisements d'or. Le
cheminement du Guide sera de dégager toutes les implications des caractéristiques des gisements
d'or sur les méthodes de travail, sur l'estimation des réserves et sur l'estimation de la faisabilité
et de la rentabilité d'un projet minier.
Géoconseil Marcel Vallée Inc et Roche Ltée Groupe Conseil ont suivi le plan de travail
suivant, pour répondre à la problématique décrite plus haut et rejoindre les objectifs fixés par le
CRM.
GMV/Roche ont procédé, dans le but de formuler des révisions appropriées, à une
évaluation experte des définitions des réserves et des ressources actuellement utilisées au Canada
et de leurs variantes dans divers pays à tradition minière, ainsi que des problèmes rencontrés dans
leur application. Les différents aspects de l'évaluation des gisements d'or ont fait l'objet d'une
analyse rigoureuse, dans une perspective systémique, dans le but de suggérer des approches et
des procédures intégrant mieux les divers aspects et étapes de l'évaluation des gisements d'or.
En deuxième étape, le rapport préliminaire a été soumis par le CRM aux membres du
Comité aviseur formé des représentants des organismes commanditaires. De plus, pour
augmenter l'assurance d'atteindre les objectifs visés, le rapport préliminaire a été soumis à une
liste représentative d'intervenants de l'industrie minière, des universités, des services gouverne-
mentaux et des organismes de réglementation. L'Annexe "Remerciements" contient la liste des
personnes et organismes qui ont répondu à la consultation. La rédaction du rapport final par
GMV et ROCHE Ltée, a été faite à la lumière des commentaires et critiques reçus des divers
intervenants, ainsi que des commentaires et avis du Comité aviseur.
Géoconseil Marcel Vallée et ROCHE liée, Groupe conseil, reconnaissent avec gratitude
la contribution de toutes les personnes et organismes cités en Annexe à la critique et l'enri-
chissement du Guide. Plusieurs des personnes citées ont fait une revue très détaillée du rapport
préliminaire.
Collaborateurs principaux:
Les apports de nombreuses autres personnes qui ont contribué au Guide dans sa forme
actuelle doivent également être soulignés ici.
CHAPITRE II
LE PROCESSUS
DU
DÉVELOPPEMENT MINÉRAL
Pour situer les deux volets de la présente étude dans un cadre pertinent, le Guide
s'appuiera sur une perspective dressée à partir des étapes et des stades du développement minéral
et du schéma des axes de connaissance.
Le contexte de l'évaluation des gisements d'or doit être situé dans l'ensemble du
processus du développement minéral dont l'exploration, à proprement parler, n'est que la
première étape. Cette étape est suivie, après la confirmation de la découverte d'un gîte, par la
délimitation et la mise en valeur du gisement et, une fois la faisabilité établie, par celle du
développement minier. L'étape de l'exploitation complète ce processus. Autant les objectifs
concrets que les méthodes et les objectifs financiers évoluent durant ces étapes successives du
développement minéral. Durant ce cheminement, la compagnie junior d'exploration doit, autant
que la société minière, justifier l'affectation de fonds additionnels constitués de capital de risque
par des résultats d'intérêt croissant suite aux diverses étapes et programmes successifs.
A) L'exploration
Découvrir: Arriver à connaître ce qui était caché ou ignoré.
Dictionnaire Le Petit Robert.
d'espérance de gains imprévue (windfall) et souvent dans un contexte très spéculatif. Les travaux
sont de caractère extensif, sur des surfaces cibles qui se réduiront, suite aux découvertes, pour
finalement se transformer en travaux intensifs de délimitation d'un gisement minéral.
B) La mise en valeur
C) Faisabilité et décision
Lors de l'étude formelle de faisabilité de la mise en production, toutes les études, dont
l'estimation des réserves, doivent être considérées comme faisent partie d'un bilan des acquis.
Ce bilan vise à établir le niveau de rentabilité et le risque financier attaché à la décision
d'exploitation, en s'appuyant sur l'ingénierie de tous les éléments géologiques, miniers,
minéralurgiques, environnementaux, ainsi que sur les aspects commerciaux, financiers et même
sociaux que comporte un projet donné. A ce moment, la décision de réalisation d'un projet
d'exploitation minière implique un investissement dans un projet industriel, dans une perspective
de rentabilité.
D) Exploitation
PROSPECTEURS
CONNAISSANCES CAPITAL
G EOLOGUES
DE RISQUE
ENTREPREN EURS
EXPERIENCE
INGENIEURS \ CAPITAL DE
FINANCIERSDETERMINATION CONFIRMATION
CAPITAL
D'INVESTISSEMENT
EXPLOITATION
MINIERE
CONCENTRATION
MINERALE MORPHOLOGIE
CONSULTANTS
STRUCTURE FOURNISSEURS
METAL LOGENIE LABORATOIRE
D' ESSAIS
LABORATOIRE
LITHOLOGIE D'ANALYSE SONDAGES
GEOPHYSIQUE
Fig.2.0
Le schéma que présente le Guide est une version légèrement modifiée de l'échelle
SOQUEM. Dans cette nouvelle version, le stade 7 (Faisabilité) est devenu celui des Études
économiques et le stade 8 (Décision) est devenu Faisabilité / Décision l4.
Le processus du développement minéral doit être regardé dans la perspective des axes
de connaissance et des axes de référence utilisés dans les diverses classifications. Par exemple,
le système des Stades de développement minéral ne comporte qu'un seul axe explicite regroupant
les diverses composantes d'un projet de développement minéral pour en caractériser le progrès.
Les systèmes traditionnels de classification des réserves n'utilisent qu'un axe mais sans comporter
autant de paliers que le système des Stades.
STADE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Reeonnaiesanee Prospection Vérification Délimitation ingénierie Économique Faisabilité Développement Exploitation
DESCRIPTION régionale d'anomalies d'Indices
Dltousarte
du gite du volet du projet Décision minier n,iolet°
TENEUR 1)
ÉTUDES DE
FAISABILITÉ
OU D'ORIENTATION
C C C ~
AXE DE 4111111111 GÉOLOGIE GISEMENT
GISEMENT
INGÉNIERIE ÉCONOMIQUE EXPLOITE
VALORISATION MINIER
MINÉRAL
Rétérence
rapport •III1Uel
de SOquc•m 1974 1 ~,
Fig. 2.1
PROCESSUS DE
GUIDE DÉVALUATION DEVELOPPEMENT MINERAL
Méthode d'évaluation
2.2.1 LE CHEMINEMENT
La progression d'un projet d'un stade à l'autre se fera suite à des évaluations itératives.
Les évaluations prendront graduellement la forme, a partir du stade 5, d'études de faisabilité
d'abord sommaires et ponctuelles mais dont les paramètres deviendront de plus en plus quanti-
tatifs et détaillés à mesure que progressera le projet. Ces études de faisabilité de caractère préli-
minaire sont à chaque fois un bilan qui doit justifier la continuation des travaux et la décision
d'investir des fonds additionnels dans l'étape suivante.
RESSOURCES
IDENTIFIÉES
DÉCOUVERTE
/
/
/
"/ ^
RÉSERVES _ _ _
---- r-- ---~
-----I-i
/
- =/ ,
MINÉRALES
r-
GÉOLOGIE I
RÉSERVES
DE MINERAI
POTENTIEL
RECONNU
CAPACITÉ
ACTUELLE
Fig.2.2
La découverte d'un gîte minéralisé est un "saut quantique" qui se produit lors de la
première intersection minéralisée d'importance. La confirmation de la présence d'un gisement par
des échantillonnages et des sondages additionnels complète ce stade clé.C'est à partir de ce
moment que surgit la nécessité de définitions et de normes pour la caractérisation des ressources
et des réserves minérales. Les travaux de cette étape consistent à confirmer la présence d'un gîte
minéralisé et d'en établir, de façon préliminaire, la continuité, les limites, les teneurs, le poids
spécifique et le volume, donc le tonnage et le contenu métal.
Les forages, au diamant en général, sont la méthode de travail la plus efficace, autant
du point de vue technique que du point de vue monétaire, à ce stade. L'emploi des sondages
s'appuiera sur une intégration des connaissances géologiques, géochimiques géophysiques, de
façon à optimiser les chances de découverte et les travaux de délimitation des minéralisations et
de leurs caractéristiques. Les méthodes géophysiques, particulièrement les levés électromagné-
tiques (EM) dans les forages tiennent une place croissante dans la découverte et même la
délimitation des gisements à grande profondeur.
Si par exemple, à cause de la nature pépitique d'une minéralisation d'or, les sondages
ne sont pas suffisants pour évaluer la teneur d'un gisement, ils demeurent essentiels pour déter-
miner la lithologie, la structure et l'étendue de la zone minéralisée et de son enveloppe. Les
échantillonnages en vrac ne sont pas, sauf pour des gisements de type placer, appropriés à ce
stade. En effet, exécuter de tels travaux pour établir la présence d'un gisement n'est pas
approprié. De tels travaux demandent des frais considérables et ne peuvent délimiter une zone
minéralisée d'importance, si sa présence et sa continuité n'ont pas été établies par une maille de
forages. Pour améliorer l'efficacité, les coûts de l'exploration doivent être maintenus à un palier
proportionnel avec le risque encore présent (Vallée, 1989).
Le Stade 5 comporte la probation détaillée du gisement par des sondages et des échantil-
lonnages systématiques à travers toute son étendue, une fois que l'on a établi au Stade 4 sa
présence et la possibilité d'un potentiel d'exploitation commerciale. Par souci d'efficacité, les
sondages plus détaillés ne seront entrepris que lorsqu'une continuité aura été établie de façon au
moins préliminaire. Des premiers échantillonnages plus volumineux, ou échantillonnages en vrac,
peuvent être requis pour confirmer la teneur et la distribution de la minéralisation, en particulier
pour des éléments à distribution pépitique comme l'or et l'argent natif ou le platine.
La densité accrue des informations à ce stade permet en général d'exécuter les premières
estimations des volumes et teneurs s'appuyant sur les méthodes géostatistiques. Dans les classi-
fications actuelles, il faut au moins que les estimés des zones minéralisées deviennent de type
indiqué / probable sur maille régulière à la fin de ce stade de travail et qu'une partie des
minéralisations approche le caractère mesuré / prouvé avec une marge d'erreur plus étroite.
Au stade 6, la quantification des paramètres du projet se poursuit dans les trois axes,
dans le but d'établir l'ingénierie du projet minier. Dans l'axe géologique, les forages se font
selon des mailles plus étroites nécessaires à une première planification de l'exploitation éventuelle
et pour assurer la probation des réserves au niveau approprié de certitude. Des échantillonnages
en vrac et des essais en usine confirmeront les paramètres de limites, de continuité, de volume,
de poids spécifique, de teneur, contenu métal, ainsi que les caractéristiques minières, minéralurgi-
ques et métallurgiques du gisement, en vue de l'étude de faisabilité.
L'augmentation de la densité des mailles d'information, par les sondages et les échantil-
lonnages miniers qui s'ajoutent durant ce stade, permettent d'arriver, à la fin de ce stade, à des
inventaires des minéralisations qui seront de caractère Mesuré / Prouvé pour au moins une partie
et de caractère Indiqué / Probable pour la balance.
Dans l'axe ingénierie / faisabilité technique, les études concernant les aspects de
caractère minier, minéralurgique ainsi que celles touchant tous les autres aspects du projet,
comme la sécurité et la protection de l'environnement, sont des études d'ingénierie de caractère
quantitatif auxquelles on attribuera une marge d'erreur pouvant servir dans une étude de
sensibilité. Les méthodes sismiques et géoradar sont des outils importants dans la délimitation
du mort terrain et la détermination des caractéristiques géomécaniques des massifs rocheux.
Dans l'axe économique, les travaux touchant les marchés et l'évaluation des paramètres
économiques se feront plus quantitatifs, en préparation du stade suivant. Dans les trois axes, la
quantification de la marge d'erreur des résultats des estimations est essentielle.
Les prix des métaux et la demande, les investissements requis et les frais qu'ils
impliquent ainsi que les coûts d'exploitation déterminent la rentabilité du projet et ils ont une
influence directe sur l'établissement des réserves minières. Ces facteurs influencent encore plus
directement l'exploitation minière en cours.
L'entrepreneur minier ne contrôle pas les coûts des métaux et des minéraux (ni les taux
d'intérêt). Par contre, il peut et doit s'assurer, par une préparation, une conception et une plani-
fication appropriées, de contrôler le mieux possible la justesse des estimés des coûts de la
réalisation du projet. La réalisation du financement et ensuite l'exécution appropriée des travaux
d'aménagement de la mine des étapes essentielles, autant que l'exploitation efficace.
Les aspects économiques d'un projet seront explicités dans les états financiers
prévisionnels qui s'appuieront sur les évaluations géologiques et d'ingénierie. Ces états
financiers, établis dans une perspective réaliste d'investissement et d'exploitation, permettent
d'anticiper la situation financière du projet pendant la période projetée d'exploitation et d'en
évaluer la rentabilité. La détermination de la faisabilité et la décision de mise en production du
projet minier au stade suivant en dépendent, de même que sa rentabilité éventuelle.
Le Guide a déjà souligné que l'étude de faisabilité du Stade 8 devra avoir été précédée
et planifiée par des études plus succinctes (ou études de pré-faisabilité) qui font le point sur l'état
actuel du dossier et permettent de planifier les travaux et les essais nécessaires pour atteindre
l'étude formelle du Stade 8. L'étude de faisabilité du Stade 8 doit être faite dans un contexte
strict d'ingénierie et d'économique. Elle constitue à la fois le bilan du projet tel que réalisé à date
et la proposition formelle d'un développement minier rentable.
Le Tome III du Guide, Classification des réserves et des ressources, présente une revue
et une analyse critique détaillées des principales définitions et classifications utilisées ou proposées
dans les contextes miniers nord-américain et australasien. Le Guide y fait ressortir les éléments
essentiels, les apports et, s'il y a lieu, les lacunes et les contradictions de ces schémas, pour
finalement en dégager une synthèse plus appropriée aux besoins.
Il faut donc que l'entrepreneur minier qui dépend du public pour financer ses activités,
ait à sa disposition un système et un vocabulaire appropriés pour présenter à ce public les résultats
des travaux d'exploration et de mise en valeur, même si les circonstances ne permettent pas la
même rigueur qu'aux stades de la faisabilité et de l'exploitation. La classification proposée devra
permettre de bien caractériser les résultats de la délimitation et de la mise en valeur des
découvertes.
Un système approprié de classification des réserves doit aussi viser à répondre aux
conditions d'exploitation des sociétés minières et servir à la gestion des réserves de ces sociétés.
Les classifications actuelles présentent plusieurs lacunes par rapport à ces objectifs.
Dans une exploitation minière, les conditions économiques affectent directement, par
le biais des variations des prix des métaux/minéraux et des variations du coût de revient du
minéral, la teneur de coupure, donc la composition des réserves rentables. La portion des
réserves "temporairement" non rentables demeure aussi bien connue (5, aussi accessible que celle
qui est exploitée et elle est souvent susceptible de redevenir exploitable économiquement à court
ou moyen terme. Ces catégories de matériel ne doivent pas disparaître dans les "limbes" pour
renaître à la prochaine hausse des prix, car ces réserves marginales demeurent un élément de la
planification minière et corporative. Les systèmes actuels sont insatisfaisants, faute de catégories
et de classes en nombre suffisant, pour fournir un inventaire suffisamment détaillé et nuancé des
réserves et gisements minéralisés d'une exploitation minière pour répondre aux besoins décrits.
La planification des activités des sociétés minières en est affectée, car plusieurs exploitations
minières n'ont pas à leur disposition un inventaire adéquat de leur principal actif.
Autant dans l'axe géologique que dans l'axe ingénierie et dans l'axe économique. Il
faut donc distinguer entre La rentabilité marginale établie à partir de connaissances
appropriées et les carences de connaissance qui caractérisent Les stades antérieurs.
CHAPITRE III
DES GISEMENTS
"..La mine ABC a établi des réserves prouvées de 1 75 ,662 tonnes d 0.17 oz/t Au...
, des réserves probables de 168,005 tonnes d 0.18 oz/t Au... et des réserves
potentielles de 513,887 tonnes d 0.19 oz/t Au...
Avec une production de 450 tonnes par jour (--150,000 tonnes par an) .... "Nous
avons des réserves pour fonctionner pendant au moins six ans et l'histoire des
mines de la région nous incite d croire que nous pourrions facilement doubler la
vie de la mine... " a ajouté le représentant de la compagnie XYZ."
Finance, le 21 avril 1986.
"Neuf mois après son inauguration officielle, Mines XYZ a décidé de suspendre
temporairement la production d sa mine ABC...Même au prix actuel de l'or, la
faible teneur du minerai ne permet pas une exploitation rentable du gisement..
..Du 1er novembre 1987 au 31 mars 1988, la teneur en or récupéré de 22,000
tonnes de minerai a été de 0.097 oz/t.....
..Dans le milieu minier de l'Abitibi, on s'interroge sur la pertinence de la mise en
production de cette mine et sur l'investissement de 35 millions $ qui aura
finalement permis de se rendre compte que le gisement ABC n'était pas une
mine.. "
Finance, le 16 mai 1988.
La démarche du Guide d'évaluation des gisements d'or s'est articulée autour d'une
perspective des modes de travail et des objectifs du processus de développement minéral aux
divers stades du développement, dans les axes de la géologie, de l'ingénierie et de l'économique
(figure 2-3, en fin de texte). Cette analyse fait ressortir les caractéristiques du processus de
développement minéral. Ce sont la quantification croissante des connaissances,le caractère itératif
des travaux, le contexte probabiliste du processus de l'évaluation d'un gisement minéral et
l'aspect multidisciplinaire des travaux et des intervenants, une fois que la présence et les
principales caractéristiques du gisement minéral ont été confirmées (figure 3-1).
La quantification des connaissances requiert des procédures de vérification et la présen-
tation du niveau de confiance et de la marge d'erreur des résultats des estimations ou "estimés".
En corollaire à la quantification, le caractère itératif des travaux de développement minéral est
imposé par la nécessité de procéder à des phases de travail complétées par des études synthèses
dont les résultats doivent justifier les travaux et les investissements requis pour s'engager dans
le stade suivant.
Le caractère probabiliste de l'évaluation des gisements vient du fait que chaque étape
de l'évaluation quantitative et chaque étape de l'exploitation contribuent à une erreur soit
d'estimation, soit de réalisation. La connaissance exacte de ces erreurs est souvent difficile,
parfois impossible, dans le contexte géologique et minier. En effet, à tous les stades du
développement minéral, on observe des divergences entre les prédictions des estimations de la
phase précédente et les résultats des travaux en cours. Ces divergences sont de la nature même
de ce processus, mais elles peuvent être réduites par une analyse rigoureuse, ce qui permet de
réduire les implications économiques de ces situations sur les investissements requis pour la mise
en production autant que les effets sur la rentabilité de l'exploitation.
Ce contexte probabiliste implique que les chiffres que nous utilisons sont, pour la
majorité des estimés. En effet, la plupart du temps, nous ne savons pas avec certitude les teneurs
vraies extraites d'un chantier, d'une zone minéralisée ou même, dans plusieurs cas, la teneur
vraie de l'alimentation de l'usine. Le Guide reprend en les adaptant et en les intégrant, les
analyses de cette problématique qui ont été présentées dans les articles de Elbrond, 198612, de
Grace, 198613, de Vallée, Belisle et David14 (1976) et de Gilfillan15, 1986.
GÉOLOGIE
Sondages /
Échantillonnages Io
Vracs / Pilotes w
GÉOSTATISTIQUE
INGENIÉRIE ..ma..
ENVIRONNEMENT /
ÉCONOMIQUE
Marches
Financement
Fig.3.1
COMPOSANTES DU
GUIDE DEVALUATION DEVELOPPEMENT MINERAL
AX E
•
STADE 063
1.
Le gisement réel mais indéterminé
2. L) estimation
La perte GEOLOGIQUE
STADES 4à6
I e~---- La dilution
L_--J
La perte ÉCONOM IQ UE
STADE 7
La dilution
5. T—— ~
Minerai extrait
Minerai perdu
I
EXPLOITATION
1 MINI ERE
• Dilution extraite
~ STADE 10
Fig. 3 . 2
PERTES ET DILUTION
GUIDE D'ÉVALUATION DANS L'EXPLOITATION
GISEMENT
Volume / Limites
Teneur /distribution
Ressource --w Reserve
GÉOLOGIE
Information
Interprétation
Calculs
Modélisation
PERTES de DILUTION
Il MINÉRALISATION
INGÉNIERIE
Il MINIÈRE
N
Méthode d'exploitation
Taux de production
Teneur de coupure
Plan d'exploitation
ÉCONOMIQUE
Prix
Demande Profits
Coûtss
EXPLOITATION
Mine
Concentrateur
Grillage/affinage
I
Inspiré de : ELBROND 1986
Fig.3.3
Les causes d'erreur dans l'évaluation des gisements sont multiples et l'énumération qui
suit ne prétend pas être exhaustive.
B) Échantillonnage du gisement
Par exemple, la dimension de maille de sondage requise dans un gisement, pour définir
la minéralisation suffisamment pour la qualifier de mesurée ou prouvé, n'amènerait un autre
gisement, de géologie plus variable ou de distribution plus pépitique du (ou des) minéral d'intérêt,
qu'à la catégorie probable. Les problèmes d'évaluation des gisements d'or sont accrus quand ce
sont des gisements de type veine, de petites dimensions et qui montrent plus de variabilité
physique, en plus de l'effet de pépite.
C) Procédures analytiques
D) Poids spécifique
La variation de la quantité de métal contenu dans un volume donné est reliée au poids
spécifique du minerai. Cette caractéristique d'une roche variera selon la lithologie et selon le
contenu en minéraux métalliques plus lourds que la roche mère, telle la pyrite, la magnétite, etc..
Ce facteur pourrait ainsi fausser les estimés du métal contenu dans un volume donné par un
facteur qui peut varier de 5 à 50%. Ce sujet sera traité en détail dans le chapitre 4.
Les estimés des réserves des gisements sont des variables qui dépendent de paramètres
géologiques (et géostatistiques), d'ingénierie et d'économique. Ces variables changent de
gisement en gisement et elles varieront également dans le temps. L'étude de ces problèmes
recoupe l'ensemble des chapitres 5 à 10 et particulièrement les chapitres 7 et 10.
a) Normes et repères
"XYZ A < <SURESTIMÉ> > LA TENEUR DE SES RÉSERVES. La teneur est passée de
0,175 à 0.125 on/t Au "... FINANCE, 1 /7/1985.
Autant l'administrateur que le professionnel qui exécute le travail doit réaliser les
caractéristiques des ESTIMÉS sur lesquels s'appuient ses décisions, qui ne sont pas des chiffres
exacts et dont la marge d'erreur doit être établie. Quelle que soit la méthode d'estimation, une
erreur est engendrée quand la teneur d'échantillons linéaires est appliquée au volume, chantier,
lentille ou gisement dont nous les considérons représentatifs. Les méthodes de krigeage ont été
développées pour minimiser (sans pouvoir l'éliminer) cette erreur en prenant en compte
l'influence des échantillons autour d'un volume donné (Matheron16, 1963 et David17, 1982).
Le chapitre 7 est consacré plus particulièrement à ces problèmes géostatistiques, tandis que les
chapitres 4 et 5 traitent des aspects géologiques et de l'échantillonnage des gisements d'or.
Dans le contexte variable des gisements, il faut s'interroger sur les causes du
rendement de l'extraction minière. Quelle est l'influence de la méthode d'extraction, du taux
d'extraction et de la forme des chantiers en relation avec la forme, les limites de la lentille
minéralisée et/ou du gisement? Peut-on identifier l'effet des diverses conditions et contraintes sur
la sélectivité possible et les contrôles applicables à l'extraction: la méthode choisie permet-elle
le suivi requis pour tenir compte des variations locales des limites de la minéralisation et
minimiser la dilution et les pertes? Le chapitre 8 sur les aspects miniers analyse ces problèmes
qui dépendent également des sujets discutés aux chapitres 4 à 7.
Dans la pratique minière, la dilution au sens large comprend à la fois les pertes,
l'apport de stérile au matériel exploité et toutes les erreurs de diverse nature, autant
d'échantillonnage que d'estimation ou de réalisation. Une telle définition synthétique permet de
simplifier l'étude mathématique du rendement global, mais elle est un obstacle majeur à
l'optimisation des diverses étapes d'évaluation et d'exploitation des gisements. Trop souvent on
ne fait pas la distinction essentielle entre pertes et dilution. Le chapitre 8 sur les aspects miniers
s'attache à la dilution au sens strict, tandis que les chapitres 4 à 9 touchent les divers aspects de
la dilution au sens large.
C) La minéralurgie
Les pertes occultes touchent à la minéralurgie mais il est justifié d'en discuter
séparément. Ce terme de pertes occultes, que l'on pourrait également qualifier de "piraterie" ou
de vol, est une initiative souvent individuelle qui, de par sa nature, est peu documentée. Cette
pratique peut prendre place plus particulièrement dans les exploitations d'or, d'argent, de platine,
de diamant et est favorisée par la distribution pépitique de ces éléments et peut affecter la récupé-
ration réelle des exploitations. Le chapitre 9 décrit certains de ces problèmes et suggère des
mesures de contrôle de caractère quantitatif et de caractère objectif.
La variation et les incertitudes des facteurs économiques sont par conséquent une cause
majeure d'incertitude et même d'erreur dans l'établissement des réserves de minerai et dans
l'évaluation de tous les gisements, non seulement des gisements d'or. Ces facteurs sont l'objet
du chapitre 10.
Les limites à l'estimation des gisements et les causes d'erreur décrites restreignent
évidemment l'efficacité des intervenants en développement minéral. Cependant, l'efficacité de
l'industrie est souvent moindre que les conditions le permettraient dans ce contexte, pour diverses
causes. L'analyse de ces causes pourrait aider, en améliorant l'efficacité de l'industrie, à
accroftre le rendement de l'exploration pour l'investisseur et ainsi faciliter le financement de ces
activités de haut risque.
Durant les années 1983-1988, le financement de l'exploration minérale a été très actif
suite au système d'émission d'actions accréditives qui étaient l'objet de fortes déductions fiscales.
Dans ce contexte, l'évaluation des gisements d'or a été la cause de grande difficultés pour nombre
de compagnies, malgré des succès notables. Le Guide ne veut pas minimiser les réalisations
importantes associées à ces financements, mais recherche les causes des difficultés rencontrées.
Le Northern Miner Magazine de juin 1989 fait une revue de la performance des projets
de mise en valeur et des mises en production des cinq dernières années (Kno1118, 1989). Une
conférence était présentée au congrès 90 de l'ICM sur ce même sujet (Clow19, 1990). L'article
de Knoll rapporte que, pour quinze mises en production qui fonctionnaient bien au moment de
la rédaction de ce texte, on comptait 5 fermetures de nouvelles exploitations après quelques mois
de "productionTM, 6 exploitations laborieuses qui fonctionnaient en deçà des prévisions et 7 projets
qui ont fermé en cours de route. Avec quelques mois de recul, la liste des opérations
abandonnées ou en difficulté s'est allongée. Selon Clow, des 25 projets miniers observés de
façon suivie durant cette période, seulement 3 sont des succès commerciaux qui rencontrent les
attentes des responsables.
- des conditions de financement trop faciles qui privilégient l'importance des montants
dépensés plutôt que l'obtention de résultats.
- des lacunes dans l'expérience des problèmes de la mise en valeur et de la mise en production
chez plusieurs organisations d'exploration;
"we believe technical weaknesses within certain sectors of our industry were the prime
cause of most of the disappointing results and that the artificial time constraints
merely exacerbated these problems.
... Why were so many people wrong so often?...The answer.. can be reduced to two items:
Lower mill head grade than expected, lower productivity than expected...(Clow, 1990).
- des pressions indues sur les consultants pour des études justifiant des décisions déjà prises
de mise en exploitation (7.
Grace (1986) soulignait que les deux principales causes d'insuccès dans les nouveaux
projets d'exploitation minière sont, d'une part, la trop faible teneur du matériel extrait de la mine
(et de l'usine) par rapport aux prédictions et, d'autre part, l'incapacité de la mine (et/ou de
l'usine) de produire le tonnage et/ou la qualité qui a (ont) été planifié(s) et budgeté(s). On oublie
trop souvent de la différence entre ressource minérale en place et réserve. Le terme réserve
implique que tous les paramètres techniques et économiques reliés au gisement et à son
exploitation ont été établis avec la certitude requise pour garantir les résultats escomptés.
"In the case of the base metal mines, 92 % of the unsuccessful operations had less than
one million tons in pre production reserves... 72% of the successful producers had
known ore reserves of more than one million tons of ore at the beginning of their
operation..
The value per ton of the pre production reserves of the successful mines was better
than 14$, and in the case of the unsuccessful mines and known unmineable
deposits, 85% had "ore" whose dollar value was less than 14$ per ton..
7
"It doesn't take an expert to see that most of the mines which have run into these
problems are being put into production by junior companies with little in-house mining
experience. There can be a great deal of pressure put on these consultants to come up
with a positive study. Otherwise, the company would simply go and find another
consultant (Knoll, 1989).
The average preproduction reserves for the successful group of gold mines was
found to be 500,000 tons having an average grade of 0.23 on/t Au; the correspon-
ding figure for the less successful mines was 245,000 tons grading 0.197 on/t Au."
Le chiffre de 14$ par tonne, qui semble constituer un palier de rentabilité pour la décade 1950-60
équivaudrait à environ 70$ la tonne en dollars actuels! L'apprécation appropriée du contexte
géologique du gisement peut avoir des conséquences directes sur la rentabilité du projet minier
envisagé, a témoin cette observation:
"Successful gold mines .. (showed) 11 (times) the initial tonnage and 8 times the
amount of gold was recovered as shown in the preproduction reserves... The
corresponding figures for the less successful mines (which operated less than five
years) were... 1.57 and 1.08."
"Il y aura toujours des échecs d'exploitations minières, certains évitables, d'autres non, mais
les chances d'éviter les échecs peuvent être augmentées en suivant une démarche
systématique, logique pour évaluer chaque gîte minéralisé ILI. "
8 "There will always be mine failures, some avoidable, others not, but the chances of
avoiding the failures can be increased by following a systematic, logical approach to
analyzing each mineral occurrence."
Il va sans dire que les procédés manufacturiers permettent une plus grande optimisation que
l'évaluation des gisements, mais des procédures d'évaluation plus systématiques permettront
d'améliorer le rendement de l'industrie minière, autant dans l'exploration que dans l'exploitation.
CHAPITRE IV
LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE
4. LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE 43
4.1 LE CHAMP D'ACTION DU GÉOLOGUE 43
4.1.1 MISE EN VALEUR 43
4.1.2 EXPLOITATION 44
4.2 LA GITOLOGIE DE L'OR 46
4.2.1 CONTRÔLE STRUCTURAL 46
4.2.2 DISTRIBUTION DE LA MINÉRALISATION 46
4.2.3 MORPHOLOGIE DES GISEMENTS 47
4.3 LES MÉTHODES CARTOGRAPHIQUES 50
4.3.1 CARTOGRAPHIE GÉOLOGIQUE 50
4.3.2 CARTOGRAPHIE GÉOTECHNIQUE 52
4.3.3 MINÉRALOGIE 53
4.3.4 CARTOGRAPHIE GÉOPHYSIQUE 54
4.4 LE POIDS SPÉCIFIQUE 55
4.5 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX 57
4.5.1 TOPOMÉTRIE 57
4.5.2 ASPECTS LÉGAUX 59
4.6 L'ENVIRONNEMENT 60
4.7 LA GESTION DE L'INFORMATION 60
4.7.1 ÉCHELLES ET MAILLES 60
4.7.2 VÉRIFICATION 61
4.7.3 INTERPRÉTATION ET MODÉLISATION 62
4.7.4 INFORMATISATION DES DONNÉES 64
4.7.5 SYSTEMES EXPERTS 65
4.8 GUIDES D'APPLICATION 65
4.8.1 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX 66
4.8.2 STRATÉGIE GÉNÉRALE 66
4.8.3 CONTRÔLE GÉOLOGIQUE DES TRAVAUX 67
4.8.4 L'ANALYSE COUT/BÉNÉFICE 67
4. LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE
Le Guide souligne que, de fait, dans le développement minéral, les activités des
autres professionnels, de l'entrepreneur et du dirigeant partagent plusieurs des caractéristi-
ques décrites pour le travail du géologue/ingénieur géologue: à chacun de ces intervenants de
tracer les comparaisons et les parallèles et de tirer les inférences appropriées par rapport à sa
spécialité.
4.1.2 L'EXPLOITATION
Par exemple, le RCD (rock quality designation) doit être mesuré sur des carottes
vierges. Une fois les carottes échantillonnées, on ne peut plus obtenir cette mesure de
la fracturation d'une roche qui sert à la géomécanique.
MI NERALE
LITHOLOGIQUE IDENTIFICATION
MI NERALOGIQUE CONTRATS
DISTRIBUTION TOPOMETRIE
STRUCTURALE
GISEMENT
ARPENTAGES VRA MINERAL
VOLUMES
STRATEG IES
ECHANT I LLON NAGES
LI NEAIRES D'EFFICACITE
MODELI SAT ION
JOURNAL PONCTUELS
VERIFICATIONS
INTERPRETATION
\GEOLOGI OUES
Fig.4.0
L'efficacité dans l'estimation des gisements d'or demande de souligner les facteurs
géologiques et gîtologiques qui influencent la forme des gisements, les variations de leurs limites,
la distribution des métaux, dans le but d'améliorer l'évaluation quantitative de la masse et de la
teneur de ces gisements.
Le contrôle structural est d'une grande importance dans les gisements de type veine.
Plusieurs publications récentes ont mis l'accent sur les relations entre l'aspect structural et la
morphologie des veines. L'Association géologique du Canada a présenté, en mai 1989, un cours
intensif sur le thème "Mineralisation and Shear Zones"24. Les notes préparées pour ce cours
constituent un exposé assez poussé de l'origine et de la morphologie des minéralisations associées
aux zones de cisaillement. Quelques passages plus pertinents pour l'évaluation des gisements d'or
seront cités plus loin.
Le texte "Archean Lode Gold Deposits in Ontario"25 est également à lire pour tout
géologue / ingénieur géologue impliqué dans l'estimation des gisements d'or et qui cherche à
améliorer sa compréhension de ces phénomènes géologiques. Il faut citer également le chapitre
intitulé "Archean Lode Gold Deposits" par R.G. Roberts dans "Ore Deposit Models" publié par
l'Association géologique du Canada.
A) Les amas
VOLUME: important;
DIMENSIONS: relativement égales;
SURFACE/VOLUME: très bas à bas;
SURFACES LIMITES: primaires ou secondaires;
EFFET DE PÉPITE: bas à élevé, selon le contexte;
TYPES GÉOLOGIQUES: - minéralisation disséminée (limites secondaires):
porphyres,
skarns;
- minéralisation massive (limites primaires):
gîtes stratiformes,
gîtes magmatiques.
'o
Sauf pour les minéralisations disséminées sans limites explicites.
C) Les veines
Les systèmes de veines en échelons présentent plus ou moins de difficultés selon l'étape
de travail et selon la dimension des structures. Aux stades initiaux, des veines en échelons
peuvent donner l'impression de structures continues et des sondages sur maille plus serrée seront
nécessaires pour confirmer ces continuités.
D) Les placers
Les gisements d'or de type placer, associés aux alluvions ou éluvions, causent des
difficultés particulières d'évaluation à cause de la conjoncture de la minéralisation très pépitique,
des contrôles sédimentaires très variables, de l'allure très lenticulaire de la minéralisation. On
trouvera une description des types géologiques des placers dans Wells26, 1969 et Johnston and
Uglow27, 1926.
Un facteur important à souligner est la concentration de l'or dans certaines portions des
structures: les cheminées riches ou "ore shoots" ou "cheminées" qui sont allongées dans une
direction, à l'intérieur de structures planaires. Ce phénomène, qui se rencontre plus souvent dans
les systèmes de veines et dans les placers mais peut également être présent dans les amas et les
gîtes stratiformes, complique fort l'évaluation des gisements d'or, par rapport aux métaux usuels
par exemple.
A) En surface
/ ~~ yy
y
/ y
A
VEINE
SYGMOÎDALES A I' VEINE COMBINÉES
)}' EXTENSION ET VEINE DE CISAILLEMENT
CENTRAL DE DEUXIÈME ORDRE
TYPE- S V CISAILLEMENT
/ /% OBLIQUE /i ~ /
//
1y ,, ~i
/ /~/ , -
/
/
VEINES Ds ENSEMBLES
TYPE-Z VEINES COMBINÉES l
CONJUGUÉS ~_ `~•~ EXTENSION ET / r Y
Y
.r ✓~
/
' CISAILLEMENT ~
" OBLIQUE Av~
fl
VEINE DE CISAILLEMENT
OBLIQUE DE
Vi " f DEUXIEME ORDRE
Fig. 4.1
GÉOMÉTRIE FRÉQUENTE
GUIDE D'ÉVALUATION DES VEINES
Méthode d'évaluation
La récupération des carottes est essentielle à l'échantillonnage des gisements diraient les
disciples de M. de La Palisse. En corollaire la localisation exacte des intervalles perdus est
essentielle. La puissance et la haute performance des foreuses actuelles contribuent souvent à
augmenter les pertes et à accentuer la déviation des sondages; ce dernier fait rend aléatoire
l'atteinte de cibles profondes. La supervision du géologue / ingénieur géologue doit inclure une
surveillance assidue des divers aspects du forage lui-même, sous peine de manquer les objectifs
fondamentaux. Nonobstant l'inventivité des fabriquants de matériel, très peu de recherches
formelles ont été faites sur ces facteurs, ce qui est dommage, considérant l'importance de
l'exploration par sondages profonds dans les camps miniers.
4.3.3 LA MINÉRALOGIE
Dans cette perspective, il apparaît que les études minéralogiques doivent être considérées
et utilisées systématiquement comme un outil d'inventaire pour les divers stades de l'évaluation
de tout gisement, donc des gisements d'or. Dans ces études, l'aspect quantitatif a été développé
de façon poussée pour répondre aux besoins des travaux des minéralurgistes et des métallurgistes.
Pour l'or, les faibles teneurs et la distribution pépitique de ce métal obligent à des observations
nombreuses et le petit nombre de particules limite souvent les observations. L'importance et le
détail des études minéralurgiques varieront selon le stade atteint, selon les conditions et selon les
problèmes qui apparaîtront, mais il est important qu'on les entreprenne de façon systématique,
comme un élément essentiel de la valorisation du gisement.
de façon planifiée, à partir des connaissances minéralogiques. C'est particulièrement vrai si c'est
lors d'essais en usine pilote ou en usine commerciale que des problèmes imprévus se manifestent.
Une bibliographie importante décrit l'importance des études minéralogiques et leur rôle
dans la solution des problèmes de minéralurgie et de métallurgie extractive. Citons les comptes-
rendus du Symposium de l'AIME sur la minéralogie appliquée, 198131 ceux du Symposium de
198532, ainsi que de l'article de Wilhelmy, 198833
A) A l'exploration
De façon plus ponctuelle, les méthodes sismiques peuvent servir à délimiter des
structures telles les failles et les cisaillements, ainsi les contacts géologiques entre roches de
caractéristiques sismiques différentes. Ces méthodes sont donc susceptibles d'une certain
application pour l'exploration de l'or, en l'absence de propriétés magnétiques ou électro-
magnétiques de la roche minéralisée. La sismique peut également être utilisée comme outil pour
mieux connaître l'épaisseur du mort terrain et les profils du socle rocheux, mais seulement
lorsqu'elle est accompagnée et calibrée par des forages.
Lors de l'exploitation, le contr6le méthodique des vibrations produites par les sautages
permettra de mieux doser l'emploi des explosifs et les séquences de tir, pour optimiser la
fracturation du minerai tout en limitant les bris hors profils et en réduisant les coûts. Le géoradar
peut également servir à établir les limites d'un chantier après l'extraction du minerai.
Les méthodes géophysiques sont donc susceptibles d'applications beaucoup plus large
que ce l'on constate actuellement. Ce ne sont pas des panacées cependant! Leur emploi sera
profitable en autant que l'on saura bien calibrer et vérifier, à partir des informations géologiques
concrètes, les informations que l'on en tirera, afin de bien les intégrer dans les interprétations et
les modèles géologiques et miniers.
Citons quelques cas concrets. A la Société Minière Louvem durant les années 1970 à
1980, le poids spécifique du minerai des diverses zones de métaux de base variait entre 3.1 et
4.2, selon le contenu de pyrite. Dans tous les cas similaires, cette mesure est donc nécessaire
à l'évaluation du métal contenu dans un gisement ou dans un chantier donné.
Un exemple plus récent est celui du gisement de graphite de Mazarin Inc: le contenu
soufre (pyrite) et le contenu en carbone graphitique (Cg), le premier plus lourd, le second plus
léger, font varier dans des directions inverses le poids spécifique de la roche. Dans les roches
lixiviées, la porosité est plus importante et des minéraux fins, bauxites, argiles, limonites ou
autres peuvent facilement être lavés par les procédures de forage, ce qui ne donne pas un
échantillon représentatif, ni en teneur, ni pour les caractéristiques minéralurgiques. Le Northern
Miner35 décrit des problèmes d'estimation reliés au poids spécifique dans le cas d'une mine
récemment mise en production et dont l'exploitation a été suspendue(11.
La conclusion qui s'impose est que le poids spécifique est une caractéristique d'une
minéralisation qui doit être quantifiée systématiquement, avec des méthodes appropriées, au
même titre que le contenu en éléments d'intérêt, et ce, à partir du début des travaux de mise
en valeur. Cette quantification requiert que dans les cas de minérais poreux/altérés, tous les
facteurs significatifs soient également inscrits aux journaux des sondages.
Une autre façon d'obtenir le poids spécifique d'une roche est de le calculer à partir des
éléments constituants. Dans le cas déjà cité de la Société Minière Louvem, ceci a été fait en
utilisant l'analyse du soufre pour reconstituer la pyrite et les teneurs des métaux usuels déjà
disponibles pour les autres minéraux et un abaque permettait d'obtenir rapidement la densité
spécifique. A SOQUEM, ceci a été fait pour des gisements d'ilménite, en parallèle avec la
mesure du poids spécifique. Les poids spécifiques ainsi obtenus étaient inscrits au fichier des
échantillons au même titre que les analyses, pour servir au calcul des réserves. Il est probable
que d'autres compagnies minières aient suivi des procédures similaires.
11 "The study was commissioned after company XX revealed that the wrong specific gravity
level had been used to determine (deposit) reserves prior to production start up.
Company XX brought the mine into production last June thinking that it was an operation
with 460,000 tons grading 0.45 oz gold per ton. The SMS study later revealed that
mineable oxide reserves were actually 250,000 tons grading 0.35 oz per ton."
L'évaluation d'un gisement doit comprendre tous les aspects qui touchent à la qualité
de l'information, telle la topométrie, et tous les aspects qui touchent à la valeur des titres de
propriété ou d'option par lesquels ce gisement est détenu.
4.5.1 LA TOPOMÉTRIE
A) Contrôle topométrique
12
En d'autres termes, aussitôt qu'on a placé plus de six ou sept sondages sur un site et
qu'on continue les travaux!
sommairement quant à leurs paramètres essentiels. Il n'y a pas d'excuse acceptable pour justifier
l'absence de tests à l'acide comme mesure standard de contrôle, l'absence d'essais au compas ou
au gyroscope pour les sondages plus longs, surtout dans un programme de mise en valeur.
C'est une méthode rapide qui ne donne que l'inclinaison de l'axe du sondage et qui sert
avantageusement de contrôle d'exécution durant le forage. L'angle du ménisque tracé par l'acide
fluorhydrique sur l'éprouvette demande d'être ajusté par une courbe de correction, à cause de la
tension superficielle qui déplace le ménisque lorsque le tube est incliné. Étant donné
l'interprétation que comporte la lecture, il est nécessaire de se calibrer par des mesures faites en
surface, à des angles mesurés. Il faut également utiliser des éprouvettes standard et la
concentration d'acide recommandée.
Cet appareil est plus dispendieux mais plus précis que les précédents et les observations
sont recueillies en général par des lectures en continu sur l'instrumentation ad hoc. Jusqu'à
récemment, le gyroscope était limité au calibre BQ comme format minimum, mais ils sont
maintenant disponible en calibre AQ. Il permet un arpentage plus précis de la course des sondages
profonds.
Les aspects légaux font partie intégrante de l'évaluation des gisements d'or. Ce sont
d'abord les contrats par lesquels une organisation ou un individu détient des droits sur une
propriété. La certification du droit de propriété et sa délimitation sur le terrain constituent
d'autres aspects essentiels de toute évaluation.
A) Les contrats
La négociation des contrats est un art en soi et plusieurs textes ont été écrits sur ce sujet.
Il faut évidemment s'assurer des services légaux appropriés à la situation. De façon pragmatique,
il faudrait que les signataires envisagent bien toutes les implications futures des clauses des
contrats lors des négociations, avant la signature et avant une découverte! Trop souvent. les
contrats d'acquisition de propriétés ou d'ententes d'exploration conjointe sont négociés et signés
sans tenir compte de l'éventualité de l'objectif de ce contrat: la découverte d'un gisement. En
conséquence, lors d'une découverte, on se retrouve souvent avec des clauses qui ne sont pas
appropriées aux conditions de mise en valeur, de mise en exploitation, ou d'exploitation et qui
réduisent la valeur marchande du projet, à cause des frais ou des inconvénients qu'elles
entraînent. Les facteurs légaux font donc partie de l'évaluation des gisements d'or.
Une règle pratique simple serait de se demander, avant de signer un tel contrat: "Si on
découvrait sur cette propriété un gros (ou petit) gisement riche (ou marginal), qu'est-ce qui se
passerait? Quelle clause de gestion, quels frais de gestion ne seraient plus acceptables? A partir
de quelle clause du contrat proposé un procès serait susceptible d'être engagé contre nous, etc..?
Le Guide, sans s'immiscer dans le domaine légal, croit nécessaire de suggérer quelques
règles pratiques concernant la localisation des propriétés minières. Sauf dans un nombre restreint
de régions, les lois minières au Canada séparent les droits miniers des droits de surface.
L'acquisition des droits miniers se fait souvent dans un contexte de compétition qui favorise les
contestations, surtout autour de, ou après les découvertes (13. Il apparaît donc essentiel
d'assurer, chaque fois que les lois ou les règlements le permettent, le titre de propriété en
recourant aux services des officiers légaux que sont les arpenteurs-géomètres, pour délimiter au
sol, avant les contestations, les limites des propriétés minières d'intérêt. De tels arpentages et
les certificats de localisation qui les accompagnent sont d'ailleurs, la plupart du temps, requis
d'ailleurs dans les transactions et dans les contrats des financements.
13
Au Québec, la nouvelle Loi des mines limite è un an après l'acquisition les
contestations sur les droits miniers acquis par piquetage.
4.6 L'ENVIRONNEMENT
1) de vérifier, au moment du choix d'un projet d'exploration, les contraintes vis à vis
l'environnement reliées à certaines substances, certains types d'exploitation;
2) de s'efforcer, au moment des travaux d'exploration, à minimiser les traces de leur passage,
l'impact des travaux et les dommages qui pourraient en résulter;
3) de commencer la collecte de données sur l'environnement dès les travaux d'exploration, pour
accumuler une base de données appropriée. Ce travail doit être guidé par des spécialistes du
domaine;
A) Échelles de travail
1:10,000). A l'inverse, un rapport d'échelle trop bas (ex: 1:100) ne facilitera ni l'interprétation
ni la synthèse des informations.
La cartographie géologique d'une propriété doit être exécutée à une échelle appropriée
avec celle des autres travaux. On ne saurait se satisfaire d'une échelle de 1:5,000 ou 1:10,000
pour la cartographie géologique et structurale d'une propriété sur laquelle on fait la délimitation
d'un gisement sur maille de 30m: une échelle de l'ordre de 1:500 à 1:1,000 serait plus adéquate.
En règle générale, les échelles des plans de travail doivent être uniformes. Il est fort
peu recommandable d'avoir une carte géologique à 1:500 et les plans d'échantillonnage à 1:200,
car ceci ne permet pas les corrélations appropriées.
4.7.2 LA VÉRIFICATION
Vérifier: 12 Examiner la valeur (de qqch.), par une confrontation avec les faits ou par un
contrôle de la cohérence interne;
22 Examiner (une chose) de manière d pouvoir établir si elle est conforme d ce
qu'elle doit être, si elle fonctionne correctement;
32 Reconnaître ou faire reconnaître une chose pour vraie par l'examen, l'expérience.
Dictionnaire Robert.
Le Guide tient à souligner que, particulièrement dans l'axe géologique, mais également
dans les axes de l'ingénierie et de l'économique, la vérification des faits et des interprétations doit
constituer une attitude, un ensemble de procédures qui doivent imprégner toute la démarche du
Le terme "vérification" est utilisé ici au sens large, pas seulement dans un sens de
critique négative par rapport à des résultats ou projections imprécises ou trop optimistes, mais
également avec l'objectif de déceler des opportunités cachées: les erreurs peuvent avoir des effets
autant à la baisse qu'à la hausse!
A) L'interprétation
Le systématisme est également essentiel dans la présentation des données, sur plans et
sections, pour établir des relations physiques, en deux et en trois dimensions. Le systématisme
dans l'interprétation s'exercera dans la façon de poursuivre et de compléter la réflexion
jusqu'à des conclusions. Expliquons nous: a) parfois, les données géologiques sont relativement
uniformes et les conclusions apparaissent faciles à tirer; b) parfois, les données moins complètes
ne permettront d'arriver à des conclusions logiques et acceptables qu'à ceux qui poussent la
réflexion jusqu'à sa limite; c) parfois, les données sont fragmentaires, même contradictoires, etc.
Ce qui est relativement facile dans le premier cas est plus complexe dans le second et beaucoup
plus difficile dans le troisième: il est toujours plus facile d'arrêter le cheminement en cours de
route. Le but du systématisme demandé est d'optimiser l'emploi des informations obtenues par
l'emploi des investissements de capitaux de risque, capitaux qui sont, règle générale, rares et
difficiles à obtenir.
B) Modélisation et Gftologie
Platt39 (1964), dans un texte axé sur la recherche efficace, souligne l'importance de
l'élaboration de modèles qui permettent la vérification et l'importance de la probation de ces
modèles. La vérification doit se faire d'abord sur les aspects importants des hypothèses de travail
mais il faut également vérifier les aspects négatifs. Par exemple, si un modèle gîtologique prédit
des minéralisations dans des conditions données, c'est à vérifier en priorité, mais il faut également
vérifier au moins sommairement les endroits où le modèle prédit l'absence de minéralisation. La
probation de l'hypothèse posée, du modèle tracé, augmente le degré de confiance sur la validité
des informations disponibles et permet en rétroaction un modèle amélioré.
Dans cette perspective, les analyses de sensibilité exécutées lors de l'étude de faisabilité
sont des vérifications des modèles et de la solidité des conclusions sur la rentabilité. Ces
conclusions dépendent des faits et des interprétations dans les axes de la géologie, de l'ingénierie
et de l'économique.
Il n'est pas dans le rôle du Guide de recommander un système commercial plutôt qu'un
autre. Son rôle est plutôt de faire ressortir les critères qui doivent guider l'utilisateur dans le
choix d'un système adapté à des besoins qui évolueront et deviendront plus rigoureux et plus
complexes. Les comptes rendus d'un Atelier tenu à Toronto en mars 1990 fournissent de
multiples exemples de l'application des ordinateurs a la géophysique, la géochimie, aux systèmes
d'information géographiques, aux forages, à l'estimation des gisements ainsi qu'a la conception
et la planification minière (CAME40 1990).
1) la flexibilité d'un logiciel pour l'acquisition de l'information dans des contextes différents,
systématisme et possibilités de quantification des données géologiques et minéralogiques;
3) l'intégration des diverses étapes dont la collecte sur le terrain et le transfert aux systèmes
résidents;
4) les facilités de transfert et d'utilisation directe des informations pour les étapes suivantes:
a) mise en plan/section de l'information géologique, des échantillonnages et de leurs
résultats;
b) possibilités de travail interactif, d'interprétation et d'enregistrement des données ainsi
dérivées
c) possibilités de transfert et d'utilisation des données dans les systèmes informatisés de
calcul des masses et des teneurs et dans les systèmes de planification minière.
5) le niveau d'interrelation, sinon d'intégration des diverses étapes / opérations décrites ci-haut
et les possibilités d'expansion pour incorporer de nouvelles informations, permettre de
nouvelles applications;
Le Guide considère que l'informatique est une nécessité et un outil très utile, dont nous
n'avons que débuté les applications. La démarche du Guide est un préalable essentiel à la
formulation de systèmes experts pour l'évaluation des gisements. Dans cette perspective, le
système expert dont nous avons besoin se situe, pour l'instant, au niveau de l'analyse des
problèmes, de la formulation de procédures de travail, de procédures d'analyse et modélisation,
non dans l'application automatique de modèles simplistes ou erronés.
Le plus grand danger dans le developpement de systèmes experts dans un domaine aussi
complexe, peu propice au systématisme de courte vue, serait d'essayer de faire faire par
l'ordinateur des travaux et des décisions qui peuvent être faits beaucoup plus efficacement par un
expert assis devant l'écran ou qui dirige les techniciens assis devant l'écran. Les systèmes experts
dont nous avons besoin maintenant doivent d'abord viser à permettre aux géologues/ingénieurs
géologues, ingénieurs des mines et autres spécialistes de travailler comme des experts. L'analyse
systématique, l'interprétation et la modélisation ne sauraient are remplacées par un système
expert: au contraire ce sont les étapes essentielles à l'implantation d'un système expert.
Les procédures et les normes recommandées ici ne sont pas des règles absolues, mais
un guide des pratiques minimales qui doivent être adaptées aux circonstances particulières des
gisements. D'une part on vise l'emploi optimun des fonds disponibles mais une carence
d'information ou de l'information erronée serait nuisible. D'autre part, il faut une redondance
minimum d'informations pour permettre des vérifications.
La localisation exacte, dans les trois dimensions, des informations géologiques et des
échantillonnages est essentielle pour atteindre les objectifs de mise en valeur, de mise en
exploitation et d'exploitation minière. Cet objectif requiert:
1) des arpentages topométriques;
2) la mesure de la course des sondages;
3) des vérifications des titres miniers et l'arpentage légal des limites des propriétés;
4) des vérifications des implications légales et financières des contrats d'option des
propriétés ou d'association entre compagnies.
Le Guide propose les éléments de stratégie suivants pour les campagnes de valorisation
et d'échantillonnages des gisements:
3) toute l'information facilement disponible à partir de la surface doit être recueillie avant
d'entreprendre des travaux beaucoup plus dispendieux (en général) sous-terre;
4) il faut évaluer la dimension d'un indice sur la maille actuellement en vigueur avant d'aller
le vérifier par des sondages ou échantillonnages plus rapprochés. L'exécution d'une
campagne de valorisation doit être régie par une discipline de travail qui maintient, sans
1) une cartographie géologique et structurale de la surface rocheuse et/ou un journal des forages
qui comportent:
- un levé systématique et détaillé, sans être prolixe,
- la délimitation des unités lithologiques, en s'appuyant sur les observations
pétrographiques et minéralogiques;
- des observations structurales, autant dans les sondages qu'en surface;
- des observations géotechniques du socle rocheux et des matériaux non consolidés;
- des observations/levés géophysiques appropriés pour compléter et prolonger les
informations géologiques;
3) l'étude minéralogique des minéralisations d'intérêt. Ces études sont nécessaires pour la
caractérisation des minéralisations, pour la modélisation du (des) gisement(s) et elles seront
essentielles pour l'étape minéralurgique.
Il faut expliciter les bénéfices recherchés par des travaux additionnels de contrôle
géologique (incluant la géophysique), et ce, même et surtout dans l'exploitation minière. Trop
souvent, l'argument d'économie est utilisé en invoquant les limitations de budget, de personnel,
de temps mais souvent sans pondérer les frais additionnels ou les manques à gagner causés par
les pertes et la dilution. L'importance des manques à gagner que l'on pourrait réduire ou même
éviter requiert que l'on chiffre les estimés des bénéfices potentiels de telles mesures par rapport
aux coûts impliqués, afin d'évaluer l'opportunité d'obtenir des informations additionnelles.
CHAPITRE V
L'OPTIMISATION
DES ÉCHANTILLONNAGES
5. LES ÉCHANTILLONNAGES
Échantillon •
du latin populaire, "scandaculum" <jauge> , de scandere" <monter> et "scala"
< échelle > ;
1° Étalon de mesure, type réglementaire de certains matériaux....
2° Petite portion d'une marchandise qu'on montre pour donner une idée de l'ensemble....
32 Fraction représentative d'une population, choisie en vue d'un sondage (stat);
Dictionnaire Le Petit Robert.
5.1.1 DÉFINITIONS
Sur tout projet de définition et de mise en valeur d'un gisement, ce sont les procédures
d'échantillonnage qui permettent d'établir la teneur de la masse d'intérêt. Il faut donc s'assurer
de la représentativité du matériel prélevé durant les travaux. La distribution pépitique de l'or
obligera à plus de compréhension des conditions géologiques, à des procédures plus rigoureuses
et à plus de soins et d'efforts que pour l'échantillonnage des autres éléments, si l'on veut estimer
la teneur de la masse d'intérêt. La figure 5-0 présente de façon graphique les divers éléments
du processus d'échantillonnage.
De façon intuitive, on peut percevoir que la représentativité d'un échantillon donné est
d'abord reliée à l'hétérogénéité de la masse primaire. De fait, lorsque la masse est d'une grande
homogénéité, il est plus plausible que l'échantillon représentera la masse échantillonnée avec un
bon niveau de confiance et une marge d'erreur étroite. Par contre, si la masse primaire est
hétérogène, l'échantillon aura, dans des conditions identiques, moins de représentativité. La
A une teneur donnée, plus les particules sont grossières dans la masse, moins elles
seront nombreuses, plus vulnérables seront l'échantillon et ses sous-échantillons à des variations
de teneur reliées aux variations dans la proportion de particules hétérogènes présentes dans
l'échantillon. A partir de ces considérations, on percevra maintenant qu'il y a relation entre:
la dimension de la masse;
la dimension de l'échantillon;
la teneur en un élément (d'intérêt ou délétère);
la dimension des fragments par rapport à la masse de l'échantillon ou du sous-échantillon;
la dimension des particules dans la masse;
le poids spécifique des particules hétérogènes dans la masse, par rapport à celui de la masse.
On pourra donc conclure, à partir des origines de ces formules, que celle de Ingamells
est préférable dans les échantillons géologiques tandis que celle de Gy l'est dans les échantillon-
nages systématiques des usines. Une présentation synthèse de ces formules et de leur application
aux problèmes est faite dans Billette (197841) et ceux qui veulent approfondir l'étude pourront
consulter Gy, (196742, 197143, 197944) et également Ingamells, 197445
Pierre Gy a développé la formule d'échantillonnage qui porte son nom à partir de son
expérience prolongée de l'échantillonnage des minerais en vrac. Selon cette formule, si le
prélèvement de l'échantillon n'a été accompagné d'aucune erreur de conception ou de
/TYPES APPLICATION /
Fig. 5.0
ASPECTS DES
GUIDE D'ÉVALUATION ECHANTILLONNAGES
Méthode d'évaluation
réalisation, il est possible de calculer la dispersion des valeurs fournies par plusieurs analyses
successives par rapport à la valeur vraie du lot primaire:
a2(ii9) = Cd3
2
~g mg
La formule de Ingamells, développée dans le contexte géologique, est axée plus sur la
valeur de l'analyse individuelle que sur l'ensemble des mesures, étant donné les conditions moins
systématiques de l'échantillonnage et le nombre plus restreint d'échantillons. Elle s'appliquera
donc mieux dans les conditions analytiques. La formule s'exprime ainsi (les unités utilisées
doivent être uniformes):
a2(a9) = ✓C t
$g2 ✓w
Une revue des diverses étapes et procédures contribuant aux erreurs dans les
échantillonnages miniers sera faite, à partir des caractéristiques de ces échantillonnages. La
figure 5-0 illustre les différents aspects des échantillonnages géologiques et miniers.
5.2.1 CARACTÉRISTIQUES
Il faudra aussi évaluer les effets suivants des échantillonnages lors de la mise en valeur
d'un gisement:
Les échantillons linéaires sont typiquement les forages de diverses natures, les
rainurages et les grappillages linéaires: tous ces échantillons n'ont essentiellement qu'une
dimension. Les deuxièmes et troisièmes dimensions sont fournies par l'espacement entre les
échantillons et/ou la dimension de la maille utilisée pour les projections.
b) Les rainurages
Par définition, les rainurages sont des échantillons linéaires prélevés en traçant une
rainure ou canal dans la roche au moyen d'un ciseau. En théorie, si la prise est continue et
systématique, l'échantillon est représentatif et correspondrait plus ou moins à la carotte d'un
sondage. Cependant, l'expérience montre que souvent il est difficile de prélever cet échantillon
en continu à cause de la dureté de la roche ou du minerai. Les échantillons qualifiés de
rainurages ne sont alors que des grappillages pris linéairement et de façon plus ou moins
systématique. La représentativité de tels échantillons est difficile à maintenir lorsqu'une des
phases minérales (comme les sulfures) est plus friable que le matériel encaissant. Les seuls rainu-
rages qui méritent une comparaison avec les sondages sont ceux faits avec une scie à roche, en
prélevant une carotte systématiquement.
minéralisations peu pépitiques, la précision des déterminations individuelles des rainurages est
moindre que celle des sondages au diamant (SOQUEM, rapport interne). Les rainurages sont
donc d'une fiabilité relative pour l'échantillonnage de détail et le contrôle minier.
c) Les forages
Les sondages par forages sont la méthode la plus efficace pour délimiter une zone
propice, pour rechercher les extensions et les limites d'un amas minéralisé: ils donnent une
information lithologique et structurale en plus de l'information analytique. Les forages sont de
calibre variable et exécutés par diverses méthodes et on peut les diviser selon l'échantillon obtenu
en carottages (au diamant surtout) et en échantillons brisés (percussion, trépan, etc).
Les forages au diamant donnent des échantillons dont la représentativité est optimale,
sauf lorsque des problèmes de récupération des carottes se rencontrent. Pour les forages à la
percussion ou au trépan, il est souvent possible de recueillir un échantillon représentatif des
rognures en utilisant des méthodes appropriées. Il est aussi possible, dépendant de la dimension
des particules recueillies, de faire un journal de la lithologie et de la minéralogie des échantillons
brisés; cependant toute information structurale est perdue. Les plus sérieux problèmes
d'échantillonnages se rencontrent en général dans l'évaluation des gisements de type placer, à
cause du matériel non consolidé et de la distribution très pépitique de l'or.
C'est en général dans une perspective d'optimisation et d'économie que l'on tendra à
utiliser les forages donnant un échantillon brisé. Cet usage se rencontre surtout dans les forages
de détail, une fois connues la lithologie et la structure. A l'occasion, cette décision est dictée par
la difficulté de recueillir des carottes par forage au diamant. A l'exploitation, l'échantillonnage
des forages de production est une façon économique de fournir un échantillonnage plus détaillé
pour le contrôle des teneurs. Les utilisateurs ont tendance à minimiser l'importance des
problèmes d'échantillonnage qui peuvent se rencontrer lors de l'usage de ces méthodes de forage
comme méthodes de sondage. Des essais systématiques d'orientation et des vérifications
répétées sont particulièrement importants avec ces échantillonnages moins systématiques. Le
Globe and Mail46 (14 rapporte des difficultés d'échantillonnage qui ont sérieusement affecté
l'évaluation d'un gisement aurifère. Un cas type de vérification des échantillonnages et des
analyses des forages dans un contexte d'exploitation est présenté à la section 6.3.4.
14 XXYZ .... lowered the estimated proved and probable reserves at its ABCDE mine ...by 11
percent, a reduction representing a gold and silver content equivalent to 603,000 ounces
of gold. ... XXYZ blamed the reduction on the unreliability of assay results obtained
by reverse circulation drilling below the water table. ... soft rock washed away around
the outer circumference of the hole, a spokeman said.
Ce sont des échantillons répartis sur une surface, les échantillons en panneaux (panel
samples) des mineurs. Ces échantillons sont constitués, par exemple, de prélèvements multiples
et systématiques (ou en grappillage non systématique) sur un mur ou le toit d'une galerie ou d'un
chantier, ou sur un front de taille. Dans tous les cas où un véritable rainurage est difficile ou
impossible, il y aurait avantage à faire des échantillons en panneaux avec un patron systématique,
pour augmenter la surface échantillonnée, le volume de l'échantillon et surtout diminuer le biais
de sélection du matériel sur la base de la friabilité.
Il s'agit ici une catégorie intermédiaire d'échantillons constituée par des prises sur la
roche cassée dans la mine, sur un volume minier, même restreint. A cause du matériel cible et
de la méthode d'échantillonnage, ils sont regroupés séparément des échantillons en vrac. En
surface, il s'agit des échantillons des tranchées; sous-terre, ce sont les échantillons des volées des
galeries et de monteries, des entailles. Dans une exploitation, on prélève également des
échantillons dans les points de soutirage, les wagons des trains, les camions ou les bennes des
chargeuses navettes.
Le problème est d'obtenir des échantillons représentatifs dans les conditions minières
où le volume des fragments varie et où il y a souvent ségrégation des minéraux d'intérêt selon
la dimension: le plus souvent, les sulfures se retrouvent dans les fines. Pierre Gy47 nous met
en garde quant à la difficulté d'obtenir un échantillon représentatif dans ces conditions et quant
à la quasi-impossibilité de calculer la précision de tels échantillonnages, même lorsque prélevés
avec soin. Trop souvent, les méthodes utilisées ne permettent pas de tenir compte de
l'hétérogénéité décrite. Néanmoins, divers palliatifs sont utilisés, avec des niveaux variables de
succès. Nous mentionnerons la méthode de la corde à noeuds et celle de la pondération des
fragments.
a) La corde à noeuds
La pondération des fragments est utilisée à la mine Opémiska pour l'échantillonnage des
points de soutirage. C'est une méthode adaptée aux conditions locales. On exploite à cette mine
des veines étroites (2 à 3 pieds) minéralisées en chalcopyrite et en or, dans des chantier "longs
trous" de largeur planifiée à 6 pieds; une dilution des murs de 30 à 40% s'ajoute au minerai dans
ces conditions. Les murs sont massifs et non minéralisés contribuant surtout de gros fragments
qui doivent être envoyés au stérile, tandis que les veines sont plus fracturées et friables et que la
minéralisation tend à se concentrer dans les fines.
Les échantillons en vrac sont les échantillons de volume important, qui se mesurent en
centaines ou en milliers de tonnes en général. Ces échantillonnages ont en général plusieurs buts.
Le but final de l'échantillon en vrac est d'obtenir les facteurs qui caractérisent le passage
d'échantillons linéaires à l'estimation de la teneur des volumes/masses pour l'ensemble du
gisement. Cette information est nécessaire autant pour les paramètres d'estimation du gisement
que pour les paramètres minéralurgiques et miniers.
L'échantillon en vrac vise d'abord à confirmer la (ou les) teneur(s) estimée(s) pour une
zone minéralisée à partir des échantillons linéaires ou de roche cassée lorsque les conditions
géologiques, en particulier la distribution pépitique de l'or ou d'un autre élément ne permettent
pas des estimations suffisamment fiables. Le deuxième but est d'établir les paramètres
minéralurgiques. la récupération. la teneur recouvrable d'une zone définie par les forages et les
autres échantillonnages. En parallèle les paramètres miniers des zones étudiées seront précisés,
en particulier les paramètres géomécaniques. Le but ultime est d'obtenir les données
quantitatives requises pour l'évaluation du gisement dans une étude de faisabilité, en vue
d'une décision d'implantation d'une exploitation rentable.
L'échantillon en vrac n'a pas en lui même de valeur magique: son utilité dépendra des
liens et des contrôles établis dans les divers domaines:
a) sur les relations avec les conditions géologiques et minéralogiques du gisement;
b) sur les relations bien établies entre les données d'échantillonnage et les échantillons
linéaires tels les forages et les rainurages sur lesquels s'appuient la procédure
d'estimation du gisement ou du chantier;
c) sur le systématisme et la pertinence de l'acquisition des données d'échantillonnage dans
le gisement: est-ce que l'échantillon en vrac représente l'ensemble du gisement que l'on
voudra exploiter, quelle portion de la minéralisation représente-t--il?
d) sur la masse de l'échantillon et sur le systématisme de l'échantillonnage à l'usine, du
contrôle minéralurgique et du bilan des essais;
e) sur la pertinence des informations recueillies par rapport aux besoins d'une exploitation
future.
Pour la plupart des métaux autres que l'or, les paramètres commerciaux du produit
sont également importants et ils le sont encore plus pour les minéraux industriels: des échantillons
appropriés sont souvent requis par le client éventuel dans ces cas. Ces divers aspects seront
discutés dans les sections suivantes d'une façon beaucoup plus élaborée et seront illustrés dans
les cas types et complétés dans les Règles de procédure. Le Guide reviendra également sur ces
questions dans le chapitre 9, qui traite des aspects minéralurgiques de l'estimation.
"Dans les gisements de type filonien, comme dans tous les gisements minéraux, le
problème essentiel est d'arriver économiquement d une estimation raisonnable de
la teneur et du tonnage. Le principal problème, avec les gisements filoniens ainsi
qu'avec quelques autres types, est la variabilité des teneurs et des épaisseurs de
la masse, que l'on parle en terme de la nature du filon ou de la rentabilité.
Certainement, au début, les forages au diamant sont essentiels pour déterminer la
continuité sur l'alignement (strike) et en profondeur de la structure de la veine
minéralisée... (souvent) ... il serait difficile sinon impossible de déterminer la
teneur et le tonnage sans l'appui d'importants travaux de mise en valeur sous-
terre. ... Le problème principal dans la mise en valeur d'un gisement filonien est
donc de tirer la ligne et de dire: "Finis les forages, on va sous-terre". "
A l'inverse, on sait que passer trop vite à l'échantillonnage en vrac avant d'avoir défini
l'étendue et les caractéristiques de la zone minéralisée n'est pas une façon efficace de gérer
l'exploration (Vallée, 1989). En pratique, c'est l'appréciation de la géométrie et des limites du
gisement (sect 4.2) et l'appréciation de la variabilité des teneurs par le variogramme qui
permettront d'évaluer la précision accessible par les échantillonnages linéaires (ou de surface)
avant d'entreprendre des travaux miniers et des échantillonnages en vrac. Les problèmes décrits
pour les gisements filoniens sont beaucoup plus aigus pour les gisements de type placer.
L'échantillonnage en vrac et la production pilote tiennent une place beaucoup plus grande dans
la valorisation de ce dernier type.
B) La dimension de la maille
Pour tous les échantillons, la représentativité est fonction de leur masse et ce facteur est
d'autant plus important pour l'or, à cause de sa distribution pépitique. La façon la plus simple
d'améliorer la précision des échantillonnages est donc d'augmenter, chaque fois que faire se peut,
la masse des échantillons. La facilité et l'économie amènent en général à restreindre la masse
des échantillons et également le nombre des prises (fragments plus gros, moins nombreux) pour
obtenir une masse donnée.
Pour les carottages, le facteur volume est aussi important. Pour l'or, la représentativité
des plus petits diamètres comme le EXT(19mm) est insuffisante. Plusieurs considèrent que le
calibre minimum acceptable pour le forage d'un gisement d'or est le AXT (26mm) et que le BQ
(36.3mm) est préférable. La division des carottes pour analyse diminue leur volume, donc leur
représentativité et augmente les causes d'erreur. La plupart des exploitations ne divisent pas les
carottes des forages de définition sur maille serrée.
D) Ligne vs surface
Une façon simple d'améliorer la représentativité d'un échantillon est de le prélever sur
une surface plutôt que sur une ligne, pour diminuer sa vulnérabilité à l'effet de pépite et de
prélever un nombre respectable de fragments pour le constituer. Trop souvent on se contente
d'une technique de prise d'échantillon simplifiée dont la représentativité pourrait être améliorée
à peu de frais, mais avec un peu plus d'effort. Les rainurages/grappillages simples peuvent être
remplacés par des rainurages/grappillages multiples ou par des échantillons en panneaux pour
améliorer le nombre des prises (et la masse de l'échantillon), donc la représentativité.
Augmenter le nombre des échantillons est une autre façon d'augmenter la précision d'un
échantillonnage. Par exemple, lors de travaux en surface, on néglige souvent d'établir la densité
de la maille des échantillonnages à un niveau équivalent à celui que l'on juge normal dans les
échantillonnages en galeries minières. Pourtant les conditions en surface permettent de situer des
échantillonnages de façon beaucoup plus souple que les conditions des travaux en galeries
souterraines.
Dans les cas où l'on dépense des montants importants pour obtenir des échantillons en
vrac, il est essentiel d'en tirer le maximum d'information. Les volées soutirées sont trop
rarement échantillonnées adéquatement, même la technique de la corde à noeuds est rarement
utilisée. La seule méthode suffisamment fiable pour obtenir les teneurs des volées individuelles
est de concasser et d'échantillonner les volées individuelles à la sortie de la galerie d'échantil-
lonnage comme, par exemple, la compagnie Inco Ltée l'a fait au projet de Casa Berardi.
5.3.1 LA REPRÉSENTATITIVÉ
Le noeud d'une situation difficile et complexe est que les minéralisations de molybdénite
étaient distribuées dans des veines de quartz et également dans des schistes à séricite. Les essais
en usine pilote avaient porté sur la minéralisation située dans les veines de quartz, tandis que les
3/4 des réserves (et les plus riches) se situaient dans des schistes à séricite. L'extraction à l'usine
de la molybdénite contenue dans ce dernier matériel a présenté des problèmes minéralurgiques
qui n'avaient pas été évalués et qui se sont avérés insurmontables. Ces problèmes techniques ont
amené la faillite financière de l'entreprise, malgré tous les efforts de redressement.
Podolski, 1986, (41 décrit la procédure suivante utilisée pour une campagne d'échantil-
lonnages sous terre dans un gisement aurifère situé dans une formation ferrifère. Notons que la
minéralisation d'or est: "fine grained and relatively uniformly distributed" (finement grenue et
de distribution relativement uniforme).
Rainurages
"Des échantillons de 9 d 14 kg ont été pris au moyen d'un ciseau pneumatique,
dans le toit de la galerie, le long de l'axe central de la galerie.
Podolski compare ensuite les résultats de ces trois procédures pour 36 volées
consécutives. Ces résultats sont compilés au tableau 5-1, tandis que la figure 5-1 présente les
semi-variogrammes des échantillons des volées.
SEMI -
VARIOGRAMME
.026
.024 —
.022 —
BENNES (1 A T )
.020
.018 —
.016 —
BENNES (T. M. )
.014 —
.012 —
.010 —
.008
.006 -~ VRAC
.004
.002
Tomisage
T. M. Tonnage des métalliques
Fig 51
TABLEAU 5-1
# les rainurages montrent un biais à la hausse de 20% par rapport aux échantillons en vrac.
Les frais additionnels investis dans la tour d'échantillonnage sont très justifiés, du point
de vue du géologue/ingénieur géologue autant que de celui de l'ingénieur ou du dirigeant. Dans
ce cas-ci, l'échantillon en vrac donne des valeurs plus élevées, il est vrai, mais l'inverse pourrait
se produire. L'échantillonnage en vrac montre un effet de pépite nul, une moindre variance
globale, donc il permettra des estimations plus précises au niveau de l'étude de faisabilité. On
notera la faible fiabilité des rainurages: ils montrent un biais important par rapport aux données
des volées, en plus d'une forte dispersion des données individuelles.
Ce gisement est devenu la mine Lucien Béliveau de Cambior inc. Les résultats d'un
projet d'échantillonnage minier sur la partie supérieure alors connue, (Vallée, Gilbert, Dagbert,
198651), montrent les limites des méthodes non systématiques d'échantillonnage des roches
brisées, malgré des procédures méthodiques et une supervision assidue.
Ce gisement est de géométrie complexe: son expression coïncide avec un filon de diorite
étroit, vertical, allongé sur un axe nord-sud. La minéralisation est associée à des veines de quartz
alignées d'est en ouest et d'allongement variable par rapport au mur du filon de diorite; les veines
plongent vers le sud à -40°. La zone minéralisée a été échantillonnée par des forages à diamant
sur maille 20m, d'inclinaison variable et orientés sur sections transversales. Des forages
verticaux sur maille 10m ont été placés dans les galeries d'échantillonnage.
Les murs et les fronts d'attaque des galeries et des monteries ont été échantillonnés par
la méthode "en panneau", par prélèvement systématique d'écailles (chips/grappillage) sur toute
la surface. Cette méthode a été considérée comme étant plus représentative que la méthode
conventionnelle des rainurages et plus facile d'application dans une roche très dure. Tous les
fronts d'attaque et les murs des ouvertures ont été cartographiés en détail.
Un échantillon en vrac de 25,000 tonnes a été constitué à partir des volées minéralisées
jugées représentatives du gisement. Les valeurs analytiques des volées sont supérieures de 20%
par rapport à celles du bilan de l'usine. Voici quelques comparaisons:
L"interprétation des données s'est faite selon un cheminement systématique et les étapes
de travail utilisées sont citées dans les Guides d'application en section 5.4. comme procédure-
type. Cette procédure a permis d'identifier les erreurs aléatoires, les biais stables et les biais
proportionnels, comme l'indique la figure 5-2 tirée de Moreau, Sinclair, Miller.
Une analyse économique a été effectuée pour établir, par un bilan de masse sur une
surface restreinte, le résultat d'une meilleure sélection. Pour une teneur coupure de 30g/t Ag,
les erreurs observées amenaient la sélection comme minerai de 5 blocs de stérile et la perte de
3 blocs de minerai (bloc de sélection minière de 341 tonnes). Cette situation, résultant en un
manque à produire de 43,546 g d'argent, entraînerait un manque à gagner de près de 1M$ sur
une année de production.
Plusieurs facteurs doivent être optimisés pour assurer des évaluations plus précises des
teneurs des échantillons prélevés. Ces facteurs sont la stratégie des échantillonnages. et les
procédures de prélèvement des échantillons linéaires, de surface, de vrac. Des procédures
rigoureuses de vérification, de contr6le et de surveillance des échantillonnages sont également
requises.
5.4.1 LA REPRÉSENTATIVITÉ
Y =X
grammes /tonne 320.0
240.0
=75 + 894 X
160.0 A
N= 42
00.0
•
Zone A
0.0
0.0 80.0 160.0 240.0 3200 400.0 grammes/ tonne
60.
Y=751+894
20. N=42
0.0
0_0 20.0 40.0 60.0 80.0 1000 grammes/tonne
FORAGES DE PRODUCTION
VERIFICATIONS DES ÉCHANTILLONNAGES
Fig. 5.2
1) La représentativité des échantillons est reliée directement à la masse totale, au nombre des
fragments et à la dimension de ces fragments. La masse optimale est la plus grosse possible,
le nombre de fragments devant être le plus élevé possible et leur dimension limitée, étant
donné l'interrelation avec la masse totale. Il peut être requis d'augmenter le gabarit des
équipements des laboratoires pour traiter des échantillons plus volumineux, lorsque
nécessaire.
iv) la longueur:
une longueur minimum de 250mm, sauf lorsqu'il s'agit d'individualiser
une structure très riche; à ce moment, les échantillons adjacents seront
mesurés de façon à permettre de reconstituer la longueur usuelle utilisée
dans ce gisement;
1) un contrôle géologique suivi et serré pour obtenir toute l'information accessible dans les
travaux d'échantillonnage et pour bien caractériser les échantillons prélevés;
3) l'utilisation appropriée des échantillons linéaires qui sont la facon la moins dispendieuse de
définir l'étendue d'une zone minéralisée d'intérêt économique; l'étude de la géométrie du
gisement et des variogrammes indiquera si des échantillonnages en vrac sont requis pour
l'estimation du contenu métal des minéralisations (sect 5.2.2);
4) l'utilisation des échantillonnages en vrac et des travaux miniers pour confirmer la continuité
des minéralisations établies par les échantillons linéaires et surtout la teneur des masses et
les paramètres minéralurgiques, ainsi que les caractéristiques géotechniques et minières;
5) la maille finale des échantillonnages doit être reliée à la zone d'influence des échantillons
telle qu'établie par géostatistique et par expérience;
8) le bilan rigoureux de l'usine de traitement pour permettre une corrélation appropriée avec
les données de l'échantillon; cet objectif requiert le contrôle de la masse, de la teneur, de
la nature (lithologie, minéralogie) de l'alimentation, du produit et des rejets de l'usine de
traitement. Les problèmes de l'échantillonnage et du bilan des usines sont discutés au
chapitre 9;
La procédure type d'évaluation qui suit couvrira la majorité des cas de vérification
d'échantillonnages et pourra être adaptée aux cas particuliers (Giroux, Sinclair, 1986):
La distribution pépitique de l'or oblige à prendre (ou recommander) toutes les mesures
requises pour optimiser, par des essais et des comparaisons appropriés, les procédures d'échantil-
lonnage de l'or dans le gisement sous étude. Dans une perspective d'optimisation, il faut éviter
les "économies" mal avisées dans ce qui constitue l'essentiel d'un projet de mise en valeur:
1) l'échantillonnage ne doit pas être "délégué" aux mineurs car les objectifs des mineurs ne
sont pas ceux des géologues et des ingénieurs géologues! Sur un projet de mise en valeur,
cette délégation constitue un dangereux abandon de responsabilité de la part des géologues
et des ingénieurs chargés des aspects techniques d'un tel projet. Dans une exploitation
minière, l'échantillonnage par les mineurs n'est acceptable que si les résultats sont
semblables à ceux des échantillonnages de contrôle par le personnel géologique;
2) les échantillonneurs doivent être présents 24 heures par jour, 6 (ou 7) jours par
semaine: surtout lors de la mise en valeur, il est nécessaire que les échantillonneurs soient
présents avec les mineurs, pour bien contrôler la manutention de la roche et la qualité de
l'échantillonnage;
Comme il a déjà été recommandé dans le cas du contrôle géologique, il faudrait plus
souvent expliciter les coûts des efforts et des travaux additionnels par rapport aux gains/pertes
que les imprécisions peuvent entraîner dans l'exploitation minière. Chiffrer les bénéfices
possibles en conséquence de l'application de telles mesures, par comparaison aux risques plus
grands lors des décisions et aux pertes possibles ou probables, fournirait des critères additionnels
de décision pour orienter les choix.
CHAPITRE VI
LES ANALYSES
6. LES ANALYSES 97
6. LES ANALYSES
Les résultats d'analyses sur les échantillons de roches minéralisées ou stériles doivent
être l'objet de vérifications pour s'assurer de leur fiabilité. La fiabilité s'appuie sur leur
exactitude (accuracy) et leur précision. Dans la pratique, on utilise souvent le terme précision
au sens large, incluant la précision "stricto sensu" et l'exactitude.
Une définition officielle est fournie par le Standard ASTM E-177 (1971), qui définit
ainsi ces deux termes:
Les formules et les procédures développées par Gy (36, 37, 38 et Ingamells (39
permettent d'établir le pourcentage d'erreur prévisible dans l'échantillonnage d'un matériel
hétérogène. Ces formules s'appuient sur la (les) dimension(s) et la teneur des particules de la
substance visée dans l'échantillon d'origine ainsi que sur la quantité de matériel retenu aux étapes
successives de réduction et de division de cet échantillon.
La variabilité des lectures d'un procédé analytique peut être chiffrée à partir
d'échantillons identiques, mais de préférence non identifiés comme tels par l'analyste,
suffisamment nombreux pour permettre un traitement statistique.
Un étalon est un échantillon type de matériel dont les propriétés sont connues à un
niveau donné de précision; l'étalon peut servir de standard si ses propriétés sont connues avec
grande exactitude. Un étalon peut aussi servir de repère relatif. Par exemple, un étalon composé
d'une roche type ou minerai type établi, comme homogène par un grand nombre de déter-
minations, peut servir de repère entre plusieurs séries de déterminations, plusieurs campagnes
d'échantillonnages, même si le contenu en valeur absolue de l'élément d'intérêt n'est pas établi
avec la plus grande exactitude.
Il faut distinguer entre les étalons et les duplicata d'échantillons. Des échantillons étalons
introduits dans les échantillons des campagnes courantes donnent un repère et une vérification de
la calibration. Cependant, les duplicata ont un rôle différent, puisque leur concordance peut
dépendre autant de la qualité de la préparation des échantillons à un moment donné, que de la
précision des déterminations. Il va de soi que les duplicata ne nous disent rien de l'exactitude elle-
même. Il va de soi également que pour être efficace et objective, la vérification exige que la
présence des étalons et des duplicata soit ignorée du laboratoire qui fait les déterminations. Ceci
présente des difficultés lorsque la préparation des échantillons est confiée au groupe qui exécute
les analyses. Comme les espions, les étalons, les standards et les duplicata sont efficaces en
autant qu'ils voyagent incognito!
MASSE TAMISAGE
EQUIPEMENT EQUIPEMENT
UTILISEE
(TYPE)
OUVERTURE EXTRACTION PYROANALYSE
OUVERTURE
PERTES PRECISION ET
PRODUIT PRODUIT A. A.
EXACTITUDE
DE LA
DETERMINATION
PROCEDURE / PROCEDURE
/ DIVISION DIVISION/
Fig. 6.0
Les procédures standard présentées ici comportent le minimum requis. La qualité des
résultats, qui doit être mesurée au moyen de vérifications et d'essais, dépendra des paramètres
spécifiques de la minéralisation concernée. Pour une minéralisation comportant de l'or grossier,
il sera approprié d'utiliser la méthode du tamisage des métalliques.
A) La pyroanalyse conventionnelle
Pour assurer la représentativité des portions (ou prises) prélevées des échantillons pour
fins d'analyse, la procédure suivante, qu'utilisent plusieurs laboratoires réputés, doit être exigée
du laboratoire d'analyse comme standard minimum de préparation:
Coxon et Sichel concluent l'étude citée plus haut en faisant état d'une amélioration de
l'ordre de 50% dans la fiabilité (précision+justesse) des analyses, suite aux diverses améliorations
apportées. Ils recommandent tout de même d'utiliser des échantillons d'un poids minimum de
30 grammes pour la pyroanalyse et mais jugent que des prises de 60 grammes préférables. Ceci
contraste avec la tendance des laboratoires d'utiliser des prises de 15 ou 10 grammes pour la
pyroanalyse, afin de réduire les frais, sans parler de l'usage de prises de 3 ou 5 grammes avec
la spectrométrie d'absorption atomique.
Cette procédure peut réduire les problèmes d'échantillonnage causés par la présence d'or
en grains et en paillettes dans l'échantillon soumis à l'analyse. Les premières étapes de
préparation sont les mêmes: broyage à -10 mailles ou -20 mailles (1.7mm ou 0.85mm) et prise
d'un échantillon d'au moins 300 g pour pulvérisation après quartage. Ensuite, il s'agit, en
broyant dans un pulvérisateur à anneau et à rondelle, de s'assurer d'aplatir les particules d'or
libre en évitant de les réduire et de les tamiser à -150 mailles (0.075mm ou 75 microns) pour les
séparer du reste de l'échantillon. L'échantillon constitué du sur-verse est analysé directement par
pyroanalyse, tandis que la partie plus fine est divisée, pulvérisée et divisée à nouveau pour enfin
prélever une portion d'un assay ton qui sera analysée par pyroanalyse de façon conventionnelle.
Les résultats des deux portions sont pondérés suivant leurs poids.
Une variante économique, mais moins efficace, de cette méthode consiste à utiliser un
pulvérisateur à plaque au lieu du pulvérisateur à anneau et palet pour la réduction de l'échantillon.
Le Guide ne recommande pas cette procédure, qui n'offre pas autant de garanties d'efficacité que
la première, étant plus sujette aux pertes et à la contamination.
Il est à noter que le rejet de l'échantillon d'or ainsi traité ne peut être réutilisé pour fins
de vérification, ni pour essais minéralurgiques, puisqu'il n'est plus représentatif de l'échantillon
original.
C) L'absorption atomique
La place qu'ont prise les déterminations par absorption atomique d'abord dans la
géochimie d'exploration, ensuite dans les déterminations pour les métaux usuels, à cause de leur
rapidité et de leur sensibilité, a amené le développement de procédures d'une fiabilité acceptable
pour les métaux usuels. Les mêmes raisons de rapidité et de sensibilité ont amené l'application
de ces mêmes méthodes aux analyses pour l'or et pour l'argent, à partir des mêmes prises que
pour les métaux de base. Ces prises sont de 3 grammes en général, parfois de 5 grammes. Ces
masses sont nettement insuffisantes pour assurer la représentativité des échantillons d'or et
amènent des problèmes de détection autant que des problèmes de variabilité extrême entre les
valeurs obtenues.
La discussion qui suit s'applique surtout à l'or, étant donné l'importance de l'effet de
pépite et des problèmes de distribution statistique, mais nombre des remarques peuvent également
s'appliquer à d'autres éléments. Cette discussion se situe dans la continuité des considérations
du chapitre précédent sur la représentativité des échantillons. Nous avons relié la représentativité
de l'échantillon prélevé à sa masse et, dans le cas d'un échantillon de matériel brisé, au nombre
des fragments et à leur dimension.
Dans le cas de l'or (et d'autres minéraux de basse teneur et de distribution pépitique),
le problème fondamental est le petit nombre de particules présentes dans un échantillon
minéralisé. Ce nombre varie à l'inverse de la dimension des particules. Plus grossier est l'or,
plus petit est le nombre des particules et plus variables seront les résultats des analyses prélevées;
de même, plus petites seront les portions, plus variables et moins fiables seront les résultats (voir
les cas types du chapitre 6). Nous ne contrôlons pas la dimension des particules d'or, mais nous
pouvons essayer d'optimiser l'échantillonnage et l'analyse de l'or.
tissement des particules d'or pour en faire la ségrégation et réduire ainsi le problème
de l'effet de pépite.
6.3.2 CONTAMINATION
La contamination des échantillons est une possibilité contre laquelle tout professionnel,
tout responsable de programme d'exploration et tout entrepreneur doit être sensibilisé. La
contamination peut être une contamination accidentelle, elle pourrait être aussi une contamination
malicieuse ou salage (salting). La règle de base est le doute méthodique. Il faut tout vérifier,
se méfier de toute personne qui pourrait tirer parti de résultats analytiques plus élevés (ou plus
bas!). Ceci implique des mesures de surveillance, de contrôle aux diverses étapes.
Il est essentiel que les laboratoires utilisent des procédures bien établies et bien rodées
pour les déterminations. Les rapports analytiques doivent avoir un caractère professionnel: ils
doivent donner les résultats des analyses en indiquant les paramètres essentiels des méthodes de
préparation et des méthodes analytiques utilisées.
Trop souvent, les résultats des analyses sont fournis sans indication ni de la procédure
de préparation des échantillons, ni de la procédure analytique qui a été utilisée. Récemment,
l'utilisation de la méthode du tamisage des métalliques a contribué à rendre plus spécifiques les
rapports des analyses. Ces remarques sont cruciales pour l'or, mais elles sont applicables
également à tout autre élément.
Il faut aussi se garder de ce que l'on pourrait appeler la dérive des procédés. La
pyroanalyse est bien standardisée comme méthode d'analyse mais des erreurs de procédure
peuvent se produire n'importe quand, surtout avec du personnel moins expérimenté ou moins bien
formé. Certains ont découvert avec surprise que le souci d'efficacité et d'économie amenait
certains laboratoires à utiliser des portions de 1/2 et même de 1/4 d'assay ton au lieu de l'assay
ton (29.166g) traditionnel (Vallée et al, (1976). Les méthodes de géochimie analytique ont été
appliquées à la détermination de l'or en faisant abstraction des conséquences de la prise d'un
échantillon de 3 ou 5 grammes (au lieu de l'assay ton traditionnel ou de 30 g) avait de sérieux
effets sur la détection de l'or autant que sur la précision des déterminations.
Dans un autre cas vécu, on a constaté, suite à des vérifications, le transfert à des fins
de déterminations quantitatives, de procédures de préparation propres à la géochimie d'explo-
ration. Ces procédures, qui consistaient à n'analyser que la portion la plus fine de l'échantillon,
telle le -80 mailles, ont été appliquées par du personnel inventif et expéditif, à l'analyse d'une
roche contenant des sulfures. Les sulfures étant en général plus friables que les silicates, on
imagine l'effet d'enrichissement d'une telle procédure et la difficulté de reproduire, à partir du
rejet à +80 mailles, les analyses faites à partir de la première coupe.
6.3.4 VERIFICATIONS
L'intérêt financier est en jeu dans ces situations, autant que la responsabilité profes-
sionnelle, surtout lorsque des transactions ou des décisions financières dépendent de ces
informations. Ces considérations obligent à toujours agir comme si on soupçonnait des
possibilités de contaminations malicieuses.
B) Or fin / or pépitique
La nature pépitique de la minéralisation d'or impose ces précautions, même dans le cas
d'un gisement dont la distribution de l'or est peu pépitique telle la zone 2 de Mine Doyon, qui
est décrite plus loin. Dans cette perspective, des vérifications systématiques sont d'autant plus
nécessaires que l'or est visible. Les cas types qui suivent fourniront les procédures et les normes
qui seront énoncées dans les Guides d'application qui termineront ce chapitre.
Le Guide citera ici l'essentiel des conclusions d'un rapport de vérifications faites sur la
préparation d'échantillons de minerai de la partie centrale de la zone #2 de Mine Doyon (Vallée,
Filion et David59 (1976) . Rappelons tout d'abord que ce matériel contenait peu d'or grossier
(> lmm), même si des effets pépitiques s'y rencontrent.
Les vérifications consistaient en des analyses en duplicata et quadruplicata sur des assay
tons, des demies d'assay ton et des quarts d'assay ton. Elles ont aussi comporté des essais
pyramidaux. Il ressort de ces vérifications que le fait de prélever une portion après broyage à -
6.6mm entraîne une erreur relative d'échantillonnage de 35% t 15 , erreur qui est ramenée à 20%
si on prélève un échantillon après broyage à -2mm. De même, le fait de prélever un échantillon
de 1/2 assay ton pour détermination par pyroanalyse comporte une erreur relative de 18%, tandis
que l'erreur statistique est réduite à 8.5% lorsque l'on utilise des portions de 1 assay ton
(29.166g) pour la pyroanalyse.
15 Ecart type relatif, ou écart type divisé par la moyenne. Pour une succession
d'opérations, les variances de chaque opération d'échantillonnage s'additionnent.
A) Effet de pépite
Les déterminations de l'or ou d'autres éléments précieux sont soumises aux limitations
imposés par le petit nombre de particules dans les échantillons ce qui constitue l'aspect pépitique
de ces minéralisations.
B) Caractérisation
C) Formules d'échantillonnage
On appliquera ensuite les formules de Gy et Ingamells aux cas sous étude, pour préciser
les paramètres, faire ressortir les besoins et aider à concevoir les procédures requises pour
résoudre les problèmes rencontrés.
D) Déterminations analytiques
L'extraction du métal est une étape essentielle qui peut contribuer aux erreurs, si elle
est incomplète: la fusion par la pyroanalyse est normalement plus efficace que la dissolution à
l'acide en AA. La détermination du métal sur la bille de plomb, à l'étape finale de la
pyroanalyse, est plus sensible et plus précise par absorption atomique que par les méthodes
traditionnelles.
Les laboratoires doivent utiliser des procédures bien établies, bien rodées et explicitées
pour la préparation des sous-échantillons et les déterminations. Les rapports analytiques doivent
avoir un caractère professionnel: ils doivent donner les résultats des analyses en indiquant les
paramètres essentiels des méthodes de préparation et des méthodes analytiques utilisées. Le
laboratoire doit avoir des procédures internes de vérification de la manipulation des échantillons
et des déterminations analytiques.
E) Vérifications
La vérification est une étape essentielle de toutes les phases du travail du professionnel
impliqué dans l'évaluation des gisements de toute nature et plus particulièrement des gisements
d'or. Les vérifications doivent se faire systématiquement, autant sur les basses valeurs que sur
les hautes et impliquer environ 10% du nombre des analyses.
Le fait que les responsables des laboratoires font habituellement des vérifications
internes ne restreint en aucune façon la portée des commentaires ou des règles pratiques
énoncés ici et à la section 6.5.3.
F) La responsabilité professionnelle
A) Préparation conventionnelle
NOTES:
i) les déterminations sur des prises de moins d'un assay ton sont donc déconseillées et
l'utilisation de prises de 3 à 5 grammes, pour dissolution acide en vue de déterminations
par absorption atomique, est à proscrire dans l'évaluation de l'or. On trouvera dans
C) Notes
1) la procédure dite "double métallique" développée pour les cas d'or très pépitique prévoit
deux étapes de tamisages, à + 28 mailles et - 28 mm + 200 mailles, les deux surverses
étant analysées au complet et la sous-verse à - 200 mailles analysée par une portion de
30 g;
3) le rejet de l'échantillon d'or ainsi traité ne peut être réutilisé pour fins de vérification,
ni pour essais minéralurgiques, puisqu'il n'est plus représentatif de l'échantillon
original.
16
Ce paramètre est à déterminer pour chaque gisement ou type d'échantillon, dans la
perspective de réduire les pertes et d'optimiser La précision et l'exactitude des
résultats.
A) Caractérisation minéralogique
Il faut d'abord établir, sur des échantillons types du matériel sous étude, les caracté-
ristiques granulométriques et particulièrement le nombre de grains d'or qui seront présents dans
l'échantillon avant la coupe pour l'analyse et dans cette coupe elle-même. Cette information sera
obtenue à partir d'examens visuels (cartographie et journal des forages) et d'études minéralogi-
ques. L'interprétation de ces observations sera complétée par les autres procédures décrites ici.
B) Analyse (géo)statistique
Les histogrammes des teneurs et des logarithmes des teneurs et les distributions
cumulées sont une façon simple de vérifier la présence de plusieurs classes granulométriques de
grains d'or et la présence de hautes valeurs qui divergent de la courbe type. On décèlera ainsi
les distributions multimodales et la présence de pépites qui divergent de la courbe type. Le
variogramme des échantillons indiquera également les effets de pépite.
C) Vérifications
La première étape des vérifications utilisera les duplicata des échantillons. Il faut bien
établir et spécifier la procédure en vue de distinguer le sens des informations obtenues: par
exemple une deuxième prise de la poudre pulvérisée (procédure standard seulement), ou prise
d'une deuxième portion de roche concassée pour pulvérisation. Une autre étape pourra consister
en des analyses plus nombreuses dirigées à des étapes spécifiques des procédures. Ces vérifi-
cations doivent être en nombre suffisant (minimum de 30 à 40) pour permettre des contrôles
statistiques (test de Students, X carré, etc).
CHAPITRE VII
Le Guide souligne que l'estimation des gisements est et demeurera encore longtemps
l'application de connaissances et d'expertise professionnelles dans le cadre d'une équipe
multidisciplinaire et ne saurait se restreindre à l'application de techniques standardisées par du
personnel non spécialisé ou d'expérience limitée. Le Guide ne peut donc fournir des recettes
faciles que les profanes ou le personnel junior pourraient appliquer sans supervision experte.
Le Guide débute le présent chapitre par une perspective synthétique des stades des
inventaires, des problèmes et des méthodes utilisées dans l'estimation des gisements, du risque
et de la précision et des teneurs repères. Cet exposé vise autant les administrateurs et les
dirigeants des compagnies, des organismes de réglementation et des organismes financiers, que
les cadres techniques et les professionnels.
Les inventaires que sont les estimations de masse et de teneur des gisements sont faits
de façon itérative à diverses étapes du développement minéral, donc avec des informations de plus
en plus nombreuses, sur des mailles de plus en plus serrées. Ils sont faits également avec des
objectifs variés et multiples.
Aux premiers stades de la mise en valeur (stade 4 et début du stade 5), l'inventaire du
gisement se fait afin d'obtenir une estimation globale de sa dimension et de son contenu métal:
c'est le gisement délimité. Pour nombre de métaux, il arrive même, lorsque les travaux au stade
4 ont établi les dimensions d'ensemble et les limites du gisement, que les teneurs ne varieront pas
sensiblement ensuite malgré la masse importante d'information qui s'ajoutera aux stades suivants
du développement minier. Dans un tel cas, l'inventaire à la fin du stade 6 comportera une plus
grande précision des estimés, par l'information additionnelle sur les limites du gisement et sur
la distribution des teneurs dans ses diverses parties.
Les gisements d'or montrent une distribution pépitique des valeurs qui, lorsqu'elle est
forte, amène les échantillons à se comporter de façon aléatoire. Les premiers estimés seront
souvent loins d'une estimation exacte des teneurs et même des masses. Il est souvent nécessaire
dans ces cas, de compléter l'information des forages et des autres échantillonnages linéaires par
des échantillons de volume important, pour des essais en usine pilote ou même en usine
industrielle, dans le but d'assurer l'évaluation appropriée d'un gisement aurifère. Les pertes et
la dilution qu'entraînent les erreurs dans l'interprétation et l'estimation à ces stades sont de
caractère "passif". Même si elles influent sur les estimations, elles ne se traduisent pas
directement par des pertes financières, sauf si elles affectent la progression du projet (figure 3-2).
EVALUATION GEOSTATISTIQUE
TRADITIONNELLE
Fig.7.0
Les méthodes traditionnelles gardent toujours une place dans l'estimation des gisements,
même face aux méthodes plus sophistiquées. En général, le choix d'une de ces méthodes dépend
de concordances avec certains paramètres géologiques et géométriques du gisement sous étude
et elles fourniront des éléments de comparaison, de contrôle avec les résultats des estimations par
les méthodes géostatistiques (section 7.9).
A) Méthodes traditionnelles
Le calcul des volumes d'un gisement se fait d'abord à partir de limites explicites
fournies par la géologie et les teneurs des échantillons, suite aux travaux de géologie,
d'échantillonnage et d'interprétation décrits aux chapitres 5, 6 et 7. A l'étape minière, les limites
des chantiers établissent les volumes, toujours en relation avec le cadre géologique.
Le calcul des teneurs se fait par des méthodes d'abord simples, par moyennes
arithmétiques ou pondérées alliées à diverses techniques de projection et de pondération des
teneurs d'échantillons ou d'intersections aux volumes établis. Ces diverses méthodes, dites tradi-
tionnelles, seront décrites et évaluées plus loin.
B) Géostatistique
Les efforts pour appliquer la statistique aux données géologiques et aux estimés des
gisements pour améliorer les méthodes d'estimations traditionnelles ont amené à reconnaître,
qu'en général, ces données ne sont pas distribuées de façon aléatoire mais montrent une auto-
corrélation. Cette caractéristique a amené le développement de la géostatistique, axée sur la
variable régionalisée. Les méthodes de la géostatistique se sont ajoutées aux outils d'estimation
des gisements, mais en introduisant une approche qui est souvent synthétique par contraste à
l'approche analytique et déterministe des méthodes traditionnelles.
L'A propos de cette section repose sur la différence fondamentale qui existe entre la
teneur de rentabilité (ou teneur d'exploitation) et la teneur marginale considérée comme teneur
de coupure :
la teneur moyenne exploitée doit fournir un certain profit par tonne usinée la
teneur minimum exploitée doit faire ses frais... (Mortimer63, 1950)
A) La teneur de coupure
La teneur de coupure est, selon cette définition, un concept général qui peut s'appuyer
sur n'importe quel critère, qu'il soit d'ordre géologique, géostatistique, économique, ou autre.
Taylor fait dans ce texte une revue élaborée de l'évolution du concept de teneur de coupure.
L'évaluation des gisements s'appuie sur la teneur de coupure comme jalon et repère
pour toute évaluation, même lors des premiers inventaires d'un gisement. A ce stade, on utilisera
des teneurs de coupures d'ordre conceptuel ou basées sur des gisements de type ou d'allure
similaire. L'estimation des ressources minérales se fait à partir de considérations géostatistiques,
pour établir des contours/limites à partir de la distribution "naturelle" des valeurs, ou encore en
vue de choisir ou d'exclure des blocs. Lors de l'estimation des réserves, le concept de teneur de
coupure prendra plus de complexité, lorsqu'on l'appuiera en plus sur des considérations
d'ingénierie et d'économique.
La teneur de coupure supérieure, appliquée à des analyses ou des blocs pour corriger
à la baisse les hautes valeurs considérées comme erratiques, n'a aucune relation directe avec la
teneur de coupure dont nous venons de discuter. Cette pratique traditionnelle reliée à l'estimation
des teneurs tend à être remplacée par des corrections statistiques ou géostatistiques.
B) Teneur marginale
C) Teneur de rentabilité
La teneur de rentabilité d'un gisement ou d'un bloc minéralisé est la teneur où la valeur
réelle des substances minéralisés couvre le prix de revient de la production vendue, augmenté
de la valeur du coût d'option(17. Il va sans dire que la teneur de rentabilité est par définition
différente de la teneur coupure qui lui est associée, puisque la teneur de rentabilité s'appliquera
sur la moyenne d'un gisement ou d'un chantier, ou sur les objectifs de production d'une période
donnée.
17 Le coût d'option est le profit minimum acceptable compte tenu du risque). C'eIl
détermine la teneur palier minimum exigée pour une exploitation rentable (ou ta teneur
d'exploitation de Mortimer, cité ci-haut)
Les chapitres 5, 6 et 7 ont traité des aspects géologiques de l'estimation des gisements.
L'importance de la collecte, de la vérification et de l'interprétation systématiques des données et
de la modélisation du gisement ont été soulignées à plusieurs reprises.
Le gisement type est connu par des échantillonnages systématiques, en général des
forages sur une maille régulière. Dans le cas des gisements d'or, l'évaluation des réserves
s'appuiera également sur des échantillonnages miniers, à cause des difficultés causées par la distri-
bution pépitique de l'or. La dimension de la maille est un élément essentiel de l'évaluation de
l'information disponible sur un gisement. Cette question est discutée plus longuement à la section
7.4 avec celle de la dimension des blocs.
A) Largeur
Plus une zone est étroite, plus l'influence de la surface limite est importante.
Visualisons un gisement filonien de 1.5 mètre de largeur et dont la limite de teneur ou la limite
minière est imprécise. Si l'exploitation était accompagnée d'une dilution mécanique des murs
adjacents, chacun contribuant 0.3 mètre de roche stérile, ceci constituerait une dilution de 40%.
Une veine de 3.0m de largeur, affectée du même apport de 0.3m de roche stérile provenant de
chaque mur, ne serait affectée que de 20% de dilution mécanique.
B) Longueur
Les dimensions relatives des grands axes d'une zone minéralisée tabulaire influencent
directement les marges d'erreur à maille donnée. Imaginons une zone tabulaire et rectangulaire
de 100m de longueur et de profondeur indéfinie, forée au 20m; les zones mal définies aux
extrémités du gisement constituent 20% du volume. Cinq sections au 20m couvrent 80m) et le
20m additionnel est constitué des demi-longueurs projetées à chaque extrémité(18. Pour un
gisement similaire de 200m de longueur foré sur la même maille, la zone mal connue constituera
seulement 10% du volume du gisement. Si la zone est lenticulaire et équi-dimensionnelle dans
deux dimensions, le même phénomène se produirait également au sommet et à la base, donc la
zone "marginale" constituerait respectivement 36% et 19% du gisement pour les dimensions de
100m et de 200m. Cette relation pourrait être reliée avec les statistiques de Grenier (1964) sur
le plus haut taux d'échec des mises en production des petits gisements (sect 3.4).
Dans la pratique, les méthodes traditionnelles ne pourront que classer les blocs
périphériques dans une catégorie "inférieure", sur la base de l'appréciation de la situation décrite.
Dans les estimations géostatistiques, les marges d'erreur calculées sur les teneurs des blocs
périphériques seront plus importantes.
Les méthodes traditionnelles d'estimation des gisements sont axées sur la mesure du
volume selon des blocs de diverses formes géométriques et l'attribution à ces volumes, selon
diverses méthodes de pondération, de teneurs d'échantillons situés dans ces blocs ou à leur péri-
phérie. La mesure du volume se fait après une modélisation des données géologiques, struc-
turales, minéralogiques et chimiques. Le calcul des masses se fait trop souvent à partir d'un
poids spécifique global, même quand ce paramètre varie beaucoup à travers le gisement.
Les calculs des volumes se font surtout par les méthodes des sections longitudinales, des
sections transversales, des triangles et des polygones. Les méthodes des courbes d'accumulation
et des surfaces de tendance sont moins utilisées. Depuis la popularité des méthodes géostatisti-
ques, on ne compte plus les cas types de comparaisons entre les estimations par les méthodes
traditionnelles et les estimations géostatistiques.
A) Section longitudinale
APPRÉCIATION: La valeur des estimés qui résultent de cette méthode est affectée par
l'interprétation des effets de zone. Il est essentiel d'orienter les zones d'influence d'après les
alignements ou les plongées géologiques. Les évaluations de volumes peuvent être exagérées par
la forme rectangulaire des blocs d'estimation.
B) Sections transversales
Les sections transversales sont l'outil de travail approprié aux amas, aux gisements
complexes, aux veines multiples. Avant l'informatique, les sections transversales constituaient
le dossier de base (le grand livre) de l'information géologique et minière et elles demeurent l'outil
principal de travail. Idéalement, les sections sont placées à la perpendiculaire des alignements /
structures et correspondent aux plans des forages inclinés. Les sections permettent l'interprétation
des structures géologiques, la mise en plan des galeries minières et des chantiers projetés et des
chantiers excavés.
L'estimation des volumes minéralisés se fait en général par des surfaces projetées sur
les demi-distances aux sections adjacentes. L'estimation des teneurs des blocs se fait
généralement par attribution des teneurs des intersections centrées dans les blocs.
APPRÉCIATION: L'estimation des volumes par les sections donne facilement des
estimés surfaits quand les surfaces minéralisées varient en importance d'une section à l'autre.
Il s'agit d'un effet géométrique simple car les contacts obliques sont remplacés par des volumes
irréguliers, dont les arêtes amènent à exagérer les volumes réels. Cet effet est d'autant plus
marqué que les différences de surface sont grandes entre deux sections voisines.
C) Triangles / Polygones
Les méthodes de calcul des volumes minéralisés par triangles et polygones s'appliquent
typiquement à des amas, à des zones tabulaires très épaisses. Elles s'appliquent également sur
un plan longitudinal pour délimiter les zones d'influence. Ces méthodes diffèrent par la façon
d'attribuer les zones d'influences aux divers forages ou aux points d'échantillonnages.
Dans la méthode des triangles, ces surfaces sont tracées en reliant les points
d'échantillonnage, les forages: chaque zone ainsi délimitée est pondérée par les valeurs à ses
sommets, en utilisant souvent les demi-bissectrices pour délimiter les zones d'influence des
échantillons.
APPRÉCIATION: Les polygones ont tendance à surestimer les tonnages, pour des
raisons similaires à celles décrites pour les sections transversales, soit l'exagération des arêtes ou
pointes lorsque des discontinuités se rencontrent. La précision de l'évaluation des teneurs est
également variable dans ces deux méthodes. De plus en plus elles sont remplacées par les
techniques géostatistiques et les cas types de comparaison des estimés entre ces méthodes
pullulent.
La technique des surfaces de tendance est une variante plus sophistiquée des courbes
d'isoteneur ou d'isoaccumulation. Diverses variantes font l'objet d'essais d'application aux
gisements. Il s'agit d'appliquer des surfaces obtenues mathématiquement, généralement de
caractère polynomial, aux données d'échantillonnages.
La principale lacune des méthodes de calcul traditionnelles est que les paramètres de
calcul et les marges d'erreur sont axés sur l'expérience pratique, sans possibilité d'appui
statistique réel. Ces méthodes ne permettent donc pas d'estimation a priori de la précision, ni
du calcul du volume, ni du calcul de la teneur.
Toutes les méthodes traditionnelles de calcul des teneurs dépendent d'une hypothèse
fondamentale: "qu'il est justifié de projeter la zone d'influence à la mi-distance de la maille
d'échantillonnage autour de l'échantillon". Cette hypothèse a été modifiée empiriquement par
l'application des méthodes de pondération de l'influence en fonction de la distance, ou de groupes
d'échantillons.
d'or d'une zone. Les méthodes traditionnelles d'estimation ne peuvent traiter directement ce
problème. L'expérience accumulée en exploitation amène à établir des facteurs de correction,
telle la correction des hautes valeurs qui sont ramenées à une once d'or à la tonne courte, par
exemple.
Les échantillonnages miniers sont souvent utilisés dans les gisements filoniens, lorsque
les minéralisations d'or ou d'autre métaux précieux montrent une dispersion des valeurs telle que
les échantillonnages linéaires paraissent insuffisants pour assurer l'information requise. Dans ce
cas, on complétera la mise en valeur par des travaux et des échantillonnages miniers (section 5.2).
Cette stratégie est également utilisée dans d'autres gisements filoniens, tels ceux de molybdène,
d'étain, etc.
B) Méthode d'estimation
Les zones d'influence établies par toutes les méthodes traditionnelles de calcul ne
peuvent être évaluées, sauf à posteriori, quant à la véracité de l'hypothèse de projection. Parfois
la teneur calculée pour un bloc n'est établie qu'en référence à un seul échantillon ou qu'à une
seule intersection et ne tient pas compte de l'influence des échantillons adjacents. Parfois, l'esti-
mation des teneurs se fera à partir de pondérations empiriques, ce qui n'est pas une procédure
optimale pour l'estimation des blocs individuels.
Les facteurs de correction utilisés sont des facteurs de sécurité fondés sur l'expérience
globale, qui justifient la correction des hautes valeurs pépitiques par le rendement minier (qui
comprend cependant pertes et dilution minières). Ces corrections d'expérience ne sont pas néces-
sairement appropriées aux zones individuelles ou aux gisements différents. Aux stades initiaux
de l'évaluation d'un gisement, ce ne sont que des facteurs approximatifs.
Ces problèmes sont plus aigus pour l'or mais ils sont présents pour d'autres métaux.
Le Guide cite, comme exemple de distribution irrégulière d'un métal plus abondant, les veines
secondaires de chalcopyrite, qui, dans les gisements volcanogènes de métaux usuels d'Abitibi, se
situent après remobilisation dans les fractures de tension perpendiculaires à la stratigraphie, mais
parallèles à la course des sondages. Cette distribution des minéralisations amène des problèmes
d'estimation décrits dans Vallée, Belisle, David, (1976).
Cette section présente une revue sommaire des diverses étapes de l'estimation d'un
gisement et des aspects géologiques et géostatistiques de ces inventaires. Les procédures
géologiques décrites ici s'appliquent également dans le cadre des méthodes traditionnelles
d'estimation.
L'estimation d'un gisement est d'abord un inventaire géologique appuyé par les
techniques géostatistiques. Pour les inventaires des ressources minérales délimitées, ou gisements
délimités, l'information demeure essentiellement de nature géologique. L'estimation des réserves
des gisements s'appuiera de plus sur les aspects d'ingénierie et d'économique de l'exploitation
minière.
7.3.2 INFORMATISATION
des logiciels dont dépendront le calcul des réserves et la planification minière. Un relevé récent
de Champigny et Grimley65 fait le point sur l'application des méthodes informatisées à
l'estimation des réserves de minerai des exploitations minières. Le lecteur intéressé pourra
consulter les comptes-rendus de l'Atelier sur l'utilisation des ordinateurs en exploration et
exploitation minière (CAME, 1990) pour des exemples additionnels.
Cette opération commence par l'interprétation des données géologiques sur sections
verticales et plans, pour expliciter toutes les continuités (et discontinuités) géologiques
minéralogiques et structurales. Les informations géophysiques qui peuvent être utilisées dans un
mode quantitatif, pour l'établissement du cadre géologique du gisement, seront également utilisées
lors de cette étape (voir la section 4.3.4, qui traite de la cartographie géophysique).
24 -
MINE DOYON
Zone 1
21
18
15 -
12
0.1 n n
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
TENEUR Au (g/t)
Fig. 7 . 1
24
MINE DOYON
21 - Zone 2
18
15
12 -
6 -
3 -
0.1
3 4 5 6 7 8 9 10
TENEUR Au (g/t)
Fig.7 2
Quand on entreprend l'étude d'un gisement, il faut s'assurer d'abord de considérer des
zones homogènes. Si l'on a des indications de la présence de plusieurs h& ologies, de zones
d'altérations ou de plusieurs patrons de minéralisation, on commence par les séparer, quitte à
les regrouper ensuite s'il appert que les différences statistiques sont négligeables. Il faudra
prévoir cependant autant les variations minéralurgiques (sect. 9.5) que les variations des teneurs.
L' interprétation de ces diverses informations doit être poursuivie de façon systématique,
comme le décrit la section 4.5. Ce systématisme doit d'abord s'exercer sur chacune des sections
(ou plans) et ensuite dans l'établissement des continuités géologiques géométriques d'une section
à l'autre. Un deuxième palier d'établissement des continuités et des éléments de cohérence
consiste dans l'interprétation de la géologie et de la minéralisation sur des plans (ou sections) dans
la troisième dimension du gisement.
Les gisements de caractère disséminé se situent en général dans ce type secondaire. Les
gisements de type veine qui sont constitués d'unités individuelles de faible dimension et/ou de
disposition irrégulière peuvent également être de ce type. La détermination des limites pratiques
de ces gisements sera particulièrement laborieuse et ceux-ci exigeront la plupart du temps des
méthodes d'exploitation sélective (chapitre 8).
Selon que les basses teneurs se retrouvent à l'intérieur des zones en auréoles autour des
coeurs minéralisés, ou parsemées à l'intérieur des zones minéralisées, on devra avoir recours, ou
non, à un krigeage d'indicateur(19 aux étapes ultérieures.
Les interprétations sur les sections sont ensuite digitalisées et un modèle de blocs
approprié au volume du gisement est créé pour travailler en 3D, ou un modèle de surfaces sur
section longitudinales pour travailler en 2D. On regardera l'histogramme des échantillons de
taille compatible avec la taille des blocs estimés. Ces échantillons seront dégroupés pour ne pas
biaiser les statistiques, en général du côté trop riche. (Figure 7-5)
L'irrégularité des limites des gisements peut être exprimée au moyen de diverses
fonctions géostatistiques. On peut ainsi faire le variogramme des épaisseurs. Ces mesures
auraient plus de valeur diagnostique pour les gisements minces que pour les amas.
On recalculera les teneurs des composites en intervalles égaux, disons 1.5m dans les
gisements filoniens au Québec, 5m dans les gisements en amas de forte taille, ou on choisira une
autre dimension appropriée. Les teneurs de coupure seront appliquées à ces composites.
B) Maille irrégulière
Les données seront souvent plus abondantes dans une zone riche que dans la zone plus
pauvre qui l'entoure. Il faut s'assurer, pour calculer les statistiques, que les données soient à peu
près régulièrement distribuées. La maille de la distribution des sondages à Mine Doyon, à la
figure 7-6 est acceptable, tandis que celle de la figure 7-3 ne l'est pas.
19
En résumé, la méthode de l'indicateur consiste pour le géologue faisant l'estimation
géostatistique à attribuer à l'échantillon une valeur de 1 ou 0, selon que la teneur est
au dessus ou non de la teneur de coupure de la minéralisation.
fL~ Limite
Sondage
Fig.7.3
PONDÉRATION DE LA
GUIDE DEVALUATION DISTANCE : MOUNT ISA
Mount I sa
Interprétation par krigeage
sur section verticale
Limite du minerai
Sondage
Stérile Socle Section
Fig.74
KRIGEAGE
GUIDE D EVALUATION MOUNT ISA ~
MINE DOYON
k•
totessiareho
m hs
odibliestoirtositex.
m
Irevvresseew s,
ikrasteatini
4414111111117
+
Fig. 7. 5
DISTRIBUTION TYPE
GUIDE DEVALUATION DES FORAGES
MINE DOYON
Zones t et 2
f
f ZONE 2
t
4 +
+
t t
f +
+ +
+ + +
4
+
t
6700- t 4.
+ - 6700
+
•
t
4 + 1- +
f + t ~ t
i t
t
1+ t ' ~
+
t I
+ ++ t
+ t
t
t +
+ +
+
+ 4
+
-1-
660 0 66 00
3400 3500 3600 3700
Fig.7.6
DISTRIBUTION TYPE
GUIDE DEVALUATION DES FORAGES
Méthode d'évaluation
C) Teneurs monstres
Le traitement des teneurs monstres est complexe. D'une part, une estimation globale
du gisement est recherchée; d'autre part, les résultats des estimations seront des teneurs moyennes
applicables aux blocs d'estimation du gisement qui devront être réalisables en exploitation. Les
teneurs monstres doivent être atténuées dans ces calculs. Différentes procédures sont disponibles
pour ce faire. Par exemple, on appliquera à ces teneurs monstres une teneur de coupure haute
qui servira pour le krigeage. Une autre solution élégante est le krigeage d'indicateurs qui "dilue"
l'influence des teneurs monstres sur tout le gisement et non seulement sur les blocs proches de
ces teneurs très hautes (Fytas, 198967. Le choix de la méthode de coupure appropriée est
l'objet de beaucoup de discussions. Les questions fondamentales suivantes demeureront
présentes: "Quelle portion du contenu métal du gisement est de fait représentée par les
teneurs monstres rencontrées? Est-ce que la méthode utilisée pour l'estimation des bloc
respecte l'estimation de l'ensemble?"
D) Types d'échantillons
A) Les anisotropies
On a en général une idée des directions principales d'un gisement. On calculera d'abord
le variogramme dans trois axes principaux afin d'établir les anisotropies. Si la distribution des
teneurs est proche d'une lognormale, on calculera le variogramme logarithmique que l'on
convertit par la suite en variogramme relatif pour le krigeage.
Pour calculer le variogramme, on choisira un intervalle entre les paires qui soit égal
à la distance moyenne entre les trous ou les composites le long des trous. On ne calculera pas,
en général, de variogramme pour une distance dépassant 8 à 10 intervalles. L'angle de
régularisation sera de 22.5° s'il y a assez d'échantillons (100). Un angle de 180° est utile pour
une meilleure définition de l'effet de pépite qui est le paramètre le plus important mais aussi le
plus difficile à établir. La détermination de l'importance de l'effet de pépite est directement reliée
au choix des méthodes d'échantillonnages. Un effet de pépite important et une distribution quasi
aléatoire des valeurs font partie des justifications des échantillonnages miniers en vrac.
Le Guide rappelle que plusieurs autres types de variogrammes peuvent être utilisés si
ceux qui sont cités ici ne répondent pas aux besoins particuliers: élimination des teneurs monstres
extrêmes, indicatrice, rang. On peut également calculer des covariances et/ou des cor-
rélogrammes.
B) Paramètres et modélisation
La définition des paramètres peut se faire graphiquement mais c'est beaucoup plus facile
de façon interactive. On se souviendra que tous les variogrammes ajustés dans différentes
directions font partie du même modèle, ils doivent avoir le même effet de pépite. On utilisera
aussi le même palier quitte à remplacer une anisotropie zonale par une deuxième composante
sphérique avec une portée extrêmement longue qui donnera le même effet.
Souvent, dans un gisement tabulaire ou un amas foré par des sondages perpendiculaires
aux grands axes, la seule dimension dans laquelle des informations concrètes détaillées sont
disponibles pour établir un variogramme détaillé des minéralisations est l'axe des sondages qui,
en général, recoupent les structures. Les informations dérivées dans la deuxième et la troisième
dimension du gisement, dans l'axe et dans la plongée des structures, n'ont pas la même valeur
factuelle puisqu'elles s'appuient sur la maille plus large des sondages. Il faut donc, dans les
étapes ultérieures de développement, garder à l'esprit la nécessité de compléter la base de données
par des échantillonnages dans ces axes.
7.3.7 LE KRIGEAGE
On évitera de kriger des blocs trop petits. Ces blocs seraient alors trop nombreux, ce
qui complique l'estimation, mais surtout, ils s'éloignent trop de la maille d'échantillonnage. Les
marges d'erreur ainsi calculées sont trop grandes, puisqu'elles augmentent quand la taille des
blocs diminue. Enfin, le fait de calculer des blocs plus petits qu'il n'est justifié par
l'échantillonnage peut donner une fausse impression de sécurité, particulièrement au personnel
minier, surtout si on ne tient pas compte de la marge d'erreur de ces blocs (section 7.4).
Une fois que l'on a exécuté les travaux décrits ci-haut, la compilation des inventaires
des gisements délimités et/ou des réserves de minerai devient un travail relativement simple. Il
s'agira de compiler les masses des blocs (volumes par poids spécifique) et leurs teneurs et marges
d'erreur en tenant compte des limites géologiques préétablies. L'estimation des réserves a débuté
à partir d'une enveloppe définie d'après des considérations géologiques. En l'absence de limite
géologique, le choix de la limite du gisement ou du chantier ne doit pas être abandonné à
l'ordinateur. Les responsables devront revoir en détail les blocs périphériques, pour établir cette
limite dans une perspective d'établir des continuités plausibles, surtout lorsque des intersections
très riches et isolées sont rencontrées. Avec les techniques géostatistiques actuellement utilisées,
l'incertitude sur l'enveloppe, donc sur le tonnage, se verra par les marges d'erreur plus fortes des
blocs périphériques.
D'ordinaire, cette incertitude n'est pas chiffrée directement. Le Guide rappelle que,
dans le contexte minier, la détermination de l'incertitude de l'enveloppe est, au delà de la
géostatistique, directement reliée aux problèmes de sélection minière et de contrôle de la qualité
qui seront rencontrés à l'extraction minière (chap. 9). L'étape finale de la compilation des
inventaires est la vérification des résultats. Ce sujet est traité en section 7.7.
L'efficacité dans les inventaires demande de clarifier les relations entre la maille
d'information, les blocs d'estimation et les marges d'erreur. Ces éléments sont directement reliés
aux critères de classification des ressources et des réserves établis dans le chapitre 3 du Tome III.
Il va sans dire que tous les stades d'évaluation des gisements, particulièrement l'établissement des
réserves et tous les critères ad hoc, s'orientent vers l'exploitation éventuelle.
Le gisement type est connu par des forages et autres échantillonnages systématiques,
placés sur une maille en principe régulière. Dans le cas des gisements d'or, l'évaluation des
réserves s'appuiera souvent sur les échantillonnages miniers, à cause des difficultés causées par
la distribution pépitique de l'or. La dimension de la maille est un élément essentiel de
l'évaluation de l'information disponible sur un gisement.
A) Évolution de la maille
La maille large des premiers sondages de confirmation au stade 4 est réduite par étapes,
lors des stades qui suivent, pour améliorer la probation géologique. La première maille de
sondages est en général choisie en fonction de la dimension estimée de la zone cible. Comme
règle empirique, on cherchera en général à recouper une zone cible par environ 4 à 5 sondages
sur sa longueur. Le choix des mailles offre peu de flexibilité puisqu'on procède en général, pour
passer au stade suivant de valorisation géologique, en réduisant l'intervalle de moitié (20. Les
considérations d'ingénierie minière et minéralurgique et les exigences de l'exploitation
contribueront également à justifier des mailles de plus en plus serrées.
B) Mailles types
Des mailles de gisements de dimensions variées, qui sont exploités à des rythmes variant
de 700 à 3,000 tonnes par jour, sont présentées dans le tableau 7-1. Des mailles types
successives seront, par exemple, de 60m, 30m, 15m, 7.5m (200, 100, 50, 25pi), ou plus
rarement de 80m, 40m, 20m, 10m, 5m.
On voit que, dans ces exemples, la maille de probation varie de 15 à 7.5m, en fonction
de la dimension des gisements. Lors de la mise en valeur et au début de l'exploitation c'est
l'expérience empirique accumulée dans des gisements similaires qui permettra ce type de
jugement. Dans chaque cas, la dernière maille est la maille acceptée pour classifier le matériel
20
Il serait possible de réduire la dimension de maille au tiers, mais cela est très
rarement fait.
comme "Prouvé Classe II" ou "Prouvé par forages". La catégorie "Prouvé Classe I" ou "Prouvé
développé" est atteinte après les développements miniers: coupes horizontales, monteries et
échantillonnages. Trop peu d'entreprises minières explicitent ainsi les paramètres concrets et le
niveau de certitude sur lesquels elles s'appuient pour la classification des réserves.
TABLEAU 7-1
MAILLES TYPES
21
(1) Décision d'exploitation à partir de cette maille, avec information plus détaillée
et contrôle additionnel en fosse.
15 à 30 m., qui sont facilement accessibles et dont les teneurs justifieraient l'exploitation. La
maille standard de forage de 15 m ne donne tout simplement pas un nombre suffisant d'inter-
sections (minimum de 3 dans l'horizontale) pour l'évaluation de ces zones en cheminées. On
resserrera alors la maille d'évaluation des sondages à 7.5 mètres pour de telles zones, avant
d'entreprendre des travaux de mise en valeur par galeries, avec échantillonnages et cartographie
détaillée.
22
La moyenne des écarts types est la racine carrée des carrés des écarts types (ou la
racine carrée de la somme des variances) .
A) Estimation globale
Par exemple, selon les techniques des analyses de sensibilité, les marges d'erreur
obtenues par des calculs de précision sur des blocs de dimensions décroissantes serviront à
trouver la dimension de bloc à partir de laquelle la marge d'erreur devient excessive. De
même, les chiffres des marges d'erreur indiqueront si les blocs choisis pour les simulations
minières sont d'une dimension appropriée.
D) Volumes repères
L'estimation des réserves doit se faire, par définition, en vue de l'exploitation minière,
dans une perspective plus large que celle de la mise en valeur. Beaucoup de confusion vient
du fait que la planification et l'exploitation minières s'appuient sur divers volumes repères qui
ne sont pas toujours des blocs d'estimation. Il serait utile d'énumérer tous les volumes repères
reliés aux besoins d'estimation et de planification d'une exploitation minière.
EXPLO I TA TION
AMÉ NAG EMENT
• i
STADE DU DÉVELOPPEMENT
Fig.7. 6A
DIAGRAMME, GÉNÉRALISÉ:MARGES
k GUInF n'FVA! f1Q7inN n FRRFIIR n FSTIMeTI(1N
Méthode d'évaluation
Ces volumes repères se regroupent dans les types suivants: blocs d'estimation (BE),
blocs de cédules et budgets (CB) et blocs de planfication et contrôle minier (CM). Voici
comment ces blocs se distinguent:
1) la réserve globale du projet (BE, CB),
2) les gisements / lentilles individuels (BE);
3) la réserve requise pour assurer la période de remboursement bancaire (pay-back)
dans le cas de mise en production ou d'expansion majeure (CB);
4) la réserve requise pendant le cycle de développement de la mine (pour le temps
de développer de nouvelles zones, de développer les chantiers, etc.) (CB);
5) la réserve qui sera exploitée l'année prochaine, le plan et le budget qui en
découlent (CB);
6) le bloc minimum de planification minière lors de l'étude de faisabilité du stade
8 (BE) (CM);
7) le volume minimum qui peut faire l'objet de sélection par l'opérateur dans la
méthode utilisée pour un chantier donné (BE, CM));
8) le minerai planifié pour exploitation le mois prochain (CB, BE);
9) le minerai exploité dans les prochains jours (CM).
L'item 3) est associé à la quantité de minerai qui devrait être de calibre "Prouvé
Classe I et II" et "Probable Classe I" au moment de la mise en production. Les item 6 et 7 sont
reliés: ces dimensions varieront selon les méthodes minières, selon les caractéristiques du
gisement et selon la maille d'information disponible. Le Guide suggère de s'orienter sur la
masse correspondant d une durée de un d trois mois de production (item 8) et sur le bloc de
planification minière (item 7) pour établir la dimension du bloc d'estimation des réserves
Prouvées au niveau de l'étude de faisabilité. Si par exemple le bloc de planification minière
utilisé était trop gros, les données minières et par conséquent l'étude de faisabilité pourraient
être peu réalistes quant aux marges d'erreur des teneurs lors de l'exploitation. Le prochain
chapitre, "Aspects miniers", élaborera sur les interrelations entre les méthodes d'exploitation
et les gisements et sur les aspects d'efficacité et de contrôle minier.
Le tableau 7-2 qui suit présente les définitions de catégories et de classes pour la
classification des réserves. Les critères sont formulés de façon objective en relation avec les
besoins de développement et de contrôle minier. Des marges d'erreur appuyées sur
l'expérience minière sont proposées au tableau 7-3. Cette classification peut donc être utilisée
même sans les marges d'erreurs et les limites de confiance obtenues par la géostatistique (voir
chapitre 3, Tome III u Guide).
Tableau 7-2
NORMES DE CLASSIFICATION
TABLEAU 7-3
MARGES D'ERREUR DES CLASSES DES RÉSERVES
Le Guide souligne en passant que, dans une mine polymétallique, les métaux usuels
peuvent être connus sur une maille d'information donnée à faible marge d'erreur, disons de +1-
10%, tandis que l'or pourrait n'être connu qu'à une marge d'erreur de disons 20%, à partir de
la même maille d'information et des mêmes échantillonnages. Il faudra donc présenter la marge
d'erreur pour chaque métal contenu. Pour simplifier la présentation de la précision de
l'ensemble du contenu métal, on utilisera une valeur composite, exprimée en dollars ou en
teneur équivalente d'un des métaux contenus.
Les deux formules sont équivalentes quand la variance d'estimation (ou sa racine
carrée, l'écart-type) est petite, puisque dans ce cas V est approximativement égal à S/T. Dans
le cas ou la variance ou l'écart type d'estimation est plus élevé, (SIT > 0.3), la première
approche tend à fournir des marges d'erreur relative un peu trop élevées. Si le modèle de
distribution des teneurs n'est pas lognormal, on devra peut-ètre déterminer la marge d'erreur
par des méthodes non-paramétriques, sans passer par un calcul de variance d'estimation.
A) Pour un amas
C'est la variance d'estimation de la moyenne qui peut être convertie en marge d'erreur
relative selon la méthode décrite plus haut.
Une veine dont les limites sont franches peut être estimée sur section longitudinale en
2 dimensions. Après avoir choisi une teneur de coupure pour les échantillons individuels, on
définira une épaisseur minéralisée et une teneur pour chaque forage. On prendra soin d'obtenir
une épaisseur horizontale et la teneur est celle de l'intersection. On aura alors un plan
longitudinal des points centres de chaque intersection. Avant de calculer les statistiques, on
prendra soin de vérifier la présence de hautes teneurs et, si présentes, d'appliquer une coupure
appropriéeC23 pour éviter de biaiser les histogrammes et les variogrammes. Également, si la
densité de forage est irrégulière, on dégroupera les trous. Toutes les intersections enlevées pour
le calcul des statistiques et des variogrammes seront remises pour le krigeage.
23 Voir section 8.3.3, Analyse statistique détaillée et 8.3.5, Choix des échantillons.
Pour établir la marge d'erreur de l'estimé de la teneur moyenne d'un bloc, il suffit
d'effectuer l'estimation par krigeage comme il a été décrit plus haut. En plus de l'estimé, le
krigeage fournit la variance d'estimation. Si on fait du krigeage logarithmique, ce sera une
variance d'estimation logarithmique, tandis que si on fait du krigeage ordinaire, ce sera une
variance d'estimation absolue. Lorsqu'on réduit la dimension des blocs, la marge d'erreur
globale ne change pas, mais la marge d'erreur de la teneur obtenue dans un bloc déterminé
augmente.
Pour les fins de cette analyse, David utilise le terme dilution au sens large, pour
regrouper les erreurs d'estimation, les pertes, la dilution par le stérile engendrée par l'extraction
minière. Il propose des méthodes pour utiliser la variation statistique de l'estimation des blocs
à partir des échantillons pour évaluer cette dilution.
Ainsi, un facteur d'erreur probable peut être calculé au moment du calcul des réserves
et devrait servir à orienter la planification de l'exploitation: deux méthodes minières différentes
doivent être évaluées et comparées sur cet aspect. Le facteur d'erreur possible dans l'extraction
est un facteur qui devrait être utilisé dans les études de sensibilité de la rentabilité de l'exploi-
tation minière proposée. Les échantillons en vrac et les essais d'usinage vont permettre de
minimiser les facteurs d'erreur, sans les éliminer tous, cependant.
C'est la raison pour laquelle nous cherchons à obtenir des échantillons dans les autres
axes par les travaux d'échantillonnages miniers: la direction des galeries dans l'horizontale,
celle des monteries dans la verticale. Ce seront les données de cartographie géologique celles
des échantillonnages: soit des rainurages(24, soit des échantillons des camions, soit des échan-
tillons des volées. Dans la verticale, les monteries pourront être échantillonnées par des
rainurages et par les volées (voir la section 7.3).
Les échantillonnages en vrac sont souvent requis dans la mise en valeur des gisements
d'or, pour aider à résoudre les difficultés d'estimation de la teneur d'or quand on rencontre une
distribution pépitique du métal, une géométrie particulièrement complexe, ou qu'on anticipe des
problèmes minéralurgiques à partir des essais. Ils permettent de vérifier les marges d'erreur
calculées à partir des échantillons linéaires, de surface ou de roche cassée. (sect. 5.3 et 7.3).
Une fois ces nouvelles informations obtenues il faudra les réconcilier avec les estimés
obtenus à partir des sondages et autres échantillonnages linéaires, en comparant les résultats
24
Le chapitre 5 commente la confiance surestimée que l'on prête en général aux rainurages
comme méthode d'échantillonnage.
toeONçt- NES
100
W03
— 021
0c•006
9
0 20
0 19
0 18
~
— 0 17
— 0 16
— 0.15
02
1
03 0.4
I
0.5
1---i•
0.602
8 12 16 20 24 28 32 36 40 in
8 2 = X=X x X(x10 1
Q eZ MOYENNE AU
DESSUS DE
LA COUPURE
0.07
la/4U308)
0.06
0
0.05 09
08
0.04 07
06
0.03 05
04
0.02 0 ]
0 2
0 01 C
~
O 12 0 14 0 16 018
%U308
3 6 9 12 m
TENEUR DE COUPURE
DIMENSION DU BLOC
' S DAVID , 19 88
D' AP RE
Fig.7. 7
Ces comparaisons devront être exhaustives et se faire sur tous les plans. Le Guide
a présenté (sect. 5.3.3) un exemple comparant les résultats de différentes méthodes d'échantil-
lonnages utilisées par Inco Ltée dans la mise en valeur d'un gisement aurifère. On y compare,
au moyen de variogrammes, les échantillonnages des volées après concassage avec les échan-
tillons prélevés des bennes des chargeuses et avec les rainurages. Cet article ne discute pas des
résultats d'essais en usine pilote cependant, comme le Guide le suggère dans le paragraphe
précédent. Lorsque de tels essais sont effectués, la comparaison avec les valeurs des autres
échantillonnages du gisement est essentielle pour celui qui doit prendre une décision.
L'utilisation des méthodes géostatistiques n'exclut pas des calculs parallèles par
d'autres méthodes. Au contraire, dépendant de la forme et de la nature de la (ou des) zones
minéralisée(s) sous étude, on choisira au moins une des méthodes traditionnelles pour un
premier essai de calcul des volumes, des masses et des teneurs. Cet essai s'appuiera sur le
modèle géologique et géométrique retenu comme le plus plausible. Les résultats de ce premier
inventaire serviront de repères et de comparaison par rapport aux divers calculs géostatistiques
et aux estimations bloc par bloc.
7.7.5 L'EXPLOITATION
Nous verrons dans les pages qui suivent trois cas types d'estimation dans des mines
en exploitation, celui de la mine Doyon de Cambior/Minerais Lac, celui de la mine McBean
de Queenston Mines Ltd et celui de la mine Chimo de Société minière Louvem et Cambior Inc.
Le lecteur intéressé pourra consulter les comptes-rendus de l'Atelier sur l'utilisation des
ordinateurs en exploration et exploitation minière (CAME, 1990) pour des exemples
additionnels.
Le gisement minier est connu par une maille de sondage de 15 mètres et considéré
comme "Prouvé" sur cette maille (ce serait du Prouvé Classe II selon les normes du Guide).
L'échantillon moyen est de 1.5 mètre environ mais varie en pratique selon les minéralisations
observées. Une description sommaire des dimensions de la maille aux divers stades de probation
de ce gisement a été fournie à la section 7.4. Le gisement est constitué de deux coeurs riches
entourés de minéralisations disséminées. Tous les échantillons pris à l'intérieur de ces limites
physiques sont considérés comme faisant partie du gisement. Les collets des trous utilisés sont
montrés sur la figure 7:3. Les échantillons originaux ont été regroupés en longueurs de 1.5m.
Une étude statistique des 2 zones prises individuellement ne montre pas de différence dans la
distribution statistique. La zone 1 et la zone 2 constituent un ensemble uniforme pour les fins
de ce cas.
Les histogrammes sont donnés sur les figures 7-1 et 7-2 et les distributions
cumulatives aux figures 7-8 et 7-9. Il s'agit de distributions lognormales typiques, montrant
cependant un nombre anormal de teneurs élevées. Pour faire les statistiques subséquentes, les
variogrammes, il faut corriger ces hautes teneurs individuellement, en les remplaçant par la
teneur qui aurait la même fréquence théorique (David, 1988, (55), figure 7-10. Puisque la
distribution est lognormale, il faut s'attendre à un effet proportionnel: sa présence se vérifie en
portant sur un diagramme par banc de 10m la moyenne et l'écart type des échantillons (figure
7-11).
1000 -
500
100 - •
50
10
S •
•
•
•
•
•
•
I I I 1 I 1 IIII I I I I
►
.01 .5 1.0 5.0 10.0 200 300 40.0 50.0 60.0 70.0 B00 900 950 99 5 99 9
MINE DOYON
Fig. 7.8
500
100
50
IO
1
1 I I I I 1 1 I I 1
01 .5 10 50 100 200 300 400 50.0 600 700 B00 900 950 99 5 99 9
MINE DOYON
Fig. 7 . 9
1000 —
500 — 394.3
3710
1851
/ 1800
i
102.9 ~ 75.0
loo — 91.5
~ '100
1000
60 0
69 0
50 / 580
/8 0
J S.%
10
5
/•
/e
1
r 1 1 1 1 1 I 1 r 1 ( I I I
.01 .1 .5 1.0 5.0 10.0 20 0 30.0 40.0 50.0 60.0 70.0 80.0 90.0 95 0 99 5 99 9
MINE DOYON -
Fig. 7.10
12 -
10 -
4-
MINE DOYON
2- O ZONE 1
ZL. ZONE 2
I I i 1
0 2 4 6 B 12
X ( g "'
Fig. 7.11
C) Les variogrammes
Il faut calculer les variogrammes dans les directions d'allongement du gisement, figure
7-12. Les directions de la lithologie et du pendage sont connues. On calculera ainsi un
variogramme dans la section longitudinale et on trouvera ainsi une direction principale qui
plonge à 55° avec une portée de 22m de longueur (figure 7-13). Perpendiculairement à la
direction de la zone tabulaire, la portée est de 9m verticalement et de 6m horizontalement.
D) Le krigeage
La réalisation à l'exploitation est une étape distincte de celles des estimés des réserves
et de la planification plus détaillée de la mine. L'expérience de l'exploitation en ciel ouvert à
la Mine Doyon,décrite à la section 9.6.2, a montré que des forages et échantillonnages addi-
tionnels et un suivi constant des informations obtenues étaient requis pour assurer le niveau
d'efficacité prévu dans les estimations.
NORD
66700
6560 0 X
3430.0 3660 0
EST
MINE DOYON
Fig.7.12
DIRECTIONS D'ALLONGEMENTS
GUIDE DEVALUATION _ 7n11411r I
(h)
I.6
1.2 —
~2
0.8 -
2
11 plan XY 7'
0.4 -
21 plan ZY 20'
3: plan XZ 55'
I I I I I I I I I I I I I ► I I
0 10 20 30 40 50 60 70 80
H (metres)
MINE DOYON
Fig.7.13
VARIOGRAMMES LOGARITHMIQUES
GUIDE D'ÉVACUATION — ZONE
(h)
r
3.2 -
2.4 -
2
CT
1.6 1
l~ plan XY 7'
08 2; plan ZY 20'
~
3; plan XZ 55'
courbe uJustee
— courbe corrigee
I I I T I I I I I 1 I I 1 1 1
0 10 20 30 40 50 60 70 80
H (rneires)
MINE DOYON
Fig.7.14
VARIOGRAMMES RELATIFS
GUIDE DEVALUATION -- ZONE I
Z' Z
22M.
1
1
6m.
1
1
1
1
1
Y
1
1
x'
7'
Y' X
MINE DOYON
Fig.7.15
Fi9,7.16
GUIDE DÉVALUATION
SYSTÈME
me' Vnlrr DE
• n-BLOCS
ZONE 1 ZONE 2
6111 6151 6701 4151 /PoI
4950 1951
I I I I 1 1 I 1 I I I I
t- ~
11 1 1 1 1
I I 1 1 1
9 .1 IS I+ 1112 z 2 1 3 3 .3 4 17 2
1
1)6 18+ 12) 1261 120 11
1
+ 7 I 6 6 9 0
1900 1 1 1 t_
I2 1 B I
1 51111\ .7 -) i.) .3 .3 .)Î 0 12 10 4
20\01
1 t 1 t t — —1- 1I --
2 01.,6 /1118)1) 120 I 4 ) 2 1 2 2 0 )) {2/ I7/ 67 122 I7 )
1 1 I I I I 1
I I 1
7 15 22 110 1 7 2 .9
.).+ A1 2 91.71 11 2 I 5 .1 2 0
I
11 111111 I 1 I l
1
61'1 1700 67 51 1 Bal
SECTION 3480
INTERSECTION BLOCS KRIGES - BLOCS MINES
ZONE I et 2
a 0 10 20m
MINE DOYON
Fig. 7.17
La mine McBean de Queenston Mines, située près de Kirkland Lake, est un ensemble
de veines qui a déjà été considéré comme un amas. Une exploitation à ciel ouvert était déjà
planifiée et il s'est agi d'établir la réserve à l'intérieur de la fosse jusqu'à l'élévation 10672: la
réserve a été calculée à 3,512,000 tonnes courtes.
A) L'information disponible
Les échantillons ont été recalculés en intervalles de 3 mètres pour une étude
comparative et pour des usages ultérieurs. Les histogrammes de chaque groupe d'échantillons
ont été établis. Il y a une coupure nette à 0.03 on/t Au pour chaque groupe de données. Les
statistiques des divers groupes sont comparables sauf pour les écaillages qui montrent une
moyenne beaucoup plus élevée. Ce dernier groupe n'a donc pas été utilisé dans les calculs, ce
qui n'a pas causé de carence importante dans l'information, puisque les secteurs couverts par
ces échantillonnages sont également couverts par des échantillons de roche cassée et par des
forages courts.
B) Le variogramme
C) Le krigeage
Le bloc de krigeage a été établi en fonction de la hauteur des bancs qui est de 11.6m
(38'), avec des dimensions latérales de 3.8 x3.8 m (12.5 x 12.5'). Le krigeage s'est effectué
à l'intérieur des limites fournies par l'opérateur. Le krigeage a dû tenir compte de l'élévation
1.20 —1
1.10 —
1.00 —
.90 —
.80
.70 —
.60 —
.50
.40 —
.30 —
30
90
45
.20 —
.10 —
0
40 80 120 160 200
Fig. 7.18
VARIOGRAMMES
GUIDE DEVALUATION MINE Mc BEAN
1.30 —
1.20 --
I.10
1.00 —
.80 —
.70 —
.60 —
.50 —
.30 —
.20 —
.1 0 —
40 80 120 160
Fig. x.19
VARIOGRAM MES
\ GUIDE D EVALUATION MINE Mc BEAN
9788. 9800. 99IIH 10880. 101611. 102M.
23208. - 202130.
23168.
202¢38.
19900. 19988.
19808. 19880.
19788. - 19780.
19608. 19808.
9700. j 9888. i 9988. ~ 108082 10108T Irma.
020
MINE Mc BEAN
Fig. 7. 20
du socle rocheux fournie par 59 sondages de surface, ce qui a permis de "contrôler" le sommet
des blocs situés à la limite du socle.
a) Variogrammes
b) Krigeage
(h)
v (h) 0.73
0.60
2.0
0.45
1.5
0.30
1.0
0.15
0.5
o I I 1 1 I I
o 10 !O 30 40 50 60 h
0 l0 20 30 40 60 e0 It
Fig 7-21: Variogramme des teneurs pondérées Fig. 7 -22: Semi variogromme des épaisseurs
Fig. 7.21-7.22
La marge d'erreur peut être calculée de manière approximative, ce qui est suffisant
pour nos besoins, en utilisant la méthode simple décrite au paragraphe 8.5.2. On trouvera que
la marge d'erreur d'un bloc de 10m x 10m estimé par une(1) seule intersection est de 50%.
On voit comme corollaire que la précision sur un bloc estimé par méthode polygonale est
inexistante, ce qui correspond à l'expérience de la mine. On a vu que l'estimation par krigeage
permet des estimés dotés de marges d'erreur relative de l'ordre de 25 à 30%.
Pour la classification des réserves, on superposera plutôt un plan des marges d'erreurs
des blocs érigés (de 10x10M) au plan des sondages. Dans la zone densément forée, on peut
choisir de dire que tous les blocs avec une marge d'erreur moindre que 30% seront des blocs
prouvés. Dans les zones périphériques, les marges d'erreur s'élèveront jusqu'à 60%. On
classera comme probables les blocs avec des marges d'erreur de 30% à 50%. On produit
ensuite un contour de ces précisions. Ceci définit les réserves prouvées et probables. Les
marges d'erreur de 30% à 50% se rapportent à des blocs de 10m. Ces marges d'erreur
diffèrent des marges d'erreur globales. En effet, la marge d'erreur globale calculée pour les
réserves prouvées est de 10.9%. A noter que les chiffres de marges d'erreur qui sont utilisés
dans ce cas type ne correspondent pas tous à ceux suggérés par le Guide au tableau 7-3.
Pour estimer la précision mensuelle à partir des blocs établis, on s'appuiera sur une
procédure simple qui fait appel au nombre de blocs extraits et à leur marge d'erreur. En un
mois on mine environ 10 à 20 blocs, la précision mensuelle variera donc entre 50%/J10 et
50% W20, soit de 15% à 11.2%. Ceci signifie qu'on peut s'attendre 1 fois sur trois à des
écarts de ce type. Dans ce cas-ci, comme dans la plupart, il faut des échantillonnages
additionnels pour assurer ce rendement à l'exploitation. Les chapitres 8 et 9 traitent des
interactions entre les résultats des estimations, de la sélection minière et du contrôle de
production. Les chiffres totaux des réserves sont:
130,980 tonnes prouvées à 4.38 g/t Au;
227,735 tonnes probables à 4.43 g/t Au.
Diverses techniques de krigeage ont été utilisées mais les méthodes de krigeage d'indicatrice
ont donné les meilleurs résultats selon ces vérifications.
7.9.1 PERSPECTIVES
L'estimation des réserves est difficile car on ne compte plus le nombre de cas où l'on
n'a pas retrouvé à l'exploitation la teneur prédite. La géostatistique permet d'évaluer la marge
d'erreur que comporte l'estimation des gisements et nous offre des méthodes pour la minimiser.
Les méthodes géostatistiques ont pris une large place dans l'estimation des gisements et, en
particulier, des gisements d'or. Même si la géostatistique est plus efficace que les méthodes
traditionnelles, ce ne sera probablement jamais une technique d'application facile. Son
application efficace demande un ensemble de conditions qui ne sont pas toujours présentes dans
la pratique courante.
Des procédures améliorées, axées sur les caractéristiques géologiques des gisements,
sur les procédés d'échantillonnage et sur une application judicieuse et systématique des
méthodes de calcul sont nécessaires. Ces procédures devront être complétées et calibrées par
les vérifications que permettent des cas types. Ces démarches nous assureront des estimations
plus proches de la réalité, estimations dont les marges d'erreur seront connues explicitement.
Plusieurs textes récents font le point sur la place actuelle de la géostatistique dans l'évaluation
des gisements d'or. Pour aider à situer l'évolution des pratiques d'estimation des gisements,
le Guide résumera deux enquêtes récentes.
Une série de questions portent sur la réalisation de l'estimation des réserves aux divers
stades soit le "target investigative" (stade 4), "target defining", (stade 5-6) et production (stade
10). Pour ces stades, l'estimation des réserves a été faite par des géologues/ingénieurs
géologues dans respectivement 49, 36 et 35% des cas, par une équipe multidisciplinaire dans
29, 32 et 38% des cas, par les ingénieurs de la compagnie dans 5, 6 et 13% des cas et par des
consultants, ou des consultants assistant le personnel de la compagnie, dans 17, 25 et 11% des
cas.
Selon cette étude, pour les trois stades considérés, plus de la moitié des compagnies
utilisaient plus d'une méthode: la méthode polygonale étant utilisée par plus de 46% des
compagnies, la méthode des sections transversales par 52%, les méthodes géostatistiques par
32% et d'autres méthodes (triangulaires, rapport inverse de la distance, surfaces de tendance
et autres) par 32%. Nombre de compagnies utilisent plus d'une méthode. On observe qu'en
moyenne moins de méthodes sont utilisées au stade de production, soit 1.41, qu'au stade de la
définition (1.78) ou au stade de la confirmation (1.65).
Champigny et Armstrong rapportent les résultats d'une enquête à laquelle ont participé
19 compagnies minières produisant environ 40% de la production mondiale d'or en 1988 dans
96 exploitations distinctes; de plus, ces compagnies détiennent 27 gisements à l'étape de
faisabilité et 15 projets aux stades initiaux (stades 4 et 5), qui sont inclus dans l'enquête. Dix-
sept des 19 compagnies utilisent, surtout depuis les dix dernières années, les méthodes géosta-
tistiques dans l'estimation des gisements d'or aux divers stades de la mise en valeur et de la
production minière.
Les méthodes traditionnelles d'estimation utilisées par les compagnies en parallèle avec
les méthodes géostatistiques sont: la méthode polygonale, les coupes transversales et les
méthodes de pondération en rapport inverse à la distance. On observe que la géostatistique
prend une place plus grande à mesure que les projets avançaient. L'accent demeure cependant
sur l'utilisation concurrente de plusieurs méthodes, comme procédure d'analyse, de filtrage et
de vérification des résultats des estimations de tonnage et de teneur des gisements. Le Guide
souligne cette constatation qui paraît d'importance dans la méthodologie d'évaluation des
gisements, plus particulièrement pour l'évaluation des volumes. Il n'y a pas cependant de
chiffre explicite dans cette étude sur le nombre de méthodes utilisées.
le krigeage ordinaire et le krigeage lognormal sont utilisés. Pour évaluer les réserves
récupérables(25, l'utilisation du krigeage probabiliste, du krigeage disjonctif et du krigeage
multigaussien a débuté. Le krigeage d'indicateur a été utilisé par plus de la moitié des
compagnies. Champigny et Armstrong considèrent que la possibilité d'utiliser cette technique
avec les logiciels développés pour le krigeage ordinaire contribue à étendre son application.
l'estimation des gisements d'or montrant une forte hétérogénéité géologique, une
géométrie complexe et des distributions de teneurs déformées (skewed);
l'estimation des réserves recouvrables et des teneurs locales;
l'estimation des niveaux de confiance globaux;
Tous ces sujets sont traités spécifiquement dans ce Guide, particulièrement l'influence
des facteurs géologiques, de la géométrie des gisements, des intervalles de confiance. Le
chapitre 9, qui traite des aspects minéralurgiques, abordera la prédiction des variabilités
minéralurgiques et des variations du rendement.
L'AXE DE L'INGÉNIERIE
CHAPITRE VIII
L'AXE DE L'INGÉNIERIE
Pour les aspects miniers, une attention particulière est apportée à l'optimisation par
une conception et une planification appropriées à l'efficacité désirée, aux besoins de contrôle
de la qualité dans l'exploitation minière. Pour les aspects minéralurgiques, les exigences de
l'échantillonnage des usines, du bilan du procédé sont soulignées.
Il n'entre pas dans les objectifs du Guide de décrire en détail les méthodes
d'exploitation minière habituellement utilisées au Canada ou ailleurs dans le monde. Des
informations sur ces sujets sont disponibles dans le Underground Mining Method Handbook
publié par la Society of Mining Engineers de l'American Institute of Mining, Metallurgical and
Petroleum Engineers (AIME) 74 et dans le Manuel d'exploitation souterraine publié par
CANMET 75. Un manuel de l'exploitation à ciel ouvert a également été publié par l'AIME.
Les aspects miniers d'un projet s'appuient sur le travail de l'ingénieur des mines et
de l'équipe multidisciplinaire qui l'entoure, pour la planification, l'évaluation et le choix de la
méthode d'extraction la plus appropriée aux conditions d'un gisement ou d'une zone, dans une
exploitation projetée ou en cours. Dans l'évaluation de la qualité du produit et du rendement
de l'exploitation, l'approche d'analyse rigoureuse du Guide l'a éloigné de la démarche
traditionnelle qui envisage la "dilution" de façon globale, comme l'ensemble des différences à
la baisse entre les réserves des gisements et les plans de production, d'une part, et les résultats
d'exploitation d'autre part. Cette approche synthétique ne permet pas les analyses des
phénomènes qui sont nécessaires, ni n'offre les outils requis pour optimiser les procédures, le
rendement et la rentabilité des exploitations.
L'évaluation des aspects miniers d'un gisement dont on poursuit la mise en valeur en
vue d'un développement minier éventuel se produit à des paliers successifs. Au stade 4, une fois
le gisement confirmé, se situe une première évaluation de caractère conceptuel, pour orienter
le caractère des travaux d'évaluation géologique que l'on envisage dans la phase suivante. A
la fin du stade 5 de définition du gisement, une évaluation plus quantitative des aspects miniers
sera faite en vue de planifier les prochains travaux. Le stade 6 développera les divers aspects
de l'ingénierie minière et minéralurgique du gisement. Les informations techniques ainsi
obtenues devront cependant être complétées par les études économiques du stade 7, pour le
choix de la teneur de rentabilité, de la teneur marginale et de la teneur de coupure.
L'établissement des réserves minières et l'étape finale de faisabilité s'appuieront sur l'ensemble
de ces informations. Au stade de la mise en production et de l'exploitation, un niveau
additionnel de planification plus détaillée sera requis.
A) Pertes et dilution
Les pertes de métal sont définies comme l'absence dans le produit payé de tout métal
présent dans le gisement minéral réel. Elles se produisent en particulier:
CHAMBRES PILIERS
CIEL OUVERT
CHANTIERS LONG-TROUS
CHAMBRE MAGASIN
COUPES ET REMBLAIS
AVOCA
SOUTIRAGE/ FOU DROYAGE
BLOCS FOUDROYES PLAN
D'EXPLOITATION
PLANIFICATION CONTROLE DE DES RESERVES
UALITE
POLITI QUE
DILUTION /D EXTRACTION GEOMECANIQUE SELECTIVITE
SELECTIVITE
PERTES VOLUME
CARACTERISTIQUES
FORME DES DE LA METHODE
CONDDITIONS
E GISEMENTS
TERRAIN
/CONTRAINTES OPTIMISATION
Fig. 8.0
B) Teneurs repères
C) Planification et réserves
retenu seront ajustés par un "facteur de dilution" réaliste qui, en principe, doit tenir compte de
la dilution mécanique et des pertes à l'exploitation minière proprement dite. Les réserves de
minerai qui résultent de ces travaux sont par définition des réserves minières: le terme
réserve implique faisabilité technique et économique et le terme minerai implique rentabilité.
26
L'efficacité globale inclut, outre le rendement tonnage, le rendement teneur, donc
le rendement métal global de l'exploitation.
minières. Le lecteur intéressé pourra référer aux Comptes-rendus de l'Atelier sur l'application
des ordinateurs (CAME 1990) qui décrit 6 cas types d'applications.
Les enquêtes citées à la section 3.3 (Knoll, 1989 et Clow 1990), témoignent que
l'ingénierie qui a précédé certaines décisions de mise en production a été trop sommaire et trop
superficielle. Cette lacune, qui est considérée comme l'une des causes des échecs subis par
plusieurs mises en production récentes, s'est rencontrée régulièrement dans les projets de
développement minéral au Canada, et ailleurs. La période des actions accréditives n'a fait
qu'en accentuer les effets nocifs. On semble trop souvent oublier, dans la hâte d'arriver à une
décision de mise en production, que le contexte de l'étude de faisabilité est celui d'un bilan des
acquis (les réserves), en vue de justifier une décision d'investissement dans un projet de
caractère industriel (Grace 1986). C'est une différence majeure avec le contexte d'exploration
et de développement des stades précédents, caractérisés par l'investissement de capital de risque
dans un contexte de développement, de croissance. Le chapitre 11, Faisabilité / Décision
revient sur ces questions.
B) Exploitation
Le niveau de précision dans l'établissement de l'ingénierie minière qui est requis par
les sociétés minières seniors pour une décision de mise en production n'est pas suffisant, en
général, pour les besoins de l'exploitation. Cette nouvelle étape requiert une planification
encore plus détaillée des cédules de développement minier et d'exploitation. L'expérience
acquise dans une exploitation permettra de raffiner les méthodes et les procédures.
L'objectif fondamental d'une exploitation minière est le plus bas coût final à l'unité
de métal produit, qui soit compatible avec les contraintes physiques, techniques et légales
auxquelles sont (seront) soumis le gisement et l'exploitation envisagée. Les orientations
fondamentales se présenteront dès les premières étapes de la planification d'une exploitation.
Chaque fois qu'elle est rendue possible par la proximité du gisement par rapport à
la surface du sol, l'exploitation à ciel ouvert est préférée à l'exploitation souterraine.
L'exploitation à ciel ouvert se fait en carrière, le minerai exploité par tranches horizontales étant
le plus souvent transporté par camions, quoique les trains et les bennes sont également utilisées.
L'exploitation souterraine se fait à partir de puits ou de galeries à flanc de colline.
La productivité/homme est environ 5 fois plus grande dans les exploitations à ciel
ouvert que dans les mines souterraines, car il y existe moins de restrictions quant à l'emploi
d'équipements de grandes dimensions. Les coûts d'extraction sont inversement proportionnels.
Ces coûts réduits permettent, entre autres avantages, d'exploiter à ciel ouvert des gisements à
faible teneur qu'il ne serait pas rentable d'exploiter sous terre.
Certains gisements de petite dimension n'offrent que peu de choix, tandis que d'autres
offrent des alternatives d'exploitation à l'ingénieur des mines, au responsable de l'exploitation.
C'est, à un extrême, l'exploitation en vrac (à ciel ouvert ou sous-terre), à teneur coupure
relativement basse, peu sélective, moins dispendieuse, moins exigeante en main d'oeuvre et
contrôles, qui récupère plus de métal mais risque d'entraîner une dilution plus importante et des
frais accrus de traitement. A l'autre extrême, c'est l'exploitation très sélective, dispendieuse,
à teneur coupure haute, exigeante quant aux contrôles géologiques et miniers, qui réduira la
dilution mais entraînera plus de pertes de métal.
Dans la pratique, les solutions ne sont pas simples. Les coûts plus élevés de la
deuxième option entraîneront des teneurs de rentabilité et des teneurs coupures plus élevées qui
réduisent le rendement de l'exploitation par rapport au gisement initial et réduisent l'utilisation
de la ressource minérale. Il faut donc chercher à optimiser l'exploitation projetée d'un gisement
par des choix qui s'établiront lors de la conception et de la planification détaillée. Ces
orientations s'axeront sur les paramètres géologiques, telle la courbe cumulative de distribution
des teneurs et sur les paramètres économiques (chap. 10).
8.3.1 DESCRIPTION
La méthode d'exploitation à ciel ouvert offre des conditions avantageuses, autant pour
l'obtention d'informations additionnelles avant le sautage du minerai, que pour l'ajustement des
contours minerai/stérile. Cette méthode offre également des possibilités de sélection/triage
après sautage. Ces activités sont toutefois conditionnées par l'échelle du gisement et des
structures, par le rythme d'exploitation et par les autres paramètres miniers. Une exploitation
à 25,000 tonnes de minerai par jour ne permet pas autant de sélectivité qu'une exploitation à
1,000 ou 3,000 tonnes par jour.
Les conditions à ciel ouvert sont souvent optimales pour placer des sondages
additionnels sur maille plus serrée et pour obtenir de l'information sur maille serrée par
l'échantillonnage des forages pour sautage. Pour optimiser la récupération, il faut que le forage
et le sautage se fassent en respectant l'attitude, les limites et les dimensions des bandes minérali-
sées. Les bandes verticales permettent souvent une meilleure sélection et récupération que les
bandes inclinées ou que les bandes horizontales. Le cas type de la Mine Doyon en section 8.7
illustre ces conditions.
A) Description
Cette méthode consiste à excaver dans le gisement en laissant des piliers de minerai
destinés à supporter l'éponte supérieure (Figure 8-1). La dimension du chantier et des piliers
variera selon la stabilité de cette éponte, la stabilité du minerai, l'épaisseur du gisement et la
pression de la roche. Les piliers sont espacés régulièrement et ils peuvent être ronds, carrés
ou encore prendre la forme de murs longitudinaux qui séparent les chantiers. Suivant les cas
et suivant que l'on doive maintenir la stabilité des couches ou que l'on prévoit un écrasement
graduel, on abandonnera les piliers ou on les récupérera entièrement ou partiellement par
dépilage. On emploie la méthode de chambres et piliers pour exploiter des gisements à
pendages horizontal, faible (en plan incliné), ou jusqu'à 40° par paliers.
k. Galerie de
ventilation
Foreuse verticale
10 3616m
Sortie de ventilation
Fig. 8.1
MÉTHODE DE CHAMBRES ET
GUIDE D' ÉVALUATION PILIERS: HORIZONTAL
Séquence d'extraction
Fig. 8.2
CHAMBRES ET PILIERS
GUIDE D' EVALUATION INCLINEES A PALIERS
Méthode d'évaluation
B) Contrôle de la qualité
A) Description
B) Contrôle de la qualité
La méthode des chantiers à longs trous est vulnérable à la dilution, chaque fois que
les limites du minerai sont irrégulières ou que la faible compétence des murs entraîne un apport
additionnel de matériel. Cette dilution peut être réduite avec des procédures appropriées, en
évitant de vider complètement le chantier avant le sautage d'une nouvelle rangée. La méthode
des chantiers longs trous est à déconseiller avec des murs incompétents car elle peut
s'accompagner de dilution élevée. L'article "Low Cost, High dilution"76 décrit des conditions
de dilution extrême (100%) qui sont reliées à l'utilisation de cette méthode en présence de murs
incompétents constitués de schistes à chlorite.
A) Description
Trous de
forage
~,.
E
N
••••
t^,
GALERIE DE
a
SOUTIRAGE
N E (inférieur )
n
t Point de
soutirage
Galerie de halage
COUPE LONGITUDINALE
Fig. 8.3
r0 0 0 0 0 0 0 0 0
II
Passage d'hommes
~
■ ■1
Ir
■ ~I
rtl
11
~
~
~l
■
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11
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11 Chantier
~t
il
l~ ~ ~ ~ T 1
~ Ma
Point de soutirage
J
Galerie de soutirage Chute à minerai
. . I 1. 1 - 1 1 . 1 1 1 1 .. - I I
Galerie de halage
PLAN
Fig. 8.4
Elle constitue une technique d'abattage traditionnelle, laborieuse, qui requiert des frais
de main-d'oeuvre importants et qui est d'une productivité limitée. On cherche à la remplacer
par des méthodes moins dispendieuses et/ou de productivité plus immédiate comme la méthode
à longs trous ou le soutirage par foudroyage. Ces méthodes sont moins adaptée à l'extraction
de gisements à murs irréguliers qui requièrent un contrôle exigeant et amènent plus de dilution
que la méthode des chambres-magasins.
B) Contrôle de la qualité
A) Description
La méthode d'exploitation par coupes et remblais (cut and fill), illustrée en figure 8-5, est
très flexible et, par conséquent, facilement adaptable à presque tous les types de gisements.
En général, une tranche de minerai de 2.4 à 3 mètres est abattue du toit du chantier.
Au besoin, le toit est ensuite assujetti au moyen de boulons d'ancrage. Puis le minerai abattu
est sorti du chantier au moyen de chargeuses-navettes par la galerie de service, ou par une chute
à minerai. L'espace vacant de 2.4 à 3.0 mètres est alors remblayé, habituellement au moyen
de rejets de l'usine, de graviers ou de stériles de la mine, et le cycle recommence.
Le chantier s'élevant ainsi peu à peu, à tous les 9 mètres d'élévation environ, une
nouvelle galerie de service doit être prévue pour l'évacuation du minerai. Les entrées de ces
galeries sont modifiées à chaque cycle d'extraction, telles qu'illustrées dans la Figure 8-6. La
masse de minerai abattu étant peu volumineuse, il en découle une productivité réduite à cause
des manoeuvres requises, du contrôle constant exigé et du caractère cyclique de l'exploitation.
La méthode des coupes et remblais est susceptible de mécanisation pour les gisements d'une
certaine largeur.
Cette méthode est efficace dans le cas de gisements verticaux ou sub-verticaux (> 45°)
qui s'enfoncent très profondément dans le sous-sol, pour répondre aux contraintes
géomécaniques. Elle peut aussi être employée pour des gisements moins profonds dont les
épontes ont une faible résistance ou des limites très variables et pour un minerai dont la valeur
permet l'emploi de cette méthode relativement coûteuse.
B) Contrôle de la qualité
La méthode des coupes et remblais offre les mêmes caractéristiques que la méthode
des chambres-magasins quant au contrôle de la qualité lors de l'exploitation. Elle permet un
contrôle suivi des limites extérieures de la minéralisation, donc une bonne sélectivité lors de
l'extraction. Cette méthode permet donc de réduire les pertes et la dilution.
A) Description
Passage d'homme
r-1 r -~
L_J L_ I
Ventilation et chfite de
matériaux de remblaioge
COUPE TRANSVERSALE
Fig. 8.5
Galerie
de
ha loge
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Gale rie
de Galerie de soutirage
ha loge
~~. ~ o~ •~ o„ _ o o-~ I' \
~ ~01
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Galerie
de
ho loge
LEGEh'DE
Fig. 8.6
~ I
Chargeur Travers Camjon de
sterile NIVEAU 4.2
banc
1 1 Ranges
I I I de forages
REMPLISSAGE STÉRILE I I I
I I I
NIVEAU 4.1
Chargeur
Fig. 8.7
B) Contrôle de la qualité
A) Description
Le soutirage par foudroyage est utilisé pour l'exploitation de gisements à fort pendage
dont les murs ne présentent pas assez de compétence pour l'extraction par une méthode de
chambre ouverte.
Le soutirage par foudroyage ne convient que dans les cas où les galeries ne nécessitent
pas de soutènement. Toutes les étapes de cette méthode se prêtent à la mécanisation, ce qui
permet des coûts d'extraction raisonnables.
B) Contrôle de la qualité
La méthode du soutirage par foudroyage ne permet pas d'accès direct au minerai avant
l'extraction en général. On peut se servir des galeries d'extraction pour des forages de détail
et on peut également échantillonner certaines rangées des forages pour sautages. La dilution
et les pertes de minerai sont souvent importantes dans la méthode de soutirage par foudroyage.
Par exemple, la Figure 8-8 illustre un cas où l'angle des trous avec l'éponte supérieure n'est
pas optimal pour séparer efficacement minerai et stérile. On y observera également la position
du stérile.
Minerai foudroyé
55°
15m
J
F
45°
10 m
Galerie d'exploration
Fig. 8.8
METHODE DE SOUTIRAGE
GUIDE DEVALUATION PAR FOUDROYAGE
Méthode d'évaluation
A) Description
La méthode des blocs foudroyés (block caving) est adaptée à de grands gisements de
type massif, tels les porphyres cuprifères ou aurifères, lorsque la faible compétence mécanique
de la roche rendrait les méthodes plus sélectives trop dispendieuses et trop dangereuses. C'est
cette caractéristique de la roche qui permet au minerai, foudroyé à l'aide d'un réseau approprié
de forages, de s'écouler dans les ouvertures aménagées au dessus des points de soutirage.
B) Contrôle de la qualité
TABLEAU 8-1
CARACTÉRISTIQUES DES MÉTHODES MINIÈRES
CHAMBRES FOUDROYÉES
20 a 60° Éponte compétente Bas
Haute mécanisation
TABLEAU 8-2
EFFICACITÉ DES MÉTHODES MINIÈRES
CHAMBRES ET PILIERS
Horizontale 35 à 60 5-20 Bonne Limité
À LONGS TROUS:
Petits diamètres 80 à 90 20-50 Médiocre Limité
Les perspectives d'ingénierie minière sont différentes de celles du calcul des masses
et des teneurs, même si elles s'appliquent aux mêmes gisements. Pour élargir les perspectives,
le Guide reviendra sur quelques cas types déjà présentés; un nouveau cas type sera également
discuté sommairement.
L'histoire de cette exploitation peut être retracée dans les fichiers des coupures de
presse du Northern Miner et dans les fichiers de compagnie, au Ministère de l'Énergie et des
Ressources de Québec. Beaucoup d'exploitants se sont réclamés de cet exemple pour s'orienter
vers des méthodes d'extraction moins sélectives, mais tous n'ont pas obtenu des résultats
équivalents: beaucoup des épontes des veines ou zones ainsi exploitées n'étant pas aussi riches
que celles des veines de la mine Siscoe.
Ces forages sont échantillonnés sur longueurs de 3m et on révise, s'il y a lieu, les
contours du sautage avant la mise à feu, pour optimiser la teneur. C'est au coût de ces
mesures que la dilution de 10% attribuée à l'estimation des teneurs des réserves prouvées
de cette mine a pu être maintenue à ce niveau dans l'exploitation.
La section 6. résume un cas type de tests de contrôle de qualité sur les échantillon-
nages et les analyses des forages de production à Equity Silver Mines Ltd (Giroux, Sinclair et
Miller, 1986). Les vérifications décrites ont permis, en corrigeant les biais des échantillonnages
et des analyses, d'améliorer la sélection minière et d'augmenter les revenus par un montant
estimé à environs 1M$ par an. Cet exemple souligne l'importance d'un contrôle de qualité
approprié des échantillonnages au stade de l'exploitation.
attitude des zones minéralisées: en général des zones verticales peuvent être
extraites avec moins de dilution que des zones à plus faible pendage, à
compétence égale de la roche. Dans une mine à ciel ouvert, les zones inclinées
ou sub-horizontales sont plus difficiles à extraire sans dilution que les zones
verticales ou sub-verticales;
8.7.2 GÉOMÉCANIQUE
Les conditions géomécaniques du milieu minier ont des implications directes sur la
stabilité des installations minières et par conséquent la sécurité des travailleurs. La géoméca-
nique est donc un élément essentiel de la conception et des plans des exploitations minières,
mais l'application de ces connaissances dépasse le cadre du présent travail. Le "Guide de
conception des piliers de surface" publié par le Centre de recherches minérales offre les
informations nécessaires.
Les piliers planifiés dans une mine ne peuvent faire partie des réserves minières
que si des plans d'extraction ont été établis en fonction de toutes les exigences
géomécaniques.
8.7.3 PRÉVISIONS
Une fois un plan d'extraction envisagé, il faut établir l'effet des pertes et de la
dilution à l'exploitation lors de la réalisation de ce plan. L'estimé résultant est le facteur de
dilution qui sera appliqué au calcul des teneurs et masses du chantier pour arriver à l'estimé des
réserves minières. Il va sans dire que cette opération demandera plusieurs étapes itératives et
qu'elle exigera la collaboration des géologues/ingénieurs géologues et des géostatisticien avec
les ingénieurs des mines, sans oublier les minéralurgistes.
Les méthodes discutées au chapitre 8 s'appliquent ici. Les teneurs repères sont
fournies par l'analyse de l'ingénierie et de l'économique et seront appliquées à l'intérieur des
murs des chantiers planifiés. Dans le cheminement préconisé par le Guide, les méthodes
géostatistiques utilisent les méthodes de krigeage pour l'estimation des teneurs; les méthodes
traditionnelles dépendent de facteurs de correction d'expérience. Ces corrections ainsi
appliquées aux estimés des teneurs ne font pas partie de la dilution minière au sens strict.
B) Facteur(s) de dilution
Il est essentiel de calculer la dilution minière avec la teneur appropriée, soit celles des
blocs krigés (ou portions) qui sont impliqués, soit celle de la courbe des corrections des teneurs
par krigeage. La pratique traditionnelle, qui consiste à calculer la dilution à teneur nulle ajoute
une imprécision additionnelle aux résultats des estimations et n'est pas recommandable.
Les méthodes géostatistiques peuvent contribuer à l'efficacité de toutes les étape des
estimés et à l'efficacité de la réalisation (section 7-6 et David, 1988 et 1989).
L'étude des coûts des méthodes alternatives d'exploitation doit se faire de façon
systématique, pour permettre des comparaisons objectives de ces alternatives. Le lecteur
trouvera des exemples d'estimation de caractère préliminaire, tels qu'ils sont requis à la fin du
stade 5, dans le Guide commandité par CANMET, intitulé "Underground Metal Mining". Les
estimés requis au stade de la faisabilité DOIVENT être de caractère plus détaillé que les
exemples de ce texte et s'appliquer spécifiquement au gisement, au chantier sous étude. Le
Guide rappelle encore que l'on doit calculer toutes les alternatives, non seulement la préférée
ou la plus plausible. Nombre de compagnies minières et de consultants ont développé des
formules et des logiciels appropriés à ces études. Le tableau 8-3 donne un exemple type de
formule d'évaluation de chantier dans une mine établie.
A cette dernière étape de planification, il faut poser clairement les questions suivantes:
La méthode d'extraction qui montre le coût par tonne extraite le plus bas à la
mine n'est pas nécessairement celle qui offre le plus bas coût par kilogramme de
métal ou par once d'or. Un tel choix n'est pas automatiquement le plus rentable
pour l'exploitation dans son ensemble, compte tenu des implications de
l'extraction minière sur le rendement de l'usine minéralurgique ou la qualité du
produit final, par exemple.
TABLEAU 8-3
ÉVALUATION DE CHANTIER
3) Développements Galerie: _ $
Gal. s. niv. _ $
Monterie cony. _ $
Monterie 1.t. _ $
Parement _ $
Autres
COOTS DES DÉVELOPPEMENTS: Sous/total $
$/t
3) Extraction minière
$ xT Chambre-magasin = $
$ xT Sous-niveau = $
$ xT Longs trous = $
$ xT = $
COÛTS D'EXTRACTION Sous-Total $ $/t
- précision: les estimés établis par ces études sont-ils d'une précision suffisante pour
l'objectif d'investissement rentable dans un projet industriel ?
Quel que soit le type d'exploitation envisagé, les aspects de sécurité et d'environ-
nement doivent être parties intégrantes du processus de conception et de planification. Pour
tous les types d'exploitation, il faut prévoir tous les effets sur l'environnement et les
contaminations possibles par des effluents provenant des aires de stockage des stériles et des
rejets. Il faut également prévoir la réhabilitation, le réaménagement des sites utilisés, avec les
coûts afférents. Ces données sont nécessaires, d'abord aux études d'impact exigées par les lois
et règlements, mais également à la gestion rationnelle de l'exploitation envisagée.
Cette méthode du bilan systématique est courante dans les pratiques comptables. Dans
l'industrie minière, les minéralurgistes en font autant, dans une perspective de contrôle et
d'amélioration de l'efficacité des procédés d'extraction. Par contre, à la géologie et dans la
mine, les bilans sont plus difficiles et surtout plus rares, malgré diverses suggestions et
recommandations, telle celle de Heath, 198178.
Il s'agit de présenter les estimés des réserves et des ressources délimitées sous forme
d'une série de tableaux synoptiques et analytiques qui visent à résumer, comparer et présenter
l'évolution des réserves et des ressources délimitées d'une mine. Cette évaluation s'appuiera,
d'une part, sur les résultats de l'exploitation minière, d'autre part sur l'évolution des estimés
des réserves suite, aux nouvelles informations géologiques acquises et à l'évolution des facteurs
d'ingénierie et des facteurs économiques. La procédure recommandée a été développée et
appliqué dans les exploitations minières du groupe SOQUEM entre 1974 et 1986. Les
exemples aux tableaux 8-4 à 8-6 proviennent de l'exploitation de la Société Minière Louvem
dans le canton Louvicourt en 1974-75.
Le lecteur qui désire consulter d'autres cas-types pourra référer à l'article très élaboré
de Taylor 1966 qui rapporte les résultats d'une enquête poursuivie sur une période assez
prolongée et appuyée sur une connaissance approfondie de l'opération sous étude.
Dans les projets de développement minéral, les mêmes principes s'appliqueront, mais
avec beaucoup moins de détails et aucune donnée de production, évidemment. Le but du
système élaboré que le Guide propose est d'assurer que toute l'information pertinente accumulée
durant le développement d'un gisement et dans l'exploitation soit explicitée de façon à pouvoir
mieux servir. L'application de ce système requiert des compilations et bilans qui couvrent les
thèmes suivants.
L'expérience, durant près de dix ans, à l'application d'un tel système de bilans montre
qu'il peut contribuer beaucoup pour identifier les méthodes, les paramètres et améliorer les
résultats du travail d'évaluation des gisements.
Trop souvent, dans l'aléatoire des conditions géologiques, on se préoccupe peu des
raisons d'une large marge d'erreur dans l'évaluation, surtout quand des résultats favorables
ailleurs compensent ces pertes. Trop souvent également, on néglige de chercher les causes des
différences observées entre les résultats des estimations des réserves et les résultats de l'usinage,
afin de prendre les mesures nécessaires pour résorber ces différences.
TONNES Cu Zn Ag Au G
2) Valeur estimee selon valeur decembre 1975: 4) Sous teneur coupeur de $13/tonne (decembre 1975).
Zn d. 3.00/%
Au il 140. x 78% $109.20/once
Ag 4.5 x 20% $ 0.90/once
TABLEAU 8-5
SOCIÉTÉ MINIÉRE LOUVEM - DIVISION MANITOU
1-
PROUVE 294,200 799,800 Pertes au détail
15% dilution 61.2 M lb Zn 123.6 M lb Zn
57,078
12.3 M lb Zn
SEMI-PROUVE 586,500
15% dilution 76.8 M lb Zn
880,700 57,078 799,800 Pertes au détail
141.2 M lb Zn 12.3 M lb Zn
II -
PROBABLE 933,250 +148,700 1,140,300 Dilution b 15% sans teneur
(non dilué) 116.1 M lb Zn 58,000 120.4 M lb Zn Additions tonnes et livres Zn
Dilué b 15% 4,41 M lb Zn
TABLE U 8 - 6
Méthode d'évaluation
Chapitre IX
Les pertes à la minéralurgie consistent en tout métal présent dans le minerai présenté
à l'usine et non récupéré durant le procédé de traitement. Ces pertes peuvent être reliées à
divers facteurs dont les principaux sont énumérés ici:
- les pertes dans les rejets (stériles, scories, etc):
la granulométrie: matériel trop fin, ou trop grossier;
le broyage insuffisant;
l'association de l'or avec des éléments ou minéraux de traitement difficile;
l'inefficacité du procédé ou les insuffisances des contrôles d'exploitation;
Les essais minéralurgiques sur les minerais d'or se font typiquement en plusieurs
étapes. La première étape consiste en études minéralogiques faites dans le cadre de l'évaluation
géologique du gisement (voir section 4.3.3, Tome II): il s'agit d'établir la granulométrie et les
associations minérales des minéraux d'intérêt. Dans un gisement aurifère, ce métal peut être
libre ou associé à plusieurs minéraux en fines disséminations ou encore inclus dans leur maille
cristalline: par exemple aux sulfures, aux tellurures, aux arséniures.
Les premiers essais sur des échantillons d'un gisement sont faits de façon ponctuelle
pour fournir des éléments d'orientation pour les travaux de confirmation du gisement au stade
4. Au stade 5, dans la phase de définition du gisement, les besoins deviennent plus exigeants
et comprendront des essais en laboratoire, parfois des essais en usine pilote à format réduit.
C'est au stade 6 que des essais en usine-pilote seront requis, à la fois pour confirmer
les paramètres de traitement en usine, la récupération métal et pour confirmer les estimés de
la teneur et de la quantité d'or contenu dans le matériel usiné. Parfois ces essais seront
exécutés en usine commerciale.
Dans tous les cas, un soin particulier doit être apporté à la nature et à la
représentativité des échantillons prélevés et traités, pour s'assurer que les résultats des essais
sont applicables à l'ensemble du gisement. Les chiffres et paramètres ainsi obtenus seront
utilisés dans l'étude de faisabilité afin d'établir la rentabilité du projet.
GR ANULDMETRI E PLAN
D'USINE
DIMENSIONS
MINERAUX BILAN DU CAPACITE
PROCEDE
MINERALOGIE PLANIFICATION/
Fig.9.0
GUIDE DEVALUATION
ASPECTS MINÉRALURGIQUES
Méthode d'évaluation
Le choix d'un procédé est le résultat d'une évaluation de l'ensemble des divers
paramètres. Il y a tout d'abord la récupération escomptée pour un procédé donné et la qualité
du produit, ce qui amène un rendement brut différent pour chaque option. En contre-poids,
chaque option de circuit de traitement est accompagnée de coûts de capital et de coûts d'exploi-
tation. Le choix d'un circuit de traitement pourrait se faire directement à partir de l'analyse
économique des divers paramètres physiques et des coûts des diverses alternatives.
Outre ces méthodes commerciales, citons le superpanner et les liqueurs denses qui sont
des méthodes de séparation limitées au laboratoire, ou à des étapes finales de purification.
AVANTAGES
1- Non polluant, aucun produit chimique;
2- Faible consommation d'énergie;
3- Production d'un concentré haute teneur;
4- Récupération au début du circuit de matériel grossier autrement difficile à flotter ou à
lixivier.
DÉSAVANTAGES
1- Rendement faible;
2- Vulnérabilité au vol;
3- Difficultés d'échantillonnage et d'analyse du concentré;
4- Requiert des quantités considérables d'eau (par voie humide).
Le rendement obtenu par la concentration gravimétrique est plus faible que celui des
autres procédés (excepté la lixiviation en tas). Sauf dans le cas du traitement de minerai
provenant de gisements alluvionnaires (placer), la gravimétrie est presque toujours utilisée en
association avec un autre procédé. Ce procédé est de moins en moins à la mode lors de la
conception des schémas de traitement des usines nord-américaines récentes. Il demeure très
utile pour les cas oh il apparaît approprié de récupérer l'or grossier au début du circuit. Le
concentré gravimétrique demandera généralement des étapes additionnelles de nettoyage et de
purification.
9.2.2 AMALGAMATION
9.2.3 FLOTTATION
Le procédé de flottation peut être utilisé pour concentrer un minerai dans lequel l'or
est finement divisé et intimement associé à des sulfures ou des arséniures. Les caractéristiques
de ce procédé amènent les avantages et désavantages suivants:
AVANTAGES
1- circuit simple et compact, moins dispendieux d'installation et d'opération;
2- récupération élevée, sauf dans certains cas pour l'or grossier;
3- rejets relativement peu polluants (28;
4- la concentration de l'or permet de réduire les besoins en équipement et en investissements
aux étapes subséquentes.
DÉSAVANTAGES
1- requiert généralement un broyage fin;
2- la teneur en or du concentré est en général peu élevée, ce qui entraîne des frais de grillage
élevés, surtout lorsque le concentré ne contient pas de métaux usuels.
9.2.4 CYANURATION
Sans aller dans tous les détails de ces variantes (sauf pour la lixiviation en tas), il y
a lieu de souligner les avantages et les désavantages principaux:
28 En autant qu'ils soient contenus dans un parc à résidus qui ne permet pas L'oxydation
des sulfures et l'écoulement d'eaux acides.
AVANTAGES
1- rendement élevé et stable;
2- simple (relativement) à opérer;
3- coulée d'un lingot d'or au site de la mine.
DÉSAVANTAGES
1- sérieux problèmes de pollution causés par la présence de cyanure et d'ions métalliques
dans les rejets d'usinage;
2- coût d'opération et coût d'investissement plus élevés que pour les autres procédés
énumérés, (sauf pour la lixiviation en tas).
Le minerai, extrait de façon traditionnelle, est déposé sur des "tapis" de lixiviation.
La lixiviation s'effectue par l'utilisation d'un système d'aspersion qui consiste à arroser le
minerai avec une solution de cyanure pendant les semaines ou les mois nécessaires à l'obtention
de la récupération optimale. Le "tapis" est préparé pour être étanche et recueillir les solutions
de cyanure qui autrement pénétreraient dans le sol.
Le concassage de la roche est en général nécessaire, même s'il s'agit d'une roche
altérée ou poreuse. Mais, si à la suite du concassage, la roche demeure trop compacte, s'il y
a un excès de fines, ou encore si la teneur en argile est importante, des problèmes de
traitement et de récupération peuvent se poser. Le minerai doit présenter une porosité suffisante
pour permettre la circulation des solutions et la lixiviation du métal recherché, sinon la
récupération sera insuffisante. A l'inverse, un excès de fines ou de minéraux argileux
restreindra la circulation de la solution de cyanure qui peut rester stagnante ou s'écouler sans
imprégner le minerai. Le Bureau des Mines des États Unis a mis au point une technique
d'agglomération des fines ou de l'argile par le ciment Portland, ce qui permet au cyanure de
mieux circuler à travers tout le tas.
Tanis
+ Concasseir
â machoire
Eau et ciment et/au chaux
I Tamis 1
/Q` ~sseur
Chaux oyeur
ogg lourera teur
Silo
LIXIVIATION
o~~
T T T T 4
(7
Tas
TRAITEMENT Etang
Sokition
Chaux T
CoL de carbone cyanure de sodium
i
i
Cyanure de sodium et
soude caustique
Récupération
a chaud sous pression
de l'or
Filtre o
vacuum CT Filtre pour
zinc
Fonte ARGENT
Rafinerie
de I' or
Fig 9 1
SCHEMA DE LIXIVIATION
GUIDE D E'✓ALUA7riJP r EN TAS
Méthode d'évaluation
important de bien établir les divers paramètres techniques, de ne pas surestimer la teneur d'or
du minerai et de connaître la minéralogie et la présence d'éléments délétères tel le carbone.
Les essais minéralurgiques ont pour but d'établir toutes les caractéristiques de la
minéralisation sous étude. La prépondérance -du procédé de cyanuration ne doit pas mener à
écourter les essais ni faire oublier les autres méthodes susceptibles d'être utilisées, telles la
gravimétrie et la flottation, en complément de la cyanuration.
9.3.1 LA MINÉRALOGIE
A) Les méthodes
de la distribution pépitique et des faibles teneurs de l'or dans la roche. Très souvent, on ne
réussira pas à voir un nombre suffisant de particules, malgré l'observation d'un nombre
relativement élevé de sections polies (Wilhelmy, 1988, (23. Il faut quand même faire l'effort
d'essayer car les observations minéralogiques peuvent contribuer à une meilleure perception de
la distribution de l'or, face aux problèmes amenés par les minerais dits réfractaires.
On entend par minerais réfractaires ceux qui présentent des difficultés spéciales de
récupération de l'or, particulièrement de lixiviation de l'or par la cyanuration. Il est important
de bien identifier ces conditions par l'étude minéralogique. Les types principaux de minerais
réfractaires sont les suivants:
or associé avec les sulfures qui réagissent avec la solution de cyanure. Ce sont
particulièrement la chalcosine, la chalcopyrite, la covelline, la pyrrhotine, le
réalgar(AsS) l'orpiment(As2S3), la stibine(Sb2S3). Les cations métalliques et l'ion
soufre réagissent avec le cyanure;
or associé avec du carbone, soit du graphite, soit des hydrocarbures lourds, soit des
acides organiques. Les problèmes peuvent être reliés soit à la libération restreinte de
l'or associé au matériel contenant du carbone, soit à la réadsorption de l'or dissout
au carbone résiduel;
or très finement disséminé qui ne vient pas en contact avec les solutions de cyanure.
Il s'agit d'or très finement disséminé avec les silicates ou le plus souvent avec les
sulfures.
9.3.2 L'ÉCHANTILLONNAGE
A) La représentativité
discutée de façon élaborée au chapitre 6 du Guide, en particulier à la section 6.3, mais il est
nécessaire d'y revenir dans le présent chapitre.
En général, les échantillons sont fournis par les géologues /ingénieurs géologues aux
minéralurgistes qui supposent qu'ils sont appropriés. On observe trop souvent, a posteriori,
que les seuls documents concernant les échantillons soumis pour des essais sont les rapports
minéralurgiques signés par le professionnel qualifié responsable des essais. La plupart du
temps, ce rapport des essais ne contient qu'un avertissement que le signataire n'a pas été
impliqué dans les travaux antérieurs ni dans l'échantillonnage, donc ne peut garantir la
représentativité géologique des essais effectués sur les échantillons fournis
Il apparaît essentiel que les échantillons fournis aux laboratoires d'essais ou soumis
pour des essais pilotes ou des essais en usine industrielle, soient toujours accompagnes d'un
rapport professionnel. Ce rapport comprendra une description géologique, complétée de plans
et cartes géologiques, otù le géologue / ingénieur responsable de la prise des échantillons aura
établi leur origine et leur représentativité.
Il faut souligner, même si les échantillons prélevés en vue d'essais aux premiers stades
de l'évaluation d'un gisement ne sont pas nécessairement représentatifs, qu'il est dangereux
qu'ils soient pris sur des portions non typiques et/ou très riches du gisement. Nonobstant la
nécessité de faire bonne impression sur la direction et/ou sur le public pour assurer les
financements subséquents, il arrive souvent que ces premiers échantillons biaisent pour
longtemps les perceptions de ceux qui travaillent au dossier ou doivent prendre des décisions.
Une telle situation peut avoir des conséquences sérieuses sur la rentabilité d'une d'exploitation
éventuelle.
Les premiers essais doivent d'abord caractériser les divers types géologiques /
minéralogiques des minéralisation. Aux stades ultérieurs, il sera de plus en plus nécessaire que
les échantillons soient représentatifs à la fois de l'ensemble du gisement et de ses diverses
parties. C'est essentiel s'il y a des différences marquées des teneurs et des différences
géologiques et/ou minéralogiques qui peuvent influencer l'évaluation minéralurgique de
l'ensemble du gisement.
certaines méthodes analytiques détruisent à toute fin pratique la valeur d'un échantillon pour
des essais subséquents, telle la méthode du tamisage des métalliques.
Typiquement, les premiers échantillons pour des essais sont constitués à partir de
carottages. Les échantillons représentant des intervalles types sont pesés, regroupés, concassés
à la dimension de 4 a 2 mm; on doit prélever à ce moment des échantillonnages de contrôle
pour réduire les possibilités d'erreur, de contamination ou de falsification des échantillons. Il
faut se rappeler cependant que le meilleur estimé de la teneur du lot est la moyenne des
échantillons individuels déjà analysés. Par contre, attribuer au lot la teneur d'un échantillon
prélevé après le mélange et analysé une fois n'est pas une procédure valable du point de vue
statistique: on ne doit jamais faire porter une décision sur une seule analyse. Le poids
spécifique sera également mesuré et cette information comparée avec les mesures faites par les
géologues. Il est approprié de mesurer la teneur du lot en divers éléments, de vérifier les
données minéralogiques déjà disponibles.
C) Échantillons en vrac
Les essais standard des laboratoires se font souvent sur des échantillons de 1 kg. Des
essais plus élaborés se feront sur des lots de 20 kg ou plus.
A) Essais de broyage
Ces essais ont pour but d'établir la finesse de broyage requise, la dimension de
libération des particules d'intérêt. D'autres essais permettront d'établir l'indice de broyabilité
du matériel ou indice de Bond. Cet indice consiste en l'énergie requise (en kw-heure) pour
réduire un minerai en vrac jusqu'à 80 % plus fin que 100 microns. Il contribuera au choix des
équipements de broyage standard, tandis que le broyage semi-autogène requiert des essais en
usine.
B) Concentration gravimétrique
témoignent les valeurs d'or erratiques des analyses. L'objectif de tels essais est de voir s'il y
a lieu d'utiliser la gravimétrie à la sortie des broyeurs ou en début du circuit de concentration
pour récupérer l'or grossier; cet or grossier est plus vulnérable aux pertes dans le circuit et plus
susceptible d'entraîner des frais élevés de cyanuration.
Des essais de flottation des sulfures (ou arséniures) s'imposeront lorsque ces minéraux
sont associés avec une partie au moins de l'or présent dans le minerai. Même quand l'or
semble être surtout libre, il est approprié de vérifier le contenu en or d'un concentré de ces
minéraux. La finesse de broyage requise pour les sulfures peut en général être déterminée par
la minéragraphie avant les essais. Ceux-ci devront plus particulièrement établir les paramètres
suivants: le choix et le dosage des réactifs, le temps de conditionnement, le temps de flottation,
le nombre de stades requis, le rapport de concentration.
D) Essais de lixiviation
Les essais de cyanuration en laboratoire ont pour but de déterminer les paramètres
suivants:
la dimension de broyage optimale;
les paramètres opératoires:
.le temps de rétention;
.détermination et quantification des réactifs
(cyanure, oxygène, chaux, agents oxydants);
.ph;
.préaération;
la présence en solution et le comportement d'éléments nuisibles tels As, Cu, Fe, Sb
et les cyanures.
Outre ces données, il faudra également obtenir des informations sur les paramètres
suivants:
- vitesse de décantation du concentré et des résidus;
" " " .
vitesse de sédimentation "
„ " "
indice de filtration "
composition de la solution mère.
Les essais donneront une bonne indication du temps de rétention en usine (entre 24
et 72 heures en général). Si des éléments nuisibles sont libérés, des essais cycliques peuvent
être requis pour indiquer la concentration qui peut s'établir en usine. Des essais de cyanuration
en colonnes seront requis, si on envisage l'application de la lixiviation en tas.
Après cette étape d'orientation, on passe aux essais systématiques en laboratoire, dont
les buts ont été décrits plus haut. Dans la pratique, il arrive souvent que ces deux premières
étapes s'intègrent. Une fois les essais en laboratoire complétés, on procédera à une première
conception d'un circuit de traitement en usine, conception qu'il s'agira de vérifier par des essais
en usine pilote .
Les essais plus élaborés qui suivent les premiers sont de nature et de formats variés.
En général, il s'agira d'essais en continu en usine pilote, en format réduit par rapport à l'échelle
éventuelle d'exploitation, soit de 100 à 1000 kg/heure. De tels essais permettent, en plus de
l'optimisation du procédé, une étape additionnelle de vérification du contenu métal par rapport
à l'étape des échantillonnages. Dans l'évaluation d'un gisement d'or, il arrive aussi que l'on
procède à des essais sur des volumes importants, dans une usine commerciale.
Les essais en usine pilote fourniront des données qui permettront également de
préciser plusieurs paramètres essentiels de l'exploitation envisagée. Les objectifs
minéralurgiques essentiels des essais en usine pilote sont les suivants:
L'évaluation des résultats obtenus doit toujours se faire en fonction des échantillons
traités, de leur situation dans le gisement, des éléments de correspondance et de représentativité
avec le gisement. Sinon, des distorsions importantes peuvent s'introduire, distorsions qui
pourront affecter le rendement et la rentabilité de l'exploitation éventuelle.
Dans certains cas on ne peut pas procéder de facto au design d'une usine industrielle
après les essais en usine-pilote à format réduit. Ceci se produit lorsque divers facteurs ne
peuvent être projetés à échelle agrandie, tels les paramètres de broyage ou l'accumulation des
impuretés dissoutes par la cyanuration. L'usine de format commercial permet en principe une
vérification plus poussée de la teneur du minerai, mais à condition de rencontrer une série de
conditions.
Avant de s'engager dans des essais en vrac dans une usine, le responsable de la
valorisation d'un gisement, son minéralurgiste-conseil et son géologue/ingénieur géologue
doivent faire une revue complète de la situation et des objectifs des essais en usine industrielle
qui sont envisagés. La section 9.4 discute les problèmes d'échantillonnage en usine tandis que
la section 9.6.2 suggère des règles d'application et des procédures pour préparer de tels essais.
C'est à partir de ces diverses informations que l'on pourra faire l'ingénierie de l'usine.
Essentiellement les quatre champs suivants d'information sont requis:
les résultats techniques des essais, récupération escomptée, teneurs des concentrés.
Ces résultats, s'ajoutant aux données des réserves de minerai et aux résultats des
essais, permettront d'établir le circuit requis pour rencontrer les objectifs de
production;
les coûts de traitement, selon les équipements, les réactifs et la main d'oeuvre requise,
- les coûts des investissements requis pour la construction de l'usine, lorsque cette
option est envisagée, ou les coûts du traitement à forfait dans une usine déjà établie.
la marge d'erreur des divers paramètres requis et la nature des difficultés qui
pourraient nuire aux objectifs de production.
Ces calculs se feront à diverses étapes, à divers niveaux de précision, car des études
de préfaisabilité précèdent et planifient l'étude finale de faisabilité du projet minier.
L'optimisation de l'ingénierie et des diverses étapes de contrôle technique des procédés de
concentration dépasse le cadre du Guide d'évaluation des gisements d'or.
A) Contrôle / efficacité
Le contrôle des teneurs de la masse usinée dans une usine de cyanuration n'est pas
facilité par les caractéristiques pépitiques du l'or dans le minerai et son corrollaire, la présence
de paillettes d'or dans le circuit de concentration/extraction. Ce problème est crucial, autant
au stade des essais en usine pilote ou usine industrielle, qu'à celui de l'exploitation. L'établis-
sement de la teneur autant que de la masse usinée est requis pour connaître la quantité de métal
contenu dans les trois phases du procédé: l'alimentation, le concentré et le rejet. Ce contrôle
est nécessaire pour prévenir et contrôler une quatrième éventualité: les pertes occultes et le vol.
Optimiser le rendement technique et surtout la rentabilité de l'exploitation ne peut se faire sans
tous ces contrôles!
B) Les difficultés
de penser. Diverses méthodes et attitudes, disons artisanales, ont été développées dans le
contexte plus difficile des générations précédentes; ces méthodes et attitudes perdurent encore
ici et là, ou renaissent parfois. Une volonté de rigueur accrue doit être présente pour optimiser
tous les niveaux de la gestion d'une exploitation. Le Guide décrira quelques situations types
où il y a place à amélioration.
A) L'échantillonnage de l'alimentation
Trop d'usines d'extraction de l'or ne sont pas munies d'un système adéquat
d'échantillonnage de l'alimentation. Il arrive, dans certaines usines, que le régime de broyage/-
tamisage/recirculation rende difficile, sinon empêche de facto, un échantillonnage représentatif
à l'entrée de l'usine. On tolère trop souvent ces restrictions occasionnelles, en oubliant que
l'étape de la mesure et de l'échantillonnage de l'alimentation de l'usine est essentielle, surtout
pour les usines qui traitent du minerai en lots ou à forfait. Certaines usines échantillonnent
l'alimentation après l'étape du broyage, malgré les possibilités de pertes d'or grossier au
broyage.
On oublie trop souvent, lorsqu'on dit que "la vérité est dans la brique", les possibilités
de pertes d'or grossier:
lors d'essais en usine, de l'or grossier peut rester captif dans le circuit à la fin du test.
Inversement le(les) lot(s) précédent(s) ont pu contribuer à ces pièges de l'or en paillettes;
le détournement d'or (high grading) à une étape ou à l'autre du procédé de concentration
par cyanuration ou par gravimétrie demeure toujours une possibilité, étant donné la valeur
de l'or;
les pertes d'or grossier non dissous peuvent également se produire dans les rejets.
Dans le contexte où les informations ne sont pas suffisantes et les bilans pas très
rigoureux, les prédictions ne sont pas très précises. Par exemple, les prédictions de l'or
contenu dans le concentré de presse sont faites de façon conservatrice, ce qui n'a pas tellement
de conséquences, mais ne témoigne certes pas d'un contrôle serré. Après l'usine, l'affinage de
l'or amène peu de contestations sérieuses sur le contenu métal du produit de l'usine par le
raffineur. Ceci se produit plus souvent entre le concentrateur et l'usine de grillage des métaux
usuels quand au contenu en divers métaux des concentrés, dont l'or. Des meilleurs contrôles
faciliteront de bons règlements.
Dans le cas d'essais en usine, la rétroaction des résultats des essais sur les inventaires
des réserves est en général directe. Dans les exploitations, la situation n'est pas toujours aussi
claire. Dans certains cas limites (pas seulement dans l'or), on a vu des exploitations continuer
pendant des années à estimer les réserves de la même façon, même si les résultats de la
production étaient à la baisse par rapport aux premiers. L'estimation des réserves d'une
exploitation doit tenir compte des résultats de l'usinage.
.a
Méthode d'évaluation
A toutes les étapes des exploitations, des mesures de contrôle sont requises pour
obtimiser le rendement du procédé et minimiser les pertes d'or grossier. A la mine, les
mesures de surveillance sont surtout de nature policière, étant donné les conditions. En usine,
il ne faut pas se contenter des mesures policières ostentatoires au moment de la coulée de la
29
Les silicates en général réduisaient le rendement minéralurgique du procédé de
concentration du pyrochlore, c'est pourquoi, en corollaire on utilisait la teneur
calcite, facilement mesurable pour estimer le rendement d'une intersection ou zone.
brique d'or. Un contr6le plus strict de la masse et de la teneur de l'alimentation, des rejets
(dans certains cas des concentrés), appuyé sur une surveillance stricte et objective de toutes les
étapes du procédé, permettra un bilan plus rigoureux et des informations diagnostiques des
situations.
A) Le contrôle de la masse
Ce point ne pose habituellement pas de problème majeur. La plupart des usines sont
munies de systèmes automatisés. Dans le cas d'usinage à forfait, le client doit toujours tout
vérifier et ne pas se fier à ce qu'on lui dit ou promet. Tous les appareils se dérèglent à
l'occasion, toutes les consignes s'oublient à un moment ou l'autre.
B) Le contrôle de la teneur
2) délai de prélèvement: il faut que les échantillons de l'alimentation, des concentrés, des
rejets soient prélevés par des échantillonneurs automatiques. Si l'échantillonnage est
fait manuellement, ce qui est moins sûr et moins fiable, il devrait l'être à un intervalle
fréquent, de l'ordre de 15 à 30 minutes. A l'intérieur d'essais minéralurgiques en
usine industrielle, s'il n'y a pas d 'échantillonneur mécanique et automatique de
l'alimentation, un préposé doit être assigné de façon prioritaire à cette fonction et ce,
24 heures par jour, pour la durée des essais .
C) La surveillance objective
Peu ou pas d'usines d'extraction d'or sont dotées d'un véritable système de sécurité
24 heures par jour et 7 jours par semaine. En l'absence des responsables, les caméras vidéo
en circuit fermé sont un leurre. De fait, une surveillance objective demanderait des caméras
enregistreuses avec systèmes d'horlogerie et scellées. Par comparaison aux étapes précédentes
du procédé, l'étape finale de la coulée de l'or est très bien surveillée, mais on en tire parfois
un sentiment de sécurité illusoire!
A) L'échantillon
Le circuit disponible correspond-il avec les besoins établis pour ce minerai à partir
des essais en laboratoire ou en usine-pilote?
Le Guide rappelle le contexte de mise au point, qui demande de prolonger les essais
sur une période suffisante pour stabiliser le procédé, assurer des échantillonnages efficaces et
établir le bilan quantitatif qui indiquera les conditions de rendement optimal. Un régime de
l'usine plus élevé réduira les frais de l'essai mais réduira proportionnellement sa valeur
d'expérience. Un essai en usine industrielle s'étendra sur 10 jours au strict minimum lorsque
les conditions sont optimales; autrement, de tels essais devraient se proloner sur une période
de 20 à 30 jours.
C) Échantillonnages et contrôles
Il faut s'interroger sur les équipements disponibles, les procédures en vigueur pour
le contrôle de l'alimentation et du circuit, sur l'expertise disponible.
D'autres minerais seront-ils usinés en parallèle sur d'autres circuits? Y aura-t-il (ce
qui est inacceptable pour des essais) un autre minerai mélangé avec celui faisant
l'objet de l'essai (ou du contrat d'usinage)? S'il y alternance de minerai, la durée de
traitement est-elle suffisante ?
- L'équipe en place offre-t-elle les compétences requises pour faire face aux problèmes de
mise au point du traitement de l'échantillon soumis?
a) La comptabilisation minéralurgique
A partir des équipements, des personnes et des procédures en place, l'usine considérée
pourra-t-elle faire l'évaluation minéralurgique rigoureuse requise pour la bonne gestion des
essais envisagés? Dans une perspective de bonne gestion, la môme question doit être posée
dans le cas d'usinage à forfait, surtout s'il y a alternance du minerai soumis pour usinage à
forfait avec un minerai d'autre provenance.
Le Guide rappelle que les exigences des essais sont plus rigoureuses que celles de la
production en continu dans une usine commerciale, à cause du changement de l'alimentation,
du temps limité disponible pour optimiser les procédures de traitement d'un nouveau minerai.
Les problèmes de contrôle comprennent en particulier les possibilités de capture d'or grossier
dans les pièges du circuit, les possibilités de nettoyage approprié du circuit avant et après les
essais, les procédures de sécurité.
b) Le contrat
Si, après cet examen rigoureux, le bilan des réponses à ces questions est positif, il est
essentiel que l'objectif du test, la masse à traiter, le taux de traitement, les modalités de contrôle
et les pratiques opérationnelles soient établis de façon concrète et précise dans un contrat écrit
entre les parties, en même temps que les prix, les dates, les délais et les autres clauses perti-
nentes.
A) Cartographie systématique
Les informations recueillies doivent être disponibles pour faciliter leur utilisation. Un
système informatisé facilitera à la fois le codage et l'utilisation des informations recueillies,
mais un système traditionnel de plans et de sections permettra également d'utiliser cette infor-
mation, de façon moins souple cependant.
Les informations acquises dans les étapes précédentes devront être utilisées et
incorporées dans le calcul des réserves pour permettre des caractérisations et des prédictions
appropriées. Ainsi, le calcul des réserves pourra comporter l'identification de types
minéralurgiques appropriés comme champs additionnels d'information. La planification minière
et les prédictions de production pourront incorporer ces facteurs.
En dernière étape, il est important qu'il y ait une rétroaction des résultats de
production et d'usinage vers la base de données du gisement. Cette information permettra
d'affiner les prédictions de rendement minéralurgique. Une telle rétroaction dépendra des
conditions minières. En effet, les limitations de la base d'information sont fréquentes dans une
mine souterraine: parfois les chantiers qui alimentent l'usine sont multiples et la provenance
exacte du minerai qui arrive à l'usine est difficile à établir. La présence de minerai de
développement ajoute à ces difficultés, mais celles-ci n'excusent pas de négliger les différences
entre les réserves/la planification et les résultats d'exploitation.
CHAPITRE X
"..Les minéraux dans le sol n'ont pas de valeur explicite. Aucune valeur ne sera
réalisable avant qu'ils aient été extraits, traités et livrés d un client. Par
conséquent, l'économique de la définition du minerai ne peut être évaluée
séparément de l'économique de tout le processus minier. De fait, c 'est l'écono-
mique du processus minier qui établit la définition économique du minerai. .. La
seule valeur immédiate (que les gisements) possédent est le prix qu'une compagnie
pourrait of frir pour l'opportunité de les exploiter. ... De façon plus réaliste, un
gîte minéral devrait être considéré comme une opportunité de développement.
" K. F. Lane, The Economic Definition of Ore, p 6 (30.
L'établissement des réserves minières d'un gisement se fait à partir d'une teneur de
rentabilité et de teneurs de coupure dérivées des facteurs économiques s'appliquant aux données
de la géologie et de l'ingénierie. Dans chaque cas, se sont les coûts de toutes les étapes du
processus minier face aux prix des métaux , à la demande, aux investissements requis aux les
frais qu'ils impliquent, qui déterminent la rentabilité du projet. Les facteurs économiques ont
donc une influence directe sur l'établissement des réserves minières d'un projet.
L'entrepreneur minier ne contrôle pas les prix des métaux / minéraux (ni les taux
d'intérêt). Par contre, il peut et doit s'assurer, par des travaux de conception, de planification
et d'évaluation économique appropriés, de contrôler le mieux possible la justesse des estimés
des coûts de la réalisation du projet et de l'exploitation.
C'est à partir de ces chiffres que l'on fera l'estimation des réserves de minerai, du
bilan prévisionnel de l'exploitation, de la valeur présente du projet, des différents rapports de
rendement des investissements projetés. Ce seront ces chiffres qui justifieront (ou non) la
décision de mise en production et permettront la réalisation du financement requis. Dans cette
démarche, le Guide entend revoir les principes généraux, esquisser et proposer des procédures.
L'application détaillée des méthodes financières déjà établies, telles l'établissement de la valeur
présente, le calcul du taux de rendement ou les méthodes de simulation, n'entre pas dans le
mandat du Guide.
30
"...Minerals in the ground have no explicit value. Not until they have been extracted,
treated and delivered to a customer is any value realised. Therefore the economics of
ore definition cannot be assessed separately from the economics of the total mining
process. Indeed it is the economics of the mining process which determine the economic
definition of ore."
L'évaluation économique se fait par des étapes qui correspondent aux stades
d'évaluation des aspects d'ingénierie d'un projet de développement minéral. Au stade 4,
l'évaluation économique est de caractère conceptuel et vise à situer l'intérêt de confirmer la
présence d'un gisement minéral et ensuite d'en entreprendre la mise en valeur. Cette évaluation
se fait à partir des perspectives conceptuelles d'ingénierie et d'économique, face aux
informations et interprétations géologiques disponibles. Aux stades 5 et 6, l'évaluation
économique devient graduellement quantitative, s'appuyant sur l'augmentation des connaissances
dans les axes de la géologie et de l'ingénierie.
Les difficultés d'évaluation des paramètres économiques, leurs variations dans le temps
et le choix des paramètres appropriés pour appuyer les décisions, contribuent aux difficultés
rencontrées dans l'évaluation des gisements. Mentionnons les variations à la baisse de la
demande et des prix des métaux, les variations à la hausse des coûts et du loyer des argents
investis. Ces variations modifient les situations et peuvent mener jusqu'à remettre en question
les choix et orientations établis, les teneur repères, la réalisation des objectifs financiers et le
la possibilité de rencontrer les engagements contractuels. Dans cette perspective, le Guide
souligne qu'il est particulièrement important de bien situer la démarche de l'évaluation
économique des projets, si on veut optimiser les décisions.
A) HYPOTHESES D'ÉVALUATION
Dans cette perspective, le Guide se propose d'expliciter les critères et les hypothèses
de base sur lesquels s'appuieront les évaluations économiques et les décisions d'aménagement
de projets miniers.
Le rendement optimum pourrait être défini dans une perspective long terme, celle du
développement durable, en fonction d'optimiser, de maximiser l'extraction du métal
contenu dans le gisement, tout en maintenant la rentabilité (31. C'est l'objectif de long
terme que le gouvernement d'Afrique du Sud a recherché par les normes imposées aux
compagnies pour les teneurs de coupure et de rentabilité, particulièrement durant les périodes
de hausses des prix. Une telle politique, s'appuyant sur l'importance des mines aurifères dans
ce pays, s'appliquerait mal dans notre contexte d'économie libre et d'exploitations de divers
formats et types.
variations des prix des métaux sur les marchés et variation des coûts de production
selon le stade d'évolution de l'exploitation minière;
ambiguïté des situations de hausses des prix et des choix de maximiser le rendement
à court terme par l'extraction de teneurs plus riches ou le rendement à long terme et
l'extraction maximale par un abaissement des teneurs.
En s'inspirant des stades décrits par Taylor, 1972, le Guide définit cinq âges ou
paliers distincts dans la vie d'une exploitation minière, le stade 10 de l'échelle utilisée par le
Guide. Ces paliers, énumérés au Tableau 10-1, sont caractérisés par des contextes financiers
différents et ils servent à illustrer l'évolution des conditions économiques qui régissent une
exploitation minière.
Tableau 10-1
10. E La fermeture:
arrêt de l'exploitation, démembrement, liquidation des actifs.
Une telle gamme de conditions financières pendant l'exploitation implique que les
teneurs repères qui guident l'établissement des réserves et le contrôle de la production varieront
en fonction des conditions financières différentes de ces diverses étapes. Tenir compte de ces
variations dans la planification et les états financiers prévisionnels demandera l'utilisation de
méthodes itératives appuyées sur des logiciels appropriés sur ordinateurs.
L'analyse économique comporte deux phases reliées mais distinctes: l'évaluation des
teneurs repères, teneurs coupures/teneurs marginales et l'analyse financière du projet minier en
vue d'en établir la valeur actualisée à partir de divers critères d'investissement.
Le Guide a déjà défmi, dans la section 7.1.3, les teneurs coupures, les teneurs
marginales et les teneurs de rentabilité. Rappelons les définitions fondamentales de Mortimer
(1950):
La teneur moyenne exploitée doit fournir un certain profit par tonne usinée: la teneur qui
correspond au seuil (ou minimum) de profit acceptable, c'est la teneur de rentabilité;....La
teneur minimale exploitée doit faire ses frais: c'est la teneur marginale, ou teneur de
coupure.
Pour l'évaluation des teneurs repères, le Guide s'appuie sur les travaux de Taylor
(1972) et de Lane (1988) déjà cités. Le livre récent de Lane "The Economic Definition of Ore"
fait étape pour la définition du minerai. Le Guide veut intégrer les aspects économiques aux
aspects de géologie et d'ingénierie déjà traités. Les teneurs repères sont essentielles à la défini-
tion du minerai. Le Guide recommande de garder aux termes réserve et minerai une significa-
tion stricte de faisabilité géologique, d'ingénierie et d'économique, dans la continuité des
réglementations des valeurs mobilières ((Tome II, chapitres 7 et 8 et Tome III, chapitre 3).
A) La teneur de rentabilité
TABLEAU 10-2
DONNÉES:
Le Guide rappelle la définition de Taylor, 1972, qui fait de la teneur de coupure (ou
teneur seuil) un concept général, un repère essentiel à toute évaluation de gisement: "La teneur
de coupure est toute teneur qui est utilisée, à partir de n'importe quel critère approprié, afin
de distinguer entre deux alternatives de décision et d'action".
Aux premiers stades des évaluations, on utilisera des teneurs de coupures d'ordre
conceptuel ou basées sur des considérations géostatistiques, ou sur des gisements de type ou
d'allure similaire, en fonction de choisir ou exclure des échantillons, des intersections ou des
blocs. Aux stades plus avancés de l'évaluation, lorsque les données d'ingénierie et
d'économique le permettent, la teneur de coupure sera la TENEUR MARGINALE (breakeven).
La teneur marginale est celle pour laquelle le revenu recouvrable est équilibré avec les coûts
attribués à partir du point de décision.
Lors de l'exploitation, la teneur marginale globale variera dans le temps selon les
charges financières qui caractérisent chaque âge de l'exploitation. Ainsi, au moment de l'étude
de faisabilité, la teneur marginale d'un gisement ou d'une zone minéralisée est celle pour
laquelle la valeur recouvrée des substances minéralisées vendues est égale aux coûts de
développement, d'extraction, de traitement et d'administration. C'est alors une teneur de
coupure globale qui sert à établir la limite concrète des zones ou des chantiers pour l'établis-
sement des réserves et le calcul de la faisabilité d'ensemble. Pour qu'il y ait rentabilité, pour
que la minéralisation devienne du minerai, la teneur de coupure doit être appropriée pour
permettre que la teneur de la zone sous étude soit plus élevée que la teneur de rentabilité.
Dans le détail de l'exploitation, des teneurs de coupure "ad hoc", plus ponctuelles,
sont requises à divers points, pour justifier des décisions à partir d'un choix entre diverses
options, en fonction des coûts et des revenus escomptés en aval. C'est le cas des blocs ou
tonnages minéralisés à faible teneur dont les frais amont sont déjà assumés. A la mine, il s'agit
de décider d'extraire ou de laisser en place/envoyer aux rejets un bloc donné. A l'usine, il
faut décider soit de traiter, soit de laisser aller aux piles de marginal. Ce sont ces points de
décision et situations que, dans la tradition minière française, les termes "carreau mine" et
"carreau laverie" décrivent. L'expérience minière montre cependant le danger de ces
procédures d'exception: si elles deviennent trop nombreuses la teneur moyenne exploitée sera
affectée à la baisse, ce qui fausse les prédictions. Dans un nouveau projet minier, il serait
trompeur et dangereux que la décision de la réalisation dépende de tels raffinements!
Les teneurs de coupure globales, que l'on applique aux réserves minières et à l'exploi-
tation, sont dérivées de la teneur de rentabilité dont la formule à été donnée à la section
précédente. Pour établir la teneur de coupure appropriée à un gisement ou une chantier donné,
la distribution statistique des teneurs, l'interprétation graphique de la géologie et des minéralisa-
tions et la distribution des blocs laigés seront mis à contribution.
géologie et de l'ingénierie, établissent les flux monétaires du projet pendant la période projetée
d'exploitation et permettent d'en évaluer la rentabilité. La valeur présente du projet sera
établie par l'application de taux d'escompte appropriés aux revenus anticipés pour le projet dans
les années futures et en faisant le total des montants ainsi obtenus.
Pour être véridiques, les états financiers prévisionnels doivent être établis d'un point
de vue autant opérationnel que financier. Autrement dit, les projections des dépenses annuelles
d'exploitation doivent représenter les coûts réels d'extraction et de traitement du minerai d'un
lieu défini du gisement, selon des méthodes d'extraction et de traitement adéquatement
déterminées. Les plans d'exploitation détaillés doivent avoir été établis pour chaque secteur et
chantier de la mine projetée; ces plans et études doivent être assez poussés pour déceler la non-
rentabilité de certains blocs de minerai qui pourront être exclus des chantiers projetés. a
valeur de l'étude de faisabilité et l'à-propos de la décision de mise en production du projet
minier, ainsi que le succès éventuel du projet, dépendent de la qualité de ce travail.
Les coûts d'investissement sont définis comme les "frais d'immobilisation pour la mise
en valeur d'un projet minier destiné à produire et à vendre ou encore à utiliser une quantité
déterminée de substances minérales". La distribution des coûts dans le temps doit être réalisée
à partir d'un échéancier des principaux investissements.
Les taxes sur les matériaux de constructions doivent être incluses s'il y a lieu. Les
taxes fédérales et provinciales sur l'équipement d'extraction et de traitement sont exclues.
Il est évident que les dépenses déjà encourues et accumulées pour l'exploration et
la mise en valeur du gisement avant l'étude de faisabilité, ne sont pas comptabilisées dans les
coûts d'investissement, mais doivent être incluses dans le calcul des droits miniers et des impôts
sur le revenu.
Il est important que les frais d'exploration et de mise en valeur qui sont projetés dans
les coûts d'investissement, soient classés selon le lieu ou le mode d'exploitation choisi afin que
soit facilité le calcul des droits miniers et des impôts sur le revenu. Les frais d'exploration et
de mise en valeur du projet principal d'une exploitation minière souterraine sont sujets à des
allocations additionnelles dans le calcul des droits miniers. De même, les frais d'exploration sur
des terrains s'applicant à d'autres projets que le projet principal sont sujets à des allocations
additionnelles dans le calcul des droits miniers.
B) La propriété minière
Les coûts projetés par un entrepreneur minier pour un déboursé ou pour des dépenses
d'exploration, de mise en valeur et de développement, afin d'acquérir une participation
quelconque au projet, ne sont pas nécessairement déductibles dans le calcul des droits miniers
ou de l'impôt provincial sur le revenu. Ce sujet très complexe exige que les stratégies et les
décisions soient appuyées sur des avis experts.
C) Les immobilisations
On définit les immobilisations comme "les biens matériels d'une durée relativement
longue. utilisés par une entreprise dans le cadre de ses opérations". Le coût d'une
immobilisation comprend tous les frais nécessaires à son acquisition et à sa mise en état afin
que les besoins de l'entreprise soient satisfaits.
D) Le fonds de roulement
Alternativement, le fonds de roulement nécessaire pourrait être défini comme "tous les frais
effectivement payés durant la période cible qui doit être au minimum de trois mois". Cette
méthode d'évaluation est suffisante pour déterminer le fonds de roulement d'un projet. Par
contre, ce fonds de roulement peut être modifié durant la période de production. Les ratios du
fonds de roulement et de trésorerie pourront servir de guides pour l'analyse de la capacité de
la société à régler ses dettes à court terme au fur à mesure de leur échéance:
Un ratio de 2 est généralement considéré comme très acceptable pour les mines d'or
n'ayant pas de provision pour créances douteuses. La trésorerie doit être suffisante pour
rencontrer les besoins de fonds de roulement de l'entreprise projetée. Le ratio de trésorerie est
suggéré pour vérifier ces besoins:
Un ratio de 1 est généralement considéré très acceptable pour les mines d'or à cause
de la solvabilité des clients.
Tableau 10-3
COUTS D'INVESTISSEMENTS
6. ADMINISTRATION: Bâtiments
Équipements
7. SERVICES: Bâtiments
Équipements
9. TRAITEMENT: Bâtiments
Équipements
Installations connexes
11. INVENTAIRE
13. ENVIRONNEMENT
NOTE:
Les frais de démarrage ne sont pas comptabilisés dans les investissements.
E) Les stocks
Dans une exploitation aurifère, les stocks sont constitués exclusivement des
approvisionnements en main pour que les délais de livraison soient évités et que la marche
continue de l'exploitation soit assurée. Le niveau des stocks requis peut varier grandement
selon sa localisation géographique de l'exploitation et selon les délais de livraison. Le niveau
d'efficacité d'une bonne gestion peut être déterminé par le taux de rotation des stocks par
rapport aux taux d'autres compagnies comparables:
F) Le renouvellement
G) La protection de l'environnement
Les lois et règlements existants obligent la compagnie minière à prévoir dans ses frais
d'implantation les mesures nécessaires pour la protection de l'environnement durant les
opérations normales. Il faudra aussi prévoir établir un fonds de réserve pour les
réaménagements requis à la fin de l'opération. Un tel fonds de réserve devra être suffisant pour
permettre également de faire face aux accidents ou aux circonstances imprévues qui mettraient
en danger la qualité de l'environnement naturel.
H) Le démarrage
Les comptes d'exploitation prévisionnels, ou états des résultats, présentent les revenus
d'une entreprise pour une période donnée (normalement 12 mois). Dans le cas de l'étude d'un
projet les comptes d'exploitation sont la base du bilan prévisionnel qui servira à établir la
rentabilité du projet.
TABLEAU 10-4
LES COMPTES D'EXPLOITATION PRÉVISIONNELS
COÛTS VARIABLES:
Forage de probation et d'exploration
Développement
Extraction
Traitement
Environnement
COÛTS FIXES:
Services
Géologie et ingénierie
Frais administratifs
Frais siège social
Taxes
Redevances
Amortissement
Fonds pour l'environnement
BÉNÉFICE D'EXPLOITATION
FRAIS FINANCIER
DROITS MINIERS
BÉNÉFICE NET
A) Les revenus
C'est la valeur brute de la production annuelle qui constitue les revenus d'une
entreprise minière. Dans les termes des lois fiscales, il s'agit de "la valeur réelle des
substances minérales vendues ou utilisées par un exploitant pendant un exercice financier au
prix du marché à l'époque de leur vente ou de leur usage ou la valeur réelle des substances
minérales expédiées ou utilisées par un exploitant pendant un exercice financier au prix du
marché d l'époque de leur expédition ou de leur usage, le tout selon la méthode régulièrement
employée par l'exploitant." (Loi concernant les droits sur les mines). Normalement, ces
revenus sont comptabilisés sur la base du revenu net après rafinage (N.S.R.), déductions faites
des frais de vente, transport, douanes. Les frais de raffinage peuvent être comptabilisés
différemment: les résultats sont similaires.
Les nombreuses fluctuations du prix de l'or sont attribuables aux phénomènes macro-
économiques et aux mouvements des marchés. C'est pourquoi plusieurs analyses de sensibilité
doivent être menées en fonction du prix de l'or selon les situations économiques projetées.
Certaines compagnies réussissent à profiter de façon importante des variations des marchés par
des politiques de préventes, d'emprunts d'or et autres. Ces stratégies ponctuelles et opératoires
d'optimisation ne peuvent évidemment êtres invoquées dans le cadre d'une étude de faisabilité.
La possibilité de leur utilisation serait plutôt incorporée dans les facteurs positifs de risque sur
lesquels s'appuiera la direction d'une compagnie pour prendre une décision.
B) Dépenses/bénéfices d'exploitation
Pour fins d'analyse, les dépenses d'exploitation sont divisées en coûts variables et en
coûts fixes:
les coûts variables sont des coûts qui augmentent en fonction de la production (le
tonnage). Ils comprennent la main-d'oeuvre, l'électricité, les explosifs, l'équipement
et le matériel nécessaires aux opérations ainsi que le matériel et les pièces de rechange
destinés à l'entretien.
les coûts fixes comprennent les services, l'ingénierie, les frais administratifs et
l'amortissement.
En déduisant les coûts variables et les coûts fixes des revenus, on obtient le bénéfice
d'exploitation. Il indique le véritable niveau de rentabilité des activités principales d'une
entreprise, avant la déduction des frais financiers, des impôts et des droits miniers. Des
analyses de sensibilité doivent être menées afin de mesurer les effets des variations des coûts
d'exploitation.
C) Les taxes
Les coûts considérables que représentent la mise en exploitation d'un dépôt minier et
les aléas du marché, causés par les variation du prix du métal, augmentent les risques des
entrepreneurs miniers. Les modalités de taxation des compagnies minières, autant au niveau
fédéral qu'au niveau provincial, peuvent compenser une partie des risques des nouveaux projets.
Parfois, l'attrait de ces bénéfices fiscaux pourra déformer le processus de décision
d'implantation.
Tableau 10-5
SOMMAIRE DE L'IMPOSITION FÉDÉRALE ET PROVINCIALE
AU NIVEAU CORPORATIF (aout 1988)
DÉDUCTIONS:
Allocation de ressources 25 %
(du profit avant frais financiers)
NON DÉDUCTIBLES:
Redevances
Droits miniers
Tableau 10-6
SOMMAIRE DES DROITS MINIERS DU OUÉBEC (32
LIMITE ANNUEL
CRÉDIT 90,000 $
cumulatif sur 3 ans
DÉDUCTIONS:
NON DÉDUCTIBLES:
32
A jour au 25 janvier 1989.
L'analyse des états financiers prévisionnels d'un projet permet, au moyen de ratios
et de coefficients, d'évaluer les rendements dans différents domaines et de les comparer aux
autres mines aurifères en exploitation dont les activités sont comparables et surtout de voir s'ils
rencontrent les objectifs financiers du promoteur du projet.
les liquidités servent à évaluer la capacité d'un projet à faire face à ses obligations à court
terme durant son exploitation. L'interprétation et l'analyse des liquidités ont été définies
dans la section des coûts d'investissement, le fonds de roulement et les stocks et ne seront
donc pas discutées ici;
la rentabilité sert à évaluer la viabilité d'un projet en fonction de ses revenus, son bénéfice
et ses investissements;
la structure financière sert à évaluer l'endettement et les fonds propres en fonction des
capitaux du projet;
10.3.1 LA RENTABILITÉ
La rentabilité est l'objectif le plus important dans l'analyse financière d'un projet. La
rentabilité mesure l'efficacité globale en établissant des rapports entre le profit net d'une part
et, d'autre part, le revenu, l'investissement et les fonds propres (avoir des actionnaires).
Ce rapport (ratio) indique le bénéfice net pour chaque dollar de revenu. En comparant
ce ratio à d'autres exploitations aurifères, la rentabilité du projet peut être mieux jugée.
Ce ratio indique le bénéfice net pour chaque dollar de l'actif. De même, la rentabilité
du projet peut être mieux jugée en la comparant à d'autres exploitations aurifères.
Ce ratio indique le bénéfice net pour chaque dollar de fonds propre investi (avoir des
actionnaires).
La structure financière est très importante pour évaluer la situation financière d'un
projet. Elle indique la provenance des capitaux d'un projet, soit au moyen d'emprunts, soit par
l'émission d'actions ordinaires ou privilégiées. Le ratio de structure financière est important
parce qu'il indique la proportion des différents titres émis par l'entreprise:
OBLIGATIONS A%
ACTIONS PRIVILÉGIÉES B%
ACTIONS ORDINAIRES C%
TOTAL 100 %
10.3.3 L'EFFICIENCE
La rentabilité d'une exploitation est influencée directement par les variation du prix
du métal, des frais d'investissement et d'exploitation et est aussi affectée par les phénomènes
macro-économiques. C'est pourquoi l'analyse économique et financières doit comporter
diverses analyses de sensibilité, menées dans le but de vérifier l'effet de variations
conjoncturelles ou stratégiques, telles:
- les coûts d'investissement;
- les frais d'exploitation;
- les prix de l'or et des autres métaux recouvrables;
- le taux d'inflation;
- le taux d'échange du dollar canadien;
- les taux d'intérêt;
- les subventions;
- les fonds propres;
- les emprunts;
- les facteurs d'offre et de demande;
- autres variations.
CHAPITRE XI
L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ
ET LA DÉCISION
Contenu
L'étude de faisabilité a pour fonction de vérifier (audit) toutes les études sur lesquelles-
s'appuie le projet d'implantation d'une exploitation minière et de faire le bilan du dossier. Le
but de ce bilan est d'établir si le projet justifie un investissement bancaire dans un projet de
caractère industriel (par opposition au caractère d'investissement de risque des stades de
découverte et de mise en valeur du gisement).
L'étude de faisabilité devra donc intégrer toutes les études appropriées; les chapitres
précédents tracé un panorama des aspects géologiques, techniques et économiques (directs).
L'étude de faisabilité, pour rencontrer son objectif et justifier (s'il y a lieu) la décision positive
d'implantation, doit donc tenir compte de tous les éléments de risque que comporte le projet.
Il faudra également inclure dans l'étude de faisabilité les aspects environnementaux et leurs
coûts (ce qui dépasse le cadre de ce Guide), ainsi que les aspects et coûts socio-politiques
susceptibles d'influencer la faisabilité ou la rentabilité du projet.
Une telle appréciation requiert une évaluation basée sur des critères détaillés dans tous
les axes de connaissance qui touchent le projet à réaliser. C'est la seule façon de minimiser les
risques de frais imprévus et accrus et d'erreurs techniques qui nuiraient à l'aménagement du
projet ou encore changeraient les conditions et la rentabilité de l'exploitation projetée. C'est
la différence majeure entre l'étude de faisabilité du stade 8 et les études préliminaires de
faisabilité qui sont exécutées à la fin de chacun des programmes de travail et/ou de chacun des
stades ou qui ont précédé le stade 8.
Le texte déjà cité du Guide "Underground Metal Mining", commandité par CANMET,
est un exemple type de procédures d'estimations adaptées aux stades préliminaires d'évaluation
(stades 4 et 5) et c'était le but recherché par ses commanditaires. Par contre les méthodes
d'estimation de ce type ne permettent pas d'atteindre, dans la plupart des cas, la précision
requise pour une décision de mise en production, mais plusieurs s'en contentent.
C'est dans ce contexte que l'on pourrait situer des observations du Rapport du Comité
Conjoint de l'Ordre des ingénieurs du Québec et de l'Association professionnelle des géologues
et des géophysiciens du Québec85, concernant des lacunes de certaines études de faisabilité
qui ont pour but d'appuyer des décisions d'investissements:
Ces commentaires recoupent ceux de Grace (1986), Knoll (1989) et de Clow (1990),
cités en section 3.3. De nombreux exemples récents confirment le danger des attitudes décrites
lorsqu'il s'agit de décider d'un investissement qui doit être rentable. Autant il serait stérile
d'utiliser des critères trop exigeants pour les évaluations faites aux stades initiaux des projets,
oa l'essentiel est de vérifier le potentiel de découverte minérale et de mise en valeur d'un
gisement, autant l'évaluation qui précède la prise de décision doit s'appuyer sur des données
et des critères qui respectent le caractère de cette décision. Souvent, les intervenants en
exploration n'ont pas l'expérience requise pour faire face aux conditions de ces nouvelles étapes
et aux décisions qu'elles amènent.
des marges d'erreur à la hausse pouvant aller à 40% ou plus. Des logicels d'évaluaation au
stade de la préfaisabilité ont également été développés tel celui présenté par Nagle& (1988)
qui vise une marge d'erreur de +/- 30%. De telles procédures sont acceptable pour une étude
préliminaire de faisabilité, mais tout à fait insuffisant pour une décision de caractère
commercial. C'est pourquoi les travaux de conceptions au stade de la faisabilité doivent être
complétés par la planification détaillée requise pour assurer une marge d'erreur à la hausse
maximum de 10% On oublie souvent qu'il n'y a pas de risque financier sur une estimation trop
haute, il y a seulement le danger, en surestimant les coûts et/ou le risque, de déprécier une
occasion de gain. L'optimisme aveugle des débuts d'un projet doit être remplacé à l'étude
de faisabilité par un optimisme pondéré et lucide.
C'est dans cette perspective que l'étude de faisabilité finale doit faire l'évaluation et
la vérification de tous les éléments servant à calculer la faisabilité et la rentabilité du projet.
Cette revue implique tous les travaux de probation et de valorisation, les informations
factuelles, les résultats calculés, les inférences et hypothèses. A partir de cette revue, on pourra
établir des marges d'erreur sur tous les éléments importants servant à calculer la faisabilité et
la rentabilité du projet. Ces données serviront aux études de sensibilité et à l'établissement du
risque global de l'investissement.
Il s'agit des résultats des études des chapitres 4 à 7 du Guide. Le gisement est le
principal actif physique d'un projet minier. Son évaluation doit être envisagée comme un
véritable inventaire qui vise a tirer l'avantage maximum des informations disponibles: aucun
aspect de l'interprétation des informations ne doit être négligé. A partir des acquis ainsi établis,
la direction de la compagnie évaluera les risques du projet et décidera de l'importance qu'elle
doit donner au potentiel additionnel de la propriété, exprimé par les minéralisations inférées et
par le contexte métallogénique.
La planification détaillée qui caractérise un projet minier doit également s'étendre aux
aspects géologiques et miniers du dossier. Grimley 1986 (11, souligne l'importance de la
géologie dans le processus de planification de l'exploitation éventuelle, processus qui doit
prendre place à l'étape de faisabilité. Pour le banquier, il est essentiel que la portion du
gisement qui sera exploitée au début de l'opération et sur laquelle repose le remboursement du
prêt, soit adéquatement connue.
Il faudra donc que soient planifiés (et budgetés!) dès l'étude de faisabilité, les travaux
et échantillonnages additionnels à faire au stade de l'aménagement de la mine pour assurer les
premières années de production. Trop souvent, on met en veilleuse les travaux géologiques à
ce stade, en donnant priorité aux autres investissements, mais souvent avec des résultats
douloureux.
Pour les aspects miniers, les mêmes remarques déjà faites pour la géologie
s'appliquent: l'interprétation et la planification sur papier coûtent moins cher que dans la mine!
Il faut donc prévoir non seulement le plan optimum, mais aussi les éventualités défavorables,
les teneurs plus basses, les roches moins compétentes, les volumes moins importants, qui
pourraient affecter soit les coûts des investissements, soit les coûts d'exploitation et par
conséquence la rentabilité des fonds investis.
Côté minéralurgie, les essais en laboratoire, en usine pilote et, s'il y a lieu, en usine
industrielle, devront avoir été assez élaborés pour établir le procédé de concentration avec
suffisamment de détails pour assurer la récupération prédite. Il faut également s'assurer, avec
une marge d'erreur limitée pour l'invervalle de confiance choisi, que le procédé choisi et pour
lequel l'usine de concentration est construite convient vraiment. On connaît nombre de cas où,
faute d'essais appropriés ou suffisants, l'usine n'a pas fourni, soit la récupération, soit la qualité
du produit anticipée avec des conséquences désastreuses.
Les plans de la mine autant que ceux de l'usine doivent être établis avec un détail
suffisant pour assurer une marge étroite (<10%) de variation à la hausse des coûts de
réalisation.
B) L'environnement
l'application. Il faut également compter sur les aléas de l'opinion publique et des campagnes
de pression. Vaut mieux être bien préparé que surpris et contrit!
11.2.3 L'ÉCONOMIQUE
L'étude de faisabilité doit comprendre des études situant les perspectives du contexte
commercial passé, présent et futur du produit que l'on envisage produire. La situation est plus
simple pour l'or à cause de son rôle économique officieux et l'aspect offre et demande est
minimisé dans les études économiques par rapport aux autres aspects. Cependant l'augmen-
tation de la production d'or à travers le monde justifierait une plus grande emphase sur les
aspects de marché, sur les relations de demande et d'offre et on aurait tort de négliger
d'entreprendre des études et des pronostics des prix futurs de ce métal.
Cette étape implique une analyse élaborée des prédictions financières pour établir
d'une façon détaillée l'effet des variations inhérentes aux marges d'erreur et aux autres aspects
du projet minier envisagé. Les éléments géologiques et miniers doivent être inclus, autant que
les éléments économiques dans ceux dont on évalue l'impact sur la rentabilité du projet.
Malheureusement, cette discipline essentielle à l'évaluation du risque, à laquelle s'astreignent
beaucoup de sociétés minières, est souvent ignorée ou évitée par d'autres.
TABLEAU 11-1
PLAN D'ANALYSE DE SENSIBILITÉ
SUJET MARGE D'ERREUR (33
Axe géologique
Géologie du gisement
Échantillonnages
Estimation des réserves minières
Axe de l'ingénierie
Aspects miniers
Rendement minier
Coûts d'investissements
Coûts d'exploitation
Contrôle de la qualité
Aspects minéralurgiques
Qualité du concentré
Rendement minéralurgique
Coûts d'investissement
Coûts d'exploitation
Aspects environnementaux
Coûts des aménagements
Dommages imprévus
Axe économique
Conditions de financement
Prix des métaux
Perspectives des marchés
Aspects sociaux économiques
Aspects politiques
33
Marge d'erreur relative (X) à un niveau de confiance de 90%. Aucun chiffre n'est
proposé ici, sauf pour les marges d'erreur suggérées pour les réserves et les gisements
délimités. Il s'agit ici d'un prototype à développer par l'expérience.
11.3 LE RISQUE
nouveau qu'il n'y a pas de gloire et rarement de gain, à assumer des risques qu'un travail et
des frais modérés auraient permis de réduire de façon appréciable.
11.4 LA DÉCISION
L'histoire minière récente montre plusieurs échecs reliés à des évaluations techniques
incomplètes, à des choix erronés et à des erreurs d'orientation dans la réalisation de projets
miniers. Les lacunes des dossiers de géologie, d'ingénierie et d'économique influenceront les
critères d'appréciation et les motivations de l'entrepreneur ou du gestionnaire pour l'entraîner
à une mauvaise appréciation des facteurs de risque ou des marchés. Des décisions non
appropriées au contexte technique et économique mèneront ensuite à des échecs financiers.
Par contre, certains ont réussi à bâtir des empires miniers sur des projets qui
apparaissaient douteux au moment de la décision. De tels succès, qu'ils s'appuient sur la
chance ou sur une très grande habileté, n'autorisent pas les professionnels, l'entrepreneur
ou le dirigeant de se passer d'informations ou d'études qui pourraient être obtenues sans
trop de frais et qui réduiraient l'ampleur des risques qu'il faudra assumer pour prendre
la décisions d'aller de l'avant.
CHAPITRE XII
Les éléments de procédures et les normes qui suivent sont proposées pour guider la
préparation d'un rapport de faisabilité ou d'un rapport de qualification. Il y a déjà plusieurs
instructions et règlements et notes explicatives qui couvrent ces questions; les personnes
chargées de vérifier les rapports de qualification se plaignent toutes de la difficulté de faire
appliquer les règlements actuels. Selon le Guide le problème fondamental n'en n'est pas un
de réglementation, mais de standards de travail et de normes de pratique professionnelle.
En général le Guide pousse la rigueur et les exigences de vérification et de standardisation plus
loin que les réglementations actuelles dans une optique de plus grande cohérence et de plus
grande rigueur. Il faudra revoir toute cette question après une période de réflexion sur le
contenu du Guide. Quelques éléments qui sont discutés dans les chapitres qui précèdent sont
rappelés dans les paragraphes qui suivent.
A) L'information géologique
Il faudra éviter d'utiliser, dans la présentation des estimés des réserves, des chiffres
qui dépassent la précision réelle des estimés. On sait que la marge d'erreur globale des
réserves prouvées est rarement moindre que 10% sur la teneur (et en pratique sur les tonnes).
Par contre, l'expression d'une précision sans rapport avec l'exactitude réelle des chiffres est
fréquente sinon habituelle dans les estimés des réserves et surtout dans les catégories moins
échantillonnées de ces réserves. Les estimés des minéralisations inférées, ou "réserves
possibles" ne sont pas selon les définitions actuelles des estimés quantitatifs. Il n'est donc pas
approprié d'utiliser dans de tels estimés des chiffres et des formulations qui donnent
l'impression que la marge d'erreur du volume est presque nulle, que la teneur est connue au
troisième ou au quatrième chiffre significatif, quand en réalité la précision du premier chiffre
est déjà faible!
Les réserves de minerai et les ressources délimitées constituent le principal actif brut
d'une compagnie minière. Le principe général qui devrait s'appliquer est que, tout autant que
le bilan financier de la compagnie, les autres constats de l'état d'une exploitation devraient être
soumis à un vérificateur spécialisé externe à la compagnie. C'est le cas du bilan des réserves
et tout autre dossier touchant les aspects de sécurité, d'ingénierie ou d'environnement d'une
exploitation.
Un tel rapport d'expertise doit être confié à un professionnel doté d'une longue
expérience pertinente. Soulignons que la Commission des Valeurs Mobilières du Québec, dans
le règlement Q-23, demande un minimum de sept ans d'expérience pour tout géologue /
ingénieur qui rédige un rapport de qualification servant à un financement d'exploration minière.
Dans la pratique, le rôle d'expert indépendant que remplit le professionnel est difficile.
En effet, il est choisi par un client qui se garde souvent le rôle principal dans la définition du
mandat et de ses limites (et même parfois, des conclusions). De plus, c'est le client qui acquitte
(ou non) la note d'honoraires du professionnel et qui le choisira (ou non) pour un prochain
mandat. Il est donc important que le professionnel puisse s'appuyer sur des normes
suffisamment explicites et structurées, ce que le présent Guide s'efforce de faire. Il est
également important que des repères et instances soient disponibles pour trancher, dans un
contexte professionnel, les cas litigieux qui se présentent. L'objectif est d'améliorer la qualité
des standards de pratique et des rapports professionnels.
Le Guide désire souligner l'à-propos, dans ces conditions, d'un mécanisme de révision
utilisé depuis plusieurs années à la Commission des valeurs mobilières de Colombie-
Britannique, le Comité d'experts. Nous décrirons ici la structure et le fonctionnement de ce
Comité. Une description plus élaborée est présentée dans une série d'articles du magazine
Mining Review de juillet/août 1988, particulièrement dans Stewart & Martin, 198888.
2) les contacts plus directs entre professionnels que préconise la CVCB accélèrent les
échanges et permettent de réduire les frictions et les délais qui freinent le cheminement des
dossiers. Ce mécanisme permet également, et c'est très important dans le cas de
l'évaluation des gisements, une meilleure concertation et conciliation technique entre les
points de vue divergents des divers professionnels impliqués.
4) le Comité d'experts témoigne face au public, face à l'industrie et face aux milieux
financiers, du souci de la Commission des valeurs mobilières de Colombie-Britannique
d'assurer une expertise étendue autant qu'approfondie derrière les évaluations.
Chapitre XIII
PERSPECTIVES
13. PERSPECTIVES
La démarche suivie par le Guide a consisté d'abord en une revue des caractéristiques
du développement minéral, suivie d'une revue critique de l'ensemble des aspects de l'évaluation
des gisements d'or. Les aspects géologiques, d'ingénierie, d'économique et de réalisation ont
été reliés dans une perspective systémique. La problématique et la grille d'analyse qui ont été
appliquées, ainsi que les recommandations apportées au niveau des procédures méthodes et
normes, sont de nature à améliorer toutes les procédures reliées à l'évaluation des gisements.
Le Guide considère qu'il devrait en résulter une amélioration de la précision des évaluations des
gisements d'or aux divers stades et étapes. Même s'il n'a pu percevoir tous les problèmes ni
formuler toutes les solutions, le Guide a voulu contribuer, modestement, à baliser le
cheminement vers les méthodes, techniques et systèmes de l'avenir.
RÉFÉRENCES
3. 1988, "Australasian Code for Reporting of Identified Mineral Resources and Ore
Reserves", Report of the Joint Committee of the Australasian Institute of Mining and
Metallurgy and the Australian Mining Industry Council.
6. Harrisson, 1983, "A Schema for Classifying and Reporting Mineral Ressources:
Rationalizing the Needs for Consistency and Accuracy with the Demands for
Disclosure", conférence et résumé au congrès de l'AIME.
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Review, July August, pp 27-39.
---000---
ANNEXE I
REMERCIEMENTS
A 1. REMERCIEMENTS 303
A 1. REMERCIEMENTS
Géoconseil Marcel Vallée inc. et Roche ltée, Groupe Conseil tiennent à transmettre
leurs remerciements à tous ceux qui ont contribué à la rédaction et/ou à l'amélioration du Guide
d'évaluation des gisements d'or et plus particulièrement aux personnes dont les noms
n'apparaîtraient pas dans les listes qui suivent.
- Bourse de Montréal
Michel Champagne, géologue, MSc.
- Cambior inc
François Viens, ingénieur géologue
GMV Inc. et ROCHE Ltée ont procédé, à partir de la version préliminaire du Guide,
à une consultation auprès d'environ 40 personnes impliquées à divers niveaux dans les
problèmes d'évaluation des gisements, pour s'assurer d'atteindre les objectifs visés dans l'appel
d'offre pour la préparation du Guide. La liste qui suit donne les noms de toutes les personnes
qui ont transmis des opinions et avis aux rédacteurs du Guide. Certains d'entre eux ont fait une
revue critique élaboré de ce texte. GMV et Roche ainsi que le Centre de Recherche remercient
toutes ces personnes pour leur contribution bénévole, mais très importante, à l'amélioration et
la mise au point du Guide.
R. G. Stevenson, P. Eng.
Commission des valeurs mobilières de la Colombie Britannique
Vancouver, B.C.
UNIVERSITÉS
André Bonenfant
Minéraux Noranda, Division Matagami
Matagami, Qué.
Mai 1990
000
VRAC / CONVENTIONNELS
VOLUME PROCEDURES TENEURS REPERES ERIFICATION
SURFACE MODELISATION GEOSTATISTIQUES GEOLOGIE
MODELISATION
NIVEAU INGENIERIE
GÉONÉCAN IQU GISEMENT ECONOMIQUE
LEGAL
ENVIRONNEMENT
Fig. 2.3
GÉOLOGIE
Information
Interprétation
Calculs
Modélisation
Pertes de Dilution
minéralisation minière
INGÉNIERIE
Méthode d'exploitation
Taux de production
Teneur de coupure
i
Plan d'exploitation
i
ÉCONOMIQUE
Prix
Demande Profits
Coûts
EXPLOITATION
Mine
Concentrateur
Grillage / Affinage