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GM 63293

GUIDE D'EVALUATION DES GISEMENTS D'OR - TOME 2 - METHODE D'EVALUATION


CENTRE DE RECHERCI lES MINÉRALES

GUIDE D'ÉVALUATION DES


GISEMENTS D'OR
Tome 2
Méthode d'évaluation

I3 esunurces nnfureilen e1 Faune, Oua;bF.

Z 1 FcV. 200
Service de la Géoinformatior ~

GM 63293

Québec ~®
GUIDE D'ÉVALUATION DES
GISEMENTS D'OR
Tome 2
Méthode d'évaluation

pour le
Centre de recherches minérales

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Tous droits réservés

GÉOCONSEIL LtiU
MARCEL VALLÉE INC.
Ltée Groupe-conseil
Publié et diffusé par
le Centre de recherches minérales
Ministère de l'Energie et des Ressources
2700, rue Einstein
SAINTE-FOY (Québec)
G1P 3W8

Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec


4e trimestre 1990

ISBN: 2-551-12472-7 (série complète)


ISBN: 2-551-12474-3 (tome II)
PRÉAMBULE

Le Centre de recherches minérales est heureux de vous présenter ce Guide d' évaluation des
gisements d'or destiné aux professionnels et aux responsables de l'évaluation des aspects
relatifs à la géologie, l'ingénierie et l'économie des gisements d'or. Ce guide sera utile autant
pourles compagnies minières ou d'exploration que pourles différents organismes financiers,
de réglementation et gouvernementaux impliqués dans le domaine minier.

La rédaction du guide a été confiée au cours du printemps 1989 au consortium Géoconseil


Marcel Vallée inc. - Roche liée, Groupe Conseil. Plusieurs organismes ont participé au
financement et au suivi des travaux de rédaction :

• Association minière du Québec inc. (AMQ)


• Association professionnelle des géologues et des géophysiciens du
Québec (APGGQ)
• Association des prospecteurs du Québec (APQ)
• Bourse de Montréal
• Cambior inc.
• Centre de recherches minérales (CRM) (commanditaire principal)
• Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ)
• Géophysique GPR International inc.
• Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ)
• Unité de recherche et de service en technologie minière de 1'Abitibi-
Témiscamingue (URSTM).

Les deux principaux objectifs poursuivis dans ce document sont de fournir des procédures
et des outils appropriés d'évaluation des gisements d'or et d'établir des définitions des
réserves plus cohérentes et plus pertinentes que celles utilisées présentement. Le guide
d'évaluation des gisements d'or contient aussi une description complète du processus de
développement minier.

Ce document s'inscrit dans la liste des guides que le Centre de recherches minérales met à
la disposition de ceux qui oeuvrent dans le secteur minéral.

Le directeur général
du Centre de recherches minérales,

Jacques Saint-Cyr, mg.


Méthode d'évaluation

SOMMAIRE

Le Guide d'évaluation des gisements d'or vise, par une analyse critique des étapes et
composantes de l'évaluation des gisements d'or et de la classification des réserves, à améliorer
la précision des estimés et à réduire les risques de perte financière que comportent les
décisions d'investissements dans le secteur minier. Le Guide analyse, dans une approche
systémique, les travaux d'évaluation et de mise en valeur des gisements minéraux dans l'axe de
la géologie, dans l'axe de l'ingénierie et dans l'axe de l'économique. La même attention est
apportée aux systèmes de classification des réserves et des ressources.

Le Guide s'adresse d'abord aux professionnels(2 et aux cadres techniques; et, par
extension, aux dirigeants et administrateurs des compagnies. Le Guide pourra également servir
aux autres intervenants dans le développement minéral, tels le personnel des organismes financiers,
des ministères et des organismes de réglementation.

Le Guide d'évaluation des gisements d'or comporte trois Tomes: le Précis, la Méthode
d'évaluation et la Classification des Réserves et des Ressources. Le Précis d'évaluation présente
une perspective synthétique et résumée du Tome II selon les mêmes chapitres et subdivisions
principales et résume la classification des réserves présentée au chapitre 3 du Tome III. Le Précis
a pour but de faciliter l'accès à l'ensemble du Guide et aux sujets d'intérêt particulier pour le
lecteur.

Après un exposé de la problématique du développement minéral (chap. 2), la démarche


du Tome II du Guide fait ressortir les éléments du processus d'évaluation des gisements (chap. 4).
Ces éléments sont la quantification croissante des connaissances, le caractère itératif et multidis-
ciplinaire des travaux et des intervenants et le contexte probabiliste des résultats du processus
d'évaluation d'un gisement minéral. Le cheminement du Guide consiste à déterminer, par une
analyse rigoureuse, les divers éléments et étapes de perte du métal et de dilution du minerai qui
nuisent au rendement global d'une exploitation minière. Les notions de précision, de niveau de
confiance et de marge d'erreur des estimés et de risque relié à la décision de réalisation du projet
sont développées dans cette problématique. Cette démarche du Guide est essentielle à
l'établissement de systèmes experts éventuels pour l'évaluation des gisements.

Estimation: 1) action d'estimer, de déterminer la valeur, le prix.. 2) action


d'évaluer.. Dictionnaire Robert. La langue française ne possède pas de substantif
correspondant au substantif anglais "estimate" pour identifier les résultats d'une
estimation. Le Guide utilisera le mot "estimé" (dérivé du participe passé de estimer),
pour exprimer ce concept essentiel.

2 Dans le Guide d'évaluation des gisements d'or, le masculin est utilisé de façon générale
pour signifier à la fois le masculin et le féminin, pour raisons de simplicité.

Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Dans l'axe de la géologie, le Guide vise l'optimisation du travail géologique (chap. 4), des
diverses méthodes d'échantillonnages (chap. 5), des méthodes analytiques (chap. 6). Ces étapes
permettent l'estimation, à partir des aspects géologiques, géostatistiques et miniers, des volumes,
des masses et teneurs qui constitue l'inventaire des gisements et des réserves minières(chap. 7).
Dans l'axe de l'ingénierie, les aspects miniers (chap 8) et minéralurgiques (chap. 9) font l'objet
d'une revue détaillée dans la même perspective de cerner les éléments qui contribuent aux pertes
et d la dilution, dans le but d'améliorer l'ingénierie du projet.

Dans l'axe de l'économique (chap 10), le Guide analyse les divers éléments qui contribuent
à la rentabilité et propose une cheminement de travail . L'étape de faisabilité et de décision (chap.
11) constitue un bilan rigoureux du projet, bilan qui doit s'appuyer sur des éléments quantitatifs
pour assurer le rendement des investissements dans le projet industriel envisagé. Le Guide
propose ensuite (chap. 12) des normes d'application axées sur le rôle des professionnels dans la
présentation et la révision des dossiers techniques aux Commissions des valeurs mobilières, avec
l'appui d'un Comité de Révision, ou Comité d'experts, pour la revue des dossiers litigieux.

En perspective (chap 13), le Guide souligne qu'une amélioration des processus d'évaluation
des gisements et de décision se traduira par une plus grande efficacité de l'industrie et des milieux
financiers et par une plus grande rentabilité, autant des capitaux de risque aux divers stades
du développement minéral que des investissements de production. De tels résultats ne pourront
qu'avoir des rétro-actions bénéfiques sur la perception du public et des milieux financiers pour
l'exploration et la mise en valeur des gisements miniers au Québec et au Canada, ce qui
contribuera à améliorer la disponibilité de capitaux de risque pour l'exploration minière
canadienne.

Le Tome III, Classification des réserves et des ressources, présente d'abord une
perspective des divers systèmes de classification des réserves utilisés depuis le début du siècle
(chap. 1) et une revue critique des principaux problèmes (chap. 2). A partir de ces éléments, le
Guide propose un système mieux structuré d'inventaire minéral et de classification des réserves
(chap. 3). En suivant l'usage déjà établi, le terme réserve ne sera utilisé que dans une mine en
exploitation commerciale ou dans un projet où les connaissances dans tous les axes de connaissance
sont suffisantes pour permettre d'établir la rentabilité d'un projet de développement minéral. Aux
stades de délimitation, de définition et de mise en valeur du gisement, où la connaissance est
surtout d'ordre géologique, les termes gisement délimité et minéralisations inférées (ce dernier
remplaçant les "réserves possibles) seront utilisés

Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

SUMMARY OF THE GUIDE

Proper appraisal of mineral deposits at all stages of mineral development is essential to insure
the efficiency of the mineral development process as well as appropriate economic returns of these
activities to the investors. The Guide to Evaluation of Gold Deposits 1 reviews the various steps
and components of the evaluation of gold deposits and the classification of reserves, in order to
improve the accuracy of the estimates and reduce the risks of financial losses that are tied to
investment decisions in the mining sector.

The Guide is designed primarily for the professionals directly involved in the geological,
engineering and economic aspects of mineral development, but it will also be of use to operation and
corporate management. It should also be useful to other groups also involved in mineral development,
such as financial organizations, government departments and regulatory agencies.

The first Volume of the Guide "Précis d'évaluation", presents a synthesis of Volume II,
"Méthode d'évaluation" and Volume III, "Classification des réserves et des ressources". Volume
II, the "Méthode.." reviews, in a systemic manner, the components of mineral deposits evaluation in
the successive stages of mineral development, based on the main axes (or domains) of knowledge:
geology, engineering and economics. The treatment is elaborate, with case studies and references.
Volume III, "Classification..", after a summary presentation and critical review of the various reserve
classification systems in use, offers a revised, more integrated system.

Volume II, the "Méthode.." first presents an outline of the context of mineral development
and the problems of ore reserve classifications (chap. 2-3). This review emphasises the significant
elements of deposit evaluation: the increasing quantification of knowledge, the iterative character of
evaluation work, the multidisciplinary aspects of the evaluation processes, and the probabilistic aspects
of most of the estimates. Improving the efficiency of the investment decisions requires to generalize
the use of a more thorough approach to evaluation of deposits, so that the forecasts of production
grade and tonnage and anticipated revenue are more often met. The Guide reviews systematically the
steps and procedures that contribute to metal loss and ore dilution: these are direct drains on the
efficiency of all phases of mining evaluation, extraction and ore dressing. Similar approaches are
already followed by numerous companies or consultants, but not by all, as events too often show.

In the geological axis or domain, the Guide describes the characteristics of geological
appraisal work (chap 4), sampling methods (chap. 5), assaying methods and procedures (chap. 6). The
various steps and methods for the estimation of volumes, masses and grades of mineral deposits are

1990, "Guide d'évaluation des gisements d'or", sponsored by the Centre de recherches
minérales du Québec and seven other organisations and prepared by Géoconseil Marcel
Vallée inc. and ROCHE ltée, Groupe conseil.

Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode dévaluation

covered in chapter 7. To help quantify the non-statistical concept of precision of the estimates, the
terms margin of error and confidence level of the estimates are used throughout.

In the engineering axis, mining and ore dressing aspects (chap. 8-9) are reviewed in detail,
with the same objective of defining ore/metal losses and dilution introduced at the various steps of
evaluation as well as improving the engineering aspects of the project. The key emphasis is on the
interrelation between ore deposit features and the mining / milling methods chosen. Resulting ore
dilution and ore losses are directly related with these choices. The direct relation of appropriate,
rigorous sampling of gold ore to accurate control and auditing of the process is emphasized.

In the economic axis the Guide reviews the various elements required to establish the
economic feasibility and the profitability of the mining project, and proposes assessment procedures
and steps (chap. 10). The final (bankable) feasibility study and the decision it supports must be based
on appropriate quantitative estimates of all aspects involved, in order to insure the profitability of the
investments required for mine development (chap. 11); at this stage, proper evaluation of all risk
factors that cannot be quantified is essential to insure proper returns on these investments. Chapter
12 suggests norms for the presentation of professional reports dealing with reserve estimation,
feasibility studies and mine financing.

Volume III, Classification des réserves et des ressources first presents the various systems
used for ore, reserve and resource classifications since the start of the century (chap. 1) and makes a
critical review of the main problems encountered, in particular with use of the terms ore, reserves,
possible reserves(chap. 2). A revised system for mineral inventory and reserve classification aims
to integrate the significant features of the existing ones (chap. 3).

The key elements of the proposed classification system follow current trends. The term
reserve shall be used in an operating mine or in a mining project, only when information in the
geological, engineering and economic knowledge and information is appropriate to insure the feasibility
of the mining project: "reserves" are by definition "mining reserves". At earlier stages of deposit
development, when quantitative knowledge is available mainly in the geological axis, the terms
"delimited mineralized resource" or "delimited mineral deposit" shall be used. Both Proven and
Probable reserves shall be subdivided in two classes to better express the many steps of mineral
valuation; similar divisions shall be used for the delimited mineralisation. In addition, the category
of "Possible reserves" should be replaced by that of "Inferred mineralisation" (or resources); this
solution conforms to SEC regulations and to the recommendations of the Australasian Code. Use of
the margin of error of the estimates at a confidence level of 90% is proposed as an objective, in order
to establish their precision and distinguish categories and classes.

II. iv Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

GUIDE D'ÉVALUATION DES GISEMENTS D'OR

TOME II : MÉTHODE D'ÉVALUATION

SOMMAIRE

SUMMARY OF THE GUIDE iii

1. INTRODUCTION 3

2. LE PROCESSUS DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 7

3. LES LIMITES DE L'ÉVALUATION DES GISEMENTS 27

AXE GÉOLOGIQUE

4. LE CONTROLE GÉOLOGIQUE 43

5. LES ÉCHANTILLONNAGES 71

6. LES ANALYSES 97

7. L'ESTIMATION DES VOLUMES, MASSES ET TENEURS 113

AXE DE L'INGÉNIERIE

8. LES ASPECTS MINIERS 179

9. LES ASPECTS MINÉRALURGIQUES 219

AXE DE L'ÉCONOMIQUE

10. LES ASPECTS ÉCONOMIQUES 247

11. L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ ET LA DÉCISION 271

APPLICA77ON

12. LES NORMES ET LEUR APPLICATION 283

13. PERSPECTIVES 291

RÉFÉRENCES 293

ANNEXE - REMERCIEMENTS 303

Guide d'évaluation des gisements d'or II. V


Méthode d'évaluation

LISTE DES FIGURES

FIGURE TITRE Page

2-0 Le développement minéral 11


2-1 Stades du développement minéral 13
2-2 Évolution des ressources vers les réserves 15
2-3 L'Évaluation des gisements d'or En fin du texte

3-1 Composantes du développement minéral 29


3-2 Pertes et dilution dans l'exploitation 30
3-3 Diagramme des interrelations 31

4-0 Les aspects d'évaluation géologique 45


4-1 Géométrie des veines 51

5-0 Aspects des échantillonnages 73


5-1 Échantillonnages souterrains 86
5-2 Diagrammes de comparaison 90

6-0 Déterminations analytiques 99

7-0 Estimation des volumes masses et teneurs 115


Mine Doyon
7-1 Histogrammes des échantillons des forages - Zone 1 128
7-2 Histogrammes des échantillons des forages - Zone 2 129
7-3 Contours du minerai: Pondération de la distance 132
7-4 Contours du minerai: Krigeage 133
7-5 Distribution type des forages 134
7-6 Localisation des forages: Mine Doyon 135
7-6A Marges d'erreur d'estimation: globales et des blocs 144
7-7 Diagrammes d'estimation 152
7-8 Distribution des échantillons des forages, Zone 1 155
7-9 Distribution des échantillons des forages, Zone 2 156
7-10 Correction des hautes teneurs, Zone 1 157
7-11 L'effet proportionnel 158
7-12 Directions d'allongement 160
7-13 Variogrammes logarithmiques, Zone 1 161
7-14 Variogrammes relatifs, Zone 1 162
7-15 Volume d'influence, Zone 1 163
7-16 Système de blocs krigés 164
7-17 Section avec blocs krigés et blocs minés 165
Mine McBean
7-18 Variogrammes 167

II. vi Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

9-19 Variogrammes 168


7-20 Carte des bancs et limite des blocs 169
Mine Chimo
7-21,22 Semi-variogrammes des teneurs et des épaisseurs 171

8-0 Aspects miniers 181


8-1 Méthode chambre et piliers: horizontale 188
8-2 Méthode chambre et piliers: par paliers 189
8-3 Méthode par longs trous de petits diamètres 192
8-4 Méthode chambres magasin 193
8-5 Méthode coupes et remblais 196
8-6 Méthode coupes et remblais: accès des chantiers 197
8-7 Méthode Avoca 198
8-8 Méthode de soutirage par chambres foudroyées 200

9-0 Aspects minéralurgiques 221


9-1 Schéma de lixiviation en tas 226

LISTE DES TABLEAUX

5-1 Comparaison des méthodes d' échantillonnage des volées 87

7-1 Mailles types 140


7-2 Normes de classification 146
7-3 Marges d'erreur des classes 147

8-1 Caractéristiques des méthodes minières 202


8-2 Efficacité des méthodes minières 203
8-3 Évaluation de chantier 210
8-4 Bilan des réserves: réserves totales 214
8-5 Bilan des réserves: réserves et minéralisations 215
8-6 Bilan des réserves: catégories 216

10-1 Ages d'une exploitation minière 251


10-2 Teneur globale de rentabilité économique 253
10-3 Coûts d'investissements 259
10-4 Comptes d'exploitation provisionnels 261
10-5 Sommaire de l'imposition fédérale et provinciale 264
10-6 Sommaire des droits miniers du Québec 265

11-1 Plan d'analyse de sensibilité 276

Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE I

INTRODUCTION

1. INTRODUCTION 3

1.1 LA PROBLÉMATIQUE 3
1.1.1 RESSOURCES ET RÉSERVES 4
1.1.2 L'ÉVALUATION DES GISEMENTS D'OR 4

1.2 LE PLAN DE TRAVAIL 4


1.2.1 L'ANALYSE MÉTHODOLOGIQUE 5
1.2.2 CONSULTATIONS / RAPPORT FINAL 5

1.3 REMERCIEMENTS / MISE EN GARDE 5

1.4 L'ÉQUIPE TECHNIQUE 6

Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

TOME II: La méthode d'évaluation

"Une définition de minerai qui soit acceptable d tous est difficile d trouver..."
H. Gray, Symposium 1967 de l 'ICM

1. INTRODUCTION

Le présent Guide a été préparé suite au contrat octroyé à Géoconseil Marcel Vallée inc.
et ROCHE Itée, Groupe conseil par le Centre de Recherches Minérales selon le devis spécifique
N° 87002/89-03-01. Le CRM a été créé pour répondre aux besoins exprimés par les repré-
sentants de l'industrie minérale. Son mandat est d'effectuer, ou de faire effectuer, des travaux
de recherche et de développement pour le compte des exploitants et des autres intervenants du
secteur minier.

1.1 LA PROBLÉMATIQUE

Les spécialistes qui oeuvrent dans le secteur du développement minéral sont confrontés
à de nombreuses difficultés techniques lors de l'estimation des ressources et des réserves
minérales aux divers stades du développement. L'évaluation des gisements aurifères présente des
difficultés accrues, en vertu de la distribution pépitique des particules de ce métal dans la masse
rocheuse et souvent, de la forme très irrégulière des gîtes d'or filoniens.

Les dernières années, plus particulièrement, ont vu nombre d'échecs techniques et


financiers suite à la mise en valeur de gisements et à la mise en production de nouvelles mines.
On sait que les frais de mise en valeur d'un nouveau gisement peuvent se situer entre 3 M$ et
30 M$, tandis que les frais de mise en production peuvent s'étaler entre 10 M$ et 150 M$
dépendamment de la situation et de l'importance du gisement. Ces échecs ont eu des résultats
défavorables sur les financements subséquents de l'exploration et de la mise en valeur, par le
public et par les organismes financiers.

Le Guide d'évaluation des gisements d'or vise donc à améliorer l'efficacité des pratiques
et procédures dans les divers volets et étapes de l'évaluation des gisements, pour améliorer la
rentabilité des investissements. Cet objectif demande l'amélioration de la précision des estimés
et la réduction des risques de pertes financières que comportent les décisions d'investissement,
en augmentant l'efficacité des procédures d'évaluation et de contrôle.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 3


Méthode d'évaluation

La démarche du Guide est donc prioritairement dirigée vers les professionnels, les
cadres et les dirigeants qui sont directement impliqués dans l'évaluation des aspects géologiques,
d'ingénierie et d'économique des gisements d'or et vers ceux qui ont la responsabilité des
décisions. Par extension, le Guide pourra également servir à orienter les travaux des organismes
financiers, des organismes de réglementation et des organismes gouvernementaux impliqués soit
dans l'évaluation des ressources minérales, soit dans le développement minier.

1.1.1 RESSOURCES ET RÉSERVES

La problématique de l'estimation des ressources et des réserves est complexe. Plusieurs


systèmes ont été développés pour répondre aux problèmes, mais plusieurs éléments des diverses
définitions et classifications existantes ne font pas l'accord à cause d'ambiguïtés ou même de
contradictions internes. Aucun des systèmes existants ne rencontre toutes les exigences pour
servir de cadre aux inventaires détaillés des ressources minérales et des réserves à tous les stades
du développement minéral. Un système plus cohérent, mieux intégré et plus complet de classi-
fication des ressources minérales et des réserves contribuerait d l'objectif d'efficacité accrue dans
l'évaluation des gisements d'or.

1.1.2 L'ÉVALUATION DES GISEMENTS D'OR

L'évaluation des gisements d'or n'est, de fait, qu'un cas particulier, mais plus complexe,
de l'évaluation des gisements minéralisés de toute nature. L'évaluation des gisements d'or est
plus difficile que celle des métaux plus abondants pour trois principales raisons. Ce sont les
faibles teneurs, la distribution pépitique de ce métal à travers la masse rocheuse et les petites
dimensions et les limites irrégulières des gisements filoniens. La compréhension et l'appréciation
des méthodes d'évaluation et de leurs implications sont très inégales dans l'industrie de
l'exploration et même occasionnellement de l'exploitation minière.

Le Guide devra donc, dans cette perspective, revoir tous les aspects, toutes les
procédures et étapes de l'échantillonnage et de la valorisation des gisements d'or. Le
cheminement du Guide sera de dégager toutes les implications des caractéristiques des gisements
d'or sur les méthodes de travail, sur l'estimation des réserves et sur l'estimation de la faisabilité
et de la rentabilité d'un projet minier.

1.2 LE PLAN DE TRAVAIL

Géoconseil Marcel Vallée Inc et Roche Ltée Groupe Conseil ont suivi le plan de travail
suivant, pour répondre à la problématique décrite plus haut et rejoindre les objectifs fixés par le
CRM.

II. 4 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

1.2.1 L'ANALYSE MÉTHODOLOGIQUE

GMV/Roche ont procédé, dans le but de formuler des révisions appropriées, à une
évaluation experte des définitions des réserves et des ressources actuellement utilisées au Canada
et de leurs variantes dans divers pays à tradition minière, ainsi que des problèmes rencontrés dans
leur application. Les différents aspects de l'évaluation des gisements d'or ont fait l'objet d'une
analyse rigoureuse, dans une perspective systémique, dans le but de suggérer des approches et
des procédures intégrant mieux les divers aspects et étapes de l'évaluation des gisements d'or.

Des rencontres avec divers représentants de services gouvernementaux, d'organismes


de réglementation et de participants de l'industrie et des universités ont contribué à cette étape
de travail. Un rapport préliminaire a été rédigé à la fin de cette étape et remis au CRM.

1.2.2 CONSULTATIONS / RAPPORT FINAL

En deuxième étape, le rapport préliminaire a été soumis par le CRM aux membres du
Comité aviseur formé des représentants des organismes commanditaires. De plus, pour
augmenter l'assurance d'atteindre les objectifs visés, le rapport préliminaire a été soumis à une
liste représentative d'intervenants de l'industrie minière, des universités, des services gouverne-
mentaux et des organismes de réglementation. L'Annexe "Remerciements" contient la liste des
personnes et organismes qui ont répondu à la consultation. La rédaction du rapport final par
GMV et ROCHE Ltée, a été faite à la lumière des commentaires et critiques reçus des divers
intervenants, ainsi que des commentaires et avis du Comité aviseur.

1.3 REMERCIEMENTS / MISE EN GARDE

Géoconseil Marcel Vallée et ROCHE liée, Groupe conseil, reconnaissent avec gratitude
la contribution de toutes les personnes et organismes cités en Annexe à la critique et l'enri-
chissement du Guide. Plusieurs des personnes citées ont fait une revue très détaillée du rapport
préliminaire.

Cependant, Géoconseil Marcel Vallée et ROCHE liée tiennent à spécifier que,


même s'ils se sont efforcés de tenir compte des critiques et des suggestions reçues, ils
assument l'entière responsabilité du contenu du Guide, des opinions et des recommandations
ainsi que des erreurs de fait et d'omission que la version finale pourrait contenir. La
responsabilité d'aucun des intervenants n'est donc engagée par le contenu ou les lacunes du
Guide, ni par aucune formulation ou recommandation controversée que le Guide
contiendrait .

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 5


Méthode d'évaluation

1.4 L'ÉQUIPE TECHNIQUE

L'équipe professionnelle suivante a contribué à la réalisation du Guide d'évaluation des


gisements d'or:

Responsable de la réalisation technique et rédacteur principal

Marcel Vallée, ingénieur géologue,


Géoconseil Marcel Vallée inc.

Collaborateurs principaux:

Denis Côte, ingénieur minier,


Yves Harvey, PhD, ingénieur géologue
ROCHE ltée, Groupe conseil,
Responsable administratif (3,

Michel David, PhD, ingénieur minier,


Michel Dagbert, MSc.,ingénieur minier,
Systèmes Géostat International liée,
Aspects géostatistiques;

Clément Desrochers, ingénieur des mines,


Clément Desrochers et Associés, inc.
Aspects minéralurgiques et métallurgiques.

Les apports de nombreuses autres personnes qui ont contribué au Guide dans sa forme
actuelle doivent également être soulignés ici.

Denis Côte a remplacé Yves Harvey durant la réalisation du Guide.

II. 6 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE II

LE PROCESSUS

DU

DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

2. LE PROCESSUS DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 9


2.1 PERSPECTIVE DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 9
2.1.1 LES ÉTAPES DE DÉVELOPPEMENT 9
2.1.2 LES STADES DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 12
2.1.3 LES AXES DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 12

2.2 L'ÉVOLUTION DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL 14


2.2.1 LE CHEMINEMENT 14
2.2.2 STADE 4: DÉCOUVERTE ET DÉLIMITATION 16
2.2.3 STADE 5: PROBATION DU GISEMENT 17
2.2.4 STADE 6: INGÉNIERIE DU PROJET 18
2.2.5 STADE 7: ÉTUDES ÉCONOMIQUES 18
2.2.6 STADE 8: FAISABILITÉ ET DÉCISION 19
2.2.7 STADE 9: AMÉNAGEMENT 20
2.2.8 STADE 10: EXPLOITATION 20

2.3 CARACTÉRISTIQUES DES CLASSIFICATIONS 20


2.3.1 EXPLORATION ET MISE EN VALEUR 21
2.3.2 ÉTUDE DE FAISABILITÉ 22
2.3.3 EXPLOITATION MINIÈRE 22

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 7


Méthode d'évaluation

2. LE PROCESSUS DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

Pour situer les deux volets de la présente étude dans un cadre pertinent, le Guide
s'appuiera sur une perspective dressée à partir des étapes et des stades du développement minéral
et du schéma des axes de connaissance.

2.1 PERSPECTIVE DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

Les gisements minéraux sont de dimensions, de formes, de composition et de teneurs


diverses. Ils se situent dans des environnements géologiques différents, à des profondeurs
variables, ce qui influence autant le processus d'exploration que l'exploitation éventuelle. La
composition minéralogique et la diversité des minéraux ou métaux d'intérêt influent sur la facilité
ou la complexité des procédés minéralurgiques et métallurgiques. Le rendement éventuel, autant
minier que minéralurgique, sera affecté par tous ces facteurs et, il va sans dire, la rentabilité en
dépendra. La figure 2-0 illustre les principales ressources et les principaux paramètres en jeu
dans le développement minéral.

2.1.1 LES ÉTAPES

Le contexte de l'évaluation des gisements d'or doit être situé dans l'ensemble du
processus du développement minéral dont l'exploration, à proprement parler, n'est que la
première étape. Cette étape est suivie, après la confirmation de la découverte d'un gîte, par la
délimitation et la mise en valeur du gisement et, une fois la faisabilité établie, par celle du
développement minier. L'étape de l'exploitation complète ce processus. Autant les objectifs
concrets que les méthodes et les objectifs financiers évoluent durant ces étapes successives du
développement minéral. Durant ce cheminement, la compagnie junior d'exploration doit, autant
que la société minière, justifier l'affectation de fonds additionnels constitués de capital de risque
par des résultats d'intérêt croissant suite aux diverses étapes et programmes successifs.

A) L'exploration
Découvrir: Arriver à connaître ce qui était caché ou ignoré.
Dictionnaire Le Petit Robert.

A l'étape de l'exploration, le travail du prospecteur, de l'entrepreneur en exploration


est axé sur un potentiel métallogénique à développer et à valoriser. Le succès se mesure par les
anomalies, les indices, les gîtes découverts, les gisements développés. A l'étape de l'exploration,
toute la dynamique, tous les efforts du prospecteur, du géologue/ingénieur géologue, de l'entre-
preneur sont orientés vers le potentiel, vers la découverte à réaliser d'un gîte minéral.
L'investissement initial en exploration est un investissement de très haut risque, dans un contexte

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 9


Méthode d'évaluation

d'espérance de gains imprévue (windfall) et souvent dans un contexte très spéculatif. Les travaux
sont de caractère extensif, sur des surfaces cibles qui se réduiront, suite aux découvertes, pour
finalement se transformer en travaux intensifs de délimitation d'un gisement minéral.

B) La mise en valeur

Une fois la présence du gisement confirmée et ses paramètres établis en première


approximation, l'objectif devient le projet minier à réaliser. La mise en valeur du gisement est
alors caractérisée par des travaux de plus en plus intensifs qui permettent l'évolution de situations
qualitatives vers la quantification croissante qui sera requise dans le travail du géologue et de
l'ingénieur autant que dans celui du financier. Les techniques géostatistiques contribueront à la
quantification de l'estimation des ressources et des réserves en établissant le niveau de confiance
et la marge d'erreur des estimés résultants. Après la confirmation d'un gisement, l'augmentation
des connaissances de géologie et d'ingénierie réduit graduellement le facteur de risque que
comportent les investissements additionnels requis pour la mise en valeur du gisement.

C) Faisabilité et décision

Lors de l'étude formelle de faisabilité de la mise en production, toutes les études, dont
l'estimation des réserves, doivent être considérées comme faisent partie d'un bilan des acquis.
Ce bilan vise à établir le niveau de rentabilité et le risque financier attaché à la décision
d'exploitation, en s'appuyant sur l'ingénierie de tous les éléments géologiques, miniers,
minéralurgiques, environnementaux, ainsi que sur les aspects commerciaux, financiers et même
sociaux que comporte un projet donné. A ce moment, la décision de réalisation d'un projet
d'exploitation minière implique un investissement dans un projet industriel, dans une perspective
de rentabilité.

D) Exploitation

Les problèmes de l'évaluation des gisements se prolongent également au niveau de la


mise en production et de l'exploitation de ces gisements. Chaque exploitation développe par
l'expérience ses propres méthodes mais la spécificité des gisements, s'ajoutant aux variations dans
les définitions et les normes utilisées, empêche souvent d'élargir la portée et l'utilisation de cette
expérience. Certains des intervenants semblent parfois oublier que l'exploitation minière se situe
dans un contexte industriel et partage la majeure partie des caractéristiques de ce secteur, malgré
la spécificité géologique et minière.

II. 10 Guide d'évaluation des gisements d'or


\LES RESSOURCES` LES RESSOURCES\
HUMAINES FINANCIERES

PROSPECTEURS
CONNAISSANCES CAPITAL
G EOLOGUES
DE RISQUE
ENTREPREN EURS
EXPERIENCE
INGENIEURS \ CAPITAL DE
FINANCIERSDETERMINATION CONFIRMATION
CAPITAL
D'INVESTISSEMENT
EXPLOITATION
MINIERE
CONCENTRATION
MINERALE MORPHOLOGIE
CONSULTANTS
STRUCTURE FOURNISSEURS
METAL LOGENIE LABORATOIRE
D' ESSAIS
LABORATOIRE
LITHOLOGIE D'ANALYSE SONDAGES
GEOPHYSIQUE

LE CONTEXTE GEOLOGIQUE SERVICES/

Fig.2.0

GUIDE D'ÉVALUATION LE DÉVELOPPEMENT MINERAL


Méthode d'évaluation

2.1.2 LES STADES DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

Les étapes de l'exploration, de la mise en valeur, de la mise en exploitation et


l'exploitation des gisements se divisent en stades plus spécifiques, qui s'appuient sur la
progression des travaux et des connaissances. Le Guide utilisera le schéma synthétique et linéaire
développé par SOQUEM1, à partir d'un schéma plus sommaire de Kazmitchev, pour décrire ce
processus (Figure 2-1). Le processus du développement minéral y est divisé en dix Stades qui
sont regroupés en trois étapes ou phases: l'EXPLORATION (Stades 1 à 4), la MISE EN
VALEUR (Stades (5 à 8) et l'EXPLOITATION (Stades 9 et 10). Les travaux des Stades 1 à 3
sont de caractère extensif tandis que ceux des Stades suivants peuvent être qualifiés d'intensifs.

Le schéma que présente le Guide est une version légèrement modifiée de l'échelle
SOQUEM. Dans cette nouvelle version, le stade 7 (Faisabilité) est devenu celui des Études
économiques et le stade 8 (Décision) est devenu Faisabilité / Décision l4.

2.1.3 LES AXES DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

Le processus du développement minéral doit être regardé dans la perspective des axes
de connaissance et des axes de référence utilisés dans les diverses classifications. Par exemple,
le système des Stades de développement minéral ne comporte qu'un seul axe explicite regroupant
les diverses composantes d'un projet de développement minéral pour en caractériser le progrès.
Les systèmes traditionnels de classification des réserves n'utilisent qu'un axe mais sans comporter
autant de paliers que le système des Stades.

Le système de classification du United Stades Geological Survey (USGS, 19802) se


caractérise par l'utilisation explicite de deux axes de référence, soit l'information géologique et
le caractère économique pour la définition des Ressources minérales (Identified Resources). Le
Code australien, 19883, comme le système du USGS, s'appuie sur deux axes, l'axe de la
connaissance géologique et l'axe technico-économique.

Le système canadien de classification des ressources et réserves de charbon, Hugues et


al., 19884, développe et explicite, sur trois dimensions, la problématique du développement des
ressources et des réserves. Les axes utilisés sont l'assurance géologique, l'économique (qui inclut
la faisabilité technique) et le besoin et les marchés. En comparaison, dans le système du USGS,
dans le système australasien et dans le système canadien proposé par Zwartendyk, 1970, l'axe
de la demande et des marchés n'est pas explicité, étant inclus dans l'axe "faisabilité /
économique".

4 L'étude de faisabilité constitue le stade 7 de l'échelle originale, tandis que le stade


8 est celui de la décision.

II. 12 Guide d'évaluation des gisements d'or


RESSOURCES RÉSERVES

HYPOTHÉTIQUES IDENTIFIÉES PROUVÉES ET PROBABLES

EXPLORATION MISE EN VALEUR AMÉNAGEMENT

STADE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Reeonnaiesanee Prospection Vérification Délimitation ingénierie Économique Faisabilité Développement Exploitation
DESCRIPTION régionale d'anomalies d'Indices
Dltousarte
du gite du volet du projet Décision minier n,iolet°

Cartographie Analyse des métho Pondération Analyse et Creusement de


TECHNIQUES, Levés au soi Sondages détaillée et des d•extractlon des facteurs synthèse de la la tosse ou du
échanllllonnege minières économiques rentabilité pulls d'extraction MINL
PROCÉDURES Levés aéroportés
Levés Sondages Décapage
terrestres hanchées Échantillonnage serré par sondage et minéralurgiques. suivants : Préparation
ET MÉTHODES jalonnement préliminaire •a l ga ier le ■ U gine p ilo t e des chantiers
D'ÉVALUATION modèle réduit d'abattage planification
Usine de Dcvcloppemenl
Phologéologle, Titres de Estimé par Compilation Dilution, Perles Réserves de Faisabilité traitement. L',traction
ÉLÉMENTS Géochimie
Recouvrement minerai. Inlreatructuraa Ve„r,.
n
I venta ir e G é oph ys ique propriété méthodes géostatique dos complétée
D'ÉVALUATION: géologique Modélisation Contexte traditionnelles teneurs et volumes Échelle Teneur de coupure Décision en
Contrôle d'exploitation Teneur de faveur ou contre
PARAMÈTRES, et géophysique géologique géologique st des teneurs
rentabilité
minier et volume géologique. optimale. le développement
FACTEURS métallogénique
Historique Dimension de Continiullé. Impact environ- Octrois minier
À DÉTERMINER. Localisation la propriété uniformité de la nament. Plan d'esploltatlon Objectif .
minéralisation infrastructure investlesement Détermination
ASPECTS À Immobilisations
Facteurs d'erreur. Main d'oeuvre. de la valeur
CONSIDÉRER Géostatistique. Fiscalité. Aspects escomptée du
Légaus, socleu ■ gisement
MARGE D'ERREUR 40 % ao % 20 % to x
minier

TENEUR 1)
ÉTUDES DE
FAISABILITÉ
OU D'ORIENTATION
C C C ~
AXE DE 4111111111 GÉOLOGIE GISEMENT
GISEMENT
INGÉNIERIE ÉCONOMIQUE EXPLOITE
VALORISATION MINIER
MINÉRAL

Rétérence
rapport •III1Uel
de SOquc•m 1974 1 ~,

Fig. 2.1

PROCESSUS DE
GUIDE DÉVALUATION DEVELOPPEMENT MINERAL
Méthode d'évaluation

Le système Exxon (Harrison, 19836), distingue trois axes: la certitude géologique, la


récupération (ingénierie) et la certitude économique. Ce système, par l'explicitation de ces trois
axes, fournit une grille d'analyse plus approprié. Le Guide utilisera donc ce système d'axes
de référence, comme fil conducteur et grille d'analyse du processus et des travaux de
développement minéral aux divers stades. La figure 2-2 explicite graphiquement ce système.

2.2 L'ÉVOLUTION DU DÉVELOPPEMENT MINÉRAL

2.2.1 LE CHEMINEMENT

Le Guide utilise les stades du développement minéral pour situer la perspective du


développement et de l'évaluation des gisements dans un mode de connaissance des gisements.
Ce processus évolue rapidement, du qualitatif au quantitatif, dans les trois axes de connaissance:
l'axe de la géologie, l'axe de l'ingénierie, l'axe de l'économique. Cette connaissance croît et
évolue à partir de la découverte au stade 4, jusqu'à la décision au stade 8. Cette quantification
se continuera ensuite lors de l'exploitation minière, selon les exigences concrètes et immédiates
des réalisations de ce stade.

La progression d'un projet d'un stade à l'autre se fera suite à des évaluations itératives.
Les évaluations prendront graduellement la forme, a partir du stade 5, d'études de faisabilité
d'abord sommaires et ponctuelles mais dont les paramètres deviendront de plus en plus quanti-
tatifs et détaillés à mesure que progressera le projet. Ces études de faisabilité de caractère préli-
minaire sont à chaque fois un bilan qui doit justifier la continuation des travaux et la décision
d'investir des fonds additionnels dans l'étape suivante.

La FOI de la présence d'un gisement minier, qui guide le prospecteur, le géologue,


l'ingénieur et l'entrepreneur, est nécessaire pour motiver et diriger leur action. Elle ne doit pas
cependant les aveugler à la nécessité d'établir concrètement, dans une démarche de plus en plus
rigoureuse et quantitative, les paramètres de la géologie, de l'ingénierie et de l'économique qui
sont nécessaires à la réalisation de leur projet. Dans ce domaine, la FOI, pour être fructueuse,
doit être renforcée graduellement par la SCIENCE, par l'INGÉNIERIE et par l'ÉCONOMIQUE.
La figure 2-0 présente un schéma synthétique des divers éléments humains et techniques que
comprend le développement minéral.

II. 14 Guide d'évaluation des gisements d'or


RESSOURCES GLOBALES

RESSOURCES
IDENTIFIÉES

DÉCOUVERTE

/
/
/
"/ ^
RÉSERVES _ _ _
---- r-- ---~
-----I-i
/
- =/ ,
MINÉRALES
r-
GÉOLOGIE I
RÉSERVES
DE MINERAI

POTENTIEL
RECONNU
CAPACITÉ
ACTUELLE

INSPIRE DE " A Standardized coal resource


reserve reporting system by
the Coal Association of Canada
and the Geological Survey
of Canada'

Fig.2.2

ÉVOLUTION DES RESSOURCES


GUIDE C EVALUA'ION VERS DES RESERVES
Méthode d'évaluation

2.2.2 STADE 4: DÉCOUVERTE ET DELIMITATION

La découverte d'un gîte minéralisé est un "saut quantique" qui se produit lors de la
première intersection minéralisée d'importance. La confirmation de la présence d'un gisement par
des échantillonnages et des sondages additionnels complète ce stade clé.C'est à partir de ce
moment que surgit la nécessité de définitions et de normes pour la caractérisation des ressources
et des réserves minérales. Les travaux de cette étape consistent à confirmer la présence d'un gîte
minéralisé et d'en établir, de façon préliminaire, la continuité, les limites, les teneurs, le poids
spécifique et le volume, donc le tonnage et le contenu métal.

Au stade 4, l'augmentation des connaissances se fait surtout dans l'axe géologique.


Dans les deux autres axes, l'augmentation des connaissances est minimale. L'évolution du projet
et les décisions se font à partir d'hypothèses de travail et de critères repères pour justifier la
confirmation de la présence d'une zone minéralisée d'intérêt technique et commercial éventuel.
Le bilan de ce stade sera une étude sommaire pour justifier, a partir des résultats des travaux, la
définition du gisement au stade 5.

Les forages, au diamant en général, sont la méthode de travail la plus efficace, autant
du point de vue technique que du point de vue monétaire, à ce stade. L'emploi des sondages
s'appuiera sur une intégration des connaissances géologiques, géochimiques géophysiques, de
façon à optimiser les chances de découverte et les travaux de délimitation des minéralisations et
de leurs caractéristiques. Les méthodes géophysiques, particulièrement les levés électromagné-
tiques (EM) dans les forages tiennent une place croissante dans la découverte et même la
délimitation des gisements à grande profondeur.

Les échantillonnages et les forages exécutés au stade 4 sont de nature "préliminaire",


car il faut avant de procéder à des échantillonnages très volumineux et coûteux, établir leur à-
propos et les conditions de leur optimisation en confirmant, par les méthodes les moins dispen-
dieuses, la présence d'un gisement comportant une plage teneur-tonnage susceptible d'être
d'intérêt commercial.

Si par exemple, à cause de la nature pépitique d'une minéralisation d'or, les sondages
ne sont pas suffisants pour évaluer la teneur d'un gisement, ils demeurent essentiels pour déter-
miner la lithologie, la structure et l'étendue de la zone minéralisée et de son enveloppe. Les
échantillonnages en vrac ne sont pas, sauf pour des gisements de type placer, appropriés à ce
stade. En effet, exécuter de tels travaux pour établir la présence d'un gisement n'est pas
approprié. De tels travaux demandent des frais considérables et ne peuvent délimiter une zone
minéralisée d'importance, si sa présence et sa continuité n'ont pas été établies par une maille de
forages. Pour améliorer l'efficacité, les coûts de l'exploration doivent être maintenus à un palier
proportionnel avec le risque encore présent (Vallée, 1989).

II. 16 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Les forages et échantillonnages fournissent une population importante de données


analytiques qui permettent, par une première analyse géostatistique, de constater l'effet de pépite
et la dispersion des valeurs et de planifier la densité éventuelle et la nature des informations
requises. Les estimations de l'étendue, de la forme, de la teneur d'une zone minéralisée au Stade
4 sont de caractère préliminaire, parce qu'appuyées sur des informations distribuées sur une
maille large. Ces informations permettent un premier palier de quantification même si les estimés
sont encore entachés de beaucoup d'incertitude. C'est à partir de ces résultats que l'entrepreneur
pourra justifier la continuation du projet et obtenir les financements requis. A ce stade, les
résultats des estimations de volume/teneur sont tout au plus de caractère probable / indiqué et
on ne saurait exprimer qu'une précision globale d la fin du stade 4.

2.2.3 STADE 5: PROBATION DU GISEMENT

Le Stade 5 comporte la probation détaillée du gisement par des sondages et des échantil-
lonnages systématiques à travers toute son étendue, une fois que l'on a établi au Stade 4 sa
présence et la possibilité d'un potentiel d'exploitation commerciale. Par souci d'efficacité, les
sondages plus détaillés ne seront entrepris que lorsqu'une continuité aura été établie de façon au
moins préliminaire. Des premiers échantillonnages plus volumineux, ou échantillonnages en vrac,
peuvent être requis pour confirmer la teneur et la distribution de la minéralisation, en particulier
pour des éléments à distribution pépitique comme l'or et l'argent natif ou le platine.

Au stade 5, la probation du gisement s'accentue selon l'axe de la connaissance géolo-


gique, par les forages et les échantillonnages. Cette connaissance accrue du gisement permet de
débuter la quantification des paramètres dans l'axe technique et permet une première évaluation
qualitative, sinon semi-quantitative, selon l'axe du facteur économique.

La densité accrue des informations à ce stade permet en général d'exécuter les premières
estimations des volumes et teneurs s'appuyant sur les méthodes géostatistiques. Dans les classi-
fications actuelles, il faut au moins que les estimés des zones minéralisées deviennent de type
indiqué / probable sur maille régulière à la fin de ce stade de travail et qu'une partie des
minéralisations approche le caractère mesuré / prouvé avec une marge d'erreur plus étroite.

La planification et le contrôle de l'exploitation minière future requièrent l'application


des méthodes géologiques (incluant la géophysique), d'ingénierie et d'économique dans un mode
quantitatif et systématique. Ces qualités doivent primer, autant dans la collecte d'informations
de toute nature que dans les diverses techniques d'échantillonnage et de contrôle reliées à
l'extraction, au traitement du minerai et aux autres dossiers. L'à-propos de la prise de décision
en dépendra.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 17


Méthode d'évaluation

2.2.4 STADE 6: INGÉNIERIE DU PROJET

Au stade 6, la quantification des paramètres du projet se poursuit dans les trois axes,
dans le but d'établir l'ingénierie du projet minier. Dans l'axe géologique, les forages se font
selon des mailles plus étroites nécessaires à une première planification de l'exploitation éventuelle
et pour assurer la probation des réserves au niveau approprié de certitude. Des échantillonnages
en vrac et des essais en usine confirmeront les paramètres de limites, de continuité, de volume,
de poids spécifique, de teneur, contenu métal, ainsi que les caractéristiques minières, minéralurgi-
ques et métallurgiques du gisement, en vue de l'étude de faisabilité.

L'augmentation de la densité des mailles d'information, par les sondages et les échantil-
lonnages miniers qui s'ajoutent durant ce stade, permettent d'arriver, à la fin de ce stade, à des
inventaires des minéralisations qui seront de caractère Mesuré / Prouvé pour au moins une partie
et de caractère Indiqué / Probable pour la balance.

Dans l'axe ingénierie / faisabilité technique, les études concernant les aspects de
caractère minier, minéralurgique ainsi que celles touchant tous les autres aspects du projet,
comme la sécurité et la protection de l'environnement, sont des études d'ingénierie de caractère
quantitatif auxquelles on attribuera une marge d'erreur pouvant servir dans une étude de
sensibilité. Les méthodes sismiques et géoradar sont des outils importants dans la délimitation
du mort terrain et la détermination des caractéristiques géomécaniques des massifs rocheux.

Dans l'axe économique, les travaux touchant les marchés et l'évaluation des paramètres
économiques se feront plus quantitatifs, en préparation du stade suivant. Dans les trois axes, la
quantification de la marge d'erreur des résultats des estimations est essentielle.

2.2.5 STADE 7: ÉTUDES ÉCONOMIQUES

Les prix des métaux et la demande, les investissements requis et les frais qu'ils
impliquent ainsi que les coûts d'exploitation déterminent la rentabilité du projet et ils ont une
influence directe sur l'établissement des réserves minières. Ces facteurs influencent encore plus
directement l'exploitation minière en cours.

L'établissement des inventaires des minéralisations et des réserves minières se fait à


partir d'une teneur de rentabilité et d'une teneur de coupure associée, qui sont dérivées de ces
facteurs technico-économiques. Les études économiques s'intègrent avec les études de géologie
et de génie et sont en rétroaction avec elles, particulièrement pour les critères et les repères reliés
aux teneurs: ceux de teneur de coupure, de teneur marginale et de teneur économique, etc.
L'évolution subséquente des prix des métaux d'une part, des coûts d'autre part, influencera la
teneur coupure qui est un repère essentiel pour l'estimation des réserves de minerai d'un
gisement.

II. 18 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

L'entrepreneur minier ne contrôle pas les coûts des métaux et des minéraux (ni les taux
d'intérêt). Par contre, il peut et doit s'assurer, par une préparation, une conception et une plani-
fication appropriées, de contrôler le mieux possible la justesse des estimés des coûts de la
réalisation du projet. La réalisation du financement et ensuite l'exécution appropriée des travaux
d'aménagement de la mine des étapes essentielles, autant que l'exploitation efficace.

Les aspects économiques d'un projet seront explicités dans les états financiers
prévisionnels qui s'appuieront sur les évaluations géologiques et d'ingénierie. Ces états
financiers, établis dans une perspective réaliste d'investissement et d'exploitation, permettent
d'anticiper la situation financière du projet pendant la période projetée d'exploitation et d'en
évaluer la rentabilité. La détermination de la faisabilité et la décision de mise en production du
projet minier au stade suivant en dépendent, de même que sa rentabilité éventuelle.

2.2.6 STADE 8: FAISABILITÉ ET DÉCISION

Au stade 8, l'étude de faisabilité constitue le BILAN quantitatif du projet, autant au


point de vue géologie, ingénierie, environnement, socio-politique qu'au point de vue financier:
le but est d'établir que le projet justifie une décision d'investissement dans un contexte industriel
et financier. En tant que BILAN du projet. l'étude de faisabilité doit être axée sur les acquis! Par
exemple, les réserves possibles, selon la définition usuelle, n'ont pas de place dans l'étude de
faisabilité.

Le Guide a déjà souligné que l'étude de faisabilité du Stade 8 devra avoir été précédée
et planifiée par des études plus succinctes (ou études de pré-faisabilité) qui font le point sur l'état
actuel du dossier et permettent de planifier les travaux et les essais nécessaires pour atteindre
l'étude formelle du Stade 8. L'étude de faisabilité du Stade 8 doit être faite dans un contexte
strict d'ingénierie et d'économique. Elle constitue à la fois le bilan du projet tel que réalisé à date
et la proposition formelle d'un développement minier rentable.

La décision de mise en production qui complétera le stade 8 constituera un autre "saut


quantique" et confirmera le "gisement minier". Il arrive souvent que l'entrepreneur minier n'ait
pas tenu compte de l'évolution des objectifs et des méthodes en progressant du stade 4 de la
découverte au stade 8 de la faisabilité, ni de la quantification croissante requise des travaux de
mise en valeur, ni de l'évolution des objectifs financiers. En effet, l'exploration et les travaux
du stade 4, la découverte, s'appuient sur un investissement spéculatif de capital de risque,
provenant par exemple d'actions accréditives (où une partie importante du risque est assumée par
l'État), tandis qu'au stade 8, l'étude de faisabilité a pour but d'établir si le projet de dévelop-
pement est devenu un projet industriel, justifiant une décision d'investissement de capital dont la
rentabilité est assurée.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 19


Méthode d'évacuation

2.2.7 STADE 9 - AMÉNAGEMENT

Il est nécessaire de continuer l'acquisition de l'information géologique durant la phase


d'aménagement de la mine, pour assurer l'efficacité de l'exploitation du gisement (Grimley,
19868). Cette phase à venir de l'exploitation demandera en effet des informations plus détaillées
que les phases d'évaluation et de planification qui l'ont précédée.

2.2.8 STADE 10 - EXPLOITATION

Une fois l'exploitation engagée, les perspectives quant à l'évaluation du gisement et


l'estimation des réserves se modifient graduellement. Il faut garder à l'esprit les objectifs
parallèles que doit poursuivre l'équipe géologique, du court terme au long terme. En effet, lors
de l'exploitation, les activités du géologue/ingénieur géologue peuvent se situer sur quatre paliers
différents: le contrôle de la production , la mise en valeur et la définition des gisements et des
zones déjà connus, la découverte de nouveaux gisements à partir des gisements, des gîtes et des
indices connus et finalement l'exploration dans des secteurs encore vierges. Ces activités se
recoupent et se chevauchent assez souvent dans la pratique (Lafleur, 1989g, Vallée, 1986,10).

Lors de l'exploitation, les perspectives changent du point de vue de l'ingénierie et de


la planification. Le travail de planification systématique que nécessitent l'étude de faisabilité et
la décision de mise en production doit s'accentuer pour rencontrer les besoins de l'exploitation
minière. Ces activités amènent une phase de rétroaction en accroissant la base d'information sous
tous ses aspects. Il faut toujours garder bien distinctes à tous les stades les différences
fondamentales entre les dimensions et la richesse acticipées du gisement et le niveau actuel de
probation géologique. Il faut distinguer aussi entre les connaissances géologiques sur le gisement
et le niveau d'ingénierie et planification du projet minier. Il faut distinguer entre la connaissance
de géologie, d'ingénierie et d'économique et, d'autre part, le niveau de développement de la
mine, l'accessibilité des gisements et des zones qui la constituent.

La figure 2-3, à la fin du texte présente une perspective intégrée de la démarche du


Guide dans les divers domaines et disciplines. On pourra y référer tout en parcourant l'un ou
l'autre des chapitres du Guide.

2.3 CARACTÉRISTIQUES DES CLASSIFICATIONS

La classification des réserves et des ressources doit répondre aux exigences du


processus de développement minéral que le Guide vient de décrire. Le but des systèmes de
classification des réserves et des ressources est de caractériser le bilan de l'actif minéral sur lequel
s'appuie le projet de développement en cours, la mise en production projetée, l'exploitation
minière déjà engagée, pour en faciliter l'évaluation.

II. 20 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Le Tome III du Guide, Classification des réserves et des ressources, présente une revue
et une analyse critique détaillées des principales définitions et classifications utilisées ou proposées
dans les contextes miniers nord-américain et australasien. Le Guide y fait ressortir les éléments
essentiels, les apports et, s'il y a lieu, les lacunes et les contradictions de ces schémas, pour
finalement en dégager une synthèse plus appropriée aux besoins.

Tout d'abord, on observe la transition au début du siècle, à partir d'une classification


antérieure du minerai, axée sur des critères concrets, mais d'application très subjective, vers le
système proposé par Hoover en 190911 et comprenant des classes actuelles de prouvé, probable,
possible. On constate l'évolution, depuis cette époque, vers des systèmes qui mettent l'accent sur
le mot réserve plutôt que de minerai, qui définissent des axes de connaissance et qui aussi
expriment l'intention de quantifier la précision ou la marge d'erreur des estimés, sans bien y
arriver cependant.

Il y a lieu, avant de proposer une classification révisée, de décrire comment les


conditions et les besoins d'inventaire minéral diffèrent à l'étape de la mise en valeur, à l'étape
de la faisabilité, de la décision et lors de l'exploitation. Ceci permettra d'intégrer les éléments
pertinents des systèmes existants dans un système d'inventaire minéral plus pertinent, plus
cohérent et plus fonctionnel.

2.3.1 EXPLORATION ET MISE EN VALEUR

A l'intérieur d'une organisation minière, le processus de gestion de l'exploration et de


financement des nouvelles phases des projets s'accomplit dans un contexte technique, à partir de
budgets internes. Par contre, pour les compagnies juniors, la gestion de l'exploration minérale
dans un contexte de financement public est beaucoup plus complexe. Outre l'aspect technique,
l'entrepreneur et le promoteur en exploration minière doivent valoriser et vendre un produit à un
public investisseur non initié, pour assurer le financement de l'exploration et de la mise en valeur
des découvertes. Dans ce dernier contexte, l'évolution d'un projet d'exploration vers un projet
de mise en valeur et ensuite de mise en production est caractérisée par le chevauchement des
situations de promotion et de développement avec les situations d'ingénierie et d'investissement.

L'emphase mise, dans les classifications actuelles des organismes de réglementation,


sur l'utilisation du terme réserve aux stades de la faisabilité et de l'exploitation laisse aux
stades antérieurs un vacuum terminologique qui empèche de caractériser de façon
appropriée les premiers résultats de la valorisation d'un gisement. D'autre part, le schéma
du US Geological Survey s'adapte facilement aux besoins d'inventaire des organismes
gouvernementaux mais ne fournit pas suffisamment de critères concrets pour son application aux
conditions et aux besoins très diversifiés de l'industrie.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 21


Méthode d'évaluation

Il faut donc que l'entrepreneur minier qui dépend du public pour financer ses activités,
ait à sa disposition un système et un vocabulaire appropriés pour présenter à ce public les résultats
des travaux d'exploration et de mise en valeur, même si les circonstances ne permettent pas la
même rigueur qu'aux stades de la faisabilité et de l'exploitation. La classification proposée devra
permettre de bien caractériser les résultats de la délimitation et de la mise en valeur des
découvertes.

2.3.2 ÉTUDE DE FAISABILITÉ

Il ressort du paragraphe précédent et de l'analyse du Guide au Tome III que les


réglementations actuelles des Commissions des valeurs mobilières quant aux définitions et à la
classification des réserves ont été concues surtout pour les cas de sociétés de développement
minéral qui sont au stade de l'étude de faisabilité et de la décision de mise en production. Ces
réglementations peuvent également convenir aux sociétés minières qui envisagent des financements
publics ou des transactions qui impliquent des actions émises dans le public; c'est particulièrement
le cas pour les règlements du Security and Exchange Commission des USA (SEC). Cependant,
ces classifications ne sont pas assez détaillées ni assez spécifiques pour permettre des inventaires
appropriés et quantifiés des minéralisations sur lesquelles s'appuie le projet minier.

2.3.3 EXPLOITATION MINIÈRE

Un système approprié de classification des réserves doit aussi viser à répondre aux
conditions d'exploitation des sociétés minières et servir à la gestion des réserves de ces sociétés.
Les classifications actuelles présentent plusieurs lacunes par rapport à ces objectifs.

Dans une exploitation minière, les conditions économiques affectent directement, par
le biais des variations des prix des métaux/minéraux et des variations du coût de revient du
minéral, la teneur de coupure, donc la composition des réserves rentables. La portion des
réserves "temporairement" non rentables demeure aussi bien connue (5, aussi accessible que celle
qui est exploitée et elle est souvent susceptible de redevenir exploitable économiquement à court
ou moyen terme. Ces catégories de matériel ne doivent pas disparaître dans les "limbes" pour
renaître à la prochaine hausse des prix, car ces réserves marginales demeurent un élément de la
planification minière et corporative. Les systèmes actuels sont insatisfaisants, faute de catégories
et de classes en nombre suffisant, pour fournir un inventaire suffisamment détaillé et nuancé des
réserves et gisements minéralisés d'une exploitation minière pour répondre aux besoins décrits.
La planification des activités des sociétés minières en est affectée, car plusieurs exploitations
minières n'ont pas à leur disposition un inventaire adéquat de leur principal actif.

Autant dans l'axe géologique que dans l'axe ingénierie et dans l'axe économique. Il
faut donc distinguer entre La rentabilité marginale établie à partir de connaissances
appropriées et les carences de connaissance qui caractérisent Les stades antérieurs.

II. 22 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Le chapitre 7 du présent Tome suggère des normes pour l'inventaire et la classification


des réserves minières et des gisements, tandis que le système développé par le Guide sera
présenté au chapitre 3 du Tome III.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 23


Méthode d'évaluation

CHAPITRE III

LES LIMITES DE L'ÉVALUATION

DES GISEMENTS

3. LES LIMITES DE L'ÉVALUATION DES GISEMENTS 27

3.1 LE PROCESSUS D'ÉVALUATION 27

3.2 LA NATURE DES LIMITES 28

3.3 LES CAUSES D'ERREURS 32


3.3.1 LES CAUSES D'ERREURS "GÉOLOGIQUES" 32
3.3.2 LES CAUSES D'ERREUR: INGÉNIERIE ET RÉALISATION 34
3.3.3 LES CAUSES D'ERREURS: L'ÉCONOMIQUE 35

3.4 L'EFFICACITÉ DE L'INDUSTRIE 36


3.4.1 LE CONTEXTE DES ACTIONS ACCRÉDITIVES 36
3.4.2 LES CAUSES PLUS PROFONDES 37
3.4.3 UN CONSTAT QUANTITATIF 38

3.5 LA RECHERCHE DE LA QUALITÉ 39

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 25


Méthode d'évaluation

3. LES LIMITES DE L'ÉVALUATION DES GISEMENTS

"..La mine ABC a établi des réserves prouvées de 1 75 ,662 tonnes d 0.17 oz/t Au...
, des réserves probables de 168,005 tonnes d 0.18 oz/t Au... et des réserves
potentielles de 513,887 tonnes d 0.19 oz/t Au...
Avec une production de 450 tonnes par jour (--150,000 tonnes par an) .... "Nous
avons des réserves pour fonctionner pendant au moins six ans et l'histoire des
mines de la région nous incite d croire que nous pourrions facilement doubler la
vie de la mine... " a ajouté le représentant de la compagnie XYZ."
Finance, le 21 avril 1986.

"Neuf mois après son inauguration officielle, Mines XYZ a décidé de suspendre
temporairement la production d sa mine ABC...Même au prix actuel de l'or, la
faible teneur du minerai ne permet pas une exploitation rentable du gisement..
..Du 1er novembre 1987 au 31 mars 1988, la teneur en or récupéré de 22,000
tonnes de minerai a été de 0.097 oz/t.....
..Dans le milieu minier de l'Abitibi, on s'interroge sur la pertinence de la mise en
production de cette mine et sur l'investissement de 35 millions $ qui aura
finalement permis de se rendre compte que le gisement ABC n'était pas une
mine.. "
Finance, le 16 mai 1988.

Le présent chapitre circonscrit les limitations du processus d'évaluation des gisements en


décrivant les erreurs qui lui sont inhérentes.

3.1 LE PROCESSUS D'ÉVALUATION

La démarche du Guide d'évaluation des gisements d'or s'est articulée autour d'une
perspective des modes de travail et des objectifs du processus de développement minéral aux
divers stades du développement, dans les axes de la géologie, de l'ingénierie et de l'économique
(figure 2-3, en fin de texte). Cette analyse fait ressortir les caractéristiques du processus de
développement minéral. Ce sont la quantification croissante des connaissances,le caractère itératif
des travaux, le contexte probabiliste du processus de l'évaluation d'un gisement minéral et
l'aspect multidisciplinaire des travaux et des intervenants, une fois que la présence et les
principales caractéristiques du gisement minéral ont été confirmées (figure 3-1).
La quantification des connaissances requiert des procédures de vérification et la présen-
tation du niveau de confiance et de la marge d'erreur des résultats des estimations ou "estimés".
En corollaire à la quantification, le caractère itératif des travaux de développement minéral est

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 27


Méthode d'évaluation

imposé par la nécessité de procéder à des phases de travail complétées par des études synthèses
dont les résultats doivent justifier les travaux et les investissements requis pour s'engager dans
le stade suivant.

3.2 LA NATURE DES LIMITES

Le caractère probabiliste de l'évaluation des gisements vient du fait que chaque étape
de l'évaluation quantitative et chaque étape de l'exploitation contribuent à une erreur soit
d'estimation, soit de réalisation. La connaissance exacte de ces erreurs est souvent difficile,
parfois impossible, dans le contexte géologique et minier. En effet, à tous les stades du
développement minéral, on observe des divergences entre les prédictions des estimations de la
phase précédente et les résultats des travaux en cours. Ces divergences sont de la nature même
de ce processus, mais elles peuvent être réduites par une analyse rigoureuse, ce qui permet de
réduire les implications économiques de ces situations sur les investissements requis pour la mise
en production autant que les effets sur la rentabilité de l'exploitation.

Ce contexte probabiliste implique que les chiffres que nous utilisons sont, pour la
majorité des estimés. En effet, la plupart du temps, nous ne savons pas avec certitude les teneurs
vraies extraites d'un chantier, d'une zone minéralisée ou même, dans plusieurs cas, la teneur
vraie de l'alimentation de l'usine. Le Guide reprend en les adaptant et en les intégrant, les
analyses de cette problématique qui ont été présentées dans les articles de Elbrond, 198612, de
Grace, 198613, de Vallée, Belisle et David14 (1976) et de Gilfillan15, 1986.

La démarche de Elbrond est illustrée dans un diagramme schématique (Figure 3-2). A


partir d'un gisement réel mais incomplètement connu et délimité, toutes les étapes de connais-
sance, de modélisation (interprétation ou estimation), la décision sur la teneur coupure, la
conception de l'exploitation, l'extraction minière et métallurgique entraînent des pertes. En
parallèle, la dilution ajoute du matériel stérile et réduit la récupération effective du minerai dans
la mine, réduit la quantité de métal récupérée dans l'usine et affecte le rendement économique.
Finalement, le concentré produit par le concentrateur et le métal produit par la raffinerie sont des
portions encore plus réduites du matériel contenu dans le gisement "réel". Ces considérations
font ressortir les possibilités d'optimisation dans le champ de l'estimation des réserves et du
contrôle géologique, du rendement minier et minéralurgique. La Figure 3-3 présente, dans cette
perspective, un diagramme d'interrelations entre les diverses étapes et les axes de connaissance,
de perte de minéralisation et de dilution du minerai.

II. 28 Guide d'évaluation des gisements d'or


STADE
4
OBSERVATION
5 6 7 8 9 10
DÉCOUVERTE DÉFINITION INGENIÉRIE ETUDES FAISABILITÉ AMÉNAGEMENT EXPLOITATION
DU GITE DU D'EXTRACTION ÉCONOMIQUE DÉCISION
GISEMENT

GÉOLOGIE

Sondages /
Échantillonnages Io

Vracs / Pilotes w

GÉOSTATISTIQUE

INGENIÉRIE ..ma..

ENVIRONNEMENT /

ÉCONOMIQUE

Marches
Financement

FAISABILITÉ • .. ms tmil a» Min

— — — Mode qualitatif Mode quantitatif

Fig.3.1

COMPOSANTES DU
GUIDE DEVALUATION DEVELOPPEMENT MINERAL
AX E

STADE 063
1.
Le gisement réel mais indéterminé

2. L) estimation
La perte GEOLOGIQUE
STADES 4à6
I e~---- La dilution
L_--J

Après la teneur de coupure

La perte ÉCONOM IQ UE
STADE 7
La dilution

---- La réserve de minerai

Minéralisation non extraite


INGÉNIERIE
Dilution du design STADE 8

5. T—— ~
Minerai extrait
Minerai perdu
I
EXPLOITATION
1 MINI ERE
• Dilution extraite
~ STADE 10

Portion du gisement récupérée

Perdu dans les re)ets EXPLOITATION


MINERALURGIQUE
Dilution usinée
STADE 10
Perte totale

D'apres ELBROND 1986

Fig. 3 . 2

PERTES ET DILUTION
GUIDE D'ÉVALUATION DANS L'EXPLOITATION
GISEMENT
Volume / Limites
Teneur /distribution
Ressource --w Reserve

GÉOLOGIE
Information
Interprétation
Calculs
Modélisation
PERTES de DILUTION
Il MINÉRALISATION
INGÉNIERIE
Il MINIÈRE
N
Méthode d'exploitation
Taux de production
Teneur de coupure
Plan d'exploitation

ÉCONOMIQUE
Prix
Demande Profits
Coûtss

EXPLOITATION
Mine
Concentrateur
Grillage/affinage
I
Inspiré de : ELBROND 1986

Fig.3.3

GUIDE D . ÉVALUATION DIAGRAMME DES INTERRELATIONS J


Méthode d'évaluation

33 LES CAUSES D'ERREURS

Les causes d'erreur dans l'évaluation des gisements sont multiples et l'énumération qui
suit ne prétend pas être exhaustive.

33.1 LES CAUSES D'ERREURS "GÉOLOGIQUES"

A) Géologie: interprétation versus réalité

Les différences entre la géologie et la minéralisation, telles qu'interprétées par le


géologue/ingénieur géologue et la situation réelle du gisement sont une cause d'erreur dans
l'évaluation des gisements. Ces différences sont d'une part reliées à la morphologie du gisement
évalué: la dimension la forme et la variabilité des limites extérieures. Elles sont, d'autre part,
reliées au mode de distribution de la minéralisation d'intérêt dans la masse définie par le
géologue. Ce sont, en particulier, les effets de stratification et de litage, le contrôle structural et
l'effet de pépite pour l'or.

B) Échantillonnage du gisement

La connaissance du gisement dépend de la densité de la maille d'échantillonnage, de la


nature et du volume des échantillons prélevés et des analyses et essais auxquels ils ont été soumis.
La variabilité des conditions géologiques ne permet pas de se reposer sur des règles arbitraires:
il faudra donc voir comment adapter les méthodes et les mailles d'information aux conditions
spécifiques de chaque gisement.

Par exemple, la dimension de maille de sondage requise dans un gisement, pour définir
la minéralisation suffisamment pour la qualifier de mesurée ou prouvé, n'amènerait un autre
gisement, de géologie plus variable ou de distribution plus pépitique du (ou des) minéral d'intérêt,
qu'à la catégorie probable. Les problèmes d'évaluation des gisements d'or sont accrus quand ce
sont des gisements de type veine, de petites dimensions et qui montrent plus de variabilité
physique, en plus de l'effet de pépite.

C) Procédures analytiques

L'évaluation des gisements dépend essentiellement des valeurs analytiques. Trop


souvent on ne se préoccupe pas de la marge d'erreur des résultats par rapport à la valeur probable
du volume de départ (la vraie valeur est à peu près impossible à connaître), que ce volume soit
un échantillon en vrac, une quantité usinée, une carotte, ou un échantillon provenant d'un
panneau ou d'un rainurage.

II. 32 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

C'est une partie importante du travail du géologue ingénieur/géologue de s'interroger


sur la véracité des résultats analytiques qui lui sont fournis. Plus particulièrement il doit vérifier
si les procédures pour réduire l'échantillon et préparer une portion pour analyse sont appropriées
à la dimension et à la distribution des minéraux et des particules d'intérêt. Il doit également
s'interroger sur les procédures et méthodes analytiques utilisées. Le chapitre 6 du Guide traite
de ces questions.

D) Poids spécifique

La variation de la quantité de métal contenu dans un volume donné est reliée au poids
spécifique du minerai. Cette caractéristique d'une roche variera selon la lithologie et selon le
contenu en minéraux métalliques plus lourds que la roche mère, telle la pyrite, la magnétite, etc..
Ce facteur pourrait ainsi fausser les estimés du métal contenu dans un volume donné par un
facteur qui peut varier de 5 à 50%. Ce sujet sera traité en détail dans le chapitre 4.

E) Inventaires des gisements

Les estimés des réserves des gisements sont des variables qui dépendent de paramètres
géologiques (et géostatistiques), d'ingénierie et d'économique. Ces variables changent de
gisement en gisement et elles varieront également dans le temps. L'étude de ces problèmes
recoupe l'ensemble des chapitres 5 à 10 et particulièrement les chapitres 7 et 10.

Malgré l'efficacité des méthodes géostatistiques, peu de géologues/ingénieurs géologues


accepteraient aveuglément le niveau de confiance et la marge d'erreur des résultats d'une
estimation géostatistique sans connaître le contexte géologique et la maille de sondages / échantil-
lonnages qui supportent cet estimé (chapitres 4, 5, 6 et 7 du Guide).

a) Normes et repères

Les hypothèses de travail, les paramètres et repères utilisés varient habituellement de


gisement en gisement. Ils varient également selon les perspectives et les préférences des
responsables. Comment peut-on évaluer ou réviser des évaluations de gisements si l'on ne connaît
pas les hypothèses de travail et les repères utilisés: teneur(s) de coupure dimensions de mailles,
longueurs des échantillons, méthodes analytiques, etc? Il en va de même pour les méthodes de
travail et de calcul, les méthodes d'exploitation minière et minéralurgique envisagées ou utilisées,
la provenance et la nature des échantillons usinés, etc. L'étude de cette problématique recoupe
presque tous les chapitres du Guide.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 33


Méthode d'évaluation

b) Portée des estimés

"XYZ A < <SURESTIMÉ> > LA TENEUR DE SES RÉSERVES. La teneur est passée de
0,175 à 0.125 on/t Au "... FINANCE, 1 /7/1985.

Autant l'administrateur que le professionnel qui exécute le travail doit réaliser les
caractéristiques des ESTIMÉS sur lesquels s'appuient ses décisions, qui ne sont pas des chiffres
exacts et dont la marge d'erreur doit être établie. Quelle que soit la méthode d'estimation, une
erreur est engendrée quand la teneur d'échantillons linéaires est appliquée au volume, chantier,
lentille ou gisement dont nous les considérons représentatifs. Les méthodes de krigeage ont été
développées pour minimiser (sans pouvoir l'éliminer) cette erreur en prenant en compte
l'influence des échantillons autour d'un volume donné (Matheron16, 1963 et David17, 1982).
Le chapitre 7 est consacré plus particulièrement à ces problèmes géostatistiques, tandis que les
chapitres 4 et 5 traitent des aspects géologiques et de l'échantillonnage des gisements d'or.

3.3.2 LES CAUSES D'ERREUR: INGÉNIERIE ET RÉALISATION

"POURQUOI UNE MISE EN PRODUCTION ANTICIPÉE?


WXYZ.• LE DÉVELOPPEMENT DE LA MINE ÉTAIT INSUFFISANT.
C'est le développement insuffisant des galeries de la vieille mine d'or ABCD qui
a forcé WXYZ d cesser ses opérations, cinq mois seulement après une mise en
production qui s'est faite en grande pompe."
FINANCE, le 14/ 1 /85

A) Les facteurs miniers

Dans le contexte variable des gisements, il faut s'interroger sur les causes du
rendement de l'extraction minière. Quelle est l'influence de la méthode d'extraction, du taux
d'extraction et de la forme des chantiers en relation avec la forme, les limites de la lentille
minéralisée et/ou du gisement? Peut-on identifier l'effet des diverses conditions et contraintes sur
la sélectivité possible et les contrôles applicables à l'extraction: la méthode choisie permet-elle
le suivi requis pour tenir compte des variations locales des limites de la minéralisation et
minimiser la dilution et les pertes? Le chapitre 8 sur les aspects miniers analyse ces problèmes
qui dépendent également des sujets discutés aux chapitres 4 à 7.

B) Les pertes et la dilution

Dans la pratique minière, la dilution au sens large comprend à la fois les pertes,
l'apport de stérile au matériel exploité et toutes les erreurs de diverse nature, autant
d'échantillonnage que d'estimation ou de réalisation. Une telle définition synthétique permet de
simplifier l'étude mathématique du rendement global, mais elle est un obstacle majeur à

II. 34 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

l'optimisation des diverses étapes d'évaluation et d'exploitation des gisements. Trop souvent on
ne fait pas la distinction essentielle entre pertes et dilution. Le chapitre 8 sur les aspects miniers
s'attache à la dilution au sens strict, tandis que les chapitres 4 à 9 touchent les divers aspects de
la dilution au sens large.

C) La minéralurgie

L'efficacité de l'extraction du métal dépend d'abord des caractéristiques du minerai et


du procédé de concentration choisi et de son application dans une usine donnée. Souvent le
rendement de l'usine est relié à la minéralogie du gisement (nature des minéraux, granulométrie,
associations). Les altérations de diverses natures sont une cause fréquente de problèmes. Trop
souvent cependant, les travaux de valorisation n'ont pas prêté suffisamment d'attention à la nature
de ces variations ni aux effets de zonage. Des programmes déficients d'échantillonnage et
d'essais, ou des lacunes dans la réalisation ou la surveillance des essais ont des effets directs sur
le rendement des procédés. Plusieurs exploitations ont rencontré des problèmes imprévus et ont
soit subi des pertes, soit fait faillite suite à de telles situations.

A l'exploitation, en l'absence de mesures de contrôle systématique de la masse, de la


teneur de l'alimentation, du concentré et du rejet, il sera plus difficile d'optimiser le rendement,
d'établir un bilan métal réaliste qui soit un outil de gestion et de surveillance et qui permette une
rétroaction avec l'extraction minière du gisement. Ces divers facteurs et leurs influences sont
analysés dans le chapitre 9.

a) Les pertes occultes

Les pertes occultes touchent à la minéralurgie mais il est justifié d'en discuter
séparément. Ce terme de pertes occultes, que l'on pourrait également qualifier de "piraterie" ou
de vol, est une initiative souvent individuelle qui, de par sa nature, est peu documentée. Cette
pratique peut prendre place plus particulièrement dans les exploitations d'or, d'argent, de platine,
de diamant et est favorisée par la distribution pépitique de ces éléments et peut affecter la récupé-
ration réelle des exploitations. Le chapitre 9 décrit certains de ces problèmes et suggère des
mesures de contrôle de caractère quantitatif et de caractère objectif.

3.3.3 LES CAUSES D'ERREURS: L'ÉCONOMIQUE

Le travail des professionnels géologues/ingénieurs géologues et ingénieurs miniers est


relié directement aux facteurs économiques par le biais de la teneur de coupure, de diverses
teneurs coupures en fait, selon les étapes de l'exploitation. L'administrateur est placé face à une
perspective encore plus complexe. Citons, parmi les facteurs économiques affectant l'évaluation
des gisements, les coûts des investissements, les coûts d'exploitation, les prix des métaux sur les
marchés, la demande pour les métaux produits.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 35


Méthode d'évaluation

La variation et les incertitudes des facteurs économiques sont par conséquent une cause
majeure d'incertitude et même d'erreur dans l'établissement des réserves de minerai et dans
l'évaluation de tous les gisements, non seulement des gisements d'or. Ces facteurs sont l'objet
du chapitre 10.

3.4 L'EFFICACITÉ DE L'INDUSTRIE

Les limites à l'estimation des gisements et les causes d'erreur décrites restreignent
évidemment l'efficacité des intervenants en développement minéral. Cependant, l'efficacité de
l'industrie est souvent moindre que les conditions le permettraient dans ce contexte, pour diverses
causes. L'analyse de ces causes pourrait aider, en améliorant l'efficacité de l'industrie, à
accroftre le rendement de l'exploration pour l'investisseur et ainsi faciliter le financement de ces
activités de haut risque.

3.4.1 LE CONTEXTE DES ACTIONS ACCRÉDITIVES

Durant les années 1983-1988, le financement de l'exploration minérale a été très actif
suite au système d'émission d'actions accréditives qui étaient l'objet de fortes déductions fiscales.
Dans ce contexte, l'évaluation des gisements d'or a été la cause de grande difficultés pour nombre
de compagnies, malgré des succès notables. Le Guide ne veut pas minimiser les réalisations
importantes associées à ces financements, mais recherche les causes des difficultés rencontrées.

Le Northern Miner Magazine de juin 1989 fait une revue de la performance des projets
de mise en valeur et des mises en production des cinq dernières années (Kno1118, 1989). Une
conférence était présentée au congrès 90 de l'ICM sur ce même sujet (Clow19, 1990). L'article
de Knoll rapporte que, pour quinze mises en production qui fonctionnaient bien au moment de
la rédaction de ce texte, on comptait 5 fermetures de nouvelles exploitations après quelques mois
de "productionTM, 6 exploitations laborieuses qui fonctionnaient en deçà des prévisions et 7 projets
qui ont fermé en cours de route. Avec quelques mois de recul, la liste des opérations
abandonnées ou en difficulté s'est allongée. Selon Clow, des 25 projets miniers observés de
façon suivie durant cette période, seulement 3 sont des succès commerciaux qui rencontrent les
attentes des responsables.

L'article de Knoll s'efforce, à partir de commentaires du milieu de faire ressortir les


divers éléments et causes déterminants de cette piètre performance. Les éléments suivants sont
reliés directement au contexte des actions accréditives:

II. 36 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

une hâte indue dans les travaux et les décisions:


. courts délais des financements et de la période des dépenses,
. fortes pressions des milieux financiers pour des études positives de faisabilité
(bankable feasibility study), des décisions rapides de mises en production;

- des conditions de financement trop faciles qui privilégient l'importance des montants
dépensés plutôt que l'obtention de résultats.

3.4.2 LES CAUSES PLUS PROFONDES

La conférence de Clow élargit la problématique. Clow reconnaît l'influence du contexte


des actions accréditives dans la piètre performance constatée mais attribue ces faiblesses à des
causes plus profondes que ces conditions artificielles de financement(6. Selon Clow, les causes
profondes des échecs rencontrés dans la mise en valeur et la mise en production des gisements
d'or sont les faiblesses techniques déjà présentes dans l'industrie. Les résultats les plus
fréquents en sont la surestimation de la teneur qui peut être amenée au concentrateur et la
surestimation de la productivité du gisement et du système minier qui y peut être implanté. Ces
résultats dépendent, selon Clow et Knoll:

- des lacunes dans l'expérience des problèmes de la mise en valeur et de la mise en production
chez plusieurs organisations d'exploration;

des lacunes des études de géologie. d'ingénierie et d'économique:


informations incomplètes et insuffisantes;
estimations trop optimistes des teneurs et tonnages des gisements;
application de modèles informatisés et de programmes non appropriés à la situation
sous étude, sans s'appuyer sur les techniques traditionnelles d'interprétation;
estimations sommaires et optimistes des coûts des investissements et des coûts
d'exploitation à partir d'exploitations existantes;
estimations trop optimistes de la productivité prévue, sans tenir compte des
conditions différentes ni de la période d'apprentissage requise dans une nouvelle
exploitation;

"we believe technical weaknesses within certain sectors of our industry were the prime
cause of most of the disappointing results and that the artificial time constraints
merely exacerbated these problems.
... Why were so many people wrong so often?...The answer.. can be reduced to two items:
Lower mill head grade than expected, lower productivity than expected...(Clow, 1990).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 37


Méthode d'évaluation

- des pressions indues sur les consultants pour des études justifiant des décisions déjà prises
de mise en exploitation (7.

Grace (1986) soulignait que les deux principales causes d'insuccès dans les nouveaux
projets d'exploitation minière sont, d'une part, la trop faible teneur du matériel extrait de la mine
(et de l'usine) par rapport aux prédictions et, d'autre part, l'incapacité de la mine (et/ou de
l'usine) de produire le tonnage et/ou la qualité qui a (ont) été planifié(s) et budgeté(s). On oublie
trop souvent de la différence entre ressource minérale en place et réserve. Le terme réserve
implique que tous les paramètres techniques et économiques reliés au gisement et à son
exploitation ont été établis avec la certitude requise pour garantir les résultats escomptés.

3.4.3 UN CONSTAT QUANTITATIF

La majorité des études du rendement et de la performance de l'industrie minérale n'ont


pas en général l'approche nécessaire pour répondre aux problèmes cités, malgré d'autres mérites.
On se préoccupe généralement du rendement financier global de l'industrie ou d'un secteur, mais
sans traiter des aspects spécifiques des réussites et des d'échec individuels. C'est le cas par
exemple de l'étude de Mackenzie, Bilodeau et Dogget20, (1988) sur l'exploration faite en
Ontario pour la période 1946 à 1985. Il y a relativement peu d'études disponibles sur le
rendement de l'industrie en fonction de la dimension et de la nature des gisements. Ces sujets,
par leur ampleur, dépassent largement le cadre du Guide.

Grenier, 196421, a compilé, à partir des statistiques de l'industrie de 1950 à 1961 au


Québec des chiffres sur les caractéristiques des gisements ( or et métaux usuels) mis en
exploitation durant cette période. Les chiffres et les commentaires font ressortir que la réussite
du projet est reliée directement à la dimension et à la teneur du gisement:

"In the case of the base metal mines, 92 % of the unsuccessful operations had less than
one million tons in pre production reserves... 72% of the successful producers had
known ore reserves of more than one million tons of ore at the beginning of their
operation..

The value per ton of the pre production reserves of the successful mines was better
than 14$, and in the case of the unsuccessful mines and known unmineable
deposits, 85% had "ore" whose dollar value was less than 14$ per ton..

7
"It doesn't take an expert to see that most of the mines which have run into these
problems are being put into production by junior companies with little in-house mining
experience. There can be a great deal of pressure put on these consultants to come up
with a positive study. Otherwise, the company would simply go and find another
consultant (Knoll, 1989).

II. 38 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

The average preproduction reserves for the successful group of gold mines was
found to be 500,000 tons having an average grade of 0.23 on/t Au; the correspon-
ding figure for the less successful mines was 245,000 tons grading 0.197 on/t Au."

Le chiffre de 14$ par tonne, qui semble constituer un palier de rentabilité pour la décade 1950-60
équivaudrait à environ 70$ la tonne en dollars actuels! L'apprécation appropriée du contexte
géologique du gisement peut avoir des conséquences directes sur la rentabilité du projet minier
envisagé, a témoin cette observation:

"Successful gold mines .. (showed) 11 (times) the initial tonnage and 8 times the
amount of gold was recovered as shown in the preproduction reserves... The
corresponding figures for the less successful mines (which operated less than five
years) were... 1.57 and 1.08."

3.5 LA RECHERCHE DE LA QUALITÉ

Les constatations de Grenier pour la période 1950-1960 sont étonnamment similaires


à celles que l'on peut faire pour la décade 1980. Cette situation démontre qu'une partie de
l'industrie de l'exploration minière n'a pas encore adopté des procédures appropriées pour la mise
en valeur des gisement ni pour l'évaluation requise au stade de la faisabilité et de la décision de
mise en production. La principale recommandation de Clow pour améliorer les lacunes observées
recoupe la philosophie du Guide:

"Il y aura toujours des échecs d'exploitations minières, certains évitables, d'autres non, mais
les chances d'éviter les échecs peuvent être augmentées en suivant une démarche
systématique, logique pour évaluer chaque gîte minéralisé ILI. "

Une telle perspective permet de concilier les caractéristiques du processus du


développement minéral avec l'approche de qualité totale maintenant populaire dans l'industrie
manufacturière (Deming, 198222, Walton 198623). L'approche préconisée par Deming dans
l'industrie manufacturière s'appuie sur le contrôle statistique. Il ne s'agit pas ici cependant d'un
contrôle à posteriori, mais d'un contrôle qui s'appuie sur la connaissance et la compréhension
des caractéristiques du procédé en question, en vue d'atteindre son optimisation.

8 "There will always be mine failures, some avoidable, others not, but the chances of
avoiding the failures can be increased by following a systematic, logical approach to
analyzing each mineral occurrence."

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 39


Méthode d'évaluation

Il va sans dire que les procédés manufacturiers permettent une plus grande optimisation que
l'évaluation des gisements, mais des procédures d'évaluation plus systématiques permettront
d'améliorer le rendement de l'industrie minière, autant dans l'exploration que dans l'exploitation.

Il faut reconnaître qu'une meilleure compréhension des composantes et étapes du


processus de développement minéral est nécessaire à l'efficacité de l'évaluation des gisements
autant qu'à l'optimisation du rendement des exploitations minières et minéralurgiques. Le
développement de systèmes experts appropriés exige cette étape préalable. Le Guide souligne que
nombre d'exploitations minières et plusieurs entreprises de développement minéral utilisent déjà
l'approche décrite, approche dont l'application n'est pas toujours suffisamment systématique ni,
malheureusement, suffisamment généralisée.

Il. 40 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE IV

LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE

4. LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE 43
4.1 LE CHAMP D'ACTION DU GÉOLOGUE 43
4.1.1 MISE EN VALEUR 43
4.1.2 EXPLOITATION 44
4.2 LA GITOLOGIE DE L'OR 46
4.2.1 CONTRÔLE STRUCTURAL 46
4.2.2 DISTRIBUTION DE LA MINÉRALISATION 46
4.2.3 MORPHOLOGIE DES GISEMENTS 47
4.3 LES MÉTHODES CARTOGRAPHIQUES 50
4.3.1 CARTOGRAPHIE GÉOLOGIQUE 50
4.3.2 CARTOGRAPHIE GÉOTECHNIQUE 52
4.3.3 MINÉRALOGIE 53
4.3.4 CARTOGRAPHIE GÉOPHYSIQUE 54
4.4 LE POIDS SPÉCIFIQUE 55
4.5 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX 57
4.5.1 TOPOMÉTRIE 57
4.5.2 ASPECTS LÉGAUX 59
4.6 L'ENVIRONNEMENT 60
4.7 LA GESTION DE L'INFORMATION 60
4.7.1 ÉCHELLES ET MAILLES 60
4.7.2 VÉRIFICATION 61
4.7.3 INTERPRÉTATION ET MODÉLISATION 62
4.7.4 INFORMATISATION DES DONNÉES 64
4.7.5 SYSTEMES EXPERTS 65
4.8 GUIDES D'APPLICATION 65
4.8.1 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX 66
4.8.2 STRATÉGIE GÉNÉRALE 66
4.8.3 CONTRÔLE GÉOLOGIQUE DES TRAVAUX 67
4.8.4 L'ANALYSE COUT/BÉNÉFICE 67

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 41


Méthode d'évaluation

4. LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE

"Un propriétaire prudent, avant d'acheter une participation, devrait


visiter la mine et examiner attentivement la nature de la veine, car il est
très important qu'il soit sur ses gardes pour ne pas être la victime de
vendeurs d'actions fraudeurs qui chercheraient à le tromper.
Agricola, De Re Metallica, 1531.

4.1 CHAMP D'ACTION

L'importance de l'évaluation géologique dans la valorisation des gisements a été


reconnue de longue date comme le montre la recommandation d'Agricola. Ce travail se situe sur
plusieurs paliers autant à la mise en valeur qu'à l'exploitation. Il se situe également et de façon
croissante aux stades plus avancés, dans le cadre d'une équipe multidisciplinaire.

Le Guide souligne que, de fait, dans le développement minéral, les activités des
autres professionnels, de l'entrepreneur et du dirigeant partagent plusieurs des caractéristi-
ques décrites pour le travail du géologue/ingénieur géologue: à chacun de ces intervenants de
tracer les comparaisons et les parallèles et de tirer les inférences appropriées par rapport à sa
spécialité.

4.1.1 LA MISE EN VALEUR

Lors de l'exploration, le géologue/ingénieur géologue est le principal intervenant


technique, s'appuyant sur la géochimie et la géophysique. Lors de mise en valeur, il le demeure
aux stades 4 et 5, mais en s'appuyant sur les disciplines minières et minéralurgiques. A partir
du stade 6, le leadership est partagé, sinon passé aux professionnels du génie minier et minéralur-
gique. Au stade 7 les intervenants des disciplines financières contribuent de façon marquée à ce
leadership. Cependant le contrôle de la présence et de la qualité de la matière première
demeurera une priorité à tous les stades du développement minéral et de l'exploitation.

Lors de la mise en valeur, le travail du géologue/ingénieur géologue se répartit sur


plusieurs plans ou paliers de priorités. Ce sont successivement:

l'obtention des informations géologiques essentielles;


l'établissement de la banque de données, constituée des plans et des cartes et la constitution
des fichiers informatiques qui codifieront la connaissance du gisement;
la corrélation, la vérification des données obtenues, l'interprétation et la modélisation,
en vue de leur utilisation pour les estimations de la géologie, de l'ingénierie et l'économique;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 43


Méthode d'évaluation

le choix de méthodes et de normes d'inventaire et de contrôle géologique en fonction des


besoins de la mise en valeur du gisement cible, mais également en fonction des besoins
futurs du projet minier.

Cette description montre que l'art du géologue/ingénieur géologue, c'est également de


savoir prévoir les besoins. Le Guide se doit de souligner ici l'importance de l'acquisition, aux
premiers stades de la mise en valeur, d'informations géologiques qui seront essentielles aux
stades ultérieurs: géologie, minéralogie, géotechnique, hydrologie, variations minéralogiques, etc.
Souvent, des informations importantes doivent être recueillies dès les premiers stades de
l'exploration et de la définition d'un gîte pour être disponibles plus tard, sous peine de retards
et de frais beaucoup plus importants, sinon d'erreurs de réalisation (9.

Les premiers stades d'exploration requièrent de la parcimonie dans l'application des


moyens, étant donné le caractère extensif des travaux. A partir de la découverte du gisement,
les travaux de mise en valeur s'intensifient sur un espace plus restreint et les critères d'orientation
des travaux doivent évoluer en fonction des besoins croissants de quantification qui sont l'essence
de la mise en valeur. L'art du géologue/ingénieur géologue c'est aussi de savoir quand il est
possible et quand il est approprié ou requis de passer d'un mode analogique, qualitatif ou semi-
quantitatif à un mode quantitatif de travail.

Le géologue/ingénieur géologue efficace ne peut se contenter seulement du court terme,


même s'il est bien évident qu'il y a toujours des jugements de valeur et des choix à faire, en
fonction des budgets et des priorités. Dans cette perspective, il est important que le géologue /
ingénieur géologue ait une expérience antérieure de mise en valeur et de production minière,
pour apprécier les besoins futurs d'information. La figure 4-0 établit de façon schématique les
diverses étapes de la démarche du géologue/ingénieur géologue.

4.1.2 L'EXPLOITATION

A l'exploitation, les priorités évoluent et les activités du géologue! ingénieur géologue


englobent tous ces aspects et se situent en pratique sur quatre paliers différents et distincts par
leurs priorité, sinon par leur exécution. Du court terme au long terme, ce sont:

Par exemple, le RCD (rock quality designation) doit être mesuré sur des carottes
vierges. Une fois les carottes échantillonnées, on ne peut plus obtenir cette mesure de
la fracturation d'une roche qui sert à la géomécanique.

II.44 Guide d'évaluation des gisements d'or


CARTOGRAPHIE AUTRES ASPECTS

MI NERALE

LITHOLOGIQUE IDENTIFICATION
MI NERALOGIQUE CONTRATS
DISTRIBUTION TOPOMETRIE
STRUCTURALE

GEOTECH NIQUE PROPRI ETES


SONDAGES
GEOPHYSIQUE GRANU LOMETRIE
LOCALISATION/

GISEMENT
ARPENTAGES VRA MINERAL
VOLUMES
STRATEG IES
ECHANT I LLON NAGES
LI NEAIRES D'EFFICACITE
MODELI SAT ION
JOURNAL PONCTUELS
VERIFICATIONS
INTERPRETATION
\GEOLOGI OUES

/SON DAGES ECHANTI LLONN AGES SYNTH ES E

Fig.4.0

GUIDE DÉVALUATION LES ASPECTS GÉOLOGIGUES


Méthode d'évaluation

contrôler la teneur du minerai extrait, pour le contr6le de qualité et le rendement de


l'exploitation minière; définir en détail les contours et les teneurs du minerai et des
minéralisations adjacentes, pour la planification des chantiers dont le développement est en
cours (Lafleur, 1989);
établir les réserves minières à partir des gisements délimités; c'est à dire définir et
développer ces gisements pour établir la faisabilité géologique, technique et économique de
l'exploitation éventuelle de ces zones;
délimiter les gisements inférés et découvrir de nouveaux gisements à partir des indices
connus, par l'exploration à proximité des gisements exploités;
découvrir de nouveaux gisements à partir des ressources hypothétiques des propriétés
minières.

4.2 LA GÎTOLOGIE DE L'OR

L'efficacité dans l'estimation des gisements d'or demande de souligner les facteurs
géologiques et gîtologiques qui influencent la forme des gisements, les variations de leurs limites,
la distribution des métaux, dans le but d'améliorer l'évaluation quantitative de la masse et de la
teneur de ces gisements.

4.2.1 LE CONTRÔ STRUCTURAL

Le contrôle structural est d'une grande importance dans les gisements de type veine.
Plusieurs publications récentes ont mis l'accent sur les relations entre l'aspect structural et la
morphologie des veines. L'Association géologique du Canada a présenté, en mai 1989, un cours
intensif sur le thème "Mineralisation and Shear Zones"24. Les notes préparées pour ce cours
constituent un exposé assez poussé de l'origine et de la morphologie des minéralisations associées
aux zones de cisaillement. Quelques passages plus pertinents pour l'évaluation des gisements d'or
seront cités plus loin.

Le texte "Archean Lode Gold Deposits in Ontario"25 est également à lire pour tout
géologue / ingénieur géologue impliqué dans l'estimation des gisements d'or et qui cherche à
améliorer sa compréhension de ces phénomènes géologiques. Il faut citer également le chapitre
intitulé "Archean Lode Gold Deposits" par R.G. Roberts dans "Ore Deposit Models" publié par
l'Association géologique du Canada.

4.2.2 LA DISTRIBUTION DE LA MINÉRALISATION

Il y a lieu de considérer, toujours dans une perspective géologique et morphologique,


l'effet des modes de localisation de l'or sur la précision des estimations. Ce sont plus
particulièrement:
- les types géologiques;

II.46 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

les dimensions et les relations volume/surface;


la dispersion de la minéralisation / l'effet de pépite;
les effets structuraux:
- de type litage (périodiques?);
- lenticulaires ou de type gigogne (imbriquées);
la localisation de la minéralisation en des lieux spécifiques, sous l'influence de diverses
structures;
le caractère et le degré de régularité des surfaces limites de la minéralisation (10;

4.2.3 LA MORPHOLOGIE DES GISEMENTS

A partir des considérations gîtologiques ci-avant mentionnées, le Guide propose la


classification suivante des gisements, dans la perspective de l'évaluation des gisements d'or: les
amas, les zones tabulaires, les veines, les placers, les concentrations locales.

A) Les amas

VOLUME: important;
DIMENSIONS: relativement égales;
SURFACE/VOLUME: très bas à bas;
SURFACES LIMITES: primaires ou secondaires;
EFFET DE PÉPITE: bas à élevé, selon le contexte;
TYPES GÉOLOGIQUES: - minéralisation disséminée (limites secondaires):
porphyres,
skarns;
- minéralisation massive (limites primaires):
gîtes stratiformes,
gîtes magmatiques.

B) Les zones tabulaires

VOLUME: de modéré à important;


DIMENSIONS: deux importantes, une plus faible;
SURFACE/VOLUME: modéré (à quantifier ?);
SURFACES LIMITES: faibles à importantes comme facteur d'erreur;
EFFET DE PÉPITE: bas à élevé, selon le contexte;
TYPES GÉOLOGIQUES: gîtes stratiformes;
gîtes de types divers;
veines de grandes dimensions;

'o
Sauf pour les minéralisations disséminées sans limites explicites.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 47


Méthode d'évaluation

C) Les veines

VOLUME: de modéré à faible;


DIMENSIONS: deux modérées, la troisième faible à très faible;
SURFACE/VOLUME: élevé (à quantifier);
SURFACES LIMITES: primaires ou secondaires selon les types; Variabilité très
importante pour certains types;
EFFET DE PÉPITE: de modéré à extrême;
TYPES GÉOLOGIQUES: gisements filoniens du type veine de quartz
veines de types plus complexes associés aux zones de cisaillement,
veines de dilatations, veines obliques
veines imbriquées de type arborescent ou "horse tail";

Les systèmes de veines qui présentent le plus de difficultés géométriques pour


l'évaluation du volume du système et de la quantité d'or contenu sont ceux dans lesquels les
veines sont obliques ou perpendiculaires avec la dimension principale de la zone minéralisée (ou
avec les limites des chantiers). Une figure de ce texte, reproduite ici montre des systèmes de
veines ouvertes, (extension gash veins, de veines sygmoïdales, d'ensembles conjugués (conjugate
arrays)). Il est important de noter au journal des sondages les angles entre les veines, les cisail-
lements, les litages, si on veut avoir des chances de reconstituer le casse-tête (Figure 4-1).
Certaines organisations ont utilisé des appareils permettant le prélèvement de carottes orientées
pour établir l'orientation des structures minéralisées (projet Monique de la Société minière
Louvem).

Les systèmes de veines en échelons présentent plus ou moins de difficultés selon l'étape
de travail et selon la dimension des structures. Aux stades initiaux, des veines en échelons
peuvent donner l'impression de structures continues et des sondages sur maille plus serrée seront
nécessaires pour confirmer ces continuités.

D) Les placers

Les gisements d'or de type placer, associés aux alluvions ou éluvions, causent des
difficultés particulières d'évaluation à cause de la conjoncture de la minéralisation très pépitique,
des contrôles sédimentaires très variables, de l'allure très lenticulaire de la minéralisation. On
trouvera une description des types géologiques des placers dans Wells26, 1969 et Johnston and
Uglow27, 1926.

Les caractéristiques des placers sont les suivantes:

II. 48 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

VOLUME: de modéré à faible;


DIMENSIONS: deux dimensions modérées à faibles, la troisième faible à très faible;
SURFACE/VOLUME: fort à élevé;
SURFACES LIMITES: primaires ou secondaires selon les types; variabilité très importante;
DISPERSION: de très haute à extrême;
TYPES GÉOLOGIQUES: associés à divers phénomènes sédimentaires, à diverses époques.
situés en bonne partie dans les sédiments non consolidés; aussi
"placer fossiles";

Les problèmes d'échantillonnages sont très accentués à cause de la dispersion, de l'effet


pépitique accentué et des effets lenticulaires. Les problèmes d'estimation sont en conséquence
très ardus, les forages sont peu représentatifs et l'évaluation dépend beaucoup des échantil-
lonnages en vrac.

E) Les concentrations locales

Un facteur important à souligner est la concentration de l'or dans certaines portions des
structures: les cheminées riches ou "ore shoots" ou "cheminées" qui sont allongées dans une
direction, à l'intérieur de structures planaires. Ce phénomène, qui se rencontre plus souvent dans
les systèmes de veines et dans les placers mais peut également être présent dans les amas et les
gîtes stratiformes, complique fort l'évaluation des gisements d'or, par rapport aux métaux usuels
par exemple.

Les crénulations dans le cisaillement ou dans le litage agissent également comme


contrôle des concentrations d'or en cheminées linéaires. Le lecteur intéressé trouvera plus
d'informations dans Hodgson28. Les exemples suivants de concentrations d'or sont tirés des
textes cités plus haut:

- à l'intersection de structures ou zones planaires (Yellowknife)


- à l'intersection de cisaillements entrecroisés avec le cisaillement principal,
- à l'intersection de cisaillements subsidiaires à un cisaillement principal (Lac Short),
- dans les fractures d'extension associées à un cisaillement principal (Mine Sigma);
- dans des structures locales d'origine sédimentaire ou dans les irrégularités de la surface
sous-jacentes des placers;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 49


Méthode d'évaluation

4.3 LES MÉTHODES CARTOGRAPHIQUES

4.3.1 LA CARTOGRAPHIE GÉOLOGIQUE

Le travail du géologue et de l'ingénieur géologue dans l'évaluation des gisements se


caractérise par l'importance de l'observation des faits géologiques.

A) En surface

La cartographie géologique du terrain et des excavations minières doit se faire à une


échelle appropriée à celle des autres travaux en cours. On ne peut se contenter de cartographie
au 1:10,000 ou au 1:5,000 lorsque l'on fait des sondages sur une maille de 40 ou 20 mètres.

La cartographie comprend, outre les observations pétrographiques et l'identification des


lithologies, l'observation de tous les phénomènes structuraux. La granulométrie, la minéralogie
de la roche et des minéralisations demandent attention et une description détaillée mais non
prolixe, qui doit rechercher la quantification. La cartographie est également une opération
topologique: le géologue/ingénieur géologue doit établir des contacts entre les unités lithologiques
décrites, ce qui implique souvent prise de décision dans l'incertitude!

B) Le journal des sondages

Le journal des sondages est essentiellement une opération de cartographie géologique


doublée d'une opération d'échantillonnage. Les commentaires sur la cartographie s'appliquent
compte tenu du contexte qui rend plus limitées et plus difficiles les observations structurales. Les
observations structurales sont particulièrement importantes pour l'étude des gisements d'or.
Plusieurs techniques et appareils spécialisés ont été développés pour utilisation dans les sondages,
mais leur application est plutôt onéreuse. Les méthodes géophysiques permettent de prolonger
la zone d'influence des sondages et/ou des galeries et d'acquérir des informations structurales et
lithologiques additionnelles (sismique, méthodes EM, géoradar, etc).

II. 50 Guide d'évaluation des gisements d'or


VEINE VEINE DE VEINES DE
OUVERTES CISAILLEMENT CISAILLEM ENT CENTRAL
/ OBLIQUE

/ ~~ yy
y
/ y
A
VEINE
SYGMOÎDALES A I' VEINE COMBINÉES
)}' EXTENSION ET VEINE DE CISAILLEMENT
CENTRAL DE DEUXIÈME ORDRE
TYPE- S V CISAILLEMENT
/ /% OBLIQUE /i ~ /

//
1y ,, ~i
/ /~/ , -
/
/
VEINES Ds ENSEMBLES
TYPE-Z VEINES COMBINÉES l
CONJUGUÉS ~_ `~•~ EXTENSION ET / r Y
Y
.r ✓~
/
' CISAILLEMENT ~
" OBLIQUE Av~
fl
VEINE DE CISAILLEMENT
OBLIQUE DE
Vi " f DEUXIEME ORDRE

ZONES DE CISAILLEMENT ( Hodgson , 1989 )

Fig. 4.1

GÉOMÉTRIE FRÉQUENTE
GUIDE D'ÉVALUATION DES VEINES
Méthode d'évaluation

Des logiciels spécialisés facilitent la collecte de données et la confection du journal des


sondages. Il faut choisir le logiciel qui offre à la fois systématisme et flexibilité et qui permet
le transfert automatique des données pour les étapes suivantes de mise en plan et d'interprétation.

La récupération des carottes est essentielle à l'échantillonnage des gisements diraient les
disciples de M. de La Palisse. En corollaire la localisation exacte des intervalles perdus est
essentielle. La puissance et la haute performance des foreuses actuelles contribuent souvent à
augmenter les pertes et à accentuer la déviation des sondages; ce dernier fait rend aléatoire
l'atteinte de cibles profondes. La supervision du géologue / ingénieur géologue doit inclure une
surveillance assidue des divers aspects du forage lui-même, sous peine de manquer les objectifs
fondamentaux. Nonobstant l'inventivité des fabriquants de matériel, très peu de recherches
formelles ont été faites sur ces facteurs, ce qui est dommage, considérant l'importance de
l'exploration par sondages profonds dans les camps miniers.

4.3.2 LA CARTOGRAPHIE GÉOTECHNIQUE

La cartographie géotechnique doit compléter la cartographie géologique, autant en


surface que dans les sondages. Il faut également recueillir toutes les observations du mort terrain
qu'il est possible d'obtenir, car ces données seront importantes au stade de l'ingénierie minière.
C'est pourquoi on fera appel à l'ingénieur géologue spécialisé en géotechnique pour la carto-
graphie des tranchées et autres excavations dans le mort terrain et on notera aux journaux des
sondages toutes les information recueillies avant d'atteindre le socle rocheux.

La fracturation de la roche est reliée à la stabilité et la sécurité de l'opération minière


éventuelle. C'est pourquoi, lors des sondages, on observera les paramètres facilement
observables et mesurables, tels le RQD, qui peuvent être corrélés avec la géomécanique. Ces
paramètres ne sont plus observables lorsque la carotte a été fendue ou autrement échantillonnée!
On référera au Guide d'ingénierie pour la conception des piliers de surfaces du Centre de
recherches minérales pour les procédures appropriées. Les méthodes géophysiques peuvent
prolonger l'information géotechnique accessible dans les sondages ou en affleurement. Citons,
par exemple, les diverses méthodes sismiques, particulièrement les méthodes de tomographie qui
peuvent contribuer à la connaissance des différences de lithologie, de fracturation de diverses
zones, pour aider à localiser les zones de fracture, aider à estimer le RQD, le module de Young,
etc..

La fracturation et la porosité de la roche influencent également, outre le poids


spécifique, la perméabilité de la roche aux eaux souterraines. Il sera approprié de noter toutes
les venues ou les pertes d'eau observées durant les sondages ou les excavations car ce facteur a
passablement d'importance dans l'exploitation minière. Des infiltrations même minimes peuvent
rendre plus dispendieux le forage et le sautage des chantiers, en plus de réduire la résistance

II. 52 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

mécanique des murs. Aux stades de la découverte et de la définition du gisement, le géologue/


ingénieur géologue doit donc se préoccuper de ces problèmes et il doit s'assurer de l'accessibilité
future des sondages pour cimentation en laissant en place les tubages, sinon il DOIT procéder
immédiatement à la cimentation si les venues d'eau sont susceptibles d'être obstruées. Le Guide
d'ingénierie des piliers de surface publié par le CRM propose diverses normes et méthodes
adaptées à ces problèmes.

4.3.3 LA MINÉRALOGIE

La minéralogie est un outil essentiel du géologue/ingénieur géologue, autant pour la


valorisation des gisements que pour leur découverte. Dans le système multimodal qu'est une
roche, nombre de phases minérales sont possibles à partir d'une composition chimique donnée.
Pour les minéraux d'intérêt économique et plus particulièrement pour l'or, la situation est plus
complexe, à cause de l'importance de la dimension et de la dispersion des diverses phases
minérales. C'est le cas autant pour l'analyste, le minéralurgiste, le métallurgiste que pour le
géologue/ingénieur géologue, car le rendement recherché exige de comprendre les caractéristiques
des minéralisations du gisement sous étude.

Des méthodes quantitatives ont été développées, même au stade de l'exploration et de


la mise en valeur; Botbol, 197030, présente un système simple, d'application facile. Le système
d'informatisation des données géologiques développé par International Geosystems est un outil
très approprié pour la quantification des caractéristiques lithologiques et minéralogiques d'une
roche; nombre de chercheurs universitaires et de compagnies minières l'utilisent.

Dans cette perspective, il apparaît que les études minéralogiques doivent être considérées
et utilisées systématiquement comme un outil d'inventaire pour les divers stades de l'évaluation
de tout gisement, donc des gisements d'or. Dans ces études, l'aspect quantitatif a été développé
de façon poussée pour répondre aux besoins des travaux des minéralurgistes et des métallurgistes.
Pour l'or, les faibles teneurs et la distribution pépitique de ce métal obligent à des observations
nombreuses et le petit nombre de particules limite souvent les observations. L'importance et le
détail des études minéralurgiques varieront selon le stade atteint, selon les conditions et selon les
problèmes qui apparaîtront, mais il est important qu'on les entreprenne de façon systématique,
comme un élément essentiel de la valorisation du gisement.

La tendance habituelle est de sous-évaluer les besoins d'études minéralogiques


qualitatives et quantitatives nécessaires pour la minéralurgie d'un minerai. On allègue alors qu'on
ne sait pas si de telles études sont vraiment nécessaires et qu'il sera toujours temps de les exécuter
si des problèmes se présentent. Le Guide considère inacceptable d'entreprendre des essais
minéralurgiques sans études minéralogiques préalables. De fait, s'il y a problème, les délais
seront plus longs et les frais plus élevés pour trouver une solution au jugé que si on avait procédé

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 53


Méthode d'évaluation

de façon planifiée, à partir des connaissances minéralogiques. C'est particulièrement vrai si c'est
lors d'essais en usine pilote ou en usine commerciale que des problèmes imprévus se manifestent.

Une bibliographie importante décrit l'importance des études minéralogiques et leur rôle
dans la solution des problèmes de minéralurgie et de métallurgie extractive. Citons les comptes-
rendus du Symposium de l'AIME sur la minéralogie appliquée, 198131 ceux du Symposium de
198532, ainsi que de l'article de Wilhelmy, 198833

4.3.4 LA CARTOGRAPHIE GÉOPHYSIQUE

A) A l'exploration

Le Guide passera rapidement sur les applications de la géophysique au stades de


l'exploration (1 à 3) qui débordent son mandat. On notera que les méthodes géophysiques sont
souvent utilisées comme outils d'exploration, à la façon du prospecteur qui cherche des
anomalies. Cependant, ce mode d'emploi n'utilise pas toutes les ressources de la géophysique.
Les méthodes magnétométriques et électromagnétiques et la polarisation provoquée sont les plus
utilisées à ces stades. La pénétration et les possibilités d'utilisation des méthodes géophysiques
ont été fortement augmentées par le développement des méthodes à grande pénétration comme
l'UTEM et des sondages géophysiques en forages, qui permettent une utilisation beaucoup plus
poussée pour la recherche de cibles profondes.

De façon plus ponctuelle, les méthodes sismiques peuvent servir à délimiter des
structures telles les failles et les cisaillements, ainsi les contacts géologiques entre roches de
caractéristiques sismiques différentes. Ces méthodes sont donc susceptibles d'une certain
application pour l'exploration de l'or, en l'absence de propriétés magnétiques ou électro-
magnétiques de la roche minéralisée. La sismique peut également être utilisée comme outil pour
mieux connaître l'épaisseur du mort terrain et les profils du socle rocheux, mais seulement
lorsqu'elle est accompagnée et calibrée par des forages.

B) A la mise en valeur et à l'exploitation

A l'étape de la délimitation et de la définition d'un gisement (stade 4 et 5), les


méthodes électromagnétiques à grande pénétration et les méthodes géophysique en forages seront
encore utilisées pour cibler les forages; la sismique est également susceptible d'utilisation. Avec
l'avancement du projet, les objectifs changeront et les méthodes sismiques pourront être utilisées
de façon croissante pour évaluer les qualités mécaniques de la roche dans les zones minéralisées,
les épontes et les zones où des puits et galeries doivent être foncées. Ces méthodes permettent
d'investiguer les volumes importants situés entre les sondages et autres points d'échantillonnages
et ainsi, d'augmenter la portée des informations concrètes.

II. 54 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Lors de la mise en valeur, les exigences accrues d'information amenées par la


géotechnique pour l'estimation du RQD, du module de Young et du coéficient de Poisson et, de
façon générale pour la planification des mesures de contr6le de la stabilité des masses rocheuses
feront appel aux méthodes sismiques pour compléter les méthodes cartographiques et les divers
forages géotechniques. La tomographie est une technique d'analyse sismique systématique qui
aide à déceler les zones de roc de vitesse sismique différente, soit par leur fracturation, soit par
leur propriétés différentes, comme les sulfures. Le géoradar est une méthode électromagnétique
qui permet également de détecter les fractures et zones poreuses dans le roc.

Lors de l'exploitation, le contr6le méthodique des vibrations produites par les sautages
permettra de mieux doser l'emploi des explosifs et les séquences de tir, pour optimiser la
fracturation du minerai tout en limitant les bris hors profils et en réduisant les coûts. Le géoradar
peut également servir à établir les limites d'un chantier après l'extraction du minerai.

Les méthodes géophysiques sont donc susceptibles d'applications beaucoup plus large
que ce l'on constate actuellement. Ce ne sont pas des panacées cependant! Leur emploi sera
profitable en autant que l'on saura bien calibrer et vérifier, à partir des informations géologiques
concrètes, les informations que l'on en tirera, afin de bien les intégrer dans les interprétations et
les modèles géologiques et miniers.

4.4 LE POIDS SPÉCIFIQUE

Le poids spécifique des minerais varie considérablement selon le poids spécifique et la


proportion des minéraux constituants. Pour les roches "non minéralisées", le poids spécifique est
de l'ordre de 2.6 à 2.7 pour les roches acides, et de 3.1 à 3.3 pour les roches mafiques. Pour
quelques minéraux d'intérêt: le poids spécifique de la pyrite est de 5.0, de la chalcopyrite de 4.2,
de la pyrrhotine de 4.6, de la sphalérite de 3.9 à 4.1 de la pentlandite de 5.0 celui de la magnétite
de 5.2, l'ilménite de 4.5 à 5.0 (et l'or de 15 à 19.2). Les proportions variées de ces minéraux
d'intérêt ou minéraux usuels sont caractéristiques de la majorité des gisements.

Dadson 196734, a souligné la faiblesse, sinon le ridicule, de recourir à des analyses


"précises", mais de se contenter d'un poids spécifique "global" et approximatif, quand le poids
et le contenu métal d'un volume donné, lentille ou zone peuvent varier de 5 à 50%, à cause de
variations du poids spécifique. Pour un gisement d'or, la présence de pyrite est fréquente et ses
proportions sont souvent variables.

Citons quelques cas concrets. A la Société Minière Louvem durant les années 1970 à
1980, le poids spécifique du minerai des diverses zones de métaux de base variait entre 3.1 et
4.2, selon le contenu de pyrite. Dans tous les cas similaires, cette mesure est donc nécessaire
à l'évaluation du métal contenu dans un gisement ou dans un chantier donné.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 55


Méthode d'évaluation

Un exemple plus récent est celui du gisement de graphite de Mazarin Inc: le contenu
soufre (pyrite) et le contenu en carbone graphitique (Cg), le premier plus lourd, le second plus
léger, font varier dans des directions inverses le poids spécifique de la roche. Dans les roches
lixiviées, la porosité est plus importante et des minéraux fins, bauxites, argiles, limonites ou
autres peuvent facilement être lavés par les procédures de forage, ce qui ne donne pas un
échantillon représentatif, ni en teneur, ni pour les caractéristiques minéralurgiques. Le Northern
Miner35 décrit des problèmes d'estimation reliés au poids spécifique dans le cas d'une mine
récemment mise en production et dont l'exploitation a été suspendue(11.

La conclusion qui s'impose est que le poids spécifique est une caractéristique d'une
minéralisation qui doit être quantifiée systématiquement, avec des méthodes appropriées, au
même titre que le contenu en éléments d'intérêt, et ce, à partir du début des travaux de mise
en valeur. Cette quantification requiert que dans les cas de minérais poreux/altérés, tous les
facteurs significatifs soient également inscrits aux journaux des sondages.

Les solutions à ce problème sont techniquement simples et relativement peu


dispendieuses. Plusieurs opérations minières mesurent de façon routinière le poids spécifique des
intersections minéralisées en pesant, dans l'air et dans l'eau, des échantillons types (5 fragments)
de chaque intersection. Cette procédure a été utilisée à Louvem ainsi qu'a SOQUEM pour
l'évaluation de gisements de métaux usuels et de gisements d'ilménite. Cette méthode est peu
dispendieuse par comparaison aux analyses chimiques, mais l'expérience a montré une dispersion
parfois importante des valeurs individuelles. C'est pourquoi des mesures nombreuses et systéma-
tiques sont nécessaires pour obtenir des moyennes représentatives.

Une autre façon d'obtenir le poids spécifique d'une roche est de le calculer à partir des
éléments constituants. Dans le cas déjà cité de la Société Minière Louvem, ceci a été fait en
utilisant l'analyse du soufre pour reconstituer la pyrite et les teneurs des métaux usuels déjà
disponibles pour les autres minéraux et un abaque permettait d'obtenir rapidement la densité
spécifique. A SOQUEM, ceci a été fait pour des gisements d'ilménite, en parallèle avec la
mesure du poids spécifique. Les poids spécifiques ainsi obtenus étaient inscrits au fichier des
échantillons au même titre que les analyses, pour servir au calcul des réserves. Il est probable
que d'autres compagnies minières aient suivi des procédures similaires.

Une étude récente de CANMET, Boyer36 , applique systématiquement des considé-


rations similaires, pour l'établissement de la densité spécifique à partir des teneurs en métal (Ni
et U) de trois gisements d'uranium de Saskatchewan. Ce travail présente une méthodologie

11 "The study was commissioned after company XX revealed that the wrong specific gravity
level had been used to determine (deposit) reserves prior to production start up.
Company XX brought the mine into production last June thinking that it was an operation
with 460,000 tons grading 0.45 oz gold per ton. The SMS study later revealed that
mineable oxide reserves were actually 250,000 tons grading 0.35 oz per ton."

II. 56 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

détaillée et souligne les problèmes méthodologiques rencontrés. La porosité de la roche peut


affecter les déterminations, également les variations minéralogiques possibles avec un même
contenu métal. Une présentation résumée du même sujet est faite dans Boyer et Billette,
198937.

4.5 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX

L'évaluation d'un gisement doit comprendre tous les aspects qui touchent à la qualité
de l'information, telle la topométrie, et tous les aspects qui touchent à la valeur des titres de
propriété ou d'option par lesquels ce gisement est détenu.

4.5.1 LA TOPOMÉTRIE

La quantification qui est caractéristique de l'étape de la mise en valeur doit s'étendre


aux aspects de topométrie (arpentage) du terrain et également à la localisation de toutes les
données en trois dimensions.

A) Contrôle topométrique

Au moment de la découverte, le contrôle topométrique des informations de surface est


en général fait à partir d'un réseau de lignes coupées, dont la rigueur et la précision dans le plan
horizontal varient beaucoup; aucun contrôle vertical n'est en général disponible à ce stade.
Aussitôt la découverte assurée (12, il faut songer à établir un contrôle topométrique approprié,
par l'intermédiaire de personnel spécialisé. Il faut un contrôle horizontal et vertical de la position
des sondages. Il faut aussi distinguer la position du collet du sondage (repère des foreurs et des
mesures des carottes) de la position du forage au sol. On rencontre encore trop souvent des
dossiers d'indices et de gisements pour lesquels aucune mesure de la position verticale du collet
des sondages n'est disponible et ce, dans des conditions topographiques relativement accidentées.

B) La course des sondages

La précision de la trajectoire des forages est un sujet complexe qui dépend de


l'équipement utilisé et également de nombreux paramètres d'exécution: ce sujet dépasse le cadre
du présent Guide. Par contre, le relevé de la course d'un sondage est une mesure essentielle pour
situer la position dans l'espace des informations et échantillons prélevés. Pour ce faire, il faut
mesurer l'inclinaison et l'orientation du forage systématiquement, à des espacements qui varieront
selon les besoins et les conditions. Diverses méthodes sont disponibles et seront décrites

12
En d'autres termes, aussitôt qu'on a placé plus de six ou sept sondages sur un site et
qu'on continue les travaux!

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 57


Méthode d'évaluation

sommairement quant à leurs paramètres essentiels. Il n'y a pas d'excuse acceptable pour justifier
l'absence de tests à l'acide comme mesure standard de contrôle, l'absence d'essais au compas ou
au gyroscope pour les sondages plus longs, surtout dans un programme de mise en valeur.

a) Les levés à l'acide

C'est une méthode rapide qui ne donne que l'inclinaison de l'axe du sondage et qui sert
avantageusement de contrôle d'exécution durant le forage. L'angle du ménisque tracé par l'acide
fluorhydrique sur l'éprouvette demande d'être ajusté par une courbe de correction, à cause de la
tension superficielle qui déplace le ménisque lorsque le tube est incliné. Étant donné
l'interprétation que comporte la lecture, il est nécessaire de se calibrer par des mesures faites en
surface, à des angles mesurés. Il faut également utiliser des éprouvettes standard et la
concentration d'acide recommandée.

b) Les levés au compas magnétique

Il y a deux types d'appareils incorporant un compas magnétique équilibré placé dans un


système repère. L'utilisation de ces appareils est plus élaborée que pour les tests à l'acide, mais
ils permettent, en l'absence de minéraux magnétiques, de mesurer la direction du forage dans le
plan horizontal, en plus de sa plongée.

Les appareils mécaniques de type Tropari ou Pajari consistent en un système de cercles


universels contrôlé par un mouvement d'horlogerie qui le bloque après le délai fixé. Cet appareil
mécanique est vulnérable dans les conditions brutales des sondages, c'est pourquoi plusieurs
organisations utilisent deux appareil en série pour une mesure donnée, afin de s'assurer de la
fiabilité des mesures obtenues. Dans ces conditions, les mesures sont en général moins
nombreuses que celles obtenues par les tests à l'acide. Un système plus récent consiste en un
compas équilibré, doté de repères visuels, avec une mini-caméra qui enregistre l'orientation et
l'inclinaison du forage en un point donné.

c) Les levés au gyroscope

Cet appareil est plus dispendieux mais plus précis que les précédents et les observations
sont recueillies en général par des lectures en continu sur l'instrumentation ad hoc. Jusqu'à
récemment, le gyroscope était limité au calibre BQ comme format minimum, mais ils sont
maintenant disponible en calibre AQ. Il permet un arpentage plus précis de la course des sondages
profonds.

II. 58 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

4.5.2 LES ASPECTS LÉGAUX

Les aspects légaux font partie intégrante de l'évaluation des gisements d'or. Ce sont
d'abord les contrats par lesquels une organisation ou un individu détient des droits sur une
propriété. La certification du droit de propriété et sa délimitation sur le terrain constituent
d'autres aspects essentiels de toute évaluation.

A) Les contrats

La négociation des contrats est un art en soi et plusieurs textes ont été écrits sur ce sujet.
Il faut évidemment s'assurer des services légaux appropriés à la situation. De façon pragmatique,
il faudrait que les signataires envisagent bien toutes les implications futures des clauses des
contrats lors des négociations, avant la signature et avant une découverte! Trop souvent. les
contrats d'acquisition de propriétés ou d'ententes d'exploration conjointe sont négociés et signés
sans tenir compte de l'éventualité de l'objectif de ce contrat: la découverte d'un gisement. En
conséquence, lors d'une découverte, on se retrouve souvent avec des clauses qui ne sont pas
appropriées aux conditions de mise en valeur, de mise en exploitation, ou d'exploitation et qui
réduisent la valeur marchande du projet, à cause des frais ou des inconvénients qu'elles
entraînent. Les facteurs légaux font donc partie de l'évaluation des gisements d'or.

Une règle pratique simple serait de se demander, avant de signer un tel contrat: "Si on
découvrait sur cette propriété un gros (ou petit) gisement riche (ou marginal), qu'est-ce qui se
passerait? Quelle clause de gestion, quels frais de gestion ne seraient plus acceptables? A partir
de quelle clause du contrat proposé un procès serait susceptible d'être engagé contre nous, etc..?

B) L'arpentage des propriétés

Le Guide, sans s'immiscer dans le domaine légal, croit nécessaire de suggérer quelques
règles pratiques concernant la localisation des propriétés minières. Sauf dans un nombre restreint
de régions, les lois minières au Canada séparent les droits miniers des droits de surface.
L'acquisition des droits miniers se fait souvent dans un contexte de compétition qui favorise les
contestations, surtout autour de, ou après les découvertes (13. Il apparaît donc essentiel
d'assurer, chaque fois que les lois ou les règlements le permettent, le titre de propriété en
recourant aux services des officiers légaux que sont les arpenteurs-géomètres, pour délimiter au
sol, avant les contestations, les limites des propriétés minières d'intérêt. De tels arpentages et
les certificats de localisation qui les accompagnent sont d'ailleurs, la plupart du temps, requis
d'ailleurs dans les transactions et dans les contrats des financements.

13
Au Québec, la nouvelle Loi des mines limite è un an après l'acquisition les
contestations sur les droits miniers acquis par piquetage.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 59


Méthode d'évaluation

4.6 L'ENVIRONNEMENT

La société contemporaine est très sensibilisée à la nécessité de protéger et conserver


l'environnement. La législation et les réglementations afférentes sont de plus en plus exigeantes
sur ces questions. Cette situation oblige tous ceux qui s'impliquent aux divers paliers du
développement minéral à se préoccuper des implications des lois et règlements sur les travaux
d'exploration, de mise en valeur et d'exploitation. Ceci veut dire par exemple qu'il est
nécessaire:

1) de vérifier, au moment du choix d'un projet d'exploration, les contraintes vis à vis
l'environnement reliées à certaines substances, certains types d'exploitation;

2) de s'efforcer, au moment des travaux d'exploration, à minimiser les traces de leur passage,
l'impact des travaux et les dommages qui pourraient en résulter;

3) de commencer la collecte de données sur l'environnement dès les travaux d'exploration, pour
accumuler une base de données appropriée. Ce travail doit être guidé par des spécialistes du
domaine;

4) d'augmenter la collecte de données et les études spécialisées au stade de la mise en valeur,


faute de retarder la préparation des études d'impact et d'empêcher l'obtention des permis
requis;

5) de considérer, qu'au stade de la faisabilité et de la décision de mise en production, les


mesures de protection de l'environnement, les permis et les divers frais afférents sont des
éléments techniques essentiels à l'étude de faisabilité et au processus de décision.

4.7 LA GESTION DE L'INFORMATION

4.7.1 ÉCHELLES ET MAILLES

Le choix des échelles de travail et des mailles d'information et d'échantillonnages


appropriées est un élément essentiel du travail du géologue/ingénieur géologue dans l'évaluation
des gisements.

A) Échelles de travail

L'échelle de travail de la cartographie et des levés contrôle jusqu'à un certain point la


densité et la quantité des informations qui peuvent être recueillies lors d'une campagne de
valorisation. Un rapport d'échelle trop élevé ne permet pas l'expression d'un détail suffisant (ex:

Il. 60 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

1:10,000). A l'inverse, un rapport d'échelle trop bas (ex: 1:100) ne facilitera ni l'interprétation
ni la synthèse des informations.

La cartographie géologique d'une propriété doit être exécutée à une échelle appropriée
avec celle des autres travaux. On ne saurait se satisfaire d'une échelle de 1:5,000 ou 1:10,000
pour la cartographie géologique et structurale d'une propriété sur laquelle on fait la délimitation
d'un gisement sur maille de 30m: une échelle de l'ordre de 1:500 à 1:1,000 serait plus adéquate.

En règle générale, les échelles des plans de travail doivent être uniformes. Il est fort
peu recommandable d'avoir une carte géologique à 1:500 et les plans d'échantillonnage à 1:200,
car ceci ne permet pas les corrélations appropriées.

B) Les mailles d'information

Dans le cas de la collecte de données à caractère ponctuel, comme les échantillonnages


ou la maille des forages, la maille d'information structure à la fois le travail de collecte et
l'information obtenue. Le choix de la maille d'information appropriée influence également l'effi-
cacité de la campagne de délimitation ou de définition d'un gisement.

Pour un gisement et une phase de travail donnés, il y a avantage à choisir la maille de


forage qui permet d'atteindre les objectifs de ce stade avec le minimum de frais. Par exemple,
sur un indice minéralisé, les travaux commencent souvent avec une maille de l'ordre de 60 m,
ensuite réduite à 30m. Pour la délimitation d'un gisement, on devra choisir une maille qui
donnera au moins 4 à 5 intersections sur la longueur de la zone cible et deux à quatre sur la
profondeur. Les mailles sont réduites de moitié à l'étape suivante. La maille finale de détail
dépendra des caractéristiques gftologiques et géostatistiques du gisement; elle dépendra également
des caractéristiques de la méthode d'extraction minière choisie. Ce sujet sera discuté de nouveau
aux chapitres 5 et 7.

4.7.2 LA VÉRIFICATION

Vérifier: 12 Examiner la valeur (de qqch.), par une confrontation avec les faits ou par un
contrôle de la cohérence interne;
22 Examiner (une chose) de manière d pouvoir établir si elle est conforme d ce
qu'elle doit être, si elle fonctionne correctement;
32 Reconnaître ou faire reconnaître une chose pour vraie par l'examen, l'expérience.
Dictionnaire Robert.

Le Guide tient à souligner que, particulièrement dans l'axe géologique, mais également
dans les axes de l'ingénierie et de l'économique, la vérification des faits et des interprétations doit
constituer une attitude, un ensemble de procédures qui doivent imprégner toute la démarche du

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 61


Méthode d'évaluation

géologue/ingénieur géologue et aussi, celle de tous les autres intervenants en développement


minéral.

Pour rencontrer les objectifs de vérification, il faut réaliser la nécessité d'une


redondance appropriée d'informations qui, seule, permettra d'établir les comparaisons et les
recoupements nécessaires. On ne peut concevoir une vérification véritable sans un minimum de
redondances dans l'information. Celui qui veut, par économie à courte vue, éviter toute
duplication, se place dans une situation où une vérification réelle est impossible. C'est une
lapalissade nécessaire de souligner que la seule façon d'établir si on a assez d'informations,
c'est de réaliser qu'il y a suffisamment de duplications de données pour établir des
recoupements. C'est particulièrement important pour les informations quantitatives ou
qualitatives qui viennent de l'extérieur. Les vérifications se feront autant au niveau des calculs
et des interprétations qu'au niveau des mesures physiques.

Le terme "vérification" est utilisé ici au sens large, pas seulement dans un sens de
critique négative par rapport à des résultats ou projections imprécises ou trop optimistes, mais
également avec l'objectif de déceler des opportunités cachées: les erreurs peuvent avoir des effets
autant à la baisse qu'à la hausse!

4.7.3 INTERPRÉTATION ET MODÉLISATION

L'interprétation géologique et structurale est à la fois un outil et une étape essentielle


de la valorisation des gisements. L'essence de l'interprétation, c'est de prolonger la portée des
informations factuelles disponibles en utilisant les concepts géologiques et les modèles gitolo-
giques pour établir de nouvelles relations et formuler des hypothèses qui orienteront les prochains
travaux. L'interprétation et la modélisation sont des étapes essentielles de l'estimation des
limites, des volumes, des masses et des teneurs.

A) L'interprétation

L'interprétation est, comme la cartographie, une opération topologique. Les relations


géométriques ou analogiques que le géologue/ingénieur géologue d'expérience établira ainsi
graphiquement, en deux dimensions d'abord, ensuite et surtout en trois dimensions, sont encore
très difficiles à émuler sur les systèmes informatisés.

L'essence de cet art qu'est l'interprétation géologique est le systématisme éclairé.


Descartes dirait peut-être que l'interprétation efficace requiert l'esprit géométrique dirigé par
l'esprit de finesse (d'analyse). Le systématisme devra s'exercer tout d'abord dans la préparation
des bases de données informatisées qui recueillent les informations géologiques et analytiques.
Ici le systématisme doit être imprégné de flexibilité pour anticiper les besoins et permettre les
développements imprévus que le futur amène souvent.

II. 62 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Le systématisme est également essentiel dans la présentation des données, sur plans et
sections, pour établir des relations physiques, en deux et en trois dimensions. Le systématisme
dans l'interprétation s'exercera dans la façon de poursuivre et de compléter la réflexion
jusqu'à des conclusions. Expliquons nous: a) parfois, les données géologiques sont relativement
uniformes et les conclusions apparaissent faciles à tirer; b) parfois, les données moins complètes
ne permettront d'arriver à des conclusions logiques et acceptables qu'à ceux qui poussent la
réflexion jusqu'à sa limite; c) parfois, les données sont fragmentaires, même contradictoires, etc.
Ce qui est relativement facile dans le premier cas est plus complexe dans le second et beaucoup
plus difficile dans le troisième: il est toujours plus facile d'arrêter le cheminement en cours de
route. Le but du systématisme demandé est d'optimiser l'emploi des informations obtenues par
l'emploi des investissements de capitaux de risque, capitaux qui sont, règle générale, rares et
difficiles à obtenir.

Le systématisme consiste à ne pas se contenter de demi-réponses, en invoquant la


complexité géologique: il faut analyser la situation, élaborer des hypothèses alternatives et utiliser
les faits disponibles, les uniformités et les contradictions pour orienter les prochaines étapes de
recherches. Il faut surtout éviter de conclure trop vite et se satisfaire de modèles simplistes
qu'on essaie ensuite de confirmer en négligeant les faits qui n'y entrent pas, autrement dit d'avoir
un coup de foudre pour une interprétation, un modèle. Les biologistes et les géographes lisent
et citent beaucoup plus souvent que les géologues les réflexions du géologue Chamberlain38,
(1968) sur les méthodes de travail et les hypothèses (et modèles) multiples que le géologue /
ingénieur géologue mature doit savoir entretenir en parallèle pour guider son travail (comme
en comparaison, l'homme / la femme du monde pour ses maîtresses / amants!).

B) Modélisation et Gftologie

Dans la pratique de l'évaluation des gisements d'or, l'interprétation des données et la


modélisation des gisements s'appuieront sur la compréhension des phénomènes qui contrôlent la
distribution des métaux présents. Ce sont:
1) la forme, les dimensions, les contrôles structuraux et la distribution des masses minéralisées;
2) la minéralogie (nature et dimension) et la distribution physique des particules minéralisées
à l'intérieur des secteurs minéralisés. La minéralogie touche également à l'effet de pépite
des métaux précieux que la géostatistique analyse et quantifie par les variogrammes. Ceci
est relié directement à la minéralurgie et au rendement de l'extraction des métaux.

La modélisation appropriée du gisement et l'interprétation de ses limites sont des


prérequis au calcul des masses et des teneurs sauf dans quelques gisements de type disséminé
(chap 7).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 63


Méthode d'évaluation

a) La probation des modèles

Platt39 (1964), dans un texte axé sur la recherche efficace, souligne l'importance de
l'élaboration de modèles qui permettent la vérification et l'importance de la probation de ces
modèles. La vérification doit se faire d'abord sur les aspects importants des hypothèses de travail
mais il faut également vérifier les aspects négatifs. Par exemple, si un modèle gîtologique prédit
des minéralisations dans des conditions données, c'est à vérifier en priorité, mais il faut également
vérifier au moins sommairement les endroits où le modèle prédit l'absence de minéralisation. La
probation de l'hypothèse posée, du modèle tracé, augmente le degré de confiance sur la validité
des informations disponibles et permet en rétroaction un modèle amélioré.

Dans cette perspective, les analyses de sensibilité exécutées lors de l'étude de faisabilité
sont des vérifications des modèles et de la solidité des conclusions sur la rentabilité. Ces
conclusions dépendent des faits et des interprétations dans les axes de la géologie, de l'ingénierie
et de l'économique.

4.7.4 INFORMATISATION DFS DONNÉES

Il n'est pas dans le rôle du Guide de recommander un système commercial plutôt qu'un
autre. Son rôle est plutôt de faire ressortir les critères qui doivent guider l'utilisateur dans le
choix d'un système adapté à des besoins qui évolueront et deviendront plus rigoureux et plus
complexes. Les comptes rendus d'un Atelier tenu à Toronto en mars 1990 fournissent de
multiples exemples de l'application des ordinateurs a la géophysique, la géochimie, aux systèmes
d'information géographiques, aux forages, à l'estimation des gisements ainsi qu'a la conception
et la planification minière (CAME40 1990).

Au niveau de l'acquisition des données, du journal des forages, de la cartographie, des


échantillonnage, plusieurs logiciels commerciaux sont disponibles. Ils permettent de systématiser
l'acquisition des données, une transcription et une mise en plan très rapides des informations
géologiques, des échantillonnages et de leurs résultats. D'autres logiciels sont disponibles pour
les opérations ultérieures de calcul des réserves, de planification. Dans le choix de logiciels, l'on
devra etre guidé par une perspective systémique: il faut qu'un logiciel donné s'intègre dans un
système global de traitement d'information et éventuellement de système expert. Il faudra tenir
compte des éléments suivants pour orienter ses choix:

1) la flexibilité d'un logiciel pour l'acquisition de l'information dans des contextes différents,
systématisme et possibilités de quantification des données géologiques et minéralogiques;

2) la facilité d'utilisation du logiciel (user interface) et la durée de l'apprentissage requis;

II. 64 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

3) l'intégration des diverses étapes dont la collecte sur le terrain et le transfert aux systèmes
résidents;

4) les facilités de transfert et d'utilisation directe des informations pour les étapes suivantes:
a) mise en plan/section de l'information géologique, des échantillonnages et de leurs
résultats;
b) possibilités de travail interactif, d'interprétation et d'enregistrement des données ainsi
dérivées
c) possibilités de transfert et d'utilisation des données dans les systèmes informatisés de
calcul des masses et des teneurs et dans les systèmes de planification minière.

5) le niveau d'interrelation, sinon d'intégration des diverses étapes / opérations décrites ci-haut
et les possibilités d'expansion pour incorporer de nouvelles informations, permettre de
nouvelles applications;

6) dans le cas de l'utilisation de logiciels/systèmes privés qui demandent à la fois entretien,


programmation et des liens exclusifs avec un seul fournisseur et/ou consultant, il faut
s'assurer de la qualité de la formation et du support fournis ainsi que des frais futurs.

4.7.5 LES SYSTÈMES EXPERTS

Le Guide considère que l'informatique est une nécessité et un outil très utile, dont nous
n'avons que débuté les applications. La démarche du Guide est un préalable essentiel à la
formulation de systèmes experts pour l'évaluation des gisements. Dans cette perspective, le
système expert dont nous avons besoin se situe, pour l'instant, au niveau de l'analyse des
problèmes, de la formulation de procédures de travail, de procédures d'analyse et modélisation,
non dans l'application automatique de modèles simplistes ou erronés.

Le plus grand danger dans le developpement de systèmes experts dans un domaine aussi
complexe, peu propice au systématisme de courte vue, serait d'essayer de faire faire par
l'ordinateur des travaux et des décisions qui peuvent être faits beaucoup plus efficacement par un
expert assis devant l'écran ou qui dirige les techniciens assis devant l'écran. Les systèmes experts
dont nous avons besoin maintenant doivent d'abord viser à permettre aux géologues/ingénieurs
géologues, ingénieurs des mines et autres spécialistes de travailler comme des experts. L'analyse
systématique, l'interprétation et la modélisation ne sauraient are remplacées par un système
expert: au contraire ce sont les étapes essentielles à l'implantation d'un système expert.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 65


Méthode d'évaluation

4.8 GUIDES D'APPLICATION

Les procédures et les normes recommandées ici ne sont pas des règles absolues, mais
un guide des pratiques minimales qui doivent être adaptées aux circonstances particulières des
gisements. D'une part on vise l'emploi optimun des fonds disponibles mais une carence
d'information ou de l'information erronée serait nuisible. D'autre part, il faut une redondance
minimum d'informations pour permettre des vérifications.

4.8.1 TOPOMÉTRIE ET ASPECTS LÉGAUX

La localisation exacte, dans les trois dimensions, des informations géologiques et des
échantillonnages est essentielle pour atteindre les objectifs de mise en valeur, de mise en
exploitation et d'exploitation minière. Cet objectif requiert:
1) des arpentages topométriques;
2) la mesure de la course des sondages;
3) des vérifications des titres miniers et l'arpentage légal des limites des propriétés;
4) des vérifications des implications légales et financières des contrats d'option des
propriétés ou d'association entre compagnies.

4.8.2 LA STRATÉGIE GÉNÉRALE

Le Guide propose les éléments de stratégie suivants pour les campagnes de valorisation
et d'échantillonnages des gisements:

1) l'échelle de travail et la dimension de la maille d'information sont associées pour pondérer


la densité, le détail de l'information avec la surface à explorer ou à développer, avec les
besoins du stade atteint. Ceci veut dire que la première maille est choisie en fonction de la
longueur escomptée de la zone minéralisée, pour donner au moins 4 à 5 intersections. La
dimension de la maille la plus rapprochée devra être choisie en fonction des caractéristiques
du gisement et du système minier envisagé pour optimiser la sélectivité de l'extraction;

2) l'utilisation systématique des méthodes géophysiques pour augmenter la portée des


informations géologiques: méthodes électromagnétiques, méthodes sismique réflection et
sismique réfraction, tomographie, géoradar etc;

3) toute l'information facilement disponible à partir de la surface doit être recueillie avant
d'entreprendre des travaux beaucoup plus dispendieux (en général) sous-terre;

4) il faut évaluer la dimension d'un indice sur la maille actuellement en vigueur avant d'aller
le vérifier par des sondages ou échantillonnages plus rapprochés. L'exécution d'une
campagne de valorisation doit être régie par une discipline de travail qui maintient, sans

I1. 66 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

rigorisme excessif, les objectifs et la maille du travail en cours. C'est particulièrement


important pour les sondages et les travaux miniers;

5) l'interprétation systématique avec l'explicitation sur plan et sections des hypothèses de


travail, des lithologies et de leurs contacts, des structures, de l'étendue et des limites des
zones minéralisées individuelles;

6) L'utilisation de l'informatique dans une perspective de flexibilité et de croissance, pour


répondre aux besoins futurs au delà des exigences immédiates.

4.8.3 LE CONTRÔLE GÉOLOGIQUE DES TRAVAUX

Le contrôle géologique approprié des travaux de valorisation et des échantillonnages


requiert les étapes suivantes:

1) une cartographie géologique et structurale de la surface rocheuse et/ou un journal des forages
qui comportent:
- un levé systématique et détaillé, sans être prolixe,
- la délimitation des unités lithologiques, en s'appuyant sur les observations
pétrographiques et minéralogiques;
- des observations structurales, autant dans les sondages qu'en surface;
- des observations géotechniques du socle rocheux et des matériaux non consolidés;
- des observations/levés géophysiques appropriés pour compléter et prolonger les
informations géologiques;

2) un échantillonnage couvrant tous les types géologiques et minéralogiques des minéralisations


d'un gisement. Cette règle s'appliquera également, en autant que possible, aux échantil-
lonnages en vrac. Ces derniers devront être accompagnés d'un rapport justificatif compor-
tant plans géologiques, données des échantillonnages précédents et une description
géologique et minéralogique appropriée.

3) l'étude minéralogique des minéralisations d'intérêt. Ces études sont nécessaires pour la
caractérisation des minéralisations, pour la modélisation du (des) gisement(s) et elles seront
essentielles pour l'étape minéralurgique.

4) la quantification systématique du poids spécifique des minéralisations, avec des méthodes


appropriées, au même titre que le contenu en éléments d'intérêt, et ce, à partir du début des
travaux de mise en valeur. On utilisera des méthodes de mesures en direct et, lorsque
justifié, on utilisera la composition chimique pour le calculer. Lorsque le poids spécifique
varie sensiblement ( > 5%), on l'utilisera au même titre qu'une donnée analytique pour le
calcul des masses.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 67


Méthode d'évaluation

4.8.4 L'ANALYSE COÛT/BÉNÉFICE

Il faut expliciter les bénéfices recherchés par des travaux additionnels de contrôle
géologique (incluant la géophysique), et ce, même et surtout dans l'exploitation minière. Trop
souvent, l'argument d'économie est utilisé en invoquant les limitations de budget, de personnel,
de temps mais souvent sans pondérer les frais additionnels ou les manques à gagner causés par
les pertes et la dilution. L'importance des manques à gagner que l'on pourrait réduire ou même
éviter requiert que l'on chiffre les estimés des bénéfices potentiels de telles mesures par rapport
aux coûts impliqués, afin d'évaluer l'opportunité d'obtenir des informations additionnelles.

II. 68 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE V

L'OPTIMISATION

DES ÉCHANTILLONNAGES

5. L'OPTIMISATION DES ÉCHANTILLONNAGES 71

5.1 LE PROCESSUS D'ÉCHANTILLONNAGE 71


5.1.1 DÉFINITIONS 71
5.1.2 FORMULE DE PIERRE GY 72
5.1.3 FORMULE DE INGAMELLS 74

5.2 ÉCHANTILLONNAGES GÉOLOGIQUES ET MINIERS 75


5.2.1 CARACTÉRISTIQUES 75
5.2.2 TYPES D'ÉCHANTILLONS 76
5.2.3 FACTEURS A OPTIMISER 81

5.3 CAS TYPES D'ÉCHANTILLONNAGES MINIERS 84


5.3.1 LA REPRÉSENTATITIVÉ 84
5.3.2 LE GISEMENT GOLDEN POND 84
5.3.3 LE PROJET NEW PASCALIS 87
5.3.4 VÉRIFICATIONS À EQUITY SILVER 88

5.4 GUIDES D'APPLICATION 89


5.4.1 REPRÉSENTATIVITÉ 89
5.4.2 STRATÉGIE DES ÉCHANTILLONNAGES 92
5.4.3 ÉVALUATION (GÉO)STATISTIQUE 93
5.4.4 FORMATION DU PERSONNEL ET SUPERVISION 93
5.4.5 ANALYSE COUT/BÉNÉFICE 94

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 69


Méthode d'évaluation

5. LES ÉCHANTILLONNAGES

Échantillon •
du latin populaire, "scandaculum" <jauge> , de scandere" <monter> et "scala"
< échelle > ;
1° Étalon de mesure, type réglementaire de certains matériaux....
2° Petite portion d'une marchandise qu'on montre pour donner une idée de l'ensemble....
32 Fraction représentative d'une population, choisie en vue d'un sondage (stat);
Dictionnaire Le Petit Robert.

5.1 LE PROCESSUS D'ÉCHANTILLONNAGE

5.1.1 DÉFINITIONS

Sur tout projet de définition et de mise en valeur d'un gisement, ce sont les procédures
d'échantillonnage qui permettent d'établir la teneur de la masse d'intérêt. Il faut donc s'assurer
de la représentativité du matériel prélevé durant les travaux. La distribution pépitique de l'or
obligera à plus de compréhension des conditions géologiques, à des procédures plus rigoureuses
et à plus de soins et d'efforts que pour l'échantillonnage des autres éléments, si l'on veut estimer
la teneur de la masse d'intérêt. La figure 5-0 présente de façon graphique les divers éléments
du processus d'échantillonnage.

L'échantillon du géologue/ingénieur géologue se rapproche de celui du statisticien défini


ci-haut: c'est une portion tirée d'une masse avec le but de la représenter. L'échantillon est
donc un représentant à partir duquel (plus souvent desquels) on établira un estimé de la propriété
recherchée dans la masse d'intérêt.

On peut présumer que la valeur de représentation de l'échantillon est reliée à la


procéudure selon laquelle dont il a été prélevé, à la façon dont il a été réduit en volume en
diminuant la dimension des fragments et en le divisant en fractions (ou sous-échantillons), dont
l'une seule servira, en général, à estimer la teneur de l'échantillon primaire.

De façon intuitive, on peut percevoir que la représentativité d'un échantillon donné est
d'abord reliée à l'hétérogénéité de la masse primaire. De fait, lorsque la masse est d'une grande
homogénéité, il est plus plausible que l'échantillon représentera la masse échantillonnée avec un
bon niveau de confiance et une marge d'erreur étroite. Par contre, si la masse primaire est
hétérogène, l'échantillon aura, dans des conditions identiques, moins de représentativité. La

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 71


Méthode d'évaluation

représentativité de l'échantillon dans un tel cas dépendra du nombre et de la dimension des


particules hétérogènes qu'il contient.

A une teneur donnée, plus les particules sont grossières dans la masse, moins elles
seront nombreuses, plus vulnérables seront l'échantillon et ses sous-échantillons à des variations
de teneur reliées aux variations dans la proportion de particules hétérogènes présentes dans
l'échantillon. A partir de ces considérations, on percevra maintenant qu'il y a relation entre:
la dimension de la masse;
la dimension de l'échantillon;
la teneur en un élément (d'intérêt ou délétère);
la dimension des fragments par rapport à la masse de l'échantillon ou du sous-échantillon;
la dimension des particules dans la masse;
le poids spécifique des particules hétérogènes dans la masse, par rapport à celui de la masse.

Il est donc de sens commun que chaque opération d'échantillonnage, de réduction de


la granulométrie d'un échantillon et de réduction de la masse par division entraîne une erreur.
Ces erreurs sont cumulatives et ce sont les variances, (écart type au carré) qui s'additionnent.
C'est à partir de considérations similaires que Pierre Gy et C.O. Ingamells ont établi des formules
mathématiques permettant de prédire la valeur d'un échantillonnage. La formule de Pierre Gy
a été développée à partir d'expériences sur l'échantillonnage systématique des minéraux en vrac,
tandis que celle de Ingamells l'a été dans des conditions géologiques. La différence fondamentale
entre les deux formules vient de leur origine. Gy mesure la dimension du tamis qui laisse passer
95% des particules de la masse échantillonnée, tandis que Ingamells utilise la dimension du tamis
qui laisse passer 100% des fragments.

On pourra donc conclure, à partir des origines de ces formules, que celle de Ingamells
est préférable dans les échantillons géologiques tandis que celle de Gy l'est dans les échantillon-
nages systématiques des usines. Une présentation synthèse de ces formules et de leur application
aux problèmes est faite dans Billette (197841) et ceux qui veulent approfondir l'étude pourront
consulter Gy, (196742, 197143, 197944) et également Ingamells, 197445

5.1.2 FORMULE DE PIERRE GY

Pierre Gy a développé la formule d'échantillonnage qui porte son nom à partir de son
expérience prolongée de l'échantillonnage des minerais en vrac. Selon cette formule, si le
prélèvement de l'échantillon n'a été accompagné d'aucune erreur de conception ou de

II. 72 Guide d'évaluation des gisements d'or


\REPRESENTATIVITE \ OPTIMISATION

MASSE \ ECHANTILLONNAGE STRATEGIE


DIMENSION \ DIMENSIONS D ECHANTILLONNAGE
TENEUR\ CONTROLE , MAILLE
DIMENSIONS GEOLOGIQUI/
DIMENSION FRAGMENTS STATISTIQUE MASSE
PARTICULES ECH ANTI L LONS
POIDS SPECIFIQUE COMPARAISONS ETENDUE
PARTICULE/ FORMULES VERIFICATIONS NOMBRE
MASSE
ECHANTILLONS
VRAC SURVEILLANCE REPRESENTATI FS
VOLUMES
SURFACES / ENTRAI N EM ENT
LIN EAIRES
NORMES
PONCTUELS

/TYPES APPLICATION /

Fig. 5.0

ASPECTS DES
GUIDE D'ÉVALUATION ECHANTILLONNAGES
Méthode d'évaluation

réalisation, il est possible de calculer la dispersion des valeurs fournies par plusieurs analyses
successives par rapport à la valeur vraie du lot primaire:

a2(ii9) = Cd3

2
~g mg

v2: variance des échantillons


à9: teneur moyenne (inconnue) du lot i=1
m9: masse moyenne(g) de l'échantillon prélevé
d : dimension (cm) du plus gros fragment retenu sur un tamis retenant 95 % des fragments
du lot;
C : constante d'échantillonnage en g/cm3 ou C=cfg£
c: facteur de composition minéralogique (g/cm3)
c= ((1-a)/a) ((1-a) ô„ + aô9)
a: estimé de la teneur du minéral d'intérêt, en décimale;
Sm: poids volumique du minéral de valeur (g/cm3);
ô9: poids volumique de la gangue (g/cm3);
f: paramètre de forme des grains: 0.5 en général, 0.2 pour minéraux en plaques ou
paillettes;
g: paramètre de distribution granulométrique, sans dimension;
£: paramètre de libération, sans dimension;

5.1.3 FORMULE DE INGAMELLS

La formule de Ingamells, développée dans le contexte géologique, est axée plus sur la
valeur de l'analyse individuelle que sur l'ensemble des mesures, étant donné les conditions moins
systématiques de l'échantillonnage et le nombre plus restreint d'échantillons. Elle s'appliquera
donc mieux dans les conditions analytiques. La formule s'exprime ainsi (les unités utilisées
doivent être uniformes):

a2(a9) = ✓C t

$g2 ✓w

a2(ag) : la variance des échantillons;


â9 : teneur moyenne du lot;
w : masse moyenne de l'échantillon prélevé (g);
Cl : constante d'échantillonnage;
a92
C / = 104 d3 (Ag Ad
(à■ As) £

/

II. 74 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

d : dimension des plus gros fragments, en cm;


as: teneur de la gangue en élément d'intérêt;
am: teneur du minéral d'intérêt en élément d'intérêt;

£m: poids volumique du minéral d'intérêt en élément d'intérêt.

5.2 LES ÉCHANTILLONNAGES GÉOLOGIQUES ET MINIERS

Une revue des diverses étapes et procédures contribuant aux erreurs dans les
échantillonnages miniers sera faite, à partir des caractéristiques de ces échantillonnages. La
figure 5-0 illustre les différents aspects des échantillonnages géologiques et miniers.

5.2.1 CARACTÉRISTIQUES

Les échantillonnages géologiques et miniers sont de divers types, en fonction de leur(s)


dimension(s), de leurs modalités et de leurs objectifs. Que la prise d'échantillons se fasse en
surface ou sous-terre n'est pas un facteur diagnostique, ce n'est qu'un facteur circonstanciel.

Le facteur essentiel est la caractérisation des échantillons dans le contexte géologique


du gisement, selon leur nature et selon leurs dimensions. Les échantillons peuvent être classés
en fonction de ces facteurs en cinq groupes principaux:
A) les échantillons ponctuels;
B) les échantillons linéaires;
C) les échantillons en panneaux;
D) les échantillons de roche cassée;
E) les échantillons en vrac.

Il faudra aussi évaluer les effets suivants des échantillonnages lors de la mise en valeur
d'un gisement:

i) la représentativité d'un échantillon par rapport à la masse dont il témoigne et l'erreur


produite par tout procédé d'échantillonnage. Le cas le plus important est celui de
l'échantillon linéaire, carotte ou rainurage par rapport au bloc tri-dimensionnel qu'il doit
représenter;
ii) les procédures d'échantillonnage sur les piles de roche ou les murs et les dimensions
requises des échantillons (qui sont le plus souvent trop petits!);
iii) les manutentions de la roche minéralisée et du stérile;
iv) l'échantillonnage de la roche concassée pour représenter l'alimentation lors d'essais en
vrac.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 75


Méthode d'évaluation

5.2.2 TYPES D'ÉCHANTILLONNAGES

A) Les échantillons ponctuels

L'échantillon ponctuel typique est le "grab" du prospecteur, par exemple, ou


l'échantillon type du géologue. Cet échantillon qui est en général choisi pour être typique d'une
minéralisation, non d'un volume, n'a pas de dimension linéaire. On ne peut donc projeter à des
volumes les valeurs qui le caractérisent, ni l'utiliser dans la caractérisation d'un gisement.

B) Les échantillons linéaires

Les échantillons linéaires sont typiquement les forages de diverses natures, les
rainurages et les grappillages linéaires: tous ces échantillons n'ont essentiellement qu'une
dimension. Les deuxièmes et troisièmes dimensions sont fournies par l'espacement entre les
échantillons et/ou la dimension de la maille utilisée pour les projections.

a) Les grappillages linéaires

Les grappillages linéaires consistent en un prélèvement de fragments par écaillage, de


façon linéaire ou par une série de prélèvements ponctuels sur une surface rocheuse. Ces
échantillons sont très vulnérables aux biais introduits par l'opérateur.

b) Les rainurages

Par définition, les rainurages sont des échantillons linéaires prélevés en traçant une
rainure ou canal dans la roche au moyen d'un ciseau. En théorie, si la prise est continue et
systématique, l'échantillon est représentatif et correspondrait plus ou moins à la carotte d'un
sondage. Cependant, l'expérience montre que souvent il est difficile de prélever cet échantillon
en continu à cause de la dureté de la roche ou du minerai. Les échantillons qualifiés de
rainurages ne sont alors que des grappillages pris linéairement et de façon plus ou moins
systématique. La représentativité de tels échantillons est difficile à maintenir lorsqu'une des
phases minérales (comme les sulfures) est plus friable que le matériel encaissant. Les seuls rainu-
rages qui méritent une comparaison avec les sondages sont ceux faits avec une scie à roche, en
prélevant une carotte systématiquement.

Des comparaisons systématiques, faites par SOQUEM et TECK Corp lors de


l'échantillonnage en vrac de la carbonatite niobifère de St-Honoré en 1971, ont indiqué que les
rainurages pris dans une roche facilement échantillonnée (0.40% < Nb205 < 1.0%) donnent, sur
le grand nombre, la même moyenne que les sondages au diamant faits en parallèle. Cependant,
les corrélations des paires d'échantillons et les écarts types des populations montraient que la
dispersion des valeurs est beaucoup plus forte pour les rainurages. Même dans ce cas de

II. 76 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

minéralisations peu pépitiques, la précision des déterminations individuelles des rainurages est
moindre que celle des sondages au diamant (SOQUEM, rapport interne). Les rainurages sont
donc d'une fiabilité relative pour l'échantillonnage de détail et le contrôle minier.

c) Les forages

Les sondages par forages sont la méthode la plus efficace pour délimiter une zone
propice, pour rechercher les extensions et les limites d'un amas minéralisé: ils donnent une
information lithologique et structurale en plus de l'information analytique. Les forages sont de
calibre variable et exécutés par diverses méthodes et on peut les diviser selon l'échantillon obtenu
en carottages (au diamant surtout) et en échantillons brisés (percussion, trépan, etc).

Les forages au diamant donnent des échantillons dont la représentativité est optimale,
sauf lorsque des problèmes de récupération des carottes se rencontrent. Pour les forages à la
percussion ou au trépan, il est souvent possible de recueillir un échantillon représentatif des
rognures en utilisant des méthodes appropriées. Il est aussi possible, dépendant de la dimension
des particules recueillies, de faire un journal de la lithologie et de la minéralogie des échantillons
brisés; cependant toute information structurale est perdue. Les plus sérieux problèmes
d'échantillonnages se rencontrent en général dans l'évaluation des gisements de type placer, à
cause du matériel non consolidé et de la distribution très pépitique de l'or.

C'est en général dans une perspective d'optimisation et d'économie que l'on tendra à
utiliser les forages donnant un échantillon brisé. Cet usage se rencontre surtout dans les forages
de détail, une fois connues la lithologie et la structure. A l'occasion, cette décision est dictée par
la difficulté de recueillir des carottes par forage au diamant. A l'exploitation, l'échantillonnage
des forages de production est une façon économique de fournir un échantillonnage plus détaillé
pour le contrôle des teneurs. Les utilisateurs ont tendance à minimiser l'importance des
problèmes d'échantillonnage qui peuvent se rencontrer lors de l'usage de ces méthodes de forage
comme méthodes de sondage. Des essais systématiques d'orientation et des vérifications
répétées sont particulièrement importants avec ces échantillonnages moins systématiques. Le
Globe and Mail46 (14 rapporte des difficultés d'échantillonnage qui ont sérieusement affecté
l'évaluation d'un gisement aurifère. Un cas type de vérification des échantillonnages et des
analyses des forages dans un contexte d'exploitation est présenté à la section 6.3.4.

14 XXYZ .... lowered the estimated proved and probable reserves at its ABCDE mine ...by 11
percent, a reduction representing a gold and silver content equivalent to 603,000 ounces
of gold. ... XXYZ blamed the reduction on the unreliability of assay results obtained
by reverse circulation drilling below the water table. ... soft rock washed away around
the outer circumference of the hole, a spokeman said.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 77


Méthode d'évaluation

Les forages de développement exécutés en surface diffèrent des forages sous-terre,


surtout par l'orientation et la régularité de la maille; celle-ci est en général plus irrégulière dans
les forages sous terre à cause du patron en éventail utilisé, à partir des galeries.

C) Les échantillons en panneaux

Ce sont des échantillons répartis sur une surface, les échantillons en panneaux (panel
samples) des mineurs. Ces échantillons sont constitués, par exemple, de prélèvements multiples
et systématiques (ou en grappillage non systématique) sur un mur ou le toit d'une galerie ou d'un
chantier, ou sur un front de taille. Dans tous les cas où un véritable rainurage est difficile ou
impossible, il y aurait avantage à faire des échantillons en panneaux avec un patron systématique,
pour augmenter la surface échantillonnée, le volume de l'échantillon et surtout diminuer le biais
de sélection du matériel sur la base de la friabilité.

Dans le contexte de l'exploitation souterraine, ces échantillons sont à l'occasion l'objet


de la même confusion que les rainurages puisqu'on les assimile plus ou moins parfois avec les
échantillons de roche cassée des volées, oubliant que ces derniers représentent des volumes plutôt
que des surfaces.

D) Les échantillons de roche cassée

Il s'agit ici une catégorie intermédiaire d'échantillons constituée par des prises sur la
roche cassée dans la mine, sur un volume minier, même restreint. A cause du matériel cible et
de la méthode d'échantillonnage, ils sont regroupés séparément des échantillons en vrac. En
surface, il s'agit des échantillons des tranchées; sous-terre, ce sont les échantillons des volées des
galeries et de monteries, des entailles. Dans une exploitation, on prélève également des
échantillons dans les points de soutirage, les wagons des trains, les camions ou les bennes des
chargeuses navettes.

Le problème est d'obtenir des échantillons représentatifs dans les conditions minières
où le volume des fragments varie et où il y a souvent ségrégation des minéraux d'intérêt selon
la dimension: le plus souvent, les sulfures se retrouvent dans les fines. Pierre Gy47 nous met
en garde quant à la difficulté d'obtenir un échantillon représentatif dans ces conditions et quant
à la quasi-impossibilité de calculer la précision de tels échantillonnages, même lorsque prélevés
avec soin. Trop souvent, les méthodes utilisées ne permettent pas de tenir compte de
l'hétérogénéité décrite. Néanmoins, divers palliatifs sont utilisés, avec des niveaux variables de
succès. Nous mentionnerons la méthode de la corde à noeuds et celle de la pondération des
fragments.

II. 78 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

a) La corde à noeuds

La méthode de la corde à noeuds, utilisée pour l'échantillonnage des wagons de minerai


de fer, consiste à guider l'échantillonnage sur les noeuds faits à intervalle régulier, le long d'une
corde placée sur le matériel à échantillonner. L'espacement, donc le nombre des noeuds, doit
être choisi pour obtenir un nombre suffisant de fragments. La dimension des fragments prélevés
est fonction du volume désiré (et de la dimension des concasseurs du laboratoire). La règle
essentielle est qu'un fragment de la dimension fixée doit être prélevé de la pièce située
verticalement sous le noeud; s'il s'agit de fores, un volume égal au volume du fragment prescrit
sera prélevé.

b) La pondération des fragments

La pondération des fragments est utilisée à la mine Opémiska pour l'échantillonnage des
points de soutirage. C'est une méthode adaptée aux conditions locales. On exploite à cette mine
des veines étroites (2 à 3 pieds) minéralisées en chalcopyrite et en or, dans des chantier "longs
trous" de largeur planifiée à 6 pieds; une dilution des murs de 30 à 40% s'ajoute au minerai dans
ces conditions. Les murs sont massifs et non minéralisés contribuant surtout de gros fragments
qui doivent être envoyés au stérile, tandis que les veines sont plus fracturées et friables et que la
minéralisation tend à se concentrer dans les fines.

L'échantillonnage des points de soutirage se fait à Opémiska en pondérant les


échantillons selon la grosseur et la proportion des fragments. Les fragments sont classés selon
les normes suivantes:

Petit: pris avec la main facilement, dimension maximum de 125mm;


Moyen: pris avec deux mains difficilement, moins que 50 kg;
Gros: ne peut être soulevé de terre à deux mains, plus de 50 kg;
Blocs: "monstres", trop gros pour soulever avec le chargeur
> 5-6 [Link].
On prend au moins un échantillon de chaque classe, 4 à 6 au total, souvent de 1 à 3 sacs
de fines, 1 sac chacun du matériel moyen et du gros, tandis que les blocs ne sont pas
échantillonnés. On pondère la proportion de chaque classe volumétrique pour calculer une
moyenne. C'est une façon de procéder qui peut être appropriée pour d'autres exploitations.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 79


Méthode d'évaluation

E) Les échantillons "en vrac"

Les échantillons en vrac sont les échantillons de volume important, qui se mesurent en
centaines ou en milliers de tonnes en général. Ces échantillonnages ont en général plusieurs buts.
Le but final de l'échantillon en vrac est d'obtenir les facteurs qui caractérisent le passage
d'échantillons linéaires à l'estimation de la teneur des volumes/masses pour l'ensemble du
gisement. Cette information est nécessaire autant pour les paramètres d'estimation du gisement
que pour les paramètres minéralurgiques et miniers.

L'échantillon en vrac vise d'abord à confirmer la (ou les) teneur(s) estimée(s) pour une
zone minéralisée à partir des échantillons linéaires ou de roche cassée lorsque les conditions
géologiques, en particulier la distribution pépitique de l'or ou d'un autre élément ne permettent
pas des estimations suffisamment fiables. Le deuxième but est d'établir les paramètres
minéralurgiques. la récupération. la teneur recouvrable d'une zone définie par les forages et les
autres échantillonnages. En parallèle les paramètres miniers des zones étudiées seront précisés,
en particulier les paramètres géomécaniques. Le but ultime est d'obtenir les données
quantitatives requises pour l'évaluation du gisement dans une étude de faisabilité, en vue
d'une décision d'implantation d'une exploitation rentable.

Typiquement, un échantillon de l'ordre de 5,000 à 25,000 tonnes sera prélevé à partir


des volées d'abattages et souvent des entailles et des monteries, etc. Le choix des volées à
inclure dans le vrac sera fait à partir des échantillonnages des volées et des murs adjacents. A
partir de ceci, on choisira les portions représentatives qui seront envoyées à l'usine pour
concassage et usinage. La dimension et le nombre des échantillons dépendent, en particulier, de
la dimension, de la variabilité du gisement et des problèmes anticipés suite aux études
préliminaires.

L'échantillon en vrac n'a pas en lui même de valeur magique: son utilité dépendra des
liens et des contrôles établis dans les divers domaines:
a) sur les relations avec les conditions géologiques et minéralogiques du gisement;
b) sur les relations bien établies entre les données d'échantillonnage et les échantillons
linéaires tels les forages et les rainurages sur lesquels s'appuient la procédure
d'estimation du gisement ou du chantier;
c) sur le systématisme et la pertinence de l'acquisition des données d'échantillonnage dans
le gisement: est-ce que l'échantillon en vrac représente l'ensemble du gisement que l'on
voudra exploiter, quelle portion de la minéralisation représente-t--il?
d) sur la masse de l'échantillon et sur le systématisme de l'échantillonnage à l'usine, du
contrôle minéralurgique et du bilan des essais;
e) sur la pertinence des informations recueillies par rapport aux besoins d'une exploitation
future.

II. 80 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Pour la plupart des métaux autres que l'or, les paramètres commerciaux du produit
sont également importants et ils le sont encore plus pour les minéraux industriels: des échantillons
appropriés sont souvent requis par le client éventuel dans ces cas. Ces divers aspects seront
discutés dans les sections suivantes d'une façon beaucoup plus élaborée et seront illustrés dans
les cas types et complétés dans les Règles de procédure. Le Guide reviendra également sur ces
questions dans le chapitre 9, qui traite des aspects minéralurgiques de l'estimation.

5.2.3 LES FACTEURS A OPTIMISER

A) La stratégie des travaux

Le Guide a présenté (sect. 4.8.2) des règles d'optimisation de la stratégie de délimitation


et de mise en valeur d'un gisement. Il y a avantage à utiliser une méthode d'échantillonnage
moins dispendieuse, comme les forages, pour délimiter les continuités et établir les teneurs; dans
de nombreux cas, ces travaux ne suffisent pas pour évaluer les teneurs du gisement. Les
problèmes d'évaluation des gisements d'or sont accrus quand ce sont des gisements de type veine,
de petite dimensions et qui montrent plus de variabilité physique, en plus de l'effet de pépite.
Yuill, 198548, a bien résumé ces problèmes d'estimation:

"Dans les gisements de type filonien, comme dans tous les gisements minéraux, le
problème essentiel est d'arriver économiquement d une estimation raisonnable de
la teneur et du tonnage. Le principal problème, avec les gisements filoniens ainsi
qu'avec quelques autres types, est la variabilité des teneurs et des épaisseurs de
la masse, que l'on parle en terme de la nature du filon ou de la rentabilité.
Certainement, au début, les forages au diamant sont essentiels pour déterminer la
continuité sur l'alignement (strike) et en profondeur de la structure de la veine
minéralisée... (souvent) ... il serait difficile sinon impossible de déterminer la
teneur et le tonnage sans l'appui d'importants travaux de mise en valeur sous-
terre. ... Le problème principal dans la mise en valeur d'un gisement filonien est
donc de tirer la ligne et de dire: "Finis les forages, on va sous-terre". "

A l'inverse, on sait que passer trop vite à l'échantillonnage en vrac avant d'avoir défini
l'étendue et les caractéristiques de la zone minéralisée n'est pas une façon efficace de gérer
l'exploration (Vallée, 1989). En pratique, c'est l'appréciation de la géométrie et des limites du
gisement (sect 4.2) et l'appréciation de la variabilité des teneurs par le variogramme qui
permettront d'évaluer la précision accessible par les échantillonnages linéaires (ou de surface)
avant d'entreprendre des travaux miniers et des échantillonnages en vrac. Les problèmes décrits
pour les gisements filoniens sont beaucoup plus aigus pour les gisements de type placer.
L'échantillonnage en vrac et la production pilote tiennent une place beaucoup plus grande dans
la valorisation de ce dernier type.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 81


Méthode d'évaluation

B) La dimension de la maille

Les dimensions de la maille d'échantillonnage de détail varieront selon diverses


contingences. La section 5.8 présente des normes sommaires pour la maille d'ensemble de
l'échantillonnage d'un gisement (par forage par exemple) et la section 7.4 traite également cette
question. Ce type de maille est relativement peu souple puisque les seuls choix sont la dimension
de la maille initiale et la dimension de la maille finale, les étapes de réduction étant à la demie
en général, très rarement au tiers.

Les diverses méthodes d'échantillonnage utilisées dans la valorisation minière montrent


des options différentes mais également limitées. Les échantillonnages en surface sont en général
plus flexibles, avec moins de contraintes que les échantillonnages miniers. Les contraintes qui
accompagnent ceux-ci sont en général reliées au cycle d'excavation. Les volées ont en général
une longueur de 3m, sauf si des foreuses mécanisées de grande capacité sont utilisées. Ceci fixe
automatiquement l'espacement minimum des échantillonnages en panneaux des fronts de taille;
en fait dans certaines exploitations, l'espacement est aux deux volées, faute d'échantillonneurs
pour accompagner l'équipe de nuit. Une situation similaire prévaut souvent dans les monteries.
Pour faciliter les corrélations, les échantillons des murs sont pris pour correspondre aux volées.

C) La masse des échantillons

Pour tous les échantillons, la représentativité est fonction de leur masse et ce facteur est
d'autant plus important pour l'or, à cause de sa distribution pépitique. La façon la plus simple
d'améliorer la précision des échantillonnages est donc d'augmenter, chaque fois que faire se peut,
la masse des échantillons. La facilité et l'économie amènent en général à restreindre la masse
des échantillons et également le nombre des prises (fragments plus gros, moins nombreux) pour
obtenir une masse donnée.

Par exemple, on se contente trop souvent d'échantillons de 0.5 kilogramme ou moins


quand, pour un peu d'effort additionnel, on peut prendre des échantillons beaucoup plus volumi-
neux, d'une meilleure représentativité. Les rainurages faits en surface dans les tranchées sont en
général plus volumineux, à cause de la facilité d'accès. Pour la raison inverse, la masse des
rainurages sous-terre tend d être inversement proportionnelle à l'étendue de la mine, nonobstant
l'effet de cette diminution sur la représentativité des échantillons, surtout pour l'or ! Trop
souvent, l'équipement des laboratoires n'est approprié qu'à la comminution de fragments de petite
dimension et qu'aux échantillons de faible masse.

Pour les carottages, le facteur volume est aussi important. Pour l'or, la représentativité
des plus petits diamètres comme le EXT(19mm) est insuffisante. Plusieurs considèrent que le
calibre minimum acceptable pour le forage d'un gisement d'or est le AXT (26mm) et que le BQ
(36.3mm) est préférable. La division des carottes pour analyse diminue leur volume, donc leur

II. 82 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

représentativité et augmente les causes d'erreur. La plupart des exploitations ne divisent pas les
carottes des forages de définition sur maille serrée.

D) Ligne vs surface

Une façon simple d'améliorer la représentativité d'un échantillon est de le prélever sur
une surface plutôt que sur une ligne, pour diminuer sa vulnérabilité à l'effet de pépite et de
prélever un nombre respectable de fragments pour le constituer. Trop souvent on se contente
d'une technique de prise d'échantillon simplifiée dont la représentativité pourrait être améliorée
à peu de frais, mais avec un peu plus d'effort. Les rainurages/grappillages simples peuvent être
remplacés par des rainurages/grappillages multiples ou par des échantillons en panneaux pour
améliorer le nombre des prises (et la masse de l'échantillon), donc la représentativité.

E) Le nombre des échantillons

Augmenter le nombre des échantillons est une autre façon d'augmenter la précision d'un
échantillonnage. Par exemple, lors de travaux en surface, on néglige souvent d'établir la densité
de la maille des échantillonnages à un niveau équivalent à celui que l'on juge normal dans les
échantillonnages en galeries minières. Pourtant les conditions en surface permettent de situer des
échantillonnages de façon beaucoup plus souple que les conditions des travaux en galeries
souterraines.

F) Contrôle géologique et statistique

L'importance et les méthodes du contrôle géologique des échantillonnages ont été


établies au chapitre 5, particulièrement aux sections 5.2 et 5.8. Le contrôle statistique et
géostatistique des échantillonnages est essentiel. Il doit comprendre des vérifications, des
comparaisons et des standardisations et s'étendre à tous les aspects des résultats des échantillon-
nages, dans le cadre d'une méthode donnée et aussi entre les différentes méthodes. Les cas type
de Equity Silver et de Inco Casa Berardi, donnés plus loin, sont des exemples à suivre. Une
discussion plus générale des problèmes de contrôle d'échantillonnage et de contrôle est présentée
dans Sinclair, 197849

Podolski, 198650 souligne l'importance de déterminer les causes des différences


observées et de déterminer également ce qu'il appelle le "human nugget effect": l'effet de pépite
humain, dû à des variations ponctuelles ou cycliques dans les procédures ou les méthodes
d'échantillonnages. Les exemples qu'il cite montrent l'utilisation de variogrammes et d'autres
techniques statistiques et géostatistiques relativement simples. Il y en a aussi des plus
compliquées!

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 83


Méthode d'évaluation

Souvent, l'on néglige d'établir les procédures de vérification qui demanderaient un


nombre additionnel d'échantillons. Le chiffre de dix pour cent d'échantillons de vérifications
(duplicata et standards ou étalons) est utilisé par beaucoup de compagnies comme un minimum
dans le cas de vérifications d'analyses chimiques. Le chapitre suivant, qui traite des analyses
reviendra sur le sujet des vérifications.

5.3 CAS TYPES D'ÉCHANTILLONNAGES MINIERS

Dans les cas où l'on dépense des montants importants pour obtenir des échantillons en
vrac, il est essentiel d'en tirer le maximum d'information. Les volées soutirées sont trop
rarement échantillonnées adéquatement, même la technique de la corde à noeuds est rarement
utilisée. La seule méthode suffisamment fiable pour obtenir les teneurs des volées individuelles
est de concasser et d'échantillonner les volées individuelles à la sortie de la galerie d'échantil-
lonnage comme, par exemple, la compagnie Inco Ltée l'a fait au projet de Casa Berardi.

5.3.1 LA REPRÉSENTATITIVÉ

Les échantillons en vrac doivent être représentatifs de l'ensemble du gisement. S'ils ne


le sont pas, on doit en tenir compte dans les projections techniques et financières. Le Guide
rappelle ici l'échec technique et financier qui a résulté de la mise en exploitation d'un gisement
de molybdène en Abitibi, il y a quelques décennies (Anglo American Molybdenite Ltd).

Le noeud d'une situation difficile et complexe est que les minéralisations de molybdénite
étaient distribuées dans des veines de quartz et également dans des schistes à séricite. Les essais
en usine pilote avaient porté sur la minéralisation située dans les veines de quartz, tandis que les
3/4 des réserves (et les plus riches) se situaient dans des schistes à séricite. L'extraction à l'usine
de la molybdénite contenue dans ce dernier matériel a présenté des problèmes minéralurgiques
qui n'avaient pas été évalués et qui se sont avérés insurmontables. Ces problèmes techniques ont
amené la faillite financière de l'entreprise, malgré tous les efforts de redressement.

5.3.2 LE GISEMENT GOLDEN POND

Podolski, 1986, (41 décrit la procédure suivante utilisée pour une campagne d'échantil-
lonnages sous terre dans un gisement aurifère situé dans une formation ferrifère. Notons que la
minéralisation d'or est: "fine grained and relatively uniformly distributed" (finement grenue et
de distribution relativement uniforme).

Echantillonnage des volées


" Toute la roche prélevée de chaque volée (dans la galerie située dans la zone
minéralisée) a été concassée en deux étapes jusqu'à -19mm (3/4") et transportée
par convoyeur d une tour d'échantillonnage où un échantillonneur de type C a

II. 84 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

fourni un échantillon de 1/10, réduit de nouveau à 1/5 pour obtenir un échantillon


de 725 kg. Cette portion a ensuite été réduite à la dimension de -3.2mm dans un
concasseur à rouleau et un diviseur Vezin a prélevé 1/10 de cet échantillon, soit
environ 7.25 kg, soit environ 11500 du matériel de la volée. Ce produit a été
séché et concassé à -10 mailles dans un concasseur Gy-roll, divisé en deux
portions qui ont chacune été réduites à 4.5 kg (101bs) dans un diviseur Gilson.
Chacun de ces derniers échantillons a été divisé sur rifles en deux portions de 300g
qui furent ensuite pulvérisées à -100 mailles (plaques ou Bueller ??) et tamisées
d 150 mailles. Pour chaque échantillon, les portions furent pesées, la portion de
+150 m analysée au complet et une prise d'un assay ton prélevée et analysée,
également par pyroanalyse. Une moyenne pondérée a été calculée pour chaque
échantillon individuel et la moyenne des quatre échantillons individuels appliquée
d la volée.

Echantillonnage des bennes des chargeuses


"Lors du chargement de la roche cassée dans la galerie, un échantillon de 36 kg
(80 lb) a été constitué d partir de pelletées de roche de -100mm prélevées de
chaque benne du chargeur. Cet échantillon a ensuite été concassé d -10 mailles,
divisé d 4.5kg (10 lb) et deux portions de 300 grammes prélevées pour analyse.
Une portion a été tamisée pour les métalliques (-150 et +150 mailles et l'autre
analysée par méthode conventionnelle.

Rainurages
"Des échantillons de 9 d 14 kg ont été pris au moyen d'un ciseau pneumatique,
dans le toit de la galerie, le long de l'axe central de la galerie.

Podolski compare ensuite les résultats de ces trois procédures pour 36 volées
consécutives. Ces résultats sont compilés au tableau 5-1, tandis que la figure 5-1 présente les
semi-variogrammes des échantillons des volées.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 85


SEMI -VARIOGRAMME
DES ÉCHANTILLONNAGES
DES VOLÉES

SEMI -
VARIOGRAMME

.026

.024 —

.022 —
BENNES (1 A T )
.020

.018 —

.016 —
BENNES (T. M. )
.014 —

.012 —

.010 —

.008

.006 -~ VRAC

.004

.002

PORTÉE ( volées de la galerie )

TIRE DE: Podolski ,1986


Gisement de Golden Pond Est.

Tomisage
T. M. Tonnage des métalliques

Fig 51

GUIDE D ÉVALUATION ÉCHANTILLONNAGE SOUTERRAIN


Méthode d'évaluation

TABLEAU 5-1

COMPARAISONS DES MÉTHODES D'ÉCHANTILLONNAGE DES VOLÉES

Moyenne Effet de pépite Portée Variance


on/t Au globale
Echantillons en vrac 0.312 Nul 3 rondes 0.009

Bennes, tamisées 0.295 Oui 3 rondes 0.0178


Bennes non tamisées 0.283 Oui 3 rondes 0.0185
Bennes combinées 0.289 0.06 3 rondes 0.0172

Rainurages 0.35# Non corrélés 0.08

# les rainurages montrent un biais à la hausse de 20% par rapport aux échantillons en vrac.

Les frais additionnels investis dans la tour d'échantillonnage sont très justifiés, du point
de vue du géologue/ingénieur géologue autant que de celui de l'ingénieur ou du dirigeant. Dans
ce cas-ci, l'échantillon en vrac donne des valeurs plus élevées, il est vrai, mais l'inverse pourrait
se produire. L'échantillonnage en vrac montre un effet de pépite nul, une moindre variance
globale, donc il permettra des estimations plus précises au niveau de l'étude de faisabilité. On
notera la faible fiabilité des rainurages: ils montrent un biais important par rapport aux données
des volées, en plus d'une forte dispersion des données individuelles.

5.33 LE PROJET NEW PASCALIS

Ce gisement est devenu la mine Lucien Béliveau de Cambior inc. Les résultats d'un
projet d'échantillonnage minier sur la partie supérieure alors connue, (Vallée, Gilbert, Dagbert,
198651), montrent les limites des méthodes non systématiques d'échantillonnage des roches
brisées, malgré des procédures méthodiques et une supervision assidue.

Ce gisement est de géométrie complexe: son expression coïncide avec un filon de diorite
étroit, vertical, allongé sur un axe nord-sud. La minéralisation est associée à des veines de quartz
alignées d'est en ouest et d'allongement variable par rapport au mur du filon de diorite; les veines
plongent vers le sud à -40°. La zone minéralisée a été échantillonnée par des forages à diamant
sur maille 20m, d'inclinaison variable et orientés sur sections transversales. Des forages
verticaux sur maille 10m ont été placés dans les galeries d'échantillonnage.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 87


Méthode d'évaluation

L'échantillonnage minier s'est fait par galeries, travers-bancs, entailles et monteries.


Toute la roche provenant de volées considérées comme faisant la continuité de la minéralisation
dans les galeries ou entailles horizontales a été échantillonnée par volée individuelle selon la
méthode de la corde à noeuds, après transport à la surface, tandis que le matériel des monteries
a été échantillonné dans la galerie.

Les murs et les fronts d'attaque des galeries et des monteries ont été échantillonnés par
la méthode "en panneau", par prélèvement systématique d'écailles (chips/grappillage) sur toute
la surface. Cette méthode a été considérée comme étant plus représentative que la méthode
conventionnelle des rainurages et plus facile d'application dans une roche très dure. Tous les
fronts d'attaque et les murs des ouvertures ont été cartographiés en détail.

Un échantillon en vrac de 25,000 tonnes a été constitué à partir des volées minéralisées
jugées représentatives du gisement. Les valeurs analytiques des volées sont supérieures de 20%
par rapport à celles du bilan de l'usine. Voici quelques comparaisons:

COMPARAISONS, MISE EN VALEUR / GISEMENT NEW PASCALIS

MÉTHODE Or, g/t


Veines de quartz, individualisées 6.77g
Forages verticaux, maille 10m 3.87g
Murs et fronts de taille 3.90
Volées constituant le vrac 4.15
Bilan minéralurgique de l'usine 3.32

On pourrait faire l'hypothèse qu'un biais s'est introduit dans l'application de la


procédure suivie pour l'échantillonnage des volées (corde à noeuds). Cette interprétation
condidérerait les valeurs du bilan de l'usine comme absolues! Le chapitre 9 discute des
problèmes d'échantillonnage des minerais d'or en usine et des problèmes du bilan métal. Ces
difficultés de corrélation justifient la dépense additionnelle du concassage et de
l'échantillonnage systématique de toutes les volées, comme Podolski le décrit plus haut.

5.3.4 VÉRIFICATIONS Â EQUITY SILVER

Un cas type de vérification élaborée de l'échantillonnage et des analyses prélevés sur


des forages de production a été présenté par Giroux, Sinclair et Miller, 198652. C'est dans une
perspective d'amélioration du contrôle de la qualité dans l'exploitation minière, que ces vérifi-
cations des analyses et de la préparation des échantillons ont été entreprises. Elles ont consisté
en quatre étapes:
1) analyses en duplicata pour l'argent,
2) échantillonnages en duplicata des rognures des forages pour les sautages,

II. 88 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

3) essais sur diverses procédures d'échantillonnages des rognures,


4) évaluation des résultats.

L"interprétation des données s'est faite selon un cheminement systématique et les étapes
de travail utilisées sont citées dans les Guides d'application en section 5.4. comme procédure-
type. Cette procédure a permis d'identifier les erreurs aléatoires, les biais stables et les biais
proportionnels, comme l'indique la figure 5-2 tirée de Moreau, Sinclair, Miller.

Les résultats ont indiqué les éléments suivants:


1) un biais d'importance entre deux laboratoires sur les analyses d'argent;
2) une erreur aléatoire importante causée par la méthode d'échantillonnage par tube utilisée
pour l'échantillonnage des rognures des forages de production;
3) une relation directe entre la reproductibilité des teneurs et le volume de l'échantillon
obtenu des rognures des forages de production;

Une analyse économique a été effectuée pour établir, par un bilan de masse sur une
surface restreinte, le résultat d'une meilleure sélection. Pour une teneur coupure de 30g/t Ag,
les erreurs observées amenaient la sélection comme minerai de 5 blocs de stérile et la perte de
3 blocs de minerai (bloc de sélection minière de 341 tonnes). Cette situation, résultant en un
manque à produire de 43,546 g d'argent, entraînerait un manque à gagner de près de 1M$ sur
une année de production.

5.4 GUIDES D'APPLICATION

Plusieurs facteurs doivent être optimisés pour assurer des évaluations plus précises des
teneurs des échantillons prélevés. Ces facteurs sont la stratégie des échantillonnages. et les
procédures de prélèvement des échantillons linéaires, de surface, de vrac. Des procédures
rigoureuses de vérification, de contr6le et de surveillance des échantillonnages sont également
requises.

5.4.1 LA REPRÉSENTATIVITÉ

L'objectif est d'améliorer la représentativité des échantillons prélevés, donc la précision


des résultats des estimations qui s'appuient sur les résultats des analyses faites sur ces
échantillons, à partir d'une meilleure compréhension des phénomènes en présence:

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 89


ÉCHANTILLONS DANS LA MINE vs ÉCHANTILLONS DE CONTRÔLE

Y =X
grammes /tonne 320.0

240.0

=75 + 894 X
160.0 A

N= 42
00.0

Zone A
0.0
0.0 80.0 160.0 240.0 3200 400.0 grammes/ tonne

grammes /tome 100.

ZONE "A" détail


Y=X
80.0
Ag_ .

60.

Y=751+894

20. N=42

0.0
0_0 20.0 40.0 60.0 80.0 1000 grammes/tonne

FORAGES DE PRODUCTION
VERIFICATIONS DES ÉCHANTILLONNAGES

EQUITY SILVER MINES.


TIRE DE : Moreau , Sinclair , Miller 1 1986

Fig. 5.2

GUIDE D' EVALUATION DIAGRAMMES DE COMPARAISON J


Méthode d'évaluation

1) La représentativité des échantillons est reliée directement à la masse totale, au nombre des
fragments et à la dimension de ces fragments. La masse optimale est la plus grosse possible,
le nombre de fragments devant être le plus élevé possible et leur dimension limitée, étant
donné l'interrelation avec la masse totale. Il peut être requis d'augmenter le gabarit des
équipements des laboratoires pour traiter des échantillons plus volumineux, lorsque
nécessaire.

Les normes suivantes sont proposées pour la prise des échantillons:

i) les masses minima:


rainurages: un minimum de 2.5 kg;
forages: le calibre AQ ou AXT est le minimum acceptable, les carottes
entières seront utilisées dans les phases de détail;

ii) le nombre de fragments dans les échantillons miniers:


- un minimum de 20 fragments;
des prises multiples, sur plusieurs lignes, surtout lorsque les structures
ou (masses) échantillonnées sont étroites;

iii)la dimension des fragments:


- une dimension maximale de 25mm pour les fragments individuels, dans
les échantillons dont la masse doit être limitée à cause de considérations
pratiques (distances etc);
à défaut d'uniformité dans les fragments, on prendra une masse
équivalente à chaque point de grappillage contribuant à un échantillon;

iv) la longueur:
une longueur minimum de 250mm, sauf lorsqu'il s'agit d'individualiser
une structure très riche; à ce moment, les échantillons adjacents seront
mesurés de façon à permettre de reconstituer la longueur usuelle utilisée
dans ce gisement;

v) les procédures de prélèvement:


Utiliser des procédures qui réduisent les biais de sélection telles:
.véritables rainurages, chaque fois que c'est possible, ou utilisation d'une
scie à roche;
.grille systématique pour les grappillages sur les murs ou toits, corde à
noeuds pour les échantillons de roche cassée;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 91


Méthode d'évaluation

.pondération des fragments, en prenant plusieurs échantillons représentant


des classes granulométriques différentes, les teneurs des échantillons étant
pondérées selon la proportion de la classe.

5.4.2 STRATÉGIE DES ÉCHANTILLONNAGES

La représentativité des échantillons en vrac est essentielle, compte-tenu des frais et de


la portée de ces informations. Plusieurs points cités demanderont une attention particulière pour
atteindre les buts recherchés. Ce sont:

1) un contrôle géologique suivi et serré pour obtenir toute l'information accessible dans les
travaux d'échantillonnage et pour bien caractériser les échantillons prélevés;

2) le contrôle des procédures des échantillonnages: contrôle des prélèvements, contrôles


statistiques des résultats (Sinclair, 197853);

3) l'utilisation appropriée des échantillons linéaires qui sont la facon la moins dispendieuse de
définir l'étendue d'une zone minéralisée d'intérêt économique; l'étude de la géométrie du
gisement et des variogrammes indiquera si des échantillonnages en vrac sont requis pour
l'estimation du contenu métal des minéralisations (sect 5.2.2);

4) l'utilisation des échantillonnages en vrac et des travaux miniers pour confirmer la continuité
des minéralisations établies par les échantillons linéaires et surtout la teneur des masses et
les paramètres minéralurgiques, ainsi que les caractéristiques géotechniques et minières;

5) la maille finale des échantillonnages doit être reliée à la zone d'influence des échantillons
telle qu'établie par géostatistique et par expérience;

6) des comparaisons appropriées entre méthodes de forages/échantillonnages; ceci implique la


duplications des prises et des essais, avec des contrôles statistiques et géostatistiques des
résultats;

7) l'échantillonnage systématique des volées, pour établir la variabilité de la minéralisation


selon les valeurs des volées individuelles; des échantillonnages et forages de contrôle pour
établir la portée du vrac;

8) le bilan rigoureux de l'usine de traitement pour permettre une corrélation appropriée avec
les données de l'échantillon; cet objectif requiert le contrôle de la masse, de la teneur, de
la nature (lithologie, minéralogie) de l'alimentation, du produit et des rejets de l'usine de
traitement. Les problèmes de l'échantillonnage et du bilan des usines sont discutés au
chapitre 9;

II. 92 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

9) la justification de la projection des données de l'échantillon traité à l'ensemble du gisement,


en situant dans l'ensemble l'échantillon limité traité, en tenant compte de toutles les
variations lithologiques et minéralogiques observées.

5.4.3 ÉVALUATION (GÉO)STATISTIQUE

La procédure type d'évaluation qui suit couvrira la majorité des cas de vérification
d'échantillonnages et pourra être adaptée aux cas particuliers (Giroux, Sinclair, 1986):

1) évaluation en parallèle des données brutes et des valeurs logarithmiques;


2) graphiques log/probabilité comme vérification de distributions multi-modales;
3) tests en paires des valeurs brutes ou de leurs logarithmes (test de Students) et tests non
paramétriques (Wilcoxon) lorsque suggérés par la forme de l'histogramme;
4) Examen de graphiques en x/y des données brutes et des données logarithmiques, pour
une évaluation subjective des erreurs ou variations présentes en fonction de la
concentration;
5) Ajustement de courbes, surtout de modèles linéaires pour quantifier les erreurs;
6) Calcul et comparaison des variogrammes des résultats des diverses méthodes dans le cas
de valeurs distribuées spatialement.

5.4.4 LE PERSONNEL ET LA SUPERVISION

La distribution pépitique de l'or oblige à prendre (ou recommander) toutes les mesures
requises pour optimiser, par des essais et des comparaisons appropriés, les procédures d'échantil-
lonnage de l'or dans le gisement sous étude. Dans une perspective d'optimisation, il faut éviter
les "économies" mal avisées dans ce qui constitue l'essentiel d'un projet de mise en valeur:

1) l'échantillonnage ne doit pas être "délégué" aux mineurs car les objectifs des mineurs ne
sont pas ceux des géologues et des ingénieurs géologues! Sur un projet de mise en valeur,
cette délégation constitue un dangereux abandon de responsabilité de la part des géologues
et des ingénieurs chargés des aspects techniques d'un tel projet. Dans une exploitation
minière, l'échantillonnage par les mineurs n'est acceptable que si les résultats sont
semblables à ceux des échantillonnages de contrôle par le personnel géologique;

2) les échantillonneurs doivent être présents 24 heures par jour, 6 (ou 7) jours par
semaine: surtout lors de la mise en valeur, il est nécessaire que les échantillonneurs soient
présents avec les mineurs, pour bien contrôler la manutention de la roche et la qualité de
l'échantillonnage;

3) le contrôle de la qualité de l'échantillonnage doit être établi et maintenu par la formation,


la sensibilisation et la supervision du personnel impliqué.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 93


Méthode d'évaluation

5.4.5 L'ANALYSE COUT/BÉNÉFICE

Comme il a déjà été recommandé dans le cas du contrôle géologique, il faudrait plus
souvent expliciter les coûts des efforts et des travaux additionnels par rapport aux gains/pertes
que les imprécisions peuvent entraîner dans l'exploitation minière. Chiffrer les bénéfices
possibles en conséquence de l'application de telles mesures, par comparaison aux risques plus
grands lors des décisions et aux pertes possibles ou probables, fournirait des critères additionnels
de décision pour orienter les choix.

II. 94 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE VI

LES ANALYSES

6. LES ANALYSES 97

6.1 PRÉCISION vs EXACTITUDE 97

6.2 PRÉPARATION ET ANALYSE DE L'OR 100

6.3 LES PROBLEMES D'ÉCHANTILLONNAGE DE L'OR 102


6.3.1 CAUSES D'ERREUR 102
6.3.2 CONTAMINATION 103
6.3.3 RAPPORTS ET PROCÉDURES 103
6.3.4 VÉRIFICATIONS 104

6.4 CAS TYPES 105


6.4.1 VÉRIFICATIONS À MINE DOYON 105
6.4.2 CAS TYPE EQUITY SILVER 105

6.5 GUIDES D'APPLICATION 106


6.5.1 RÈGLES GÉNÉRALES 106
6.5.2 PROCÉDURES STANDARDS 107
6.5.3 VÉRIFICATIONS ET ESSAIS 107

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 95


Méthode d'évaluation

6. LES ANALYSES

Le présent chapitre portera sur les procédures d'échantillonnage de l'or au laboratoire


en vue des déterminations. Nous verrons quelques exemples d'utilisation des techniques statis-
tiques dans l'établissement des méthodes et des procédures d'échantillonnage et d'analyse. I1
convient de rappeler que la détermination de la densité spécifique des échantillons des minérali-
sations est une étape essentielle de l'évaluation du contenu métal d'un volume: ce sujet a été
discuté au chapitre 4. La figure 6-0 illustre les démarches requises pour obtenir à la fois la
précision et l'exactitude des déterminations analytiques

6.1 PRÉCISION vs EXACTITUDE

Les résultats d'analyses sur les échantillons de roches minéralisées ou stériles doivent
être l'objet de vérifications pour s'assurer de leur fiabilité. La fiabilité s'appuie sur leur
exactitude (accuracy) et leur précision. Dans la pratique, on utilise souvent le terme précision
au sens large, incluant la précision "stricto sensu" et l'exactitude.

Une définition officielle est fournie par le Standard ASTM E-177 (1971), qui définit
ainsi ces deux termes:

"Precision of measurement processes refers to the degree of mutual


agreement between individual measurements, while Accuracy refers to the degree
of agreement of such measurements with an accepted reference level of the property
in the material measured. "

Le Houillier54 (1987) démontre clairement, à partir d'illustrations des placements de


tirs sur des cibles, la différence entre ces deux concepts. Des tirs groupés sur le centre de la cible
sont précis et exacts. Des tirs groupés mais décentrés sont précis mais inexacts, des tirs mal
groupés mais centrés sont imprécis mais exacts en moyenne.

La précision (au sens restreint) dépend de la représentativité du matériel soumis au


processus analytique d'une part et de la reproductibilité des déterminations d'autre part:
- l'échantillon soumis au procédé d'analyse doit être représentatif du matériel ou du lot dont
il provient. La prise d'une portion (échantillon) d'un matériel hétérogène est susceptible
d'une certaine erreur: cette erreur peut être minimisée en choisissant adéquatement les
procédure de broyage, de pulvérisation et de division. La granulométrie et la masse des
portions sont les paramètres qu'il faut surveiller.
- la reproductibilité des déterminations réfère à la capacité du procédé analytique de répéter
les mêmes chiffres sur du matériel identique.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 97


Méthode d'évaluation

Les formules et les procédures développées par Gy (36, 37, 38 et Ingamells (39
permettent d'établir le pourcentage d'erreur prévisible dans l'échantillonnage d'un matériel
hétérogène. Ces formules s'appuient sur la (les) dimension(s) et la teneur des particules de la
substance visée dans l'échantillon d'origine ainsi que sur la quantité de matériel retenu aux étapes
successives de réduction et de division de cet échantillon.

La variabilité des lectures d'un procédé analytique peut être chiffrée à partir
d'échantillons identiques, mais de préférence non identifiés comme tels par l'analyste,
suffisamment nombreux pour permettre un traitement statistique.

L'exactitude d'une détermination, soit la conformité entre le contenu mesuré et le


contenu réel d'un élément dans un échantillon, peut être assez difficile à établir dans les cas où
la précision est affectée par des problèmes d'échantillonnage ou des problèmes analytiques. Plus
généralement l'exactitude est atteinte au moyen de la standardisation qui comprend les opérations
d'étalonnage et de calibration. Il existe dans le domaine géologique des standards de divers
minéraux et roches; des standards synthétiques sont aussi préparés: citons, en particulier, la série
de standards de roches et minerais offerte par la Commission géologique du Canada à l'industrie
et aux chercheurs.

Un étalon est un échantillon type de matériel dont les propriétés sont connues à un
niveau donné de précision; l'étalon peut servir de standard si ses propriétés sont connues avec
grande exactitude. Un étalon peut aussi servir de repère relatif. Par exemple, un étalon composé
d'une roche type ou minerai type établi, comme homogène par un grand nombre de déter-
minations, peut servir de repère entre plusieurs séries de déterminations, plusieurs campagnes
d'échantillonnages, même si le contenu en valeur absolue de l'élément d'intérêt n'est pas établi
avec la plus grande exactitude.

Il faut distinguer entre les étalons et les duplicata d'échantillons. Des échantillons étalons
introduits dans les échantillons des campagnes courantes donnent un repère et une vérification de
la calibration. Cependant, les duplicata ont un rôle différent, puisque leur concordance peut
dépendre autant de la qualité de la préparation des échantillons à un moment donné, que de la
précision des déterminations. Il va de soi que les duplicata ne nous disent rien de l'exactitude elle-
même. Il va de soi également que pour être efficace et objective, la vérification exige que la
présence des étalons et des duplicata soit ignorée du laboratoire qui fait les déterminations. Ceci
présente des difficultés lorsque la préparation des échantillons est confiée au groupe qui exécute
les analyses. Comme les espions, les étalons, les standards et les duplicata sont efficaces en
autant qu'ils voyagent incognito!

H. 98 Guide d'évaluation des gisements d'or


DIMENSION DE
CONCASSAGE PULVERISATION METHODE D'ANALYSE\
L' ECHANTILLON

MASSE TAMISAGE
EQUIPEMENT EQUIPEMENT
UTILISEE
(TYPE)
OUVERTURE EXTRACTION PYROANALYSE
OUVERTURE
PERTES PRECISION ET
PRODUIT PRODUIT A. A.
EXACTITUDE
DE LA
DETERMINATION

PORTION RETENUE / PORTION RETENUE

PROCEDURE / PROCEDURE

/ DIVISION DIVISION/

Fig. 6.0

GUIDE DÉVALUATION DETERMINATIONS ANALYTIQUES


Méthode d'évaluation

Nombre d'organismes gouvernementaux et de compagnies minières appliquent la règle


selon laquelle il est requis d'exécuter des vérifications au moyen de standards/étalons et de
duplicata en nombre équivalant à 10% ou plus de l'ensemble des analyses et ce, autant dans les
campagnes de géochimie d'exploration que dans les campagnes de valorisation des indices et des
gisements.

6.2 PRÉPARATION ET ANALYSE DE L'OR

Nous passerons en revue les procédures du laboratoire pour la préparation des


échantillons et la procédure d'échantillonnage. Ceux qui désirent des informations plus élaborées
pourront référer à l'étude de Palmer et Wright55 sur les procédures types de la pyroanalyse.
Coxon et Siche156 (1959) font, dans le contexte minier sud-africain, une revue détaillée de
toutes les procédures et des vérifications à différentes étapes en vue d'en optimiser le rendement
et la précision. L'article de Bloom57 (1989) offre des mises en garde pour le personnel
d'exploration.

Les procédures standard présentées ici comportent le minimum requis. La qualité des
résultats, qui doit être mesurée au moyen de vérifications et d'essais, dépendra des paramètres
spécifiques de la minéralisation concernée. Pour une minéralisation comportant de l'or grossier,
il sera approprié d'utiliser la méthode du tamisage des métalliques.

A) La pyroanalyse conventionnelle

Pour assurer la représentativité des portions (ou prises) prélevées des échantillons pour
fins d'analyse, la procédure suivante, qu'utilisent plusieurs laboratoires réputés, doit être exigée
du laboratoire d'analyse comme standard minimum de préparation:

1) broyage du matériel à 100% moins 20 mailles (0.85mm) avant tout quartage;


2) prise d'au moins 300 grammes pour pulvérisation après quartage;
3) pulvérisation à 100% moins 100 mailles (0.15mm);
4) prise d'au moins un assay ton (29.166 g) pour pyroanalyse;
5) la détermination de l'or dans la bille de plomb obtenue peut être faite par absorption
atomique (plus sensible et plus précise) ou par méthode conventionnelle à ce stade. On
verra les méthodes de titration dans Brindamour et Le Houillier58 (1988).

Coxon et Sichel concluent l'étude citée plus haut en faisant état d'une amélioration de
l'ordre de 50% dans la fiabilité (précision+justesse) des analyses, suite aux diverses améliorations
apportées. Ils recommandent tout de même d'utiliser des échantillons d'un poids minimum de
30 grammes pour la pyroanalyse et mais jugent que des prises de 60 grammes préférables. Ceci

II. 100 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

contraste avec la tendance des laboratoires d'utiliser des prises de 15 ou 10 grammes pour la
pyroanalyse, afin de réduire les frais, sans parler de l'usage de prises de 3 ou 5 grammes avec
la spectrométrie d'absorption atomique.

B) Le tamisage des métalliques

Cette procédure peut réduire les problèmes d'échantillonnage causés par la présence d'or
en grains et en paillettes dans l'échantillon soumis à l'analyse. Les premières étapes de
préparation sont les mêmes: broyage à -10 mailles ou -20 mailles (1.7mm ou 0.85mm) et prise
d'un échantillon d'au moins 300 g pour pulvérisation après quartage. Ensuite, il s'agit, en
broyant dans un pulvérisateur à anneau et à rondelle, de s'assurer d'aplatir les particules d'or
libre en évitant de les réduire et de les tamiser à -150 mailles (0.075mm ou 75 microns) pour les
séparer du reste de l'échantillon. L'échantillon constitué du sur-verse est analysé directement par
pyroanalyse, tandis que la partie plus fine est divisée, pulvérisée et divisée à nouveau pour enfin
prélever une portion d'un assay ton qui sera analysée par pyroanalyse de façon conventionnelle.
Les résultats des deux portions sont pondérés suivant leurs poids.

Une variante économique, mais moins efficace, de cette méthode consiste à utiliser un
pulvérisateur à plaque au lieu du pulvérisateur à anneau et palet pour la réduction de l'échantillon.
Le Guide ne recommande pas cette procédure, qui n'offre pas autant de garanties d'efficacité que
la première, étant plus sujette aux pertes et à la contamination.

Il est à noter que le rejet de l'échantillon d'or ainsi traité ne peut être réutilisé pour fins
de vérification, ni pour essais minéralurgiques, puisqu'il n'est plus représentatif de l'échantillon
original.

C) L'absorption atomique

La place qu'ont prise les déterminations par absorption atomique d'abord dans la
géochimie d'exploration, ensuite dans les déterminations pour les métaux usuels, à cause de leur
rapidité et de leur sensibilité, a amené le développement de procédures d'une fiabilité acceptable
pour les métaux usuels. Les mêmes raisons de rapidité et de sensibilité ont amené l'application
de ces mêmes méthodes aux analyses pour l'or et pour l'argent, à partir des mêmes prises que
pour les métaux de base. Ces prises sont de 3 grammes en général, parfois de 5 grammes. Ces
masses sont nettement insuffisantes pour assurer la représentativité des échantillons d'or et
amènent des problèmes de détection autant que des problèmes de variabilité extrême entre les
valeurs obtenues.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 101


Méthode d'évaluation

6.3 LES PROBLÈMES D'ÉCHANTILLONNAGE DE L'OR

La discussion qui suit s'applique surtout à l'or, étant donné l'importance de l'effet de
pépite et des problèmes de distribution statistique, mais nombre des remarques peuvent également
s'appliquer à d'autres éléments. Cette discussion se situe dans la continuité des considérations
du chapitre précédent sur la représentativité des échantillons. Nous avons relié la représentativité
de l'échantillon prélevé à sa masse et, dans le cas d'un échantillon de matériel brisé, au nombre
des fragments et à leur dimension.

Dans le cas de l'or (et d'autres minéraux de basse teneur et de distribution pépitique),
le problème fondamental est le petit nombre de particules présentes dans un échantillon
minéralisé. Ce nombre varie à l'inverse de la dimension des particules. Plus grossier est l'or,
plus petit est le nombre des particules et plus variables seront les résultats des analyses prélevées;
de même, plus petites seront les portions, plus variables et moins fiables seront les résultats (voir
les cas types du chapitre 6). Nous ne contrôlons pas la dimension des particules d'or, mais nous
pouvons essayer d'optimiser l'échantillonnage et l'analyse de l'or.

6.3.1 CAUSES D'ERREUR

Le procédé d'analyse requiert une nouvelle étape d'échantillonnage qui introduit de


nouvelles marges d'erreur. La précision de la teneur rapportée par le laboratoire dépend des
conditions suivantes:

i) les procédures de préparation de l'échantillon soumis pour l'analyse:


-finesse de concassage de l'échantillon primaire: il y a avantage à broyer plus fin pour
assurer une meilleure distribution des particules minéralisées en vue de l'étape suivante.
Il n'y a aucune raison valable d'accepter un échantillon broyé dans un concasseur à
mâchoire ouvert à 6mm, ce qui fournit souvent des fragments atteignant 10 ou 12 mm.
A cette étape, tout échantillon devrait être broyé à -2mm dans un concasseur à
rouleaux ou giratoire. On constatera à l'usage que cette procédure facilite con-
sidérablement l'étape suivante de la pulvérisation.

-masse de l'échantillon après division: la division de l'échantillon, en général sur un


diviseur à rifle, introduit une nouvelle erreur qui est d'autant plus forte que la portion
retenue est plus petite. Le format de 300 g utilisé par les meilleurs laboratoires est un
minimum, qui devrait être haussé lorsque de l'or en pépites est fréquent, allant même
jusqu'à pulvériser tout l'échantillon après un broyage approprié.

-procédure de pulvérisation: les pulvérisateurs à plaques sont plus susceptibles de


contamination que les pulvérisateurs à rondelle et à anneau (type Bueller). La méthode
du tamisage des métalliques prend avantage de la moindre réduction et de l'apla-

II. 102 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

tissement des particules d'or pour en faire la ségrégation et réduire ainsi le problème
de l'effet de pépite.

- pertes et contamination: l'or étant friable et malléable, il est nécessaire de vérifier le


comportement des divers minerais dans les procédures, en variant les normes et les
paramètres. A cette étape, une pulvérisation trop poussée entraîne parfois des pertes
et de la contamination. Par exemple, il pourrait être plus approprié pour certains
minerais de pulvériser à -100 mailles (0.15mm) qu'a -150 mailles (0.106mm).

-masse de matériel utilisé pour la détermination par pyroanalyse. L'extraction par


pyroanalyse est en général considérée comme plus complète que celle des attaques à
l'acide. Le volume de la prise influence directement la marge d'erreur probable,
comme le démontrent les cas types. Même avec la méthode du tamisage des métalli-
ques, il sera préférable de rester avec des prises d'un assay ton pour la portion de -
150m (mm).

6.3.2 CONTAMINATION

La contamination des échantillons est une possibilité contre laquelle tout professionnel,
tout responsable de programme d'exploration et tout entrepreneur doit être sensibilisé. La
contamination peut être une contamination accidentelle, elle pourrait être aussi une contamination
malicieuse ou salage (salting). La règle de base est le doute méthodique. Il faut tout vérifier,
se méfier de toute personne qui pourrait tirer parti de résultats analytiques plus élevés (ou plus
bas!). Ceci implique des mesures de surveillance, de contrôle aux diverses étapes.

6.3.3 RAPPORTS ET PROCÉDURES

Il est essentiel que les laboratoires utilisent des procédures bien établies et bien rodées
pour les déterminations. Les rapports analytiques doivent avoir un caractère professionnel: ils
doivent donner les résultats des analyses en indiquant les paramètres essentiels des méthodes de
préparation et des méthodes analytiques utilisées.

Trop souvent, les résultats des analyses sont fournis sans indication ni de la procédure
de préparation des échantillons, ni de la procédure analytique qui a été utilisée. Récemment,
l'utilisation de la méthode du tamisage des métalliques a contribué à rendre plus spécifiques les
rapports des analyses. Ces remarques sont cruciales pour l'or, mais elles sont applicables
également à tout autre élément.

Il faut aussi se garder de ce que l'on pourrait appeler la dérive des procédés. La
pyroanalyse est bien standardisée comme méthode d'analyse mais des erreurs de procédure
peuvent se produire n'importe quand, surtout avec du personnel moins expérimenté ou moins bien

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 103


Méthode d'évaluation

formé. Certains ont découvert avec surprise que le souci d'efficacité et d'économie amenait
certains laboratoires à utiliser des portions de 1/2 et même de 1/4 d'assay ton au lieu de l'assay
ton (29.166g) traditionnel (Vallée et al, (1976). Les méthodes de géochimie analytique ont été
appliquées à la détermination de l'or en faisant abstraction des conséquences de la prise d'un
échantillon de 3 ou 5 grammes (au lieu de l'assay ton traditionnel ou de 30 g) avait de sérieux
effets sur la détection de l'or autant que sur la précision des déterminations.

Dans un autre cas vécu, on a constaté, suite à des vérifications, le transfert à des fins
de déterminations quantitatives, de procédures de préparation propres à la géochimie d'explo-
ration. Ces procédures, qui consistaient à n'analyser que la portion la plus fine de l'échantillon,
telle le -80 mailles, ont été appliquées par du personnel inventif et expéditif, à l'analyse d'une
roche contenant des sulfures. Les sulfures étant en général plus friables que les silicates, on
imagine l'effet d'enrichissement d'une telle procédure et la difficulté de reproduire, à partir du
rejet à +80 mailles, les analyses faites à partir de la première coupe.

6.3.4 VERIFICATIONS

Le professionnel responsable de l'évaluation d'un gisement d'or, soit à l'exploration,


soit à l'exploitation, se doit d'effectuer des vérifications entre laboratoires et des reprises
d'analyses en nombre suffisant pour permettre des comparaisons statistiquement valables. Trop
souvent le personnel géologique prend pour acquis les résultats fournis par les laboratoires, sans
se poser des questions sur la précision ou sur l'exactitude, ou en se contentant de vérifications
sommaires qui n'ont pas de valeur statistique.

L'intérêt financier est en jeu dans ces situations, autant que la responsabilité profes-
sionnelle, surtout lorsque des transactions ou des décisions financières dépendent de ces
informations. Ces considérations obligent à toujours agir comme si on soupçonnait des
possibilités de contaminations malicieuses.

A) Les valeurs faibles

Le professionnel responsable doit faire vérifier également les échantillons à valeurs


négatives ou très faibles, s'ils sont situés dans des contextes favorables où l'or pourrait être
présent. G. M. Moreau (communication personnelle) utilise l'expression "effet de pépite inversé"
(reverse nugget effect) pour décrire la situation qui résulte de la non détection de l'or à cause
du trop petit nombre de grains dans la portion analysée par rapport à l'échantillon initial. La
conclusion à tirer est que la pratique habituelle. consistant à ne vérifier que les échantillons où
de l'or a été détecté à un niveau intéressant, est déficiente. Des vérifications des basses valeurs
s'imposent dans tous les cas où le contexte géologique est prometteur, surtout aux premiers stades
de l'exploration où le nombre d'échantillons est faible.

II. 104 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

B) Or fin / or pépitique

La nature pépitique de la minéralisation d'or impose ces précautions, même dans le cas
d'un gisement dont la distribution de l'or est peu pépitique telle la zone 2 de Mine Doyon, qui
est décrite plus loin. Dans cette perspective, des vérifications systématiques sont d'autant plus
nécessaires que l'or est visible. Les cas types qui suivent fourniront les procédures et les normes
qui seront énoncées dans les Guides d'application qui termineront ce chapitre.

6.4 CAS TYPES

6.4.1 VÉRIFICATIONS À MINE DOYON

Le Guide citera ici l'essentiel des conclusions d'un rapport de vérifications faites sur la
préparation d'échantillons de minerai de la partie centrale de la zone #2 de Mine Doyon (Vallée,
Filion et David59 (1976) . Rappelons tout d'abord que ce matériel contenait peu d'or grossier
(> lmm), même si des effets pépitiques s'y rencontrent.

Les vérifications consistaient en des analyses en duplicata et quadruplicata sur des assay
tons, des demies d'assay ton et des quarts d'assay ton. Elles ont aussi comporté des essais
pyramidaux. Il ressort de ces vérifications que le fait de prélever une portion après broyage à -
6.6mm entraîne une erreur relative d'échantillonnage de 35% t 15 , erreur qui est ramenée à 20%
si on prélève un échantillon après broyage à -2mm. De même, le fait de prélever un échantillon
de 1/2 assay ton pour détermination par pyroanalyse comporte une erreur relative de 18%, tandis
que l'erreur statistique est réduite à 8.5% lorsque l'on utilise des portions de 1 assay ton
(29.166g) pour la pyroanalyse.

6.4.2 CAS TYPE EQUITY SILVER

On se rappellera que la vérification des échantillonnages d'argent à la Mine Equity


Silver qui est citée au chapitre précédent comporte également une vérification des analyses entre
deux laboratoires; la procédure utilisée est un bon exemple d'utilisation des techniques
statistiques. Ces vérifications et ces comparaisons ont indiqué un biais important entre les deux
séries de déterminations.

15 Ecart type relatif, ou écart type divisé par la moyenne. Pour une succession
d'opérations, les variances de chaque opération d'échantillonnage s'additionnent.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 105


Méthode d'évaluation

6.5 GUIDES D'APPLICATION

6.5.1 RÈGLES GÉNÉRALES

La préparation des échantillons pour la détermination de l'or est soumise aux


contingences suivantes;

A) Effet de pépite

Les déterminations de l'or ou d'autres éléments précieux sont soumises aux limitations
imposés par le petit nombre de particules dans les échantillons ce qui constitue l'aspect pépitique
de ces minéralisations.

B) Caractérisation

Chaque étape de manipulation et de réduction de poids d'un échantillon engendre une


erreur spécifique et ces erreurs (variances) s'additionnent. A chaque étape, l'erreur peut être
quantifiée à partir de vérifications systématiques en nombre suffisant pour compenser le
comportement pépitique de la minéralisation sous étude. Il faut particulièrement établir le
comportement des particules d'or dans diverses conditions de broyage au moyen d'essais
systématiques et d'analyse statistique des résultats.. Des procédures de caractérisation et de
vérification sont proposées à la section 6.5.3.

C) Formules d'échantillonnage

On appliquera ensuite les formules de Gy et Ingamells aux cas sous étude, pour préciser
les paramètres, faire ressortir les besoins et aider à concevoir les procédures requises pour
résoudre les problèmes rencontrés.

D) Déterminations analytiques

L'extraction du métal est une étape essentielle qui peut contribuer aux erreurs, si elle
est incomplète: la fusion par la pyroanalyse est normalement plus efficace que la dissolution à
l'acide en AA. La détermination du métal sur la bille de plomb, à l'étape finale de la
pyroanalyse, est plus sensible et plus précise par absorption atomique que par les méthodes
traditionnelles.
Les laboratoires doivent utiliser des procédures bien établies, bien rodées et explicitées
pour la préparation des sous-échantillons et les déterminations. Les rapports analytiques doivent
avoir un caractère professionnel: ils doivent donner les résultats des analyses en indiquant les
paramètres essentiels des méthodes de préparation et des méthodes analytiques utilisées. Le

II. 106 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

laboratoire doit avoir des procédures internes de vérification de la manipulation des échantillons
et des déterminations analytiques.

E) Vérifications

La vérification est une étape essentielle de toutes les phases du travail du professionnel
impliqué dans l'évaluation des gisements de toute nature et plus particulièrement des gisements
d'or. Les vérifications doivent se faire systématiquement, autant sur les basses valeurs que sur
les hautes et impliquer environ 10% du nombre des analyses.

Le fait que les responsables des laboratoires font habituellement des vérifications
internes ne restreint en aucune façon la portée des commentaires ou des règles pratiques
énoncés ici et à la section 6.5.3.

F) La responsabilité professionnelle

C'est la responsabilité professionnelle et légale du géologue, de l'ingénieur géologue et


du minéralurgiste responsables des aspects techniques d'un tel projet, d'établir les spécifications
pour les déterminations, les vérifications et d'effectuer la surveillance requise pour les faire
respecter par son personnel et par les fournisseurs. La responsabilité légale des intervenants est
aussi engagée, particulièrement dans le cadre des Lois des valeurs mobilières.

6.5.2 PROCÉDURES STANDARDS

A) Préparation conventionnelle

La procédure suivante, qu'utilisent plusieurs laboratoires réputés, doit être exigée du


laboratoire d'analyse comme standard minimum de préparation pour la pyroanalyse:

1) broyage du matériel à - 10 mailles ou plus fin, avant tout quartage;


2) prise d'au moins 300 grammes pour pulvérisation, après quartage;
3) pulvérisation à 100% moins 100 mailles;
4) division et prise d'au moins un assay ton (29.166 g) pour pyroanalyse;
5) la détermination de l'or dans la bille est avantageusement exécutée par spectrométrie
d'absorption atomique AA, à ce stade.

NOTES:
i) les déterminations sur des prises de moins d'un assay ton sont donc déconseillées et
l'utilisation de prises de 3 à 5 grammes, pour dissolution acide en vue de déterminations
par absorption atomique, est à proscrire dans l'évaluation de l'or. On trouvera dans

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 107


Méthode d'évaluation

Brindamour et Le Houillier (1988) les spécifications des méthodes standard de


détermination des métaux précieux .

B) Tamisage des métalliques

La procédure type de la méthode de tamisage des métalliques est la suivante:


1) procédures de concassage identiques à celles de la pyroanalyse conventionnelle soit à -
2 mm;
2) broyage dans un pulvérisateur à "anneau et rondelle", en s'assurant d'aplatir les
particules d'or libre. en évitant de les réduire ou de les plaquer sur les parois;
3) tamisage à -150 mailles (16, la surverse est pesée et analysée directement par pyroa-
nalyse;
4) la portion fine ou sous-verse est divisée à nouveau pour prélever une portion d'un assay
ton qui sera analysée par pyroanalyse de façon conventionnelle.
5) les résultats des deux portions sont pondérés suivant leur poids pour obtenir la teneur
réelle;

C) Notes

1) la procédure dite "double métallique" développée pour les cas d'or très pépitique prévoit
deux étapes de tamisages, à + 28 mailles et - 28 mm + 200 mailles, les deux surverses
étant analysées au complet et la sous-verse à - 200 mailles analysée par une portion de
30 g;

2) une variante de la méthode du tamisage des métalliques consiste à utiliser un pulvéri-


sateur à plaque au lieu du pulvérisateur à "anneau et palet" pour la réduction de
l'échantillon, pour améliorer les résultats de la méthode conventionnelle à moins de
frais. Cette procédure modifiée est un palliatif qui n'offre pas autant de garanties
d'efficacité que le tamisage des métalliques, même si elle semble plus efficace que les
procédures conventionnelles;

3) le rejet de l'échantillon d'or ainsi traité ne peut être réutilisé pour fins de vérification,
ni pour essais minéralurgiques, puisqu'il n'est plus représentatif de l'échantillon
original.

16
Ce paramètre est à déterminer pour chaque gisement ou type d'échantillon, dans la
perspective de réduire les pertes et d'optimiser La précision et l'exactitude des
résultats.

II. 108 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

6.5.3 VÉRIFICATIONS ET ESSAIS

Chaque minéralisation ayant des caractéristiques distinctes, des essais et vérifications


spécifiques sont requis pour établir son comportement dans les procédures d'échantillonnage. En
pratique, la présence de particules d'or visible assure presque des difficultés d'échantillonnage,
mais celles-ci ne sont pas limitées à ces cas.

A) Caractérisation minéralogique

Il faut d'abord établir, sur des échantillons types du matériel sous étude, les caracté-
ristiques granulométriques et particulièrement le nombre de grains d'or qui seront présents dans
l'échantillon avant la coupe pour l'analyse et dans cette coupe elle-même. Cette information sera
obtenue à partir d'examens visuels (cartographie et journal des forages) et d'études minéralogi-
ques. L'interprétation de ces observations sera complétée par les autres procédures décrites ici.

B) Analyse (géo)statistique

Les histogrammes des teneurs et des logarithmes des teneurs et les distributions
cumulées sont une façon simple de vérifier la présence de plusieurs classes granulométriques de
grains d'or et la présence de hautes valeurs qui divergent de la courbe type. On décèlera ainsi
les distributions multimodales et la présence de pépites qui divergent de la courbe type. Le
variogramme des échantillons indiquera également les effets de pépite.

C) Vérifications

La première étape des vérifications utilisera les duplicata des échantillons. Il faut bien
établir et spécifier la procédure en vue de distinguer le sens des informations obtenues: par
exemple une deuxième prise de la poudre pulvérisée (procédure standard seulement), ou prise
d'une deuxième portion de roche concassée pour pulvérisation. Une autre étape pourra consister
en des analyses plus nombreuses dirigées à des étapes spécifiques des procédures. Ces vérifi-
cations doivent être en nombre suffisant (minimum de 30 à 40) pour permettre des contrôles
statistiques (test de Students, X carré, etc).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 109


Méthode d'évaluation

CHAPITRE VII

L'ESTIMATION DES VOLUMES,

DES MASSES ET DES TENEURS

7. L'ESTIMATION DES VOLUMES, DES MASSES ET DES TENEURS 113


7.1 LA PROBLÉMATIQUE DE L'ESTIMATION DES GISEMENTS 113
7.1.1 INVENTAIRES, PERTES ET DILUTION 113
7.1.2 MÉTHODES D'ESTIMATION 116
7.1.3 TENEURS REPÈRES 117
7.1.4 POIDS SPÉCIFIQUE 118
7.1.5 INTERPRÉTATION ET MODÈLE 119
7.1.6 MAILLES D'INFORMATION 119
7.1.7 RELATIONS GÉOMÉTRIQUES ET LIMITES 119

7.2 LES MÉTHODES TRADITIONNELLES D'ESTIMATION 121


7.2.1 CALCUL DES VOLUMES 121
7.2.2 ESTIMATION DES TENEURS 123
7.2.3 APPRÉCIATION / PERSPECTIVES 124

7.3 L'ESTIMATION GÉOSTATISTIQUE 125


7.3.1 CONTEXTE DES ESTIMATIONS 126
7.3.2 INFORMATISATION 126
7.3.3 ANALYSE STATISTIQUE DÉTAILLÉE 127
7.3.4 INTERPRÉTATION ET MODÉLISATION 127
7.3.5 CHOIX DES ÉCHANTILLONS 131
7.3.6 CALCUL DU VARIOGRAMME 136
7.3.7 KRIGEAGE 137
7.3.8 COMPILATION DES INVENTAIRES 138

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 111


Méthode d'évaluation

7.4 MAILLES, MARGES D'ERREUR, BLOCS D'ESTIMATION 139


7.4.1 MAILLES D'INFORMATION 139
7.4.2 MARGES D'ERREUR 141
7.4.3 BLOCS D'ESTIMATION 142
7.4.4 NORMES DE CLASSIFICATION 145

7.5 LE CALCUL DES MARGES D'ERREUR 148


7.5.1 CHOIX DU MODÈLE 148
7.5.2 MARGE D'ERREUR GLOBALE 148
7.5.3 MARGES D'ERREUR DES BLOCS 150

7.6 RÉSERVES ET CONTRÔLE DE PRODUCTION 150

7.7 INFORMATION ET VÉRIFICATION 151


7.7.1 LIMITES DE L'INFORMATION 151
7.7.2 ÉCHANTILLONNAGES EN VRAC 151
7.7.3 RÉCONCILIATION DES INFORMATIONS 151
7.7.4 VÉRIFICATIONS 153
7.7.5 EXPLOITATION 153

7.8 CAS TYPES D'ESTIMATION 154


7.8.1 MINE DOYON, ZONES 1 & 2 154
7.8.2 .MINE McBEAN 166
7.8.3 MINE CHIMO 170
7.8.4 MINE ALLIGATOR RIDGE 172

7.9 GUIDES D'APPLICATION 173


7.9.1 PERSPECTIVES 173
7.9.2 RÔLE ACTUEL DE LA GÉOSTATISTIQUE 173
7.9.3 PERSPECTIVE SUR LES MÉTHODES UTILISÉES 173
7.9.4 BESOINS FUTURS 175

II. 112 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

7. L'ESTIMATION DES VOLUMES, DES MASSES ET DES TENEURS

Ce chapitre traitera de tous les aspects géologiques et géostatistiques de l'estimation des


masses et des teneurs des gisements délimités et des gisements miniers, en particulier la teneur
de coupure, la notion de risque, les marges d'erreur des résultats des estimations, les normes
d'ajustement des teneurs et des volumes et les relations avec les paramètres d'ingénierie et
d'économique. Le Guide montrera comment la géostatistique prolonge les méthodes traditionnel-
les d'estimation et comment le calcul de la précision des estimés est relié aux dimensions des
mailles et des blocs. Des cas types seront présentés pour illustrer la démarche et les caracté-
ristiques de chaque application. Un survol de l'utilisation actuelle de la géostatistique dans
l'industrie minière complétera ce chapitre. La figure 7-0 montre le cheminement proposé pour
l'estimation des volumes, des masses et des teneurs.

Le Guide souligne que l'estimation des gisements est et demeurera encore longtemps
l'application de connaissances et d'expertise professionnelles dans le cadre d'une équipe
multidisciplinaire et ne saurait se restreindre à l'application de techniques standardisées par du
personnel non spécialisé ou d'expérience limitée. Le Guide ne peut donc fournir des recettes
faciles que les profanes ou le personnel junior pourraient appliquer sans supervision experte.

7.1 LA PROBLÉMATIQUE DE L'ESTIMATION DES GISEMENTS

Le Guide débute le présent chapitre par une perspective synthétique des stades des
inventaires, des problèmes et des méthodes utilisées dans l'estimation des gisements, du risque
et de la précision et des teneurs repères. Cet exposé vise autant les administrateurs et les
dirigeants des compagnies, des organismes de réglementation et des organismes financiers, que
les cadres techniques et les professionnels.

Quels que soient le stade de développement, le type de gisement, la quantité et la nature


des échantillons disponibles, toutes les estimations de tonnage et de teneurs sont basées sur les
mêmes principes et rencontrent des problèmes communs. La procédure consiste à attribuer à un
volume la teneur et le poids spécifique d'un volume plus restreint, soit l'échantillon le plus
proche, soit une moyenne d'échantillons voisins. Quelle que soit la méthode, cette estimation est
entachée d'erreurs. Ces erreurs dans la délimitation du gisement et/ou l'estimation de la teneur
contribuent à des pertes et de la dilution par rapport au gisement réel.

7.1.1 INVENTAIRES, PERTES ET DILUTION

Les inventaires que sont les estimations de masse et de teneur des gisements sont faits
de façon itérative à diverses étapes du développement minéral, donc avec des informations de plus

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 113


Méthode d'évaluation

en plus nombreuses, sur des mailles de plus en plus serrées. Ils sont faits également avec des
objectifs variés et multiples.

Aux premiers stades de la mise en valeur (stade 4 et début du stade 5), l'inventaire du
gisement se fait afin d'obtenir une estimation globale de sa dimension et de son contenu métal:
c'est le gisement délimité. Pour nombre de métaux, il arrive même, lorsque les travaux au stade
4 ont établi les dimensions d'ensemble et les limites du gisement, que les teneurs ne varieront pas
sensiblement ensuite malgré la masse importante d'information qui s'ajoutera aux stades suivants
du développement minier. Dans un tel cas, l'inventaire à la fin du stade 6 comportera une plus
grande précision des estimés, par l'information additionnelle sur les limites du gisement et sur
la distribution des teneurs dans ses diverses parties.

Les gisements d'or montrent une distribution pépitique des valeurs qui, lorsqu'elle est
forte, amène les échantillons à se comporter de façon aléatoire. Les premiers estimés seront
souvent loins d'une estimation exacte des teneurs et même des masses. Il est souvent nécessaire
dans ces cas, de compléter l'information des forages et des autres échantillonnages linéaires par
des échantillons de volume important, pour des essais en usine pilote ou même en usine
industrielle, dans le but d'assurer l'évaluation appropriée d'un gisement aurifère. Les pertes et
la dilution qu'entraînent les erreurs dans l'interprétation et l'estimation à ces stades sont de
caractère "passif". Même si elles influent sur les estimations, elles ne se traduisent pas
directement par des pertes financières, sauf si elles affectent la progression du projet (figure 3-2).

A l'étape de la faisabilité et de la décision (stade 8), l'estimation des réserves minières


ne dépend plus seulement de la géométrie et de la distribution des éléments d'intérêt du gisement.
Cette estimation demande alors une interaction complexe de la géologie, de l'ingénierie et de
l'économique et exigera des données quantitatives dans ces trois axes. La géostatistique ne
chiffre que l'incertitude de la distribution de la minéralisation, même quand cela est fait à
partir de contours miniers: elle ne peut rien sur les incertitudes qui demeurent dans les
domaines de l'ingénierie et de l'économique.

A l'étape de l'exploitation, il faut réaliser le plan préétabli. Ceci demande dans la


plupart des cas, des informations additionnelles, plus détaillées que celles qui ont servi à établir
la faisabilité de l'exploitation. A l'extraction minière, la géostatistique pourra contribuer à
réduire les pertes et la dilution, autant dans l'optimisation de l'extraction du gisement minier que
dans le contrôle de la qualité de la production. Aux stades de la décision et de l'exploitation,
les erreurs d'estimation auront des conséquences économiques directes pour la rentabilité du
projet, par le rendement métal moindre et par le manque à gagner qu'amèneront la dilution
et les pertes.

II. 114 Guide d'évaluation des gisements d'or


BASE DE DONNEES\ CALCUL DES INVENTAIRES\

ECHANTILLONNAGES GEOLOGIE CHOIX DES BLOCS


LITHOLOGIE D'ESTIMATIONSOMMATION
DES VOLUMES
SONDAGE
STRUCTURE CALCUL DES CALCUL DES
MARGES D'ERREUR TENEURS
TOPOMETRIE
MODELISATION
INVENTAIRE
MINERAL
CONTENU METAL PROJECTIONS (GISEMENT OU
POIDS SPECIFIQUE BLOCS KRIGEAGE RESERVES)
VARIOGRAMME
TENEUR MAILLES
GEOMETRIE DES CHOIX DES LIMITES
VOLUME ZONES CHOIX DES
ECHANTI LLONS
INTERPRETATION
ANALYSE STATISTIQUE MODELISATION

EVALUATION GEOSTATISTIQUE
TRADITIONNELLE

Fig.7.0

ESTIMATION DES VOLUMES


GUIDE DEVALUATION MASSES ET TENEURS
Méthode d'évaluation

7.1.2 MÉTHODES D'ESTIMATION

Les méthodes traditionnelles gardent toujours une place dans l'estimation des gisements,
même face aux méthodes plus sophistiquées. En général, le choix d'une de ces méthodes dépend
de concordances avec certains paramètres géologiques et géométriques du gisement sous étude
et elles fourniront des éléments de comparaison, de contrôle avec les résultats des estimations par
les méthodes géostatistiques (section 7.9).

A) Méthodes traditionnelles

Les méthodes traditionnelles d'estimation correspondent essentiellement à une approche


analytique et déterministe, puisqu'elles visent à établir des limites concrètes pour la détermination
des réserves et l'exploitation minière. Les méthodes traditionnelles comprennent la détermination
des volumes et des teneurs pour évaluer ensuite le métal contenu par l'intermédiaire du poids
spécifique.

Le calcul des volumes d'un gisement se fait d'abord à partir de limites explicites
fournies par la géologie et les teneurs des échantillons, suite aux travaux de géologie,
d'échantillonnage et d'interprétation décrits aux chapitres 5, 6 et 7. A l'étape minière, les limites
des chantiers établissent les volumes, toujours en relation avec le cadre géologique.

Le calcul des teneurs se fait par des méthodes d'abord simples, par moyennes
arithmétiques ou pondérées alliées à diverses techniques de projection et de pondération des
teneurs d'échantillons ou d'intersections aux volumes établis. Ces diverses méthodes, dites tradi-
tionnelles, seront décrites et évaluées plus loin.

Le calcul de la masse de minerai (tonnage) dans un volume donné demande, outre la


teneur, le poids spécifique de la roche contenue dans ce volume. Les minéraux constituants des
roches montrent des poids spécifiques souvent très variables.

B) Géostatistique

Les efforts pour appliquer la statistique aux données géologiques et aux estimés des
gisements pour améliorer les méthodes d'estimations traditionnelles ont amené à reconnaître,
qu'en général, ces données ne sont pas distribuées de façon aléatoire mais montrent une auto-
corrélation. Cette caractéristique a amené le développement de la géostatistique, axée sur la
variable régionalisée. Les méthodes de la géostatistique se sont ajoutées aux outils d'estimation
des gisements, mais en introduisant une approche qui est souvent synthétique par contraste à
l'approche analytique et déterministe des méthodes traditionnelles.

II. 116 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Le variogramme est l'instrument de base de la géostatistique et il est indispensable pour


établir la continuité des teneurs, ce qui permet ensuite d'améliorer l'estimation et d'établir sa
précision. Le variogramme est une fonction de corrélation des paires d'échantillons prises à des
espacements croissants. Cette mesure de la continuité doit être faite dans toutes les directions
principales du gisement car la continuité des teneurs varie de façon différente dans l'une ou
l'autre des directions.

Le krigeage est l'opération de pondération et de correction des teneurs moyennes


d'abord des gisements, ensuite des blocs d'estimation plus restreints. Le variogramme permet
alors le calcul de meilleures moyennes pondérées pour les gisements, les chantiers et blocs
d'estimation en utilisant l'influence des échantillons voisins. L'attribution de marges d'erreur des
divers estimés pourra également être faite à partir de ces étapes.

7.1.3 TENEURS REPÈRES

Avant de passer à la description des méthodes d'estimation, il y lieu de définir les


teneurs repères qui sont les jalons essentiels de toute évaluation, autant à l'exploration qu'à
l'exploitation d'un gisement. Ces teneurs repères sont typiquement la teneur de coupure, la
teneur marginale et la teneur de rentabilité. Taylor60 (1972) et Lane61 62 (1964 et 1989)
ont discuté à fond de ces sujets. Les définitions proposées ici s'appuient sur leurs travaux.

L'A propos de cette section repose sur la différence fondamentale qui existe entre la
teneur de rentabilité (ou teneur d'exploitation) et la teneur marginale considérée comme teneur
de coupure :
la teneur moyenne exploitée doit fournir un certain profit par tonne usinée la
teneur minimum exploitée doit faire ses frais... (Mortimer63, 1950)

A) La teneur de coupure

La TENEUR DE COUPURE est toute teneur qui est utilisée, à partir de


n'importe quel critère approprié, afin de distinguer entre deux
alternatives de décision ou d'action (Taylor, 1972).

La teneur de coupure est, selon cette définition, un concept général qui peut s'appuyer
sur n'importe quel critère, qu'il soit d'ordre géologique, géostatistique, économique, ou autre.
Taylor fait dans ce texte une revue élaborée de l'évolution du concept de teneur de coupure.

L'évaluation des gisements s'appuie sur la teneur de coupure comme jalon et repère
pour toute évaluation, même lors des premiers inventaires d'un gisement. A ce stade, on utilisera
des teneurs de coupures d'ordre conceptuel ou basées sur des gisements de type ou d'allure
similaire. L'estimation des ressources minérales se fait à partir de considérations géostatistiques,

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 117


Méthode d'évaluation

pour établir des contours/limites à partir de la distribution "naturelle" des valeurs, ou encore en
vue de choisir ou d'exclure des blocs. Lors de l'estimation des réserves, le concept de teneur de
coupure prendra plus de complexité, lorsqu'on l'appuiera en plus sur des considérations
d'ingénierie et d'économique.

La teneur de coupure supérieure, appliquée à des analyses ou des blocs pour corriger
à la baisse les hautes valeurs considérées comme erratiques, n'a aucune relation directe avec la
teneur de coupure dont nous venons de discuter. Cette pratique traditionnelle reliée à l'estimation
des teneurs tend à être remplacée par des corrections statistiques ou géostatistiques.

B) Teneur marginale

La TENEUR MARGINALE (breakeven) est celle pour laquelle le revenu recouvrable


est équilibré avec les coûts attribués à partir du point de décision, selon la définition de
Mortimer. La teneur marginale devient une teneur de coupure lorsqu'on décide d'utiliser cette
teneur marginale pour la sélection de limites ou de blocs.

Diverses teneurs de coupure peuvent être applicables à différents paliers de l'exploi-


tation. Ainsi la teneur marginale d'un gisement ou d'une zone minéralisée est celle pour laquelle
la valeur recouvrée des substances minéralisées vendues est égale aux coûts de développement,
d'extraction, de traitement et d'administration. C'est alors une teneur de coupure globale qui sert
à établir la limite concrète des zones ou des chantiers pour l'établissement des réserves et le calcul
de la faisabilité d'ensemble. Des teneurs coupure plus ponctuelles peuvent être établies à des
points spécifiques de l'exploitation, en fonction des coûts en aval.

C) Teneur de rentabilité

La teneur de rentabilité d'un gisement ou d'un bloc minéralisé est la teneur où la valeur
réelle des substances minéralisés couvre le prix de revient de la production vendue, augmenté
de la valeur du coût d'option(17. Il va sans dire que la teneur de rentabilité est par définition
différente de la teneur coupure qui lui est associée, puisque la teneur de rentabilité s'appliquera
sur la moyenne d'un gisement ou d'un chantier, ou sur les objectifs de production d'une période
donnée.

17 Le coût d'option est le profit minimum acceptable compte tenu du risque). C'eIl
détermine la teneur palier minimum exigée pour une exploitation rentable (ou ta teneur
d'exploitation de Mortimer, cité ci-haut)

II. 118 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

7.1.4 POIDS SPÉCIFIQUE

Le calcul du métal contenu dans un volume donné dépend de la teneur, du volume et


du poids spécifique de la roche minéralisée. Ce dernier paramètre varie de façon marquée selon
les variations de composition des roches minéralisées. C'est pourquoi le poids spécifique est une
caractéristique d'une minéralisation qui doit être quantifiée systématiquement, avec des méthodes
appropriées, au même titre que le contenu en éléments d'intérêt et ce, à partir du début des
travaux de mise en valeur (Section 5.6 du Guide).

7.1.5 INTERPRÉTATION ET MODÈLE

Les conditions de création ou de constitution des gisements varient à l'intérieur de divers


types géologiques et il en résulte des variations morphologiques affectant les limites et des
variations dans la distribution des teneurs. C'est à partir du modèle géologique de la continuité
et des minéralisations que l'on pourra entreprendre l'estimation des masses et des teneurs. Les
méthodes dites traditionnelles d'estimation en dépendent pour leur efficacité tout autant que les
méthodes géostatistiques.

Les chapitres 5, 6 et 7 ont traité des aspects géologiques de l'estimation des gisements.
L'importance de la collecte, de la vérification et de l'interprétation systématiques des données et
de la modélisation du gisement ont été soulignées à plusieurs reprises.

7.1.6 MAILLE D'INFORMATION

Le gisement type est connu par des échantillonnages systématiques, en général des
forages sur une maille régulière. Dans le cas des gisements d'or, l'évaluation des réserves
s'appuiera également sur des échantillonnages miniers, à cause des difficultés causées par la distri-
bution pépitique de l'or. La dimension de la maille est un élément essentiel de l'évaluation de
l'information disponible sur un gisement. Cette question est discutée plus longuement à la section
7.4 avec celle de la dimension des blocs.

7.1.7 RELATIONS GÉOMÉTRIQUES ET LIMITES

La délimitation du gisement, l'exactitude de la définition des volumes minéralisés, la


précision de leurs limites, sont reliées à la forme et aux dimensions de ces volumes, que l'on
utilise les méthodes traditionnelles ou les méthodes géostatistiques. Le chapitre 6 a insisté sur
l'importance de la compréhension des caractéristiques des divers types de gisements: contexte
géologique et structural, contrôles, distribution de la minéralisation, etc. Au delà de ces
considérations, il faut regarder directement l'influence de la forme géométrique et de la dimension
sur la précision de l'estimation.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 119


Méthode d'évaluation

Deux composantes géométriques influencent l'estimation: d'abord l'irrégularité des


limites et ensuite le rapport surface/volume. Ces facteurs ne sont pas indépendants car une sur-
face limite très irrégulière influencera directement le rapport surface/volume. La dimension
relative du gîte influence directement la précision de l'estimation. Une série d'exemples simples
montreront l'effet des variations de la largeur, de la longueur (implicitement de la masse globale)
d'une zone minéralisée sur les marges d'erreur des estimés, sur la dilution et sur les pertes par
rapport au gisement "réel".

A) Largeur

Plus une zone est étroite, plus l'influence de la surface limite est importante.
Visualisons un gisement filonien de 1.5 mètre de largeur et dont la limite de teneur ou la limite
minière est imprécise. Si l'exploitation était accompagnée d'une dilution mécanique des murs
adjacents, chacun contribuant 0.3 mètre de roche stérile, ceci constituerait une dilution de 40%.
Une veine de 3.0m de largeur, affectée du même apport de 0.3m de roche stérile provenant de
chaque mur, ne serait affectée que de 20% de dilution mécanique.

Le rapport volume/surface pourrait servir à établir les caractéristiques des gisements et


des repères d'estimation. Ce rapport se réduit essentiellement à l'épaisseur moyenne. Pour des
veines étroites il est de l'ordre de 1.5, pour des amas importants il sera de l'ordre de 20 à 100
ou plus (en mètres).

B) Longueur

Les dimensions relatives des grands axes d'une zone minéralisée tabulaire influencent
directement les marges d'erreur à maille donnée. Imaginons une zone tabulaire et rectangulaire
de 100m de longueur et de profondeur indéfinie, forée au 20m; les zones mal définies aux
extrémités du gisement constituent 20% du volume. Cinq sections au 20m couvrent 80m) et le
20m additionnel est constitué des demi-longueurs projetées à chaque extrémité(18. Pour un
gisement similaire de 200m de longueur foré sur la même maille, la zone mal connue constituera
seulement 10% du volume du gisement. Si la zone est lenticulaire et équi-dimensionnelle dans
deux dimensions, le même phénomène se produirait également au sommet et à la base, donc la
zone "marginale" constituerait respectivement 36% et 19% du gisement pour les dimensions de
100m et de 200m. Cette relation pourrait être reliée avec les statistiques de Grenier (1964) sur
le plus haut taux d'échec des mises en production des petits gisements (sect 3.4).

18) Les techniques géostatistiques de Krigeage s'appliqueront à l'estimation d'une telle


zone. Nous voulons faire ressortir ici les variations dans l'importance relative de ces
zones dans les gisements en fonction des dimensions.

II. 120 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Dans la pratique, les méthodes traditionnelles ne pourront que classer les blocs
périphériques dans une catégorie "inférieure", sur la base de l'appréciation de la situation décrite.
Dans les estimations géostatistiques, les marges d'erreur calculées sur les teneurs des blocs
périphériques seront plus importantes.

7.2 LES MÉTHODES TRADITIONNELLES D'ESTIMATION

Les méthodes traditionnelles d'estimation des gisements sont axées sur la mesure du
volume selon des blocs de diverses formes géométriques et l'attribution à ces volumes, selon
diverses méthodes de pondération, de teneurs d'échantillons situés dans ces blocs ou à leur péri-
phérie. La mesure du volume se fait après une modélisation des données géologiques, struc-
turales, minéralogiques et chimiques. Le calcul des masses se fait trop souvent à partir d'un
poids spécifique global, même quand ce paramètre varie beaucoup à travers le gisement.

7.2.1 CALCUL DES VOLUMES

Les calculs des volumes se font surtout par les méthodes des sections longitudinales, des
sections transversales, des triangles et des polygones. Les méthodes des courbes d'accumulation
et des surfaces de tendance sont moins utilisées. Depuis la popularité des méthodes géostatisti-
ques, on ne compte plus les cas types de comparaisons entre les estimations par les méthodes
traditionnelles et les estimations géostatistiques.

A) Section longitudinale

La section longitudinale est utilisée typiquement pour la représentation et l'estimation


d'une veine mince ou d'un horizon uniforme considéré comme mince. Cette méthode permet de
regrouper et de synthétiser l'information des forages et des échantillonnages sur un seul plan, tant
que la structure sous étude ne présente pas de complexité d'importance dans la troisième
dimension. Sur la section, les zones d'influence peuvent être établies sous forme de parallé-
logrammes, de triangles, de polygones. Il faut toujours bien distinguer entre les longueurs des
intersections obliques et les vraies largeurs. La méthode traditionnelle de calcul des teneurs est
de pondérer les teneurs des échantillons et intersections par le volume des blocs qui les
contiennent. Les méthodes de pondérations multiples sont aussi applicables.

APPRÉCIATION: La valeur des estimés qui résultent de cette méthode est affectée par
l'interprétation des effets de zone. Il est essentiel d'orienter les zones d'influence d'après les
alignements ou les plongées géologiques. Les évaluations de volumes peuvent être exagérées par
la forme rectangulaire des blocs d'estimation.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 121


Méthode d'évaluation

B) Sections transversales

Les sections transversales sont l'outil de travail approprié aux amas, aux gisements
complexes, aux veines multiples. Avant l'informatique, les sections transversales constituaient
le dossier de base (le grand livre) de l'information géologique et minière et elles demeurent l'outil
principal de travail. Idéalement, les sections sont placées à la perpendiculaire des alignements /
structures et correspondent aux plans des forages inclinés. Les sections permettent l'interprétation
des structures géologiques, la mise en plan des galeries minières et des chantiers projetés et des
chantiers excavés.

L'estimation des volumes minéralisés se fait en général par des surfaces projetées sur
les demi-distances aux sections adjacentes. L'estimation des teneurs des blocs se fait
généralement par attribution des teneurs des intersections centrées dans les blocs.

APPRÉCIATION: L'estimation des volumes par les sections donne facilement des
estimés surfaits quand les surfaces minéralisées varient en importance d'une section à l'autre.
Il s'agit d'un effet géométrique simple car les contacts obliques sont remplacés par des volumes
irréguliers, dont les arêtes amènent à exagérer les volumes réels. Cet effet est d'autant plus
marqué que les différences de surface sont grandes entre deux sections voisines.

C) Triangles / Polygones

Les méthodes de calcul des volumes minéralisés par triangles et polygones s'appliquent
typiquement à des amas, à des zones tabulaires très épaisses. Elles s'appliquent également sur
un plan longitudinal pour délimiter les zones d'influence. Ces méthodes diffèrent par la façon
d'attribuer les zones d'influences aux divers forages ou aux points d'échantillonnages.

Dans la méthode des triangles, ces surfaces sont tracées en reliant les points
d'échantillonnage, les forages: chaque zone ainsi délimitée est pondérée par les valeurs à ses
sommets, en utilisant souvent les demi-bissectrices pour délimiter les zones d'influence des
échantillons.

Dans la méthode des polygones, on utilisera le forage situé au centre et à l'extérieur du


polygone, en limitant la zone d'influence par diverses méthodes, en général par les bissectrices
ou demi distances entre les forages. La pondération mathématique des zones d'influence des
sondages adjacents a déjà reçu passablement d'attention.

APPRÉCIATION: Les polygones ont tendance à surestimer les tonnages, pour des
raisons similaires à celles décrites pour les sections transversales, soit l'exagération des arêtes ou
pointes lorsque des discontinuités se rencontrent. La précision de l'évaluation des teneurs est
également variable dans ces deux méthodes. De plus en plus elles sont remplacées par les

II. 122 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

techniques géostatistiques et les cas types de comparaison des estimés entre ces méthodes
pullulent.

D) Courbes d'isoteneur / Surfaces de tendances

Le calcul de courbes d'isoteneur, de courbes d'accumulation, d'isoépaisseur a été un


outil utile pour la modélisation et la caractérisation des gisements. Certains ont utilisé les courbes
d'isoteneur pour le calcul des réserves. Cette technique est surtout applicable aux gisements tabu-
laires peu complexes et s'assimile, jusqu'à un certain point, aux sections longitudinales. C'est
souvent une façon pour diminuer l'effet de pointes décrit plus haut pour les sections et les
polygones.

La technique des surfaces de tendance est une variante plus sophistiquée des courbes
d'isoteneur ou d'isoaccumulation. Diverses variantes font l'objet d'essais d'application aux
gisements. Il s'agit d'appliquer des surfaces obtenues mathématiquement, généralement de
caractère polynomial, aux données d'échantillonnages.

APPRÉCIATION: La méthode des surfaces de tendance est un outil d'analyse et de


filtrage valable (comme les courbes d'isoteneur); plus récemment, l'intérét pour cette méthode
a décru considérablement, car elle n'offre pas de critère objectif pour projeter les valeurs
analytiques. La méthode des courbes d'isoteneur montre souvent une tendance à l'exagération
des volumes et des quantités de métal.

7.2.2 L'ESTIMATION DES TENEURS

La principale lacune des méthodes de calcul traditionnelles est que les paramètres de
calcul et les marges d'erreur sont axés sur l'expérience pratique, sans possibilité d'appui
statistique réel. Ces méthodes ne permettent donc pas d'estimation a priori de la précision, ni
du calcul du volume, ni du calcul de la teneur.

A) Hypothèses de projection et calcul

Toutes les méthodes traditionnelles de calcul des teneurs dépendent d'une hypothèse
fondamentale: "qu'il est justifié de projeter la zone d'influence à la mi-distance de la maille
d'échantillonnage autour de l'échantillon". Cette hypothèse a été modifiée empiriquement par
l'application des méthodes de pondération de l'influence en fonction de la distance, ou de groupes
d'échantillons.

Les facteurs de correction appliqués sur la distribution pépitique usuelle des


minéralisations d'or amènent des problèmes particuliers. La caractéristique de cette distribution
est qu'un nombre restreint d'échantillons peut représenter une proportion importante du contenu

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 123


Méthode d'évaluation

d'or d'une zone. Les méthodes traditionnelles d'estimation ne peuvent traiter directement ce
problème. L'expérience accumulée en exploitation amène à établir des facteurs de correction,
telle la correction des hautes valeurs qui sont ramenées à une once d'or à la tonne courte, par
exemple.

Les échantillonnages miniers sont souvent utilisés dans les gisements filoniens, lorsque
les minéralisations d'or ou d'autre métaux précieux montrent une dispersion des valeurs telle que
les échantillonnages linéaires paraissent insuffisants pour assurer l'information requise. Dans ce
cas, on complétera la mise en valeur par des travaux et des échantillonnages miniers (section 5.2).
Cette stratégie est également utilisée dans d'autres gisements filoniens, tels ceux de molybdène,
d'étain, etc.

B) Méthode d'estimation

La méthode la plus simple d'estimation consiste à appliquer la moyenne pondérée d'une


intersection de sondage au bloc auquel elle est reliée; la masse et la teneur ainsi obtenues sont
ensuite cumulées et pondérées afin de les appliquer à l'ensemble du gisement. Les sections
précédentes ont mentionné que, pour pallier aux erreurs observées, diverses procédures plus
complexes de pondération et de correction des teneurs des blocs ont été développées. Ces
méthodes palliatives utilisent les échantillons périphériques ou adjacents, mais avec des
pondérations variables et décroissantes. C'est ainsi que l'on a développé la méthode de
pondération à l'inverse de la distance ou d'une puissance (carré ou cube) de la distance.

Dans le cas de gisements filoniens où les sondages ne suffisent pas à la probation,


typiquement, on procède par perçage d'une galerie dans l'axe de la veine, avec des
échantillonnages en rainurages ou en panneaux. Parfois, mais pas toujours, on procède à
l'échantillonnage des roches cassées des volées individuelles et/ou on procède à l'échantillonnage
en usine et au traitement du matériel extrait, pour connaître sa teneur et ses caractéristiques
minéralurgiques. Des monteries entre les galeries sont percées et échantillonnées, habituellement
avec moins de détail, à cause des conditions plus difficiles. Pour le calcul des réserves, la teneur
des échantillons des galeries est alors projetée vers le haut et vers le bas, pour une distance fixée
en pratique d'après l'espacement des galeries et d'après la complexité observée, en intégrant les
informations des forages dans ces évaluations.

7.2.3 APPRÉCIATION / PERSPECTIVES

Les zones d'influence établies par toutes les méthodes traditionnelles de calcul ne
peuvent être évaluées, sauf à posteriori, quant à la véracité de l'hypothèse de projection. Parfois
la teneur calculée pour un bloc n'est établie qu'en référence à un seul échantillon ou qu'à une
seule intersection et ne tient pas compte de l'influence des échantillons adjacents. Parfois, l'esti-

II. 124 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

mation des teneurs se fera à partir de pondérations empiriques, ce qui n'est pas une procédure
optimale pour l'estimation des blocs individuels.

Les échantillonnages miniers ne règlent pas nécessairement les problèmes d'estimation:


c'est le cas s'il y a carence de corrélations physiques et statistiques suffisantes entre les divers
types d'échantillonnages, forages, rainurages, échantillonnages des volées, vrac. Ces carences
influent sur la valeur et la portée des facteurs de corrections qui pourraient être tirés des
échantillonnages, pour application aux estimés des forages sur l'ensemble du gisement.

Les facteurs de correction utilisés sont des facteurs de sécurité fondés sur l'expérience
globale, qui justifient la correction des hautes valeurs pépitiques par le rendement minier (qui
comprend cependant pertes et dilution minières). Ces corrections d'expérience ne sont pas néces-
sairement appropriées aux zones individuelles ou aux gisements différents. Aux stades initiaux
de l'évaluation d'un gisement, ce ne sont que des facteurs approximatifs.

Le dilemme est la représentativité de ces hautes valeurs pépitiques: parfois elles


déforment les estimations si elles ne sont pas atténuées ou corrigées. Parfois cependant, ces
hautes valeurs sont nécessaires pour représenter adéquatement le contenu d'or de l'ensemble du
gisement, ce que les coupures de correction déforment. L'évaluation des blocs individuels est
particulièrement difficile dans ces conditions. Les sections qui suivent montreront que les
méthodes géostatistiques, même si elles sont plus sophistiquées, ne réussissent pas à résoudre
complètement ces problèmes.

Ces problèmes sont plus aigus pour l'or mais ils sont présents pour d'autres métaux.
Le Guide cite, comme exemple de distribution irrégulière d'un métal plus abondant, les veines
secondaires de chalcopyrite, qui, dans les gisements volcanogènes de métaux usuels d'Abitibi, se
situent après remobilisation dans les fractures de tension perpendiculaires à la stratigraphie, mais
parallèles à la course des sondages. Cette distribution des minéralisations amène des problèmes
d'estimation décrits dans Vallée, Belisle, David, (1976).

7.3 L'ESTIMATION GÉOSTATISTIQUE

Cette section présente une revue sommaire des diverses étapes de l'estimation d'un
gisement et des aspects géologiques et géostatistiques de ces inventaires. Les procédures
géologiques décrites ici s'appliquent également dans le cadre des méthodes traditionnelles
d'estimation.

L'application de la géostatistique se fera à partir des étapes suivantes:


- bases de données, analyse statistique, division en zones, limites;
- revue de la densité et de la régularité des échantillons, des types d'échantillons;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 125


Méthode d'évaluation

interprétation et modélisation géologique;


définition des distributions statistiques, de la présence de teneurs-monstres etc;
calcul des variogrammes, choix des échantillons, choix des intervalles, choix des
directions, identification des paramètres;
méthode de krigeage, choix des dimensions des blocs, choix du nombre des
échantillons;
calcul de la marge d'erreur des estimés obtenus;
Tous ces sujets sont couverts en détail dans David, 1988.

7.3.1 CONTEXTE DES ESTIMATIONS

L'estimation d'un gisement est d'abord un inventaire géologique appuyé par les
techniques géostatistiques. Pour les inventaires des ressources minérales délimitées, ou gisements
délimités, l'information demeure essentiellement de nature géologique. L'estimation des réserves
des gisements s'appuiera de plus sur les aspects d'ingénierie et d'économique de l'exploitation
minière.

La pratique des grandes sociétés minières, où des équipes multidisciplinaires de


géologues/ingénieurs géologues, de géostatisticiens, d'ingénieurs des mines s'impliquent dans ce
travail, répond à un besoin réel. Le Guide rappelle cependant qu'il est essentiel que les
spécialistes de la géologie demeurent des intervenants actifs à toutes les étapes de ces travaux.
L'application de la géostatistique au calcul des réserves exige un minimum de formation
spécialisée. Idéalement elle se fera à l'intérieur d'une équipe multidisciplinaire. D'une part, le
géologue / ingénieur géologue qui veut s'y adonner seul devrait avoir suivi plusieurs cours
spécialisés en géostatistique, en plus d'être au courant des applications récentes. D'autre part,
il est aussi nécessaire que le géostatisticien ait une formation géologique et l'expérience de l'inter-
prétation des gisements.

7.3.2 INFORMATISATION

L'informatisation des bases de données des gisements a débuté bien avant la


géostatistique, avec les méthodes traditionnelles d'estimation et la planification informatisée des
exploitations à ciel ouvert, il y une trentaine d'années. On peut appliquer les méthodes géostatis-
tiques à un gisement comportant un nombre modéré d'échantillons avec une calculatrice program-
mable. Cependant, l'application des logiciels pour l'estimation des réserves implique l'informa-
tisation de la base de données.

Le Guide a souligné, à la section 5.4.1, l'importance du choix de logiciels qui offrent


la flexibilité requise pour permettre l'intégration de diverses étapes de collecte des données,
d'estimation, de planification et d'exploitation minière. Par exemple, les logiciels utilisés pour
la collecte des données géologiques devront établir des fichiers compatibles avec les exigences

II. 126 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

des logiciels dont dépendront le calcul des réserves et la planification minière. Un relevé récent
de Champigny et Grimley65 fait le point sur l'application des méthodes informatisées à
l'estimation des réserves de minerai des exploitations minières. Le lecteur intéressé pourra
consulter les comptes-rendus de l'Atelier sur l'utilisation des ordinateurs en exploration et
exploitation minière (CAME, 1990) pour des exemples additionnels.

Étant donné le grand nombre de logiciels géostatistiques disponibles maintenant dans


le commerce, autant pour l'organisation des données que pour le traitement géostatistique, il n'est
pas à propos de faire dans le Guide une revue de leurs caractéristiques. Ceci est une composante
du travail d'évaluation qui doit être fait par tout professionnel géologue ou ingénieur qui envisage
l'acquisition d'un de ces logiciels. Le Guide déplore l'application parfois mécanique et aveugle
de ces logiciels, ce qui est dangereux étant donné la tendance à se fier parfois aveuglément à des
résultats qui ont été obtenus sur ordinateurs.

7.3.3 ANALYSE STATISTIQUE DÉTAILLÉE

On calculera l'histogramme des échantillons recalculés en composites de taille


appropriée et uniforme, par exemple de 1m ou 2m ou 3m, selon la dimension du gisement et le
niveau de sélectivité de l'exploitation minière envisagée. Pour une étude statistique ou
géostatistique, il est primordial que tous les échantillons aient à peu près la même taille. On
recherchera ensuite une limite inférieure pour les basses teneurs, c'est à dire une "teneur de
coupure inférieure". Toujours en regardant l'histogramme, on trouvera souvent un pic de basse
teneur, suivi d'un creux et, enfin, la minéralisation elle-même (Figures 7-1 et 7-2). Il est très
important d'analyser à ce stade le nombre et l'importance des hautes valeurs dans l'histogramme.
Des essais et des simulations simples, tels la normalisation de la "droite" lognormale ou la
méthode de Sichel, montreront l'effet de ces méthodes pour réduire l'influence locale des teneurs
monstres.

7.3.4 INTERPRÉTATION ET MODÉLISATION

La modélisation du gisement comprend plusieurs étapes d'analyse et d'interprétation.


Ce sont l'interprétation des données, l'identification des limites et l'interprétation des limites.

A) Interprétation des données

Cette opération commence par l'interprétation des données géologiques sur sections
verticales et plans, pour expliciter toutes les continuités (et discontinuités) géologiques
minéralogiques et structurales. Les informations géophysiques qui peuvent être utilisées dans un
mode quantitatif, pour l'établissement du cadre géologique du gisement, seront également utilisées
lors de cette étape (voir la section 4.3.4, qui traite de la cartographie géophysique).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 127


FREQUENCE
RELATIVE,
(%)
27 -

24 -
MINE DOYON
Zone 1
21

18

15 -

12

0.1 n n
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

TENEUR Au (g/t)

Fig. 7 . 1

HISTOGRAMME DES ÉCHANTILLONS DE


GUIDE D' ÉVALUATION FORAGE AU DIAMANT (1,5m) ZONE IJ
FREQUENCE
RELATIVE
(%) .
27 -

24

MINE DOYON
21 - Zone 2

18

15

12 -

6 -

3 -

0.1
3 4 5 6 7 8 9 10

TENEUR Au (g/t)

Fig.7 2

HISTOGRAMME DES ÉCHANTILLONS DE


GUIDE D . ÉVALUATION FORAGE AU DIAMANT(I,5m) ZONE 2 J
Méthode d'évaluation

Quand on entreprend l'étude d'un gisement, il faut s'assurer d'abord de considérer des
zones homogènes. Si l'on a des indications de la présence de plusieurs h& ologies, de zones
d'altérations ou de plusieurs patrons de minéralisation, on commence par les séparer, quitte à
les regrouper ensuite s'il appert que les différences statistiques sont négligeables. Il faudra
prévoir cependant autant les variations minéralurgiques (sect. 9.5) que les variations des teneurs.

L' interprétation de ces diverses informations doit être poursuivie de façon systématique,
comme le décrit la section 4.5. Ce systématisme doit d'abord s'exercer sur chacune des sections
(ou plans) et ensuite dans l'établissement des continuités géologiques géométriques d'une section
à l'autre. Un deuxième palier d'établissement des continuités et des éléments de cohérence
consiste dans l'interprétation de la géologie et de la minéralisation sur des plans (ou sections) dans
la troisième dimension du gisement.

B) Identification des limites

Après avoir identifié les phénomènes géologiques et structuraux qui contrôlent la


distribution des minéralisations d'or, il est plus facile d'expliciter les limites de la minéralisation.
Ces limites peuvent être les limites franches établies par la lithologie, la stratification, les
phénomènes structuraux ou par des gradations de teneurs très brusques, qui pourraient être
qualifiées de primaires. Les limites floues (assay walls) où la teneur disparaît dans les murs
pourraient être qualifiées de secondaires; dans ce cas il faudra recourir aux techniques
géostatistiques décrites dans les sections qui suivent. Lors de la planification minière, les limites
seront souvent arbitraires et établies à partir de paramètres miniers: largeur minimum de
chantiers, contours optimisés, etc.

Les gisements de caractère disséminé se situent en général dans ce type secondaire. Les
gisements de type veine qui sont constitués d'unités individuelles de faible dimension et/ou de
disposition irrégulière peuvent également être de ce type. La détermination des limites pratiques
de ces gisements sera particulièrement laborieuse et ceux-ci exigeront la plupart du temps des
méthodes d'exploitation sélective (chapitre 8).

C) Établissement des limites

A partir du modèle géologique établi et en s'appuyant sur les teneurs de coupure


choisies, on définira un contour sur chaque section: ce contour sera établi en excluant les
intersections riches mais isolées, qui ne semblent pas avoir de continuité géologique. Les blocs
minéralisés engendrés par ces intersections isolées seront considérés comme irrécupérables car,
en général, ils disparaîtront au krigeage. Cependant, on aura à en tenir compte plus tard en
établissant la teneur de la dilution minière de type mécanique. Comme exemple d'intersections
de ce type, on comparera dans les figures 7-3 et 7-4, les intersections obtenues sur une section
de Mount Isa estimée par pondération de la distance et par krigeage.

II. 130 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Selon que les basses teneurs se retrouvent à l'intérieur des zones en auréoles autour des
coeurs minéralisés, ou parsemées à l'intérieur des zones minéralisées, on devra avoir recours, ou
non, à un krigeage d'indicateur(19 aux étapes ultérieures.

Les interprétations sur les sections sont ensuite digitalisées et un modèle de blocs
approprié au volume du gisement est créé pour travailler en 3D, ou un modèle de surfaces sur
section longitudinales pour travailler en 2D. On regardera l'histogramme des échantillons de
taille compatible avec la taille des blocs estimés. Ces échantillons seront dégroupés pour ne pas
biaiser les statistiques, en général du côté trop riche. (Figure 7-5)

L'irrégularité des limites des gisements peut être exprimée au moyen de diverses
fonctions géostatistiques. On peut ainsi faire le variogramme des épaisseurs. Ces mesures
auraient plus de valeur diagnostique pour les gisements minces que pour les amas.

7.3.5 LE CHOIX DES ÉCHANTILLONS

Avec la tendance moderne à l'informatisation de la banque de données, il faut faire


attention à ne pas tout utiliser sans discernement. Il faut donc prêter attention aux facteurs divers
que sont la densité de la maille, les teneurs monstres, les types des échantillons, les longueurs.
Il faut également prêter attention au type d'information disponible. On travaillera d'abord à
l'intérieur des limites établies selon la procédure décrite à la section 7.3.4 et que l'on aura ensuite
digitalisées.

A) Calcul des composites

On recalculera les teneurs des composites en intervalles égaux, disons 1.5m dans les
gisements filoniens au Québec, 5m dans les gisements en amas de forte taille, ou on choisira une
autre dimension appropriée. Les teneurs de coupure seront appliquées à ces composites.

B) Maille irrégulière

Les données seront souvent plus abondantes dans une zone riche que dans la zone plus
pauvre qui l'entoure. Il faut s'assurer, pour calculer les statistiques, que les données soient à peu
près régulièrement distribuées. La maille de la distribution des sondages à Mine Doyon, à la
figure 7-6 est acceptable, tandis que celle de la figure 7-3 ne l'est pas.

19
En résumé, la méthode de l'indicateur consiste pour le géologue faisant l'estimation
géostatistique à attribuer à l'échantillon une valeur de 1 ou 0, selon que la teneur est
au dessus ou non de la teneur de coupure de la minéralisation.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 131


Mount I sa
Interprétation par pondération
sur section verticale

fL~ Limite

Sondage

Socle Stérile Section

Fig.7.3

PONDÉRATION DE LA
GUIDE DEVALUATION DISTANCE : MOUNT ISA
Mount I sa
Interprétation par krigeage
sur section verticale

Limite du minerai

Sondage
Stérile Socle Section

Fig.74

KRIGEAGE
GUIDE D EVALUATION MOUNT ISA ~
MINE DOYON

k•
totessiareho
m hs
odibliestoirtositex.
m
Irevvresseew s,
ikrasteatini
4414111111117
+

DISTRIBUTION TYPE DES FO RAGES SUR PLAN


MONTRANT LES GRAPPES AUTOUR DES SECTEURS PLUS RICHES.

Fig. 7. 5

DISTRIBUTION TYPE
GUIDE DEVALUATION DES FORAGES
MINE DOYON
Zones t et 2

3400 350 0 3600 3 70 0


6800 68 00

f
f ZONE 2

t
4 +
+
t t
f +
+ +
+ + +
4
+
t
6700- t 4.
+ - 6700
+

t
4 + 1- +
f + t ~ t
i t
t

1+ t ' ~
+
t I
+ ++ t
+ t
t
t +
+ +
+
+ 4

+
-1-

660 0 66 00
3400 3500 3600 3700

SECTION LONGITUDINALE MONTRANT LA DISTRIBUTION DES FORAGES

20.0 0 20.0 40.0m

Fig.7.6

DISTRIBUTION TYPE
GUIDE DEVALUATION DES FORAGES
Méthode d'évaluation

Par un programme de dégroupage ou dégrappage (declustering), on enlèvera les données


redondantes par rapport à une maille "moyenne". Il va sans dire qu'on reprendra ces données
pour le krigeage. De tels programmes font partie de tous les ensembles de programmes
géostatistiques. Un exemple est fourni par l'étude de Boyer et ai, 1989.

C) Teneurs monstres

Le traitement des teneurs monstres est complexe. D'une part, une estimation globale
du gisement est recherchée; d'autre part, les résultats des estimations seront des teneurs moyennes
applicables aux blocs d'estimation du gisement qui devront être réalisables en exploitation. Les
teneurs monstres doivent être atténuées dans ces calculs. Différentes procédures sont disponibles
pour ce faire. Par exemple, on appliquera à ces teneurs monstres une teneur de coupure haute
qui servira pour le krigeage. Une autre solution élégante est le krigeage d'indicateurs qui "dilue"
l'influence des teneurs monstres sur tout le gisement et non seulement sur les blocs proches de
ces teneurs très hautes (Fytas, 198967. Le choix de la méthode de coupure appropriée est
l'objet de beaucoup de discussions. Les questions fondamentales suivantes demeureront
présentes: "Quelle portion du contenu métal du gisement est de fait représentée par les
teneurs monstres rencontrées? Est-ce que la méthode utilisée pour l'estimation des bloc
respecte l'estimation de l'ensemble?"

D) Types d'échantillons

Les différents types d'échantillons, linéaires (rainurages, forages de divers types), de


surface, de roche cassée et les échantillons de volume des volées auront probablement des
variances différentes. On les traitera donc séparément, dans le but de comparer leurs variogram-
mes, leurs moyennes, leurs variances.

7.3.6 LE CALCUL DU VARIOGRAMME

A) Les anisotropies

On a en général une idée des directions principales d'un gisement. On calculera d'abord
le variogramme dans trois axes principaux afin d'établir les anisotropies. Si la distribution des
teneurs est proche d'une lognormale, on calculera le variogramme logarithmique que l'on
convertit par la suite en variogramme relatif pour le krigeage.

Pour calculer le variogramme, on choisira un intervalle entre les paires qui soit égal
à la distance moyenne entre les trous ou les composites le long des trous. On ne calculera pas,
en général, de variogramme pour une distance dépassant 8 à 10 intervalles. L'angle de
régularisation sera de 22.5° s'il y a assez d'échantillons (100). Un angle de 180° est utile pour
une meilleure définition de l'effet de pépite qui est le paramètre le plus important mais aussi le

II. 136 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

plus difficile à établir. La détermination de l'importance de l'effet de pépite est directement reliée
au choix des méthodes d'échantillonnages. Un effet de pépite important et une distribution quasi
aléatoire des valeurs font partie des justifications des échantillonnages miniers en vrac.

Le Guide rappelle que plusieurs autres types de variogrammes peuvent être utilisés si
ceux qui sont cités ici ne répondent pas aux besoins particuliers: élimination des teneurs monstres
extrêmes, indicatrice, rang. On peut également calculer des covariances et/ou des cor-
rélogrammes.

B) Paramètres et modélisation

La définition des paramètres peut se faire graphiquement mais c'est beaucoup plus facile
de façon interactive. On se souviendra que tous les variogrammes ajustés dans différentes
directions font partie du même modèle, ils doivent avoir le même effet de pépite. On utilisera
aussi le même palier quitte à remplacer une anisotropie zonale par une deuxième composante
sphérique avec une portée extrêmement longue qui donnera le même effet.

C) Base d'information et résultats

Souvent, dans un gisement tabulaire ou un amas foré par des sondages perpendiculaires
aux grands axes, la seule dimension dans laquelle des informations concrètes détaillées sont
disponibles pour établir un variogramme détaillé des minéralisations est l'axe des sondages qui,
en général, recoupent les structures. Les informations dérivées dans la deuxième et la troisième
dimension du gisement, dans l'axe et dans la plongée des structures, n'ont pas la même valeur
factuelle puisqu'elles s'appuient sur la maille plus large des sondages. Il faut donc, dans les
étapes ultérieures de développement, garder à l'esprit la nécessité de compléter la base de données
par des échantillonnages dans ces axes.

7.3.7 LE KRIGEAGE

Il est recommandé de faire le krigeage avec un variogramme relatif dérivé du


variogramme logarithmique. Le krigeage lognormal sera utilisé avec circonspection car il y a
danger de surévaluation. Cette tendance est minimisée par l'utilisation du variogramme relatif.

On choisira d'abord, et de préférence, une taille de bloc avec une anisotropie


comparable à celle du gisement, probablement des blocs cubiques pour un amas, des blocs de
15m x 10m x 5m pour un gisement d'allure stratiforme litée. Par exemple, pour la partie centrale
de la zone 2 de Doyon (ciel ouvert), l'on utilise des bancs de 10m et des portées de 22m, 9m et
6m.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 137


Méthode d'évaluation

On évitera de kriger des blocs trop petits. Ces blocs seraient alors trop nombreux, ce
qui complique l'estimation, mais surtout, ils s'éloignent trop de la maille d'échantillonnage. Les
marges d'erreur ainsi calculées sont trop grandes, puisqu'elles augmentent quand la taille des
blocs diminue. Enfin, le fait de calculer des blocs plus petits qu'il n'est justifié par
l'échantillonnage peut donner une fausse impression de sécurité, particulièrement au personnel
minier, surtout si on ne tient pas compte de la marge d'erreur de ces blocs (section 7.4).

Le nombre d'échantillons habituellement nécessaires sera d'environ 20 à 25 par bloc.


On aura pris soin d'utiliser la banque de données complète, teneurs monstres comprises en
général. En cas de teneurs monstres extrêmes, on envisagera le krigeage d'indicateur dont des
exemples sont présentés dans Kwa et Mousset-Jones, 1986 et dans Fytas et al, 1989. On utili-
sera cette méthode aussi quand la minéralisation est très lenticulaire et mêlée à des parties stériles
de faible longueur mais séparables au moment du minage.

Le Guide rappelle de nouveau qu'aucune technique de krigeage n'élimine l'influence des


teneurs monstres (discuté en 7.3.6 A). Ces teneurs existent et dans nombres de cas sont essen-
tielles à la détermination du contenu d'or d'un gisement. Il faut établir leurs caractéristiques,
reconnaître (s'il y a lieu) l'influence de pratiques d'échantillonnage déficientes et utiliser les
méthodes appropriés en s'appuyant sur une bonne dose de bon sens et sur l'expérience pour
l'estimation de la teneur du gisement ou de gisements similaires.

7.3.8 COMPILATION DES INVENTAIRES

Une fois que l'on a exécuté les travaux décrits ci-haut, la compilation des inventaires
des gisements délimités et/ou des réserves de minerai devient un travail relativement simple. Il
s'agira de compiler les masses des blocs (volumes par poids spécifique) et leurs teneurs et marges
d'erreur en tenant compte des limites géologiques préétablies. L'estimation des réserves a débuté
à partir d'une enveloppe définie d'après des considérations géologiques. En l'absence de limite
géologique, le choix de la limite du gisement ou du chantier ne doit pas être abandonné à
l'ordinateur. Les responsables devront revoir en détail les blocs périphériques, pour établir cette
limite dans une perspective d'établir des continuités plausibles, surtout lorsque des intersections
très riches et isolées sont rencontrées. Avec les techniques géostatistiques actuellement utilisées,
l'incertitude sur l'enveloppe, donc sur le tonnage, se verra par les marges d'erreur plus fortes des
blocs périphériques.

D'ordinaire, cette incertitude n'est pas chiffrée directement. Le Guide rappelle que,
dans le contexte minier, la détermination de l'incertitude de l'enveloppe est, au delà de la
géostatistique, directement reliée aux problèmes de sélection minière et de contrôle de la qualité
qui seront rencontrés à l'extraction minière (chap. 9). L'étape finale de la compilation des
inventaires est la vérification des résultats. Ce sujet est traité en section 7.7.

II. 138 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

7.4 MAILLES, MARGES D'ERREUR, BLOCS D'ESTIMATION

L'efficacité dans les inventaires demande de clarifier les relations entre la maille
d'information, les blocs d'estimation et les marges d'erreur. Ces éléments sont directement reliés
aux critères de classification des ressources et des réserves établis dans le chapitre 3 du Tome III.
Il va sans dire que tous les stades d'évaluation des gisements, particulièrement l'établissement des
réserves et tous les critères ad hoc, s'orientent vers l'exploitation éventuelle.

7.4.1 LA MAILLE D'INFORMATION

Le gisement type est connu par des forages et autres échantillonnages systématiques,
placés sur une maille en principe régulière. Dans le cas des gisements d'or, l'évaluation des
réserves s'appuiera souvent sur les échantillonnages miniers, à cause des difficultés causées par
la distribution pépitique de l'or. La dimension de la maille est un élément essentiel de
l'évaluation de l'information disponible sur un gisement.

A) Évolution de la maille

La maille large des premiers sondages de confirmation au stade 4 est réduite par étapes,
lors des stades qui suivent, pour améliorer la probation géologique. La première maille de
sondages est en général choisie en fonction de la dimension estimée de la zone cible. Comme
règle empirique, on cherchera en général à recouper une zone cible par environ 4 à 5 sondages
sur sa longueur. Le choix des mailles offre peu de flexibilité puisqu'on procède en général, pour
passer au stade suivant de valorisation géologique, en réduisant l'intervalle de moitié (20. Les
considérations d'ingénierie minière et minéralurgique et les exigences de l'exploitation
contribueront également à justifier des mailles de plus en plus serrées.

B) Mailles types

Des mailles de gisements de dimensions variées, qui sont exploités à des rythmes variant
de 700 à 3,000 tonnes par jour, sont présentées dans le tableau 7-1. Des mailles types
successives seront, par exemple, de 60m, 30m, 15m, 7.5m (200, 100, 50, 25pi), ou plus
rarement de 80m, 40m, 20m, 10m, 5m.

On voit que, dans ces exemples, la maille de probation varie de 15 à 7.5m, en fonction
de la dimension des gisements. Lors de la mise en valeur et au début de l'exploitation c'est
l'expérience empirique accumulée dans des gisements similaires qui permettra ce type de
jugement. Dans chaque cas, la dernière maille est la maille acceptée pour classifier le matériel

20
Il serait possible de réduire la dimension de maille au tiers, mais cela est très
rarement fait.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 139


Méthode d'évaluation

comme "Prouvé Classe II" ou "Prouvé par forages". La catégorie "Prouvé Classe I" ou "Prouvé
développé" est atteinte après les développements miniers: coupes horizontales, monteries et
échantillonnages. Trop peu d'entreprises minières explicitent ainsi les paramètres concrets et le
niveau de certitude sur lesquels elles s'appuient pour la classification des réserves.

Au stade de la faisabilité, la maille utilisée pour la classe "Prouvé" correspond à ce que


le géologue/ingénieur géologue croit nécessaire pour définir le minerai avec suffisamment d'assu-
rance quant à la teneur et quant aux limites pour la planification minière détaillée, la planification
des chantiers. Cette dimension à ce stade est reliée à l'échelle du gisement, à la distribution des
particules minéralisées, à la forme et à la distribution plus ou moins irrégulières des zones
minéralisées. Pour un gisement d'or, une telle maille de forages doit souvent être complétée par
des échantillonnages en vrac et/ou par l'expérience minière.

TABLEAU 7-1
MAILLES TYPES

Mine Élément Type de gisement Mailles (m) Certitude

Mine Chimo Or Stratiforme 30, 15, 7.5 (Pb2,Pb1,Pv2)


Zone 5 Travaux miniers (Pv1)

Mine Doyon Or Stratiforme 60, 30, 15, (Pb2,Pb1,Pv2)


Zones 1 & 2 Disséminé/veines`2i Sondages (Pv2)

Mine Doyon Or Veines 30, 15, 7.5, (Pb2,Pb1,Pv2)


Zone Nord Or Pyrite, Or Travaux miniers (Pv1)

Louvem Cu,Zn Stratiforme 30, 15, 7.5 (Pb2,Pb1,Pv2)


Zones 1 à 4 Sulfures massifs Travaux miniers (Pv1)

Niobec Nb20, Amas lenticulaires 60, 30, 15, (Pb2,Pb1,Pv2)


Disséminé Travaux miniers (Pv1)

Pb1= Probable Classe 1 Pb2= Probable Classe 2.


Pv1= Prouvé Classe 1 Pv2= Prouvé Classe 2.

Le géologue/ingénieur géologue utilisera en général une maille plus étroite pour la


probation d'un gisement plus petit, selon l'exemple type suivant. La Division Opémiska de
Minnova inc. exploite à Chapais, Qué. des zones tabulaires et des lentilles minéralisées avec
chalcopyrite et or, minces et de dimensions variables. Dans les zones types d'environ 35-45
mètres de longueur horizontale, la maille de forage la plus serrée utilisée est normalement de
15 m. A l'occasion, on rencontre des zones lenticulaires de petites dimensions, de l'ordre de

21
(1) Décision d'exploitation à partir de cette maille, avec information plus détaillée
et contrôle additionnel en fosse.

II. 140 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

15 à 30 m., qui sont facilement accessibles et dont les teneurs justifieraient l'exploitation. La
maille standard de forage de 15 m ne donne tout simplement pas un nombre suffisant d'inter-
sections (minimum de 3 dans l'horizontale) pour l'évaluation de ces zones en cheminées. On
resserrera alors la maille d'évaluation des sondages à 7.5 mètres pour de telles zones, avant
d'entreprendre des travaux de mise en valeur par galeries, avec échantillonnages et cartographie
détaillée.

7.4.2 MARGES D'ERREUR

La précision est une notion commune, non un concept statistique. Le chapitre 6 du


Guide présente les définitions acceptées par l'ASTM aux termes précision et exactitude. Dans
le contexte de l'estimation des gisements, si on veut se rattacher à la statistique, on partira du
fait qu'une teneur mesurée ou estimée est connue avec une marge d'erreur qui définit la qualité
de la mesure ou de l'estimation. La marge d'erreur est cependant fonction du niveau de
confiance requis. Dans le contexte d'un modèle simple pour la distribution des erreurs, le
modèle normal, une marge d'erreur équivalente à l'écart-type de cette distribution est associée
à un niveau de confiance de 68%. Pour cette même distribution, si on demande un niveau de
confiance de 95%, la marge d'erreur est doublée à deux écarts types. Par contre, si on réduit
le niveau de confiance à 50%, ce qui implique un probabilité de 50% d'être dans l'erreur, la
teneur minimum assurée est la teneur calculée.

Le Guide recommande d'utiliser le niveau de confiance de 90% pour estimer la marge


d'erreur des estimés obtenus. Utiliser ce chiffre de 90% mène des paramètres réalistes, qui
se rapprochent de l'expérience minière pour la marge d'erreur et pour la teneur minimum
assurée. La marge d'erreur d'une estimation sera exprimée par le biais de la différence relative
entre l'estimé et sa limite inférieure au niveau de confiance de 90%. Pour l'écart type
logarithmique QL, la teneur minimum assurée sera alors à 90% de certitude égale à T-1.28 vL
(ou t est la teneur calculée et tot à une certitude de 94%) et ce, pour chaque bloc calculé. A
noter ici qu'on ne peut faire directement les moyennes de ces marges d'erreur (22.

Le Guide souligne qu'il est nécessaire d'uniformiser le chiffre du niveau de confiance


(à 90%), pour assurer que les marges d'erreur soient comparables. Il est alors entendu que tout
le risque est à gauche, puisque personne ne considérera que la possibilité d'avoir une teneur
plus élevée soit un risque. Des marges d'erreur cibles ont été proposées par quelques auteurs,
à partir de mailles de probation et des résultats d'exploitation, mais aucune ne s'appuyait sur
la statistique sauf le schéma proposé par Harrisson de Exxon et un schéma développé à
l'intérieur du groupe Métallgesellschaft et proposé par Wellmer, 198369. Ce dernier schéma
ne propose que les marges d'erreur des réserves globales, et varie les niveaux de confiance.

22
La moyenne des écarts types est la racine carrée des carrés des écarts types (ou la
racine carrée de la somme des variances) .

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 141


Méthode d'évaluation

7.4.3 BLOCS D'ESTIMATION

La dimension des blocs d'estimation est beaucoup plus variable depuis le


développement de méthodes de calcul informatisées et surtout depuis le développement de la
géostatistique. Antérieurement, le volume d'estimation était presque toujours directement relié
à la maille d'échantillonnage.

Dans son travail d'évaluation des gisements, le géologue/ingénieur géologue resserre


la maille d'estimation à mesure que la progression des stades demande des informations plus
détaillées dans l'axe géologique, pour rencontrer les besoins des axes de l'ingénierie et de l'éco-
nomique. Jusqu'au développement de la géostatistique, la maille d'information a été le cadre
et la principale mesure des estimations et, même à l'âge de la géostatistique. les forages se font
encore sur des mailles. Un échantillonnage stratifié est la plupart du temps l'approche la plus
efficace dans le milieu géologique.

A) Estimation globale

Au début de la mise en valeur d'un gisement, la maille d'information est large et


l'information peu détaillée par rapport aux limites et aux teneurs, ce qui ne permet que de
calculer la marge d'erreur globale. Cette mesure de la précision d'une estimation s'appliquant
à l'ensemble d'un gisement (ou d'une lentille), considéré comme un seul bloc d'estimation, est
appropriée aux stades 4 et 5. La marge d'erreur globale n'exprime qu'une connaissance
d'ensemble d'une masse minéralisée, elle n'implique pas la connaissance détaillée du gisement,
la distribution interne des valeurs et la connaissance des limites, qui sont essentielles à la
faisabilité et à l'exploitation. La marge d'erreur globale correspond aux criteres distinctifs des
Gisements Indiqués et, dans le contexte minier, des Réserves Probables.

B) Estimation par blocs

A partir de la fin du stade 5, définition du gisement, la maille d'information sera


suffisamment resserrée pour permettre d'estimer la teneur et la marge d'erreur de blocs
d'estimation qui subdivisent le gisement. On notera que la marge d'erreur globale n'est pas
fonction de la taille des blocs d'estimation et en demeure indépendante (David, 1982, p 194 et
195).

Selon les définitions proposées au chapitre 3 du Tome III du Guide, l'établissement


des marges d'erreur des blocs d'estimation est nécessaire à la détermination des Réserves
Prouvées et à la détermination des Gisements délimités Mesurés, ces classes ne pouvant se
satisfaire d'une maille d'information qui ne permet d'estimer que la précision globale.

II. 142 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

La figure 7-6A présente, de facon conceptuelle et généralisée, les relations entre la


marge d'erreur globale et la marge d'erreur de l'estimation des blocs aux divers stades de la
mise en valeur d'un gisement.

C) Dimensions des blocs / Marges d'erreur

La dimension des blocs d'estimation subdivisant un gisement pourra d'abord s'établir


en s'inspirant de la dimension de la maille ou des dimensions de l'ellipsoïde d'influence établies
à partir des variogrammes. Au stade de la faisabilité, le bloc d'estimation idéal devrait être
relié au bloc de planification minière dans l'exploitation envisagée, selon le niveau d'infor-
mation requis pour cette étude. Lors de l'exploitation, la planification détaillée et le contrôle
minier requièrent, en général, des informations additionnelles à celles requises à la faisabilité.
A ce stade, le bloc d'évaluation idéal serait celui dont le volume peut être l'objet de sélection
dans l'application de la méthode d'extraction choisie (David, 1988).

Les travaux subséquents amèneront, en corollaire avec la dimension plus restreinte


de la maille, à utiliser des blocs d'estimation plus petits, en relation avec les objectifs des stades
plus avancés de la faisabilité et ensuite face aux exigences accrues de la réalisation minière.
On se rendra compte, lors de l'estimation, avec les mêmes échantillons, des teneurs et marges
d'erreurs de blocs plus petits, qu'on obtient des incertitudes plus grandes. En effet, la marge
d'erreur sur l'estimé de teneur d'un bloc est fonction inverse du volume de ce bloc.

Par exemple, selon les techniques des analyses de sensibilité, les marges d'erreur
obtenues par des calculs de précision sur des blocs de dimensions décroissantes serviront à
trouver la dimension de bloc à partir de laquelle la marge d'erreur devient excessive. De
même, les chiffres des marges d'erreur indiqueront si les blocs choisis pour les simulations
minières sont d'une dimension appropriée.

La classification des "Réserves prouvées" et des "Gisements Mesurés" à partir de la


marge d'erreur serait difficilement réalisable dans la pratique si chacun était laissé libre de
choisir la dimension de bloc d'estimation qui le situerait, plus ou moins artificiellement, dans
le domaine de marge d'erreur recherchée.

D) Volumes repères

L'estimation des réserves doit se faire, par définition, en vue de l'exploitation minière,
dans une perspective plus large que celle de la mise en valeur. Beaucoup de confusion vient
du fait que la planification et l'exploitation minières s'appuient sur divers volumes repères qui
ne sont pas toujours des blocs d'estimation. Il serait utile d'énumérer tous les volumes repères
reliés aux besoins d'estimation et de planification d'une exploitation minière.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 143


MARGE D ERREUR
..0•01.010 •
~ ~
.•
• .• .
GLOBALE ••
••
/ ~•' i

~ /•••/
/ .~~..•'/

/ PRÉCISION / '••••

•.•'•• DES BLOCS


EXPLO I TA TION
AMÉ NAG EMENT
• i

•:• MISE EN VALEUR

-+ / GISEMENT .•' DÉLIMITÉ


4
RÉ SERVE
5 6 7 ~ 8 9 10

STADE DU DÉVELOPPEMENT

Fig.7. 6A

DIAGRAMME, GÉNÉRALISÉ:MARGES
k GUInF n'FVA! f1Q7inN n FRRFIIR n FSTIMeTI(1N
Méthode d'évaluation

Ces volumes repères se regroupent dans les types suivants: blocs d'estimation (BE),
blocs de cédules et budgets (CB) et blocs de planfication et contrôle minier (CM). Voici
comment ces blocs se distinguent:
1) la réserve globale du projet (BE, CB),
2) les gisements / lentilles individuels (BE);
3) la réserve requise pour assurer la période de remboursement bancaire (pay-back)
dans le cas de mise en production ou d'expansion majeure (CB);
4) la réserve requise pendant le cycle de développement de la mine (pour le temps
de développer de nouvelles zones, de développer les chantiers, etc.) (CB);
5) la réserve qui sera exploitée l'année prochaine, le plan et le budget qui en
découlent (CB);
6) le bloc minimum de planification minière lors de l'étude de faisabilité du stade
8 (BE) (CM);
7) le volume minimum qui peut faire l'objet de sélection par l'opérateur dans la
méthode utilisée pour un chantier donné (BE, CM));
8) le minerai planifié pour exploitation le mois prochain (CB, BE);
9) le minerai exploité dans les prochains jours (CM).

L'item 3) est associé à la quantité de minerai qui devrait être de calibre "Prouvé
Classe I et II" et "Probable Classe I" au moment de la mise en production. Les item 6 et 7 sont
reliés: ces dimensions varieront selon les méthodes minières, selon les caractéristiques du
gisement et selon la maille d'information disponible. Le Guide suggère de s'orienter sur la
masse correspondant d une durée de un d trois mois de production (item 8) et sur le bloc de
planification minière (item 7) pour établir la dimension du bloc d'estimation des réserves
Prouvées au niveau de l'étude de faisabilité. Si par exemple le bloc de planification minière
utilisé était trop gros, les données minières et par conséquent l'étude de faisabilité pourraient
être peu réalistes quant aux marges d'erreur des teneurs lors de l'exploitation. Le prochain
chapitre, "Aspects miniers", élaborera sur les interrelations entre les méthodes d'exploitation
et les gisements et sur les aspects d'efficacité et de contrôle minier.

7.4.4 LES NORMES DE CLASSIFICATION

Le tableau 7-2 qui suit présente les définitions de catégories et de classes pour la
classification des réserves. Les critères sont formulés de façon objective en relation avec les
besoins de développement et de contrôle minier. Des marges d'erreur appuyées sur
l'expérience minière sont proposées au tableau 7-3. Cette classification peut donc être utilisée
même sans les marges d'erreurs et les limites de confiance obtenues par la géostatistique (voir
chapitre 3, Tome III u Guide).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 145


Méthode d'évaluation

Tableau 7-2

NORMES DE CLASSIFICATION

Prouvé Classe I la connaissance du minerai est à un niveau suffisant pour permettre la


planification minière détaillée des chantiers mais pas nécessairement
tout le contrôle géologique et minier de l'exploitation"

Classe II la connaissance des minéralisations est à un niveau de précision


suffisant pour la planification minière d'ensemble des chantiers mais
pas la planification minière détaillée des chantiers, ni le contrôle de
l'exploitation.

Probable Classe I La connaissance des minéralisations est suffisante pour établir la


dimension, les limites et les teneurs de façon appropriée à une
planification minière de type préliminaire"

Classe II la connaissance des minéralisations est suffisante pour établir la


dimension, les limites et les teneurs de façon appropriée à une
planification minière de type conceptuel"

Les marges d'erreurs proposées au Tableau 7-3 se situent au niveau de confiance de


90%. Pour les Réserves prouvées et pour les Gisements mesurés, les marges d'erreur devront
être rencontrées à la fois sur les marges d'erreur globales et sur les marges d'erreur des blocs
d'estimation.

II. 146 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

TABLEAU 7-3
MARGES D'ERREUR DES CLASSES DES RÉSERVES

CATÉGORIE MARGE D'ERREUR


Globale Blocs
Prouvé { Classe I < 10% < 25%
{ Classe II < 20% < 50%

Probable { Classe I < 30% > 50%


{ Classe II < 40% Extrême

Le Guide souligne en passant que, dans une mine polymétallique, les métaux usuels
peuvent être connus sur une maille d'information donnée à faible marge d'erreur, disons de +1-
10%, tandis que l'or pourrait n'être connu qu'à une marge d'erreur de disons 20%, à partir de
la même maille d'information et des mêmes échantillonnages. Il faudra donc présenter la marge
d'erreur pour chaque métal contenu. Pour simplifier la présentation de la précision de
l'ensemble du contenu métal, on utilisera une valeur composite, exprimée en dollars ou en
teneur équivalente d'un des métaux contenus.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 147


Méthode d'évaluation

7.5 LE CALCUL DES MARGES D'ERREUR

7.5.1 LE CHOIX DU MODÈE

Pour le calcul de la marge d'erreur, le Guide propose de déterminer la variance de


l'erreur pour les estimés résultant de chaque étape d'estimation et de convertir cette variance
en marge d'erreur relative, en supposant un modèle simple, normal ou lognormal, pour la
distribution de l'erreur. Si on opte pour un modèle normal, la marge d'erreur relative est (en
pourcentage): 100x1.25xS/T, ou S2 est la variance d'estimation et T l'estimé de la teneur
moyenne de la zone minéralisée ou du bloc d'estimation. Dans le cas d'un modèle lognormal,
la marge d'erreur relative est (toujours en pourcentage): 100x T-1.28' (V: variance d'estimation
dans le modèle lognormal).

Les deux formules sont équivalentes quand la variance d'estimation (ou sa racine
carrée, l'écart-type) est petite, puisque dans ce cas V est approximativement égal à S/T. Dans
le cas ou la variance ou l'écart type d'estimation est plus élevé, (SIT > 0.3), la première
approche tend à fournir des marges d'erreur relative un peu trop élevées. Si le modèle de
distribution des teneurs n'est pas lognormal, on devra peut-ètre déterminer la marge d'erreur
par des méthodes non-paramétriques, sans passer par un calcul de variance d'estimation.

7.5.2 MARGE D'ERREUR GLOBALE

A) Pour un amas

Dans le cas où la maille est relativement constante, le Guide propose la méthode


suivante, approximative mais simple. En voici les étapes:

1- établir le nombre de forages: par exemple 112:


2- établir la surface (volume) du gisement, par exemple 50000m2;
3- diviser la surface par le nombre de trous, pour trouver la surface de l'unité moyenne
de maille: ceci donne 446m2, soit 21x2 1m;
4- établir le modèle de variogramme des teneurs (logarithmique ou relatif);
5- chercher, à l'aide d'un abaque (par exemple, dans David (1977, (18, p. 203) ou d'un
programme ad hoc, la variance d'extension d'un sondage de l'épaisseur du gisement,
par exemple 150m, dans un bloc de 21m x 21m x 150m;
6- diviser cette variance par le nombre de trous.

C'est la variance d'estimation de la moyenne qui peut être convertie en marge d'erreur
relative selon la méthode décrite plus haut.

II. 148 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

B) Pour une veine en 3D

La méthode suivante est proposée pour établir la précision de l'estimation de la teneur


et du tonnage d'une veine en 3 dimensions. Il s'agit de se reporter sur deux dimensions, en
traitant la veine épaisse comme une veine mince, à condition d'estimer la variabilité de
l'estimation du volume selon les étapes suivantes:

1- établir le nombre de forages;


2- établir la surface de la veine sur la projection longitudinale;
3- diviser la surface de la projection longitudinale par le nombre de trous pour trouver
la surface de l'unité moyenne de maille;
4- établir les modèles (2D) des variogrammes des épaisseurs et des accumulations;
5- chercher, à l'aide d'un abaque (par exemple dans David ( 1977, p. 207) ou d'un
programme ad hoc, la variance d'estimation d'un sondage dans la maille moyenne,
pour l'épaisseur du gisement ale et pour l'accumulation aga;
6- considérer que l'écart type relatif d'estimation sera celui de l'épaisseur:
at = ✓(( 1/n)xae2)
7- obtenir l'écart type d'estimation de la teneur par une formule plus élaborée car la
teneur est le quotient de l'accumulation par l'épaisseur. Il faut tenir compte de la
corrélation entre l'épaisseur et l'accumulation "r":
at = ✓((aa2+ae2+2raaae)/n).

C) Pour une veine mince (2D)

Une veine dont les limites sont franches peut être estimée sur section longitudinale en
2 dimensions. Après avoir choisi une teneur de coupure pour les échantillons individuels, on
définira une épaisseur minéralisée et une teneur pour chaque forage. On prendra soin d'obtenir
une épaisseur horizontale et la teneur est celle de l'intersection. On aura alors un plan
longitudinal des points centres de chaque intersection. Avant de calculer les statistiques, on
prendra soin de vérifier la présence de hautes teneurs et, si présentes, d'appliquer une coupure
appropriéeC23 pour éviter de biaiser les histogrammes et les variogrammes. Également, si la
densité de forage est irrégulière, on dégroupera les trous. Toutes les intersections enlevées pour
le calcul des statistiques et des variogrammes seront remises pour le krigeage.

On calculera les variogrammes dans plusieurs directions pour l'épaisseur et le produit


épaisseur x teneur. On ne calculera pas les variogrammes des teneurs, à moins d'avoir vérifié
qu'il n'y a pas de corrélation épaisseur-teneur. Une fois les variogrammes modélisés, on
procède de la même façon que pour les veines 3D.

23 Voir section 8.3.3, Analyse statistique détaillée et 8.3.5, Choix des échantillons.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 149


Méthode d'évaluation

7.5.3 MARGES D'ERREUR DES BLOCS

Pour établir la marge d'erreur de l'estimé de la teneur moyenne d'un bloc, il suffit
d'effectuer l'estimation par krigeage comme il a été décrit plus haut. En plus de l'estimé, le
krigeage fournit la variance d'estimation. Si on fait du krigeage logarithmique, ce sera une
variance d'estimation logarithmique, tandis que si on fait du krigeage ordinaire, ce sera une
variance d'estimation absolue. Lorsqu'on réduit la dimension des blocs, la marge d'erreur
globale ne change pas, mais la marge d'erreur de la teneur obtenue dans un bloc déterminé
augmente.

Si on a procédé à l'estimation de plusieurs blocs sur une grille régulière, on peut


représenter les marges d'erreur de chaque bloc sur un plan du gisement et ainsi établir des
zones "d'isoprécision" pour une taille donnée de bloc. La marge d'erreur sur l'estimé de teneur
moyenne de chaque zone n'est pas une simple combinaison des marges d'erreur des blocs à
l'intérieur de la zone. Là encore, on doit utiliser une méthode approximative similaire à celle
du calcul de la marge d'erreur globale. A partir des marges d'erreur sur les zones de blocs,
on peut même remonter à la marge d'erreur globale par simple combinaison des variances
d'erreur de chaque zone, pour autant que ces zones soient suffisamment larges.

7.6 RÉSERVES ET CONTRÔLE DE PRODUCTION

Les meilleures méthodes de calcul des réserves et de planification minière peuvent


diminuer, mais non éliminer, les problèmes de l'étape suivante qui est la réalisation minière
(sauf si la variance d'estimation est presque nulle). L'application de la géostatistique aux
problèmes de sélection permet de mieux comprendre les variations des teneurs des blocs
d'estimation et d'évaluer l'effet de divers patrons d'échantillonnage sur la sélection minière
(David, 19887°, David, 198971 ).

Pour les fins de cette analyse, David utilise le terme dilution au sens large, pour
regrouper les erreurs d'estimation, les pertes, la dilution par le stérile engendrée par l'extraction
minière. Il propose des méthodes pour utiliser la variation statistique de l'estimation des blocs
à partir des échantillons pour évaluer cette dilution.

Ainsi, un facteur d'erreur probable peut être calculé au moment du calcul des réserves
et devrait servir à orienter la planification de l'exploitation: deux méthodes minières différentes
doivent être évaluées et comparées sur cet aspect. Le facteur d'erreur possible dans l'extraction
est un facteur qui devrait être utilisé dans les études de sensibilité de la rentabilité de l'exploi-
tation minière proposée. Les échantillons en vrac et les essais d'usinage vont permettre de
minimiser les facteurs d'erreur, sans les éliminer tous, cependant.

II. 150 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

A l'exploitation proprement dite, la dilution peut être minimisée par le contrôle


géologique, par l'échantillonnage additionnel. La qualité de l'échantillonnage dépendra du
nombre des échantillons, du le type des échantillons et de la dimension de la maille. La figure
7-7 montre quelques courbes types qui servent à expliciter les relations entre les divers
paramètres géostatistiques et la dimension des blocs de sélection. Le chapitre 8 reprend cette
discussion du point de vue des choix de méthodes minières qui s'offrent à l'exploitant.

7.7 INFORMATION ET VÉRIFICATION

7.7.1 LES LIMITES DE L'INFORMATION

Il faut toujours être conscient de la nature et de l'étendue de la base d'information sur


laquelle reposent les estimés. Il n'y a en général qu'une direction dans laquelle nous pouvons
calculer un variogramme appuyé sur un support détaillé d'échantillonnage: c'est l'axe des
sondages ou des échantillonnages. Dans un tel cas, le variogramme défini dans les deux autres
axes est moins bien défini, car la maille d'information dans ce plan est beaucoup trop large.
Il faut tenir compte de cette condition et chercher à améliorer la base d'information factuelle
par divers échantillonnages additionnels.

C'est la raison pour laquelle nous cherchons à obtenir des échantillons dans les autres
axes par les travaux d'échantillonnages miniers: la direction des galeries dans l'horizontale,
celle des monteries dans la verticale. Ce seront les données de cartographie géologique celles
des échantillonnages: soit des rainurages(24, soit des échantillons des camions, soit des échan-
tillons des volées. Dans la verticale, les monteries pourront être échantillonnées par des
rainurages et par les volées (voir la section 7.3).

7.7.2 LES ÉCHANTILLONNAGES EN VRAC

Les échantillonnages en vrac sont souvent requis dans la mise en valeur des gisements
d'or, pour aider à résoudre les difficultés d'estimation de la teneur d'or quand on rencontre une
distribution pépitique du métal, une géométrie particulièrement complexe, ou qu'on anticipe des
problèmes minéralurgiques à partir des essais. Ils permettent de vérifier les marges d'erreur
calculées à partir des échantillons linéaires, de surface ou de roche cassée. (sect. 5.3 et 7.3).

7.7.3 LA RÉCONCILIATION DES RÉSULTATS

Une fois ces nouvelles informations obtenues il faudra les réconcilier avec les estimés
obtenus à partir des sondages et autres échantillonnages linéaires, en comparant les résultats

24
Le chapitre 5 commente la confiance surestimée que l'on prête en général aux rainurages
comme méthode d'échantillonnage.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 151


PROPORTION
DU
TONNAGE x . 010 ~ ô

toeONçt- NES
100
W03

— 021
0c•006
9
0 20

0 19

0 18
~
— 0 17

— 0 16

— 0.15

02
1
03 0.4
I
0.5
1---i•
0.602
8 12 16 20 24 28 32 36 40 in

Variance logarithmique des Variance logarithmique des blocs


blocs de selection en fonction de leur dimension

8 2 = X=X x X(x10 1

Q eZ MOYENNE AU
DESSUS DE
LA COUPURE
0.07

la/4U308)
0.06
0

0.05 09

08

0.04 07

06

0.03 05

04

0.02 0 ]

0 2

0 01 C
~

O 12 0 14 0 16 018

%U308
3 6 9 12 m
TENEUR DE COUPURE
DIMENSION DU BLOC

Proportion des tonnes Tonnage et teneur moyenne


au dessus de la coupure (% du total ) en fonction des unités de selection

' S DAVID , 19 88
D' AP RE

Fig.7. 7

GUIDE D' EVALUATION DIAGRAMMES D'ESTIMATION


Méthode d'évaluation

de l'échantillonnage et du traitement du vrac, en évaluant leur représentativité quant aux types


lithologiques et minéralurgiques présents dans tout le gisement. L'étape ultime sera de
reprendre les estimations, pour réviser selon des nouvelles informations, les estimés faits à
partir des échantillons linéaires et la pertinence des marges d'erreur établies.

Ces comparaisons devront être exhaustives et se faire sur tous les plans. Le Guide
a présenté (sect. 5.3.3) un exemple comparant les résultats de différentes méthodes d'échantil-
lonnages utilisées par Inco Ltée dans la mise en valeur d'un gisement aurifère. On y compare,
au moyen de variogrammes, les échantillonnages des volées après concassage avec les échan-
tillons prélevés des bennes des chargeuses et avec les rainurages. Cet article ne discute pas des
résultats d'essais en usine pilote cependant, comme le Guide le suggère dans le paragraphe
précédent. Lorsque de tels essais sont effectués, la comparaison avec les valeurs des autres
échantillonnages du gisement est essentielle pour celui qui doit prendre une décision.

7.7.4 LES VÉRIFICATIONS

L'utilisation des méthodes géostatistiques n'exclut pas des calculs parallèles par
d'autres méthodes. Au contraire, dépendant de la forme et de la nature de la (ou des) zones
minéralisée(s) sous étude, on choisira au moins une des méthodes traditionnelles pour un
premier essai de calcul des volumes, des masses et des teneurs. Cet essai s'appuiera sur le
modèle géologique et géométrique retenu comme le plus plausible. Les résultats de ce premier
inventaire serviront de repères et de comparaison par rapport aux divers calculs géostatistiques
et aux estimations bloc par bloc.

Le Guide tient à souligner que la responsabilité professionnelle impose aux


responsables des estimations des gisements de connaître les méthodes et les procédures de calcul
qu'incorporent les logiciels utilisés pour les estimations. Ils doivent connaître les implications
de ces méthodes quant à la portée et la précision des résultats obtenus. Cette responsabilité
impose également aux professionnels de faire des vérifications, par des analyses de sensibilité
qui font varier divers paramètres, des estimations des masses et des teneurs.

7.7.5 L'EXPLOITATION

La même exigence nécessite de vérifier et d'ajuster, lors de l'exploitation, les


techniques d'estimation face aux réalisations. Le Guide rappelle que les praticiens de la
géostatistique, même s'ils sont convaincus que c'est la meilleure méthode d'estimation, ne
prétendent pas qu'elle est infaillible. Cet exercice de vérification et de reconciliation fournira
l'opportunité d'améliorer les méthodes d'estimation ou la sélection minière, afin d'augmenter
la rentabilité. Plusieurs cas types de cette nature sont présentés dans les chapitres 6, 7, 8 et 9.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 153


Méthode d'évaluation

7.8 LES CAS TYPES D'ESTIMATION

Nous verrons dans les pages qui suivent trois cas types d'estimation dans des mines
en exploitation, celui de la mine Doyon de Cambior/Minerais Lac, celui de la mine McBean
de Queenston Mines Ltd et celui de la mine Chimo de Société minière Louvem et Cambior Inc.
Le lecteur intéressé pourra consulter les comptes-rendus de l'Atelier sur l'utilisation des
ordinateurs en exploration et exploitation minière (CAME, 1990) pour des exemples
additionnels.

7.8.1 LA MINE DOYON, ZONES 1 & 2

Les zones 1 et 2 de la mine Doyon constituent un gisement de grandes dimensions


(près de 1000m x 100m), exploité à ciel ouvert. Ce gisement situé dans des tufs dacitiques est
d'allure stratiforme dans sa partie centrale et l'or y est d'allure disséminée ou en veinules, à
l'intérieur de bandes allongées, mais des veines se développent dans sa périphérie et son
extrémité est.

A) Les données de base

Le gisement minier est connu par une maille de sondage de 15 mètres et considéré
comme "Prouvé" sur cette maille (ce serait du Prouvé Classe II selon les normes du Guide).
L'échantillon moyen est de 1.5 mètre environ mais varie en pratique selon les minéralisations
observées. Une description sommaire des dimensions de la maille aux divers stades de probation
de ce gisement a été fournie à la section 7.4. Le gisement est constitué de deux coeurs riches
entourés de minéralisations disséminées. Tous les échantillons pris à l'intérieur de ces limites
physiques sont considérés comme faisant partie du gisement. Les collets des trous utilisés sont
montrés sur la figure 7:3. Les échantillons originaux ont été regroupés en longueurs de 1.5m.
Une étude statistique des 2 zones prises individuellement ne montre pas de différence dans la
distribution statistique. La zone 1 et la zone 2 constituent un ensemble uniforme pour les fins
de ce cas.

B) La distribution des échantillons

Les histogrammes sont donnés sur les figures 7-1 et 7-2 et les distributions
cumulatives aux figures 7-8 et 7-9. Il s'agit de distributions lognormales typiques, montrant
cependant un nombre anormal de teneurs élevées. Pour faire les statistiques subséquentes, les
variogrammes, il faut corriger ces hautes teneurs individuellement, en les remplaçant par la
teneur qui aurait la même fréquence théorique (David, 1988, (55), figure 7-10. Puisque la
distribution est lognormale, il faut s'attendre à un effet proportionnel: sa présence se vérifie en
portant sur un diagramme par banc de 10m la moyenne et l'écart type des échantillons (figure
7-11).

II. 154 Guide d'évaluation des gisements d'or


TENEUR AU
Isis)

1000 -

500

100 - •

50

10

S •





I I I 1 I 1 IIII I I I I

.01 .5 1.0 5.0 10.0 200 300 40.0 50.0 60.0 70.0 B00 900 950 99 5 99 9

FRÉQUENCE CUMULÉE (%)

MINE DOYON

Fig. 7.8

DISTRIBUTION DES ÉCHANTILLONS DI


GUIDE D'EVACUATION FORAGE AU DIAMANT (115m) ZONE I
TENEUR AU
19/t) 1000 -

500

100

50

IO

1
1 I I I I 1 1 I I 1

01 .5 10 50 100 200 300 400 50.0 600 700 B00 900 950 99 5 99 9

FRÉQUENCE CUMULÉE (%1

MINE DOYON

Fig. 7 . 9

DISTRIBUTION DES ..-.ÉCHANTILLONS DE.


r. ...
11.1 • ne- ... i . ••• . -_ .. -
~ GUIDE D'EVALIIATION
TENEUR AU
(q/t)

1000 —

500 — 394.3
3710

1851

/ 1800
i
102.9 ~ 75.0

loo — 91.5

~ '100
1000
60 0
69 0
50 / 580
/8 0

J S.%

10

5
/•
/e

1
r 1 1 1 1 1 I 1 r 1 ( I I I
.01 .1 .5 1.0 5.0 10.0 20 0 30.0 40.0 50.0 60.0 70.0 80.0 90.0 95 0 99 5 99 9

FRÉQUENCE CUMULÉE 1%)

MINE DOYON -

Fig. 7.10

CORRECTION DES HAUTES


GUIDE DEVALUATION TENEURS - 7ONF I
~
(g/t)

12 -

10 -

4-

MINE DOYON

2- O ZONE 1
ZL. ZONE 2

I I i 1
0 2 4 6 B 12
X ( g "'

Fig. 7.11

`GUIDE DEVALUATION Li EFFETPROPORTIONNEL


Méthode d'évaluation

C) Les variogrammes

Il faut calculer les variogrammes dans les directions d'allongement du gisement, figure
7-12. Les directions de la lithologie et du pendage sont connues. On calculera ainsi un
variogramme dans la section longitudinale et on trouvera ainsi une direction principale qui
plonge à 55° avec une portée de 22m de longueur (figure 7-13). Perpendiculairement à la
direction de la zone tabulaire, la portée est de 9m verticalement et de 6m horizontalement.

On calculera des variogrammes relatifs (figure 7-14) à cause de l'effet proportionnel.


Dans ce cas-ci, ils ne sont pas bien bons mais on peut les corriger par les variogrammes
logarithmiques qui ici semblent meilleurs (figure 7-13). L'ellipse d'influence établie d'après
les portées montre graphiquement les portées établies. (figure 7-15).

D) Le krigeage

Pour effectuer le krigeage, on a corrigé le variogramme logarithmique et établi le


variogramme relatif. On a ensuite effectué le krigeage de blocs de 15m x 10m x 5m sur les
bancs de 10m de hauteur choisis pour l'exploitation (figure 7-16). Une comparaison avec les
blocs minés, aussi montrés sur la figure 7-17 pour une section longitudinale, a donné des
résultats exacts avec la même teneur de 4.76 g/t Au pour 470,000 tonnes.

E) Le contrôle des teneurs

La réalisation à l'exploitation est une étape distincte de celles des estimés des réserves
et de la planification plus détaillée de la mine. L'expérience de l'exploitation en ciel ouvert à
la Mine Doyon,décrite à la section 9.6.2, a montré que des forages et échantillonnages addi-
tionnels et un suivi constant des informations obtenues étaient requis pour assurer le niveau
d'efficacité prévu dans les estimations.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 159


- - - DIREC11014 EPAISSEUR A 145'

NORD

66700

6560 0 X
3430.0 3660 0
EST

MINE DOYON

Fig.7.12

DIRECTIONS D'ALLONGEMENTS
GUIDE DEVALUATION _ 7n11411r I
(h)

I.6

1.2 —

~2

0.8 -
2

11 plan XY 7'
0.4 -
21 plan ZY 20'
3: plan XZ 55'

courbe jus tee

I I I I I I I I I I I I I ► I I
0 10 20 30 40 50 60 70 80

H (metres)

( FORAGES AU DIAMANT , ÉCHANTILLONS I,5m)

MINE DOYON

Fig.7.13

VARIOGRAMMES LOGARITHMIQUES
GUIDE D'ÉVACUATION — ZONE
(h)
r

3.2 -

2.4 -

2
CT

1.6 1

l~ plan XY 7'
08 2; plan ZY 20'
~
3; plan XZ 55'
courbe uJustee
— courbe corrigee

I I I T I I I I I 1 I I 1 1 1
0 10 20 30 40 50 60 70 80
H (rneires)

( FORAGES AU DIAMANT , ÉCHANTILLONS DE 1,5 m )

MINE DOYON

Fig.7.14

VARIOGRAMMES RELATIFS
GUIDE DEVALUATION -- ZONE I
Z' Z

22M.

1
1
6m.
1
1
1
1

1
Y
1
1

x'
7'
Y' X

MINE DOYON

Fig.7.15

ZONE D'INFLUENCE D'UN


GUIDE DÉVALUATION ECHANTILLON DE LA 7ONF I
MINE DOYON

Fi9,7.16

GUIDE DÉVALUATION
SYSTÈME
me' Vnlrr DE
• n-BLOCS
ZONE 1 ZONE 2
6111 6151 6701 4151 /PoI
4950 1951
I I I I 1 1 I 1 I I I I

2 ) 0 218191019 0 2 1 2 ) 1.7 1212I+I5 016 .7 6-


I 1 I 1 1 I
I~ I I 1
4 9 1S Ps 1 113 9 7 1.6
I1 2 9 1 6 .7 3 BLOCS MINES
~ ~

I --- BLOCS KRILLS


J 5 5 S I .6 9 5 5 4

t- ~

.1 J 112 113 195 16 2 176 11 S 4 .)

11 1 1 1 1
I I 1 1 1
9 .1 IS I+ 1112 z 2 1 3 3 .3 4 17 2
1
1)6 18+ 12) 1261 120 11
1
+ 7 I 6 6 9 0

1900 1 1 1 t_
I2 1 B I
1 51111\ .7 -) i.) .3 .3 .)Î 0 12 10 4

20\01
1 t 1 t t — —1- 1I --
2 01.,6 /1118)1) 120 I 4 ) 2 1 2 2 0 )) {2/ I7/ 67 122 I7 )
1 1 I I I I 1

I I 1
7 15 22 110 1 7 2 .9
.).+ A1 2 91.71 11 2 I 5 .1 2 0
I
11 111111 I 1 I l
1
61'1 1700 67 51 1 Bal

SECTION 3480
INTERSECTION BLOCS KRIGES - BLOCS MINES
ZONE I et 2

a 0 10 20m
MINE DOYON

Fig. 7.17

SECTION DE BLOCS KRIGES


GUIDE D'ÉVALUATION AVEC BLOCS DE MINAGE
Méthode d'évaluation

7.8.2 LA MINE McBEAN

La mine McBean de Queenston Mines, située près de Kirkland Lake, est un ensemble
de veines qui a déjà été considéré comme un amas. Une exploitation à ciel ouvert était déjà
planifiée et il s'est agi d'établir la réserve à l'intérieur de la fosse jusqu'à l'élévation 10672: la
réserve a été calculée à 3,512,000 tonnes courtes.

A) L'information disponible

L'information disponible consistait en 6530 intersections minéralisées, provenant de


373 sondages au diamant, d'une longueur moyenne de 1.42m (4.66 pi). De plus, on disposait
de 62 sondages d'exploration de surface, 48 forages pour sautages, 263 sondages sous-terre,
241 échantillons de roche cassée, 211 forages courts ainsi que d'échantillons d'écaillages (chip
samples).

Les échantillons ont été recalculés en intervalles de 3 mètres pour une étude
comparative et pour des usages ultérieurs. Les histogrammes de chaque groupe d'échantillons
ont été établis. Il y a une coupure nette à 0.03 on/t Au pour chaque groupe de données. Les
statistiques des divers groupes sont comparables sauf pour les écaillages qui montrent une
moyenne beaucoup plus élevée. Ce dernier groupe n'a donc pas été utilisé dans les calculs, ce
qui n'a pas causé de carence importante dans l'information, puisque les secteurs couverts par
ces échantillonnages sont également couverts par des échantillons de roche cassée et par des
forages courts.

B) Le variogramme

Considérant la coupure très nette entre la minéralisation et le matériel pauvre, on a


calculé un indicateur de la minéralisation en utilisant 0.03 oz/t Au comme limite. Les
variogrammes logarithmiques ont été obtenus pour la teneur et pour l'indicateur. Ils sont
excellents et montrent un effet de pépite marqué; la zone d'influence de l'indicateur est
circulaire et de 18.25m (60 pi), tandis que la teneur de la minéralisation montre une zone
elliptique dans le plan vertical nord-sud de 9 à 40m (130pi) (figures 7-18 et 7-19).

C) Le krigeage

Le bloc de krigeage a été établi en fonction de la hauteur des bancs qui est de 11.6m
(38'), avec des dimensions latérales de 3.8 x3.8 m (12.5 x 12.5'). Le krigeage s'est effectué
à l'intérieur des limites fournies par l'opérateur. Le krigeage a dû tenir compte de l'élévation

II. 166 Guide d'évaluation des gisements d'or


1.30 —

1.20 —1

1.10 —

1.00 —

.90 —

.80

.70 —

.60 —

.50

.40 —

.30 —
30
90
45
.20 —

.10 —

0
40 80 120 160 200

Variogramme de l' indicateur d'échantillons


de sondages de 10' dans 2 directions du plan
horizontal (0= est 90: nord )
La courbe la plus basse est dons la direction E. O.

Fig. 7.18

VARIOGRAMMES
GUIDE DEVALUATION MINE Mc BEAN
1.30 —

1.20 --

I.10

1.00 —

.80 —

.70 —

.60 —

.50 —

.30 —

.20 —

.1 0 —

40 80 120 160

Variogra mile des teneur d' intersections minéralisées


de Id dans des sondages orientés dans plans
verticaux N.—S. (0= nord , 90 = élév. )
La courbe Io plus basse se situe dans l'axe E -W.

Fig. x.19

VARIOGRAM MES
\ GUIDE D EVALUATION MINE Mc BEAN
9788. 9800. 99IIH 10880. 101611. 102M.

23208. - 202130.

23168.

202¢38.

19900. 19988.

19808. 19880.

19788. - 19780.

19608. 19808.
9700. j 9888. i 9988. ~ 108082 10108T Irma.
020

LIMITES DES BANCS Iii


PROGRAMME L3 F PLOT
Par: GEOSTAT

100.0 0.0 100.0 200.0


l& — — ai
ÉCIELLE• 100.0

MINE Mc BEAN

Fig. 7. 20

LIMITES DU MODÈLE DE BLOCS


GUIDE D EVALUATION SUR CHAQUE BANC
Méthode d'évaluation

du socle rocheux fournie par 59 sondages de surface, ce qui a permis de "contrôler" le sommet
des blocs situés à la limite du socle.

Le krigeage a été effectué en 2 étapes, le krigeage de la teneur et le krigeage


d'indicateur. On a utilisé un rayon de recherche de 30m (100') dans un plan vertical orienté
nord sud et de 15m (50') dans une direction est-ouest. La valeur krigée de l'indicateur nous
indique la proportion d'un bloc qui est minéralisée. On établira que la teneur de la portion non
minéralisée est la moyenne de tous les échantillons sous une teneur coupure: par exemple 0.03
ou 0.06 oz/t Au. Les teneurs krigées de la portion minéralisée et de la portion non minéralisée
sont ensuite combinées pour obtenir la teneur du volume du bloc (figure 7-20).

7.8.3 LA MINE CHIMO

Les zones minéralisées de la mine Chimo sont sub-verticales, avec pyrite et


arsénopyrite disséminée, au contact d'une formation de fer et d'un tuf, ceci donnant une
définition simple d'une intersection. La maille des sondages ayant servi à l'estimation qui suit
était de 15 mètres. II faut souligner qu'en pratique dans l'exploitation, des échantillonnages
plus élaborés ont été requis pour réaliser la récupération du minerai à l'intérieur des marges
d'erreur décrites.

A) Les étapes du calcul géostatistique

a) Variogrammes

On calcule en 2 dimensions le variogramme relatif des épaisseurs et des


accumulations. Les variogrammes obtenus sont isotropes et sont montrés aux figures 7-21 et
7-22. On voit qu'ils montrent des portées de 22m et un effet de pépite important de 0.6 pour
un palier de 2.0, soit 30% pour l'accumulation et .2 pour un palier de 0.60, soit aussi 30%
pour l'épaisseur.

b) Krigeage

On effectue le krigeage de l'accumulation et de l'épaisseur et un variogramme fait la


division des deux et nous donne la teneur avec sa précision. On ne doit pas utiliser ces blocs
pour estimer le tonnage minéralisé car on pourrait obtenir le tonnage que l'on veut. Il faut
plutôt s'en tenir à l'enveloppe définie au préalable.

II. 170 Guide d'évaluation des gisements d'or


MINE CHIMO
Zone 5

(h)
v (h) 0.73

0.60
2.0

0.45
1.5

0.30
1.0

0.15
0.5

o I I 1 1 I I
o 10 !O 30 40 50 60 h
0 l0 20 30 40 60 e0 It

Fig 7-21: Variogramme des teneurs pondérées Fig. 7 -22: Semi variogromme des épaisseurs

Fig. 7.21-7.22

( LJIDE D EVALUATION SEMI VARIOGRAMMES


Méthode d'évaluation

c) Calcul de la marge d'erreur

La marge d'erreur peut être calculée de manière approximative, ce qui est suffisant
pour nos besoins, en utilisant la méthode simple décrite au paragraphe 8.5.2. On trouvera que
la marge d'erreur d'un bloc de 10m x 10m estimé par une(1) seule intersection est de 50%.
On voit comme corollaire que la précision sur un bloc estimé par méthode polygonale est
inexistante, ce qui correspond à l'expérience de la mine. On a vu que l'estimation par krigeage
permet des estimés dotés de marges d'erreur relative de l'ordre de 25 à 30%.

B) Classification des réserves

Pour la classification des réserves, on superposera plutôt un plan des marges d'erreurs
des blocs érigés (de 10x10M) au plan des sondages. Dans la zone densément forée, on peut
choisir de dire que tous les blocs avec une marge d'erreur moindre que 30% seront des blocs
prouvés. Dans les zones périphériques, les marges d'erreur s'élèveront jusqu'à 60%. On
classera comme probables les blocs avec des marges d'erreur de 30% à 50%. On produit
ensuite un contour de ces précisions. Ceci définit les réserves prouvées et probables. Les
marges d'erreur de 30% à 50% se rapportent à des blocs de 10m. Ces marges d'erreur
diffèrent des marges d'erreur globales. En effet, la marge d'erreur globale calculée pour les
réserves prouvées est de 10.9%. A noter que les chiffres de marges d'erreur qui sont utilisés
dans ce cas type ne correspondent pas tous à ceux suggérés par le Guide au tableau 7-3.

Pour estimer la précision mensuelle à partir des blocs établis, on s'appuiera sur une
procédure simple qui fait appel au nombre de blocs extraits et à leur marge d'erreur. En un
mois on mine environ 10 à 20 blocs, la précision mensuelle variera donc entre 50%/J10 et
50% W20, soit de 15% à 11.2%. Ceci signifie qu'on peut s'attendre 1 fois sur trois à des
écarts de ce type. Dans ce cas-ci, comme dans la plupart, il faut des échantillonnages
additionnels pour assurer ce rendement à l'exploitation. Les chapitres 8 et 9 traitent des
interactions entre les résultats des estimations, de la sélection minière et du contrôle de
production. Les chiffres totaux des réserves sont:
130,980 tonnes prouvées à 4.38 g/t Au;
227,735 tonnes probables à 4.43 g/t Au.

Depuis le calcul de ces réserves, la découverte de la prolongation de la zone 5 a


amené les réserves au chiffre total de 955,000 tonnes à 4.52 g/t Au. On a établi, en sus de ces
chiffres, 165,000 tonnes de "réserves possibles".

7.8.4 ALLIGATOR RIDGE

Kwa et Mousset-Jones (1986) rapportent des comparaisons entre diverses estimations


géostatistiques et les résultats d'exploitation dans la mine à ciel ouvert Alligator Rivage.

II. 172 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Diverses techniques de krigeage ont été utilisées mais les méthodes de krigeage d'indicatrice
ont donné les meilleurs résultats selon ces vérifications.

7.9 GUIDES D'APPLICATION

7.9.1 PERSPECTIVES

L'estimation des réserves est difficile car on ne compte plus le nombre de cas où l'on
n'a pas retrouvé à l'exploitation la teneur prédite. La géostatistique permet d'évaluer la marge
d'erreur que comporte l'estimation des gisements et nous offre des méthodes pour la minimiser.
Les méthodes géostatistiques ont pris une large place dans l'estimation des gisements et, en
particulier, des gisements d'or. Même si la géostatistique est plus efficace que les méthodes
traditionnelles, ce ne sera probablement jamais une technique d'application facile. Son
application efficace demande un ensemble de conditions qui ne sont pas toujours présentes dans
la pratique courante.

Des procédures améliorées, axées sur les caractéristiques géologiques des gisements,
sur les procédés d'échantillonnage et sur une application judicieuse et systématique des
méthodes de calcul sont nécessaires. Ces procédures devront être complétées et calibrées par
les vérifications que permettent des cas types. Ces démarches nous assureront des estimations
plus proches de la réalité, estimations dont les marges d'erreur seront connues explicitement.
Plusieurs textes récents font le point sur la place actuelle de la géostatistique dans l'évaluation
des gisements d'or. Pour aider à situer l'évolution des pratiques d'estimation des gisements,
le Guide résumera deux enquêtes récentes.

7.9.2 LE RÔLE ACTUEL DE LA GÉOSTATISTIQUE

Kwa et Mousset-Jones en 198572, Champigny et Armstrong en 1988, ont mené


des enquêtes qui décrivent, à quelques années d'intervalle, le champ d'application de ces
méthodes, ce qui permet de percevoir une évolution certaine, malgré les différences dans les
populations échantillonnées. Le symposium 1986 de l'ICM: "Estimation des réserves:
Méthodes modèles et réalité", contient plusieurs cas types d'estimation des gisements, qui
montrent les avantages et la rentabilité de l'application de la géostatistique pour le contrôle de
la qualité de l'exploitation.

7.9.3 PERSPECTIVE SUR LES MÉTHODES UTILISÉES

Kwa et Mousset-Jones ont reçu des réponses de 48 compagnies minières à leur


questionnaire. Les types de gisements rapportés allaient des gisements hydrothermaux (61), aux
gisements hydrothermaux disséminés (75), volcano-exhalatifs (36), placeriens (34), porphyres
(10) et autres (3).

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 173


Méthode d'évaluation

Une série de questions portent sur la réalisation de l'estimation des réserves aux divers
stades soit le "target investigative" (stade 4), "target defining", (stade 5-6) et production (stade
10). Pour ces stades, l'estimation des réserves a été faite par des géologues/ingénieurs
géologues dans respectivement 49, 36 et 35% des cas, par une équipe multidisciplinaire dans
29, 32 et 38% des cas, par les ingénieurs de la compagnie dans 5, 6 et 13% des cas et par des
consultants, ou des consultants assistant le personnel de la compagnie, dans 17, 25 et 11% des
cas.

Selon cette étude, pour les trois stades considérés, plus de la moitié des compagnies
utilisaient plus d'une méthode: la méthode polygonale étant utilisée par plus de 46% des
compagnies, la méthode des sections transversales par 52%, les méthodes géostatistiques par
32% et d'autres méthodes (triangulaires, rapport inverse de la distance, surfaces de tendance
et autres) par 32%. Nombre de compagnies utilisent plus d'une méthode. On observe qu'en
moyenne moins de méthodes sont utilisées au stade de production, soit 1.41, qu'au stade de la
définition (1.78) ou au stade de la confirmation (1.65).

Champigny et Armstrong rapportent les résultats d'une enquête à laquelle ont participé
19 compagnies minières produisant environ 40% de la production mondiale d'or en 1988 dans
96 exploitations distinctes; de plus, ces compagnies détiennent 27 gisements à l'étape de
faisabilité et 15 projets aux stades initiaux (stades 4 et 5), qui sont inclus dans l'enquête. Dix-
sept des 19 compagnies utilisent, surtout depuis les dix dernières années, les méthodes géosta-
tistiques dans l'estimation des gisements d'or aux divers stades de la mise en valeur et de la
production minière.

Ces applications se font en parallèle avec celles de méthodes plus conventionnelles,


à l'intérieur d'équipes multidisciplinaires. Ces équipes regroupent des géologues, des
ingénieurs et des informaticiens; des géostatisticiens et autres conseillers externes se joignent
à ces équipes aux stades de la faisabilité et de l'exploitation.

Les méthodes traditionnelles d'estimation utilisées par les compagnies en parallèle avec
les méthodes géostatistiques sont: la méthode polygonale, les coupes transversales et les
méthodes de pondération en rapport inverse à la distance. On observe que la géostatistique
prend une place plus grande à mesure que les projets avançaient. L'accent demeure cependant
sur l'utilisation concurrente de plusieurs méthodes, comme procédure d'analyse, de filtrage et
de vérification des résultats des estimations de tonnage et de teneur des gisements. Le Guide
souligne cette constatation qui paraît d'importance dans la méthodologie d'évaluation des
gisements, plus particulièrement pour l'évaluation des volumes. Il n'y a pas cependant de
chiffre explicite dans cette étude sur le nombre de méthodes utilisées.

Les méthodes géostatistiques d'évaluation des gisements impliquent le krigeage, mais


diverses techniques sont utilisées selon les circonstances. Pour évaluer les réserves en place,

II. 174 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

le krigeage ordinaire et le krigeage lognormal sont utilisés. Pour évaluer les réserves
récupérables(25, l'utilisation du krigeage probabiliste, du krigeage disjonctif et du krigeage
multigaussien a débuté. Le krigeage d'indicateur a été utilisé par plus de la moitié des
compagnies. Champigny et Armstrong considèrent que la possibilité d'utiliser cette technique
avec les logiciels développés pour le krigeage ordinaire contribue à étendre son application.

Le niveau de satisfaction suite à l'utilisation de la géostatistique est assez élevé


lorsqu'on compare les estimés avec les résultats de production. Près de 80% des répondants
rapportent une bonne correspondance (good agreement) entre les estimés et la production et
indiquent leur intention de maintenir l'usage de la géostatistique. Ceux qui ont chiffré l'écart
ont fourni des chiffres variant entre 1 et 7-15%.

Le travail de Champigny et Armstrong comporte nombre de graphiques des résultats


de l'enquête ainsi qu'une bibliographie "géostatistique" regroupant les publications d'Afrique
du Sud et celles du reste du monde minier. Les données recueillies confirment celles de Kwa
et Mousset-Jones ainsi que diverses contributions au Symposium de l'ICM de 1986, "Ore
Reserve Estimation: Methods, Models and Reality", mais montrent des différences et une
évolution. Le Guide suggère que la plus grande importance accordée au travail en équipes
multidisciplinaires pourrait être reliée à la plus grande dimension des compagnies participantes,
ainsi qu'à une perception accrue des aspects multidisciplinaires des travaux d'évaluation des
réserves.

La place de la géostatistique semble avoir augmenté durant cette période, plus


particulièrement au stade de l'exploitation. La géostatistique est également utilisée par un grand
nombre de compagnies minières impliquées dans l'exploitation de divers minéraux, mais cet
aspect dépasse le cadre du Guide.

7.9.4 LES BESOINS FUTURS

Nous avons mentionné, au début de ce chapitre que la géostatistique ne répondait pas


encore a tous les besoins, dans tous les cas. Champigny et Armstrong rapportent les problèmes
perçus par les utilisateurs ayant participé à leur enquête. Ce sont les suivants:

l'estimation des gisements d'or montrant une forte hétérogénéité géologique, une
géométrie complexe et des distributions de teneurs déformées (skewed);
l'estimation des réserves recouvrables et des teneurs locales;
l'estimation des niveaux de confiance globaux;

25 Selon la définition stricte des Commissions de valeurs mobilières, définition qu'endosse


le Guide, toute réserve est par définition récupérable!

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 175


Méthode d'évaluation

le développement de méthodes non-paramétriques pour des simulations


conditionnelles;
la prédiction de la variabilité métallurgique et des récupérations métallurgiques.

Tous ces sujets sont traités spécifiquement dans ce Guide, particulièrement l'influence
des facteurs géologiques, de la géométrie des gisements, des intervalles de confiance. Le
chapitre 9, qui traite des aspects minéralurgiques, abordera la prédiction des variabilités
minéralurgiques et des variations du rendement.

La conclusion finale de l'enquête de Champigny et Armstrong converge avec


l'orientation du présent Guide et la confirme:

" L'enquête suggère également que la géostatistique gagnera plus de popularité et


d'acceptation dans le secteur de l'exploitation de l'or seulement si elle repose sur un usage
maximum de l'information géologique et si elle s 'appuie sur une collaboration étroite entre
géostatisticiens, géologues et ingénieurs. ".

II. 176 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

L'AXE DE L'INGÉNIERIE

CHAPITRE VIII

LES ASPECTS MINIERS

L'AXE DE L'INGÉNIERIE 179

8. LES ASPECTS MINIERS 179


8.1 L'INGÉNIERIE MINIÈRE 180
8.1.1 LES STADES DE L'INGÉNIERIE MINIÈRE 180
8.1.2 GISEMENT > RÉSERVES > EXPLOITATION 180
8.1.3 CRITERES D'INGÉNIERIE 183

8.2 POLITIQUES ET CHOIX D'EXPLOITATION 184


8.2.1 CIEL OUVERT / SOUS-TERRE 185
8.2.2 VOLUME OU SÉLECTIVITÉ 185

8.3 L'EXPLOITATION À CIEL OUVERT 186


8.3.1 DESCRIPTION 186
8.3.2 CONTRÔLE DE LA QUALITÉ 186

8.4 L'EXPLOITATION SOUTERRAINE 187


8.4.1 MÉTHODE PAR CHAMBRES ET PILIERS 187
8.4.2 MÉTHODE LONGS TROUS 190
8.4.3 MÉTHODE DES CHAMBRES-MAGASINS 191
8.4.4 MÉTHODE DES COUPES ET REMBLAIS 194
8.4.5 MÉTHODE AVOCA 195
8.4.6 MÉTHODE DE SOUTIRAGE PAR FOUDROYAGE 199
8.4.7 MÉTHODE DES BLOCS FOUDROYÉS 201

Guide d'évaluation des gisements d'or H. 177


Méthode d'évaluation

8.5 CARACTÉRISTIQUES DES MÉTHODES D'EXPLOITATION 201

8.6 CAS TYPES 204


8.6.1 LA MINE SISCOE 204
8.6.2 CAS TYPE: MINE DOYON 204
8.6.3 EQUITY SILVER MINES 205

8.7 GUIDES D'APPLICATION: CONCEPTION 205


8.7.1 GISEMENT ET MÉTHODE 206
8.7.2 GÉOMÉCANIQUE 206
8.7.3 PRÉVISIONS 207
8.7.4 CONDITIONS DE RÉALISATION 207
8.7.5 CONTRÔLE DE LA QUALITÉ 208
8.7.6 COÛTS ET IMPLICATIONS 209
8.7.7 SÉCURITÉ ET ENVIRONNEMENT 211

8.8 GUIDES D'APPLICATION: LE BILAN RÉSERVES 211


8.8.1 LE BILAN MÉTAL DANS L'EXPLOITATION 211
8.8.2 LE BILAN RÉSERVES / RESSOURCES 212

II. 178 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

L'AXE DE L'INGÉNIERIE

L'axe de l'ingénierie couvre les aspects miniers et minéralurgiques de l'évaluation des


gisements d'or. Les méthodes d'exploitation minière sont analysées en fonction des
caractéristiques des gisements et en fonction des caractéristiques techniques et économiques de
chaque méthode, en vue d'améliorer le rendement métal et la rentabilité par la réduction de la
dilution et des pertes à l'exploitation minière et à l'extraction minéralurgique. L'évaluation
minéralurgique des minerais d'or doit d'abord s'appuyer sur l'étude des caractéristiques
minéralogiques des minerais; les essais de traitement progressent du laboratoire jusqu'à l'usine
pilote et parfois jusqu'aux essais en usine industrielle.

Pour les aspects miniers, une attention particulière est apportée à l'optimisation par
une conception et une planification appropriées à l'efficacité désirée, aux besoins de contrôle
de la qualité dans l'exploitation minière. Pour les aspects minéralurgiques, les exigences de
l'échantillonnage des usines, du bilan du procédé sont soulignées.

Plusieurs aspects de la protection de l'environnement touchent l'axe de l'ingénierie


mais débordent le cadre du Guide et ne seront pas traités ici. Hormis les perspectives décrites,
l'optimisation des procédés d'exploitation ou de traitement minéralurgique n'entre pas comme
telle dans le cadre du Guide d'évaluation des gisements d'or.

8. LES ASPECTS MINIERS

Le Guide traitera du rendement de l'exploitation minière dans une perspective


d'évaluation, en fonction du type de gisement et de la méthode d'extraction minière. La figure
8-0 illustre les diverses composantes de l'évaluation des aspects miniers d'un projet.

Il n'entre pas dans les objectifs du Guide de décrire en détail les méthodes
d'exploitation minière habituellement utilisées au Canada ou ailleurs dans le monde. Des
informations sur ces sujets sont disponibles dans le Underground Mining Method Handbook
publié par la Society of Mining Engineers de l'American Institute of Mining, Metallurgical and
Petroleum Engineers (AIME) 74 et dans le Manuel d'exploitation souterraine publié par
CANMET 75. Un manuel de l'exploitation à ciel ouvert a également été publié par l'AIME.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 179


Méthode d'évaluation

8.1 L'INGÉNIERIE MINIÈRE

Les aspects miniers d'un projet s'appuient sur le travail de l'ingénieur des mines et
de l'équipe multidisciplinaire qui l'entoure, pour la planification, l'évaluation et le choix de la
méthode d'extraction la plus appropriée aux conditions d'un gisement ou d'une zone, dans une
exploitation projetée ou en cours. Dans l'évaluation de la qualité du produit et du rendement
de l'exploitation, l'approche d'analyse rigoureuse du Guide l'a éloigné de la démarche
traditionnelle qui envisage la "dilution" de façon globale, comme l'ensemble des différences à
la baisse entre les réserves des gisements et les plans de production, d'une part, et les résultats
d'exploitation d'autre part. Cette approche synthétique ne permet pas les analyses des
phénomènes qui sont nécessaires, ni n'offre les outils requis pour optimiser les procédures, le
rendement et la rentabilité des exploitations.

8.1.1 LES STADES DE L'INGÉNIERIE

L'évaluation des aspects miniers d'un gisement dont on poursuit la mise en valeur en
vue d'un développement minier éventuel se produit à des paliers successifs. Au stade 4, une fois
le gisement confirmé, se situe une première évaluation de caractère conceptuel, pour orienter
le caractère des travaux d'évaluation géologique que l'on envisage dans la phase suivante. A
la fin du stade 5 de définition du gisement, une évaluation plus quantitative des aspects miniers
sera faite en vue de planifier les prochains travaux. Le stade 6 développera les divers aspects
de l'ingénierie minière et minéralurgique du gisement. Les informations techniques ainsi
obtenues devront cependant être complétées par les études économiques du stade 7, pour le
choix de la teneur de rentabilité, de la teneur marginale et de la teneur de coupure.
L'établissement des réserves minières et l'étape finale de faisabilité s'appuieront sur l'ensemble
de ces informations. Au stade de la mise en production et de l'exploitation, un niveau
additionnel de planification plus détaillée sera requis.

8.1.2 GISEMENT > RÉSERVES > EXPLOITATION

Au chapitre 3, le Guide a adopté l'approche qui considère que le rendement physique


global de l'exploitation d'un gisement minéral dépend des pertes de métal et de la dilution par
rapport à un gisement réel mais déterminé de façon imparfaite, comme le démontre la Figure
3-1 (Elbrond, 1986). Il est donc nécessaire de revoir les définitions des facteurs de dilution et
de pertes et les diverses facteurs et étapes qui y contribuent, afin de bien situer le rôle des
teneurs repères dans les définitions des réserves.

A) Pertes et dilution

Les pertes de métal sont définies comme l'absence dans le produit payé de tout métal
présent dans le gisement minéral réel. Elles se produisent en particulier:

II. 180 Guide d'évaluation des gisements d'or


MET HODES\
SOUSTERRE

CHAMBRES PILIERS
CIEL OUVERT
CHANTIERS LONG-TROUS
CHAMBRE MAGASIN
COUPES ET REMBLAIS
AVOCA
SOUTIRAGE/ FOU DROYAGE
BLOCS FOUDROYES PLAN
D'EXPLOITATION
PLANIFICATION CONTROLE DE DES RESERVES
UALITE
POLITI QUE
DILUTION /D EXTRACTION GEOMECANIQUE SELECTIVITE
SELECTIVITE

PERTES VOLUME
CARACTERISTIQUES
FORME DES DE LA METHODE
CONDDITIONS
E GISEMENTS
TERRAIN
/CONTRAINTES OPTIMISATION

Fig. 8.0

GUIDE DEVALUATION ASPECTS MINIERS


Méthode d'évaluation

à l'interprétation géologique et à l'inventaire du gisement:


la minéralisation non incluse dans le contour interprété;
à la conception détaillée de la mine:
la mineralisation exclue du chantier planifié, les piliers non-récupérés;
à l'exploitation:
le minerai non extrait par rapport au chantier projeté.

La dilution est définie comme l'ajout au minerai exploité de matériel stérile ou de


matériel minéralisé d teneur plus basse que la teneur de coupure. La dilution se produit en
particulier:
à l'interprétation / à l'inventaire du gisement:
la minéralisation sous la teneur coupure qui est incluse à l'intérieur des limites;
à la conception détaillée de la mine:
la minéralisation sous la teneur coupure qui est incluse dans les chantiers projetés;
à l'exploitation minière:
le matériel qui se détache des murs ou du toit pour s'ajouter au minerai cassé.

Il va sans dire qu'il y a certains phénomènes compensatoires d'une étape à l'autre,


d'un processus à l'autre. Par exemple, la dilution au stade de l'exploitation pourrait se faire
à partir de minéralisations au-dessus de la teneur coupure, déjà considérées comme perdues
parce qu'exclues à l'étape de l'interprétation du minerai ou à celle du design du chantier.

B) Teneurs repères

Les pertes et la dilution s'évaluent en fonction des teneurs repères (définies à la


section 7.1.3): ce sont la teneur coupure, la teneur de rentabilité et la teneur marginale. Le
choix des limites des minéralisation, d'un contour de chantier ou d'excavation se fait à partir
d'une teneur de coupure. A l'étape de la planification minière, la teneur de coupure sera une
teneur marginale qui équilibre coûts et revenus. La teneur de rentabilité ajoute à la teneur
marginale un coût d'opportunité, une marge de profit. Le choix de la marge de profit requise,
du coût d'opportunité est en fonction d'une analyse économique élaborée (chap. 10). La
planification de la méthode minière et l'établissement de la teneur de coupure sont des
opérations reliées aux aspects économiques; ces travaux demandent des itérations répétées pour
établir les conditions optimales pour un gisement donné, à un moment donné.

C) Planification et réserves

L'établissement d'un contour de chantier délaissera du minerai et incluera des zones


marginales et/ou stériles à la limite ou à l'intérieur de la masse minéralisée. En deuxième
étape, les résultats de l'estimation des masses et des teneurs faite à partir du contour de chantier

II. 182 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

retenu seront ajustés par un "facteur de dilution" réaliste qui, en principe, doit tenir compte de
la dilution mécanique et des pertes à l'exploitation minière proprement dite. Les réserves de
minerai qui résultent de ces travaux sont par définition des réserves minières: le terme
réserve implique faisabilité technique et économique et le terme minerai implique rentabilité.

Traditionnellement, un facteur de dilution globale, regroupant les pertes et la dilution,


est appliqué. Ce facteur de dilution globale fait, par définition, partie des réserves de minerai
ou réserves minières.

8.1.3 CRITÈRES D'INGÉNIERIE

Dans la perspective d'évaluation des gisements d'or, le Guide regardera le processus


de la conception et de la planification des méthodes minières en fonction de leurs caractéristi-
ques et de leurs coûts et en fonction des relations avec la géologie et la géométrie des
gisements. Cette démarche se fait en fonction de l'efficacité globale (26 du processus
d'extraction du minerai, d'abord à la mine, ensuite sur l'ensemble de l'exploitation.

La démarche d'analyse du Guide n'exclut pas les méthodes de simulation, d'analyse


mathématique poussée qui ont été appliquées à la planification minière. Le Guide considère
cependant qu'il est nécessaire que ces méthodes soient appuyées sur une plus grande
compréhension des conditions et des interactions qui se rencontent dans l'évaluation et
l'exploitation des gisements. C'est la démarche parallèle à celle de la qualité totale (Deming
1982), mais adaptée au conditions du secteur minier.

A) Conception détaillée et planification

La conception détaillée (design) et la planification sont des opérations itératives qui


doivent être menées systématiquement et de façon exhaustive. Il faut, avant de choisir une
méthode d'extraction, avoir intégré et évalué toutes aspects géologiques et d'ingénierie reliés
au gisement et évaluer quantitativement toutes les alternatives plausibles. Trop souvent, on
appelle conception et planification un processus qui consiste à considérer diverses alternatives
et à ne calculer les paramètres techniques et les coûts que pour celle qui semble la plus
avantageuse. Dans le contexte minier, les situations sont toujours complexes. Cette approche
trop sommaire ne permet pas d'évaluer tous les paramètres du dossier, d'établir les marges
d'erreur des diverses composantes du projet.

L'informatisation des dossiers et la disponibilité de logiciels de traitement appropriés


facilité l'utilisation des ordinateur pour la conception et la planfication des exploitations

26
L'efficacité globale inclut, outre le rendement tonnage, le rendement teneur, donc
le rendement métal global de l'exploitation.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 183


Méthode d'évaluation

minières. Le lecteur intéressé pourra référer aux Comptes-rendus de l'Atelier sur l'application
des ordinateurs (CAME 1990) qui décrit 6 cas types d'applications.

Dans un contexte d'ingénierie et de gestion de projet, les étapes de conception et


planification sont essentielles à l'optimisation des réalisations. L'expérience des aménagements
dans l'ensemble de l'industrie est que les frais de conception constituent 2 à 5% des coûts d'un
projet à réaliser, la planification 5 à 8% et la réalisation (incluant la surveillance) de 87 à 93%.
Ces chiffres indiquent que des économies importantes sur les frais de conception et de
réalisation réduisent peu le coût d'ensemble d'un projet. Par contre, des lacunes à ces stades
sont susceptibles de se traduire par des frais additionnels beaucoup plus élevés (que les
économies) lors de la réalisation du projet. Pour l'ingénieur ou l'exploitant, se complaire dans
de telles économies, c'est être un piètre parieur.

Les enquêtes citées à la section 3.3 (Knoll, 1989 et Clow 1990), témoignent que
l'ingénierie qui a précédé certaines décisions de mise en production a été trop sommaire et trop
superficielle. Cette lacune, qui est considérée comme l'une des causes des échecs subis par
plusieurs mises en production récentes, s'est rencontrée régulièrement dans les projets de
développement minéral au Canada, et ailleurs. La période des actions accréditives n'a fait
qu'en accentuer les effets nocifs. On semble trop souvent oublier, dans la hâte d'arriver à une
décision de mise en production, que le contexte de l'étude de faisabilité est celui d'un bilan des
acquis (les réserves), en vue de justifier une décision d'investissement dans un projet de
caractère industriel (Grace 1986). C'est une différence majeure avec le contexte d'exploration
et de développement des stades précédents, caractérisés par l'investissement de capital de risque
dans un contexte de développement, de croissance. Le chapitre 11, Faisabilité / Décision
revient sur ces questions.

B) Exploitation

Le niveau de précision dans l'établissement de l'ingénierie minière qui est requis par
les sociétés minières seniors pour une décision de mise en production n'est pas suffisant, en
général, pour les besoins de l'exploitation. Cette nouvelle étape requiert une planification
encore plus détaillée des cédules de développement minier et d'exploitation. L'expérience
acquise dans une exploitation permettra de raffiner les méthodes et les procédures.

Il faut se rappeler que les décisions de l'exploitation se font dans un contexte


économique qui évolue, à l'exclusion de tout changement extérieur dans l'indice des prix, dans
les prix des métaux. En effet, la mine en exploitation qui doit rencontrer les paiements des
intérêts et le remboursement du capital investi, requiert une teneur de coupure plus haute que
la mine "adulte" ou que la mine en extinction dont les frais sont réduits (sect. 10.2.4).

II. 184 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

8.2 POLITIQUES ET CHOIX D'EXPLOITATION

L'objectif fondamental d'une exploitation minière est le plus bas coût final à l'unité
de métal produit, qui soit compatible avec les contraintes physiques, techniques et légales
auxquelles sont (seront) soumis le gisement et l'exploitation envisagée. Les orientations
fondamentales se présenteront dès les premières étapes de la planification d'une exploitation.

8.2.1 CIEL OUVERT / SOUS-TERRE

Chaque fois qu'elle est rendue possible par la proximité du gisement par rapport à
la surface du sol, l'exploitation à ciel ouvert est préférée à l'exploitation souterraine.
L'exploitation à ciel ouvert se fait en carrière, le minerai exploité par tranches horizontales étant
le plus souvent transporté par camions, quoique les trains et les bennes sont également utilisées.
L'exploitation souterraine se fait à partir de puits ou de galeries à flanc de colline.

Le démarrage d'une exploitation à ciel ouvert requiert des investissements moindres


que ceux requis pour la mise en marche d'une exploitation souterraine, lorsqu'un gisement se
situe près de la surface du sol. Cependant, la poursuite d'une exploitation à ciel ouvert à plus
grande profondeur demande des investissements importants pour les décapages du stérile et du
mort terrain et une planification méthodique. En effet, une planification systématique est par-
ticulièrement nécessaire lors de la conception du contour d'une excavation à ciel ouvert pour,
d'une part, optimiser la récupération métal et minimiser le décapage de mort terrain et de roche
stérile, d'autre part.

La productivité/homme est environ 5 fois plus grande dans les exploitations à ciel
ouvert que dans les mines souterraines, car il y existe moins de restrictions quant à l'emploi
d'équipements de grandes dimensions. Les coûts d'extraction sont inversement proportionnels.
Ces coûts réduits permettent, entre autres avantages, d'exploiter à ciel ouvert des gisements à
faible teneur qu'il ne serait pas rentable d'exploiter sous terre.

8.2.2 VOLUME OU SÉLECTIVITÉ

Certains gisements de petite dimension n'offrent que peu de choix, tandis que d'autres
offrent des alternatives d'exploitation à l'ingénieur des mines, au responsable de l'exploitation.
C'est, à un extrême, l'exploitation en vrac (à ciel ouvert ou sous-terre), à teneur coupure
relativement basse, peu sélective, moins dispendieuse, moins exigeante en main d'oeuvre et
contrôles, qui récupère plus de métal mais risque d'entraîner une dilution plus importante et des
frais accrus de traitement. A l'autre extrême, c'est l'exploitation très sélective, dispendieuse,
à teneur coupure haute, exigeante quant aux contrôles géologiques et miniers, qui réduira la
dilution mais entraînera plus de pertes de métal.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 185


Méthode d'évaluation

Dans la pratique, les solutions ne sont pas simples. Les coûts plus élevés de la
deuxième option entraîneront des teneurs de rentabilité et des teneurs coupures plus élevées qui
réduisent le rendement de l'exploitation par rapport au gisement initial et réduisent l'utilisation
de la ressource minérale. Il faut donc chercher à optimiser l'exploitation projetée d'un gisement
par des choix qui s'établiront lors de la conception et de la planification détaillée. Ces
orientations s'axeront sur les paramètres géologiques, telle la courbe cumulative de distribution
des teneurs et sur les paramètres économiques (chap. 10).

Les considérations de géomécanique viennent compliquer cette perspective


relativement simple. La compétence relative des murs et des toits des gisements, leur forme,
leurs dimensions, leur profondeur, compliquent l'image. Le comportement anticipé des murs
devient une variable essentielle de la conception et du choix de la méthode d'extraction minière.
A un extrême, on trouvera les méthodes de chambres ouvertes, à l'autre les méthodes
d'effondrement (caving), les méthodes à chambre remblayées occupant une zone intermédiaire.
Le développement de la géomécanique a coïncidé avec le développement des techniques de
boulonnages et d'ancrages par câbles. Ces techniques ont permis d'améliorer le comportement
mécanique des murs et toits des excavations et de réduire proportionnellement la dilution
"mécanique".

8.3 L'EXPLOITATION À CIEL OUVERT

8.3.1 DESCRIPTION

L'exploitation à ciel ouvert se fait habituellement en tranches ou paliers horizontaux.


Leur épaisseur se situe autour de 9 à 11 mètres et varie selon les dimensions de l'équipement
utilisé et les caractéristiques du gisement. Les murs des fosses sont dotés de "tablettes", à
chaque banc ou à tous les deux bancs, et l'inclinaison globale des murs variera selon les
caractéristiques géomécaniques du matériel qui les constitue, dans le but d'assurer la stabilité
des pentes et la sécurité du personnel. L'angle d'inclinaison influence directement les quantités
de matériel stérile à extraire pour dégager le minerai; la pente des murs influence également
le coefficient de récupération de la minéralisation en place. Il est donc essentiel que ces
paramètres soient établis avec précision au moment des décisions.

8.3.2 CONTRÔLE DE LA QUALITÉ

La méthode d'exploitation à ciel ouvert offre des conditions avantageuses, autant pour
l'obtention d'informations additionnelles avant le sautage du minerai, que pour l'ajustement des
contours minerai/stérile. Cette méthode offre également des possibilités de sélection/triage
après sautage. Ces activités sont toutefois conditionnées par l'échelle du gisement et des
structures, par le rythme d'exploitation et par les autres paramètres miniers. Une exploitation

II. 186 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

à 25,000 tonnes de minerai par jour ne permet pas autant de sélectivité qu'une exploitation à
1,000 ou 3,000 tonnes par jour.

Les conditions à ciel ouvert sont souvent optimales pour placer des sondages
additionnels sur maille plus serrée et pour obtenir de l'information sur maille serrée par
l'échantillonnage des forages pour sautage. Pour optimiser la récupération, il faut que le forage
et le sautage se fassent en respectant l'attitude, les limites et les dimensions des bandes minérali-
sées. Les bandes verticales permettent souvent une meilleure sélection et récupération que les
bandes inclinées ou que les bandes horizontales. Le cas type de la Mine Doyon en section 8.7
illustre ces conditions.

8.4 L'EXPLOITATION SOUTERRAINE

L'évolution actuelle vise à l'utilisation de méthodes plus mécanisées, de procédures


simplifiées. Dans chaque cas, il faut pondérer l'économie de coûts contre la dilution, les
pertes, la baisse de teneur et le tonnage accru à traiter à l'usine. Les principales méthodes
d'exploitation souterraines suivantes seront analysées:
méthodes à chambres ouvertes
- méthode chambres et piliers,
- méthode des longs trous,
méthodes à chambres remblayées:
- méthode chambres-magasins,
- méthode à déblais et remblais,
- méthode AVOCA,
méthodes à effondrement:
- soutirage par foudroyage ou par bloc foudroyé.

8.4.1 MÉTHODE PAR CHAMBRES ET PILIERS

A) Description

Cette méthode consiste à excaver dans le gisement en laissant des piliers de minerai
destinés à supporter l'éponte supérieure (Figure 8-1). La dimension du chantier et des piliers
variera selon la stabilité de cette éponte, la stabilité du minerai, l'épaisseur du gisement et la
pression de la roche. Les piliers sont espacés régulièrement et ils peuvent être ronds, carrés
ou encore prendre la forme de murs longitudinaux qui séparent les chantiers. Suivant les cas
et suivant que l'on doive maintenir la stabilité des couches ou que l'on prévoit un écrasement
graduel, on abandonnera les piliers ou on les récupérera entièrement ou partiellement par
dépilage. On emploie la méthode de chambres et piliers pour exploiter des gisements à
pendages horizontal, faible (en plan incliné), ou jusqu'à 40° par paliers.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 187


/ n \

k. Galerie de
ventilation

Foreuse verticale

10 3616m

Sortie de ventilation

PENDAGE MAXIMUM : 12°

Fig. 8.1

MÉTHODE DE CHAMBRES ET
GUIDE D' ÉVALUATION PILIERS: HORIZONTAL
Séquence d'extraction

Fig. 8.2

CHAMBRES ET PILIERS
GUIDE D' EVALUATION INCLINEES A PALIERS
Méthode d'évaluation

L'exploitation horizontale permet d'exploiter des gisements étendus mais d'épaisseur


restreinte tels les gisements de potasse de Saskatchewan. On utilise également cette méthode
dans l'exploitation de gisements massifs comme les dômes de sel de Mine Seleine ou les
gisements de Mine Gaspé, avec des chambres de hauteurs respectives de 20 m et 30m. Cette
méthode, avec ses aires ouvertes d'accès facile, favorise l'emploi d'équipement mécanisé.
L'exploitation en plan incliné s'applique aux gisements de pendages faibles à moyens.
La mécanisation est plus difficile et limitée aux pendages plus faibles. L'exploitation en paliers
replace de plus en plus souvent l'exploitation en plans inclinés (Figure 8-2), dans les cas où
l'inclinaison du gisement est trop forte. Cette approche relativement nouvelle semble très
prometteuse par son efficacité.

B) Contrôle de la qualité

La récupération varie selon le contour du minerai. Dans des couches uniformes, la


récupération variera selon les exigences géomécaniques pour les dimensions respectives des
chambres et des piliers, selon la résistance mécanique de la roche et selon les pressions lithosta-
tiques. Dans ce type d'exploitation, le contrôle de la qualité est limité par les contraintes de
la conception des chambres et piliers reliées aux formes du gisement et par les contraintes
d'accès aux chambres plus éloignées. Ces contraintes sont importantes dans le cas de grands
gisements comme ceux de potasse, ou dans les dômes salifères à cause des contraintes de
géomécanique, tandis que plus de flexibilité est permise dans les gisements de plomb-zinc de
type Mississipi, ou les gisements massifs comme ceux de Mine Gaspé.

8.4.2 MÉTHODE À LONGS TROUS

A) Description

La méthode à longs trous est généralement utilisée pour l'exploitation de gisements


de bonnes dimensions, à fort pendage (> 50°), où le minerai et les épontes sont de bonne
qualité; en principe, le chantier demeure ouvert après l'extraction d'où le nom anglais: :"long
hole open stope". Un gisement de faible épaisseur se prête à cette méthode pourvu que son
pendage permette le libre écoulement du minerai abattu vers les points de soutirage.
L'épaisseur minimum pratique est de l'ordre de 3 mètres mais, avec l'amélioration des
équipements de forage, on utilise cette méthode pour extraire des zones tabulaires de 1.75
mètres d'épaisseur, à condition de restreindre la longueur des trous à 15 mètres. Pour que le
forage et le sautage du minerai soient possibles, il faut avoir accès au gisement à différents
niveaux entre les galeries de soutirage supérieure et inférieure. Le minerai est ainsi abattu vers
la zone ouverte et il descend par gravité jusqu'au point de soutirage (Figure 8-3). Lorsque
l'utilisation de l'équipement est optimale, une bonne productivité peut être atteinte avec un
minimum de main-d'oeuvre. La méthode à longs trous (de petits ou de grands diamètre) est
sécuritaire et économique, lorsqu'appliquée de façon appropriée.

II. 190 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

B) Contrôle de la qualité

La méthode des chantiers longs trous permet d'augmenter l'information géologique


avant d'établir le contour final du chantier. Les coupes horizontales et les monteries
d'ouverture permettent de cartographier et d'échantillonner le minerai pour ajuster les contours
du chantier. Les forages des longs trous peuvent être échantillonnés en recueillant les rognures;
cette procédure est en général utilisée de façon sélective, à toutes les quatre ou cinq rangées
(tous les 7 à 8 m.) dans les chantiers de petite dimension. Dans les chantiers de plus grande
dimension on tendra à échantillonner surtout la périphérie, pour optimiser les limites.

La méthode des chantiers à longs trous est vulnérable à la dilution, chaque fois que
les limites du minerai sont irrégulières ou que la faible compétence des murs entraîne un apport
additionnel de matériel. Cette dilution peut être réduite avec des procédures appropriées, en
évitant de vider complètement le chantier avant le sautage d'une nouvelle rangée. La méthode
des chantiers longs trous est à déconseiller avec des murs incompétents car elle peut
s'accompagner de dilution élevée. L'article "Low Cost, High dilution"76 décrit des conditions
de dilution extrême (100%) qui sont reliées à l'utilisation de cette méthode en présence de murs
incompétents constitués de schistes à chlorite.

L'application de la méthode longs trous à des chantiers étroits (jusqu'à 1.75m),


entraîne automatiquement une dilution volume de l'ordre de 35 à 45%, à cause de l'effet
géométrique (voir la section 7.1.7). Par exemple, pour 1.75m de minerai + 2 x 0.30m de
dilution des murs on devra extraire un total de 2.35m: la dilution minimale se chiffre alors à
2.35 / 1.75 = 1.34 ou 34%. Rappelons la dilution importante et la baisse des teneurs à
l'alimentation qui avaient suivi l'adoption de cette méthode à la Mine Arthur White de
Dickinson Mines Ltd il y a quelques années, en remplacement des chantiers coupe et remblai.

8.4.3 MÉTHODE DES CHAMBRES-MAGASINS

A) Description

La méthode des chambres- magasins, de même que la méthode des chambres


remblayées, reposent sur une technique de remblayage. Dans le cas actuel, l'abattage débute
au toit d'une coupe horizontale de la veine ou zone tabulaire. Une partie du minerai abattu est
gardée dans le chantier pour servir de plate-forme de travail et pour étayer les murs du chantier
pendant l'exploitation vers le haut (Figure 8-4). Comme le minerai augmente en volume après
avoir été abattu, il est nécessaire d'en extraire environ le tiers pour permettre la poursuite des
travaux. Ce minerai ainsi "emmagasiné", d'où le nom de la méthode, est retiré lorsque
l'abattage du minerai dans le chantier est complété.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 191


COUPE
TRANSVERSALE

GALERIE DE SOUTIRAGE supérieur )

Foreuse +-Passoçe du personnel

Trous de
forage

~,.
E
N
••••

t^,

GALERIE DE
a
SOUTIRAGE
N E (inférieur )

n
t Point de
soutirage

Galerie de halage

COUPE LONGITUDINALE

Fig. 8.3

MÉTHODE DE MINAGE PAR LONGS


GUIDE D' EVALUATION TROUS DE PETITS DIAMÈTRES
COUPE COUPE
TRANSVERSALE LONGITUDINALE

r0 0 0 0 0 0 0 0 0
II
Passage d'hommes

~
■ ■1
Ir
■ ~I
rtl
11
~
~
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11~

u
1

11

11 Chantier

~t
il

l~ ~ ~ ~ T 1
~ Ma
Point de soutirage

J
Galerie de soutirage Chute à minerai

. . I 1. 1 - 1 1 . 1 1 1 1 .. - I I

Galerie de halage

PLAN

Fig. 8.4

GU/UF D ÉVALUATION MÉTHODE CHAMBRES-MAGASINS ~


Méthode d'évaluation

La méthode chambres-magasins s'utilise pour l'exploitation de gisements présentant


les caractéristiques suivantes:
- fort pendage (>500), épaisseur modérée à faible;
- bonne compétence du minerai;
- stabilité des épontes supérieure et inférieure;
- emmagasinage sans altération du minerai;
- besoin de suivi géologique, murs irréguliers.

Elle constitue une technique d'abattage traditionnelle, laborieuse, qui requiert des frais
de main-d'oeuvre importants et qui est d'une productivité limitée. On cherche à la remplacer
par des méthodes moins dispendieuses et/ou de productivité plus immédiate comme la méthode
à longs trous ou le soutirage par foudroyage. Ces méthodes sont moins adaptée à l'extraction
de gisements à murs irréguliers qui requièrent un contrôle exigeant et amènent plus de dilution
que la méthode des chambres-magasins.

B) Contrôle de la qualité

La méthode chambres-magasins permet un suivi continu des contours d'un chantier,


par observations géologiques et échantillonnages à toutes les coupes horizontales, à partir du
début du chantier. Elle est donc particulièrement adaptée à des zones minéralisées de bonne
compétence, de largeurs faibles à moyennes dont les murs sont irréguliers et dont les teneurs
justifient des frais d'extraction et de contrôle plus importants. Les monteries d'accès sont
habituellement situées à l'extrémité des zones, sauf pour les zones très longues; leur valeur
d'échantillonnage est donc variable.

8.4.4 MÉTHODE DES COUPES ET REMBLAIS

A) Description

La méthode d'exploitation par coupes et remblais (cut and fill), illustrée en figure 8-5, est
très flexible et, par conséquent, facilement adaptable à presque tous les types de gisements.

En général, une tranche de minerai de 2.4 à 3 mètres est abattue du toit du chantier.
Au besoin, le toit est ensuite assujetti au moyen de boulons d'ancrage. Puis le minerai abattu
est sorti du chantier au moyen de chargeuses-navettes par la galerie de service, ou par une chute
à minerai. L'espace vacant de 2.4 à 3.0 mètres est alors remblayé, habituellement au moyen
de rejets de l'usine, de graviers ou de stériles de la mine, et le cycle recommence.

Le chantier s'élevant ainsi peu à peu, à tous les 9 mètres d'élévation environ, une
nouvelle galerie de service doit être prévue pour l'évacuation du minerai. Les entrées de ces

II. 194 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

galeries sont modifiées à chaque cycle d'extraction, telles qu'illustrées dans la Figure 8-6. La
masse de minerai abattu étant peu volumineuse, il en découle une productivité réduite à cause
des manoeuvres requises, du contrôle constant exigé et du caractère cyclique de l'exploitation.
La méthode des coupes et remblais est susceptible de mécanisation pour les gisements d'une
certaine largeur.

Cette méthode est efficace dans le cas de gisements verticaux ou sub-verticaux (> 45°)
qui s'enfoncent très profondément dans le sous-sol, pour répondre aux contraintes
géomécaniques. Elle peut aussi être employée pour des gisements moins profonds dont les
épontes ont une faible résistance ou des limites très variables et pour un minerai dont la valeur
permet l'emploi de cette méthode relativement coûteuse.

B) Contrôle de la qualité

La méthode des coupes et remblais offre les mêmes caractéristiques que la méthode
des chambres-magasins quant au contrôle de la qualité lors de l'exploitation. Elle permet un
contrôle suivi des limites extérieures de la minéralisation, donc une bonne sélectivité lors de
l'extraction. Cette méthode permet donc de réduire les pertes et la dilution.

8.4.5 MÉTHODE AVOCA

A) Description

La méthode AVOCA combine certaines caractéristiques des méthodes d'extraction en


chambre ouverte et de coupes et remblais, pour maintenir les murs des chantiers ouverts après
l'extraction du minerai. Cette méthode comporte le sautage de rangées de forages placés à
partir d'un sous-niveau, le chargement du minerai avec des chargeuses contrôlées à distance et
le remblayage du chantier avec de la roche stérile placée à partir du sous-niveau supérieur
(Figure 8-7). Cette méthode présente les avantages suivants:
- cycles indépendants de forage, sautage, chargement du minerai, remblayage par du
stérile, dans une exploitation en continu;
- la surface des murs/plafonds non supportés est gardée minimale et contrôlée par le
remblayage de stérile; ceci élimine le besoin de piliers et contrôle la dilution par les
murs;
- l'exploitation peut se poursuivre sur plusieurs sous-niveaux en parallèle si les murs
le permettent.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 195


PLAN
Passage d' homme

Galerie halage ---► Galerie de soutirage

Passage d'homme

r-1 r -~
L_J L_ I
Ventilation et chfite de
matériaux de remblaioge

COUPE TRANSVERSALE

Fig. 8.5

GUIDE D' ÉVALUATION MÉTHODE COUPES ET REMBLAIS


COUPES a REMBLAIS
ECNEL LE - !r 250

Galerie
de
ha loge

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Gale rie
de Galerie de soutirage
ha loge
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Galerie
de
ho loge

LEGEh'DE

/////, Zone mineralise". :"o Pierre à remblais

Zone sterile Sable o remblais

Fig. 8.6

GUIDE DEVALUATION ACCÈS DES CHANTIERS


NIVEAU 4.3

~-- Rangées de forages


I

~ I
Chargeur Travers Camjon de
sterile NIVEAU 4.2
banc

1 1 Ranges
I I I de forages

REMPLISSAGE STÉRILE I I I

I I I

NIVEAU 4.1

Chargeur

Fig. 8.7

~ GUIDE D'ÉVALUATION MÉTHODE AVOCA


Méthode d'évaluation

B) Contrôle de la qualité

La méthode AVOCA est vulnérable à la dilution par le stérile utilisé pour le


remblayage. L'irrégularité des contacts et le comportement mécanique des murs peuvent
également causer de la dilution et des pertes. La méthode permet des sondages de détail par
les galeries de halage, ainsi que la cartographie et l'échantillonnage des galeries de
développement et des sous-niveaux. Les longs trous peuvent être échantillonnés pour préciser
le contour des murs. La méthode AVOCA sera utilisée dans la zone 2 de la mine Doyon à
partir du début de 1990: on y prévoit des dilutions (globale) de l'ordre de 15 % . Le maintien
d' une telle efficacité demandera beaucoup de contrôle et de suivi.

8.4.6 MÉTHODE DE SOUTIRAGE PAR FOUDROYAGE

A) Description

Dans la méthode de soutirage par foudroyage ou méthode des chambres foudroyées


(sublevel caving), le gisement est divisé en sous-niveaux espacés de 8 à 15 mètres vertica-
lement, selon le pendage du gisement. A chaque sous-niveau, il y a un réseau de galeries qui
traversent tout le gisement. Le minerai situé au-dessus des galeries est perforé en longs trous
qui ont la forme d'un éventail (Figure 8-8). Le minerai est soutiré et l'effondrement du mur
supérieur referme l'ouverture après le soutirage.

Le soutirage par foudroyage est utilisé pour l'exploitation de gisements à fort pendage
dont les murs ne présentent pas assez de compétence pour l'extraction par une méthode de
chambre ouverte.

Le soutirage par foudroyage ne convient que dans les cas où les galeries ne nécessitent
pas de soutènement. Toutes les étapes de cette méthode se prêtent à la mécanisation, ce qui
permet des coûts d'extraction raisonnables.

B) Contrôle de la qualité

La méthode du soutirage par foudroyage ne permet pas d'accès direct au minerai avant
l'extraction en général. On peut se servir des galeries d'extraction pour des forages de détail
et on peut également échantillonner certaines rangées des forages pour sautages. La dilution
et les pertes de minerai sont souvent importantes dans la méthode de soutirage par foudroyage.
Par exemple, la Figure 8-8 illustre un cas où l'angle des trous avec l'éponte supérieure n'est
pas optimal pour séparer efficacement minerai et stérile. On y observera également la position
du stérile.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 199


Pierres stériles foudroyées

Minerai foudroyé

55°

Perte possible ou minerai dilué

15m
J
F

45°

10 m

Galerie d'exploration

Fig. 8.8

METHODE DE SOUTIRAGE
GUIDE DEVALUATION PAR FOUDROYAGE
Méthode d'évaluation

Diverses variantes de la méthode ont été développées pour optimiser le rendement et


minimiser l'apport de stérile dans l'alimentation. Les procédures doivent surveiller les
conditions du chantier et contrôler la sortie du minerai en évitant de vider le chantier trop vite,
pour minimiser la dilution de l'éponte supérieure. Il faut donc prévoir de façon réaliste la
récupération et les pertes possibles avec cette méthode.

8.4.7 MÉTHODE DES BLOCS FOUDROYÉS

A) Description

La méthode des blocs foudroyés (block caving) est adaptée à de grands gisements de
type massif, tels les porphyres cuprifères ou aurifères, lorsque la faible compétence mécanique
de la roche rendrait les méthodes plus sélectives trop dispendieuses et trop dangereuses. C'est
cette caractéristique de la roche qui permet au minerai, foudroyé à l'aide d'un réseau approprié
de forages, de s'écouler dans les ouvertures aménagées au dessus des points de soutirage.

B) Contrôle de la qualité

Le gisement doit être échantillonné au moyen de forages au diamant ou à la percussion


et par les galeries de développement et les sous-niveaux. Une fois l'exploitation en cours, la
seule information additionnelle provient de l'échantillonnage des points de soutirage. L'effon-
drement du matériel est planifié et réalisé par le contrôle du soutirage, pour minimiser l'apport
de matériel plus pauvre ou stérile des murs. Cependant, on a de fait peu de contrôle sur les
résultats, sauf d'arrêter le soutirage quand la teneur devient trop basse. La dilution et les pertes
sont en général très fortes par rapport au contour cible foudroyé.

8.5 CARACTÉRISTIQUES DES MÉTHODES D'EXPLOITATION

Les tableaux 8-1 et 8-2 présentent un résumé des caractéristiques physiques et de


l'efficacité des méthodes d'exploitation décrites dans les sections précédentes, du point de vue
du géologue/ingénieur géologue, de l'ingénieur des mines et de l'exploitant.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 201


Méthode d'évaluation

TABLEAU 8-1
CARACTÉRISTIQUES DES MÉTHODES MINIÈRES

MÉTHODE D'EXPLOITATION PENDAGE COMMENTAIRE COÛT

CHAMBRES ET PILIERS Minerai compétent


Éponte compétente
Horizontal 0 à 15° Haute mécanisation Bas

Plan incliné 15 à 40° Peu de mécanisation


Élevé

Par paliers 15 à 40° Haute mécanisation Moyen

LONGS TROUS Épontes compétentes


Petits diamètres > 50o Trous 60-80mm Bas/Moyen
Profondeur 15m

Grands diamètres > 50° Trous 170mm Bas/Faible


Profondeur 50m

CHAMBRES-MAGASINS > 50 ° Minerai compétent Moyen


Épontes compétentes

CHAMBRES ET REMBLAIS > 45° Minerai compétent Elevé


Éponte de compétence moyenne

MÉTHODE AVOCA > 60 o Minerai compétent Moyen


Épontes de compétence moindre
Haute mécanisation

CHAMBRES FOUDROYÉES
20 a 60° Éponte compétente Bas
Haute mécanisation

BLOCS FOUDROYÉS > 60° Minérai et épontes Bas


incompétents

II. 202 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

TABLEAU 8-2
EFFICACITÉ DES MÉTHODES MINIÈRES

Méthode Récupération Dilution Sélection Contrôle


% %

CIEL OUVERT 60 à 95% 10-30 Très bonne Elevé

CHAMBRES ET PILIERS
Horizontale 35 à 60 5-20 Bonne Limité

Plan incliné 40 à 70 5-20 Bonne Limité

Par paliers 50 à 75 5-20 Bonne Limité

À LONGS TROUS:
Petits diamètres 80 à 90 20-50 Médiocre Limité

Grands diamètres 90 à 100 10-40 Médiocre Faible

CHAMBRES-MAGASINS 80 à 100 5-20 Élevée Élevé

CHAMBRES ET REMBLAIS 80 à 100 5 à 20 Élevée Elevé

MÉTHODE AVOCA 70 à 95 10 à 40 Médiocre Limité

CHAMBRES FOUDROYÉES 60 à 80 20 à 50 Médiocre Faible

BLOCS FOUDROYÉS 40 à 80 20 à 50 Basse Très faible

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 203


Méthode d'évaluation

8.6 CAS TYPES

Les perspectives d'ingénierie minière sont différentes de celles du calcul des masses
et des teneurs, même si elles s'appliquent aux mêmes gisements. Pour élargir les perspectives,
le Guide reviendra sur quelques cas types déjà présentés; un nouveau cas type sera également
discuté sommairement.

8.6.1 LA MINE SISCOE

Le Guide cite, comme exemple de la complexité des situations minières, le cas


historique de la mine Siscoe, située près de Val d'Or. Cette exploitation a prolongé ses
activités de 1940 à 1949 environ à la suite d'un choix judicieux de méthodes d'exploitation.
En effet la direction de la mine a abandonné l'exploitation très sélective de veines aurifères très
riches, mais très complexes, au profit d'une exploitation moins sélective, plus productive et
moins dispendieuse, qui permettait également de récupérer les veines étroites mais riches qui
se situaient dans les épontes des premières.

L'histoire de cette exploitation peut être retracée dans les fichiers des coupures de
presse du Northern Miner et dans les fichiers de compagnie, au Ministère de l'Énergie et des
Ressources de Québec. Beaucoup d'exploitants se sont réclamés de cet exemple pour s'orienter
vers des méthodes d'extraction moins sélectives, mais tous n'ont pas obtenu des résultats
équivalents: beaucoup des épontes des veines ou zones ainsi exploitées n'étant pas aussi riches
que celles des veines de la mine Siscoe.

8.6.2 CAS TYPE: MINE DOYON

Pour illustrer l'importance des procédures d'acquisition d'information et de contr6le


de la qualité à l'exploitation minière, le Guide revient à l'exemple de l'exploitation à ciel ouvert
de Mine Doyon, donné au chapitre 8. Les réserves de la fosse y étaient qualifiées de
"prouvées", par forages au diamant sur maille de 15 mètres. Cependant, la réalisation de ces
prédictions lors de l'exploitation a exigé un échantillonnage plus serré. Sur chaque banc de
10m, on a procédé d'abord au forage de sondages à la percussion inclinés à 45° et de 12 à 15m
de longueur, entre les sondages au diamant, pour obtenir une maille de 7.5 m. Les rognures
sont récupérées au moyen du cyclone dont est équipée la foreuse pour le contrôle des
poussières. Le contour du minerai planifié pour sautages est révisé d'après ces résultats.

L'optimisation de la récupération du minerai ne permet pas d'utiliser la foreuse de


calibre 150mm utilisée pour le sautage du stérile, avec maille 4m x 4m. On doit plutôt utiliser
pour les forages dans les zones minéralisées une foreuse de calibre 75mm, avec maille 2.3m
x 2.3m.

II. 204 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Ces forages sont échantillonnés sur longueurs de 3m et on révise, s'il y a lieu, les
contours du sautage avant la mise à feu, pour optimiser la teneur. C'est au coût de ces
mesures que la dilution de 10% attribuée à l'estimation des teneurs des réserves prouvées
de cette mine a pu être maintenue à ce niveau dans l'exploitation.

8.6.3 EQUITY SILVER MINES

La section 6. résume un cas type de tests de contrôle de qualité sur les échantillon-
nages et les analyses des forages de production à Equity Silver Mines Ltd (Giroux, Sinclair et
Miller, 1986). Les vérifications décrites ont permis, en corrigeant les biais des échantillonnages
et des analyses, d'améliorer la sélection minière et d'augmenter les revenus par un montant
estimé à environs 1M$ par an. Cet exemple souligne l'importance d'un contrôle de qualité
approprié des échantillonnages au stade de l'exploitation.

Miller et Giroux, 198677, rapportent le développement d'un modèle géostatistique


d'estimation à partir des échantillonnages des forages du gisement Main Zone de Equity Silver
Mines Ltd, qui est exploité à ciel ouvert. Une comparaison de ces résultats avec ceux de la
méthode polygonale montrent une meilleure correspondance des premiers avec les données de
la production. L'accroissement du revenu amené par l'estimation plus précise des limites du
minerai avec la géostatistique se chiffre, selon cette étude, à près d'un million de dollars par
an.

8.7 GUIDES D'APPLICATION: CONCEPTION

La conception et la planification d'une exploitation minière sont des étapes reliées à


l'évaluation géologique des gisements, au calcul des masses et des teneurs et à la minéralurgie.
Il va sans dire que l'ingénieur des mines est le principal intervenant mais que l'ensemble du
processus requiert l'intervention de l'équipe multidisciplinaire: géologue/ingénieur géologue,
géostatisticien, ingénieur spécialiste en géomécanique, ingénieur minéralurgiste, spécialiste de
la finance et de l'économie minière.

Le Guide fera la revue des principaux éléments à considérer dans la planification


minière, afin d'arriver à la méthode la plus économique pour le projet dans son ensemble, parce
que la plus appropriée au cas sous étude. Par exemple, il est peu recommandable d'appliquer
une méthode d'extraction demandant un contour fixé à l'avance à un gisement d'une géologie
très variable telle des veines irrégulières formant des limites imprécises.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 205


Méthode d'évaluation

8.7.1 GISEMENT ET MÉTHODE

Au moment de la conception, il faut expliciter les relations suivantes entre le gisement


et la méthode d'exploitation:

- la forme et les caractéristiques du gisement;

géométrie et distribution de la minéralisation;

attitude des zones minéralisées: en général des zones verticales peuvent être
extraites avec moins de dilution que des zones à plus faible pendage, à
compétence égale de la roche. Dans une mine à ciel ouvert, les zones inclinées
ou sub-horizontales sont plus difficiles à extraire sans dilution que les zones
verticales ou sub-verticales;

épaisseur du gisement: un gisement mince sera plus vulnérable à la dilution


mécanique (voir sections 7.1.7);

les relation chantier/gisement: la corrélation entre le contour "minier" résultant d'une


méthode donnée et les contours naturels ou interprétés du gisement influence
directement l'efficacité de l'extraction.

- l'échelle de l'exploitation: la dimension de l'unité "triable" sera beaucoup plus grande


dans une exploitation à ciel ouvert à 25,000 t/j, que dans une exploitation similaire
à 1000 t/j.

8.7.2 GÉOMÉCANIQUE

Les conditions géomécaniques du milieu minier ont des implications directes sur la
stabilité des installations minières et par conséquent la sécurité des travailleurs. La géoméca-
nique est donc un élément essentiel de la conception et des plans des exploitations minières,
mais l'application de ces connaissances dépasse le cadre du présent travail. Le "Guide de
conception des piliers de surface" publié par le Centre de recherches minérales offre les
informations nécessaires.

Les piliers planifiés dans une mine ne peuvent faire partie des réserves minières
que si des plans d'extraction ont été établis en fonction de toutes les exigences
géomécaniques.

II. 206 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

8.7.3 PRÉVISIONS

Une fois un plan d'extraction envisagé, il faut établir l'effet des pertes et de la
dilution à l'exploitation lors de la réalisation de ce plan. L'estimé résultant est le facteur de
dilution qui sera appliqué au calcul des teneurs et masses du chantier pour arriver à l'estimé des
réserves minières. Il va sans dire que cette opération demandera plusieurs étapes itératives et
qu'elle exigera la collaboration des géologues/ingénieurs géologues et des géostatisticien avec
les ingénieurs des mines, sans oublier les minéralurgistes.

A) Calculs des masses et des teneurs

Les méthodes discutées au chapitre 8 s'appliquent ici. Les teneurs repères sont
fournies par l'analyse de l'ingénierie et de l'économique et seront appliquées à l'intérieur des
murs des chantiers planifiés. Dans le cheminement préconisé par le Guide, les méthodes
géostatistiques utilisent les méthodes de krigeage pour l'estimation des teneurs; les méthodes
traditionnelles dépendent de facteurs de correction d'expérience. Ces corrections ainsi
appliquées aux estimés des teneurs ne font pas partie de la dilution minière au sens strict.

B) Facteur(s) de dilution

Il est essentiel de calculer la dilution minière avec la teneur appropriée, soit celles des
blocs krigés (ou portions) qui sont impliqués, soit celle de la courbe des corrections des teneurs
par krigeage. La pratique traditionnelle, qui consiste à calculer la dilution à teneur nulle ajoute
une imprécision additionnelle aux résultats des estimations et n'est pas recommandable.

8.7.4 CONDITIONS DE RÉALISATION

Le Guide rappelle que le facteur de correction de "dilution d'exploitation" n'est qu'un


ESTIMÉ. En effet, les pertes et la dilution lors de l'exploitation, quoiqu'anticipées. ne sont
pas fixées ou garanties comme telles. Il faudra donc contrôler, sinon réduire autant les pertes
que la dilution lors de l'extraction minière, par un contrôle de qualité efficace pour ne pas
dépasser l'ESTIMÉ de "dilution d'exploitation" utilisé pour un chantier ou une méthode donnée.
Pour ce faire, il faut analyser les conditions prévisibles à l'exploitation minière. Les possibilités
d'erreurs de réalisation se situeraient par exemple:
- dans la délimitation des murs: les imprécisions et les erreurs dans la réalisation du plan
de forage et de sautage introduisent des pertes et des dilutions non prévues;
dans l'écroulement des murs des chantiers après l'abattage;
dans les lacunes des échantillonnages et autres procédures de contrôle;
dans l'acheminement du minerai et du stérile après sautage.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 207


Méthode d'évaluation

Les méthodes géostatistiques peuvent contribuer à l'efficacité de toutes les étape des
estimés et à l'efficacité de la réalisation (section 7-6 et David, 1988 et 1989).

8.7.5 CONTRÔLE DE LA QUALITÉ

C'est la responsabilité du géologue/ingénieur géologue dans l'exploitation minière de


veiller à la qualité du matériel extrait, au suivi du plan d'extraction du minerai. Cette action
doit, pour être efficace, être planifiée au moment de la conception et de la planification minière.
La démarche même d'établissement du "facteur de dilution" exige de voir les possibilités de
contrôle des teneurs: quelles mesures peuvent ou doivent être prises pour minimiser
l'importance des pertes et de la dilution lors de l'exploitation dans chacune des méthodes
envisagées? Citons par exemple les facteurs suivants:

possibilité d'obtenir des informations additionnelles avant le sautage et d'ajuster les


contours du minerai, du chantier:
-par des sondages de détail avant la délimitation finale du chantier;
-par échantillonnages des forages de sautage ou d'autres échantillonnages durant
l'exploitation qui permettent des ajustements aux contours du minerai avant
sautage27;
- par l'utilisation des techniques géostatistiques pour l'évaluation des résultats des
échantillonnages;
possibilité de contrôle par échantillonnages des points de soutirage:
-l'échantillonnage des points de soutirage est une mesure de contrôle a posteriori
qui permet tout au plus de juger si le matériel soutiré témoigne d'une dilution
imprévue;
-l'échantillonnage des godets ou des camions est sujet aux mêmes limitations.
possibilité de réacheminements du matériel après l'abattage, particulièrement à ciel
ouvert.

Le contrôle de la qualité demande la collaboration de toute l'équipe technique,


particulièrement du personnel de production. La direction doit transmettre le message explicite
que le contrôle de la qualité est une fonction essentielle, non un ennui qu'il faut tolérer en
le minimisant. Il faut souligner que les systèmes traditionnels de bonus à la production
placent une prime sur la quantité, non la qualité et rendent d'autant plus difficile la
collaboration des mineurs aux mesures de contrôle de la qualité.

27 La méthode chambres magasins, la méthode coupes et remblais et l'extraction à ciel


ouvert permettent de suivre et modifier les contours de la minéralisation, tandis que
la méthode long-trous permet peu ou pas de sélectivité durant l'exploitation.

II. 208 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

8.7.6 COÛTS ET IMPLICATIONS

L'étude des coûts des méthodes alternatives d'exploitation doit se faire de façon
systématique, pour permettre des comparaisons objectives de ces alternatives. Le lecteur
trouvera des exemples d'estimation de caractère préliminaire, tels qu'ils sont requis à la fin du
stade 5, dans le Guide commandité par CANMET, intitulé "Underground Metal Mining". Les
estimés requis au stade de la faisabilité DOIVENT être de caractère plus détaillé que les
exemples de ce texte et s'appliquer spécifiquement au gisement, au chantier sous étude. Le
Guide rappelle encore que l'on doit calculer toutes les alternatives, non seulement la préférée
ou la plus plausible. Nombre de compagnies minières et de consultants ont développé des
formules et des logiciels appropriés à ces études. Le tableau 8-3 donne un exemple type de
formule d'évaluation de chantier dans une mine établie.

A cette dernière étape de planification, il faut poser clairement les questions suivantes:

coûts comparatifs: comment se comparent les coûts d'exploitation des méthodes


alternatives qui sont d'intérêt ? Quelles sont les interactions des choix de méthodes
avec les teneurs de rentabilité et les teneurs de coupure ?

implications: quelles seront les implications du choix retenu sur la cédule de


développement, sur la cédule et le rythme d'exploitation, sur la teneur et les
caractéristiques du minerai fourni à l'usine sur le coût du gramme ou du kilogramme
de métal produit, sur la rentabilité globale de l'exploitation?

productivité: quelle est la probabilité que les prédictions de productivité de la méthode


planifiée soient réalisées? Quelles sont les embûches et les difficultés prévisibles, les
difficultés de mise en marche que l'on peut anticiper, dans la mine, dans l'usine, en
relation avec l'environnement, etc (Knoll 1989, Clow, 1990)

La méthode d'extraction qui montre le coût par tonne extraite le plus bas à la
mine n'est pas nécessairement celle qui offre le plus bas coût par kilogramme de
métal ou par once d'or. Un tel choix n'est pas automatiquement le plus rentable
pour l'exploitation dans son ensemble, compte tenu des implications de
l'extraction minière sur le rendement de l'usine minéralurgique ou la qualité du
produit final, par exemple.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 209


Méthode d'évaluation

TABLEAU 8-3
ÉVALUATION DE CHANTIER

Mine: Chantier: Date:

Réserve: tonnes @ g/t Au g/t Ag, % Cu;


Dilution minière: %@

1) Valeurs Applicables: g/t Au @ _


g/t Ag @ _
% Cu @ _
VALEUR / TONNE: $/t

3) Développements Galerie: _ $
Gal. s. niv. _ $
Monterie cony. _ $
Monterie 1.t. _ $

Parement _ $
Autres
COOTS DES DÉVELOPPEMENTS: Sous/total $
$/t

3) Extraction minière
$ xT Chambre-magasin = $
$ xT Sous-niveau = $
$ xT Longs trous = $
$ xT = $
COÛTS D'EXTRACTION Sous-Total $ $/t

4) Frais généraux de la mine:


Services s/terre: $/t
Services mec./élect: $/t
Concentrateur $/t
Forage exploration $/t Sous-total

5) PPOFIT (PERTE) A LA MINE$/t = 1 - [2 +3 +4] = =

6) FRAIS GÉNÉRAUX D'EXPLOITATION


Services sous-terre $/t
Services méc./élect.
Administration Sous-total

7) PROFIT (PERTE) D'EXPLOITATION $/t = 5 - 6 $/Tt

Par: Date: Approuvé: par

II. 210 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

- précision: les estimés établis par ces études sont-ils d'une précision suffisante pour
l'objectif d'investissement rentable dans un projet industriel ?

opportunité: les études et la planification sont-elles appropriées et suffisantes pour


assurer le développement de la mine et les objectifs initiaux de production, pour
rencontrer les cédules de planification de production et de planification financière, et
les paiement des intérêts, le remboursement des emprunts (Knoll, 1989, Clow 1990).

8.7.7 SÉCURITÉ ET ENVIRONNEMENT

Quel que soit le type d'exploitation envisagé, les aspects de sécurité et d'environ-
nement doivent être parties intégrantes du processus de conception et de planification. Pour
tous les types d'exploitation, il faut prévoir tous les effets sur l'environnement et les
contaminations possibles par des effluents provenant des aires de stockage des stériles et des
rejets. Il faut également prévoir la réhabilitation, le réaménagement des sites utilisés, avec les
coûts afférents. Ces données sont nécessaires, d'abord aux études d'impact exigées par les lois
et règlements, mais également à la gestion rationnelle de l'exploitation envisagée.

8.8 GUIDES D'APPLICATION: LE BILAN RÉSERVES

Trop peu d'entreprises minières procèdent à une comptabilisation rigoureuse des


résultats des exploitations. Le Guide propose ici des procédures de bilan visant à mieux
expliciter les interrelations entre les techniques d'évaluation des gisements d'or, les résultats de
l'extraction minière et ceux de l'usine.

8.8.1 LE BILAN MÉTAL DANS L'EXPLOITATION

Le systématisme doit englober toutes les étapes de la comptabilisation des tonnes et


du métal d'intérêt dans l'opération minière, autant dans les réserves que dans l'extraction
minière et dans l'usinage. Le Guide propose que la présentation des réserves et des inventaires
des gisements délimités comporte une procédure de Bilan systématique des masses et du métal
contenu.

Cette méthode du bilan systématique est courante dans les pratiques comptables. Dans
l'industrie minière, les minéralurgistes en font autant, dans une perspective de contrôle et
d'amélioration de l'efficacité des procédés d'extraction. Par contre, à la géologie et dans la
mine, les bilans sont plus difficiles et surtout plus rares, malgré diverses suggestions et
recommandations, telle celle de Heath, 198178.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 211


Méthode d'évaluation

8.8.2 LE BILAN RÉSERVES / RESSOURCES

Le Guide propose d'appliquer à la présentation des réserves une procédure de Bilan


qui s'appuie sur une explicitation, (une réconciliation en terme comptable), des causes des
différences observées entre les estimés de l'année précédente, les résultats de la production, et
les nouveaux estimés.

Il s'agit de présenter les estimés des réserves et des ressources délimitées sous forme
d'une série de tableaux synoptiques et analytiques qui visent à résumer, comparer et présenter
l'évolution des réserves et des ressources délimitées d'une mine. Cette évaluation s'appuiera,
d'une part, sur les résultats de l'exploitation minière, d'autre part sur l'évolution des estimés
des réserves suite, aux nouvelles informations géologiques acquises et à l'évolution des facteurs
d'ingénierie et des facteurs économiques. La procédure recommandée a été développée et
appliqué dans les exploitations minières du groupe SOQUEM entre 1974 et 1986. Les
exemples aux tableaux 8-4 à 8-6 proviennent de l'exploitation de la Société Minière Louvem
dans le canton Louvicourt en 1974-75.

Le lecteur qui désire consulter d'autres cas-types pourra référer à l'article très élaboré
de Taylor 1966 qui rapporte les résultats d'une enquête poursuivie sur une période assez
prolongée et appuyée sur une connaissance approfondie de l'opération sous étude.

Dans les projets de développement minéral, les mêmes principes s'appliqueront, mais
avec beaucoup moins de détails et aucune donnée de production, évidemment. Le but du
système élaboré que le Guide propose est d'assurer que toute l'information pertinente accumulée
durant le développement d'un gisement et dans l'exploitation soit explicitée de façon à pouvoir
mieux servir. L'application de ce système requiert des compilations et bilans qui couvrent les
thèmes suivants.

1- état global des réserves au début de la période: (8-4);


2- bilan global des gisements et zones: après l'exploitation, des gains et pertes à
l'exploitation, dans les travaux de géologie et d'ingénierie et selon les conditions
économiques (8-5);
3- bilan des catégories: tableaux synoptiques des mouvements entre catégories,
incluant l'exploitation, les découvertes et les pertes (8-6);
4- bilans détaillés des zones: des tableaux additionnels devraient être ajoutés pour
montrer les transactions et la situation résultante dans chaque lentille ou chantier.

L'expérience, durant près de dix ans, à l'application d'un tel système de bilans montre
qu'il peut contribuer beaucoup pour identifier les méthodes, les paramètres et améliorer les
résultats du travail d'évaluation des gisements.

II. 212 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Trop souvent, dans l'aléatoire des conditions géologiques, on se préoccupe peu des
raisons d'une large marge d'erreur dans l'évaluation, surtout quand des résultats favorables
ailleurs compensent ces pertes. Trop souvent également, on néglige de chercher les causes des
différences observées entre les résultats des estimations des réserves et les résultats de l'usinage,
afin de prendre les mesures nécessaires pour résorber ces différences.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 213


SOCIÉTE MINIÈRE LOUVEM DIVISION LOUVEM
RESERVES DE MINERAI DISPONIBLES AU 1 er AVRIL 1976
RESERVES TOTALES

TONNES Cu Zn Ag Au G

I- s) Mineral prouve (dilue b 15%)


lone 4-o (500 et +) 98,900 0.19 9.65 1.26 0.083 3.60
Zone 4-1 (500 et +) 54,700 0.07 8.86 0.67 0.046 3.20
Zone 41-0 casse dise. 73,700 0.30 11.11 0.94 0.131 3.65
Zone 42 (500 et +) 31,000 0.14 4.1 0,60 0.040 2.95
Zone 4 Surface b -500 258,300 0.19 9.23 0.96 [Link] 374S
Zone 40 (500 eu 800) 22,400 0.43 8.67 2.11 0.252 3.27
Zone 41 (500 su 535) pilier temporaire 75,200 0.52 13.00 1.76 0.055 3.72
(535 eu 800) 150,900 0,45 7.00 1.10 0.032 3,34
Zone 4 sous le 500 248,500 07 -8.97 1.39 0:06 T5
Ione 3 (500 au 1050) 293,000 0,26 5.36 0.81 0.01 3.75
Zone 3 et 4 sous 500 541,500 0.36 7.01 1.08 0.032 3.61
Sous total 799,800 0.30 7.73 1,04 0.049 3.56
II- b) Minerai probable (dilue b 15%)
Aurtoie 32 (850 - 1150) 103,500 0.19 7.31 0.85 0.043 3.70
Zone 36 (surface - 500) 354,700 0.08 5.18 0.97 0.017 3.70
Zone 37 150,000 0.18 5.36 0.66 0.017 3.60
Autres zones (60+50 b 65+00) 242,900 0.22 5.32 1,02 0.035 3.56
Zone 3 851,100 0.15 5.51 0.92 0.03 3.64
Zone 43 et 44 (surface b 500) 59,500 0.09 2.71 1.82 0.063 3.15
Zone 4-1 sous le 800 5,700 0.04 4.77 0.33 0.018 2.88
Zone 43 sous le 500 4,000 0.78 9.71 1.11 0.25 3.49
Zone 4 sous le 500 69,200 0.13 3.28 1.66 0.07 3.15
Zone 5 220,000 0.15 5.00 0.75 0.02 2.95
Sous total 1,140,300 0.15 5.28 0.93 0.027 3,48
Total de I et 11 1,940,100 0.21 6.29 0.97 0.036 3.51

III- c) Minerai semi -probable


Zone 5 et satellites 130,000 0.10 8.00 0.50 0.02 3.50
Zone 3 250,000 0.10 9.00 0.50 0.02 2
Sous total 380,000 0.10 8.66 0.50 0.02 3.50

GRAND TOTAL 2,320,100 0.19 6.68 0.90 0.033 3.35


SOCIÉTE MINIÈRE LOUVEM DIVISION LOUVEM
TOTAL DU MINERAI ET DES MINÉRALISATIONS PAR ZONE

MINERAI MINERAIISATI0N5 (4)


TOTAL MINE AU 31/03/76 EN PLACE (3)
RESERVE MINIERE PILIERS ET- BLOCS
01/04/76 NON RECOUVRABLES

Zones 1 et I +500 • 648,000 nul


2.04, —, —, —
Zones 1 et 2 -500 +950 123,000 nul
1.7 CO
Zone 3 298,600 34 700 - 1.3 M lb Zn
2.0, D _ 1.89ACu , - ,- , -, ...~_

Sous total cuivre 1,069,000 34,700 - 1.3 M lb Cu


1.94, 1.~9z Cu, _ , —, —, —
Zone 3 1,394,000 - 169.6 M lb Zn
0.16, 6.10, 0.82, 0.02, 3.64

Zone 4 189,635 x 51.2 M lb Zn 376,000 - 96.8 M lb Zn


13.5% Zn, 1.40, 0.05, — 0.30, 8.40, 1.23, 0.07, 3.41

Zone 5 350,000 - 42.8 M lb Zn


0.13, 6.11, 0.66, 0.02, 3.15

Total zinc 189,635 • 51.2 M lb Zn 2,320,000 - 310.0 M lb Zn mi $24.45


13.5% Zn, _, —,— 0.19, 6.68, 0.90, 0.033, 3.35

1) Tonnes - lb Zn - (Valeur (I) ) 3) Volume geologlque Incluant piliers transversaux longitudinaux,


~ Cu, % Zn, on/T Ag, on/T Au, Densit! etc., piliers non recouvrables et autres.

2) Valeur estimee selon valeur decembre 1975: 4) Sous teneur coupeur de $13/tonne (decembre 1975).
Zn d. 3.00/%
Au il 140. x 78% $109.20/once
Ag 4.5 x 20% $ 0.90/once

TABLEAU 8-5
SOCIÉTÉ MINIÉRE LOUVEM - DIVISION MANITOU

BILAN PAR CATÉGORIE AU 01 / 04/ 76

MINERAI DE ZINC RESERVES AU MINE RECONCILIATION RESERVES AU


01/12/75 01/02/75 b 31/03/76 Quantité - Teneur 01/01/76 REMARQUES

1-
PROUVE 294,200 799,800 Pertes au détail
15% dilution 61.2 M lb Zn 123.6 M lb Zn
57,078
12.3 M lb Zn
SEMI-PROUVE 586,500
15% dilution 76.8 M lb Zn
880,700 57,078 799,800 Pertes au détail
141.2 M lb Zn 12.3 M lb Zn

II -
PROBABLE 933,250 +148,700 1,140,300 Dilution b 15% sans teneur
(non dilué) 116.1 M lb Zn 58,000 120.4 M lb Zn Additions tonnes et livres Zn
Dilué b 15% 4,41 M lb Zn

I + II 1,813,950 57,078 +148,700 1,940,100 Dilution b 15% - Teneur 20%


254.1 M lb Zn 12.3 M lb Zn + 34,200 244.1 M lb Zn Gain de tonnage
+2.3 M lb Zn Gain de zinc provenant de
semi-probable

Semi -probable 380,000 - - 380,000 Pas de changement


Non dilué 65.8 M lb Zn 65.8 M lb Zn

1 + II + III 2,193,950 57,078 +171,000 2,320,100


320.0 M lb Zn 12.3 M lb Zn 2.3 M lb Zn 310 M lb Zn Idem

TABLE U 8 - 6
Méthode d'évaluation

Chapitre IX

LES ASPECTS MINÉRALURGIQUES

9. LES ASPECTS MINÉRALURGIQUES 219


9.1 RECHERCHE ET INGÉNIERIE 219
9.1.1 PERTES ET DILUTION 219
9.1.2 STADES DES ESSAIS 220
9.1.3 INGÉNIERIE ET CHOIX 222
9.2 LES MÉTHODES DE TRAITEMENT 222
9.2.1 CONCENTRATION GRAVIMÉTRIQUE 222
9.2.2 AMALGAMATION 223
9.2.3 FLOTTATION 223
9.2.4 CYANURATION 224
9.2.5 LIXIVIATION EN TAS 225
9.3 LES ÉTAPES MINÉRALURGIQUES 227
9.3.1 MINÉRALOGIE 227
9.3.2 ÉCHANTILLONNAGE 228
9.3.3 ESSAIS MINÉRALURGIQUES 230
9.3.4 ÉTAPES DES ESSAIS 232
9.3.5 INGÉNIERIE DE L'USINE 234
9.4 LES ÉCHANTILLONNAGES EN USINE 235
9.4.1 CONTRÔLE DE LA MASSE ET DES TENEURS 235
9.4.2 OPTIMISATION DES CONTROLES 236
9.4.3 RÉTROACTION SUR LES RÉSERVES 237
9.5 LA VARIABILITÉ MINÉRALURGIQUE 237
9.5.1 MINE ST. LAWRENCE COLUMBIUM 238
9.5.2 MINE NIOBEC 238
9.6 GUIDES D'APPLICATION 238
9.6.1 CONTRÔLE DE L'EFFICACITÉ 238
9.6.2 ESSAIS EN USINE INDUSTRIELLE 240
9.6.3 PRÉDICTIONS DU RENDEMENT MINÉRALURGIQUE 242

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 217


Méthode d'évaluation

9. LES ASPECTS MINÉRALURGIQUES

Le choix du procédé approprié pour l'extraction du ou des métaux d'intérêt contenu(s)


dans une roche minéralisée est une phase essentielle de l'évaluation d'un gisement. La
recherche requise prendra place, à des niveaux croissants de détail et d'intensité, de la
confirmation du gisement jusqu'à l'étude de faisabilité. La portée des résultats dépendra de la
nature, du volume et de la représentativité des échantillons étudiés, ainsi que du caractère des
travaux effectués. L'objectif est d'optimiser l'extraction éventuelle du métal d'intérêt, en
minimisant les pertes et la dilution, dans une perspective de rentabilité. Cette optimisation est
essentielle à l'application de contrôles informatisés aux procédés. La figure 9-0 montre les
principaux paramètres traitant de la minéralurgie.

Deux colloques du Centre de recherches minérales du Québec se sont attachés, en


1984 à Val d'Or et en 1987 à Rouyn-Noranda, aux divers aspects du "Traitement des minerais
d'or". Le Guide citera, en divers endroits du présent chapitre, plusieurs des conférences qui
ont été présentées à ces occasions. L'ensemble de ces comptes-rendus doit être lu par
quiconque s'implique dans le traitement des minerais d'or.

9.1 RECHERCHE ET INGÉNIERIE

Le programme de recherches minéralurgiques effectué dans le cadre de l'évaluation


d'un gisement d'or a pour but de déterminer les paramètres et les conditions optimales de
chacune des étapes d'un schéma de traitement. Le but est d'optimiser la récupération des
métaux d'intérêt et la rentabilité de l'exploitation. Cette étape permettra en outre d'établir les
coûts d'installation et les coûts d'exploitation du schéma de traitement qui sera retenu.

9.1.1 PERTES ET DILUTION

Les pertes à la minéralurgie consistent en tout métal présent dans le minerai présenté
à l'usine et non récupéré durant le procédé de traitement. Ces pertes peuvent être reliées à
divers facteurs dont les principaux sont énumérés ici:
- les pertes dans les rejets (stériles, scories, etc):
la granulométrie: matériel trop fin, ou trop grossier;
le broyage insuffisant;
l'association de l'or avec des éléments ou minéraux de traitement difficile;
l'inefficacité du procédé ou les insuffisances des contrôles d'exploitation;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 219


Méthode d'évaluation

- le métal non payé par le raffineur:


les pertes au transport;
les pertes de récupération;
les clauses contractuelles;
- le vol / la piraterie.

La dilution se manifeste, à l'étape de la minéralurgie, par des lacunes de qualité du


produit pour lesquelles l'opérateur est pénalisé et qui pourraient être reliées à des carences du
contrôle de qualité dans la mine. Ce sera par exemple une teneur trop faible de l'élément
principal reliée à des teneurs trop élevée en éléments secondaires (dont certains, des impuretés
provenant de salissure lors du transport, etc.). La dilution est rarement un problème pour une
exploitation qui produit de l'or en briques, mais celle qui produit un concentré qui doit être
raffiné ailleurs, y est vulnérable.

9.1.2 ÉVOLUTION DES ESSAIS

Les essais minéralurgiques sur les minerais d'or se font typiquement en plusieurs
étapes. La première étape consiste en études minéralogiques faites dans le cadre de l'évaluation
géologique du gisement (voir section 4.3.3, Tome II): il s'agit d'établir la granulométrie et les
associations minérales des minéraux d'intérêt. Dans un gisement aurifère, ce métal peut être
libre ou associé à plusieurs minéraux en fines disséminations ou encore inclus dans leur maille
cristalline: par exemple aux sulfures, aux tellurures, aux arséniures.

Les premiers essais sur des échantillons d'un gisement sont faits de façon ponctuelle
pour fournir des éléments d'orientation pour les travaux de confirmation du gisement au stade
4. Au stade 5, dans la phase de définition du gisement, les besoins deviennent plus exigeants
et comprendront des essais en laboratoire, parfois des essais en usine pilote à format réduit.

C'est au stade 6 que des essais en usine-pilote seront requis, à la fois pour confirmer
les paramètres de traitement en usine, la récupération métal et pour confirmer les estimés de
la teneur et de la quantité d'or contenu dans le matériel usiné. Parfois ces essais seront
exécutés en usine commerciale.

Dans tous les cas, un soin particulier doit être apporté à la nature et à la
représentativité des échantillons prélevés et traités, pour s'assurer que les résultats des essais
sont applicables à l'ensemble du gisement. Les chiffres et paramètres ainsi obtenus seront
utilisés dans l'étude de faisabilité afin d'établir la rentabilité du projet.

II. 220 Guide d'évaluation des gisements d'or


PRISE DE L ÉCHANTILLON ESSAIS
LABORATOIRE
CONTEXTE BROYAGE
GEOLOGIQUE VOLUME GRAVIMETRIE
FLOTTATION USINE
MIN ERALOGIE PILOTE
DISTRIBUTION CYANURATION
SINE
EFFLUENTS INDUSTRIELLE
RAPPORT
"AD HOC'
INGENIERIE
DU
TRAITEMENT
ESTIMES CI ÉRR~ÛR
ASSOCIATIONS/ DE CONSTRUCTION COUTS

GR ANULDMETRI E PLAN
D'USINE
DIMENSIONS
MINERAUX BILAN DU CAPACITE
PROCEDE
MINERALOGIE PLANIFICATION/

Fig.9.0

GUIDE DEVALUATION
ASPECTS MINÉRALURGIQUES
Méthode d'évaluation

9.1.3 INGÉNIERIE ET CHOIX

Le choix d'un procédé est le résultat d'une évaluation de l'ensemble des divers
paramètres. Il y a tout d'abord la récupération escomptée pour un procédé donné et la qualité
du produit, ce qui amène un rendement brut différent pour chaque option. En contre-poids,
chaque option de circuit de traitement est accompagnée de coûts de capital et de coûts d'exploi-
tation. Le choix d'un circuit de traitement pourrait se faire directement à partir de l'analyse
économique des divers paramètres physiques et des coûts des diverses alternatives.

Cependant, comme une exploitation minière comporte des interrelations multiples


entre les aspects de géologie, d'extraction minière et de minéralurgie, il est important de
considérer l'ensemble de la situation et la rentabilité globale. Il faudra par exemple considérer
la flexibilité qu'offre une option donnée vis-à-vis une augmentation possible des réserves ou un
minerai différent par sa qualité, sa minéralogie ou sa lithologie.

9.2 LES MÉTHODES DE TRAITEMENT

L'ensemble des aspects minéralurgiques et métallurgiques des minerais d'or dépasse


de beaucoup le cadre de l'étude actuelle, de même que les conditions de leur optimisation. Le
Guide ne présentera ici qu'un aperçu sommaire des principales méthodes, avec leurs carac-
téristiques, toujours dans la perspective d'évaluation des gisements qui l'oriente. Les
descriptions qui suivent décrivent sommairement les principales techniques d'extraction de l'or
et s'inspirent des conférences présentées aux Colloques de 1984 et de 1987 du CRM en
particulier celles de DesrochersS8, Veillette81, Kasongo82.

9.2.1 CONCENTRATION GRAVIMÉTRIQUE

La concentration gravimétrique est particulièrement adaptée aux minerais contenant


de l'or grossier, facilement libéré. La concentration gravimétrique peut se faire en milieu
aérien ou aqueux et est favorisée par le poids spécifique élevé de l'or (15 à 19). Les appareils
de concentration gravimétrique en milieu aqueux peuvent être classés en trois groupes suivant
le mode de concentration (Kasongo, 1987):

en lame mince: couloirs d'alluvionnement, cônes de Reichert;


en accélération différentielle: tamis vibrants (jigs), tables à secousses (type Wilfley);
par force centrifuge: spirales, concentrateurs Knelson.

Outre ces méthodes commerciales, citons le superpanner et les liqueurs denses qui sont
des méthodes de séparation limitées au laboratoire, ou à des étapes finales de purification.

II. 222 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

AVANTAGES
1- Non polluant, aucun produit chimique;
2- Faible consommation d'énergie;
3- Production d'un concentré haute teneur;
4- Récupération au début du circuit de matériel grossier autrement difficile à flotter ou à
lixivier.

DÉSAVANTAGES
1- Rendement faible;
2- Vulnérabilité au vol;
3- Difficultés d'échantillonnage et d'analyse du concentré;
4- Requiert des quantités considérables d'eau (par voie humide).

Le rendement obtenu par la concentration gravimétrique est plus faible que celui des
autres procédés (excepté la lixiviation en tas). Sauf dans le cas du traitement de minerai
provenant de gisements alluvionnaires (placer), la gravimétrie est presque toujours utilisée en
association avec un autre procédé. Ce procédé est de moins en moins à la mode lors de la
conception des schémas de traitement des usines nord-américaines récentes. Il demeure très
utile pour les cas oh il apparaît approprié de récupérer l'or grossier au début du circuit. Le
concentré gravimétrique demandera généralement des étapes additionnelles de nettoyage et de
purification.

9.2.2 AMALGAMATION

L'amalgamation est un des plus vieux procédés de concentration de l'or. Ce procédé


utilise le mercure pour amalgamer l'or du concentré obtenu, par diverses méthodes gravimétri-
ques par exemple. L'amalgame doit ensuite être grillé pour récupérer l'or d'une part, le
mercure de l'autre; l'utilisation du mercure est de moins en moins acceptée à cause des
problèmes de santé et d'environnement qui y sont associés. Ce procédé a été remplacé par la
cyanuration qui est plus efficace, moins dispendieuse et moins polluante.

9.2.3 FLOTTATION

Le procédé de flottation peut être utilisé pour concentrer un minerai dans lequel l'or
est finement divisé et intimement associé à des sulfures ou des arséniures. Les caractéristiques
de ce procédé amènent les avantages et désavantages suivants:

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 223


Méthode d'évaluation

AVANTAGES
1- circuit simple et compact, moins dispendieux d'installation et d'opération;
2- récupération élevée, sauf dans certains cas pour l'or grossier;
3- rejets relativement peu polluants (28;
4- la concentration de l'or permet de réduire les besoins en équipement et en investissements
aux étapes subséquentes.

DÉSAVANTAGES
1- requiert généralement un broyage fin;
2- la teneur en or du concentré est en général peu élevée, ce qui entraîne des frais de grillage
élevés, surtout lorsque le concentré ne contient pas de métaux usuels.

9.2.4 CYANURATION

Le procédé de cyanuration comporte la mise en solution ou la lixiviation de l'or


contenu dans un minerai par le cyanure et sa précipitation ou sa capture par un procédé
secondaire. La cyanuration demeure le procédé d'extraction de l'or le plus utilisé et le plus
versatile, à cause de l'évolution technologique depuis les premières applications au début du
siècle. La mise en solution de l'or par le cyanure est commune à toutes les versions actuelles
de ce procédé:

1- version Merrill Crowe: le procédé original;


2- version charbon activé en pulpe (Carbon in pulp);
3- version lixiviation en tas (Heap Leaching);
4- version charbon activé dans la solution mère (carbon in leach).

L'efficacité du processus de cyanuration dépend des conditions suivantes:


que l'or soit propre;
que l'or soit exposé à la solution de cyanure (finesse de broyage et prétraitement
appropriés);
que la solution de cyanure soit active, avec un ph (teneur en Ca (OH)2) et une pureté
appropriés );
que de l'oxygène dissout soit disponible en quantité requise;
que la durée d'agitation soit suffisante pour dissoudre l'or.

Sans aller dans tous les détails de ces variantes (sauf pour la lixiviation en tas), il y
a lieu de souligner les avantages et les désavantages principaux:

28 En autant qu'ils soient contenus dans un parc à résidus qui ne permet pas L'oxydation
des sulfures et l'écoulement d'eaux acides.

II. 224 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

AVANTAGES
1- rendement élevé et stable;
2- simple (relativement) à opérer;
3- coulée d'un lingot d'or au site de la mine.

DÉSAVANTAGES
1- sérieux problèmes de pollution causés par la présence de cyanure et d'ions métalliques
dans les rejets d'usinage;
2- coût d'opération et coût d'investissement plus élevés que pour les autres procédés
énumérés, (sauf pour la lixiviation en tas).

9.2.5 LIXIVIATION EN TAS

Les caractéristiques de la méthode de lixiviation en tas (Heap leaching) méritent une


description. Cette méthode, déjà utilisée pour l'extraction du cuivre à partir de minerais
lixiviés, a changé en une génération toute la perspective de l'extraction de l'or à partir de
minerais à faible teneur; la figure 9-1 offre un schéma type. En raison de sa simplicité relative,
la méthode de lixiviation en tas est très économique, autant quant aux frais d'implantation que
pour les frais d'exploitation, mais n'offre pas un rendement aussi élevé que la cyanuration
conventionnelle.

Le minerai, extrait de façon traditionnelle, est déposé sur des "tapis" de lixiviation.
La lixiviation s'effectue par l'utilisation d'un système d'aspersion qui consiste à arroser le
minerai avec une solution de cyanure pendant les semaines ou les mois nécessaires à l'obtention
de la récupération optimale. Le "tapis" est préparé pour être étanche et recueillir les solutions
de cyanure qui autrement pénétreraient dans le sol.

Le concassage de la roche est en général nécessaire, même s'il s'agit d'une roche
altérée ou poreuse. Mais, si à la suite du concassage, la roche demeure trop compacte, s'il y
a un excès de fines, ou encore si la teneur en argile est importante, des problèmes de
traitement et de récupération peuvent se poser. Le minerai doit présenter une porosité suffisante
pour permettre la circulation des solutions et la lixiviation du métal recherché, sinon la
récupération sera insuffisante. A l'inverse, un excès de fines ou de minéraux argileux
restreindra la circulation de la solution de cyanure qui peut rester stagnante ou s'écouler sans
imprégner le minerai. Le Bureau des Mines des États Unis a mis au point une technique
d'agglomération des fines ou de l'argile par le ciment Portland, ce qui permet au cyanure de
mieux circuler à travers tout le tas.

La récupération est relativement basse, souvent de l'ordre de 60-70%. La méthode


de lixiviation en tas doit être bien planifiée et bien contrôlée pour être efficace. Il est

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 225


Camion de minerai
MINE
pp QJ
Concassage Minerai silicieux ~ /Minerai argileux

Tanis
+ Concasseir
â machoire
Eau et ciment et/au chaux
I Tamis 1
/Q` ~sseur

Chaux oyeur
ogg lourera teur

Silo

LIXIVIATION
o~~
T T T T 4

(7
Tas
TRAITEMENT Etang
Sokition

Chaux T
CoL de carbone cyanure de sodium
i

i
Cyanure de sodium et
soude caustique
Récupération
a chaud sous pression
de l'or

Filtre o
vacuum CT Filtre pour
zinc

Fonte ARGENT
Rafinerie
de I' or

TIRE DE MINING MAGAZINE Sept. 1986, p 157-160

Fig 9 1

SCHEMA DE LIXIVIATION
GUIDE D E'✓ALUA7riJP r EN TAS
Méthode d'évaluation

important de bien établir les divers paramètres techniques, de ne pas surestimer la teneur d'or
du minerai et de connaître la minéralogie et la présence d'éléments délétères tel le carbone.

Il va sans dire qu'à cause de ses caractéristiques et de la grande difficulté sinon de


l'impossibilité d'obtenir un bilan métallurgique, l'application de la méthode de lixiviation en
tas pour des essais en vrac ayant pour but de déterminer la teneur d'une zone ou d'un
gisement est très limitée. Tout ce qu'un tel essai pourra accomplir ce serait de montrer des
résultats à la hausse par rapport aux estimés de teneur; le rendement ne pourra être estimé sans
avoir établi, avec une marge d'erreur appropriée, la teneur de l'alimentation et des rejets
(section 9.1.4).

9.3 LES ÉTAPES MINÉRALURGIQUES

Les essais minéralurgiques ont pour but d'établir toutes les caractéristiques de la
minéralisation sous étude. La prépondérance -du procédé de cyanuration ne doit pas mener à
écourter les essais ni faire oublier les autres méthodes susceptibles d'être utilisées, telles la
gravimétrie et la flottation, en complément de la cyanuration.

9.3.1 LA MINÉRALOGIE

A) Les méthodes

Le premier objectif des études minéralogiques est de définir la nature et la dimension


des particules d'intérêt dans la roche sous étude. La section 4.2.2 traite de l'application
quantitative de la minéralogie dans le contrôle géologique. Pour les minerais d'or, il faut
déterminer la distribution de l'or dans les divers minéraux et dans les diverses fractions
granulométriques de ces minéraux:

1) or grossier libre et visible;


2) or fin, non visible;
3) or fin disséminé dans les silicates;
4) or fin disséminé ou incorporé dans les sulfures, les arséniures;
5) or fin disséminé ou incorporé dans les tellurures;
6) les associations minérales susceptibles de contribuer à des problèmes de récupération
à la lixiviation: sulfures, arséniures, carbone.

La détermination de la distribution de l'or dans les diverses fractions granulométriques demande


des mesures et calculs appropriés. Il faut tenir compte du poids spécifique élevé de l'or, de
l'effet volume par rapport aux surfaces mesurées, si on veut établir la proportion de l'or qui
se trouve dans chaque fraction. Cet objectif n'est souvent pas facile à atteindre, compte tenu

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 227


Méthode d'évaluation

de la distribution pépitique et des faibles teneurs de l'or dans la roche. Très souvent, on ne
réussira pas à voir un nombre suffisant de particules, malgré l'observation d'un nombre
relativement élevé de sections polies (Wilhelmy, 1988, (23. Il faut quand même faire l'effort
d'essayer car les observations minéralogiques peuvent contribuer à une meilleure perception de
la distribution de l'or, face aux problèmes amenés par les minerais dits réfractaires.

B) Les minerais réfractaires

On entend par minerais réfractaires ceux qui présentent des difficultés spéciales de
récupération de l'or, particulièrement de lixiviation de l'or par la cyanuration. Il est important
de bien identifier ces conditions par l'étude minéralogique. Les types principaux de minerais
réfractaires sont les suivants:

or associé avec les sulfures qui réagissent avec la solution de cyanure. Ce sont
particulièrement la chalcosine, la chalcopyrite, la covelline, la pyrrhotine, le
réalgar(AsS) l'orpiment(As2S3), la stibine(Sb2S3). Les cations métalliques et l'ion
soufre réagissent avec le cyanure;

or associé avec du carbone, soit du graphite, soit des hydrocarbures lourds, soit des
acides organiques. Les problèmes peuvent être reliés soit à la libération restreinte de
l'or associé au matériel contenant du carbone, soit à la réadsorption de l'or dissout
au carbone résiduel;

or très finement disséminé qui ne vient pas en contact avec les solutions de cyanure.
Il s'agit d'or très finement disséminé avec les silicates ou le plus souvent avec les
sulfures.

On trouvera un traitement plus élaboré de ces questions dans l'article de Demopoulos,


198783 et dans celui de Hausen, 1985.

9.3.2 L'ÉCHANTILLONNAGE

Toute la valeur et l'applicabilité des essais dépendent de la représentativité du matériel


soumis pour étude. Il est donc nécessaire d'apporter beaucoup d'attention à cette question.

A) La représentativité

L'échantillonnage d'un gisement pour des essais minéralurgiques implique divers


prérequis. Tout d'abord. la connaissance géologique et minéralogique du gisement et de la
distribution des teneurs doit être suffisante pour établir le degré de représentativité des
échantillons traités par rapport à l'ensemble du gisement. Cette question essentielle a déjà été

II. 228 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

discutée de façon élaborée au chapitre 6 du Guide, en particulier à la section 6.3, mais il est
nécessaire d'y revenir dans le présent chapitre.

En général, les échantillons sont fournis par les géologues /ingénieurs géologues aux
minéralurgistes qui supposent qu'ils sont appropriés. On observe trop souvent, a posteriori,
que les seuls documents concernant les échantillons soumis pour des essais sont les rapports
minéralurgiques signés par le professionnel qualifié responsable des essais. La plupart du
temps, ce rapport des essais ne contient qu'un avertissement que le signataire n'a pas été
impliqué dans les travaux antérieurs ni dans l'échantillonnage, donc ne peut garantir la
représentativité géologique des essais effectués sur les échantillons fournis

Il apparaît essentiel que les échantillons fournis aux laboratoires d'essais ou soumis
pour des essais pilotes ou des essais en usine industrielle, soient toujours accompagnes d'un
rapport professionnel. Ce rapport comprendra une description géologique, complétée de plans
et cartes géologiques, otù le géologue / ingénieur responsable de la prise des échantillons aura
établi leur origine et leur représentativité.

Il faut souligner, même si les échantillons prélevés en vue d'essais aux premiers stades
de l'évaluation d'un gisement ne sont pas nécessairement représentatifs, qu'il est dangereux
qu'ils soient pris sur des portions non typiques et/ou très riches du gisement. Nonobstant la
nécessité de faire bonne impression sur la direction et/ou sur le public pour assurer les
financements subséquents, il arrive souvent que ces premiers échantillons biaisent pour
longtemps les perceptions de ceux qui travaillent au dossier ou doivent prendre des décisions.
Une telle situation peut avoir des conséquences sérieuses sur la rentabilité d'une d'exploitation
éventuelle.

B) Les échantillons des sondages

Les premiers essais doivent d'abord caractériser les divers types géologiques /
minéralogiques des minéralisation. Aux stades ultérieurs, il sera de plus en plus nécessaire que
les échantillons soient représentatifs à la fois de l'ensemble du gisement et de ses diverses
parties. C'est essentiel s'il y a des différences marquées des teneurs et des différences
géologiques et/ou minéralogiques qui peuvent influencer l'évaluation minéralurgique de
l'ensemble du gisement.

La nature et la qualité des échantillons des sondages sont d'importance. L'échantillon


peut être l'objet de contamination par des produits chimiques, des huiles, ou s'être détérioré
depuis la prise de l'échantillon: certains minéraux comme la pyrrhotine ou certains silicates
instables sont vulnérables à l'oxydation. Des méprises de cette nature ont déjà eu des résultats
catastrophiques au stade de l'exploitation dans certaines usines. Pour terminer, rappelons que

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 229


Méthode d'évaluation

certaines méthodes analytiques détruisent à toute fin pratique la valeur d'un échantillon pour
des essais subséquents, telle la méthode du tamisage des métalliques.

Typiquement, les premiers échantillons pour des essais sont constitués à partir de
carottages. Les échantillons représentant des intervalles types sont pesés, regroupés, concassés
à la dimension de 4 a 2 mm; on doit prélever à ce moment des échantillonnages de contrôle
pour réduire les possibilités d'erreur, de contamination ou de falsification des échantillons. Il
faut se rappeler cependant que le meilleur estimé de la teneur du lot est la moyenne des
échantillons individuels déjà analysés. Par contre, attribuer au lot la teneur d'un échantillon
prélevé après le mélange et analysé une fois n'est pas une procédure valable du point de vue
statistique: on ne doit jamais faire porter une décision sur une seule analyse. Le poids
spécifique sera également mesuré et cette information comparée avec les mesures faites par les
géologues. Il est approprié de mesurer la teneur du lot en divers éléments, de vérifier les
données minéralogiques déjà disponibles.

C) Échantillons en vrac

Dans la même perspective, au moment de prélever un échantillon en vrac qui doit


servir à établir un procédé, il est nécessaire d'avoir déterminé, individuellement, les
caractéristiques lithologiques et minéralogiques des différentes zones qui composent le gisement
et d'avoir établi clairement le cadre dans lequel ces essais sont effectués. Ces questions sont
discutées de façon plus élaborée dans les chapitres 5 et 6 du Guide.

9.3.3 LES ESSAIS MINÉRALURGIQUES

Les essais standard des laboratoires se font souvent sur des échantillons de 1 kg. Des
essais plus élaborés se feront sur des lots de 20 kg ou plus.

A) Essais de broyage

Ces essais ont pour but d'établir la finesse de broyage requise, la dimension de
libération des particules d'intérêt. D'autres essais permettront d'établir l'indice de broyabilité
du matériel ou indice de Bond. Cet indice consiste en l'énergie requise (en kw-heure) pour
réduire un minerai en vrac jusqu'à 80 % plus fin que 100 microns. Il contribuera au choix des
équipements de broyage standard, tandis que le broyage semi-autogène requiert des essais en
usine.

B) Concentration gravimétrique

Des essais de concentration gravimétrique s'imposent quand la minéralisation sous


étude contient de l'or libre grossier. C'est "l'or visible" rapporté au journal des forages et dont

II. 230 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

témoignent les valeurs d'or erratiques des analyses. L'objectif de tels essais est de voir s'il y
a lieu d'utiliser la gravimétrie à la sortie des broyeurs ou en début du circuit de concentration
pour récupérer l'or grossier; cet or grossier est plus vulnérable aux pertes dans le circuit et plus
susceptible d'entraîner des frais élevés de cyanuration.

Si les résultats des essais préliminaires indiquent qu'une proportion significative du


minerai montre un contenu "d'or grossier" qui dépasse 10%, des essais sur des lots plus
importants s'imposeront. Si ces résultats sont confirmés, il faudra considérer l'éventualité
d'utiliser ces équipements en usine, en plus de recourir aux mesures appropriées pour minimiser
les "pertes" de divers types.

C) Flottation des sulfures

Des essais de flottation des sulfures (ou arséniures) s'imposeront lorsque ces minéraux
sont associés avec une partie au moins de l'or présent dans le minerai. Même quand l'or
semble être surtout libre, il est approprié de vérifier le contenu en or d'un concentré de ces
minéraux. La finesse de broyage requise pour les sulfures peut en général être déterminée par
la minéragraphie avant les essais. Ceux-ci devront plus particulièrement établir les paramètres
suivants: le choix et le dosage des réactifs, le temps de conditionnement, le temps de flottation,
le nombre de stades requis, le rapport de concentration.

D) Essais de lixiviation

Les essais de cyanuration en laboratoire ont pour but de déterminer les paramètres
suivants:
la dimension de broyage optimale;
les paramètres opératoires:
.le temps de rétention;
.détermination et quantification des réactifs
(cyanure, oxygène, chaux, agents oxydants);
.ph;
.préaération;
la présence en solution et le comportement d'éléments nuisibles tels As, Cu, Fe, Sb
et les cyanures.

Outre ces données, il faudra également obtenir des informations sur les paramètres
suivants:
- vitesse de décantation du concentré et des résidus;
" " " .
vitesse de sédimentation "
„ " "
indice de filtration "
composition de la solution mère.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 231


Méthode d'évaluation

Les essais donneront une bonne indication du temps de rétention en usine (entre 24
et 72 heures en général). Si des éléments nuisibles sont libérés, des essais cycliques peuvent
être requis pour indiquer la concentration qui peut s'établir en usine. Des essais de cyanuration
en colonnes seront requis, si on envisage l'application de la lixiviation en tas.

E) Comparaisons des procédés de récupération

Le procédé conventionnel de précipitation de l'or, dit Merril Crowe, utilise la poudre


de zinc pour précipiter l'or en solution après l'étape de lixiviation par le cyanure; une méthode
alternative est l'utilisation du charbon activé dite charbon en pulpe. Dans le cas où le minerai
est très finement broyé, la méthode charbon en pulpe s'avère la meilleure solution.

En général, la précipitation conventionnelle ne fait pas l'objet d'essais en laboratoire.


Les essais sur le procédé de charbon en pulpe mettent la solution en contact avec un charbon
activé afin de déterminer les caractéristiques de la réaction: cinétique, nombre de stades,
concentration du carbone, concentration des solutions, teneur d'or sur le charbon, désorption.

9.3.4 LES ÉTAPES DES ESSAIS

A) Les essais initiaux

Les essais initiaux ou d'orientation permettent d'établir les caractéristiques


minéralurgiques du matériel soumis. A cette étape, les objectifs seront les suivants:

1) justifier la poursuite des travaux d'exploration/mise en valeur en établissant qu'il n'y


a pas d'obstacle insurmontable au traitement et à la récupération minéralurgique;
2) analyser les problèmes techniques que présente l'extraction du (ou des) métal ou
minéral d'intérêt;
3) établir l'orientation et la planification des essais subséquents.

Après cette étape d'orientation, on passe aux essais systématiques en laboratoire, dont
les buts ont été décrits plus haut. Dans la pratique, il arrive souvent que ces deux premières
étapes s'intègrent. Une fois les essais en laboratoire complétés, on procédera à une première
conception d'un circuit de traitement en usine, conception qu'il s'agira de vérifier par des essais
en usine pilote .

B) Les essais en usine-pilote

Les essais plus élaborés qui suivent les premiers sont de nature et de formats variés.
En général, il s'agira d'essais en continu en usine pilote, en format réduit par rapport à l'échelle
éventuelle d'exploitation, soit de 100 à 1000 kg/heure. De tels essais permettent, en plus de

II. 232 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

l'optimisation du procédé, une étape additionnelle de vérification du contenu métal par rapport
à l'étape des échantillonnages. Dans l'évaluation d'un gisement d'or, il arrive aussi que l'on
procède à des essais sur des volumes importants, dans une usine commerciale.

Il est opportun de distinguer entre les échantillonnages grand format, utilisant un


atelier approprié de concassage et d'échantillonnage systématique comme les décrit le chapitre
8 du Guide, et les véritables essais d'extraction en usine pilote ou en usine industrielle. Durant
les dernières années, il est souvent arrivé que le public ait confondu essais d'échantillonnages
et essais minéralurgiques. L'estimation du contenu d'or par l'usine pilote dépendra d'un bilan
de l'extraction appuyé sur la masse et la teneur de l'alimentation, du produit et des rejets. Pour
comparaison, l'usine d'échantillonnage s'appuyera sur des déterminations analytiques faites sur
des portions restreintes de la masse totale, donc moins representatives.

Les essais en usine pilote fourniront des données qui permettront également de
préciser plusieurs paramètres essentiels de l'exploitation envisagée. Les objectifs
minéralurgiques essentiels des essais en usine pilote sont les suivants:

établir les paramètres du circuit projeté tels que:


.la consommation des réactifs;
.le contenu en divers éléments des solutions;
.les caractéristiques des résidus solides et liquides;
permettre un bilan minéralurgique des essais et la récupération possible;
faire la vérification du circuit proposé pour en permettre la conception détaillée et
l'ingénierie, les coûts d'investissements et les coûts d'exploitation;
établir les caractéristiques du produit obtenu et dans certains cas, produire des
échantillons pour les acheteurs éventuels, quand il s'agit de concentrés qui seront
expédiés à une autre usine, pour grillage ou autre méthode d'extraction,

L'évaluation des résultats obtenus doit toujours se faire en fonction des échantillons
traités, de leur situation dans le gisement, des éléments de correspondance et de représentativité
avec le gisement. Sinon, des distorsions importantes peuvent s'introduire, distorsions qui
pourront affecter le rendement et la rentabilité de l'exploitation éventuelle.

C) Les essais en usine industrielle

Dans certains cas on ne peut pas procéder de facto au design d'une usine industrielle
après les essais en usine-pilote à format réduit. Ceci se produit lorsque divers facteurs ne
peuvent être projetés à échelle agrandie, tels les paramètres de broyage ou l'accumulation des
impuretés dissoutes par la cyanuration. L'usine de format commercial permet en principe une
vérification plus poussée de la teneur du minerai, mais à condition de rencontrer une série de
conditions.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 233


Méthode d'évaluation

Les essais en usine industrielle demandent un niveau de contrôle et de supervision plus


élevé que l'exploitation commerciale. C'est à ce prix que l'on atteindra l'objectif de maximiser
le rendement de l'extraction de l'or et des métaux qui l'accompagnent et aussi de vérifier la
teneur d'or du lot soumis. Souvent, l'opportunité du revenu éventuel à tirer du traitement d'un
tonnage important contribue à minimiser l'importance des aspects minéralurgiques de l'essai
dans l'esprit des divers intervenants. Ces aspects comprennent les étapes suivantes:

la mesure de la masse et de la teneur de l'alimentation, des rejets, des concentrés;


la durée des essais requise pour stabiliser le procédé;
- les mesures de contrôle et de supervision technique requises pour les objectifs des
essais;
- l'établissement d'un bilan rigoureux des essais et d'une analyse critique de toutes les
étapes et procédures suivies;

Avant de s'engager dans des essais en vrac dans une usine, le responsable de la
valorisation d'un gisement, son minéralurgiste-conseil et son géologue/ingénieur géologue
doivent faire une revue complète de la situation et des objectifs des essais en usine industrielle
qui sont envisagés. La section 9.4 discute les problèmes d'échantillonnage en usine tandis que
la section 9.6.2 suggère des règles d'application et des procédures pour préparer de tels essais.

9.3.5 L'INGÉNIERIE DE L'USINE

C'est à partir de ces diverses informations que l'on pourra faire l'ingénierie de l'usine.
Essentiellement les quatre champs suivants d'information sont requis:

les résultats techniques des essais, récupération escomptée, teneurs des concentrés.
Ces résultats, s'ajoutant aux données des réserves de minerai et aux résultats des
essais, permettront d'établir le circuit requis pour rencontrer les objectifs de
production;
les coûts de traitement, selon les équipements, les réactifs et la main d'oeuvre requise,
- les coûts des investissements requis pour la construction de l'usine, lorsque cette
option est envisagée, ou les coûts du traitement à forfait dans une usine déjà établie.
la marge d'erreur des divers paramètres requis et la nature des difficultés qui
pourraient nuire aux objectifs de production.

Ces calculs se feront à diverses étapes, à divers niveaux de précision, car des études
de préfaisabilité précèdent et planifient l'étude finale de faisabilité du projet minier.
L'optimisation de l'ingénierie et des diverses étapes de contrôle technique des procédés de
concentration dépasse le cadre du Guide d'évaluation des gisements d'or.

II. 234 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

9.4 LES ÉCHANTILLONNAGES EN USINE

Le contexte de l'évaluation des gisements d'or oblige le Guide à porter un regard


critique sur les pratiques d'échantillonnage de certaines usines. Dans le contexte d'essais de
temps limité requis pour mieux connaître le contenu en or d'un gisement, ces considérations
sont importantes pour la compagnie d'exploration minière qui envisage des essais en usine
industrielle. La société minière ne peut ignorer ces problèmes qui affectemt le rendement et
la rentabilité.

9.4.1 CONTRÔLE DE LA MASSE ET DES TENEURS

A) Contrôle / efficacité

Le contrôle des teneurs de la masse usinée dans une usine de cyanuration n'est pas
facilité par les caractéristiques pépitiques du l'or dans le minerai et son corrollaire, la présence
de paillettes d'or dans le circuit de concentration/extraction. Ce problème est crucial, autant
au stade des essais en usine pilote ou usine industrielle, qu'à celui de l'exploitation. L'établis-
sement de la teneur autant que de la masse usinée est requis pour connaître la quantité de métal
contenu dans les trois phases du procédé: l'alimentation, le concentré et le rejet. Ce contrôle
est nécessaire pour prévenir et contrôler une quatrième éventualité: les pertes occultes et le vol.
Optimiser le rendement technique et surtout la rentabilité de l'exploitation ne peut se faire sans
tous ces contrôles!

Que l'échantillonnage de l'alimentation de l'usine ou des rejets ne soit pas suffisant


parce que les échantillons sont trop peu volumineux ou trop peu nombreux, ou parce que les
quantités d'alimentation mesurées ne sont pas exactes, le résultat sera le même: la connaissance
du contenu métal du minerai, des rejets et parfois même des concentrés sera incertaine ou
erronée. Alors, la redondance d'information nécessaire à un bilan vérifié du procédé manquera.
Dans ces cas, l'adage traditionnel des opérateurs que la vérité est dans la brie (d'or)" n'est
qu'un leurre, puisqu'un bilan minéralurgique comptabilisé seulement sur la base de l'or contenu
dans la brique de coulée et dans les rejets de l'usine ne peut tenir compte des pertes d'or (en
paillettes ou sous d'autres formes) qui peuvent se produire en divers endroits du circuit
d'usinage.

B) Les difficultés

Le Guide a discuté aux chapitres 5 et 6 des difficultés de l'échantillonnage et des


analyses de l'or. Ces difficultés (chap 5 et 6 du Guide) affectent la connaissance de la teneur
vraie de l'alimentation et du rendement réel du procédé. Le Guide veut cependant souligner
qu'il est nécessaire, pour optimiser le rendement minéralurgique et la rentabilité économique,
de reconnaître et éliminer certains laxismes et inconsistances dans les procédures et les façons

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 235


Méthode d'évaluation

de penser. Diverses méthodes et attitudes, disons artisanales, ont été développées dans le
contexte plus difficile des générations précédentes; ces méthodes et attitudes perdurent encore
ici et là, ou renaissent parfois. Une volonté de rigueur accrue doit être présente pour optimiser
tous les niveaux de la gestion d'une exploitation. Le Guide décrira quelques situations types
où il y a place à amélioration.

9.4.2 L'OPTIMISATION DES CONTRÔLES

A) L'échantillonnage de l'alimentation

Trop d'usines d'extraction de l'or ne sont pas munies d'un système adéquat
d'échantillonnage de l'alimentation. Il arrive, dans certaines usines, que le régime de broyage/-
tamisage/recirculation rende difficile, sinon empêche de facto, un échantillonnage représentatif
à l'entrée de l'usine. On tolère trop souvent ces restrictions occasionnelles, en oubliant que
l'étape de la mesure et de l'échantillonnage de l'alimentation de l'usine est essentielle, surtout
pour les usines qui traitent du minerai en lots ou à forfait. Certaines usines échantillonnent
l'alimentation après l'étape du broyage, malgré les possibilités de pertes d'or grossier au
broyage.

Le Guide considère que, lors d'essais minéralurgiques, de telles situations sont en


contradiction avec la recherche de la teneur de l'alimentation et du rendement métallurgique qui
sont les buts de ces essais. Ces situations sont incompatibles avec l'objectif de rentabilité et
avec la gestion efficace des exploitations.

B) Les pertes d'or grossier

On oublie trop souvent, lorsqu'on dit que "la vérité est dans la brique", les possibilités
de pertes d'or grossier:
lors d'essais en usine, de l'or grossier peut rester captif dans le circuit à la fin du test.
Inversement le(les) lot(s) précédent(s) ont pu contribuer à ces pièges de l'or en paillettes;
le détournement d'or (high grading) à une étape ou à l'autre du procédé de concentration
par cyanuration ou par gravimétrie demeure toujours une possibilité, étant donné la valeur
de l'or;
les pertes d'or grossier non dissous peuvent également se produire dans les rejets.

Sans échantillonnage représentatif et sans la mesure exacte des masses de


l'alimentation et des rejets, on limite indûment les outils qui permettraient la vérification des
données et le diagnostic de ces situations.

II. 236 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

C) Les estimés de production

Dans le contexte où les informations ne sont pas suffisantes et les bilans pas très
rigoureux, les prédictions ne sont pas très précises. Par exemple, les prédictions de l'or
contenu dans le concentré de presse sont faites de façon conservatrice, ce qui n'a pas tellement
de conséquences, mais ne témoigne certes pas d'un contrôle serré. Après l'usine, l'affinage de
l'or amène peu de contestations sérieuses sur le contenu métal du produit de l'usine par le
raffineur. Ceci se produit plus souvent entre le concentrateur et l'usine de grillage des métaux
usuels quand au contenu en divers métaux des concentrés, dont l'or. Des meilleurs contrôles
faciliteront de bons règlements.

9.4.3 RÉTROACTION SUR LES RÉSERVES

Dans le cas d'essais en usine, la rétroaction des résultats des essais sur les inventaires
des réserves est en général directe. Dans les exploitations, la situation n'est pas toujours aussi
claire. Dans certains cas limites (pas seulement dans l'or), on a vu des exploitations continuer
pendant des années à estimer les réserves de la même façon, même si les résultats de la
production étaient à la baisse par rapport aux premiers. L'estimation des réserves d'une
exploitation doit tenir compte des résultats de l'usinage.

9.5 LA VARIABILITÉ MINÉRALURGIQUE

Selon l'enquête de Champigny et Armstrong citée au chapitre 8, les compagnies


minières participantes ont mentionné que "la prédiction de la variabilité minéralurgique et des
rendements minéralurgiques était un développement souhaité ou même requis dans l'estimation
et l'exploitation des gisements". Tous les gisements n'ont pas la complexité qui requiert de
telles mesures élaborées. Si c'est le cas cependant, Le Guide considère que cet objectif couvre
plus que le contexte d'application de la géostatistique dans lequel il a été formulé. Dans le
contexte de la minéralurgie de l'or, le présent chapitre a montré que le rendement de
l'extraction de l'or peut être affecté par la nature et la granulométrie des minéraux présents et
par la lithologie. Parfois ces conditions varient à travers le gisement sous étude et sont
susceptibles d'influencer le rendement si on n'en tient pas compte systématiquement.

Faute d'exemples pertinents dans l'or et pour aider à la formulation de


recommandations d'application générale, le Guide citera deux cas types reliés à l'extraction du
pyrocholore de roche à carbonates: la mine d'Oka de St-Lawrence Columbium and Metals
Corp. et de la Mine Niobec. Ces exemples montrent les mesures prises par ces exploitations,
aux prises avec une minéralurgie complexe et une récupération influencée par la lithologie et
la minéralogie. Des guides d'application seront ensuite formulés.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 237

.a
Méthode d'évaluation

9.5.1 MINE ST LAWRENCE COLUMBIUM

A compter de 1963, l'estimation des réserves à la mine d'Oka de St-Lawrence


Columbium and Metals s'est faite en utilisant des abaques de récupération établis par le
minéralurgiste de l'usine à partir des rendements observés. Ces abaques utilisaient la teneur
Nb205 et la teneur en CaCO3 pour établir la valeur du minerai en livres de Nb205. Ces chiffres
étaient ensuite utilisés, autant pour le calcul des réserves que pour le contrôle de la production
(29.
Des essais en laboratoire sur des zones spécifiques étaient également utilisés, mais non
sur une base systématique, puisque l'abaque répondait essentiellement aux besoins. Les
prédictions géologiques de l'alimentation ajoutaient, à la teneur et aux livres d'oxyde de
niobium, une prédiction de la lithologie du prochain lot de production et également un estimé
de la teneur du concentré de pyrochlore.

9.5.2 MINE NIOBEC

Au début de la mise en valeur des gisements de niobium de St-Honoré, il est apparu


que des essais minéralurgiques sur des échantillons des carottes regroupées sur l'ensemble des
zones n'étaient pas satisfaisants. En effet, de tels échantillons regroupaient ainsi plusieurs
lithologies de caractéristiques minéralogiques et minéralurgiques différentes, ce qui augmentait
considérablement les difficultés.

Géologues ingénieurs et minéralurgistes ont donc établi, à partir de la caractérisation


géologique et minéralogique des sondages, un programme systématique d'essais en laboratoire
sur des intersections types des sondages des zones minéralisées. Cette procédure, toujours en
vigueur, est devenue une composante essentielle de la caractérisation des zones et des lentilles
pour l'exploitation. L'évaluation des zones se fait sur la base des livres d'oxyde de niobium
recouvrables d'après les essais, autant pour l'estimation des réserves que pour les prédictions
de production.

9.6 GUIDES D'APPLICATION

9.6.1 CONTRÔLE DE L'EFFICACITÉ

A toutes les étapes des exploitations, des mesures de contrôle sont requises pour
obtimiser le rendement du procédé et minimiser les pertes d'or grossier. A la mine, les
mesures de surveillance sont surtout de nature policière, étant donné les conditions. En usine,
il ne faut pas se contenter des mesures policières ostentatoires au moment de la coulée de la

29
Les silicates en général réduisaient le rendement minéralurgique du procédé de
concentration du pyrochlore, c'est pourquoi, en corollaire on utilisait la teneur
calcite, facilement mesurable pour estimer le rendement d'une intersection ou zone.

H. 238 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

brique d'or. Un contr6le plus strict de la masse et de la teneur de l'alimentation, des rejets
(dans certains cas des concentrés), appuyé sur une surveillance stricte et objective de toutes les
étapes du procédé, permettra un bilan plus rigoureux et des informations diagnostiques des
situations.

A) Le contrôle de la masse

Ce point ne pose habituellement pas de problème majeur. La plupart des usines sont
munies de systèmes automatisés. Dans le cas d'usinage à forfait, le client doit toujours tout
vérifier et ne pas se fier à ce qu'on lui dit ou promet. Tous les appareils se dérèglent à
l'occasion, toutes les consignes s'oublient à un moment ou l'autre.

B) Le contrôle de la teneur

L'échantillonnage approprié de l'alimentation de l'usine de concentration d'or peut


permettre une meilleure connaissance de la teneur de l'alimentation. Ce matériel est en général
concassé à une dimension de 15 à 40 millimètres environ, donc peut facilement être
échantillonné de façon automatique. La précision atteinte de fait variera selon les facteurs
suivants:

1) volume suffisant de l'échantillon: le volume de l'échantillon représentatif doit être


calibré par rapport au volume de production qu'il représente et par rapport à la
dimension des particules minéralisées. Ce paramètre, qui peut être calculé par la
formule de Pierre Gy (sect. 5.1), dépend de la dimension de l'alimentation, des
particules d'or et du volume traité chaque jour. En pratique, pour de l'or très pépi-
tique, on pourrait arriver à des chiffres de plusieurs centaines de kilos pour une
production de 1000 tonnes par jour. D'où la nécessité de faire ce calcul et de ne pas
se satisfaire d'échantillons minimaux;

2) délai de prélèvement: il faut que les échantillons de l'alimentation, des concentrés, des
rejets soient prélevés par des échantillonneurs automatiques. Si l'échantillonnage est
fait manuellement, ce qui est moins sûr et moins fiable, il devrait l'être à un intervalle
fréquent, de l'ordre de 15 à 30 minutes. A l'intérieur d'essais minéralurgiques en
usine industrielle, s'il n'y a pas d 'échantillonneur mécanique et automatique de
l'alimentation, un préposé doit être assigné de façon prioritaire à cette fonction et ce,
24 heures par jour, pour la durée des essais .

3) nombre suffisant d'échantillons: il faut réduire la variance d'échantillonnage au stade


des analyses et pour se faire la teneur journalière doit être calculée à partir d'une
vingtaine d'échantillons par jour au minimum;

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 239


Méthode d'évaluation

4) lieu de prélèvement: l'échantillonnage de l'alimentation sur le matériel broyé à la


sortie du broyeur n'est pas approprié, puisque des pertes importantes d'or pépitique
pourraient se produire au broyeur ou à sa sortie.

Il n'y a pas d'excuse de ne pas utiliser un échantillonneur automatique sur du matériel


15 à 40 mm. Il va sans dire que la procédure consistant à prélever une prise d'échantillon à
tous les huit ou quatre heures est inacceptable, de même que celle de regrouper tous les échan-
tillons du poste ou de la journée pour réduire le nombre des analyses! Les chapitre 5 et 6 du
Guide ont déjà discuté de ces problèmes.

C) La surveillance objective

Peu ou pas d'usines d'extraction d'or sont dotées d'un véritable système de sécurité
24 heures par jour et 7 jours par semaine. En l'absence des responsables, les caméras vidéo
en circuit fermé sont un leurre. De fait, une surveillance objective demanderait des caméras
enregistreuses avec systèmes d'horlogerie et scellées. Par comparaison aux étapes précédentes
du procédé, l'étape finale de la coulée de l'or est très bien surveillée, mais on en tire parfois
un sentiment de sécurité illusoire!

9.6.2 LES ESSAIS EN USINE INDUSTRIELLE

Le responsable de la valorisation d'un gisement, son minéralurgiste et son


géologue/ingénieur géologue doivent se poser de nombreuses questions, avant de s'engager dans
des essais en usine industrielle, s'ils veulent s'assurer que de tels essais contribuent vraiment
à la connaissance de la minéralurgie du gisement. Les mêmes questions doivent également se
poser avant de signer un contrat d'usinage à forfait dans une usine établie.

A) L'échantillon

Quelle est la représentativité de l'échantillon disponible pour traitement? Est-ce un


échantillon provenant d'un seul site? Le gisement est-il homogène ou regroupe-t-il des zones
hétérogènes qui regrouperaient des problèmes difficiles à résoudre à cette échelle? Y-a-t-il des
possibilités de contamination, de dilution à l'extraction?

B) Le circuit et le taux de traitement

Le circuit disponible correspond-il avec les besoins établis pour ce minerai à partir
des essais en laboratoire ou en usine-pilote?

II. 240 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Le régime commercial de traitement de l'usine est-il approprié au volume d'échantillon


que le client aura à faire traiter?

Le Guide rappelle le contexte de mise au point, qui demande de prolonger les essais
sur une période suffisante pour stabiliser le procédé, assurer des échantillonnages efficaces et
établir le bilan quantitatif qui indiquera les conditions de rendement optimal. Un régime de
l'usine plus élevé réduira les frais de l'essai mais réduira proportionnellement sa valeur
d'expérience. Un essai en usine industrielle s'étendra sur 10 jours au strict minimum lorsque
les conditions sont optimales; autrement, de tels essais devraient se proloner sur une période
de 20 à 30 jours.

C) Échantillonnages et contrôles

Il faut s'interroger sur les équipements disponibles, les procédures en vigueur pour
le contrôle de l'alimentation et du circuit, sur l'expertise disponible.

- Quels sont les systèmes de contrôle de l'alimentation, de mesure de la masse usinée,


du concentré, des rejets?

D'autres minerais seront-ils usinés en parallèle sur d'autres circuits? Y aura-t-il (ce
qui est inacceptable pour des essais) un autre minerai mélangé avec celui faisant
l'objet de l'essai (ou du contrat d'usinage)? S'il y alternance de minerai, la durée de
traitement est-elle suffisante ?

Les pratiques opérationnelles de l'usine d'intérêt sont-elles appropriées à l'objectif


d'essai minéralurgique de la compagnie d'exploration minière pour la valorisation de
son gisement? Sinon, peuvent-elles être adaptées? Quelle sera la stabilité et la fiabilité
de ces ajustements?

- L'équipe en place offre-t-elle les compétences requises pour faire face aux problèmes de
mise au point du traitement de l'échantillon soumis?

a) La comptabilisation minéralurgique

A partir des équipements, des personnes et des procédures en place, l'usine considérée
pourra-t-elle faire l'évaluation minéralurgique rigoureuse requise pour la bonne gestion des
essais envisagés? Dans une perspective de bonne gestion, la môme question doit être posée
dans le cas d'usinage à forfait, surtout s'il y a alternance du minerai soumis pour usinage à
forfait avec un minerai d'autre provenance.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 241


Méthode d'évaluation

Le Guide rappelle que les exigences des essais sont plus rigoureuses que celles de la
production en continu dans une usine commerciale, à cause du changement de l'alimentation,
du temps limité disponible pour optimiser les procédures de traitement d'un nouveau minerai.
Les problèmes de contrôle comprennent en particulier les possibilités de capture d'or grossier
dans les pièges du circuit, les possibilités de nettoyage approprié du circuit avant et après les
essais, les procédures de sécurité.

b) Le contrat

Si, après cet examen rigoureux, le bilan des réponses à ces questions est positif, il est
essentiel que l'objectif du test, la masse à traiter, le taux de traitement, les modalités de contrôle
et les pratiques opérationnelles soient établis de façon concrète et précise dans un contrat écrit
entre les parties, en même temps que les prix, les dates, les délais et les autres clauses perti-
nentes.

9.6.3 PRÉDICTIONS DU RENDEMENT MINÉRALURGIQUE

Le systématisme que propose le Guide dans la démarche d'évaluation des gisements


est de nature a favoriser l'application de prédictions statistiques du rendement minéralurgique.
L'objectif proposé par les compagnies minières (Champigny, Armstrong 1989), la prédiction
du rendement minéralurgique, demandera une collaboration accrue entre personnel des
départements de géologie, d'ingénierie, de production et le personnel de l'usine.

En effet, l'atteinte de cet objectif demandera l'utilisation systématique des


connaissances géologiques, minéralogiques et analytiques du gisement. Il faudra également que
l'échantillonnage et la caractérisation du (des) gisement(s) soient faits d'une façon détaillée pour
des essais minéralurgiques à petite échelle. Autant les résultats des laboratoire et des essais en
usine pilote devront être reliés avec les portions des gisements et les types lithologiques avec
lesquelles ils correspondent. Les étapes suivantes de travail seront requises pour atteindre un
cet objectif.

A) Cartographie systématique

La cartographie des surfaces rocheuses et le journal détaillé des forages doivent


enregistrer systématiquement toutes les informations géologiques et minéralogiques pertinentes.
Ces observations doivent se faire dans un mode quantitatif qui facilitera l'établissement de
prédictions statistiques dans les étapes à venir. Les section 4.2 et 4.4 traitent particulièrement
de ces questions.

II. 242 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

B) Codage systématique des informations

Les informations recueillies doivent être disponibles pour faciliter leur utilisation. Un
système informatisé facilitera à la fois le codage et l'utilisation des informations recueillies,
mais un système traditionnel de plans et de sections permettra également d'utiliser cette infor-
mation, de façon moins souple cependant.

C) Caractérisation des échantillons

Pour compléter la base d'information permettant des prédictions de rendement


minéralurgique, il faudra que le matériel servant à des essais minéralurgiques soit situé et
caractérisé de façon rigoureuse dans le gisement, quant à sa lithologie, sa minéralogie, sa
représentativité par rapport à une portion ou à l'ensemble du gisement. Ceci implique les
étapes de contrôle géologique décrites aux sections 4.7 et 5.4.

D) Calcul des réserves/ Planification

Les informations acquises dans les étapes précédentes devront être utilisées et
incorporées dans le calcul des réserves pour permettre des caractérisations et des prédictions
appropriées. Ainsi, le calcul des réserves pourra comporter l'identification de types
minéralurgiques appropriés comme champs additionnels d'information. La planification minière
et les prédictions de production pourront incorporer ces facteurs.

E) Rétroaction des résultats de production

En dernière étape, il est important qu'il y ait une rétroaction des résultats de
production et d'usinage vers la base de données du gisement. Cette information permettra
d'affiner les prédictions de rendement minéralurgique. Une telle rétroaction dépendra des
conditions minières. En effet, les limitations de la base d'information sont fréquentes dans une
mine souterraine: parfois les chantiers qui alimentent l'usine sont multiples et la provenance
exacte du minerai qui arrive à l'usine est difficile à établir. La présence de minerai de
développement ajoute à ces difficultés, mais celles-ci n'excusent pas de négliger les différences
entre les réserves/la planification et les résultats d'exploitation.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 243


Méthode d'évaluation

CHAPITRE X

LES ASPECTS ÉCONOMIQUES

10. LES ASPECTS ÉCONOMIQUES 247

10.1 PERSPECTIVES D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE 248


10.1.1 STADES D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE 248
10.1.2 DILUTION ET PERTES 248
10.1.3 DÉMARCHE D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE DU PROJET 249

10.2 L'ANALYSE ÉCONOMIQUE 252


10.2.1 DÉFINITION DU MINERAI 252
10.2.2 ÉTATS FINANCIERS PRÉVISIONNELS 255
10.2.3 COÛTS D'INVESTISSEMENT 256
10.2.4 COMPTES D'EXPLOITATION 261

10.3 L'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE 266


10.3.1 RENTABILITÉ 266
10.3.2 STRUCTURE FINANCIÈRE 267
10.3.3 EFFICIENCE 267

10.4 L'ANALYSE DE SENSIBILITÉ 268

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 245


Méthode d'évaluation

10. LES ASPECTS ÉCONOMIQUES

"..Les minéraux dans le sol n'ont pas de valeur explicite. Aucune valeur ne sera
réalisable avant qu'ils aient été extraits, traités et livrés d un client. Par
conséquent, l'économique de la définition du minerai ne peut être évaluée
séparément de l'économique de tout le processus minier. De fait, c 'est l'écono-
mique du processus minier qui établit la définition économique du minerai. .. La
seule valeur immédiate (que les gisements) possédent est le prix qu'une compagnie
pourrait of frir pour l'opportunité de les exploiter. ... De façon plus réaliste, un
gîte minéral devrait être considéré comme une opportunité de développement.
" K. F. Lane, The Economic Definition of Ore, p 6 (30.

L'établissement des réserves minières d'un gisement se fait à partir d'une teneur de
rentabilité et de teneurs de coupure dérivées des facteurs économiques s'appliquant aux données
de la géologie et de l'ingénierie. Dans chaque cas, se sont les coûts de toutes les étapes du
processus minier face aux prix des métaux , à la demande, aux investissements requis aux les
frais qu'ils impliquent, qui déterminent la rentabilité du projet. Les facteurs économiques ont
donc une influence directe sur l'établissement des réserves minières d'un projet.

L'entrepreneur minier ne contrôle pas les prix des métaux / minéraux (ni les taux
d'intérêt). Par contre, il peut et doit s'assurer, par des travaux de conception, de planification
et d'évaluation économique appropriés, de contrôler le mieux possible la justesse des estimés
des coûts de la réalisation du projet et de l'exploitation.

C'est à partir de ces chiffres que l'on fera l'estimation des réserves de minerai, du
bilan prévisionnel de l'exploitation, de la valeur présente du projet, des différents rapports de
rendement des investissements projetés. Ce seront ces chiffres qui justifieront (ou non) la
décision de mise en production et permettront la réalisation du financement requis. Dans cette
démarche, le Guide entend revoir les principes généraux, esquisser et proposer des procédures.
L'application détaillée des méthodes financières déjà établies, telles l'établissement de la valeur
présente, le calcul du taux de rendement ou les méthodes de simulation, n'entre pas dans le
mandat du Guide.

30
"...Minerals in the ground have no explicit value. Not until they have been extracted,
treated and delivered to a customer is any value realised. Therefore the economics of
ore definition cannot be assessed separately from the economics of the total mining
process. Indeed it is the economics of the mining process which determine the economic
definition of ore."

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 247


Méthode d'évaluation

10.1 PERSPECTIVES D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE

10.1.1 LES STADES D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE

L'évaluation économique se fait par des étapes qui correspondent aux stades
d'évaluation des aspects d'ingénierie d'un projet de développement minéral. Au stade 4,
l'évaluation économique est de caractère conceptuel et vise à situer l'intérêt de confirmer la
présence d'un gisement minéral et ensuite d'en entreprendre la mise en valeur. Cette évaluation
se fait à partir des perspectives conceptuelles d'ingénierie et d'économique, face aux
informations et interprétations géologiques disponibles. Aux stades 5 et 6, l'évaluation
économique devient graduellement quantitative, s'appuyant sur l'augmentation des connaissances
dans les axes de la géologie et de l'ingénierie.

C'est au stade 7, celui des études économiques, et à l'étude de faisabilité du stade 8,


que les aspects économiques d'un projet minier deviennent tout à fait quantitatifs. Ces aspects
économiques dépendent, par définition, des coûts d'implantation et des coûts d'exploitation face
aux revenus. Les revenus anticipés sont reliés directement à la teneur du minerai exploité et
au rendement de l'exploitation, face à la demande des marchés et face aux prix des métaux.
L'analyse économique relie et intègre tous les aspects d'un projet afin de lui attribuer une
valeur.

10.1.2 DILUTION ET PERTES

La démarche du Guide s'axe sur l'identification des pertes et de la dilution à toutes


les étapes de l'exploitation minière, dans le but d'augmenter l'efficacité de toutes les opérations
successives. Jusqu'ici, la dilution et les pertes ont été étudiées en fonction de l'efficacité dans
les différentes étapes de l'évaluation dans les axes de la géologie et de l'ingénierie. Cette
efficacité est recherchée en vue de l'objectif d'extraction optimale de la ressource minérale.
Finalement, cette efficacité s'évaluera par les paramètres économiques, mais en même temps
il faut réaliser que les paramètres économiques sont une des principales causes d'incertitude et
même d'erreur dans l'établissement des réserves minières.

Les difficultés d'évaluation des paramètres économiques, leurs variations dans le temps
et le choix des paramètres appropriés pour appuyer les décisions, contribuent aux difficultés
rencontrées dans l'évaluation des gisements. Mentionnons les variations à la baisse de la
demande et des prix des métaux, les variations à la hausse des coûts et du loyer des argents
investis. Ces variations modifient les situations et peuvent mener jusqu'à remettre en question
les choix et orientations établis, les teneur repères, la réalisation des objectifs financiers et le
la possibilité de rencontrer les engagements contractuels. Dans cette perspective, le Guide
souligne qu'il est particulièrement important de bien situer la démarche de l'évaluation
économique des projets, si on veut optimiser les décisions.

II. 248 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

10.1.3 LA DÉMARCHE D'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE DU PROJET

L'évaluation économique du gisement se fait à partir des réserves minières et les


réserves minières sont établies à partir de repères économiques, puisque le mot réserve, tel que
défini, implique connaissance géologique appropriée, ingénierie établie, faisabilité et rentabilité.
Dans cette perspective, il faut voir qu'un bloc individuel de minéralisation ne doit être considéré
comme du minerai que si l'extraction de ce bloc augmente la valeur du projet minier (ou de
l'exploitation en cours). Cette relation étroite entre rentabilité et définition de la réserve
implique un processus itératif d'évaluation par essais successifs dans le but d'optimiser les
teneurs repères du gisement en fonction des paramètres économiques.

A) HYPOTHESES D'ÉVALUATION

Dans cette perspective, le Guide se propose d'expliciter les critères et les hypothèses
de base sur lesquels s'appuieront les évaluations économiques et les décisions d'aménagement
de projets miniers.

a) Politique d'évaluation globale

Une orientation suggérée aux paragraphes précédents serait d'utiliser l'optimisation


de la valeur présente comme politique d'évaluation économique d'un gisement. Il y a lieu de
regarder l'ensemble de cette question, les implications et les conséquences d'une telle
orientation avant de l'endosser.

Le rendement optimum pourrait se voir dans l'extraction maximum d'un élément


contenu dans un gisement, indépendamment des coins. Cette situation s'observe rarement en
dehors de situations d'urgence stratégique ou d'une gestion économique centralisée axée vers
l'auto-suffisance. Dans une telle situation, il faudra quand même des critères de choix et de
paliers minimum: comment établir la contribution positive qu'un bloc individuel devrait faire
à l'objectif stratégique?

Le rendement optimum dans un contexte capitaliste se définit souvent en fonction de


la recherche d'un rendement maximum sur le capital investi (ROI) ou d'une valeur présente
maximum. Les perspectives de cette solution sont de caractère court terme (6 à 9 ans) dans
le contexte des rendements élevés sur le loyer de l'argent qui sont recherchés, particulièrement
depuis les derniers vingt ans. Dans un contexte de stricte rentabilité économique, c'est une
solution attrayante, mais l'histoire récente ainsi que les analyses économiques ont montré que
cette politique tend à l'épuisement des ressources naturelles, autant de celles qui sont
renouvelables (comme les pêcheries ou la chasse aux baleines), que de celles qui sont
considérées comme ressources non-renouvelables.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 249


Méthode d'évaluation

Le rendement optimum pourrait être défini dans une perspective long terme, celle du
développement durable, en fonction d'optimiser, de maximiser l'extraction du métal
contenu dans le gisement, tout en maintenant la rentabilité (31. C'est l'objectif de long
terme que le gouvernement d'Afrique du Sud a recherché par les normes imposées aux
compagnies pour les teneurs de coupure et de rentabilité, particulièrement durant les périodes
de hausses des prix. Une telle politique, s'appuyant sur l'importance des mines aurifères dans
ce pays, s'appliquerait mal dans notre contexte d'économie libre et d'exploitations de divers
formats et types.

b) Caractéristiques des gisements miniers

Il faut situer des orientations de la politique financière d'exploitation dans les


perspectives et caractéristiques du développement minéral:

caractère limité du gisement (dans la plupart des cas),

- dimensions, limites ultimes et autres paramètres du gisement incomplètement connues,


avec possibilités de découvertes et développements additionnels;

- imprécision des connaissances d'ingénierie du gisement et du projet minier et risques


de pertes reliés à ce facteur;

caractère limité (financièrement ou physiquement) d'une partie au moins des


installations et des ressources nécessaires à l'extraction du gisement, ce qui demande
efficience malgré les incertitudes;

variations des prix des métaux sur les marchés et variation des coûts de production
selon le stade d'évolution de l'exploitation minière;

ambiguïté des situations de hausses des prix et des choix de maximiser le rendement
à court terme par l'extraction de teneurs plus riches ou le rendement à long terme et
l'extraction maximale par un abaissement des teneurs.

Le Guide suggère, étant donné la complexité des perspectives, l'utilisation de la


valeur présente maximale comme politique d'évaluation d'un gisement. Cependant, les
décisions prises par les administrateurs et les dirigeants des sociétés devront s'appuyer sur des
perspectives plus larges que la stricte maximisation à court terme de la valeur présente.

31 ".. providing a fair and attractive return on capital..."

II. 250 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

B) Les âges d'une exploitation minière

En s'inspirant des stades décrits par Taylor, 1972, le Guide définit cinq âges ou
paliers distincts dans la vie d'une exploitation minière, le stade 10 de l'échelle utilisée par le
Guide. Ces paliers, énumérés au Tableau 10-1, sont caractérisés par des contextes financiers
différents et ils servent à illustrer l'évolution des conditions économiques qui régissent une
exploitation minière.

Tableau 10-1

LES ÂGES D'UNE EXPLOITATION MINIÈRE

STADE 10. A Les premières années d'exploitation:


période de rodage;
remboursement de la dette;
début des profits et de la taxation.

10. B Les années adultes:


profits et dividendes importants;
expansion à des teneurs plus basses;
ré-investissements.

10. C Les années de maturité:


production stable, réserves (et teneurs) décroissantes.

10. D Les années de déclin:


extinction des réserves, période de récupération à des teneurs
encore plus basses permise par une réduction des frais généraux,
en particulier ceux de développement.

10. E La fermeture:
arrêt de l'exploitation, démembrement, liquidation des actifs.

Une telle gamme de conditions financières pendant l'exploitation implique que les
teneurs repères qui guident l'établissement des réserves et le contrôle de la production varieront
en fonction des conditions financières différentes de ces diverses étapes. Tenir compte de ces
variations dans la planification et les états financiers prévisionnels demandera l'utilisation de
méthodes itératives appuyées sur des logiciels appropriés sur ordinateurs.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 251


Méthode d'évaluation

10.2 L'ANALYSE ÉCONOMIQUE

L'analyse économique comporte deux phases reliées mais distinctes: l'évaluation des
teneurs repères, teneurs coupures/teneurs marginales et l'analyse financière du projet minier en
vue d'en établir la valeur actualisée à partir de divers critères d'investissement.

10.2.1 LA DÉFINITION DU MINERAI

Le Guide a déjà défmi, dans la section 7.1.3, les teneurs coupures, les teneurs
marginales et les teneurs de rentabilité. Rappelons les définitions fondamentales de Mortimer
(1950):

La teneur moyenne exploitée doit fournir un certain profit par tonne usinée: la teneur qui
correspond au seuil (ou minimum) de profit acceptable, c'est la teneur de rentabilité;....La
teneur minimale exploitée doit faire ses frais: c'est la teneur marginale, ou teneur de
coupure.

Pour l'évaluation des teneurs repères, le Guide s'appuie sur les travaux de Taylor
(1972) et de Lane (1988) déjà cités. Le livre récent de Lane "The Economic Definition of Ore"
fait étape pour la définition du minerai. Le Guide veut intégrer les aspects économiques aux
aspects de géologie et d'ingénierie déjà traités. Les teneurs repères sont essentielles à la défini-
tion du minerai. Le Guide recommande de garder aux termes réserve et minerai une significa-
tion stricte de faisabilité géologique, d'ingénierie et d'économique, dans la continuité des
réglementations des valeurs mobilières ((Tome II, chapitres 7 et 8 et Tome III, chapitre 3).

A) La teneur de rentabilité

La teneur de rentabilité d'une exploitation minière est établie en bonifiant la teneur


marginale d'une valeur au moins égale au rendement des taux d'emprunts à long terme, plus
un rendement supplémentaire appelé prime de risque. La prime de risque a pour but de
compenser un investissement risqué par rapport à un investissement moins hasardeux: c'est le
coût d'option (opportunity cost). Donc, la teneur de rentabilité d'un gisement ou d'un bloc
minéralisé est la teneur seuil où la valeur réelle des substances minéralisées couvre le prix de
revient de la production vendue. augmenté de la valeur du coût d'option. C'est la teneur
minimum d'exploitation déterminée d'après le coût d'option, le rendement minimum désiré.
Le tableau 10-2 présente le calcul de la teneur globale de rentabilité économique. A chaque
teneur de rentabilité est associée une teneur marginale qui est nécessaire pour l'établissement
de la teneur moyenne d'un gisement ou d'une zone minéralisée de plus petites dimensions.

II. 252 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

TABLEAU 10-2

TENEUR GLOBALE DE RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE

DONNÉES:

PRODUCTION ANNUELLE (tonnes) PR

COÛTS VARIABLES: (dollars / tonne) CV


Forage
Développement
Extraction
Traitement

COÛTS FIXES ANNUELS: CF


Services
Administration

COÛT D'OPTION (dollars) CO

DILUTION MINIÈRE (décimale) DM

RÉCUPÉRATION MINIÈRE (décimale) RM

RÉCUPÉRATION AU TRAITEMENT (décimale) RT

PRIX DU MÉTAL (dollars/unité) PM

TENEUR DE RENTABILITÉ ÉCONOMIOUE _


(unités / tonne)
CV + (( CF + CO )/PR)
PM X RM X RT /(1+ DM)

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 253


Méthode d'évaluation

B) Teneur de coupure / teneur marginale

Le Guide rappelle la définition de Taylor, 1972, qui fait de la teneur de coupure (ou
teneur seuil) un concept général, un repère essentiel à toute évaluation de gisement: "La teneur
de coupure est toute teneur qui est utilisée, à partir de n'importe quel critère approprié, afin
de distinguer entre deux alternatives de décision et d'action".

C) L'évolution des teneurs

Aux premiers stades des évaluations, on utilisera des teneurs de coupures d'ordre
conceptuel ou basées sur des considérations géostatistiques, ou sur des gisements de type ou
d'allure similaire, en fonction de choisir ou exclure des échantillons, des intersections ou des
blocs. Aux stades plus avancés de l'évaluation, lorsque les données d'ingénierie et
d'économique le permettent, la teneur de coupure sera la TENEUR MARGINALE (breakeven).
La teneur marginale est celle pour laquelle le revenu recouvrable est équilibré avec les coûts
attribués à partir du point de décision.

Lors de l'exploitation, la teneur marginale globale variera dans le temps selon les
charges financières qui caractérisent chaque âge de l'exploitation. Ainsi, au moment de l'étude
de faisabilité, la teneur marginale d'un gisement ou d'une zone minéralisée est celle pour
laquelle la valeur recouvrée des substances minéralisées vendues est égale aux coûts de
développement, d'extraction, de traitement et d'administration. C'est alors une teneur de
coupure globale qui sert à établir la limite concrète des zones ou des chantiers pour l'établis-
sement des réserves et le calcul de la faisabilité d'ensemble. Pour qu'il y ait rentabilité, pour
que la minéralisation devienne du minerai, la teneur de coupure doit être appropriée pour
permettre que la teneur de la zone sous étude soit plus élevée que la teneur de rentabilité.

Dans le détail de l'exploitation, des teneurs de coupure "ad hoc", plus ponctuelles,
sont requises à divers points, pour justifier des décisions à partir d'un choix entre diverses
options, en fonction des coûts et des revenus escomptés en aval. C'est le cas des blocs ou
tonnages minéralisés à faible teneur dont les frais amont sont déjà assumés. A la mine, il s'agit
de décider d'extraire ou de laisser en place/envoyer aux rejets un bloc donné. A l'usine, il
faut décider soit de traiter, soit de laisser aller aux piles de marginal. Ce sont ces points de
décision et situations que, dans la tradition minière française, les termes "carreau mine" et
"carreau laverie" décrivent. L'expérience minière montre cependant le danger de ces
procédures d'exception: si elles deviennent trop nombreuses la teneur moyenne exploitée sera
affectée à la baisse, ce qui fausse les prédictions. Dans un nouveau projet minier, il serait
trompeur et dangereux que la décision de la réalisation dépende de tels raffinements!

II. 254 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

D) Calcul des teneurs de coupure

Les teneurs de coupure globales, que l'on applique aux réserves minières et à l'exploi-
tation, sont dérivées de la teneur de rentabilité dont la formule à été donnée à la section
précédente. Pour établir la teneur de coupure appropriée à un gisement ou une chantier donné,
la distribution statistique des teneurs, l'interprétation graphique de la géologie et des minéralisa-
tions et la distribution des blocs laigés seront mis à contribution.

Ces évaluations sont ponctuelles dans le temps, au moment de l'étude de faisabilité


ou de la planification moyen terme d'une exploitation. Les variations des paramètres financiers
durant la vie d'une exploitation obligent à plus de sophistication si on veut optimiser le
rendement.

Lane, 1988, propose la formule suivante pour exprimer la stratégie d'optimiser la


valeur présente d'une exploitation basée sur une ressource limitée (R). Il s'agira de maximiser
la valeur de l'expression:

c-r(ôV*- dV'/dT)= c-Fr...

c est le flux monétaire résultant d'une unité de ressource,


ô est le cout du Capital (100ô%),
T est le temps requis pour traiter cette unité,

V* est la valeur présente maximum à ce stade,


T le moment considéré,
F le coût d'opportunité,

L'application de telles procédures d'évaluation demandera des procédures itératives


assez complexes et l'usage de programmes sur ordinateurs. Il s'agit en pratique d'appliquer
une véritable politique d'optimisation de la rentabilité, par l'application de teneurs de coupure
(marginales) planifiées et adaptées aux conditions financières aux divers âges d'une exploitation
minière. Peu de compagnies minières ont atteint ce niveau de sophistication. Pour les projets
au stade de la décision, peu ont l'information suffisante pour justifier de pousser très loin
l'application de cette politique. Cependant, pour les compagnies comme pour l'être humain,
les modèles de comportement acquis au début de la vie persistent souvent bien longtemps après
qu'ils soient devenus périmés: ceci doit encourager à utiliser des modèles plus sophistiqués que
le plus bas commun dénominateur des besoins.

10.2.2 LES ÉTATS FINANCIERS PRÉVISIONNELS

L'évaluation économique de l'ensemble du projet minier se fera à partir des états


financiers prévisionnels. Ces états financiers, qui s'appuient sur les données des axes de la

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 255


Méthode d'évaluation

géologie et de l'ingénierie, établissent les flux monétaires du projet pendant la période projetée
d'exploitation et permettent d'en évaluer la rentabilité. La valeur présente du projet sera
établie par l'application de taux d'escompte appropriés aux revenus anticipés pour le projet dans
les années futures et en faisant le total des montants ainsi obtenus.

L'analyse financière de base est généralement établie en dollars constants au début du


projet, un financement intégral par fonds propres étant supposé. Le taux de rentabilité indique
la viabilité du projet dans les conditions présentes.

Pour être véridiques, les états financiers prévisionnels doivent être établis d'un point
de vue autant opérationnel que financier. Autrement dit, les projections des dépenses annuelles
d'exploitation doivent représenter les coûts réels d'extraction et de traitement du minerai d'un
lieu défini du gisement, selon des méthodes d'extraction et de traitement adéquatement
déterminées. Les plans d'exploitation détaillés doivent avoir été établis pour chaque secteur et
chantier de la mine projetée; ces plans et études doivent être assez poussés pour déceler la non-
rentabilité de certains blocs de minerai qui pourront être exclus des chantiers projetés. a
valeur de l'étude de faisabilité et l'à-propos de la décision de mise en production du projet
minier, ainsi que le succès éventuel du projet, dépendent de la qualité de ce travail.

10.2.3 LES COÛTS D'INVESTISSEMENT

L'établissement du bilan prévisionnel de l'exploitation exige l'établissement des coûts


d'investissement. Le Guide recommande d'utiliser les différentes catégories définies par la "Loi
concernant les droits sur les mines" et par les lois fédérale et provinciale sur l'imposition sur
des revenus, afin de faciliter les calculs des droits miniers et des impôts.

Les coûts d'investissement sont définis comme les "frais d'immobilisation pour la mise
en valeur d'un projet minier destiné à produire et à vendre ou encore à utiliser une quantité
déterminée de substances minérales". La distribution des coûts dans le temps doit être réalisée
à partir d'un échéancier des principaux investissements.

Les taxes sur les matériaux de constructions doivent être incluses s'il y a lieu. Les
taxes fédérales et provinciales sur l'équipement d'extraction et de traitement sont exclues.

Généralement, pour le service de génie et de gérance du projet d'aménagement minier,


les coûts de l'investissement initial doivent être majorés d'environ 12%.

II. 256 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

A) Exploration et mise en valeur

Il est évident que les dépenses déjà encourues et accumulées pour l'exploration et
la mise en valeur du gisement avant l'étude de faisabilité, ne sont pas comptabilisées dans les
coûts d'investissement, mais doivent être incluses dans le calcul des droits miniers et des impôts
sur le revenu.

Il est important que les frais d'exploration et de mise en valeur qui sont projetés dans
les coûts d'investissement, soient classés selon le lieu ou le mode d'exploitation choisi afin que
soit facilité le calcul des droits miniers et des impôts sur le revenu. Les frais d'exploration et
de mise en valeur du projet principal d'une exploitation minière souterraine sont sujets à des
allocations additionnelles dans le calcul des droits miniers. De même, les frais d'exploration sur
des terrains s'applicant à d'autres projets que le projet principal sont sujets à des allocations
additionnelles dans le calcul des droits miniers.

B) La propriété minière

Les coûts projetés par un entrepreneur minier pour un déboursé ou pour des dépenses
d'exploration, de mise en valeur et de développement, afin d'acquérir une participation
quelconque au projet, ne sont pas nécessairement déductibles dans le calcul des droits miniers
ou de l'impôt provincial sur le revenu. Ce sujet très complexe exige que les stratégies et les
décisions soient appuyées sur des avis experts.

C) Les immobilisations

On définit les immobilisations comme "les biens matériels d'une durée relativement
longue. utilisés par une entreprise dans le cadre de ses opérations". Le coût d'une
immobilisation comprend tous les frais nécessaires à son acquisition et à sa mise en état afin
que les besoins de l'entreprise soient satisfaits.

L'infrastructure,les bâtiments et l'équipement doivent faire l'objet de comptes distincts


car ils seront sujets à des taux d'amortissements différents.

La valeur de l'infrastructure, des bâtiments et des équipements d'une entreprise


minière dépend de la durée de son exploitation, selon le taux de dépréciation établi. En raison
de sa nature et souvent de son isolement géographique, l'entreprise minière qui voit ses
opérations se terminer plus tôt que prévu, subira une perte appréciable sur ses immobilisations;
une partie de cette perte peut être récupérable contre l'impôt payable ou déjà payé.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 257


Méthode d'évaluation

D) Le fonds de roulement

En plus de l'investissement pour l'exploration, pour la mise en valeur, pour les


bâtiments et l'équipement, une somme additionnelle, appelée communément fonds de
roulement est nécessaire pour que le fonctionnement du complexe minier sur une base
productive soit assuré. Le fonds de roulement est la liquidité dont une entreprise a besoin pour
ses opérations quotidiennes afin de rémunérer ses employés et de payer toute autre dépense
courante pendant la période qui s'étend du départ de l'extraction du minerai jusqu'au moment
de l'encaissement des revenus de la vente du métal. Le fonds de roulement peut être évalué
comme suit:
- les revenus de cette période;
- moins le bénéfice de cette période;
- moins l'amortissement de cette période;

Alternativement, le fonds de roulement nécessaire pourrait être défini comme "tous les frais
effectivement payés durant la période cible qui doit être au minimum de trois mois". Cette
méthode d'évaluation est suffisante pour déterminer le fonds de roulement d'un projet. Par
contre, ce fonds de roulement peut être modifié durant la période de production. Les ratios du
fonds de roulement et de trésorerie pourront servir de guides pour l'analyse de la capacité de
la société à régler ses dettes à court terme au fur à mesure de leur échéance:

RATIO DU FONDS DE ROULEMENT = ACTIF A COURT TERME


PASSIF A COURT TERME

Un ratio de 2 est généralement considéré comme très acceptable pour les mines d'or
n'ayant pas de provision pour créances douteuses. La trésorerie doit être suffisante pour
rencontrer les besoins de fonds de roulement de l'entreprise projetée. Le ratio de trésorerie est
suggéré pour vérifier ces besoins:

RATIO DE TRÉSORERIE = LIQUIDITÉ + COMPTES CLIENTS


PASSIF A COURT TERME

Un ratio de 1 est généralement considéré très acceptable pour les mines d'or à cause
de la solvabilité des clients.

II. 258 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Tableau 10-3
COUTS D'INVESTISSEMENTS

1. EXPLORATION: Autres projets


Projet souterrain
Projet en surface

2. MISE EN VALEUR Autres projets


Projet souterrain
Projet en surface

4. PROPRIÉTÉ MINIÈRE: Coûts de la propriété

5. INFRASTRUCTURE: Route, aménagements résidentiels


Ligne électrique et sous-station
Services sanitaires
Installations connexes
Transport et communications

6. ADMINISTRATION: Bâtiments
Équipements

7. SERVICES: Bâtiments
Équipements

8. EXTRACTION: Bâtiments et équipements stationnaires


Équipements mobiles
Développement de la mine
Installations connexes

9. TRAITEMENT: Bâtiments
Équipements
Installations connexes

10. FONDS DE ROULEMENT

11. INVENTAIRE

12. ADDITION ET RENOUVELLEMENT DES ACTIFS

13. ENVIRONNEMENT

NOTE:
Les frais de démarrage ne sont pas comptabilisés dans les investissements.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 259


Méthode d'évaluation

E) Les stocks

Dans une exploitation aurifère, les stocks sont constitués exclusivement des
approvisionnements en main pour que les délais de livraison soient évités et que la marche
continue de l'exploitation soit assurée. Le niveau des stocks requis peut varier grandement
selon sa localisation géographique de l'exploitation et selon les délais de livraison. Le niveau
d'efficacité d'une bonne gestion peut être déterminé par le taux de rotation des stocks par
rapport aux taux d'autres compagnies comparables:

TAUX DE ROTATION = COÛT ANNUEL DES APPROVISIONNEMENTS


STOCK MOYEN

F) Le renouvellement

Les coûts de renouvellement touchent essentiellement le remplacement des


équipements stationnaires ou mobiles dépréciés normalement suite à l'utilisation.

G) La protection de l'environnement

Les lois et règlements existants obligent la compagnie minière à prévoir dans ses frais
d'implantation les mesures nécessaires pour la protection de l'environnement durant les
opérations normales. Il faudra aussi prévoir établir un fonds de réserve pour les
réaménagements requis à la fin de l'opération. Un tel fonds de réserve devra être suffisant pour
permettre également de faire face aux accidents ou aux circonstances imprévues qui mettraient
en danger la qualité de l'environnement naturel.

H) Le démarrage

La durée de la période de démarrage est fondée sur l'expérience de complexes


similaires. Normalement, une période minimum de 6 mois est nécessaire avant d'atteindre la
production maximale planifiée. Ce manque à gagner durant la première année de production
est causé par les retards, la formation du personnel et par le rodage des nouvelles installations.
Durant les périodes d'activité intense de l'industrie, cette période peut être rallongée par la
rareté du personnel qualifié. Ces frais supplémentaires pourront être chargés aux dépenses de
capitalisation s'il les pertes deviennent plus importantes à cause de délais plus longs. Sous-
estimer la durée de la période de rodage peut causer des problèmes financiers et logistiques
importants et devenir un facteur de risque majeur.

II. 260 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

10.2.4 LES COMPTES D'EXPLOITATION

Les comptes d'exploitation prévisionnels, ou états des résultats, présentent les revenus
d'une entreprise pour une période donnée (normalement 12 mois). Dans le cas de l'étude d'un
projet les comptes d'exploitation sont la base du bilan prévisionnel qui servira à établir la
rentabilité du projet.

Schématiquement, les comptes d'exploitation contiennent les données suivantes:


REVENUS - DÉPENSES = PROFIT NET

TABLEAU 10-4
LES COMPTES D'EXPLOITATION PRÉVISIONNELS

REVENUS: Revenus bruts


Frais de réalisation
Revenus nets

COÛTS VARIABLES:
Forage de probation et d'exploration
Développement
Extraction
Traitement
Environnement

COÛTS FIXES:
Services
Géologie et ingénierie
Frais administratifs
Frais siège social
Taxes
Redevances
Amortissement
Fonds pour l'environnement

BÉNÉFICE D'EXPLOITATION

FRAIS FINANCIER

IMPÔTS (fédéral et provincial)

DROITS MINIERS

BÉNÉFICE NET

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 261


Méthode d'évaluation

A) Les revenus

C'est la valeur brute de la production annuelle qui constitue les revenus d'une
entreprise minière. Dans les termes des lois fiscales, il s'agit de "la valeur réelle des
substances minérales vendues ou utilisées par un exploitant pendant un exercice financier au
prix du marché à l'époque de leur vente ou de leur usage ou la valeur réelle des substances
minérales expédiées ou utilisées par un exploitant pendant un exercice financier au prix du
marché d l'époque de leur expédition ou de leur usage, le tout selon la méthode régulièrement
employée par l'exploitant." (Loi concernant les droits sur les mines). Normalement, ces
revenus sont comptabilisés sur la base du revenu net après rafinage (N.S.R.), déductions faites
des frais de vente, transport, douanes. Les frais de raffinage peuvent être comptabilisés
différemment: les résultats sont similaires.

Les nombreuses fluctuations du prix de l'or sont attribuables aux phénomènes macro-
économiques et aux mouvements des marchés. C'est pourquoi plusieurs analyses de sensibilité
doivent être menées en fonction du prix de l'or selon les situations économiques projetées.
Certaines compagnies réussissent à profiter de façon importante des variations des marchés par
des politiques de préventes, d'emprunts d'or et autres. Ces stratégies ponctuelles et opératoires
d'optimisation ne peuvent évidemment êtres invoquées dans le cadre d'une étude de faisabilité.
La possibilité de leur utilisation serait plutôt incorporée dans les facteurs positifs de risque sur
lesquels s'appuiera la direction d'une compagnie pour prendre une décision.

B) Dépenses/bénéfices d'exploitation

Pour fins d'analyse, les dépenses d'exploitation sont divisées en coûts variables et en
coûts fixes:

les coûts variables sont des coûts qui augmentent en fonction de la production (le
tonnage). Ils comprennent la main-d'oeuvre, l'électricité, les explosifs, l'équipement
et le matériel nécessaires aux opérations ainsi que le matériel et les pièces de rechange
destinés à l'entretien.

les coûts fixes comprennent les services, l'ingénierie, les frais administratifs et
l'amortissement.

En déduisant les coûts variables et les coûts fixes des revenus, on obtient le bénéfice
d'exploitation. Il indique le véritable niveau de rentabilité des activités principales d'une
entreprise, avant la déduction des frais financiers, des impôts et des droits miniers. Des
analyses de sensibilité doivent être menées afin de mesurer les effets des variations des coûts
d'exploitation.

II. 262 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

C) Les taxes

Les coûts considérables que représentent la mise en exploitation d'un dépôt minier et
les aléas du marché, causés par les variation du prix du métal, augmentent les risques des
entrepreneurs miniers. Les modalités de taxation des compagnies minières, autant au niveau
fédéral qu'au niveau provincial, peuvent compenser une partie des risques des nouveaux projets.
Parfois, l'attrait de ces bénéfices fiscaux pourra déformer le processus de décision
d'implantation.

Les compagnies minières canadiennes en exploitation sont sujettes à trois sources de


taxations:

a) impôt fédéral sur le revenu corporatif;


b) impôt provincial sur le revenu corporatif;
c) droits miniers ou redevances au niveau provincial;

Le tableau 10-5 présente un sommaire de l'imposition fédérale et provinciale au


moment de la rédaction du Guide. Il faudra s'assurer des données en vigueur au moment de
l'évaluation. Le tableau 10-6 donne un sommaire des droits miniers au Québec.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 263


Méthode d'évaluation

Tableau 10-5
SOMMAIRE DE L'IMPOSITION FÉDÉRALE ET PROVINCIALE
AU NIVEAU CORPORATIF (aout 1988)

TAUX DE L'IMPÔT FÉDÉRAL 28 %

TAUX DE L'IMPÔT PROVINCIAL 5.9%

DÉDUCTIONS:

Dépréciation (nouvelles installations) 100 %

Dépréciation (autres actifs) 25 %

Allocation de ressources 25 %
(du profit avant frais financiers)

Allocation d'exploration 100 %

Coût de la mine et du terrain minier 30 %


(de la valeur restante; non déductible au provincial)

Allocation de développement 100 %

NON DÉDUCTIBLES:

Redevances
Droits miniers

II. 264 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Tableau 10-6
SOMMAIRE DES DROITS MINIERS DU OUÉBEC (32

LIMITE ANNUEL

TAUX DES DROITS 18 % du profit 18 %

CRÉDIT 90,000 $
cumulatif sur 3 ans

DÉDUCTIONS:

Dépréciation 100 % des biens 30 %


Développement 100 % du développement 100 %
Investissement 33 % de l'investissement 33 %
Maximum: 33 % du profit

Traitement Minimum: 15 % du profit 8%*


Maximum: 65 % du profit 15 % **

NON DÉDUCTIBLES:

Frais d'administration au niveau corporatif


Frais de participation
Amortissement de la mine
Amortissement du terrain minier
Redevances
Frais de financement
Taxes et impôts
Dividendes
Réserves et provisions
Dépenses couvertes par subsides

* première transformation ** deuxième transformation

32
A jour au 25 janvier 1989.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 265


Méthode d'évaluation

10.3 L'ÉVALUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

L'analyse des états financiers prévisionnels d'un projet permet, au moyen de ratios
et de coefficients, d'évaluer les rendements dans différents domaines et de les comparer aux
autres mines aurifères en exploitation dont les activités sont comparables et surtout de voir s'ils
rencontrent les objectifs financiers du promoteur du projet.

L'interprétation et l'analyse du contenu des états financiers prévisionnels sont divisées


en quatre catégories:

les liquidités servent à évaluer la capacité d'un projet à faire face à ses obligations à court
terme durant son exploitation. L'interprétation et l'analyse des liquidités ont été définies
dans la section des coûts d'investissement, le fonds de roulement et les stocks et ne seront
donc pas discutées ici;

la rentabilité sert à évaluer la viabilité d'un projet en fonction de ses revenus, son bénéfice
et ses investissements;

la structure financière sert à évaluer l'endettement et les fonds propres en fonction des
capitaux du projet;

l'efficience sert à évaluer la productivité projetée durant l'exploitation.

10.3.1 LA RENTABILITÉ

La rentabilité est l'objectif le plus important dans l'analyse financière d'un projet. La
rentabilité mesure l'efficacité globale en établissant des rapports entre le profit net d'une part
et, d'autre part, le revenu, l'investissement et les fonds propres (avoir des actionnaires).

MARGE NETTE = PROFIT NET X 100


REVENU

Ce rapport (ratio) indique le bénéfice net pour chaque dollar de revenu. En comparant
ce ratio à d'autres exploitations aurifères, la rentabilité du projet peut être mieux jugée.

RENTABILITÉ DE L'ACTIF = BÉNÉFICE NET


ACTIF

Ce ratio indique le bénéfice net pour chaque dollar de l'actif. De même, la rentabilité
du projet peut être mieux jugée en la comparant à d'autres exploitations aurifères.

II. 266 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

RENTABILITÉ DES FONDS PROPRES = BÉNÉFICE NET


FONDS PROPRES

Ce ratio indique le bénéfice net pour chaque dollar de fonds propre investi (avoir des
actionnaires).

10.3.2 LA STRUCTURE FINANCIÈRE

La structure financière est très importante pour évaluer la situation financière d'un
projet. Elle indique la provenance des capitaux d'un projet, soit au moyen d'emprunts, soit par
l'émission d'actions ordinaires ou privilégiées. Le ratio de structure financière est important
parce qu'il indique la proportion des différents titres émis par l'entreprise:

OBLIGATIONS A%
ACTIONS PRIVILÉGIÉES B%
ACTIONS ORDINAIRES C%
TOTAL 100 %

En général, les obligations ne doivent pas représenter plus de 30% de la structure du


capital d'une entreprise et le pourcentage des actions ordinaires doit être égal au pourcentage
des obligations et des actions privilégiées. Plus les bénéfices d'une entreprise sont stables, plus
son ratio d'endettement peut être élevé.

L'établissement de la structure financière d'un projet est un élément très important de


la faisabilité d'un projet. La conception et la réalisation d'une structure financière appropriée
à la nature d'un projet, aux conditions économiques, financières et sociales qui prévalent dans
un environnement donné peut être autant ou plus importante que la réalisation des aspects de
géologie et d'ingénierie du projet. C'est aussi l'un des éléments importants du risque de la
réalisation d'un projet.

10.3.3 L'EFFICIENCE

Le ratio d'efficience sert à évaluer le degré de productivité de l'entreprise en fonction


du capital investi (capitaux propres):

RENDEMENT DU CAPITAL = BÉNÉFICE NET + INTÉRÊTS X 100


AVOIR DES ACTIONNAIRES

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 267


Méthode d'évaluation

10.4 L'ANALYSE DE SENSIBILITÉ

La rentabilité d'une exploitation est influencée directement par les variation du prix
du métal, des frais d'investissement et d'exploitation et est aussi affectée par les phénomènes
macro-économiques. C'est pourquoi l'analyse économique et financières doit comporter
diverses analyses de sensibilité, menées dans le but de vérifier l'effet de variations
conjoncturelles ou stratégiques, telles:
- les coûts d'investissement;
- les frais d'exploitation;
- les prix de l'or et des autres métaux recouvrables;
- le taux d'inflation;
- le taux d'échange du dollar canadien;
- les taux d'intérêt;
- les subventions;
- les fonds propres;
- les emprunts;
- les facteurs d'offre et de demande;
- autres variations.

Le chapitre suivant du Guide, Faisabilité et Décision, reprend ce sujet.

II. 268 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

CHAPITRE XI

L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ

ET LA DÉCISION

Contenu

11. L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ ET LA DÉCISION 271

11.1 LE BUT DE L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ 271

11.2 LE CONTENU DE L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ 273


11.2.1 ASPECTS GÉOLOGIQUES 273
11.2.2 INGÉNIERIE DU PROJET 274
11.2.3 ÉCONOMIQUE 275
11.2.4 ASPECTS SOCIO-POLITIQUES 275
11.2.5 ÉTUDE DE SENSIBILITÉ 275
11.2.6 RECOMMANDATIONS 277

11.3 LE RISQUE 277

11.4 LA DÉCISION 278

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 269


Méthode d'évaluation

11. L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ ET LA DECISION

L'étude de faisabilité finale du Stade 8 constituera le BILAN de l'ensemble des


informations, des facteurs et des éléments requis pour l'implantation de la mine projetée. Elle
comprendra donc nombre d'éléments qui, de par leur nature et leur complexité, dépassent le
cadre du Guide d'évaluation des gisements d'or, mais qui doivent être présents dans le bilan
final que constituera cette étude.

11.1 LE BUT DE L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ

L'étude de faisabilité a pour fonction de vérifier (audit) toutes les études sur lesquelles-
s'appuie le projet d'implantation d'une exploitation minière et de faire le bilan du dossier. Le
but de ce bilan est d'établir si le projet justifie un investissement bancaire dans un projet de
caractère industriel (par opposition au caractère d'investissement de risque des stades de
découverte et de mise en valeur du gisement).

L'étude de faisabilité devra donc intégrer toutes les études appropriées; les chapitres
précédents tracé un panorama des aspects géologiques, techniques et économiques (directs).
L'étude de faisabilité, pour rencontrer son objectif et justifier (s'il y a lieu) la décision positive
d'implantation, doit donc tenir compte de tous les éléments de risque que comporte le projet.
Il faudra également inclure dans l'étude de faisabilité les aspects environnementaux et leurs
coûts (ce qui dépasse le cadre de ce Guide), ainsi que les aspects et coûts socio-politiques
susceptibles d'influencer la faisabilité ou la rentabilité du projet.

Une telle appréciation requiert une évaluation basée sur des critères détaillés dans tous
les axes de connaissance qui touchent le projet à réaliser. C'est la seule façon de minimiser les
risques de frais imprévus et accrus et d'erreurs techniques qui nuiraient à l'aménagement du
projet ou encore changeraient les conditions et la rentabilité de l'exploitation projetée. C'est
la différence majeure entre l'étude de faisabilité du stade 8 et les études préliminaires de
faisabilité qui sont exécutées à la fin de chacun des programmes de travail et/ou de chacun des
stades ou qui ont précédé le stade 8.

Le texte déjà cité du Guide "Underground Metal Mining", commandité par CANMET,
est un exemple type de procédures d'estimations adaptées aux stades préliminaires d'évaluation
(stades 4 et 5) et c'était le but recherché par ses commanditaires. Par contre les méthodes
d'estimation de ce type ne permettent pas d'atteindre, dans la plupart des cas, la précision
requise pour une décision de mise en production, mais plusieurs s'en contentent.

Guide d'évaluation des gisements d'or H. 271


Méthode d'évaluation

C'est dans ce contexte que l'on pourrait situer des observations du Rapport du Comité
Conjoint de l'Ordre des ingénieurs du Québec et de l'Association professionnelle des géologues
et des géophysiciens du Québec85, concernant des lacunes de certaines études de faisabilité
qui ont pour but d'appuyer des décisions d'investissements:

"Dans une optique d'économie court terme, on se contente de travaux de


conception de caractère préliminaire, qui laissent une large marge d'erreur
possible dans les estimés des coûts du projet minier envisagé. Cette philosophie
de travail pourrait s'exprimer en ces termes: ne pas dépenser des fonds pour faire
le `design' détaillé d'un projet dont la réalisation n'a pas encore été décidée"

Dans l'ère de complexité technique et financière, incluant l'inflation que nous


vivons depuis 1973, l'expérience est que l'on sous-évalue les coûts éventuels de
réalisation d'un projet beaucoup plus souvent qu'on les surévalue.

.. cette incertitude s'ajoutant aux aléas géologiques présents dans la définition et


l'estimation des réserves des gisements, il n'est plus possible dans la grande
majorité des cas d'évaluer les coûts de réalisation d'un projet d + / - 10 % d
partir d'un — design -- préliminaire, comme ce fat déjà le cas dans des dossiers
moins complexes. La faisabilité et la rentabilité ainsi évaluées pour le projet sont
entachées de la même marge d'incertitude que les calculs sur lesquels elles
s 'appuient.

On peut en arriver ainsi d fausser le processus de décision, puisque le dossier


ainsi dressé pourrait indiquer de façon erronée la rentabilité d'un projet. Une
organisation peut alors être amenée, d partir de cette information incomplète, d
prendre une décision et un engagement corporatif et financier sur des données dont
la fiabilité est incertaine et souvent trop faible.

Ces commentaires recoupent ceux de Grace (1986), Knoll (1989) et de Clow (1990),
cités en section 3.3. De nombreux exemples récents confirment le danger des attitudes décrites
lorsqu'il s'agit de décider d'un investissement qui doit être rentable. Autant il serait stérile
d'utiliser des critères trop exigeants pour les évaluations faites aux stades initiaux des projets,
oa l'essentiel est de vérifier le potentiel de découverte minérale et de mise en valeur d'un
gisement, autant l'évaluation qui précède la prise de décision doit s'appuyer sur des données
et des critères qui respectent le caractère de cette décision. Souvent, les intervenants en
exploration n'ont pas l'expérience requise pour faire face aux conditions de ces nouvelles étapes
et aux décisions qu'elles amènent.

Les méthodes d'estimations préliminaires décrites au guide "Underground Metal


Mining" publié par CANMET, sont appropriées aux stades de développement d'un projet, avec

II. 272 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

des marges d'erreur à la hausse pouvant aller à 40% ou plus. Des logicels d'évaluaation au
stade de la préfaisabilité ont également été développés tel celui présenté par Nagle& (1988)
qui vise une marge d'erreur de +/- 30%. De telles procédures sont acceptable pour une étude
préliminaire de faisabilité, mais tout à fait insuffisant pour une décision de caractère
commercial. C'est pourquoi les travaux de conceptions au stade de la faisabilité doivent être
complétés par la planification détaillée requise pour assurer une marge d'erreur à la hausse
maximum de 10% On oublie souvent qu'il n'y a pas de risque financier sur une estimation trop
haute, il y a seulement le danger, en surestimant les coûts et/ou le risque, de déprécier une
occasion de gain. L'optimisme aveugle des débuts d'un projet doit être remplacé à l'étude
de faisabilité par un optimisme pondéré et lucide.

C'est dans cette perspective que l'étude de faisabilité finale doit faire l'évaluation et
la vérification de tous les éléments servant à calculer la faisabilité et la rentabilité du projet.
Cette revue implique tous les travaux de probation et de valorisation, les informations
factuelles, les résultats calculés, les inférences et hypothèses. A partir de cette revue, on pourra
établir des marges d'erreur sur tous les éléments importants servant à calculer la faisabilité et
la rentabilité du projet. Ces données serviront aux études de sensibilité et à l'établissement du
risque global de l'investissement.

11.2 LE CONTENU DE L'ÉTUDE DE FAISABILITÉ

11.2.1 LES ASPECTS GÉOLOGIQUES

Il s'agit des résultats des études des chapitres 4 à 7 du Guide. Le gisement est le
principal actif physique d'un projet minier. Son évaluation doit être envisagée comme un
véritable inventaire qui vise a tirer l'avantage maximum des informations disponibles: aucun
aspect de l'interprétation des informations ne doit être négligé. A partir des acquis ainsi établis,
la direction de la compagnie évaluera les risques du projet et décidera de l'importance qu'elle
doit donner au potentiel additionnel de la propriété, exprimé par les minéralisations inférées et
par le contexte métallogénique.

La planification détaillée qui caractérise un projet minier doit également s'étendre aux
aspects géologiques et miniers du dossier. Grimley 1986 (11, souligne l'importance de la
géologie dans le processus de planification de l'exploitation éventuelle, processus qui doit
prendre place à l'étape de faisabilité. Pour le banquier, il est essentiel que la portion du
gisement qui sera exploitée au début de l'opération et sur laquelle repose le remboursement du
prêt, soit adéquatement connue.

Il faudra donc que soient planifiés (et budgetés!) dès l'étude de faisabilité, les travaux
et échantillonnages additionnels à faire au stade de l'aménagement de la mine pour assurer les

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 273


Méthode d'évaluation

premières années de production. Trop souvent, on met en veilleuse les travaux géologiques à
ce stade, en donnant priorité aux autres investissements, mais souvent avec des résultats
douloureux.

11.2.2 L'INGÉNIERIE DU PROJET

L'ingénierie d'un projet touche plus spécialement les aspects miniers et


minéralurgiques étudiés dans les chapitres 8 et 9 du Guide et tout ce qui touche à
l'environnement. A ces aspects se greffent nombre de considérations touchant le génie civil,
la construction, le développement minier, etc.

A) Aspects miniers et minéralurgiques

Pour les aspects miniers, les mêmes remarques déjà faites pour la géologie
s'appliquent: l'interprétation et la planification sur papier coûtent moins cher que dans la mine!
Il faut donc prévoir non seulement le plan optimum, mais aussi les éventualités défavorables,
les teneurs plus basses, les roches moins compétentes, les volumes moins importants, qui
pourraient affecter soit les coûts des investissements, soit les coûts d'exploitation et par
conséquence la rentabilité des fonds investis.

Côté minéralurgie, les essais en laboratoire, en usine pilote et, s'il y a lieu, en usine
industrielle, devront avoir été assez élaborés pour établir le procédé de concentration avec
suffisamment de détails pour assurer la récupération prédite. Il faut également s'assurer, avec
une marge d'erreur limitée pour l'invervalle de confiance choisi, que le procédé choisi et pour
lequel l'usine de concentration est construite convient vraiment. On connaît nombre de cas où,
faute d'essais appropriés ou suffisants, l'usine n'a pas fourni, soit la récupération, soit la qualité
du produit anticipée avec des conséquences désastreuses.

Les plans de la mine autant que ceux de l'usine doivent être établis avec un détail
suffisant pour assurer une marge étroite (<10%) de variation à la hausse des coûts de
réalisation.

B) L'environnement

La préservation de l'environnement est devenue une préoccupation urgente de notre


société, préoccupation qui s'est exprimée dans des lois et règlements aux niveaux provincial et
fédéral. Les études techniques et l'estimation des coûts associés avec la protection de
l'environnement font partie de l'ingénierie du projet et les remarques des paragraphes
précédents s'appliquent quant à marge d'erreur des données, des plans et des estimés. La
situation est d'autant plus complexe que les règlements sont récents et souvent non vérifiés dans

II. 274 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

l'application. Il faut également compter sur les aléas de l'opinion publique et des campagnes
de pression. Vaut mieux être bien préparé que surpris et contrit!

11.2.3 L'ÉCONOMIQUE

A) Les prix, les marchés

L'étude de faisabilité doit comprendre des études situant les perspectives du contexte
commercial passé, présent et futur du produit que l'on envisage produire. La situation est plus
simple pour l'or à cause de son rôle économique officieux et l'aspect offre et demande est
minimisé dans les études économiques par rapport aux autres aspects. Cependant l'augmen-
tation de la production d'or à travers le monde justifierait une plus grande emphase sur les
aspects de marché, sur les relations de demande et d'offre et on aurait tort de négliger
d'entreprendre des études et des pronostics des prix futurs de ce métal.

11.2.4 LES ASPECTS SOCIO-POLITIQUES

Cette section de l'étude de faisabilité comprendra l'exposé et l'appréciation du


contexte social et politique du milieu dans lequel le projet sera réalisé. Les incertidudes dans
les coûts ainsi que les risques dus à la localisation géographique et au contexte politique devront
être explicités.

11.2.5 L'ÉTUDE DE SENSIBILITÉ

Cette étape implique une analyse élaborée des prédictions financières pour établir
d'une façon détaillée l'effet des variations inhérentes aux marges d'erreur et aux autres aspects
du projet minier envisagé. Les éléments géologiques et miniers doivent être inclus, autant que
les éléments économiques dans ceux dont on évalue l'impact sur la rentabilité du projet.
Malheureusement, cette discipline essentielle à l'évaluation du risque, à laquelle s'astreignent
beaucoup de sociétés minières, est souvent ignorée ou évitée par d'autres.

L'analyse de sensibilité devrait suivre une démarche parallèle à l'ensemble de


l'évaluation et s'attacher à toutes les étapes de l'évaluation ou une marge d'erreur pourrait
affecter les résultats de l'étape et la rentabilité de l'ensemble (Tableau 11-1). L'évaluation
systématique de tous ces aspects présentera des difficultés de méthodologie. Aux premiers
stades des évaluations, on pourra utiliser une échelle subjective établissant la fiabilité comme
Élevée, Moyenne, Basse. A la fiabilité finale, on pourra attribuer des probabilités et des
marges d'erreur à ces divers facteurs. Le Guide suggère, comme pour le calcul des réserves,
d'utiliser le niveau de probabilité de 90%. Il s'agit ici d'un prototype à développer, non
d'une recette toute faite.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 275


Méthode d'évaluation

TABLEAU 11-1
PLAN D'ANALYSE DE SENSIBILITÉ
SUJET MARGE D'ERREUR (33

Axe géologique
Géologie du gisement
Échantillonnages
Estimation des réserves minières

Axe de l'ingénierie
Aspects miniers
Rendement minier
Coûts d'investissements
Coûts d'exploitation
Contrôle de la qualité
Aspects minéralurgiques
Qualité du concentré
Rendement minéralurgique
Coûts d'investissement
Coûts d'exploitation
Aspects environnementaux
Coûts des aménagements
Dommages imprévus

Axe économique
Conditions de financement
Prix des métaux
Perspectives des marchés
Aspects sociaux économiques
Aspects politiques

MARGE D'ERREUR GLOBALE

33
Marge d'erreur relative (X) à un niveau de confiance de 90%. Aucun chiffre n'est
proposé ici, sauf pour les marges d'erreur suggérées pour les réserves et les gisements
délimités. Il s'agit ici d'un prototype à développer par l'expérience.

II. 276 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

11.2.6 LES RECOMMANDATIONS

Les recommandations de l'étude de faisabilité s'appuient sur l'ensemble des éléments


du dossier pour juger de la faisabilité du projet proposé. Même à ce stade, la réponse n'est pas
assurée. Elle pourrait être: "Oui on va de l'avant, le projet est rentable" ou alternativement:
"Non, le projet n'est pas (encore) rentable et un développement doit être abandonné .. ou
reporté.." Parfois, à ce stade, certains vont engager un consultant, non pour faire un bilan
objectif du projet, mais pour formaliser une réponse que l'on a décidé devoir être positive. Le
bilan dressé par Knoll (1989) sur la période des actions accréditives (sect. 3.4), montre les
résultats déplorables que peuvent entraîner de telles attitudes.

11.3 LE RISQUE

RISQUE: 1) Danger éventuel plus ou moins prévisible...;


2) (Droit) Éventualité d'un événement ne dépendant pas exclusivement de la
volonté des parties et pouvant causer la perte d'un objet ou tout autre dommage;
3) Le fait de s'exposer d un danger (dans l'espoir d'en retirer un avantage).
Dictionnaire Le Petit Robert.

L'évaluation du niveau du risque que comporte la réalisation d'un projet dépend de


l'administrateur, du gestionnaire et du financier, mais s'appuie sur les dossiers de géologie,
d'ingénierie et d'économique. L'évaluation du risque débute par la quantification des marges
d'erreur des divers aspects du projet; cette évaluation s'appuiera également sur les résultats des
analyses de sensibilité. L'élément le plus impondérable de cette évaluation dépend des
perceptions de ceux qui prendront les décisions et des politiques d'action de la compagnie
impliquée. Par exemple, une junior d'exploration, dans sa volonté de croissance, évalue et
accepte des risques différemment de la société minière établie.

Le Guide distingue donc le concept de risque de celui de précision / de marge d'erreur


au niveau de confiance choisi dans l'estimation des réserves, car la notion de risque déborde
les stricts aspects d'évaluation géostatistique des réserves des gisements, d'ingénierie et de
réalisation: l'appréciation du risque implique des critères d'évaluation qui dépassent les
éléments quantifiables par la statistique dans les trois axes de connaissance.

Les professionnels de la géologie, de l'ingénierie, de l'économique doivent travailler


à analyser et à délimiter les éléments qui contribuent au risque et à établir les méthodes
appropriées pour le réduire. Il va sans dire que la marge d'erreur de l'estimation des réserves
est la première composante du risque du projet qui devrait être évaluée, mais des marges
d'erreur des divers éléments d'ingénierie et d'économique pourront et devront être calculés ou
estimés par des analyses de sensibilité comme on l'a vu précédemment. Le Guide souligne de

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 277


Méthode d'évaluation

nouveau qu'il n'y a pas de gloire et rarement de gain, à assumer des risques qu'un travail et
des frais modérés auraient permis de réduire de façon appréciable.

Un élément de risque important est relié avec la dimension et la teneur du gisement


dont la mise en production est envisagée, avec sa valeur moyenne par rapport aux coûts de
capital et d'exploitation, selon les chiffres de Grenier (1964) qui sont cités en section 3.4.
Certains de nos prédécesseurs étaient familiers avec les limites de fiabilité des estimés, â témoin
l'adage que des entrepreneurs d'il y a plusieurs générations appliquaient à l'exploitation de
petits gisements: "You must turn your money over three times." Autrement dit, sur un projet
de haut risque, la valeur brute du projet devrait être trois fois l'investissement projeté pour
laisser une marge de sécurité appropriée au niveau de risque.

11.4 LA DÉCISION

La décision ne fait pas, à proprement parler, partie de l'étude de faisabilité. Il vaut


la peine de rappeler que la décision de mise en marche d'un projet minier est un processus
parfois long. Ce n'est pas un instant, c'est très peu souvent une étape courte. Toutes les
démarches d'établissement des contrats de vente, d'obtention du financement, des baux miniers
et des permis et d'obtention des subventions, l'engagement du personnel clé, le choix d'un
entrepreneur doivent se régler avant que le Stade 9, l'Aménagement de la mine, puisse débuter.

La décision d'implantation d'un projet est une prérogative de la direction d'une


compagnie, dans laquelle l'appréciation des risques inhérents au projet a une très large place.
De ce point de vue, la direction d'une compagnie a le privilège d'établir sa décision en fonction
de critères qu'elle choisit et pondère selon ses connaissances, ses politiques d'action, son
expérience et (pourquoi pas!), selon son intuition, lorsqu'on arrive au bout des connaissances
concrètes. La présence de ces impondérables amène souvent à oublier que les politiques
d'action d'une entreprise de développement minéral doivent faire l'objet d'analyse, de
recherche et de planification tout comme les aspects de géologie, d'ingénierie et
d'économique (Coyle, Montaldo-Cancela, 198487). Ce sujet, malgré son intérêt, dépasse le
cadre du Guide d'évaluation des gisements d'or.

Dans le contexte minier, l'appréciation du contexte géologique, des conditions des


marchés, des facteurs de progrès technologique peuvent faire contrepoids aux éléments de
risque dans la prise de décisions que certains pourraient trouver hasardeuses. C'est l'évaluation
du risque discutée plus haut! L'attrait du développement minier vient de cet élément
d'impondérable qui s'appuie d'abord sur l'évaluation du potentiel géologique du gisement et
également sur l'appréciation des facteurs technologiques, du développement des marchés et de
l'évolution des prix.

II. 278 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

L'histoire minière récente montre plusieurs échecs reliés à des évaluations techniques
incomplètes, à des choix erronés et à des erreurs d'orientation dans la réalisation de projets
miniers. Les lacunes des dossiers de géologie, d'ingénierie et d'économique influenceront les
critères d'appréciation et les motivations de l'entrepreneur ou du gestionnaire pour l'entraîner
à une mauvaise appréciation des facteurs de risque ou des marchés. Des décisions non
appropriées au contexte technique et économique mèneront ensuite à des échecs financiers.

Par contre, certains ont réussi à bâtir des empires miniers sur des projets qui
apparaissaient douteux au moment de la décision. De tels succès, qu'ils s'appuient sur la
chance ou sur une très grande habileté, n'autorisent pas les professionnels, l'entrepreneur
ou le dirigeant de se passer d'informations ou d'études qui pourraient être obtenues sans
trop de frais et qui réduiraient l'ampleur des risques qu'il faudra assumer pour prendre
la décisions d'aller de l'avant.

Plusieurs événements récents montrent que les compagnies minières, quoique


beaucoup moins vulnérables à ces difficultés que les juniors d'exploration, n'en sont pas
exemptes. Savoir parier et risquer veut dire savoir réduire sinon éliminer les risques évitables.
Une comparaison avec un autre métier peut être utile: le "gambler" professionnel sait éviter
les pertes inutiles et la ruine, pour rester dans la partie et profiter des opportunités véritables.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 279


Méthode d'évaluation

CHAPITRE XII

LES NORMES ET LEUR APPLICATION

12. LES NORMES ET LEUR APPLICATION 283

12.1 LES NORMES DE PRÉSENTATION 283


12.1.1 L'INFORMATION GÉOLOGIQUE 283
12.1.2 L'INFORMATION EN INGÉNIERIE ET EN ÉCONOMIQUE 285
12.1.3 L'ÉVALUATION GLOBALE 285

12.2 LE ROLE DES PROFESSIONNELS 285


12.2.1 LA VÉRIFICATION DES RÉSERVES 285
12.2.2 LE RAPPORT PROFESSIONNEL 286

12.3 L'ÉVALUATION DES DOSSIERS TECHNIQUES 287


12.3.1 LE ROLE DU COMITÉ D'EXPERTS 287
12.3.2 MODALITÉS DE FONCTIONNEMENT 288

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 281


Méthode d'évaluation

12. LES NORMES ET LEUR APPLICATION

Pour compléter l'objectif de consultation et concertation, le Guide propose ici des


normes pour guider la présentation et l'évaluation des éléments de géologie, d'ingénierie et
d'économique des rapports touchant l'évaluation des gisements. Ces considérations touchent
plus particulièrement la préparation et l'évaluation des études soumises à titre de rapports de
qualification et se situent dans la même perspective élargie établie dans la section 11.1 du
Guide. Le Guide discutera ensuite des exigences et des problèmes et des conditions de la
pratique des professionnels responsables des rapports et des vérifications; le Guide y discutera
plus particulièrement l'expérience d'un Comité d'experts à la Commission des valeurs
mobilières de Colombie Britannique.

12.1 LES NORMES DE PRÉSENTATION

Les éléments de procédures et les normes qui suivent sont proposées pour guider la
préparation d'un rapport de faisabilité ou d'un rapport de qualification. Il y a déjà plusieurs
instructions et règlements et notes explicatives qui couvrent ces questions; les personnes
chargées de vérifier les rapports de qualification se plaignent toutes de la difficulté de faire
appliquer les règlements actuels. Selon le Guide le problème fondamental n'en n'est pas un
de réglementation, mais de standards de travail et de normes de pratique professionnelle.
En général le Guide pousse la rigueur et les exigences de vérification et de standardisation plus
loin que les réglementations actuelles dans une optique de plus grande cohérence et de plus
grande rigueur. Il faudra revoir toute cette question après une période de réflexion sur le
contenu du Guide. Quelques éléments qui sont discutés dans les chapitres qui précèdent sont
rappelés dans les paragraphes qui suivent.

12.1.1 L'INFORMATION GÉOLOGIQUE

La première qualité d'un bon prospectus est qu'un professionnel du domaine ou


un investisseur éclairé doit pouvoir se faire une idée juste du projet par le résumé
technique qui y est présenté.

A) L'information géologique

La description des caractéristiques géologiques, gîtologiques, structurales et


minéralogiques du gisement est essentielle; les éléments du cadre géologique du gisement qui
sont pertinents à l'évaluation ont été discutés dans le chapitre 4 Tome II. Les procédures

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 283


Méthode d'évaluation

d'échantillonnage, d'analyse et de valorisation du gisement, les procédures de vérifications ont


fait l'objet plus particulièrement des chapitres 5 et 6.

Des plans et sections en nombre approprié, représentant la géologie, la minéralisation,


les sondages et les informations analytiques appropriées sont nécessaires, il va sans dire dans
les rapports techniques. Ils sont également nécessaires dans les prospectus, même si ces
informations sont plus synthétiques et plus brèves. Sinon, comment l'investisseur moyen, le
spécialiste financier ou même le professionnel du secteur minéral pourraient-ils s'y
retrouver?

B) Le calcul des réserves / ressources connues

Le Guide a proposé au Tome III un système révisé de classification des réserves et


des ressources qui s'intègre avec les méthodes d'estimations décrites au chapitre 7 et avec les
aspects de planification minière discutés au chapitre 8 du présent Tome. Les divisions en
catégories et classes sont applicables dans un système conventionnel d'estimation et dans un
système d'estimation géostatistique. Pour ce dernier, des divisions axées sur la dimension de
maille et sur la marge d'erreur à l'intervalle de confiance de 90% sont proposées. La marge
d'erreur des estimés sera établie pour chaque métal contenu.

La description de la méthodologie géologique et des mailles d'information, de la


méthodologie géostatistique, des pratiques informatiques ainsi que des hypothèses de travail
utilisées pour l'estimation sont requises. Un inventaire des réserves s'applique à un gisement
d'une géométrie spécifique qui doit être explicitée: 1M de tonnes en 10 lentilles n'est pas la
même chose qu'un gisement massif de 1M de tonnes. Les piliers ne seront inclus dans les
réserves de minerai qu'en autant que les études géomécaniques et la planification minière
requise pour leur extraction auront été exécutés.

Il faudra éviter d'utiliser, dans la présentation des estimés des réserves, des chiffres
qui dépassent la précision réelle des estimés. On sait que la marge d'erreur globale des
réserves prouvées est rarement moindre que 10% sur la teneur (et en pratique sur les tonnes).
Par contre, l'expression d'une précision sans rapport avec l'exactitude réelle des chiffres est
fréquente sinon habituelle dans les estimés des réserves et surtout dans les catégories moins
échantillonnées de ces réserves. Les estimés des minéralisations inférées, ou "réserves
possibles" ne sont pas selon les définitions actuelles des estimés quantitatifs. Il n'est donc pas
approprié d'utiliser dans de tels estimés des chiffres et des formulations qui donnent
l'impression que la marge d'erreur du volume est presque nulle, que la teneur est connue au
troisième ou au quatrième chiffre significatif, quand en réalité la précision du premier chiffre
est déjà faible!

II. 284 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

L'exemple en exergue du chapitre 3 du Guide est typique: les "réserves potentielles",


de même que les réserves probables et les réserves prouvées, sont chiffrées à la dernière tonne;
les réserves potentielles sont 1.5 fois plus importantes que le total des réserves prouvées et
probables. On notera de plus que la teneur des "réserves potentielles" est 5% plus haute que
celle des "réserves probables" et 10% que celle des "réserves prouvées".

Le Guide rappelle que la Commission des Valeurs mobilières de Colombie Britannique


ne permet pas d'inclure dans des estimés de réserves des "réserves possibles" qui dépassent
20% du total des "réserves prouvées et probables". Les règlements de la Security and
Exchange Commission des USA ne permettent pas de publier des "réserves possibles", sauf
dans le cas où de tels chiffres ont déjà été publiés dans un autre pays. Des révisions de l'Enoncé
de politique nationale 2A et des diverses réglementations provinciales sur ce sujet s'imposent
donc après une période de discussion de ces sujets.

12.1.2 INGÉNIERIE ET ÉCONOMIQUE

Le rapport de qualification doit comporter la description des étapes de travail et du


palier d'avancement dans l'axe de l'ingénierie au stade actuel atteint par le projet. Ceci
comprendra de façon non exclusive le facteur accessibilité, la description des travaux de
valorisation minière et minéralurgique exécutés, des plans et projets établis, des résultats
anticipés (dilution, récupération minière minéralurgique et métallurgique, qualité des produits)
et des marges d'erreur possible. L'information économique présentée au rapport doit
comprendre la présentation des études économiques et des études des marchés avec tous les
paramètres appropriés utilisés pour établir la rentabilité.

12.1.3 L'ÉVALUATION GLOBALE

L'étape finale comporte l'évaluation des résultats d'ensemble du projet: à partir de


l'information géologique, de l'ingénierie et des études économiques. Il s'agit d'établir le bilan
objectif du projet: les perspectives de rentabilité justifient-elles un investissement bancaire dans
le projet minier envisagé. Certains rapports semblent oublier le contexte et les buts: évaluer
les informations disponibles et faire le point sur le dossier en vue de justifier des travaux
additionnels. Il est tout à fait aberrant de lire, dans un rapport récent de préfaisabilité
préliminaire sur un gisement dont la mise en valeur débute, une recommandation de mise en
production quant le dossier justifie au plus une recommandation de continuer les travaux!

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 285


Méthode d'évaluation

12.2 LE ROLE DES PROFESSIONNELS

12.2.1 LA VÉRIFICATION DES RÉSERVES

Les réserves de minerai et les ressources délimitées constituent le principal actif brut
d'une compagnie minière. Le principe général qui devrait s'appliquer est que, tout autant que
le bilan financier de la compagnie, les autres constats de l'état d'une exploitation devraient être
soumis à un vérificateur spécialisé externe à la compagnie. C'est le cas du bilan des réserves
et tout autre dossier touchant les aspects de sécurité, d'ingénierie ou d'environnement d'une
exploitation.

C'est l'opinion que W.G. Brissenden, un ingénieur conseil et ancien vice-président


mines du Groupe Noranda, soumettait à l'Association minière du Québec dans une étude
commanditée suite à l'accident survenu à la mine Belmoral en 1980. Une telle recommandation
n'a en soi rien de révolutionnaire, mais il demeure que trop peu de Conseils d'administration
font appel à de telles vérifications pour des décisions d'importance, se reposant le plus souvent
sur les avis de la direction de la compagnie et du personnel technique.

12.2.2 LE RAPPORT PROFESSIONNEL

La présentation des réserves/ressources doit être faite dans un rapport professionnel. La


majorité des réglementations sur les valeurs mobilières spécifient et insistent sur les
qualifications des professionnels qui rédigent les rapports de qualification. Les mêmes
exigences doivent s'appliquer à la préparation des réserves à l'intérieur des compagnies et pour
les rapports annuels des compagnies.

Un tel rapport d'expertise doit être confié à un professionnel doté d'une longue
expérience pertinente. Soulignons que la Commission des Valeurs Mobilières du Québec, dans
le règlement Q-23, demande un minimum de sept ans d'expérience pour tout géologue /
ingénieur qui rédige un rapport de qualification servant à un financement d'exploration minière.

Dans la pratique, le rôle d'expert indépendant que remplit le professionnel est difficile.
En effet, il est choisi par un client qui se garde souvent le rôle principal dans la définition du
mandat et de ses limites (et même parfois, des conclusions). De plus, c'est le client qui acquitte
(ou non) la note d'honoraires du professionnel et qui le choisira (ou non) pour un prochain
mandat. Il est donc important que le professionnel puisse s'appuyer sur des normes
suffisamment explicites et structurées, ce que le présent Guide s'efforce de faire. Il est
également important que des repères et instances soient disponibles pour trancher, dans un
contexte professionnel, les cas litigieux qui se présentent. L'objectif est d'améliorer la qualité
des standards de pratique et des rapports professionnels.

II. 286 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

En développement minéral, la dynamique du milieu entraîne souvent la prise de


décisions dans un contexte qui comporte nombre d'incertitudes techniques, décisions qui de plus
se situent la plupart du temps dans un climat promotionnel pour ne pas dire spéculatif (auquel
réfère l'article de Knoll (1989) discuté à la section 3.4).

12.3 L'ÉVALUATION DES DOSSIERS TECHNIQUES

Le Comité s'est attardé aux modalités de l'appréciation des rapports techniques


touchant les évaluations des gisements minéralisés et des gisements miniers. Il peut arriver que
les conditions d'évaluation des rapports techniques par les organismes de réglementation ne sont
pas optimales. Dans ces conditions, se produisent des divergences d'opinions entre les
professionnels au service des organismes de réglementation et ceux au service ou à l'emploi des
compagnies minières ou des courtiers. Dans ce contexte, la présence d'intervenants appartenant
à d'autres disciplines que celles du génie et de la géologie a souvent tendance à embrouiller les
divergences sur les aspects techniques plutôt qu'à aider à les résoudre.

12.3.1 LE ROLE DU COMITÉ D'EXPERTS

Le Guide désire souligner l'à-propos, dans ces conditions, d'un mécanisme de révision
utilisé depuis plusieurs années à la Commission des valeurs mobilières de Colombie-
Britannique, le Comité d'experts. Nous décrirons ici la structure et le fonctionnement de ce
Comité. Une description plus élaborée est présentée dans une série d'articles du magazine
Mining Review de juillet/août 1988, particulièrement dans Stewart & Martin, 198888.

Le processus d'évaluation des dossiers à la Commission des valeurs mobilières de


Colombie Britannique comporte plusieurs étapes de révision. Les organismes qui organisent
un financement peuvent contester des décisions qu'ils jugeraient non appropriées. Ces étapes
de révision s'appuient essentiellement sur la présence d'un Comité d'experts du domaine de
l'exploration et de l'exploitation minière. Le Comité d'experts donne des avis et fournit des
expertises additionnelles à celles du consultant/analyste en titre, en participant à la révision des
dossiers controversés et aux diverses démarches de révision des décisions.

L'influence du Comité expert de la Commission des valeurs mobilières de Colombie-


Britannique est reliée au calibre de l'expérience et de l'expertise de ceux qui le constituent, à
leurs états de service et à leurs réalisations et découvertes dans le domaine de l'exploration et
de l'exploitation minière en Colombie Britannique. Les rédacteurs du Guide considèrent qu'un
tel Comité d'experts (Advisory Committee) est un élément essentiel du système de contrôle
professionnel du contenu des rapports d'ingénierie et des rapports de qualification et que
l'exemple de la Colombie Britannique vaut d'être imité en d'autres régions. De fait, un Comité
semblable vient d'être formé à la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 287


Méthode d'évaluation

12.3.2 MODALITÉS DE FONCTIONNEMENT

Nous résumerons quelques points essentiels qui ressortent de la présentation du


processus d'évaluation des dossiers et du fonctionnement du Comité d'experts:

1) les discussions techniques reliées au contenu du prospectus se font directement entre


professionnels plutôt que par fonctionnaire ou avocat interposé, ce qui respecte mieux le
champ de pratique professionnelle des ingénieurs et géologues et reconnaît le rôle
spécifique de ces professionnels en exploration minière et en développement minier;

2) les contacts plus directs entre professionnels que préconise la CVCB accélèrent les
échanges et permettent de réduire les frictions et les délais qui freinent le cheminement des
dossiers. Ce mécanisme permet également, et c'est très important dans le cas de
l'évaluation des gisements, une meilleure concertation et conciliation technique entre les
points de vue divergents des divers professionnels impliqués.

3) le comité technique assure un appui technique et tactique au professionnel qui a la


responsabilité de l'évaluation (et occasionnellement du refus) des dossiers techniques. Un
tel appui peut s'exercer autant face aux intervenants des milieux de l'exploration, que face
à ceux des secteurs de la finance ou de la politique;

4) le Comité d'experts témoigne face au public, face à l'industrie et face aux milieux
financiers, du souci de la Commission des valeurs mobilières de Colombie-Britannique
d'assurer une expertise étendue autant qu'approfondie derrière les évaluations.

5) le Comité d'experts amène également un élément important d'objectivité dans le processus


d'évaluation. Il permet de réduire la possibilité de décisions biaisées par les expériences
ou les préférences personnelles du professionnel qui évalue le dossier. En corollaire, la
présence du Comité permet une évaluation plus objective des situations, dans le cas où des
personnes chercheraient à utiliser de tels arguments pour contester le refus d'un dossier
technique.

II. 288 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

Chapitre XIII

PERSPECTIVES

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 289


Méthode d'évaluation

13. PERSPECTIVES

La démarche du Guide s'adresse en priorité aux intervenants qui ont la responsabilité


des évaluations de géologie, d'ingénierie, d'économique des gisements d'or, ainsi qu'aux
dirigeants qui doivent mener ces programmes et prendre les décisions appropriées.

La démarche suivie par le Guide a consisté d'abord en une revue des caractéristiques
du développement minéral, suivie d'une revue critique de l'ensemble des aspects de l'évaluation
des gisements d'or. Les aspects géologiques, d'ingénierie, d'économique et de réalisation ont
été reliés dans une perspective systémique. La problématique et la grille d'analyse qui ont été
appliquées, ainsi que les recommandations apportées au niveau des procédures méthodes et
normes, sont de nature à améliorer toutes les procédures reliées à l'évaluation des gisements.
Le Guide considère qu'il devrait en résulter une amélioration de la précision des évaluations des
gisements d'or aux divers stades et étapes. Même s'il n'a pu percevoir tous les problèmes ni
formuler toutes les solutions, le Guide a voulu contribuer, modestement, à baliser le
cheminement vers les méthodes, techniques et systèmes de l'avenir.

L'inventaire minéral des gisements délimités et des réserves minières et la classifi-


cation en catégories, sont des éléments clés du processus d'évaluation des gisements. Les
premiers chapitres du Tome III du Guide sont consacrés à une analyse critique des systèmes
existants de classification des réserves. Ce travail a permis de formuler un système plus
cohérent, plus complet, qui correspond mieux aux besoins aux stades et étapes successives de
l'évaluation des gisements, plus particulièrement des gisements d'or. Les propositions du Guide
serviront à lancer les discussions et concertations préalables à son adoption généralisée.

Le Guide peut contribuer à la compréhension de l'évaluation des gisements par les


organismes gouvernementaux, les organismes de réglementation et les organismes financiers.
L'analyse du processus de développement minéral et du processus d'évaluation des gisements
d'or que fait le Guide peut aider ces intervenants à mieux comprendre les caractéristiques du
domaine et les situations et à mieux orienter leurs démarches et leurs décisions.

Le Guide a revu le rôle du professionnel dans l'évaluation des gisements, du point de


vue des organismes de réglementation et des organismes financiers. L'amélioration des
standards professionnels et des processus de décision se traduira par une plus grande efficacité
de l'industrie et des milieux financiers et espérons le, une meilleure rentabilité des fonds
investis par le public, autant aux étapes de risque plus élevé de la mise en valeur qu'à l'étape
de la décision de mise en marche d'un projet minier. Un tel résultat aurait certes une
rétroaction bénéfique sur l'intérêt du public investisseur et sur la disponibilité de capital
de risque pour l'exploration, la mise en valeur et la mise en production des gisements.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 291


Méthode d'évaluation

RÉFÉRENCES

1. SOQUEM, 1977, "Rapport annuel 1976-1977" et Kazmitcheff, 1972, "L'Exploration


minérale moderne", 1972, p 12.

2. 1980, "Principle of a Resource/Reserve Classification for Minerals", United Stades


Geological Survey Circular 831.

3. 1988, "Australasian Code for Reporting of Identified Mineral Resources and Ore
Reserves", Report of the Joint Committee of the Australasian Institute of Mining and
Metallurgy and the Australian Mining Industry Council.

4. Hugues, J.D., Klatzel-Mudry, L. Nikols, D.J., 1988, "A Standardized Coal


Resource/Reserve Reporting System for Canada"; Coal Association of Canada and
Geological Survey of Canada.

5. Zwartendyk, J. 1976, Resource Classification and Terminology; Presentation at the


International Group Meeting on Evaluation of Uranium Resources, Rome Italy.

6. Harrisson, 1983, "A Schema for Classifying and Reporting Mineral Ressources:
Rationalizing the Needs for Consistency and Accuracy with the Demands for
Disclosure", conférence et résumé au congrès de l'AIME.

7. Vallée, M, 1989, "Développement, problèmes et besoins actuels des PME d'exploration


minière", dans "L'entrepreneurship minier au Québec", Gaétan Morin éditeur, p.75-93.

8. Grimley, P.H, 1986, "Ore Reserves - A Banking Perspective", Comptes rendus du


Symposium de l'ICM: "Ore Reserve Estimation: Methods, Models and Reality".

9. Lafleur, P. J., 1989, "Reducing Costs and Improving Ouality of Grade Control in
Mining", Conference at the 1989 CIM Annual Meeting in Québec, City. 11p.

10. Vallée, M, 1986, "Mineral Inventory. From Resource Reconnaissance and Evaluation
to Ore Reserve", Proceeding, CIM Symposium on "Ore Reserve Estimation: Methods,
Models and Reality, p. 10-31.

11. Hoover, H.C., 1909, "Principles of Mining", McGraw-Hill Book Co., New York,
199p.

12. Elbrond J., 1986, "Ore Losses. Rock Dilution and Recovery In Estimation. Design and
Operation", Comptes rendus du Symposium de l'ICM: "Ore Reserve Estimation:
Methods, Models and Reality".

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 293


Méthode d'évaluation

13. Grace, K.A., 1986, "Ore Reserve Reporting - What do the Numbers Mean, Comptes
rendus du Symposium de l'ICM: "Ore Reserve Estimation: Methods, Models and
Reality", pp 47-52.

14. Vallée, M., Belisle, J.M., David, M., 1976, "Kriging as a Tool to Avoid Overes-
timation of Grade in Sulphid Orebodies", Proc. 14th APCOM Symposium, R.V.
RAMANI ed., SME-AIME.

15. Gilfillan, J. F., 1986, "When Gold is Not Where You Found It", conference presented
to the Securities Institute of Australia, Sidney, April 16, 15p.

16. Matheron, G., "Traité de géostatistique appliquée. T. 2, Le Krigeage", Ed B.R.G.M.,


Paris, 1971, 171p.

17. David, M., 1982, "Geostatistical Ore Reserve Estimation", Elsevier Publishing.

18. Knoll, K. 1989, "And Now the Bad News", The Northern Miner Magazine, June, pp
48-52.

19. Clow, G. G. 1990, "Lessons from the Front Lines - Recent Gold Mine Failures in
Canada", text of the conference at the AGM in Ottawa, 14pp.

20. Mackenzie, B., Bilodeau, M., Dogget, M., 1988, "Mineral Exploration and Mine
Development Potential in Ontario: Economic Guidelines for Government Policy".
Technical Paper No. 9, Center for Resources Study, Queen's University, Kingston,
Ont.

21. Grenier, P.E., 1964, "What happens when a geologist juggles with the statistics of the
mineral industry: Exploration - Production - Reserves", Canadian Mining Journal, May,
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22. Deming, W. E., 1982, "Ouality. Productivity and Competitive Position", MIT, Center
for Advanced Engineering Studies.

23. Walton, M., 1986, "The Deming Management Method", Perigee Books, Putnamm
Publishing Co, 262 p.

24. 1989, Mineralisation and Shear Zones", Geological Association of Canada, Short
Course Notes, Vol. 6, Montréal Québec., May 12-14.

25. Colvine A. C. & al., 1988, "Archean Lode Gold Deposits of Ontario", Ontario
Geological Survey, Miscellaneous Paper 139, Ministry of Northern Development and
Mines, 136p.

26. Wells, J. 1969, Placer Examination. Theory and Practice", Technical Bulletin # 4,
Bureau of Land Management, [Link] of the Interior.

27. Johnston, W.A. and Uglow, W.L., 1926, "Placer and Vein Gold Deposits of
Barkerville. Cariboo District. B.C.", Geological Survey of Canada, Memoir 149.

II. 294 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

28. Hodgson C. J., 1989, "The Structure of Shear-Related Vein Type Gold Deposits". Ore
Geology Reviews", no. 4, p. 231-273.

29. CRM, 1986, "Guide d'ingénierie pour la conception des piliers de surface", préparé par
ROCHE liée, Groupe conseil, pour le Centre de recherches minérales du Québec, 146p.

30. Botbol, J.M. 1970, "A Model Way to Analyse the Mineralogy of Base Metal Mining
Districts", Mining Engineering, March, pp 56-59.

31. Hausen, D.M, Park, W. C. Ed. 1981, "First Symposium on Applied Mineralogy -
Process Mineralogy", AIME.

32. Hausen, D. M., Park, W. C., Hagni, R. D. Ed., 1985, "Applied Mineralogy Volume",
ICAM '84.

33. Wilhelmy, J. F. 1988, "Exemple d'application de la minéralogie au traitement des


minerais d'or", Rapport du Centre de recherches minérales du Québec, 20 p et annexes.

34. Dadson, A.S., "Ore Estimates and Specific Gravity", CIM Special Volume 9, Montréal
1968, pp. 3-4.

35. Northern Miner, 1989, "Belmoral rejects Ketza. Canamax sues", April 17, 1989, pp
1-2.

36. Boyer, A., 1989, "Estimation de la densité spécifique à partir des teneurs de métal",
Rapport MRL 89-146, Laboratoire de recherche minière, CANMET, Energie Mines,
Ressources Canada, ppl-33 et annexes.

37. Boyer, A., Billette, N. R., 1989, "Gisements et environnement minier. liens entre la
géologie et la quantification", Rapport Divisionnel MRL 89-65, Laboratoires de
recherche minière, CANMET.

38. Chamberlain, I.C. 1965, "The Theory of Multiple Working Hypotheses", Science vol.
148, May 7, p. 754-759, réimpression de l'article original, Science, 15, p. 92-97,
1890.

39. Platt, J.R. 1964, "Strong Inference", Science, Oct 16, p. 347-353.

40. CAME, 1990, "Computer Treatment of Exploration and Mining Data: Do's and
Don'ts", Proceedings of the Workshop, N. Champigny chairperson, distributed by the
Prospectors and Developpers Association of Canada, Toronto, 300 p.

41. Billette, N. 1978?, "Échantillonnage des minerais en vrac", Compte rendu de la


Conférence présentée au "Séminaire sur les techniques de concentration de l'Or, Québec
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42. Gy, P. 1967, "L'échantillonnage des minerais en vrac", Tome I, Théorie générale,
Revue de l'industrie minérale, numéro spécial, 15 janvier, 188p.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 295


Méthode d'évaluation

43. Gy, P. 1971, "L'échantillonnage des minerais en vrac", Tome II, Théorie générale
(fin)-Erreurs opératoires, Revue de l'industrie minérale, numéro spécial, 15 sept 280p.

44. Gy, P. 1979, "Sampling of Particulate Materials. Theory and Practice", Elsevier
Publishing Co, 431p.

45. Ingamells, C. 0. 1974, "Control of Geochemical Error Through Sampling and


Subsampling Diagrams", Geochemica and Cosmochemica Acta, pp 1225-1237.

46. Robinson, A. 1990, "Echo lowers estimate in U.S. mine", Globe and Mail, Saturday,
Feb 17, p. E10.

47. Guy, P. 1967, "L'échantillonnage des minerais en vrac. Tome 1", Revue de l'industrie
minérale, 186p.

48. Yuill, W, G., 1985, "The Importance of Being Small", Presidential Address, Trans
Inst. Mining Metall. Eng., p. B107-B114.

49. Sinclair, A. J., 1978, "Sampling a mineral deposit for feasibility Studies and
Metallurgical Testing", dans "Mineral Processing Plant Design", Mular, A. L.,
Bhappu, R. B., ed. AIME.

50. Podolski, T. 1986, "The Corporate Point of View", Conférence présentée au


Symposium de l'ICM: "Estimation des réserves: Méthodes, modèles et réalité."

51. Vallée, M. Gilbert, J., Dagbert M. 1986, "A Case Study of Gold Sampling,
Developpine the SOOUEM-New Pascalis Gold Deposit", Proceedings of the CIM
Symposium on "Ore Reserve Estimation: Methods, Models and Reality".

52. Giroux, G.H. Sinclair A.J. 1986, "Production Ouality Control Experiements", Comptes
rendus du Symposium 1986 de l'ICM, "Estimation des réserves: Méthodes, modèles
et réalité", p 238-260.

53. Sinclair, A. J. 1978, "Sampling a Mineral Deposit for Feasibility Studies and
Metallurgical Testing.", Mineral Processing Plant Design, Ed by A. Mular and R. B.
Bhappu, Society of Mining Engineers of AIME, pp 115-133.

54. Le Houillier, R. 1987, "Un résultat d'analyse. est-ce que cà vaut de l'or, Comptes
rendus du Deuxième colloque sur l'or, p. 19-44.

55. Palmer I. A., Wright, T. A., ????, "The Fire Assay for Gold and Silver", dans
"Standard Methods of Chemical Analysis, by Furnam, H, 5th Edition.

56. Coxon, C. H. Sichel, H. S. 1959, "Ouality Control of Routine Mine Assaying and Its
Influence on Underground Mine Valuation", Journal of the South African Institute of
Mining and Metallurgy, pp 489-517, May.

57. Bloom, L., 1989, "The Art of Sampling, The Northern Miner Magazine, pp 55-58.

II. 296 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

58. Brindamour, R. Le Houillier R., 1988, "Méthodes de dosage de métaux précieux dans
diverses substances minérales", Centre de recherches minerales du Québec, AC-12,
67p.

59. Vallée, M. Filion, M. David, M. 1977, "Of Assays Tons and Dollars or: Can You
Trust Gold Assay Values ?", Conférence presentée au Congrès annuel de l'ICM à
Québec, 20p.

60. Taylor, H.K. 1972, "General background theory of cutoff grades", Transactions of the
IMME, pp A160 to 179.

61. Lane, K.F. "Chosing the optimum cutoff grade". Colorado School of Mines Quarterly,
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62. Lane, K.F., 1988, "The Economic Definition of Ore", Mining Journal Books, London,
149p.

63. Mortimer, G.J. 1950, "Grade Control", Transactions of Institution of Mining and
Metallurgy, 59, Feb. 357-399.

64. David, M. 1988, "Advanced Geostatistical Ore Reserve Estimation", Elsevier


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65. Champigny, N., Grimley, P. H., 1990, "Computer-Based Ore Reserve Estimation:
Practitioners' Views, Accepted for publication, CIM Bulletin.

66. Boyer, A. Dufresne, S. Boutin, M, 1989, "Logiciel CDT pour choisir la dimension
optimale de la maille", Rapport Divisionnel MRL 89-27 (TR), Laboratoire de
Recherche Minière, CANMET, 14p, et annexes.

67. Fytas, K., Chaouai, N. E., Lavigne, M., 1989, "Indicator Kriging Performance in Gold
Deposit Estimation", Conférence au Congrès annuel de l'ICM, Québec, 20p.

68. Kwa, B.L. Mousset-Jones, P.F. 1986, "Indicator Kriging Applied to a Gold Deposit
in Nevada. USA", Comptes rendus du Symposium 1986 de l'ICM, "Estimation des
réserves: Méthodes, modèles et réalité", pp185-194.

69. Wellmer, F. W. 1983, "Classification of Ore Reserves by Geostatistical Methods",


Erzmetall, 36 Nr 7/8.

70. David, M. 1988, "Dilution and geostatistics", CIM Bulletin, June, pp 29-35.

71. David, M., Toth, E. 1989, "Grade control problems. dilution and geostatistics:
choosing the required quality and number of samples required for grade control", CIM
Bulletin, Nov. pp 53-60.

72. Kwa, B. L. et Mousset-Jones P.F. 1986, "Mineral Reserve Estimation of Gold Deposits
- A Survey of Practices", Proceedings of CIM Symposium on "Ore Reserve Estimation:
Methods Models and Reality", pp 172-184.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 297


Méthode d'évaluation

73. Champigny, N., Armstrong, M., 1989, "Geostatistics for the Estimation of Gold
Deposits: A Review and Survey of Current Practive", Conference presentée au
Colloque sur l'Or, Toulouse, France, mai 1989, texte soumis pour publication à
Mineralium Deposita.

74. A.I.M.E. 1982, "Underground Mining Method Handbook" Hustrulid, W. A. Ed.,


Society of Mining Engineers of AIME, 1754 p.

75. J. S. Redpath Ltd. 1986, "Estimating Preproduction and Operation Costs of Small
Underground Deposits" Report for Canmet with Annexes.

76. Graham, E.P., 1968, "Low Cost. High Dilution Mining", CIM Bulletin, pp 847, 853.

77. Miller J.H.L. Giroux, G.H. , 1966, "Practical Geostatistics - Equity Silver Mines",
Comptes rendus du Symposium 1986 de l'ICM, "Estimation des réserves: Méthodes,
modèles et réalité", pp 261-279.

78. Heath, K.C.G., 1981, "Relationship between ore reserve, mill feed and real tonnages
and grades", Trans. of Inst. Min. Metal., London, p. A128-130

79. Taylor, H. K. 1966, "Ore valuation and undergroud metal accounting at Bancroft and
other Zambian copper nines", Trans. Instn. Min. Metall. 75, 1966, 1109-36.

80. Desrochers, C. 1984, "Problèmes métallurgiques reliés à la mise en exploitation d'un


nouveau gisement d'or". Conférence au "Séminaire sur le traitement des minerais d'or",
Val d'Or, p 49-66.

81. Veillette, G. 1987, "Le développement d'un circuit de traitement pour les minerais
aurifères", Comptes Rendus du Colloque du CRM: "De l'Or et des Profits", Val d'Or,
pp 137-166.

82. Kasongo, T. 1987, "La récupération de l'or par gravimétrie", Comptes rendus du
Colloque "De l'or et des profits", Centre de Recherches minérales du Québec, pp 191,
212.

83. Demopoulos, G. P. 1987, "Gold Extraction from Refractory Ores", Comptes rendus
du Colloque: "De l'or et des profits", Centre de Recherches Minérales du Québec, pp,
273-328.

84. Hausen, D. M. 1985, "Process mineralogy of select refractory Carlin-type gold ores",
CIM Bulletin, Sept. p 83-94.

85. "La pratique professionnelle du génie géologique, de la géologie et de la géophysique


dans le secteur minier et dans le secteur des aménagements", Rapport du Comité
conjoint OIQ et APGGQ, Avril 1987, révisé février 1988.

86. Nagle, A., J., 1988, "Aide à l'estimation des paramètres économiques d'un projet
minier dans les études de préfaisabilité", Thèse de doctorat présentée à l'École nationale
supérieure des mines de Paris, 193 p.

II. 298 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

87. Coyle, R. G., Montaldo-Cancela, D. H., 1984, "Policy Analysis Model for
Underground Mining Enterprises", Trans, Min, Metall, 94, April, p. A90-A95.

88. Stewart, A.F. Martin, D. 1988, "Mining Consultants Checks and Balances", Mining
Review, July August, pp 27-39.

---000---

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 299


Méthode d'évaluation

ANNEXE I

REMERCIEMENTS

A 1. REMERCIEMENTS 303

A 1.1 ORGANISMES COMMANDITAIRES 303

A 1.2 CONSULTATIONS SUR LE RAPPORT PRÉLIMINAIRE 304

A 1.3 MISE EN GARDE 306

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 301


Méthode d'évaluation

A 1. REMERCIEMENTS

Géoconseil Marcel Vallée inc. et Roche ltée, Groupe Conseil tiennent à transmettre
leurs remerciements à tous ceux qui ont contribué à la rédaction et/ou à l'amélioration du Guide
d'évaluation des gisements d'or et plus particulièrement aux personnes dont les noms
n'apparaîtraient pas dans les listes qui suivent.

A 1.1 ORGANISMES COMMANDITAIRES

Plusieurs organismes se sont joints au Centre de recherches minérales du Québec pour


le financement et la réalisation du Guide: en voici la liste. Le Comité aviseur formé des
représentants de ces organismes a surveillé la préparation du Guide:

- Association Minière du Québec inc. (AMQ)


Raynald Jean, géologue
Chef géologue, Minnova Inc. Division Opémiska

- Association professionnelle des géologues et des géophysiciens du Québec (APGGQ)


Denis Marcotte géologue/géostatisticien
Pierre Bérubé ingénieur géologue, géophysicien

- Association des Prospecteurs du Québec (APQ)


Gratien Gélinas, directeur général

- Bourse de Montréal
Michel Champagne, géologue, MSc.

- Cambior inc
François Viens, ingénieur géologue

- Centre de recherches minérales du Québec (CRM)


Denis Lessard, ing. MSc. A., responsable du projet

- Commission des Valeurs Mobilières du Québec (CVMQ)


Marie José Girard, géologue, MSc.

- Géophysique GPR International inc.


France Goupil, ingénieur

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 303


Méthode d'évaluation

- Ordre des Ingénieurs du Québec (010)


Jean Lavallée, ingénieur géologue

- Unité de recherche et service en technologie minière de l'Abitibi-Témiscamingue (URSTM)


Denis Bois, ingénieur géologue, directeur de l'URSTM

A 1.2 AUTRES CONSULTATIONS

GMV Inc. et ROCHE Ltée ont procédé, à partir de la version préliminaire du Guide,
à une consultation auprès d'environ 40 personnes impliquées à divers niveaux dans les
problèmes d'évaluation des gisements, pour s'assurer d'atteindre les objectifs visés dans l'appel
d'offre pour la préparation du Guide. La liste qui suit donne les noms de toutes les personnes
qui ont transmis des opinions et avis aux rédacteurs du Guide. Certains d'entre eux ont fait une
revue critique élaboré de ce texte. GMV et Roche ainsi que le Centre de Recherche remercient
toutes ces personnes pour leur contribution bénévole, mais très importante, à l'amélioration et
la mise au point du Guide.

LISTE DES ORGANISMES / PERSONNES CONSULTÉS

ORGANISMES DE RÉGLEMENTATION ET GOUVERNEMENTAUX

John Drury, P. Eng.


Commission des valeurs mobilières de l'Ontario
Toronto, Ontario.

R. G. Stevenson, P. Eng.
Commission des valeurs mobilières de la Colombie Britannique
Vancouver, B.C.

G. M. Moreau, [Link]., H. K. Taylor, [Link]., A. J. Sinclair, Ph.D.,


Comité ad hoc sur la classification des réserves, Vancouver B. C.

André Boyer, PhD, Noël R. Billette, Ph.D.


CANMET, Ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, Ottawa Canada

Yvon Laliberté, ingénieur


Secteur de la politique minérale
Ministère de l'Énergie et des Ressources, Québec

II. 304 Guide d'évaluation des gisements d'or


Méthode d'évaluation

UNIVERSITÉS

Michel Bilobeau, ingénieur, Ph.D.


Professeur d'économie minérale
Université McGill, Montréal, Qué.

Claude Bourgoin, ingénieur des mines


Professeur d'exploitation minière
Département de mines et métallurgie
Université Laval, Québec, Qué.

René Dufour, ingénieur des mines


Professeur d'exploitation minière
Département de Génie minéral
École Polytechnique, Montréal, Qué.

Michel Gauthier, Ph.D.


Directeur du département de géologie
Université du Québec à Montréal, Montréal, Qué.

Wally McLean, Ph.D.


Professeur, Département de géologie
Université McGill, Montréal, Qué.

Alastair J. Sinclair, Ph.D.


Department of Geological Sciences
University of British Columbia, Vancouver, B.C.

COMPAGNIES MINIERES ET CONSULTANTS

Pierre Bérubé, ingénieur, [Link].


Sagax Géophysique inc.
Montréal, Qué.

André Bonenfant
Minéraux Noranda, Division Matagami
Matagami, Qué.

Michel Bouchard, ingénieur géologue, Ph.D.


Ressources Audrey inc, Rouyn-Noranda, Qué.

Guide d'évaluation des gisements d'or II. 305


Méthode d'évaluation

Normand Champigny, ing. géologue, PhD.


Currie Coopers Lybrand, Toronto, Ont.

Mark Fields, géologue


Equity Preservation Corp, Vancouver, B.C.

Kamil Khobzi, géologue, MSc,


Kamil Khobzi & Associés, Longueuil, Qué.

Raymond Raby, ingénieur des mines


Vice-président mines
Explorations Mazarin Inc, Québec, Qué.

Richard Reid, ingénieur.


Vice-président
Géophysique GPR International, Longueuil, Qué.

John Sullivan, géologue


Exploration Noranda
Rouyn-Noranda, Qué.

A 1.3 MISE EN GARDE

Les contributions de toutes ces personnes à la critique et à l'enrichissement de la


version préliminaire du Guide ont été reçues avec grande reconnaissance. Cependant, GMV
inc. et ROCHE Itée tiennent à souligner qu'ils assument l'entière responsabilité du contenu
du Guide et des recommandations, ainsi que des erreurs de fait ou d'omission que la
version finale pourrait contenir. La responsabilité d'aucune des personnes ou des
organismes nommés n'y est donc engagée.

Mai 1990
000

II. 306 Guide d'évaluation des gisements d'or


EVALUATION ASPECTS
GEOLOGIQUE MINERALURGIE
FINANCIERS
CARACTERISATION MINERALOGIE ENEURS REPERES
CARTOGRAPHIE
ESSAIS \MARCHES
JOURNAL PROCEDURES BROYAGE ETATS FINANCIERS
MODELI SATION SONDAGES ONCASSAGE GRAVIMETRIE PREVISIONNELS
GEOLOGIQUE \ DIVISION
MESURE
FLOTATION
CYANURATION OPTIMISATION
STRUCTURALE VERIFICATION
VERIFICATIONS INGENIERIE VALEUR PRESENTE
SYNTHESE
METALLOGENIQUE ANALYTIQUES
STATISTIQUES PROJET
PLANIFICATION MINIER
VERI F CATIONS
ESTIMATION INTERACTIONS
STRATEG I E DES RESERVES DECISION
MODELISATION CORPORATIVE
CHANTIERS
TYPES CALCULS

VRAC / CONVENTIONNELS
VOLUME PROCEDURES TENEURS REPERES ERIFICATION
SURFACE MODELISATION GEOSTATISTIQUES GEOLOGIE
MODELISATION
NIVEAU INGENIERIE
GÉONÉCAN IQU GISEMENT ECONOMIQUE
LEGAL
ENVIRONNEMENT

/ECHANTILLONNAGES ASPECTS FAISABILITE


VOLUMES MASSE MINIERS DECISION
ET TENEURS

Fig. 2.3

GUIDE DÉVALUATION EVALUATION DES GISEMENTS


GISEMENT
Volume / Limites
Teneur / Distribution
Ressource z=> Réserve

GÉOLOGIE
Information
Interprétation
Calculs
Modélisation
Pertes de Dilution
minéralisation minière
INGÉNIERIE
Méthode d'exploitation
Taux de production
Teneur de coupure
i
Plan d'exploitation

i
ÉCONOMIQUE
Prix
Demande Profits
Coûts

EXPLOITATION
Mine
Concentrateur
Grillage / Affinage

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