Variabilité des crues rapides en hydrologie
Variabilité des crues rapides en hydrologie
En vue de l'obtention du
JURY
Abstract
The MARINE model developed at Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse, is a
space distributed, event dedicated, real time and physically based rainfall - runoff model
aimed at predicting flash floods. It provides distributed parameters and hydrographs ena-
bling previsionists to estimate events dangerousness.
Distributed data provide a tentative value, fitted using one single multiplying coefficient
for each model parameter on observations on the Gardons d’Anduze watershed used as
test basin. In order to determine most sensitive parameters, the GLUE «Generalized
Likelihood Uncertainty Estimation» theoretical framework allowing a sensitivity analy-
sis is used. Each model parameter is then ranked according to its importance; its varia-
tion range is determined and uncertainty bounds are computed for forecasting purpose.
Keywords: Flash flood, Gardons d’Anduze catchment, runoff, GLUE method, sensitivity
analysis.
REMERCIEMENTS
Je remercie toutes les personnes qui m’ont permis d’aller au bout de ce travail et je pré-
sente mes excuses à toutes celles que je pourrais oublier de citer dans ces quelques li-
gnes.
Mes sincères remerciements à tous les membres du jury : Mme Isabelle BRAUD, M.
Roger MOUSSA, M. Nicolas RIVIERE les rapporteurs de mes travaux de thèse, en dé-
pit de leurs lourdes charges de travail; Mme Hélène ROUX, M. Denis DARTUS, M.
Jacques GEORGE, les examinateurs. Leurs travaux de recherche respectifs ont été pour
moi des références scientifiques et le débat qu’ils ont orienté lors de la soutenance de
cette thèse a apporté une réelle conclusion à ces travaux en incluant toutes les perspecti-
ves d’évolution.
Je remercie M. Olivier SIMONIN, ancien directeur de l’Institut de Mécanique des Flui-
des de Toulouse, qui m’a accueilli pour la thèse, puis M. Jaques MAGNAUDET Direc-
teur de l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse, ainsi que M. Henri BOISSON,
Vice-directeur.
Je remercie mon directeur de thèse, Denis DARTUS, que j’ai toujours respecté, qui a
orienté mes travaux et qui m’a beaucoup aidé dans la recherche ainsi que dans la vie. Il
m’a ainsi permis, par la complémentarité de son travail de recherche et de sa personnali-
té, d’avancer dans mes propres travaux. Merci donc à mon professeur - Denis pour
m’avoir donné toutes les conditions matérielles nécessaires dont un thésard ne peut habi-
tuellement que rêver.
Merci aux personnels de l’Ecole Doctorale, de l’INPT pour leur professionnalisme et
leur disponibilité. Un grand merci aussi à tous les membres de l’IMFT et de
l’ENSEEIHT, mes collègues de tous les jours, grâce à qui j’ai pu mener ce travail à bien
dans la bonne humeur.
En particulier, je remercie le groupe HYDROECO qui m’a si bien accueilli, tant humai-
nement que matériellement.
Jaques GEORGE, pour ta bonne humeur, je te remercie très chaleureusement. Tu m’as
beaucoup aidé, tu as toujours été présent pour répondre à mes préoccupations scientifi-
ques… et humaines. Tu as participé à part entière à l’encadrement de mes travaux de
recherche ainsi que corrigé ma thèse.
Marie-Madeleine MAUBOURGUET, si sympathique, je te remercie beaucoup. Tu m’as
tant aidé pendant de ma thèse, tu as toujours été présente pour me répondre, notamment
aux problèmes rencontrés avec le logiciel MARINE.
Merci à Jaques CHORDA pour tes aides, au début de la thèse, tu m’as guidé, permis de
comprendre les problèmes des ArcMap et ArcView, tu as également été présent pour
répondre à toutes autres curiosités scientifiques.
Merci à Hélène ROUX qui m’a donné beaucoup de connaissances sur les théories de
sensibilité des paramètres, tu as été aussi présente pour répondre à mes questions scien-
tifiques et guider l’orientation de la thèse.
Je remercie Mme Sylvie SENNY, Mme Marie-Christine TRISTANI, ancien secrétaire
du groupe HYDRE.
Dominique HAUW, secrétaire du groupe HYDROECO, qui a un bon cœur. Tu m’as aidé
pour toutes les formalités dont j’avais besoin, je te remercie beaucoup.
Mercie à mes collègues, Kevin LARNIER et Hélène BESSIERE
Kevin LARNIER, brillant et intelligent, tu m’as beaucoup aidé, en particulier pour la
finition des modules de simulations Monte-Carlo dans MARINE.
Hélène BESSIERE, merci pour ta gentillesse. Je cois que tu as compris tout ce que je
pensais, ce que j’ai fait ; tu m’as chaleureusement expliqué toutes les astuces dans le
travail et dans la vie française.
Je pense également et plus généralement à tous les français pour leur gentillesse et leur
bon cœur.
Merci à mes amis qui m’ont suivi pendant toute la période de ma thèse.
Je remercie le Gouvernement vietnamien, Gouvernement français qui m’ont donné
l’occasion d’étudier en France.
Merci à mes grands parents, mes parents et ma femme qui m’ont donné les meilleures
conditions pour étudier en France.
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
choisi de développer notre travail à partir des données récoltées sur ce site lors de diffé-
rents épisodes pluvieux.
Afin de faciliter l’intégration de données satellitales et l’utilisation de données SIG (Sys-
tème d’Information Géographique), le bassin versant est discrétisé sur une grille régulière
(MNT raster) sur laquelle on effectue les bilans de masse et de quantité de mouvement. On
peut donc potentiellement prescrire une valeur, par maille de MNT (Modèle Numérique de
Terrain), pour le forçage atmosphérique et les paramètres du modèle (conditions de surface
et caractéristiques du profil de sol).
Dans la littérature, il existe de nombreux modèles hydrologiques : modèles empiriques glo-
baux, modèles conceptuels, modèles à base physique. Nous évoquerons plus loin ces diffé-
rents types de modèles mais il nous semble que la spécificité d’un laboratoire de mécani-
que des fluides doit être de privilégier l’approche physique en essayant de raisonner en
terme de flux échangés, chaque bassin versant devant être caractérisé par des données phy-
siques « objectives » (pente, profondeur et nature du sol, taux d’humidité).
C’est ce que nous avons cherché à faire à l’IMFT où nous disposons du logiciel MARINE
(Modélisation de l’Anticipation du Ruissellement et des Inondations pour des évéNements
Extrêmes) dont le développement se poursuit depuis la thèse d’(Estupina-Borrell 2004). Ce
code spatialisé à base physique à fait du ruissellement par dépassement de la capacité
d’infiltration le processus expliquant la genèse des crues à cinétique rapide, il s’agit d’un
modèle pluie – débit distribué, événementiel, à base physique, intégrant l’imagerie satelli-
tale pour les crues à cinétique rapide. Ce modèle dispose d’une version « temps réel » qui a
été mise en place au SCHAPI pour les besoins des services d’alerte.
Le logiciel MARINE permet le calcul de l’hydrogramme de crue en tout point et en parti-
culier à l’exutoire d’un bassin versant. Il permet en outre d’estimer la répartition spatiale et
temporelle du stock d’eau dans le sol. De nombreux paramètres interviennent sur la forme
de l’hydrogramme du fait du caractère « distribué » et « à base physique » du modèle. On
peut citer l’humidité initiale des sols, leurs caractéristiques pédologiques, mais aussi les
vitesses de transfert des masses d’eau sur le bassin versant.
Le problème consiste à déterminer quels sont les paramètres les plus sensibles et quels pa-
ramètres nous permettent d’obtenir une bonne adéquation entre les modèles et les observa-
tions. Pour cela la méthode bayésienne GLUE « Generalized Likelihood Uncertainty Esti-
mation » définit un cadre théorique qui permet une analyse de sensibilité systématique des
différents paramètres intervenant dans les modèles. L’objectif est d’identifier les paramè-
tres les plus importants pour le modèle en fonction de différents critères tels que le critère
de NASH, le volume au pic de crue ou tout autre critère d’évaluation permettant de valider
le modèle.
L’objectif de la thèse, est donc de comprendre l’évolution des processus hydrologiques sur
les petits bassins versants à cinétique rapide, d’utiliser une méthode d’analyse de sensibili-
té afin de déterminer les paramètres importants et de les intégrer dans le modèle.
La spatialisation de l’approche implique d’avoir des données, ou pour le moins des estima-
tions des valeurs de chacun des paramètres en tout point du bassin versant. Comme il serait
vain d’essayer de tester la sensibilité de chaque paramètre au sein de chaque maille, nous
avons décidé de nous appuyer sur la répartition spatiale des données et de caler la valeur
d’un coefficient multiplicateur unique pour chacun de ces paramètres sur l’ensemble du
bassin versant. En d’autres termes, si on prend par exemple le cas de la profondeur du sol :
nous disposons de valeurs de la profondeur du sol en tout point du maillage (à partir de
données du BRGM). Ces valeurs n’intègrent pas l’existence possible de failles,
contraintes (surélévation par exemple) les constructions dans les zones à aléa potentiel im-
portant. Pour le spécialiste en aménagement du territoire, ces méthodes permettent de di-
mensionner des ouvrages hydrauliques (barrages, ponts). Pour le prévisionniste hydromé-
téorologue, connaître à l’avance un débit ou une pluie de période de retour donnée permet
d’aider au diagnostic d’une situation pluvieuse. Ces méthodes statistiques de prédétermina-
tion de débits de crues, établies sur la base de chroniques de données importantes, nécessi-
tent une stationnarité dans les données. Elles sont limitées par leur caractère non détermi-
niste. Elles ne peuvent pas s’appliquer directement sur des bassins ou des aménagements
anthropiques viennent modifier les conditions d’écoulement.
En complément de cette analyse de l’aléa, l’analyse de la vulnérabilité fait appel à des
compétences de nature géographique et socio-économique afin de localiser et quantifier la
vulnérabilité des territoires, en effet, vu la situation présente, il convient de prendre en
considération la totalité des problématiques s'offrant à nous.
II.1.3.2 La gestion de crise
Au stade de la gestion de crise, il s’agit de savoir, étant donné une situation météorologi-
que observée ou prévue, où et quand les débordements vont avoir lieu. Les outils utilisés
sont à la fois des outils météorologiques et des outils hydrologiques déterministes.
II.1.3.3 La gestion post-crise
La gestion post-crise permet d’améliorer les deux étapes précédentes en valorisant les don-
nées issues de l’observation des crues, et notamment des crues rares. Gaume définit une
méthodologie de retour d’expérience hydrologique basée sur la collecte et les critiques des
données, associées à une interprétation hydrologique (Gaume 2002).
- depuis 1982, les messages de crue et les cotes des cours d’eau sont disponibles sur
le minitel. En 1995, internet a pris le relais de cette diffusion. (exemple
[Link]
- depuis 2001 une procédure de veille météorologique permet à Météo-France de lan-
cer des alertes de pluie. Une carte de vigilance à 4 couleurs est diffusée sur Internet
([Link]
- depuis juillet 2005, une carte de vigilance est établie sur les cours d’eau concernés
par l’annonce de crue réglementaire. ([Link]).
Certaines communes et collectivités locales ont souhaité développer leurs propres services
d’annonce et de prévision : des grandes agglomérations soumises à un aléa récurrent (Mar-
seille, Nîmes, …) mais également des communes plus modestes mais vulnérables (Sommiè-
res, Montfrin,….). Les systèmes d’alertes à la population sont multiples :
- utilisation des ondes hertziennes et de la radio ;
- déclenchement de la sirène des pompiers ;
- récepteurs individuels pour les maisons situées dans les zones à risque.
nombre des services d’annonce des crues a fluctué. Dans une première phase, l’extension
du réseau surveillé par les services s’est accompagné d’une augmentation de leur nombre
(32 en 1883, 35 en 1900, 59 en 1977). Ces 23 dernières années, la tendance est à la concen-
tration des moyens et des compétences : 52 services en 1997 contre 22 aujourd’hui.
Mise en place par le Conseil Général des Ponts et Chaussées d'un programme
1847
d'étude visant à la création d'échelles de crue sur la Loire
Décision de la création d'un service spécial d'études de la Loire, du Rhône, de la
1856
Garonne et de la Seine, annonce des crues sur la Loire
1872 Annonce des crues sur le bassin Seine-Normandie
1878 Annonce des crues sur le bassin de la Garonne
1883 Annonce des crues sur le bassin Rhin-Meuse et Artois-Picardie
1892 Annonce des crues sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse; création du service
d'Annonce des Crues du Gard
Organisation des Services d'Annonce des Crues; création de la commission minis-
1910
térielle permanent des inondations et de la commission des annonces de crue
Regroupement des deux commissions au sein du Service Central Hydrologique;
1962
création de dix services hydrologiques centralisateurs
Loi instituant la création de 6 agences financières de bassin nommée Agence de
1964
l'Eau
Transfert des attributions exercées par le Ministère des Transports en matière
1979
d'annonce des crues au Ministère de l'Environnement
Réorganisation des services d'annonce des crues et de la transmission des avis dé-
1984
crue
1997 Réorganisation géographique des services d'annonce des crues
2003 Loi instituant la création du SCHAPI et des SPC
Tableau 2 - Les dates importantes dans l’évolution administrative de l’annonce des crues (source MEDD)
cateurs basés sur les intensités et les cumuls de pluie ou des scénarios de propagation dans
les rues. Pour les Services de Prévision des Crues, qui gèrent en majorité des bassins de
tailles relativement importantes (bassins de superficies supérieures à quelques dizaines de
km2), les modèles utilisés seront soit des modèles de propagation hydraulique, soit des mo-
dèles pluie/débit, soit des modèles mixtes.
Parmi les principaux systèmes d’alerte (constitués d’un ou plusieurs modèles hydrologi-
ques), adaptés aux crues « éclair » et qui fonctionnent en opérationnel ou sont en test sur
des bassins versants français, on peut citer : ALTHAIR (bassins versants du Gard),
SOPHIE ; MERCEDES ou encore MARINE.
II.3.1 Généralité sur l’application d’un modèle opérationnel pour la prévision des
crues
Un modèle est la rencontre d’un terrain d’étude, d’un chercheur doté d’une culture scienti-
fique donnée et d’un objectif, le tout avec certaines contraintes. Ceci explique qu’il existe
un grand nombre de modèles hydrologiques. L’application d’un modèle hydrologique dans
une optique de prévision des crues nécessite quelques réflexions et adaptations spécifiques.
II.3.1.1 L’apport d’un modèle hydrologique pour la prévision des crues
A partir de la connaissance de la pluie observée ou prévue et de l’état initial du bassin ver-
sant, un modèle hydrologique pour la prévision des crues détermine :
- quelle quantité d’eau de pluie (ou déjà présente dans les sols) va participer effecti-
vement à la crue ;
- dans quel délai celle-ci va rejoindre le cours d’eau et l’exutoire du bassin versant ;
- quelle sera l’étendue du champ d’inondation.
II.3.1.2 Modèle de simulations et modèles opérationnels
La plupart des modèles hydrologiques pluie/débit existant aujourd’hui ont été conçus dans
un cadre de reconstitution des débits à l’exutoire d’un bassin versant, c’est-à-dire dans un
cadre de simulation en temps différé. Les modèles les plus performants en simulation ne
sont pas nécessairement les modèles les plus performants en prévision ; néanmoins un mo-
dèle performant en simulation pour les bonnes raisons a de grandes chances d’être perfor-
mant en prévision. Dans une première étape, on peut donc rechercher un modèle perfor-
mant en simulation.
II.3.1.3 Limites des modèles globaux pour la simulation des crues « éclair »
Les modèles globaux (type GR) font l’hypothèse d’une relation stationnaire entre le signal
« pluie moyenne sur le bassin », un « stock initial en eau du bassin versant » et la réponse
du bassin versant. Pour faire fonctionner ces modèles, il est nécessaire de caler un paramè-
tre de transfert (temps de montée de l’hydrogramme unitaire qui s’apparente à un temps
concentration du bassin versant) et des paramètres de niveaux maximums et/ou coefficients
de vidange de réservoir. Ils constituent une schématisation adaptée à une analyse des diffé-
rentes composantes du cycle hydrologiques sur le bassin. Néanmoins, leur utilisation est
limitée si le comportement du bassin est non-stationnaire et difficile sur des bassins non
jaugés.
II.3.1.4 Modèles événementiels ou modèles continus ?
Dans l’utilisation des modèles dans un cadre opérationnel, on distingue classiquement le
mode continu : le modèle tourne tout au long de l’année ; du mode événementiel : le mo-
dèle n’est lancé que lorsqu’il se produit un événement pluvieux. La différence fondamen-
tale entre ces deux catégories de modèles réside dans la représentation plus ou moins com-
plète des différentes composantes du cycle de l’eau. Pour un modèle événementiel appliqué
à la prévision des crues « éclair », il suffira de représenter la dynamique de génération du
ruissellement de surface, la phase de montée et la décrue. Le modèle continu simulera en
complément les processus qui s’étalent sur une durée plus longue : redistribution de l’eau
dans les sols, évapotranspiration. D’un point de vue opérationnel, l’avantage des modèles
continus est qu’ils ne nécessitent pas d’initialisation. A l’inverse, les modèles événemen-
tiels doivent être initialisé en fonction d’indicateurs d’humidité initiale du bassin.
1
Karst : Région de calcaires et dolomites ayant une topographie souterraine particulière due à la dissolution de cer-
taines parties du sous-sol et au cheminement des eaux dans les galeries naturelles ainsi formées (Glossaire Interna-
tional de l’Hydrologie)
Figure 4 - Processus hydrologiques à l’échelle du bassin versant (tiré de Tarboton (Tarboton 2003))
saturé (Horton 1933) et/ou du refus d’infiltration d’un sol saturé (zones contributives satu-
rées d’après (Cappus 1960), (Hewlett and Hibbert 1967) et (Dunne and Black 1970)).
Une partie de l’eau infiltrée va participer aux écoulements de sub-surface. En effet lorsque
les couches superficielles de sols sont exposées à une averse, la circulation de l’eau à tra-
vers cette zone qualifiée de zone non saturée (milieux poreux) s’effectue principalement de
manière verticale sous l’effet de la gravité et des forces de succion (forces d’adhésion entre
le sol et l’eau), cependant, la totalité de l’eau infiltrée dans les sols ne circule pas de ma-
nière verticale. La stratification des sols associée à la présence de macropores dans les cou-
ches supérieures permettra à une partie des eaux de cheminer de manière latérale pour
constituer l’écoulement hypodermique ou de sub-surface. Cette composante d’écoulement,
dans certains cas qualifiée de nappe perchée temporaire contribue à la saturation des hori-
zons superficiels.
La majeure partie de l’eau infiltrée va lentement rejoindre la nappe pérenne (par gravité,
par percolation à travers les fissures du socle rocheux) et alimenter la rivière après une ab-
sence prolongée de précipitations. Cet écoulement qui provient de zones relativement pro-
fondes est appelé écoulement de base ou écoulement souterrain.
En définitive, la combinaison dans le temps et dans l’espace des ces différentes composan-
tes de la partie continentale du cycle de l’eau va constituer la réponse hydrologique d’un
bassin versant soumis à des précipitations atmosphériques.
Figure 5 - Définition du triplet caractérisant la mesure (espacement, extension et échelle de support), tiré de (Grayson
and Blöschl 2001)
2
Small Watershed Studies at the Panola Mountain Research Watershed - [Link]
Mesure de la profondeur de sol sur une grille de 2m de résolution.
amélioration pourrait être apportée par la mise au point de techniques non intrusives
(Fourquet 2005), (Hauet 2003)).
De plus jusqu’à très récemment, la multiplicité et la déconnexion des services à vocation
opérationnelle sur le territoire français a contribué à une importante hétérogénéité spatio-
temporelle en termes de disponibilité de qualité des observations. La banque HYDRO, crée
en 1982, et gérée depuis 2006 par le nouveau Service Central d’Hydrométéorologie et
d’Appui à la Prévision des Inondations (SCHAPI), couvre en majorité les grands bassins
hydrographiques. Pour les bassins versants de taille petite à moyenne (< 1000 km2), la dis-
ponibilité de données externes et internes à l’entité reste anecdotique en dehors de quelques
études dédiées à la compréhension des processus physiques.
Même si elle est de plus en plus courante, la mesure d’autres variables hydrométéorologi-
ques telles que l’humidité des sols ou le niveau piézométrique des nappes de versant est
loin de faire l’objet d’une procédure systématique. Les mesures concernant l’état hydrique
des sols sont de portée très limitée (faible support) et bien souvent leur utilisation se limite
à l’appréciation de variations saisonnières. Enfin, le traçage géochimique peut constituer
un élément essentiel pour la formulation ou la corroboration d’hypothèses de fonctionne-
ment concernant les chemins de l’eau.
lien avec l’infiltrabilité est parfois directement pris en compte dans la modélisation (Séguis
et al. 2002).
En ce qui concerne les propriétés du sous-sol, les mesures issues de l’hydrogéophysique
(sondage électrique, tomographie électrique de résistivité) sont employées afin de caracté-
riser le milieu ou certains processus hydrogéologiques. Ces informations quantitatives peu-
vent largement contribuer à la formulation d’une modélisation dynamique des processus
intervenant dans la relation pluie-débit.
III.1.5.2 Variables hydrométéorologiques
La quantité d’eau précipitée sur le bassin versant n’est que partiellement capturée par les
données ponctuelles fournies par les pluviographes. Cet échantillonnage, très réducteur de
la réalité et dont la qualité dépend de la couverture du bassin versant peut se révéler insuf-
fisant pour la représentation de la pluie pour des épisodes présentant de forts gradients spa-
tiaux pour les intensités. Cette dernière limitation nous conduit à nous intéresser à d’autres
techniques d’observations. L’imagerie radar, en ce sens, peut devenir un outil exploitable
pour la prévision des crues éclair. En effet, bien que sa calibration reste délicate et néces-
site la connaissance de mesures au sol, le radar étend spatialement notre capacité
d’observation et rend compte de la distribution spatiale de la pluie (Delrieu 2006; Delrieu
2005)) comme le montre les travaux récents de Météo-France avec leurs produits « Pan-
thère » et « Antilope ». De plus, il ne risque pas de subir les conséquences des intempéries
et il fournit des observations pour des intervalles de temps courts et constants (quelques
minutes). Dans son étude, (Gaume 2002) constate que « malgré leurs imperfections, les
mesures RADAR, seules à même de donner un sens à l’hétérogénéité spatiale des écoule-
ments sur les bassins étudiés … se sont avérées essentielles. »
On retient généralement que la prévision d’une crue au cours de la phase d’annonce de crue
doit pouvoir se faire 6 à 12h à l’avance pour les bassins auxquels nous nous intéressons. Or
(Datin 1998) précise que la pluie observée au cours d’un épisode pluvieux n’influence
grosso modo les débits que pour une durée égale au temps de montée de la réponse du bas-
sin. Une anticipation des pluies pourra donc s’avérer nécessaire à une bonne prévision des
Xuan Kham LE - 2008 - 24 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
débits. Météo France met à notre disposition des images radar (traduites en terme de lame
d’eau) représentant soit les pluies observée en temps réel (Cheze and Helloco 1999), soit
les pluies issues de banques de données (utilisées pour la prévention), soit les pluies pré-
vues selon la méthode 2PiR (Prévision Immédiate des Précipitations par Imagerie Radar
basée sur la détermination du déplacement de cellules précipitantes à échelle fine), soit les
pluies prévues selon la méthode MesoNH (code de recherche météorologique dont les ré-
sultats ne sont pas disponibles en temps réel).
La mesure de la pluie grâce à des radars au sol (ex. réseau ARAMIS de Météo France),
avec une résolution spatiale de l’ordre du kilomètre carré et une résolution temporelle de
quelques minutes (5 à 15 mn), ouvre donc de nouvelles perspectives pour la prise en
compte de la variabilité spatio-temporelle de la pluie pour la genèse des écoulements. Au
delà des difficultés liées à la relation Z −R (relation entre la réflectivité radar et la quantité
de pluie), d’autres problèmes liés à la mesure tels que les échos fixes et masques partiels
(orographiques, anthropiques) ou les effets du profil vertical de réflectivité (variabilité en
fonction de l’altitude d’observation) sont encore des obstacles à surmonter. Si a posteriori
l’amplitude peut être réajustée à partir de données ponctuelles, l’intégration de données
radar pour le forçage en temps réel de modèles hydrologiques reste encore problématique.
Même si la combinaison de données optiques et hyperfréquences semble prometteuse pour
l’estimation des précipitations par satellite, les données restent encore beaucoup trop incer-
taines et limitées par la résolution spatiale et la fréquence temporelle des instruments pour
la plupart des applications locales ou régionales.
En ce qui concerne l’écoulement de surface résultant, le suivi des eaux continentales par
altimétrie satellitaire n’est envisageable que pour des grands bassins fluviaux (Frappart
2006). L’utilisation de photographies aériennes en période d’inondation, plus délicates à
obtenir à certains égards (autorisation de vol, couverture nuageuse) permet l’application à
des zones de dimension plus modeste ((Raclot 2003); (Roux 2004)). De même la cartogra-
phie des zones inondées ou des surfaces saturées par des radars à synthèse d’ouverture
((Horritt 2000); (Gineste et al. 1998); (Franks et al. 1998)) est possible pour des bassins
versants de taille petite à moyenne.
Pour la mesure d’autres variables telles que l’humidité superficielle, il est important de
rappeler que la télédétection spatiale permet de mesurer les signaux réfléchis ou émis par le
système terre-atmosphère qu’il faut ensuite interpréter pour accéder aux états de surface
(Ottlé et al. 2003). Cette interprétation requiert une correction de l’effet de l’atmosphère et
l’inversion de modèles d’observation complexes soumis aux mêmes contraintes que les
modèles hydrologiques (non linéarité, fermeture mathématique). A titre d’exemple, une
fois corrigés les effets perturbateurs de l’atmosphère, il faut encore séparer les effets de la
rugosité de surface et de la végétation avant d’accéder à l’humidité de surface (Quesney et
al. 2000). La caractérisation de la variable hydrologique ciblée n’est pas forcément plus
simple dans le cas de la télédétection sol ou aéroportée. En résumé, on ne peut espérer pour
le moment une estimation fiable de l’humidité superficielle que pour des surfaces relative-
ment uniformes et faiblement végétalisées (projet AIMWATER). L’estimation des flux de
surface, et spécialement de l’évapotranspiration, à partir de données de télédétection néces-
site l’analyse et la compréhension, à travers des modèles représentant les processus de dé-
roulant dans le continuum sol - végétation - atmosphère, de la relation qui existe entre la
température de surface (mesurée par Infrarouge thermique) ou le flux de chaleur sensible et
évapotranspiration.
Enfin, depuis 2002 date de lancement de la mission de gravimétrie spatiale GRACE (Gravi-
ty Recovery and Climate Experiment), les variations spatio-temporelles des stocks d’eaux
continentales (humidité du sol, eaux souterraines, couverture neigeuse) et des paramètres
Xuan Kham LE - 2008 - 25 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
hydrologiques associés peuvent être estimés à partir de l’étude du champ de pesanteur ter-
restre et de ses variations temporelles. L’utilisation de ces données est cependant limitée à
l’hydrologie globale, bien loin du point de vue des échelles spatiales et temporelles de
l’hydrologie à l’échelle des petits bassins versants (<1000km²).
En définitive, si les mesures in situ sont généralement précises et peuvent être continues
dans le temps, leur support et leur extension sont la plupart du temps très réduits. Seule la
télédétection peut réellement caractériser la structure spatiale des variables hydrométéoro-
logiques et du bassin versant. Cependant, les mesures ponctuelles restent indispensables,
pour la compréhension des processus, la calibration et la validation des modèles hydrologi-
ques et des systèmes d’observations basés sur la télédétection. L’expansion des données
issues de la télédétection devrait bientôt submerger l’hydrologie des bassins versants de
données dont il va falloir exploiter le contenu. La capacité croissante des capteurs spatiaux
à observer dans différentes bandes spectrales permet le développement de synergies
(Merlin 2005) pour une meilleure caractérisation des états de surface.
nes de kilomètres, appelés systèmes convectifs de méso échelle. Leur forme peut être quasi
linéaire, en forme de V. Ils restent quasi stationnaires pendant plusieurs heures ou se dé-
placent lentement produisant ainsi de grande quantité de précipitations. Les fortes intensi-
tés de pluies apparaissent alors plutôt en début d’événement, ce qui favorise la formation
du ruissellement (Cosandey and Robinson 2000).
Parmi ces pluies, certains épisodes orageux sont qualifiés de cévenols. Ils touchent princi-
palement l’arc méditerranéen durant l’automne, mais pas seulement (14/7/1987 crue de la
Borne au Grand Bornant en Haute Savoie ; 21 et 22/9/1980 crue de la Loire et de ses af-
fluents en Haute Loire en amont du Puy en Velay). Parmi les averses cévenoles les plus
dévastatrices, citons les crues roussillonnaises en octobre 1940 (840 mm en 24 heures à
Llau), Nîmes le 3/10/1988 (420 mm), Vaison-La-Romaine le 22/9/1992 (ruissellement tor-
rentiel), Saint Hippolyte du Fort le 4/10/1995 (276 mm cumulés durant la nuit), Puysser-
guier 28/1/1996 (vague d’eau boueuse, 4 victimes), l’Aude et le Tarn le 13/11/1999 (620
mm en 48 heures à Lézignan).
Les avis sont partagés quant à l’importance de la connaissance de l’extension spatiale de la
pluie dans la modélisation d’une crue. Les études spécifiques aux crues éclair sont rares et
bien souvent les auteurs parlent de crue au sens large du terme.
D’après certains auteurs, la répartition géographique de la pluie ne joue qu’un rôle mineur
dans la genèse de la crue. D’après (Garçon 1999), l’étalement de l’hydrogramme à
l’exutoire d’un bassin est dû à 90% à l’étalement temporel de la pluie et à la fonction de
transfert moyenne du bassin. La distribution spatiale et l’intensité de la pluie, n’ont compa-
rativement qu’un rôle mineur. (Obled et al. 1994) abondent dans ce sens en précisant que
les fluctuations pluviométriques spatiales, bien qu’importantes, ne sont pas suffisamment
organisées pour prendre le dessus sur les effets du ruissellement (effets intégrateur et hu-
midificateur) pour des bassins ruraux de quelques dizaines de km2.
Pour d’autres, celle-ci pourrait avoir des conséquences non négligeables sur les crues. Ceci
a été souvent soutenu pour des grands bassins versants de quelques dizaines de milliers de
km2, mais beaucoup moins pour des petits. (Niemczynowicz 1987) précise que ceci est
d’autant plus vrai que le petit bassin versant est urbanisé. Mais (Krajewski et al. 1991),
(Corradini and Singh 1985), (Troutman 1983) ont suggéré que les petits bassins versants
naturels montraient aussi une forte sensibilité aux hétérogénéités de la pluie. (Datin 1998)
remarque que l’hétérogénéité spatiale de la pluie peut parfois avoir un rôle effacé sur la
réponse hydrologique du bassin, alors que d’autres fois ce rôle sera prédominant. Cette
différence de comportement hydrologique n’étant pas prévisible, seul un retour
d’expérience peut nous en faire prendre conscience. (Cosandey and Robinson 2000) esti-
ment que les intensités, durées et extensions spatiales des précipitations sont des facteurs
déterminants de la formation des crues.
Dans le cas de la prévision des crues éclair, il semble risqué de négliger la répartition spa-
tiale des pluies et nous étudierons ce phénomène en détail.
III.2.1.2 Fonction de production
Le bassin versant est le siège d’écoulements horizontaux et verticaux à la surface du sol et
dans le sous-sol. Ces écoulements vont induire un écoulement à l’exutoire du bassin. Les
écoulements souterrains profonds ne seront pas considérés dans cet exposé du fait de leur
échelle de temps incompatible avec la problématique des crues éclair. En effet, les conduc-
tivités hydrauliques des sols usuellement mesurées sont de l’ordre de 10-2 à 10-3 cm/s pour
des sols non argileux, ce qui induit des durées de plusieurs dizaines d’heures pour un par-
cours d’une longueur de 10 m seulement (Beven 1982b). Nous distinguerons parmi les
A l’échelle du versant :
Définissons tout d’abord l’intumescence de nappe qui est le fondement de cette théorie.
Considérons un versant incliné avec une rivière au pied de ce versant. La nappe, mise à la
pression atmosphérique, affleure au niveau de la rivière ; elle suinte et se draine. Par de
forts gradients gravitaires, la nappe prend la forme d’une intumescence qui penche vers la
rivière. S’il pleut davantage, la nappe s’exfiltre sur la berge et sur le versant. La nappe
n’accepte alors plus d’infiltrer l’eau de surface. Celle-ci ruisselle, on parle de ruissellement
par saturation. La partie amont du versant conserve plus longtemps son état initial.
Dans le cas d’un sol stratifié (macro pores de la couche de sol supérieure et existence
d’interface), l’eau s’accumule à l’interface et sature la couche supérieure. Il y a alors écou-
lement latéral souterrain (nappe perchée temporaire). Si cette nappe gonfle et affleure, il y
a exfiltration et refus d’infiltrer l’eau de surface.
Ce fonctionnement quasi tout ou rien est fortement non linéaire, bien qu’il puisse être li-
néaire dans le cas de faibles pluies lorsque le sol n’arrive pas à saturation. La colonne de
sol pourrait être schématisée par la juxtaposition d’un milieu poreux homogène répondant à
la loi de Darcy généralisée prolongé par un réseau de macropores anisotropes drainant
l’eau suivant le principe gravitaire. Les conductivités latérale et verticale diffèrent donc de
un à deux ordres de grandeurs.
D’après le concept des aires contributives saturées, le versant est défini par sa capacité
d’engorgement, c’est à dire par sa capacité à se saturer plus ou moins facilement. Il s’agit
du rapport entre la capacité à drainer de l’eau à l’amont et la capacité à évacuer l’eau en
souterrain vers l’aval (Beven and Kirkby 1979), les versants ainsi que le voisinage des ri-
vières seront les premiers concernés. Le sol peut être très rapidement saturé et l’eau de sur-
face se mettre à ruisseler totalement. Dans la couche supérieure du sol, un écoulement hy-
podermique apparaît avec une vitesse fonction de la conductivité hydraulique verticale.
Dans cette théorie, le volume d’eau ruisselée correspond au volume de l’écoulement rapide
de crue ainsi qu’au volume de pluie tombant sur les aires contributives saturées. Mais il ne
s’agit pas pour autant de la même eau : le ruissellement n’est pas le mécanisme dominant
de la genèse de crue. L’intensité de la pluie ainsi que l’occupation du sol n’influencent en
rien le phénomène.
A l’échelle du bassin versant :
Il y a connexion des zones contributives saturées entre elles au cours de l’événement. Ces
connexions brutales sont représentées par de fortes non linéarités à l’échelle du bassin ver-
sant. Le ruissellement se développe donc de l’aval vers l’amont. L’augmentation de la «
lame d’eau ruisselée » entraîne localement une augmentation des vitesses, mais pas globa-
lement. De plus la transition entre versant et bassin se fait par l’introduction du réseau hy-
drographique. Ceci suggère donc un comportement plus linéaire et régulier des bassins.
Aires contributives saturées et crues éclair: ce fonctionnement par zones contributives satu-
rées à l’échelle du bassin a déjà été observé, dans le cas de crues éclair. (Cosandey 1999)
explique que les crues cévenoles sur le mont Lozère, soudaines et brutales, sont générées
dans un premier temps par l’extension des zones contributives saturées par l’amont du bas-
sin (là où les sols sont les plus minces) sur lesquelles l’eau ruisselle puis s’infiltre plus en
contrebas. Dans un second temps, s’il continue de pleuvoir, l’aval se transforme aussi en
zones contributives saturées et là le ruissellement superficiel se généralise et touche tout le
bassin.
• Ruissellement de Horton:
La théorie de (Horton 1933) postule l’apparition d’un ruissellement de surface par refus
d’infiltration dans un sol initialement non saturé, on parle de « saturation superficielle ».
Jusque dans les années 70, la formation des débits de crue s’expliquait exclusivement par
cette théorie. (Obled 1999) et (Cosandey and Robinson 2000) en proposent des revues bi-
bliographiques complètes.
Cette « théorie de Horton » peut très bien s’accommoder de modèles d’infiltration autre
que celui de l’équation empirique d’infiltration de Horton (utilisable dans les modèles nu-
mériques : 1D verticale en sol homogène) tels que le modèle d’infiltration de Green &
Ampt, tant qu’on reste dans le schéma hortonien qui explique la genèse du ruissellement
uniquement comme une limitation de la capacité d’infiltration.
A l’échelle du versant :
Le schéma hortonien (Figure 8) considère la parcelle comme une colonne de sol homogène
caractérisée par des propriétés intrinsèques dont la surface contrôle l’infiltration. L'écou-
lement apparaît lorsque l'intensité de la pluie dépasse la capacité maximale du sol à absor-
ber l'eau. Cette capacité, caractérisée par l'infiltrabilité du sol, est supposée décroissante
dans le temps jusqu'à une valeur constante. L'écoulement de surface se produit donc lors-
que la capacité d'infiltration devient inférieure à l'intensité des précipitations. Toute l’eau
qui ne peut pas être infiltrée dans le sol participe au ruissellement.
Cette infiltration est suivie par une percolation lente vers la nappe profonde. Les transferts
latéraux par la nappe profonde sont suffisamment retardés pour ne pas intervenir dans les
volumes des crues. Les seuls qui interviennent sont les transferts latéraux se produisant à
surface des sols.
3
Musy, A. (2001) Cours d’hydrologie générale – Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
[Link]
«D’un autre côté, les vitesses de transferts dans les sols sont relativement faibles et cadrent
mal avec les temps de réponse des crues » (Beven 1982a). En milieu semi aride, par exem-
ple, où les sols sont couverts d’une croûte de surface et où les pluies sont relativement in-
tenses, le schéma hortonien semble bien représenter le processus de genèse des crues
((Esteves et al. 2000), (Peugeot et al. 1997)).
Dans le Sud de la France, dans le cas de fortes intensités pluvieuses sur de petites surfaces
érosives, le ruissellement hortonien a été observé à maintes reprises à l’échelle de la par-
celle et la théorie de Horton a là aussi fait ses preuves (Albergel 2003). Dans ces cas, les
grosses gouttes de pluie peuvent être génératrices de ce type de ruissellement car elles ont
deux effets principaux sur la diminution de la perméabilité du sol : elles obstruent les pores
de la surface du sol et elles désagrégent la surface du sol engendrant alors un phénomène
d’érosion. (Albergel 2003) a observé que des intensités de pluie faibles (2 mm/h) suffi-
saient à faire apparaître ce type de phénomène, et a fortiori des intensités plus importantes.
Ce phénomène entraîne la formation d’un écoulement en nappe de faible épaisseur (de
quelques millimètres à 1 cm) et de vitesse inférieure à 0,1 m/s. Ce point est controversé du
fait de la présence de rugosités sur le sol et de la formation rapide de rigoles dans lesquel-
les s’effectue l’écoulement.
Le modèle hortonien présente quelques avantages et quelques inconvénients de mise en
oeuvre. Ses paramètres sont physiques et peuvent être mesurés. Mais du fait des hétérogé-
néités spatiales des pluies et de l’infiltrabilité des sols, le passage de la parcelle horto-
nienne au versant ou au bassin versant nécessite la spatialisation de ce concept. De plus, la
variabilité spatiale de l’infiltration ainsi que l’hétérogénéité des pluies autorisent l’eau, qui
n’aurait pu dans un premier temps s’infiltrer, à ruisseler pour éventuellement s’infiltrer
plus en aval. Le changement d’échelle à effectuer sur le modèle hortonien est donc loin
d’être trivial et n’a pas trouvé de solution satisfaisante à ce jour.
• Processus modifiant la structure superficielle du sol
A côté des modèles d’aires contributives saturées ou de ruissellement hortonien, certains
auteurs ont proposé des raffinements liés aux modifications des propriétés hydrodynami-
ques des sols au cours d’événements pluvieux.
Théorie des organisations pelliculaires superficielles : (Cosandey and Robinson 2000) ex-
pliquent que lorsque les sols sont mal protégés de l’impact des gouttes de pluie, « l’effet
splash » peut modifier l’état de surface du sol et ainsi ses conditions d’infiltration. Il se
forme alors des organisations pelliculaires superficielles (OPS) ou croûte de battance. C’est
une propriété souvent associée aux sols limoneux, mais qui peut concerner tous les types de
sols (Gaume 2002).
(Boiffin 1982) étudie les stades de la dégradation d’un sol, il considère un sol sans végéta-
tion pouvant infiltrer entre 30 et 60 mm/h, une fois que l’effet splash a formé une croûte
structurale en surface, l’infiltration varie alors entre 2 et 6 mm/h (croûte de battance). La
surface du sol peut alors devenir très lisse, une croûte sédimentaire ayant apparu, et son
infiltration maximale ne peut plus dépasser les 1 mm/h (croûte sédimentaire plus épaisse).
On retiendra que le taux d’infiltration d’un sol battant est généralement inférieur à 10
mm/h et peut descendre jusqu’à 1 mm/h. Sur ces OPS, le ruissellement pourra donc avoir
lieu quelle que soit la valeur de la conductivité hydraulique du sol à saturation. Le ruissel-
lement peut alors devenir un phénomène prépondérant en quelques dizaines de minutes
(phénomène d’autant plus rapide que le sol est initialement sec).
Ce phénomène apparaît préférentiellement :
- sur des sols battants : sol très travaillé, rapport limon sur argile supérieur à 2.5,
Xuan Kham LE - 2008 - 31 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
4
Musy, A. (2001) Cours d’hydrologie générale – Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
[Link]
5
Issu des travaux des élèves ENSEEIHT dans le cadre du BEI 2002/2003
[Link]
écoulements en rigoles tortueuses. Au cours de cette phase on distingue les ravines éphé-
mères et larges des rigoles tortueuses, les zones d’érosion des zones de dépôts. Toutes les
rigoles se rejoignent, se concentrent, grossissent et créent ainsi le réseau hydrographique
temporaire qui rejoint le réseau permanent (Chow et al. 1988), (Puech 2000)). La localisa-
tion et la description du réseau temporaire en deçà d’un certain ordre sont difficilement
réalisables à l’échelle de la parcelle et donc a fortiori à l’échelle du bassin tout entier
((Souchere et al. 2003), (Cerdan et al. 2002)).
D’un autre côté, (Gascuel-Odoux et al. 1999) pensent que le ruissellement ne peut pas être
assimilé à une nappe répartie de façon homogène, pour eux la propagation du ruissellement
se fait suivant 3 étapes. Tout d’abord, la rugosité du sol forme des dépressions (flaques),
elles se remplissent et se connectent pour enfin former un réseau à l’échelle du versant. On
progresse d’autant plus que la pluie est importante, le ruissellement est de plus en plus hor-
tonien. On peut mettre en évidence l’apparition d’un seuil (entre le remplissage des dépres-
sions et leurs connections) pour lequel on passe de 0% de ruissellement à 100%.
L’échelle à laquelle on se place joue un rôle capital dans la définition du mode
d’écoulement. Gascuel-Odoux et al. (1999) présentent le ruissellement superficiel comme
contrôlé par la surface du sol à différentes échelles :
- à l’échelle du microrelief, les cailloux, fissures et plantes vont modifier localement
l’écoulement ;
- à l’échelle du motif agricole, l’extension de la zone saturée connexe au ruisseau est
contrainte par le réseau anthropique ;
- à l’échelle du versant, la pente fixe les directions d’écoulements ;
- à l’échelle du bassin, la topographie rend compte de l’existence du réseau hydrogra-
phique.
Ainsi, l’écoulement sur les versants peut être en nappes ou en rigoles, sur des surfaces im-
perméables ou à travers des sols (Moore and Foster 1990). Celui-ci dépend de l’échelle
d’observation, de la surface du sol et des précipitations.
La modélisation de ces écoulements passe donc par des hypothèses simplificatrices fortes.
(Chow et al. 1988) proposent de décrire l’écoulement par un régime permanent et uniforme
répondant aux lois des écoulements à surface libre. La loi reliant le débit à la hauteur d’eau
est donc une loi en puissance dont les paramètres dépendent de la turbulence de
l’écoulement. (Llamas 1993) modélise aussi ce ruissellement par une nappe pour laquelle il
propose une vitesse d’écoulement empirique dépendant exclusivement de la pente.
Une fois l’écoulement concentré, Chow et al. (1988) supposent que celui-ci peut être décrit
par la vitesse de Manning classique pour laquelle la géométrie du lit de la rivière va in-
fluencer l’expression du débit. (Kavvas 1988) propose une modélisation relativement com-
plexe des écoulement en rigoles sur des parcelles types.
Toutefois, il arrive que cet écoulement soit décrit par une seule et même conceptualisation,
de sa naissance à son exutoire. Par exemple, (Datin 1998), évoquant le ruissellement super-
ficiel sur les zones contributives saturées, les représente par une nappe à surface libre tout
le long de leur cheminement. Enfin, (Liu and Todini 2002) représentent le ruissellement
par un écoulement en nappe discrétisé selon la maille du MNT (Modèle Numérique de Ter-
rain) et régi par l’approximation de l’onde cinématique (OC).
La description du mode de ruissellement de surface reste donc un sujet ouvert, à la fois lié
à la modélisation retenue ainsi qu’à l’échelle à laquelle il est considéré.
Figure 9 – Courbe de récession issue du débit de sub-surface estimé sur les Gardons d’Anduze à partir de la transmis-
sivité du TOPMODEL pour un sol saturé à 100% (courbe bleu) et 50% (Courbe verte)
6
Musy, A. (2001) Cours d’hydrologie générale – Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
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700 10
20
40
400 50
300 60
70
200
80
100 90
0 100
10 15 20 25 30 35 40 45
Heures 50 55 60 65 70 75 80 85 90
Cette information est essentielle dans le cadre de ce travail. Comme on le verra plus loin,
des tests systématiques sont menés sur différentes informations spatialisées comme la pro-
fondeur du sol, la perméabilité … afin d’en déterminer les influences relatives.
III.2.3.2 Spatialisation des données de pluie
Un deuxième test, effectué celui-ci sur la crue de 2002, a montré qu’une mauvaise prise en
compte de la répartition de la pluie sur le bassin versant pouvait entraîner des erreurs im-
portantes : pour ce faire nous avons remplacé la pluie réelle répartie (Figure 11) par une
pluie uniforme donnant le même hyétogramme moyen sur le bassin versant.
Comme le montrent les résultats de la Figure 12, la crue est alors lissée de façon exagérée
et la décrue intermédiaire constatée à l’exutoire est gommée du fait d’un temps de concen-
tration moyen trop long sur l’ensemble du bassin.
On peut noter ici que l’importance de la spatialisation des données de pluie est préoccu-
pante car, dans les simulations en temps réel, il faudra non seulement anticiper des scéna-
rios d’évolution de l’intensité de la pluie, mais il faudra aussi bâtir des scénarios de vent de
afin d’anticiper le déplacement de la cellule précipitante.
Événement du 08/09/2002
5000 0
4500 10
4000 20
3500 30
Débit (m3/s)
mm/heure
3000 40
2500 50
2000 60
1500 70
1000 80
500 90
0 100
20 25 30 35 40
Heures
- les mécanismes de genèse des écoulements par saturation des sols sont prédomi-
nants par rapport aux mécanismes de genèse par dépassement des capacités
d’infiltration dits hortoniens,
- un seuil de fonctionnement apparaît en cours de crue : dans un premier temps, la
pluie s’infiltre laissant le coefficient de ruissellement progresser lentement, dans un
second temps les coefficients de ruissellement s’approchent de 100%,
- 150 à 200 mm de pluie sont retenus sur le bassin versant et ne participent pas à la
crue. Toutefois, ces chiffres sont obtenus par le calage d’un modèle, ils ne représen-
tent pas forcément une réalité extrapolable.
Ces propositions sont des hypothèses qu’il déduit de témoignages et de simulations. Il ne
s’agit en aucun cas de faits incontestables. Il conclut d’ailleurs : « les données disponibles
à la suite des crues sont-elles suffisamment riches et précises pour permettre une réelle in-
terprétation hydrologique ? »
Prenons maintenant l’exemple du Mont Lozère (Cosandey and Robinson 2000). Au cours
du temps, les processus peuvent changer. Le Mont Lozère a un comportement très différent
suivant la saison. L’hiver, les pluies abondantes sont responsables d’un fonctionnement par
zones contributives saturées. L’été, les gros orages provoquent un ruissellement par organi-
sations pelliculaires de surface visibles dans des rigoles qui se forment sur les versants.
Le champ de maïs de Gascuel-Odoux et al. (1999) présente aussi une forte variabilité tem-
porelle. Il répond à 3 fonctionnements distincts :
- nu l’hiver, il est mécanisé et peu couvrant, au relief modéré (pente et labour dans le
même sens), le ruissellement se fait sur les zones contributives saturées qui sont
plus ou moins étendues en fonction de l’état hydrique du sol (contrôle par
l’hydrologie du versant) ;
- au printemps il se forme une croûte de battance et un ruissellement sur de courtes
distances (processus de dégradation des sols) ;
- l’été, le ruissellement se produit sur de longues distances qui suivent les pentes jus-
qu’à la rivière (si les pluies sont assez fortes). Le ruissellement observé est alors
hortonien (contrôle par la topographie, variabilité spatiale et temporelle).
Le type d’événements pluvieux peut aussi expliquer des genèses différentes. Considérons
des pluies d’intensité exceptionnelle et qui génèrent des écoulements surfaciques impor-
tants (principe de Horton). Le plus souvent, ce phénomène apparaît sur de toutes petites
surfaces (<10km de diamètre, comme pour la crue de Puycerguier (1996) à moins qu’il ne
s’agisse de pluies provoquées par des systèmes convectifs de meso-échelle où l’extension
longitudinale du système prend en écharpe le bassin (quelques centaines de km2). Le for-
çage est alors généralisé et perdure anormalement. Le ruissellement surfacique se généra-
lise et concerne l’ensemble du bassin.
Enfin, suivant l’échelle spatiale d’observation du bassin, les conséquences de ces processus
peuvent être très différentes. (Jones 1997) a défini, de façon systématique, le type
d’écoulement qui se produit en fonction de la superficie du bassin et du temps de montée
des crues.
Il ne semble donc pas possible, dans l’état actuel des connaissances, de définir des lois gé-
nérales de fonctionnement de genèse de crues éclair. Le comportement de certains bassins
lors d’une crue éclair sera la prolongation de son fonctionnement courant, alors que dans
Figure 13 - Courbes enveloppes du temps de montée en fonction de la surface du bassin versant7 d’après (Jones, 1997)
7
Musy, A. (2001) Cours d’hydrologie générale – Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
[Link]
La région cévenole est très découpée du point de vue géologique, avec des causses calcai-
res d’une part et des massifs granitiques d’autre part.
L'escarpement des Cévennes est constitué de roches métamorphiques datant de l'ère pri-
maire. C'est un pays de vallées profondes, séparées par des crêtes aiguës, pratiquement sans
replat. Des terrains analogues prolongent les Cévennes au Nord / Nord-Est par le Vivarais.
Au Nord et au Sud les deux grands massifs granitiques, le Mont Lozère et le Mont Aigoual
encadrent la région. Formés eux aussi à l'ère primaire, ils constituent la charpente de la
région. Au Sud et à l'Est, on trouve les garrigues du Languedoc qui constituent le "premier
échelon" des Cévennes : le bassin des Gardons d’Anduze.
Le Gardon est en fait issu de la confluence de plusieurs rivières comme les Gardon de St-
Jean, de Ste Croix, de St Martin, de Mialet et d’Alès (Figure 15).
Le bassin versant du Gardon d’Anduze (545 km2) s’intègre dans l’ensemble du bassin des
Gardons, qui prend sa source à la crête des Cévennes, pour se jeter dans le Rhône, drainant
Xuan Kham LE - 2008 - 40 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
à la confluence une superficie d’environ 2025 km2. C’est le dernier affluent du Rhône en
rive droite. Il s’écoule du Nord-Ouest vers le sud-est et présente une forme allongée sui-
vant cette direction. Le Gardon d’Anduze (545 km2) est un sous-bassin situé sur la partie
amont. Il a deux sous-bassins : Le Gardon de Mialet et le Gardon de Saint-Jean. Le Gardon
de Mialet, qui draine trois affluents principaux, le Gardon de Saint-Germain, le Gardon de
Saint-Martin et le Gardon de Sainte- Croix, est situé dans la partie nord du bassin. Dans la
partie occidentale du bassin versant, le Gardon de Saint-Jean possède un affluent principal,
le Salindrenque. Gardon de Saint-Jean et Gardon de Mialet se réunissent 2 kilomètres en
amont d’Anduze pour former le Gardon d’Anduze.
En amont du bassin versant, le réseau est très ramifié et le cours d’eau trouve toute sa place
dans des gorges étroites. Seulement légèrement en amont d’Anduze, le lit du cours d’eau
s’élargit au sein d’une plaine alluviale.
La pente moyenne du bassin versant est de 20%, et le relief est très marqué sur toute sa
superficie (Figure 16). En amont, les Gardons sont des torrents cévenols dont la pente du lit
peut atteindre 5 à 6%. Les données topographiques et morphologiques du bassin versant du
Gardon d’Anduze sont déduites du MNT à 50 m issu de la BD TOPO, et nous en disposons
sur une zone carrée englobant le bassin versant du Gardon d’Anduze.
Xuan Kham LE - 2008 - 41 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
Schistes, Micaschistes,
Gneiss
Granites
Marnes, argiles
Alluvions récentes et
anciennes
Marnes et argiles
Figure 17 - Un bassin versant dont le substratum est à dominante schisteuse (d’après (Ayral 2005)
Grès et Marnes
Figure 19 - Coupe schématique de la répartition des sols sur un adret (d’après Hisinger 1985)
Les lithosols sont des sols très peu épais (<10 cm) posés sur une roche mère dure, continue
et peu fragmentée. Les rankosols sont constitués d’une couche humifère importante (Figure
21). Leur formation est due à l’érosion d’une roche dure et acide (granite) sur des zones de
fortes pentes. Le froid et l’humidité favorisent leur formation. La Figure 20 résume les ca-
ractéristiques de sols « type » que l’on trouve sur un profil cévenol. Ces caractéristiques
ont été établies à la suite de mesures effectuées par le laboratoire Hydrosciences Montpel-
lier.
que unité correspond un nombre fini d’unités de sols, les Unités Typologiques de Sols
(UTS), qui sont décrites dans la base de données par leurs caractéristiques principales :
texture, épaisseur, description du profil vertical de sol. Sur le bassin du Gardon d’Anduze,
on trouve en majorité (30 %) des sols développés sur schistes et micaschistes, d’épaisseur
moyenne estimée à 25 cm. Une partie importante du bassin (27%) est caractérisée par des
sols nus.
Figure 21 - Des sols peu développés sur une roche mère quasi-affleurante (rankolsols humifères)
A partir de la connaissance des superficies recouvertes par les 41 UTS sur le bassin du
Gardon et de leur épaisseur moyenne, nous avons estimé l’épaisseur moyenne des sols à
285 mm. Les sols d’épaisseur moyenne (entre 5 et 60 cm) constituent la majorité des sols
(53 %) tandis que les sols très fins (<5 cm) sont bien représentés (35%). Des sols épais sont
présents (12% de la surface du bassin), localisés essentiellement en aval du bassin versant,
dans les zones colluvionaires à proximité du cours d’eau. Les sous-bassins amont de Sau-
mane (100 km2) et Mialet (241 km2) ont des sols plus fins : 177 mm pour le sous-bassin de
Mialet, 207 mm pour Saumane.
Parmi les valeurs remarquables de cumul sur 24 heures, on peut citer les 950 mm enregis-
trés en 1900 à Valleraugue (Gard) ou plus récemment les 687 mm relevés à Anduze en sep-
tembre 2002.
Xuan Kham LE - 2008 - 46 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
Les causes :
La rencontre de deux masses d’air au cours de l’automne (l’une chaude et humide, l’autre
constituée d’air froid et sec), associée à des effets locaux dus essentiellement au relief, est
à l’origine des ces pluies importantes.
• Pourquoi ces pluies ont lieu principalement en Automne ?
L’automne est marqué par l’arrivée d’air froid d’altitude d’origine arctique. D’un autre
côté la présence de la mer Méditerranée, qui s’est réchauffée durant l’été sous un rayonne-
ment solaire conséquent, communique une réserve d’énergie et d’humidité aux basses cou-
ches des masses d’air qui y séjournent ou la traversent.
• Le rôle des Cévennes sur ces phénomènes
Le relief cévenol canalise, soulève, déforme, dévie les flux atmosphériques des basses cou-
ches. Il favorise le forçage, c’est-à-dire le soulèvement des basses couches de
l’atmosphère. L’ai chaud et humide en provenance de la Méditerranée s’élève ainsi vio-
lemment et entraîne un processus de condensation à l’origine des nuages à fort développe-
ment vertical. Néanmoins le relief n’est pas le seul responsable du forçage.
• Différentes origines au forçage
Le relief est à l’origine du forçage dit orographique. Ce forçage fait partie des forçages
d’échelle fine, par opposition aux forçages d’échelle synoptique, liés à des anomalies
d’altitude et qui affectent une épaisseur plus importante de l’atmosphère.
Les forçages frontaux ou les ascendances induites par une convergence de vent dans les
basses couches de l’atmosphère appartiennent également à la catégorie des forçages
d’échelle fine à l’origine des mouvements convectifs et peuvent aussi influer sur e niveau
des précipitations.
IV.1.2.3 Conséquences sur les processus hydrologiques
Les mesures d’humidité des sols mettent en évidence une humidification des sols du bassin
au cours des premiers événements pluvieux d’automne. Si les sols sont proches de la satu-
ration (sans forcément l’atteindre) au cours des événements pluvieux intenses, ils retrou-
vent assez vite (24 heures environ) une valeur palier de 15 %, en teneur en eau volumique.
On l’explique par un drainage latéral important – étant donné les pentes importantes - et
par des pertes en percolation dans la roche fissurée qui peuvent également être très impor-
tantes ; Ayral (2005) estime les intensités de percolation verticale supérieures à 100 mm/h.
Les facteurs énoncés précédemment conduisent à des crues d’intensité remarquable, com-
parée au débit de base du cours d’eau. Le débit de pointe instantané de période de retour 10
ans est estimé à 1340 m3/s ; le débit trentenaire à 1790 m3/s (source SAGE Gardons). Les 2
crues qui ont marqué les esprits dans les 50 dernières années sont celles du 9 septembre
2002 (Qp = 3500 m3/s) et d’octobre 1958 (Qp = 3000 m3 /s). En remontant dans le temps,
parmi les cures historiques à Anduze, on peut citer celles de 1846, 1847, 1861, 1890, 1891,
1907, 1958 et 2002.
Figure 22 - Localisation des postes pluviométriques et des stations limnimétriques sur le bassin du Gardon d’Anduze
un pas de temps fixe (horaire) sur une centrale d’acquisition. Depuis 1982 ces stations sont
télétransmises ce qui permet au service gestionnaire de connaître en temps réel les hauteurs
d’eau.
Les courbes de tarage :
Elles sont la plupart du temps élaborés sur les bases des jaugeages disponibles et à l’aide
d’une modélisation hydraulique. La modification du lit du cours d’eau (suite aux crues im-
portantes) est une source de détarage de la station ce qui nécessité des jaugeages réguliers.
Les épisodes retenus :
La base de données de (Marchandise 2007) comprend 90 événements pluvieux qui ont lieu
au long de l’année. On trouve en majorité des événements d’automne (45 événements) qui
donnent les crues les plus dévastatrices se produisent. 25 crues d’hiver et de printemps
permettent d’évaluer le modèle sur un bassin versant plus humide. Enfin 7 crues corres-
pondent à des averses orageuses d’été. La lame moyenne cumulée sur le bassin versant à
Anduze (Tableau 7) est comprise entre 28 mm et 428 mm suivant l’événement.
En terme d’intensités du pic de crue, la majorité des événements se situe dans la gamme de
débits [300 m3/s, 1000 m3/s] mais on dispose également de crues de fortes intensités, dé-
passant 1000 m3/s en débit de pointe.
Dans le cadre de ce document On utilise les données de pluie relatives à quatre épisodes de
crue : ceux de 1994, 1996, 2002 et 2006 dont les débits sont regroupés dans le Tableau 8.
Xuan Kham LE - 2008 - 49 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
On a choisi ces 4 épisodes car ils présentent un large éventail de conditions hydrologiques :
la crue de 2002 est une crue exceptionnelle (période de retour 100 ans) avec un épisode de
pluie continu ; la crue de 2006 au contraire correspond à une crue de très faible amplitude ;
les crues de 1994 et 1996 correspondent à des situations intermédiaires mais à la différence
des autres crues, la crue de 1994 présente deux épisodes pluvieux distincts à une trentaine
d’heures d’intervalle. Ces crues présentent aussi l’avantage d’avoir un jeu « complet »
d’informations nécessaires pour utiliser le logiciel MARINE.
Données
Les données de pluie et l’humidité initiale du sol fournissent les conditions aux limites en
entrée. Le Code intègre des données de terrain (nature, pente, occupation du sol) et un taux
d’humidité initiale. Il s’en suit une modélisation des conditions de ruissellement,
d’infiltration ainsi que des écoulements de subsurface.
Hauteur s m axim al es
MNT
d’infiltration ( BRGM) et
composition du sol
Pentes
Infiltration et
écoulements
de subsurface
– le ruissellement diffus dont l’épaisseur est faible, et dont les filets d’eau buttent et
se divisent sur le moindre obstacle
– le ruissellement concentré organisé en drains parallèles le long de la ligne de plus
grande pente.
L’écoulement concentré en rigoles existe sur toute une gamme d’échelles et il est indispen-
sable de faire le choix d’une échelle de support en deçà de laquelle les processus ne seront
pas représentés explicitement mais moyennés, paramétrés à l’aide d’un coefficient de frot-
tement empirique.
Si il est possible à l’échelle de la parcelle expérimentale (de l’ordre de la dizaine de m2)
d’acquérir une description très précise (résolution de l’ordre de la dizaine de cm) de la to-
pographie afin de représenter l’écoulement de manière très détaillée (Esteves et al. 2000);
(Liu et al. 2004)) ceci ne semble ni possible ni utile quand il s’agit de caractériser le débit
en rivière pour un bassin versant naturel même si il est de taille très modérée (quelques
km2).
Modélisation
R u i s s e l l e me n t s u r l e ba s s i n ve r s an t
Infiltration
∂z f ⎛ (θ − θ i )S f ⎞ ∂h S 5 2/3 ∂h
= K s ⎜⎜ 1 + ⎟⎟ + h = P−I
∂t ⎝ zf ⎠ ∂t n 3 ∂x
Transfert en subsurface
Transfert dans les drains
Qouti = Ti (θi ) grad ( hi ) dx
1
u= S R 2/3
n
Sol
Pente Ip
Hvraie
Hb
⎛ θ −θ ⎞
Ti (θi ) = T0 (i ) exp ⎜ sat ,i i ⎟
B
⎝ M ⎠
Déterminer l’échelle en deçà de laquelle les chemins de l’eau ne sont pas représentés de
manière suffisamment détaillée pour reproduire les débits en rivière constitue une problé-
matique (potentiellement très délicate) qui ne fait pas l’objet de ce travail de thèse.
Selon Estupina-Borrell (2004), il est nécessaire de réaliser un compromis intégrant
– la résolution des données disponibles ;
– le domaine de validité du modèle physique ;
– la surface minimale du sous-bassin d’analyse des variables intermédiaires ;
– le coût de calcul.
Alors que certains modèles, par exemple (Jain et al. 2004) ; (Castillo et al. 2003), représen-
tent la totalité du bassin versant avec un formalisme correspondant à un écoulement diffus
en fine lame sur un plan, le cours d’eau principal peut-être pris en compte de manière diffé-
rente dans MARINE .
Un modèle d’hydraulique fluviale de type Saint-Venant 1D (MAGE du Cemagref - Institut
de Recherche pour l’Ingénierie de l’Agriculture et de l’Environnement) ou 2D
(TELEMAC-2D du Laboratoire National d’Hydraulique et Environnement - EDF/LNHE)
est alors utilisé pour la propagation de l’onde de crue dans le réseau hydrographique prin-
cipal. Le couplage réalisé (couplage faible) consiste à prendre en compte les apports pro-
venant des versants (apports latéraux ou en tête de réseau) à travers les termes de forçage
(conditions aux limites ou termes source).
Cependant, même pour l’échelle de support fixée, pour le type d’évènements auquel nous
nous intéressons la concentration du ruissellement en ruisseaux ou rigoles est effective bien
avant l’arrivée dans le réseau de drainage principal. Nous reviendrons un peu plus tard sur
certains des effets liés à ce choix de modélisation. Nous allons, dans le cadre de cette étude
nous concentrer sur la modélisation de la partie amont du bassin versant, zone pour la-
quelle le transfert est souvent modélisé sous forme de ruissellent diffus d’épaisseur faible.
On utilise pour cela une approximation des équations de Saint-Venant dont la capacité à
représenter les écoulements de surface (selon certaines contraintes et à certaines échelles
de temps et d’espace) n’est plus à démontrer (Singh 2002).
Afin de mettre en oeuvre une représentation simplifiée de l’écoulement de surface, il est
nécessaire d’effectuer des choix en termes de modèle physique représentant le processus du
ruissellement, de description de la géométrie du bassin versant, d’approche numérique
adoptée pour la simulation par ordinateur . Ces choix, potentiellement très délicats, peuvent
se révéler largement interdépendants.
Nous allons dans les paragraphes suivants décrire l’approche mise en oeuvre à l’IMFT,
approche dont l’objectif est une bonne représentation de la montée en crue, représentation
simplifiée pouvant intégrer facilement des données issues de la télédétection et dont la ré-
solution numérique est peu coûteuse en temps de calcul pour la prévision opérationnelle.
IV.2.3.1 Modèle physique et représentation géométrique
Le ruissellement de surface est un processus non stationnaire et non uniforme, ses gran-
deurs caractéristiques telles que hauteurs et vitesses varient très largement en fonction du
temps et de l’espace. Les phénomènes physiques instationnaires sont généralement décrits
par des équations aux dérivées partielles non linéaires. Les équations de Barré de Saint-
Venant, forme intégrée (intégration selon la profondeur) des équations de Navier Stokes,
sont les plus utilisées pour modéliser les écoulements à surface libre non stationnaires, gra-
duellement ou rapidement variés.
Flux entrant
Flux sortant
y
x
Figure 26 - Schéma du transfert de l’eau maille à maille dans le cas de MARINE
entre celle qui était présente au pas de temps précédent, la lame d’eau infiltrée et celle qui
est ruisselée vers l’aval.
Cependant, le schéma décentré revient à introduire une viscosité numérique qui va provo-
quer de la diffusion de nature à atténuer les hydrogrammes de crue. Ce schéma explicite en
temps, beaucoup plus facile à implémenter et souvent moins coûteux en temps de calcul
n’est pas sans inconvénients. La stabilité de la solution (majoration de l’erreur) ne peut être
assurée qu’au prix de pas de temps beaucoup plus faibles que pour les schémas implicites.
Alors que dans le cadre théorique classique on peut dériver une condition nécessaire et suf-
fisante de stabilité (condition CFL - Courant, Friedrichs, Lewy), la tâche semble bien plus
délicate dans le cas présent. Le pas d’espace étant fixé, on devrait pouvoir à partir d’une
estimation de la vitesse maximale atteinte au cours de la simulation spécifier un pas de
temps assurant la stabilité de la solution et une résolution numérique efficace. L’expérience
montre que l’estimation du pas de temps à partir de la condition CFL n’est pas toujours
satisfaisante. Face à ce constat, (Jabert and Mohtar 2002) proposent une stratégie de calcul
dynamique du pas de temps approprié.
SD
hdn
HD
WD
nma : le coefficient de Manning du lit majeur. Le lit majeur est la partie adjacente au chenal
d'écoulement d'un cours d'eau, qui n'est inondée qu'en cas de crue (typiquement SD Figure
27.) Ce travail est en cours de publication dans le J. of H. (Roux et all 2008).
(Horton 1933); (Philip 1957); (Philip 1963)) reproduisant le processus d’infiltration peu-
vent être dérivés de cette équation en effectuant des hypothèses plus ou moins restrictives
sur la dépendance du coefficient de diffusion capillaire et de la conductivité hydraulique
par rapport à l’humidité du sol, le modèle proposé antérieurement par (Green and Ampt
1911) repose sur une représentation plus simple et plus pragmatique du processus
d’infiltration.
Etant donné que l’objectif est d’évaluer uniquement le volume des pertes par infiltration et
non la distribution de l’humidité dans les sols, l’approximation proposée par Green &
Ampt (1911) semble raisonnable et c’est elle que nous avons adoptée. Cette schématisation
propose de considérer un front d’humectation abrupt et horizontal séparant une zone non
saturée, dont la teneur en eau est égale à l’humidité initiale du milieu hi (en %), à une zone
saturée, dont la teneur en eau θ est égale à la porosité p du sol.
Le liquide à une pression inférieure à la pression atmosphérique est aspiré dans le milieu
poreux par la force capillaire ψ. En partant de la Loi de Darcy, on démontre (par ex. (Chow
et al. 1988)) que si l’on suppose la hauteur de lame d’eau au dessus de ce profil de sol né-
gligeable par rapport à la force de succion capillaire et à la profondeur de pénétration de la
partie saturée (L), l’infiltration cumulée I(t) est régie par l’équation différentielle :
dI (t ) ⎛ θ (1 − hi ) ⎞
i (t ) = = K H ⎜⎜ψ + 1⎟⎟ (5)
dt ⎝ I (t ) ⎠
Dans la formulation courante, la colonne de sol est supposée infinie sur toute l’étendue du
bassin versant. Cependant, l’hétérogénéité des profondeurs de sols sur les bassins versants
méditerranéens peut affecter de manière significative l’abattement de la pluie brute sur le
bassin versant. En ce sens, on va introduire une profondeur de sol locale Lmax qui permet de
limiter la capacité du réservoir sol en fonctions des données disponibles.
D’autre part, il est important de préciser que le modèle utilisé ne prend pas en compte une
éventuelle fermeture du sol par la formation d’une croûte de battance ou une quelconque
modification de la structure du sol par des averses faibles mais prolongées.
En définitive, la formulation choisie essaye de reproduire, comme la quasi-totalité des mo-
dèles d’infiltration, une décroissance exponentielle du taux d’infiltration i(t) vers la
conductivité hydraulique KH en fonction du régime des précipitations, de l’état hydrique
initial et des propriétés du sol. La force capillaire n’est pas directement mesurable. Cepen-
dant, de nombreuses tables existent dans la littérature ((Rawls and Brakensiek 1982);
(Rawls and . 1989)) pour l’estimer à partir de caractéristiques des sols qui elles sont mesu-
rables. A partir des résultats obtenus par des campagnes expérimentales concernant des
milliers d’échantillons de sols, des expressions relient la texture du sol (pourcentages de
sable et d’argile) à ψ. La principale limitation de cette approche réside dans le fait que la
texture du sous-sol n’est pas le seul facteur affectant l’infiltrabilité, surtout aux échelles
d’agrégation spatiale des processus couramment employées (taille de la maille de l’ordre
de quelques dizaines de mètres). Cependant, la très grande disponibilité de cette informa-
tion a priori (nombreuses tables dans la littérature) associée à la simplicité et au très faible
coût de calcul du modèle explique en grande partie son succès dans la communauté des
hydrologues. En pratique, on est amené à caler les paramètres d’infiltration à des valeurs
bien supérieures aux valeurs de la littérature (coefficient multiplicateur de l’ordre de 5)
afin de tenir compte des inhomogénéités du sol (failles, zones karstiques, etc.).
Figure 29 - Sensibilité à la valeur de l’humidité initiale – modèle de Green & Ampt, d’après (Estupina-Borrell 2004)
Figure 30 - Sensibilité à la valeur de la succion – modèle de Green & Ampt, d’après (Estupina-Borrell 2004)
(Estupina-Borrell 2004) l’a fait dans le contexte des « crues éclair ». Dans sa recherche,
elle a testé la sensibilité par rapport chacun des paramètres. Par exemple, elle a donné des
calages du coefficient de Manning. Les résultats obtenus sont les hydrogrammes à
l’exutoire du bassin. A partir de ces hydrogrammes, elle a pu critiquer la sensibilité du
coefficient Manning. Elle a procédé de même pour les autres paramètres : la conductivité
hydraulique et la force de succion du sol. Les Figure 29 et Figure 30 illustrent les différen-
ces correspondantes à chaque valeur de l’humidité initiale du sol et de la force de succion
pour le bassin Orbieu-Lagrasse. A partir de ces résultats, on peut critiquer la sensibilité de
l’humidité initiale du sol et de la force de succion.
Comme Estupina-Borrell, (Marchandise 2007) a analysé la sensibilité de la conductivité
hydraulique du modèle de subsurface (Ks) du bassin Saumane (Figure 31).
Ces deux auteurs (Estupina-Borrell et Marchandise) ont utilisé la méthode globale pour
analyser la sensibilité des paramètres en étudiant séparément leur influence. Les résultats
nous donnent l’impact du paramètre qu’ils ont utilisé mais ne nous donnent clairement pas
le rôle de chaque paramètre dans le modèle.
(Castaings 2007) a utilisé la méthode locale pour analyser la sensibilité des paramètres.
Avec cette méthode, on est possible de dégager les caractéristiques essentielles que l’on
cherche à représenter par le modèle afin de qualifier l’hydrogramme de crue. On retient
donc
- le coefficient de ruissellement qui renseigne sur l’abattement de la lame d’eau pré-
cipitée par infiltration, la proportion de cette lame d’eau qui participe au ruisselle-
ment c’est à dire le volume de la crue est une variable clé du bilan hydrologique.
- le débit de pointe atteint au cours de l’évènement qui constitue une variable
d’intérêt capital pour la prévision opérationnelle.
A priori, le coefficient de ruissellement est principalement déterminé par les paramètres de
la fonction de production alors que le débit de pointe est essentiellement contrôlé par les
paramètres de la fonction de transfert. Afin de corroborer cette conception a priori et d’en
analyser la portée hydrologique, on formule les deux fonctions réponses correspondantes :
T
max q (t )
R (α ) =
∫ 0
q (t )dt
R2 (α ) =
t∈[0 ,T ]
(10)
1 T Ω
q ref
∫∫0 0
r (t )dΩdt
Avec α = [K,n,θ,ψ,η,um]
où qref est le débit de pointe obtenu dans le cas ou la totalité de la lame précipitée est ruis-
selée jusqu’à l’exutoire (infiltration négligeable). On rappelle que r(t) désigne l’intensité
de la pluie.
Alors qu’il est nécessaire de prescrire une valeur par élément de la discrétisation pour cha-
cun des paramètres, déterminer l’influence de chacune d’entre elles sur la réponse de
l’hydrosystème implique un coût de calcul totalement prohibitif avec les méthodes classi-
ques d’analyse de sensibilité. A l’opposé, la méthode de l’état adjoint permet d’obtenir la
sensibilité d’une réponse scalaire par rapport à toutes les variables de contrôle pour un coût
de calcul indépendant de la dimension de l’espace de contrôle.
A partir des fonction R1 et R2, Castaings a analysé la sensibilité quelques paramètres : la
conductivité hydraulique, le coefficient Manning et l’humidité initiale du sol.
- Analyse temporelle:
La sensibilité calculée est représentative de toute la période de simulation
Figure 32 - Evolution temporelle des sensibilités à R1 et variables explicatives, d’après (Castaings 2007)
La Figure 32 montre que la sensibilité des paramètres (K,n,θ,ψ,η) est fonction de la varia-
bilité temporelle : la sensibilité d’un paramètre est différente pour chaque épisode.
- Analyse spatiale:
L’information résultant de l’analyse de sensibilité était agrégée d’un point de vue spatial,
on a examiné le contenu du vecteur de sensibilités pour chacun des paramètres. Toutes les
mailles de la discrétisation ne contribuent pas de la même manière (direction, amplitude) à
la réponse hydrologique.
On peut en effet remarquer pour les deux paramètres que les sensibilités les plus fortes sont
réparties autour des zones de concentration de l’écoulement (Figure 33).
La variabilité des sensibilités calculées est plus importante pour la conductivité hydrauli-
que K que pour le frottement. En effet, pour le coefficient de frottement, la distinction en-
tre le réseau de drainage et les versants (sensibilité presque uniforme) est beaucoup plus
nette.
A partir des résultats de Castaings, on peut connaître la sensibilité des paramètres à chaque
pas de temps et en chaque point de l’espace. En revanche, on ne peut pas distinguer claire-
ment le rôle combiné de tous les paramètres ; son mode d’analyse ne permet pas de juger
de la réponse de l’hydrogramme à l’exutoire du bassin.
Pour éviter les problèmes précédents, il faut utiliser une méthode globale basée l’analyse
de sensibilité généralisée et une méthode « bayésienne » de type GLUE « Generalized Li-
kelihood Uncertainty Estimation ». Même si l’aspect Bayésien de la méthode GLUE est
remis en cause récemment par (Mantovan and Todini 2006) et (Mantovan et al. 2007) ,
(Beven et al. 2007) pensent que cette méthode reste applicable si l’on tient compte de tou-
tes les incertitudes introduites par la modélisation.
Cette méthode définit un cadre théorique qui permet une analyse de sensibilité systémati-
que des différents paramètres intervenant dans les modèles. Une analyse de sensibilité
comparative du rôle entre les paramètres est présentée en fonction de différents critères tels
que le critère de NASH ou celui qui est basé sur le volume du pic de crue
Définition du comportement : Étant donné que les éléments du vecteur yo sont des variables
observées, il semble pertinent de définir le comportement du système à partir de ces sor-
ties. Dans le cas général, plusieurs catégories de comportements peuvent être distinguées.
Sans perdre de vue cette notion de généralité, il est toutefois possible de définir le compor-
tement de façon binaire, c’est-à-dire un phénomène qui a lieu ou non pour un scénario et un
jeu de paramètres donnés. Les jeux de paramètres ayant permis de simuler le phénomène
considéré appartiennent alors à la catégorie behavioural ; les autres, à la catégorie non-
behavioural.
IV.3.2.2 Méthodologie de l’analyse de sensibilité généralisée
L’idée clé est d’essayer d’identifier un jeu de paramètres significatifs et de caler leur va-
leur optimale.
Dans MARINE, ces paramètres sont représentatifs de la rugosité du sol, des propriétés
d’infiltration du sous-sol ainsi que d’autres caractéristiques du bassin versant et constituent
un vecteur x. Pour un scénario, un comportement et un jeu de distribution des paramètres x
donnés, une étude numérique permet d’explorer les propriétés de l’ensemble. En effet, un
jeu de paramètres, choisi de façon aléatoire à partir des distributions initiales, permet de
simuler le comportement du système. Il est alors possible de comparer (dans un sens à dé-
finir) le résultat de cette simulation au vecteur d’observations y0.
Ce processus, répété un grand nombre de fois pour des jeux de paramètres choisis de façon
aléatoire (méthode Monte-Carlo), détermine un échantillon de vecteurs x de paramètres
pour lesquels le comportement cherché s’est produit et un échantillon pour lesquels il ne
s’est pas produit.
Densité de probabilité de xk dans la
catégorie beavioural
Densité de probabilité cumulative
f ( x k / B)
f ( x k / B)
Densité de probabilité de xk dans la
catégorie non-beavioural
Figure 34 - Densités de probabilité cumulatives du paramètre x k , (d’après Hornberger & Spear 1981)
Par conséquent, une forte valeur de dmc,nc indique que le paramètre considéré est important
dans la simulation du comportement recherché. En revanche, le contraire n’est pas forcé-
ment vérifié. En effet, les densités de probabilité cumulatives f(xk / B ) et f(xk/ B ) peuvent ne
présenter aucune séparation alors que le paramètre xk est crucial dans la simulation du
comportement recherché, en raison de sa forte corrélation avec d’autres paramètres. C’est
alors l’interaction entre deux paramètres qui compte pour simuler correctement un compor-
tement donné. Dans un tel cas, il faut rechercher de l’information sur la covariance entre
ces deux paramètres pour avoir une idée du degré de sensibilité du modèle à ces paramè-
tres.
Xuan Kham LE - 2008 - 65 / 154 -
Variabilité des processus hydrologiques
entrant dans le mécanisme de la genèse des crues sur les bassins à cinétique rapide
Dans le cas de l’estimation de paramètres hydrauliques, reste à définir le seuil qui va sépa-
rer les modèles ayant un “comportement correct” de ceux ayant un “comportement incor-
rect”.
8
Le théorème de Bayes est une conséquence immédiate de la loi de composition des probabilités (qui est un
des axiomes fondamentaux de toute théorie des probabilités). Si A et B sont deux événements, cette loi de
composition des probabilités indique que la probabilité P (A ∩B) d’observer à la fois A et B est simplement
donnée par : P (A ∩B) = P(A)P(B/A) = P(B)P(A/B)
où P(A/B) se lit “probabilité d’observer A sachant que B s’est réalisé”. Cette équation implique immédiate-
ment :
P( A) P( B / A)
P( A / B) =
P( B)
qui est le théorème de Bayes. Ce théorème se généralise sans peine au cas de plusieurs événements Ai, i = 1
...n
Comme on le verra plus loin on a aussi travaillé avec un critère mixte J basé sur le critère
de Nash et des critères liés à la montée du pic de crue.
IV.3.3.3 Distribution des paramètres a priori
Une fois la fonction de vraisemblance choisie, l’étape suivante de la méthode GLUE est la
définition des distributions initiales des paramètres recherchés. Encore une fois, cette défi-
nition, comme celle de la mesure de vraisemblance, fait intervenir une part de subjectivité
dans le calcul. Les intervalles initiaux de variation des paramètres doivent être suffisam-
ment larges pour être sûr de couvrir tous les comportements observés. Il est plus fiable de
partir d’un intervalle de variation très large, puisque la procédure bayésienne de correction
des coefficients de pondération permet de raffiner l’intervalle de variation acceptable cha-
que fois qu’une nouvelle observation est disponible.
Selon Beven & Binley (1992), ce problème de définition des distributions initiales des pa-
ramètres revient à exprimer une série d’hypothèses reflétant les connaissances a priori de
l’opérateur sur les valeurs de ces paramètres. Lorsque ces connaissances a priori sont prati-
quement inexistantes, une distribution uniforme sur un large intervalle de variation peut
être une définition de référence appropriée. En effet, dans la pratique, chaque fois qu’une
information en terme de comparaison entre réponses observée et simulée est ajoutée, si
cette information est valable, la distribution calculée à partir des valeurs de vraisemblance
l’emportera sur la distribution uniforme initiale dans le calcul de l’incertitude sur la prévi-
sion.
Il est important de souligner que ces procédures sont appliquées à des jeux de paramètres,
et non pas aux paramètres pris individuellement, de façon à prendre en compte implicite-
ment toutes les interactions entre paramètres. Comme nous le verrons dans la suite du do-
cument, l’analyse des matrices de covariances permet, dans certains cas, de mettre en évi-
dence une interaction entre des paramètres du modèle.
IV.3.3.4 Matrice de covariance
Certains des paramètres d’un modèle sont corrélés, cependant le niveau de corrélation peut
être différent d’un couple à l’autre. Pour connaître le lien entre les paramètres, on peut uti-
liser la matrice de covariance.
Soit une variable aléatoire Xk totalement discontinue pouvant prendre n valeurs xk1,
xk2,…, xkn de probabilités respectives pk1, pk2,…,pkn.
Espérance mathématique :
L’espérance mathématique E(Xk) (ou valeur moyenne) de Xk s’écrit :
n
E ( X k ) = ∑ xki pi
i =1
Variance :
[ ]
Var ( X k ) = E ( X k − E ( X k )) 2 = E ( X k2 ) − E 2 ( X k )
Covariance de deux variables :
Cov( X k , X l ) = E [( X k − E ( X k ))( X l − E ( X l ))] = E ( X k X l ) − E ( X k ) E ( X l )
Matrice de covariance :
Propriétés de covariance:
- La valeur de covariance est telle que : -1 ≤ Cov(Xi,Xj ) ≤ 1
- Si deux variables (par exemple Xi et Xj) sont indépendantes alors leur covariance est
nulle : Cov(Xi,Xj ) = 0
- Si (Cov(Xi,Xj ))2 = 1, la liaison entre Xi et Xj est totale, c'est-à-dire Xi et Xj sont tota-
lement corrélées
- Si Cov(Xi,Xj ) > 0, la liaison entre Xi et Xj est croissante
- Si Cov(Xi,Xj ) < 0, la liaison entre Xi et Xj est décroissante
Grâce à la matrice de covariance, on peut connaître le degré de liaison qui existe entre deux
paramètres et ainsi leur degré d’interdépendance.
IV.3.3.5 Estimation de l’incertitude
Toute modélisation comporte de nombreuses sources d’incertitude : erreurs dues à
l’inexactitude des conditions aux limites et des variables d’entrée, erreurs associées à
l’imprécision des mesures utilisées pour calibrer le modèle, erreurs provenant de la struc-
ture de la modélisation choisie. La vraisemblance associée à un modèle par la méthode
GLUE prend en compte toutes ces causes d’erreurs et permet ainsi de traduire l’incertitude
globale.
1
Densité de probabilité cumulative
0.9
0.5
0.1
vanche, si cette marge est trop large, elle portera à conclure que le modèle n’est pas capa-
ble de prédire le comportement recherché. Lorsqu’un seuil de vraisemblance est choisi,
toutes les simulations dont la valeur de vraisemblance est inférieure à ce seuil sont rejetées,
l’incertitude sur les prévisions va donc également dépendre de l’existence ou non d’un cri-
tère de rejet, et de la valeur du seuil.
Qu’il y ait eu ou non rejet de certaines simulations, les valeurs de vraisemblance associées
aux jeux de paramètres considérés sont ré-échantillonnées de façon à ce que leur somme
soit égale à 1. Ces valeurs ré-échantillonnées sont alors utilisées comme des coefficients de
pondération : la valeur de vraisemblance ré-échantillonnée, obtenue à partir d’un jeu de
paramètres, est appliquée à la prévision du modèle (variables de sortie) fournie par ce
même jeu de paramètres. Il en résulte une distribution cumulative des variables de sortie, à
partir de laquelle, une fois le pourcentage choisi, il est possible de calculer l’incertitude sur
la prévision du modèle. La Figure 36 représente le calcul des marges d’incertitude, 10 % et
90 %, ainsi que le calcul de la moyenne, 50 %. Si les observations sortent de la limite des
90 %, cela signifie que les erreurs dues à la modélisation et aux variables d’entrée dépas-
sent les erreurs associées avec le procédé de calibration lui-même (Freer et al. 1996).
IV.3.3.6 Sensibilité à un paramètre
La notion de comparaison entre le comportement observé du système et celui simulé à par-
tir d’une modélisation et d’un jeu de paramètres donné, qui n’avait pas été explicitée au
paragraphe précédent, trouve un sens, pour la modélisation hydrologique, dans la définition
d’une mesure de vraisemblance. Il devient possible de définir le comportement du système
physique de façon binaire : la valeur de vraisemblance associée à une simulation donnée
est en-dessus ou en-dessous du seuil choisi. Ce seuil, critère de différentiation entre les
deux catégories behavioural et non-behavioural, est une valeur subjective de la mesure de
la qualité d’ajustement. Si les distributions des deux catégories sont différentes, alors le
modèle est sensible au paramètre considéré.
(Freer et al. 1996) proposent une analyse plus détaillée de la sensibilité du modèle, basée
sur le même principe. Après avoir séparé l’ensemble des simulations en deux catégories
behavioural et non-behavioural, Freer et al. (1996) examinent uniquement les simulations
au comportement correct. Ils les divisent en 10 classes contenant le même nombre de simu-
lations, par ordre croissant de valeur de vraisemblance, et tracent les distributions corres-
pondant à chacune de ces 10 classes. Le raisonnement est ensuite le même que celui de
(Hornberger and Spear 1981), si les distributions de ces catégories sont sensiblement diffé-
rentes, alors le paramètre considéré influe de façon importante sur le comportement du sys-
tème.
La Figure 37 récapitule les différentes étapes des méthodes GSA et GLUE. Dans ce cas
particulier, le modèle est très sensible au paramètre x1, alors que l’analyse de sensibilité au
premier ordre montre une très faible influence de x2.
Dans les paragraphes suivants nous allons préciser le modèle physique et l’approche numé-
rique utilisés pour chacune des étapes de la transformation pluie-débit telle qu’elle est re-
présentée dans MARINE.
Figure 37 - Principales étapes de l’analyse de sensibilité et du calcul d’incertitude utilisant les méthodes GSA et GLUE
V.1 Introduction
L’hydrogramme à l’exutoire du bassin dépend de beaucoup de paramètres. Dans le modèle
MARINE, on a deux types des paramètres: les paramètres qui sont liés au processus
d’infiltration (la conductivité hydraulique, la porosité du sol, la force de succion, la hauteur
d’infiltration et l’humidité initiale du sol) et ceux qui caractérisent le ruissellement dans les
drains (les différents coefficient de Manning). Le modèle sub-surface de MARINE n’ayant
pas encore été implanté; les paramètres qui le concernent ne seront donc pas testés.
Les quatre épisodes de crue utilisés sont ceux de 1994, 1996, 2002 et 2006. Ils ont été choi-
sis car ils présentent un large éventail de conditions hydrologiques § IV.1.3.4: la crue de
2002 est une crue exceptionnelle (période de retour 100 ans) avec un épisode de pluie
continu ; la crue de 2006 au contraire correspond à une crue de très faible amplitude ; les
crues de 1994 et 1996 correspondent à des situations intermédiaires mais à la différence
des autres crues, la crue de 1994 présente deux épisodes pluvieux distincts à une trentaine
d’heures d’intervalle. A cause de leurs caractéristiques, on utilise les crues de 2002 et 1994
pour critiquer de manière précise nos résultats et proposer des conclusions précises.
Afin de tester la sensibilité du modèle, un intervalle de variation a été choisi et fixé pour
chacun des paramètres concernés et on a choisi de les distribuer de façon uniforme à
l’intérieur de leur intervalle de variation. Le nombre de tirage dépend du nombre de para-
mètres que nous avons à tester. On considère en général que si on n paramètres sont à tes-
ter, un nombre de tirage de l’ordre de 10n est nécessaire. Dans la plupart des expérimenta-
tions numérique que nous allons réaliser 3 paramètres sont considérés, 2000 tirages aléatoi-
res sont effectués à partir de ces distributions.
∑
n
(Qi0 − Qis ) 2
Nash = 1 − i =1
(13)
∑
n 0 2
i =1
(Q − Q )
i
0
Figure 38 – Illustration de ΔQ et Δ T
Le deux déterminations du temps de concentration sont en fait très proches et les tests que
nous avons mené n’ont pas montré de différence sensible sur la détermination de J. Nous
avons donc choisi arbitrairement de travailler avec la formule de Bransby.
Figure 39 - Valeurs de Nash obtenus pour les 6 paramètres: la conductivité hydraulique, la porosité du sol, la force
de succion, la hauteur d’infiltration, l’humidité initiale du sol et le coefficient Manning du lit majeur (2002)
Comme on l’a dit précédemment, les paramètres à prendre en compte dans MARINE sont
représentatifs de la rugosité du sol, des propriétés d’infiltration du sous-sol ainsi que
d’autres caractéristiques du bassin versant : le coefficient Manning, la conductivité hydrau-
lique, la porosité initiale du sol, la force de succion, la hauteur d’infiltration et l’humidité
du sol.
Avec la méthode GLUE, pour analyser la sensibilité des paramètres, il faut combiner des
paramètres, mais reste à savoir combien ? Dans la littérature on n’a pas exactement trouvé
la réponse : par exemple, pour tester la méthode GLUE, (Zin 2002) a utilisé 4 paramètres
dans le modèle TOPSIMPL alors que (Roux 2004) a utilisé 6 paramètres dans le modèle du
écoulement monodimensionnel permanent.
Pour savoir combien de paramètres il faut tester dans le cas de MARINE, on a testé la
combinaison de 6 paramètres des données de 1994 et 2002: la conductivité hydraulique, la
porosité initiale du sol, la force de succion, la hauteur d’infiltration et l’humidité du sol et
le coefficient Manning du lit majeur.
Les Figure 39 montrent les résultats obtenus avec la méthode GLUE. Les valeurs de vrai-
semblance de nma (coefficient de Manning) ont tendance à se concentrer et passer par un
maximum, ce qui n’est pas le cas des autres paramètres. C'est-à-dire, c’est difficile de dis-
tinguer le rôle entre des paramètres dans le modèle.
Alors, en trouvant les meilleurs résultats, on va tester chaque fois la combinaison de 3 pa-
ramètres pour faire l’analyse de sensibilité. Ensuite, on va comparer le rôle entre des pa-
ramètres dans le modèle. En fin, on va classer dans l’ordre le rôle de chaque paramètre, du
plus important au moins important.
On va donc commencer l’étude par la comparaison de l’importance relative des divers
coefficients de Manning, l’objectif étant de réduire au maximum le nombre de paramètres
de calage, en particulier dans l’optique du traitement temps réel.
ning du sol du basin versant ont la même valeur puisque le versant des drains n’est autre
que le sol du bassin versant.
Type de sol n
Revêtement de béton 0,012
Sol recouvert de graviers et bords en durs 0,020-0,033
Prairie 0,035
Champ cultivé 0,040
Broussailles clairsemées 0,050
Broussailles denses 0,070
Bois dense 0,100
Tableau 10 - Tableau extrait de Chox (Chow 1959)
Type de sol n
Argile 0,03
Sol en jachère 0,05
Végétation éparse 0,05-0,13
Sol cultivé (< 20%) 0,06
Sol cultivé (> 20%) 0,17
Prairie 0,10-0,20
Gazon clairsemé 0,20
Mottes d’herbe 0,20-0,50
Gazon dense 0,24-0,35
Pâturage 0,30-0,40
« Bermuda » 0,43
Tableau 11 - Sources :Crawford & Linsley (Crawford and Linsley 1966) , cités dans le (Estupina-Borrell 2004)
Les tests ont été menés sur les plages suivantes de variation :
- Coefficient Manning du versant (nver) : 0,02 ÷ 0,2
- Coefficient Manning du lit mineur (nmi): 0,02 ÷ 0,2
- Coefficient Manning du lit majeur (nma ): 0,02 ÷ 0,2
V.4.1.1 Les pluies de 2002
Des quatre événements qu’on a considérés, c’est celui de l’année 2002 qui a donné le plus
fort débit observé et qui a causé un maximum de dégâts à cause des crues rapides qu’il a
engendrées. C’est pourquoi on va d’abord étudier ce cas en s’intéressant d’une part à la
comparaison des critères de Nash et du pic de crue puis en considérant les densités de pro-
babilité (ddp) cumulatives pour chacun des trois paramètres considérés : Manning du ver-
sant, du lit mineur et d u lit majeur des drains.
En 2002, on constate que la forme des résultats de la fonction J est à peu près la même que
celle de Nash, c'est-à-dire qu’on peut admettre la validation mutuelle des critères de Nash
et du pic de crue.
Le modèle est sensible au coefficient du lit majeur nma, comme le confirment les Figure 40
et Figure 41 : les fortes valeurs de vraisemblance de nma ont tendance à se concentrer et
passer par un maximum, ce qui fait qu’on peut facilement estimer que les meilleures va-
leurs de nma se situent dans une plage comprise entre 0,07 et 0,09 pour le Nash, et de 0,08 à
0,105 pour la fonction J. Ces valeurs sont proches l’une de l’autre et correspondent aux
valeurs de référence des Tableau 10 et Tableau 11.
En considérant l’intersection des deux plages de variation, on peut finalement estimer que
le coefficient de Manning du lit majeur nma a vraisemblablement une valeur comprise entre
0,08 et 0,09.
En revanche, les valeurs de vraisemblance des coefficients du lit mineur (nmi) et du versant
(nver) sont dispersées sur tout l’intervalle choisi (Figure 40 et Figure 41), c'est-à-dire que le
modèle y est peu sensible.
Ce résultat concernant le coefficient de Manning du lit majeur est confirmé sur la Figure 42
et la Figure 43 où on voit que la différence statistique du test de Kolmogorov-Smirnov bi-
latéral dmc,nc du Manning du lit majeur est nettement plus grande que celle qui concerne les
autres coefficients de Manning (voir Tableau 12).
mc + n c
Comme on l’a vu précédemment, cette différence est définie par : d mc ,nc = α où α
mc .nc
est dépend du niveau de signification du test de Kolomogorov-Smirnov, mc est le nombre
des simulations behavioural (pour lesquelles le critère Nash ou J est le meilleur) et nc cor-
respond au nombre des valeurs non behavioural du paramètre considéré.
On remarque sur le Tableau 12 que les valeurs de dmc,nc correspondant aux 3 paramètres
(Manning du versant, Manning du lit mineur et Manning du lit majeur) sont très supérieu-
res au niveau de signification de 99,9% tel qu’il a été calculé (Tableau 13), c'est-à-dire
qu’ils sont touts sensibles. Comme la valeur dmc,nc du coefficient Manning du lit majeur est
la plus grande (voit la Figure 42 et Figure 43), on constate que le modèle y est plus sensi-
ble qu’aux coefficients du lit mineur et du versant des drains.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Coefficient Manning du versant 0,2037 0,1487
Coefficient Manning du lit mineur 0,3672 0,1736
Coefficient Manning du lit majeur 0,6342 0,4399
Tableau 12 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
c'est-à-dire que si le modèle est sensible à l’un des paramètres il est aussi sensible à l’autre.
Cependant ce résultat n’est pas confirmé sur le Tableau 14 où, selon le critère de Nash, la
corrélation la meilleure, bien que faible, l’est entre nma et nver.
En conclusion, le modèle est surtout sensible au Manning du lit majeur nma en ce qui
concerne les données de pluie de 2002. Ceci est dû au fait que la crue de 2002 a engendré
de forts débordements sur l’ensemble du bassin versant.
V.4.1.2 Les pluies de 1994 et 1996
On peut reprendre ici la même analyse que pour le cas de 2002, En ce qui concerne les
données de pluie de 1994 et 1996, la forme des résultats de la fonction J est aussi proche de
celle de Nash.
Le modèle semble encore une fois sensible au coefficient du lit majeur nma, comme le
confirment les Figure 78, Figure 79, Figure 113, Figure 114: les fortes valeurs de vraisem-
blance de nma ont tendance à se regrouper, c'est-à-dire qu’on peut trouver les meilleures
valeurs de nma dans la zone des maxima.
Pour les données de 1994, les meilleures valeurs du nma de Nash sont approximativement
comprises entre 0,07 et 0,1, et celles de J le sont entre 0,08 et 0,105.
Pour les données de 1996, les meilleures valeurs du nma de Nash sont comprises entre 0,07
au 0,95, et celles de J entre 0,05 et 0,09.
Au contraire, les valeurs de vraisemblance du coefficient du lit mineur (nmi) et du versant
(nver) sont dispersées dans tout l’intervalle choisie, c'est-à-dire, que le modèle y est moins
sensible.
Pour en revenir au coefficient de Manning du lit majeur, la statistique dmc,nc est plus grande
que celle des autres coefficients (voir Tableau 40 et Tableau 68).
Dans ces deux cas (donnés de 1994 et 1996), bien que les pluies soient raisonnables et les
débits observés moyens (Qmax observé de 1994 = 775 m3/s, Q max observé de 1996 = 693
m3/s, voir le Tableau 8), le ruissellement déborde sur le lit majeur; c’est pourquoi le coeffi-
cient de Manning du lit majeur joue un rôle si important.
On constate cette fois que les coefficients de Manning du lit majeur et du lit mineur sont
relativement bien corrélés aussi bien au sens du critère de Nash que de J (Tableau 42,
Tableau 43).
On confirme une fois encore que le modèle est aussi sensible au paramètre nma en ce qui
concerne les données de pluie 1994 et 1996.
V.4.1.3 Les pluies de 2006
En ce qui concerne les données de pluie 2006,la situation est moins nette. Le modèle sem-
ble sensible au coefficient du lit mineur nmi, comme le suggèrent les Figure 123 et Figure
124. Les meilleures valeurs de nmi sont approximativement comprises entre 0,05 et 0,075
pour le Nash, et entre 0,05 et 0,08 pour la fonction J.
Au contraire, les valeurs de vraisemblance de coefficient du lit majeur (nma) et versant
(nver) sont dispersées dans tout l’intervalle choisi (Figure 123 et Figure 124), c'est-à-dire,
que le modèle y est moins sensible.
La statistique dmc,nc du coefficient de Manning du lit mineur est plus grande que celle des
autres coefficients (voir Tableau 76, Figure 125 et Figure 126).
Dans ce cas, la pluie est faible et le débit maximal est petit (Qmax observé = 191 m3/s, voir
Tableau 8) ; de plus, le ruissellement n’envahit pas le lit majeur. C’est pourquoi le coeffi-
cient du lit mineur joue cette fois-ci un rôle si important.
La matrice de covariance des paramètres (Tableau 78,Tableau 79) montre que le coefficient
Manning du lit majeur et du lit mineur sont assez bien corrélés, c'est-à-dire le coefficient
Manning du lit majeur peut lui aussi jouer un rôle important dans les zones (peu nombreu-
ses dans ce cas) où il y a débordement des drains.
document n’intègre pas les éléments de sub-surface. On peut espérer que ce travers sera
corrigé prochainement avec l’introduction d’un modèle de ce type censé être plus représen-
tatif lors de la décrue. Ceci permettrait en outre d’améliorer les prévisions du modèle en fin
d’épisode ou lors d’évènements du type de celui de 1994 où on a observé deux pics très
séparés (d’une trentaine d’heures).
Figure 44 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur le coefficient Manning du versant, Manning du lit
mineur et Manning du lit majeur (2002)
En dépit de ces quelques lacunes, on peut considérer que la modélisation Q50% donne une
très bonne estimation de la crue pour chacun des épisodes considérés puisque la prévision
du pic de crue ne s’écarte pas de plus de 30 minutes de la réalité, ce qui correspond à un
écart qui n’excède jamais 1,5% ; tandis qu’en intensité, l’écart entre la prévision et
l’observation n’excède guère 10% sauf dans le cas de 2006 où on approche les 60%
d’erreur, ce qui n’est pas satisfaisant mais reste cependant acceptable pour un prévision-
niste en l’état actuel des connaissances.
• Synthèse des résultats précédents
On vient de voir que pour toutes les pluies pour lesquelles ce coefficient a une importance
significative (fortes pluies), les meilleures valeurs du coefficient de Manning-Strickler du
lit majeur des drains sont comprises entre 0,08 et 0,09 alors que les autres coefficients (du
versant et du lit mineur) ne sont pas significatifs.
Dans le même temps, pour les pluies faibles, seul le coefficient du lit mineur est significatif
et se trouve compris entre 0,05 et 0,075.
On pourra donc désormais travailler avec des valeurs de Manning-Strickler telles que :
nma ∈ [0,08;0,09] et nmi ∈ [0,05;0,075] .
V.4.3 Conclusion
A ce niveau de l’étude, on peut récapituler les résultats de la façon suivante :
- lors des crues importantes, c’est le coefficient de Manning du lit majeur des drains
nma qui joue le rôle le plus important comme le montrent les critères de Nash ou du
pic de crue. Ce phénomène s’explique par le fait que les drains débordent,
- lors des crues faibles, c’est cette fois le coefficient de Manning du lit mineur des
drains qui est déterminant ; les drains ne débordent plus,
La valeur de dmc,nc de l’humidité initiale du sol est plus grande que celle du facteur K, c'est-
à-dire le taux d’humidité initiale (humidité) est plus important que la conductivité hydrau-
lique K .
Les Tableau 18 et Tableau 19 représentent la matrice de covariance des paramètres (Céron
et al. 2002). On constate que le coefficient de conductivité hydraulique et l’humidité ini-
tiale du sol sont à peu près corrélés, ce qui n’est pas étonnant car l’humidité initiale joue
sur l’infiltration au même titre que la nature du sol.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de conductivité hydraulique (facteur de K) 0,267 0,218
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,295 0,242
Coefficient Manning du lit majeur (nma ) 0,701 0,557
Tableau 16 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
On a représenté sur ces courbes l’évolution temporelle du débit observé ainsi que celle des
débits Q10%, Q50% et Q90% tels qu’on les a calculés à partir du critère de Nash et de J.
La courbe Q50% est censée donner la meilleure estimation de la crue considérée. Les cour-
bes Q10% et Q90% encadrent les débits observés sauf en quelques points particuliers sur
lesquels on va revenir : à partir t = 2100mn toutes les courbes prévoient un débit inférieur
au débit observé, ce qui signifie que le modèle n’a pas permis d’anticiper la baisse du débit
(t = 2100mn) ; en revanche la courbe Q10% a tendance à montrer une surestimation du dé-
bit au début de la montée de crue mais on est là dans une gamme de débits faibles où la
sensibilité du modèle est médiocre.
Dans l’ensemble, les résultats de la Figure 49 nous confirment donc que le domaine de va-
riation des paramètres est convenable et que la fonction de Nash est la dans la capacité de
prédire le comportement recherché.
Pour les données de 1994, à partir t = 3150mn (Figure 87), on retrouve le même phéno-
mène, le modèle n’a pas permis de représenter la décrue.
Pour les données de 1996 (Figure 122), le modèle a du mal à bien encadrer les résultats. Ce
qui n’est pas étonnant au vu des remarques précédentes : on a en effet deux épisodes plu-
vieux distincts au cours de la même crue, ce qui entraîne une décrue intermédiaire que le
modèle ne peut pas représenter correctement à ce stade.
• Synthèse des résultats précédents
La pluie de 1996 donnant des résultats médiocres, on va se concentrer sur les simulations
de 2002 et 1994 pour critiquer les résultats
Pour les données de 2002, on trouve que les meilleures valeurs du coefficient de Manning-
Strickler du lit majeur des drains sont comprises entre 10 et 13, ce qui confirme relative-
ment bien les résultats de l’analyse précédente.
Pour les données de 1994, les meilleures valeurs de nma de Nash et de J sont approximati-
vement comprises entre 5 et 8 et les meilleures valeurs de humidité sont comprises entre 65
et 75%.
V.5.3 Conclusion
- Le coefficient de Manning du lit majeur des drains nma joue le rôle le plus important
comme le montrent les critères de Nash ou du pic de crue ;
- l’humidité initiale du sol est plus sensible que le coefficient de conductivité hydrau-
lique, c'est-à-dire que si on s’approche de la saturation, les données de sol n’ont
plus beaucoup d’importance
- les tests de sensibilité issue de la méthode statistique de Kolmogorov ont confirmé
ces résultats.
En 2002, le modèle est sensible aux trois paramètres (facteur de K, facteur de la hauteur et
nma), parce que les valeurs de vraisemblance ne sont pas dispersées sur tout l’intervalle
choisi (Figure 50 , Figure 51).
Les fortes valeurs de vraisemblance de nma ont aussi tendance à se concentrer et passer par
un maximum ; c'est-à-dire que nma joue toujours le rôle majeur, on peut facilement estimer
que les meilleures de nma se situent dans une plage comprise entre 9 et 13 pour le Nash, 10
et 14 pour la fonction J (résultats comparables à ceux du §V.4.1.1 ).
Le Tableau 20 donne des valeurs de dmc,nc correspondant à tous les paramètres (facteur de
conductivité hydraulique, facteur de l’hauteur d’infiltration et coefficient Manning-
Strickler du lit majeur ) très supérieures au niveau de signification de 99,9% tel qu’il a été
calculé (Tableau 21), c'est-à-dire que le modèle est sensible aux 3 paramètres. La valeur
dmc,nc du coefficient Manning-Strickler du lit majeur est la plus grande (voir la Figure 52,
Figure 54 et Tableau 20). La différence de sensibilité entre la conductivité hydraulique et la
hauteur d’infiltration n’est pas très importante mais la valeur de dmc,nc du facteur de la hau-
teur est un peu plus grande que celle du facteur de K, c'est-à-dire le facteur de la hauteur
est un peu plus important que le facteur de K.
Les matrices de covariance des paramètres (voir les Tableau 22, Tableau 23) montrent que
la conductivité hydraulique et Manning-Strickler du lit majeur sont à peu près corrélés ; ce
résultat confirme l’analyse précédente.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de conductivité hydraulique (facteur de K) 0,344 0,309
Facteur de l’hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,399 0,330
Coefficient Manning-Strickler du lit majeur (nma ) 0,704 0,568
Tableau 20 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
Pour les données de 1994, à partir de t = 3025mn (Figure 92), les observations sortent du
cadre entre les deux courbes Q10% et Q90%, le modèle n’a donc pas permis d’anticiper la
décrue. Alors, les résultats de la Figure 92 nous confirmer que l’intervalle des paramètres
choisis correspondants et la fonction de Nash est la capacité de prédire le comportement
recherché.
• Synthèse des résultats précédents
Pour les données de 2002, on trouve que les meilleures valeurs du coefficient de Manning-
Strickler du lit majeur des drains sont comprises entre 10 et 13, cela confirme relativement
bien les résultats de §V.6.1.1.
Pour les données de 1994, les meilleures valeurs de nma de Nash et de J sont approximati-
vement comprises entre 5 et 8 et les meilleures valeurs de facteur de la hauteur sont elles
aussi comprises entre 3,5 et 4,5.
V.6.3 Conclusion
- Les trois paramètres sont influents et le coefficient de Manning du lit majeur des
drains nma joue le rôle le plus important comme le montrent les critères de Nash ou
du pic de crue;
- la hauteur d’infiltration est plus sensible que le coefficient de conductivité hydrauli-
que. Une fois encore, ce résultat montre que c’est la capacité du réservoir de stoc-
kage qui prime dans le processus d’infiltration dans la mesure où la profondeur du
sol en limite la capacité au même titre que l’humidité initiale
- les tests de sensibilité issus de la méthode statistique de Kolmogorov ont confirmé
ces résultats.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la conductivité hydraulique (facteur de K) 0,385 0,454
Facteur de la porosité du sol (facteur de P) 0,878 0,844
Facteur de la force de succion (facteur de F) 0,124 0,203
Tableau 24 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
Figure 59 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la force de succion, la hauteur d’infiltration et
l’humidité initiale du sol (2002)
Pour les données de 1994, t = 1700 ÷ 1970mn, t = 2430 ÷ 2550mn, t = 2930 ÷ 3000mn et à
partir t = 3100mn (Figure 97), les observations passent le cadre entre deux courbes Q10%
et Q90%, alors, le modèle n’a pas permis d’anticiper à ce moment là. Le même d’analyse
de 2002, on peut aussi utiliser l’intervalle des paramètres choisis correspondants et la fonc-
tion de Nash, fonction J est la capacité de prédire le comportement recherché.
• Synthèse des résultats précédents
On trouve finalement que le comportement est le même pour les données de 1994 et 2002.
Les valeurs de vraisemblance de facteur de P ne passent pas par un maximum, mais elles
ne sont pas dispersées sur tout l’intervalle, celles de facteur de K ont changé entre 1 et 4,
c'est-à-dire qu’elles jouent un rôle dans le modèle. De plus, les valeurs de dmc,nc nous
confirment ces résultats.
Les valeurs de vraisemblance du facteur de F sont dispersées sur tout l’intervalle choisi,
c'est-à-dire que le modèle y est moins sensible.
V.7.3 Conclusion
- Le modèle est sensible à la porosité du sol et à la conductivité hydraulique mais sur-
tout à la porosité du sol, ce résultat n’est pas étonnant car plus la porosité sera im-
portante, moins le conductivité hydraulique du sol ne jouera de rôle ;
- le rôle de la force de succion n’est pas perceptible ;
- les tests de sensibilité issus de la méthode statistique de Kolmogorov ont confirmé
ces résultats.
Le Tableau 28 donne les valeurs de dmc,nc correspondant à tous les paramètres sont supé-
rieures au niveau de signification de 99,9% tel qu’il a été calculé (Tableau 29), c'est-à-dire
que le modèle y est sensible. Pour le Nash la valeur dmc,nc du facteur de la force de succion
est la plus grande, ce qui n’est pas le cas pour la fonction J (voir Figure 62, Figure 63 et
Tableau 28). Cette constatation est étonnante et en contradiction avec les résultats des
Figure 60, Figure 61, elle ne permet donc pas de trancher en ce qui concerne l’importance
relative des 3 paramètres. Selon les résultats des paragraphes précédents, la hauteur
d’infiltration et l’humidité initiale du sol sont plus importantes que la conductivité hydrau-
lique ; de plus, la conductivité hydraulique est plus importante que la force de succion. On
peut donc affirmer que l’humidité initiale du sol et la hauteur d’infiltration jouent un rôle
plus important que la force de succion.
Les matrices de covariance des paramètres (voir Tableau 30, Tableau 31) montrent que la
hauteur d’infiltration et l’humidité initiale du sol sont corrélées; la force de succion est à
peu près corrélée avec les autres. Cela correspond ce que on a dit auparavant.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la force de succion (facteur de F) 0,384 0,156
Facteur de la hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,353 0,146
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,267 0,188
Tableau 28 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
d’infiltration et de l’humidité initiale du sol ne sont pas dispersées sur tout l’intervalle
choisi, c'est-à-dire qu’elles sont importants pour le modèle.
Au contraire, les valeurs de vraisemblance de la force de succion sont dispersées dans tout
l’intervalle choisi, c'est-à-dire, que le modèle y est moins sensible (on retrouve le résultats
de 2002).
La valeur statistique dmc,nc de facteur de la hauteur de Nash est le plus grand, mais dmc,nc de
facteur de l’humidité de fonction J est le plus grand (voir Figure 100, Figure 101, Tableau
56). Dans ce cas, on ne peut pas confirmer ce qui est le plus important dans le modèle.
Comme on l’a constaté sur le résultat de 2002, on peut confirmer que l’humidité initiale du
sol et la hauteur d’infiltration jouent un rôle plus important que la force de succion ; on ne
peut pas non plus distinguer le rôle entre facteur de la hauteur et humidité
Sur le Tableau 58, Tableau 59 les matrices de covariance des paramètres montrent que la
hauteur d’infiltration et l’humidité initiale du sol sont corrélées; la force de succion est à
peu près corrélée avec les autres. Cela aussi correspond ce que on a dit au-dessus.
Figure 64 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la force de succion, la hauteur d’infiltration et
l’humidité initiale du sol (2002)
Les valeurs de vraisemblance du facteur de F sont dispersées sur tout l’intervalle choisi,
c'est-à-dire le modèle y est moins sensible
V.8.3 Conclusion
- On confirme ici que la hauteur d’infiltration et l’humidité initiale du sol sont des
facteurs importants mais les tests de sensibilité issus de la méthode statistique de
Kolmogorov n’ont pas vraiment permis de trancher en ce qui concerne l’importance
respective de facteur de la hauteur et humidité ;
- cette analyse confirme que la force de succion ne joue aucun rôle directement per-
ceptible.
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la porosité du sol (facteur de P) 0,386 0,367
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,466 0,411
Manning-Strickler du lit majeur (nma) 0,679 0,638
Tableau 32 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
Le courbe d’observation est à peu près encadrée par les deux courbes Q10% et Q90% sauf
l’intervalle t = 1800mn au t = 1900mn et à partir t = 2200, c'est-à-dire, le modèle n’a pas
permis d’anticiper dans ces périodes. Alors, les résultats de la Figure 64 nous confirment
que l’intervalle des paramètres choisis est pertinent et la fonction de Nash ou J ont la capa-
cité de prédire le comportement recherché.
Pour les données de 1994, l’intervalle t = 2450mn au t = 2550mn et à partir t = 3200mn
(Figure 107), les observations sortent le cadre entre les deux courbes Q10% et Q90%, le
modèle n’a pas permis d’anticiper ce moment là.
Figure 69 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la porosité du sol, l’humidité initiale du sol et le
Manning-Strickler du lit majeur (2002)
V.9.3 Conclusion
- Les trois paramètres sont influents et le coefficient de Manning du lit majeur des
drains nma joue le rôle le plus important comme le montrent les critères de Nash ou
du pic de crue.
- L’humidité initiale du sol est plus sensible que le la porosité du sol.
- Les tests de sensibilité issus de la méthode statistique de Kolmogorov ont confirmé
ces résultats
Figure 70 - Valeurs de Nash obtenus pour les 2 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration (2002)
Figure 71 - Valeurs de J obtenus pour les 2 paramètres: la porosité du sol et la hauteur d’infiltration (2002)
Figure 72 - Densités de probabilité (ddp) cumulatives des 3 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration,
calculées à partir de Nash (2002). ---- ddp des simulations behavioural, ⎯ ddp des simulations non-behavioural
Figure 73 - Densités de probabilité (ddp) cumulatives des 3 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration,
calculées à partir de J (2002). ---- ddp des simulations behavioural, ⎯ ddp des simulations non-behavioural
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la porosité du sol (facteur de P) 0,444 0,196
Facteur de la hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,441 0,225
Tableau 36 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (2002)
Figure 74 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la porosité du sol, la hauteur d’infiltration (2002)
V.10.3 Conclusion
- Les deux paramètres sont importants dans le modèle (comme les résultats au-dessus)
- La hauteur d’infiltration est plus sensible que le la porosité du sol.
- Les tests de sensibilité issus de la méthode statistique de Kolmogorov ont confirmé
ces résultats
V.11 Conclusion
A partir des 7 combinaisons testées, on peut synthétiser les résultats précédents de la façon
suivante en classant les divers paramètres par ordre d’importance croissante:
Facteur de F < facteur de K < facteur de P< facteur de la hauteur ≈ Humidité < nma
L’analyse de l’influence des divers paramètres a montré que le facteur dominant est en gé-
néral le coefficient de Manning-Strickler du lit majeur des drains, ce qui se comprend ai-
sément puisque, d’une part la crue est directement liée au ruissellement, et d’autre part elle
se fait la plupart du temps par débordement des drains.
La hauteur d’infiltration et l’humidité initiale du sol arrivent en second. Ce résultat n’est
pas surprenant car ces deux paramètres influent directement sur la capacité de stockage du
sous-sol. A ce stade de l’étude il n’a cependant pas été possible de trancher entre leur im-
portance respective.
La porosité a tendance à converger vers 1, ce qui est évident car un lac de retenue (porosité
égale à 1) écrètera la crue de façon immédiate et absolue dans la limite de ses capacités de
stockage. N’ayant pas beaucoup de données sur les variations possibles de la porosité, on
admettra qu’elles sont prises en compte par le facteur multiplicatif de la profondeur du sol.
Enfin, la vitesse et la force de succion jouent des rôles mineurs. Ces facteurs influent sur la
vitesse d’infiltration mais on peut penser que leur rôle de retardateur de la crue est masqué
par le choix du coefficient de Manning-Strickler qui détermine directement la dynamique
du ruissellement.
5000 0
5
4000
Hyétogramme
10
Débit (m3/s)
3000 Hydrogramme
Observé
15
Sans
2000 Subsurface
20
Avec
1000 Subsurface
25
0 30
20 25 30 35 40
Durée (h)
5000 0
Hyétogramme
5
4000
10 Hydrogramme
Débit (m3/s)
3000 Observé
15
avec subsurface
2000
20
VI.3 Perspectives
Avec les premiers tests d’introduction d’un modèle de sub-surface et de la variabilité du
Manning, on a amélioré considérablement les performances du modèle.
De plus, il a été possible de remplacer le calage arbitraire de l’humidité initiale par
l’utilisation de données spatialisées fournies par le programme ISBA de Météo-France.
Ceci nous a permis d’accroître notre confiance dans la représentativité de MARINE puis-
que désormais, l’humidité initiale, tout comme la pluie n’est plus un paramètre à modéliser
mais correspond à une donnée événementielle (condition initiale spatialisée).
Les perspectives d’évolution de MARINE sont d’au moins trois ordres :
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Figure 77 - Valeurs de Nash obtenus pour les 6 paramètres: la conductivité hydraulique, la porosité du sol, la force
de succion, la hauteur d’infiltration, l’humidité initiale du sol et le coefficient Manning du lit majeur (2002)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Coefficient Manning du versant 0,0535 0,067
Coefficient Manning du lit mineur 0,2881 0,331
Coefficient Manning du lit majeur 0,4327 0,439
Tableau 40 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
Figure 82 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur Manning du versant, Manning du lit mineur et
Manning du lit majeur (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de conductivité hydraulique (facteur K) 0,059 0,252
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,361 0,421
Coefficient Manning du lit majeur (nma ) 0,838 0,729
Tableau 44 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de conductivité hydraulique (facteur de K) 0,082 0,295
Facteur de l’hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,413 0,452
Coefficient Manning-Strickler du lit majeur (nma ) 0,832 0,708
Tableau 48 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
Figure 92 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur le facteur du coefficient de conductivité hydrauli-
que, la hauteur d’infiltration et Manning-Strickler du lit majeur (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la conductivité hydraulique (facteur de K) 0,290 0,236
Facteur de la porosité du sol (facteur de P) 0,926 0,946
Facteur de la force de succion (facteur de F) 0,130 0,101
Tableau 52 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
Figure 97 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la conductivité hydraulique, la porosité du sol et
la force de succion (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la force de succion (facteur de F) 0,255 0,146
Facteur de la hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,279 0,160
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,176 0,197
Tableau 56 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
Figure 102 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la force de succion, la hauteur d’infiltration et
l’humidité initiale du sol (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la porosité du sol (Facteur de P) 0,266 0,310
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,373 0,424
Manning-Strickler du lit majeur (nma) 0,802 0,724
Tableau 60 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
Figure 107 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur la porosité du sol, l’humidité initiale du sol et
Manning-Strickler du lit majeur (1994)
Figure 108 - Valeurs de Nash obtenus des 2 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration (1994)
Figure 109 - Valeurs de fonction J obtenus des 2 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration (1994)
Figure 110 - Densités de probabilité cumulatives des 2 paramètres : la porosité du sol, la hauteur d’infiltration, calcu-
lées à partir de Nash (1994).---- ddp des simulations behavioural, ⎯ ddp des simulations non-behavioural
Figure 111 - Densités de probabilité cumulatives des 2 paramètres : la porosité du sol et la hauteur d’infiltration,
calculées à partir de fonction J (1994). ---- ddp des simulations behavioural, ⎯ ddp des simulations non-behavioural
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de la porosité du sol (facteur de P) 0,114 0,130
Facteur de la hauteur d’infiltration (facteur de la hauteur) 0,314 0,212
Tableau 64 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte Carlo de Nash et de
fonction J (1994)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Coefficient Manning du versant 0,0946 0,0713
Coefficient Manning du lit mineur 0,2779 0,2433
Coefficient Manning du lit majeur 0,3400 0,4401
Tableau 68 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo, seuil à 0,8 de
Nash et de fonction J (1996)
Figure 117 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur Manning du versant, Manning du lit mineur et
Manning du lit majeur (1996)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Facteur de conductivité hydraulique (facteur K) 0,101 0,087
Humidité initiale du sol (Humidité) 0,707 0,793
Coefficient Manning du lit majeur (nma ) 0,726 0,597
Tableau 72 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (1996)
Figure 122 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur : le coefficient de conductivité hydraulique,
l’humidité initiale du sol et Manning du lit majeur (1996)
dmc,nc
Paramètres Nash Fonction J
Coefficient Manning du versant 0,1418 0,1091
Coefficient Manning du lit mineur 0,4386 0,3174
Coefficient Manning du lit majeur 0,0092 0,2197
Tableau 76 - Valeurs de la statistique de Kolmogorov obtenues à partir des simulations Monte-Carlo de Nash et de
fonction J (2006)
Figure 127 - Estimation de l’incertitude de la prévision du modèle sur Manning du versant, Manning du lit mineur et
Manning du lit majeur (2006)
5
4000
Hyétogramme
10
Débit (m3/s)
3000 Hydrogramme
Observé
15 avec subsurface
1000
25
0 30
20 25 30 35 40
Heures
Figure 128 - Prise en compte de la variabilité du Manning avec l’épaisseur de la lame d’eau (selon le critère de Nash)