Bactériologie et Virologie Pratique
Bactériologie et Virologie Pratique
et Virologie
pratique
Dans la collection Prépa Pharma
Hors collection
Dépôt légal :
Bibliothèque nationale, Paris : mars 2022
Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles : 2022/13647/047
ISBN : 978-2-8073-3941-5
S ommaire
Abréviations générales 9
Prélèvements 15
Sérum 15
Sang : bactériémies et virémies 18
Liquide cérébrospinal (LCS) 24
Liquide de ponction 28
Urines 31
Prélèvements de la sphère ORL 35
Prélèvements de la sphère respiratoire 39
Selles 45
Prélèvements de la sphère génitale 49
Prélèvements périnataux 55
Lésions cutanées et suppurations 58
Recherche d’agents du bioterrorisme 62
5
Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
6
S o mmair e
7
Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
8
A bréviations générales
- négatif CMI concentration minimale inhibitrice
+ positif (d’un antibiotique)
Ac anticorps CMV cytomégalovirus (HHV-5)
ADH arginine dihydrolase CNR centre national de référence
ADN acide désoxyribonucléique COAG coagulase
Ag antigène CPAM caisse primaire d’assurance maladie
ALAT alanine aminotransférase CXCR4 un des corécepteurs du HIV-1
ARN acide ribonucléique DENV virus de la dengue
ARA arabinose DNAse désoxyribonucléase
ARS agence régionale de santé DO déclaration obligatoire
AS aérobie strict DPN diagnostic prénatal
ASAT aspartate aminotransférase EBV virus Epstein Barr (HHV-4)
ATU autorisation temporaire d’utilisation ECBC examen cytobactériologique des
crachats
B19V B19 virus
ECBU examen cyto-bactériologique des
BAAR bacille acido-alcoolo résistant urines
BCP gélose lactosée au Pourpre de ECP effet cytopathique
Bromocrésol
EDTA acide éthylène diamine tétraacé-
BCYE Buffered Charcoal Yeast Extract tique
BHRe bactéries hautement résistantes ELISA Enzyme Linked Immunosorbent
émergentes Assay
BK bacille de Koch / M. tuberculosis EIA Enzyme ImmunoAssay
BLSE bêta lactamase à spectre à spectre EM érythème migrant
étendu EN éléments nucléés
BMR bactérie multi-résistante ESC esculine (hydrolyse)
C1G céphalosporine de 1ère génération E-Test epsilomètre (CMI par bandelette)
C2G céphalosporine de 2ème génération FFP2 filtering face piece 2
C3G céphalosporine de 3ème génération GDH glutamate déshydrogénase
CAT catalase GEL gélatinase
CCR5 un des corécepteurs du HIV-1 GGT gamma glutamyl transférase
CI50 concentration inhibitrice 50 GISA Staphylococcus aureus de sensi-
CIT citrate bilité diminuée aux glycopeptides
CLED cystine-lactose-électrolyte déficient GLU glucose
CLIN comité de lutte contre les infections HACCEK Haemophilus aphrophilus/paraphro-
nosocomiales philus/parainfluenzae, Aggregatibacter
9
Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
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A b r év iat io n s g é né r ale s
PRINCIPAUX LOGOS
Aéro-anaérobie facultatif Coque à Gram −
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Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
A bréviations antibiotiques
et antiviraux
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Ab r é vi a t io ns ant ib io t iq u es e t an t iv ir aux
Antiviraux
ACV aciclovir
CDV cidofovir
FCV famciclovir
PFA foscarnet
13
P rélèvements
1
Sérum
La sérologie consiste en la mise en évidence (test qualitatif) et/ou le dosage (test quantitatif)
d’anticorps spécifiques d’un agent infectieux donné. Le but est d’évaluer l’immunité vis-à-vis de
ce pathogène.
Les anticorps (Ac) recherchés peuvent être des IgG, des IgM ou plus rarement des IgA. Cer-
taines techniques permettent la détection de toutes les classes d’anticorps (test de dépistage,
à confirmer si positif) ; les résultats seront alors qualitatifs.
Les anticorps sont détectables au minimum 8 à 10 jours après l’infection, en pratique souvent
15 à 21 jours. Pendant ce délai, l’infection est sérologiquement inapparente (fenêtre sérolo-
gique).
1. Les IgG perdurent en général toute la vie ou décroissent très lentement. Elles
signent une immunité protectrice ou pas selon les anticorps étudiés.
2. Les IgM ne sont présentes qu’à proximité de la primo-infection (apparition pré-
coce et transitoire) ou dans certains cas lors d’une réactivation ou d’une réplication
active pour certains virus. Toutefois certaines personnes peuvent avoir des IgM
persistantes.
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Bactériologie
Tableau 1-1 : Sérologies bactériennes effectuées en pratique courante de laboratoire
Appellations actuelles
Bactérie recherchée Technique(s) courante(s)
(et anciennes)
Treponema pallidum Sérologie syphilitique, ELISA
Ig totales (test tréponémique) VDRL : Agglutination
- VDRL (test non tréponé-
mique)
Brucella spp. Rose Bengale Test, Agglutination (Wright),
sérologie de Wright Antigène tamponné ou Rose
Bengale, IFI
Borrelia burgdorferi Sérologie de la maladie 1ère intention : ELISA
de Lyme 2ème intention : Western Blot
Legionella spp. Sérologie légionellose IFI, ELISA
Chlamydia trachomatis, Sérologie Chlamydia IFI, ELISA
Chlamydophila pneumoniae,
Chlamydophila psittaci
Coxiella spp. Sérologie fièvre Q IFI, ELISA
Mycoplasma pneumoniae Sérologie mycoplasme Fixation du complément,
ELISA
Bartonella spp. Sérologie de la maladie des IFI, ELISA
griffes du chat
Leptospira spp. Sérologie leptospirose Micro-agglutination, ELISA
(sérologie Martin-Pettit)
Francisella spp. Sérologie tularémie Micro-agglutination, IFI, ELISA
Helicobacter pylori Sérologie Helicobacter ELISA, WB
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1. P r élèv e me nt s
Virologie
Tableau 1-2 : Recherches d’anticorps et d’antigènes viraux effectuées en pratique courante
de laboratoire
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Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
Bactériologie
Les hémocultures sont les prélèvements de choix permettant le diagnostic des bactériémies.
Elles sont fréquemment prescrites en milieu hospitalier notamment en cas de fièvre, mais aussi
en cas de suspicion d’endocardite ou de sepsis.
Devant la gravité potentielle du pronostic tout résultat même partiel doit être transmis au clini-
cien. Ils permettront d’adapter le traitement antibiotique probabiliste.
h Bactéries à rechercher
Le sang est un liquide biologique stérile même s’il peut exister des bactériémies physiologiques
transitoires en période post-prandiale notamment.
Les bactériémies sont le plus souvent mono-microbiennes.
L’interprétation est simple si la bactérie retrouvée n’est jamais commensale de la peau. Si elle
l’est, le microbiologiste doit essayer en collaboration avec le clinicien de distinguer les contami-
nants des bactériémies vraies en tenant compte du contexte clinique et du terrain du patient.
Rôle dans
Remarque /
Micro-organisme Fréquence une éventuelle
attention particulière
contamination
Entérobactéries +++ Jamais
Patients porteurs de cathéters
Staphylocoques coagulase intravasculaires ou autres
+++ Possible
négative* dispositifs implantables
Endocardite
Staphylococcus aureus ++ Endocardite Jamais
Anaérobies stricts ++ Rare
Streptococcus pneumoniae +/− Jamais
Streptocoques
+/- Jamais
β-hémolytiques
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1. P r élèv e me nt s
Rôle dans
Remarque /
Micro-organisme Fréquence une éventuelle
attention particulière
contamination
Streptococcus du groupe
+/− Endocardite Possible
viridans
Haemophilus influenzae +/- Jamais
Enterococcus spp. + Endocardite Jamais
Corynebacterium spp. + Fréquent
Bacillus spp. +/− Fréquent
Cutibacterium acnes + Fréquent
Pseudomonas aeruginosa - Patients immunodéprimés Jamais
Listeria monocytogenes - Femmes enceintes, sujet âgé Jamais
Neisseria meningitidis - Meningococcémie gravissime Jamais
Brucella spp. - Endocardite Jamais
Campylobacter spp. - Jamais
HACCEK - Endocardite Rare
Pasteurella spp. - Morsure Jamais
* Les staphylocoques à coagulase négative sont parfois à tort considérés comme des contaminants. Cette interprétation doit tenir
compte du contexte (patient porteur de matériel étranger).
h Prélèvement
Le volume de remplissage des flacons est un élément critique. Chez l’adulte un volume de 8 à
10 mL par flacon est à prélever. Chez le nourrisson, le volume est à adapter au poids (flacon
pédiatrique).
Les hémocultures doivent être prélevées avec certaines précautions. Il faut ainsi effectuer une
détersion de la peau au savon suivie d’une antisepsie rigoureuse.
Il existe plusieurs types de flacons à hémocultures de différents fabricants. Ils contiennent tous
une résine adsorbant les cations ou du charbon activé neutralisant l’action des antibiotiques.
On utilise un jeu de deux flacons aérobie et anaérobie dont la composition est la suivante :
– aérobie : atmosphère ambiante avec différentes quantités de CO2 ajouté
– anaérobie : CO2 + N2
L’ensemencement est effectué directement dans les flacons lors du prélèvement.
Il ne faut pas pré-incuber les hémocultures dans une étuve avant leur transfert dans un auto-
mate d’hémoculture.
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2 protocoles de prélèvements :
– unique : 4 à 6 flacons en 1 prélèvement
– multiples : 2 à 3 ponctions de 2 flacons en 2 à 3 prélèvements
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1. P r élèv e me nt s
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Virologie
La présence de virus ou d’antigènes viraux dans le sang n’a pas du tout la même signification
pronostique qu’une bactériémie. En effet, beaucoup de virus peuvent se trouver transitoirement
ou non dans la circulation générale en absence de symptomatologie.
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1. P r élèv e me nt s
• Isolement viral
Le prélèvement est effectué sur tube hépariné, citraté ou plus rarement EDTA. Le transport
jusqu’au laboratoire doit être à température ambiante rapide et ne pas excéder 2 h.
Le type de culture cellulaire utilisée dépend du virus recherché. Pour les virus présents dans les
cellules mononucléées, il est possible d’augmenter la sensibilité de la recherche en effectuant
une séparation des cellules. Elle s’effectue par centrifugation sur un gradient de densité (type
Ficoll®) qui permet de collecter l’anneau leucocytaire.
• Antigénémies
Les principaux antigènes viraux recherchés dans le sang le sont pour le VHB (Ag HBe ou
Ag HBs).
h Virus recherchés
Tableau 1-5 : Principaux virus recherchés dans le sang et techniques utilisées
Technique de recherche
Virus
PCR Antigénémie Culture cellulaire
Adénovirus Oui (plasma) non possible
Cytomégalovirus Oui (sang total) possible possible
Entérovirus Oui (plasma) non possible
Epstein Barr Virus Oui (sang total) non possible
Virus de l’hépatite B Oui (plasma) oui (Ag HBs et HBe) non
Virus de l’hépatite C Oui (plasma) possible non
Virus de l’hépatite E Oui (plasma) non non
HIV Oui (plasma) oui ± (p24) difficile
Erythrovirus B19 non non
Oui (plasma)
(Parvovirus)
BK/JC Virus Oui (plasma) non non
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Jeune Adulte
Enfant
Adulte et enfant Nouveau-né
< 5 ans
> 5 ans
Neisseria meningitidis + +++ ++
Streptococcus
++++ + +
pneumoniae
Streptococcus
++++
agalactiae
+++
Escherichia coli
(souvent K1)
+
Listeria monocytogenes +++
> 60 ans
Haemophilus influenzae ±
HSV-2 + ++
HSV-1 ++ +
Enterovirus ++ +++
Autres bactéries en Borrélia, Syphilis,
fonction du contexte : mycobactéries…
VZV, CMV, HHV-6,
Autres virus, en
HIV, poliovirus, v. Oreillons
fonction du contexte :
rougeole…
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1. P r élèv e me nt s
h Prélèvement
Le LCS doit parvenir au laboratoire le plus rapidement possible en raison de la fragilité de cer-
tains micro-organismes et de la gravité potentielle du diagnostic.
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Hyper-
Hypo- Examen Orientation
Aspect Cytorachie protéino-
glycorachie direct diagnostique
rachie
Sanguine (envi-
PL traumatique
Hémor- ron 1 EN Proche Proche
– ou hémorragie
ragique pour 1000 sang sang
méningée
hématies)
Listeria,
> 10 EN/mm3
Mycobacterium
Clair à Prédominance
++ + +/− ou méningite
trouble lymphocytaire
bactérienne
ou panachée
débutante
Clair à > 10 EN/mm3
Étiologies virales :
trouble Prédominance - + -
entérovirus, HSV…
lymphocytaire
Étiologies
> 500 EN/mm3 bactériennes : N.
Trouble ou meningitidis
Prédominance +++ ++++ +*
purulent
polynucléaires S. pneumoniae
…
* souvent négatif après traitement antibiotique.
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1. P r élèv e me nt s
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Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
Liquide de ponction
Les liquides de ponction sont stériles. Ainsi tous les micro-organismes retrouvés dans ces
liquides doivent être identifiés.
L’analyse est cytobactériologique et comporte la numération et la formule des éléments nucléés
Les liquides de ponctions qui seront traités sont :
– Liquide pleural
– Liquide d’ascite
– Liquide péricardique
– Liquide péritonéal
– Liquide articulaire
Pleurésies bactériennes
Pleurésies atypiques Pleurésies tuberculeuses
communes
Streptococcus pneumoniae Legionella spp. Mycobacterium tuberculosis
Haemophilus influenzae Chlamydophila spp.
Staphylococcus aureus Mycoplasma spp.
Éventuellement anaérobies
Entérobactéries
Autres streptocoques
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1. P r élèv e me nt s
• Liquide d’ascite
L’infection du liquide d’ascite est l’une des complications infectieuses les plus fréquentes chez
le cirrhotique surtout lorsque le taux de protéines est < 10 g/L d’ascite.
Une infection du liquide d’ascite est possible pendant la tuberculose.
• Liquide péritonéal
Il faut différencier les péritonites primitives des péritonites secondaires à une perforation d’organe,
à un kyste ou un abcès et surtout une intervention chirurgicale.
Bactéries responsables de péritonites : ce sont principalement les bactéries de la flore digestive
(Enterobacteriaceae, Anaérobies, Enterococcus spp.).
• Liquide articulaire
Il faut différencier les arthrites septiques primitives de celles secondaires à une infection sur
prothèse.
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Ba c t ériol ogie et vi r ol ogi e p r a ti q u e
h Prélèvement
Il faut privilégier le prélèvement et le transport dans un flacon hermétique sans bulle d’air ou
ensemencement de flacons d’hémocultures (essentiels pour ascite, pleural, articulaire). Certaines
bactéries qui peuvent être retrouvées dans ces prélèvements sont particulièrement fragiles. Le
transport au laboratoire doit être le plus rapide possible.
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Notes
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