I.
Maman, je prends enfin le temps de t’écrire, et il me faut
te confier une nouvelle qui, j’en suis sûr, te touchera. J’ai
rencontré la femme de mes rêves. Tu m’as toujours dit
de trouver une femme qui soit comme toi et voilà que
c’est fait. Elle est douce, elle est à l’écoute et comprend
sans juger, quand elle rit toute la pièce s’illumine. Ses
yeux, voient au plus profond de mon âme malgré leurs
petites tailles. Elle apporte une telle bonne humeur à
tout le monde autour d’elle que même les instants les
plus simples deviennent magiques. J’aimerais tant te la
présenter sauf que cette femme parfaite que j’essaie de
te peindre ne m’appartient pas et je pense que je ne suis
pas de son univers. Ma présence est incapable de
chambouler son quotidien. Elle rêve d’une histoire
d’amour romanesque, un amour brutal qui la mettra à
rude épreuve et je me sens bien incapable de la
satisfaire.
Ton fils, Christophe.
II.
Mon aventure avec cette femme avait commencé un jour d’été, le soleil se déployait sous un
ciel d’un bleu éclatant, sans nuage à l’horizon. Le soleil, haut dans le ciel, diffusait une chaleur
dorée qui embrassait le paysage. L’air était doux et vibrant, et une légère brise faisait scintiller
les feuilles des arbres. Dans cette chaleur, nous nous trouvions dans ma voiture, bloqué dans les
bouchons. La veille, Julie, une collègue de travail m’avait invitée à passer chez elle dans la soirée
pour la célébration de son anniversaire et le matin de la fête elle m’avait demandé si ça ne me
gênait pas de prendre sa meilleure amie en chemin et c’est de cette façons que nous nous
sommes retrouvés dans ma voiture. La voiture avançait lentement, et Marie commencé à
parler, tentant de briser le silence avec des sujets variés. A chaque fois qu’elle me posait des
questions ou lançait une anecdote, je répondais par des phrases courtes, sans vraiment
m’impliquer dans la conversation. Mes pensées erraient ailleurs, accrochées à des souvenirs que
je préférais oublier.
Je me forçais à écouter, mais l’effort était palpable. Chaque fois que je regardais par la fenêtre,
la chaleur étouffant semblait se matérialiser en vagues. Marie était charmante, mais je n’avais
pas l’énergie de lui accorder la moindre attention. J’étais trop préoccupé par mes propres
démons pour vraiment profiter de cette rencontre.
Le temps semblait interminable alors que nous restons coincés dans les bouchons, et je me
contentais de hocher la tête ou de murmurer des réponses approximatives. Je savais que mes
réactions étaient froides, mais je ne trouvais pas la force de feindre un intérêt que je ne pouvais
pas éprouver à cet instant.
A un moment donné, Marie s’est tournée vers moi avec un sourire sincère et elle m’a dit qu’elle
espérée que la soirée serait agréable et qu’elle était impatiente de revoir Julie tout en cherchant
d’établir une connexion et de briser le silence qu’il y avait. Je lui ai répondu par un sourire en
coin, bien que je me sentais déjà épuisé par cette interaction forcée. Au fond, je savais que
c’était moi qui n’étais pas vraiment présent, la chaleur et la mélancolie m’ayant envahi plus que
je ne l’aurais voulu.
Finalement, nous avons atteint la maison de Julie. Alors que je garais la voiture, je lui ai souhaité
une bonne soirée avec une courtoisie distante. Marie est sortie de la voiture, jetant un dernier
regard vers moi, et je me suis retrouvé seul, à observer les invités qui arrivaient, me demandant
si j’étais prêt à être véritablement présent, ou si j’allais encore laisser la chaleur et le passé
m’envelopper.
Je suis resté un moment dans la voiture après que Marie soit sortie, observant la maison de Julie
à travers le pare-brise. La demeure se dressait majestueusement, un mélange charmant de style
classique et de touches modernes. Les lumières chaleureuses à l’intérieur faisaient briller les
fenêtres, créant une atmosphère accueillante. Je pouvais entendre les éclats de rire et de la
musique étouffée, signes que la soirée battait son plein. Après avoir pris une profonde
inspiration, je suis sorti de la voiture et ai avancé vers la porte d’entrée. Les vibrations de la fête
me mettaient mal à l’aise, chaque son amplifiant mon inconfort. Je n’étais jamais à l’aise dans
les grandes foules ; je préférais les moments calmes et les échanges plus personnels à l’abri des
regards indiscrets. La foule m’a toujours étouffée, je me suis toujours senti observé et jugé. En
présence d’inconnue je suis comme paralysé et je me sens incapable de tenir une conversation
car je ressens un blocage. Mes yeux cherchaient Julie à travers la foule, espérant qu’elle pourrait
m’aider à naviguer dans cette situation.
J’ai fini par trouver Julie, elle se tenait dans un coin de la pièce avec certains invités. Parmi les
invités, un visage m’étais plutôt familier, c’était Alexandra, mon ex-partenaire.
Alexandra, était silencieuse au milieu des gens, elle était également introvertie, elle paraissait
désintéressée de la conversion comme à son habitude, elle avait un regard profond qui donnait
l’impression qu’elle jugeait tout ce qui l’entourait. Son visage n’était pas le plus beau, il était
gros à mon avis mais elle avait un charme tranquille qui attirait et elle savait prendre soin d’elle.
Elle n’a jamais eu besoin de compagnie pour être heureuse. Ça ne faisait pas longtemps que
notre relation avait pris fin mais elle paraissait déjà être passée à autre chose, à se demander si
ma présence impactait vraiment sa vie.
C’était la première fois que je la voyais après qu’elle m’ait quittée, le choc de la voir fut presque
physique. Mon cœur se sera instantanément, un mélange de malaise et de tristesse me
gagnant. Les souvenirs de notre passé commun affluèrent brusquement, chaque image et
chaque émotion me rappelant la douleur de la rupture.
Je tentai de maintenir une expression neutre, de ne pas laisser transparaître l’impact de sa
présence sur moi. Mes jambes semblaient lourdes alors que je tentais de me frayer un chemin à
travers les invités, cherchant un espace où je pourrais respirer un peu sans attirer l’attention.
Alexandra leva les yeux et croisa mon regard. Un instant, son sourire vacilla, une ombre de
surprise traversa sas traits. Elle se redressa légèrement comme pour mieux me voir. J’avais peur
de la voir s’approcher mais en même temps c’est tout ce que je désirais, la voir venir vers moi et
me dire que je lui manquais et qu’on devait se remettre ensemble, j’avais tant de questions
laissées en suspens. Je voyais dans le regard d’Alexandra de la gêne, elle ne s’attendait pas à me
voir et elle était tout aussi perturbée par cette rencontre.
Comme par miracle, Marie me rejoignit et commença à me présenter à quelques amis de Julie,
adoptant un ton enthousiaste qui, contre toute attente, commençait à me détendre. Elle
semblait avoir un don pour briser la glace et rendre les interactions fluides. Ses questions
ouvertes et ses commentaires pertinents faisaient en sorte que la conversation coulait plus
naturellement et je me suis surpris à apprécier les échanges que je croyais impossible à initier
plus tôt dans la journée. Marie, avec sa présence réconfortante, a joué un rôle crucial dans mon
adaptation. En la voyant interagir avec les autres avec une aisance naturelle, j’ai compris qu’elle
avait une façon unique d’attirer la chaleur humaine et d’apporter de la convivialité. Je me
retrouvé à m’intéresser à une autre femme alors que je n’avais toujours pas guéri de ma
rupture et que Alexandra occupait encore les recoins de ma tête. Marie venait de ma marquer
et je voulais à tout prix mieux la connaître, alors je pris ses coordonnées et lui promis qu’on
allait se revoir.