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Ch 14 Le financement de l’entreprise
Introduction
La vie de l’entreprise est rythmée par des besoins de financement. À sa création, le business plan,
ou plan d’affaires (Chapitre 4), doit prévoir à la fois les ressources et les besoins financiers
prévisionnels de façon à convaincre les investisseurs d’investir dans ce projet. Lorsque
l’entreprise est pérenne, le manager (Chapitre 4) qui succède à l’entrepreneur a pour mission
d’évaluer au mieux les besoins de financement, d’y allouer des ressources financières internes ou
d’en rechercher de nouvelles en veillant à l’équilibre financier de la firme.
1. Identifier les besoins de financement de l’entreprise
A. Le besoin de financement du cycle d’investissement
La pérennité de toute entreprise passe par des investissements, qui sont de trois sortes :
– les investissements matériels ou palpables font partie des ressources tangibles de la firme
(véhicules de livraison, machines de production, locaux pour stocker matières premières et
produits finis, magasins pour distribuer les produits…) ;
– les investissements incorporels ou immatériels augmentent les ressources intangibles de la
firme (dépôt ou achat d’un brevet de façon à avoir un monopole d’exploitation sur un produit,
marque ou logo qui donnent une identité au produit et le différencient de ceux de la concurrence,
progiciel de gestion intégré pour faciliter la diffusion et le traitement de l’information entre les
différents services de l’entreprise et automatiser certains processus…) ;
– les investissements financiers (acquisition de titres financiers ou de parts du capital d’une autre
entreprise) permettent d’augmenter les ressources financières de la firme qui investit, mais aussi
d’entrer dans le capital d’entreprises concurrentes ou ayant des activités complémentaires.
L’investissement, qu’il soit corporel ou incorporel, est très souvent synonyme d’innovation
(Chapitre 9), que cette innovation porte sur les produits (document 3, Valeo), les procédés
(document 2, La Brasserie du Castellet), la commercialisation ou l’organisation (document 5,
Scobat).
Le fonctionnement d’un cycle d’investissement se passe comme suit : l’entreprise ressent le
besoin d’investir pour les raisons évoquées ci-dessus. La durée entre l’acquisition de
l’immobilisation et la fin des recettes générées par celle-ci constitue la durée du cycle
d’investissement. Autrement dit, le cycle est renouvelé lorsque l’immobilisation est amortie (ceci
concerne les immobilisations corporelles) ou lorsque l’entreprise décide de céder celle-ci.
B. Le besoin de financement du cycle d’exploitation
Par définition, le cycle d’exploitation est constitué par les différentes étapes séparant les dépenses
effectuées pour produire un bien ou un service et l’encaissement effectif du chiffre d’affaires.
Celui-ci comprend donc également le paiement du ou des fournisseurs ou sous-traitants et la
vente au client qui ne génère pas toujours instantanément des recettes.
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En effet, en B to B (lorsque les transactions marchandes s’effectuent entre professionnels), le
paiement du client intervient à l’issue d’un délai d’au maximum 30 jours (règle légale) après la
livraison du bien ou l’exécution de la prestation de service. C’est ce que l’on appelle le crédit
client. Cependant, les parties peuvent convenir d’un délai plus long lors des négociations
précontractuelles et l’inscrire dans les clauses contractuelles (Chapitre 3).
Plus la durée du crédit client est élevée, plus le besoin en fonds de roulement (BFR) sera
important. Il est donc intéressant pour l’entreprise fournisseur d’optimiser cette durée.
Le BFR et la gestion de la trésorerie
La durée du crédit client impacte le BFR ainsi que la trésorerie de l’entreprise.
Le BFR correspond aux sommes que l’entreprise doit avancer en n’ayant pas encore été elle-
même payée par son client. Plus les dépenses engagées par l’entreprise sont importantes, plus le
BFR est important. Cela explique pourquoi les entreprises en phase de croissance courent,
paradoxalement, un risque : celui d’engager de trop grosses dépenses pour honorer les
commandes au point de ne plus pouvoir payer leurs charges courantes et se retrouver, dans les
situations les plus critiques, en situation de cessation de paiements puis de liquidation judiciaire
(document 8, Hôtel Chenal).
La gestion de la trésorerie est donc une activité d’importance capitale pour l’entreprise dans la
mesure où elle consiste en une anticipation et un contrôle constants des décalages entre les
encaissements et les décaissements.
2. Recenser les solutions de financement adaptées à une entreprise
A. Le financement du cycle d’investissement
L’entreprise dispose de plusieurs moyens pour financer son cycle d’investissement (document 10,
société Karbon), sachant que ces ressources peuvent se cumuler.
L’autofinancement : c’est une situation idéale pour l’entreprise puisque celle-ci dispose, en
interne, des ressources financières suffisantes pour financer son investissement.
L’emprunt bancaire : l’entreprise se procure des ressources financières en demandant à un
organisme financier de lui accorder un crédit.
C’est là une des missions principales des organismes bancaires : contribuer à la croissance
économique en assurant le financement des activités économiques et en répondant aux demandes
des agents économiques à besoin de financement (Chapitre 1). L’octroi d’un crédit se fait en
contrepartie de son remboursement, à terme, et du paiement d’un taux d’intérêt qui va alourdir les
charges financières de l’entreprise et réduire ses perspectives de bénéfice. Le montant de ce taux
d’intérêt est donc déterminant dans la politique d’investissement d’une entreprise (Chapitre 1).
Lorsque l’État veut mener une politique de relance de l’économie (Chapitres 7 et 10), les taux
d’intérêt proposés par les banques baissent. Les entreprises peuvent ainsi plus facilement avoir
recours au crédit et investir (document 14, prêts garantis par l’État).
L’apport en capital et l’émission d’actions : une entreprise ayant un besoin de financement a
également la possibilité d’émettre de nouvelles parts sociales afin d’attirer des investisseurs,
lorsque son statut juridique s’y prête (Chapitre 11). L’acquisition des parts sociales rapportera des
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ressources financières à l’entreprise émettrice et fera des investisseurs des propriétaires d’une
partie du capital social de la société. Les investisseurs, nouvelles parties prenantes internes,
pourront prétendre au versement de dividendes si l’assemblée générale annuelle des associés
décide qu’une part des bénéfices réalisés doit y être consacrée. Les investisseurs pèseront
également avec leurs voix (1 part sociale = 1 voix) lors de l’adoption, en assemblée générale, des
décisions stratégiques relatives à l’avenir de la société. L’entrée de nouveaux investisseurs
présente donc un risque : celui que des divergences de vue naissent entre nouveaux et anciens
propriétaires sur la rentabilité à court ou moyen terme de l’entreprise, sur les investissements à
réaliser… (Chapitre 5).
L’émission d’obligations : une firme peut aussi se procurer des ressources financières en
émettant des obligations. Une obligation est un outil financier qui permet à celui qui l’émet
d’emprunter de l’argent. L’agent à capacité de financement qui investit dans des obligations
apporte des ressources financières à l’entreprise émettrice et perçoit des intérêts chaque année.
L’avantage, pour l’entreprise émettrice, est de se procurer des ressources financières auprès de
différents agents économiques à capacité de financement sans ouvrir son capital à de nouveaux
associés. L’inconvénient, similaire à celui d’un emprunt bancaire, est la charge financière générée
par le versement d’intérêts.
Le financement participatif : cette forme de financement connaît un essor important depuis
quelques années. Le marché du financement participatif se consolide en France (629 millions
d’euros ont été collectés par son biais en 2019). Les investisseurs du crowdfunding disposent
d’une capacité d’épargne et aiment diversifier leurs actions sur divers types de projets.
Parallèlement à l’émergence de nouvelles plateformes, l’essor des réseaux sociaux, l’apparition
d’outils numériques et d’une philosophie axée sur la mise en pratique rapide des idées ont
contribué à la croissance de ce mode de financement. En plus d’apporter des ressources
financières sous diverses modalités (don, ouverture du capital…), le crowdfunding permet de
fédérer une communauté d’internautes autour d’un projet. Il s’agit souvent d’une communauté
active qui n’hésite pas à promouvoir le projet qu’elle soutient. Ce mode de financement est ainsi
devenu un véritable outil de communication mais qui ne saurait exister sans les plateformes
(parmi les plus connues : Ulule, KissKissBankBank…) (Chapitre 5).
Les subventions : l’État ou les collectivités territoriales, dans le cadre d’une politique
économique de soutien de certaines activités (activités innovantes ou créatrices d’emplois…),
peuvent accorder des subventions à des entreprises.
B. Le financement du cycle d’exploitation
L’autofinancement : les ressources financières internes de l’entreprise peuvent être affectées au
besoin en fonds de roulement.
En droit commercial, l’affacturage (factoring, en anglais) consiste, pour une entreprise
commerciale, à sous-traiter par contrat à une société financière (factor, en anglais) le
recouvrement de ses factures. Cette société financière, qui peut être la filiale d’un établissement
bancaire, se charge, contre une commission, de recouvrer les fonds, de gérer les dettes
éventuelles et de verser à l’entreprise commerciale les sommes correspondantes.
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L’affacturage est un moyen de financement. Avec le paiement des factures sans délai, la
couverture des risques d’impayés, il permet une rentrée d’argent immédiate pour l’entreprise qui
y a recours. L’entreprise est ainsi déchargée de cette activité et peut se concentrer sur son activité
principale.
Les concours bancaires recouvrent l’ensemble des crédits ou autorisations de découvert
accordés par une banque à court terme.
Le crédit fournisseur : en tant que cliente d’autres entreprises, l’entreprise bénéficie du crédit
fournisseur ou crédit client qui lui est accordé par ses fournisseurs.
C. Préserver l’équilibre financier de l’entreprise
Plusieurs documents comptables doivent être obligatoirement établis et actualisés chaque année
afin que l’entreprise s’assure de son équilibre financier et puisse communiquer sur sa santé
financière auprès des parties prenantes.
À court terme : chaque année, l’entreprise établit un compte de résultat. Ce document comptable
compare les produits reçus aux charges versées afin d’estimer le montant de bénéfice ou de pertes
réalisé. L’équilibre financier de l’entreprise n’est pas assuré si elle dégage des pertes. En effet,
une entreprise en situation de pertes ne pourra pas autofinancer ses investissements et sera
contrainte de trouver de nouvelles ressources financières pour compenser son déséquilibre
financier.
CHARGES N N–1 PRODUITS N N–1
Charges d’exploitation (I) Produits d’exploitation (I)
Matières premières Chiffre d’affaires
Impôts
Charges externes
Charges financières (II) Produits financiers (II)
Intérêts d’emprunt Dividendes
Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
(III) (III)
Amende pour retard dans Cession d’actions
le paiement des Dommages et intérêts
cotisations sociales versés par un concurrent
reconnu coupable de
contrefaçon
Totaux I + II + III = TC Totaux I + II + III = TP
BÉNÉFICE = TP > TC PERTES = TP < TC
À long terme : le bilan présente l’ensemble des immobilisations acquises par l’entreprise depuis
sa création (actif du bilan) et toutes les ressources financières dont elle dispose pour les financer
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(passif du bilan). Lorsque les capitaux propres deviennent insuffisants (pertes accumulées sur les
exercices antérieurs), l’équilibre financier de l’entreprise n’est plus assuré. De nouvelles
ressources financières doivent être trouvées.