Introduction à la psychiatrie moderne
Introduction à la psychiatrie moderne
Psychiatrie
Dr GANDOU
L’appellation (troubles mentaux) est préférable au terme de (maladie mentale), dans la mesure où
l’étiopathogénie de ces troubles reste encore incertaine et fait l’objet de recherches et de théories
diverses.
➢ Antiquité :
La dimension magique et religieuse où les troubles psychiques sont conçus comme (possession) ou
(châtiment divin).
- Hippocrate, 400 av. JC. La théorie des humeurs propose que les maladies (du corps et de
l’esprit) résultent d’un déséquilibre entre les quatre humeurs (ou fluides) de l’organisme :
sang, flegme, bile jaune et bile noire.
- Galien (IIème siècle) : développe la théorie des humeurs et attribue à chacune d’elle un
comportement prédominant : sanguin (sang), flegmatique (flegme), colérique (bile jaune) et
mélancolique (bile noire). C’est la première approche du comportement sur une base
biologique.
➢ Moyen âge
- Marqué par une stagnation globale dans l’observation scientifique des troubles mentaux.
- De nombreux (malades mentaux) sont brûlés comme sorciers ou démons, lors de
l’inquisition.
- La poussée du christianisme conduit cependant d’hôpitaux dédiés aux troubles mentaux (qui
sont attribués à une forme de possession ou de damnation
➢ Renaissance et XVIII ème siècle
La loi sur les élliénés conduit à la création des premiers asiles, enfermant tous les (marginaux) de la
société (malades mentaux, mendiants, prostituées, voleurs…..), dans un but d’ordre et de protection
de la cité.
III. La nosographie
Les névroses constituent des pathologies en général chroniques de la personnalité. Elles se traduisent
par des troubles partiels, certains non spécifiques et d’autres plus spécifiques.
Le patient névrotique
- Est conscient de ses troubles mais leurs raisons le plus souvent inconsciente, lui échappe ;
- Il peut se plaindre et demander de l’aide ;
- En aucun cas il n’existe de perte de contact avec la réalité ni de troubles délirants ou
hallucinatoires.
Les psychoses, sont des maladies mentales majeures qui affectent globalement la vie psychique dans
son intimité, au niveau de la conscience de soi, des autres et du monde extérieur, au niveau de
l’affectivité, et au niveau du jugement.
Le délire (du mot latin dé-lirare : dérailler ou sortir du sillon) est un trouble du contenu de la pensée,
caractérisée par la présence d’idées en désaccord avec les faits objectivables. Il se distingue de l’idée
fausse ou de l’erreur de jugement par ses caractères spécifiques.
pathologie aigue quand elle dure quelques jours (comme par exemple la bouffée délirante), quelques
semaines (comme par exemple un accès maniaque) ou encore quelques mois (comme par exemple un
épisode dépressif majeur)
A l’opposé les pathologies chroniques se comptent en année, voire pour certaines à la dimension
d’une vie.
Les névroses en tant qu’elles constituent les troubles de la personnalité, sont des troubles de la
personnalité, sont des troubles en général durables ou chroniques, tandis qu’il existe des psychoses
aigues, (comme par exemple la bouffée délirante aigue ou une psychose confusionnelle) mais aussi
des psychoses chroniques, comme par exemple la schizophrénie ou paranoïa. Dans les psychoses
aigues il y a une rémission complète et retour à la vie normale dans un délai inférieur à six mois, ce qui
n’est pas le cas des psychoses chroniques.
Pour les troubles psychotiques et en fonction du fait qu’il existe une guérison clinique et sociale totale
entre les crises, on parlera de psychoses ou épisodiques.
La classification des maladies en psychiatrie, a connu son plein essor au courant du XXème siècle, au
gré des écoles des psychopathologies (psychanalyse, psychiatrie biologique…).
Dans la seconde moitié du siècle est apparu un constat : il était devenu impossible de comparer les
données issues des pays différents, voire d’établissements différents au sein d’un même pays, tant les
définitions des malades et leurs critères diagnostiques étaient différents.
➢ Le diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM), qui en est à sa IVème édition,
publiée en 1994 par l’American Psychiatric Association (APA) et première révision (publiée en
2000). On parle couramment du DSM-IV-TR (texte révisé). C’est la classification de réference
pour toute publication internationale
Il existe de multiples courants de la (pensée psychiatrique) qui tentent d’expliquer l’origine des
troubles mentaux et en proposant une approche thérapeutique.
Le courant biologique : la psychiatrie biologique est l’approche des troubles psychiatriques par les
sciences fondamentales. Elle suppose des mécanismes biologiques et biochimiques à l’origine des
troubles mentaux qui les rendent accessibles à un traitement physique (le plus souvent
médicamenteux)
Modèles culturels et sociaux : il a rapidement été démontré que les facteurs sociaux et culturels ont
une profonde influence sur l’expression clinique des troubles mentaux.
Les modèles culturels se penchent sur les spécificités liées à la culture ou à l’ethnie, dans ‘expression
clinique, l’évolution, et le pronostic des troubles mentaux. Ils définissent ainsi une approche théorique
et thérapeutique de la pathologie mentale appelée etnopsychiatrie
Les modèles sociaux étudient la part pathogène de l’environnement social dans le développement des
troubles psychiatriques. Ils définissent notamment
➢ La notion d’évènement de vie (par exemple : mariage, célibat, veuvage….) pouvant être le
risque, ou au contraire protecteurs de certains troubles psychiques.
➢ La notion de support social (entourage familial et ou amical) et les capacités individuelles
d’adaptation (stratégie de (copin)), facteurs protecteurs ou de bon pronostic pour la plus part
des troubles psychiques.
V. Notion de la personnalité
La personnalité est relativement stable tout au long de la vie, elle se constitue dans l’enfance et à
l’adolescence.
Une personnalité normale, par définition n’entraine pas de souffrance psychologique ou sociale. Le
fonctionnement relationnel s’adapte aux différentes situations sociales et environnementales.
Le fait que la personnalité entraine une souffrance psychique et/ou une altération du fonctionnement
social.
Cluster B : sujets émotifs, théâtraux, peu tolérants à la frustration. Inclut les personnalités antisociales,
borderline, histrionique et narcissisque.
Cluster C : sujets craintifs, anxieux. Inclut les personnalités évitant, dépendante, et obsessionnelle.
Le trouble apparait à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Il s’analyse en fonction des normes
culturelles dans lesquelles évolue un individu. D’où l’on ne peut pas parler de trouble de la
personnalité chez l’enfant, celle-ci n’étant pas encore construite.
I- GENERALITES
A. Définition de l’humeur
« L’humeur est cette disposition affective fondamentale, riche de toutes les instances émotionnelles et
instinctives, qui donne à chacun de nos états d’âmes une tonalité agréable ou désagréable, oscillant
dans les deux extrêmes du plaisir et de la douleur » (J. Delay).
L’humeur en psychiatrie intéresse donc tout ce qui est ressenti intérieurement par l’individu, sur le plan
émotionnel et affectif.
B. Intérêt
- Epidémiologique ;
- Pronostique ;
- Nosologique.
C. Rappels nosographiques
➢ Progressif : les symptômes initiaux : insomnie (sans fatigue), euphorie (sentiment de joie
excessif), irritabilité, logorrhées (propos accélérés et abondants)
➢ Brutal : acte médico-légal
2- Phase d’état
➢ Présentation :
On a apprécie les éléments suivants : la tenue vestimentaire, tenue assise, chevelure, soins corporels.
➢ Troubles somatiques :
hyperphagie,
✓ Excitation psychomotrice
✓ Exaltation de l’humeur
✓ Troubles comatiques
3. Evolution-Pronostic
B- Formes cliniques
Manie symptomatique : secondaire à une cause toxique, médicaments, atteinte cérébrale et troubles
endocriniens.
III- DIAGNOSTIC
A. Diagnostic positif
• Exaltation de l’humeur ;
• Excitation psychomotrice ;
• Troubles somatiques et instinctuels.
B. Diagnostic différentiel :
- Bouffée délirante aigue : humeur variable, hallucinations et délire ;
- Confusion mentale : obnubilation, onirisme, fluctuation du tableau dans le nycthémère ;
- Schizophrénie dysthimique : présence d’un syndrome dissociatif
A-
B- Moyens
• Hospitalisation en urgence à cause de l’importance de l’excitation psychomotrice et du risque
important de passage à l’acte hétéro agressif ;
• Bilan clinique et paraclinique ;
• Traitement médicamenteux :
A la phase aigue
Associer dès que possible un thymorégulateur : carbamazépine (400-1200 mg), valproate de sodium
(1000-1500 mg), carbonate de lithium (adaptation à la lithiémie).
- Poursuivre avec les neuroleptiques en peros pendant 4-6 mois après rémission des symptômes
- Poursuivre avec le traitement Thymorégulateur pendant plusieurs années
- Education du patient à sa maladie et au traitement (information des signes de rechute, hygiène
de sommeil, activité physique régulière, conseil diététique….)
- Prise en charge sociale : mesure de protection par la sauvegarde de justice.
C- Indication
Hypomanie : thymorégulateurs,
Conclusion
Sa prise en charge a connu une nette amélioration avec l’avènement des thymorégulateurs et des
antipsychotiques atypiques.
Objectif du cours
I- Généralités
I-1. Définition
Un état dépressif est un trouble de l’humeur caractérisé par un fléchissement de l’humeur qui devient
triste impliquant une vision pessimiste du monde et de soi-même, et de la diminution globale des
forces pulsionnelles, des processus intellectuels et de l’activité motrice, appelée souvent inhibition ou
perte de ‘’Élan vital’’.
I.2. Intérêt
➢ Epidémiologique :
Fréquence plus élevée chez la femme : sex ratio 2 femmes pour 1 homme ;
II.1.1. Début
➢ Progressif : asthénie avec céphalées, difficultés de travailler, manque de plaisir général, une
insomnie va en s’aggravant, l’activité ménagère et professionnelle se ralentit
➢ Brutal.
➢ Présentation :
Les traits tombent, les yeux sont grand ouverts, le regard est fixe ;
➢ L’humeur dépressive :
- Douleur morale = tristesse, intense, inaccessible au réconfort et au raisonnement
- Désintérêt pour des tâches quotidiennes : c’est l’aboulie (perte de la volonté)
- L’insatisfaction pessimiste avec sentiment que la vie est un échec et la situation sans issue ;
- La dévalorisation avec auto dépréciation, perte de l’estime de soi « je ne sers à rien », « je suis
inutile », « je suis nul ».
- Culpabilité avec sentiments d’auto-accusation, de honte
- Idées d’indignité avec conviction d’être soumis à un châtiment mérité ; « J’ai honte »
- Idées d’incurabilité
- Idées suicidaires : le suicide est obsédant, sans cesse imaginé, sa cesse désiré et sans cesse
recherché.
➢ L’inhibition psychomotrice :
- Le ralentissement psychomoteur : le ralentissement moteur (démarche et gestes lents,
mobilité faciale diminuée) :
- Le ralentissement psychique : la pensée semble freinée, monoïdéisme (répétition des mêmes
idées), latence des réponses, trouble subjectif de la concentration et de la mémoire (car il ne
pense qu’à une seule chose : sa tristesse ou sa douleur).
➢ Les symptômes somatiques :
- Troubles du sommeil :
Insomnie d’endormissement (de la 1ère moitié de la nuit),
Insomnie de la 2e moitié de la nuit (commence à partir de 00h),
Insomnie de réveil nocturne ou insomnie matinale (+++).
L’hypersomnie est rare.
II.1.3. Evolution
➢ Dépression anxieuse prépondérance de l’agitation anxieuse caractérisée par une peur intense,
le malade inquiet ne peut rester en place→ risque suicidaire ;
➢ Dépression délirante : on note un délire avec des idées de culpabilité (idées de faute, de
pêché, de souillure) et de frustration (idées de ruine, de deuil…)
➢ Dépression stuporeuse :
- L’inhibition psychomotrice atteint ici son maximum ;
- Le malade est absolument immobile ; il ne parle pas, ne mange pas, ne fait aucun geste, aucun
mouvement.
- Son visage est figé dans une expression de douleur et de désespoir.
➢ Dépression confusionnelle : est rare, sauf chez les personnes âgées chez lesquelles elles
prennent un aspect confuso-dementiel dont la caractéristique principale est d’être
réversible ;
➢ Dépression atypique : elle pose le problème de frontière entre schizophrénie et état
dépressif chez l’adolescent ou l’adulte jeune. Associe un syndrome dépressif + un
syndrome dissociatif (Schizophrénie).
Forme du sujet âgé : pose le problème de diagnostic avec certains états pré démentiels ou démentiels.
Humeur dépressive ;
Inhibition psychomotrice
Signe somatiques
Anxiété :
V- ETIOPATHOGENIE
1. Théorie sociologiques
Les études épidémiologiques montrent en particulier que le sexe féminin, mais aussi le bas niveau
socio-économique, la vie solitaire exposent à un risque accru de dépression ;
Les évènements déclencheurs sont en règle de stress psychosociaux : perte (emploi, conjoint), deuil,
échecs professionnels et sentimentaux, etc…. ;
La survenue de la dépression peut concerner tous les âges de la vie, avec cependant deux pics : entre
20 à 30 ans, et entre 50 et 60 ans.
2. Théories psychanalytiques
Le dépressif a un moi relativement fragile qui risque toujours d’être ébranlé par des évènements
pénibles ;
3. Théories cognitives
La dépression apparait comme le résultat d’un traitement erroné de l’information qui découle des
résultats de l’expérience du sujet.
4. Théories biologiques
VI- Traitement
1. But :
- Abréger la durée de l’accès ;
- Normaliser l’humeur ;
- Eviter un geste suicidaire
2. Moyens
- Hospitalisation ;
- Chimiothérapie :
▪ Antidépresseurs
o Tricycliques : clomipramine (Anafranil*) 75 à 100 mg/j ;
o Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine : fluoxétine (Prozac*) 20 à 80 mg/j ;
o Inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline : venlafaxine
(Eflexor*) 75 à 225 mg/j.
▪ Thymorégulateurs : valproate de sodium, carbamazépine et Lamogrine ;
▪ Tranquillisants : diazépam (valium*) et neuroleptiques ;
▪ Hypnotiques : Zoldipem (Stilnox*) et Zopiclone (Imovane*)
- Sismothérapie : elle est utilisée en cas d’échec des antidépresseurs ou ne cas d’urgence
(troubles délirants, menace vitale, refus de s’alimenter)
- Psychothérapie : thérapie analytique et cognitivo-comportementale.
3. Indication
4. Surveillance
L’évolution de l’humeur : guetter un virage maniaque qui impose l’arrêt des anti-depresseurs et la
mise sous neuroleptiques ;
Conclusion
Les états dépressifs sont des troubles de l’humeur fréquemment rencontrés en clinique surtout par les
généralistes, d’où la nécessité de savoir les diagnostiques pour une prise en charge précoce et
adéquate qui constitue la meilleure façon de prévenir le suicide.
1. Introduction
1.1. Définition
Ce sont des maladies caractérisées par l’éclosion soudaine d’un délire riche et polymorphe, procédant
d’altérations des perceptions, d’intuitions subites, de distorsions du jugement et de débordement
imaginaires, entrainant un bouleversement profond mais transitoire du fonctionnement psychique et
des relations du sujet avec le monde extérieur.
Définition simplifiée :
Les bouffées délirantes sont des délires aiguës. Ce sont des psychoses (car le malade ne reconnait pas
sa maladie) aiguës (car évolue depuis moins de 6 mois) transitoire et polymorphes (car il y’a plusieurs
thèmes et plusieurs mécanismes) qui se résout spontanément en moins d’un mois.
Nb :
1.2. Intérêts
2. Clinique
2.1. Type de description : expérience délirante primaire
Circonstances d’apparition
Il s’agit souvent d’un adolescent ou d’un sujet jeune, souvent immature, ayant eu des difficultés et
d’adaptation et chez lequel on retrouve volontiers des antécédents psychiatriques familiaux de registres
très divers.
Parfois quelques prodromes dans les jours ou semaines précédant l’éclosion du délire : inquiétudes
imprécises, bizarreries comportementales, trouble de l’humeur : tristesse ou parfois euphorie, troubles
du sommeil
Phase d’état
Le délire
La variabilité, la labilité de l’intensité du délire dans la journée (vague délirante) sont caractéristiques.
Toutefois, il ne disparait jamais, le délire est constant et actuel, y compris dans le moment de l’entretien
➢ Thématique (sujets dont parle le malade) : riche, multiple, les thèmes s’enchevêtrent, sans
souci de cohérence.
▪ Les idées de persécution (les plus fréquentes) cohabitent avec des idées mystico-
religieuses,
▪ Mégalomaniaques,
▪ D’indignité, d’influence….
On a 2 types d’hallucination
L’automatisme mental est quasi constant. Devant la réticence du patient à parler de son délire, ce
dernier est observable, dans ses effets sur le patient. Troubles du comportement ou attitude d’écoute
hallucinatoire
▪ Interprétation : jugement erroné des faits réel (le sujet est vrai mais la conclusion est
fausse).
Si le délire est cohérent : il est bien systématisé. (On peut croire aux propos du patient)
Après les moments de perplexité anxieuse, l’adhésion au délire est totale et entraine une participation
affective du sujet. Les troubles du comportement sus cités découle d’une telle adhérence au délire.
L’humeur
La participation thymique est constante. L’adhésion au délire totale, le sujet oscille et parfois d’un
moment à l’autre, entre les pôles extrêmes de l’exaltation euphorique et de la sidération dépressive et
anxieuse. L’humeur subit en fait les fluctuations successives des vagues délirantes et du désordre
idéique
La conscience
Elle n’est pas réellement, tout au plus observe-t-on une certaine obnubilation associée à une
distractivité extrême, une dispersion de l’attention sans cesse sollicitée par l’appréhension fragmentaire
et mouvante du monde extérieur, par des récurrences mnésiques et par les productions imaginaires
Cet état de conscience oniroide est proche de celui du rêve. Aussi, les notions de temps et d’espace
subissent elles des remaniements partiels, des contradictions et des réfractions liées au développement
de l’expérience délirante
Evolution pronostic
A court terme
- Episode régressif et unique (1/3 des cas) : guérison en quelques jours ou semaines, brutale ou
progressive
- Récidive (1/3 des cas) : répétition d’épisodes aigus sur un mode intermittent, sur le même mode
ou avec participation affective de plus en plus importante
- Chronicisation : PMD, schizophrénie, PHC, paranoïa
Pronostic
• Bon : début brutal avec facteurs déclenchant, pas de personnalité schizoïde pré morbide,
brièveté de l’épisode, participation dysthymique, polymorphisme des thèmes et des
mécanismes, sensibilité au traitement, critique du délire, hérédité PMD
• Mauvais : début subaigu avec manifestation insidieuses, personnalité schizoïde,
symptomatologie schizophrénique dominante (délire moins riche plus paranoïde, dissociation),
pas de traitement de l’humeur, thèmes de persécution hypocondriaques, angoisse de
morcellement, sédation incomplète
Elles ont été décrites par référence aux mécanismes élaborant l’expérience délirante. Dans la forme
typique, thèmes et mécanismes délirants sont multiples et non systématisés. La prévalence voire
l’exclusivité d’un mécanisme permet de retenir :
L’imagination et la fabulation déploient des romans fantastiques que le sujet parait inventé au fur et à
mesure qu’il les exprime. Ces formes sont plutôt le fait des personnalités hystériques ou débiles.
Leur participation émotionnelle est très vive et d’autant plus qu’il existe souvent une problématique
passionnelle de jalousie ou des idées de préjudice.
3. DIAGNOSTIC
3.1. Positif
3.2. Différentiel
▪ Manie délirante
▪ Confusion mentale
Parfois, il est difficile d’éliminer formellement une confusion mentale en raison de l’identité que
peuvent présenter les deux tableaux. Dans ce cas, il faut agir comme si l’on était devant une confusion
mentale car toute atteinte organique donnant un tableau de confusion mentale peut donner un tableau
de bouffée délirante aigue.
Un moment fécond d’une psychose chronique peut apparaitre comme un délire aigu en l’absence de
renseignements anamnestiques.
Une psychose chronique non dissociative chez un sujet adulte ou plus âgé (> 35 ans)
3.3. Etiologique
• Les expériences délirantes primaires survenant « ex abrupto », sans relation compréhensible
avec un agent causal précis, sont les plus fréquentes.
• Les bouffées délirantes psychogènes ou réactionnelles ne peuvent être affirmées telles que
lorsqu’est retrouvé un traumatisme émotionnel précis et généralement subit et imprévisible,
ayant provoqué une situation psychologique d’angoisse et de frustration intense.
• Tous les facteurs d’agression encéphalique (traumatiques, infectieux, vasculaires,
métaboliques, endocriniennes, chimiques) peuvent être L’occasion d’une bouffée délirante. Ils
entrainent plus volontiers des syndromes confuso-oniriques que des bouffées délirantes
opioïdes.
4. Traitement
4.1. A la phase aiguë :
- L’hospitalisation sans délai en milieu spécialisé ; une mesure d’internement (hospitalisation sur
demande d’un tiers le plus souvent) est parfois nécessaire.
- Un bilan somatique clinique et paraclinique, notamment ionique et hydrique,
Recherchant :
L’association des neuroleptiques sédatifs et polyvalents est possible (Haldol + Largactil ou Tercian, par
exemple).
La voie d’administration est classiquement parentérale (intramusculaire) dans les premiers jours, de
manière à atteindre plus rapidement une concentration efficace du produit. En fait, la voie IM ou per os
dépendra de la coopération du patient. La posologie doit être rapidement croissante les premiers jours,
de manière à obtenir la sédation du délire et de l’agitation.
Ces prescriptions seront accompagnées si besoin d’une réhydratation et de correcteurs des effets
extrapyramidaux (antiparkinsoniens anticholinergiques), ou de l’hypotension orthostatique
(dihydroergotamine) des neuroleptiques.
La sismothérapie peut être envisagé en cas d’inefficacité thérapeutique des neuroleptiques pendant
plusieurs semaines ou si le malade est particulièrement agité ou angoissé.
Au stade aigu, il faut rassurer le délirant en lui offrant des références et des informations cohérentes.
Dans un second temps, lorsque l’effet des neuroleptiques le permet, la psychothérapie s’oriente vers
l’examen des conflits passés et actuels.
En cas de dépenses inconsidérés ou lorsque la gestion d’un patrimoine ne peut être effectuée par le
malade, une sauvegarde de justice doit être demandée.
La famille, même si elle est au début tenue à distance du malade du fait de l’intensité du délire, doit
être informée du traitement et de l’évolution : elle représente le soutien essentiel du patient à la sortie.
La survenue d’un épisode dépressif post-psychotique au décours de l’épisode est une éventualité non
rare, qui doit faire discuter la diminution des doses de neuroleptiques, voire l’adjonction d’un
antidépresseur.
La disparition rapide du délire, en quelques semaines, et la critique des idées délirantes par le malade,
permettent de diminuer les posologies en milieu hospitalier en s’assurant de l’absence de récurrence
délirante. Ultérieurement, le patient sera suivi pendant 1 an en consultation externe où la décroissance
des posologies du neuroleptique sera très progressive jusqu’à l’arrêt du traitement.
Lorsque des symptômes résiduels persistent, ou en cas de réapparition des idées délirantes après la
diminution des doses, il importe de renforcer et de poursuivre le traitement neuroleptique en espérant
éviter l’installation d’une schizophrénie.
Dans le cas où l’évolution ultérieure se fait sur le mode de récidives périodiques, un traitement préventif
par un thymorégulateur (sels de Lithium, Tégrétol) peut être discuté.
V : La confusion mentale
1. Définition
D’un point de vue physiopathologique et sémiologique, un syndrome confusionnel peut être considéré
comme une souffrance cérébrale globale, aigue et réversible. En effet, tous ces symptômes traduisent
un état de souffrance cérébrale dont l’étiologie est à déterminer le plus tôt possible afin de proposer
une thérapeutique salutaire.
C’est une urgence médicale. Tout retard apporté au diagnostic et au traitement peut être fatal ou
aboutir à des lésions définitives des structures corticales et sous corticales avec séquelles psychiques et
motrices.
2. Sémiologie
2.1. Début :
Progressif en quelques jours, avec céphalées, troubles du sommeil, irritabilité, troubles de l’humeur.
Parfois brutal, avec obnubilation, désorientation, accès d’onirisme entrainant des troubles du
comportement.
2.2. Etat
▪ Présentation :
✓ le sujet est hébété,
✓ maladroit et
✓ négligé (chevelure, vêtement, soins corporels)
▪ Des difficultés perceptives avec des fausses reconnaissances (car le patient à une amnésie
antérograde ou lacunaire ou encore une amnésie de fixation), troubles de l’activité synthétique
de la pensée, accès de perplexité anxieuse traduisant le désarroi du patient qui a conscience de
l’état ;
▪ Délire onirique,
rencontré dans un cas sur deux environ. Très variable selon les étiologies et selon la journée (soir,
obscurité). La journée le patient somnole.
Le sujet est pris en masse dans un contexte émotionnel et affectif alimenté par :
▪ Des signes somatiques, déshydratation plus ou moins sévère. Hyperthermie sans origine
infectieuse, trouble du rythme respiratoire, hypotension artérielle, insomnie constante avec
somnolence diurne. Troubles neurologiques, céphalées, raideur de la nuque, modification
réflexe.
L’hospitalisation doit être effectuée le plus rapidement possible en vue d’un bilan paraclinique (G.E,
NFS, bilan hépatique, Bilan rénal, Bilan métabolique (ionogramme sanguin, glycémie capillaire),
Ponction lombaire, Hémocultures répétées, E.E.G, TDM cérébrale, IRM cérébrale)
3. Formes cliniques
3.1. Formes symptomatiques
▪ Formes stuporeuses, agitées, délirantes dans lesquelles la communication verbale est perdue
mais la communication motrice conservée ;
▪ Délirium tremens (survient chez des patients alcooliques) avec ses troubles moteurs :
tremblement des extrémités et de la région orale, hyperthermie maligne.
Pré-délirium tremens : survient souvent dans les 48h après le sevrage à l’alcool.
✓ Anorexie
✓ Hypersudation
✓ Tremblement
✓ Il y’a pas de délire
Tout syndrome confusionnel a un retentissement somatique qui peut aboutir à un véritable état
d’épuisement physique et en fait toute la gravité :
4. Diagnostic différentiel
4.1. Les troubles psychotiques
▪ La bouffée délirante, (hallucinations auditives plus marquées, troubles de l’identité plus que de
la conscience, explorations complémentaires sont normales) ;
▪ L’état d’agitation maniaque dans les formes agitées, existence d’antécédents (car c’est une
pathologie biologique), pas de véritable trouble de la conscience.
▪ Les mélancolies stuporeuses moins variables dans le temps, existence d’antécédents familiaux,
négativité des explorations.
Les démences : la perplexité est moindre, ainsi que le délire onirique. L’évolution est chronique, sans
fluctuation, mais beaucoup de personnes âgées présentent des états confusio-démentiels. Un
syndrome confusionnel peut compliquer transitoirement un syndrome démentiel.
5. ETIOLOGIES
▪ Elles sont multiples et variées ; il faut toujours rechercher en priorité une cause organique
▪ L’interrogatoire de l’entourage (familiaux, professionnel,..) mais aussi des personnes qui ont
donné l’alerte et les premiers soins est capital.
▪ Un regard sur les effets personnels du patient est souvent riche d’informations :
▪ Ordonnance, carnet de santé, découverte de médicaments ou de drogues,…
▪ Examen neurologique avec recherche de signes de localisation, des signes méningés ;
▪ Examen viscéral :
o Haleine : foetor hépatique ;
o Téguments : contusions, ecchymoses ;
o Appareils : coeur, poumons, foies rein ;
▪ Examen général : température, pouls ;
▪ Examens complémentaires :
▪ NFS, VS, CRP, Sérologie rétrovirale
▪ Ionogramme sanguin (natrémie, calcémie, kaliémie), glycémie ;
▪ Gazométrie, biologie hépatique et rénale ;
▪ Scanner cérébral, IRM cérébral et EEG ;
▪ Ponction lombaire avec étude cytochimique et bactériologique du LCR ; PCR
▪ Méningite
▪ Fièvre typhoïde
▪ Brucellose
▪ Neuurosypilis,
▪ Paludisme grave
▪ SIDA
▪ Rickettsiose.
[Link]ènes :
6. TRAITEMENT
- Réhydratation qui devient possible par voie orale (3 à 6 litres) à avec apport calorique,
vitamines, sinon réanimation dans les cas graves. Et vitaminothérapie (Vit B1 et B6).
Orientation éventuelle vers les services spécialisées : réanimation, infectiologie, neurochirurgie, etc
Les psychoses sont un ensemble de troubles mentaux caractérisés par une altération du « sens de la
réalité ».
- Des troubles du jugement, liés à l'activité délirante, dont la traduction la plus directement
significative pour le thérapeute est l'anosognosie (absence de conscience du trouble).
En ce qui concerne les psychoses chroniques, il est habituel de considérer deux grandes catégories
:
- Les psychoses chroniques non schizophréniques : psychoses chroniques de début plus tardif,
caractérisées par l'absence de syndrome dissociatif.
I. LA SCHIZOPHRENIE
1. Définition
La «schizophrénie» provient du grec Schizein (couper, diviser) et phren (crâne, cerveau, pensée), à
savoir « cerveau divise». Où l’on voit que le syndrome dissociatif, rupture de la cohésion psychique, a
donne son nom à la schizophrénie.
2. Epidémiologie
- Prévalence: 1 % de la population générale.
- Sex-ratio: 1 femme pour 1 homme.
- Age de début des troubles : entre 15-35 ans (mais il existe des formes tardives). Début
généralement plus tôt chez l'homme.
3. Etiopathogénie
- Socio-environnementale:
4. Diagnostic clinique
C’est leur association en mode chronique qui doit évoquer le diagnostic. L'évolution est déficitaire,
vers un repli autistique de plus en plus marque.
A. Syndrome dissociatif
Rupture de l'unité psychique provoquant un relâchement des processus associatifs qui permettent le
fonctionnement mental, c'est-à-dire:
Se traduit par:
▪ La diffluence: pensée flou, désorganisée, sans fils conducteur émaillée de nombreux coq-à-
l'âne
▪ La tendance au symbolisme, au proverbialisme et à l'abstractionnisme (emploi gratuit et
inapproprié de symboles, de proverbes ou d'abstractions souvent obscures).
▪ Le rationalisme morbide: établissement de liens de causalité déficients, absurdes (ex: je vais
mal car ils ont envoyé un nouveau satellite dans l'espace).
Se traduit par:
➢ Altération du langage
Se traduit par:
Se traduit par:
B. Délire Paranoïde
Le délire du schizophrène est appelé « paranoïde»: C'est un terme consacre au délire à thèmes et
mécanismes multiples du schizophrène. Il apparait flou, bizarre, contradictoire, incohérent avec une
participation affective médiocre.
C. Repli autistique
Survenant à un stade plus ou moins avancé de la maladie, il s'agit d'une perte de contact vital avec la
réalité caractérisée par :
5. Formes cliniques
A. En fonction du mode d'entrée dans la maladie
Les débuts de la maladie peuvent cependant prendre des formes très variables, qu'on peut
grossièrement articuler en « début aigu » et« début progressif »
B. En fonction de la clinique
- Schizophrénie paranoïde : la plus fréquente, délire prédominant
6. Diagnostic positif
Argument épidémiologique :
Argument clinique :
7. Diagnostic différentiel
Se fait avec :
- Les autres psychoses chroniques (absence de syndrome dissociatif, terrain différent, début
plus tardif).
- La psychose infantile : début très précoce, aspect déficitaire majoritaire.
- Des affections neurologiques : tumorale, infectieuses, inflammatoires et dégénératives
- L’usage des toxiques
8. Evolution et complications
Les complications sont nombreuses et doivent être connues. On retrouve une triade classique :
dépression, suicide (chez 10% des schizophrènes), toxicomanie…
•Imagerie cérébrale
•Recherche de toxiques (dans le sang et les urines)
•EEG
•Bilan biologique : NFS, ionogramme, CRP, TSH, bilan hépatique, calcémie,
créatininémie, glycémie à jeun, goutte épaisse…
➢ Traitement, les 3 axes suivants :
1- Médicamenteux
• Neuroleptiques: ex. Largactil + Haldol per os ou selon le contexte, au long court voir
à vie.
Si inobservance : Neuroleptique retard (PIPORTIL, MODECATE.)
Si résistance: clozapine (LEPONEX)
En dernière ligne: ECT (électroconvulsivo-thérapie)
2- Psychothérapie de soutien
3- Sociothérapie: aide à l'insertion socioprofessionnelle
On définit classiquement trois délires chroniques non schizophréniques, chacun remarquable par la
prédominance d’un mécanisme délirant :
Ce sont des délires chroniques non schizophréniques, caractérisés essentiellement par un mécanisme
interprétatif. Les points communs aux délires paranoïaques sont l’existence :
2. Diagnostic clinique
a. Le délire d'interprétation
Dans le délire d'interprétation, les interprétations délirantes envahissent tous les champs de la vie du
sujet (vie sociale, vie sentimentale, vie professionnelle), où le vécu de persécution est permanent.
- Un postulat fondamental
- Un persécuteur désigné
- Une systématisation en secteur
- Une participation affective intense.
3. Evolution et complications
➢ Evolution chronique, au long Cours
➢ Alternance de :
• Moments féconds avec exacerbation délirante
• Moment de rémission
• le plus souvent enkystement et délire à bas bruit
- les addictions
- La dépression
- Les conduites suicidaires
- Les conduites hétéro-agressives
- La désinsertion socioprofessionnelle.
4. PRISE EN CHARGE
➢ Ambulatoire le plus souvent (Si hospitalisation : pas de HDT)
➢ Traitements
• Neuroleptique: Haldol (10 à 15 mg) et/ou Largactil (25 à 75 mg)
• Psychothérapie
• Mesures sociales
Délire chronique non schizophrénique, caractérisée par une prédominance des mécanismes avec
hallucinatoires avec automatisme mentale.
2. Terrain :
- Prédominance féminine (7 femmes/ 1homme)
- Début après 35 ans
- Isolement sociale (célibataire, veuve, divorce…)
- Trouble de la personnalité de type paranoïaque ou histrionique.
3. Diagnostic clinique :
a. Phase de début
b. Phase d'état
Le patient est souvent vu à la phase d'état, alors que les troubles évoluent depuis plusieurs mois.
4. Diagnostic différentiel
A la période de début:
A la phase d'état:
5. Evolution
- Globalement favorable sous traitement neuroleptique
- Evolution cyclique, faite de rémissions et de phases florides du délire
- Evolution vers un « enkystement» du délire: le délire reste sectorisé (le voisinage par
exemple), avec parfois la persistance d'une activité hallucinatoire a bas bruit, mais qui permet
un fonctionnement correcte.
6. Prise en charge
➢ En Ambulatoire ou en Hospitalisation (lors des moments florides du délire)
➢ Traitement
Il associe:
C. PARAPHRENIE
1. Définition
2. Terrain
- Prédominance masculine
- début après 35 ans
3. Diagnostic clinique
➢ Phase de début :
• mode de début insidieux
• possible prodromes à type de bizarrerie du discours et des activités
4. Formes cliniques
Deux formes :
5. Diagnostic différentiel
- Schizophrénie
- Autres délires chroniques non schizophréniques: paranoïa, PHC
- Episode psychotique aigu
- Confusion mentale
- Démences.
6. Evolution
7. Prise en charge
➢ Ambulatoire : l'hospitalisation est très rarement nécessaire.
➢ Traitement médicamenteux
• En l'absence de retentissement important : l'abstention thérapeutique est souvent
justifié : d'autant plus que le délire est peu pharmaco-sensible.
• Sinon : Neuroleptiques : en monothérapie (Largactil) bithérapie (Largactil + Haldol)
➢ Traitement non médicamenteux : psychothérapie de soutien et sociothérapie
VI : Les névroses
Introduction
Le terme de névrose a été inventé en 1769 par William Cullen, un neurologue écossais, pour désigner
les « maladies nerveuses » n'ayant pas de lésion anatomique observable ou de fièvre.
Le terme a ensuite été repris par Freud, et le concept actuel de névrose est largement hérité des
théories psychanalytiques freudiennes.
Les névroses selon la conception psychanalytique, sont des maladies globales de la personnalité,
comportant des symptômes (induit par un mécanisme de défense du psychisme) et une organisation
pathologique de la structure psychique, liés au même conflit infantile.
Dans le DSM-IV-TR, le concept de névrose n'existe plus et a été éclaté. Celui-ci définit d'un côté
différents types de personnalité pathologique et, d'un autre, différents ensembles syndromiques
(définis par l'association d'un certain nombre de symptômes).
- La névrose phobique a laissé place à l'agoraphobie, la phobie sociale et les phobies simples.
I. TROUBLE DE PANIQUE
1. Définition
Le trouble de panique englobe les états d'anxiété pathologique secondaire à la survenue des attaques
de panique (anciennement appelé crise d'angoisse aigue)
2. Epidémiologie
- Touche environ 1 à 3% de la population générale
- Sex-Ratio : 3 femme/1 homme
- Age moyen d’apparition : entre 20 et 30 ans
- Existe également chez l'enfant.
3. Diagnostic clinique
Le diagnostic repose sur l'association des attaques de panique récurrentes et inattendues et de
l'anxiété anticipatoire.
A. Attaque de panique
L’attaque de panique regroupe plusieurs symptômes somatiques et/ou psychiques.
L'attaque de panique survient de façon brutale et les symptômes atteignent une intensité maximale
en moins de 10 minutes. La durée totale moyenne de l'attaque de panique est de 20 à 30 minutes,
mais peut parfois atteindre plusieurs heures.
a. Cadre de survenue
L’attaque de panique peut survenir dans plusieurs contextes :
b. Symptômes somatiques
- Sueurs, Frissons, bouffées de chaleur, Palpitations, tachycardie
- Douleur thoracique
- Tremblements, Paresthésies (picotements, engourdissement)
- Sensation d'étouffement, d'étranglement, dyspnée,
- Nausées, douleurs abdominales, diarrhée, impériosités mictionnelle
c. Symptômes Psychique
- Angoisse massive
- Dépersonnalisation : sentiment de non appartenance de ses propres pensées et sensations,
de non familiarité avec son propre corps. Tout en gardant la conscience de la morbidité du
trouble, ce qui explique la peur de devenir fou.
- Déréalisation : sentiment que les perceptions du monde environnant sont irréelles.
- Peur de mourir et de perdre le contrôle
B. Anxiété anticipatoire
Crainte permanente d'avoir une nouvelle attaque de panique.
4. Formes cliniques
Le DSM-IV-TR distingue 2 formes cliniques
5. Evolution et complication
L'évolution du trouble de panique peut être :
- Le suicide par raptus anxieux (conduite impulsive, incontrôlée et irrépressible, visant à fuir
l’angoisse).
6. Conduite à tenir
➢ Éliminer une cause organique : examen clinique et au moindre doute ECG, glycémie, bilan
biologique et bilan toxique
➢ La prise en charge se fait en ambulatoire : l'indication de l'hospitalisation est très rare en
pratique courante.
➢ Le traitement aigu est celui de l'attaque de panique, qui consiste :
• Éloigner le patient des éléments anxiogènes
• Le rassurer de la disparition spontanée rapide des symptômes
• Technique de relaxation par contrôle respiratoire : respiration abdominale ample et
lente qui va permettre le retour en normocapnie et la disparition de certain nombre
de symptômes
• Si l'anxiété persiste : benzodiazépines à demi-vie courte et d'action rapide
Exemple Xanax® (Alprazolam) 0,5 mg per os ou Tranxène R 20 mg en IM.
➢ Le traitement de fond
1. Médicamenteux :
• Anxiolytiques : benzodiazépine, traitement symptomatique de l'anxiété (en gardant à
l’esprit le risque de dépendance)
• Antidépresseurs : traitement au long cours : ISRS OU IRSNA en première intention
(Paroxetine-DEROXAT® ou venlataxine-EFFEXOR®).
2. Epidémiologie
- Environ 5% de la population mondiale.
- Débute à l'adolescence ou chez l'adulte jeune.
3. Diagnostic clinique
Pour porter le diagnostic, les symptômes doivent évoluer depuis plus de 6 mois. L'anxiété n'est pas
justifiée par des éléments réellement anxiogènes et apparait démesurée. On note :
a. Symptômes psychiques
- Anxiété de fond permanente avec sensation d’insécurité : ruminations anxieuses, pessimisme,
peur de perdre le travail, de tomber malade ou qu'il arrive malheur aux autres...
- Anxiété anticipatoire : le patient s'attend à des malheurs divers.
b. Symptômes physiques
- Tension musculaire et des algies diverses
- Frilosité, tremblement
- Palpitation
- Troubles digestifs
- Troubles du sommeil
4. Evolution et complications
Evolution :
5. Prise en charge
La prise en charge se fait en ambulatoire : l'indication de l'hospitalisation est très rare en pratique
Courante.
➢ Traitements
1- Médicamenteux
• Anxiolytique : en tenant compte de la dépendance avec les benzodiazépines.
• Antidépresseurs : IRS (Paroxetine-DEROXAT®) en 1ère intention.
L’angoisse n'existe que lorsque le sujet se trouve confronté à l'objet ou à la situation phobogène et
disparait à l'éviction de l'objet.
A. PHOBIES SIMPLES
a. Définition
Les phobies simples (ou phobie spécifiques) sont des phobies limitées à un stimulus précis (objet ou
situation).
b. Epidémiologie
- Prévalence de 7 à 11 % en population générale.
- Prédominance féminine : 2 femmes pour 1 homme.
c. Diagnostic clinique
- Peur intense et excessive déclenchée par la présence ou l'anticipation d'un stimulus précis
- L’exposition au stimulus est donc évitée, ou affrontée avec une anxiété majeure.
- Le trouble doit perturber de manière significative les activités sociales et/ou professionnelles.
d. Prise en charge
➢ En ambulatoire
➢ Traitement Psychologique : par la thérapie cognitive et comportementale, avec techniques
d'exposition en imagination et in vivo.
Thérapies de durée brève (quelques semaines) sont en général très efficaces.
B. AGORAPHOBIE
a. Définition
L’agoraphobie se définie comme la crainte de se retrouver dans un endroit d'où il pourrait être difficile
de partir, ou dans lequel on pourrait ne pas trouver de secours en cas d’attaque de panique (foule,
ponts, espaces découverts, magasins...)
b. Epidémiologie
- La plus fréquente des phobies
- Prévalence de b% dans la population générale.
- Sex-ratio : 2 femmes pour 1 homme
- Début des troubles chez l'adulte jeune (18-35 ans).
c. Diagnostic clinique
La clinique repose sur :
- L'anxiété anticipatoire importante : angoisse apparaissant dès que le patient quitte son
domicile
d. Evolution et complications
L'évolution est marquée par :
e. Prise en charge
➢ La prise en charge se fait en ambulatoire : l'indication de l’hospitalisation est très rare en
pratique courante.
➢ Traitements :
1- Médicamenteux :
• Anxiolytique : en tenant compte de la dépendance avec les benzodiazépines.
• Antidépresseurs : IRS (Paroxétine-DEROXAT®) en première intention.
2- Psychothérapie : cognitive et comportementale avec des techniques d'exposition progressive
aux situations phobogènes (flooding) et des techniques de relaxation efficaces sur les
symptômes anxieux.
C. PHOBIE SOCIALE
a. Définition
La phobie sociale est un trouble anxieux très fréquent, caractérisé par une peur des contacts sociaux
amenant à l'évitement de ces contacts.
b. Epidémiologie
- Prévalence : de 3 à 13% en population générale
- Apparition des troubles à l'adolescence le plus souvent
- Prédominance féminine : 3 femmes pour 1 homme.
- Personnalité évitante.
c. Diagnostic clinique
- Sentiment de crainte ou de honte ressentis lorsque le sujet est exposé à l'attention ou au
regard d'autrui.
- Ce ressenti provoque une peur intense et incontrôlable de ces situations (pouvant prendre la
forme d'une attaque de panique)
- Parfois les situations sont affrontées, avec une importante anxiété anticipatoire,
éventuellement avec l'aide d'anxiolytiques (alcool, benzodiazépine...)
- La peur est centrée sur le fait de paraitre ridicule, ou de montrer des signes d’angoisse voix
tremblante, rougissement, tremblement...)
d. Evolution et complication
L’évolution :
• Dépression
• Suicide
• Abus de toxique (alcool, benzodiazépine.).
e. Prise en charge
➢ En Ambulatoire
➢ Traitements :
1- Médicamenteux :
• Antidépresseurs (ISR ou IRSNA)
• Anxiolytiques ponctuels (benzodiazépine, buspirone)
• Beta bloquant : propanolol 1 heure avant les situations d'anxiété
2. Epidémiologie
- Prévalence : 1,5 à 2,5% en population générale.
- Sex-ratio de 1
- Débute avant 15 ans dans 30% des cas, avant 25 ans dans 60% des cas.
3. Etiopathogénie
Des études neurobiologiques montrent qu'il existe une perturbation de ta fonction sérotoninergique
dans le TOC (ce qui est cohérent avec l'efficacité du traitement).
Il existe des TOC apparaissant après des infections par streptocoque A : les TOC PANDAS (pediatric
autoimmune neuropsychiatric disorders associated with streptocoques). Ici le mécanisme auto-immun
parait être en cause : développement d'auto-anticorps anti neuronaux, ayant un tropisme sélectif
pour les noyaux gris centraux ; et bonne efficacité thérapeutique de traitement immun modulateurs.
4. Diagnostic clinique
La clinique associe les obsessions et les compulsions. Mais il existe rarement les formes purement
obsessionnelles ou purement compulsives.
1- Les obsessions : représentation psychique qui surgit dans la pensée du patient reconnu
comme émanent de sa propre activité mentale, mais incontrôlable, et contre laquelle il doit
combattre. L’obsession est ressentie comme une pensée intrusive, anxiogène du fait de son
caractère incontrôlable. Elle est le plus souvent reconnu comme absurde.
Il existe 3 types d'obsession :
2- Les compulsions : acte répétitif à but anxiolytique, visant à ((conjurer)) les obsessions, que le
patient sent contraint de réaliser, même s’il reconnait son caractère absurde. Cet acte est
souvent extrêmement codifié, prenant un caractère de rituel.
Il existe 2 types de compulsions
• Mentales : pensée ou acte mental ritualisé, que le patient s’oblige à avoir (récitation d'une
liste de mots, comptage ou calcul précis (arithmomanies). Les compulsions mentales ont
souvent pour but de conjurer une obsession idéative.
• Extériorisées : acte ritualisé, que le patient s'oblige à accomplir (lavages des mains,
vérifications multiples, rangement d’objet...)
5. Evolution et complications
- Décompensation dépressive fréquente,
- Tentative de suicide
- Invalidité sociale et professionnelle.
- Abus de toxiques (alcool, benzodiazépine...).
6. Prise en charge
➢ Ambulatoire : hospitalisation en cas de troubles invalidants ou lorsqu'il existe une
décompensation dépressive.
➢ Traitements :
1- Médicamenteux : IRS ( Paroxétine-DEROXAT®) à dose plus élevées que dans la dépression
ou les autres troubles anxieux. L'efficacité du traitement se manifeste qu'après 8 à 12
semaines du traitement.
2- Psychothérapie : d'orientation cognitive et comportementale.
2. Epidémiologie
- Prévalence variable selon le type de population et la nature de l'événement traumatique
- Le type de traumatisme après lequel le taux d'ESPT semble être le plus fréquent est le viol
(plus de S0% de victimes développement un ESPT)
3. Facteurs de risque
- Sexe féminin : pour un même événement traumatique 2 fois plus chez la femme
- Nature de l'évènement et le lien avec le traumatisme précoce du sujet
- Les antécédents de troubles anxieux et de dépression.
4. Diagnostic clinique
A distance de l'évènement, les symptômes observés sont :
- Un syndrome de répétition : caractérisé par des réviviscences sous forme de pensée d'image
(flash-back) de la situation traumatisante et des cauchemars à répétition.
- Conduite d’évitement : tout stimulus évoquant le traumatisme est évité (lieux, personnes, des
détails rappelant le traumatisme...)
5. Evolution et complications
- Evolution chronique
- Complications
• Dépression, conduites suicidaires
• Abus ou dépendance aux substances toxiques.
• Autres troubles anxieux
• Retentissement socioprofessionnel.
6. Prise en charge
➢ Ambulatoire
➢ Traitements :
1- Médicamenteux :
• Antidépresseurs (IRS)
• Les benzodiazépines sont à éviter dans la mesure du possible. Si besoin en usage
ponctuelle.
2- Psychothérapie : d'orientation cognitive et comportementale
2. Epidémiologie
- Prévalence : de 0,3 à 1% de la population
- Sex-ratio : 2 à 10 femmes pour 1 homme.
- Début le plus souvent brutal
3. Psychopathologie
Les troubles conversif sont historiquement décrit par les psychanalystes (Freud) et font partie des
névroses dites « hystériques » ; le symptôme organique représenterait le moyen de résolution
symbolique d'un conflit psychologique inconscient : afin de maintenir le conflit en dehors de la
conscience et d'apaiser les tensions internes, le patient « convertit » une angoisse psychique en
symptôme somatique, d'où le terme de conversion hystérique.
4. Clinique
Les troubles conversifs peuvent être d’expression physique ou psychique. Les caractéristiques
communes des symptômes conversif sont :
- Troubles fonctionnels
- Pas de systématisation sémiologique, examen clinique anormal mais atypique et examens
paracliniques anormaux.
- Tolérance paradoxalement bonne des symptômes : « la belle indifférence »
- Affectent la vie relation : théâtralisme de la présentation des symptômes, qui se déclenchent
souvent en public.
A- Troubles conversifs d’expression physique
Les symptômes sont variés et peuvent être moteurs, sensitifs, sensoriels ou viscéraux.
• Torticolis
• Opisthotonos
• Crises d’allure convulsive
• Astasie-abasie (impossibilité de se tenir debout et de marcher)
• Paralysies…
➢ Symptômes viscéraux :
• Vomissements psychogènes
• Diarrhée
• Algies divers
• Rétention aiguë d’urine
• Globushystéricus (sensation de corps étranger dans la gorge)
• Pseudocyesis (grossesse nerveuse).
- Amnésie dissociative : amnésie élective concernant des souvenir personnels importants (ex :
langue maternelle), non expliquée par un trouble mnésique neurologique et limitée à une
période précise de l’histoire du patient.
- La fugue dissociative : départ soudain et non planifié de son milieu de vie habituel,
s’accompagne d'une incapacité à se souvenir de son passé et de son identité (amnésie
dissociative)
- Stupeur dissociative : dure quelques heures à quelques jours, elle est caractérisée par
• Suspension de l’activité motrice (immobilité)
• Mutisme
• Aréactivité aux stimuli extérieurs.
5. Evolution et complication
L'évolution se fait :
6. Prise en charge
➢ Ambulatoire
➢ Eviter les hospitalisations : à réserver aux cas handicap sévère ou d'épisodes psychiatriques
intercurrents (ex : dépression).
➢ Eliminer formellement une affection organique, puis limiter les examens inutiles.
➢ Réduire le bénéfice secondaire en écartant l'entourage du patient et en réduisant les visites
fréquentes des soignants
➢ Traitements :
1- Médicamenteux : Benzodiazépine (VALIUM®) de durée brève.
2- Psychothérapie : analytique ou TCC avec relaxation et suggestion (persuasion ferme et
progressive de l'absence de cause organique du symptôme).
3- Bonne hygiène de vie : sport en vue de réduire le stress.
I. DEFINITIONS
Suicide : Le suicide est une mort volontaire. Il résulte d'un comportement conscient, soit actif (geste
suicidaire : pendaison, défenestration, phlébotomie...) ou passif (refus de s'alimenter, interruption de
traitement...). On parle alors de sujet suicidé.
Tentative de suicide (TS) : Comportement par lequel le sujet met consciemment sa vie en danger, sans
toutefois aboutir à la mort. On parle alors de sujet suicidant.
Idées suicidaires : Les idées suicidaires sont un désir de mort. On parle de sujets suicidaires.
Equivalents suicidaires : Conduites à risque ne résultant pas d'un raisonnement conscient, mais
mettant systématiquement la vie en danger (usage répété de stupéfiants dangereux, pratiques
sexuelles à risque, automutilations, mises en situations dangereuses).
Conduites suicidaires : Ensemble nosographique regroupant les idées suicidaires, les tentatives de
suicide, les suicides et les équivalents suicidaires.
Cas de la France :
Toutes TS ou idées suicidaires aux urgences doit bénéficier d'un entretient psychiatrique. Dans un
contexte évocateur de crise suicidaire, on s’appuiera sur certains éléments validés pour évaluer le
risque de passage à l’acte et guider la prise en charge. On le décompose en « risque », « urgence » et
« dangerosité »,
Ce sont les éléments généraux, que l’on recherche dans l’anamnèse du patient, qui sont
statistiquement associes à un risque de suicide. On les découpe en 3 groupes :
➢ Les facteurs de risque secondaires : Ils correspondent à la biographie, aux événements de vie
et aux possibles facteurs déclenchant. Ils ont une faible une faible valeur prédictive en
l’absence de facteur de risque primaire.
• Pertes parentalies précoces
• Isolement social (célibat, veuvage...)
• Chômage
• Difficultés financières
• Evénement de vie négatif (deuil, perte d'emploi, fausse couche…).
Dans un contexte de crise, on se base sur 6 critères évaluables immédiatement pour caractériser
l'importance de la situation de crise suicidaire :
- Le niveau de souffrance : désespoir, repli sur soi, isolement social, sentiment de dévalorisation
ou d'impuissance, sentiment de culpabilité...
- Le degré d’intentionnalité : recherche ou non d'aide, attitude par rapport à des propositions
de soins, plan ou scénario envisagé....
I. Généralités
Les conduites additives regroupent l'ensemble des modalités d'usage pathologique d'une
Substance psychoactive : l'abus et la dépendance.
1. Définition
Drogue : substance d'origine naturelle ou obtenue par synthèse possédant un effet sur le psychisme.
Dépendance elle prend en compte les notions de dépendance psychique (autrefois appelée
accoutumance), de dépendance physique, et enfin de tolérance.
- La dépendance psychique : envie irrésistible de consommer une drogue dans le but de créer un
plaisir ou d'annuler une tension ;
- La tolérance : est le processus d'adaptation d'un organisme à une substance, qui s'établit par
l'affaiblissement progressif des effets de celle-ci et entraine la nécessité d'augmenter la dose
pour obtenir les mêmes effets,
Toutes les drogues peuvent causer un tableau délirant aigu (pharmacopsychose), sorte de BDA
déclenchée par la substance.
Il est donc impératif de rechercher une Co addiction ou une pathologie sous-jacente devant toute
situation d'addiction.
➢ Histoire de l’addiction :
- Première consommation, 1ère ivresse
- Histoire des quantités consommées
- Histoire des tentatives de sevrage leur contexte, leur efficacité et traitement proposé.
- Co-addictions.
➢ Motivation du changement
➢ Complications somatiques
➢ Recherche de troubles psychiatriques
➢ Contexte socio-économique et familial
II. Alcoolisme
1. Epidémiologie
- Consommation en baisse régulière en France depuis 40 ans.
- 2e cause de mortalité évitable : 37.000 décès par an soit 14% décès chez les hommes et 3%
chez les femmes,
- 14% de consommateurs quotidiens (forte tradition française), plus de 10% des hommes sont
des consommateurs à risque contre 3% des femmes (cependant, cet écart se réduit).
- Mésusage d'alcool très souvent associé à d'autres addictions (tabac, anxiolytiques...).
2. Classification de l'alcoolisme
Il existe de nombreuses classifications de l'alcoolisme, Une classification épidémiologico-clinique simple
définit deux types d’alcoolisme :
Alcoolisme primaire : débute par une consommation « sociale », évolution lente vers la dépendance Il
se complique souvent de troubles psychiques secondaires (dépression, troubles anxieux).
Alcoolisme secondaire ; présence de troubles psychiques antérieurs à l'alcoolisme. Les troubles le plus
souvent retrouvés sont : troubles de personnalité (en particulier antisociale et borderline), troubles
bipolaires et la schizophrénie.
3. Dépistage
Il devrait être systématique, chez tous les patients, quel que soit le motif d'hospitalisation ou de
consultation. Il consiste :
- Interroger son patient sur sa consommation d'alcool, en s'appuyant sur le questionnaire DETA
(diminuer, Entourage, Trop, Alcool)
D : avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?
E : votre Entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d’alcool ?
A : avez-vous déjà eu besoin d'alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?
4. Clinique de l'alcoolisme
a. Intoxication alcoolique aiguë
Il existe 3 formes cliniques :
- Euphorie
- Désinhibition
- Incoordination motrice, trouble de l'équilibre et dysarthrie
Ivresse simple : examen clinique complet, recherche et traitement d'une hypoglycémie, Repos au calme,
hydratation per os (parentérale si impossible)
Ivresse pathologique : aux mesures d'Ivresse simple s'ajoute, une Hospitalisation en urgence, sous
contrainte si besoin, un traitement par neuroleptiques sédatifs (ex : TERCIAN), si agitation et/ou
neuroleptique anti productif (HALDOL), si délire et prévention du syndrome de sevrage.
➢ Psychologique :
- Psychothérapie de soutien
- Psychothérapie cognitivo-comportementale
- Thérapie d'orientation psychanalytique et thérapie familiale peuvent dans certains cas être
proposée
III. Tabac
La dépendance au tabac présente les mêmes caractéristiques que les autres dépendances.
La principale substance induisant cette dépendance est la nicotine,
1. Epidémiologie
- Le tabac est responsable de 60.000 morts par an en France.
- 1/4 des 18-75 ans sont des fumeurs.
- Le tabagisme et pathologies psychiatriques sont très liés : 50 à 90% des patients présentant un
trouble psychiatrique sont des fumeurs.
- Chez les patients schizophrènes, on retrouve environ 80% de fumeurs.
2. Complication
- Cancers ; broncho-pulmonaire, voies aéro-digestives supérieures et de la vessie
- Respiratoire : bronchite chronique et BPCO, insuffisance respiratoire chronique
- Cardiovasculaire : HTA, athérome et coronaropathie
- Gynéco-obstétricales : grossesse extra-utérine, interruption spontanée de grossesse, retard de
croissance intra-utérin, mort fœtale in utéro, mort subite du nourrisson ....
3. Symptômes de sevrage
- Irritabilité
- Agressivité
- Anxiété
- Difficulté de concentration
- Troubles du sommeil
- Humeur dépressive
- Augmentation de l'appétit.
4. Prise en charge
- Toujours proposer l'arrêt du tabac
- Traitement substitutif à la nicotine ; patchs transdermiques, gommes ou inhalateurs
- Médicaments ;
- Bupropion : diminue l'envie de tabac
- Varécicline; diminue les symptômes de sevrage et la sensation de plaisir (attention au risque
suicidaire).
IV. Cannabis
1. Généralités
La drogue illégale la plus consommée en France : peu coûteux et rependu.
- 56% des moins de 18 ans en ont déjà consommé au moins 1 fois dans leur vie et 25% en
consomme régulièrement
- Le delta9-tétrahydro-cannabinol (THC) est le principe actif issu du chanvre indien, il peut être
extrait et présenté sous forme d'herbe, de résine...
3. Intoxication chronique
- Syndrome amotivationnel
- Troubles mnésiques
- Troubles du sommeil
- Pharmacopsychose
- Attaque de panique
- Décompensation d'une pathologie psychiatrique (schizophrénie...)
- Complications somatiques.
4. Sevrage
Pas de signes spécifiques (anxiété, irritabilité, insomnie, tremblement...)
5. Prise en charge
- Repose sur le principe de motivation du patient et une relation thérapeutique de qualité
- Traitement médicamenteux symptomatique du sevrage.
- Traitement des troubles psychiatriques et/ou somatique associés
- Psychothérapie : thérapie familiale, thérapie cognitive et comportementale,
V. Les opiacés
Les opiacés sont des substances dérivées de l'opium. Il s'agit de :
- Héroïne : la plus utilisée, soit sniff (par voie nasale), soit en shoot (voie IV).
- Morphine
- Dérives morphiniques : codéine (NEO-CODION), buprénorphine (TEMGESIG).
1. Intoxication aigue
- Plaisir intense (flash)) avec sensation de bien-être de quelques heures, puis « descente » :
- Anxiété, malaise...
- Overdose ; coma calme, myosis bilatéral peu réactive, œdème pulmonaire, collapsus et
dépression respiratoire.
2. Intoxication chronique
- Complications infectieuses dues au partage de matériel d'injection (VIH, VHB, VHC, abcès,
endocardites infectieuses...)
- Complications gynéco-obstétricales
- Troubles du comportement, agitation et syndrome déficitaire.
- Marginalisation, recours au vol et à la prostitution.
3. Syndrome de sevrage
- Anxiété, irritabilité, insomnie
- Sueurs
- Catarrhe occulo-nasal
- Mydriase
- Myalgies, crampe abdominale
- Vomissements, diarrhée (risque de déshydratation)
- HTA, tachycardie
4. PRISE EN CHARGE
➢ Sevrage :
- Ambulatoire ou hospitalier, bas2 sur le volontariat du patient et une prise en charge
multidisciplinaire
- Traitement symptomatique: hydratation, anxiolytiques, antalgiques (clonidine-CATAPRESSAN).
- Traitement de substitution:2 molécules; buprénorphine (SUBUTEX) et méthadone: Règles
strictes de prescription
- A débuter dès l'apparition des premiers signes de sévrage, en ayant défini précisément les
objectifs avec le patient.
VI. Cocaïne
Alcaloïde obtenu à partir de feuilles de coca, consommé essentiellement par voie nasale. Le
crack est un dérivé de la cocaïne, pouvant être fumé.
1. Intoxication aigue
- Sensation de plaisir intense
- Euphorie
- Disparition de la sensation de fatigue
- Impression d'augmenter les facultés cognitives
- «craving»: la cocaïne est l'une des substances pour lesquelles le craving (besoin irrésistible de
consommer immédiatement) est le plus important
- Tachycardie, hypertension artérielle, tachypnée, hyperthermie, insomnie et diminution de
l'appétit
2. Intoxication chronique
- Traumatisme de la muqueuse nasale
- Cardiovasculaire: HTA, angor, AVC.
- Neurologiques: épilepsie, a:ouphène
- Gynéco-obstétricales: interruption spontanée de grossesse, malformation, pré éclampsie et
hématome rétro placentaire
- Psychiatriques: pharmacopsychose, troubles du comportement, attaque de panique
- Sociales: désinsertion socioprofessionnelle, endettement.
3. Prise en charge
Repose sure :
- La motivation du patient
- La prise en charge de l'anxiété liée au sevrage (traitement anxiolytique adapté)
- Psychothérapie : TCC, thérapies familiales