Diagnostic des systèmes de culture en Haïti
Diagnostic des systèmes de culture en Haïti
REPIBLIK D’AYITI
REPUBLIQUE D'HAITI
Remerciements
Ce travail a été rendu possible grâce au financement de la Banque Interaméricaine de
Développement à travers le Programme DEFI et aux supports technique et logistique du Centre
de Savane Zombi, notamment de son directeur : l’ingénieur-agronome Jean Félix LACOUTURE.
Qu’il trouve ici l’expression de nos sincères remerciements !
sans oublier les Ingénieurs-agronomes Rose Erda EUGÈNE (SDRT) et Montrose Paul pour leur
aide dans l`interprétation des cartes topographiques.
Merci aux habitants des différentes zones, pour leur contribution et collaboration dans la
réalisation des enquêtes de terrain. Puisse ce rapport contribuer à une amélioration de leur
condition d’existence !
Merci enfin aux Ingénieurs-agronomes Joseph Serge DUROSIER et Férère JEAN-CHARLES pour
le temps qu`ils ont bien voulu consacrer à la lecture critique du document et surtout pour la
qualité du travail effectué.
iii
Résumé exécutif
Contexte et objectifs
Au cours l’été 2012, le Centre de Recherche - Développement de Savane Zombi avait
commandité - à travers le Programme de Développement Économique des Filières Rurales
(DEFI) financé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID)- une étude-diagnostic sur
les systèmes de cultures maraîchers pratiqués au niveau du morne des Commissaires. L’objectif
de ce travail était d`aider ledit Centre à affiner l’analyse de ces systèmes de culture afin d’avoir
une bonne idée de la situation de départ et de mieux cibler les activités de recherche et de
développement qui seront menées dans le cadre de la mise en œuvre de l`axe prioritaire «
Appui à la production maraîchère d’altitude ».
Méthodologie
Utilisant l`approche système, la démarche retenue a consisté à identifier/confirmer en premier
lieu les zones de grande production maraîchère pouvant présenter un niveau d’analyse
pertinent à l’échelle du territoire. Les zones choisies ont été celles d`Oriani, Gros cheval, Boucan
chat/Chapotin, Savane Zombi qui représentent les grands bassins de production maraîchère de
la zone sous étude.
Dans un deuxième temps, quatre (4) focus groupes ont été réalisés afin de dresser un premier
aperçu des catégories d`exploitation agricole existant dans les zones sélectionnées. Cette étape
a été confrontée aux réalités de terrain par la réalisation d’enquêtes semi-directives auprès de
cent cinquante-trois (153) producteurs possédant au moins une parcelle maraîchère. Les
entretiens avaient pour objectif d`inventorier et de caractériser dans un premier temps les
ressources des exploitations agricoles, puis d’identifier et de caractériser les systèmes de
culture actuels. Cette phase a permis de comprendre les associations et les successions de
cultures pratiquées, les itinéraires techniques suivis, les contraintes et les atouts liés aux
conditions du milieu ainsi que les valeurs ajoutées créées par les différents systèmes de culture.
La troisième étape consista à représenter la réalité observée au travers d’un outil théorique :
une typologie des exploitations. Cet outil a permis, en simplifiant la réalité, d`avoir une idée du
système agraire actuel dans son ensemble, avec aujourd’hui pas moins de sept (7) types
d’exploitations agricoles familiales différents dans la zone étudiée.
iv
Résultats
L`analyse des données recueillies auprès des agriculteurs révèle quatre (4) grandes
caractéristiques de la situation foncière des exploitations agricoles du Morne des
Commissaires :
a. La prédominance du mode faire valoir direct (FVD) sur le mode de faire valoir indirect
(FVI)
b. La prépondérance de la moyenne propriété, la codominance de la petite et la « grande »
propriété
c. La primauté de la « grande» exploitation
d. Le faible niveau de morcellement des exploitations agricoles avec toutefois une
tendance à la concentration du foncier au niveau des moyennes et « grosses »
exploitations.
La mécanisation agricole est complètement absente. Toutes les exploitations recourent à la
main d`œuvre familiale et à la main d`œuvre extérieure. L`accès à cette dernière s`opère selon
deux modes, le salariat et l`entraide.
Les résultats montrent aussi que l'agriculture pratiquée est essentiellement pluviale. Les
précipitations sont à la fois abondantes et inégalement réparties dans le temps et dans
l'espace.
A l’échelle des cultures, le haricot et la pomme de terre occupent une place prépondérante
avec plus de 90 % des agriculteurs interviewés. Le maïs et le chou sont également importants
(près de 85 % des enquêtés). La carotte représente les 55 %. Le mirliton (christophine) et
l’oignon se retrouvent à des niveaux comparables (20-21% des personnes interrogées) suivis
des autres cultures qui sont pratiquées à un niveau moindre.
Parmi les associations de culture se trouvant en place au moment de l`enquête, les plus
fréquentes étaient : Pomme de terre/haricot/maïs, Haricot/maïs, Pomme de terre/haricot,
Café-banane-etc.
La monoculture est pratiquée essentiellement pour les cultures suivantes : chou, carotte,
haricot, pomme de terre, oignon, pois France, maïs, patate, poireau, banane, tomate.
Les principaux systèmes de culture que l'on retrouve dans les exploitations agricoles sont
hiérarchisés comme suit, en fonction de la valeur ajoutée brute à l`hectare (VAB/ha/an) :
- Café -banane-mirliton-mazombelle 389.918,00 gourdes
- Oignon 343.780,00 gourdes
- Carotte 256.090 gourdes
- Pomme de terre-haricot 189.052 gourdes
- Pomme de terre 172.610 gourdes
- Pomme de terre – haricot – maïs 154.958 gourdes
- Chou 108.916 gourdes
- Pois France 108.267 gourdes
- Haricot 54.020 gourdes
- Haricot – maïs 40.528 gourdes - Café – banane – avocat 31.753 gourdes - Maïs
19.214 gourdes.
Les techniques de culture sont manuelles et sommaires. L`outillage/équipement agricole
rencontré dans la zone consiste en matériel de travail du sol (houe, pelle, râteau), de plantation
(barres à mines, pioche), de désherbage (houe, machette, serpette), d`arrosage (arrosoir,
bassine, calebasse), de traitement (pulvérisateur), de récolte (houe, serpette, couteau).
L`utilisation de fertilisants est limitée : la pomme de terre et le chou sont les cultures qui en
reçoivent le plus (particulièrement du fumier). Derrière eux, se trouvent la carotte et l’oignon.
La patate, le pois d`Angole, le pois France et le café (moins de 100 kg/ha d`engrais) figurent au
nombre des cultures les moins fertilisées.
vi
Les rendements agricoles moyens sont faibles au regard des potentiels des espèces
concernées : 3 t/ha (carotte), 6 t/ha (chou), 0.33 t/ha (haricot), 0.51 t/ha (maïs), 0.27 t/ha (pois
France), 5.45 t/ha (pomme de terre).
Ces exploitations sont relativement intégrées au marché, aussi bien pour l’approvisionnement
que pour la commercialisation. Selon les productions, la part vendue ou autoconsommée peut
être élevée ou faible et est variable dans le temps.
Si des cultures comme le haricot, la pomme de terre, le chou et le maïs sont pratiquées par la
grande majorité, d`autres telles la carotte, le pois France (petit pois), la banane, le café,
l`igname et le taro sont cultivées surtout par les plus nantis tandis que le pois d`Angole et la
tomate intéressent beaucoup plus les petits.
Recommandations
La résolution de ces diverses contraintes requiert des actions à plusieurs niveaux. Ainsi la
difficulté que représente l`écoulement de la production ne pourra être levée que par la
réalisation d`un réseau de communication performant.
Les contraintes d`organisation ne pourront être allégées (voire supprimées) que dans la mesure
où un regroupement des paysans sera possible. Ceci contribuerait à une meilleure organisation
et une amélioration de la distribution des intrants et matériels agricoles.
Il faudrait également créer des voies de desserte locale, des pistes de production, des
bâtiments.
Mots-clés : Thiotte, Fonds Verrettes, Morne des Commissaires, Savane Zombi, Oriani, Gros
cheval, Boucan chatte/Chapotin, focus groupe, exploitation agricole, système de culture,
association de culture, rotation culturale, itinéraire technique, monoculture, typologie,
enquêtes, cultures annuelles, produit brut, consommations intermédiaires, valeur ajoutée.
Ca Carotte
Caf : Café
CI : Consommation intermédiaire
: Institution de financement
EA : Exploitation agricole
Ha : Haricot
HJ : Homme-jour
Ma : Maïs
MO : Main d’œuvre
PB : Production brute
Pf : Pois France
PU : Prix unitaire
Tableau 1 : Calculs des résultats économiques : différents indicateurs économique estimés pour
Liste des figures
Figure 1 : Pluviométrie en millimètre (mm) à Savane Zombi (SMN, 1986). ...................................
4
Figure 2 : Température en degré Celsius ( 0C) à Savane Zombi (SMN, 1986). ................................ 5
Figure 3 : Arbre à problèmes relatif au manque de débouché pour la pomme de terre ...............
17
Figure 4 : Arbre à problèmes relatif à l’insuffisance de moyens financiers .................................
18
Figure 5: Arbre à problèmes relatif à la difficulté d’approvisionnement en semences ................ 19
Figure 6: Arbre à problèmes relatif à la pourriture au champ, en stockage et à la
commercialisation .........................................................................................................................
20 Figure 7: Importance relative des
cultures .................................................................................... 37
Figure 8 : Importance relative des systèmes de culture pour les quatre zones de production ...
58 Figure 9 : Performance moyenne des principaux systèmes de culture en
gourde ...................... 62 Figure 10 : Calendrier de production agricole pour la zone de Savane
Zombi ............................. U
Figure 11 : Calendrier de production agricole de la zone d’Oriani ................................................
V
Figure 12 : Calendrier de production agricole de la zone de Gros cheval .....................................
W
Figure 13 : calendrier de production agricole de la zone de Boucan chatte/Chapotin .................
X
xv
Annexe 21 : Répartition dans les types des exploitations selon le mode de fertilisation ...........
HH Annexe 22: Répartition dans les zones des exploitations selon le mode de
fertilisation ........... HH
Annexe 23: Quantité moyenne de fertilisants chimiques apportée à l`hectare selon le type ....
HH Annexe 24: Entretien et défense de quelques cultures (résumé
comparatif) .................................. II
Annexe 25: Production des exploitations agricoles par rapport au nombre de bouches à nourrir
(en kg/personne) ............................................................................................................................
II
Annexe 26: Rendement agricole (en tonne/ha) en fonction des catégories d`E.A .......................
JJ
Annexe 27: Rendement de la pomme de terre selon le type d`exploitation ................................
JJ
Annexe 28: Valeur ajoutée brute (en gourde) des systèmes de cultures selon le type ................
KK
Annexe 29: Valeur ajoutée brute (en gourde) de quelques cultures par rapport au nombre de
bouches à nourrir .........................................................................................................................
LL
Annexe 30 : Produits, coûts et valeurs ajoutées bruts des systèmes de culture ......................
MM
Annexe 31: Valeur ajoutée moyenne des systèmes de culture par type d’exploitant (en gdes) ..
NN Annexe 32 : Part (en %) des différents postes dans les consommations
intermédiaires ........... OO
I.- Introduction
1.1.- Contexte et justification de l’étude
Le Gouvernement d`Haïti qui a reçu, à travers le Ministère de l’Agriculture, des
Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), un don de la Banque
Interaméricaine de Développement (BID) pour le financement du Programme de
Développement Économique des Filières Rurales (DÉFI) utilise une partie de ces fonds pour
relancer les activités de recherche au niveau du Centre de recherche-développement de Savane
Zombi (Thiotte / département du Sud-est). L’axe prioritaire « Appui à la production maraîchère
xvii
d’altitude » a été retenu en vue de répondre aux problèmes que confrontent les agriculteurs
dans ce domaine.
Au niveau dudit axe, les problèmes de base limitant la production ont été déjà identifiés afin de
mettre en œuvre ce programme de recherche pour les espèces ciblées. En vue de mesurer le
niveau probable d`adoption des innovations qui seront proposées, il importe de déterminer la
situation de départ avant même le démarrage des activités de recherche. Par conséquent, des
études-diagnostic ou de potentiel agricole doivent être menées afin d`avoir une connaissance
plus approfondie de la réalité actuelle dans les zones de production.
Dans ce contexte, le Centre de Savane Zombi a commandité auprès de la Faculté d`Agronomie
et de Médecine Vétérinaire (FAMV) un stage permettant d`étudier les systèmes de culture
maraîchers pratiqués avec un accent particulier sur la pomme de terre, le chou pommé, le
mirliton, la carotte, l`oignon.
1.2.- Objectifs
latitude, et 71 o.81 de longitude. C`est un plateau au relief très marqué dans toutes les
directions. L`altitude moyenne est de 1432 mètres. Les pentes faibles alternent avec des
pentes moyennes (Annexe 2). Savane Zombi est réputée pour son climat humide et les
caractéristiques de son sol qui favorisent le développement des cultures maraîchères et
d’autres cultures rarement rencontrées dans d’autres endroits à travers le pays. Les sols de la
région ont une très faible capacité de rétention en eau.
Du point de vue de la communication, cette zone est desservie par l`axe routier Port-
auPrince-Belle Anse qui traverse le territoire et une route menant vers la République
dominicaine.
Pour écouler les produits agricoles vers Port-au-Prince, ses habitants utilisent ce tronçon de
route jusqu’au point de rencontre avec la route nationale # 4.
2.1.3.-Climat
Pluviométrie
Savane Zombi reçoit une pluviométrie moyenne de 2 230 mm de pluie inégalement répartie sur
toute l’année. Elle présente une saison pluvieuse (avril-octobre) en forme de « M » avec des
pics aux mois de mai et octobre et une saison sèche qui va de novembre à mars. En témoigne la
figure (1). Sur le plan hydrographique, le milieu est très mal drainé, les eaux de pluie en
provenance des collines de la localité « l`Espèce » s`accumulent au niveau de la Saline.
4
450
400
350
300
250
200 Pluviométrie
5
150
100
50 0
Mar
Aou
Nov
Mai
Dec
Sep
Oct
Fev
Avr
Jan
Jn
Jl
Figure 1 : Pluviométrie en millimètre (mm) à Savane Zombi (SMN, 1986).
Température
La température moyenne annuelle à Savane Zombi est de 16.50C avec un minimum de
10.3oC et un maximum de 22.7oC (figure 2).
60
50
40
30
20
10
0
J F M A M J J A S O N D
C`est une zone enclavée. L`habitat est moyennement dispersé. Les localités les plus importantes
de la section sont : Colonie agricole, la Trahison, Geffrard, …
La colonie agricole d’Oriani accuse une température: 28°C (82°F). L'humidité relative est de
79%. La vitesse du vent: 3.1 mps / 11 kmh / 7 miles/h pour la période de septembre à octobre
2012.
Sur le plan hydrographique, Gros cheval est drainé par un très grand nombre de vecteurs
(ravine Goman au Sud-ouest, ravine Alphonse au NE qui confluent au niveau de Simon; ravine Ti
bonm qui est un affluent de la rivière Gordon qui draine partiellement le plateau d`Oriani
(Annexe 2).
Sur le plan de la communication, une bretelle relie Gros cheval à Forêt des Pins. Le tronçon
d`Oriani est branché sur cet axe.
Boucan chatte est formé de quelques petits plateaux au relief très mamelonné, notamment au
niveau des collines orientées vers le NE de la localité. Les collines orientées sur la façade SE
7
présentent une structure différente. Il s`agit de petits plateaux entremêlés de chaînons. Les
pentes sont très élevées (40 – 50%) au niveau de Boucan chatte.
Sur le plan hydrographique, la localité est très bien drainée par plusieurs vecteurs qui confluent
vers une rivière en République dominicaine. L`habitat est dispersé en général, mais la
population est réunie aussi au niveau d`agglomérations.
III.- Méthodologie
Conformément aux termes de référence de l’étude (Annexe 1), celle–ci a été conduite pendant
deux mois par trois (3) agronomes Phytotechniciens et quatre (4) étudiants finissant en
Economie et Développement Rural (EDR). Elle s’est déroulée en trois (3) grandes étapes
complémentaires : étude documentaire, enquêtes de terrain, dépouillement et analyse de
données.
Grâce à ces entretiens il a été possible d’établir une première typologie des agriculteurs des
différentes zones en fonction des ressources des exploitations. Les informations tirées de cette
pré typologie ont ensuite servi à la construction d`un échantillon raisonné de producteurs à
enquêter et d`un questionnaire structuré pour la réalisation des enquêtes proprement dites.
Le choix des enquêtés s’est fait de manière raisonnée à partir des critères déterminés dans les
focus. Les principales informations recherchées sont fonction des objectifs spécifiques de ce
travail et concernent entre autres :
• Les ressources en terre, cheptel, main d’œuvre (familiale, salariée ou autres), et capital.
Deux types de main-d’œuvre sont utilisés par les agriculteurs de la région du Morne des
Commissaires : la main-d’œuvre familiale (MOF), la main-d’œuvre extérieure (travailleurs
salariés et entraide). Les quantités de main-d’œuvre utilisées ont été estimées grâce aux
enquêtes quantitatives structurées. Les fiches d’enquête utilisées, à cet effet, ont permis d’avoir
des informations sur les coûts, le nombre de personnes et la durée de travail. Ces trois
paramètres (durée, nombre de personnes et coût) ont été déterminés par exploitation agricole.
Afin d’être aussi précis que possible dans l’estimation de l’amortissement des différents
équipements et outillages utilisés dans la production des diverses spéculations étudiées, il a été
procédé de la manière suivante :
Tous ces indicateurs ont été ramenés à l’hectare spécifiquement pour la valeur ajoutée et les
résultats d’exploitation. Le tableau 1 résume les différents indices estimés. Le mode de calcul
des différents indicateurs est inspiré de GRET-FAMV (1991).
VAB=PB-CI
CI : Consommations intermédiaires (semences, engrais, produits phytosanitaires)
A l’issue des focus groupes et des enquêtes approfondies, les principaux problèmes/contraintes
liés au développement des cultures maraîchères, identifiés par zone de production, ont été
soumis à la construction d’arbres à problèmes. L’objectif poursuivi à travers cette phase est
d’identifier les causes et conséquences des problèmes prioritaires évoqués par les différentes
exploitations enquêtées. L’arbre biologique a été utilisé par analogie afin d’expliquer et faciliter
le remplissage.
De manière concrète, le tronc de l’arbre symbolise la contrainte (ou le problème) centrale, ces
racines correspondent aux causes des contraintes alors que les branches représentent les
effets. Les causes primaires et secondaires de même que les effets primaires et secondaires ont
été aussi identifiés par les exploitants eux-mêmes. Plus les causes sont spécifiques, plus elles
sont susceptibles de paraître aux niveaux les plus bas du diagramme ; cependant, l’endroit où
un problème se situe dans le diagramme de l’arbre n’est pas nécessairement une indication de
son niveau d’importance. Enfin, les solutions appliquées (endogènes ou non) et les solutions
envisagées ont été recensées puis analysées.
Aussi, dans le cas où des études complémentaires devraient être réalisées, serait-il conseillé
d’orienter la recherche dans ce sens afin d’affiner la compréhension des stratégies globales des
producteurs.
Une autre conséquence du temps trop court imparti à l’étude est la réalisation d’un nombre
réduit d’enquêtes, et une diminution du temps de dépouillement et de rédaction du rapport et
l`impossibilité de reconstituer (sur une longue durée) les rotations culturales pour tous les
systèmes de culture inventoriés.
Ce déficit de données concerne également les actifs familiaux par exploitation agricole, les voies
d`accès à la terre, les superficies moyennes cultivées par spéculation, les superficies par actif
qui devaient renseigner sur l`efficience de la main-d`œuvre familiale, les institutions financières
(taux d`intérêt, …), la part respective occupée par le fermage et le métayage dans le mode de
faire valoir indirect, la destination des revenus générés par les activités non agricoles, la
valorisation des périodes creuses du calendrier cultural par les producteurs ou encore la
disponibilité des sols en éléments majeurs (N, P, K). Tout ceci rend difficile, par exemple, la
détermination des quantités d`éléments minéraux à restituer au sol, l`explication des écarts
entre les rendements calculés et potentiels, ou encore une bonne estimation de la satisfaction
des besoins1 en éléments minéraux des cultures.
Il y a lieu de signaler aussi des problèmes liés au faible niveau de formation des agriculteurs qui
ont nui à la collecte des données, par exemple :
1 D`autant qu`il n`y a pas eu d`analyse de sol et de bilan pour estimer les réserves et déterminer les quantités à apporter.
13
D’autres ne savaient apparemment pas vraiment pourquoi ils utilisent certains produits
(fertilisants, pesticides, etc.). Ainsi certains exploitants disaient utiliser le 20-20 comme
pesticide alors qu’il s`agit d`un engrais foliaire.
Pour certaines cultures (banane, patate, depal 3 , canne à sucre, café, etc.), il était
difficile de déterminer le rendement de façon satisfaisante vu que les exploitants
n`étaient pas en mesure de donner les informations appropriées et qu`il n`y avait eu ni
pesée ni pose de carré de rendement. En outre, les capacités des différents contenants
(sac, panier, marmite) n`ont pas été systématiquement notées, ce qui a poussé à utiliser
des données moyennes pour les calculs de rendements4.
Les limites de l`étude sur le plan quantitatif concernent enfin les doses d`engrais et les temps
de travaux qu`il n`a malheureusement pas été possible de déterminer avec précision.
2 S`agissant de Colonies agricoles, seul le MARNDR peut en réalité commettre un arpenteur pour la délimitation d’une portion de terre dans
cette zone.
b) l`inadéquation des crédits octroyés aux producteurs, le taux d’intérêt trop élevé (18%
l’an, BCA) les rendant inaptes à effectuer des prêts, ce qui constitue un handicap
sérieux au développement de l’agriculture dans la zone.
L’un des problèmes majeurs du crédit est directement lié à la disposition des institutions
financières par rapport aux maisons d’habitation. Les Organismes de crédit se trouvent
principalement dans la ville de Thiotte qui est située à proximité de Savane Zombi. De ce fait les
agriculteurs de cette localité bénéficient davantage de leurs services. Pour les zones situées
audelà, les distances à parcourir sont plus grandes (il faut presqu’une journée pour aller faire
une transaction dans une banque agricole) et les agriculteurs sont peu enclins à faire ce sacrifice
d`autant que les prêts ne sont pas toujours accordés aux producteurs qui sont vraiment dans le
besoin. Des détournements du crédit (consommation, achat de biens immobiliers) sont
monnaie courante. Enfin la demande étant supérieure à l’offre, le crédit est quasi
systématiquement orienté vers les grandes exploitations jugées probablement plus solvables.
La maîtrise insuffisante dans la conduite technique des pépinières est un véritable problème
pour les producteurs de ces zones. Cela se pose surtout pour l’oignon et se traduit par une forte
densité de semis, le semis à la volée qui ne permet pas de faire les opérations de sarclo-binage
nécessaires à un rapide développement des jeunes plants. L’absence de binage dans les
pépinières, la verse mécanique des jeunes plants suite au mode d’arrosage, la dose et la
fréquence des apports d’engrais à la pépinière, sont entre autres des contraintes à ce niveau.
Baisse de
Revenus insuffisants revenu
Baisse de revenu
Perte considérable
Surabondance de l’offre
Baisse de la qualité
Atouts socio-économiques
a) L’existence d’un marché potentiel pour les produits maraîchers au niveau de ces zones,
et le dynamisme des commerçants (particulièrement des « Madan Sara ») qui assurent
les liens entre les zones de production et les marchés d’écoulement.
b) La facilité d’écoulement des produits maraîchers à certaines périodes de l`année (saison
touristique d`hiver en République dominicaine d`où l`on vient acheter surtout la
pomme de terre, l’oignon et la carotte) car ces zones sont considérées comme un bassin
de production pour les cultures maraichères.
c) La proximité de la zone d’étude avec Port-au-Prince qui est une ville où existe la plus
forte demande, ce qui constitue un atout favorable aux producteurs et un
encouragement pour eux puisque leur production est valorisée et écoulée. L`existence
de ce marché constitue un débouché sûr pour leur production et peut contribuer à une
amélioration de leur revenu.
d) Une expérience certaine des producteurs en matière de gestion technico-économique
de leur exploitation.
5.1.1.- Le foncier
L`absence de cadastre interdit de rendre compte de la structure agraire avec une très grande
précision. Cependant, les déclarations des agriculteurs recueillies lors des enquêtes jettent une
certaine lumière sur la situation foncière dans laquelle évoluent les exploitations agricoles du
Morne des Commissaires. Leur analyse permet de relever quatre (4) grandes caractéristiques :
a. La prédominance du mode faire valoir direct (FVD) sur le mode de faire valoir indirect
(FVI)
L`importance du faire valoir direct est démontrée dans le tableau (2) où la superficie
cultivée en FVD constitue près des trois quarts de la superficie totale de l`échantillon
étudié. Toutefois, la réalité n`est pas la même pour toutes les exploitations agricoles.
Ainsi que le montre le tableau 3, les exploitations ayant moins de 1 ha représentent environ 24
% des agriculteurs interrogés, les exploitations ayant entre 1 et 3.99 ha représentent 53 % et les
exploitations de plus de 4 hectares représentent 23 %.
24
Tableau
3: Distribution de la propriété
Nombre Fréquence
Nombre de Fréquence cumulé des relative
Classe de superficie (ha) producteur relative simple producteurs cumulée
<1 37 0.24 37 0.24
1-1.99 38 0.24 75 0.49
2-2.99 26 0.16 101 0.66
3-3.99 17 0.11 118 0.77
4-4.99 9 0.058 127 0.83
5-5.99 11 0.071 138 0.90
6 et plus 15 0.09 153 1.00
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
- Une moyenne de 3.3 parcelles par exploitation, avec une superficie moyenne de 0.85
hectare par parcelle (Tableau 5)
Tableau
5 : Morcellement des exploitations
Nombre moyen de parcelle par exploitation 505 parcelles/153 exploitations = 3.3
Ces données sont à mettre en comparaison avec les statistiques du dernier recensement
général de l`agriculture (Tableau 6). Elles confirment la réalité d`une majorité de parcelles en
FVD et d`une minorité en FVI, mais ne concordent pas cependant pour les autres critères
(nombre moyen de parcelles et superficie moyenne des parcelles). Peut-être s`agit-il de
spécificités locales, car on n`ignore pas à quel point il peut y avoir des différences considérables
selon la région.
La main d`œuvre familiale : l’agriculteur, sa femme et ses enfants se mettent ensemble pour
réaliser certaines opérations, le plus souvent récolte, sarclage et arrosage. Ce type est utilisé
surtout durant les périodes où la main-d`œuvre externe n`est pas disponible.
La main d`œuvre salariée : ce type est très utilisé dans les différentes zones de production et
est disponible surtout lors des grandes saisons culturales (février-mars, juillet-août) car des gens
viennent de l’extérieur pour vendre des journées dans la région. On y recourt pour toutes les
opérations et surtout celles de grande envergure. Les travaux durent de 6 heures AM à 5 h PM
avec une pause d`une heure de temps à midi. Au cours de cette journée, l’agriculteur hôte
donne trois repas :
- 6-8 h A.M : du pain et de l’eau sucrée, ou du café au lait et du pain
(lorsque la maind`œuvre est rare)
L’entraide se retrouve en plus forte proportion chez les petits exploitants avec des variations
marquées dans la répartition. Car, en plus de l’amitié qui est le premier facteur conditionnant
ce type de main-d’œuvre, il peut y avoir la classe sociale. Si un « grand don 5 » peut prêter de
l’argent ou s’il fait des donations, il est probable qu’il dispose de gens prêts à lui rendre service
gratuitement et facilement.
Tableau
7: Distribution de la main-d’œuvre
Nombre de
M.O M.O % MOF
Classe de MOF bouche à nourrir Entraide MOS
entraide salariée de la MO
superficie (moyenne) à l'ha (moyenne) (moyenne)
(%) (%) total
(moyenne)
<1 3.29 7.81 1.37 6.54 33 91.89 29.37
1-1.99 3.26 4.17 0.52 8.21 26 94.74 27.18
2-2.99 3.96 2.38 1.26 8.57 21 96.15 28.71
3-3.99 3.05 1.59 0.5 10.17 16 100 22.23
4-4.99 3.44 1.14 0.55 8.11 28 88.89 28.42
5-5.99 3.9 0.93 0 12.09 0 100 24.39
6 et plus 3.2 0.71 0.00 13.93 0 100 17.78
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
5.1.3.- Cheptel
Les animaux domestiques sont très variés. Il ne s`agit pas de troupeau, mais de gestion
individuelle de différentes espèces. On compte en moyenne : 1.21 équins (âne, cheval, mulet)
par unité de production agricole, 1.65 bovins, 2.97 caprins, 2.89 ovins, 1.89 porcins, 8.56 têtes
de volaille (poule, dinde).
Sur le plan quantitatif, les volailles représentent donc le groupe le plus important au niveau de
la zone étudiée, ce quelle que soit l`aire écologique considérée. Les caprins constituent du point
de vue numérique le deuxième groupe d`animaux, suivi respectivement des ovins, porcins,
bovins. En dernière position figurent les équins.
Les équins sont utilisés pour le transport des récoltes vers les lieux de vente. D’autres
espèces comme les bovins, les caprins et les ovins sont destinées à la vente pour se procurer les
intrants agricoles, payer l’écolage et pour faire face aux imprévus.
29
Cependant, les espèces varient selon la zone et le type d’exploitation. Par exemple, l’élevage
des ânes et celui des moutons est dominant à Boucan chatte/Chapotin (15.79% et 42.11% des
exploitations enquêtées respectivement) alors que ces deux espèces sont relativement rares (0
à 2% des exploitations) dans les autres zones. Ceci serait dû aux préférences des agriculteurs. Le
tableau 9 révèle aussi une certaine préférence des habitants d’Oriani et de Gros cheval pour les
chevaux et les mulets aux ânes.
Tableau
- Pour le travail du sol : de houes, …
31
Le matériel de transport reste très rudimentaire. Il se fait principalement à dos d`animaux (âne,
mules, cheval) et/ou de brouette.
L`utilisation de l`outil varie avec le relief, les étages agro-écologiques, la présence de cailloux, ou
l`espèce cultivée. A Oriani par exemple, la louchette est utilisée pour semer le haricot tandis
que la pince n`est rencontrée qu’à Savane Zombi où elle est utilisée pour épierrer le sol.
Tableau 10: Distribution des outils et équipements (% EA) en fonction des différentes zones
Type Zone
d'outil
Savane Oriani Gros Cheval Boucan
Zombie Chatte/Chapotin
Houe 89.19 89.47 97.50 97.37
Machette 86.49 52.63 60.00 50.00
Pioche 75.68 76.32 72.50 60.53
Serpette 59.46 26.32 60.00 23.68
Dépôt 37.84 65.79 62.50 55.26
Pelle 37.84 42.11 25.00 7.89
Pompe 27.03 60.53 35.00 47.37
Glacis 21.62 13.16 12.50 7.89
Réservoir 18.92 36.84 22.50 23.68
Lime 16.22 7.89 7.50 7.89
Râteau 16.22 13.16 5.00 10.53
Moulin 10.81 13.16 5.00 2.63
Couline 8.11 5.26 7.50 0.00
32
(BCA, FONKOZE, CREPES, ….), à savoir 51.35% à Savane Zombi, 26.31% à Oriani, 27.5% à Gros
cheval, 21.05% à Boucan Chatte/Chapotin des enquêtés. D’autres n’ont pas accès à l`emprunt
institutionnel et ont recours à l`emprunt usuraire auprès d’un ami, de certains commerçants ou
d`un « grand don » de la zone. Parmi les enquêtés, 11.11% en moyenne utilisent ce mode de
crédit, soit respectivement, 10.81 % à Savane Zombi, 15.78% à Oriani, 10% à Gros cheval, 7.89%
à Boucan Chatte/Chapotin. Le taux d’intérêt varie selon le prêteur. L’emprunteur doit verser à la
date d’échéance le capital initial augmenté des intérêts.
Les institutions financières octroyant des prêts aux agriculteurs sont pléthore et les taux
pratiqués, divers (Tableau 12).
Institution Taux
FONKOZE fait la différence en permettant à ses clients
d’avoir des livrets d’épargne et vous prête de
l’argent aux prorata de votre argent.
Sur les replats et les versants, on cultive surtout : la pomme de terre, le chou, la carotte, l’oignon,
le mirliton, le poireau, le maïs, le haricot, la banane (le plus souvent associée au café, et au
mirliton des fois), le petit pois.
Dans les gorges aussi, on cultive principalement le taro (mazombel), mais très rarement les
espèces considérées comme cultures de rente de la région.
Au niveau des unités complexes, on retrouve surtout par ordre d`importance décroissante : le
maïs, le haricot et le chou, la pomme de terre; le café, la banane et la carotte. Ce classement
pourrait peut-être changer si l`échantillon de parcelles concernées était plus grand.
36
Tableau 14 : Importance des espèces selon les zones enquêtées en pourcentage (%)
Cultures Zone
Il est à retenir que le mirliton et l`avocat, bien que non cultivés, existent sous forme de
quelques pieds dans des parcelles de caféiers ou autour de la cuisine des maisons. Ils sont
néanmoins d’un apport sûr dans la formation des revenus de l’agriculteur de la zone.
37
Un autre fait démontré par l`étude est la variation sensible de l’importance des cultures en
fonction du type d`exploitation agricole.
Parmi toutes les variétés rencontrées dans les différents bassins de production,
certaines sont mieux appréciées dépendamment de leurs caractéristiques et de leur adaptation
à la zone.
Pomme de terre
Northena: Rendement élevé, moins exigeant en soin, envahissant. Plus résistant au froid, plus
utilisé à Savane Zombi
Granola : peu résistant au froid, exigeant en soins et moins envahissant. Peu apprécié à Savane
Zombi mais plutôt prisé dans les autres bassins de production (Oriani, Gros cheval, Boucan
chatte/ Chapotin) compte tenu de son adaptation à ces zones.
Chou
Tropicana : résistant en période sèche, donne une plus grosse pomme, très fréquent à Savane
Zombi
40
Resist crown : variété très précoce, résistante en période pluvieuse et plus exigeante en soin,
très appréciée à Gros cheval.
Bora verde
Carotte
Kuroda : Résistant aux périodes pluvieuses, donne un fruit allongé et se développe plus
rapidement, doit être nécessairement récolté après trois (3) mois pour éviter des déformations
dénommées « lityas » (multiplication de racines). Très utilisé dans les différentes zones.
Chantenay : peu résistant aux pluies, donne un fruit rond, peut être récolté après trois mois mais
peut rester jusqu'à six mois sans être déformé.
Oignon
Granex : introduit dans la région par l`Ing. Agronome Jean-Claude Séverin. Peut être récolté
après quatre mois, plus utilisé à cause de sa disponibilité.
Citadelle : hybride, variété très précoce, peut être récolté à environ trois mois et demi.
Golden : de type Grano à tête en dôme, se conserve mieux que les types Granex à tête plate,
récolté après cinq mois, tolérant à l`humidité, bulbe plus gros que celui des autres variétés.
A noter que la culture de l’Oignon est plus adaptée à Gros cheval et à Oriani que dans les autres
zones de production.
Haricot
Le haricot noir est le plus utilisé vu qu’il a une plus forte demande et que sa semence coûte
moins cher que celles du haricot rouge et du haricot beurre.
Poireau
Les premiers essais de poireau ont eu lieu en 2002 à Savane Zombi. Les semences plantées sont
importées en sachet de 100gr. et d’une livre.
41
Somme toute, les semences de cultures maraîchères sont toutes le fruit d’importation. Les
tubercules dont la pomme de terre sont renouvelés par l’agriculteur qui conserve une partie de
sa récolte à cette fin.
5.3.2 Caractérisation
Les systèmes de culture pratiqués dans la région du Morne des Commissaires se composent
souvent d`associations de culture très diversifiées (de 2 à 6 cultures en mélange dans une
même parcelle, parfois plus avec les systèmes agroforestiers). L`association de culture est
prisée pour ses nombreux intérêts :
La répartition des principales cultures ou associations culturales par zone est donnée dans le
tableau (17).
La diversité et l`importance relative des précédents culturaux est mise en exergue dans le
tableau suivant.
43
Jardin café
Banane - avocat
Banane - mirliton
Le jardin café
moins d’entretien et beaucoup moins d’intrants que les cultures sarclées annuelles en général,
d’où son appréciation dans la région.
- une étroite relation entre agriculture et élevage, les déjections animales (d`équins, de
caprins et d`ovins) laissées dans les champs lors du pâturage des friches compensant en
partie les exportations de minéraux
- l`enfouissement des résidus de récolte et adventices au moment du labour
- les colluvions provenant des versants dont bénéficient les gorges (ravines)
45
- le lessivage des jardins situés au sommet des pentes vers ceux situés en aval (piémonts,
…)
- la fertilisation minérale. Cette utilisation reste marginale sur le petit pois, le pois congo, la
canne à sucre, le taro (Tableau 18). En revanche, le recours à la fertilisation minérale est
systématique sur la pomme de terre, le chou. La majorité des exploitations enquêtées
utilisent les engrais chimiques dans leurs plantations. En témoignent les annexes (20) et
(21) qui révèlent qu’environ 95% de la population recourent à la voie chimique comme
mode de gestion de la fertilité des sols.
- la fertilisation organique par du fumier (plus de 80 % des enquêtés, annexes 10 et 11).
noter que :
- Les bovins sont tenus à l’écart des champs par les agriculteurs car ils seraient porteurs de
charançons (maroca) dans leurs fèces.
- La jachère peut prendre une forme travaillée. Les agriculteurs le font régulièrement avec
la culture du pois France. Vu les propriétés de cette dernière (petit pois), elle est utilisée
après une grande culture pour renouveler en partie la fertilité des parcelles.
- les mécanismes de reproduction mis en jeu peuvent varier d`une zone à l`autre, d`une
unité de paysage à l`autre (interfluve, plateau, ravine, …), d`une catégorie
socioéconomique à l`autre puisque un ou plusieurs facteurs peuvent intervenir
simultanément ou non.
Tout cela concourrait à la dégradation de la fertilité partout et surtout sur les versants. De ce
fait, l`avenir de l`agriculture dans la région du Morne des Commissaires risque d`être
compromis durablement si des mesures énergiques et appropriées ne sont pas prises dans
l`immédiat par l`État pour redresser la situation.
Café Cercosporiose
(88.89%)
Chou
Pourriture cotonneuse
Pomme de terre Mildiou (57.90%) Jambe noire causée Flétrissement
par Erwinia (21.80%) bactérien (20.30%)
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Les principaux ravageurs présentés dans le tableau 20 ont été retenus pour leur
présence dans les parcelles. Celle de chenilles a été signalée sur presque toutes les cultures, les
punaises sont très courantes, les rats causent des dommages à un nombre non négligeable
d`espèces, le scolyte est spécifique au café.
48
- la ‘‘mite’’ qui est rencontrée uniquement à Gros Cheval, aux dires des agriculteurs cette
situation serait en relation avec le mode de conservation post-récolte du haricot
- le rat qui ne cause pas trop de dégâts à Oriani comparativement aux autres zones de
production du fait de l’utilisation de pièges ou d’appâts empoisonnés donnés par les
ONG aux agriculteurs
- La pourriture du chou qu`on ne retrouve pas à Savane Zombi et Oriani et la jambe noire
absente à Savane Zombi
49
- Les criquets qui n`ont pas été signalés à Gros cheval et le serpentier à Oriani.
Tableau 21: Incidence relative des ravageurs et maladies selon les zones de production
Savane Boucan
Ravageurs Zombi Oriani Gros Cheval Chatte/Chapotin
Charançon 25.6% 11.1% 31.6% 31.6%
Chenille 28.3% 15.6% 30.1% 26.1%
Criquet 50% 25% 0% 25%
Escargot/Limace 33% 10% 33% 24%
Mite 0% 0% 100% 0%
Punaise 31.6% 13.7% 28.4% 26.3%
Rat 40.4% 2.1% 38.3% 19.2%
Scolyte 34.6% 15.4% 38.5% 11.5%
Serpentier 25% 0% 50% 25%
Cercosporiose 50% 25% 12.5% 12.5%
Jambe noire 0% 46.7% 26.7% 26.7%
Flétrissement bactérien 38.5% 26.9% 15.4% 19.2%
Mildiou 25.3% 22.8% 20.3% 31.7%
Pourriture du chou 0% 0% 60% 40%
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
La présence des chenilles a été observée en pépinière, sur les plantules fraîchement
transplantées, et sur les plants plus ou moins âgés, tandis que celle des limaces a été notée
uniquement sur les plants plus ou moins âgés. Les dégâts occasionnés par ces insectes sont
assez classiques : consommation des feuilles et trou sur les feuilles.
La totalité des agriculteurs enquêtés signalent la présence de chenilles sur les plantules
en pépinière et les plants fraîchement transplantés. Aucun d’entre eux n’a fait allusion aux
Thrips qui représentent en général les ravageurs les plus courants sur oignon et aussi ceux qui
occasionnent les dégâts les plus sérieux.
Les pesticides utilisés par les agriculteurs pour contrôler les insectes et rapportés plus
haut sont : Dithane, Tricel, Decis, Curacron, Karaté, Sevin, Actara, Tamaron, Ridomyl, Mancozeb,
Mocap, Mesurol, Diazinon et Sélécron. Ces produits sont appliqués à raison d’une à trois (3)
cuillerées pour cinq (5) gallons d’eau. Ces résultats montrent que dans leur grande majorité les
agriculteurs enquêtés ne respectent pas les doses d`application indiquées par le fabriquant
puisque, quelle que soit la concentration du produit retenu, la dose appliquée est toujours la
52
même. Cette situation est sans doute à lier avec le déficit d`encadrement et le taux
d`analphabétisme auxquels fait face la population.
deuxième place et est suivi de Boucan chatte et Savane Zombi. Pour la carotte, le classement
est totalement renversé avec Boucan chatte en première position suivie de Savane Zombi,
Oriani et Gros cheval. L`ordre change à nouveau pour l`oignon : Oriani est en tête de liste, il est
suivi de Boucan chat, Savane Zombi et Gros cheval. La situation est simple pour le poireau qui
n`est pas cultivé à Oriani et Boucan Chatte/Chapotin. De ce fait, le classement est le suivant : 1)
Savane Zombi, 2) Gros cheval.
Germination ) e de
dans un l`appareil
germoir aérien
Patate - Débroussailla Traitement Haricot Positif Aucun Aucun Aucun Aucun 1ère
ge plants contre Maïs récolte 8-9
Labour le Cylas (parfois) mois après
Confection de Mise en terre plantation
buttes Possibilité
Culture Pépinière Préparation Semis/plant./ Cultures Nombre Fumure Récolte
de sol transplant. associées
Sarclage arrosage Traitement Organ. Minérale
phytosan.
d`une 2ème
récolte 3-4
mois plus
tard si le
plant a été
laissé en
place lors
de la 1ère
récolte
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
57
58
Généralement ces cultures sont pratiquées autour de la maison des agriculteurs et ne font pas
l’objet de grand soin. Au cours de l’année, dépendamment de la densité des espèces entrant
dans l`association il peut y avoir un nettoyage à la machette pour faciliter la pénétration de la
lumière et réduire les risques de maladies causées par le développement de certaines pestes.
Selon l’agriculteur et en fonction de sa capacité financière et l’importance de ces cultures pour
l’exploitation, un apport d`engrais chimique et/ou organique peut être effectué. Mais la
majorité des agriculteurs n’apportent aucun fertilisant. La culture se fait totalement sous
régime pluvial. Pour la récolte, elle intervient pendant toute l’année pour la banane et de
octobre à décembre pour le café. Il faut dire que, pour ce dernier, la première récolte a lieu à
environ 4 ans après la plantation.
Deux périodes de creux durant lesquelles il n`y a pas trop d`activités sont enregistrées entre
décembre et Janvier (la période la plus longue), puis entre Mai et Juin.
57
fer
hari Bu Semi Fert., Bu Se fert, Re
,as Desher. Rec. Desher. Rec. Desher. But Plant.
cot t. s asp. t. mis asp c.
p .
Caro Fert
But. Semis Desher. Desher. Rec.
tte .
fer
asp.,
cho asp., Rec t., Trans Re fert., Trans asp., fert., Pépiniè Trans
fert., asp. Pépinière chau fert., asp. Pépinière Rec. fert., asp.
u chauss. . as pl. c. asp. pl. chauss. asp. re pl.
ss.
p.
Pre fer
Poir Trans fert., t., asp
p. Pépinière Desher. Rec.
eau pl. asp. .
Sol
90
80
70
60
50
40
Importance
30
relative
20
10
PDT-ha-Ma caf-ban-avt Poireau Mirliton
0 chou carotte MaisOignon PDT-Ma
PDT-ha Ha-Ma
PDT haricot caf-ban PDT-Pf Pois Ma-Pf
congo
Chou-ha
tomate
Pf
Figure 8 : Importance relative des systèmes de culture pour les quatre zones de production
- Performances agronomiques
Productions
Les productions sont présentées dans le tableau (27) en fonction des classes de superficie. Sans
surprise, les exploitations qui sont les moins dotées en terres réalisent les plus faibles
productions, quelle que soit la culture considérée. À l`inverse, celles qui sont les mieux loties
obtiennent les plus grosses productions. Les rapports entre les productions des exploitations
62
ayant les plus faibles superficies et celles pourvues des plus grosses superficies sont les
suivants :
- 1 à 28 pour le café
- 1 à 42 pour la carotte
- 1 à 31 pour le chou
- 1 à 36 pour le haricot
- 1 à 41 pour le maïs
- 1 à 11 pour l`oignon - 1 à 16 pour le pois France
- 1 à 37 pour la pomme de terre.
Tableau 27: Production des exploitations agricoles par rapport au nombre de bouches à
nourrir (en kg/personne)
Culture Classe de superficie (en ha) Moyenne
Rendements moyens
Les rendements moyens obtenus pour les différentes cultures sont plutôt faibles si on les
compare aux résultats obtenus ailleurs dans des conditions similaires : 3 t/ha (carotte), 6 t/ha
(chou), 0.33 t/ha (haricot), 0.51 t/ha (maïs), 0.27 t/ha (pois France), 5.45 t/ha (pomme de terre).
Ces écarts s`expliqueraient entre autres par : la qualité des semences (dégénérescence, …), les
63
Les écarts les plus faibles sont enregistrés pour le haricot, le maïs et le pois France
respectivement, les plus grands pour la carotte, l`oignon, la pomme de terre et le chou.
Dans la pratique, les rendements devraient être supérieurs à ceux trouvés dans les enquêtes.
Prenons l`exemple du chou : avec une densité/ha oscillant entre 40 & 50.000 pieds et des
variétés telles Tropicana & Resist Crown pesant 4-6 lbs par tête, on obtiendrait 17.1 t/ha. Avec
un raisonnement similaire, les calculs donneraient :
Les systèmes de culture rencontrés dans l’aire de la zone étudiée ne donnent pas le même
niveau de création de richesse. La figure 10 présente les variations décroissantes des principaux
systèmes de culture.
Le système dont la valeur ajoutée à l`hectare est la plus élevée est sans aucun doute
l`association «Café -banane-mirliton-mazombelle », avec 389.918,00 gourdes/ha. D`autres
systèmes se démarquent :
- L`oignon, le mirliton, la carotte présentent eux aussi de bonnes valeurs ajoutées, allant
de 256 à 344.000 gourdes/ha
- Les résultats des systèmes Pomme de terre-haricot, Pomme de terre/pois France (183 à
189.00 gourdes/ha) sont légèrement supérieurs à ceux des systèmes Pomme de
terremaïs/pois France, Pomme de terre (173.000 gourdes/ha)
- Le système Pomme de terre-haricot-maïs affiche des résultats honorables (155.000
gourdes/ha en moyenne)
- Il est suivi des systèmes Chou/maïs, Chou, Pois France, Pomme de terre-maïs (environ
106.000 gourdes/ha)
- Les autres systèmes présents (Haricot, Café-banane, Carotte/haricot, patate,
Cafébanane-avocat, Maïs/pois France, Haricot-maïs, Maïs, …) ont des valeurs ajoutées à
l`hectare inférieures à 100.000 gourdes/ha
65
400000
350000
300000
250000
200000
150000
50000 Café-banane-mir-Maz
PDT-ha-Ma Café-banane
0 Ca-Ma MirlitonBananePDT-Ma-Pf
Oignon Chou-Ha
PDT-ha Chou-Ma PDT-Ma
PDT-PfPf-Ha Chou Ca-Ha CaféHa Poireau
Ha-Ma
Patate
Mais
Ca PDT Pf
Il convient de noter aussi que plusieurs de ces systèmes de culture ayant les plus fortes VAB à
l`hectare (Café -banane-mirliton-mazombelle, Carotte-maïs, Mirliton, Pomme de terre-pois
France, Chou/maïs, Pomme de terre-maïs/pois France, Pomme de terre-maïs) sont pratiqués
par une infime minorité d`exploitations agricoles.
Les résultats de l`analyse des performances économiques sont résumés dans le tableau suivant.
Tableau 30: Produits, coûts et valeurs ajoutées bruts des principaux systèmes de culture
Système de culture Produit brut à l`ha Consommations Valeurs
intermédiaires ajoutées brutes
à l`ha
Carotte/Maïs 420.000,00 48.500,00 371.500,00
Oignon 388.940,82 68.462,87 320.477,95
67
Par ailleurs, les résultats montrent aussi une variation dans les niveaux de création de richesse
pour une même culture et en fonction des zones de production. Ainsi si l`on considère les
systèmes les plus performants, l’oignon produit plus de richesse à Savane Zombi que dans les
autres zones. La pomme de terre a une valeur ajoutée plus élevée à Oriani (Tableau 31). Le
68
chou génère plus de richesses à Savane zombi. Toujours dans cette localité, les systèmes
accusent une valeur ajoutée à l’hectare plus élevée que dans les autres zones sauf pour certains
systèmes dont le « Haricot-Maïs », le Maïs.
Tableau 31: Valeur ajoutée moyenne des systèmes de culture par zone (en gdes)
No Zone
Système Syst.
Savane Zombi Oriani Gros cheval Boucan chatte/Chapotin
Oignon 9 586204.17 302678.03 152947.62 333290.36
Mirliton 21 410958.90 0.00 218604.65 0.00
Ca/Ma 31 371500.00 0.00 0.00 0.00
Ca 4 280834.30 186557.22 256667.84 300302.10
Chou/Ha 43 241604.35 40377.78 0.00 0.00
Pdt 20 190590.85 217779.41 138427.07 143842.35
Pdt-ha 41 157633.33 244610.76 183590.49 170375.20
Pf 15 153579.44 125544.14 94177.35 59769.22
Pdt-ha-Ma 2 141447.86 135392.24 180106.09 162884.79
Chou 5 137762.29 117460.18 99943.89 80498.07
Pdt-Ma 27 137570.00 117218.75 70568.75 100333.33
Ha 25 102084.23 44413.34 36032.72 33548.38
Caf-ban 7 84082.89 20833.33 15494.03 0.00
Ca-Ha 26 80055.56 0.00 0.00 0.00
Patate 6 48808.33 50136.11 17249.62 26055.61
Caf-ban-avt 8 32567.89 37558.58 8169.12 48718.35
Ma/pf 28 31600.00 0.00 0.00 32367.17
Ha-Ma 1 24891.64 33712.35 73128.33 30381.58
Poireau-avt 34 16979.17 0.00 57235.42 0.00
Ma 29 13730.56 23040.86 20556.73 19530.69
Pdt/pf 44 0.00 172950.00 0.00 194827.59
Pdt-Ma/pf 46 0.00 175583.33 0.00 0.00
Chou/Ma 48 0.00 116937.50 0.00 0.00
Avt-mirl 53 0.00 66666.67 0.00 21000.00
Pois Congo 56 0.00 0.00 370.00 28250.00
Tomate 59 0.00 0.00 30000.00 0.00
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
69
La situation parait plus nuancée lorsqu`on étudie la répartition par système de culture. Le
tableau 32 permet de ventiler pour chaque système la part des semences, des pesticides, des
engrais chimiques et du fumier dans les dépenses. On notera surtout le poids important de
l`engrais dans les systèmes de culture suivants : Maïs, Chou, Poireau, Carotte, Oignon, Haricot –
maïs. Les semences représentent un poste plus important dans le cas des systèmes : Pomme de
terre – maïs, Pomme de terre – haricot, Pomme de terre – haricot – maïs, Pomme de terre.
Engrais et semences s`équivalent dans les systèmes : Haricot, Pois France.
Au total sept (7) types d`exploitation ont été identifiés sur la base de leurs caractéristiques
structurelles, de fonctionnement et de performance.
Les cas des groupes V, VI ET VII de la typologie sont un peu particuliers en raison du faible
effectif des exploitations enquêtées qui rend hasardeuse toute généralisation. En ce sens, ils
devraient être considérés plutôt comme des études de cas.
Périodes de surcharge de travail : février-mars (63 % des exploitations) avec un pic en mars
Périodes de creux : décembre-janvier (39 %), mai-juin (14 %), août (14 %).
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (94 % des exploitations).
Les étages agro-écologiques auxquels ont accès le plus les membres de ce groupe :
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (1.7 t/ha), oignon (2.4 t/ha), haricot (0.15
t/ha), maïs (0.26 t/ha), pois France (0.23 t/ha), pomme de terre (3.06 t/ha), chou (2.75 t/ha).
Les exploitations de ce groupe créent beaucoup de richesses à l`hectare, mais elles sont limitées
par leur taille même et leur production est probablement insuffisante pour nourrir leur famille
nombreuse convenablement (Annexe 21). De ce fait, ce serait le groupe le plus vulnérable en
matière d`insécurité alimentaire.
D`autres sources de revenu (commerce principalement, agent de santé) sont nécessaires à 22.5
% de ces exploitations qui enregistrent un chiffre d`affaire annuel moyen de l`ordre de
trentequatre mille (34,000.00 gdes) gourdes. Par ailleurs la présence dans ce groupe
d`enseignants, de chauffeur de camion, d`agent de sécurité est à signaler.
Périodes de surcharge de travail : février-mars (67 % des exploitations) avec un pic en mars
Périodes de creux : décembre-janvier (31 %), août (22 %)
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (100 % des exploitations)…, …
- Versant (63 %)
- Replat (34 %)
- Gorge (2%)
- Unité complexe (1%).
Parmi les systèmes de culture les plus couramment rencontrés:
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (1.4 t/ha), oignon (2.3 t/ha), haricot (0.25
t/ha), maïs (0.28 t/ha), pois France (0.20 t/ha), pomme de terre (3.22 t/ha).
74
Les richesses à l`hectare créées par les exploitations de ce groupe sont énormes, mais elles sont
probablement elles aussi exposées à des problèmes d`insécurité alimentaire en raison d`une
production insuffisante liée à la petite taille de l`exploitation (Annexe 21).
Groupe III : Exploitations de 2 à 2.99 ha. Ce groupe est représenté par 24 exploitations, soit 16
% de l`échantillon final. La cession de terres est un passage obligé pour ces exploitations qui
possèdent une superficie moyenne de 2.41 ha alors qu`elles en travaillent 2.37 et ont un faible
nombre de bouches à nourrir à l`hectare (2.38). La main d`œuvre familiale représente 29 % de
la main d`œuvre totale. Le recours à l`entraide est le fait de 21 % des exploitations, l`emploi de
main d`œuvre salariée est adopté par la quasi-totalité (100 %). Environ 46 % des membres de ce
groupe pratiquent le maraîchage. Le nombre d`exploitations relativement bien équipées est
appréciable: outre l`outillage traditionnel, 42 % disposent de pulvérisateur, 37 % d`arrosoir,
30.8 % de louchette, 26.9 % de pelle, 12 % de glacis, 8 % de décortiqueuse, 7.7 % de râteau, 3.8
% de brouette, … . Le cheptel est constitué de gros bétail (41.35 % d`exploitation, 1.19 tête), de
menu bétail (34.62 % d`exploitation, 2.99 têtes), de volailles (26.92 % d`exploitation, 7.25
têtes).
D`autres sources de revenu (commerce de détail) sont nécessaires à 14.1 % de ces exploitations
qui enregistrent un chiffre d`affaire annuel moyen de l`ordre de trente-quatre mille cinq cent
(34,500.00 gdes) gourdes. Il faut signaler l`existence de bénéficiaires de transferts, de chauffeur
de taxi, de technicien agricole au niveau de ce groupe.
Périodes de surcharge de travail : février-mars (83 % des exploitations) avec un pic en mars.
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (96 % des exploitations).
Les étages agro-écologiques auxquels ont accès le plus les membres de ce groupe :
- Versant (61 %)
- Replat (36 % des parcelles)
75
- Unité complexe (3 %)
Parmi les systèmes de culture les plus couramment rencontrés dans cette catégorie:
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (3.1 t/ha), oignon (1.6 t/ha), haricot (0.27
t/ha), maïs (0.34 t/ha), pois France (0.22 t/ha), pomme de terre (3.57 t/ha).
Les richesses créées à l`hectare au niveau de ce groupe restent considérables, mais les
exploitations sont apparemment dans l`incapacité d`assurer la sécurité alimentaire de leur
famille à partir de la seule production agricole (Annexe 21).
salariée le fait de la quasi-totalité (100 %). Environ 47 % des membres de ce groupe pratiquent
le maraîchage. Le nombre d`exploitations relativement bien équipées est important: outre
l`outillage traditionnel, 58 % disposent de pulvérisateur, 37 % d`arrosoir, 35.3 % de pelle, 21 %
de glacis, 17.6 % de râteau, 12 % de décortiqueuse, 11.8 % de brouette,… . Le cheptel est
constitué de gros bétail (33.82 % des exploitations, 1.31 tête), de menu bétail (43.14 % des
exploitations, 2.16 têtes), de volailles (35.29 % des exploitations, 9.78 têtes).
D`autres sources de revenu (boulangerie) sont essentielles à 9.9 % de ces exploitations qui
enregistrent un chiffre d`affaire annuel moyen de l`ordre de soixante-deux mille trois cent
(62,300.00 gdes) gourdes. A noter la présence de Pasteur, maçon et enseignant dans ce groupe.
Périodes de surcharge de travail : février-mars (63 % des exploitations) avec un pic en mars
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (100 % des exploitations).
Les unités de paysage auxquelles ont accès le plus les membres de ce groupe :
- Versant (68 %)
- Replat (27 %)
- Unité complexe (5 %)
haricotmaïs
Pomme de terre-haricot 81,265 162,010
Pomme de terre-maïs 98,250 32,750
Haricot-maïs 23,637 55,793
Café – banane – avocat 4,900 32,667
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (2.6 t/ha), oignon (3.1 t/ha), haricot (0.27
t/ha), maïs (0.49 t/ha), pois France (0.45 t/ha), pomme de terre (4.74 t/ha).
Les richesses générées à l`hectare sont considérables et les productions un peu plus
conséquentes (Annexe 21).
Bien que son poids soit plus faible que dans les catégories précédentes, le commerce constitue
une autre source de revenu obligatoire pour 7 % de ces exploitations qui enregistrent un chiffre
d`affaire annuel moyen de l`ordre de quarante-sept mille deux cent cinquante (47,250.00 gdes)
gourdes. Mais la présence de salarié agricole, gardien, tradipraticien, dentiste est à noter.
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (100 % des exploitations)
78
- Replat (51 %)
- Versant (44 %)
- Unité complexe (5 %)
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (2 t/ha), oignon (5.5 t/ha), haricot (0.45
t/ha), maïs (0.50 t/ha), pois France (0.26 t/ha), pomme de terre (6.77 t/ha).
Les richesses créées à l`hectare sont élevées, et les productions non moins importantes (Annexe
21). Les exploitations de ce groupe disposent de plus de ressources en terres que les
précédentes et seraient par conséquent moins vulnérables à l`insécurité alimentaire.
Le commerce est une source de revenu non-agricole vitale pour 9.9 % de ces exploitations qui
enregistrent un chiffre d`affaire annuel moyen de l`ordre de trente-trois mille quatre cent
cinquante (33,450.00 gdes) gourdes. Néanmoins, il est à signaler la présence marginale de
charbonnier, maçon, tradipraticien, tenancier de borlette.
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (100 % des exploitations)
Les unités de paysage auxquelles ont accès le plus les membres de ce groupe :
- Replat (20 %)
- Versant (55 %)
- Gorge (15 %)
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (4 t/ha), oignon (5.9 t/ha), haricot (0.43
t/ha), maïs (0.70 t/ha), pois France (0.24 t/ha), pomme de terre (6.43 t/ha).
Dotées de ressources en terres importantes, les exploitations de ce groupe sont en principe peu
vulnérables à l`insécurité alimentaire.
exploitations qui enregistrent un chiffre d`affaire annuel moyen de l`ordre de deux cent
soixante-dix-neuf mille sept cent (279,700.00 gdes) gourdes. Il arrive aussi de tomber sur un
boulanger, un entrepreneur de transport (voiture de taxi, camion), une infirmière, une
couturière ou un tradipraticien.
Périodes de surcharge de travail : février-mars (37 % des exploitations) avec un pic en mars
Les modes de faire valoir dominants : Faire Valoir Direct (100 % des exploitations)
- Versant (70 %)
- Replat (29 %)
- Gorge (1 %)
Parmi les systèmes de culture les plus couramment rencontrés:
Rendement moyen des cultures dominantes : carotte (6.6 t/ha), oignon (2.4 t/ha), haricot (0.51
t/ha), maïs (0.98 t/ha), pois France (0.39 t/ha), pomme de terre (10.40 t/ha).
C`est dans ce groupe qu`on enregistre les niveaux de création de richesses les plus faibles, mais
les niveaux de production les plus élevés (Annexe 21). Les exploitations de cette catégorie sont
donc les moins exposées à l`insécurité alimentaire d`autant qu`elles ont pour certaines d`entre
elles des activités non agricoles qui leur procurent des revenus confortables.
Sur la base du diagnostic présenté et particulièrement des atouts et contraintes d’une part, au
regard des objectifs de la politique agricole du gouvernement haïtien dans le plan
d’investissement agricole d’autre part, les stratégies d’intervention ci-après peuvent être
proposées.
Le Centre de R&D de Savane Zombi, en collaboration avec les autres acteurs impliqués dans la
production et la distribution des semences certifiées tiendra à jour un répertoire de fiches sur le
matériel végétal adapté à la zone, apte aux cultures maraîchères en saison des pluies ou en
contre saison.
La diversification du matériel végétal répond à une stratégie d’étalement des récoltes, il revient
au centre de Savane Zombi d’étudier en amont les variétés les plus aptes à répondre aux
critères de productivité et de bonne conservation avec la participation des producteurs.
83
Par ailleurs, le pourcentage élevé du coût des semences de pomme de terre dans les
consommations intermédiaires d’une part et l’insuffisance par rapport aux besoins d`autre part
poussent à poursuivre les efforts en vue de trouver des réponses appropriées à ces problèmes.
- Reprendre/adapter le travail qui se fait au niveau du centre dans les parcelles des
agriculteurs. Ceci nécessite de renforcer le personnel du centre de Savane de Zombi
qui est fortement réduit et ne s’occupe jusqu`à présent que des activités à
l’intérieur de la ferme éponyme.
La présente stratégie prendra en compte, l’engrais, les pesticides, les équipements et matériels
agricoles. Les préoccupations d’ordre stratégique relatives à la production et à la diversification
du matériel végétal ont déjà été examinées plus haut, toutefois les questions liées à la
distribution de l’engrais feront partie intégrante de l’actuel paragraphe.
Un fort oligopole est constaté dans la distribution des fertilisants chimiques. Il existe très peu de
boutiques d’intrants agricoles. Les agriculteurs s’approvisionnent sur les marchés locaux pour la
plupart, surtout en ce qui concerne les pesticides. Dans la majorité des cas, les doses ne sont
pas respectées en raison d`un déficit d`encadrement et de l`analphabétisme ambiant.
- Pour les pesticides, d’établir la liste des molécules associées aux parasites et que
cette dernière soit tenue à jour.
- Pour les semences, de susciter la création de groupes légers de producteurs
spécialisés dans la production de semences qualifiées et certifiées sous la
supervision du Centre de Savane Zombi.
VIII. Conclusion
Cette étude fait ressortir les caractéristiques socio-économiques des exploitations agricoles du
Morne des Commissaires sous les 2 angles de découpage de l`analyse : il s`agit des zones et des
types d`exploitation. Les exploitations agricoles de la région sont caractérisées par :
- Une utilisation des différentes parties de l`écosystème cultivé (interfluve, replat, gorge,
unité complexe) par tous les types
- Un faible usage de fertilisants chimiques et une inadaptation des formules trouvées sur
le marché par rapport aux besoins des cultures
87
- Une très grande diversité de systèmes de culture : chou, carotte, pomme de terre, pois
France, café-banane-avocat, oignon et haricot étant plus présents chez les gros
exploitants. Cette diversité est encore plus importante (en termes de nombre de
systèmes de culture) dans les exploitations moins dotées en terres. Elle est fonction
aussi des saisons climatiques, de la situation topographique, du niveau de dégradation
des sols.
- La faiblesse des rendements des cultures due sans doute à la qualité des semences
utilisées, aux densités de semis (peuplement/ha) pratiquées, aux pratiques de
fertilisation (dose insuffisante, fumure inadaptée) mises en œuvre, aux problèmes
phytosanitaires (attaques de maladies et de ravageurs) rencontrés,…
- Des écarts considérables entre les rendements calculés et potentiels. Ces écarts peuvent
être vus comme une opportunité dans la mesure où existent de ce fait une réserve
importante de productivité à exploiter, des marges de progrès énormes à accomplir
- Une production de marge brute à l`hectare variant avec les systèmes de culture. Les
systèmes «Café -banane-mirliton-mazombelle», «carotte/maïs », «oignon », « mirliton
», «carotte »ayant les marges les plus élevées. Les facteurs imputables à ce succès sont à
rechercher peut-être dans un effet combiné d`un produit brut à l`hectare élevé et de
charges variables (semences, pesticides, engrais) faibles
En dépit de leurs limites certaines, ces résultats de terrain aideront donc à orienter les
décideurs dans la définition des programmes de recherche, de formation et de nouvelles
politiques de développement, et enfin dans le choix de filières potentiellement porteuses.
89
1. Contexte
B
Annexe
Le Gouvernement d`Haïti qui a reçu, à travers le Ministère de l’Agriculture des
Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), un don de la Banque
Interaméricaine de Développement (BID) pour le financement du Programme de
Développement Économique des Filières Rurales (DÉFI) a l`intention d`utiliser une partie de ces
fonds pour relancer les activités de recherche au niveau du Centre de recherche de Savane
Zombi (Thiotte / département du Sud-est). L’axe prioritaire « Appui à la production maraîchère
d’altitude » a été retenu en vue de répondre aux problèmes que confrontent les agriculteurs
dans ce domaine.
2- Objectif général
Dans le cadre de la mise en œuvre de cet axe prioritaire, les stagiaires auront à apporter leur
appui dans la réalisation de certaines études de diagnostic prévues dans le programme.
3- Description des taches
4 - Profil recherché
5 - Modalités d’engagement
Annexe
2 : Cartes
E
Annexe
Agenda
Période Savane Zombi Oriani Gros cheval Boucan
Chatte/Chapotin
8 Aout Focus Groupe Focus Groupe
9 Aout Focus Groupe Focus Groupe
10-14 Aout Enquête
15-17 Aout Enquête
21-23 Aout Enquête
24-28 Aout Enquête
29-30 Aout Rattrapage
31 Aout- 4 Congé
Septembre
5 Septembre au Dépouillement et enquêtes complémentaires au besoin
15 septembre
16 sept. Au 30 Dépouillement et analyses des données
sept 2012
1 Oct. Au 16 Préparation de rapport final
Oct. 2012
10 PIERRE Ritha F - -
Annexe
13 SANON Francois M 38721398 ANMDO
24 ESTAMA Estenio M - -
8 DERISSON Tineau M - -
22 NOVEMBRE Emmanuel M - -
24 PIERRE Benicoit M - -
25 PIERRE Dieufont M - -
Liste des personnes enquêtées lors des enquêtes formelles avec questionnaire
Savane Zombie
Zombie
E20 CHERY Briere M 28 Savane Thiotte Colombier
Zombie
E21 AZOR Leon M 50 Cecilio Thiotte Colombier
E22 JEAN Christian M 60 Savane Thiotte Colombier
Zombie
E23 Beaubrun Dionald M 22 Marblanche Thiotte Colombier
E24 Audate Lino M 48 Marblanche Thiotte Colombier
E25 Jean Marie Idrovia F 35 Bas Lespès thiotte Colombier
E26 Petit-Frere Diaine M 54 Marblanche Thiotte Colombier
E27 AlLBERT Isaac M 51 Lespès Thiotte Colombier
E28 MAIGNAN Florvil M 47 Gravwa Thiotte Colombier
Verrettes
E.A l'E.A
E76 ACHIL Oge M 52 Meilleur Fond Gros Cheval
verette
E77 JOSEPH Marcilus M 61 Tibonm Fond Gros Cheval
verette
E78 Derival Yves M 39 tibonm 2 Fond Gros Cheval
verette
E79 PLAISIR Bernicoi M 48 tet letan Fond Gros Cheval
verette
E80 BALTAZR Ofanie M 47 Aviation Fond Gros Cheval
verette
E81 SILIS Mesius M 47 Pirette Fonds Gros Cheval
verretes
E82 ANSETOR Hebert M 36 Tibonm Fonds Gros Cheval
verretes
E83 CHARLES Suanes M 45 Meyer Fonds Gros Cheval
verretes
E84 TRANQUILIN Alix M 72 Pirette Fonds Gros Cheval
verretes
E85 FRANÇOIS Benisoit M 46 Simeon Fonds Gros Cheval
verretes
E86 CLUCK Lifet M 38 Aviation Fonds Gros Cheval
Verrettes
E87 CAPINDAT David M 71 Malongue Fonds Gros Cheval
Verrettes
E88 DESIR Wilfrid M 43 Meyer Fonds Gros Cheval
Verrettes
E89 SAINT-LENIS Raymond M 45 Pirette Fonds Gros Cheval
Verrettes
E90 JEAN LESTIN Emiliot M 36 Ti Mabosal Fonds Gros Cheval
Verrettes
E91 PIERRE Alismer M 55 Nan Pozwa Fonds Gros Cheval
Verrettes
E92 MAGLOIRE Merisca M 59 Pirette Fonds- Gros Cheval
Verrettes
E93 CASTEGENE Salnave M 31 Monebo Fonds- Gros Cheval
Q
Verrettes
R
Carotte 52.29
Haricot 34.64
Maïs 23.53
Oignon 21.57
Café-banane-Avocat 11.76
Café-banane 9.15
Poireau-Avocat 4.57
Mirliton 2.61
Carotte-Haricot 1.96
Chou-Haricot 1.96
Café 1.31
Patate 1.23
Tomate 0.65
Annexe 5 : Importance relative des systèmes de culture selon leur fréquence d`apparition
Système de culture Nombre de parcelles %
Chou 99 16
Pomme de terre-haricot-Maïs 90 15
Carotte 70 11
Jardin café 63 10
Pomme de terre 48 8
Haricot- Maïs 48 8
Haricot 45 7
Friche 30 5
Oignon 29 5
Maïs 23 4
Pois France 13 2
W
Patate 12 2
Banane-avocat 8 1
Banane-mirliton 2 0.3
Banane-avocat-mirliton 1 0.1
Tomate 1 0.1
Poireau 1 0.1
Mirliton 1 0.1
Malanga 1 0.1
Autres 17 3
Légende :
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X
Transplantation Transpl.
Pépinière Pepiniere
Désherbage Desher.
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Figure 12 : Calendrier de production agricole de la zone de Gros cheval
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Figure 13 : calendrier de production agricole de la zone de Boucan chatte/Chapotin
Annexe
Annexe
Annexe
Annexe 11: Distribution des outils et équipements en fonction des types d’exploitants
Type Type d'exploitant
d'outil
I II III IV V VI VII
Houe 91.89 94.74 92.31 100.00 77.78 100.00 93.33
Machette 64.86 68.42 65.38 47.06 55.56 63.64 53.33
Pioche 54.05 71.05 84.62 82.35 55.56 81.82 80.00
Dépôt 40.54 47.37 57.69 64.71 55.56 81.82 80.00
Serpette 35.14 44.74 53.85 23.53 44.44 63.64 40.00
Pompe 21.62 44.74 30.77 52.94 55.56 72.73 66.67
Réservoir 18.92 28.95 15.38 23.53 33.33 45.45 33.33
Pelle 16.22 26.32 26.92 35.29 11.11 36.36 60.00
Lime 13.51 10.53 7.69 11.76 0.00 0.00 13.33
Couline 8.11 5.26 0.00 5.88 0.00 0.00 13.33
Couteau 8.11 7.89 0.00 0.00 0.00 0.00 6.67
Râteau 8.11 10.53 7.69 17.65 0.00 27.27 13.33
Glacis 2.70 7.89 15.38 17.65 11.11 27.27 40.00
Hache 2.70 7.89 15.38 17.65 0.00 9.09 6.67
Louchette 2.70 0.00 3.85 0.00 0.00 0.00 0.00
Masse 2.70 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Pince 2.70 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Brouette 0.00 5.26 3.85 11.76 0.00 9.09 20.00
HH
Annexe
Moulin 0.00 2.63 7.69 11.76 11.11 9.09 33.33
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Annexe
Annexe
I II III IV V VI VII
Chou
75.68 81.58 84.62 82.35 100.00 90.91 93.33
Carotte 34.21 57.69 70.59 77.78 63.64 66.67
Annexe
Pdt/Ha 28.95 26.92 29.41 55.56 18.18 33.33
Oignon Pomme de terre, chou, 5 ans après cultures Éviter les précédents
céréales, haricot, pois consécutives d`oignon alliacées
ou d`espèces de la
même famille
Pomme de terre Chou, oignon, poireau, Alternance 3 à 4 ans Pomme de terre
céréales, patate, amarante,
légumes, légumes à graines
Chou pommé Les Allium, céréales, 4à 5 ans Chou
poivron, piment, pomme de Aubergine, haricot
terre, carotte, patate douce, vert, laitue, piment,
igname, manioc, arachide poivron, pomme de
Cucurbitacées, Solanacées, terre, tomate, radis, et
Ombellifères, Crucifères. navet s`il y a fortes
infestations par des
ennemis communs
Haricot Chou, céréales, betterave, Retour en culture Éviter autres
manioc, patate, tomate, recommandé de 5 ans légumineuses
fraisier par précaution (haricot, pois, …),
sanitaire pomme de terre,
aubergine, melon,
laitue, gombo
Maïs Légumineuses (haricot, Fréquence de retour : Maïs, betterave
arachide, petit pois,…), 1 an sur 2 (idéal :
igname, jachère, pomme de intervalle de 5 ans
terre, légumes de plein minimum entre 2
NN
Annexe
champ, oignons maïs)
Elle permet une bonne utilisation des éléments nutritifs présents dans le sol. Les plantes
ont des besoins différents, certaines sont gourmandes et épuisent la terre (choux-fleurs,
OO
Annexe 22: Répartition dans les zones des exploitations selon le mode de fertilisation
Zone Nombre % d’EA pratiquant Fert. % d’EA pratiquant
d'exploitant chimique Fert. Organique
Savane Zombie 37 94.59 86.48
Oriani 38 97.36 84.21
Gros Cheval 40 97.5 80
Boucan Chatte/ Chapotin 38 100 81.57
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Annexe 23: Quantité moyenne de fertilisants chimiques apportée à l`hectare selon le type
Culture Type
1 2 3 4 5 6 7
Carotte 282.45 589.02 268.28 124.60 213.90 327.55 277.60
PP
Annexe
Chou 580.55 619.16 443.14 572.14 322.73 275.63 351.32
Oignon 869.11 459.00 267.55 299.00 568.00 2908 581.00
Poireau - - 454.00 454.00 181.44 40.00 141.00
Pomme de terre 591.00 515.58 591.00 363.00 735.00 558.00 1002.00
Haricot 253.13 129.00 94.30 138.00 61.00 87.50 124.45
Pois France 15.12 30.03 0.00 0.00 41.00 53.00 51.00
Maïs 255.03 77.21 91.01 46.20 54.24 85.13 102.10
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
QQ
Annexe
24: Entretien et défense de quelques cultures (résumé comparatif)
Culture Nombre Fumure
Sarclage arrosage Traitement Organique Minérale
phytosanitaire
Pomme 2 Aucun 15 aspersions - De fond : positif - De fond : positif
de terre au maximum - D`entretien (2)
Chou 2 Tous les jours 4-6 aspersions - - De fond : positif - De fond : positif
en pépinière - D`entretien (1)
Oignon 5 Fréquemment 3 aspersions - - De fond : positif - De fond : positif
en pépinière - D`entretien (1)
Petit pois Rarement Aucun Positif Facultatif Facultatif
Mirliton Rarement Aucun Aucun Facultatif Facultatif
Carotte Positif Aucun 3 aspersions Aucun Positif
Igname 3-4 Aucun Aucun Aucun Aucun
Patate Positif Aucun Aucun Aucun Aucun
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Annexe 25: Production des exploitations agricoles par rapport au nombre de bouches à
nourrir (en kg/personne)
Culture Catégorie d`exploitation Moyenne
1 2 3 4 5 6 7
Café 6 25 61 55 296 181 168 113
Carotte 221 329 1303 1627 1767 4303 9296 2,692
Chou 352 916 1829 5082 6094 9905 10849 5,004
Haricot 20 60 114 172 395 465 725 279
Maïs 34 68 144 306 436 749 1384 446
Oignon 307 553 687 1957 4842 6344 3380 2,581
Pois 29 48 91 283 225 261 462 200
France
Pomme 392 773 1499 2981 5940 6918 14,649 4,736
de terre
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
RR
Annexe
Annexe
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
28: Valeur ajoutée brute (en gourde) des systèmes de cultures selon le type
Type d`exploitation agricole
Systèmes 6 ha et
<1 ha 1-1.99 ha 2-2.99 ha 3-3.99 ha 4-4.99 ha 5-5.99 ha
plus
Haricot-Maïs 7891.43 13065.63 9438.60 23637.50 10130.00 28550.56 19006.67
Pomme de terreharicot- 34694.9 190268.3
59084.41 47208.78 63226.75 72705.83 57395.00
Maïs 7 8
Carotte 21524.2 21512.69 52560.12 39550.52 32321.43 62329.05 100582.5
7 0
Chou 29164.5 40802.58 37332.65 100919.6 87563.19 116365.8 76810.30
1 4 4
Patate 5724.00 3025.00 6125.00 4685.00 15512.50 9750.00 9268.75
Café-banane - 7912.50 11062.50 44116.67 10312.50 10000.00 26250.00
Café-bananeavocat
5941.67 16016.67 10308.33 4900.00 25066.67 19862.50 19075.00
Oignon 60318.7 63490.63 21400.00 43683.13 79525.00 301318.7 42730.00
5 5
Café-bananeavocat- 47500.0 8546199.7
- - 29425.00 54300.00 21008.33
mirliton 0 5
Pois France 16585.9 12291.60 14605.44 32480.00 14015.63 15850.00 25593.75
4
Café 6000.00 2500.00 6050.00 5000.00
Annexe
Haricot 11576.5 8691.18 17735.06 15138.50 29498.13 24753.13 30119.64
6
Carotte/Haricot 19250.0 - 18500.00 - - 25500.00
0
Pomme de terreMaïs
5808.33 18216.67 4947.50 98250.00 52100.00 25300.00
58476.67
Ma/pf 6320.00 16600.00 4790.00 - - - -
Maïs 9588.60 4345.00 3524.61 4445.00 9154.17 18814.17 10066.00
Carotte/Maïs 37150.0 - - - - - -
0
Poireau 2500.00 125.00 12900.00 14000.00 11925.00 17787.50
Pomme de terreharicot
101516.0
34099.6 36715.00 61389.29 81265.00 72332.50 86090.80
0
8
Chou/haricot 53650.0 - 308900.0 - - 90850.00 -
0 0
Pomme de 72625.0
28100.00 - 56500.00 24225.00 - 73000.00
terre/Pois France 0
Pomme de terre- maïs
- 52675.00 - - - - -
/Pois France
Chou/Maïs 46775.0 - - - - - -
0
Café-
bananemirlitonmazombell 2150.00 3641.67 - 63562.50 - - -
e
Avocat-Mirliton - 2000.00 - - - 4200.00 -
UU
Annexe
Type d`exploitation agricole
Systèmes 6 ha et
<1 ha 1-1.99 ha 2-2.99 ha 3-3.99 ha 4-4.99 ha 5-5.99 ha
plus
Pois Congo - 1171.25 11850.00 - - - -
Tomate - - 3000.00 - - - -
Canne à sucre - - - - - 22950.00 -
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Annexe 29: Valeur ajoutée brute (en gourde) de quelques cultures par rapport au nombre de
bouches à nourrir
Type Cultures
Carotte/maïs 371.500,00 I
Oignon 343.780,00 I - VII
Mirliton 314.781,00 II, III
Carotte 256.090,00 I - VII
Pomme de terre 189.052,00 I - VII
– haricot
Pomme de 183.889,00 I - VII
terre/pois France
Pomme de 175.583,00 II
terremaïs/pois
France
Pomme de terre 172.660,00 I - VII
Pomme de 154.958,00 I - VII
terreharicot-maïs
Chou/maïs 116.932,00 I
Chou 108.916,00 I - VII
Pois France 108.267,00 I - VII
Pomme de 106.423,00 I - VII
terremaïs
Carotte/haricot 80.055,00 I, III, V
Haricot 54.019,00 I - VII
Avocat-mirliton 43.833,00
Haricot-maïs 40.528,00 I - VII
Café-banane 40.137,00
Poireau-avocat 37.102,00
Patate 35.562,00
Café- 31.753,00 I - VII
bananeavocat
WW
Annexe
Maïs/pois France 31.983,00
Tomate 30.000,00 III
Maïs 19.214,00 I - VII
Pois congo 14.310,00
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
Annexe
31: Valeur ajoutée moyenne des systèmes de culture par type d’exploitant (en gdes)
No Type IV
Système Syst. I II III
V VI VII
Oignon 9 688,093.75 450,958.57 93,010.22 162,206.25 252,950.00 383,167 262,286.67
Pdt/Pf 44 484,166.67 93,666.67 0.00 194,827.59 65,300.00 0.00 48,666.67
Ca/Ma 31 371,500.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Carotte 4 286,877.89 239,904.36 274,875.19 334,452.03 331,586.00 237,273 201,586.11
Chou/ha 43 214,600.00 0.00 268,608.70 0.00 0.00 40,378 0.00
Pdt-ha 41 207,074.04 209,654.19 219,541.07 162,010.00 191,356.00 73,466 107,210.01
PDT 20 188,220.98 158,871.71 158,042.75 127,223.01 234,175.00 203,676 137,705.90
Pdt-ha-Ma 2 16,442.00 185,283.47 123,553.62 163,600.40 125,174.00 118,726 119,033.28
Chou 5 122,545.49 104,239.81 90,611.33 111,765.69 140,375.00 142,714 74,891.96
Chou/Ma 48 116,937.50 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Pf 15 105,641.10 173,867.80 74,713.24 101,315.28 101,757.00 72,057 114,372.38
Ha-Ma 1 78,260.37 37,874.37 30,757.56 55,793.06 23,196.00 43,155 34,929.17
Pdt-Ma 27 72,791.67 80,805.56 57,916.67 32,750.00 115,900.00 202,400 183,974.44
Ca/Ha 26 64,166.67 0.00 74,000.00 0.00 0.00 102,000 0.00
Haricot 25 61,931.67 75,363.31 30,128.49 39,639.33 164,578.00 33,904 30,175.53
Caf- 8 47,430.56 24,296.38 12,250.19 32,666.67 17,029.94 - 30,652.36
banavocat
Ma/pf 28 31,600.00 39,523.81 25,210.53 0.00 0.00 0.00 0.00
Maïs 29 21,667.41 25,054.17 16,142.04 20,339.71 14,436.00 22,730 14,047.14
Caf-ban 7 0.00 11,754.47 12,184.70 36,061.98 158,929.00 285,714 20,348.84
Mirliton 21 0.00 400,000.00 286,375.70 0.00 0.00 0.00 0.00
Poireau 34 0.00 12,500.00 125.00 129,000.00 14,000.00 26,552 71,150.00
Pdt-ma/pf 46 0.00 175,583.33 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Annexe
Pois Congo 56 0.00 5,810.00 36,750.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Tomate 59 0.00 0.00 30,000.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Sources : résultats d`enquêtes de terrain (2012)
OO
No Principaux
Type
Système Systèmes Semence Pesticide Engrais Fumier
1 Ha-Ma PDT- 15.54 11.60 63.73 9.12
2 ha-Ma 43.05 12.95 33.66 10.34
4 carotte chou 21.07 22.38 51.20 5.35
5 Oignon 16.97 11.87 53.27 17.89
9 Pf 26.00 7.00 65.19 1.81
15 PDT 44.89 10.27 35.49 9.34
39.05 11.73 36.52
I 20 12.70
25 haricot 26.00 23.08 34.14 16.77
No Principaux
Type
Système Systèmes Semence Pesticide Engrais Fumier
25 haricot 39.93 9.27 44.79 6.01