0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues57 pages

Gagner au loto : malheurs et réalités

Transféré par

alexkucherenko7
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues57 pages

Gagner au loto : malheurs et réalités

Transféré par

alexkucherenko7
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Inner French

#13 Les malheurs des gagnants du loto


Salut à tous et bienvenue ! C’est le Cottongue Podcast épisode 13.

[00:00:14] Bienvenue pour ce nouvel épisode. J’espère que vous allez bien, j’espère que vous
êtes en forme. C’est, comme je l’ai dit, le douzième épisode, donc ça veut dire que j’ai
commencé le Cottongue Podcast il y a trois mois. Et je suis très content car il y a de plus en
plus d’auditeurs donc j’espère que, grâce à ce podcast, vous êtes motivés pour apprendre le
français et j’espère pouvoir vous aider un peu dans cette direction. J’espère pouvoir vous aider
à atteindre vos objectifs.

[00:00:54] Quel temps il fait là où vous habitez ? Parce que là où moi j’habite, à Varsovie, en
Pologne, en ce moment il fait super beau ! Il y a beaucoup de soleil et les températures sont
plutôt élevées puisqu’il fait entre 25 et 30 degrés Celsius. Donc c’est vraiment super, on peut
faire du vélo, se promener et profiter de la ville. Varsovie, c’est une ville qui est très agréable en
été car on peut facilement se promener et il y a beaucoup de parcs et d’endroits à visiter. Donc
c’est un endroit, c’est une ville, que je vous conseille de visiter si vous en avez l’occasion un
jour

[00:01:47] Vous avez peut-être vu que j’ai lancé une page Facebook qui s’appelle tout
simplement Cottongue, et sur cette page je partage des conseils pour vous aider à améliorer
votre français, je vous donne des petits secrets, des petits techniques. Par exemple, la première
technique dont j’ai parlée sur cette page, c’est de mettre son téléphone portable en français.
Vous utilisez sûrement votre téléphone dans votre langue maternelle, c’est naturel, c’est l’option
la plus facile. Mais si vous mettez votre portable en français, vous allez pouvoir apprendre du
vocabulaire très utile et de façon plutôt naturelle. Par exemple vous allez pouvoir mémoriser
des verbes comme “envoyer” et “recevoir”, “annuler“, “supprimer“, etc. Donc c’est très facile
pour mettre son portable en français, normalement avec tous les portables c’est possible. Il
suffit d‘aller dans les réglages, de choisir la langue et de choisir le français, tout simplement. Si
vous allez sur ma fanpage sur Facebook, sur la fanpage “Cottongue”, vous verrez une petite
vidéo qui vous expliquera comment faire. Et dans cette vidéo, vous verrez aussi qu’en faisant
ça, vous allez pouvoir apprendre par exemple la météo, grâce à l’application météo. Ou bien
vous allez pouvoir mémoriser les dates. Je sais que parfois on a tendance à oublier les mois de
l’année (janvier, février, mars, avril, etc.), mais si vous mettez votre portable en français, chaque
jour vous verrez la date sur votre écran, donc inconsciemment vous allez pouvoir mémoriser ce
vocabulaire. Donc voilà, c’est le genre de conseils que je donne sur la fanpage, mais je partage
aussi des vidéos par exemple, ou des choses que je trouve intéressantes et qui peuvent vous
aider à apprendre le français. Donc je vous invite à aller voir cette page sur Facebook pour
pouvoir accéder à tous ces contenus.
[00:04:34] Donc c’est tout pour l’autopromotion, maintenant on va passer à notre sujet du jour.

[00:04:48] Dans le podcast numéro 3, je crois, nous avions parlé du bonheur. Nous avions parlé
par exemple des pays dans lesquels les gens sont les plus heureux. Et souvent on associe
l’idée de bonheur à celle d’argent. On pense que si on veut être heureux, c’est mieux d’avoir de
l’argent. Donc aujourd’hui on va parler de personnes qui justement ont gagné beaucoup,
beaucoup d’argent, mais de façon un peu exceptionnelle puisque les personnes dont nous
allons parler aujourd’hui sont devenues riches en jouant au loto. Le loto, peut être que vous en
avez déjà entendu parler, je suis sûr que ça existe dans votre pays. Le loto, en français, c’est le
nom qu’on donne à la loterie nationale. La loterie, c’est tout simplement un jeu de hasard. Il
suffit d’acheter un ticket pour participer et ensuite on a une chance de pouvoir gagner
beaucoup, beaucoup d’argent, des millions d’euros. Le loto, c’est le jeu de hasard le plus
populaire en France. Pour jouer, je vous l’ai dit, il faut acheter un ticket et choisir 6 numéros sur
ce ticket. Il existe également, en Europe, dans l’Union Européenne, une loterie qui s’appelle
l’EuroMillions. Évidemment dans cette loterie, on peut gagner encore beaucoup plus d’argent
car il y a plus de participants, c’est logique. En France, un ticket pour jouer au loto coûte 2,20 €
et on peut ensuite gagner le jackpot, mais en général on a une chance sur 110 millions de
gagner le jackpot. On appelle ça aussi en français le “gros lot” pour dire le jackpot, le “gros lot”.
Il faut savoir que le record en France, le plus gros jackpot qui ait été gagné, était de 169 millions
d’euros. Vous imaginez une telle somme d’argent ?! Je pense que pour la majorité d’entre nous,
c’est quelque chose qu’il est difficile d’imaginer, une telle somme d’argent, un tel montant : 169
millions d’euros !

[00:07:46] Justement, est-ce que vous jouez aux jeux de hasard ? Est-ce qu’il vous arrive de
jouer par exemple à la loterie ou à d’autres jeux pour gagner de l’argent ? Peut-être que vous
allez parfois au casino pour jouer à la roulette ou au black-jack. Moi ça m’arrive de temps en
temps, parfois j’achète un billet de loto quand il y a beaucoup d’argent en jeu, beaucoup
d’argent à gagner, mais malheureusement je n’ai gagné qu’une seule fois. Et vous savez
combien j’ai gagné quand j’ai joué au loto ? J’ai gagné 4€ ! Bon, c’est pas beaucoup, c’est pas
vraiment le début de la fortune, mais c’est le maximum que j’ai réussi à gagner au loto pour le
moment. Moi, je ne suis pas très superstitieux, ça veut dire que je ne crois pas à la chance ni au
destin. Être superstitieux, ça veut dire avoir des superstitions. Par exemple, si vous pensez que
le vendredi 13 est un jour spécial, que le vendredi 13 est un jour qui n’est pas comme les
autres. Ou alors, si vous pensez que les chats noirs portent malheur. Moi je ne crois pas du tout
ça, parce que justement j’ai deux chats noirs, ou plutôt des chattes car ce sont des femelles, j’ai
deux chattes noires depuis environ un an et je pense qu’elles me portent plutôt bonheur et pas
malheur. Quels autres exemples de superstitions on a ? Par exemple, il y a des personnes qui
croient que quand on casse un miroir, eh bien cela va nous apporter plusieurs années de
malheur, que de mauvaises choses vont nous arriver pendant plusieurs années. Ou alors elles
pensent qu’il ne faut jamais passer sous une échelle, que si on passe sous une échelle, eh bien
là aussi ça va nous porter malheur.

[00:10:14] Alors, gagner au loto malheureusement ce n’est pas une chose facile. Je vous ai dit
que la chance, la probabilité de gagner au loto est vraiment très très faible. En plus, avec ces
jeux de hasard, on peut parfois développer des addictions, on peut devenir accro aux jeux de
hasard. Il y a un livre très célèbre de l’écrivain russe Dostoïevski qui s’appelle Le joueur, et
justement, dans ce livre, il est question d’un homme qui joue beaucoup d’argent au casino et
qui malheureusement a tendance à perdre, et même s’il perd quasiment tout son argent, il est
incapable de s’arrêter car il est devenu complètement accro aux jeux de hasards, il a une
addiction pour les jeux de hasard. D’ailleurs dans ce livre il y a une dimension autobiographique
parce que l’auteur Dostoïevski était lui aussi un grand amateur de casino.

[00:11:27] Mais revenons plutôt à notre sujet. Revenons à nos moutons, comme on dit en
français. “Revenir à nos moutons”, c’est une expression idiomatique pour dire “revenir au sujet
qui nous intéresse”. Donc revenons à nos moutons. Est-ce que vous avez déjà rêvé de jouer au
loto ? Est-ce que vous vous êtes déjà demandé ce que vous feriez avec cet argent ? Peut-être
que vous achèteriez une grosse voiture ou alors une belle maison au bord de la mer, peut-être
que vous feriez un grand voyage avec tous vos amis, ou alors que vous vous iriez vivre sur une
île paradisiaque. Mais attention, gagner au loto ça n’est pas toujours la vie de rêve. Il y a des
gagnants qui se sont retrouvés dans des situations très délicates après avoir gagné au loto. Et
justement, c’est le sujet qui va nous intéresser aujourd’hui. Les gagnants du loto et ce que la
victoire leur a apporté, mais aussi les problèmes auxquels ils doivent faire face, les problèmes
auxquels ils sont confrontés.

[00:12:54] OK alors vous êtes prêts à parler des gagnants du loto ? Oui ? Alors c’est parti !

[00:13:11] En France, il y a une entreprise qui s’occupe d’organiser la loterie, le loto. Cette
entreprise s’appelle la Française Des Jeux, la FDJ, Française Des Jeux. C’est une entreprise
publique, ça veut dire qu’elle est gérée par l’État et elle organise en général tous les jeux de
hasard et tous les jeux avec des paris d’argent. Parier de l’argent, c’est quand vous donnez de
l’argent on échange d’une chance de pouvoir en gagner beaucoup plus. Par exemple on peut
parier de l’argent avec des courses de chevaux, des courses hippiques. Donc tous ces jeux de
hasard c’est la Française des jeux qui les organise. Et pour les grands gagnants, c’est-à dire
pour les personnes qui gagnent plus d’un million d’euros, et bien il y a une équipe spéciale qui
est chargée d’accompagner, d’aider, de s’occuper de ces gagnants.

[00:14:27] Par exemple cette équipe organise des réunions au siège social de l’entreprise avec
des psychologues et des conseillers qui vont parler avec ces gagnants et qui vont leur donner
des conseils. Des conseils évidemment pour gérer leur argent, pour bien investir leur argent,
mais des conseils aussi psychologiques pour les aider dans leur vie quotidienne et pour les
prévenir des problèmes auxquels ils vont faire face.

[00:15:07] Évidemment, c’est très important d’avoir des conseillers financiers pour savoir
comment investir son argent. Parce que malheureusement il existe des gagnants qui ont
dépensé tout l’argent qu’ils avaient gagné, et même plus d’argent qu’il n’en avait gagné, et
finalement ils se sont retrouvés ruinés. Après quelques années, au lieu d’être riches, ils étaient
ruinés, ils étaient pauvres et en plus ils avaient d’énormes dettes. Donc ça c’est une situation
qui est plutôt mauvaise pour l’image du loto, pour l’image de la loterie, donc évidemment la
Française des Jeux essaye de bien conseiller ses gagnants pour qu’ils ne soient pas ruinés
après quelques années.

[00:16:05] Mais l’autre chose qui est très importante, c’est le soutien psychologique, l’aide
psychologique aux gagnants. Alors on peut se demander pourquoi des personnes qui ont
gagné au loto ont besoin d’un soutien psychologique. On peut se demander quel genre de
problèmes psychologiques ils ont. Eh bien, il faut savoir que gagner au loto c’est un
changement radical dans sa vie, on peut même appeler ça un bouleversement. Un
bouleversement, c’est un changement radical qui change tout. Pourquoi c’est un
bouleversement ? Eh bien parce que la plupart des gagnants du loto sont des personnes qui
avant étaient dans un milieu plutôt modeste, ça signifie qu’elles n’avaient pas beaucoup
d’argent. Et du jour au lendemain, elles se retrouvent avec des millions et des millions d’euros,
donc leur vie, évidemment, est complètement différente, et pour elles ça peut être difficile de
s’adapter à cette nouvelle situation.

[00:17:25] En général, elles passent par plusieurs étapes. La première étape bien sûr c’est
l’euphorie. Ça signifie que les gagnants sont extrêmement heureux, extrêmement contents
d’avoir gagné. Ils peuvent sauter de joie, danser, crier et pleurer. Bref, vous imaginez facilement
la scène si vous-même vous gagnez plusieurs millions d’euros, vous aurez sûrement une
réaction euphorique.

[00:18:01] Ensuite, la deuxième étape, pour certains gagnants, c’est un moment d’angoisse.
L’angoisse c’est une très grande peur. En effet, certains gagnants pensent à tous les
changements qui vont arriver et ils sont terrifiés par cela. Ils ne savent pas comment leur vie et
va devenir et ils ont tendance à avoir peur.

[00:18:30] D’ailleurs, ensuite, certains gagnants passent par une phase de déni. Ça signifie
qu’ils refusent de croire qu’ils ont gagné et ils essayent de se convaincre que rien n’a changé
dans leur vie et qu’ils n’ont pas gagné au loto. Mais ensuite, progressivement, les gagnants
réussissent à s’adapter, à accepter ce changement, et à comprendre que leur vie va changer
d’une manière positive.

[00:19:12] Alors quels sont les différents problèmes que rencontrent les gagnants du loto ?
D’abord, il y a évidemment des problèmes avec la famille. Cette victoire au loto, ça peut créer
de la jalousie. Surtout que les autres membres de la famille ont parfois tendance à penser que
cet argent n’est pas légitime, qui n’est pas mérité. Elles pensent que ces personnes qui ont
gagné au loto, elles n’ont pas travaillé pour cela. Et si elles n’ont pas travaillé, eh bien c’est un
peu injuste qu’elles deviennent riches du jour au lendemain, alors que les autres membres de la
famille, eux, sont toujours dans la même situation. Donc parfois, la famille pense que les
gagnants ont une obligation de partager l’argent qu’ils ont gagné. Comme cet argent n’a pas été
gagné grâce au travail, eh bien tout le monde devrait en profiter. Les gagnants sont alors
obligés de faire tout le temps des cadeaux et ces cadeaux, progressivement, ils sont considérés
comme des obligations. On se sent obligé de faire des cadeaux pour partager l’argent qu’on a
gagné. Et parfois, les autres membres trouvent que ça n’est jamais assez, les cadeaux ne sont
pas assez chers, ils ne sont pas assez beaux. Il y a aussi de temps en temps des membres de
la famille éloignée qui peuvent venir pour, eux aussi, demander de l’argent. Peut-être qu’il y a
un oncle qu’on n’a pas vu depuis des années mais qui a quelques dettes, et finalement cet
oncle décide de venir nous voir pour nous demander de l’argent. Ça peut être difficile de savoir
comment réagir dans ces situations. À qui il faut donner de l’argent, sous quelle forme il faut
donner cet argent ? Est-ce qu’il faut faire des cadeaux, ou bien donner de l’argent en liquide ?
C’est difficile à savoir.

[00:21:38] Ensuite, il y a aussi des problèmes avec les enfants. Certains gagnants décident de
ne pas dire à leurs enfants qu’ils ont gagné au loto. Pourquoi ? Eh bien parce qu’ils pensent que
s’ils disent à leurs enfants qu’ils ont gagné au loto, leurs enfants ne vont pas vouloir faire des
efforts à l’école, faire des études, et réussir leur vie. Parce que ces enfants vont tout
simplement penser qu’ils n’auront jamais besoin de travailler grâce à l’argent de leurs parents.
C’est vrai que ça peut être difficile pour des parents de transmettre le goût de l’effort à leurs
enfants. Si les enfants savent qu’il y a des millions d’euros qui les attendent sur un compte
bancaire, il est probable qu’ils n’auront pas vraiment envie de faire beaucoup d’efforts à l’école.
Mais en même temps, c’est compliqué pour des parents de mentir à leurs enfants, de leur
cacher une chose comme ça. Donc là aussi, ça peut être une source de problème pour les
gagnants.

[00:23:02] En plus de la famille et des enfants, souvent il est difficile pour les gagnants de
garder de bonnes relations avec leurs amis. Comme leur style de vie devient complètement
différent, que peut -être ils décident de déménager dans une plus grande maison, dans un plus
beau quartier. Peut-être qu’ils partent en vacances très souvent et qu’ils mangent dans les
meilleurs restaurants. Eh bien avec ce nouveau style de vie, on peut s’éloigner de nos amis.
“S’éloigner” ça veut dire “prendre de la distance avec nos amis”. Là aussi, les amis peuvent être
jaloux des gagnants. Encore une fois, c’est cette question d’argent légitime ou pas. Et nos amis
peuvent penser qu’on ne mérite pas l’argent qu’on a gagné. Évidemment, on peut penser qu’il
suffit d’inviter les amis en vacances, de les inviter au restaurant et de tout leur payer, mais pour
certaines personnes ça peut être gênant d’être toujours invité. En fait, il y a un rapport
hiérarchique qui s’installe, il y a une sorte de hiérarchie entre les amis car ils n’ont plus les
mêmes situations matérielles. Pour les gagnants, c’est aussi difficile de savoir si nos amis nous
apprécient pour nos qualités personnelles, pour notre personnalité, ou bien s’ils nous apprécient
seulement pour notre argent. On peut penser que ces personnes essayent de profiter de nous,
qu’elles ne sont pas honnêtes. Parfois on peut même devenir un peu paranoïaque. Donc c’est
difficile en général de rester ami avec des personnes dont la situation matérielle est
complètement différente de la nôtre.

[00:25:15] En plus de ces problèmes relationnels, il y a des problèmes un peu plus concrets qui
concernent l’adaptation à ce nouveau style de vie. La première question qui nous vient à
l’esprit, si on gagne au loto, c’est “est-ce que je vais continuer de travailler ?”. Pour beaucoup
de personnes, la réponse est non évidemment ! Si elles deviennent riches, elles décident
immédiatement de quitter leur travail. Mais si on a plus travail, on peut risquer également de
s’ennuyer. Une fois qu’on est partie en vacances, qu’on a fait le tour du monde, eh bien on peut
être chez nous, dans notre grande maison, avec nos belles voitures garées devant, et
finalement on se rend compte qu’on s’ennuie, qu’on a rien à faire, et qu’on n’a plus envie de
faire quoique ce soit. On peut penser que notre vie a un peu perdu du sens. Pour résoudre ce
problème, il y a des personnes qui décident de créer des fondations ou bien des associations
caritatives. Comme ça elles peuvent utiliser leur argent pour une bonne cause, pour une bonne
raison, pour essayer d’aider les autres. Et ça c’est quelque chose qui peut donner un sens à
notre vie.

[00:26:47] Mais ce qui est peut-être le plus dur pour les gagnants du loto, c’est que les autres
considèrent qu’ils n’ont plus le droit d’avoir de problèmes, qu’ils n’ont plus le droit d’avoir de
soucis. Quand on est riche, eh bien les autres pensent que tous nos problèmes ont disparu.
Mais ce n’est pas toujours le cas. Vous savez que l’argent n’achète pas le bonheur, et que
l’argent ne protège pas non plus des problèmes de santé par exemple. Donc pour toutes ces
personnes la question principale ça va être : “comment donner un nouveau sens à notre vie, et
comment profiter de cet argent d’une façon saine et raisonnable ?”.

[00:27:49] Voilà, c’est la fin de ce podcast, merci de l’avoir écouté. J’espère que ça vous a fait
un peu réfléchir. D’ailleurs justement, vous, que feriez-vous si vous gagniez au loto ? Est-ce
que vous feriez un grand voyage ? Est-ce que vous achèteriez de belles voitures ou une grande
maison ? Dites moi, ça m’intéresse. J’aimerais bien savoir ce que vous feriez si vous gagniez
au loto. Moi personnellement, je pense que je ferais le tour du monde. “Faire le tour du monde”
ça veut dire visiter beaucoup de pays autour du monde, et ensuite j’ouvrirais un refuge pour
animaux. J’adore les animaux et j’aimerais pouvoir utiliser cet argent afin de de les aider, afin
de leur venir en aide. Je pense que c’est quelque chose qui me donnerait beaucoup de plaisir et
qui me donnerait l’impression d’être utile. Mais rassurez-vous, même si un jour je gagne au loto,
je continuerai à faire des podcasts pour vous aider à apprendre le français, car ça aussi ça me
donne beaucoup de plaisir !

[00:29:22] Voilà, merci à tous de m’avoir écouté, merci d’avoir suivi ce nouveau podcast.
J’espère que ça vous a plu.

[00:29:33] La semaine prochaine, dans le prochain podcast, soyez au rendez-vous car je vous
donnerais la recette pour créer un héros parfait. Un héros par exemple de cinéma ou un héros
de roman. Donc si vous vous intéressez au cinéma, soyez au rendez-vous la semaine
prochaine. Merci et à bientôt !

#14 Comment créer le héros parfait


Salut à tous et bienvenue dans ce 14ème épisode du Cottongue Podcast !

[00:00:17] Pour commencer ce nouveau podcast, je voudrais saluer tout particulièrement les
nouveaux auditeurs. Je vois qu’il y a beaucoup de nouvelles personnes qui ont commencé à
écouter mon podcast et ça me fait très plaisir.
[00:00:37] Souvent, les personnes qui écoutent mon podcast pour la première fois me
demandent pourquoi je ne fais pas de grammaire. C’est vrai que, dans les autres podcasts pour
apprendre le français, souvent la partie centrale c’est la grammaire. Par exemple, il y a des
podcasts pour apprendre les différentes règles, pour savoir quelles erreurs il ne faut pas faire,
ou comment conjuguer les verbes du premier groupe.

[00:01:12] Comme tous ces podcasts existent déjà, moi je n’ai pas envie de faire la même
chose. En plus, si vous avez écouté mon premier podcast, vous savez que pour moi la
grammaire n’est pas le plus important quand on apprend une langue. Je pense que le plus
important c’est surtout de prendre du plaisir. Parce que si on prend du plaisir en apprenant une
langue, on va avoir envie de travailler régulièrement, et si on travaille régulièrement on va faire
des progrès.

[00:01:52] Donc moi ce que je vous propose avec ce podcast, c’est un nouveau sujet chaque
semaine dont je vous parle pour essayer de vous intéresser. En tout cas c’est des sujets que
moi je trouve intéressants et j’espère qu’ils vous donnent envie de comprendre la langue et
d’utiliser le français le plus possible.

[00:02:21] En tout cas si mon podcast vous plaît, n’hésitez pas à laisser des commentaires sur
iTunes parce que ça m’aide énormément.

[00:02:40] Pour le podcast d’aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de cinéma. Mais je ne vais
pas vous parler d’un un film particulier ou d’un réalisateur, je vais plutôt vous parler de la façon
dont les scénaristes écrivent des histoires pour le cinéma. Est-ce que vous savez ce qu’ont en
commun Luke Skywalker, Harry Potter et Aladin ? Vous connaissez sûrement ces trois
personnages, ces trois héros, mais est-ce que vous savez quels sont leurs points communs ?
Est-ce que vous savez ce qu’ils ont en commun ? Tous les trois sont les héros principaux d’un
film, ou d’un dessin animé pour Aladdin (Aladdin c’est le héros d’un dessin animé de Disney).
OK mais ça, ça n’est pas non plus le plus intéressant. Le plus intéressant, c’est qu’ils ont vécu
une aventure assez similaire. Donc là vous vous dites : “mais Hugo, qu’est-ce que tu racontes ?
Les aventures de Luke Skywalker, de Harry Potter et d’Aladin sont complètement différentes !
Elles n’ont rien à voir !” Peut-être que vous avez cette impression mais quand on regarde la
structure de ces aventures, on voit au contraire qu’elles sont très similaires. Et c’est justement
de ça que je vais vous parler aujourd’hui. Alors vous avez envie de connaître la recette magique
pour écrire un bon scénario de cinéma ? Oui ? OK alors écoutez et je vais vous donner cette
recette magique.

[00:04:55] Est-ce que parfois, quand vous allez au cinéma, vous n’avez pas comme une
impression de déjà-vu ? Vous savez c’est ce genre d’impression d’avoir déjà vécu une situation
similaire, d’avoir déjà été dans cette situation. Parfois on a l’impression d’avoir déjà vu cette
situation dans un rêve par exemple. Mais on est pas vraiment sûr. Et vous savez pourquoi vous
avez cette impression quand vous allez au cinéma ? Eh bien parce que beaucoup de films
utilisent une structure similaire. Ils ont une histoire qui ressemble à l’histoire d’autres films. Alors
vous pouvez penser que les scénaristes sont paresseux. Au lieu d’écrire, au lieu d’inventer une
nouvelle histoire, ils préfèrent copier l’histoire d’un autre scénariste. Comme ça, c’est moins
fatiguant et ça demande moins de travail. Ou vous savez aussi que, pour les producteurs, c’est
à dire les personnes qui financent les films, c’est moins risqué de faire la suite d’un film qui a eu
beaucoup de succès, plutôt que de financer un tout nouveau film que les gens ne connaissent
pas. Par exemple tout le monde adore Spider Man, donc pour un producteur c’est moins risqué
de financer la suite de Spider Man, le 2, le 3, le 4 ou le 5, au lieu de créer un film avec un
nouveau héros que le public ne connaît pas. Parce que, à ce moment-là, il y a le risque que le
public n’aime pas ce nouveau héros. Et si ce nouveau héros n’est pas populaire, eh bien
forcément le film ne va pas marcher. Alors les producteurs, pour prendre moins de risques, ils
préfèrent utiliser des ingrédients qui fonctionnent déjà.

[00:07:21] Justement, il y a un ingrédient qui fonctionne extrêmement bien pour faire des films à
succès au cinéma, et cet ingrédient magique, c’est une structure très efficace qui a été
théorisée par un anthropologue américain. Un anthropologue, c’est une personne qui étudie
l’Homme, au niveau physique mais aussi au niveau culturel. Les anthropologues font la
synthèse de toutes les sciences qui concernent l’Homme pour essayer d’avoir une vision
globale de l’Homme. Donc cet anthropologue américain s’appelle Joseph Campbell. Et lui, il
s’intéressait beaucoup à la mythologie et aux mythes. Les mythes, vous savez, ce sont des
histoires très très anciennes qui se diffusent dans les civilisations, qui se propagent de
génération en génération, et qu’on appelle aussi parfois des légendes. Ces histoires sont
tellement vieilles que, souvent, on ne sait pas qui en est l’auteur, on ne sait pas qui a écrit où
qui a raconté ce mythe, cette histoire, en premier.

[00:08:54] Donc Joseph Campbell s’est intéressé aux mythes dans les différentes civilisations,
partout dans le monde. Il a étudié les histoires que l’on raconte dans ces civilisations, et il a
essayé de trouver des points communs entre elles. Et justement, avec ses recherches, il a
réussi à identifier une structure qui est la même pour les mythes dans toutes ces civilisations.
Tous ces mythes, que ce soit les mythes Grecs, les mythes romains, les mythes mayas, eh bien
ils ont en commun un certain ordre, une certaine structure pour raconter l’histoire. Et Joseph
Campbell a écrit un livre pour montrer, pour expliquer cette structure au grand public.

[00:09:54] J’imagine que vous vous demandez quelle est la structure de cette histoire, quelles
sont les différentes étapes que doit affronter le héros. Une étape, c’est comme un test, une
chose que le héros doit faire pour tester son courage, pour tester sa bravoure, et ces épreuves,
généralement, elles sont les mêmes dans toutes les histoires. C’est ça qui est très intéressant.
Alors comme vous êtes curieux de connaître ces épreuves je vais vous les décrire.

[00:10:42] La première épreuve, en fait ce n’est pas vraiment une épreuve, c’est plutôt la
situation initiale. La situation initiale, c’est le héros qui vit dans un monde ordinaire. Mais à ce
moment-là, il ne sait pas encore qu’il est un héros. Il pense être une personne comme les
autres, voire même assez souvent une personne moins bonne que les autres. Souvent, le
héros, avant de devenir un héros il est un peu marginalisé, c’est un “loser” (comme on dit en
anglais). Vous pouvez penser par exemple à Harry Potter et, justement, avant de rejoindre
l’école, il a une vie plutôt triste. Il est orphelin parce qu’il a perdu ses parents, dans un accident
de voiture, et il vit dans la famille de sa tante qui est le déteste complètement, il n’a aucun ami,
donc on peut dire que sa vie n’est pas vraiment idéale. C’est la même chose pour Luke
Skywalker. Quand il est enfant, il grandit sur la planète de Tatooine, dans une famille plutôt
pauvre, et même s’il a des bonnes capacités physiques, on ne pense pas à ce moment-là qu’il
va devenir un héros. Quant à Aladdin, lui, il est simplement voleur et on dit dans le dessin
animé de Disney que c’est un “moins que rien”. Un “moins que rien“, c’est une personne qui n’a
aucune valeur, sa valeur c’est zéro ! Donc Aladin, avant de rencontrer le génie, il est loin d’être
un héros. Ça c’est la première étape de tout histoire, c’est la base des différents mythes. Un
personnage plutôt ordinaire dans un monde lui aussi ordinaire.

[00:12:59] Mais ensuite, la deuxième étape, c’est un appel que reçoit le héros. Le héros reçoit
un appel pour partir à l’aventure. Alors cet appel, il peut prendre différentes formes : ça peut
être un coup de téléphone, ça peut être une lettre, ou ça peut être une personne qui vient le voir
pour lui proposer de partir à l’aventure.

[00:13:32] Généralement, au début, le héros refuse cette aventure. Ça c’est l’étape 3 de


l’histoire, quand le héros refuse de partir à l’aventure. Il a différentes excuses pour refuser ça,
mais en général il n’est tout simplement pas d’accord. Peut-être qu’il a peur, peut-être qu’il
pense ne pas être la bonne personne pour ces épreuves. En tout cas, sa réaction initiale, c’est
tout simplement de dire “non”. “Non, désolé mais je ne vais pas partir à l’aventure.” Par
exemple, Luke Skywalker, au départ, il n’a pas vraiment envie de suivre Obi Wan Kenobi. Il veut
rester sur Tatooine, et il n’a pas envie de partir à l’aventure.

[00:14:33] Mais, finalement, c’est la quatrième épreuve, il y a un mentor qui arrive à convaincre
le héros. Un mentor, c’est une personne très importante qui a plus d’expérience que nous et qui
va nous donner des conseils pour mieux vivre notre vie. Donc ce mentor, dans Harry Potter par
exemple, c’est Hagrid. Dans Aladdin, le mentor c’est le génie. Et dans Star Wars, évidemment
le mentor c’est Obi Wan Kenobi. Ce mentor, il va discuter avec le héros et il va lui expliquer qu’il
doit accepter cette aventure, que c’est son destin et qu’il n’y a pas d’autres solutions que de
partir à l’aventure.

[00:15:40] Maintenant nous arrivons à la cinquième étape de l’histoire. Cette cinquième étape,
c’est le héros qui accepte l’aventure. Et en acceptant l’aventure, il rejoint un monde
extraordinaire, un monde qui est différent de celui dans lequel il vivait. C’est vraiment à ce
moment-là que commence l’aventure.

[00:16:11] Alors dans ce nouvel univers, les choses se compliquent pour le héros. Il a beaucoup
de défis, de challenges, à relever pour prouver qu’il est bien à la hauteur de son destin. Il a
différents défis comme affronter des méchants, aider des personnes, sauver des princesses
etc. Tout un tas d’épreuves qui vont pouvoir lui donner l’occasion de prouver son courage, de
prouver qu’il n’est pas une personne ordinaire, mais qu’il est vraiment un héros. Un très bon
exemple de ça se trouve dans la mythologie grecque. Vous avez sûrement entendu parler
d’Hercule. Hercule c’était un héros de la mythologie grecque qui était mi-humain mi-dieu. C’était
le fils de Zeus et d’une humaine. Et Hercule, pour prouver qu’il était bien un héros, eh bien il a
dû accomplir 12 travaux. Ces travaux étaient des épreuves qui ont permis de montrer la valeur
d’Hercule, de prouver que Hercule était bien un héros.

[00:17:39] La septième étape de l’histoire, c’est justement l’épreuve finale. Après toutes les
difficultés qu’a dû affronter le héros, il se retrouve face à la dernière épreuve, l’épreuve finale,
qui est généralement la plus difficile. Ça peut être un combat contre le grand méchant, ou ça
peut être de sauver une princesse face à un dragon. Bref, cette étape est extrêmement difficile
pour le héros et, à ce moment-là, il passe très près de la mort. Ça c’est la huitième étape,
quand le héros est proche de la mort. Vous savez quand on regarde un film, c’est le moment le
plus stressant parce qu’on a très envie que le héros réussisse mais le combat est tellement
difficile que le héros est sur le point de perdre.

[00:18:49] Mais heureusement, et ça c’est l’étape 9, le héros réussit cette dernière épreuve. Il
gagne ce dernier combat et il prouve qu’il est bien un héros.

[00:19:16] Après cette victoire, il peut rentrer dans son monde d’origine. Il y a toujours le retour
dans le monde d’origine. Là aussi il y a un autre mythe, de la mythologie grecque, qui est celui
d’Ulysse. Vous savez Ulysse c’est cet homme qui a dû faire un grand voyage en bateau et qui a
perdu sa terre d’origine Ithaque. Alors pendant de très nombreuses années il voyage, il voyage,
il a beaucoup d’épreuves, de défis à affronter, mais finalement, après tous ces challenges, il
réussi à rentrer chez lui, il revient à Ithaque. Ça c’est donc un autre exemple qui illustre la
théorie de Campbell.

[00:20:12] À la fin, le héros est rentré dans son monde d’origine mais il y a des choses qui ont
changé parce que lui est différent. Ce n’est plus le même homme (ou la même femme) qu’avant
de partir. Maintenant c’est un héros. Il a des capacités extraordinaires et il n’est plus un humain
comme les autres. C’est la même chose avec Harry Potter. Quand il rentre chez lui après avoir
passé l’année à l’école de sorcellerie, il est de retour parmi les humains, dans la famille de sa
tante, mais lui est différent. Il a des pouvoirs magiques, c’est un sorcier, donc ce n’est plus le
même Harry Potter qu’avant son départ à l’école de sorcellerie.

[00:21:11] Cette structure, elle forme donc un cercle. Il y a un point de départ, c’est le héros
dans son monde ordinaire, ensuite il y a toutes les différentes étapes, puis le héros revient au
point de départ. Mais évidemment, comme je l’ai dit, il est différent.

[00:21:32] Quand on connaît cette structure, on peut analyser beaucoup, beaucoup de films, et
on la retrouve justement dans tous ces films. Vous pouvez penser aux films dont j’ai déjà parlés
: Star Wars, Harry Potter, Aladin, mais aussi Matrix, Le seigneur des anneaux, le Monde de
Nemo, par exemple, ou le Roi Lion. C’est vrai que les studios Disney, ils adorent utiliser cette
structure. D’ailleurs, il y a un écrivain américain qui est aussi scénariste, qui s’appelle
Christopher Vogler, et lui il a justement publié un guide pour les scénaristes d’Hollywood et ce
guide s’inspire de la structure de Campbell. Ce livre, qui a été écrit par Christopher Vogler, il est
très populaire et il a beaucoup influencé les scénaristes d’Hollywood. C’est pour ça qu’on
retrouve la formule un peu partout, dans beaucoup de films différents.
[00:23:52] À votre avis, pourquoi cette structure est-elle tellement efficace ? Pourquoi est-ce
que le public aime tellement ce genre d’histoires ?

[00:23:03] À mon avis la première chose, c’est que dans ces histoires le spectateur peut
s’identifier au héros. Comme le héros est une personne comme les autres, avec des problèmes,
eh bien on peut se reconnaître dans lui, on peut se mettre dans sa peau. Ça, c’est une
expression française “se mettre dans la peau de quelqu’un“, ça veut dire “se mettre à la place
de quelqu’un”, “imaginer que nous sommes cette personne”. Donc quand on se met dans la
peau du héros, eh bien le film devient encore plus intense parce qu’on a un peu l’impression
que les événements qui arrivent au héros, il nous arrivent à nous, les spectateurs.

[00:23:57] Ensuite la deuxième chose c’est que, grâce à ce héros, on comprend qu’on est
capable de dépasser nos peurs. On comprend qu’il faut prendre des risques, parfois, et
accepter l’appel à l’aventure. C’est normal d’avoir peur, tout le monde a peur (même les héros),
mais ce qui fait la différence c’est quand on accepte de prendre des risques et quand on décide
de combattre nos peurs. C’est comme ça qu’on peut devenir un héros. Mais, pour devenir ce
héros, il faut beaucoup de courage et il faut faire des sacrifices. Ça c’est une idée qu’on aime
bien également, parce que vous savez par exemple que le développement personnel, c’est une
chose qui devient de plus en plus populaire. On a tous envie de devenir une meilleure version
de nous-mêmes. Et justement, dans cette structure, dans cette histoire, le héros est une
personne qui devient une meilleure version d’elle-même. Donc là encore, on aime bien
s’identifier à ce genre de personnage.

[00:25:14] La dernière chose, à mon avis, qui explique pourquoi ces histoires sont tellement
populaires, c’est que la structure est très claire et qu’elle est facile à comprendre. Dans les films
Disney pour les enfants, cette structure est utilisée car les enfants peuvent la comprendre très
facilement. Et c’est la même chose pour les parents ! Comme c’est un cercle, comme cette
histoire a la forme d’un cercle, avec un départ et une fin, eh bien on a l’impression d’avoir vécu
une aventure complète. À la fin du film, il n’y a plus aucune question, on a répondu à toutes les
questions, on sait exactement ce qui s’est passé et donc on est satisfaits, on est heureux
d’avoir vu ce film et d’avoir vécu cette aventure.

[00:26:27] Finalement tous ces ingrédients sont une garantie de succès pour les producteurs,
car ils savent déjà que le public, que les spectateurs, aiment ce genre d’histoire. Mais il y a
peut-être le risque que, à force d’utiliser cette structure dans tous les films, eh bien les
spectateurs vont peut-être se lasser. “Se lasser de quelque chose“, ça signifie se fatiguer, ne
plus aimer quelque chose. Par exemple si vous adorez les gâteaux chocolat et que vous en
mangez tous les jours, eh bien peut-être qu’après quelques semaines, vous allez vous lasser
du gâteau au chocolat. Ça veut dire que vous ne voudrez plus manger de gâteau au chocolat,
car vous en aurez trop mangé avant. Donc c’est la même chose avec les films : à force de voir
ces histoires encore et encore, peut-être que le public va en avoir assez. Mais d’un autre coté
Joseph Campbell a prouvé que cette structure existe depuis des milliers d’années. Et, si elle est
toujours efficace maintenant, ça signifie peut-être que cette structure plaira toujours au public,
que le public, les spectateurs, ne vont jamais se lasser de cette structure.

[00:28:11] Voilà, c’est la fin de ce podcast. Maintenant, la prochaine fois que vous irez au
cinéma, vous pourrez essayer d’identifier la structure, et peut-être que vous reconnaîtrez la
structure de Joseph Campbell. En tout cas, j’espère que ça vous a intéressé et que vous êtes
toujours motivés pour apprendre le français. Même si vous êtes en vacances, il faut continuer à
faire un peu de français tous les jours, car vous savez que la régularité, c’est la clé pour
apprendre une langue.

[00:28:51] Si vous voulez m’aider, et si vous aimez ce podcast, je vous invite à aller sur iTunes
pour me laisser une évaluation. Écrivez un petit commentaire et donnez-moi des étoiles pour
que mon podcast puisse aider encore plus de personnes. Donc voilà, si vous aimez ce podcast,
allez sur iTunes et laissez-moi une petite évaluation.

[00:29:26] Merci à tous de m’avoir écouté. On se retrouve la semaine prochaine et on parlera


du système scolaire français, c’est-à-dire de l’école en France. Reposez-vous bien, profitez de
vos vacances (si vous êtes en vacances) et à bientôt !

#15 L'école en France


Salut à tous et bienvenue ! C’est le Cottongue Podcast épisode 15 !

[00:00:13] Bienvenue, je suis très content de vous accueillir pour ce nouveau podcast. Comme
d’habitude, j’espère que vous allez bien et que vous êtes en forme. J’espère que vous passez
de bonnes vacances, si vous êtes en vacances, ou que votre semaine de travail n’est pas trop
dure.

[00:00:36] Pour commencer ce podcast, je voulais vous parler d’un message très sympa que j’ai
reçu sur la fanpage Cottongue. Vous savez que j’ai créé une fanpage sur Facebook pour
pouvoir partager avec vous des vidéos, des informations et des choses intéressantes. Et sur
cette page évidemment vous pouvez aussi me contacter et m’envoyer des messages. Donc
c’est ce qu’a décidé de faire Michael. Michael est canadien, il habite dans l’Ontario et j’ai envie
de vous lire le message qu’il m’a envoyé. Donc écoutez, le message que jai reçu de Michael.

[00:01:34]
“Hey !
Je voulais t’envoyer un message pour te dire merci. Ton podcast m’a aidé à revenir au français.
Je viens de l’Ontario, au Canada, dans un endroit où on parle surtout anglais. J’ai fait mon
école primaire et secondaire en français, mais ça fait presque dix ans que je l’utilise de moins
en moins. Je ne veux pas le perdre et ton podcast m’aide. J’aime le concept d’ignorer la
grammaire et de simplement parler de quelque chose d’intéressant. Je suis totalement d’accord
avec toi pour dire qu’il y a beaucoup de matériaux pour les débutants et les avancés, mais pas
pour les intermédiaires.

Merci encore.

J’aimerais que tu parles plus du sujet des médias en France si possible.


Michael”

[00:02:43] Merci Michael pour ce message. Évidemment je lui ai répondu, car je réponds à tous
les messages que je reçois. Et vous voyez, Michael est d’accord pour dire que la grammaire
c’est bien mais c’est peut-être plus intéressant de faire des choses un peu différentes.
Justement vous savez que c’est l’objectif de ce podcast : vous proposer des choses
intéressantes à écouter en français pour acquérir la langue de façon un peu plus
naturelle .J’avais beaucoup parlé de ça dans le premier podcast, donc si vous ne l’avez pas
écouté, vous pouvez le faire après celui-ci.

[00:03:35] Je suis très content de pouvoir aider mes amis canadiens. J’aime beaucoup le
Canada et le français qu’on parle au Québec. Je trouve que c’est vraiment une façon très jolie
de parler Français. Ils utilisent quelques expressions un peu différentes et leur prononciation,
leur accent, sont également différents. Et, certains Français trouvent que c’est drôle, mais moi
personnellement je trouve que c’est très joli, c’est très beau, et j’adore regarder des films en
québécois. Par exemple vous connaissez peut-être le réalisateur Xavier Dolan qui vient de
Montréal, et justement j’adore ses films et je vous conseille aussi de les voir si vous n’en avez
jamais vu. Comme ça, ça vous permettra d’entendre la langue québécoise et d’apprendre des
expressions très sympas !

[00:04:48] “Niaise pas” ! Il y a la fameuse expression “Niaise pas avec la puck” qui vient du
hockey, avec la rondelle, avec le palais. Donc “niaise pas” c’est “va droit au but”.

[00:04:58] Alors pour le podcast d’aujourd’hui, nous allons parler du système scolaire français.
Mais je ne vais pas vous faire une description détaillée des différentes écoles, parce que je
pense que ça pourrait être un peu ennuyeux. Donc, au lieu de faire ça, je vais plutôt vous parler
de mon expérience personnelle. Comme ça, ça va vous permettre de vous faire une idée,
d’imaginer, comment est la vie d’un élève dans le système français. Je pense que c’est très
important de connaître le système éducatif d’un pays, parce que c’est à travers ce système
qu’on transmet les valeurs et la façon de penser aux nouvelles générations. Donc si on veut
bien connaître un pays et sa culture, c’est important de savoir quelles sont les choses qu’on
étudie à l’école. Je vais vous parler des points que je trouve positifs personnellement mais aussi
des choses qui sont plus négatives. Les avantages et les inconvénients du système.

[00:06:28] OK, alors vous êtes prêts à revivre mes années d’école avec moi ? Allez, c’est parti,
on retourne à l’école !
[00:06:45] Moi je viens d’une petite ville qui se trouve dans le centre de la France et qui
s’appelle Châteauroux. C’est une ville qui compte environ 50 000 habitants et elle n’a rien de
vraiment spécial, elle n’a rien de particulier. Je dirais que c’est une petite ville comme on en
trouve beaucoup en France.

[00:07:12] Quand j’avais trois ans j’ai commencé par aller à l’école maternelle. L’école
maternelle c’est pour les enfants qui ont entre 3 et 6 ans, donc c’est une école qui dure trois
ans. Elle n’est pas obligatoire, elle est facultative, mais en général la grande majorité des
enfants vont dans cette école. Plus de 90 % des enfants vont à l’école maternelle. Qu’est-ce
que j’ai appris à l’école maternelle ? Eh bien j’ai appris à vivre en communauté, dans une
communauté différente de la famille. C’est-à-dire que l’école maternelle c’est un endroit très
important pour que les enfants apprennent à se sociabiliser, à vivre avec les autres. C’est là
qu’on se fait ses premiers amis et peut être aussi ses premiers ennemis.

[00:08:19] Je garde plutôt de bons souvenirs de l’école maternelle. Je pense que j’étais assez
content d’y aller, je me suis fait plein de copains, et ensuite quand j’avais six ans je suis entré à
l’école primaire.

[00:08:37] L’école primaire, qu’on appelle aussi “école élémentaire”, elle dure 5 ans. Donc on a
6 ans quand on arrive à l’école primaire et quand on termine on a 11 ans. C’est dans cette
école qu’on commence à apprendre les choses sérieuses. On apprend à lire, à écrire, à
compter. On a des des initiations à la science, à l’Histoire, et on commence à faire des choses
un peu plus plus concrètes, un peu plus sérieuses. Moi j’ai adoré l’école primaire parce que
j’étais très content d’apprendre à lire. Pour moi c’était quelque chose de très important parce
que ensuite je suis devenu un gros lecteur. Un gros lecteur, vous avez compris, c’est quelqu’un
qui adore lire. Donc moi quand j’étais petit j’adorais lire des livres le soir avant de m’endormir, et
grâce à l’école primaire j’ai pu apprendre à lire.

[00:09:57] Après ça je suis allé au collège. Donc faites attention, le collège -en français- c’est
l’école à laquelle vont les enfants entre 11 et 15 ans. Donc je sais qu’aux Etats-Unis, “College”
c’est quelque chose de différent, c’est l’université, mais en France le collège ça n’a rien à voir,
c’est l’école qui est avant le lycée. Donc les Français vont au collège quand ils ont 11 ans. Ça
ne veut pas dire qu’ils sont plus intelligents que les Américains, mais simplement que le mot
collège désigne autre chose en français qu’en anglais.

[00:10:48] Le collège dans lequel je suis allé, c’était un collège qui était situé dans un quartier
difficile, un quartier de banlieue. Quand on parle de “banlieue“, en France, ce sont les quartiers
qui sont en général à l’extérieur des villes, dans la périphérie des villes, et où habitent les
familles qui ont un peu moins d’argent, les familles plus modestes. Dans ce collège, j’ai
commencé à voir la société de façon un peu différente. J’ai rencontré des personnes qui
venaient de milieux assez différents du mien. Et à ce moment-là, j’ai commencé à me rendre
compte des inégalités. Par exemple j’avais des copains, au collège, qui partageaient leur
chambre avec deux ou trois frères. Alors que moi, j’avais la chance d’avoir une chambre pour
moi tout seul, chez mes parents. Donc c’est à ce moment-là que j’ai vu qu’on avait pas tous les
mêmes chances, qu’on avait pas tous les mêmes conditions de vie. Et j’ai aussi compris que
ces conditions de vie, eh bien elles jouent une grande influence sur notre succès, sur notre
réussite à l’école. Forcément c’était plus facile pour moi de me concentrer et de faire mes
devoirs dans ma chambre, tout seul, avec mon petit bureau, que pour mes amis qui devaient
partager leur chambre avec leurs trois frères. Et, au collège, c’est aussi là que de la compétition
commence. On évalue les élèves avec des notes qui vont de 0 à 20. Aux Etats-Unis et en
Angleterre (il me semble), on évalue les élèves avec des lettres : A, B, C, C-, C+, etc. Mais en
France, on évalue avec des notes qui vont de 0 à 20. Si vous avez 0, c’est la plus mauvaise
note, et 20 c’est la note maximale. Pour avoir la moyenne, pour réussir un examen, il faut avoir
10, 10/20.

[00:13:30] Au collège, il y a quatre années (comme je vous l’ai dit). La première année s’appelle
la 6ème, ensuite on passe en 5ème, puis la 4ème et la 3ème. À la fin de la 3ème, il y a un
premier examen assez important qui s’appelle le brevet. Et pour pouvoir finir le collège, il faut
obtenir le brevet.

[00:14:01] Après le collège, c’est là qu’on commence à faire une sélection entre les élèves.
Tous les élèves n’ont pas les mêmes possibilités. En fonction des notes qu’on a obtenues au
collège, on a différentes options qui s’offrent à nous. Les élèves qui avaient les résultats les
plus mauvais, eh bien en général ils doivent faire une filière professionnelle, c’est à dire des
études qui vont être très courtes, qui vont durer deux ans, pour leur apprendre un métier, une
profession, plutôt technique en général. En France, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans donc,
après les 16 ans, les élèves, quand ils ont leur diplôme professionnel ils peuvent arrêter
d’étudier et commencer à travailler. Ce genre de métiers, ils sont très importants mais
malheureusement ils ont une image plutôt négative. On a l’impression qu’apprendre ces métiers
c’est une forme de punition parce qu’on a pas eu de résultats suffisamment bons au collège.
Les élèves ont parfois un peu honte de faire ce genre d’études professionnelles, et c’est plutôt
difficile pour eux d’être motivés et de rester concentrés sur leurs études.

[00:15:50] Pour les autres élèves, ceux qui ont eu de bons résultats au collège et à l’examen du
brevet, eh bien on peut aller au lycée. Le lycée, on entre quand on a 15 ans et on finit à 18 ans.
Donc si vous êtes bons en calcul, vous avez compris que le lycée dure 3 ans. Il y a différents
types de lycées : le lycée général, le lycée technologique et le lycée professionnel. On a déjà un
peu parlé de la filière professionnelle et le lycée général, c’est pour les élèves qui ont eu de
bonnes notes. Au lycée général, la première classe s’appelle la 2nde. Quand on arrive au lycée
on est en 2nde, puis il y a la 1ère et la terminale.

[00:16:57] Moi, je suis allé dans un bon lycée qui était dans le centre de ma ville et là il y avait
des élèves assez différents de ceux que j’avais fréquentés au collège. Donc pour moi encore
une une fois c’était une façon de découvrir des personnes d’autres milieux et j’ai dû m’adapter à
ce nouveau milieu.

[00:17:25] Après la 2nde, on a le choix entre trois programmes : le programme scientifique qui
met l’accent sur les mathématiques, la physique, la biologie, le programme économique et
social -dans lequel on se concentre plutôt sur l’économie et les sciences humaines-, et enfin le
dernier programme qui est le programme littéraire, pour évidemment la littérature et les langues
étrangères.

[00:18:04] Moi j’ai choisi le programme économique et social parce que justement je
m’intéressais beaucoup à ces matières, et j’avais envie d’en savoir plus. J’ai beaucoup aimé le
lycée aussi parce que c’est à ce moment-là qu’on essaye de donner un esprit critique aux
élèves. En France, c’est quelque chose de très important d’être capable d’argumenter, de
présenter sa pensée d’une façon bien organisée. Donc au lycée, on apprend par exemple à
écrire des dissertations, c’est à dire qu’il y a dans les cours de philosophie, par exemple, un
sujet et on doit répondre à ce sujet (qui généralement est une question) en plusieurs parties. Et
ce qui est très important dans cet exercice, c’est la structure. Il faut toujours avoir le pour et le
contre, le point de vue en faveur d’une théorie et le point de vue contre cette théorie. Au lycée,
on insiste pour que les élèves apprennent à nuancer leur esprit. Il n’y a pas le bien et le mal, le
bon et le mauvais, mais il y a une réalité qui est complexe et qu’il faut analyser pour mieux la
comprendre. Donc ça ce sont des compétences et des idées qu’on transmet aux élèves quand
ils sont au lycée. Et personnellement, je trouve que c’est vraiment là un grand avantage du
système scolaire français : cet esprit critique qu’on transmet aux élèves.

[00:20:01] À la fin de la dernière année de lycée, il y a l’examen qui est le plus important pour
les élèves qui s’appelle le baccalauréat. Bon comme “baccalauréat” c’est un peu long, on utilise
le mot “bac”. Donc en terminale, à la fin du lycée, les élèves passent le bac et il faut réussir ce
bac pour pouvoir continuer les études supérieures. Donc attention ça en français c’est un peu
différent : quand on dit “passer un examen” ça signifie “essayer cet examen”, mais ensuite on
peut réussir l’examen ou le rater. Donc quand on dit en français “j’ai passé un examen”, ça veut
dire qu’on a essayé cet examen, mais ça ne veut pas dire qu’on l’a réussi. Faites attention à
cette petite différence, car ça n’est pas comme en anglais par exemple.

[00:21:11] Quand les élèves ont réussi le bac, ils peuvent commencer leurs études supérieures.
Ils peuvent aller à l’université -et la majorité des élèves décident de le faire- pour apprendre
différentes choses (ça peut être la littérature, le droit, la médecine) et on peut obtenir un
diplôme en trois ans qui s’appelle la licence ou un autre diplôme en cinq ans qui s’appelle le
Master. Et si on veut faire de la recherche ou de l’enseignement, ça veut dire si on veut devenir
professeur à l’université, on peut faire un doctorat. Mais pour le doctorat il faut être très motivé
car ça dure 8 ans. Il faut 8 ans d’études pour obtenir le doctorat.

[00:22:09] Moi, personnellement j’ai choisi quelque chose d’un peu différent car je suis allé en
prépa. La prépa, qui s’appelle aussi “classe préparatoire”, c’est une spécificité française, ça
n’existe qu’en France. La classe prépa, ça se trouve dans les lycées et pendant deux ans, on
prépare les concours aux grandes écoles. Les grandes écoles, ce sont les écoles les plus
prestigieuses en France, par exemple les écoles d’ingénieurs, de commerce, ou sciences
politiques. Vous avez peut-être entendu parler de Polytechnique (qui est une école d’ingénieur)
ou alors d’HEC (qui est une école de commerce). Donc ces écoles sont appelées en France les
«grandes écoles», et ce sont les études les plus sélectives et les plus difficiles en général à
intégrer.

[00:23:14]Donc pour entrer dans ces grandes écoles, il faut se préparer à un examen et on se
prépare à cet examen dans les classes préparatoires. C’était pour moi deux années très
intéressantes mais aussi très intenses. On a environ 30 heures de cours par semaine, mais on
a aussi deux examens oraux chaque semaine et un examen écrit de 4 heures tous les
vendredis ou tous les samedis. Donc la classe prépa, ça a la réputation d’être très difficile et il
faut être vraiment motivé pour passer deux années à étudier de façon aussi intense.

[00:24:07] À la fin de ces deux années de prépa, on passe les concours -c’est-à-dire les
examens d’entrée- pour rejoindre les grandes écoles. Il n’y a pas de place pour tout le monde
évidemment, donc ce sont les meilleurs étudiants qui peuvent intégrer les meilleures écoles. Ce
système des grandes écoles, il est très critiqué en France parce qu’il favorise les inégalités.
Comme c’est très difficile de rentrer dans les grandes écoles, souvent la grande majorité des
étudiants qui vont dans ces écoles, ce sont des étudiants qui viennent de familles assez aisées.
Ça signifie des familles qui ont pas mal d’argent. Ces familles, elles savent que c’est très
important d’aller dans les grandes écoles pour obtenir un bon diplôme et ensuite un bon travail.

[00:25:11] En plus, ces grandes écoles sont privées et elles sont assez chères. Donc les
étudiants, si leurs parents ne peuvent pas leur payer cette école, ils doivent demander un crédit
à la banque pour pouvoir financer leurs études. Donc ce n’est pas facile pour tous les étudiants
de payer leur grande école.

[00:25:37] Mais en réalité, il y a seulement 5 % des étudiants qui vont dans ces grandes écoles,
donc c’est vraiment très peu. Moi après la prépa, je suis entré dans une école de commerce,
une école de business, à Paris, et j’ai fait trois années d’études dans cette école pour obtenir un
Master.

[00:26:03] Et c’est comme ça que j’ai terminé mes études, ma scolarité en France, avec un
Master.

[00:26:18] En conclusion, on peut dire que le système scolaire français, c’est un système qui
transmet de bonnes valeurs aux élèves (je vous ai parlé de l’esprit critique par exemple) mais
qui malheureusement est très inégalitaire. Il y a souvent des études pour comparer les
systèmes scolaires dans le monde, la plus célèbre s’appelle PISA, et dans la dernière étude
PISA, la France est considérée comme le pays le plus inégalitaire pour les études. Ça veut
donc dire que pour les élèves qui viennent de familles plus modestes, c’est assez difficile de
réussir à l’école en France. Et finalement, ils ont moins de chances d’obtenir un bon diplôme.

[00:27:14] Une dernière précision qui concerne la langue : faites attention parce que quand on
dit en français que quelqu’un est “bien éduqué“, ça veut dire qu’il a reçu une bonne éducation
de ses parents, pas de l’école ! Ça veut dire qu’il est poli et qu’il a de bonnes manières. Si on
veut dire qu’une personne a fait de bonnes études, on peut dire qu’elle a un bon diplôme. On ne
dit pas “il est bien éduqué” mais “il a un bon diplôme” ou alors “il a fait de bonnes études”.

[00:27:55] Voilà maintenant vous en savez plus sur le système scolaire français. J’espère que
ça vous a plu de revivre mes années d’école avec moi. Si vous avez des questions, des choses
que vous n’avez comprises, ou si vous voulez que je parle un peu plus d’un sujet, que je
développe un sujet, n’hésitez pas à m’écrire sur Facebook ou à m’envoyer un email à l’adresse
hugo@[Link].

[00:28:37] C’est tout pour aujourd’hui. Comme d’habitude, je je vous invite à regarder la
transcription sur mon site si vous n’avez pas tout compris, et je vous donne rendez-vous la
semaine prochaine pour un nouveau podcast. Merci à tous et à bientôt !

#16 Prendre l'habitude de faire du français


Salut à tous ! Bienvenue dans ce 16ème épisode du Cottongue Podcast.

[00:00:13] Comme d’habitude, j’espère que vous allez bien. Moi je suis très content de vous
retrouver pour ce nouveau podcast. J’espère que vous êtes bien installés, que vous êtes
installés confortablement pour m’écouter ou peut-être que vous écoutez ce podcast en faisant
autre chose, par exemple en faisant la cuisine, en faisant du sport ou bien en vous promenant.
Moi en tout cas, quand j’écoute des podcasts pour apprendre le polonais (parce que j’apprends
le polonais), j’aime bien faire autre chose en même temps. Par exemple, quand je cuisine
j’écoute souvent un podcast, comme ça je peux faire deux choses à la fois.

[00:01:06] Quand j’étais en France, il y a quelques semaines, j’ai lu un livre assez intéressant et
j’ai décidé de faire un podcast sur ce livre pour vous en parler. C’est un livre d’un auteur
américain, et le sujet de ce livre c’est le pouvoir des habitudes. Donc c’est un livre assez
populaire, peut-être que vous l’avez déjà lu, mais aujourd’hui on va parler de ce livre avec son
application pour apprendre une langue, et en particulier pour apprendre le français.

[00:01:55] Pour apprendre une langue, certaines personnes pensent qu’il existe une recette
magique, une chose qui fonctionne pour tout le monde, et que si on achète une méthode on
peut apprendre une langue très rapidement. Moi, malheureusement je ne crois pas à ça, et je
pense que le plus important pour apprendre une langue c’est la régularité. Par exemple, vous
avez déjà peut-être vu des vidéos de polyglottes, ou bien peut-être que vous avez lu leur blog,
ils sont très populaires sur internet, eh bien ces polyglottes on pense qu’ils ont un talent
extraordinaire pour apprendre les langues. Alors d’un côté c’est vrai, ce sont des personnes très
talentueuses, peut-être que ce n’est pas possible pour tout le monde d’apprendre une dizaine
de langues, mais à mon avis le vrai secret de ces polyglottes, c’est qu’ils utilisent ces langues
quotidiennement, tous les jours. Ce sont des personnes dont les langues sont souvent le
métier. Par exemple ils sont traducteurs, interprètes, professeurs, en tout cas ils passent leur
journée à penser au langage et à utiliser les différentes langues étrangères qu’ils connaissent.
[00:03:39] Vous avez peut-être aussi entendu parler de la règle des 10 000 heures. Cette règle
dit que pour devenir un expert, un spécialiste dans un domaine particulier, eh bien il faut passer
10 000 heures à s’entraîner. Si vous voulez devenir un pianiste célèbre, vous devez vous
entraîner à jouer du piano pendant 10 000 heures. Alors c’est un peu difficile de se représenter
à quoi ça correspond cette durée de 10 000 heures. Pour vous donner une idée, si vous jouez
du piano chaque jour pendant une heure, eh bien il vous faudra 27 ans pour passer 10 000
heures. Quand on le dit comme ça, c’est un peu décourageant, mais peut-être que vous n’avez
pas envie de devenir un expert. Peut-être que votre objectif pour le français, c’est simplement
d’être capable de comprendre les films français et de pouvoir communiquer avec des
francophones.

[00:05:03] En plus, ce chiffre de 10 000 heures, il a été beaucoup critiqué. Certains experts ne
sont pas d’accord avec cette conclusion, avec ce chiffre. Il y a des personnes qui passent
beaucoup plus de temps pour devenir très bonnes dans leur discipline, et d’autres personnes
pour lesquelles ça prend moins de temps.

[00:05:31] Mais en tout cas, ce qui est important à mon avis, c’est que pour pouvoir maîtriser
quelque chose, il faut y passer beaucoup de temps, et si vous voulez passer beaucoup de
temps à faire quelque chose, la clé de la réussite, le plus important, c’est : la régularité. La
régularité, c’est la seule façon de progresser.

[00:05:59] Si vous faites du sport ou si vous jouez d’un instrument de musique, vous savez que
la régularité c’est le plus important mais malheureusement c’est aussi le plus difficile. Alors
comment faire pour qu’une pratique devienne régulière ?

[00:06:20] Eh bien il faut tout simplement que cette pratique devienne une habitude. C’est facile
à dire mais c’est assez difficile à faire ! Donc pour vous aider, aujourd’hui je vais vous parler de
ce livre que j’ai lu qui a été écrit par Charles Duhigg. Je vais je vais vous parler de ses
conclusions, et dans la deuxième partie de ce podcast je vous donnerai des conseils pratiques
pour transformer le français en une habitude.

[00:07:02] Vous êtes prêts ? Alors, c’est parti !

[00:07:16] Dans notre vie quotidienne, il y a beaucoup de choses que nous faisons sans y
penser. Par exemple le matin, peut-être que la première chose que vous faites, c’est de boire
un verre d’eau ou alors de vous faire un café ou bien d’aller dans la salle de bain. En général,
vous faites ça sans y penser, parce que vous avez fait ces choses tellement de fois que vous
êtes programmés pour les faire. Vous ne vous demandez pas chaque matin si vous devriez
d’abord boire un café ou prendre une douche. Quand vous vous réveillez, vous avez déjà, vous
savez automatiquement ce que vous allez faire. Vous faites ce que vous avez l’habitude de
faire. C’est un peu comme le pilote automatique d’un avion.
[00:08:20] Ces habitudes ne concernent pas seulement votre routine matinale, mais toute votre
vie. Quand vous allez au travail, quand vous déjeunez, quand vous rentrez à la maison le soir,
vous êtes guidés par vos habitudes.

[00:08:42] Toutes ces habitudes, elles sont très pratiques parce qu’elles rendent notre vie plus
facile. Pourquoi ? Eh bien parce que notre cerveau est paresseux. Notre cerveau n’a pas envie
de faire trop d’efforts, il n’a pas envie de penser ni de réfléchir, donc quand le pilote
automatique peut prendre le relais, eh bien notre cerveau est très content. À ce moment-là, le
cerveau peut se reposer et laisser le pilote automatique prendre le relais. Dans son livre,
Charles Duhigg a étudié un patient dont le cerveau était endommagé après un accident. Ce
patient n’avait plus de mémoire, en fait il était incapable de se rappeler de quelque chose pour
plus d’une minute. Quand on lui disait quelque chose, eh bien après quelques minutes il avait
déjà tout oublié. Mais malgré ça, le patient était toujours capable d’apprendre de nouvelles
habitudes et de les répéter inconsciemment, sans y penser. En fait, la partie de notre cerveau
dans laquelle sont enregistrées les habitudes n’avait pas été endommagée. Et cette partie, elle
est inconsciente mais elle guide nos actions. Il y a certaines habitudes qui sont centrales et qui
peuvent influencer toute notre vie. Ce sont des habitudes très importantes. Par exemple, faire
du sport. Quand on fait du sport, ensuite on a tendance à manger sainement, à mieux dormir, à
boire moins d’alcool, à arrêter de fumer, etc. Cette habitude de faire du sport a des
conséquences sur l’ensemble de notre vie. Donc c’est ça qu’on peut appeler des “habitudes
centrales” : ce sont des habitudes qui peuvent changer radicalement la vie d’une personne.

[00:11:19] Mais pourtant beaucoup de personnes qui essayent de prendre ces bonnes
habitudes n’y arrivent pas. Vous connaissez sûrement les bonnes résolutions, ce sont les
bonnes décisions qu’on prend au début d’une année (par exemple faire du sport ou arrêter de
fumer) et vous savez aussi que c’est très difficile de les tenir. Souvent quand une nouvelle
année commence on a plein de bonnes idées, de bonnes décisions, qu’on veut prendre; mais
après quelques semaines nous n’arrivons pas à les tenir. On change d’avis ou on abandonne.
Moi, je vais à la salle de sport régulièrement et au mois de janvier il y a toujours beaucoup de
nouveaux inscrits mais, après quelques semaines, tous ces nouveaux inscrits disparaissent.

[00:12:23] Donc comment faire pour prendre ces bonnes résolutions ? Souvent, on pense que
c’est simplement une question de volonté. Si on veut arrêter de fumer, il suffit de le vouloir. Il
existe beaucoup de méthodes pour arrêter de fumer : des médicaments, des thérapies, on peut
essayer l’hypnose également, mais si on n’a pas vraiment envie d’arrêter, toutes ces méthodes
vont être inefficaces. Mais la volonté n’explique pas tout. Il faut comprendre comment les
habitudes fonctionnent. C’est facile de dire à une personne que si elle ne réussit pas c’est parce
qu’elle n’a pas assez de volonté. Mais en réalité c’est un peu plus complexe que ça.

[00:13:30] Alors, comment fonctionne une habitude ? Pour comprendre ça, il faut diviser
l’habitude en trois parties.

[00:13:41] La première partie, c’est le signal. Le signal, ça signifie : la chose qui déclenche cette
habitude, la chose qui commence cette habitude.
[00:13:56] Ensuite, la deuxième partie s’appelle la routine. Concrètement, ce sont les choses
que vous faites quand vous voyez ce signal, la façon dont vous réagissez.

[00:14:11] Et enfin, la troisième partie c’est la récompense, autrement dit ce que cette habitude
vous donne, ce que vous recevez après la routine.

[00:14:26] Je vais prendre un exemple pour illustrer ça, pour que ce soit plus facile pour vous
de comprendre. Chaque après-midi, vous êtes au travail et vous faites une pause pour vous
acheter un gâteau. À cause de cette mauvaise habitude, vous avez pris quelques kilos en trop
et vous voulez perdre cette mauvaise habitude pour perdre vos kilos en trop. Pour faire ça, il
faut identifier précisément les trois étapes de votre habitude.

[00:15:08] La première question c’est : quel est le signal de cette habitude ? Est-ce que ce
signal c’est l’heure ? Est-ce que quand vous faites une pause, c’est toujours à la même heure ?
Ou bien est-ce que ce signal, c’est la faim ? Est-ce que vous faites une pause parce que vous
avez faim ? Ou bien, peut-être que c’est l’ennui. Vous vous ennuyez alors vous décidez de faire
une pause. Il faut donc tester pour savoir précisément quel est le signal qui déclenche cette
habitude.

[00:15:51] Ensuite il y a la routine. La routine c’est assez clair, c’est assez facile à voir ici : la
routine, c’est d’acheter un gâteau et de le manger.

[00:16:06] Et enfin, il y a la récompense. La récompense, c’est peut-être le plaisir du goût, le


plaisir de manger ce gâteau et le sucre qui va dans votre sang. Ou peut-être que le plaisir c’est
plutôt de faire une pause. Vous êtes contents de pouvoir arrêter votre travail pour quelques
minutes. Mais la récompense, peut-être que c’est le sourire de la caissière. Peut-être que vous
aimez la personne qui travaille dans le magasin où vous achetez le gâteau et vous avez envie
de la voir.
[00:16:56] Le problème dans cette habitude, ce n’est pas la récompense. Le problème, c’est la
routine. Et justement à votre avis, qu’est-ce qu’on peut changer dans une habitude ? Est-ce
qu’on peut changer le signal ? Pas vraiment, en fait, parce que vous n’avez pas d’influence sur
le signal. Par contre, vous avez une influence sur la routine, sur votre réaction à ce signal. Et
justement, c’est ça qu’il faut changer dans une habitude. Il faut changer la routine. Il faut
reprogrammer son cerveau pour réagir différemment quand on aperçoit ce signal. Si vous faites
ça, la récompense pourra, elle aussi, changer.

[00:17:59] OK, donc là vous pensez sûrement que encore une fois c’est facile à dire mais c’est
difficile à faire. Comment faire pour changer cette routine, pour créer une nouvelle habitude ?
Une fois que vous avez fait différents tests pour savoir quel est le signal qui déclenche cette
habitude, vous pouvez adopter une nouvelle routine en réponse à ce signal.

[00:18:33] Par exemple, si le signal c’est l’ennui, que chaque après-midi au travail vers 16h
vous vous ennuyez, eh bien trouvez quelque chose à faire pendant quelques minutes pour vous
changer les idées. Ça peut-être d’aller parler à un collègue, ou de faire une petite promenade
pendant quelques minutes et de revenir à votre bureau. Si vous faites ça pour vous distraire
quelques minutes, vous n’aurez plus besoin de manger de gâteau et vous pourrez perdre vos
kilos en trop.

[00:19:20] Si le signal est la faim, que chaque après-midi vers 16 heures vous avez faim, eh
bien prenez un fruit le matin que vous pourrez manger dans l’après-midi.

[00:19:37] Ça c’est donc la méthode pour reprogrammer son cerveau, pour changer une
mauvaise habitude. Mais ce qui vous intéresse, à mon avis, c’est comment prendre une bonne
habitude, et en particulier comment transformer votre pratique du français en une habitude
quotidienne. C’est de ça que je vais vous parler maintenant : comment adopter l’habitude de
faire un peu de français chaque jour ?

[00:20:20] Pour ça, on va reprendre la structure d’une habitude. Maintenant, vous savez que la
première partie d’une habitude, c’est le signal. Donc il faut que vous trouviez votre propre
signal. Ça peut être par exemple l’heure. Vous pouvez décider que chaque jour, à 7h du matin
par exemple, vous allez faire 30 minutes de français. Et une bonne idée pour avoir ce signal,
c’est de mettre une alarme sur son téléphone, tout simplement. Ou le signal, ça peut-être dès
que vous êtes dans le bus ou dans le métro. Dès que vous êtes dans le bus ou le métro, eh
bien vous allez écouter un podcast (par exemple le mien) ou lire un article en français. Ça peut
être aussi quand vous conduisez. Mais là, la seule solution c’est d’écouter quelque chose. Il ne
faut pas lire quand nous sommes au volant ! Le signal, ça peut aussi être quand vous faites la
cuisine ou quand vous allez à la salle de sport.

[00:21:50] Ensuite, il faut adopter une routine que l’on va appliquer à chaque fois qu’on verra ce
signal. Cette routine, elle doit être un peu comme un petit programme. Si on se pose des
questions sur ce qu’on va faire, eh bien on va perdre du temps et ça ne va pas être productif. Si
dans vous vous préparez à faire du français à 7h vous ne savez pas par quoi commencer, vous
allez sûrement perdre du temps à chercher un article ou à chercher une vidéo à regarder, et
vous allez sûrement finir par procrastiner. Et si on fait ça, il y a de grandes chances qu’on
abandonne cette habitude. Un exemple de routine, ça peut-être de commencer par relire son
vocabulaire. J’imagine que vous avez un cahier dans lequel vous écrivez votre vocabulaire, eh
bien vous pouvez commencer votre routine par relire votre vocabulaire pendant 5 ou 10
minutes. C’est un peu comme quand on fait du sport : on commence par s’échauffer pour
préparer nos muscles. Ensuite, la deuxième partie de votre routine peut être de lire un article ou
de regarder une vidéo pendant 20 minutes. Pour faire ça, une bonne idée c’est de préparer cet
article où cette vidéo la veille. “La veille” ça veut dire “le jour d’avant”. Comme ça, vous n’allez
pas perdre de temps le lendemain à chercher quelque chose. Vous saurez déjà la chose que
vous devez faire. Par exemple si vous avez choisi un article, vous savez que vous devez lire cet
article. Ou bien chaque dimanche vous pouvez préparer un programme pour toute la semaine.
Vous pouvez dire : “le lundi je vais écouter ce podcast, le mardi je vais lire cet article, ensuite
mercredi je vais faire quelques exercices de grammaire” etc. etc. Si vous avez déjà votre
programme qui est préparé à l’avance, ça sera plus facile d’adopter et de suivre votre routine.
[00:24:44] Ensuite, il y a évidemment la récompense. Alors ça la récompense, ça dépend
vraiment de vous. Ça peut être un petit chocolat, par exemple. Mais il faut faire attention à ne
pas devenir accro ! Ou alors, si vous avez à un programme, vous pouvez mesurer votre
progression, et cette progression eh bien c’est votre récompense. Vous allez voir que de
semaine en semaine, vous connaissez plus de mots, vous pouvez comprendre des choses plus
difficiles, et ça ça va être votre récompense. Vous pouvez aussi vous féliciter, vous pouvez
dire : “Bravo ! Aujourd’hui, j’ai appris 10 nouveaux mots”. Personnellement ma récompense
après avoir fait du polonais, c’est de regarder une vidéo sur YouTube. Une vidéo pour me
détendre qui n’est peut-être pas très intelligente mais qui est une petite récompense après avoir
fait un effort. Mais vous savez que si votre routine est déjà un plaisir en elle-même, si vous
prenez du plaisir à faire votre routine, elle sera aussi votre récompense. Donc vous n’aurez pas
besoin de manger un chocolat pour vous récompenser.

[00:26:22] Cette habitude, elle ne doit pas être une corvée. Une corvée c’est une chose qu’on
est obligé de faire mais qui n’est pas très agréable. Par exemple : faire le ménage dans votre
maison, ou faire la vaisselle après manger, ce sont des corvées, des corvées domestiques.
Cette habitude de faire du français, elle ne doit pas être une corvée. Elle doit être une chose qui
fait partie de votre vie et qui vous donne du plaisir. N’oubliez pas pourquoi vous apprenez cette
langue est présentez-le de façon positive. Par exemple si vous apprenez le français pour
passer un entretien d’embauche, dites plutôt : “j’apprends le français pour progresser dans ma
carrière, pour obtenir un meilleur poste“. Vous voyez, ça c’est une façon plus positive de
présenter nos objectifs.

[00:27:32] Cette habitude de faire du français quotidiennement, elle peut devenir une habitude
centrale. Pourquoi ? Eh bien, parce que si vous avez un contact quotidien avec la langue, ça va
vous permettre d’améliorer rapidement votre compréhension, et surtout de penser en français.
Et ça, ça va vous donner envie de faire de plus en plus de français. Jusqu’au jour où vous ferez
du français sans même vous en rendre compte. Vous ferez du français de manière
inconsciente. Par exemple, si vous prenez l’habitude de lire les informations en français, peut-
être qu’un jour vous ne vous apercevrez plus que ce que vous lisez est en français. Parce que
ça sera devenu quelque chose de complètement naturel pour vous.

[00:28:37] Il est aussi important à mon avis de ne pas oublier de changer la routine de temps en
temps, parce que si on garde la même routine pendant des mois et des mois, il est probable
qu’on finisse par s’ennuyer. On peut avoir l’impression de tourner en rond. “Tourner en rond“,
c’est une expression pour dire qu’on ne progresse pas, on reste sur place, on tourne en rond.
Une bonne façon de casser un peu cette routine, c’est par exemple d’avoir des challenges.
Comme ça c’est une source de motivation pour sortir un peu de votre routine habituelle.

[00:29:39] Pour conclure, si vous appliquez ces règles, le français va finir par faire partie de
votre vie. Et, une fois que vous aurez atteint un niveau suffisant pour vous, vous pourrez
simplement le maintenir en faisant des choses que vous aimez, par exemple en regardant des
films, en écoutant la radio, ou en lisant des articles régulièrement.
[00:30:17] Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Merci beaucoup de m’avoir écouté. J’espère que
ces quelques conseils vont vous aider à pratiquer le français régulièrement. Peut-être que vous
le faites déjà, et dans ce cas je vous félicite : félicitations ! Et si ça n’est pas le cas, essayez
d’appliquer quelques conseils pour que le français devienne une chose quotidienne. J’insiste
sur ça parce que je pense que c’est vraiment la clé de la réussite. Si on veut réussir, il faut de la
régularité, c’est-à-dire avoir une habitude.

[00:31:06] Dans le podcast de la semaine prochaine, on parlera de cinéma et en particulier d’un


jeune réalisateur qui commence à avoir beaucoup de succès et qui est canadien. Peut-être que
vous savez déjà de qui je parle, mais sinon je vous donne rendez-vous la semaine prochaine
pour découvrir ce jeune réalisateur très talentueux.

[00:31:37] Merci pour votre attention et à bientôt !

#17 Xavier Dolan, réalisateur prodige ?


Bonjour à tous, c’est Hugo et vous écoutez le Cottongue Podcast épisode 17.

[00:00:13] Bienvenue à tous pour ce nouvel épisode. J’espère que vous profitez bien des
dernières semaines de l’été, si c’est l’été chez vous, et peut-être aussi de vos dernières
semaines de vacances. Peut-être que vous écoutez ce podcast à la plage et si c’est le cas
faites attention aux coups de soleil. Un “coup de soleil“, c’est quand on passe trop de temps au
soleil et que notre peau commence à brûler et à devenir toute rouge. Donc si vous êtes à la
plage en train d’écouter mon podcast, n’oubliez pas de mettre de la crème solaire !

[00:01:00] Bon, aujourd’hui on ne va pas parler de plage et de mer, mais plutôt de cinéma et en
particulier d’un jeune réalisateur très talentueux. Et justement, j’avais envie de commencer ce
podcast avec une citation. Une citation, c’est quand on rapporte une chose que quelqu’un
d’autre a dite. Par exemple, si le président fait un discours, ensuite les journalistes peuvent faire
des citations de ce discours. Ou alors, s’il y a un livre que vous aimez et en particulier un
passage de ce livre, eh bien vous pouvez citer ce passage et à ce moment-là vous faites une
citation.

[00:02:00] Donc, moi, la citation que je voulais partager avec vous aujourd’hui, elle vient d’une
pièce de théâtre qui a été écrite au XVIIe siècle par un dramaturge français qui s’appelle Pierre
Corneille. Et cette citation elle dit : “la valeur n’attend pas le nombre des années”. Est-ce que
vous comprenez ce que ça veut dire “la valeur n’attend pas le nombre des années” ? En fait, ça
signifie que le talent ne dépend pas de l’âge. On peut être très talentueux même quand on est
très jeune. Et au contraire, même si on a aucun talent, le temps ne changera rien à ça. Vous
pouvez toujours vous entraîner et pratiquer, mais si vous n’avez pas de talent pour quelque
chose, il y a peu de chance que ce talent vienne avec l’âge.
[00:03:13] Donc celui dont on va parler aujourd’hui, c’est justement un jeune homme qui a
beaucoup de talent, et en particulier beaucoup de talent pour réaliser des films. Il est
réalisateur, producteur et acteur, et il vient du Canada, plus précisément de Montréal. Il est
tellement talentueux qu’il a réalisé son premier film quand il avait seulement 19 ans, et ça c’est
quelque chose d’assez exceptionnel. Ça n’est pas quelque chose que l’on peut voir tous les
jours, un réalisateur de 19 ans !

[00:04:03] Aujourd’hui, il est un peu plus âgé parce qu’il a 28 ans, donc ça fera bientôt 10 ans
que ce réalisateur a commencé à faire des films. En l’espace de cette courte carrière, il a déjà
gagné beaucoup de récompenses, notamment au Festival de Cannes. D’ailleurs, il est très
populaire en France et aussi au Canada, dans son pays d’origine.

[00:04:35] Peut-être que vous avez deviné de qui je parle. Peut-être même que vous avez déjà
vu certains de ses films. Il s’agit de Xavier Dolan. Donc aujourd’hui je vais vous parler de la
carrière et de la personnalité de Xavier Dolan et bien évidemment de ses films. Si vous n’en
avez jamais vu, j’espère que ça va vous donner envie d’en regarder quelques-uns.

[00:05:05] Ok, vous êtes prêts ? Alors, c’est parti !

[00:05:17] Xavier Dolan est né le 20 mars 1989 à Montréal au Québec. Donc lui et moi nous
sommes de la même année, parce que moi aussi je suis né en 1989. Autrement dit, Xavier
Dolan et moi nous avons le même âge. Mais malheureusement je n’ai pas fait la même carrière
que lui. Le père de Xavier était d’origine égyptienne et il a émigré au Canada quand il était
jeune. Ensuite son père est devenu un comédien et chanteur assez populaire au Québec. Vous
savez peut-être que le Québec c’est une région du Canada. Une région d’ailleurs dans laquelle
la langue officielle est le français. Comme son père faisait déjà partie du show-business, très
jeune Xavier Dolan a commencé à faire des publicités à la télévision. Les publicités, ce sont des
annonces qui sont faites par les entreprises pour vendre des produits ou des services. Donc on
peut voir des publicités à la télévision, au cinéma, on peut en entendre à la radio et on en reçoit
tous les jours dans nos boites mails sur Internet. Donc quand il avait 4 ans, Xavier Dolan a fait
ses débuts à la télévision en tant qu’acteur dans des publicités pour des pharmacies. Ensuite,
après ses premières publicités, il a commencé a joué dans des films Québécois quand il était
encore enfant.

[00:07:18] Quand il avait 8 ans, le jeune Xavier Dolan a envoyé une lettre à son acteur préféré,
un acteur américain que vous connaissez sûrement et qui s’appelle Leonardo Dicaprio. Donc
c’est assez drôle parce que récemment un magazine français a retrouvé cette lettre et il l’ont
publié, donc je vais vous la lire pour que vous vous fassiez une idée du caractère du jeune
Xavier Dolan.

[00:07:54]
“Bonjour Leonardo,
Je m’appelle Xavier Dolan. Je vais à l’école, j’adore l’école. J’ai 8 ans. Le 20 mars j’aurai 9 ans.
Je suis un de vos fans. J’ai vu Titanic 5 fois. Vous jouez très bien. Vous êtes un grand acteur et
je vous admire. Moi aussi je suis acteur. J’ai tourné dans quelques pubs pour une chaîne de
magasins pharmaceutiques très connue et j’ai eu de bons rôles dans 4 films en français.
J’aimerais pouvoir jouer dans un de vos films un jour. Je sais qu’un jour vous viendrez à
Montréal. Montréal est un lieu de tournage très populaire. L’année dernière, 100 films
américains ont été tournés ici. J’essaierai de vous rencontrer à cette occasion. Quand vous
viendrez à Montréal tourner un film, soyez sûr que je viendrai passer des auditions au cas où
vous avez besoin d’un jeune garçon dans le casting.”

[00:09:08] Alors déjà dans cette lettre, on voit que Xavier Dolan, même s’il est encore jeune
(parce qu’il a 8 ans quand il écrit cette lettre), on voit que Xavier Dolan connaît très bien
l’industrie du cinéma et qu’il est très déterminé. “Être déterminé”, ça veut dire qu’on sait ce
qu’on veut et on fait tout pour y arriver. À cette époque, Xavier Dolan est plutôt intéressé par le
métier d’acteur. À cette époque il n’a pas encore envie de devenir réalisateur. Pourtant, c’est
quand il deviendra réalisateur qu’il sera célèbre. Un peu plus tard, après le lycée, il fait des
études d’art et de littérature option cinéma, mais il abandonne rapidement. Il trouve que dans
cette université il n’y a pas assez de liberté, il y a trop de contraintes, et il ne peut pas exprimer
son talent. Donc, assez rapidement il abandonne ses études.

[00:10:25] À ce moment-là, son ambition est toujours de faire carrière en tant qu’acteur. Mais
malheureusement, il n’obtient pas de propositions de rôle. Alors, il prend la décision de réaliser
lui-même son film et de jouer le rôle principal dedans. On comprend que Dolan est un
autodidacte. Un autodidacte, c’est une personne qui a appris seule, sans professeur. Donc
Xavier Dolan a appris le métier de réalisateur tout seul en regardant beaucoup de films et en
s’inspirant des choses qu’il voyait.

[00:11:18] En 2008, quand il a 19 ans, Xavier Dolan réalise son premier film seul et il le produit
grâce à des financements publics. Au Canada, il y a différentes institutions pour aider les
artistes, notamment les réalisateurs, à produire leurs œuvres et Xavier Dolan a bénéficié de ces
aides pour réaliser son premier film.

[00:11:54] Le titre de son premier film c’est : J’ai tué ma mère. Alors là, vous imaginez peut-être
un film d’horreur ou alors un thriller psychologique parce que ce titre est assez sombre. En fait,
ce film n’est pas vraiment un film d’horreur mais plutôt un film sur la relation mère-fils. C’est
l’histoire d’un jeune m’a nommé Hubert qui a 16 ans et dont la relation avec sa mère est très
difficile. Il la déteste. Il hait ses goûts, sa façon de s’habiller, sa manière d’être; il déteste
absolument tout chez sa mère. Malheureusement pour lui, il vit seul avec elle car son père les a
abandonnés, son père est parti. Alors Hubert et sa mère passent leurs journées à se disputer, à
crier, à s’insulter, c’est assez violent. Pas forcément de la violence physique, mais plutôt une
forme de violence verbale. Le plus gros problème de Hubert, c’est qu’il doit cacher son
homosexualité car il pense que sa mère ne pourrait pas l’accepter.

[00:13:29] Ce film a une forte dimension autobiographique. Ça veut dire que Dolan s’est
beaucoup inspiré de sa vie pour écrire le scénario de ce film. D’ailleurs, il a écrit ce scénario
quand il avait 16 ans, autrement dit le même âge que le héros Hubert. Et, vous l’avez deviné,
c’est Xavier Dolan lui-même qui joue le rôle principal, qui joue le rôle d’Hubert.

[00:14:01] Ce premier film est présenté dans un festival parallèle au festival de Cannes qui
s’appelle “la Quinzaine des réalisateurs”. C’est un festival qui est plutôt pour les films
indépendants, les films avec des petits budgets, et quand il est présenté, il impressionne
beaucoup les critiques. D’ailleurs, à ce festival, il obtient trois récompenses. À ce moment-là,
les médias commencent à s’intéresser à ce petit génie, à celui qu’ils appellent déjà “l’enfant
prodige”. Certaines critiques se demandent comment un réalisateur qui a seulement 20 ans
peut montrer une telle maturité, une telle maîtrise. Surtout que c’est seulement son premier film.
Donc, à ce moment-là, avec la sortie de J’ai tué ma mère, Xavier Dolan commence à attirer
l’attention des médias sur lui.

[00:15:15] Le film sortira en France et au Canada mais il ne fera pas beaucoup d’entrées. Ça
reste un film assez indépendant. Et, après ce film, Xavier Dolan en sortira un nouveau presque
chaque année. Un peu comme le réalisateur Woody Allen, chaque année Xavier Dolan réalise
un nouveau film. Il a une réputation de bourreau de travail. Un bourreau de travail, c’est une
personne qui travaille énormément, qui a une forme d’addiction au travail. Et quand on lit des
interviews de Xavier Dolan, on se rend compte qu’il passe sa vie à travailler, à faire différents
projets, à réfléchir à ses scénarios et que c’est une chose qui l’obsède. Il a beaucoup de films
en tête qu’il a envie de réaliser, donc presque chaque année il sort un nouveau film. D’ailleurs,
les personnes qui travaillent avec lui disent qu’il a des idées très précises. Il sait exactement ce
qu’il veut et il donne beaucoup d’indications aux acteurs et aux actrices sur leur façon de jouer.
Parfois, il leur demande de dire une réplique de 10 ou 12 façons différentes. Donc pour certains
acteurs c’est intéressant de travailler avec Xavier Dolan, mais ça peut être aussi un peu
compliqué parce qu’il est très exigeant. Et en même temps, c’est assez bizarre de voir un si
jeune réalisateur avec une telle maturité.

[00:17:27] Le deuxième film de Xavier Dolan sort en 2010 et il s’appelle Les amours
imaginaires.

[00:17:36] C’est un film qui parle d’une amitié entre un jeune homme et une jeune fille qui se
transforme en trio amoureux avec l’arrivée d’un troisième jeune homme dans leur relation. Donc
en fait il y a une forme de concurrence entre les deux amis qui veulent tous les deux séduire ce
nouveau jeune homme. C’est un film qui a été tourné à Montréal et qui est assez intéressant au
niveau esthétique, et dont la bande son est également super. La bande-son, c’est les musiques
qu’on utilise dans un film.

[00:18:29] Le troisième film de Xavier Dolan sort deux ans plus tard, en 2012, et il s’appelle
Laurence Anyways. C’est un film qui se passe dans les années 90 et qui parle d’un couple dont
le mari a décidé de devenir une femme, il a décidé de changer de sexe. Ce film montre les
obstacles que le couple doit dépasser, les problèmes qu’ils ont avec leurs entourages, avec le
regard des autres, et comment ils font pour affronter tous ces obstacles.
[00:19:15] Un an plus tard, en 2013, sort Tom à la ferme. Là, c’est un film assez différent des
trois premiers réalisés par Dolan, puisqu’il s’agit d’un thriller un peu à la manière d’Hitchcock.
Vous connaissez sûrement le célèbre réalisateur américain [correction : britannique] Alfred
Hitchcock. Tom à la ferme, c’est donc un thriller psychologique entre un jeune homme
homosexuel et le frère de son petit ami qui est décédé. Donc ce jeune homme, Tom, il va
rendre visite à la famille de son petit ami qui est mort et il rencontre pour la première fois son
frère qui a une mentalité complètement différente de la sienne. Et dans le film progressivement
Tom devient un prisonnier de cette ferme, et il doit faire face à la pression psychologique du
frère de son petit ami. C’est un film avec beaucoup de tension qui est aussi très intéressant et
qui a été très apprécié par les critiques.

[00:20:48] Mais le film qui a vraiment rendu Xavier Dolan célèbre, c’est celui qui est sorti en
2014 et qui s’appelle Mommy. C’est son film le plus connu, et celui qui a eu le plus de succès.
Pour la première fois, il a été présenté au festival de Cannes et il a obtenu le Prix du jury.
Encore une fois c’est un film sur la relation mère-fils car c’est un sujet qui intéresse beaucoup
Xavier Dolan et qu’il explore de différentes façons dans ses différents films. Cette fois le fils,
c’est un enfant qui souffre de troubles psychiques. Il est souvent violent dans ses paroles mais
aussi dans ses actes. Et la mère de Steve (parce que cet enfant s’appelle Steve) a beaucoup
de difficultés à s’occuper de lui. Elle est seule parce que son mari est mort et elle ne sait pas
comment gérer la violence de son fils qu’elle aime énormément mais face auquel elle ne trouve
pas vraiment de solution. Le film explore leur relation entre amour, violence, tendresse et
insultes. Il montre qu’il y a un équilibre très fragile qu’ils arrivent à trouver avec l’aide de leur
nouvelle voisine, mais qui malheureusement ne va pas durer.

[00:22:41] C’est un film qui a été très apprécié par le public et par la critique parce qu’il y a
vraiment beaucoup d’émotions qui passent à travers ce film. C’est extrêmement intéressant de
le regarder et je pense qu’une fois qu’on a vu ce film on n’est plus exactement la même
personne. Et à mon avis, c’est ça qui montre que c’est un grand film. Il est très beau et très
émouvant et, comme je l’ai dit, c’est le premier vrai succès populaire de Dolan. Donc si vous
n’avez jamais vu de film de Xavier Dolan, je vous conseille de commencer par celui-ci. Je vous
conseille de regarder en premier Mommy. Si vous le regardez, essayez de trouver des sous-
titres français parce que le québécois ce n’est pas toujours facile à comprendre. D’ailleurs,
quand des films québécois sortent dans les cinémas en France, il y a souvent des sous-titres
parce que même pour les Français c’est assez difficile de comprendre un film en québécois.

[00:23:58] Le dernier film de Xavier Dolan est sorti en 2016 et il s’appelle Juste la fin du monde.
C’est le premier film qu’il a réalisé en France avec des acteurs et actrices français très connus,
dont par exemple Marion Cotillard, Vincent Cassel et Léa Seydoux. Ce film, c’est une
adaptation d’une pièce de théâtre est c’est l’histoire d’un écrivain qui revient voir sa famille dans
son village natal après 12 années d’absence. Et s’il revient dans son village natal pour voir sa
famille, c’est parce qu’il veut leur annoncer qu’il va bientôt mourir. Ces retrouvailles, “des
retrouvailles” c’est quand on retrouve une personne qu’on avait pas vue depuis longtemps, ces
retrouvailles ravivent des souvenirs mais elles créent aussi des tensions entre les membres de
la famille. Je vous propose donc d’écouter une scène de ce film qui se passe à table pendant le
déjeuner avec les différents membres de la famille.

[00:25:22]
“- Quoi ? L’ancienne maison ?
– Oui
– Quoi ?
– Bah, il veut revoir l’ancienne maison. Moi ça me dérange pas, j’veux bien te conduire si tu
veux.
– Mais, pourquoi tu veux te retrouver là-bas ? T’es bête ou quoi ?
– Mais il est pas bête écoute, s’il a envie. T’es…t’es bête, toi, peut-être ?
– Et toi, t’es conne ?
– Et pourquoi Louis, sérieusement ? Pourquoi tu veux retourner là-bas ? T’as oublié un truc
dans ta chambre ?
– Non, je… Je sais pas…comme ça. J’suis curieux de savoir… voilà, de revoir les lieux, de voir
comment ils ont évolué, comment le temps les a modifiés, malmenés.”

[00:26:08] Vous voyez, dans cette scène, on comprend qu’il y a un problème de


communication. D’un côté, il y a cet écrivain, Louis, qui revient voir sa famille mais il est un peu
comme un étranger. Sa famille ne le comprend pas et lui il ne ne la comprend pas non plus. Il
n’arrive pas à communiquer ouvertement, il y a une forme d’incompréhension. Ce qui est très
intéressant dans ce film, c’est qu’on peut tous retrouver des choses familières, des choses qui
nous rappellent notre propre famille. Je pense que les problèmes de communication au sein
d’une famille, c’est une chose qui est assez universelle, et dans ce film a on voit bien comment
ces problèmes s’installent, et à quel point il est difficile de les résoudre.

[00:27:23] Donc ça aussi, c’est un film que je vous conseille de regarder, et en plus ça sera
pour un bon exercice pour améliorer votre compréhension du français.

[00:27:43] Cette année, Xavier Dolan doit sortir son premier film réalisé en anglais. On peut se
demander s’il va réussir à devenir un réalisateur célèbre en dehors du cinéma francophone.
Est-ce que Xavier Dolan va s’imposer parmi. les grands réalisateurs dans le cinéma
anglophone ?

[00:28:11] En tout cas, qu’il réussisse ou non, à 28 ans Xavier Dolan a déjà accompli plus de
choses que beaucoup de réalisateurs plus âgés que lui. Il a déjà une carrière phénoménale et
beaucoup de récompenses grâce aux très beaux films qu’il a réalisés. J’espère qu’il va garder
son énergie et qu’il va pouvoir explorer d’autres sujets à travers ses prochains films.

[00:28:54] Voilà, c’est la fin de ce podcast. Merci beaucoup de m’avoir écouté. J’espère que ça
vous a intéressé et surtout que ça vous a donné envie de regarder des films de Xavier Dolan.
Peut-être que vous êtes déjà fans de Xavier Dolan, et si c’est le cas j’aimerais bien savoir quel
est votre film préféré et pourquoi. Donc si vous avez vu des films de Xavier Dolan, n’hésitez pas
à m’écrire pour me dire quel est votre film préféré et celui que vous pouvez recommander aux
autres.

[00:29:40] Comme d’habitude je vous rappelle que si vous appréciez ce podcast et si vous
voulez m’aider, vous pouvez laisser une évaluation sur iTunes (si vous écoutez ce podcast sur
iTunes) ou bien sur les autres applications que vous utilisez. Comme ça, moi ça me permet
d’avoir de plus en plus d’auditeurs et de pouvoir aider de plus en plus de personnes.

[00:30:11] La semaine prochaine évidemment il aura un nouveau podcast, et cette fois on


parlera de l’ubérisation de l’économie. Un sujet un petit peu différent mais qui je pense pourra
vous intéresser. J’espère que vous serez au rendez-vous la semaine prochaine pour ce
nouveau podcast. Merci et à bientôt !

#18 Faut-il avoir peur d'Uber ?


Salut tout le monde et bienvenue pour ce 18ème épisode du Cottongue Podcast.

[00:00:15] Alors quoi de neuf depuis la semaine dernière ? Tout va bien chez vous ? J’espère
que oui et que vous avez le temps de faire du français même pendant les vacances.

[00:00:28] En tout cas si vous m’écoutez maintenant, ça veut dire que vous avez un peu de
temps de libre. Et je suis très content que vous profitiez de ce temps libre pour écouter mon
podcast. Ça me fait très plaisir de vous aider à améliorer votre compréhension du français.
D’ailleurs, n’oubliez pas que les transcriptions de tous mes podcasts sont sur mon site internet
[Link]. Pour y accéder, il faut juste s’enregistrer et c’est totalement gratuit.

[00:01:05] Je pense que c’est bien d’écouter une première fois le podcast sans la transcription,
pour voir ce qu’on est capable de comprendre, et ensuite une deuxième fois avec la
transcription s’il y a des choses que vous ne comprenez pas. En plus, vous pouvez aussi utiliser
la transcription pour travailler votre prononciation, pour vous entraîner à bien prononcer les
mots.

[00:01:36] Je vous rappelle aussi qu’il y a une page Facebook InnerFrench sur laquelle je
partage plein de choses intéressantes sur la culture française, les films, la musique, etc. Donc si
vous cherchez de l’inspiration, allez faire un tour sur ma page Facebook et je suis sûr que vous
trouverez des choses qui vous plairont !

[00:02:03] Mais pour le moment, je vous propose de passer à notre sujet du jour.

[00:02:09] J’imagine que vous connaissez tous l’entreprise Uber. Mais si, vous savez, c’est
cette entreprise américaine qui a bouleversé le marché des taxis. « Bouleverser » ça signifie «
changer totalement quelque chose, le modifier radicalement ». Alors oui, c’est une entreprise
américaine mais on prononce le nom à la française « Uber » et pas « Uber ». Je sais que c’est
très drôle pour nos amis anglophones.
[00:02:47] Personnellement j’ai commencé à utiliser Uber il y a quelques années. Au début, je
trouvais ça génial ! Avant je ne prenais pas souvent le taxi mais avec Uber c’était tellement
facile que j’ai commencé à l’utiliser de plus en plus.

[00:03:07] De temps en temps, j’aime bien discuter avec les chauffeurs (c’est la personne qui
conduit la voiture) car ils ont souvent de bonnes histoires. Mais ça m’intéressait aussi de savoir
s’ils étaient contents de travailler pour Uber et pas pour une entreprise de taxi traditionnelle. Et
là, j’ai appris des choses assez surprenantes sur les conditions de travail. À ce moment-là, les
médias se sont mis à beaucoup parler d’Uber, de son modèle économique, et du fait que
l’entreprise ne respectait pas toujours la loi. J’ai lu pas mal de choses sur leur business model,
leurs pratiques, et j’ai décidé de ne plus utiliser cette application.

[00:04:04] Vous voulez savoir pourquoi ? Alors ne bougez pas, je vous le dirai dans la suite de
ce podcast.

[00:04:20] Pour commencer, on va revenir un peu aux origines d’Uber, à la création de


l’entreprise. Il s’agit d’une entreprise qui a été créée en 2009. Les fondateurs ont eu l’idée de
créer un service de chauffeurs privés parce qu’il avait remarqué que dans beaucoup de villes,
comme Paris et San Francisco, il y avait un manque de taxis. On devait parfois attendre
longtemps avant de trouver un taxi libre, et parfois quand il y avait de grands évènements (des
concerts, des conférences), c’était même impossible.

[00:05:09] Mais l’idée vraiment intelligente dans cette histoire, c’est que les fondateurs n’ont pas
décidé de créer une entreprise traditionnelle, avec leurs propres chauffeurs. Non, au lieu de
faire ça, ils ont créé une application.

[00:05:28] J’imagine que vous avez sûrement déjà utilisé cette application. Elle fonctionne
comme une plateforme où se rencontrent une demande (un client qui cherche un taxi) et une
offre (un chauffeur de taxi proche et disponible). Cette plateforme est très efficace, parce qu’il y
a beaucoup de chauffeurs disponibles. Autrement dit, les clients ne doivent pas attendre
longtemps et les prix sont plutôt bas.

[00:06:03] Cette idée a pu se réaliser parce que toutes les conditions étaient réunies. En
particulier, les conditions technologiques. Pour qu’une entreprise comme Uber fonctionne, il
fallait que tout le monde ait un smartphone. Sans smartphone, impossible d’utiliser l’application
donc impossible de profiter du service d’Uber.

[00:06:32] Avec les smartphones, internet et le GPS, toutes les ressources sont accessibles en
temps réel et en permanence. La plateforme sait combien il y a de clients potentiels et de
chauffeurs disponibles. Elle peut donc adapter le prix en temps réel, soit pour attirer de
nouveaux clients soit pour motiver des chauffeurs à travailler.
[00:07:03] Ensuite, Uber gagne de l’argent grâce à des commissions. Autrement dit, ils
prennent un pourcentage sur chaque course de taxi, sur chaque transaction. Il me semble que
cette commission est d’environ 25%. Ça signifie que quand vous prenez Uber, 25% du prix va à
l’entreprise, et le reste au chauffeur. Mais j’ai lu qu’en réalité la commission totale d’Uber est
encore plus élevée que ça.

[00:07:42] L’argent qu’Uber gagnent, ils le dépensent surtout dans le marketing avec la
publicité, mais aussi dans le développement d’autres services comme la livraison de nourriture
par exemple. Comme l’entreprise n’emploie pas ses chauffeurs, évidemment ça lui coûte moins
cher !

[00:08:05] On peut dire que l’arrivée d’Uber sur le marché a eu des effets positifs. Avant Uber, il
n’y avait pas vraiment d’application pour les taxis. Il fallait appeler un numéro de téléphone pour
commander un taxi. Maintenant, toutes les entreprises de taxis ont une application qui
ressemble à celle d’Uber. Et c’est beaucoup plus pratique ! On sait plus ou moins combien la
course va nous coûter, combien nous allons payer, au moment où on commande le taxi. On
peut suivre sur une carte l’itinéraire de taxi, donc les chauffeurs ne peuvent plus arnaquer les
clients ! Arnaquer, c’est un verbe qui signifie « abuser la confiance d’une personne pour lui
prendre de l’argent ». Par exemple, parfois vous recevez des emails qui vous disent que vous
avez gagné de l’argent et que vous devez donner vos informations bancaires pour le recevoir.
Ça, c’est une arnaque ! Avant, certains chauffeurs de taxi (une minorité bien sûr) prenaient des
itinéraires plus longs pour que le client paye plus. Maintenant c’est impossible car ce sont les
applications qui choisissent le meilleur itinéraire et le chauffeur doit le respecter. C’est aussi
plus facile de payer car notre carte bancaire est enregistrée dans l’application, donc le paiement
est automatique. On n’a pas besoin d’avoir du liquide (c’est-à-dire du cash) sur nous.

[00:10:03] Certaines personnes trouvent aussi que les chauffeurs Uber sont plus sympas et
polis que les chauffeurs de taxis normaux, surtout à Paris ! À Paris, les chauffeurs de taxi
avaient mauvaise réputation, les gens disaient qu’ils étaient malpolis. Mais face à la
concurrence d’Uber, certains chauffeurs ont commencé à changer d’attitude pour être plus
gentils et professionnels.

[00:10:35] Autrement dit, l’arrivée d’Uber a poussé les autres entreprises à innover et à
améliorer leur service.

[00:10:46] Un autre effet positif, c’est celui qui concerne la disponibilité des taxis. Maintenant, il
est très rare de ne pas trouver de taxis ou d’attendre longtemps pour en obtenir un. Quand
j’étais à Paris, il y a quelques semaines, j’ai vraiment vu la différence. Avant, le soir on devait
parfois attendre 10 ou 15 minutes pour trouver un taxi. Maintenant, on n’attend jamais plus de
3-5 minutes, même quand c’est tard la nuit.

[00:11:25] Mais Uber ne profite pas seulement aux consommateurs, elle profite aussi à
l’économie parce qu’elle a augmenté la taille du marché. Comme les prix ont baissé, il y a de
nouvelles personnes qui ont commencé à prendre le taxi (alors qu’avant elles ne le prenaient
jamais, un peu comme moi par exemple). Donc ça, c’est plutôt bon pour le secteur car il y a
plus de clients.

[00:11:57] D’un autre côté, peut-être que ces nouveaux clients sont des personnes qui
prenaient les transports en commun. Donc ça, c’est plutôt mauvais pour l’environnement. Si les
personnes prennent des taxis au lieu de prendre les transports en commun, ça crée plus de
pollution.

[00:12:18] Enfin, certains économistes disent aussi qu’Uber a fait baisser le chômage,
autrement dit il y a moins de personnes qui cherchent du travail. En France, dans les banlieues
(les banlieues, ce sont les quartiers difficiles où il y a beaucoup de pauvreté), les jeunes ne
peuvent pas trouver de travail. Il y a un grand chômage dans ces quartiers. Avec Uber, ces
jeunes peuvent devenir chauffeurs et gagner de l’argent. Il faut juste qu’ils aient le permis de
conduire, un smartphone et une voiture. Ils n’ont pas besoin de diplôme ni d’expérience. Donc
pour eux, c’est plus facile.

[00:13:12] Maintenant, vous avez compris qu’Uber a bouleversé le marché des taxis parce qu’ils
ont inventé un nouveau business model pour permettre à tout le monde de devenir chauffeur.
Grâce à ce modèle et à leur application, ils ont beaucoup fait baisser les prix. Et quand les prix
baissent, le consommateur est content.

[00:13:38] Mais derrière cette baisse des prix, il y a aussi des tas de conséquences négatives. «
Des tas de » ça signifie « beaucoup de ». Par exemple : j’ai des tas de problèmes en ce
moment, ou il y a des tas de bons films au cinéma.

[00:13:58] Ces conséquences négatives, elles ne concernent pas seulement les entreprises de
taxi traditionnelles, elles nous concernent tous. Peut-être que vous, vous ne travaillez pas pour
une entreprise de taxi et que vous ne prenez même pas le taxi. Mais le développement d’Uber
peut vous toucher aussi. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur business model est en
train de se répandre à l’ensemble de l’économie, il se propage dans tous les secteurs. Dans le
secteur de l’hôtellerie avec Airbnb, la livraison de nourriture, les banques et même les avocats.
Donc peut-être que votre entreprise aussi aura bientôt de nouveaux concurrents. Ou peut-être
que votre directeur vous demandera d’accepter les mêmes conditions de travail que les
chauffeurs d’Uber pour rester compétitifs.

[00:15:07] Alors maintenant, nous allons parler de ce phénomène qu’on appelle « l’ubérisation »
de l’économie, et nous allons voir comment concrètement ce nouveau modèle peut changer le
monde du travail.

[00:15:28] Quand on travaille pour Uber on est libre de choisir combien d’heures on veut
travailler et quand. C’est plutôt flexible, ça offre une certaine indépendance aux chauffeurs.
Dans ses publicités, Uber dit que ses chauffeurs peuvent bien gagner leur vie (« gagner sa vie
», ça veut dire gagner de l’argent grâce à son travail). Mais en réalité, c’est une autre histoire.
Je vous propose d’écouter une interview d’un chauffeur Uber de Nice pour voir ce qu’il pense
des conditions de travail.

[00:16:36] La première chose qu’il explique, c’est qu’il doit beaucoup travailler pour être
rentable. Être rentable, ça veut dire « faire des bénéfices ». C’est difficile pour lui d’être
rentable, parce qu’il doit louer sa voiture (louer, c’est quand on paye pour utiliser une chose, par
exemple une voiture ou un appartement, sans l’acheter).

[00:17:03] Donc chaque mois, il doit payer 1100€ de location pour avoir une voiture. Et il a plein
d’autres dépenses en plus comme l’essence, le nettoyage de la voiture, etc. Alors il faut
travailler beaucoup si on veut gagner assez d’argent. Et si on veut gagner plus, il faut travailler
quand il y a moins de chauffeurs, par exemple tard la nuit, et pas quand c’est plus pratique pour
nous.

[00:17:39] Pour pouvoir gagner de l’argent, il y a des chauffeurs qui travaillent trois jours sans
dormir. Vous imaginez la sécurité, ces situations sont très dangereuses, pour le chauffeur mais
aussi pour les passagers !

[00:17:57] En plus, ça devient de plus en plus difficile pour les chauffeurs, car il y a de plus en
plus de concurrence (plus de chauffeurs, plus d’entreprises comme Uber), et ça, évidemment,
ça fait encore baisser les prix et donc les salaires des chauffeurs.

[00:18:30] Le deuxième chauffeur parle de la dépendance vis-à-vis de la plateforme. C’est elle


qui choisit les tarifs (autrement dit le prix des courses), qui attribue les chauffeurs aux
demandes des clients, etc. Donc Uber veut faire croire que les chauffeurs sont indépendants,
mais finalement ils ne le sont pas du tout ! En fait, il n’y a pas vraiment de liberté ni de flexibilité.

[00:19:06] Alors, en théorie, c’est bien d’offrir du travail à des personnes qui n’en trouvent pas.
Mais ça donne aussi l’impression qu’Uber profite de cette situation, des difficultés que
connaissent ces personnes (comme les jeunes de banlieue), pour fixer les conditions. Car ces
personnes sont prêtes à travailler pour un salaire inférieur au salaire minimum comme elles
n’ont pas d’autre possibilité.

[00:19:42] La grande force d’Uber, son avantage, c’est de proposer des prix bas. Quand Uber
arrivent sur un nouveau marché, ils cassent les prix.

[00:19:55] Mais savez-vous comment l’entreprise fait pour avoir des prix aussi faibles ?
Pourquoi les taxis Uber sont-ils moins chers que les taxis traditionnels ?

[00:20:07] La première raison, c’est que l’entreprise n’a pas besoin de gagner d’argent pour
survivre (pour le moment). C’est un peu bizarre une entreprise qui n’a pas besoin de gagner
d’argent, non ? Si Uber perd de l’argent depuis 7 ans, ils devraient fermer ! Mais non, car il y a
beaucoup d’investisseurs qui les soutiennent. D’autres entreprises qui ont acheté une partie du
capital d’Uber et qui l’aide à se financer. Et leur priorité, pour le moment, n’est pas de gagner de
l’argent. Leur priorité est d’attirer de nouveaux clients, de faire grossir le marché, et de tuer la
concurrence. Plus Uber aura de clients, plus ça sera difficile pour ses concurrents. Car ses
concurrents n’ont pas autant d’argent, ils ne peuvent pas se permettre de perdre de l’argent
pendant plusieurs années. Donc si Uber réussissent à se débarrasser de leurs concurrents, ils
seront seuls sur le marché et elle pourra fixer les prix qu’elle voudra. C’est pour ça que dans
certains pays, Uber propose des prix très bas au début, ils ont une stratégie très agressive.
Ensuite, quand ses concurrents disparaissent, l’entreprise augmente ses prix.

[00:21:44] Ça, c’est le deuxième problème. Quand il n’y a qu’une seule entreprise sur un
marché, ça s’appelle un monopole. Et en situation de monopole, c’est toujours le
consommateur qui perd. Pour qu’il y ait des prix bas, il faut qu’il y ait beaucoup de concurrence
sur un marché. Donc attention, si Uber se retrouve seule, ça va faire mal à notre porte-
monnaie !

[00:22:14] La deuxième raison, c’est qu’Uber est une entreprise tellement grande qu’elle peut
faire de l’optimisation fiscale. L’optimisation fiscale, ça consiste à payer le moins de taxes
possible en déclarant les revenus dans certains pays. Donc souvent, Uber payent très peu de
taxes dans les pays où ils sont présents grâce à leur stratégie d’optimisation fiscale. Et ça
évidemment, ça n’est pas bon pour l’économie du pays.

[00:22:49] La dernière raison, j’en ai déjà parlé, c’est le fait que les chauffeurs ne sont pas
employés par Uber, ce sont des travailleurs indépendants. Rappelez-vous qu’Uber est juste une
plateforme qui met en contact une offre et une demande, pas une entreprise de taxis
traditionnelle.

[00:23:14] Grâce à ça, Uber ne doit pas payer de charges sociales. Les charges sociales, c’est
l’argent qu’une entreprise doit donner à l’État pour ses employés. Avec les charges sociales,
l’État peut offrir protection sociale, autrement dit protéger les gens des grands risques.
Concrètement, ça finance la santé, les retraites (pour les personnes âgées qui ne travaillent
plus), les aides pour ceux qui sont au chômage mais aussi pour les familles avec beaucoup
d’enfants.

[00:24:01] Alors là, nous voyons un problème. Si Uber ne paye pas de charges sociales, l’État
perd de l’argent qu’il pourrait utiliser pour nous protéger et nous aider.

[00:24:16] Un autre problème est que certains chauffeurs ont demandé à être reconnus comme
des employés de l’entreprise, et pas comme des travailleurs indépendants. Ils ont beaucoup
d’arguments pour justifier ça. Déjà, la majorité des chauffeurs Uber travaillent seulement pour
cette entreprise, ils n’ont pas le temps de travailler pour d’autres. Ensuite, ils doivent respecter
les règles fixées par Uber, par exemple les règles sur le service, les règles de l’application, etc.
Donc ils ne sont pas vraiment indépendants, et ils pensent qu’Uber devrait leur offrir une
protection sociale, comme une entreprise normale avec ses employés.
[00:25:08] Bien sûr, Uber ne veut pas le faire car ça leur coûterait trop cher et leur business
model ne fonctionnerait plus. Pour que le business model d’Uber fonctionne, il faut que les
chauffeurs soient considérés comme des travailleurs indépendants et pas comme des salariés,
pas comme des employés de l’entreprise.

[00:25:33] À mon avis, c’est ça le vrai danger d’Uber. Le danger, c’est que ce business model
se répande, que d’autres entreprises et d’autres secteurs l’adoptent. Si ce modèle devient la
norme, les travailleurs n’auront plus de protection sociale, ils devront payer leur protection
sociale eux-mêmes. Ça, c’est quelque chose qui est plutôt accepté aux Etats-Unis (il me
semble) mais en Europe, non. Dans la majorité des pays européens, l’État joue un rôle pour
protéger les travailleurs. Il fixe les règles générales que les entreprises doivent respecter, et ça
s’appelle le droit du travail. Donc avec un tel modèle, nous perdrions une grande partie de notre
protection sociale.

[00:26:34] En plus, on entrerait dans une économie où tous les travailleurs sont en concurrence
directe. Et quand il y a une si grande concurrence, celui qui obtient du travail, c’est souvent
celui qui accepte le salaire le plus bas. Parce que le client ne veut pas payer beaucoup. Parfois
il fait aussi attention à la qualité du produit ou du service, mais souvent le premier critère de
décision, c’est le prix. Pour pouvoir travailler, il faudra proposer le prix le plus bas. Ça signifie
que, avec l’ubérisation de l’économie, les salaires diminueront et les conditions de travail seront
de pire en pire.

[00:27:36] Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de ne plus utiliser Uber. Je pense que c’est une
entreprise qui ne respecte pas les personnes qui travaillent pour elle, et qui ne respecte pas
non plus la loi. Je préfère payer un peu plus cher pour un taxi normal, dont l’entreprise paie des
taxes dans le pays, que pour Uber qui abuse du système.

[00:28:10] Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Merci beaucoup d’avoir écouté ce podcast jusqu’au
bout. J’espère que ce sujet n’était pas trop technique et que vous avez appris des choses
intéressantes. Si vous l’avez trouvé trop compliqué ou s’il y a des choses que vous n’avez pas
comprises, envoyez-moi un email à hugo@[Link]. Je serai très content de vous aider.

[00:28:41] Dans le prochain podcast, nous parlerons de la santé et du plaisir. En particulier, on


se demandera s’il est possible d’être en bonne santé sans renoncer à tous les plaisirs.

[00:28:57] D’ici-là, profitez-bien du weekend, et à jeudi prochain. Salut !

#19 La dictature de la santé


[00:00:10] Bienvenue pour ce nouvel épisode. Comment ça va aujourd’hui ? Moi, ça va très
bien ! L’été est bientôt fini et malheureusement je n’ai eu beaucoup de vacances. Mais j’ai
profité de ce temps pour travailler et bien me préparer pour la rentrée. La rentrée, c’est cette
période de l’année, au début du mois de septembre, où tout le monde revient de vacances et où
les élèves retournent à l’école. Généralement, c’est une période où il y a beaucoup d’activité,
plein de choses à faire. Mais moi, comme j’ai bien travaillé au mois d’août, j’ai pris de l’avance.
« Prendre de l’avance », vous comprenez cette expression ? Elle signifie se préparer pour être
en avance dans son travail. Par exemple, si vous avez un nouveau projet le 15 septembre, vous
pouvez commencer à travailler dessus un peu plus tôt pour prendre de l’avance. Donc moi,
c’est ça que j’ai fait en août. J’étais un peu jaloux de voir mes amis poster leurs photos sur des
plages paradisiaques pendant que je travaillais, mais maintenant je suis très content de ma
décision !

[00:01:37] Et vous, est-ce que vous avez pris de l’avance pendant les vacances ? Ou au
contraire, est-ce que vous avez pris du retard ? Dans les deux cas, j’espère que votre rentrée
va bien se passer : sans stress et avec le sourire !

[00:01:55] D’ailleurs, la rentrée, c’est souvent un moment où l’on décide de prendre de bonnes
résolutions. « Prendre une bonne résolution », ça signifie prendre la décision de commencer
quelque chose d’important, comme faire du sport, apprendre une nouvelle langue, ou alors
d’arrêter quelque chose de mauvais comme la cigarette ou les bonbons. J’en profite pour vous
dire de bien faire attention à l’expression « prendre une décision ». Beaucoup de personnes
(notamment nos amis anglophones) font l’erreur de dire « faire une décision ». Mais en français,
on utilise le verbe « prendre » et pas « faire » quand on parle de décision.

[00:02:48] Alors beaucoup de ces bonnes résolutions concernent notre santé, autrement dit
notre bien-être physique et mental. Le « bien-être », c’est tout simplement le fait de se sentir
bien. Quand on est en bonne santé, on se sent bien, on n’est pas malade, on peut faire des
efforts physiques. Virgile, le poète romain, a écrit que « la plus grande richesse, c’est la santé ».
En septembre, on a envie de garder l’énergie qu’on a récupérée pendant les vacances. Alors,
on commence le sport, on améliore notre façon de manger, on essaye de mieux dormir. Partout
dans les médias, à la télé, à la radio ou dans les magazines, il y a des conseils pour prendre
soin de nous, pour s’occuper de notre corps. Mais souvent, ces conseils consistent à dire qu’il
faut arrêter de faire des choses qu’on aime, qui nous donnent du plaisir. On doit par exemple
arrêter de fumer, de boire de l’alcool, de manger des choses trop grasses, trop sucrées ou trop
salées, de passer trop de temps devant la télévision… Bref, pour être en bonne santé, il faut
sacrifier ces petits plaisirs. Mais certaines personnes se disent : « à quoi bon sacrifier tout ça ?
Qu’est-ce qu’il va me rester après ? ».

[00:04:32] À mon avis, il s’agit d’une question très intéressante. Sommes-nous obligés
d’abandonner tous nos petits plaisirs si on veut se sentir bien ? Est-ce qu’il n’y a pas une façon
de concilier santé et plaisir ?

[00:04:50] C’est à cette question que je vais essayer de répondre aujourd’hui. Alors pour le
moment, lâchez votre paquet de bonbons, éteignez votre cigarette, posez votre verre de vin, et
écoutez la suite !

[00:05:13] En France, il existe de nombreuses institutions pour aider les citoyens à être en
bonne santé. Je ne parle pas des cabinets médicaux ni des hôpitaux, mais des institutions qui
font des études pour savoir ce qui est bon pour la santé et ce qui ne l’est pas. Ces institutions
publient très souvent leurs recommandations. Elles recommandent par exemple de ne pas boire
plus de 10 verres d’alcool par semaine (ça, c’est très difficile pour les Français) mais aussi de
manger moins de sucre, moins de charcuterie (c’est la viande qui vient du porc, comme le
jambon ou le saucisson) et plus de légumes.

[00:06:03] Il y a un proverbe qui dit « il vaut mieux prévenir que guérir ». Autrement dit, il faut
tout faire pour empêcher une maladie d’arriver, ça s’appelle « la prévention ». Donc pour
prévenir ces maladies, on a l’impression qu’il faut absolument respecter toutes les consignes
des institutions. Si on ne le fait pas, on risque d’attraper des maladies ou d’avoir un cancer.
Toutes ces recommandations deviennent synonymes d’interdiction, de restriction. Autrement
dit, des choses qu’il ne faut pas faire. Ne pas faire, c’est presque toujours une forme négative.

[00:06:51] Mais à force d’entendre toutes ces interdictions, on peut penser que les messages
deviennent contre-productifs. « Contre-productif », ça veut dire que ça produit le résultat
inverse, opposé, de ce qu’on voulait. Pourquoi ces interdictions deviennent-elles contre
productives ? Eh bien parce que les gens en ont marre, ils en ont assez. Ils n’ont pas envie
qu’on leur dise toute la journée ce qu’ils ne peuvent pas faire. C’est comme avec les enfants :
quand on leur interdit de faire quelque chose, forcément ils ont encore plus envie de le faire !

[00:07:34] En plus, les campagnes de publicité pour nous informer de ces dangers sont toujours
choquantes, comme les images sur les paquets de cigarettes. Je ne sais pas si c’est comme ça
là où vous habitez, mais dans beaucoup de pays européens il y a des photos choquantes sur
les paquets de cigarettes, des photos de maladies, de tumeurs, de personnes mortes à cause
du tabac.

[00:08:05] Et il n’y a pas seulement les campagnes institutionnelles, il y a aussi tous les conseils
qui sont dans les médias. La santé est un business très rentable pour les médias car les gens
s’intéressent de plus en plus à ce sujet. Ils veulent rester en bonne santé le plus longtemps
possible, comme une sorte de jeunesse éternelle. Donc chaque jour ou presque, il y a un
nouveau conseil santé. Il faut éviter de manger cet aliment ou celui-là, rester à distance de toute
onde radio-électrique, ne pas réutiliser une bouteille en plastique pour boire, etc. En plus, les «
experts » qui donnent ces conseils ne sont pas toujours fiables, on ne peut pas toujours leur
faire confiance. Il y aussi des célébrités qui disent ce qu’elles font pour « rester en forme » et
les gens appliquent leurs conseils comme une recette magique.

[00:09:28] Maintenant, les nouvelles technologies aussi nous donnent des conseils sur notre
santé. Avec les smartphones, on peut par exemple compter le nombre de pas que l’on fait
chaque jour en marchant. On entend parfois qu’il faut faire 10 000 pas par jour pour être assez
actif. Mais les recommandations peuvent changer d’une application à l’autre : 8000 pas, 12 000
pas, 20 000 pas ! Ou alors 20 minutes de marche par jour, des fois 30 minutes ! C’est difficile
de s’y retrouver, on ne sait plus vraiment qui croire.
[00:10:12] Il existe aussi d’autres applications smartphone pour analyser de façon « scientifique
» comment nous mangeons et pour corriger notre régime. On écrit dans l’application tout ce
qu’on mange, et elle calcule s’il nous manque certains aliments, si nous avons besoin de plus
de vitamines ou de protéines par exemple. Mais ça ne concerne pas seulement la nourriture.
Vous pouvez trouver des applications pour améliorer votre sommeil (c’est-à-dire votre façon de
dormir), comment faire du sport, etc. Il y a même des entreprises qui sont en train de créer des
applications pour faire des diagnostics médicaux. L’application vous pose des questions pour
connaître vos symptômes, et ensuite elle vous dit quelle maladie ou quel problème vous avez.

[00:11:15] Encore une fois, les recommandations peuvent être très différentes selon
l’application qu’on utilise. Il faut faire attention puisqu’on ne sait pas toujours qui est derrière
cette application, qui sont les « experts » qui ont travaillé dessus.

[00:11:34] Mais on peut imaginer que, dans quelques années, nos smartphones pourront
contrôler tout ce qui concerne notre santé et nous donner des conseils en permanence pour
rester en forme.

[00:11:53] Cependant, à force d’entendre ou de lire toutes ces interdictions et ces


recommandations, on peut finir par se sentir oppressé. Tout ce que nous faisons est contrôlé. Il
existe un modèle pour être en bonne santé, et tout le monde devrait le suivre. Sinon, on est
considéré comme un individu déviant, quelqu’un qui ne respecte pas les règles sociales. C’est
un peu comme si on vivait dans une dictature, la dictature du bien-être !

[00:12:31] Et là aussi, ça peut être contre-productif ! Quand on vit dans une dictature, on pense
en permanence à toutes les choses interdites. Souvent, ces interdictions concernent des
choses qu’on aime faire (comme manger des gâteaux ou boire de l’alcool). Au final, toutes ces
interdictions créent de la frustration. Or, le stress et la frustration sont nocifs (« nocif », ça
signifie « mauvais pour la santé »). Donc cette dictature du bien-être obtient les effets inverses
de ce qu’elle souhaite.

[00:13:14] À votre avis, est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt imaginer une autre façon de rester
en bonne santé ? Une façon plus positive de voir les choses ? C’est ce qu’on va voir, dans la
2ème partie de ce podcast.

[00:13:42] On peut imaginer qu’avec le progrès technologique, avec toutes ces nouvelles
applications, nous allons tous vivre jusqu’à 120 ans. Comme les connaissances scientifiques
progressent, nous allons adapter nos comportements pour être en meilleure santé. Si nous
sommes rationnels, nous n’allons pas faire de choses qui sont mauvaises pour la santé. Et si on
décide de faire quand même ces choses-là, comme fumer ou boire de l’alcool, alors ça signifie
que nous ne sommes pas assez forts psychologiquement, ou que nous sommes victimes du
milieu où nous vivons (si tout le monde dans notre famille fume par exemple).

[00:14:32] En réalité, nous ne sommes pas – du moins pas entièrement – des êtres rationnels.
Nous faisons souvent des choses en sachant qu’elles ne sont pas bonnes pour nous. On peut
continuer de fumer même quand on connaît le risque de cancer, parce que fumer nous donne
du plaisir. On peut boire de l’alcool parce que ça nous permet de passer un bon moment entre
amis, même si on se sentira mal le jour d’après. D’ailleurs, est-ce que vous savez comment
s’appelle l’état dans lequel on est le lendemain d’une soirée alcoolisée ? Vous savez, quand on
a mal à la tête et qu’on n’a pas du tout d’énergie ? Ça s’appelle « la gueule de bois ». Si vous
faites la fête avec des amis francophones et que vous buvez trop d’alcool, le jour d’après vous
pouvez leur dire : « j’ai la gueule de bois ».

[00:15:35] Bref, pardon pour la digression. Ce que j’essaye de vous montrer, c’est qu’on veut
croire que l’Homme est rationnel, mais que chaque jour nous avons la preuve du contraire.

[00:15:50] Le problème avec tous ces conseils et ces recommandations, c’est qu’il s’agit d’une
vision moralisatrice. Les experts nous disent comment nous devons vivre notre vie en fonction
des résultats de leurs études mais aussi de leurs valeurs personnelles. Ils décident de ce qui
est bon ou mauvais pour la population et essayent d’influencer nos comportements quotidiens.

[00:16:21] Heureusement, il existe d’autres manières d’éduquer les personnes à la santé. Des
manières qui ne sont pas moralisatrices et qui respectent la liberté de choix des individus.

[00:16:37] Le but de cette approche, c’est de rendre les individus autonomes, de les
responsabiliser. Encore une fois, on peut comparer ça à la façon d’éduquer les enfants. Si on
dit tout le temps aux enfants ce qu’ils doivent faire et ne pas faire sans leur expliquer pourquoi,
ils ne peuvent pas comprendre. Et ils ne peuvent pas non plus devenir adultes, car ils ne savent
pas comment prendre leurs propres décisions. Ils savent seulement obéir (ou non) à des règles
que les adultes ont fixées pour eux.

[00:17:21] Vous pouvez me répondre que ces conseils pour être en bonne santé ne sont pas
des règles. Peut-être pas encore, mais elles le deviennent petit à petit. Je vais prendre
l’exemple de la cigarette pour vous montrer. Après la seconde guerre mondiale, la
consommation de cigarettes a explosé en France. Autrement dit, les Français ont commencé à
beaucoup fumer. Au début, ça concernait surtout les hommes mais progressivement les
femmes s’y sont mises aussi. Mais à partir des années 70, le gouvernement français a adopté
plusieurs lois pour limiter les publicités et interdire de fumer dans certains lieux (comme les
hôpitaux). Ensuite, on a interdit de fumer dans les transports (les trains, les avions) et un peu
plus tard, en 2008, dans les lieux publics comme les cafés et les restaurants (sauf dans les
espaces réservés qu’on appelle des fumoirs). En parallèle, les taxes sur les paquets de
cigarettes ont beaucoup augmenté pour décourager les fumeurs. En ce moment, le
gouvernement envisage de passer le prix du paquet à 10€, soit deux fois plus cher qu’il y a 10
ans.

[00:18:58] Personnellement, ça ne me dérange pas, ça ne me pose aucun problème. Comme


les fumeurs ont statistiquement plus de chance d’avoir un cancer, je trouve ça normal qu’ils
payent plus car ils profiteront des services des hôpitaux qui sont financés par l’argent public. En
plus, je ne fume pas donc c’est plus agréable quand il n’y a pas d’odeur de cigarette autour de
moi.

[00:19:27] Mais d’un autre côté, vous voyez que ce qui était au départ un conseil (« il ne faut
pas fumer car c’est mauvais pour la santé ») devient de facto une règle car c’est de plus en plus
difficile de fumer. Et j’ai lu récemment une étude qui montre que la consommation de cigarettes
est très inégalitaire, parce que maintenant ce sont surtout les personnes de milieux défavorisés
(pauvres) qui fument. Ça veut dire que la prévention ne marche pas dans ces milieux, peut-être
parce que les personnes ne sont pas bien informées.

[00:20:12] Fumer peut même devenir une source de honte, comme l’obésité. Avant, fumer
c’était cool. Maintenant, certaines personnes considèrent que si vous fumez, c’est parce que
vous n’avez pas de volonté, parce que vous êtes faible. La cigarette devient une sorte de
marqueur social.

[00:20:36] On peut se demander si ces politiques sont vraiment efficaces. Les ventes de
cigarettes en France ont diminué de 20% en 10 ans, donc on peut penser que ça marche. Mais
peut-être qu’il y aurait d’autres façons encore meilleures de lutter contre le tabagisme.

[00:20:58] Par exemple, l’année dernière, le ministère de la Santé en France lancé une
campagne assez innovante pour convaincre les gens d’arrêter de fumer. Je vous propose
d’écouter un extrait de cette campagne pour voir quel était leur message.

[00:21:23] « Moi, c’est Stéphane. Ça fait 30 ans que je fume. En novembre, c’est le mois sans
tabac. Alors, j’ai décidé de tenter le coup. Si comme moi, vous faites partie des 8 millions de
personnes en France qui veulent arrêter de fumer, rejoignez mois sans tabac. Un mois sans
fumer, c’est 5 fois plus de chance d’arrêter. Rejoignez le mouvement mois sans tabac sur
[Link].»

[00:21:42] Vous voyez, ce qui est intéressant avec cette campagne, c’est l’idée de challenge, de
défi collectif. Au lieu d’arrêter de fumer tout seul, tout le monde arrête en même temps le 1er
novembre. Si tout le monde arrête en même temps, on peut se soutenir, s’entraider (ça veut
dire s’aider mutuellement). Grâce à cette campagne, on ne se sent plus seul dans son combat,
on a l’impression de faire partie d’une équipe, c’est quelque chose de positif. Et la publicité nous
informe que si on réussit à ne pas fumer pendant 1 mois, on a 5 fois plus de chance d’arrêter
définitivement, c’est motivant, non ?

[00:22:34] Cette campagne ne fait pas culpabiliser les fumeurs, elle ne les fait pas se sentir
coupables. Elle les encourage plutôt à prendre un engagement collectif, je trouve ça super
comme idée ! Il y avait d’autres spots qui montraient des enfants qui encourageaient leurs
parents à arrêter de fumer, qui les soutenaient dans leur combat. Ça aussi, c’est un message
positif et motivant !
[00:23:05] Je pense que pour inciter les gens à prendre de bonnes habitudes, il faut privilégier
l’idée de plaisir et pas la culpabilité. Trop souvent, on a l’impression de devoir se priver de tout
si on veut être en bonne santé. « Se priver », ça veut dire « s’abstenir », ne pas faire quelque
chose qu’on a envie de faire. Se priver de bonbons par exemple, ne pas manger de bonbons
même si on en a très envie !

[00:23:39] Quand on voit les choses de cette manière, comme des privations et des
interdictions, ça n’est pas très motivant. En plus, elles peuvent devenir des obsessions car on y
pense toute la journée. On attend juste le moment où on pourra faire cette chose dont on a
tellement envie.

[00:24:02] À mon avis, il faudrait plutôt se concentrer sur les aspects positifs de ces bonnes
habitudes. Par exemple, se fixer des objectifs, mesurer ses progrès, et se récompenser quand
on les atteint, quand on réussit. Penser à toutes les bonnes choses que cette nouvelle habitude
va nous apporter, et pas à ce qu’on sacrifie.

[00:24:30] Le débat sur la santé doit aussi devenir public. Il faut impliquer les gens pour qu’ils
participent, pour qu’ils partagent leurs connaissances sur le sujet et qu’ils posent leurs
questions. Les experts n’ont pas le monopole sur cette question, notamment parce qu’ils se
sont beaucoup trompés dans le passé.

[00:24:56] Il n’existe pas non plus de recette magique qui marcherait pour tout le monde. Nous
sommes tous différents, nous vivons dans des environnements différents. Alors il faut tenir
compte de ces paramètres, avoir une approche locale. Certains problèmes, certaines maladies,
sont plus présents dans une région que dans une autre, donc les recommandations ne peuvent
pas être les mêmes pour tout le monde.

[00:25:35] Et puis, peut-être que le plaisir permet d’être en bonne santé. Il y a beaucoup
d’exemples de personnes qui n’avaient pas un style de vie très sain, mais qui ont pourtant vécu
très longtemps. Vous savez peut-être que la personne qui a vécu le plus longtemps était une
Française qui s’appelait Jeanne Calment. Jeanne Calment est morte en 1997 à l’âge de 122
ans. 122 ans ! Vous vous rendez compte ? Eh bien cette dame a fumé presque toute sa vie, et
elle mangeait aussi beaucoup de chocolat ! Bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire qu’il
faut fumer et manger du chocolat pour vivre longtemps. Au contraire, de nombreuses études
ont montré que la cigarette augmente le risque de cancer. Mais je veux simplement souligner
qu’on ne sait pas encore tout sur le corps humain.

[00:26:39] Il faut donc rester ouvert d’esprit et travailler ensemble pour qu’on puisse vivre en
meilleure santé et plus longtemps.

[00:26:53] Nous arrivons à la fin de ce podcast. Merci à vous de m’avoir écouté jusqu’au bout.
Ça me fait très plaisir de voir qu’il y a toujours plus d’auditeurs, de personnes qui apprennent le
français, et je suis très content si mon podcast vous aide. Si vous voulez m’aider, vous pouvez
laisser un commentaire sur iTunes ou sur l’application de podcast que vous utilisez. Ça me fera
encore plus plaisir !

[00:27:26] La semaine prochaine, ça sera le 20ème épisode, et je vous ai préparé une petite
surprise. Alors soyez au rendez-vous ! À bientôt !

#20 8 conseils pour progresser en français +


nouveau nom
Salut à tous et bienvenue dans innerFrench !

[00:00:17] Eh oui, un nouveau nom et un nouveau jingle ! Le Cottongue Podcast, c’est fini. J’ai
décidé de changer tout ça car ça n’était pas très clair. Certaines personnes n’arrivaient pas à
me trouver sur Google. Maintenant, j’espère que ça sera plus simple. En tout cas je suis très
content de vous présenter cette nouvelle version de mon podcast. Rassurez-vous, mon objectif
est toujours le même : vous aider à apprendre le français de façon naturelle.

[00:00:55] Si vous avez écouté les épisodes précédents, vous connaissez déjà le principe,
l’idée de ce podcast. Chaque semaine, je vous parle d’un nouveau sujet que je trouve
intéressant, et j’essaye de vous l’expliquer simplement. Des sujets sur la culture française,
l’actualité, l’histoire, la science, la psychologie, le développement personnel, etc. Comme ça,
vous pouvez vous habituer à écouter la langue parlée, orale. J’espère que ça vous permet
d’améliorer votre compréhension, de mieux comprendre le français. Et si vous ne comprenez
pas tout, la transcription de chaque épisode est disponible sur mon site. D’ailleurs, la nouvelle
adresse du site, c’est : [Link] Retenez bien cette adresse et allez visiter le
nouveau site quand vous aurez une minute de libre.

[00:02:09] Ça peut aussi vous permettre de travailler votre prononciation en m’écoutant et en


répétant ce que je dis. À mon avis, c’est un très bon exercice car en faisant ça, vous vous
habituez à parler français. Si vous le faites assez souvent, ça deviendra de plus en plus facile et
naturel. Vous pouvez aussi vous enregistrer, enregistrer votre voix avec un micro ou avec votre
téléphone portable. Comme ça, vous pourrez voir votre évolution et les progrès que vous
faites !

[00:02:56] Au fait, si vous avez des suggestions concernant les sujets, des thèmes dont vous
voudriez que je parle, n’hésitez pas à m’écrire. Envoyez-moi un email à l’adresse
hugo@[Link] pour me dire : « Hey Hugo, est-ce que tu peux faire un podcast sur le
cinéma français ou sur la cuisine ? ». Car si c’est un sujet qui vous intéresse, il y a de grandes
chances qu’il intéresse aussi d’autres auditeurs. Donc moi je serai très content d’en parler !

[00:03:38] Justement, il y a une semaine j’ai reçu un email d’une auditrice. Écoutez ce qu’elle
m’a écrit.
[00:03:50]
“Salut Hugo,

Je m’appelle Giulia, je suis italienne mais je travaille aux Etats-Unis depuis quatre ans. J’habite
à Houston au Texas où il y a actuellement une tempête et où beaucoup de personnes ont dû
abandonner leurs maisons à cause de ces conditions climatiques. Les experts disent que ce
phénomène est une vraie catastrophe.

Heureusement, là où j’habite la pluie n’a pas causé de gros dommages, je dois seulement
rester à la maison et ne pas prendre le risque de sortir.

C’est un malheureux événement et j’espère il se finira bientôt.


Je t’écris pour dire que j’ai eu beaucoup de temps à dédier à tes podcasts et que j’ai aimé en
particulier ceux sur l’éducation française et sur Uber. Ce matin aussi, j’ai écouté une émission à
la radio sur Uber et son nouveau CEO. C’est un sujet très intéressant et en constante évolution.

J’ai étudié le français au collège et au lycée mais je l’ai abandonné après le Baccalauréat. J’ai
décidé de recommencer à le pratiquer pour deux raisons.
La première c’est que j’aime les langues étrangères et que j’aime les parler: c’est un très bon
exercice mental!
La seconde, c’est que je suis en train de chercher du travail à Genève en Suisse et que je
voudrais améliorer ma capacité à communiquer avec les habitants de cette ville.

Je te demande de pardonner les erreurs lexicales et de grammaire, mon clavier est américain et
ça n’aide pas !

Merci pour ton aide, je l’apprécie beaucoup: tes podcasts sont non seulement utiles mais ils
sont aussi vraiment très intéressants.

A bientôt,
Giulia”

[00:06:11] Merci beaucoup Giulia pour ton email. Bien sûr j’ai suivi ce qui s’est passé avec la
tempête Harvey, et je suis très triste pour toutes les personnes qui en ont été victimes. Je sais
qu’il y a beaucoup de nos amis américains qui écoutent ce podcast, donc j’en profite pour leur
dire que je pense fort à eux, en particulier à ceux qui se trouvent dans les états qui ont été
touchés par la tempête. Je sais qu’il faudra du temps pour réparer les dommages, et que
certains sont irréparables, mais je sais aussi que vous aurez le courage de le faire.

[00:06:56] Giulia, de ton côté j’espère que tu trouveras un poste à Genève. En tout cas ton
français semble excellent donc je suis sûr que tu n’auras aucun problème à parler avec les
Suisses francophones ! Merci encore pour tes compliments, ça me fait très plaisir de recevoir ce
genre d’email et ça me motive à continuer mes podcasts pour vous aider.
[00:07:25] Allez, sans plus attendre, on va passer au sujet principal de cet épisode.

[00:07:38] Aujourd’hui, je vais vous donner quelques conseils pour progresser en français, pour
passer du niveau intermédiaire au niveau avancé. Quand on apprend une langue, il y a
différents plateaux, différents moments où on peut se sentir un peu bloqués. Si vous comprenez
ce podcast, vous êtes déjà au moins au niveau intermédiaire. Vous êtes capables de
comprendre des textes simples ou de parler de sujets basiques (la famille, le travail, ce que
vous faites pendant votre temps libre). En Europe, ce niveau correspond au niveau B1 voire B2.

[00:08:29] Mais peut-être que vous ne vous sentez pas encore à l’aise. « Se sentir à l’aise », ça
signifie ne pas avoir de difficulté à faire quelque chose, le faire facilement. Par exemple si je dis
« je suis à l’aise en anglais », ça veut dire que je n’ai pas de problème pour parler anglais.
Faites attention à ne pas dire « confortable ». Une personne ne peut pas être « confortable ».
Un canapé, un lit ou un fauteuil peuvent être confortables, mais pas une personne (sauf si vous
aimez vous asseoir ou vous allonger sur elle) !

[00:09:16] Alors comment faire pour se sentir à l’aise en français ? C’est un peu ça, la question.
Quand on passe du niveau intermédiaire au niveau avancé, on devient à l’aise avec la langue.
On devient capable de parler la langue couramment, sans se poser de questions. C’est l’objectif
de beaucoup de personnes : pouvoir parler naturellement avec des francophones sans
chercher ses mots et comprendre ce qu’ils nous disent. Malheureusement, c’est plus facile à
dire qu’à faire !

[00:10:00] C’est un processus qui peut prendre plus ou moins de temps selon les personnes.
Pour certains, c’est très rapide. Par exemple, il y a des personnes qui ont l’habitude
d’apprendre des langues étrangères et qui sont plutôt extraverties. Pour elles, parler une
nouvelle langue est une chose assez naturelle qu’elles font rapidement. Pour d’autres, ça
demande plus de temps. Si vous êtes introvertis, peut-être que parler français vous fait un peu
peur. Vous réfléchissez beaucoup à ce que vous voulez dire, vous cherchez vos mots, ça vous
semble difficile. C’est normal, il ne faut pas se décourager. Il faut passer du temps avec la
langue, l’utiliser dans différents contextes. Si vous êtes patients, petit à petit vous allez
progresser. Et un jour, vous vous rendrez compte, vous remarquerez, que vous serez devenu
capable de parler français. Tout le monde peut le faire ! D’ailleurs en France, on a un dicton qui
dit « impossible n’est pas français ». Autrement dit : rien n’est impossible.

[00:11:31] Alors pour vous aider dans votre aventure avec le français, j’ai préparé 8 conseils.
Les 8 choses qui me semblent les plus importantes pour réussir à apprendre cette langue.
Peut-être que certaines vont vous sembler évidentes, mais j’espère que d’autres vous seront
utiles.

[00:11:57] Prenez un stylo et une feuille pour prendre quelques notes. Allez, c’est parti !

1) Se fixer des objectifs


[00:12:12] À votre avis, quelle est la première chose à faire quand on apprend une nouvelle
langue ? En général, on ne sait pas toujours par où commencer. Certains achètent un livre de
grammaire, d’autres apprennent des listes de vocabulaire. Mais si vous faites ça, vous allez
perdre votre temps. Car le plus important quand on commence, c’est de savoir où on va, et ça,
ça veut dire : avoir des objectifs. Ok vous avez sûrement déjà un but comme « parler
couramment français ». Malheureusement, ce genre d’objectif est trop général.

[00:13:00] Il vous faut des objectifs plus spécifiques que vous pourrez réaliser rapidement. Par
exemple : être capable de réserver une table dans un restaurant, pouvoir raconter l’histoire de
notre série préférée. Ce sont des objectifs concrets que vous pouvez mesurer, vous pouvez
savoir si vous avez réussi ou non. Vous devez aussi fixer une date limite (par exemple d’ici
deux semaines ou avant vos prochaines vacances en France). Une fois que vous avez ces
objectifs, vous pouvez choisir la stratégie pour les atteindre : quels mots de vocabulaire vous
allez apprendre, de quelles structures vous avez besoin.

[00:13:59] Et surtout, grâce à ces objectifs, vous allez voir que vous progressez, que vous êtes
capables de faire de plus en plus de choses en français. Ça va vous motiver et vous donner
confiance en vous.

2) Avancer petit à petit

[00:14:24] Ensuite, je vous conseille de faire les choses progressivement. Ne choisissez pas
des objectifs trop compliqués comme expliquer la situation politique dans votre pays si vous
n’êtes pas capables de raconter vos dernières vacances par exemple. Si vous choisissez des
objectifs trop difficiles, trop ambitieux, vous allez vous décourager si vous ne les atteignez pas.
Donc il est mieux d’augmenter la difficulté progressivement pour rester motivé.

[00:15:06] Dans l’idéal, vous pouvez prévoir votre progression à l’avance. Écrire une liste de
choses que vous voulez être capable de faire, et les classer de la plus facile à la plus difficile.
Évidemment, vous allez commencer avec les objectifs les plus faciles.

3) Être patient(e)

[00:15:38] Ça m’amène à mon 3ème conseil: soyez patients (ou patientes). Maintenant toutes
les applications et les gourous des langues vous promettent que vous pouvez apprendre à
parler couramment une langue en trois mois. Alors oui, c’est possible, mais seulement si vous
avez déjà l’habitude d’apprendre des langues étrangères et surtout si vous pouvez passer 8
heures par jour à le faire. Moi, je ne connais pas beaucoup de personnes qui peuvent trouver 8
heures par jour pour apprendre une langue pendant trois mois.
[00:16:24] Ça veut dire que pour la majorité d’entre nous, il faut être patient. Il n’y a pas de
formule magique ni de raccourci : pour apprendre une langue, nous devons passer un
maximum de temps avec elle. Et surtout, il faut se laisser du temps, ne pas être impatient car ça
crée de la frustration et on risque d’abandonner.

4) Créer une habitude

[00:16:59] Comment faire pour être sûr de passer assez de temps avec une langue ? Tout
simplement en créant une nouvelle habitude. Si vous programmez votre cerveau, apprendre
peut devenir automatique et inconscient.

[00:17:20] Pour ça, vous pouvez choisir une heure que vous consacrerez chaque jour à
l’apprentissage du français. Vous pouvez vous lever plus tôt pour le faire ou bien éliminer une
autre activité. Souvent le problème n’est pas le temps, mais les priorités. Si apprendre le
français est votre priorité, vous trouverez du temps chaque jour.

[00:17:51] Une autre façon de créer une habitude, c’est d’associer le français à d’autres
activités que vous faites déjà. Par exemple : écoutez un podcast ou une émission de radio
quand vous allez au travail, au sport, ou quand vous faites la cuisine. Remplacez le livre que
vous lisez avant de dormir par un roman ou un magazine français.

[00:18:21] Bref, si vous arrivez à créer cette habitude, je vous garantis que vous ferez
rapidement d’énormes progrès. D’ailleurs, je vous conseille d’écouter (ou de réécouter) le
podcast n°16 sur les habitudes, comme ça vous comprendrez tout à leur fonctionnement.

5) S’immerger dans la langue

[00:18:52] Nous arrivons au 5ème conseil : l’immersion. En plus de cette habitude, vous devez
essayer de vous immerger dans la langue, d’être « en immersion ». Comme quand vous
plongez dans la mer ou à la piscine et que vous êtes sous l’eau. Attention, ici je ne parle pas de
plonger dans une piscine française, mais de vous entourer de la langue.

[00:19:23] Concrètement, qu’est-ce que vous pouvez faire ? Vous pouvez mettre votre
téléphone et votre ordinateur en français, lire, regarder ou écouter les informations dans les
médias francophones (vous pouvez même télécharger des applications pour recevoir des
notifications sur votre téléphone toute la journée), vous pouvez faire des playlists de chansons
françaises, etc. J’ai des élèves qui écoutent beaucoup de musique française et ça les aide à
mémoriser les expressions.

[00:20:05] Bref, même si vous n’avez pas la possibilité de passer du temps dans un pays
francophone, vous aurez l’impression d’entendre et de voir la langue partout autour de vous !
6) Faire des choses que vous aimez

[00:20:26] Maintenant le 6ème conseil : faites 50 exercices de grammaire chaque jour… Ok je


plaisante, c’est une blague, pas d’inquiétude. Si vous écoutez ce podcast depuis un certain
temps, vous savez que pour moi la grammaire n’est pas le plus important.

[00:20:50] J’imagine que vous n’avez pas envie de vous lever 30 minutes plus tôt pour faire des
exercices de grammaire et je vous comprends ! Moi non plus, je ne le fais pas ! Mais pourquoi
pas remplacer les exercices de grammaire par un épisode de série française ou un article sur
un sujet qui vous passionne ?

[00:21:19] Autrement dit, faites des choses que vous aimez, qui vous intéressent. Si vous aimez
le cinéma, vous pouvez regarder des films en français mais aussi lire des livres sur vos
réalisateurs préférés, trouver un podcast sur les dernières sorties, et même publier des critiques
sur des forums de cinéphiles ! Il n’y a pas de limites, vous devez juste trouver les bonnes
ressources.

[00:21:52] Comme ça, votre pratique va devenir naturelle. Vous n’aurez plus l’impression de
juste « faire du français », mais d’utiliser le français pour des activités concrètes qui vous
plaisent.

7) Sortir de sa zone de confort

[00:22:14] OK, l’avant-dernier conseil, le conseil n°7. Il concerne la zone de confort.

[00:22:24] Si vous comprenez 80% de mon podcast ou plus, bravo ! Je sais que c’est très
agréable d’écouter un natif parler et de comprendre tout ce qu’il raconte. Notre cerveau n’a pas
besoin de trop travailler, on peut juste se détendre et profiter.

[00:22:47] Mais j’imagine aussi que quand vous regardez un film français ou que vous essayez
d’écouter la radio, ça n’est pas aussi facile ! Vous vous demandez pourquoi les Français parlent
aussi vite, vous avez peut-être parfois l’impression qu’ils parlent une autre langue. Bref, c’est
très difficile !

[00:23:11] Oui, mais c’est comme ça qu’on progresse. Il faut se mettre en difficulté, sortir de sa
zone de confort. Il faut sentir que notre cerveau travaille, qu’il fait des efforts. Pour faire ça, vous
pouvez chercher un autre podcast sur un sujet qui vous intéresse mais fait pour les Français et
pas pour les étrangers. Un podcast qui n’est pas trop long (5-10min) et que vous allez écouter
plusieurs fois. Si au début vous avez l’impression de ne rien comprendre, ça n’est pas grave !
Forcez-vous à l’écouter 3,5 ou 10 fois, et je vous promets que vous allez comprendre de plus
en plus de choses.
[00:24:08] Donc faites des choses qui vous plaisent, mais aussi d’autres qui sont plus difficiles
pour progresser.

8) Prendre un coach

[00:24:24] Je sais que ça peut être difficile de toujours se challenger, de faire du français
régulièrement et de rester motivé. C’est pourquoi mon dernier conseil est de trouver un
professeur particulier (ou au moins un partenaire linguistique natif) pour vous aider. Vous
pouvez beaucoup progresser par vos propres moyens, mais parfois vous pouvez vous sentir
perdus et avoir besoin d’aide.

[00:24:59] Avec mes élèves, nous choisissons ensemble des objectifs et nous construisons un
programme adapté. Comme ça, ils sont vraiment motivés car nous travaillons pour atteindre le
but qu’ils se sont fixé, qu’ils ont choisi.

[00:25:18] Mais en tant que coach, j’essaye surtout de leur donner confiance en eux, de leur
montrer qu’ils sont capables de dire beaucoup de choses même avec un vocabulaire limité.
Souvent, c’est le plus grand problème : le manque de confiance en soi. On a peur de faire des
erreurs, de ne pas avoir une bonne prononciation. Moi, je montre à mes élèves qu’ils peuvent
communiquer, transmettre leurs idées, d’une façon ou d’une autre. Ça n’est pas grave si leur
grammaire n’est pas parfaite au début, car s’ils aiment le français et qu’ils passent assez de
temps avec la langue, un jour ils pourront le parler sans problème. Mon but, c’est que ce jour
arrive rapidement, que mes élèves deviennent vite autonomes et qu’ils n’aient plus besoin de
moi.

[NB : je ne fais plus de coaching/cours particuliers car je n’ai plus assez de temps]

[00:26:28] Voilà, c’était mon 8ème et dernier conseil. J’espère que vous les avez trouvés utiles
et qu’ils vous ont donné quelques idées pour progresser en français.

00:26:41] Si vous sentez que vous êtes bloqués, envoyez-moi un email et je vous proposerai
des solutions. Ça me fera très plaisir de vous aider !

[00:26:53] Une dernière chose avant de finir ce podcast. J’ai créé un petit document, un petit
guide, avec 10 super ressources que je recommande aux apprenants intermédiaires. Des sites
internet, des chaînes youtube, des audiobooks, des podcasts (autres que le mien !) et tout ça,
c’est gratuit. Vous pouvez le télécharger gratuitement sur mon site [Link]. Il suffit
juste de s’inscrire. Ensuite vous recevrez un email avec ce guide. Alors si ça vous intéresse,
allez faire un tour sur mon site pour le trouver.

[00:27:45] Ok, c’est tout pour aujourd’hui.


[00:27:48] Un grand merci de m’avoir écouté et d’être de plus en plus nombreux à le faire. Je
vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode. À bientôt !

#21 Pouvons-nous faire confiance à notre cerveau ?


Salut c’est l’épisode 21 et aujourd’hui on va voir si on peut faire confiance à notre cerveau !

[00:00:17] Bienvenue dans ce nouvel épisode. Comme d’habitude on va passer une trentaine
de minutes ensemble et je vais essayer de vous apprendre quelque chose d’intéressant. Et tout
ça en français bien sûr ! Comme ça, vous pouvez passer du temps avec la belle langue de
Molière sans trop penser à sa grammaire. Molière, vous connaissez ? C’est un célèbre
dramaturge français du XVIIème siècle, ou dit plus simplement quelqu’un qui a écrit des pièces
de théâtre. D’ailleurs il était aussi comédien. Alors en français, pour faire référence à notre
langue on utilise parfois l’expression « la langue de Molière ». On ne sait pas vraiment pourquoi
c’est Molière qui a été choisi. On aurait pu prendre un autre auteur célèbre comme Victor Hugo
ou Arthur Rimbaud. Mais non, c’est Molière qu’on a choisi. Donc si vous voulez utiliser un
synonyme pour ne pas toujours répéter « le français », ou si vous voulez surprendre la
personne à qui vous parlez, vous pouvez dire « j’apprends la langue de Molière ». Je suis sûr
que votre interlocuteur sera très impressionné ! Ah et vous savez comment on appelle
l’anglais ? La langue de Shakespeare ! Tout simplement.

[00:01:58] Bon, je n’ai pas vraiment prévu de vous parler de théâtre aujourd’hui, mais plutôt de
cet organe bizarre que nous avons dans la tête : le cerveau. Mais ne vous inquiétez pas, je ne
vais pas vous faire un cours de biologie. Ça dépasse un peu mes compétences. Par contre, on
va essayer de comprendre comment fonctionnent nos pensées, nos jugements. Comment fait-
on pour répondre à la question 2 + 2 = 4 ? Est-ce que c’est le même mécanisme que pour
répondre à une question philosophique comme « faut-il chercher le bonheur pour le trouver ? ».
Et surtout, on va voir si on peut faire confiance à ces jugements. En général, on pense que la
plupart de nos décisions sont rationnelles. On analyse la situation, les conditions, les résultats
possibles, et on prend la meilleure décision possible, la plus rationnelle. Mais êtes-vous
vraiment sûrs d’être si rationnels que ça ?

[00:03:24] On va faire une petite expérience pour le vérifier.

[00:03:28] Imaginez que vous êtes dans le métro, vous allez au travail. À côté de vous, il y a un
homme très élégant qui porte un costume et une cravate. À votre avis, est-ce que ce monsieur
a un doctorat ou bien est-ce qu’il n’a pas fait d’études ? Un doctorat, c’est quand on fait des
études très longues à l’université, on écrit une thèse, on fait des recherches, et ensuite on doit
présenter cette thèse pour obtenir ce diplôme, le doctorat.
[00:04:08] Alors observez bien ce monsieur. Qu’est-ce que vous pensez de lui ? Vous le
regardez, vous voyez comment il est habillé, et à cause de ses vêtements, vous vous dites
sûrement que c’est quelqu’un qui a du succès. S’il a du succès, on imagine qu’il a fait des
études, ça ne vous surprendrait pas qu’il ait un doctorat. C’est plutôt logique tout ça, non ?

[00:04:39] Eh bien non, pas du tout ! Statistiquement, parmi les gens qui prennent le métro il y a
beaucoup plus de personnes qui n’ont pas fait d’études que de personnes qui ont un doctorat.
Le problème ici, c’est qu’on fait confiance à notre jugement, on a l’impression de penser de
manière logique. Mais en réalité, pas du tout. On se base seulement sur des stéréotypes, des
informations partielles.

[00:05:12] Dans ce cas-là, ça n’est pas très grave, c’est juste une petite expérience. Mais quand
il s’agit de décisions plus importantes, là nos erreurs de jugement, d’appréciation, peuvent nous
coûter très cher.

[00:05:31] Il y a un auteur qui s’est beaucoup intéressé à ces questions, et c’est grâce à lui que
moi aussi je m’y suis intéressé. Cet auteur, c’est un économiste et psychologue israélo-
américain qui s’appelle Daniel Kahneman. Il a été professeur dans les universités américaines
les plus prestigieuses comme Princeton et Berkeley, et il a gagné le Prix Nobel d’économie en
2002. Le livre dans lequel il a expliqué ses théories au grand public s’appelle Thinking Fast and
Slow et il a été publié en 2001. Dans ce livre, il présente les résultats de certaines de ses
expériences, de ses recherches, et il les explique simplement pour que tout le monde puisse les
comprendre. C’est un livre qui a eu beaucoup de succès, peut-être que vous l’avez déjà lu en
anglais. Aujourd’hui je vais donc vous présenter quelques conclusions de ce livre passionnant
et, si vous ne l’avez pas encore lu, j’espère que ça vous donnera envie d’en savoir plus.

[00:06:58] Allez, c’est parti !

[00:07:11] Pour commencer, il y a un concept très important si on veut comprendre les théories
de Kahneman. Ce concept, c’est celui des deux systèmes. Kahneman, et d’autres
psychologues avant lui, estiment que dans chacun d’entre nous, il y a deux systèmes chargés
de penser.

[00:07:38] D’un côté, nous avons le premier système que Kahneman appelle tout simplement le
système 1. Il est très rapide et il pense de manière automatique, intuitive, sans faire d’effort.
Nous n’avons pas vraiment de contrôle sur lui. Grâce au système 1, nous pouvons conduire
une voiture, répondre à la question « 2 +2 = ? », ou encore interpréter l’expression du visage de
la personne à qui on parle (pour savoir si elle est heureuse, triste ou en colère).

[00:08:22] De l’autre côté, il y a le système 2 qui est beaucoup plus lent. Nous devons faire des
efforts pour qu’il fonctionne, il n’est pas du tout automatique ! C’est lui qui est en charge de
prendre les décisions plus difficiles, comme par exemple quand nous voulons acheter une
maison, ou alors quand nous faisons un calcul compliqué comme 53 x 467, quand nous avons
oublié un mot et que nous le cherchons dans notre mémoire, ou même quand nous devons
remplir notre déclaration d’impôts.

[00:09:06] Pour mieux visualiser ces deux systèmes, on peut les imaginer comme des
personnes. Système 1, c’est quelqu’un de très spontané, qui fait confiance à son instinct, plutôt
extraverti. Il est sûr de lui. Quand il fait du shopping, c’est un acheteur compulsif, autrement dit il
achète tout ce qu’il aime sans vérifier le prix ni la qualité.

[00:09:38] Au contraire, son ami Système 2 réfléchit beaucoup avant d’acheter quelque chose.
Il lit toutes les informations sur le produit, il compare les prix sur internet, il demande l’avis de
ses autres amis. Bref, il a besoin de temps pour prendre une décision, pour peser le pour et le
contre. Ah oui, « peser le pour et le contre » c’est une super expression que vous pouvez
utiliser quand vous comparer les avantages et les inconvénients de quelque chose. Avant de
prendre une décision compliquée, il faut peser le pour et le contre.

[00:10:23] Ok, j’espère que vous visualisez bien ces deux systèmes, parce qu’on va beaucoup
parler d’eux.

[00:10:32] Le Système 1 a beaucoup plus d’influence qu’on ne le pense. Il est responsable de


nos impressions, de nos sentiments. Quand ces sentiments et impressions sont validés par le
système 2, ils deviennent même des croyances, des valeurs, des attitudes. Par exemple, si
vous n’aimez pas le goût de la viande et que vous lisez ensuite que la viande est mauvaise
pour la santé, l’environnement et les animaux, alors vous devenez végétarien. Vous associez
une impression physique générée par le système 1 à un raisonnement logique du système 2 et
vous avez une nouvelle attitude vis-à-vis de la viande.

[00:11:24] Mais en général, c’est bien le système 1 qui prend la grande majorité des décisions,
c’est lui le héros en quelque sorte. Il donne du sens au monde qui nous entoure. Il essaye de
tout rendre cohérent et compréhensible pour que nous ne nous sentions pas perdus.
[00:11:48] Quand le Système 1 ne trouve pas de solution immédiatement, le Système 2 vient
l’aider. Il s’occupe des problèmes qui sont trop compliqués pour le Système 1. Mais il est aussi
chargé de contrôler qu’il ne fasse pas d’erreurs, que ce que dit le Système 1 est possible. Par
exemple si on vous pose la question 2+2 = ? Et que vous répondez carotte, le système 2 va
intervenir pour corriger ça, car là il y a un gros bug, un gros problème !

[00:12:32] Mais en réalité, le système 2 n’intervient pas beaucoup parce que nous sommes
paresseux. Notre cerveau est comme nous, il n’aime pas faire d’efforts. C’est pour ça que
quand on va faire les courses, on écrit une liste. Comme ça nous ne sommes pas obligés de
nous rappeler de ce que nous devons acheter, c’est plus facile pour notre cerveau.

[00:13:01] Donc le Système 2 laisse le Système 1 prendre les décisions rapidement, sans se
fatiguer. Si vous essayez de calculer 44 x 92, le système 2 va intervenir mais il va utiliser de
l’énergie pour trouver le résultat. Si vous faites des calculs comme ça pendant 3 heures, vous
allez être fatigués comme après avoir fait du sport. Donc pour éviter ça, on laisse le système 1
agir et le système 2 se reposer.

[00:13:53] Maintenant, nous allons voir comment ces deux systèmes peuvent concrètement
nous pousser à commettre des erreurs. « Commettre », c’est un verbe qui signifie « faire ». On
l’utilise seulement avec des choses mauvaises, des choses regrettables comme une erreur ou
un crime. Donc on dit « commettre un crime » et pas « faire un crime », comme en anglais
d’ailleurs.

[00:14:23] Les erreurs dont je vais vous parler aujourd’hui, on les appelle en psychologie des «
biais cognitifs ». C’est un peu technique comme expression, mais ça désigne simplement un
mécanisme de la pensée qui cause une déviation du jugement. Au lieu de traiter l’information
de manière logique et rationnelle, notre cerveau fait une analyse le plus rapidement possible
pour qu’elle soit cohérente avec notre vision du monde. Il interprète notre environnement en le
simplifiant. Un bon exemple de ces biais cognitifs, ce sont les stéréotypes, les préjugés. Peut-
être que vous vous rappelez du podcast que j’ai fait au sujet des stéréotypes sur les Français.
Si dans votre pays vous voyez une personne dans la rue qui porte un béret, vous allez peut-être
penser qu’elle est française. Mais en réalité les Français ne portent presque jamais de béret
donc c’est peu probable. Et statistiquement, il est beaucoup plus probable que cette personne a
la même nationalité que vous. Ici vous comprenez comment les biais peuvent affecter notre
jugement. C’est la même chose qu’avec la petite expérience du métro que je vous avais
proposée en introduction.

[00:16:05] À mon avis, il est très important de connaître ces biais cognitifs car ils sont souvent
utilisés contre nous. Par exemple, les entreprises profitent de ces biais cognitifs pour augmenter
leurs ventes, pour séduire ou même tromper leurs clients. Les sociétés de jeux de hasard
comme les casinos ou les loteries profitent de notre méconnaissance des lois statistiques. Les
politiciens les utilisent pour rendre leurs discours plus convaincants (même si leurs arguments
ne le sont pas vraiment).

[00:16:51] Le premier biais intéressant dont parle Kahneman dans son livre s’appelle le biais
d’ancrage. Vous savez une ancre, c’est un objet très lourd attaché à un bateau qu’on jette au
fond de la mer pour que le bateau reste sur place. C’est de cet objet que vient le mot ancrage.

[00:17:15] Alors comment fonctionne ce bais ? C’est très simple. Si je vous demande d’estimer
la hauteur de la Tour Eiffel, vous n’en avez peut-être aucune idée. Vous pensez peut-être à une
hauteur comme 500 mètres. Mais si la personne qui est à côté de vous répond 200 mètres,
quand ça sera votre tour de répondre vous direz un chiffre proche de 200 mètres (et pas de 500
mètres comme vous pensiez au départ). C’est ça, le biais d’ancrage. Utiliser des informations
qu’on a entendues précédemment pour prendre une décision, même si ces informations ne sont
pas vérifiées ni pertinentes.

[00:18:09] Un autre exemple. Si je vous dis le chiffre 10, comme ça, sans aucune raison, et
qu’après je vous demande d’estimer mon âge, vous allez donner une estimation plus basse que
si je vous avait dit le chiffre 60 en introduction. Même si ces chiffres n’ont aucun rapport avec
mon âge, le simple fait de les avoir entendus avant de répondre à la question va influencer
votre réponse.

[00:18:46] En plus ici, les deux systèmes sont biaisés. Le système 1 utilise inconsciemment la
mémoire à court terme, et les informations qui y sont présentes influencent son jugement. Le
système 2, lui, utilise aussi ces informations consciemment. On pense « Ok, si cette personne a
répondu 200 mètres, elle doit savoir que c’est la bonne hauteur. Je pense que je peux lui faire
confiance, la bonne réponse doit être proche de 200 mètres, alors je vais répondre la même
chose moi aussi ».

[00:19:34] Au lieu de corriger le biais, l’erreur du système 1, le système 2 la renforce. Il ne joue


pas son rôle de contrôleur mais il aggrave l’erreur.

[00:19:48] Le deuxième biais qu’analyse Kahneman concerne le risque. On pense que le risque
est quelque chose d’objectif. Le risque de mourir dans un crash aérien, le risque d’avoir une
crise cardiaque avant 50 ans. Mais en réalité, le concept de risque n’existe pas dans le monde
réel. Il fait partie de notre culture et de notre esprit. Nous avons inventé ce concept pour
surmonter, pour dépasser, le caractère aléatoire de la vie, le hasard. Le hasard, c’est une chose
qui nous fait très peur. Plutôt que de l’accepter, notre Système 1 préfère trouver des causes.
Imaginons que vous jouez à pile ou face, vous savez c’est quand vous prenez une pièce de
monnaie et que vous la lancer pour voir de quel côté elle va retomber : du côté pile (avec le
chiffre) ou du côté face (avec l’image). Alors vous êtes en train de jouer à pile ou face et vous
obtenez pile 10 fois d’affilée, 10 fois à la suite. 1er lancer : pile, 2ème lancer : pile… etc. jusqu’à
10. Là, vous allez être surpris. Peut-être que vous allez penser que la pièce a un problème, un
défaut de fabrication. Mais en réalité, la probabilité d’obtenir 10 piles à la suite est la même que
les autres combinaisons. Simplement notre système 1 a du mal à accepter ce hasard, alors il
essaye de trouver des raisons pour expliquer ça. Le problème, c’est que ces raisons sont
souvent fausses et qu’il s’agit simplement du hasard.

[00:22:06] Un autre exemple. Quand on prend l’avion, on peut se rassurer en se disant que le
risque de crash aérien est très faible. On se dit que, statistiquement, il est plus probable d’avoir
un accident de voiture que d’avion. Ça nous rassure et on peut monter dans l’avion. Mais en
réalité le scénario d’un crash de votre avion est possible, il existe. Simplement on se rassure en
le minimisant, en se disant que ça ne peut pas nous arriver à nous, que ça arrive seulement aux
autres.

[00:22:49] Il y a des personnes qui sont vraiment terrifiées quand elles prennent l’avion. Elles
savent que la probabilité de se crasher est faible, mais une fois qu’elles sont dans l’avion, elles
repensent aux catastrophes aériennes récentes. C’est facile car ce sont des événements qui
sont très médiatisés, beaucoup plus médiatisés que les accidents de voiture. À ce moment-là,
elles commencent à paniquer. Elles sont sûres que leur avion va se crasher. La probabilité leur
semble beaucoup plus élevée qu’elle ne l’est en réalité. Ici c’est leur système 1 qui est aux
commandes. Il utilise une émotion –la peur- et des souvenirs récents –les crashs aériens- pour
arriver à la conclusion que prendre l’avion est très dangereux. Et cette conclusion semble
impossible à contredire, on est sûr d’avoir raison même si notre voisin dans l’avion nous
rappelle les statistiques et la faible probabilité de ce scénario. Le pire, c’est que dans ces cas-
là, dans ces situations, notre système 2 ne nous aide pas. Il ne contrôle pas le jugement du
système 1. Pourquoi ? Parce que ça lui demanderait beaucoup de travail et d’efforts pour le
contredire. N’oubliez pas que le Système 2 est paresseux, il n’aime pas trop qu’on lui demande
de travailler. Il préfère nous laisser croire au jugement du Système 1 qui est beaucoup plus
facile à comprendre.

[00:24:40] C’est un peu le même processus avec ce qu’on appelle l’intuition. À votre avis, quel
système est en charge de notre intuition ? Le Système 1 bien sûr ! L’intuition est simplement un
jugement du Système 1 basé sur des émotions, des sensations. Quand on fait confiance à
notre intuition, en fait c’est notre Système 2 qui n’a pas envie de travailler, d’analyser la
situation et de prendre une décision rationnelle. Alors il laisse le Système 1 décider à sa place
et lui il peut faire la sieste tranquillement !
[00:25:33] Maintenant on va passer à la dernière partie de ce podcast. J’espère que ça n’est
pas trop compliqué et que vous arrivez à me suivre. Je suis sûr que votre Système 2 est bien
actif en ce moment !

[00:25:50] Cette dernière partie concerne la suffisance, autrement dit le fait d’avoir trop
confiance en soi. Par exemple si le coach d’une équipe de foot déclare avant le match qu’il est
sûr à 100% de gagner, on peut dire qu’il est suffisant, il a trop confiance en lui. Bien entendu,
cette suffisance nous conduit souvent à commettre des erreurs de jugement.

[00:26:21] D’où vient cet excès de confiance ? Souvent, de notre vision du passé. Par exemple
si l’équipe de ce coach a battu son adversaire aux 30 matchs précédents, alors il est sûr qu’elle
va le faire encore une fois. Mais en général, nous avons une mauvaise connaissance du passé.
Nous avons l’impression de tout comprendre ; à l’école nous avons les cours d’histoire pour
analyser les événements du passé, décrypter leurs mécanismes. Mais en réalité, notre
connaissance est imparfaite et surtout nous avons tendance à croire à une histoire non pas
parce qu’elle est exacte, mais parce qu’elle est séduisante. D’ailleurs c’est intéressant de noter
qu’on utilise le mot « histoire » pour ça, comme si le passé est une histoire à raconter avec des
héros, des gentils et des méchants, des péripéties. Alors que bien souvent, le passé est une
suite d’événements liés au hasard. Mais vous savez déjà que le hasard n’est pas une
explication satisfaisante pour nous, alors les historiens essaient de trouver des causes plus
intéressantes, plus séduisantes.

[00:27:52] Si on reprend l’exemple de notre coach, peut-être que ce n’était pas lui qui s’occupait
de cette équipe lors des matchs précédents. Il ne sait pas exactement comment ses joueurs
s’entraînaient, dans quel état d’esprit ils étaient. Et il ne sait pas non plus comment était l’équipe
adverse. Peut-être que beaucoup de joueurs ont changé, peut-être qu’ils ont une nouvelle
stratégie, un nouveau schéma tactique. Ce coach préfère se dire que son équipe a toujours
gagné, que le contexte est grosso-modo le même, et il peut donc conclure que la victoire est
assurée.

[00:28:38] Vous voyez l’erreur de jugement ici ? Si l’équipe perd, on dira peut-être que c’était la
faute du coach, qu’il a mal préparé ses joueurs, qu’il n’avait pas la bonne stratégie. Mais la
réalité est beaucoup plus complexe. Le résultat final du match est la combinaison de milliards
de facteurs et d’une grand part de hasard. Encore une fois, les supporters de l’équipe vont
préférer chercher des explications simples et séduisantes au lieu d’analyser en détails tous ces
facteurs et d’accepter le rôle du hasard.
[00:29:27] Ok, c’est la fin de ce podcast. J’espère que ça vous a intéressé, que ça n’était pas
trop difficile à comprendre. Maintenant, vous allez pouvoir laisser votre cerveau se reposer un
peu.

[00:29:43] Je vous rappelle que la transcription de ce podcast est disponible sur mon site
[Link], et que vous pouvez aussi me retrouver sur Facebook. Je partage de plus en
plus de choses sur la page, et je vous invite à la liker pour voir ce qui se passe et peut-être pour
découvrir d’autres choses intéressantes qui vont vous aider à apprendre le français.

[00:30:20] Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’écrire, à m’envoyer un email, et je
serai très content de vous répondre.

[00:30:29] Merci à tous et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

Vous aimerez peut-être aussi