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Pêche du poulpe en Gambie et Sénégal 1986

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ETUDE DE LA PECHE DU POULPE (OCTOPUS VULGARIS)

DANS LES EAUX COTIERES DE LA GAMBIE ET DU


SENEGAL.L'EXPLOSION DEMOGRAPHIQUE DE L'ETE
1986

STUDV ON THE OCTOPUS FISHING IN THE COASTAL

WATERS OF THE GAMBIA AND SENEGAL. POPULATION

EXPLOSION IN THE SUMMER OF ~Be6

par

CAVERIVIERE Alain ( >te )

RESUME

Pendant l'été 1986 les captures de poulpes


dans les eaux côtières de la Gambie et les eaux
avoisinantes du Sénégal, jusqu'à alors faibles,
ont été estimées à près de 25 000 tonnes. Elles
ont nettement diminué en 1987-1988, mais 1988
montre une reprise incontestable.
La structure en âge des prises de l'année
1986 a été établ ie. L'essentiel des captures
concerne des individus âgés d'environ un an.
Les rendements les plus élevés ont eu lieu en
juillet et ont souvent dépassé les 10
tonnes/jour pour des chalutiers de 1 000 à
1 500 chevaux. La pêche est meilleure de jour
que de nuit dans un rapport moyen de 1,38.
Les captures ont portées sur des individus
en migrat ion ; cet te migration pourrait être
liée à la reproduction.
Des causes au très fort recrutement de
1986 ont été recherchées. Il est probable que
la diminution de biomasse des stocks des

(*) Chercheur ORSTON en poste au Centre de Recherches Océ[Link] de


Dakar-Thiaroye ( ISBA) B. P. 2241 DAKAR SENEGAL
2

prédateurs de larves, juvéniles, adultes - en


particulier des sparidés et des serranidés
ai t été un facteur favorable en diminuant le
rôle régulateur de ces populations sur le stock
de poulpe. Ce facteur n'est cependant pas le
seul à agir et au moins un autre facteur,
encore inconnu, et qui doit être lié à
l'environnement physique, doit intervenir. Ce
dernier facteur a une action sur une vaste
étendue géographique, il est probablement
favorable à la survie des larves et juvéniles.

Mots __....cl.é..s. Octopus vulgaris, pêcheries


céphalopodes, contrôle des populations,
rhythmes circadiens, Afrique de l'Ouest.

A D S or R A. C or

During the summer of 1986 the Octopus


catches in coastal waters of the Gambia and
neighbouring waters of Senegal, previously low,
have been estimated to approximatly 25 000
metric tons. They have markedly decreased in
1987-1988, but 1988 shows an undeniable
recovery.
The catch at age structure for 1986 has
been determinated. The catches consist
predominantly of one year old individuals. The
best catches by-unit-effort take place in July
and are often more than 10 tons/day for 1 000-
1 500 horsepower trawlers. The Octopus catches
are higher during the day than during the
night, the average ratio between day and night
catches is 1.38.
The fisheries have been exploiting
individuals in migration this migration is
probably linked with the reproduction.
Possible causes for the very good
recruitment in 1986 have been studied. The
biomass decrease of other species which are
predators of the larval, juvenile and adul t
Octopus, such as Sparidae and Serranidae
species, has been noticed. It has probably been
a propitius factor due to the decrease of the
regulative effect of this species on the
Octopus stock. Nevertheless this factor would
not be the only one and at least another
factor, still unknow but probably connected
with the environmental conditions, must existe
This ·last factor acts on a large area, i t is
probably favorable to the survi val of larvae
and juveniles.

Keywords Octopus vulgaris, Cephalopod


fisheries, population control, circadian
rhythms, West Africa
. :,'?
3

S 0 H H AIR E

.[Link] 4

1. LES LIEUX DE PECHE 4


1.1. Sénégambie
1.2. Autres lieux, points communs

2. LES PRISES 5
2.1. Pêche industrielle
2.2. Pêche artisanale
2.3. Evolution en 1987-1988

3. ETUDE DES VARIATIONS DE L'ABONDANCE 8


3.1. Détermination de la période maximale d'abondance
3.2. Evolution géographique
3.3. Variations circadiennes des rendements

4. CATEGORIES COMMERCIALES ET STRUCTURE D'AGE 11


4.1. Structures des prises par catégorie de poids
4.2. Structures de longueur et d'âge des captures
4.3. Mortalités totales

5. DISCUSSION 13
5.1. Une migration de reproduction?
5.2. Des causes de l'explosion démographique
5.3. Un phénomène économique intéressant
l'augmentation en parallèle du prix du poulpe
avec celle des prises

CONCLUSION 18

BIBLIOGRAPHIE 21

REMERCIEMENTS
4

I N T ft 0 DUC T ION

Pendant l'été 1986 les pêches de poulpes (Octopus


vulgaris) se sont accrues de manière spectaculaire dans les
eaux côtières de la Gambie et les eaux avoisinantes du Sénégal.
La présente étude a pour objet de décrire le phénomène, tant du
point de vue quant i tati f (prises, rendements) que du point de
vue qualitatif (structure de taille et d'âge des prises). Des
commentaires seront effectués sur les causes possibles de
l'augmentation de l'abondance.

1. LES LIE U X D Je P Je C ft E

Le poulpe a au Sénégal une très large répartition


bathymétrique. Nous avons pu en trouver dans les mares
emprisonnées entre les rochers du Cap Vert à marée basse et sur
les fonds compris entre 900 et 1 000 m lors de la campagne du
NIO Cruz de Aralar (CAVERIVIERE, 1986). Des indications sur les
profondeurs les plus importantes atteintes par le poulpe
Octopus vulgaris dans d'autres régions ne sont pas disponibles
dans la bibliographie courante sur l'espèce.

1.1. SENEGAL-GAMBIE

Les eaux côtières gambiennes et celles de la Petite-Côte


(sud de Dakar) du Sénégal sont connues depuis longtemps comme
abritant des quantités relativement importantes de poulpes par
rapport aux régions sénégalaises voisines (Grande-Côte au nord
et Casamance au sud) :
- MIZUISHI (1977) signale l'exploitation du poulpe en
1974 et 1975 par un chalutier spécialisé qui a recherché cette
espèce de juin à septembre sur la Petite-Côte, les prises ont
été respectivement de 630 et 250 tonnes j
- GERARD (1987) signale que les pêcheurs artisans avaient
connaissance de l'existence de fortes concentrations de poulpes
avant 1986, "car il leur arrivait, sur les lieux de pêche des
seiches ou des sparidés, de ne pêcher que des poulpes et d'être
par conséquent amené à changer de lieux puisque l'espèce était
rejetée à cause de l'absence de marché" j
- l'auteur, lors d'une mission en Gambie en 1986, a
remarqué des pots à poulpes dans l'enceinte d'une entreprise de
transformation et congélation- du poisson désaffectée depuis
plusieurs années.
En 1986 les pêches de poulpes des chalutiers ont été
centrées sur la Gambie (fig. 1) avec dépassement vers la
Casamance au Sud et la Petite-Côte au Nord (jusqu'à Joal).
Elles ont eu lieu entre 10 et 40 m et plus particulièrement
entre 12 et 25-30 m.
Dans ces zones et ces profondeurs, d'après la carte
sédimentologies des fonds de DOMAIN (1977), on trouve
- Nord Casamance : fonds de sables fins.
- Gambie sables fins, quelquefois très fins, avec une
présence importante de carbonates dont la teneur est comprise
5

. entre 10 et 30 %, parfois plus (50 à 70 %) des zones


rocheuses discontinues existent à partir de 20 m.
- Petite-Côte (sud de Joal) sables fins avec souvent
beaucoup de carbonates, généralement de 30 à 50 % et jusqu'à
plus de 70 % ; les zones rocheuses discontinues sont
importantes à partir de 20 m.

1.2. AUTRES LIEUX, POINTS COMMUNS (ATLANTIQUE CENTRE EST)

Trois zones (fig. 1) où se concentre la pêche au poulpe


sont connues au large de la Mauritanie et du Sahara. Il s'agit
de la région de Nouakchott (18'N), de celle du Cap Blanc (21'N)
et de celle de Dahkla (24' N). La nature sableuse du sédiment
avec. la présence de carbonates et de zones rocheuses
discontinues ou non se retrouve sur la carte sédimentologies du
plateau continental mauritanien (DOMAIN, 1985) à l'emplacement
des zones de pêche de Nouakchott et du Cap Blanc. Plus au nord
la pêche dans la zone de Dankla a lieu également sur des fonds
sableux (GARCIA CABRERA, 1968).
On notera de plus que toutes les zones de pêche, de la
Gambie à Dahkla, sont caractérisées par des bancs rocheux très
côtiers qui seraient des abris sûrs pour les jeunes poulpes
(GARCIA CABRERA, 1968 ; HATANAKA, 1979). Ces bancs rocheux sont
plus ou moins développés ; ils sont peu importants devant le
Cap Blanc, mais le Banc d' Arguin constitué par une série de
bancs de sable et de vase, couverts d'herbiers de phanérogames,
doit aussi être un abri.
Les teneurs souvent élevées en carbonates peuvent être
mises en relation avec l'importance des débris coquilliers. Les
mollusques, surtout bivalves, représentent une part importante
de l'alimentation des poulpes, entre-autres dans la zone de
Dahkla (GARCIA CABRERA, 1968 ; HATANAKA, 1979).

2 LES P RIS E S

2.1. PECHE INDUSTRIELLE

Plusieurs sources de données (tabl. 1) permettent


d'estimer les prises de poulpes effectuées entre le Sénégal et
le Libéria par la majeure partie de la flotte chalutière de
fond opérant dans cette région, en particulier pour l'année
1986.
Il s'agit:
- Des captures transi tant par le port de Dakar qui ont
été compilées par le Centre de Recherches Océanographiques de
Dakar - Thiaroye (CRODT). Elles concernent les prises de poulpe
des chalutiers dakarois qui sont bien connues depuis 1985,
année ou elles ont été extraites de la rubrique divers qui les
incluait auparavant. On peut considérer que ces navires n'ont
jamais débarqué plus de 500 tonnes dans les années antérieures.
Elles concernent également les prises des chalutiers étrangers
opérant sous licence au Sénégal et déclarées par les armateurs
et (ou) les observateurs embarqués ; ces prises sont connues
avec précision et négligeables avant 1985.
6

- Des captures de poulpe des chalutiers étrangers opérant


sous licence en Gambie et déclarées aux autorités (Fisheries
Department) par les armateurs. Elles ont été compilées pour
1985 et 1986 et sont sans doute incomplètes.
- Des captures transitant par le port de Las Palmas (Iles
Canaries, Espagne), enquêtées et compilées depuis 1978 sous la
direction du Comité des Pêches de l'Atlantique Centre Est
(COPACE). Les navires de l'Espagne, du Japon de l'URSS, ne sont
pas enquêtés. Des rapports annuels par zone statistique sont
régulièrement publiés (YAMAMOTO et ANSA EMMIM, 1979 ; SHIMURA,
1980 à 1984 ROEST et FRIELINK, 1985 et 1986 ; BRAINERD et
FAGGIANELLI, 1987 ; TACONNET et FAGGIANELLI, 1988 et 1989).
Avant 1986 la zone Cap-Vert côtier (9 à 19' Nord) incluait le
fond de pêche de Nouakchott et l'on peut considérer que
l'essentiel des prises déclarées dans cette zone en provenait
(tabl. 1). Depuis 1986 on distingue des zones A (Maroc), B
(Mauritanie), C (Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry), D
(Sierra-Léone, Libéria). En 1986, 13 700 tonnes de poulpes
ayant transité par Las-Palmas ont été déclarées comme provenant
de la zone C et 2140 tonnes de la zone D.
Nous avons cherché à obtenir des précisions sur l'origine
géographique des captures déclarées en 1986 à l'intérieur de la
zone C. Grâce à l'amabilité du COPACE nous avons pu consulter
les bordereaux d'enquête qui précisent généralement le pays
devant lequel les prises sont censées avoir été effectuées. Le
tableau 2 récapitule les résultats par mois et pays. Seules 932
tonnes ont été déclarées comme provenant de la Sénégambie,
alors qu'une quantité 13 fois plus élevée (12 514 tonnes)
proviendrait de la Guinée. On notera que le total général pour
la zone C (14 700 tonnes) est supérieur de 1 000 tonnes à celui
indiqué par BRAINERD et FAGGIANELLI (1987) et porté au
tableau 1.
Plusieurs informations nous incitent à croire que les
prises déclarées de juin à octobre 1986 comme provenant de
Guinée ont en réalité été pêchées devant la Gambie :
- Plusieurs patrons de pêche de chalutiers sénégalais
nous ont indiqué que la zone de pêche au poulpe devant la
Gambie était littéralement "couverte" de chalutiers en août-
septembre 1986, une véritable "ville flottante" d'après les
témoins.
- Le chef d'armement d'une des plus importantes
entreprise de pêche du Sénégal et dont nous avons pu apprécier
la crédibilité en maintes occasions, nous a assuré qu'il était
impossible qu'il y ait eu de grandes quanti tés de poulpes
pêchées en Guinée, ceci compte-tenu de son système de
renseignements qui l'en aurait immanquablement averti.
- Le représentant de l'ORSTOM en Guinée (F. DOMAIN,
spécialiste des pêches) n'a pas eu connaissance d'une pêche au
poulpe d'une certaine importance devant la Guinée.
- Lors d'une mission en Gambie nous avons pu avoir accès
aux déclarations de capture par marée envoyées par certains
armateurs aux autorités gambiennes •. Ces captures sont le plus
souvent indiquées comme provenant des eaux guinéennes dans les
enquêtes faites à Las Palmas sur les mêmes marées.
- Pour certains chalutiers dont nous sommes sûrs qu'ils
ont opéré devant la Gambie et le Sénégal (présence
d'observateurs sénégalais à bord), les captures correspondantes
7

ont été enregistrées à Las Palmas comme ayant été effectuées


devant la Guinée ou le Maroc.
- Lors de notre mission en Gambie, nous avons pu vérifier
qu'il n'existait pas de moyen opérationnel de surveillance en
1986. Les bateaux voulant travailler dans les eaux gambiennes
sans licence de pêche pouvaient donc le faire impunément.
Il apparaît donc comme très vraisemblable, ~ ~t~in,
que les quantités de poulpe déclarées comme capturées en Guinée
pendant l'été 1986 aient été en fait pêchées devant la Gambie.
La mauvaise ventilation des lieux de pêche lors des enquêtes à
Las Palmas peut s'expliquer de deux façons:
- Les enquêtes sont le plus souvent effectuées auprès des
responsables de navires de transport ayant assuré un
transbordement en mer des prises des bateaux de pêche.
L'information sur les lieux de pêche est alors de "seconde
main" et tardive. Il est ainsi possible que les prises soient
affectées aux rég ions de travail habituelles des chalutiers.
Parmi ceux-ci de nombreux navires d'origine asiatique (surtout
coréenne), mais portant le plus souvent d'autres pavillons,
recherchent normalement la seiche au large de la Guinée. Ceci
pourrai t expliquer pourquoi des prises effectuées en toute
légalité dans les eaux sénégalaises ont été enquêtées à Las
Palmas comme ayant été faites devant le Maroc.
- Les lieux de pêche des navires ayant travaillé sans
autorisation devant la Gambie auraient eux été volontairement
falsifiés pour des lieux où ces navires possèdent des licences.
Une estimation des captures de poulpe par la pêche
industrielle devant le Sénégal et la Gambie en 1986 peut être
obtenue en sommant les prises débarquées à Dakar et les prises
en provenance de la zone C ayant transité à Las Palmas entre
les mois de juin et d'octobre, soit au total 22 000 tonnes. Ce
poids concerne les individus éviscérés il convient de lui
ajouter environ 11 % pour obtenir le poids des individus
ent iers (d'après les données d' HATANAKA, 1979) on approche
alors une capture de 25 000 tonnes. Il s'agit d'une très
importante quantité qui peut de plus être considérée comme un
minimum. En effet une partie au moins des prises déclarées en
zoneD pourrait provenir aussi de Gambie. Il est aussi
possible, sinon probable, que des chalutiers ayant pêché
illégalement en Gambie, aient déclaré leurs prises comme
provenant de zones plus septentrionales (Mauritanie, Maroc).
Des chalutiers de nations qui ne sont pas couvertes par le "Las
Palmas Survey", peuvent également, mais de manière moins
probable, avoir pêché illégalement le poulpe en Gambie.

2.2. PECHE ARTISANALE-

Avant 1986 le poulpe est une espèce que l'on ne


rencontrai t que très rarement dans les débarquements de la
pêche artisanale (GERARD, 1987). En 1986, 67 et 428 tonnes
(tabl. 3) ont été respectivement débarquées à Mbour et à Joal
(Petite-Côte du Sénégal, d. fig. 1), principalement au mois
d'août. Les prises ont été réalisées à partir de pirogues
motorisées ayant la seiche pour espèce-cible habituelle.
L'engin de pêche est la turlutte. Les pots à poulpe
utilisés par la pêche artisanale à Nouadhibou (Mauritanie) ne
sont pas encore employés, pour des raisons qui semblent
8

ressortir de la méconnaissance de cet engin (comm. pers.


BAKHAYOKHO) .

2.3. EVOLUTION EN 1987-1988

En 1987 moins de 500 tonnes de poulpes ont été capturées


par les chalutiers basés à Dakar (tabl. 1). Les prises
déclarées à Las Palmas comme provenant de la zone C (TACONNET
et FAGGIANELLI, 1989) ont chuté de plus de 60 % par rapport à
1986. Seules les prises de la zone D (Sierra Léone) ont
augmenté.
Les captures de poulpe par la pêche artisanale
sénégalaise sont insignifiantes en 1987.
Pour 1988 les captures de poulpes réalisées par les
chalutiers dakarois se situent à près de 1 500 tonnes. En pêche
artisanale un armement de la place, qui achète les poulpes sur
les plages de la Petite- Côte, estime à près de 100 tonnes le
volume de ses achats.
Comme en 1986, et toujours grâce à l'obligeance du
COPACE, nous avons pu effectuer pour 1987 et 1988 un traitement
des bordereaux d'enquêtes Las Palmas par mois et pays pour les
poulpes des zones C et D (tabl. 4 et 5). La remontée des
captures observée en 1988 (par rapport à 1987) pour les
chalutiers dakarois est également visible pour les prises en
provenance de la zone C débarquées à Las Palmas. La ventilation
des captures entre la zone Cl (Sénégambie) et C3 (Guinée
Conakry) paraît meilleure en 1988. Les captures de poulpes
déclarées comme provenant de Sierra Léone continuent à
augmenter (4 900 tonnes). On peut en penser que l'émergence
d'une pêcherie de poulpe devant ce pays pourrait être réelle.

E or U D E DES V A RIA T ION S

D E L • A BON DAN C E

3.1. DETERMINATION DE LA PERIODE MAXIMALE D'ABONDANCE

A partir des débarquements spécifiques et des temps de


mer par marée des chalutiers sénégalais il est possible de
calculer les rendements moyens mensuels en poulpes. Pour ce
faire nous avons éliminé les marées dont la prise moyenne
journalière de poulpe a été inférieure à 50 kg, ceci afin de ne
prendre en compte que les marées pour lesquelles on peut
supposer qUe le poulpe était une espèce recherchée.
Les résultats sont donnés dans le tableau 6 pour l'année
1986. Sur les 2 143 marées enquêtées, 269 marées provenant de
74 chalutiers rempl issent la condition et correspondent à la
quasi totalité des prises de poulpes des chalutiers sénégalais
(7 650 tonnes sur 7 700 tonnes).
La majeure partie des prises a été débarquée du mois de
juin au mois d'octobre. Durant cette période les rendements,
les prises, les pourcentages du poulpe par rapport aux prises
toutes espèces, augmentent jusqu'en juillet, puis diminuent.
Nous avons cherché à mieux préciser la période du maximum
d'abondance en examinant les séries temporelles de rendement
9

des navires dont le poulpe était l'espèce-cible et en


privilégiant les données des chalutiers dont les marées sont
courtes. La période maximale d'abondance pour les chalutiers se
situe vers la mi-juillet et plus particulièrement pendant la
deuxième semaine de ce mois.
On notera que des rendements moyens de plus de 10 tonnes
de poulpes par jour de pêche (nombre d'heures sur les lieux de
pêche/24) ont été réalisés en juin lors de 2 marées de 26 jours
effectuées par 2 chalutiers congélateurs de 1 500 chevaux, mais
ces navires ont fait encore mieux en juillet-août. Le plus fort
rendement moyen a été obtenu en juillet par un autre chalutier
congélateur de 1 000 chevaux et 611 tonneaux de jauge brute,
soit 15,3 t/jour sur 22 jours. Des rendements de cet ordre de
grandeur, parfois même plus élevés (1,2 t/h en août 1967),
n'avait jusqu'alors été obtenus qu'au tout début de la pêche du
poulpe au large du Cap Blanc (HATANAKA, 1979).
Les meilleures prises et les meilleurs rendements de la
pêche artisanale ont eu lieu pendant la première quinzaine
d'août à Joal et la seconde quinzaine du même mois à Mbour (~.
tabl. 3). Nous reviendrons ci-dessous sur les décalages
observés entre les deux ports et entre ces ports et la pêche
chalutière.

3.2. EVOLUTION GEOGRAPHIQUE

D'après plusieurs capitaines de pêche, la zone du maximum


d'abondance des poulpes se serait déplacée pendant l'été 1986
dans un sens Sud-Nord à l'intérieur de l'aire de pêche définie
au premier paragraphe. Ainsi un chalutier glacier, qui s'est
intéressé un des premiers à la recherche du poulpe, à travaillé
sur des petits fonds (12-18 m) entre le Nord de la Casamance et
le Sud de la Gambie du 15 au 27 juin, en Gambie du 1 au 8
juillet, au Sud de Joal (Sangomar) du 11 juillet au 22 juillet,
devant Joal du 25 juillet au 4 août et du 7 août au 16 août.
Les décalages dans le temps observés dans les maxima des
prises et des rendements entre la pêche chalutière (mi-
juillet), la pêche artisanale à Joal (première quinzaine
d'août, çî. tabl. 3) et la pêche artisanale à Mbour (deuxième
quinzaine d'août) paraissent confirmer ce phénomène.

3.3. VARIATIONS CIRCADIENNES DES RENDEMENTS

Les variations des rendements horaires sur 24 heures ont


pu être étudiées grâce à des données précises, trait par trait,
obtenues pour 4 bateaux étrangers du même armement ayant
embarqué des observateurs sénégalais. Ces chalutiers
congélateurs de 1 150 chevaux et 277 tonneaux de jauge brute
ont recherché exclusivement le poulpe devant le Sénégal et la
Gambie du 7 août au 9 octobre 1986, période couverte par
l'étude.
Les navires ont travaillé de jour comme de nuit en
effectuant de courts traits de chalut d'une durée moyenne de 78
minutes ; les temps de pêche de jour et de nuit sont
similaires, leur variabilité est faible. Pour chaque navire les
traits ont été répartis, suivant l'heure à mi-course, entre 12
tranches horaires de 2 heures ; 2 466 traits de chalut ont été
10

traités et les résultats sont présentés au tableau 7 et repris


pour les rendements sur la figure 2. On note que les rendements
obtenus de jour pour chacun des 4 navires sont très
généralement supérieurs à ceux obtenus de nuit, bien que les
tranches horaires où ont eu lieu les rendements maximum et
minimum puissent varier d'un bateau à l'autre et que les
courbes ne soient pas très régulières. Les valeurs les plus
fortes sont respectivement plus élevées de 95, 80, 47 et 84 %
que les valeurs minimales. Pour mieux visualiser le phénomène
nous avons calculé pour chaque chalutier des indices de
rendement par tranche horaire à partir d'un niveau de référence
égal à 100, qui représente la moyenne journal ière (somme des
rendements des 12 tranches/12). Les résultats sont portés au
tableau 8. Nous avons ensuite calculé la moyenne des indices
pour les 4 chalutiers et présenté leur évolution sur la figure
3. Pour chaque navire tous les indices de rendement des
tranches horaires comprises entre 6 et 20 heures sont
supérieurs ou proches de 100, tous les indices compris entre 20
heures et 6 heures sont inférieurs à 100. Pour l'ensemble des
chalutiers l'indice moyen 8-12 heures est supérieur de 54 % à
l'indice moyen 22-2 heures, le rapport jour (8-20 heures) sur
nuit (20-6 heures) moyen est de 1,38. Le test des signes
(DAGNELIE, 1975) appliqué aux paires des valeurs moyennes de
jour et de nuit par période de 24 heures, conduit au rejet de
l'hypothèse nulle (rendements équivalents de jour et de nuit) à
plus de 99,9 % de sécurité pour chacun des 4 chalutiers.
A notre connaissance les seuls commentaires antérieurs
sur les variations circadiennes des rendements en poulpe des
côtes occidentales d'Afrique ont été fait par GARCIA CABRERA
(1968). Il indique que les captures réalisées au large du
Sahara par un chalutier commercial sont les plus abondantes
dans les premières heures de la nuit et à l'aube, ce qui ne
correspond pas à nos résultats. On notera que l'auteur se base
sur les prises de 35 trai ts seulement et que ceux-ci avaient
une durée moyenne de 5 heures 44 mn, ce qui limite la portée de
ses observations.
La diminution des rendements de nuit que nous avons
observé est peut être en relation avec la période de repos des
poulpes. COUSTEAU et DIOLE (1973) écrivent que
"quotidiennement le poulpe dort. On constate son immobilité, un
rétrécissement pupillaire et un ralentissement important de la
fréquence des mouvements respiratoires". En période de repos,
que l'on suppose s'effectuer essentiellement de nuit, la
recherche de lieux mieux abrités que de jour pourrait rendre le
poulpe moins vulnérable au chalutage.
11

4 .C A T EGO ft l E S C 0 MME ft C l ALE S

E T S T ft U C T U ft E D .. AGE

4.1. STRUCTURES DES PRISES PAR CATEGORIE DE POIDS

Nous avons pu disposer, grâce à l' amabil i té de certains


armements de Dakar, de la ventilation des prises de poulpe par
catégories commerciales. Il s'agit du nombre de pièces par bloc
de congélation, dont un exemple (bloc de 15 kg) est donné au
tableau 9.
La figure 4 représente l'évolution des débarquements, de
juillet à septembre-octobre, en pourcentages des prises par
catégorie commerciale pour trois paires de chalutiers-boeufs
glaciers (prises cumulées de 494 tonnes) et pour deux
chalutiers congélateurs (17 juin au 4 septembre, prises
cumulées de 700 tonnes). Ces navires représentent l'ensemble
des chalutiers d'un même armement ayant le poulpe comme espèce-
cible pendant l'été 1986 et dont le maillage du cul est en
principe de 70 mm. On observe sur la figure 4 et le tableau 10
que pour les deux types de navires la proportion des petites
tailles diminue avec le temps et que corrélativement celle des
plus grosses augmente. On notera que la catégorie Ts domine
toujours chez les congélateurs et les glaciers, mais que ces
derniers ont capturé proportionnellement plus de petits poulpes
que les congélateurs. Les données cumulées, par catégorie
commerciale, pour l'ensemble de la période, sont portées au
tableau Il.
La figure 5 représente l'évolution de la structure des
prises par catégorie commerciale pour un crevettier congélateur
d'un autre armement utilisant un chalut de 40 mm d'ouverture de
maille au niveau du cul. La catégorie 6 est généralement la
plus importante, sauf pour le débarquement du 30 juin où la
catégorie 8 domine très largement. Ici aussi le pourcentage des
petites catégories diminue d'août à septembre.
Nous verrons par la suite les hypothèses qui peuvent être
envisagées pour expliquer ces évolutions de la structure des
prises.

4.2. STRUCTURES DE LONGUEUR ET D'AGE DES CAPTURES

Pour estimer la structure de longueur et d'âge des


poulpes pêchés devant la Sénégambie nous avons utilisé les
données cumulées par catégorie commerc iale du tableau 11 que
nous avons transformées en structure de longueur totale
(tabl.12) à partir des mesures faites par HATANAKA (1979) sur
la longueur des poulpes contenus dans les diverses catégories
commerciales utilisées à l'époque (1968-1972) par la flottille
japonaise opérant au large du Cap Blanc. On notera qu'il existe
certaines différences dans la définition du nombre d'individus
par catégorie entre les valeurs du tableau 9 et celles données
par HATANAKA, elles ne doivent cependant pas biaiser de façon
significative la structure en taille du tableau 12. Cette
structure, représentée sur la figure 6, montre un recrutement
très étalé entre 20 et 60-64 cm de longueur totale devant
correspondre à la sélectivité des chaluts de 70 mm d'ouverture
12

de maille. Ce recrutement est en assez bonne concordance avec


les courbes de sélectivité établies par IDELHAJ (1982) pour des
mailles de 61 à 65 mm d'ouverture dont les points L100 se
situent aux environs de 13 cm de longueur du manteau, soit 66
cm de longueur totale (d'après la relation LM- LT de PEREIRa,
1978). Au total les 1 193 tonnes du tableau 11 seraient
composées de 1 401 000 individus, soit un poids moyen de 850 g.
Il est possible de tenter de transformer la distribution
des prises par fréquence de taille obtenue en distribution des
prises par âge. Pour ce faire nous avons utilisé, comme
préconisé par le dernier groupe de travail sur les céphalopodes
COPACE (1986), l'équation de croissance de ARIZ (1985) reliant
la longueur du manteau à l'âge, ainsi que la relation longueur
du manteau-longueur totale de PEREIRa (1978). Longueur du
manteau, longueur totale et poids à différents âges sont donnés
dans le tableau 13.
La répartition des prises par classes d'âges
trimestrielles et annuelles se trouve dans le tableau 14. On
remarque que 55 % des individus capturés seraient âgés de 9 à
15 mois et 88 % ont entre 6 et 18 mois j les individus âgés de
2 ans et plus ne représentent que moins de 1 % des prises.
La structure par classe d'âge annuelle est assez proche
de la structure des prises des chalutiers espagnols au large du
Cap Blanc et de Dahkla de 1977 à 1984 (COPACE, 1986), ceci si
l'on considère que les plus forts pourcentages de la classe 0+
des chalutiers espagnols, 67 à 85 % contre 51 %, -peuvent
s'expliquer en partie par un maillage un peu plus faible des
culs de chalut, 60 mm d'ouverture au lieu de 70, et par une
durée des traits beaucoup plus grande qui doit entraîner un
colmatage plus important des culs, réduisant la sélectivité de
la maille. De plus il semble que les chalutiers espagnols
utilisent souvent (ÇQWID. Centre Nat. Rech. Océanogr. et Pêches
de Nouadhibou) des nappes de protection des culs de chalut qui
réduisent encore la sélectivité. La classe 2+ est un peu mieux
représentée, 1,4 à 3,8 % contre 0,9 %. Au total 99 % des
poulpes pêchés devant le Sénégal et la Gambie en 1986 avaient
moins de 2 ans, les valeurs sont comprises entre 95 et 98 %
pour les chalutiers espagnols.

4.3. MORTALITES TOTALES

Des coeff ic ients de mortal i té totale peuvent être


calculés entre les tranches d'âges pleinement recrutés. Il
s'agit de mortalités apparentes et plusieurs facteurs
interdisent de donner une signification biologique aux valeurs
obtenues. Les mortalités sont en effet calculées entre des
speudocohortes découpées dans la distribution de fréquence de
l'année 1986, ce qui suppose des recrutements et des pressions
de pêche relativement constants dans la vie des différentes
vraies cohortes (individus nés à la même période) qui devraient
être prises en compte, ce qui n'est pas le cas ici. Les
mortalités totales sont cependant, à titre purement indicatif,
indiquées au tableau 15 sur une base trimestrielle,
semestrielle et annuelle. On remarquera la grande homogénéité
des 5 valeurs trimestrielles calculées, de 0,93 à 1,12. Les
valeurs semestrielles et annuelle sont plus élevées, parfois du
double, que les valeurs pour les stocks sahariens obtenues à
13

partir de campagnes de chalutage par PEREIRa et BRAVO de LAGUNA


(1980) pour les années 1972, 1976 et 1978, et que les valeurs
entre un an et deux ans que l'on peut calculer à partir des
structures d'âge des prises des chalutiers espagnols de 1977 à
1984 (COPACE, 1986) : de 1,82 à 2,47. Ceci est assez logique
dans la mesure où la forte pêche de poulpe en 1986 devant la
Sénégambie serait due, au moins en partie, à un recrutement
exceptionnel; c'est d'ailleurs, comme nous l'avons dit, un des
points limitant la validité du calcul.

5 DIS eus S ION

5.1. UNE MIGRATION DE REPRODUCTION?

Qu'il y ait eu une migration du poulpe vers les ~ieux de


pêche de l'été 1986 ne fait aucun doute, l'augmentation brutale
des rendements dans une zone régulièrement prospectée par les
chalutiers dakarois en est une preuve évidente.
Des individus de tailles diverses (moins de 400 g à plus
de 5 kg, table 9) ont pris part à ce mouvement, mais
l'essentiel des captures porte sur des individus âgés d'environ
un an 1 en liaison probable avec un recrutement exceptionnel.
Le~ plus jeunes individus pourraient provenir de la zone très
côtière à fonds durs, zone qui ferait office de nurse rie
d'après GARCIA CABRERA (1968) et HATANAKA (1979) i les larves
de poulpes y seraient transportées par des courants
géostrophiques. Ces larves sont pélagiques durant 30 à 40 jours
après l t éclosion quand la température moyenne est proche de
25'C (ITAMI et al., 1963). Nous avons personnellement rencontré
à plusieurs périodes de tous petits poulpes dans la zone
intertidale rocheuse de la presqu'île du Cap Vert. Cependant
des juvéniles de 6 mois (260 g) et moins peuvent être trouvés
dans les eaux plus profondes comme nous l'avons
occasionnellement observé lors de campagnes de chalutage, et
même au delà de 60 m d'après les distributions des poids moyens
individuels donnés par DIA (1988) pour la région du Cap Blanc.
Après leur concentration dans la zone côtière de pêche,
marquée par l'augmentation des rendements des chalutiers, les
poulpes se dispersent sur l'ensemble de la zone de pêche
(HATANAKA, 1979). Devant la Gambie les poulpes survivants à la
pêche de l'été 1986 se trouvaient principalement entre 50 et
200 m à la fin novembre de la même année. Cette indication
(tabl. 16) provient -des rendements obtenus lors d'une campagne
de chalutage expérimental menée par des scientifiques espagnols
(LaPEZ ABELLAN et CERVANTES, 1987) entre 7 et 800 m. On notera
que les rendements en question peuvent être considérés comme
très élevés compte tenu de l'emploi d'un chalut à crevette i
ils sont plus importants que les rendements en céphalopodes
(dont le poulpe ne représente pas la moitié) obtenus entre 1982
et 1984 lors de 4 campagnes de chalutage effectuées avec le
même chalut à crevette devant le Sénégal (CAVERIVIERE et ~,
1986).
Un mouvement côte-large de l'Ouest vers l'Est,
probablement précédé d'un mouvement large-côte (au moins pour
les individus les plus âgés), apparaît certain. Y a t ' i l eu
14

également un mouvement Nord-Sud comme peuvent le laisser


supposer les mouvements des chalutiers et les décalages entre
les maxima de rendement des chalutiers, de la pêche artisanale
à Joal et de la pêche artisanale à Mbour ? C'est possible, mais
il peut s'agir d'un mouvement apparent dû à un décalage dans le
temps des migrations longitudinales, d'autant plus tardives que
la latitude augmente ; les conditions hydrologiques pourraient
alors jouer un rôle. D'après MIZUISHI (1977) il semble que la
température de l'eau influence la migration des poulpes au
Sénégal. Parmi les auteurs ayant étudié la répartition des
poulpes tant en Atlantique Est qu'en Méditerranée (MANGOLD-
WIRZ, 1972), seul DIA (1985) pressent l'existence de migrations
latitudinales de faibles amplitudes.
Tous les auteurs ayant étudié sérieusement la
reproduction et la croissance du poulpe en Afrique saharienne
s'accordent sur une période de reproduction principale de
"printemps" (mai-juin pour HATANAKA, 1979 ; mai-juillet pour
DIA, 1988) suivie ou non par un pic secondaire en "automne"
(septembre-octobre, septembre à novembre pour les 2 auteurs
ci tés), quoique des femelles matures puissent être observées
tout au long de l'année. Il y a accouplement et la fécondation
à lieu à l'intérieur des glandes de l'oviducte qui constituent
également un réservoir à spermatozoïdes. La ponte à lieu après
l'accouplement mais pas nécessairement à la suite, PEREIRO et
BRAVO DE LAGUNA (1980) notent comme un fait que la femelle
puisse garder à l'intérieur du manteau les oeufs vivants avant
fécondation pendant un maximum d'au moins 5 mois. Les oeufs
fécondés sont expulsés et groupés en cordons qui sont fixés aux
parois de grottes ou de fissures. La durée de la période
embryonnaire jusqu'à l'éclosion dépend de la température de
l'eau (MANGOLD et BOLETZKY, 1973 ; ITAMI et .al., 1963), elle
est estimée à 20-25 jours pour une température de 25· C. La
femelle garde, nettoie et ventile les oeufs pendant toute cette
période au cours de laquelle des observations en milieu naturel
ont montré qu'elle refuse toute nourriture, la mort de la mère
survient généralement après l'éclosion (COUSTEAU et DIOLE,
1973). Ces mêmes auteurs notent, de façon fort intéressante,
qu'à la fin de la période embryonnaire des poissons montent la
garde à l'entrée des grottes dans l'espoir de dévorer les
premiers nés. Il semble que des oeufs puissent être trouvés sur
l'ensemble de l'aire de répartition du poulpe, au moins jusqu'à
94 m (HATANAKA, 1979).
Pour les poulpes du Cap Blanc, DIA (1988) indique une
taille à la première maturité (50 % des [Link] ont des
produits sexuels en maturation 0U matures) de l'ordre de 12 cm
(longueur ~~nteau) et un poids à la première maturité allant de
1 100 ~. 1 360 g pour les mâles, de 1 300 à 1 500 g, pour les
femelles. D'après ses courbes de détermination, des individus
"matures" de 400 g et moins ont été trouvés. La plus petite
femelle mature rencontrée par HATANAKA mesurait 37,9 cm de
longueur totale (300 g environ). DOMAIN (comm. pers.) a placé
début novembre 1974 un poulpe de moins de 200 g dans un
aquarium. Ce poulpe a pondu quelques jours plus tard et le
développement embryonnaire à duré au moins 3 semaines dans une
eau assez fraîche (salle climatisée en permanence).
Il est donc tout à fait possible que les poulpes capturés
en été 1986 devant la région sénégambienne l'aient été lors
d'une migration de reproduction. Les lieux de pêche ne peuvent
15

cependant pas être les lieux de ponte puisqu'il s'agit de fonds


sableux et que les femelles ne déposent leur ponte que dans des
cavités et anfractuosités. Il peut s'agir du lieu de
reproduction mais on doit surtout considérer ces fonds comme le
lieu de passage obligé des poulpes se rendant ou revenant des
fonds côtiers rocheux. Pour les jeunes poulpes il pourrait
s'agir d'une migration de sortie de nurserie, après peut-être
une première reproduction à la côte.
Nous avons vu dans un paragraphe précédent que les
données des prises par catégories commerciales suggèrent que
dans la région sénégambienne les poulpes de petites tailles
partent de la zone de pêche avant ceux des catégories
supérieures. Ceci est en désaccord avec les observations de
MANGOLD-WIRZ (1972) en Méditerranée.
La croissance, aussi importante soit-elle pour les
jeunes, paraît insuffisante à expliquer à elle seule la
diminution de proportion des petites catégories.

5.2. DES CAUSES DE L'EXPLOSION DEMOGRAPHIQUE

Plusieurs auteurs ont tenté d'analyser les causes du


remarquable accroissement des populations de poulpes au large
du Sahara il y a une vingtaine d'années. Tous s'accordent sur
une relation plus ou moins directe avec une surpêche des
Sparidés dont l'abondance dans la zone a considérablement
baissé, diminuant leur contrôle sur le recrutement des poulpes.
Des descriptions et commentaires détaillés pourront être
trouvés chez GARCIA CABRERA (1968), PEREIRO et BRAVO DE LAGUNA
(1980), CADDY (1981), GULLAND et GARCIA (1984). CADDY envisage
aussi l'effet d'une modification de l'environnement qui,
d'après son texte, paraît devoir être rejeté à l'heure
actuelle.
SY MOUSSA et TCHERNICHKOV (1985 ) écrivent avoir décelé
une relation nette entre l'intensité de l'upwelling et les
rendements en poulpe devant le Cap Blanc ; Le groupe de travail
CNROP/FAO/ORSTOM (1986) a procédé à une analyse similaire à
partir de données plus fiables et les résultats ne montrent
aucune relation entre anomalies thermiques et anomalies des
rendements. En ce qui concerne la région sénégambienne nous
avons cherché des points communs entre ce qui paraît être de
bonnes années à poulpe 1974 (MIZUISHI, 1977), 1978 (LIM,
1982) et bien sur 1986, les anomal ies de la température de
surface à Dakar, le transport d'Ekman à la côte représentant la
force et la durée de l'upwelling au Sud de Dakar. Les années
antérieures: 1973, 1977 et 1985, d'où seraient issus les bons
recrutements - ont été aussi prises en considération. Aucune
relation satisfaisante n'a pu être trouvée. On notera tout au
plus que 1985 et 1986 ont été des années froides faisant suite
à plusieurs années relativement chaudes.
Nous avons cherché à savoir si, comme au large du Sahara,
une diminution ou une surexploitation des populations de
Sparidés ou/et d'autres espèces appartenant à la même
communauté pouvait être mise en relation avec l'explosion du
stock de poulpe devant la Gambie et le Sénégal. Les
statistiques de pêche de la Gambie ne permettant pas ce type
d'étude, nous avons examiné la composition spécifique des
débarquements de la pêche artisanale sénégalaise pour la région
16

Thiès Sud, qui comprend principalement les ports de pêche de


Joal et Mbour, lieux où comme nous l'avons vu une pêche
artisanale dirigée sur le poulpe s'est développée pendant l'été
1986. L'évolution des mises à terre de Sparidés entre 1981 et
1988 est indiquée au tableau 17 et représentée sur la figure
7 ; il s'agit des rubriques pageot (Pagellus bellottii) et
dorades roses (Dentex spp., Sparus spp.), qui sont des espèces
principalement pêchées en saison froide. De fortes prises de
Dorades roses et dans une moindre mesure de pageots ont été
effectuées en 1985 et 1986, les débarquements ont ensuite
fortement chuté en 1987 et 1988, de l'ordre de la moitié. Il
est difficile d'estimer les efforts effectifs de la pêche
artisanale qui se sont exercés sur ces espèces. Le parc des
pirogues actives de la Petite-Côte qui recherchent les espèces
démersales en saison froide (tabl. 18) apparaît assez stable,
en particul ier en ce qui concerne depuis 1984 le nombre des
pirogues glacières qui fournissent une part importante des
prises et qui travaillent principalement du côté de la Gambie.
Ceci laisse supposer qu'il y a eu une diminution des rendements
et que s'il y a eu une diminution de l'effort de pêche consacré
à la recherche des Sparidés, cette diminution doit aussi être
liée à une baisse de l'abondance. D'un autre côté les prises et
les rendements de pageots et dorades roses de la pêche
industrielle au sud de Dakar, Petite-Côte surtout, ne montrent
pas de chutes en 1987 (tabl. 19), mais il s'agit d'une vaste
zone et les chalutiers responsables des prises ne pêchent pas
en Gambie.
Nous nous sommes également intéressés aux captures de
mérous (Serranidae) qui sont connus comme des prédateurs
potentiels de poulpes (PEREIRa et BRAVO DE LAGUNA, 1980), bien
que les quelques études sur le sujet donnent un régime
alimentaire à base de poissons pour le thiof (Epinephelus
aeneus) du Sénégal (CADENAT, 1954) et les mérous (E. aeneus, E.
guaza, E. alexandrinus) de Tunisie (BOU-AIN et .aL... , 1983). Nous
citerons une observation de THIEBAUX (1980) sur un E. guaza de
plus de 25 kg qui lors de sa capture à régurgité deux poulpes à
demi- digérés, dont l'un avoisinait les trois kilogrammes.
Les débarquements de mérous de la pêche artisanale pour
la région Thiès Sud (Petite-Côte) montrent (tabl. 17 et fig.
7), plus encore que pour les Sparidés, une chute très accusée
en 1987 et 1988 après de fortes pêches de 1984 à 1986. Le
phénomène est particul ièrement marqué pour le mérou de Gorée
(E. goreensis). On notera que la relativement forte prise de
mérou de Méditerranée (E. guaza) en 1987 peut être imputée à
une mortalité naturelle accidentelle qui a été observée à la
fin de l'été (CAVERIVIERE et TaURE, 1989). Les prises de mérous
par la pêche industrielle sont négligeables. Les rendements en
mérou blanc ou thiof (E. aeneus) des pirogues moteur-ligne de
Joal entre 1983 et 1988 sont donnés au tableau 20 et
représentés sur la figure 8. Ces pirogues, dont une bonne
description de la méthode de pêche peut être trouvée dans CURY
et WORMS (1982) et CURY (1988), n'effectuent que des sorties de
la journée et on est sûr que les lieux de pêche sont proches du
lieu de débarquement. Les rendements sont 2 à 4 fois plus
faibles en 1987-88 qu'en 1983-1984.
De tout ce qui précède on peut effectivement penser
qu'une diminution de la biomasse des Sparidés et Serranidés
dans les eaux de la Gambie et des régions avoisinantes à
17

précédé l'explosion démographique du poulpe de l'été 1986. La


réduction de biomasse des populations de ces poissons peut être
une cause de l'extraordinaire augmentation de l'abondance du
poulpe. Cependant, et même s'il s'agit d'un facteur nécessaire
qui diminue la régulation de la population par la prédation (ce
que l'on ne peut pas encore affirmer), il ne saurait être
suffisant à lui seul. En effet l'abondance du poulpe en 1987 et
1988 a été bien moindre qu'en 1986 alors que les populations de
Sparidés et de Serranidés seraient à leurs plus faibles
niveaux. Un autre facteur favorable, vraisemblablement lié à
l'environnement physique, doit pour le moins aussi intervenir.
L'existence d'un tel facteur paraît être confirmée par le fait
que l'abondance du poulpe a été exceptionnellement bonne devant
la Mauritanie en 1986 (GILLY et MAUCORPS, 1987) sans
atteindre cependant l'augmentation observée au Sénégal - alors
que la pêche du poulpe et la surpêche des Sparidés y est déjà
ancienne. S'il y a bien eu aussi, comme possible, un
développement de la pêche du poulpe devant la Sierra Léone, ce
facteur agit sur une vaste étendue géographique. Il doit être
favorable à la survie des larves et/ou des juvéniles, qui sont
des stades critiques dans le développement d'une population.
Une différence notable semble exister entre ce qui s'est
produit lors du développement de la pêche du poulpe au large du
Sahara et ce qui a été observé devant la Sénégambie la
brutale coupure de la pêche dans cette dernière région. Une
explication pourrait être la plus grande importance des fonds
durs non chalutables au delà de 20-30 m devant la Gambie et la
Petite-Côte du Sénégal, rendant la ressource peu accessible en
dehors des périodes de migration.

5.3. UN PHENOMENE ECONOMIQUE INTERESSANT: L'AUGMENTATION EN


PARALLELE DU PRIX DU POULPE AVEC CELLE DES PRISES

La plupart des armateurs et usiniers du port de Dakar


s'étant intéressés à la pêche et au commerce des poulpes en
1986 nous ont signalé l'augmentation des prix d'achat comme des
prix de vente au cours de l'été. Avant juin 1986 un usinier de
la place achetait les petites quantités de poulpe
commercialisées à 130 F CFA le kg (poulpes entiers) pour les
revendre FOB Dakar à 450 F (poulpes vidés, sans becs, congelés
en plaques de 10 kg). Avec le fort accroissement des tonnages
pêchés, la recherche de débouchés a permis de découvrir
l'existence d'une demande particul ièrement forte et le prix à
l'exportation est passé à 650 700 F/kg. Les marges ainsi
dégagées à la vente ont rapidement créé une surenchère à
l'achat sur le marché local, amenant les prix· d'achat - à 270
F/kg pour le poulpe entier et à 320-350 F/kg pour les poulpes
préparés (vidés, sans becs). Le poulpe frais acheté sur les
plages et qui après traitement rapide devient un produit
d'exportation haut de gamme vers le Japon, a été acheté jusqu'à
350 Frs CFA le kg pour un prix de vente FOB Dakar de 900 à 950
F/kg. Avant l'explosion démographique de l'été les quantités de
poulpes débarquées à Dakar n'étaient pas suffisantes pour
justifier la mise en oeuvre de filières spécialisées avec
embarquement de poulpes traités et calibrés sur des navires
frigorifiques ayant le Japon pour destination finale, pays où
les prix du poulpe sont plus élevés qu'en Europe (Espagne,
18

Italie) qui était le seul débouché à l'exportation des espèces


nobles détenues par les armements et usiniers de la place (sauf
un). L'abondance du poulpe a permis l'insertion de ces
opérateurs économiques sur le marché international dont la
plaque tournante est Las Palmas (Iles Canaries) et les prix de
vente ont alors atteint les valeurs de ce marché. L'effet de la
concurrence, vu les marges réal i sées, a conduit à une
augmentation des prix d'achat aux producteurs. En mars-avril
1989, quand le poulpe ne représente plus à nouveau que de
faibles tonnages, son prix sur les plages n'est plus que de 250
f /kg, ce qu i en fait quand même encore pour les pêcheurs
artisans une espèce relativement bien rémunérée.

CON C LUS ION

Avec des captures de poulpes approchant près de 25 000


tonnes en 1986 la zone de pêche centrée sur les eaux côtières
gambiennes s'est hissée, proportionnellement à la surface, au
niveau des zones de pêche traditionnelles situées au large du
Sahara. La surface de la zone exploitée, entre 10 et 40 m, peut
être estimée à environ 6 000 km z , ce qui donne une prise
moyenne de poulpe de 4g/m2 •
Les poulpes qu i ont été pêchés pendant l'été 1986 l'ont
été lors de mouvements migratoires très vraisemblablement
associés à la reproduction. MANGOLD-WIRZ (1972) montre que pour
les céphalopodes de Méditerranée, dont le poulpe Octopus
vulgaris, on ne peut guère attribuer un rôle important à la
température dans le déclenchement des migrations ; la lumière,
c'est à dire la variation de la durée de l'éclairement, serait
le ou l'un des facteurs responsables de la migration. D'autre
part WELLS et WELLS (1959) ont démontré que chez Octopus
vulgaris la maturation des gonades est déterminée par la
sécrétion de la glande optique qui est contrôlée par un centre
du lobe basal du cerveau, lui-même sous l'influence directe du
lobe optique, et donc par là de la lumière. MANGOLD-WIRZ (1972)
écrit pour finir qu'il est logique de penser que les mêmes
facteurs sont responsables et de la maturation des gonades et
de la migration, et donc que la glande optique qui détermine la
maturation des gonades se trouve également à la base de la
régulation hormonale (interne) de la migration.
L'explosion démographique du poulpe semble pouvoir être
mise en relation avec une diminution de biomasse des
populations de Sparidés et de Serranidés dans la zone. Une
telle diminution avait déjà été observée avant la mise en place
des pêcheries de poulpe situées plus au nord. Plus généralement
CADDY (1981) note qu'il semblerait qu'il Y ait accroissement
des populations de céphalopodes dans les régions où la pêche du
poisson est ou a été intensive, tandis que celle des
céphalopodes n' y était pas pratiquée de façon intensive. Il
cite, sans précisions, l'Atlantique Nord-Ouest et l'Atlantique
Sud-Ouest outre l'Atlantique Centre-Est, ainsi que POPE (1979)
pour le Gol fe de Thaïlande. La diminution des populations de
prédateurs diminuerait leur rôle régulateur sur les stocks de
poulpes, mais ce facteur ne paraît pas suffisant à lui seul à
expliquer l'extraordinaire accroissement d'abondance de 1986,
19

puisque un accroissement a été également observé dans une des


zones traditionnelles de pêche. Un autre facteur favorable a dû
intervenir en tout ou en partie pour assurer un recrutement
exceptionnel en 1986 et son action aurait couvert une grande
zone géographique puisqu'elle aurait été sensible du Cap-Blanc
au sud du Sénégal, et peut-être jusqu'en Sierra Léone et même
au Ghana (GILLY et MAUCORPS, 1987). Ce facteur, qui doit être
lié à l'environnement physique, aurait agi en 1985 s'il est
favorable à la survie des larves ou des juvéniles comme il est
probable, en 1986 s'il est favorable à une migration dans les
zones de pêche. La protection et la ventilation des oeufs par
la femelle, dont la fécondité est de 130 000 à 250 000 oeufs,
exceptionnellement 400 000 (GUERRA, 1975 ; COPACE, 1978), doit
leur assurer un fort taux de viabilité pouvant aboutir à de
très forts recrutements quand les conditions du milieu sont
favorables à la survie des stades ultérieurs (diminutions de la
prédation, conditions physiques et alimentaires favorables). Il
est intéressant de rappeler ici l'explosion démographique du
baliste (Balistes carolinensis) au large des côtes de l'Afrique
de l'Ouest, entre le Nigéria et le Sénégal, à partir de 1972.
En effet il s'agit aussi d'une espèce qui ventile et garde ses
oeufs (CAVERIVIERE, 1982), ce qui pourrait donc être une
stratégie de reproduction susceptible de conduire à des
explosions démographiques. Dans le cas du baliste, qui présente
également une phase de vie larvaire à la surface, un facteur
physique favorable serait une hausse de la salinité qui agirait
par des effets directs ou indirects sur la survie des larves et
(ou) des juvéniles (CAVERIVIERE, 1989). Ce facteur n'est pas en
cause pour le poulpe.
La diminution de biomasse des prédateurs du poulpe étant
un phénomène persistant, qui a sans doute permis des prises,
pendant les été 1987 et 1988, nettement plus importantes
qu'avant 1986, une nouvelle explosion du stock de poulpe nous
paraît envisageable à court terme quand les autres conditions
du milieu seront également favorables. La campagne de chalutage
que nous avons menée à bord du Louis Sauger en avril 1989 au
large du Sénégal ayant montré de bonnes apparences de poulpes
sur les fonds durs de la deuxième partie (40-100 m) du plateau
continental, nous sommes assez optimiste quand aux pêches de
poulpes de l'été sur les fonds côtiers.
Le phénomène apparemment assez général d'accroissement
des populations de céphalopodes dans des régions où la pêche du
poisson est intensive, souvent bien au delà des maxima de
production à l'équilibre, peut amener le gestionnaire des
pêches et le législateur à s'interroger. Faut-il par des
mesures de régulation (limitation de l'effort de pêche, taille
des mailles, cantonnement ••• ) tenter de s'approcher des maxima
de productions économiques estimés pour les espèces de
poissons, ou bien permettre la surexploitation - tout au moins
pour les fonds durs - en espérant une explosion démographique
des stocks de céphalopodes (poulpes et seiches) qui donnerait
des volumes beaucoup plus élevés, en quantité et en valeur, que
les pertes subies sur les poissons et augmenterait
considérablement les quantités de devises fournies à l'état par
la filière pêche? Ainsi, en 1986, la pêche, principalement des
céphalopodes, représentait 60 % des ressources en devises de la
Mauritanie et les prélèvements sur le secteur contribuaient à
hauteur de 20 % au budget de l'état (GILLY et MAUCORPS, 1987).
20

Aussi s'il est fortement question, et apparemment utile, de


limiter l'effort de pêche de la flottille crevettière du
Sénégal, on peut par contre envisager de laisser se développer
librement les autres flottilles de chalutage côtier en suivant
avec attention l'évolution des efforts, des prises et la
structure de ces dernières. Cela présenterait accessoirement
l'avantage, du point de vue scientifique, de disposer de points
pour des valeurs élevées de l'effort dans la construction des
modèles globaux et analytiques servant à mesurer la réponse des
stocks à l'effort de pêche, et donc à mieux estimer les
conditions optimales de leur exploitation.

ft E M E ft CIE H E N T S

Nous tenons à remercier vivement nos collègues chercheurs


et techniciens des sections pêche chalutière et pêche
artisanale du CRODT qui sont à la base de la collecte et du
trai tement des données des statist iques de pêche, sans
lesquelles cet article n'aurait pu être construit. Nous
remercions également le COPACE qui nous a permis de travailler
sur les enquêtes réalisées à Las Palmas.
21

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Tableau 1.- Déclarations 1980-1987 des captures au chalut de poulpes entre le


Sénégal et le Libéria d'après les données du Sénégal (CRODT), de la Gambie
(Fisheries Oepartlent) et des "Las Palmas Surveys" du COPACE (cf. texte).
Zone C : Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée. Les chiffres entre parenthèses
concernent principalement des captures effectuées devant Nouakchott (Mauritanie)
Zone 0 : Sierra-Léone, Libéria

1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987

Sénégal- Oakarois 450 7700 300


- Etrangers 47 5 33 380 1890
-
Gambie 365 2710 ?

Las Palmas surveys


(zone C) (182) (44) (14469) (1241) (4328) (3890) 137 5240

Las [Link] surveys


(zone D) - - - - - 260 2140 3190

Tableau 2.- : Répartition des captures de poulpes (tonnes) déclarées à Las


Palmas par mois et pays pour les zones Cet 0 en 1986

C.l. C.2 C.3 C TOTAL Dl


GUINEE GUINEE NON SIERRA
SENEGAMBIE BISSAU CDNAKRY PRECISE ZONE C LEONE

JANVIER 0,0 0,0 148,3 2,3 150,6 101


FEVRIER 0,0 0,0 75,2 27,5 102,7 0
MARS 0,0 0,0 224,3 216,9 441,2 20
AVRIL 0,0 6,0 378,3 156,5 540,8 40
HAl 0,0 25,4 369,2 39,5 434,1 34
JUIN 0,0 8,7 726,6 131,2 866,5 91
JUILLET 248,2 0,0 2095,3 122,0 2465,5 784
AOUT 451,3 0,0 3388,6 175,3 4015,2 124
SEPTEIlBRE 0,0 0,0 3771,4 325,6 4097,0 202
OCTOBRE 188,5 0,0 635,5 0,0 824,0 534
NOVEIlBRE 1,6 2,6 624,7 0,0 628,9 34
DECEIlBRE 43,2 0,0 76,2 0,0 119,4 175

TOTAL 932,8 42,7 12513,6 1196,8 14685,9 2139


28

Tableau 3 - : Prises (tonnes) de poulpe par quinzaine par la pêche artisanale


à Mbour et Joal pendant l'été 1986 et rendements (kg/sortie) des pirogues
spécialisées dans la pêche aux céphalopodes (données CRODT)

JUILLET AOUT SEPTEM8RE OCTOBRE


l' Q 2' Q l' Q 2' Q l' Q 2' Q l' Q 2' Q

PRISES M80UR 0,2 0,5 5,1 42,0 14,2 5,0 0 0


PRISES JOAL 3,4 8,5 214,1 105,5 46,2 46,1 3,5 1,1
1

RENDEMENT M80UR 0 0 21 67 48 27 0 0
RENDEMENT JOAL 3 8 152- 107 70 50 7 4

Tableau 4.- : Répartition des captures de poulpes (tonnes) déclarées à Las


[Link] par lois et pays pour les zones Cet 0 en 1987.

Cl C2 C3 ZONE C TOTAL Dl
SENEGAL GUINEE GUINEE (NON ZONE C SIERRA
GAM8IE 8ISSAU CONAKRY PRECISEE) LEONE

JANVIER 54 151 73 - 278 64


FEVIER 453 - 453
MARS 25 285 84 - 394 129
AVRIL 88 346 519 - 953 302
MAI 76 50 49 - 175 712
JUIN 60 899 - 959 653
JUILLET 468 53 - 521 153
AOUT 48 149 150 - 347 206
SEPTEMBRE 179 86 - 265 156
OCTOBRE 174 117 364 - 655
NOVEM8RE 8 6 - 14 184
DECEMBRE 227 - 227 214

TOTAL 378 155 3324 1384 5241 3190


29

Tableau 5.- : Répartition des captures de poulpes (tonnes) déclarées à Las


Palmas par mois et pays pour les zones Cet 0 en 1988

Cl C2 C3 C TOTAL Dl
SENE GUINEE GUINEE ZONE NON ZONE C SIERRA
GAKBIE BISSAU CONAKRY PRECISEE LEONE

JANVIER 193 347 540 176


FEVRIER 173 633 806 382
MARS 574 196 770 148
AVRIL 49 36 125 210 733
KAI 94 32 JI"
- 1 245 58
JUIN 39 15 46 100 182
JUILLET 15 48 153 216 499
AOUT 515 126 348 989 507
SEPT. 266 460 726 856
OCTOBRE 418 694 1112 202
NOV. 17 231 248 707
DECEMBRE 192 124 316 467

TOTAL 2545 0 257 3476 6278 4917

Tableau 6.- Valeurs lensuelles des prises et [Link] loyens en poulpes de


la pêche sénégalaise en 1986 après utilisation d'un seuil linilui fixé à une
Doyenne de 50 kg de poulpe par jour de pêche pour Qu'une larée soit prise en
compte. Les 269 la rées proviennent de 74 bateaux (TJB loyenne : 247 tx,puissance
'Iotrice loyenne 862 CV).
Les jours de pêche sont obtenus en divisant par 24 le nOlbre des heures
passées sur les lieux de pêche.
Les pourcentages représentent la proportion des poulpes par rapport aux
prises totales toutes espèces des garées prises en [Link].

NOMBRE DE JOURS PECHE PRISES POURCENTAGES RENDEMENTS KO-


MAREES (HEURES/24) (TONNES) HOYENS YENS (KSIJOUR)

Janvier 1 5 0,3 1,9 60


Février 9 150 10,6 1,9 71
Hars 2 12 1,1 1,6 91 1

-
Avril 8 199 37,1 4,6 186
Mai 10 128 37,6 5,9 294 1

Juin 28 241 686,3 34,9 2 849 ,

Juillet 70 700 2 749,1 68,3 3 926


Août 81 933 2 581,7 65,22 769
Septeabre 39 366 793,1 43,0 2 166 1

Octobre 10 334 498,8 27,3 1 495


Novelbre 5 204 32,3 3,1 158 1

Décelbre 6 264 221,8 14,4 840 1

TOTAL 269 3 536 7 650 41,8 2 163


30

Tableau 7.- Nombres de traits de chalut (n) et rendements (Rdt en kg/h) de


poulpes par tranche horaire pour 4 chalutiers ayant opérés devant la Sénégambie du
7 août au 9 octobre 1986, avec le poulpe pour espèce-cible.

Rendement maximum du chalutier

--- Rendement ninimum du chalutier

BATEAU 1 BATEAU 2 BATEAU 3 BATEAU 4

n Rdt n Rdt n Rdt n

0-2H 46 109 39 221 61 340 62 187


2-4H 53 138 35 259 61 304 65 196
4-6H 52 137 33 fa 61 301 62 224
6-8H 44 150 -30 308 60 354 67 258
8-10H 1 55 195 1 24 385 l 69 327 1 65 332
1
10-12H 1 55 213 1
32 359 l 60 374 t 70 320
12-14H 50 162 40 338 61 367 68 287
1
1
1
14-16H
16-18H
1
1
56
48
167
191
33
33
350
296
1
1
59
63
386
400
l
1
68
65
287
306
18-20H 50 167 25 341 58 !li 63 273
20-22H 45 138 32 268 47 340 1 57 227
22-24H 43 131 37 243 49 f~ 55 t~~

TOTAUX 597 1
160 393 1
294 709 J
350 767 1 259

Tableau 8.- Indices de rendements pour 4 chalutiers (base 100) en fonction de


la tranche horaire et moyenne.

BATEAU 1 8ATEAU 2 BATEAU 3 BATEAU 4 MOYENNE

0-2H 64 74 97 73 77
2-4H 87 87 87 76 84
4-6H 87 72 86 87 83
6-8H 95 103 101 101 100
8-10H 123 129 94 129 119
10-12H 135 120 107 125 122
12-14H 102 113 105 112 108
14-16H 106 117 111 112 112
16-18H 121 99 115 119 114
18-20H 106 114 118 106 111
20-22H 87 90 97 89 91
22-24H 83 81 81 70 79
31

Tableau 9.- : Catégories commerciales en nombre d'individus (pièces) par bloc


de congélation de 15 kg.

CATEGORIE NOMBRE DE PIECES POIDS CORRESPONDANTS*

Tl 1- 3 5,0 - 15 kg
T2 4- 6 2,5 - 3,8
T3 7- 8 1,8 - 2,2
14 9-11 1,4 - 1,7
15 12-17 0,9 - 1,3
T6 18-22 0,7 - 0,8
17 23-28 0,5 - 0,6
T8 29-39 0,4 - 0,5
T9 ) 40 <0,4

(*) Le calcul des poids (éviscérés) a été effectué par nos soins

Tableau 10.- : Evolution des pourcentages par groupe de catégorie commerciale


pour un échantillon de 3 paires de chalutiers-boeufs glaciers et 2 chalutiers
congélateurs, ayant eu le poulpe comme espèce-cible (prises cumulées de 1 200
tonnes)

PERIODES

TYPE NAVIRE CATEGORIES JUilLET AOUT SEPTEMBRE

Chalutiers-boeuf Tl à 15 49,2 , 57,4 , 64,2 ,


Glaciers T6 à 19 50,8 , 42,6 , 35,9 ,

TYPE NAVIRE CATEGORIES 17juin-20juil. 26juil. -4sept.

Chalutiers Tl à 15 54,8 , 84,7 ,


Congélateurs T6 à 19 45,2 , 15,3 ,
32

Tableau 11.- : Prises (tonnes) par catégories cOMmerciales et pourcentages


par rapport au total pour 3 chalutiers boeufs glaciers et 2 chalutiers
congélateurs, représentant 1 200 tonnes de poulpes capturés de juin à octobre.

GLAC !ERS (3x2) CONGELATEURS (2) GLACIERS+CONGELATEURS

PRISES(+) \ PRISES(+) + PRISES(t) 1

Tl x 0,0 0,2 0,0 0,2 0,0


T2 19,3 3,9 44,3 6,3 63,6 5,3
T3 41,1 8,3 54,3 7,8 95,4 8,0
T4 65,5 13,3 139,4 19,9 204,9 17,2
T5 149,6 30,3 259,1 37,0 408,7 34,3 -
T6 90,5 18,4 130,0 18,6 220,5 18,5
T7 61,7 12,5 41,2 5,9 102,9 8,6
T8 45,0 9,1 23,7 3,4 68,7 5,8
T9 20,3 4,1 7,6 1,1 27,9 2,3

Tableau 12.- : Distribution de fréquence en nOMbre (juillet-septembre)


obtenues à partir des données cUlulée du tableau 11 et les distributions par
catégorie de taille de Hatanaka (1979).

DISTRIBUTION DE FREQUENCE EN NOMBRE

TAILLE \ TAILLE \ TAILLE \ TAILLE \

20-24 Cil 0,19 48-52 CI 8,11 76- 80 CI 3,89 104-108 CM 0,09


24-28 CIll 0,43 52-56 cm 9,08 80- 84 CI 2,17 108-112 CM 0,03
28-32 CRI 0,95 56-60 CI 11 ,67 84- 88 CI 1,21 112-116 CID 0,01
32-36 CAl 2,05 60-64 cm 13,05 88- 92 CI 0,72 116-120clI x
36-40 cm 4,19 64,68 CI 12,30 92- 96 CI 0,47 120-124cI x
40-44 cm 6,65 68-72 Cil 8,95 96-100 Cil 0,33 124-128 cm x
44-48 CI 7,46 72-76 CI 5,84 100-104 CI 0,19
33

Tableau 13.- : Longueur du manteau, longueur totale,


poids, à différents âges des poulpes de l'Atlantique centre
oriental. La longueur du lanteau (L") est calculée à partir de
l'équation de croissance de ARII (1985). La longueur totale
(LT) est issue de l'équation L"-LT de PEREIRO (1978). Le poids
en fonction de la longueur du manteau est calculé à partir de
l'équation de PEREIRO (1980)

L" Cil LT Clll Poids g

3 lois 4,1 23,0 78


6 lois 6,8 36,6 264
9 lois 9,3 48,5 437
12 lois 11 ,5 59,3 931
15 lois 13,5 69,0 1383
18 lois 15,4 - 77 ,6 1886
21 lois 17,1 85,5 2427
24 lois 18,6 92,6 2992
27 lois 20,0 99,1 3566
30 lIois 21,3 104,9 4143
33 lois 22,5 110,3 4716
36 lois 23,5 115,1 5272
39 lIois 24,5 119,5 5814
42 mois 25,4 123,5 6339

Tableau 14.- Répartition des prises par classes d'âges


trilestrielles et annuelles, en pourcentage de la prise
totale.

\ \
"OIS TRI"ESTRIEL ANNUEL

0- 3 lois 0,2
3- 6 lois 5,2 Age 0+
6- 9 lois 20,5
9-12 lois 24,5 50,8 %

12-15 lois 30,3


15-18 lois 12,0 Age 1+
18-21 lois 4,6
21-24 lois 1,5 48,4 %

24-27 lois 0,6 Age 2+


27-30 lois 0,2
> 30 lois 0,9 \
°
34

Tableau 15.- Coefficients apparents de mortalité totale calculés sur


une base trimestrielle, semestrielle et annuelle pour les tranches d'âges
pleinement recrutées.
14+-5+ sur une base trimestrielle indique que le calcul des
mortalités a été effectué entre les effectifs des individus âgés de 12 à
15 lois et les effectifs de ceux âgés de 15 à 18 mois.
12+-3+ sur une base semestrielle indique des tranches d'âges de 12 à
18 lois et 18-24 mois.

BASE TRIMESTRIELLE BASE SEMESTRIELLE BASE ANNUELLE

14+-5+ : 0,93 12+-3+ : 1,94 11+-2+ : 3,98


15+-6+ : 0,96 13+-4+ : 2,03
16+-7+ : 1,12
17+-8+ : 0,92
18+-9+ : 1,10

Tableau 16.- Rendements (kg/h) de poulpe par strate bathymétrique obtenus


devant la Gambie lors de la campagne de chalutage Gambia 8611 (chalutier
Isla de Lanzarote, 23 novelbre au 1er décembre 1986).

STRATE DE 0-25 m 25-50 1 50-100 1 100-200 lB 200-300 m 300-800 lB


PROFONDEUR

NOllbres
stations 9 5 4 4 4 8

Rendements
(kg/h) 0,3 4,1 55,2 68,5 24,1 0
35

Tableau 17.- Débarquelents annuels (tonnes) de la pêche artisanale


dans la région Thiès Sud (Joal et Mbour principalelent) pour les
principales espèces de la cOllunauté des sparidés.
Pageot : Pagellus bellottii
Dorades roses : Dentex spp. + ~I~~_~PP.
Mérou blanc : Ephinephelus aeneu~
Mérou de Méditerranée : ~~grg
Mérou de Gorée : ~ensis
La rubrique total lérou cOlprend les trois espèces précédentes plus
le lérou gris (E. caninus) et la badèche (Mycteroperca rubra).

ANHEE PAGEOT DORADES MEROU MEROU MEROU TOTAL


ROSES BLANC DE MED. GOREE MEROUS

1981 108 579 160 50 235 445


1982 601 995 472 123 998 1630
1983 371 765 567 74 846 1518
1984 614 1097 1375 253 2540 4215
1985 471 1597 1292 124 3017 4473
1986 720 2055 1656 96 3498 5283
1987 288 1114 608 288 770 1756
1988 195 1086 146 112 1107 2004

Tableau 18.- NOlbres recensés des pirogues actives des ports de la Petite
Côte en saison froide, de 1981 à 1989.

AVRIL AVRIL HAl AVRIL MAI MAI AVRIL MARS


1981 1982 1983 1984 1985 1987 1988 1989

PIROGUES
GLACIERES 0 0 35 85 92 92 126 92

PIROGUES
NON 750 915 783 769 794 738 855 791
GLACIERES -
36

Tableau 19.- : Prises (tonnes) et rendements (kg/h) de pageots et de


dorades roses de la pêche industrielle au sud de Dakar.
Les rendements sont déterminés à partir de valeurs seuils pour une
cat~gorie de bateau qui permettent de sélectionner les marées pour
lesquelles l'espèce a été prise pour cible (CAVERIVIERE et THIAM, 1986) ;
les seuils ont été fixe à 1 250 kg/h pour le pageot et 600 kg/h pour les
dorades roses et les marées prises en compte sont celles des chalutiers-
boeufs.

1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987

Prises
Pageots 3614 3264 2967 3550 3822 5965 3728 4361 4581 4521

Rendements 2850 2947 2657 3072 2470 2816 2063 2861 2875 2241
Prises
dorades 1336 1074 939 1159 1457 1387 1361 1106 1358 2514

Rendellents 1465 1057 1110 1035 994 944 994 1423 1208 1184

Tableau 20.- Rendements (kg) en mérou blanc ~inephelu~ ~~eu~


par sortie (journée) des pirogues moteur ligne de Joal.

ANNEE 1983 1984 1985 1986 1987 1988

RENDE-
MENTS 8,0 9,3 6,2 6,4 3,7 2,5
37

lIIlIIlI '1 ••
Teneur

•• 7n v...
en lu t Il e.

0 ..........
Cap œ
~
.. 71 i " : } VI ..

...,.
•• UiU'II ........ •
E:iJ
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Ali' . . . . . . . . . rochlu 1

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.....
,
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11· u·

Banc
d'Arguln

, NOUAKCHOTT

. ....
o

t :.
'0

•• 0

°Of
0.':
.

Figure 1.- Emplacements des principales zones de pêche


du poulpe en Afrique Occidentale (d'après COPACE,
1978) et nature des fonds du plateau continental
sénégambien au sud de Dakar.
38

.. ....
- ~ ., , ,*- .......----.~- "
~
. ~-w/, *.,
....
-r ,
-- -*- - *,.....
...
, . . *, ~
.... 'B
'*_ ~ ateau 3
/. -"'*Bateau 2
~ Bateau 4
~Bateau 1
100

1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 Heures

Figure 2.- Evolution des rendements en poulpes en fonction


de l'heure pour 4 chalutiers.

Indice
Rendement

120

110

100

90

80
~
1

1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 Heures

Figure 3.- Evolution moyenne des indices de rendement en


poulpes de 4 chalutiers en fonction de l'heure
(cf. texte).
39

Septembre 69 tonnes
20 Octobre

10

T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7 T8 T9

CHALUTIERS CON·GELATEURS (2)

30
17 Juin - 320 tonnes
20 20 Juillet

10

30

20 26 Juillet - 380 tonnes


4 Septembre
10

T1 T2 T3 .T4 T5 T...6 T7 T8 T9

Fig. 4. ~ Evolution des débarquements par catégorie commerciale d'un


échantillon de 3 paires de chalutiers-boeufs glaciers et 2
chalutiers congélateurs.
40

%
30 Débarquement du 4 Juin

20 13 tonnes

10

0
T1 T2 T9
60

Débarquement du 30 Juin
50

36 tonnes
40

30

20

10

30
Oébarquement du 12 Août
20
73 tonnes
10

30
Oébarquement du 17 Septembre
20
35 ton ne s
10

0
T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7 TB T9

Figure 5.- Evolution des débarquements par catégorie commerciale


d'un crevettier ~ongélateur (cul de chalut en maille
de 40 mm d'ouverture).
41

12

1.401.139

20 40 60 80 100 120
LT

Fig. 6.- Distribution de fréquence de 1 200 tonnes de poulpes


pêchés devant le Sénégal et la Gambie pendant l'été 1986.
42

3
10 tonnes

---...... - ........
....
...
Pageo t
"'----
1981 82 83 84 85 86 87 88 Année

3
10 tonnes
5

1981 82 83 84 85 86 87 88 Année

Figure 7.- Débarquements annuels de la pêche artisanale dans


la région Thiès-Sud pour les principales espèces de
la communauté des sparidés,1981 à 1988.

Kg jour

1981 82 83 84 85 86 87 88 Année

Figu~e8.- Rendements en.mérou blanc par sortie (journée)


des pirogues moteur ligne de Joal de 1983 à 1988.
Caverivière Alain. (1990).

Etude de la pêche du poulpe (Octopus vulgaris) dans les eaux côtières


de la Gambie et du Sénégal : l'explosion démographique de l'été
1986.

Dakar Thiaroye : CRODT, (116), 42 p.

(Document Scientifique - CRODT ; 116). ISSN 0850-1602


ISSN 0850-1602

ETUDE DE LA PECHE DU POULPE· (OCTOPUS VULGARrS)


DANS LES EAUX COTIERES DE LA GMmIE ET DU
CAVERIVIEBE AlaiD
SEKECAL.L'EXPLOSION DEnDGBAPBIQUE DE L'ETE
1986

CAYERIVIERE AlaiD

1'OURE Diafara

DOCUMENT
SCIENTIfIQUE
CMH lE IfCIElClfS . . . .IIPII'IES lE IIUI .. lllll'E
_ _ _ _ _ _ _ _-..;. 1 NIJtŒRO Il 6
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