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Fonctionnement de la Société Anonyme OHADA

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INTRODUCTION

L’activité commerciale est aujourd’hui généralement exercée sous forme sociétaire.


En effet, les nécessités de l’économie moderne dépassent de plus en plus souvent les moyens
dont dispose un commerçant isolé. Ainsi les groupements commerciaux, plus spécialement les
sociétés commerciales, jouent un rôle prépondérant dans l’économie actuelle. C’est donc
logiquement que le projet d’harmonisation du droit des affaires en Afrique, que l’Organisation
pour l’Harmonisation en Afrique des Droit des Affaires (OHADA) est chargée de mettre en
application, et qui a essentiellement pour but « l’amélioration de l’environnement juridique
des entreprises », s’est intéressé au droit des sociétés1.

Les sociétés commerciales ont connu depuis le siècle dernier un développement


considérable. Elles se rencontrent de nos jours dans tous les secteurs de la vie économique
nationale et occupent toutes les phases du circuit économique (de la production à la
consommation en passant par la distribution), recouvrant ainsi des entreprises de toutes les
dimensions.2

En effet, l’article 4 de l’Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Commerciales et


de Groupement d'Intérêt Economique dispose que «La Société est conçue par l’Acte
Uniforme et elle peut être créée de deux manières : elle peut résulter d’un acte unilatéral ou
d’un contrat mais le législateur décide que la Société peut être l’œuvre d’un seul associé ».
Cependant, l’article 5 ajoute cette définition la précision selon laquelle la société commerciale
peut être également créée dans les cas prévu par l’Acte Uniforme par une seule personne
dénommée « associé unique », par un acte écrit. Dans ce dernier cas, la consécration légale
demeure limitée à certains types de société à savoir : la Société Anonyme (SA), la Société à
Responsabilité Limitée (SARL) et la Société par Actions Simplifiées (SAS).

Le triomphe de la société anonyme a fait du montant de son capital un élément très


important pour sa constitution et le record incontesté qu’elle a obtenu dès sa création parmi
les sociétés commerciales, ce qui est couronné par l’intervention du législateur via l’OHADA
dans son fonctionnement, lui imposant un contrôle obligatoire de ses activités financières.

1
MINOUNGOU Wendpagnadé Daniel, le patrimoine et la personnalité juridique de la société, mémoire de
licence, Droit Privé, 2017, P.1
2
KABAMBA KADIMA Fabrice, le sort des contrats et des conflits de travail en cours dans les sociétés
commerciales en voie de disparition ; mémoire online, Droit, 2016

1
La société anonyme se définit comme une société dans laquelle les actionnaires ne
sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports, et dont les droits sont
représentés par des actions.

La constitution d’une société anonyme requiert la réunion de plusieurs conditions de


fond. Celles-ci ont trait aux actionnaires et au capital social. L’Acte Uniforme ne fixe aucun
nombre minimum ni maximum d’actionnaires pour la constitution et le maintien de la société
anonyme. En effet, cette dernière peut ne comporter qu’un seul actionnaire : c’est la société
anonyme unipersonnelle3. Le ou les actionnaires peuvent être aussi des biens des personnes
physiques [des époux, des interdits (mineurs) voire des personnes frappées d’incompatibilité
(avocat, fonctionnaire)] que des personnes morales4.

Comme pour toute forme de société, le consentement doit correspondre à une volonté
réelle de faire partie de la société, il doit être exempt de vice.

La société anonyme est désignée par une dénomination sociale qui doit être
immédiatement précédée ou suivie en caractère lisible des mots « société anonyme » ou du
sigle « SA » et les modes d’administration de la société (article 386, AUDSC). Les modes
d’administration est déterminé par les statuts qui choisissent entre la société anonyme avec
conseil d’administration et la société anonyme avec administrateur général. La société peut,
en cours de vie sociale, changé à tout moment son mode d’administration

La société anonyme doit également être dotée d’un capital d’au moins 10.000.000
francs CFA, divisé en actions dont la valeur est 10.000 francs CFA au moins 5. Toutefois, si la
société fait appel public à l’épargne ou si ses titres sont inscrits à la bourse des valeurs, le
capital minimum est porté à 100.000.000 francs CFA 6. L’exigence de ce capital social
minimum est réaliste, étant donné qu’elle restaure à la Société Anonyme sa vocation
originelle à savoir une technique de gestion adaptée aux grandes entreprises 7. Par ailleurs, le
législateur de l’OHADA a prévu, pour la constitution de la société anonyme, non seulement
des dispositions communes aux sociétés anonymes, mais également des dispositions propres à
3
Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, Article 385,
alinéa 2
4
Ibidem, Article 309, alinéa 2
5
Ibidem, Article 387
6
Ibidem, Article 824
7
GUYON Y, Droit des affaires. Tome I : Droit commercial général et sociétés, 7ème édition, Paris, Economica,
199§6, n°278, P.271.

2
certains types particuliers des sociétés anonymes. Nous ne nous limiterons qu’à l’examen des
règles communes. Ces règles concernent les sociétés anonymes qui se constituent sans appel
public à l’épargne ou sans apport en nature ou sans stipulation d’avantages particuliers. Dit
autrement, sont visés les sociétés anonymes dans lesquelles la souscription du capital social
(essentiellement constitué d’apport en numéraire) intervient dans un cadre restreint, entre
personnes ou de groupe de personnes qui se connaissent à l’avance.

L’appréhension de notre sujet nécessite une analyse définitionnelle des termes qui le
compose. Il est d’intérêt de définir les mots suivants : procédure, création, société anonyme,
droit OHADA.

La procédure se définit comme une marche à suivre, un ensemble des formalités, de


démarches à accomplir pour obtenir tel ou tel résultat. En droit, la procédure est un ensemble
des règles juridiques à suivre ou manière de procéder juridiquement à des séries de formalité
qui doivent être rempli8.

La création est l’action d’établir, de fonder quelque chose qui n’existait pas encore.
Elle est un acte par lequel est officiellement instaurée une institution, un organisme
parlementaire, juridique, commerciale, industriel9.

La société anonyme définit par l’AUSGIE par l’article 385 dispose que : « est une
société dans laquelle les actionnaires ne sont responsables des dettes sociales qu’à
concurrence de leurs apports et dont les droits des actionnaires sont représentés par des
actions. La société anonyme peut ne comprendre qu’un seul actionnaire.»

L’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)


est une organisation intergouvernementale d’intégration juridique. Leur objectif est de
faciliter les échanges commerciaux et d’attirer les investissements en Afrique.

L’appréciation de la pertinence de notre analyse s’observe à travers son intérêt. Les


travaux de ce mémoire présentent un double intérêt : théorique et pratique.

Sur le plan théorique, cette étude vise à dégager l’intérêt scientifique de ce sujet. Il est
question d’analyser au regard du droit les conditions encadrant la création d’une société
anonyme tout en analysant sa conformité avec les textes de l’OHADA.
8
Dictionnaire LAROUSSE [en ligne] consulté le 25/11/2024 à 15h52min disponible à l’adresse [Link]
9
CNRTL, outils et ressources pour un traitement optimisé de la langue, France, 2012 [en ligne] consulté le
25/11/2024 à 16h04min disponible à l’adresse [Link]

3
Sur le plan pratique, le présent travail consiste à éclairer le public sur la procédure de
création d’une société anonyme et les mécanismes qui l’entourent. Car ce mécanisme de
création nécessite beaucoup de phases procédurales. Et, servir de référence à tous chercheurs
qui seraient intéressés par un sujet similaire.

En droit de l’OHADA, les sociétés commerciales sont régies par les dispositions de
l’Acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique qui les organisent à partir de leur naissance ; en d’autre terme leur constitution
jusqu’à leur décès (de leur dissolution et liquidation en passant par leur fonctionnement).
Partant de l’Eco Bank, prototype d’une société anonyme en Centrafrique, il est d’intérêt de
pouvoir étudier la procédure de sa création. D’où nécessaire de poser cette question :
Quelles sont les étapes essentielles, les exigences légales et administrative, pour créer
une société anonyme selon l’OHADA et leur fonctionnement ?
Telle est la question fondamentale que pose le sujet proposé et à laquelle nous allons
nous évertuer à fournir quelques éléments de réponse dans le cadre d’une appréciation somme
toute modérée.
L’hypothèse de notre sujet de recherche peut être posée de la manière suivante : la
création d’une société anonyme en droit OHADA répond à des normes précises relatives à
l’Acte Uniforme relatif au droit des Sociétés Commerciales et du Groupement d’Intérêt
Economique. Les dispositions l’AUSGIE consacrent les conditions requises pour la création
des sociétés anonymes depuis sa constitution passant par son fonctionnement tout en
soulevant sa liquidation ou sa dissolution.
La pertinence d’un travail scientifique s’apprécie à travers le bon usage des méthodes et
techniques utilisées.
La méthode dite dogmatique consiste à l’interprétation des textes aussi bien nationaux et
internationaux que porte le sujet. À cet effet, notre travail s’exige la dogmatique ou exégèse
comme ligne de conduite. Il s’agit d’analyser le cadre normatif qui entoure ce mécanisme :
l’Acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales et au groupement d’intérêt
économique.

L’aboutissement à un résultat bien déterminé est le fruit d’un ensemble de procédé bien
défini, telle est la technique. La technique est une manière qui permet de maitriser un
ensemble de connaissances scientifiques relatives à un fait donné. Il a été judicieux pour

4
parvenir à nos fins de procéder par la technique documentaire, des interviews, des entretiens
avec les hommes d’affaires, le personnel d’ECOBANK CENTRAFRIQUE etc.

Fort de ce qui précède, il est impérieux de faire une analyse profonde qui structure notre
travail sur une perspective binaire. Notre travail consistera à présenter dans la constitution
d’une société anonyme (première partie) et dans la seconde partie le fonctionnement de la
société anonyme (seconde partie).

5
PREMIERE PARTIE : LA CONSTITUTION D’UNE SOCIETE
ANONYME

6
7
CHAPITRE I : LE CAPITAL SOCIAL

La constitution d’une société anonyme requiert la réunion de plusieurs conditions de fonds.


Celles-ci ont trait aux actionnaires et au capital social. L’Acte uniforme ne fixe aucun nombre
minimum ni maximum d’actionnaires pour la constitution et le maintien de la société
anonyme. En effet, cette dernière peut ne comporter qu’un seul actionnaire : c’est la société
anonyme unipersonnelle10. Le ou les actionnaires peuvent être aussi bien des personnes
physiques que des personnes morales11.

La société doit également être dotée d’un capital d’au moins 10.000.000 francs CFA, divisé
en actions dont la valeur nominale est de 10.000 francs CFA au moins 12. Toutefois, si la
société fait appel public à l’épargne ou si ses titres sont inscrits à la bourse de valeurs, le
capital minimum est porté à 100 millions de francs CFA 13. L’exigence de ce capital social
minimum est réaliste, étant donné qu’elle restaure à la société anonyme sa vocation originelle,
à savoir une technique de gestion adaptée aux grandes entreprises14.

La souscription du capital social doit être intégrale et doit intervenir avant la date de la
signature des statuts ou de la tenue de l’assemblée générale constitutive 15. Par contre, sa
libération peut être progressive. En effet, les actions correspondant à des apports en numéraire
doivent être libérées, au moment de la souscription d’un quart au moins de leur valeur
nominale16. La libération du surplus doit intervenir dans un délai de trois ans à dater de
l'immatriculation de la société au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM). Les
actions représentant des apports en numéraire non intégralement libérées doivent rester sous
la forme nominative. Tant que la libération intégrale du capital n’est pas intervenue, la société
ne peut procéder à une augmentation de capital, excepté le cas où cette augmentation est
réalisée par des apports en nature, ni à l’émission d’obligations17

10
. Article 385, alinéa 2 de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique
11
Article 309, alinéa 2
12
Article 387
13
Article 824 d
14
Y. GUYON, Droit des affaires. Tome I : Droit commercial général et sociétés, 7ème édition, Paris,
Economica, 199§6, n°278, p. 271.
15
Article 388
16
Cour d'Appel d'Abidjan, arrêt du 1er décembre 2000, arrêt n° 1060/2000, K. C/ Z. ET T., Le Juris-Ohada, n°
3/2003, juillet-septembre 2003, p. 43.

8
Dans l’intérêt de notre recherche, il est important de présenter en premier lieu les apports
(section 1) et en second lieu les règles générales (section 2).

SECTION 1 : LES APPPORTS

Les apports constituent l’ensemble des biens affectés au capital social de la société. Chaque
associé à l’obligation de faire l’apport d’une somme d’argent, d’un bien afin de constituer le
patrimoine de la société. Ainsi sans apports il n’y a pas de société car les apports servent à
atteindre l’objet social. L’obligation d’effectuer un apport apparaît dans l’article 37 de l’Acte
uniforme relatif aux droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique
des Sociétés Commerciales qui dispose que : « Chaque associé doit faire un apport à la
société. Chaque associé est débiteur envers la société de tout ce qu’il s’est obligé à lui
apporter en numéraire ou en nature ». La contrepartie de l’apport se traduit par l’attribution
de droits sociaux (actions). Pour se faire, il est judicieux de présenter en premier les apports
en nature (paragraphe 1) et en second lieu les apports en numéraire (paragraphe 2).

PARAGRAPHE 1 : les apports en nature

C’est l’apport de biens ou valeurs autres que de l’argent ou de l’industrie. Les apports en
nature se réalisent par le transfert des droits réels ou personnels correspondant aux biens
apportés par les associés ou coopérateurs et par la mise à la disposition effective de la société
commerciale ou de la société coopérative des biens sur lesquels portent ces droits. Il peut
s’agir de tous biens meubles et immeubles, corporels et incorporels. L’apport en nature peut
être fait en toute propriété ou seulement en jouissance ou en usufruit. L’apport en pleine
propriété permet à la société de disposer de l’intégralité des droits que possédait l’apporteur
sur le bien. L’apport en jouissance permet à l’associé de garder la propriété du bien apporté
mais il doit le mettre à la disposition de la société et s’engager à la faire jouir du bien pendant
une période déterminée. L'apport en usufruit permet à l'associé de garder la propriété du bien
apporté mais les bénéfices générés par ce bien sont versés à la société.

A l’analyse, l’alinéa 1 des articles 269-1 de l’Acte uniforme autoriserait l’admission


d’associés nouveaux pour l’augmentation du capital social des sociétés à capital variable par
des apports en nature. Il reviendra alors aux sociétés d’organiser dans leurs statuts les

17
Article 389 de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique ; B. Le Bars, Droit des sociétés et de l’arbitrage international. Pratique en droit de l’Ohada, Joly,
Paris, 2011, p. 156

9
modalités de souscription et de libération des actions et parts sociales correspondant aux
apports en nature18.

En droit OHADA, l’évaluation des apports en nature est assurée par les associés, sous le
contrôle d’un commissaire aux apports19. L’intervention de ce dernier est obligatoire dans les
sociétés anonymes ordinaires, les sociétés par actions simplifiées et les sociétés coopératives,
peu importe la valeur du bien apporté20.

Les commissaires aux apports sont désignés à l’unanimité des actionnaires ou, à défaut, par
décision de justice. Selon Renaud MORTIER, l’intervention du commissaire aux apports vise
à assurer ou encore à certifier la sincérité ou la réalité du capital social et, du même coup, le
gage des créanciers sociaux21. A cet effet, le commissaire aux apports est chargé d’apprécier
la valeur des apports en nature dans un rapport annexé aux statuts qui précise la nature des
apports, le mode d’évaluation retenu, les raisons de ce choix 22. L’omission du commissaire
aux apports ou la non prise en compte de son évaluation dans la procédure d’augmentation par
des apports en nature n’est pas sans conséquence. En effet, la chambre commerciale de la
Cour de cassation française a pu retenir dans une espèce qu’à défaut de commissaire aux
apports ou lorsque la valeur retenue par les associés est différente de celle proposée par le
commissaire aux apports, les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans, à
l’égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature23.

La célérité prônée par les dispositions de l’article 269-1 de l’Acte uniforme pour les
opérations de variabilité du capital social, ne concerne pas les augmentations résultant
d’apports en nature. Cette modalité d’augmentation du capital est lourde et onéreuse, en
raison de l’intervention du commissaire aux apports. En d’autres termes, les augmentations de
capital par apports en nature dans les sociétés à capital variable requièrent les mêmes
formalités que celles applicables dans les sociétés à capital fixe 24. En n’excluant pas
expressément la réalisation des apports en nature par les associés nouveaux dans le cadre de la
18
Art. 269-2-1 AUDSC.
19
art. 49, 400 al. 2 AUDSC
20
Dans la SARL : l’article 312 de l’AUDSC rend l’intervention du commissaire aux apports obligatoire lorsque
la valeur de l’apport est supérieure à 5.000.000 de francs CFA. Son intervention n’est pas exigée en dessous de
ce montant.
21
R. MORTIER, Opérations sur capital social, op. cit., n° 660, p. 400.
22
Art. 401 AUSDC.
23
Cass. Com, 12 mai 2021- n° 20-12.670
24
A. PLENT, op. cit., n° 109, p. 55.

10
variabilité du capital, l’Acte uniforme et le Code de commerce français laisseraient croire que
ces apports contribueraient à accroître les fonds propres de la société. Pourtant, tel n’est pas le
cas. Les apports en nature n’ont pas vocation à augmenter les fonds propres ou les capacités
financières de la société. Leur utilité consiste à faire entrer dans le patrimoine de la société tel
brevet, tel immeuble ou tel fonds de commerce 25. Autrement dit, les apports en nature ne
participent pas au renforcement des capitaux propres de la société. Il pourrait en être de même
pour l’apport en industrie.

PARAGRAPHE 2 : les apports en numéraire

Il consiste au versement d’une somme d’argent à la société. Ayant pour objet une somme
d’argent, l’apport en numéraire fait partie des méthodes classiques de constitution et
d’augmentation du capital d’une société26. Il se réalise par le transfert de la propriété des
sommes d’argent, c’est-à-dire la remise des fonds, à la société 27. En contrepartie, l’apporteur
reçoit de la société des droits sociaux qui lui conféreront la qualité d’associé28

C’est l’apport le plus fréquent en pratique mais il ne faut pas le confondre avec l’avance en
compte courant qui constitue un prêt consenti par l’actionnaire à la société. Cependant, pour
les sociétés commerciales en droit de l’OHADA, il y existe la possibilité de la libération
partielle des apports en numéraire.

Dans la société anonyme, le capital social doit être intégralement souscrit. Mais la partie de ce
capital constituée par des apports en espèces peut être partiellement libérée de l’AUSCGIE La
libération partielle ne concerne qu’une catégorie des actions en numéraire : celles qui sont
libérées en espèces. Ainsi, la libération partielle est interdite pour les actions en numéraire qui
résultent d’une compensation ou qui sont émises par suite d'une incorporation de réserves,
bénéfices ou primes d'émission au capital.

25
R. MORTIER, Opérations sur capital social, op. cit., n° 567, p. 357
26
L’apport en société désigne « un bien dont l’associé transfère la propriété ou la jouissance à la société et en
contrepartie duquel il reçoit des parts ou des actions ». Voir Ph. MERLE et A. FAUCHON, Droit commercial.
Sociétés commerciales (Edition 2022-2023), Dalloz, collection « Droit privé », Paris, 26e éd., 2022, n° 38, p. 54.
L’apport en société peut prendre plusieurs formes. On parlera ainsi d’apport en numéraire, d’apport en nature et
d’apport en industrie. C’est l’ensemble des biens mis en commun par les associés lors de la constitution de la
société qui constitue le capital social.
27
Art. 41 AUDSC
28
R. MORTIER, Opérations sur capital social, [Link]., n° 216, p. 145.

11
L'apporteur en numéraire (sous forme d’espèces) doit verser au moins le quart du montant des
actions souscrites par lui, et le cas échéant, la totalité de la prime d'émission. La libération
intégrale des actions de numéraire doit intervenir dans un délai maximum de 3 ans à compter
du jour de la constitution définitive de la société29.

En raison de la clause variabilité insérée dans les statuts de la société, le capital social est
susceptible d’augmentation, notamment par des apports en numéraire réalisés par des associés
nouveaux30.

Ceux-ci peuvent être, par exemple, des dirigeants sociaux, des salariés de la société, des
investisseurs en capital professionnels ou non. Cette augmentation du capital par des apports
en numéraire participera à l’accroissement des fonds propres de la société 31. Il importe alors
de s’interroger sur les modalités de réalisation de l’apport en numéraire lors de l’augmentation
du capital social.

Dans les sociétés à capital fixe comme la société anonyme, une telle augmentation du capital
nécessite la réunion d’une assemblée générale extraordinaire pour procéder à la modification
des statuts, au dépôt et à la publication des actes subséquents. En revanche, dans les sociétés à
capital variable, l’augmentation du capital social se réaliserait sans recourir à la modification
des statuts. En effet, autorisés par l’article 269-1 de l’Acte uniforme, les actes qui constatent
l’augmentation du capital par apport en numéraire d’associés nouveaux ne sont pas assujettis
aux formalités de dépôt et de publication 32, lesquelles sont subséquentes à la modification des
statuts. Qui plus est, en raison de la variabilité du capital, le législateur permet de fixer
librement dans les statuts les modalités de souscription et de libération des apports en
numéraire33. L’exemption aux formalités de dépôt et de publication des opérations
d’augmentation du capital constitue un avantage de la variabilité du capital. Le droit OHADA
étant postérieur au droit français, le législateur OHADA s’est alors largement inspiré du droit
français pour introduire cette facilité dans la procédure d’augmentation du capital social.

L’absence de formalités de publicité des opérations d’augmentation du capital des apports en


numéraire a l’avantage de faciliter la mobilisation des fonds nécessaires au financement de la
croissance de la société.N
29
Acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales et de groupement d’intérêt économique, article 389.
30
art. 269-1 al. 1 AUDSC.
31
Idem.
32
Art. 269-3 al. 1 AUDSC.
33
Art.269-2-1 AUDSC.

12
Le retrait des fonds provenant des souscriptions en numéraire ne peut avoir lieu qu’après
l’immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit mobilier 34.

SECTION II : LES RÈGLES GÉNÉRALES

Le législateur OHADA a prévu, pour la constitution de la société anonyme non seulement des
dispositions communes aux sociétés anonymes mais également des dispositions propres à
certains types particuliers des sociétés anonymes.

Ces règles concernent les sociétés anonymes qui se constituent sans appel à public à l’épargne
ou sans apport en nature particulier. Dit autrement, sont visés les sociétés anonymes dans
lesquels la souscription du capital social (essentiellement constituées d’apport en numéraire)
intervient dans un cadre restreint, entre personne ou groupe de personnes qui se connaissent à
l’avance. Ces règles générales peuvent être présentées d’un part l’établissement des bulletins
de souscription et le dépôt des fonds (paragraphe 1) et d’autre part l’élaboration des statuts
(paragraphe 2).

PARAGRAPHE 1 : l’établissement des bulletins de souscription et le dépôt


des fonds

La première phase est l’établissement par les fondateurs de la société d’un bulletin de
souscription, qui constate la souscription des actions représentant les apports en numéraire.

Par ailleurs, le bulletin de souscription est un document essentiel dans le cadre augmentation
de capital ou de la création d’une société. Il formalise l’engagement d’un investisseur à
apporter des fonds en échange des parts sociales ou d’actions dans une société. Comprendre
sa procédure et sa structure garantit la validité de cet engagement.

Le bulletin de souscription est essentiel, car il constitue un accord officiel entre la société et
l’investisseur. Il atteste de l’engagement financier de l’investisseur, ce qui peut être vérifier en
cas de litige notamment par le tribunal de commerce.

Le bulletin de souscription contient plusieurs éléments clés qui assurent sa validité juridique
et formalise l’engagement du souscripteur à engager les fonds dans le capital d’une société.
Le bulletin de souscription contient :

- La dénomination sociale de la société ;


- La forme juridique de la société (SA etc.) ;
- L’adresse du siège social ;
34
Art. 398 al 1

13
- Le numéro SIREN, suivi de la mention RCCM de la ville d’immatriculation ;
- Le montant actuel du capital social de la société ;
- Les noms, prénoms et domicile de la personne ou des personnes souscrivant au
capital ;
- Le nombre de titre (actions ou parts sociales) souscrits, écrit en toutes lettres,
- Le montant total de l’apport en numéraire réalisé par le souscripteur ;
- La date à laquelle l’engagement devient effectif ;
- Le prix d’attribution des actions ;
- Le cas échéant, mention de l’état de liquidation de la société ;
- La remise d’une copie du bulletin de souscription au souscripteur ;
- La date et la signature du souscripteur ou de son mandataire pour valider son
engagement :

Une fois le bulletin de souscription établi, les fondateurs prennent contact avec chacun des
potentiels actionnaires35. En cas d’accord, le bulletin est signé et daté par le souscripteur, avec
mention en toutes lettres du nombre d’actions souscrites. Il doit être dressé en deux
exemplaires, l’un destiné à la société en formation et l’autre au notaire qui établira la
déclaration de souscription et de versement36. Aucun exemplaire n’est par contre prévu pour le
souscripteur. Toutefois, celui-ci pourra en recevoir une copie 37. Le bulletin de souscription
doit comporter certaines mentions destinées à renseigner non seulement le souscripteur sur la
société à en devenir, mais également toute personne sur les opérations de souscription 38.
Mentions seront ainsi faites de l’indication du dépositaire chargé de conserver les fonds
jusqu’à l’immatriculation au RCCM et de celle du notaire chargé de dresser la déclaration de
souscription et de versement39.

A cela s’ajoute, le dépôt de fonds et la déclaration notariée de souscription et de versement.


Les fondateurs déposent les fonds qu’ils ont reçus, dans un délai de huit jours à compter de
leur réception soit chez un notaire, soit auprès d’une banque domiciliée dans l’Etat partie du
siège de la société en formation. Dans le même temps, ils remettent au dépositaire la liste des
35
Article 390
36
Article 391
37
F. ANOUHAKA, « Les sociétés de personnes », in Sociétés commerciales et G.I.E., Bruxelles, Bruylant,
2002, p. 409
38
J. ISSA-SAYEGH, « Présentation des formalités de constitution des sociétés commerciales », Ohadata D-06-
12, [Link]
39
Article 392

14
souscripteurs et le montant des sommes versées par chacun d’eux. Le dépositaire remet aux
déposants un certificat de dépôt attestant le dépôt des fonds et communique ensuite à tout
souscripteur qui en fait la demande la liste des souscripteurs précités 40. Sur présentation du
bulletin de souscription et, le cas échéant, du certificat de dépôt 41, le notaire dresse une
déclaration notariée de souscription et de versement, dans laquelle il certifie la conformité du
montant des souscriptions déclarées au montant indiqué sur les documents qui lui ont été
présentés et à laquelle il annexe le certificat du dépositaire 42. Cette déclaration ne saurait avoir
la force probante attachée aux actes notariés de droit commun, dans la mesure où les actions
n’ont pas été effectivement libérées43.

PARAGRAPHE 2 : L’élaboration des statuts

L’élaboration des statuts constitue une phase clé dans la constitution des sociétés
commerciales surtout le cas d’une société anonyme. Il faut toutefois reconnaitre que
l’établissement d’un projet de statuts est une nécessité pratique dans la mesure où les futurs
actionnaires veulent généralement être informés sur les clauses essentielles des statuts avant
de remettre les fonds représentatifs de leurs apports.

L’établissements des statuts de la société anonyme en droit de l’OHADA est consacré par
l’article 395 de l’AUDSCGIE qui dispose : « Les statuts sont établis conformément aux
dispositions de l’article 10 du présent Acte uniforme. »

La rédaction des statuts est une étape clé dans la création d’une société anonyme. Les statuts
fixent les règles de fonctionnement de la société et les relations entre les associés (ou
actionnaires). Les statuts d’une société peuvent être définis comme la carte d’identité d’une
société. C’est un document qui contient les informations essentielles sur la société. Les statuts
ont un rôle stratégique dans la mesure où ils définissent la manière dont les grandes décisions
de l’entreprise doivent être prises.

40
Article 393
41
J. ISSA-SAYEGH, « Présentation des formalités de constitution des sociétés commerciales », Ohadata D-06-
12, [Link] ; B. Le Bars, Droit des sociétés et de l’arbitrage international. Pratique en droit de l’Ohada,
Joly, Paris, 2011, p. 157.
42
Article 394
43
« Cette libération des actions affectant l’existence même de la société, celle-ci doit être annulée ». Voy. à ce
sujet : Cour d’appel d’Abidjan, arrêt du 1er décembre 1960, arrêt n°106-2000, K c/ Z, Ohadata J-04-111,
[Link] ; A. FENEON, Droit des sociétés en Afrique (OHADA), Issy-lesMoulineaux (Hauts-de-Seine),
LGDJ, 2015, p. 740.

15
Cependant, rappelons que les dispositions de l’Acte uniforme en matière d’établissement des
statuts disposent que : Les statuts sont établis par acte notarié ou par tout acte offrant des
garanties d’authenticité dans l’Etat du siège de la société déposé avec reconnaissance
d’écritures et de signatures par toutes les parties au rang des minutes d’un notaire. Ils ne
peuvent être modifiés qu’en la même forme44.

Les statuts de la société anonyme doivent obligatoirement être réalisés par écrit, l’acte est
sous seing privé ou notarié (obligatoire en cas d’apport des ou de plusieurs biens
immobiliers). Ils sont encadrés par la loi et doivent comporter plusieurs mentions
obligatoires :

- La forme de la société anonyme (à conseil d’administration ou administrateur


général) ;
- La dénomination sociale ;
- Le siège social ;
- La durée de la société ;
- Le montant du capital social
- Les règles de partage des bénéfices sociaux ;
- Les règles relatives aux organes sociaux (composition, pouvoir attribuer et
fonctionnement) ;
- La mention « nominative » ou « au porteur » concernant les actions

L’établissement des statuts proprement dits, qui doivent être signés par tous les souscripteurs
en personne ou représentés par mandataire habilité à cet effet 45. Rappelons qu’à ce stade, le
capital social doit être intégralement souscrit. Dans la mesure où les parties réitèrent ainsi en
l’étude du notaire dépositaire leur souhait de devenir actionnaires dans la société anonyme en
formation, la signature des statuts suppose le déplacement des actionnaires. « En fait, cette
signature tient lieu d’assemblée générale constitutive ». En effet, en sus des mentions prévues
pour tous les statuts, les statuts de la société anonyme à signer comportent entre autres : - Le
mode d’administration et de direction choisi ; - La désignation des premiers responsables de
la société anonyme, c’est-à-dire les membres du conseil d’administration ou l’administrateur
général, le commissaire aux comptes et son suppléant, et ; Les modalités relatives à la
composition, au fonctionnement et aux pouvoirs des différents organes de la société 46.

44
Art. 10 AUDSCGIE
45
. Articles 395 à 397 de l’Acte uniforme

16
L’établissement et la signature des statuts emportent constitution de la société, sans que la
tenue d’une assemblée générale constitutive soit nécessaire47.

46
. F. ANOUHAKA, « Les sociétés de personnes », in Sociétés commerciales et G.I.E., Bruxelles, Bruylant,
2002, p. 411
47
. A. FENEON, Droit des sociétés en Afrique (OHADA), Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), LGDJ, 2015,
p. 740

17
CHAPITRE II : L’ENREGISTREMENT DE LA SOCIETE ANONYME

La constitution d’une société anonyme implique de réaliser plusieurs démarches, notamment


la rédaction des statuts, la réalisation des apports et le dépôt d’un dossier d’immatriculation
contenant plusieurs justificatifs.

Ce dossier traite uniquement les règles de constitution des sociétés anonymes.

La procédure à suivre pour créer un SA comporte les principes dont il est important
d’évoquer : la rédaction et signature du projet de statuts ; la formation du capital social, la
réalisation des apports (dépôt des fonds constitutifs d’apport en numéraire, évaluation des
apports en nature ), la nomination des commissaires aux comptes, la signature des statuts
définitifs et la désignation des organes de direction, la publication d’un avis de constitution
dans un journal d’annonces légales ; le dépôt du dossier de constitution48.

Partant de notre sujet, il est question de traiter de l’enregistrement de la société anonyme en


droit OHADA. Se fondant sur l’immatriculation au RCCM qui constitue l’acquisition de la
personnalité juridique consacrée par l’article 98 de l’Acte Uniforme : Toute société jouit de la
personnalité juridique à compter de son immatriculation au registre du commerce et du
crédit mobilier, à moins que le présent Acte uniforme en dispose autrement. Pour ne
poursuivre cette procédure, il convient d’appliquer les règles de publicité qui requiert
l’insertion d’un avis dans un journal d’annonces légale.

Il convient de noter les règles spécifiques comme fondement de base pour une société
anonyme. L’importance est mise à ce point sur l’assemblée générale constitutive. Ainsi, lors
de la création d’une SA, les fondateurs sont tenus de convoquer les souscripteurs en
assemblée générale constitutive qui a pour mission de constater que le capital social soit
entièrement souscrit er que les actions soient entièrement libérées du montant exigible 49.

Pour ce faire, dans l’optique de parvenir à notre fin, il est import de d’analyser d’une part
l’obtention de la personnalité juridique d’une SA (section 1) et d’autre part les règles
spécifiques (section 2).

48
Le coin des entrepreneurs « créer une société anonyme (SA) procédure à suivre » [enligne] consulté le
03/12/2024 à 09h12min disponible à l’adresse : [Link]
49
Wikipédia, assemblée générale constitutive, [en ligne] consulté le 03/12/2024 disponible à l’adresse :
[Link]é[Link]

18
SECTION I : L’OBTENTION DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE D’UNE SA

La personnalité juridique est l’aptitude à être titulaire des droits et des devoirs. Dès la création
d’une SA, il est important d’avoir une personnalité juridique. Pour ce faire, il est obligatoire
de s’immatriculer au RCCM (paragraphe 1) et aussi faire une publication (paragraphe 2)/

PARAGRAPHE 1 : L’immatriculation au RCCM

L’immatriculation de la société au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), qui


constitue une mesure de publicité nécessaire pour que la société anonyme acquière la
personnalité juridique50.

L’immatriculation au RCCM est la formalité par laquelle une personne physique ou morale
déclare son existence et son activité commerciale par la transcription de ses renseignements
au registre de commerce et crédit mobilier (RCCM). Elle est personnelle, unique et constitue,
en quelque sorte, son acte de naissance.

En droit de l’OHADA, à l’exception de la société en participation (SEP), toute société doit


être immatriculée au RCCM51 dans le mois de sa création. A ce titre, le RCCM reçoit
l’immatriculation : des personnes physiques ayant la qualité de commerçant ; des sociétés
commerciales (SNC, SARL, SA, SCS) ayant leur siège sur le territoire d’un Etat de l’espace
OHADA ; des sociétés commerciales dans lesquelles l’Etat ou une personne morale de droit
public est associé (les sociétés nationales, les sociétés d’économie mixte).

L’immatriculation au RCCM donne lieu à l’ouverture d’un dossier où est regroupé l’essentiel
des informations concernant une entreprise : la dénomination sociale, le cas échéant, le nom
commercial, le sigle ou l’enseigne, le ou les activités exercées, la forme de la société,
l’adresse du siège social, la durée de la société, etc.

L’objet du RCCM est double : d’abord, il centralise les informations relatives aux opérateurs
économiques. Ensuite, il recueille les données relatives aux opérateurs économiques.
S’agissant plus spécialement des opérateurs économiques soumis à la publicité légale au

50
Article 98 de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique
51
Article 97

19
RCCM, leur nombre s’est considérable élargi 52. Les uns sont soumis à la déclaration
d’activité53 : il s’agit l’entreprenant11. Les autres sont tenus de procéder à l’immatriculation.
Il en est ainsi des personnes physiques ayant la qualité de commerçant, des sociétés
commerciales, des sociétés civiles par leur forme et commerciales par leur objet, des
groupements d’intérêt économique, des succursales, de tous les groupements dotés de la
personnalité juridique que la loi soumet à l’immatriculation au RCCM, de toute personne
physique exerçant une activité professionnelle que la loi soumet à l’immatriculation audit
Registre et des établissements publics ayant une activité économique et bénéficiant de
l’autonomie juridique et financière. Seules les personnes physiques et morales soumises au
régime de l’immatriculation et susceptibles d’avoir la qualité de commerçant sont prises en
compte dans cette étude relative au contentieux de l’immatriculation du commerçant au
RCCM en droit OHADA.

Les organes désignés disposeront alors des pleins pouvoirs pour retirer les fonds déposés54.

PARAGRAPHE 2 : L’insertion d’un avis dans un journal d’annonce

L’avis de constitution d’une société anonyme doit être publié dans un journal d’annonce
légale après la signature des statuts. Le journal doit être habilitée à publier des annonces
légales dans le département du lien du futur siège social de la société anonyme. En matière
d’annonce légale une solution efficace consiste à passer par un prestataire sérieux en ligne qui
permet de réaliser les annonces légales.

Cependant, retenons que le journal d’annonces légales est un journal habilité à recevoir et à
publier les annonces légales inhérentes à la vie des sociétés commerciales et civiles. Ce
support de communication peut également servir à la parution de certaines annonces liées à
des circonstances. Il en est ainsi surtout du changement de nom de famille, de la déclaration
d’insolvabilité et de la modification du contrat de mariage55.

52
Cf. P. AKUETO et K. ALEMAWO « registre de commerce et de crédit mobilier » in P-G POUGOUE (dir.),
encyclopédie du droit OHADA, Lamy, 2001, n°42 et suivants.
53
Article 30 al.6
54
. F. ANOUHAKA, « Les sociétés de personnes », in Sociétés commerciales et G.I.E., Bruxelles, Bruylant,
2002, p. 411
55
LEBRUN W. « Journal d’annonces légales : lequel choisir pour sa publication ? », 2023 [en ligne] consulté le
02/12/2024 à 13h23min disponible à l’adresse [Link]

20
A noter que la publication d’un avis dans un journal d’annonces légales non habilité entraine
automatiquement à la nullité de cet acte. Dans la même optique, les changements qui se sont
opéré seront considérés comme illicites et ne pourront pas être opposés aux tierces personnes.
D’où l’intérêt de se tourner vers un journal d’annonces légales habilité.

Effectivement, les journaux d’information ne sont pas tous en mesure d’accueillir les
annonces légales des sociétés. Seuls les journaux d’annonces légales habilités peuvent
contenir les divers avis. Dès lors pour obtenir ce statut, un journal d’annonces légales doit
remplir les conditions suivantes :

 Faire une parution au moins une fois par semaine ;


 Justifier d’une existence de six mois minimums
 Assurer la publication au moins à l’échelle du département
 Avoir le nombre minimum de tirages et le seuil d’abonnements fixés par décret, et ce,
en fonction du département et du nombre d’habitants.

En rassemblant ces caractéristiques, le média candidat à l’habilitation acquiert le statut de


journal d’annonces légales par arrêté de la préfecture. Il figure par la suite dans la liste des
journaux habilités à publier officiellement les formalités de publicité dans le département.

Comme il s’agit d’une formalité de publicité, la publication d’une annonce légale dans un
journal d’annonces légales habilité permet essentiellement d’informer le grand public et le
monde de l’entreprenariat des actes relatifs à la vie d’une société56.

Imposée par les règles de droit, cette procédure se révèle indispensable pour avertir les tiers
des évènements majeurs qui interviennent en cours de vie sociale d’une entreprise. Bref cette
insertion permet de renseigner les fournisseurs, investisseurs, clients, prospects, banque,
institutions publiques… d’une structure.

Comme mentionné, tout changement dans les clauses des statuts d’une société doit faire
l’objet d’une formalité de publicité. De ce fait, la publication d’une annonce légale est
indispensable dans les cas ci-après :

 Constitution d’entreprise ;
 Prorogation de durée ;
 Changement de dénomination ;
56
Rf blog, « les formalités de constitution d’une SA » in le blog de la Revue Fiduciaire n° 34, 2022 [en ligne]
consulté le 03/12/2024 à 10h21min disponible à l’adresse : [Link]

21
 Augmentation ou réduction du capital social ;
 Modification de l’objet social ;
 Poursuite des activités malgré les pertes
 Changement des dirigeants
 Transfert de domiciliation commerciale
 Dissolution, liquidation et radiation
 Etc.

De par ce qui a été dit plus haut, le choix de son journal d’annonces légales ne doit en aucune
façon s’opérer à la légère. Une erreur risque en effet de couter cher tant sur le plan financier
que légal. Raison pour laquelle il est primordial de miser sur le bon média. Pour ce faire, vous
devez absolument vous baser sur plusieurs éléments. En premier lieu, il faut bien évidemment
opter pour un journal qui bénéficie d’une habilitation de la préfecture. Pour cela, il suffit de se
référer à la liste communiquée par cette autorité. D’autre part, le journal d’annonces légales
sélectionné doit être inscrit aux registres de la commission paritaire des publications et
agences de presse. En outre, il importe qu’il soit implanté dans le même département que le
siège social57.

Selon les besoins et les attentes, d’autres critères peuvent aussi entrer en ligne de compte pour
le choix de votre journal d’annonces légales.

SECTION II : LES REGLES SPECIFIQUES DE CONSTITUTION

La constitution d’une société anonyme est fondée sur l’assemblée générale constitutive qui est
un point important d’une SA (paragraphe 1) mais il est aussi nécessaire de faire l’analyse du
retrait des fonds (paragraphe 2)

PARAGRAPHE 1 : L’assemblée générale constitutive

Lors de la création d’une SA avec offre de titre au public. L’assemblée générale constitutive
est convoquée à la diligence des fondateurs après l’établissement de la déclaration notariée de
souscription et de versement des fonds58.

57
INDY, « création d’une société : tout savoir sur la publication dans un journal d’annonces légales » [en ligne]
consulté le 02/12/2024 à 12h56min disponible à l’adresse [Link]
58
Art. 404 de AUSCGIE

22
La convocation de l’AGC doit respecter un certain formalisme, c'est-à-dire être par lettre au
porteur contre récépissé ou par lettre recommandée avec accusé de réception portant mention
de l’ordre du jour, du lieu, de la date et de l’heure de l’Assemblée. La convocation est
adressée à chaque souscripteur quinze jours au moins avant la date de l’assemblée. Le non-
respect des règles de convocation aboutit à la nullité de l’AGC. Pour valablement délibérer
sur première convocation, les souscripteurs présents ou représentés doivent posséder au moins
la moitié des actions. Si ce quorum n’est pas atteint, une deuxième convocation sera adressée
aux souscripteurs six jours au moins avant la date fixée pour l’Assemblée59.

Sur deuxième convocation, l’assemblée ne délibère valablement que si les souscripteurs


présents ou représentés possèdent au moins le ¼ des actions. Si ce quorum n’est pas atteint, il
y avoir une troisième assemblée dans le délai de deux mois à compter de la seconde
convocation et les souscripteurs ont convoqués six jours au moins avant la date de
l’assemblée. Pour valablement délibérer sur troisième convocation, il faut avoir le ¼ des
actions60.

Pour adopter les résolutions de l’AGC, la majorité requise c’est 2/3 des souscripteurs présents
ou représentés sauf s’il s’agit de réduction de la valeur des apports en nature ou des avantages
particuliers et de modification des statuts qui requière l’unanimité des souscripteurs 61.

L’assemblée générale constitutive est présidée par l’actionnaire ayant le plus grand nombre
d’actions ou, à défaut, par le doyen d’âge 62. Chaque apport en nature et chaque avantage
particulier doivent faire l’objet d’un vote spécial de l’assemblée. C’est celle-ci qui approuve
ou qui désapprouve le rapport aux apports sur l’évaluation des apports en nature et l’octroi
d’avantages particuliers. Les actions de l’apport en nature ou du bénéficiaire d’avantages
particuliers même ayant la qualité de souscripteur en numéraire ne sont pas pris en compte
pour le calcul du quorum et de la majorité.

L’AGC ne peut réduire la valeur des apports en nature ou des avantages particuliers qu’à
l’unanimité des souscripteurs, avec le consentement exprès de l’apporteur ou du bénéficiaire.
Ce consentement doit figurer dans le procès-verbal lorsque la valeur attribuée aux biens
apportés ou aux avantages particuliers stipulés est différente de celle retenue par le

59
Art 405
60
Artt 405 al 1 et 2
61
Art 406
62
Art 407 al 2

23
commissaire aux apports. Tout actionnaire, administrateur ou administrateur général qui
aurait attribué une valeur aux apports en nature ou avantages stipulés est solidairement
responsable à l’égard des tiers pendant cinq (5) ans. Les autres compétences de l’AGC c’est
de constater que le capital est entièrement souscrit avant la date de signature des statuts ou de
la tenue de l’AGC et les actions sont libérées d’un 1/4 au moins de leur valeur nominale lors
de la souscription du capital ; c’est elle qui adopte les statuts, les modifie à l’unanimité des
souscripteurs, nomme les premiers administrateurs ou l’administrateur général, le
commissaire aux comptes, statue sur les actes accomplis pour le compte de la société en
formation, donne mandat aux membres (un ou plusieurs) du conseil d’administration ou à
l’administrateur général de prendre les engagements pour le compte de la société avant son
immatriculation au RCCM. Le procès-verbal de l’AGC doit refléter un certain formalisme
(date, lieu de la réunion, nature de l’assemblée, mode de convocation, ordre du jour, quorum,
résolutions soumises aux votes etc.). Il est signé soit par le président de séance soit par un
autre associé, ou par l’associé unique. Il est archivé au siège social avec la feuille de présence
et ses annexes. Le cas échéant, le procès-verbal, indique l’acceptation de leurs fonctions par
les premiers membres du conseil d’administration ou par l’administrateur général ainsi que le
commissaire aux comptes. L’article 413 précise que si la nullité de l’AGC est imputable aux
fondateurs, à l’administration et à l’administrateur général, ils peuvent être déclarés
solidairement responsables du dommage résultant pour les tiers de l’annulation de la société.

PARAGRAPHE 2 : Le retrait des fonds

le retrait des fonds, effectué, selon les cas, par le président directeur général, le directeur
général ou l’administrateur, sur présentation au dépositaire du certificat du greffier attestant
l’immatriculation de la société au RCCM. Si la société n’est pas immatriculée dans les six
mois à compter du versement des fonds, tout souscripteur peut solliciter, par voie de référé au
président de la juridiction compétente, la nomination d’un administrateur chargé de retirer les
fonds pour le restituer aux souscripteurs 28. Il s’agit là d’une solution bien différente de celle
applicable à la SARL, prévue par l’article 314, alinéa 3 de l’Acte uniforme relatif aux sociétés
commerciales et au groupement d’intérêt économique.

A la constitution, les fonds qui représentent l’apport en numéraire du capital social, sont
portés chez le dépositaire. Le dépositaire peut être un établissement de crédit : une banque, la
caisse des dépôts et consignations ou un notaire. Les fonds déposés sont portés par le

24
dépositaire à un compte ouvert au nom de la société en formation, et bloqués jusqu’à la date
d’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés.

Lors d’une augmentation de capital par souscription de parts sociales en numéraire, les fonds
sont également bloqués en compte jusqu’à la réalisation de l’opération.

Le retrait des fonds intervient sur présentation d’un certificat du greffier attestant
respectivement de l’immatriculation de la société ou de la réalisation de l’opération
d’augmentation de capital. Mais :

- si le projet de constituer la société est abandonné (1er cas),

- ou si l’augmentation de capital par souscription de parts sociales en numéraire n’est pas


réalisée (2ème cas), les apporteurs peuvent présenter une requête au président du tribunal de
commerce les autorisant de retirer les fonds bloqués à la banque.

Lorsque la SA n’est pas constituée dans le délai de six mois à compter du premier dépôt des
fonds à la banque, ou si la société n’est pas immatriculée au registre du commerce et des
sociétés dans le même délai, les apporteurs peuvent individuellement demander au Président
du Tribunal l’autorisation de retirer le montant de leurs apports. Un nouveau dépôt de fonds
doit être effectué si les apporteurs décident ultérieurement de constituer la société. Délais :

Cette demande (requête) ne peut être présentée qu’à l’expiration de ce délai de six mois

La requête datée et signée du (des) apporteur(s) doit être déposée en 2 exemplaires originaux.
Pour soutenir votre demande, il convient de joindre à l’appui de la requête les renseignements
suivants :

- Une attestation en original de la banque, comportant les indications suivantes : Forme,


dénomination sociale et siège social de la société, date du dépôt des fonds, nom des
souscripteurs et montant de leur apport respectif
- Une copie du projet de statuts
- Le certificat de non immatriculation : ce document est délivré par les services du
greffe
- La requête peut être adressée au greffe 1 quai de la Corse –

Lorsque l’augmentation de capital n’est pas réalisée dans le délai de six mois à compter du
dépôt des fonds à la banque, les apporteurs peuvent individuellement, ou par mandataire les

25
représentant collectivement, demander au Président du Tribunal de commerce, l’autorisation
de retirer les fonds bloqués à la banque.

Cette demande (requête) ne peut être présentée qu’à l’expiration de ce délai de six mois.

La requête doit être déposée en 2 exemplaires originaux datés et signés du (des) apporteur(s).
Pour soutenir votre demande, il convient de joindre à l’appui de la requête les renseignements
suivants :

- Une attestation en original de la banque comportant les indications suivantes


dénomination sociale et siège social de la société, date du dépôt des fonds, Nom des
souscripteurs et montant de leur apport respectif
- La copie du procès-verbal d’assemblée générale ayant décidé l’augmentation de
capital ainsi que celle ayant constaté la non réalisation de celle-ci
- Un extrait kbits de moins de trois mois
- La requête peut être adressée au greffe.

26

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