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2 Le modèle quantique de l’atome
de calculer a priori ces fonctions d’ondes. Cette équation fondamentale de la
théorie quantique est compatible avec la nature ondulatoire des particules et le
principe d’indétermination.
L’exposé de l’équation de Schrödinger dépasse le cadre de ce livre de première année.
Toutefois, il est nécessaire d’en présenter plusieurs points essentiels, nécessaires à
la compréhension du modèle atomique actuel.
D’après la théorie de Bohr, un atome a des niveaux d’énergie quantifiés, ces
niveaux d’énergie permis correspondant à des états stationnaires. À chaque
état stationnaire sont associées une ou plusieurs fonctions d’onde (ou orbitales
atomiques) Y (x, y, z), et à chaque fonction d’onde correspond une énergie En.
n Erwin Schrödinger Seul le carré de la fonction d’onde Y 2 (x, y, z) a une signification physique.
(1887-1961) est un Y 2 (x, y, z) est lié à la probabilité de présence volumique ponctuelle (en un
physicien autrichien
dont l’équation reste le point). On parle aussi de densité de probabilité de présence ou de densité
socle de la mécanique électronique.
quantique et vaudra Si l’on multiplie par le volume élémentaire DV, Y 2 (x, y, z) × DV correspond
à son auteur le prix
Nobel de physique en à la probabilité de trouver l’électron dans le volume DV entourant la position
1933. Ses travaux ont (x, y, z).
ouvert une nouvelle Le calcul de la position exacte de l’électron est donc impossible. Seule la probabilité
ère dans la compré-
hension de la structure de trouver l’électron dans une région donnée de l’espace peut être obtenue.
des atomes et des mo- La résolution mathématique de l’équation de Schrödinger est possible essentiellement
lécules.
pour les systèmes hydrogénoïdes. Elle admet une solution physiquement acceptable
Yn,,m(x, y, z) pour certaines valeurs discrètes de l’énergie En. La résolution de
cette équation nécessite l’introduction de trois nombres entiers appelés nombres
quantiques : n, nombre quantique principal ; , nombre quantique secondaire ou
azimutal ; m, nombre quantique magnétique. Ces trois nombres caractérisent la
fonction d’onde.
2.3.2 Les nombres quantiques
Il existe quatre catégories de nombres quantiques.
•• Le nombre quantique principal n est un nombre entier positif non nul (1, 2,
3, etc.) lié à la quantification de l’énergie de l’atome hydrogénoïde. Ce premier
nombre quantique représente le niveau d’énergie de l’orbitale électronique.
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
Il caractérise principalement la distance moyenne de l’électron au noyau. Il
donne ainsi une idée de l’espace dans lequel se trouve l’électron. La couche
électronique est parfois symbolisée par une lettre majuscule plutôt que par la
valeur numérique de n.
Valeur de n 1 2 3 4 5 6
Symbole de la couche K L M N O P
•• Le nombre quantique secondaire (0 ≤ ≤ n - 1) caractérise la sous-couche
occupée par l’électron. Il détermine la forme du domaine de l’espace dans lequel
l’électron se déplace. À chaque valeur de correspond une forme d’orbitale. La
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CHAPITRE 2 Modèles de l’atome et classification périodique
sous-couche électronique est généralement désignée par une lettre minuscule (s,
p, d, f), plutôt que par la valeur numérique de .
Valeur de 0 1 2 3
Symbole de la sous-couche s p d f
•• Le nombre quantique magnétique m (- ≤ m ≤ + ) détermine l’orientation du
domaine de l’espace dans lequel l’électron se déplace par rapport à une direction
arbitraire qui peut être celle d’un champ magnétique. Il est principalement relié
à la direction et au sens de rotation de l’électron (c’est pour cela qu’il y a des
valeurs positives et négatives).
L’état du système est donc déterminé globalement par les trois nombres quantiques
n, et m. À chaque triplet (n, , m) correspond un état du système. À un niveau
n donné, sont associés n2 états du système ; ces n2 états ont la même énergie En
et sont dits dégénérés.
Définition
Un niveau d’énergie est dit dégénéré lorsque plusieurs états différents, c’est-à-dire
caractérisés par des valeurs de nombres quantiques différents, sont associés à la même
valeur de l’énergie.
Les combinaisons permises de nombres quantiques sont reportées dans le tableau 2.3.
Tableau 2.3 Combinaisons possibles de nombres quantiques
n m Notation de Nombre Nombre
l’orbitale d’orbitales d’orbitales dans la
dans la couche
sous-couche
1 0 0 1s 1 1
2 0 0 2s 1 4
1 -1, 0, +1 2p 3
3 0 0 3s 1
1 -1, 0, +1 3p 3 9
2 -2, -1, 0, +1, +2 3d 5
4 0 0 4s 1
1 -1, 0, +1 4p 3 16
2 -2, -1, 0, +1, +2 4d 5
3 -3, -2, -1, 0, +1, +2, +3 4f 7
•• Les trois nombres quantiques n, et m, qui résultent de l’équation d’onde de
Schrödinger, définissent l’énergie, la forme et l’orientation spatiale des orbitales
au sein de l’atome. Cependant, un nombre quantique additionnel est nécessaire
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■
2 Le modèle quantique de l’atome
pour décrire une propriété intrinsèque de l’électron appelée spin (symbolisé
par s = 1/2).
•• Le nombre quantique de spin est désigné par ms et caractérise les deux états
de rotation possibles de l’électron sur lui-même. Il peut prendre la valeur +1/2
Spin +1/2 : Ó ou -1/2. Un spin +1/2 est généralement représenté par une flèche pointant vers
Spin -1/2 : Ô le haut Ó, et un spin -1/2 par une flèche dirigée vers le bas Ô. Il est à noter que
les valeurs de ms sont indépendantes des trois autres nombres quantiques (ce
qui n’est pas le cas pour les valeurs de n, et m).
En résumé, un électron est donc parfaitement décrit par les quatre nombres quantiques
(n, , m et ms).
2.3.3 Où se trouvent les électrons ?
L’espace dans lequel se trouvent les électrons peut être divisé en différents sous-
espaces appelés couches, sous-couches et orbitales. C’est une conséquence directe
des propriétés issues du modèle quantique de l’atome.
•• Une couche électronique est une région autour du noyau dans laquelle se trouvent
les électrons qui ont une énergie approximativement identique. Les couches
électroniques correspondent au nombre quantique principal n (tableau 2.4). Le
nombre maximum d’électrons qu’une couche peut accueillir augmente avec la valeur
de n. Les couches de hautes énergies peuvent accueillir un nombre plus important
d’électrons (volume disponible plus grand). Le niveau de plus basse énergie
Nombre d’électrons (n = 1) ne peut accueillir que 2 électrons. Pour n = 2, 3 et 4, le nombre d’électrons
maximum : 2n2 maximum est respectivement de 8, 18 et 32. La relation entre le niveau d’énergie
et le nombre d’électrons est donnée par la formule 2n2.
•• Une sous-couche électronique est une région de l’espace, dans une couche
électronique, dans laquelle les électrons possèdent la même énergie. Le nombre
de sous-couches à l’intérieur d’une couche correspond au nombre de couches
(tableau 2.4). Ainsi, la première couche contient une sous-couche, la seconde
couche contient deux sous-couches, la troisième couche contient trois sous-
couches, et ainsi de suite. Les sous-couches à l’intérieur d’une couche diffèrent
par leur taille (c’est-à-dire le maximum d’électrons qu’elles peuvent accueillir)
et leur énergie. Plus l’énergie est grande, plus la sous-couche est volumineuse.
Les sous-couches sont désignées par les lettres s, p, d et f. La sous-couche de
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
s = 2 e- au maximum
p = 6 e- au maximum plus basse énergie dans une couche est toujours la sous-couche s. Elle peut
d = 10 e- au maximum accueillir 2 électrons au maximum. Il y a ensuite successivement la sous-couche
f = 14 e- au maximum p (6 électrons maximum), la sous-couche d (10 électrons maximum), et enfin
la sous-couche f (14 électrons maximum).
•• Une orbitale atomique (OA) est une région de l’espace dans la sous-couche
électronique dans laquelle on peut trouver un électron d’énergie spécifique. Une
orbitale électronique peut contenir un maximum de deux électrons. Ainsi une
sous-couche s (2 électrons) contient une orbitale, une sous-couche p (6 électrons)
contient trois orbitales, une sous-couche d (10 électrons) contient cinq orbitales
et une sous-couche f (14 électrons) contient sept orbitales.
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