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Théorie atomique de Dalton (1808)

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1 Les modèles de l’atome

s’unissant à une même masse de l’autre sont toujours dans des rapports de
nombres entiers.
Ces trois lois ont servi de socle à la théorie atomique moderne. Dalton a repris
le concept d’atome initié par les philosophes grecs pour expliquer ces lois. Selon
lui, si les atomes existent, ils doivent posséder certaines propriétés pour rendre
compte de ces lois.
FOCUS

La théorie atomique de Dalton (1808)


La théorie atomique formulée par Dalton est fondée sur les hypothèses suivantes :
1. La matière est constituée de petites particules indivisibles appelées atomes. Ils ne
peuvent être ni créés, ni détruits.
2. Les atomes d’un élément ne peuvent pas être convertis en un autre élément. Dans
une réaction chimique, les atomes d’une substance se recombinent pour former des
substances différentes.
3. Les atomes d’un même élément ont des masses et des propriétés identiques et sont
différents des atomes d’un autre élément.
4. Les atomes d’éléments différents se combinent selon des rapports simples pour former
de nouveaux composés.

Bien que cette théorie atomique ait été fondée sur des données expérimentales
primitives, elle est aujourd’hui encore correcte sur certains points. Les découvertes
des processus de fusion et de fission nucléaires ainsi que la radioactivité ont
toutefois fait tomber le postulat précisant que les atomes ne peuvent être créés ni
détruits. Il en va de même pour celui indiquant que tous les atomes d’un élément
particulier sont identiques (découverte des isotopes). Enfin, la théorie de Dalton
laisse également sans réponse une question importante : de quoi les atomes sont-
ils constitués ?

1.2.2 La mise en évidence des particules subatomiques


Plusieurs découvertes majeures se sont ensuite succédé pour conduire à la découverte
de la structure intime des atomes, à la preuve de leur existence et à une évolution
du modèle atomique vers l’idée que l’atome n’est pas une particule élémentaire
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

(voir figure 2.2).


En analysant finement le comportement des rayons cathodiques, Joseph John
Thomson (1856-1940, prix Nobel de physique en 1906) parvient à identifier
l’électron en 1897. Il évalue sa masse en mesurant le ratio masse/charge et conclut
que les électrons sont beaucoup plus petits et légers que les atomes. Robert Andrews
Millikan (1868-1953, prix Nobel de physique en 1923), grâce à sa célèbre expérience
n John Dalton (1766- visant à déterminer la vitesse de chute de gouttelettes d’huile chargées négativement
1844), chimiste et phy- et soumises à un champ électrique, détermine de son côté la charge de l’électron
sicien britannique, est comme étant égale à -1,6⋅10−19 C.
considéré comme le
fondateur de la théorie Considérant que la matière est électriquement neutre, il fallait imaginer l’existence
atomique. de charges opposées, c’est-à-dire positives, présentes elles aussi au sein de l’atome.

29
CHAPITRE 2 Modèles de l’atome et classification périodique

À la fin du xixe siècle, Thomson propose un modèle atomique, connu sous le nom
de « Plum Pudding de Thomson », dans lequel il suggère l’idée que les charges
positives emplissent tout le volume offert, les électrons s’y distribuant comme des
raisins.
La réponse définitive établissant de façon irréfutable l’existence de l’atome est
apportée en 1908 par Jean Perrin, qui valide expérimentalement la description
théorique du mouvement brownien faite quelques années auparavant par Albert
Einstein (1905), et qui posait comme hypothèse que la matière est formée d’atomes1.
En 1910, en s’appuyant sur le modèle de Thomson, et suite à son expérience de la
feuille d’or, Lord Ernest Rutherford (1871-1937, Prix Nobel de chimie en 1908) montre
n Ernest Rutherford
que les charges positives portées par des particules appelées protons se concentrent
(1871-1937) est un
physicien chimiste néo- en un noyau très petit (estimé à 100 000 fois plus petit que l’atome) situé au cœur
zélandais. Il est à l’ori- de l’atome. Il propose ainsi un modèle atomique planétaire dans lequel le noyau
gine de la découverte massif, chargé positivement, est entouré par un nuage d’électrons. Pour maintenir
des rayonnements α et
la neutralité de l’édifice, le nombre d’électrons doit égaler celui des protons.
β mais également la dé-
couverte de l’existence
du noyau atomique. Son
travail sur la désinté-
gration des éléments,
et la chimie des subs-
tances radioactives lui
vaut le prix Nobel de
Physique en 1908.
Figure 2.2
Représentation des
modèles atomiques
de Dalton à
Rutherford Modèle de Dalton Modèle de Thomson Modèle de Rutherford

Mais malgré les nombreuses avancées qu’il permet, le modèle de Rutherford


souffre de plusieurs défauts. Selon la théorie de Maxwell (1865), un électron en
accélération émet un rayonnement continu et perd ainsi de l’énergie. À cause de
cette perte d’énergie, l’électron devrait donc tomber sur le noyau en 10−8 s, rendant
de fait les atomes totalement instables, ce qui n’est pas réellement le cas. De plus, le
modèle de Rutherford n’explique pas les spectres discontinus d’émission atomique
des éléments.

1.3 Spectres atomiques et modèle


atomique de Bohr
La structure électronique des atomes peut être étudiée en examinant la façon dont
ils interagissent avec une radiation électromagnétique (les atomes peuvent en
absorber et en émettre). Ces études expérimentales sont désignées sous le terme
de spectroscopies.

1. J. Perrin, Les atomes, Paris, CNRS éditions, 1913.

30

1 Les modèles de l’atome

1.3.1 Le spectre d’émission atomique


Depuis le xviie siècle, les scientifiques se sont intéressés aux caractéristiques des
spectres d’émission. Il peut s’agir de spectres continus ou de spectres de raies.
Le spectre d’émission d’une substance peut être observé lors de l’excitation d’un
échantillon de matière en utilisant de l’énergie thermique (chauffage), ou d’autres
formes d’énergie (par exemple, une décharge électrique à haute tension).
Le spectre d’émission du soleil ou d’un solide chauffé est continu, ce qui
signifie que toutes les longueurs d’onde de la lumière visible sont présentes
dans le spectre.
Le spectre d’émission des atomes, en phase gazeuse, est composé de raies brillantes
discontinues (allant du violet au rouge) dans les différentes parties du spectre
visible. Ces spectres de raies correspondent à l’émission de lumière à des longueurs
d’onde spécifiques. Malgré sa découverte au début du xixe siècle, les chercheurs ne
parvenaient toujours pas à expliquer le nombre et la position des raies spectrales
pour tous les éléments chimiques. Dans le cas de l’atome d’hydrogène, élément
étudié de manière intense et répétée, différentes « séries » de raies ont été définies,
à savoir celles de Lyman, de Balmer et de Paschen.

(a) Spectre continu de la lumière blanche dans le visible


(a) Spectre continu de la lumière blanche dans le visible

Figure 2.3
Spectres (b) Spectre d’émission discontinu du mercure (Hg) en phase gazeuse
d’émission continu
ou discontinu (b) Spectre d’émission discontinu du mercure (Hg) en phase gazeuse

Le spectre d’émission de chacun des éléments est unique. Les raies spectrales
représentent « l’empreinte digitale » de l’élément. Elles peuvent notamment
être utilisées pour l’analyse chimique, afin d’identifier les atomes inconnus dans
un échantillon. Le spectre de raies de l’atome d’hydrogène dans le domaine du
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

visible consiste par exemple en quatre raies spectrales, avec des longueurs d’onde
l comprises entre 410 nm et 656 nm.

l (nm) 400 500 600 700

Figure 2.4 H
Spectre d’émission
de raies de l’atome
d’hydrogène

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