II.
Les Sources Internationales du Droit des Affaires
Avec la mondialisation des échanges, le droit des affaires doit s’adapter aux normes
internationales pour garantir une cohérence dans les transactions transfrontalières. Les sources
internationales englobent les traites, les conventions, les règlementations régionales, et la
jurisprudence de tribunaux internationaux.
A. Les traites et Conventions Internationaux
Les Traites : Il s’agit d’un accord permettant de faciliter les échanges entre différents
pays. Les traités commerciaux peuvent avoir pour objectif de réduire les droits de douane ou
de simplifier les démarches d’exportation. À titre d’exemple, l’Union Européenne bénéficie
d’un traité entre ses membres. Ces accords sont généralement négociés par les acteurs du
secteur public et privé. Ils sont notamment établis par le Ministère de Commerce ou par des
particuliers experts en droit commerce international.
Les conventions internationales : elles constituent les accords effectués entre plusieurs
pays. Elles permettent de définir le droit et les obligations de toutes les parties dans le cadre
d’une opération commerciale. À titre d’exemple nous pouvons citer La Convention des
Nations Unies sur les contrats de vente internationale de marchandises (CVIM) encore
appelée Convention de Vienne qui vise à uniformiser et simplifier les règles applicables aux
ventes internationales de marchandises, en évitant les conflits de lois entre pays et en
facilitant le commerce international.
B. les règlementations régionales : OHADA
Les réglementations régionales sont des normes juridiques adoptées par des organisations
régionales (comme l'Union européenne, l'OHADA, la CEDEAO, etc.) pour harmoniser et
coordonner les législations des États membres dans des domaines spécifiques. Elles sont un
moyen de faciliter les échanges, promouvoir l'intégration économique, et assurer la stabilité
juridique entre les pays d'une même région. Ces réglementations peuvent prendre la forme de
directives, règlements, protocoles, ou actes uniformes, et elles s'appliquent dans des domaines
tel le droit des affaires.
Cas de l’OHADA
L’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), est une
organisation communautaire destinée à harmoniser le droit des affaires en Afrique et garantir
la sécurité juridique et judiciaire. Elle se propose de mettre en place un droit des affaires
harmonisé, simple, moderne et adapté. Elle vise à encourager la création d’entreprise, l’attrait
des investissements et promouvoir le développement socio-économique. L’OHADA compte à
ce jour dix-sept (17) Etats membres provenant de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique Centrale
et de l’Océan indien
L’harmonisation du droit des affaires s’opère par le biais de textes dénommés « Actes
uniformes ».
Un exemple d’acte Uniforme de l’OHADA : Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d'intérêt économique qui fixe les règles communes pour la
création et la gestion des entreprises dans les États membres.
C. La Jurisprudence internationale
Elle désigne l’ensemble des décisions de justice rendues par les différents organismes
judiciaires supranationaux ou arbitraux qui opèrent dans le contexte du droit international.
Elle est une composante essentielle de l’ordre juridique international, car elle contribue à
l’interprétation et à l’application des lois et des traités, façonnant ainsi progressivement le
corpus du droit international public et privé.
Cette jurisprudence émane notamment de cours et tribunaux internationaux tels que la Cour
Internationale de Justice (CIJ), la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que des tribunaux
d’arbitrage comme le Tribunal arbitral du sport (TAS). Elle peut également inclure les
décisions rendues par des organes quasi-judiciaires, tels que les comités des traités des droits
de l’homme des Nations unies.
En droit des affaires la jurisprudence internationale peut clarifier les droits et limites des
entreprises et des États, influençant les pratiques commerciales et les régulations mondiales
dans le secteur de la santé et de l’investissement.
Un exemple marquant de jurisprudence internationale en droit des affaires est l'affaire Philip
Morris v. Uruguay (CIRDI, 2016), qui a influencé le droit des investissements et les droits des
États à légiférer pour protéger la santé publique.