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Datation géologique : méthodes et principes

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(2 semaines)

La mesure du temps dans l’histoire de la


Terre et de la vie
La géologie a pour but non seulement d'expliquer le fonctionnement actuel de la planète,
mais également de reconstituer la succession des événements l'ayant affectée depuis sa
formation. Pour cela on utilise des repère chronologiques relatifs et/ou absolus. La chronologie
relative date un phénomène géologique par rapport à un autre, alors que la chronologie
absolue permet de dater en milliards, en millions ou en milliers d'années le moment où a eu
lieu un phénomène géologique par rapport à la période actuelle.

1 La datation relative.

1.1 Datation relative et carte géologique.


Les couleurs portées sur une carte géologique correspondent aux âges des roches sédimentaires ou à
la nature des roches magmatiques et métamorphiques. Les roches sédimentaires sont datées
relativement les unes par rapport aux autres, chaque étage portant un nom évoquant le lieu où il fut
décrit pour la première fois (exemple : stratotype du Toarcien à Thouars).
Comment sont datés les évènements les uns par rapport aux autres ?

1.2 Les principes de la chronologie relative.


TP1 : La datation relative.

1.2.1 Le principe de superposition.


Lorsque plusieurs strates sédimentaires sont superposées, la strate inférieure, mise en place la
première, est la plus âgée.
Ce principe s'applique également aux coulées volcaniques.

1.2.2 Le principe de continuité latérale.


L'âge d'une strate est le même sur toute son étendue même si les roches sont de nature différente.

1.2.3 Le principe d'identité paléontologique.


Il permet des corrélations à distance entre plusieurs formations sédimentaires à partir des fossiles
stratigraphiques.
Un bon fossile stratigraphique :
– appartient à une espèce dont la durée d'existence est brève,
– a une vaste répartition géographique,
– est abondant.
Remarque : les fossiles stratigraphiques sont généralement marins (ammonites, plancton).

1.2.4 Le principe d'inclusion.


Une roche ou un minéral est antérieur à la roche ou au minéral dans lequel il est inclus (exemple : un
calcaire qui contient des galets de quartz est postérieur aux galets de quartz).

1.2.5 Le principe de recoupement.


Lorsque deux structures géologiques se recoupent, la plus récente recoupe la plus ancienne.
Ce principe s'applique aux filons, aux cheminées volcaniques et aux massifs intrusifs (granites).
La formation d'un pli ou d'une faille est plus récente que celle des roches qu'ils affectent.

1
Lorsqu'une strate repose sur une strate redressée (= discordance), alors la strate non affectée par le
plissement est plus récente que la strate redressée.
Comment construire l'échelle des temps à partir des principes de la chronologie relative ?

1.3 L'échelle des temps géologiques.


Les principes de superposition, de continuité et d'identité paléontologique ont permis d'établir une
échelle relative des temps géologiques. Celle-ci est découpée en ères, périodes et en étages, unités de
temps plus petites. Plusieurs strates superposées peuvent appartenir au même étage.
Les principes de recoupement ou d'inclusion permettent de préciser l'âge d'une roche sédimentaire
située au contact d'une roche magmatique dont on connaît l'âge absolu. La roche sédimentaire est plus
récente lorsqu'elle recoupe la roche magmatique, et est plus ancienne lorsqu'elle est recoupée par elle.

1.4 Conclusion.
La datation relative permet d’ordonner les uns par rapport aux autres des structures
(strates, plis, failles, minéraux) et des événements géologiques variés (discordance,
sédimentation, intrusion, orogenèse). La datation relative repose sur les principes de la
chronologie relative qui ont permis d’établir l’échelle stratigraphique des temps géologiques.
Comment mesurer l'âge absolu d'une roche magmatique ?

2 La datation absolue.

2.1 Les isotopes radioactifs permettent de mesurer l'âge absolu.


Le rapport isotopique des éléments pères (radioactifs) et des éléments fils (radiogéniques) permet de
calculer la durée écoulée depuis la formation du minéral ou de la roche à condition qu'il n'y a eu ni
apport ni départ d'isotopes depuis la fermeture du système.
λt
Ce phénomène peut être écrit sous la forme : P(actuel) = P(initial) . e-
λ
ou F/P=et–1

La demi-vie (période) correspond au temps nécessaire à la


diminution de moitié de la quantité d'élément père et λ est la
constante de désintégration de l'élément père (cela signifie que si
un minéral contient P atomes radioactifs, alors, l'année suivante
il contiendra P · λ atomes radioactifs en moins).

Avec : λ=ln 2 / T1/2

La chronologie absolue est fondée sur la décroissance radioactive de certains éléments


chimiques : elle exploite la relation qui existe entre rapports isotopiques et durée écoulée
depuis la “ fermeture du système ” contenant les isotopes.
La fermeture du système dans le cas des roches magmatiques est due à l'abaissement de la
température en dessous d'un certain seuil.
Les radio-chronomètres sont choisis en fonction de la période de temps que l’on cherche à
explorer. Lorsque tous les éléments radioactifs ont disparu de l’échantillon, la datation n’est
plus possible (notamment au delà de 10 demi-vie).
TP2 : La datation absolue.

2.2 Datation à l'échelle de l'espèce humaine.

2.2.1 Principes de la méthode au 14


C.
Le 14
C est produit dans la haute atmosphère sous l'action des rayons cosmiques sur 14
N. On considère

2
que le rapport 14C / 12C est constant dans l'atmosphère ainsi que dans les êtres vivants jusqu'à leur mort.
À la mort des êtres vivants, le rapport 14C / 12C diminue.
Les isotopes du carbone sont intégrés dans le CO2 atmosphérique, puis dans les molécules organiques
via la photosynthèse.

2.2.2 Loi de désintégration radioactive et méthode au C.


14

On dispose de l'équation suivante : P(actuel) = P(initial) . e-λt


­λt
Soit : (14C / 12
C)mesuré = (14C / 12
C)initial . e
Pour le (14C / 12C)initial, on considère que les condition de formation de 14
C n'ont pas changé, donc, à la
fermeture du système 14C / 12C était le même qu'actuellement.

2.2.3 Limites de la méthode au 14


C.
14
Avec T1/2 = 5730 ans, on n'utilise pas le C au delà de 50000 ans (35000 ans pour une bonne
précision). Au delà, la quantité de 14C devient trop faible pour une fiabilité suffisante de la mesure.
Le 14
C n'est utilisable que sur des restes d'êtres vivants.

2.2.4 Conclusion.
Pour les derniers millénaires on utilise le carbone 14 (14C) dont la quantité lors de la
fermeture du système est connue. La mesure de la quantité de 14C restante dans l’échantillon
permet de trouver un âge.
La datation au 14
C est-elle fiable ?
Exercice 2 page 183
Il est nécessaire de calibrer la datation au 14
C grâce aux données de la dendrochronologie.
Comment dater des évènements plus anciens ?

2.3 Datation à l'échelle des temps géologiques.

2.3.1 Datation des homininés et des roches relativement récentes.


On utilise le couple potassium-argon (K-Ar) :
● Principe.
Les minéraux des roches magmatiques qui contiennent du potassium comme les feldspaths,
incorporent également l'isotope radioactif 40K qui se désintégrera ensuite en 40Ar stable.
● Loi de désintégration radioactive et datation K-Ar.
On ne connaît pas la quantité initiale de 40
K, donc on utilise la relation suivante :
λ
F/P=et–1
Attention : 40
K se désintègre 40
Ar (10,5%) et en 40
Ca (89,5%).
λ
On dispose donc de l'équation suivante : (40Ar / 40
K)mesuré = 0,105 . (e t – 1)
● Limites de la méthode au K-Ar.
Avec T1/2 = 1,25 . 109 années.
Cette méthode permet de dater des roches de quelques millions d'années à quelques centaines de
millions d'années, mais une contamination par l'argon atmosphérique lors de la mesure peut rendre la
méthode peu fiable.
Cette méthode n'est utilisable que sur les roches magmatiques, notamment les roches volcaniques
(exemple : datation des empreintes de pas de Laetoli dans des tufs volcaniques).
● Conclusion
La quantité initiale en 40K lors de la fermeture du système étant négligeable, la
contamination par l’argon de l’atmosphère rend difficile la détection de l’argon issu de la
désintégration du potassium avant que la roche ait atteint un certain âge.

3
2.3.2 Datation des roches plus anciennes.
On utilise le couple rubidium-strontium (Rb-Sr) :
● Principe.
Lors de la formation d'une roche magmatique, les minéraux incorporent du 87
Rb qui se désintègre en
87
Sr.
On ignore la quantité de 87
Rb piégée initialement dans la roche. De plus, 87
Sr est également piégé dans
la roche.
● Loi de désintégration radioactive et datation Rb-Sr.
On contourne cette difficulté en mesurant les rapport isotopiques de plusieurs minéraux de la roche.

On dispose alors de l'équation suivante : (87Sr / 86


Sr)mesuré = (87Rb / 86
Sr)mesuré . (eλt – 1) + (87Sr / 86
Sr)initial
On trace donc la droite isochrone 87
Sr / 86
Sr en fonction de 87
Rb /
λt
86
Sr : e – 1 étant la pente de la courbe tracée.
Initialement, le rapport 87Sr / 86Sr est exactement le même dans
tous les minéraux car les isotopes du strontium ont exactement le
même comportement.
En revanche, le rapport 87Rb / 86Sr varie avec les minéraux ; dans
le graphe ci-après, il augmente du minéral 1 au minéral 4 ; il en
résulte qu'initialement les points représentatifs des minéraux se
répartissaient sur une ligne horizontale, parallèle à l'axe des abscisses
et d'ordonnée 87Sr / 86Sr initial.
Au fur et à mesure que le temps s'écoule, le rapport 87Sr / 86Sr
augmente dans chaque minéral par suite de la désintégration
d'atomes 87Rb en 87Sr, et ce d'autant plus que le minéral était initialement riche en 87Rb ; inversement, le
rapport 87Rb / 86Sr diminue dans chaque minéral. Plus le temps écoulé est grand et plus la différence
dans les rapports 87Sr / 86Sr s'accentue, d'où l'augmentation de la pente.
● Limites de la méthode au Rb-Sr.
Cette méthode permet de dater des roches magmatiques très anciennes de plusieurs milliards
d'années, et notamment d'estimer l'âge de la Terre car la demi-vie est longue : T1/2 = 48,8 . 109 années.
Cette méthode est aussi très utilisée pour la datation des granites.
● Conclusion.
Pour trouver l’âge d’une roche avec cette méthode, il est nécessaire de mesurer les rapports
isotopiques de plusieurs minéraux de la même roche ayant cristallisé au même moment (les
quantités initiales des éléments et le moment de la fermeture du système étant inconnus).

2.4 Conclusion.
La chronologie absolue qui repose sur la loi de désintégration des éléments radioactifs donne accès à
l’âge des roches et des fossiles et permet ainsi de mesurer les durées des phénomènes géologiques.
La radiochronologie a ainsi permis de déterminer l'âge des objets du système solaire, et donc celui de
la formation de la Terre à partir d'éléments radioactifs contenus dans des météorites (chondrites).
Elle permet aussi de situer dans le temps l’échelle relative des temps géologiques.

3 Bilan.
Loin de s'opposer, datation absolue et datation relative sont complémentaires. Ainsi,
certains moments de la formation des chaînes de montagnes (subduction, collision) peuvent
être datés par la chronologie absolue, complétant ainsi le scénario d'ensemble établi par la
chronologie relative. La datation des Homininés fossiles fait aussi intervenir les deux
méthodes, mais seule la datation absolue permet de proposer un âge précis.

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